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Je suis un conservateur qui croit aux valeurs de liberté et de responsabilité individuelle. Je pense que l'État doit seulement jouer ses rôles essentiels et ne pas intervenir dans tous les domaines de la société.

Entrevue exclusive avec le politologue français, Guy Milliere

Par Simon Leduc

Je me suis entretenu avec notre collaborateur Guy Milliere. Cette entrevue va porter sur la tuerie de Charleston, sur la course à l’investiture du GOP, sur l’espionnage de présidents français par les États-Unis, sur l’accusation de crimes de guerre contre l’État hébreu et sur la montée de l’État islamique.

Q : À la suite de la tuerie de Charleston, plusieurs Américains souhaitent que le drapeau confédéré soit banni de l’espace public. La gouverneure de la Caroline du Sud veut que le drapeau sudiste soit retiré du Parlement local et Wal-Mart ne va plus vendre des produits liés au drapeau sudiste. Que pensez-vous de cela?

R : Je pense que ces réactions sont tout à fait excessives. Le drapeau confédéré est considéré dans le Sud des États-Unis comme faisant partie de l’histoire. Quasiment personne ne considère le drapeau confédéré comme un signe de racisme ou de nostalgie pour la ségrégation raciale. La Caroline du Sud, où les noirs sont minoritaires, a un sénateur noir, républicain, Tim Scott. Un jeune assassin dépravé et abominablement raciste a commis un massacre abject : il est l’objet d’une réprobation unanime. Plutôt que d’avoir rappelé les valeurs du pays, les Démocrates, l’administration Obama, et Obama lui-même ont utilisé ce massacre abject pour incriminer un racisme censé être toujours omniprésent dans la société américaine. Des Républicains ont fait, en ce contexte, des gestes d’apaisement, et Nikki Haley a été l’un (l’une) de ces Républicains. C’est à mes yeux une erreur. C’est donner un peu raison aux Démocrates, à l’administration Obama, et à Obama lui-même, et dire que le drapeau concerné est un signe de racisme, et que partout où il flotte encore, il y a des racistes. Dès lors que le Sud est largement républicain et conservateur aujourd’hui, c’est prêter le flanc aux accusations de racisme contre Républicains et conservateurs. Les Démocrates ne cessent de se présenter comme le parti qui défend les noirs : c’est une falsification de l’histoire. C’est Abraham Lincoln, républicain, qui a aboli l’esclavage. Le Sud ségrégationniste a voté démocrate pendant très longtemps. Les Démocrates achètent le vote de la population noire aujourd’hui avec des aides sociales massives qui entretiennent une sous-culture de la dépendance, tissée de criminalité et de dissolution des familles. Cela risque de durer encore longtemps, hélas. Le résultat, ce sont des villes comme Detroit ou Baltimore. La société américaine aujourd’hui est largement aveugle aux couleurs, Le parti républicain est aveugle aux couleurs : parmi les candidats cette année, il y a un noir, un indien, deux hispaniques. Les démocrates ont un président noir qui dit que le peuple américain a toujours le racisme dans son ADN. Wal-Mart a cédé au mouvement d’opinion créé par les démocrates.

Q : Selon vous, quel serait le meilleur ticket pour le Parti républicain pour les présidentielles de novembre 2016 ?

R : C’est difficile à dire aujourd’hui. Les élections primaires sont très ouvertes. Je crains que Jeb Bush incarne une ligne trop modérée pour mobiliser, et, en supplément, je ne suis pas certain que les Américains aient envie de voir un troisième Bush à la Maison Blanche : cela aurait des allures de dynastie. Il est impératif que les Républicains emportent la Floride et une fraction de voix hispaniques : Marco Rubio est implanté en Floride, et hispanique. Il faut aussi que les Républicains gagnent des États du Middle West : Scott Walker est gouverneur du Wisconsin, et populaire dans des États tels que l’Iowa, et l’Ohio, qui est crucial. Une candidature Walker-Rubio me semblerait la plus à même de l’emporter. Ce sera difficile : en termes d’États et de grands électeurs, les Démocrates sont quasiment assurés d’avoir deux cent quarante voix. Ils leur en manqueraient trente pour l’emporter ; si la Floride tombe du côté démocrate, les Républicains tombent. Malgré les scandales et le parfum de corruption qui l’entoure, Hillary Clinton reste favorite. Si elle était élue, ce serait une sorte de troisième mandat d’Obama et, sans doute, une transformation irréversible des États-Unis en une puissance déclinante et socialisante.

Q : Des médias français ont annoncé que les trois derniers présidents français (Chirac, Sarkozy et Hollande) ont été espionnés par la NSA. Êtes-vous surpris de ces révélations?

R : C’est une histoire grotesque et montée en épingle artificiellement. Nous sommes dans un monde où tous les pays qui le peuvent pratiquent le renseignement, qui passe par les écoutes. Cela fournit à la gauche française une occasion d’injecter une dose d’antiaméricanisme supplémentaire dans l’opinion. En dehors de cet aspect, cela n’a, à mes yeux, aucun intérêt. Les États-Unis écoutent les Présidents français ? Quelle surprise ! Ce qui a été publié est, en outre, d’une insignifiance totale. La France et les États-Unis sont, a priori, dans le même camp politique et géopolitique, et je ne vois pas ce que la France aurait à cacher. Les sorties de François Hollande en scooter peut-être. La France est une puissance de second ordre qui aime se donner de l’importance, et, outre l’injection d’une dose d’antiaméricanisme, cette histoire permet à ceux qui la ressassent d’imaginer et faire imaginer que la France a beaucoup d’importance et a des choses essentielles à cacher aux États-Unis. Si les médias français s’intéressaient davantage aux ennemis réels de la France, ils feraient un travail plus intéressant.

Q : Selon un rapport commandé par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Israël pourrait être accusé de crimes de guerre lors du conflit à Gaza en 2014. Quelles sont vos impressions sur cela ?

R : Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est une imposture et aucun pays occidental ne devrait y siéger. Accorder le moindre crédit à une organisation où des dictatures plus ou moins criminelles et plus ou moins antisémites disposent d’une majorité automatique est moralement condamnable. Les journalistes et les dirigeants politiques qui accordent du crédit au Conseil des droits de l’homme de l’ONU sont moralement condamnables. Au vu de ce qu’est le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, il n’est pas étonnant que le seul pays qui y soit régulièrement accusé de crimes soit Israël. Une organisation qui a accueilli avec enthousiasme Mahmoud Ahmadinejad, antisémite négationniste aux projets génocidaires devrait être traitée par le dégoût et le mépris. Mahmoud Ahmadinejad, désoeuvré désormais devrait en devenir le président : ce serait seyant. Qu’en un moment où des crimes sont commis sur tous les continents par des islamistes, la seule chose que trouve à faire cette organisation soit de s’en prendre à Israël est abominablement significatif. Israël a été attaqué pendant l’été 2014 par une organisation terroriste islamiste aux projets tout aussi génocidaires que ceux d’Ahmadinejad et de tous les dirigeants iraniens. Israël s’est défendu et a tout fait pour anéantir les capacités de frappe de l’ennemi. Si un Conseil des droits de l’homme digne de ce nom existait, il incriminerait le Hamas pour ses tirs à l’aveugle contre Israël, pour l’utilisation de sa population au titre de boucliers humains, et pour ses projets génocidaires, mais un Conseil des droits de l’homme digne de ce nom n’existe pas.

Q : Hillary Clinton a déclaré que la tuerie de Charleston est un acte terroriste raciste. Êtes-vous d’accord avec cette affirmation?

R : J’ai, un peu, répondu à cette question en parlant des Démocrates, de l’administration Obama et d’Obama. Hillary Clinton a raison de dire que c’est un acte terroriste raciste. Elle a tort d’insister sur le sujet, et de traiter le tueur de Charleston autrement que comme un être abject, méprisable, unanimement réprouvé, et qui mérite la peine de mort. Évoquer un racisme anti-noirs aujourd’hui largement inexistant est nauséabond, aiguise les tensions, alimente le racisme anti-blanc que des agitateurs noirs, tels Al Sharpton, entretiennent. Cela permet d’attirer des voix noires, et c’est le but d’Hillary Clinton. Cela conduit aussi, parfois, à des émeutes raciales, à l’incrimination abusive de policiers, et à des hausses de la criminalité dont les noirs sont les premières victimes. L’essentiel des noirs assassinés aux États-Unis le sont par d’autres noirs : cela, Hillary Clinton ne le dit et ne le dira pas.

