Pour en finir avec le soi-disant consensus scientifique: Cook et al. 2013

Par Philippe David

Les réchauffistes ne cessent de nous répéter que 97% (ou 98%, c’est selon) des scientifiques du climat sont d’avis que la Terre se réchauffe, que 95% (selon le GIEC) serait causé par l’activité humaine et que ce réchauffement est dangereux.  Le président Obama lui-même l’a affirmé sur Twitter et récemment, Radio-Canada a fait le même genre d’affirmation dans une bande dessinée sur sont site web. Oublions pour un moment le fait que le terme « consensus » n’est pas un terme scientifique, mais plutôt un terme politique. En réalité en science il importe peu qu’une hypothèse semble brillante, qu’elle soit issue d’un cerveau également brillant ou combien de gens brillants l’approuvent. Il ne suffit que d’une personne avec des preuves reproductibles pour complètement l’invalider. Alors contentons nous simplement de répondre à la question «Mais d’où provient ce chiffre?»

Cook et al. 2013, un pseudo-consensus

La source de ce 97 ou 98% de consensus est apparemment une étude non-scientifique de comptage d’abstraits de 11 941 articles scientifiques trouvés sur l’internet à l’aide de certains mots-clés par un blogueur australien activiste climato-alarmiste du nom de John Cook et de quelques associés. (Vous trouverez son blogue ici. ) Ce que M. Cook affirme comme conclusion de cette étude est que 97% des articles qu’il a compilés qui expriment une opinion (sur les 11 941 articles) endossent l’hypothèse que la Terre se réchauffe et que nous en sommes la cause. Soulignons ici qu’on parle d’un nombre d’articles scientifiques et non de scientifiques. Donc ceux qui affirment que 97% des scientifiques endossent l’hypothèse anthropogénique du réchauffement basé sur cette étude ont déjà tout faux. De plus, nulle part dans cette étude est-il mention que ce réchauffement est dangereux. 

Pour votre bénéfice, je suis allé télécharger ses données qui sont téléchargeables en format texte délimité par des virgules ici et je les ai importé dans Excel. J’ai rendu mon fichier Excel accessible ici pour que vous puissiez vérifier tout ce que j’ai fait.  M. Cook et ses assistant ont examiné les abstraits des 11 941 articles (pas les articles eux-même, mais seulement les abstraits) et les ont catégorisés comme suit:

Cook et al 2013 - tableau
Cook et al – Répartition des articles (RCA = Réchauffement Climatique Anthropique)

Notez ici que pour une raison obscure, Cook quantifie son niveau de certitude à seulement 50% ou plus dans l’évaluation des articles alors que le GIEC le fixe à 95%. Il y a fort à parier que très peu d’articles dans son échantillonage satisfaisaient le critère de 95%. Les articles dans la seconde catégorie affirment qu’il y a réchauffement, que l’activité humaine peut y être pour quelque chose, mais ne quantifient pas à quel point l’activité humaine est responsable. Croyez-le ou non, mais la plupart des papiers écrits par des scientifiques sceptiques comme Richard Lindzen, Judith Curry ou John Christie pourraient facilement se retrouver dans cette catégorie.  La troisième catégorie contient des articles qui n’affirme pas en toutes lettres que le réchauffement est causé par l’activité humaine, mais assument que c’est le cas. On peut sérieusement se demander vraiment à quel point ces articles peuvent  faire partie d’un consensus.  Notez bien que tous les articles ont été revisés par les pairs et que tous et chacun font référence au climat d’une façon ou d’une autre.

Quoi qu’il en soit, j’ai pris ces données et je me suis amusé à les représenter graphiquement:

Cook et al 2013
Cook et al 2013 – Répartition générale (cliquez pour agrandir)

On voit les 2/3 de l’échantillonnage n’expriment aucune opinion sur la cause du réchauffement, mais supposément, il y aurait consensus. Eh ben! Ça fait beaucoup de papier ça. Continuons en départageant ceux qui endossent un réchauffement dont les homme seraient responsables à un degré ou à un autre versus ceux qui d’une façon ou d’une autre rejettent cette thèse, tout en gardant ceux qui n’expriment pas d’opinion.

Cook et al 2013 - Endosse-rejette-sans pos

On voit que ceux qui rejettent carrément la théorie anthropogénique ne sont qu’un nombre infime comparativement à ceux qui endossent que l’activité humaine est au moins partiellement responsable. 

