Qu’est-ce qui cloche avec l’idée du revenu universel?

Par Philippe David

« Non vraiment j’y tiens la meilleure façon de tuer un homme
C’est de le payer à ne rien faire. »

– Félix Leclerc, « Les 100 000 façons de tuer un homme »

Le concept d’un revenu universel n’est pas nouveau. Il existe depuis plusieurs décennies déjà et aucun état ne l’avait jusqu’alors implémentée complètement, mais récemment, il y a eu un certain regain d’intérêt pour cette idée. La Finlande en particulier, vient de l’introduire et on commence à y penser sérieusement dans plusieurs pays, incluant le Canada. Notamment, le gouvernement fédéral sous Justin Trudeau et le gouvernement du Québec sous Philippe Couillard sont tous deux en train d’explorer la question. À première vue, l’idée d’un revenu universel peut paraître intéressante, mais j’ai personnellement de fortes raisons de croire qu’il s’agit d’une autre fausse bonne idée.

Le revenu universel, c’est quoi?

Il existe plusieurs variantes, mais grosso modo, l’idée est que l’état attribue à chaque individu un revenu minimum qui est jugé suffisant  pour subvenir aux premières nécessités. Du coup, ça éliminerait en théorie tous les aléas de la pauvreté. Tous les membres de la société seraient assurés d’au moins avoir un toit sur leurs têtes,  de quoi manger et se vêtir, peu importe s’il a un emploi ou non.  Si quelqu’un travaille mais qu’il fait moins que de revenu universel, on comblerait la différence.  Si son revenu d’emploi excède  le revenu universel, alors il ne reçoit plus d’allocation.  En revanche, le gouvernement éliminerait une panoplie de programmes existants.   Si vous commencez à dire que tout ça paraît trop beau pour être vrai, vous avez le bon réflexe.  Voyons pourquoi.

Un programme très coûteux.

Selon ce que rapportait le Journal de Montréal récemment,  un expert a évalué le coût d’un tel programme à $56 milliards, mais le programme actuel de sécurité du revenu coûte $30 milliards, ce qui veut dire que  qu’il faudrait que le gouvernement coupe un autre  $26 milliards d’autres programmes d’assistance pour équilibrer le coût. Plus si on espère faire des économies. Puisqu’au Québec tout programme d’allocation est une vache sacrée assuré par une petite armée de fonctionnaires syndiqués à l’os et défendus par une autre armée de groupe sociaux qui ne manqueront pas de descendre à la rue pour défendre leurs bonbons particuliers. Soyez donc assurés qu’il ne sera absolument pas évident comment le revenu universel finira par nous épargner quoique ce soit. Mon impression est qu’avec l’inefficacité  légendaire du gouvernement et la résistance populaire à laisser les programmes se faire remplacer,  c’est plutôt une explosion des coûts qui est à prévoir… Et plus d’impôts pour les contribuables les plus taxés en Amérique du Nord.

 

Combattre la pauvreté.

Mais c’est quoi d’être pauvre au Québec et c’est quoi la meilleure façon d’aider ceux qui se retrouvent au bas de l’échelle des revenus? Peut-on résoudre ce problème simplement en envoyant un chèque à chaque mois?

La pauvreté a toujours été l’état «par défaut » de l’humanité. La richesse n’existe pas d’elle-même. Elle n’est pas juste présente par petit tas à attendre de se faire approprier par le plus fort, elle doit être créée et la seule façon de créer cette richesse est de satisfaire les besoins d’autrui. Ceux qui créent la richesse sont ceux qui utilisent les moyens que leur fournit la nature et les transforment en quelque chose d’utilisable ou désirable à autrui, que ce soit des produits de base comme de la nourriture, où plus complexe comme de la machinerie lourde ou des téléphones intelligents. C’est ce travail de production et d’échange et d’accumulation de capital qui a permis de hausser le niveau de vie de la race humaine au-delà de la simple subsistance. Aujourd’hui, il n’y a plus que 10% des habitants de cette planète qui vivent encore dans l’extrême pauvreté. Il  y a 200 ans, c’était plus de 90%. Ce qu’on considère comme  de la pauvreté au Québec n’a d’ailleurs aucune commune mesure avec cette pauvreté extrême.