Q : La droite française a changé le nom de sa formation politique, l’UMP est maintenant le Parti républicain. Que pensez-vous de cela?

R : L’UMP est, exactement, les Républicains. Cela a été perçu par la gauche en France comme une façon d’américaniser l’UMP, et la gauche n’a pas apprécié. Cela a aussi été perçu par la gauche comme une façon pour l’UMP de s’approprier la république : la gauche a porté plainte et a perdu. Je pense que Nicolas Sarkozy a voulu laisser au passé le nom de l’UMP, entaché par des scandales et se placer dans la perspective d’un deuxième tour en 2017 où il affronterait Marine Le Pen et se présenterait comme le candidat de tous les « républicains ». C’est de la politique politicienne. Le plus important à mes yeux n’est pas là. Il est de savoir si la droite française aura un programme à même de redresser le pays après cinq années d’enlisement désastreuses, et si elle présentera un candidat à même d’être élu et d’appliquer le programme. Nous n’en sommes pas là. Pour l’heure, François Hollande est en campagne, et fera tout pour être réélu. Il a été un président médiocre, qui a accentué le déclin de la France, et n’a pas su répondre au danger islamiste. Cinq années supplémentaires de Hollande seraient cinq années sombres, et si Hollande était réélu, Marine Le Pen pourrait avoir toutes ses chances la fois suivante. Les Républicains, et Nicolas Sarkozy seront-ils à la hauteur de la situation ? On le saura bientôt.

Q : La semaine dernière, trois pays ont été frappés par des attentes terroristes. Selon vous, qu’est-ce que l’Occident doit faire pour éliminer l’État islamique ?

R : Entre ce que l’Occident devrait faire et ce qu’il fera, je crains qu’il y ait une immense différence. La montée en puissance de l’État Islamique et du djihadisme est le résultat des années Obama. Fin 2008, l’Irak était stabilisé, Al-Qaïda en Irak quasiment éliminé. Les djihadistes étaient partout sur la défensive. Obama a détruit cette situation. En retirant les troupes américaines d’Irak, il a créé un vide, abandonné Bagdad à l’Iran, suscité des tensions en régions sunnites, permis la renaissance d’Al-Qaïda en Irak sous la forme de ce qui est aujourd’hui l’Etat Islamique. En encourageant le printemps arabe, qui était en fait un hiver islamique, il a déstabilisé l’Egypte, où Sisi essaie de remettre de l’ordre, difficilement. Il a rendu la Tunisie plus vulnérable, car les appareils de sécurité y ont été démantelés. Il a renversé Kadhafi (en partenariat avec Sarkozy), et livré la Libye aux djihadistes et, maintenant à l’État Islamique. Il a contribué au soulèvement en Syrie, pays maintenant largement détruit. Il a une lourde responsabilité dans l’émergence et le renforcement de l’État Islamique et dans le renforcement du djihadisme. Il ne fera rien pour détruire l’État Islamique. Les Européens ne feront rien non plus, car ils n’ont pas les moyens d’agir sans les États-Unis. Si un président des États-Unis digne de ce nom arrivait à la Maison Blanche, il devrait bombarder les positions de l’État Islamique (les frappes actuelles sont insignifiantes), couper les routes de commerce et d’approvisionnement de l’État Islamique, qui passent par la Turquie, exiger de la Turquie qu’elle cesse son appui à l’État Islamique, et exiger la même chose du Qatar. Des forces spéciales devraient sans doute être déployées sur le terrain. Un appui à l’Égypte de Sisi, confrontée à l’État Islamique dans le Sinai serait aussi indispensable, ainsi que des frappes sur les côtes libyennes, occupées par l’État Islamique. Un président des États-Unis digne de ce nom arrivera-t-il à la Maison Blanche, c’est toute la question. Si ce n’est pas le cas, le futur proche s’annonce très âpre.

La course à l’investiture républicaine, vers un ticket Bush-Cruz

Par Simon Leduc

 

En janvier 2016, les courses aux investitures des deux grands partis politiques vont commencer avec les caucus de l’Iowa et les primaires du New Hampshire. Dans le camp démocrate, Hillary Clinton ne devrait pas affronter d’adversaires de taille. Mais du côté du GOP, plusieurs candidats de prestige ont déjà commencé leurs campagnes afin de devenir le prochain candidat républicain à la présidentielle de 2016. Quel serait le ticket idéal pour les républicains? Selon moi, un duo Bush-Cruz serait le meilleur choix pour le GOP et voici pourquoi.

Jeb Bush, le modéré

Jeb Bush est le fils et le frère de deux anciens présidents américains, Georges H. W. Bush (1989 à 1993) et Georges W. Bush (2001-2009). En novembre 1998, il a été élu Gouverneur de la Floride où il a fait deux mandats (1999 à 2007). Ses principales priorités ont été la réforme de l’éducation et la protection de l’environnement. Il s’est même opposé à un projet de recherche pétrolier sur les côtes de la Floride, qui a été proposé par son frère, qui était alors président. Sur le plan idéologique, il est considéré comme étant un républicain modéré. Par exemple, il affirme que l’immigration est un atout pour le pays et non une menace.  Selon lui, les immigrants clandestins devraient, avec le temps, obtenir une certaine forme de naturalisation. Sa position lui a attiré les foudres de l’aile droite du parti, les tea parties. M. Bush pourrait aller chercher l’appui des républicains traditionnels, des reagans democrats (les démocrates conservateurs) et des indépendants. S’il devient le candidat du GOP à la présidence, ce dernier serait en mesure d’obtenir le soutien d’une partie de l’électorat hispanique, et ce, grâce à sa position modérée sur la question de la naturalisation des immigrants clandestins. Il a été gouverneur de la Floride, donc, il pourrait gagner cet État, qui va être primordial pour le GOP en novembre 2016. Les deux faiblesses de Jeb Bush sont son impopularité auprès des tea parties et le fait qu’il soit le frère de l’ancien président Georges W. Bush, qui est encore impopulaire auprès d’une partie de l’électorat. Je crois que Jeb Bush est le seul candidat qui pourrait battre Hillary Clinton dans une course présidentielle. Il devrait choisir comme colistier, une figure populaire du Tea Party afin de s’assurer de son appui. Le nom du sénateur du Texas Ted Cruz me vient à l’esprit.

Ted Cruz, le conservateur

Ted Cruz est sénateur du Texas depuis 2013. En novembre 2012, cet homme politique de 44 ans a surpris tout le monde en devenant le plus jeune sénateur de la Chambre haute. Ce dernier est une figure populaire des tea parties. Il défend cœur et âme les principes des Pères fondateurs de la Constitution américaine. Il est fortement opposé à l’intrusion de l’État fédéral dans la vie des Américains. Son opposition à la réforme de la santé du président Obama le prouve bien. Sur le plan fiscal et économique, il est pour le libre-marché et préconise la flat tax (un taux d’imposition unique pour tous). Il est un conservateur social. Il est contre le mariage entre conjoints de même sexe et viscéralement opposé à l’avortement (sauf si la vie de la mère est en danger). Il s’oppose à la naturalisation de millions d’immigrants clandestins. Il prône la ligne dure envers les illégaux, ce qui plaît énormément aux partisans du Tea party. Sur le plan extérieur, le sénateur du « Lone Star State» trouve que les Etats-Unis doivent défendre et promouvoir les valeurs démocratiques à l’étranger. Il est un grand ami et défenseur de la seule démocratie au Moyen-Orient, l’État hébreu. Donc, Ted Cruz représente l’aile droite du Grand Old Party. S’il devenait candidat présidentiel, il serait en mesure de faire le plein d’appuis chez les tea parties, les conservateurs sociaux et la droite religieuse, trois factions importantes pour le GOP. Ses prises de position sont jugées trop radicales pour les républicains modérés, les indépendants, les Latino-Américains et les démocrates conservateurs, Donc, le sénateur Cruz ne serait pas le candidat idéal pour l’establishment républicain, car il est à la recherche d’un modéré qui pourrait avoir une véritable chance de battre Mme Clinton. Mais ce dernier serait un candidat idéal à la vice-présidence des Etats-Unis.

