Le déni d’Alexandre Taillefer

Par Philippe David

Revenons si vous le voulez bien sur l’entrevue d’Alexandre Taillefer à Tout le Monde en Parle. Hier j’ai exprimé mon opinion sur le gazouillis de Jeff Fillion en rapport avec cette entrevue et vous avez été extrêmement nombreux à me lire. Cette chronique a établi un record de visionnement qui n’est probablement pas près d’être battu et je remercie de tout cœur tous ceux qui l’ont lu. J’espère que vous reviendrez. C’est plaisant de savoir que je n’écris pas pour rien. Cette fois-ci par contre je voudrais me concentrer sur Alexandre Taillefer lui-même, mais pas pour faire du « bashing », mais j’aimerais essayer de jeter un coup d’œil un peu plus  « objectif » sur cette entrevue. Il y a beaucoup trop de madeleines éplorées qui manquent d’objectivité quand il est question de cette controverse. J’en ai lu dans les journaux, entendu à la radio et je me suis buté à plusieurs sur Facebook.

Je déteste «Tout le Monde en Parle» et je trouverai toujours quelque chose d’autre à regarder les dimanche soir et donc, comme Jeff Fillion, je n’avais pas écouté l’entrevue d’Alexandre Taillefer dimanche, mais je me la suis tapée plus tard pour être sûr de ce qu’il a dit plutôt que de me fier à de l’information de seconde main. J’ai donc pu voir un Alexandre Taillefer très souriant et à l’aise le temps qu’il discutait de ses entreprises (et écorchait Uber au passage). Un Alexandre Taillefer qui s’est gardé une petite gêne quand on lui a demandé ce qu’il valait, disant qu’il se considérait «chanceux». Naturellement, les autres personnes en présence se sont biens gardés de mentionner que les entreprises de M. Taillefer sont subventionnées à l’os et que son avoir net a été largement accumulé des impôts soutirés par la force des poches des contribuables québécois (d’où mon antipathie pour le personnage, je ne le nierai pas). Il peut bien être souriant. Puis, Guy A. Lepage l’interroge sur son fils, et sa mine s’est bien évidemment assombrie. Compréhensible. Perdre un enfant est une chose tragique. L’adolescence est une période difficile à vivre et il semble que de plus en plus d’adolescents ont des pensées suicidaires. Beaucoup plus, il me semble, que dans ma jeunesse (et croyez-moi, je ne l’ai pas eu facile). Je ne saurais vous expliquer pourquoi.  Je crois qu’elle est là la vrai tragédie. Thomas est loin d’être seul.

Venons-en, si vous le voulez bien, aux propos d’Alexandre Taillefer qui sont à l’origine de la controverse:

«Mon fils a envoyé des signaux d’aide au mois de mai, a envoyé des signaux très clairs avec le mot “suicide” dans la note et Amazon, qui détecte que vous êtes sur le site pour chercher des souliers rouges, fait rien aujourd’hui par rapport à ça. Je pense qu’il va falloir qu’il y ait une modification. Si j’avais été alerté à ce moment-là d’une quelconque façon au mois de mai, mon fils s’est tué le 6 décembre, six mois plus tard… Je pense que ça aurait changé le cours des choses et j’ai l’intention de contacter Amazon pour les responsabiliser par rapport à ça»

Peut-être que j’interprète mal (mais je ne crois pas), mais ça ressemble pas mal à quelqu’un qui est encore dans la première phase du deuil, le déni. Alexandre Taillefer a beau nier qu’il ne cherche pas à blâmer Amazon, je trouve que ça ressemble beaucoup à ça. Décortiquons un peu.

«Amazon, qui détecte que vous êtes sur le site pour chercher des souliers rouges, fait rien aujourd’hui par rapport à ça

Faire quoi au juste?  Jouer à Big Brother? Est-ce vraiment son rôle de contrôler les états d’âme de leurs utilisateurs? Est-ce que les autres réseaux sociaux ont ce « devoir » également? Sont-ils même qualifiés pour déterminer si quelqu’un est suicidaire? Pourtant Alexandre Taillefer semble assumer que c’est une responsabilité de l’entreprise de se soucier du bien-être de son fils plutôt que juste lui fournir un mode d’expression personnel.

