Décaper le vernis du GIEC (1ere partie)

Par Philippe David

Dans mon dernier texte, j’ai déboulonné le mythe du consensus scientifique de 97% en exposant la source maintes fois colportée par les médias et les autres meneuses de claques de la rectitude climatique. Nous avons vu que ce consensus n’est en réalité qu’une fausse représentation d’un exercice de comptage et de classification d’abstraits d’articles scientifiques par une équipe de militants éco-catastrophistes ( c’est exactement ce que sont M. Cook et son groupe). 

Aujourd’hui, je me propose d’abîmer un autre pilier d’autorité de ces éco-catastrophistes et qui a trop longtemps fait l’objet d’une complaisance aveugle de la part des médias: Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC).  Je sais que récemment, je semble obsédé par le sujet du climat, mais c’est surtout parce que j’ai logé une plainte à l’ombudsman de Radio-Canada au sujet de la fameuse bande dessinée sur leur site web et en documentant ma plainte, j’ai décidé par la bande d’exposer certains des faits que j’ai rassemblés sur Contrepoids. Je compte d’ailleurs vous tenir au courant de ces démarches dans un texte subséquent.

Le GIEC est un enfant-roi devenu déliquant juvénile

Je viens de terminer la lecture d’un livre très intéressant de la journaliste d’enquête canadienne Donna Laframboise intitulé: «The Delinquent Teenager Who Was Mistaken for the World’s Top Climate Expert». 

Delinquent teenager cover

Comme vous pouvez le deviner, elle compare le GIEC à un enfant-roi devenu délinquant juvénile qui fût tellement choyé et gâté depuis sa formation qu’il croit qu’aucune règle ne s’applique à lui et en lisant ce livre, vous réalisez très vite la justesse de cette métaphore. Ce qu’elle dévoile, preuves et références à l’appui, est vraiment accablant et devrait complètement discréditer le GIEC. Je me suis sérieusement éraflé le menton et j’ai avalé quelques mouches de surcroit en lisant ce livre à force de voir ma machoire tomber au plancher.

L’image qu’on se fait du GIEC est d’un monument de rigueur scientifique, au-dessus des considérations politiques, neutre et d’une transparence sans reproches. Tout ce qui en émane devrait être accepté sans question puisqu’il rassemble les plus éminents experts en climat. Les gouvernements de ce monde et les médias ne cessent de nous répéter ce mythe urbain en boucle. Inventez un mensonge, faites-le gros et répétez-le souvent et les gens finiront par l’accepter comme une vérité immuable. C’est exactment ce qui ce passe avec le GIEC. Commençons par son rôle et son mandat.

Le rôle et le mandat du GIEC

On imagine que le GIEC est un organisme scientifique et politiquement neutre et beaucoup d’efforts ont été faits pour entretenir cette image. Pour y croire, il faut complètement oublier que cet organisme a été fondé et opère sous l’égide des Nations Unies où absolument tout est politique. Le rôle primaire du GIEC depuis sa fondation en 1988 a toujours été de soutenir la création et le maintien d’un traité international sur lés émissions de gaz à effet de serre, la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). La raison d’être du GIEC n’est pas, comme plusieurs le croient de, scruter et interpréter la documentation scientifique sur les changements climatiques afin que nos gouvernements puissent prendre des décisions éclairées sur les politiques à suivre pour en minimiser les impacts. Non. Le GIEC est en fait plus comme une commission d’enquête. Il a un mandat qui définit ses paramètres de référence.  Par exemple, la raison pour laquelle la Commission Charbonneau n’a pas pu enquêter sur des cas de corruption au delà de l’industrie de la construction est que ce n’était pas dans son mandat (on peut s’imaginer pourquoi d’ailleurs.) De la même façon, le GIEC a également un mandat qui est défini dans sa charte:

Le GIEC a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. [ caractères gras ajoutés. ]

Vous avez bien lu. En 1988, alors que les sciences climatiques étaient dans leur enfance, que la litérature scientifique à ce sujet était quasi inexistante et qu’à peine plus d’une décennie plus tôt on craignait une nouvelle ère glaciaire, les Nations-Unies, avec l’appui de plusieurs gouvernements (dont le gouvernement canadien), avaient déjà décidé que le réchauffement climatique était dû aux émissions de GES créés par l’activité humaine et qu’un traité serait nécessaire pour limiter ces émissions.  Le GIEC fût alors créé non-pas pour établir la cause et les conséquences du réchauffement (le verdict était déjà déterminé d’avance), mais de fournir une justification d’apparence scientifique à l’idée que nous en sommes la cause et qu’un effort international sera nécessaire pour mitiger nos émissions de GES.

Ce simple fait devrait déjà miner la crédibilité du GIEC dans votre esprit, mais il y a plus. Beacoup plus.

Les «top guns» du climat… pas vraiment!

Rajendra Pachauri, directeur du GIEC de 2002 à 2015 a souvent répété que le GIEC employait la crème de la crème du monde scientifique. En ses propres mots:

«These are people who have been chosen on the basis of their track record, on their record of publications, on the research that they have done…
They are people who are at the top of their profession as far as research is concerned in a particular aspect of climate change.»

Et pourtant, c’est faux. Le GIEC a plusieurs fois employé des étudiants comme auteurs-associés, auteurs principaux, et auteurs principaux/coordonnateurs. Quelques exemples qu’on retrouve dans le livre de Mme Laframboise incluent Richard Klein qui a compété sa maitrise en 1992 à l’âge de 23 ans et est devenu auteur principal du GIEC en 1995 à l’âge de 25 ans, puis auteur principal/coordonnateur (le poste le plus sénior, responsable d’un chapitre entier de la bible climatique) à l’âge de 28 ans, 6 ans avant de compléter son doctorat en 2003. 