Le Parti républicain est une grande coalition composée de plusieurs factions. Le prochain candidat à la présidence va avoir besoin de l’appui de celles-ci afin d’avoir une chance réelle de battre Hillary Clinton en novembre 2016. Lors des présidentielles de 2008 et 2012, l’aile droite avait boudée les candidats à la présidence (John McCain et Mitt Romney) à cause de leur modération. Afin de maximiser ses chances de succès, je crois que le GOP doit choisir un ticket qui va bien représenter toutes ses factions, un modéré et un droitiste. Jeb Bush et Ted Cruz seraient les choix idéals. Le premier ferait le plein d’appuis chez les républicains modérés, les démocrates conservateurs, les indépendants et les hispaniques. Le second obtiendrait le soutien du Tea Party, de la droite religieuse et des conservateurs sociaux. C’est pour ces raisons qu’un ticket Bush-Cruz permettrait au GOP d’avoir de réelles chances de remporter une bataille présidentielle contre Hillary Clinton.

 

PKP est le nouveau chef du PQ et la domination du NPD au Québec

Par Simon Leduc

Après une longue course, Pierre Karl Péladeau est devenu le huitième chef du Parti québécois. Ce dernier a complètement dominé la course à la chefferie et il était assuré de l’emporter, et ce, depuis le début. Il est maintenant le chef de l’Opposition officielle et il va devoir présenter et expliquer aux Québécois, sa vision du Québec et ses idées.  Va t-il défendre la social-démocratie à la sauce péquiste où faire un virage à droite? On a eu la réponse lors de son premier discours comme chef du PQ.   Le chef du mouvement souverainiste est un grand défenseur du sacro-saint modèle québécois. Lors de son discours, il a dit que le modèle québécois a permis à la province de s’affranchir économiquement et de créer une société solidaire et égalitaire. Il défend farouchement tous les piliers de la social-démocratie québécoise : les monopoles d’État, le caractère universel du système de santé, la bourse du carbone, un interventionnisme étatique dans l’économie, etc. Il dénonce les politiques d’austérité du gouvernement libéral et il minimise le problème de l’endettement public du Québec. Donc, sous la gouverne de PKP, le Parti québécois va continuer d’être un parti social-démocrate et un gourou du modèle québécois. Cela a le mérite d’être clair.

Mais que sera la priorité de Pierre Karl Péladeau? L’indépendance du Québec sera sa première et seule préoccupation. Il est venu en politique pour faire du Québec un pays et non pas pour diriger une province canadienne. Lors des trois prochaines années, PKP va tenter de nous convaincre du bien-fondé de son option et il va travailler d’arrache-pied pour y arriver. Dans sa quête, le rassemblement de tous les indépendantistes est primordial pour lui. Ce dernier va devoir tendre la main à Québec solidaire et aux souverainistes de droite. Cela ne sera pas une mince tâche, car QS le trouve trop à droite et les conservateurs trop à gauche.

Une majorité de Québécois ne veut rien savoir de la souveraineté, mais c’est la dernière chance du PQ et PKP va y aller le tout pour le tout. Il a obtenu un mandat clair des membres du parti de faire l’indépendance. Ceux-ci savent très bien que PKP est leur dernier espoir. Si un homme d’affaires ne réussit pas à convaincre les Québécois de se séparer du Canada, qui réussira? La majorité des militants se fait vieillissante et elle veut voir, de son vivant, naître la république du Québec. C’est la bataille de la dernière chance. Si PKP réussit, le Québec va devenir un pays, mais s’il échoue, le projet d’indépendance va être enterré pour plusieurs décennies et la survie du PQ va être menacée.

Lors du prochain scrutin, le Parti québécois va jouer son avenir à la roulette russe. Celui-ci va affronter le camp fédéraliste dans une lutte à finir. Est-ce que PKP sera le grand sauveur ou le fossoyeur du projet de pays. Seul le temps nous le dira.

Le NPD est bon premier au Québec :

Selon le dernier sondage CROP-La Presse, le NPD est en avance dans les intentions de vote au Québec avec 42% des voix (47% chez les francophones). Il est encore trop tôt pour parler d’une deuxième vague orange, car les élections vont avoir lieu dans cinq mois. Comment peut-on expliquer la popularité de ce parti dans la Belle province? Je dois dire que c’est un mystère pour moi, et ce, pour trois raisons. Tout d’abord, le NPD est la formation politique la plus centralisatrice à Ottawa. Celle-ci veut intervenir dans les champs de compétence des provinces et sa promesse de créer un ministère des affaires urbaines le prouve bien. Ensuite, les troupes de M. Mulcair se positionnent clairement à gauche du spectre politique. Sur la scène provinciale, les Québécois n’ont jamais massivement appuyé une formation politique de gauche.  Subséquemment, on ne peut pas dire que la députation néodémocrate québécoise a été très présente dans l’espace publique depuis quatre ans. Elle n’est pas du tout présente sur le terrain et sa performance à la Chambre des communes laisse à désirer. Il me semble que ces trois points devraient nuire au NPD au Québec lors du prochain scrutin, mais ce n’est pas le cas. Le parti de Thomas Mulcair reste la première force politique au Québec sur la scène fédérale. À mes yeux, la popularité de ce parti progressiste est un phénomène inexpliqué.

Entretien avec le candidat du PCC dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus

Par Simon Leduc

Pierre Paul-Hus va représenter le Parti conservateur du Canada dans le comté de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles. Le 19 octobre prochain, il va tenter de ramener cette circonscription dans le giron conservateur. Je me suis entretenu avec lui. L’entretien va porter sur sa campagne électorale locale, sur la libération d’Omar Khadr et sur la proposition fiscale de Justin Trudeau.

Q : Vous êtes officiellement candidat conservateur dans le comté de Charlesbourg. Quels seront les enjeux que vous allez défendre durant votre campagne électorale locale?

R : Il n’y a pas, pour le moment, de grands enjeux fédéraux dans la circonscription, mais j’ai des idées pour améliorer beaucoup de chose et je garde cela pour moi pour l’instant Donc, je vais me concentrer à défendre le bilan du gouvernement conservateur dans les domaines de l’économie et de la sécurité. La grande majorité de la population du comté est composée de jeunes familles et de personnes âgées. Dans notre plateforme électorale, on propose des mesures fiscales qui vont aider directement les jeunes familles : le fractionnement du revenu, la hausse de la prestation pour la garde d’enfants, la hausse du plafond des cotisations au CELI (de 5000$ à 10 000$), etc. Le PLC propose des baisses d’impôts, mais va t-il tenir promesse? Durant ma campagne, je vais dire à mes concitoyens que le gouvernement Harper a tenu ses promesses concernant la baisse de leur fardeau fiscal et qu’il faut continuer sur la même voie. Quand M. Harper promet quelque chose, il tient parole. Si M. Trudeau est élu, celui-ci va se rendre compte qu’il n’aura pas les moyens de ses ambitions. Subséquemment, les personnes âgées sont très préoccupées par l’enjeu de la sécurité du pays face à la menace terroriste. Le Parti conservateur du Canada est le seul parti politique qui prend vraiment cela au sérieux. Le projet de loi C-51 va donner plus de pouvoir aux agences de renseignement afin qu’elles puissent démasquer des terroristes potentiels et mieux protéger les Canadiens. C’est quelque chose que je vais parler durant ma campagne, car c’est très important pour le Canada.

Q : Qui sera votre véritable adversaire lors de la prochaine campagne électorale?

R : Dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, cela va être une bataille entre le Parti conservateur et le NPD. La députés sortante, Anne-Marie Day, sera ma principale adversaire. Celle-ci n’a vraiment pas un bon bilan comme députée. Je rencontre des gens du comté et ils me disent tous que Mme Day est une députée fantôme. On ne la voit jamais dans la circonscription. Je ne vais pas perdre mon temps en l’attaquant. Je vais me concentrer sur ma campagne et dire aux gens que s’ils me choisissent, je vais bien les représenter et défendre leurs intérêts à la Chambre des communes. Après le 19 octobre, la population du comté va avoir un vrai représentant et non pas un fantôme, comme c’est le cas actuellement.

Q : Que pensez-vous de la libération de Omar Khadr?