«Je pense qu’il va falloir qu’il y ait une modification

Vraiment? Pourquoi? Qui va payer pour ces «modifications»?

«Si j’avais été alerté à ce moment-là »

Et comment auraient-ils su qui contacter? Je ne connais pas le site Twitch, mais généralement, les réseaux sociaux ne demandent pas à leurs utilisateurs qui contacter en cas d’urgence.

«j’ai l’intention de contacter Amazon pour les responsabiliser par rapport à ça»

Et il s’attend à ce qu’ils fassent quoi, dans le concret?

Pendant l’entrevue, Alexandre Taillefer admet qu’il n’a pas vu de signes avant-coureurs  de la part de son fils que le seul signal a été ses messages sur Twitch et le post-it sur son ordinateur six mois plus tard. Je ne suis pas psychologue ou psychiatre, mais je crois que c’est plutôt rare qu’une personne dépressive ne sonne aucun signal, aucun appel à l’aide. Le plus souvent, c’est plutôt son entourage qui n’est pas à l’écoute ou qui est incapable de déchiffrer les signaux. Taillefer a mentionné que son fils était très accaparé par son ordinateur. Il n’a probablement pas réfléchi au fait que l’isolement est peut-être un signe. Quand un ado préfère interagir avec le monde virtuel que le monde réel, c’est probablement qu’il a de la difficulté avec le monde réel. Qu’il sent le besoin de fuir, de s’évader.

M. Taillefer a-t-il tenté de s’intéresser aux activités de son fils sur son ordinateur? L’ordinateur était-il dans une aire commune ou laissait-il Thomas s’enfermer dans sa chambre avec? Quand M. Taillefer a-t-il su que son Thomas utilisait Twitch? A-t-il déjà abordé le sujet avec son fils? Ah ouin? Twitch? C’est quoi ça? Ah, c’est un réseau social? Un peu comme Facebook? Est-ce qu’il y a des trucs cool là-dessus que Facebook n’a pas? Tu peux me montrer? M. Taillefer a-t-il tenté d’encourager son fils à s’intéresser à d’autres activités? Sports, lecture, n’importe quoi! Thomas n’avait-il pas des amis? (S’il n’en avait pas, Ça aussi ça devrait tirer des sonnettes d’alarmes). Comment étaient ses résultats scolaires? Son comportement à l’école?

Je veux bien lui laisser le bénéfice du doute car il ne dit pas ce qu’il a fait avec son fils, mais quelque chose me dit qu’Alexandre Taillefer n’a rien fait de tout ça s’il croit qu’Amazon aurait dû l’appeler pour lui signaler que son fils parle de se suicider. Appelez-ça une intuition. J’dis ça, j’dis rien mais pour qu’un jeune s’enlève la vie en ne laissant qu’un post-it avec le mot «Bye», il faut vraiment qu’il ait perdu tout espoir de communiquer avec ses parents. Peut-être que la tragédie elle est là?

Ajout: Au cas où on voudrait m’accuser d’être mesquin envers Alexandre Taillefer, ce n’était pas du tout mon intention. Comme tout parent, je sais qu’il est très facile d’être absorbé par le train-train quotidien au point d’oublier ses proches. Pour des hommes d’affaires comme Alexandre Taillefer, c’est d’autant plus vrai qu’ils sont pour la plupart des bourreaux de travail. Facile de ne pas voir la détresse de ton fils quand tu travailles comme un fou. Il n’est qu’un humain après tout. Si par hasard il vient qu’à lire ce texte, j’espère qu’il le prendra dans l’esprit d’une critique constructive et qu’il en profitera pour revoir ses priorités et examiner comment il pourrait se rapprocher des êtres chers qu’il lui reste.

Ajout 2: Quelques précisions s’imposent. J’aimerais que vous compreniez que ce texte n’est pas à propos de donner des quelconques reproches à Alexandre Taillefer et de lui dire ce qu’il aurait du faire ou ne pas faire, mis-à-part peut-être de lui faire remarquer que son jugement au sujet d’Amazon est faux. Je n’ai pas non-plus écris ce texte pour analyser une situation familiale dont je ne sait absolument rien. J’essaie plutôt de transmettre un message un peu plus large.