Ou Laurens Bouwer qui lorsqu’il a été choisi comme auteur principal pour le AR3 de 2001 était un stagiaire dans la Munich Reinsurance Company, n’avait pas encore terminé sa maitrise et qui n’a complété son doctorat que 10 ans plus tard

Ou encore Sari Kovats que le GIEC trouvait assez qualifiée en 1994 pour faire partie des 21 personnes appelées à travailler sur le premier chapitre sur la santé dans la bible climatique de 1995 (AR2), trois ans avant qu’elle ne publie son premier papier scientifique et 16 ans avant de compléter son doctorat.

Des experts? Vraiment? Que le GIEC embauche des étudiants post-grad pour assister dans les recherches est une chose. D’en faire des auteurs principaux en est une autre.

Des nominations politiques

Étant une agence de l’ONU, le GIEC est aussi soucieux de la représentativité au sein de son corps scientifique. peut-être même au détriment de leurs qualifications. En 2010, l’Interacademy Council (IAC) a été appelé à faire enquête sur les procédures du GIEC à la suite du scandale des glaciers de l’Hymalaya. Dans le cadre de cette enquête, ils ont mis un questionnaire en ligne pour recueillir les impression de gens internes ou externes au GIEC. Les réponses aux questionnaires sont disponibles ici.

Les réponses à ce questionnaire furent plutôt éclairantes à plusieurs égards. Vous donne quelques exemples citées dans le livre au sujet des nominations d’auteurs avec la page du document des réponses de questionnaire:

  • «There are far too many politically correct appointments, so that developping country scientists are appointed who have insufficient scientific competence to do anything useful. This is reasonable if it is regarded à a learning experience, but in my chapter… we had half of the [lead authors] who were not competent.» (p. 138)

  • «half of the authors are there for simply representing different parts of the world.» (p. 296)

  • «The team members from the developing countries (including myself)  were made to feel welcome and accepted as part of the team. In reality we were out of our intellectual depth as meaningful contributors to the process.» (p. 330)

C’est apparemment un secret de polichinelle au sein du GIEC que beaucoup des nominations ont très peu à voir avec l’expertise scientifique des candidats.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de véritables experts au sein du GIEC, mais lorsque son directeur vous affirme que ce sont tous des gens au top de leur profession, choisis rigoureusement pour leurs qualifications et les papiers qu’ils ont publiés, c’est à prendre avec un gros grain de sel.

Infiltration verte

Comme si ce n’était pas suffisant de savoir que ceux qui écrivent les rapports du GIEC ne sont pas les experts qu’on prétend qu’ils sont, un autre facteur vient miner encore plus leur crédibilité: Un grand nombre d’entre eux sont également des militants actifs d’organismes comme Greenpeace, le World Wildlife fund (WWF) et l’Environmental Defense Fund (EDF). Pas juste au bas de l’échelle non-plus, mais à partir de la tête en descendant. Rajendra Pachauri lui-même a écrit la préface de deux documents de Greenpeace (ici et ici). 

Bill Hare, qui est apparemment considéré comme une «légende» à Greenpeace a servi comme auteur principal et reviseur expert dans la version 2007 de la bible climatique et un du groupe sélect de 40 personnes à contribuer au rapport de synthèse.

Le biologiste marin Ove Hoegh-Guldberg dont les travaux sont cités dans pas moins de 9 chapitres de la bible de 2007 a été auteur-contributeur et auteur-coordonateur pour le rapport #5. Pendant 17 ans il a également écrit quatre rapports pour Greenpeace et deux autres pour la WWF.

Michael Oppenheimer, auteur principal dans l’AR4 et auteur-coordinateur dans l’AR5 a été le chef scientifique de l’EDF pendant plus de deux décennies. Il continue d’ailleurs à conseiller cet organisme.

En tout et partout, dans l’AR4 qui a valu le prix Nobel au GIEC, deux tiers des chapitres ont au moins un auteur qui est un militant vert et certains chapitres en ont jusqu’à neuf. Imaginez le tollé si ces gens étaient à la solde d’Exxon…

Avez-vous le menton à terre? J’en ai encore à dévoiler, mais je devrai le faire dans une seconde partie.

À suivre…

Soyez sympa! Partagez!

2 réflexions au sujet de « Décaper le vernis du GIEC (1ere partie) »

  1. Stephen Sneider reçoit via sa chaire universitaire des fonds d’EXXON.

    http://www.nytimes.com/2002/11/21/us/exxon-led-group-is-giving-a-climate-grant-to-stanford.html

    On sait tous que Rajendra K Pachauri a reçu de l’argent de BP Oil pour écrire son livre et qu' »il est lié à la pétrolière via sa compagnie de consultant TERI.

    http://effetsdeterre.fr/2010/02/09/un-peu-de-tenue-monsieur-pachauri/

    On sait que Pachauri est conseiller auprès du C.A. de la bourse du carbone de Chicago de son ami Al Gore (Generation Investment Management) et où siège un autre ami Maurice Strong, représentant les intérêts de la famille Desmarais.

    https://www.generationim.com/about/

    http://notrickszone.com/2010/05/25/pachauri-and-the-chicago-climate-exchange/#sthash.ck3CFZM3.SIgX80Cg.dpbs

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