Dans le cas du Québec et du Canada,  la pauvreté est un tout autre problème.  Il faut savoir au départ qu’il n’y existe que très peu de gens y vivent dans un état de pauvreté perpétuel. La grande majorité sont des gens qui commencent leur carrière dans des emplois précaires et peu payés et qui avec l’éducation, le travail, l’expérience et les promotions, grimpent l’échelle et atteignent un plus haut niveau. Selon une étude faite au Canada entre 1990 et 2009, de ceux qui ont débuté dans le quintile de plus bas revenu, 87% ont fini dans un quintile de revenu de revenu supérieur.  C’est donc dire que très peu de canadiens vivent dans un état de perpétuelle pauvreté.  La bonne nouvelle est que ceux qui veulent vraiment s’en sortir, s’en sortent effectivement. Mais que faire avec ceux qui n’y arrivent pas? Et est-ce vraiment une bonne idée de dire que pour aider cette infime proportion de canadiens dans une pauvreté perpétuelle, il faut s’inventer un système universel? Ou ne serait-il pas plus sage, et surtout moins gaspilleur de cibler notre aide vers ceux qui en ont réellement besoin? Et surtout, puisque ces gens reçoivent déjà un chèque d’aide sociale à chaque mois, vous croyez vraiment que si on décide d’envoyer un chèque  plus gros à tout le monde, ça va les aider à s’en sortir? Pas nécessairement. Si quelqu’un est emprisonné dans la pauvreté perpétuelle des années durant, c’est probablement que cette personne a besoin de plus qu’une pitance à chaque mois. Elle a besoin d’un soutien moral. Ce soutien moral, qui va leur donner? Certainement  pas le gouvernement pour qui ils ne sont que des numéros.

L’utopie naïve

C’est plutôt naïf de croire qu’il ne suffit que de faire pleuvoir de l’argent pour éradiquer la pauvreté sans aucun coût social. L’argent doit provenir de quelque part. Au final, il proviendra certainement des poches des plus riches. Le hic, c’est qu’au Québec, nous sommes très pauvres en riches pour financer les coûts additionnels d’un tel programme.  Mais pire encore est l’idée sordide que c’est le rôle de l’état d’assurer une subsistance à chacun de ces citoyen pour le simple fait d’exister. De facto, si vous travaillez, tous ceux qui ne travaillent pas ont un droit de regard inaliénable sur le fruit de votre labeur.  À quoi bon travailler alors? Inévitablement, tous ceux qui gagnent moins que l’allocation minimum ou même un petit peu plus, seront tentés de se laisser vivre. Plus il y aura de gens qui préféreront vivre sur le revenu minimum, plus les coûts du programme seront élevés, ce qui signifie que les impôts devront être augmentés en compensation et plus les contribuables plus riches modifieront leur comportement en conséquent (Trop d’impôt finit par tuer l’impôt, selon Arthur Laffer). Nous nous retrouverons alors avec le paradoxe socialiste. Tôt ou tard, nous finissons par manquer de l’argent des autres.



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34 réflexions au sujet de « Qu’est-ce qui cloche avec l’idée du revenu universel? »

  1. J’ai lu votre texte avec intérêt. Le revenu universel pourrait être un incitatif à travailler à temps partiel ou à temps plein à la condition que tous puisse y avoir accès. Vos objections sont tout à fait justifiées sauf que le programme d’aide sociale vise à stigmatiser les membres les plus vulnérables de la communauté et est un fort incitatif à travailler au noir. Si le revenu universel est une fausse bonne idée, quelle alternative proposez-vous au programme d’aide sociale existant?