Premièrement, beaucoup de gens ont écouté ce qu’Alexandre Taillefer a dit au sujet d’Amazon et qui se disent qu’il a raison, il devrait y avoir plus de contrôle sur des sites comme Twitch et les compagnies comme Amazon ont une «responsabilité sociale». La prochaine chose qu’on sait c’est qu’il y a une campagne qui démarre pour imposer des mesures de surveillance onéreuses à ces compagnies. Le gouvernement canadien ne pourrait rien imposer aux compagnies qui n’opèrent pas au Canada, mais pourrait le faire aux compagnies canadiennes, les mettant en désavantage par rapport à la concurrence extérieure. C’est comme ça que ces choses-là commencent. Une mise en garde s’imposait là-dessus.

Deuxièmement, j’ai tiqué quand M. Taillefer a mentionné que son fils était «très proche de ses ordinateurs». Je travaille dans ce domaine et je suis conscient à quel point il y a des activités sur l’internet qui sont extrêmement addictives. Je ne peux que faire des suppositions au sujet de Thomas. Je ne connais certainement aucun détail de son environnement familial et, mis à part Twitch, rien de ses activités sur son ordinateur, mais je sais par expérience que tout parent averti devrait s’inquiéter si son enfant commence à laisser l’ordinateur prendre trop de place dans sa vie au détriment de ses liens familiaux et de ses autres activités. C’est pourquoi je me suis servi de son cas comme exemple pour mettre en garde d’autres parents qui sont peut-être aux prises avec un ado qui vit un peu trop dans le virtuel et je donne des trucs que je connais.

Pour ce qui est des animateurs de radio de Québec, j’en ai rien à battre personnellement, ce que je défend, c’est la liberté d’expression en général.



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29 réflexions au sujet de « Le déni d’Alexandre Taillefer »

  1. vous avez parfaitement raison …Il semble que monsieur Taillefer en soit encore au stade de rejeter le blame sur « les autres »…,en incapacite d’accepter,deni. Un peu d’introspection ne lui nuirait pas.Est-ce que ses « affaires » l’accapparaient au point ou il a manque les « signes »???

    1. Je travaille depuis 12 ans dans un Centre de prévention du suicide et je vois, à lire les commentaires, que malheureusement, nous avons encore beaucoup d’éducation à faire sur cette problématique. N’oublions pas que le suicide est MULTIFACTORIEL et fait référence à une souffrance intolérable. De plus l’adolescence est une période critique dans la vie de nos enfants où l’impulsivité joue une part importante. Dans ma carrière j’ai vu toutes sortes de situations, et malgré tous les efforts des parents, leurs ados se referment sur eux mêmes et il devient presque impossible d’interagir avec eux. Personne ne réagit pareil à un deuil et M. Taillefer et d’abord et avant tout un être humain et un papa, ne l’oublions pas….

  2. C’est tellement un terrain glissant ce que vous tentez de faire m. David. Je comprends bien votre point de vue par rapport au Gouvernement et à toute forme de contrôle ou d’aide des individus, je saisis bien que vous êtes plutôt du côté des gens qui croient que les individus doivent se prendre en main, que l’État ne devrait pas intervenir à ce point là, qu’il faut responsabiliser les gens plutôt que mettre en place des mesures « venues d’en haut ».

    Mais ce que vous faites dans votre texte, à un certain moment, c’est de juger un individu. Sans information, sans le connaître, vous jugez de ses capacités parentales, de la relation qu’il entretenait avec son fils. Vous présupposez qu’il était désengagé, et maintenant qu’il tente de lancer le blâme sur une autre corporation.

    Dans une situation où un enfant s’est suicidé.

    Je vous invite à une plus grande circonspection et à un plus grand respect, même à vous garder « une petite gêne ». Ni vous ni moi n’avons les informations qui nous permettraient de tirer ces conclusions. Et je me demande bien ce qui vous donne le droit de juger un individu aussi durement.