Cook et al 2013 - pseudo-consensus

Voici le pseudo-consensus de Cook. Cook a tout simplement éliminé tous les papiers n’exprimant aucune opinion et a tout simplement calculé la proportion de papier appuyant une réchauffement causé par l’homme que ce soit implicite ou explicite et que ce soit quantifié ou non et oppose ça aux papiers qui rejettent toute responsabilité humaine et arrive à un résultat de 97%. Étrangement, moi j’arrive à 98% avec les mêmes données. Cependant je ne m’obstinerai pas pour un pourcent. Chose certaine, je n’ai altéré les données d’aucune façon. 

Nous voilà donc avec quelque chose qui ressemble à un consensus écrasant, sauf qu’il y a un petit problème avec ça. Comme je l’ai expliqué, la plupart des scientifique sceptiques peuvent facilement tomber dans la catégorie 2,  c’est à dire les articles endossant la thèse que l’homme contribue au réchauffement à un degré non-spécifié. Voyez-vous, même un article exprimant que le soleil est la principale cause du réchauffement, mais que l’activité humaine y joue un rôle limité pourrait facilement se retrouver dans cette catégorie et il y a effectivement un bon nombre de ces papiers dans cette catégorie. Leurs auteurs ont même dénoncé Cook comme faisant de la fausse représentation en incluant leur travail dans son «consensus».  Peut-on honnêtement dire que ces papiers affirment que l’activité humaine est vraiment la cause principale du réchauffement?  Par la même occasion, l’idée d’inclure les articles qui n’endossent qu’implicitement la thèse anthropogénique peuvent-ils honnêtement être comptés comme exprimant que l’activité humaine est la cause principale du réchauffement climatique des 60 dernières années? Font-ils vraiment partie de ce consensus? La réponse doit forcément être non. Dire qu’il y aurait un consensus de 97% que l’activité humaine influencerait le climat de façon inquantifiable ne nous apprend absolument rien de nouveau et ne prouve absolument pas que l’activité humaine est la cause principale du réchauffement.

Conclusion

L’étude de Cook et al. ne prouve d’aucune façon qu’il y a consensus, ni que le récent réchauffement est causé par l’activité humaine à la hauteur de 95%. Il prouve plutôt le contraire. Dans tout l’échantillonnage, le pourcentage d’articles affirmant avec certitude que le réchauffement que l’activité humaine est responsable du réchauffement n’est que de 0,54%, pas 97%! On est à des années-lumières du prétendu consensus.

Cook et al 2013 - RCA 50+

Comme je l’ai dit et répété, un consensus n’a aucune valeur scientifique, alors même si 97% des tous les papiers scientifiques sur le climat affirmaient avec certitude que l’activité humaine est la cause du réchauffement climatiques récent, il ne suffirait qu’un d’un papier démontrant conclusivement, données à l’appui, que la cause du réchauffement est un facteur naturel pour tout jeter par terre. L’évocation d’un consensus n’est en réalité qu’un sophisme d’appel à la popularité. 

La réalité est que même dans le vaste échantillonage de 11 947 articles scientifique de Cook et al, il n’y a qu’une infime minorité qui endossent la thèse que la cause principale du réchauffement est l’activité humaine.  Tous les autres ne disent absolument rien de la sorte et rien de cette étude ne permet d’affirmer qu’il est dangereux. Voilà pour le pseudo-consensus. Dans un prochain billet, j’entend exposer comment c’est possible que le GIEC établisse à 95% le niveau réchauffement causé par l’homme alors que nous savons qu’il y a si peu d’articles scientifiques qui endossent cette thèse.

Note:

Un article revisé par des pairs a ré-éxaminé l’échantillonage d’articles utilisé dans Cook et al et a déterminé que le nombre d’articles endossant l’hypothèse que le réchaufement est causé par l’activité humaine à plus de 50% est en réalité 41 et non 64. 

Ajout: 

Personne ne m’a encore fait la remarque qu’il existe d’autres études qui prouvent le consensus scientifique tel que Doran & Zimmerman (2009), Anderegg et al. (2010) et Oreskes (2004),  mais au cas où vous seriez tenté de le faire, sachez que tous ont été réfutés par de la littérature revisée par des pairs. Vous trouverez une liste ici avec tous les liens vers ces réfutations.

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