    1. «Vos objections sont tout à fait justifiées sauf que le programme d’aide sociale vise à stigmatiser les membres les plus vulnérables de la communauté et est un fort incitatif à travailler au noir. »

      Je vous dirais que la stigmatisation n’est pas nécessairement une mauvaise chose en soi. Ça donne un incitatif à vouloir s’en sortir. De faire un revenu de subsistance un droit acquis par contre, donne l’incitatif contraire. Ça fait de ce qui devrait être une charité conditionnelle, un dû. Pour le reste, le système d’aide sociale actuel tend à emprisonner les bénéficiaires dans un cercle de dépendance continuel en coupant les bénéfices quand on travaille.

      1. M.David, le revenu minimum garanti existe déjà au Canada pour les personnes âgées démunies. Et personne ne remet en question cette forme de solidarité sociale. Pour ma part, j’étendrais cette mesure à la population active et j’abolirais minimalement l’aide sociale et l’assurance-emploi. De manière intuitive, la robotisation de la société va conduire à la raréfaction de l’emploi rémunéré. En outre,certaines occupations ne correspondent à aucune valeur financière comme s’occuper de ses parents vieillissants, rendre visite à des personnes seules dans les maisons de retraite ou faire le choix d’élever ses enfants à la maison plutôt que les confier à la garderie. La meilleure façon de tuer un homme est de le payer à rien faire ne signifie pas pour autant qu’un adulte occupé par des tâches non-rémunérées attend son chèque du premier les bras croisés. Bref, le revenu minimum s’inscrit très bien dans une société civilisée qui respecte le choix individuel de contribuer directement au marché du travail ou de contribuer à la société autrement par du travail bénévole.

        1. M. Vézina

          «M.David, le revenu minimum garanti existe déjà au Canada pour les personnes âgées démunies. »

          Le supplément garanti de retraite est difficilement comparable. Il s’adresse à des gens qui ne sont plus supposés travailler alors que le revenu minimum garanti est pour des personnes qui sont supposées être productives. De plus, côté coût, on estime que le RUI coûterait $55 milliards par an (minimum) alors que le programme d’assistance sociale actuel coûte $30 milliards. Je ne suis pas certain que si on y ajoute abolir l’assurance-emploi, nous allons arriver à l’équivalent.

          «De manière intuitive, la robotisation de la société va conduire à la raréfaction de l’emploi rémunéré.»

          Quand l’automobile est venue remplacer les calèches, ceux qui fabriquaient les calèches ne sont pas restés sur le chômage. Ils ont trouvé un autre emploi. Même chose pour les autres emplois tombés dans l’obsolescence à cause de nouvelles technologies. De nouveaux emplois ont été créés pour remplacer les anciens. Pourquoi croire que la robotisation va finalement rendre la race humaine obsolète?

          «En outre,certaines occupations ne correspondent à aucune valeur financière comme s’occuper de ses parents vieillissants, rendre visite à des personnes seules dans les maisons de retraite ou faire le choix d’élever ses enfants à la maison plutôt que les confier à la garderie.»

          Et pourquoi un gros programme mur-à-mur pour cibler seulement ces petits groupes? Même le problème de la pauvreté perpétuelle est plutôt rare et il serait plus efficace d’avoir des programmes qui répondent mieux à leurs besoins particuliers.

          Bref, le revenu minimum s’inscrit très bien dans une société civilisée qui respecte le choix individuel de contribuer directement au marché du travail ou de contribuer à la société autrement par du travail bénévole.

          Personnellement, je vois le revenu universel comme essayer de tuer une mouche avec un canon. Si l’Ile du Prince Édouard avait une pénurie d’eau, devrait-on instituer un programme d’allocation d’eau à la grandeur du Canada? C’est pourtant ce qu’on essaie de faire avec le revenu universel. On utilise un programme mur à mur très onéreux pour résoudre un problème qui n’affecte vraiment qu’un très petit pourcentage de la population. De plus, tous les experts semblent dire qu’une hausse des taxes et d’impôts sera nécessaire pour financer ce programme. Comme le disait Friedman, si vous pénalisez le travail et que vous subventionnez le chômage, ne soyez pas surpris de vous retrouver avec beaucoup de chômeurs. Je crois que ça s’applique ici.