    Vos points sont légitimes avant que vous ne tombiez dans le jugement personnel. Votre dernier paragraphe est franchement méchant, irrespectueux et présomptueux.

    Je ne remettrai pas en doute votre droit à écrire de tels propos. Mais je tiens à vous exprimer mon dégoût de votre attitude face à un autre être humain.

    1. Vous avez raison, je ne connais pas toute son histoire. Je ne fais que supposer comment ça aurait pu arriver d’après ma propre expérience de parent. Ce qui m’apparait évident dans la maisonnée des Taillefer, c’est qu’il y avait peut-être des manques de communication. Comme j’ai écris, appelez-ça une intuition.

      1. Avant. Mais votre ajout renforce le jugement et les présomptions que vous portez à son égard. Je suis parent aussi, et je vous le dis : qui sommes-nous pour juger?

        Je vous invite à lire les travaux de Yao Assogba sur le suicide, parfois il y a peu ou pas de signes avant-coureurs.

        1. Je comprend. N’empêche que si vos enfants passent trop de temps dans le monde virtuel, je crois qu’il n’est pas déraisonnable de dire que vous devriez vous intéresser de très près à leurs activités en ligne et ne pas vous fier aux fournisseurs de services pour le faire à votre place.

        2. Fillion a bien été jugé lui?? S’il s’avérait que Taillefer n’a rien fait pour son fils parce que trop préoccupé par ses affaires comme beaucoup de parent irresponsable au Qc. Desolé, mais j’ai le cri.. de droit de penser que le fils de Taillefer a peut être tenté à mille reprises de demander de l’aide à ses parents sans en recevoir. Si c’est le cas, c’est qui l’odieux entre les deux?

    2. Je seconde… On présume de beaucoup ici.
      Je partage la réserve sur l’implication d’Amazon, ça n’a même aucun sens d’exiger cela. Mais pour le reste, on parle au travers du chapeau.

  3. Le suicide d’un enfant, c’est tellement profond, c’est tellement grave, c’est un intouchable.

    Tu ne peux pas juger quelqu’un sur ça. Peu importe qui, ou quoi est responsable du suicide, le résultat restera toujours une injustice terrible pour le parent. Il ne peut pas avoir fait quelque chose d’assez grave pour mériter cela. Personne ne peut mériter cela, c’est tellement gros, tellement infernal. Il n’y a pas de mot pour dire la douleur, le vide que ça cré.

    Vivant cela, ils vont essayer de se rattacher à n’importe quelle bouée. On n’est pas obligé d’être d’accord. Mais il faut le respecter. Peut-être qu’Amazon n’a rien à avoir avec le suicide de son fils. Mais, c’est impossible de le dire de façon correcte en 140 caractères. Il faut le dire dans le respect, avec 10 couches de protection. On ne peut pas jouer avec les sentiments de quelqu’un à ce sujet.

    Finalement, j’ajouterais qu’il a peut-être raison. J’ai pris BART la semaine dernière à San Francisco, un système à la jonction entre un métro et un train de banlieue. Tout le dos du billet est occupé par un message de prévention simple de quelques mots, écrit en gros, avec le numéro de téléphone en rouge :

    « If you are struggling emotionally or thinking of suicide, call 1-800-273-TALK (8255). Free and confidential. »

    J’ai trouvé ça très bien. Quelqu’un qui pense commettre un geste drastique se fait dire qu’il y a une autre solution à essayer avant de commettre l’irréparable.

    Amazon, comme n’importe quels autres réseaux sociaux pourraient bien détecter certains mots clefs et sortir un message de ce type à l’utilisateur. Peut-être au bon moment. Même chose pour les moteurs de recherche, si quelqu’un cherche une manière d’en finir. Oui oui, donnez le résultat de la recherche, mais ajouter une première page pour proposer de l’aide, ça me semble raisonnable.

    J’ai moi-même fait intervenir la police après avoir un message de ce type sur un groupe de discussion. L’homme a été traité. Personne d’autre n’avait réagi. Pourquoi? Laissons les algorithmes assurer une réaction minimale.

    1. «Le suicide d’un enfant, c’est tellement profond, c’est tellement grave, c’est un intouchable.