R : Le gouvernement canadien a admis qu’il y a des choses qui n’avaient pas été fait correctement lors de sa détention à la prison de Guantanamo. Mais Omar Khadr a reconnu sa culpabilité pour le meurtre d’un soldat américain. Je pense qu’il aurait dû purger la totalité de sa peine de prison. Les autorités américaines ont accepté de le transférer au Canada sous condition que le détenu purge toute sa peine. Je crois que l’on envoie un très mauvais message aux autres pays. Dorénavant, ceux-ci vont y penser à deux fois avant d’extrader un autre prisonnier au Canada.

Q : Que répondez-vous à ceux qui affirment qu’il était un enfant soldat et qu’il n’était pas responsable de ses gestes?

R : Le paternel d’Omar Khadr était un sympathisant d’Al-Qaïda et il a entrainé son fils dans le terrorisme. Mais, au moment des faits, il avait quinze ans. Selon moi, il savait exactement ce qu’il faisait. Celui-ci a tué un soldat américain et il méritait d’être jugé en conséquence.

Q : Que pensez-vous des baisses d’impôts que Justin Trudeau a promis aux Canadiens s’il est élu premier ministre le 19 octobre prochain?

R : Le chef libéral affirme que le fractionnement du revenu et la hausse du plafond du CELI vont seulement profiter aux riches. C’est totalement faux. Nos mesures vont permettre aux familles de la classe moyenne de payer moins d’impôts et d’épargner à l’abri du fisc. Justin Trudeau croit que la hausse du fardeau fiscal des riches va faire rentrer plus d’argent dans les coffres de l’État, c’est de la pensée magique. Tout le monde sait que si on impose trop les plus nantis, ceux-ci vont trouver des échappatoires fiscaux (avec l’aide de fiscalistes) afin d’éviter d’en payer plus. La mesure fiscale de Trudeau va faire perdre de l’argent au gouvernement. Donc, je me pose une question : Où va t-il trouver l’argent pour financer ses baisses d’impôts pour la classe moyenne? Selon moi, le chef libéral ne pourra pas tenir parole.

Q : Est-ce que la victoire surprise du NPD albertain pourrait nuire au PCC en Alberta le 19 octobre prochain et aider le NPD fédéral dans cette province?

R : La réponse est non. Durant la campagne électorale albertaine, le NPD albertain s’est dissocié de son cousin fédéral. La nouvelle première ministre de la province ne voulait pas que les Albertains fassent un lien entre son parti et les troupes de Thomas Mulcair. Le NPD fédéral est clairement une formation politique de gauche (socialiste), tandis que son cousin albertain est de centre-gauche. Par exemple, le premier est très hostile à l’industrie pétrolière albertaine, tandis que le second a tendu la main à celle-ci. Donc, il y a une grosse différence entre les deux partis. Je trouve que c’est de la récupération politique de la part des néodémocrates et de l’opportunisme pur et simple. Selon les sondages d’opinion, le Parti conservateur du Canada obtient entre 50 et 55% des voix en Alberta, c’est le même pourcentage qu’ont obtenu le PPC et le Wildrose Party lors du scrutin albertain. Donc, l’Alberta reste un château fort pour notre parti et elle va le rester lors des prochaines élections. Il n’y aura pas de vague orange dans cette province de l’Ouest le 19 octobre prochain. Q : Comment expliquez-vous la victoire historique de la gauche en Alberta? R : Selon moi, il n’y a aura pas de révolution progressiste en Alberta. L’élection d’un gouvernement NPD majoritaire est un vote de protestation. Les Albertains voulaient se débarrasser des conservateurs (après 44 ans de pouvoir) et le Wildrose party n’était pas prêt de former le gouvernement. Donc, ils se sont tournés vers le NPD, qui a bénéficié de la bonne campagne de sa cheffe Je crois que le chef conservateur, Jim Prentice, a fait une très mauvaise campagne. Il a déclenché des élections anticipées après la présentation d’un budget austère, les gens ne l’ont pas pris du tout. Les Albertains voulaient changer de gouvernement et l’autre parti de droite n’était pas prêt. Donc, je crois que cela peut expliquer la victoire majoritaire du NPD. 

 

PKP est le nouveau chef du PQ : la réaction du chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot :

Par Simon Leduc

Q : Que pensez-vous du discours du nouveau chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau?

R : J’ai écouté un bout du discours. Belle contradiction: l’indépendance ne se fait ni à gauche, ni à droite, elle doit se faire un point c’est tout. Et dans le même souffle, il conspue les gens de la droite économique, les “néo-libéraux”, et prône un plus grand interventionnisme. Les libéraux se tapent dans le dos avec la continuation du clivage souverainniste-fédéraliste. Pour le PCQ, ça ne change pas grand-chose: d’un côté, le PLQ et le PQ qui tour-à-tour engraissent le modèle gauchiste qui a enlisé l’économie du Québec et qui surtaxe les Québécois en faveur des profiteurs du système et de l’autre, un vrai parti de droite économique qui veut réduire la taille de l’État et baisser les impôts. Et la CAQ, elle, qui n’est ni de gauche, ni de droite. Aussi, il dit vouloir respecter la volonté démocratique des Québécois. Bien alors, pourquoi un troisième référendum? Deux fois, on a gagné. Ce n’est pas assez clair ?

Entrevue avec Pierre Paul-Hus

Par Simon Leduc

Pierre Paul-Hus est un grand entrepreneur de la région de Québec. En 1995, il a fondé, avec son père, le magazine PRESTIGE. Cette publication se spécialise dans le domaine des affaires et de la consommation. Cela fait vingt ans qu’il est éditeur de ce magazine et cela lui a permis de construire des relations d’affaires avec des entreprises de la région : des entreprises financières, des concessionnaires d’autos, des constructeurs résidentiels, des promoteurs immobiliers, etc. Subséquemment, il est l’éditeur du magazine Hôtels, restaurants et institutions et le vice-président directeur général des Sélections mondiales des Vins-Canada. Également, il est un ancien membre des Forces armées canadiennes. Il a participé à deux missions militaires : à Goose Bay dans le Labrador (sous l’égide de l’OTAN) et à Chypre pour l’ONU. En 2002, il a été instructeur sur un cours de spécialiste en état-major en France. C’est l’Armée française qui lui a offert le poste et c’était la première fois qu’un étranger occupait un tel poste dans la réserve française. Après une carrière bien remplie dans l’Armée canadienne, M. Paul-Hus a décidé de s’impliquer dans le Parti conservateur du Canada. Il brigue l’investiture conservatrice dans le comté de Charlesbourg et il a accepté de répondre à mes questions.

Q : En 2008, vous avez commencé à militer pour le Parti conservateur du Canada, pour quelles raisons?

R : Sur le plan idéologique, je me suis toujours défini comme étant de droite. Sous le règne de Brian Mulroney, j’étais un sympathisant conservateur. En 1989, je suis devenu membre du parti. Durant cette période, je n’ai pas pu m’impliquer activement en politique, car j’étais dans les Forces armées canadiennes. En tant que militaire, je devais rester neutre. J’ai terminé mon engagement militaire au milieu des années 2000. Après cela, mon intérêt pour la politique fédérale est revenu. C’est le ministre Steven Blaney (un ami à moi) qui m’a initié au nouveau Parti conservateur de Stephen Harper. En 2008, j’ai décidé de militer activement pour la formation conservatrice. Aux élections du 2 mai 2011, j’ai été candidat dans la circonscription de Louis-Hébert. Malheureusement, celle-ci a été emportée par la vague orange.

Q : Pourquoi avez-vous décidé d’être candidat à l’investiture du PCC dans le comté de Charlesbourg?

R : C’est en janvier dernier que j’ai décidé de me présenter aux prochaines élections fédérales. Je fais un retour en politique afin d’effacer ma défaite de 2011, j’aime gagner! J’ai choisi d’être candidat à l’investiture du PCC dans Charlesbourg, parce que je voulais absolument me présenter chez moi. En 2011, j’avais dû choisir un autre comté, car Daniel Petit était le candidat dans mon coin. Je dois dire que Justin Trudeau est la principale raison de mon retour en politique active. Je veux aider le Parti conservateur dans sa quête de battre le fils de l’ancien premier ministre. Personnellement, je n’ai rien contre le chef du PLC. Mais sur le plan politique, je crois profondément qu’il n’a pas l’expérience et les compétences pour devenir premier ministre. C’est pour cela que je veux me battre aux côtés de mes amis conservateurs afin d’empêcher que le PLC de Trudeau prenne le pouvoir le 19 octobre.