      2.  » la stigmatisation n’est pas nécessairement une mauvaise chose en soi. Ça donne un incitatif à vouloir s’en sortir. »

        De très grosses affirmations nécessitent de très grosses preuves.

        1. «De très grosses affirmations nécessitent de très grosses preuves.»
          Si vous allez à Salt Lake City en Utah, vous constaterez qu’aucun mormon ne touche un sou de l’assistance sociale d’état. L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a son propre système d’aide sociale qui compte surtout sur la générosité de leurs membres. Leur système aide les gens dans le besoin en comblant leurs besoins immédiats dans un premier temps, mais aussi en les épaulant dans leur recherche d’emploi et en apportant aussi de l’assistance psychologique si nécessaire. Un des points qui fait de leur système un succès est que puisque le récipiendaire sait qu’il est un fardeau pour sa communauté (qui sont des gens qu’il fréquente régulièrement), il est motivé à ne pas vouloir les décevoir. Il sait également qu’il y a une limite à la générosité de ses pairs et donc ne prendra pas celle-ci pour acquise. Ce sont des motivateurs puissants que le système d’aide sociale ne fournit pas et qui sont encore plus absents du système de revenu universel.

          Contrairement aux systèmes de l’état qui ont tendance à traiter les gens comme des numéros, les systèmes communautaires sont plus à même de cibler leur aide vers ceux qui en ont vraiment besoin et oui, le stigmatisme d’être un fardeau pour la communauté joue un très grand rôle dans le processus, ne vous en déplaise.

          1. Je reproche le manque de preuve moi c’est tout. Votre lien marche pas, et vu le titre je m’attends au pire.

  2. C’est pas parce que y a encore des goulags en Corée du nord qu’on doit tous accepter. Y a 100000 ans l’état normal c’était la mort par la morsure d’un lion avant 18 ans, donc on doit pas se plaindre ?

  3. Elle a besoin d’un soutien moral. Ce soutien moral, qui va leur donner? Certainement pas le gouvernement pour qui ils ne sont que des numéros.

    Un soutien moral non, la plupart des gens sont mielleux pour soutirer des infos et vous niquer après, comme le font les assistantes sociales dailleurs.

  4. La bonne nouvelle est que ceux qui veulent vraiment s’en sortir, s’en sortent effectivement.

    De grosses affirmations nécessitent de grosses preuves, par contre.

    1. «De grosses affirmations nécessitent de grosses preuves, par contre.»

      Êtes-vous allé lire l’étude que j’ai mis en lien? Le fait que 87% des personnes débutant dans le 1er quintile se retrouvent dans un quintile supérieur démontre bien que ce n’est qu’une petite minorité qui reste emprisonnée dans une perpétuelle dépendance. Seule cette petite minorité (13% du 20% de la population que représente un quintile) a vraiment besoin d’aide à s’en sortir. Les autres s’en sortent plutôt bien.

  5. « Êtes-vous allé lire l’étude que j’ai mis en lien? Le fait que 87% des personnes débutant dans le 1er quintile se retrouvent dans un quintile supérieur démontre bien que ce n’est qu’une petite minorité qui reste emprisonnée dans une perpétuelle dépendance. Seule cette petite minorité (13% du 20% de la population que représente un quintile) a vraiment besoin d’aide à s’en sortir. Les autres s’en sortent plutôt bien. »

    Je parlais du « La bonne nouvelle est que ceux qui veulent vraiment s’en sortir, s’en sortent effectivement. »

    1. «Je parlais du « La bonne nouvelle est que ceux qui veulent vraiment s’en sortir, s’en sortent effectivement. »»

      C’est exactement ce que les chiffres disent. La vaste majorité de ceux qui commencent dans le quintile le plus pauvre finissent éventuellement par atteindre un quintile supérieur. Puis qu’ils ne peuvent s’en sortir généralement que par le travail, en étudiant, en trouvant du boulot et en gravissant les échelons, on peut en conclure que ceux qui prennent les moyens, pour la plupart s’en sortent. Pour le reste, il est possible que certaines circonstances les empêche. Il faudrait alors déterminer pourquoi la recette habituelle ne donctionne pas pour cette minorité. Ce n’est pas nécessairement un plus gros chèque qui va régler leur problème.