      Tu ne peux pas juger quelqu’un sur ça. Peu importe qui, ou quoi est responsable du suicide, le résultat restera toujours une injustice terrible pour le parent. Il ne peut pas avoir fait quelque chose d’assez grave pour mériter cela. Personne ne peut mériter cela, c’est tellement gros, tellement infernal. Il n’y a pas de mot pour dire la douleur, le vide que ça cré.

      Vivant cela, ils vont essayer de se rattacher à n’importe quelle bouée. On n’est pas obligé d’être d’accord. Mais il faut le respecter. Peut-être qu’Amazon n’a rien à avoir avec le suicide de son fils. Mais, c’est impossible de le dire de façon correcte en 140 caractères. Il faut le dire dans le respect, avec 10 couches de protection. On ne peut pas jouer avec les sentiments de quelqu’un à ce sujet.»

      Je suis d’accord, mais à la place d’Alexandre Taillefer, je ne serais pas allé étaler mes malheurs sur la place publique. À partir du moment que tu fais ça, tu t’expose aux commentaires, bons ou mauvais. Et c’est certain que M. Taillefer s’accroche à une bouée.

      «Amazon, comme n’importe quels autres réseaux sociaux pourraient bien détecter certains mots clefs et sortir un message de ce type à l’utilisateur. Peut-être au bon moment. Même chose pour les moteurs de recherche, si quelqu’un cherche une manière d’en finir. Oui oui, donnez le résultat de la recherche, mais ajouter une première page pour proposer de l’aide, ça me semble raisonnable.»

      Ce serait bien s’ils le faisaient, mais il y a une différence entre le souhaiter et même le suggérer ou de prétendre que c’est leur responsabilité sociale, il y a une marge. Suite à l’entrevue, j’ai vu nombre de gens sur les réseaux sociaux prétendre justement que ce n’est pas juste souhaitable, mais que ça devrait même leur être imposé.

      Je vous félicite de votre intervention et certainement, plus de gens devraient devraient en faire autant.

    2. Et l’enfant qui se suicide parce que violée par son parent ou la femme qui en fait autant parce que battu par son mari? Tu les jugeras pas ces salauds? Bravo, belle compassion. S’il s’avérait que Taiilefer n’a rien fait pour son enfant qui semblait avoir besoin d’aide? Je dois avoir de la compassion? Non merci, je n’ai aucune compassion pour un parent irresponsable. Mais je n’affirme pas que c’est le cas je l »ignore. Mais j’ai le droit de me questionner.

  4. Ce que j’ai compris des propos de Taillefer sur Amazon et le suicide:
    Premièrement il nomme Amazon car Twitch.tv leur appartient, mais il pense, en fait, à tout les sites web possédant des algorithmes de recherches comportemental. Facebook, Google, Twitter, Amazon, etc. Il pense même au FBI, CIA, NSA et compagnie qui épluche le web pour trouver des terroristes
    Et deuxièmement il nous parle d’une idée qu’il a en tête qui est au stade embryonnaire. Qui est: ces compagnies et agences devraient mettre leur compétences à l’oeuvre pour aider à prévenir que des personnes suicidaires passe à l’acte.

  5. Votre article est très malhonnête quand aux paroles de Mr Taillefer puisque vous vous arrêter à ce paragraphe le citant sans mentionner ce qu’il a dit subséquemment, soit qu’il précisait, de façon qui ne laisse pas place à l’interprétation, qu’il ne tenait aucunement responsable Amazon et il l’a même répéter par trois fois lors de cette même entrevue; alors de vous arrêter là, à ce paragraphe, sans mentionner la suite de l’interview, est tout simplement de la malhonnêteté intellectuelle… Mais bon ça semble vous ressemblé…

    1. Je suis allé réécouter l’extrait juste pour être sûr et la citation que je fais dans mon texte débute exactement à 17:00 et se termine au moment où Guy A. lui demande s’il reste pour la suite de l’émission. Alors à moins qu’il est revenu là-dessus par la suite dans un autre segment de l’émission, auquel cas, je n’aurais pas pu le savoir puisque je n’ai pas regardé autre chose que ce segment,vous faites erreur. Pour la malhonnêté intellectuelle, on repassera.