Q : Comment va votre course à l’investiture?

R : Actuellement, je suis le seul candidat en lice pour l’investiture du comté. Celle-ci n’est pas encore ouverte. On attend que le parti l’ouvre pour que je puisse être officiellement le candidat dans Charlesbourg.

Q : Êtes-vous confiant de battre la députée néo démocrate sortante et devenir le député de Charlesbourg à la Chambre des communes?

R : Selon moi, la victoire du NPD (le 2 mai 2011) est un accident de parcours. Actuellement, le PCC est en avance dans la région de Québec avec 40% des voix. Le NPD est loin derrière avec seulement 25%.  Si les élections avaient eu lieu cette semaine, nous aurions remporté au moins trois comtés à Québec. Donc, c’est une région d’allégeance conservatrice et je suis très confiant de l’emporter le 19 octobre prochain.

Q : Pourquoi êtes-vous contre le port du niquab en public?

R : Je vais exprimer une position personnelle, cela n’est pas la position officielle du Parti conservateur du Canada. Je crois que le port du niquab n’a pas sa place au Canada, car c’est un symbole de soumission envers la femme. La communauté musulmane de Québec est tout à fait d’accord avec ma position. Celle-ci affirme que ce n’est pas un symbole religieux, mais bien culturel, Je suis très mal à l’aise quand je vois une femme porter le niquab dans les lieus publics. Si je suis élu député, je serais prêt à faire un débat sur ce sujet délicat à l’intérieur du caucus conservateur. Encore une fois, cette prise de position n’engage que moi.

Q : Que pensez-vous de l’arrivée de Gérald Deltell dans les rangs conservateurs?

R : Je suis très heureux de sa venue. Nous formerons une équipe extraordinaire pour Québec et l’ensemble de la province. Mon expérience et mes qualités plus les siennes sont une force exceptionnelle.

Q : Selon vous, est-ce que les médias en général sont hostiles au Parti conservateur du Canada. Et si oui, pourquoi?

R : Sur cette question, je pense que cela touche principalement Radio-Canada. Je trouve que le diffuseur public présente souvent une couverture médiatique très négative et hostile envers le Parti conservateur du Canada. Je crois que les journalistes de Radio-Canada devraient rapporter les faits et arrêter d’émettre des commentaires anticonservateurs. Je crois que les reporters de Radio-Canada doivent faire preuve d’une neutralité exemplaire dans leurs reportages. Malheureusement, on a souvent l’impression que la Société d’État a un biais anticonservateur et c’est dommage.

Entrevue exclusive avec le sénateur conservateur : Pierre-Hugues Boisvenu

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Par Simon Leduc

Q : Après le meurtre de votre fille, vous avez fondé l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues. Pourquoi avez-vous décidé de créer cet organisme?

R : L’Association a été créée la 4 décembre 2004, un mois après qu’Hugo Bernier ait été reconnu coupable du meurtre de ma fille. À partir du printemps 2003, j’ai commencé à militer pour sa création parce que le système québécois d’aide aux victimes ne supportait pas les familles de personnes assassinées. Toute l’aide était concentrée sur le criminel (l’aide juridique). Auparavant, ce sont des familles seules qui tentaient de changer le système et elles n’arrivaient jamais à le faire. Je me suis dit que je ne pourrai pas changer les choses seul et qu’il fallait créer une association afin d’aider les familles de personnes assassinées ou disparues. J’ai fondé cette association (avec d’autres personnes qui ont perdu un enfant comme moi aux mains d’un récidiviste, comme Michel Surprenant) pour aider les familles de personnes assassinées qui étaient laissées pour compte par le système judiciaire québécois. Je suis devenu président de l’AFPAD lors de la rencontre de fondation (quinze familles étaient présentes) qui a eu lieu le 4 décembre 2004. J’ai été président de l’Association jusqu’en janvier 2010.

Q : Quel bilan faites-vous de votre passage à la présidence de l’AFPAD?

R : Durant mon mandat, l’Association a été en forte croissance (de 15 familles membres au départ jusqu’à six cent en 2010). On a pu ouvrir deux bureaux (à Montréal et à Québec) et on a réussi à obtenir de l’aide financière du gouvernement du Québec afin de financer les opérations. Le bilan de l’AFPAD est très positif car elle a permis de faire changer trois lois gouvernementales. Les familles sont maintenant reconnues comme proches de victimes, les indemnisations pour les funérailles sont passées de 600$ à 3500$ pour chaque famille, elles peuvent recevoir de l’aide psychothérapeutique et lorsqu’elles prennent congé, leurs emplois sont protégés pour deux ans. Au niveau fédéral, on a fait pression sur le gouvernement afin de faire changer une vingtaine de lois qui sont maintenant favorables aux victimes (libérations conditionnelles plus encadrées, des peines de prison plus longues pour les criminels, par exemple, une personne reconnue coupable de meurtre doit maintenant purger une sentence de 25 ans de prison sans possibilité de libération conditionnelle). Je crois que l’Association a permis de remettre les victimes au centre du processus judiciaire alors qu’auparavant, elles étaient totalement exclues. Maintenant, il y a un organisme qui parle aux noms des familles de victimes d’actes criminels et elles ont plus de poids pour défendre leurs intérêts sur la place publique.

Q : Est-ce que l’arrivée des conservateurs au pouvoir en 2006 a aidé la cause des victimes d’actes criminels?

R : Oui, si on n’aurait pas eu un gouvernement conservateur, on n’aurait pas pu faire avancer la cause des victimes. En 2005, j’ai rencontré M. Harper à Sherbrooke afin de le convaincre d’inclure dans son programme électoral, une politique plus musclée en matière de justice criminelle et il a acquiescé à ma demande. Depuis 2006, le gouvernement Harper a adopté une politique de préférence envers les victimes et le système de justice est plus sévère contre les criminels dangereux.

Q : En janvier 2010, le premier ministre Harper vous a offert un poste à la Chambre haute du Parlement Canadien. Pourquoi avez-vous accepté de devenir sénateur?

R : M. Harper m’a appelé le 7 janvier 2010 pour m’offrir un poste de sénateur à la Chambre haute. Il a posé deux conditions à ma candidature. Il m’a demandé si j’adhérais à l’ensemble des politiques du gouvernement conservateur en matière économique et social et si j’allais respecter la réforme du Sénat qu’il voulait mettre en place (mandat de 9 ans). Je lui ai dit que j’étais très à l’aise avec ces deux éléments et ma nomination a été confirmée. J’ai mentionné au premier ministre que je voulais siéger au Sénat pour une durée de six ans afin de faire passer des projets de loi pro-victimes

Q : Cela fait trois ans que vous siégez au Sénat canadien. Quelle est votre plus grande réalisation depuis le début de votre mandat?

R : Ma plus grande réussite est d’avoir donné au Sénat, un porte-parole en matière de victimes d’actes criminels. Je siège sur le Comité des affaires juridiques et constitutionnelles où tous les projets de loi en matière de justice sont scrutés à la loupe. Donc, le fait d’être membre de ce comité me permet de décider qui vient témoigner lors de l’étude d’un projet de loi en matière de justice. Il y a deux conservateurs et un libéral qui y siège et cela nous permet de faire témoigner des organismes qui défendent les victimes d’actes criminels. Également, je siège sur les comités consultatifs des ministres de la Justice et de la Sécurité publique. Ainsi, je peux consulter un projet de loi avant que le ministre ne le présente au Cabinet. De ce fait, je peux influencer sur le contenu d’une loi afin d’inclure des mesures qui sont favorables aux victimes. Comme sénateur, je peux contribuer à la mise en place de politiques plus musclées envers les criminels et qui aident les familles de victimes d’actes criminels. Je suis très fier du projet sur l’assurance-chômage. En janvier dernier, le gouvernement Harper a adopté un projet de loi qui permet à une famille d’une victime d’un acte criminel de recevoir cinquante semaines d’assurance-emploi afin qu’elle puisse s’occuper de ses petits et suivre le procès du meurtrier de son enfant. Je suis très fier de cela car c’est la première mesure pancanadienne qui est adoptée pour les victimes d’actes criminels.