  6. et plein de phrases digne de croyances religieuses tel que « La meilleure façon de tuer un homme est de le payer à rien faire » (qu’est ce que c’est censé vouloir dire ?) »

    1. «et plein de phrases digne de croyances religieuses tel que « La meilleure façon de tuer un homme est de le payer à rien faire » (qu’est ce que c’est censé vouloir dire ?) »»

      Faut croire que Félix Leclerc avait une sagesse que vous ne possédez pas. Il comprenait mieux que vous les effets négatifs que l’oisiveté peut causer à un être humain. C’est déprimant de vivre au dépens des autres. (Pour quelqu’un qui valorise le travail, du moins.)

  7. L’intérêt du RU, c’est justement que des gens comme vous prennent de haut les gens sont aides sociales, et qu’ils arrêtent de pleurer de l’injustice des aides sociales. Rien de plus.

  8. correction : L’intérêt du RU, c’est justement que des gens comme vous arrête de prendre de haut les gens sous aides sociales, et qu’ils arrêtent de pleurer de « l’injustice » des aides sociales. Rien de plus.

  9. L’argument « il faut rendre les aides basses et stigmatiser pour inciter à travailler » est une insulte mais pas envers les « assistés », mais envers les travailleurs. C’est insulter d’esclaves cupides tous les travailleurs. Si l’état cherche à inciter, c’est qu’il voit les gens comme des esclaves feignant, et y compris les travailleurs.

  10. Je vous reproche pas vos propos. Si vous m’aviez dit que la stigmatisation c’est mal, que le talent a une part génétique, que le travail ne fait pas le bien-être, je vous aurai sauté dessus tout autant. Je vous reproche un manque de preuve, c’est tout.

  11. Je la trouve presque drôle cette citation « Non vraiment j’y tiens la meilleure façon de tuer un homme C’est de le payer à ne rien faire. » Sa doit être pour sa qu’au Québec ta le bs générationnel qui veux que si tu viens de parents bs tu reçois automatiquement du bs a 18ans.De plus on parle de Finlande qui instaure le revenue universel on ne peux pas comparer ,ils n’ont pas la même structure économique et la même population et les même valeur collective.Autre fais de combien on parle pour le revenue universelle parce que on parle d’un revenue pour subsister mais apparemment le salaire minimum est un revenue minimum pour subsister je verrais mal comment quelqu’un qui travaille 40h semaine aurais le même ou presque le même revenue que quelqu’un qui a droit au revenue universel , Je suis d’acore pour les personne handicaper physique ou intellectuel mais pas pour Mr ou Mme tout le monde parce que si c’est sa tu peux essayer de me tuer autant que tu veux a grand coups de chèques. . Je ne veux pas être négatif mais il vas toujours avoir des pauvre et des riche et ici pour une grande partie de la population quand on parle de pauvre on parle plus de personne moins fortuner .On veux toute en faire plus mais en général le besoin d’en faire plus est relier au besoin d’en avoir plus mais c’est jamais asse ta toujours le feeling d’êtres l’âne avec la carotte .

  12. On a quelqu’un qui a comme référence les mormons, qui explique que si leur système marche c’est grâce à la stigmatisation mais ça c’est pas le plus grave. Le plus grave c’est que le poste original est entre-coupé de petite phrase remplis de jugements sans aucunes preuves, juste comme ça par pure avis personnel. On est en 2016, à l’heure de l’internet les gens demandent des preuves tout le temps et partout, en tout cas ils devraient. ça sert à rien de faire de la propagande discrètement..