    2. Vous savez Mr. Perron. Il est possible de donner votre opinion sans insulter les gens qui ne pensent pas comme vous.

  6. Un bon texte que j’ai lu quelque part et qui résume ma pensée sur le sujet. Si je peux le partager, voici :
    C’est sûr que son commentaire était de mauvais goût mais il y avait rien d’haineux et diffamatoires là-dedans et oui c’est démagogique de prétendre qu’Amazon doit détecter les signes de détresse de ses utilisateurs. Fillion est une autre victime de censure et de lynchage de la part de la grosse gauche de cul moralisatrice et bien-pensante du Plateau qui se réclame Charlie mais veut fermer la trappe à tous ceux qui sortent de la pensée unique de gauche tjrs socialiste, tjrs féministe sauce uqamiène, tjrs islamiste, tjrs anti-développement, tjrs anti-persévérance, tjrs antisémite, tjrs anti-américain et pro-islam. Fillion aurait dû s’excuser auprès de Taillefer mais honte à ce BS de luxe hyppocrite donneux de leçon d’avoir fait des pressions auprès de Bell pour réclamer le congédiement de Jeff. Est-ce que Taillefert est un autre subventionné de la Clique devenue intouchable comme Guy A ou Nadeau-Dubois???

  7. C’est exactement ce que je me disais. Surtout venant d’un homme d’affaire. Je soupçonne qu’il n’était pas très présent pour son fils, accaparé par ses projets d’entreprise. D’ailleurs, c’est une problématique de plus en plus fréquente. Les parents workolique qui ne s’occupe plus de leur enfant. Je ne dis pas que c’est de sa faute, loin de là. Mais il y a quelque chose qui lui a échappé malheureusement. Je pense que Amazon n’a pas à faire des vérifications sur ce qu’écrivent les utilisateurs. Ce n’est pas leur travail. En effet, Alexandre est encore dans la phase du déni.

  8. Je trouve, même avec votre mise-au-point, que vos propos manquent la cible. La situation est assez simple et je trouve faramineux l’ampleur que la situation a prise. M. Taillefer est en choc. Ne vous en faites pas, à chaque fêtes, anniversaires et autres occasions, la culpabilité le suivra et ce, pour le reste de sa vie malheureusement. Les « j’aurais donc dû », « j’aurais dû voir », se succéderont encore et encore. On lui souhaite que cela ne soit pas le cas cependant et qu’il trouvera la paix plus tôt que tard. Il a senti le besoin d’en parler publiquement, au moment où il était prêt pour, probablement, sensibilisé tous les parents. Peu importe ce qu’il a dit. Cela n’a aucune importance. Que cela fasse du sens ou non, encore moins. Ce sont les paroles d’un parent éploré et en état de choc. L’important c’est qu’il ait amené le sujet du suicide pour en parler! Que ce soit la perte d’un enfant pour un parent ou la perte d’un parent pour un enfant dans de telles circonstances, cela a un effet dévastateur à court, moyen ou long terme. Il ne veut probablement pas que cela arrive à d’autres. Et, il le croit sur les toits. Courageux. En ce qui concerne les radios poubelles et les pauvres petits animateurs qui perdent leur emploi par les mêmes types de propos qu’il tiennent pour faire générer des revenus pour leur station, leurs interventions dans cette discussion sont insipides, odieuses et fortement déplacés et les mots sont faibles.

    1. Merci de votre commentaire.

      En réalité, je sais que M.Taillefer est dans le déni, qui est une phase normale du processus de deuil et mon but n’est pas du tout de le culpabiliser. Mon intervention adresse beaucoup de points qui dépassent largement le cas de son fils.

      Premièrement, beaucoup de gens ont écouté ce qu’Alexandre Taillefer a dit au sujet d’Amazon et qui se disent qu’il a raison, il devrait y avoir plus de contrôle sur des sites comme Twitch et les compagnies comme Amazon ont une «responsabilité sociale». La prochaine chose qu’on sait c’est qu’il y a une campagne qui démarre pour imposer des mesures de surveillance onéreuses à ces compagnies. Le gouvernement canadien ne pourrait rien imposer aux compagnies qui n’opèrent pas au Canada, mais pourrait le faire aux compagnies canadiennes, les mettant en désavantage par rapport à la concurrence extérieure. C’est comme ça que ces choses-là commencent. Une mise en garde s’imposait là-dessus.