Q : Pourquoi avez-vous accepté de devenir le porte-parole québécois du gouvernement conservateur en matière de justice criminelle?

R : J’ai accepté de devenir le porte-parole de M. Harper en matière de justice car il est personnellement venu me charger pour m’offrir ce poste. Il voulait dans son équipe, un porte-parole crédible au niveau des victimes d’actes criminels. C’est un mandat qui m’intéressait parce qu’avec seulement cinq députés conservateurs dans la Belle province, il fallait que des sénateurs conservateurs les aident dans leurs travaux. De plus, cela donnerait une voix additionnelle aux victimes dans la province. Le fait d’avoir un porte-parole fédéral, cela encourage des victimes de sortir du silence et de dénoncer les actes criminels sur la place publique.

Q : Certaines personnes affirment que vous prenez trop de place au Québec sur les questions judiciaires et qu’un sénateur ne devrait pas occuper une telle fonction car il est un non élu. Que répondez-vous à ces gens-là?

R : Le droit de parole n’est pas une question de représentation. Je n’ai jamais dit que je représentais tous les Québécois et Canadiens au Sénat. Je représente la voix des victimes d’actes criminels à la Chambre haute. Le fait d’être sénateur me permet de défendre une cause spécifique comme d’autres sénateurs l’ont fait dans le passé (par exemple, Jacques Demers avec l’alphabétisation). Je ne pourrais pas faire cela si j’étais un élu car je devrais représenter l’ensemble de ma circonscription et cela ne m’intéresse pas. Je veux me battre pour les victimes, c’est ma première priorité dans la vie. C’est important qu’un sénateur identifie une cause qu’il va défendre car cela valorise le rôle du sénateur qui est très discrédité aux yeux des Canadiens.

Q : Le modèle québécois en matière de justice pénale est basé sur la réhabilition. La population a de moins en moins confiance en notre système de justice. Croyez-vous que celui-ci défend les intérêts des criminels au détriment de ceux des victimes?

R : Je ne crois pas que les intérêts des criminels sont nécessairement mieux défendus que ceux des victimes. Notre niveau de tolérance envers la criminalité est plus élevé au Québec qu’ailleurs au pays. Si on veut savoir si modèle québécois est bon, on doit le comparer au modèle de la Colombie-Britannique. Je vais prendre comme exemple, la criminalité chez les 12-18 ans. Au Québec, au cours des dix dernières années, elle a augmenté de 10%. Tandis qu’en Colombie-Britannique, le taux de criminalité des 12-18 ans a baissé de 50%. Donc, le système de réhabilitation à la sauce québécoise est en mythe car il fonctionne beaucoup moins que les systèmes des autres provinces qui sont basés sur une approche punitive. Je me pose cette question : Si le modèle québécois fonctionne bien, pourquoi les centres jeunesses débordent-ils? Il faut remettre en question le modèle québécois. Au fédéral, on veut investir dans la réhabilitation et dans la prévention de la criminalité chez les jeunes de 12 à 30 ans et en même temps, on veut punir sévèrement les actes criminels avec des peines de prison plus lourdes. C’est une question d’équilibre entre la réhabilitation et la répression. Malheureusement, le modèle québécois préconise le premier élément et il ne livre pas la marchandise.

Q : La majorité des Québécois était en faveur du Bill C-10 qui prévoit un durcissement des peines de prison pour les criminels. L’Assemblée nationale a unanimement dénoncé la loi conservatrice. Pourquoi tous les élus ont unanimement dénoncé la C-10 malgré le fait que la majorité de la population était pour une telle loi?

R : Il y a deux mesures dans C-10 auxquelles le Québec a virulemment dénoncé : des peines minimales pour les délinquants sexuels et la loi sur les jeunes contrevenants. Je crois que c’est une question politique. Le PLQ allait très mal dans les sondages et cela lui prenait une poignée politique afin de faire diversion. C’est pour cela que Jean-Marc Fournier est venu à Ottawa pour dénoncer la loi conservatrice. Quand Québec attaquait la loi C-10, c’était une question purement politique parce qu’il n’avait pas de contenu juridique pour défendre sa position. Je pense que l’opposition des élus à cette mesure démontre bien leur tolérance face à la criminalité. Au Québec, on est plus enclin à prioriser la réhabilitation des criminels que de protéger les enfants. Tandis que dans le reste du Canada, on protège d’abord la population et ensuite la réhabilitation.

Q : Qu’est-ce qui explique l’impopularité générale et véhiculée par les médias du gouvernement ?

R : Le gros défi du Parti conservateur du Canada au Québec, c’est la communication. Je pense qu’on a de la difficulté à apprivoiser la province francophone. On arrive souvent avec des politiques qui sont rejetées par la population parce que les politiciens provinciaux les rejettent. On a de la difficulté à expliquer et à faire comprendre aux Québécois, les bienfaits de nos politiques. Cela s’explique par le fait que l’on communique mal avec la population du Québec. Au niveau de la loi et l’ordre, on a bien expliqué nos réformes aux Québécois et ceux-ci nous ont majoritairement appuyé. On n’a pas réussi à faire la même chose en économie, en environnement et sur la réforme de l’assurance-emploi car on n’a pas de porte-paroles crédibles à ces niveaux-là. Le Québec représente un gros défi pour notre parti, on devra mieux communiquer avec les Québécois et on a deux ans pour le faire.

Q : Que pensez-vous de la réaction M. Harper face à l’affaire Duffy ?

R : Le premier ministre n’aurait pas pu sortir et dénoncer rapidement les gestes de M. Duffy et de son chef de cabinet. M. Harper a dit qu’il était déçu et en colère. Je pense que le premier ministre n’avait pas le droit de sortir et dire, je condamne. C’est à la justice de faire cela. Une fois que celle-ci a dit qu’un tel sénateur n’a pas respecté les règles, c’est le rôle du premier ministre de condamner et d’expulser le sénateur en question. Le chef conservateur a jugé sévèrement la situation. Aurait-t-il pu sortir plus rapidement ? Ce n’est pas son style de condamner tout azimut dès qu’il arrive un événement. Mais, je crois que l’on aurait dû être plus présent dans les médias pour expliquer la situation.

Q : Plusieurs observateurs affirment que Stephen Harper est un chef autoritaire qui ne laisse pas de lassitude à ses députés et sénateurs. Que répondez-vous à cela ?

R : M. Harper n’est pas un chef autoritaire. Jamais le bureau du premier ministre n’a été fermé aux députés et aux sénateurs. J’ai toujours pu parler à M. Harper sans obstruction de la part de ses proches conseillers. Il veut faire respecter la confidentialité du caucus. Il faut laver notre linge sale en famille et non pas le faire sur la place publique. Le premier ministre laisse toute la liberté à ses députés, ses ministres et ses sénateurs de parler. Le PCC est le parti politique qui a le plus de projets de loi qui émanent de députés. Cela veut quand même dire quelque chose.

Q : Vous êtes un sénateur très populaire au Québec. Est-ce que cela vous intéresserait de devenir un candidat vedette pour le Parti conservateur au Québec?

R : Cela ne m’intéresse pas du tout de me présenter aux prochaines élections. Mon projet phare est l’adoption d’une charte des droits des victimes. J’ai réussi à convaincre le gouvernement d’adopter une telle charte. Le printemps dernier, M. Harper a annoncé qu’il irait de l’avant avec ce projet important. Le Canada va devenir le neuvième pays à adopter une charte des droits des victimes. C’est vraiment l’héritage que je vais laisser de mon passage au Sénat. Quand je vais quitter la Chambre haute, je vais retourner travailler pour l’AFPAD. Je vais continuer de faire des conférences dans les écoles et rencontrer des jeunes décrocheurs car la graine qui sème la délinquance est le décrochage scolaire. Cela est important pour moi t’aider ces jeunes-là. Donc, toute candidature aux élections est totalement exclue pour moi.

Entrevue exclusive avec le ministre fédéral : Maxime Bernier

Maxime Bernier 

 Par Simon Leduc
 
J’ai rencontré M. Bernier à son bureau du Centre-ville de Montréal.  Il a accepté de répondre à mes questions. 
 
Q : Après avoir travaillé dans le secteur privé, pourquoi avez-vous décidé de faire le saut en politique fédérale et devenir candidat pour le Parti conservateur du Canada dans le comté de Beauce?
 