    1. L’économie n’est pas juste un jeu de chiffres, il y a aussi un volet praxéologique qui considère que certains faits sont vrais à priori. Par exemple, si un homme a le choix entre poursuivre ses loisirs et travailler, il choisirait invariablement ses loisirs s’il n’y avait aucun coût à ce choix. Mais voilà, les loisirs coûtent de l’argent, donc pour pouvoir profiter de ses loisirs, un homme doit nécessairement travailler. Avez-vous besoin d’une étude pour ça? Mais qu’arriverait-il si un homme reçoit suffisamment d’argent pour subvenir à ses besoins sans avoir à travailler? Croyez-vous peut-être que certains vont être tentés de se consacrer à leurs loisirs plutôt que de se faire chier à se lever tôt le matin, se taper les embouteillages, bosser toute la journée et rentrer à la maison crevés s’ils peuvent subvenir à leurs besoins autrement? Avez-vous besoin d’une étude pour valider ce raisonnement?

      Avez-vous besoin de résultat empiriques aussi pour voir que si un homme sait que des gens ont sacrifié un peu de leurs précieuses ressources pour l’aider, il ne cherchera pas à en abuser? Que le sentiment que ça procure est différent que celui de recevoir un chèque d’un gouvernement sans visage? N’est-ce pas plus facile de faire abstraction du fait que tout l’argent que le gouvernement vous donne doit d’abord être pris de force dans les poches de quelqu’un d’autre qui a travaillé pour, si on vous laisse croire faussement que c’est un droit acquis, que cet argent est un dû? Les différents acteurs dans l’économie agissent pour réaliser leurs buts personnels selon les incitatifs qui leur sont offert. Si on taxe lourdement le tabac, les gens auront un incitatif pour fumer moins ou cesser de fumer. Ce n’est donc pas surprenant par la suite de voir des études démontrer un déclin dans la consommation du tabac. Si nous taxons les revenus, ça ne prend pas beaucoup d’imagination pour conclure que l’effets sera le même et que plus ces taxes seront élevées, moins il sera avantageux de travailler plus et que par conséquent, les gens seront incités à travailler moins et limiter leurs revenus (ou trouver d’autres moyens d’évitement comme les paradis fiscaux). Un économiste n’a pas besoin de données empiriques pour anticiper ce résultat. Inversement, pas besoin d’être grand clerc et d’être armé de montagnes de données pour prédire que si vous fournissez aux gens les moyens de vivre convenablement sans travailler, beaucoup de gens choisiront cette voie. Donc, si vous instituez un programme qui a pour effet d’augmenter les impôts pour ceux qui travaillent dans un premier temps, et qui en plus, subventionnent le chômage en donnant «de l’argent pour rien», il ne faut pas être trop surpris si vous sous retrouvez avec de plus en plus de gens qui cessent de travailler. C’est entièrement prévisible.

      Mais puisque vous voulez des preuves, l’efficacité de la charité privé par rapport aux aides gouvernementales n’a plus à être démontrée depuis longtemps. Un dollar donné à une œuvre de charité privé envoie beaucoup plus dans les mains des nécessiteux que le gouvernement et les charités privées ont toujours eu un meilleur taux de succès à assister ceux qui en ont besoin parce qu’ils sont plus près de ces gens que n’importe quel bureaucrate gouvernemental. Là encore, les incitatifs qu’apportent les charités privées amènent plus de gens à s’aider eux-même que les politiques gouvernementales.

        1. Et soit-dit en passant, puisque le seul pays ayant institué un système de revenu universel, la Finlande, est un développement très récent, vous ne trouverez donc pas de données empiriques pour savoir si ce genre de programme va avoir des impacts positifs ou négatifs. La seule façon que vous pouvez analyser un tel programme est une approche praxéologique.

          1. Selon vous… Vous pouvez essayer et observer avec du poison également, mais je ne le recommanderais pas. En économie, vous n’avez pas de rats de laboratoire.

            Mais on peut aussi se baser sur les résultats de pas mal tous les programmes des états-providence. Milton Friedman a passé sa carrière à démontrer que les programmes de réduction de la pauvreté étatiques ont tous échoué lamentablement à leurs objectifs. Le revenu universel s’inscrira également dans cette veine…

      1. La réponse à la question : « faut-il toujours prouvé ce qu’on dit de manière empirique » est oui, oui, et oui.

        Par rapport à la charité privé, le but du RU est de justement aussi supprimé la bureaucratie, les contrôles. Donc vous êtes en contradiction.