      Deuxièmement, j’ai tiqué quand M. Taillefer a mentionné que son fils était «très proche de ses ordinateurs». Je travaille dans ce domaine et je suis conscient à quel point il y a des activités sur l’internet qui sont extrêmement addictives. Je ne peux que faire des suppositions au sujet de Thomas. Je ne connais certainement aucun détail de son environnement familial et, mis à part Twitch, rien de ses activités sur son ordinateur, mais je sais par expérience que tout parent averti devrait s’inquiéter si son enfant commence à laisser l’ordinateur prendre trop de place dans sa vie au détriment de ses liens familiaux et de ses autres activités. C’est pourquoi je me suis servi de son cas comme exemple pour mettre en garde d’autres parents qui sont peut-être aux prises avec un ado qui vit un peu trop dans le virtuel et je donne des trucs que je connais.

      Pour ce qui est des animateurs de radio de Québec, j’en ai rien à battre personnellement, ce que je défend, c’est la liberté d’expression en général.

      1. D’attirer l’attention de vos lecteurs sur des comportements de leurs enfants qui doivent allumer des lumières rouge qui peuvent indiquer que leur enfants sont une menace pour autrui ou eux-mêmes est une excellente initiative et est tout à votre honneur.
        En ce qui concerne le filtrage d’internet ou la censure de celui-ci, c’est tout un autre sujet qui n’est pas nouveau et qui n’a rien à voir avec le suicide, vous en conviendrez. Telle que vous savez (et M. Taillerfer aussi j’imagine, dans un contexte normal et non de crise et choc), ces discussions ont débuté il y a belle lurette dans les écoles universitaires d’ingénierie et d’informatique reliés à UUNET bien avant la distribution commerciale des accès internet au public en général par Videotron ou Bell (ou autres) et elles se poursuivent toujours. Onionland en est remplies.
        Vous savez aussi que les parents ont accès et peuvent acheter des logiciels de filtrage par mots clés et de censure genre Net Nanny ou autres qu’ils peuvent installer sur le ou les ordinateurs de leurs enfants ou ados. Donc nulle besoin de penser à mandater le CSTC (ne pas confondre avec CRTC) d’ajouter le mot « suicide » dans ses algorithmes de filtrage d’alerte nationale (ce qui ferait effectivement grimper notre impôt canadien) ou d’obliger les compagnies canadiennes qui hébergent leurs serveurs en sol canadien de filtrer l’activité de leurs usagers pour contre toutes situations possibles ou impossibles (bien qu’elles le fassent pour leurs propres besoins commerciaux).
        Bien que, par exemple, Bell, Videotron, Google ou autres filtrent déjà internet via leurs serveurs DNS, nul besoin de vous dire que n’importe quel ados le moindrement allumé peut contourner ceux-ci pour accéder à des contenus NSFW extrêmes qui sont inaccessibles normalement.
        Par contre, ils leur aient beaucoup plus difficile de contourner un bon logiciel de contrôle parental installé avec ou sans le consentement de leurs enfants ou ados. La légitimité de cette dernière approche est, j’en conviens, elle aussi sujette à discussion 😉