R : J’ai toujours eu de l’intérêt pour  les politiques publiques et la politique en général. En 2005, j’ai rencontré M. Harper pour lui  suggérer d’insérer dans son programme, deux éléments qui sont importants pour moi : la diminution des impôts (car les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord) et le respect de la Constitution canadienne.  Le chef conservateur a inclus cela dans son programme, il m’a demandé d’être candidat sous la bannière conservatrice et j’ai accepté.  J’ai fait le saut en politique afin de défendre des valeurs qui sont à la base d’une société démocratique : la liberté et la responsabilité individuelle.  Aujourd’hui, je continue de prôner ces idéaux au sein du caucus conservateur et du gouvernement.  La réduction des taxes, des impôts et de la taille de l’État est une priorité pour moi.  Souvent, les politiciens et les bureaucrates prennent les citoyens pour des enfants irresponsables.  Mon engagement politique est de prendre les citoyens pour des personnes responsables.  Moi, je pense que c’est en faisant la promotion de la liberté individuelle que l’on va avoir une société plus prospère.  Je dois être dans le feu de l’action pour pouvoir changer la société et permettre une plus grande liberté aux Canadiens. 
 
Q : Après la victoire conservatrice du 23 janvier 2006,  vous avez accédé au Cabinet fédéral comme ministre de l’Industrie.  Quelle est votre plus grande réalisation lors de votre passage dans ce ministère à saveur économique?
 
R : Tout d’abord, je suis très fier d’avoir été ministre de l’Industrie.  Ma plus grande réalisation est la dérèglementation de la téléphonie locale.  Quand je suis arrivé au ministère de l’Industrie, j’ai établi mes priorités.  Mon premier objectif était la dérèglementation de la téléphonie locale.  C’était un dossier qui était directement lié à mes croyances politiques, c’est-à-dire la dérèglementation et le respect du libre marché.   J’ai livré une grosse bataille idéologique avec les fonctionnaires que j’ai remportée avec l’aide de mon équipe qui m’a grandement appuyé dans cette aventure.  Le professeur Shultz de l’Université McGill a dit que j’ai été le meilleur ministre de l’Industrie des trente dernières années à cause de cette réforme.  Celle-ci a permis d’avoir plus de compétition, des prix plus bas et de meilleurs services pour les consommateurs.  Je suis très fier de cela. 
 
Q : Plusieurs militants conservateurs vous voient comme l’ultime successeur de Stephen Harper.  Lorsque votre chef va quitter la vie politique, avez-vous l’ambition de lui succéder à la tête du Parti conservateur et de devenir un jour, premier ministre du Canada?
 
R : Actuellement,  je fais mon travail de député de Beauce et de ministre d’État à la petite entreprise et du Tourisme.  Je n’ai pas de plan pour le futur et mes priorités sont de bien représenter les Beaucerons à Ottawa et de défendre la voie du Québec à la table du Conseil des ministres.  Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve.  Je suis en politique pour défendre les principes de liberté et de responsabilité individuelle et je pense que les politiciens n’en parlent pas assez.  Je remercie les gens qui me voient dans une éventuelle course au leadership  mais je n’en suis pas là actuellement. 
 
Q : Pensez-vous que vous pourriez un jour changer d’idée concernant la chefferie du PCC si des députés conservateurs font  pression sur vous?
 
R : On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.  Je prendrai cette décision lorsque le temps arrivera.  Actuellement, je ne suis pas en train de me poser des questions par rapport à cela.  Notre chef est bien en selle et il nous a permis de remporter deux élections en étant que gouvernement minoritaire et une majorité au dernier scrutin.  Je travaille en toute collaboration avec M. Harper
 
Q : Depuis les élections de 2008, le gouvernement Harper est très impopulaire dans la Belle province.  Comment expliquez-vous les déboires de votre parti au Québec?
 
R : À partir de 2006, l’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a dépeint M. Harper comme étant un cowboy de l’Ouest qui n’était pas sensible aux préoccupations du Québec.  C’est faux et ce n’est pas la réalité.  Il y a une perception négative qui demeure par rapport à notre chef.  Je peux vous dire que M. Harper aime la Belle province et il commence toujours ses discours (même à l’étranger) en français.  Il sait que le Canada a été bâti en français et que Québec est la ville fondatrice du Canada.  On doit mieux communiquer nos politiques et être plus présent dans les médias.  Stephen Harper doit être plus présent dans la province pour contrer l’image négative qui est colportée par les partis d’opposition.  C’est un gros défi pour nous et on va travailler fort pour reconquérir le Québec. 
 
Q : Croyez-vous que les syndicats (et autre groupes progressistes) organisent des campagnes de dénigrement contre votre chef au Québec?
 
R : Effectivement, je pense que les syndicats font campagne contre nous lors des élections générales avec l’argent des cotisations syndicales provenant de leurs membres.  Regardons juste la dernière campagne électorale, les syndicats ont dépensé beaucoup d’argent pour défaire des candidats conservateurs.  C’est pour cela que l’on a déposé un projet de loi (qui va être en vigueur bientôt) qui va obliger les leaders syndicaux de divulguer leurs états financiers.    Il y a plusieurs syndiqués qui ne savent pas que leurs cotisations servent à faire de la politique.  Quand cela va être public, les travailleurs vont avoir la chance de poser des questions à leurs leaders syndicaux et ceux-ci vont devoir être plus transparents. 
 
Q : Depuis la récession économique de 2008, le ministre des Finances a déposé des budgets déficitaires.  Certains conservateurs dénoncent le fait que vous avez augmenté la dette publique fédérale depuis votre arrivée au pouvoir.  Est-ce que vous allez être en mesure de revenir à l’équilibre budgétaire comme promis en 2015?
 
R : Oui, c’est une volonté très importante pour notre gouvernement de revenir à l’équilibre budgétaire en 2015 afin de pouvoir baisser les taxes et les impôts des Canadiens. Lorsqu’on est arrivé au pouvoir en 2006, on a eu deux années de surplus budgétaire. Notre gouvernement a dû dépenser beaucoup d’argent pour faire face à la crise financière mondiale qui a frappé le pays en 2008.  On a relancé l’économie avec des dépenses publiques mais cela a créé un déficit et nous en sommes responsables.    Il faut revenir à l’équilibre budgétaire le plus rapidement possible parce qu’il faut redonner l’argent aux citoyens car ce sont eux qui créent de la richesse.  Notre gouvernement va éliminer le déficit en s’attaquant à la colonne des dépenses. 
 
Q : Adrien Pouliot est le chef du Parti conservateur du Québec.  Est-ce que votre parti pourrait créer des alliances électorales avec le PCQ afin de vous aider mutuellement?
 
R : Notre gouvernement ne se mêle pas de politique provinciale.  On respecte la Constitution canadienne et ses juridictions.  Notre parti ne va pas donner de directives à ses membres et supporteurs d’appuyer un parti en particulier.  Moi, je vais rester neutre même si le programme des conservateurs québécois est très près des idées que je prône.  

 

Entrevue exclusive avec le chef du Parti conservateur du Québec

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Par Simon Leduc

Je me suis entretenu avec le chef du PCQ Adrien Pouliot dans un restaurant à Laval. Il a accepté de répondre à mes questions.