        1. correction :

          La réponse à la question : « faut-il toujours prouver ce qu’on dit de manière empirique » est oui, oui, et oui.

          Par rapport à la charité privé, le but du RU est de justement aussi supprimer la bureaucratie, les contrôles. Donc vous êtes en contradiction.

        2. «Par rapport à la charité privé, le but du RU est de justement aussi supprimé la bureaucratie, les contrôles. Donc vous êtes en contradiction.»

          Vous oubliez que rien n’est plus permanent qu’un programme gouvernemental. La réalité est que vous n’arriverez pas à supprimer d’autres programmes que l’aide sociale parce que tous les bénéficiaires des autres programmes, tous les fonctionnaires qui les administrent et leurs syndicats vont descendre dans la rue pour les préserver.

  13. Pour ce qui est des preuves, il y en a déjà, et elles sont positives à chaque fois. Y compris l’expérience réalisée dans le Manitoba dans les années 70. À tel point que même GiveDirectly, qui a bien compris le principe de l’inconditionnalité, va aussi expérimenter au Kenya !

    La pétition de principe des économistes qu’un tel préfère les loisirs au travail, et qu’il se donnera au travail seulement parce que les loisirs sont coûteux, est infondé. Prenez juste d’ailleurs un moment d’introspection, et vous verrez bien. Le travail n’est pas l’emploi, le travail c’est aussi et avant tout l’accomplissement de soi. Pensez-vous que les bénévoles se font fouetter pour s’engager dans les associations, les clubs ? Non, ils y recherchent un sens à leur vie, une activité pour faire lien (social), et pourtant ils pourraient se consacrer à des loisirs sur ce même temps, être oisifs.

    L’oisiveté, c’est le résultat de la fatigue, physique, morale et spirituelle, de celui qui se tue à l’emploi, qui perd sa vie à la gagner. L’oisiveté est un mal propre à la société de l’emploi, une réaction à celle-ci, en aucun cas un état de nature ou une préférence naturelle.

    Et puis, que les gens prennent du temps, qu’ils se posent, qu’ils lâchent les manettes un peu, nous avons besoin collectivement de lever la tête du guidon, de prendre du recul ; pas seulement quelques activistes ou philosophes mais chaque citoyen devrait reprendre le temps de questionner sa place, son statut, et la société dans laquelle il évolue et à laquelle il donne forme en s’employant chaque jour au mépris souvent de ses propres valeurs, de ses propres désirs.

    1. Au sujet du programme Mincome au Manitoba…

      «Dauphin (Canada), première ville test. Le concept de revenu de base a été expérimenté dès les années 1970. Dans le cadre du Programme Mincome, le gouvernement canadien tente une expérimentation sociale et devient le premier pays à tester le revenu de base. La petite ville de Dauphin (10.000 habitants, ndlr) est l’heureuse élue. Pendant cinq ans, entre 1974 et 1979, les familles qui avaient un revenu trop bas bénéficient d’une allocation fixe. Le programme s’avère une réussite. « De nombreux participants se souviennent et sont reconnaissants pour les opportunités que le Mincome leur a offertes à eux et à leurs enfants », analysait récemment Evelyn Forget sur le site du Mouvement Français pour un revenu de base. « Tous nous ont mentionné le bienfait du programme pour l’Éducation, insiste-t-elle, soit parce qu’ils avaient réussi à obtenir une formation professionnelle, soit parce que leurs enfants avaient pu étudier plus longtemps à l’école. La plupart pensent que cela aurait dû perdurer ». Malheureusement, le projet est abandonné… faute de moyens

      Nulle part ai-je trouvé de données empiriques démontrant qu’il n’y a pas eu d’effets positifs ou négatifs sur le taux d’emploi à cause de ce programme et il a été annulé parce qu’il était trop coûteux. Ça dit tout.

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