    2. Ah bien, j’espère que tu va dénoncer aussi tous les journaux poubelles qui ont profités de cette affaire.

  9. Pour être en intervention, la responsabilisation est un mot très positif qui ne blâme pas. Si je blâmais tous mes usagers, il serait sans doute bien difficile de les aider. Je ne connais pas beaucoup le fonctionnement des mondes virtuels. En même temps, il demeure pertinent de se questionner sur la façon dont nous pouvons nous adapter à la technologie. Comment pouvons nous respecter une vie privée, tout en étant en mesure de venir en aide à des âmes en peine? Est-ce vraiment impossible? Ou si nous ne souhaitons pas faire l’effort? À mon avis bien personnel, j’ai le sentiment que jamais personne dirait être contre la prévention du suicide et pourtant souvent il y a des détracteurs des moyens qui sont mis en place, ou du désire de changer les choses. La problématique du suicide est réellement complexe. Que ce soit le registre des armes à feu, l’adaptation des réseaux sociaux, l’investissement du gouvernement en santé mentale, la formation d’intervenants et de gens dans la communauté, traitement par les médias, etc. Il faut se rappeler que ce sont tous des moyens de prévention qui une fois mis tous ENSEMBLE ont un impact et non si nous les prenons tous individuellement.J’ai vu des familles des plus impliqué dans la vie de la personne suicidaire et pourtant le drame est arrivé quand même. Pour ma part j’ai le sentiment que monsieur Taillefer, avec l’aide de professionnel a fait son examen de conscience. Le fardeau de la culpabilité doit être de toute façon présent à tous les jours. Le suicide n’est pas le choix de personne, surtout pas des proches, il est davantage et malheureusement l’absence de choix. Monsieur Taillefer a quand même bien nommé qu’il n’a jamais compris ce mal de vivre, donc difficile surement de voir les signes avant coureur. Mais après est-ce que c’est de sa faute? Non pas plus qu’à Amazon.

    1. «Pour être en intervention, la responsabilisation est un mot très positif qui ne blâme pas. Si je blâmais tous mes usagers, il serait sans doute bien difficile de les aider.»

      Vous savez c’est quoi la clé qui indique vraiment le fond de la pensée d’Alexandre Taillefer?

      «Amazon, qui détecte que vous êtes sur le site pour chercher des souliers rouges, fait rien aujourd’hui par rapport à ça. Je pense qu’il va falloir qu’il y ait une modification.»

      Dans cette petite phrase, Il dit clairement qu’il pense qu’il croit à un manquement de la part d’Amazon et il dit très impérativement «il va FALLOIR une modification». Il n’a pas dit «vous savez, Amazon détecte certains mots clés pour afficher des publicités, ce serait bien s’ils pouvaient faire ça quand quelqu’un parle de suicide.» Non, il a dit plutôt «Amazon ne fait rien pour ça, il faut que ça change!» et un peu plus loin, «je vais les appeler pour les « responsabiliser »». Pas pour les sensibiliser, pour les responsabiliser. Parce que dans sa tête, ils ont manqué à leur responsabilité. Le choix des verbes est très important, comme un autre commentateur me l’a fait remarquer dans cette même discussion. Le verbe sensibiliser indique qu’on veut apporter une information que l’autre ignore, responsabiliser indique plus qu’on veut les informer d’un manquement quelconque de leur part.

      Je travaille en informatique. Dans la plupart des cas, ce à quoi M. Taillefer fait référence d’afficher des publicités en fonction de vos préférences personnelles dépend beaucoup plus de votre historique de navigation ou de fichiers témoins que le site détecte sur votre ordinateur ou sur quoi vous faites des recherches dans Google, que de simples mots-clés dans vos conversations. C’est quelque chose de plus complexe que ça. Peut-être qu’on pourrait se servir de ça pour afficher des messages anti-suicide? Dans ce cas, il ne suffirait qu’à payer Google, Amazon, Facebook, etc. pour des pubs anti-suicide, plutôt que de les appeler pour les «responsabiliser» à modifier leurs logiciels pour détecter les états d’âmes de leurs utilisateurs.

      Dans mon esprit, il serait bien plus constructif de responsabiliser les parents à plus s’intéresser aux activités de leurs enfants sur l’internet que de tenter de «responsabiliser» une corporation sans visage.

  10. Je partage votre opinion en ce qui concerne TLMEP. A l’occasion j’écoute sur internet seulement les entrevues qui m’intéressent.
    Je partage également votre opinion sur Alexandre Taillefer. Ses taxis électriques c’est une façon de nuire aux taxis traditionnels avec la bénédiction de notre nouvelle religion écologique.

  11. En passant, elle est très bien cette photo avec Joanne. C’est dommage pour ses lecteurs que Mme Marcotte quitte son blogue.
    J’étais un lecteur assidu et je participais aux discussions à l’occasion (sous un autre pseudo).

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