Q : Avant de vous impliquer en politique active, vous avez travaillé dans le secteur privé. Comme homme d’affaires, vous avez été président de plusieurs corporations de télécommunications et de télédiffusion. Quel est votre plus grand succès dans le secteur privé?
R : Quand j’ai acheté Entourage Solution Technologique du Fonds de solidarité de la FTQ, l’entreprise ne faisait pas d’argent. En l’espace de 5 ans, avec les mêmes employés, la même convention collective et le même syndicat, on a augmenté la productivité et la qualité de 40% en établissant des objectifs clairs, en donnant un bon service au client et en mettant l’emphase sur la formation des travailleurs. C’était vraiment un beau succès, j’étais fier de cela.
Q : En 2011, l’ADQ de Gérard Deltell vous a recruté afin d’assumer la vice-présidence de la commission politique. Pourquoi, avez-vous décidé de vous joindre à l’ADQ?
R : Au départ, j’étais intéressé à travailler avec le mouvement de Legault. J’ai rencontré François Legault chez lui à Outremont. Après quatre heures de discussion, j’ai conclu que M. Legault était un autre étatiste et qu’il pensait que l’État avait réponse à tout. Pour Legault, c’était la gauche efficace et moi, je ne crois pas à cela car l’État est tellement gros qu’il ne peut pas être efficace. Donc, j’ai joint l’ADQ qui était plus proche de mes valeurs. En mars 2011, je me suis embarqué à la Commission politique avec mon ami Claude Garcia.
Q : À la fin de 2011, l’ADQ a fusionné avec la CAQ de François Legault. Vous étiez contre cette fusion. Pourquoi?
R : Au Québec, je pense qu’il faut changer la recette et non le chef. Pour moi, M. Legault prône les mêmes solutions libéralo-péquistes que l’on entend depuis 20 ans et qui nous ont menés à la situation actuelle. J’ai essayé de démontrer aux membres de l’ADQ que c’était une chimère ce projet de fusion. Je leur disais que la CAQ était une balloune qui allait se dégonfler et que ses politiques publiques n’étaient pas bonnes. Les fusionnistes ont gagné la bataille avec 70% des voix et j’ai dû réfléchir à mon avenir.
Q : À l’automne dernier, vous avez décidé de soumettre votre candidature à la chefferie du Parti conservateur du Québec. Étiez-vous intéressé à la chefferie du PLQ?
R : La réponse est oui mais à cause du système de votation par délégués, un outsider comme moi n’avait aucune chance de gagner la course. Donc, j’ai rédigé un document sur les valeurs du PLQ que j’ai envoyé aux trois candidats. Je voulais les convaincre qu’il y avait moyen d’avoir un PLQ qui croit en ses valeurs et qui est de centre-droit. Malheureusement, les libéraux, ce sont des gens opportunistes qui veulent être réélus et ils sont habitués au pouvoir. Ils ne prendront pas des politiques publiques qui sont difficiles à suivre mais qui sont les bonnes. Ils vont choisir des politiques publiques qui plaisent au monde et avec lesquelles, ils vont se faire élire. Donc, je me suis tourné vers le PCQ car c’est un parti politique qui prône les mêmes idéaux que moi. Je suis devenu le chef quand Daniel Brisson s’est désisté.
Q : À cause du statut minoritaire du gouvernement, vous devez vous préparer en tout temps pour un scrutin général. Quels sont les objectifs que vous voulez atteindre pour votre parti aux prochaines élections?
R : On veut donner une voie à l’Assemblée nationale aux gens qui pensent comme nous. J’aimerais me faire élire. Je vais me présenter dans la région de Québec ou en Beauce. Je désire avoir d’autres députés avec moi pour lancer les bases du parti comme Mario Dumont l’a fait avec l’ADQ. Je pense qu’une présence à l’Assemblée nationale peut avoir un impact. Québec solidaire tire le PQ vers la gauche. Mon objectif serait de tirer le PLQ et la CAQ vers la droite pour faire avancer la cause des droits et libertés individuels et leur corollaire, la responsabilité individuelle.
Q : Où allez-vous situer le PCQ sur l’axe idéologique, clairement à droite ou au centre-droit comme la défunte ADQ?
R : Je suis en faveur des droits et libertés individuels et leur corollaire, la responsabilité individuelle. Ces concepts sont liés au conservatisme fiscal. Donc, je suis un conservateur fiscal. Sur le plan social, je suis comme un démocrate américain. Je suis en faveur du libre choix des femmes en matière d’avortement et je ne m’oppose pas au mariage entre conjoints de même sexe. Je suis à droite mais sur le plan économique. On veut se positionner comme un parti qui est à droite du centre du spectre politique québécois.
Q : Allez-vous construire des liens étroits avec le Parti conservateur du Canada?
R : Il n’y a pas de liens formels entre nous et le PCC. Je pense que selon sa constitution, le Parti conservateur fédéral est supposé aider tous les partis conservateurs provinciaux. Cela est possible qu’il y ait des atomes crochus sur certaines idées. C’est sûr que l’on pourrait s’aider mutuellement sur le terrain lors de scrutins provinciaux et fédéraux. Par contre, nous ne sommes pas d’accord avec le fédéral sur certains dossiers comme l’absence de budgets équilibrés depuis 2006.
Q : Si vous étiez premier ministre du Québec, quelles seraient vos priorités?
R : Au niveau de la santé, on veut introduire plus de privé. On permettrait aux gens de prendre une assurance privée pour des actes médicaux qui sont couverts par la RAMQ. Les médecins pourraient pratiquer dans le privé et dans le public. On réformerait la rémunération des hôpitaux. On les financerait par épisodes de soins et non pas par blocs fixes comme ils le sont actuellement.
En éducation, on veut augmenter la liberté de choix des parents. On veut le faire en permettant aux parents de contrôler l’argent. Plutôt que le Ministère finance les Commissions scolaires qui financent les écoles, on voudrait que le ministère finance les parents qui pourraient magasiner leur école avec des bons d’éducation. Cela créerait de la concurrence entre les écoles et cela serait bon pour les parents et les élèves. On donnerait plus d’autorité aux directeurs d’écoles et aux professeurs dans le choix des méthodes d’enseignement. Évidemment, le Ministère établirait des standards minimums mais les écoles seraient plus autonomes.
Au niveau du code du travail, on veut redonner le contrôle des syndicats aux syndiqués. La transparence financière des syndicats serait primordiale. On veut que les travailleurs aient plus de choix quand vient le temps de se syndiquer. On est en faveur du droit d’association et mais aussi du droit de non association. On veut donner le contrôle aux syndiqués sur la façon dont leurs cotisations sont dépensées par leur syndicat. Une réforme du code du travail est nécessaire afin de rendre le marché du travail plus concurrentiel et flexible ». Je ne suis pas anti-syndicat mais un pro syndiqué.
Q : Cela fait sept mois que le Parti québécois est au pouvoir. Quel bilan faites-vous de ce gouvernement?
R : Je suis bien déçu car je m’attendais à ce que des gens qui ont été longtemps au pouvoir (incluant Mme Marois) auraient formé une équipe plus solide. En début de mandat, il y a eu beaucoup de recul de la part du gouvernement et cela a fait un tort énorme à la province. Il y a beaucoup d’entreprises étrangères qui sont au neutre et qui ne parlent plus du Québec car on ne sait pas où s’en va le gouvernement dans sa législation sur les Ressources naturelles. C’est le gouvernement des moratoires et du consensus.
Q : Que pensez-vous de la politique linguistique (la Loi 14) du gouvernement du Parti québécois?
R : Je pense que le Bill 14 est une solution qui cherche un problème. Il y avait une paix linguistique au Québec, les anglophones avaient accepté la loi 101. Le PQ veut enlever des droits à la communauté anglophone, cela est de la pure mesquinerie. Moi, je suis pour un Québec français mais des Québécois bilingues. Je trouve désastreux l’approche gouvernementale qui veut construire une cloche de verre sur le petit village gaulois québécois et empêcher les francophones d’avoir accès aux écoles anglophones. C’est ce que prévoit le Bill 14. Le fait que les cégeps anglophones devraient donner la priorité aux élèves anglophones, c’est une forme de ségrégation. La seule façon de protéger notre langue et notre culture, c’est d’avoir une économie forte et exportatrice. Avec cette loi, le PQ veut brasser de la haine et diviser les Québécois. Je trouve tout cela très malsain.
Q : La réforme de l’assurance emploi du gouvernement Harper est très contestée dans les régions du Québec et de l’Atlantique (le travail saisonnier). Tous les partis politiques présents à l’Assemblée nationale l’ont unanimement dénoncée. Que pensez-vous de la réforme conservatrice?
R : Tout d’abord, c’est une compétence fédérale et cela ne regarde pas vraiment le gouvernement provincial. Je pense qu’au niveau du principe, c’est une bonne réforme. Son objectif est de faire un «matching» entre les gens compétents qui n’ont pas de travail et les postes disponibles. On veut aider les gens à se trouver un emploi. Avec cette réforme, on dit aux chômeurs de façon plus claire, qu’est-ce qui est un emploi acceptable et une recherche d’emploi acceptable. On n’oblige pas quelqu’un de prendre une job qui est moins rémunératrice que l’assurance-emploi. Dans une région, s’il n’y a pas d’emplois disponibles, le chômeur va continuer de recevoir son chèque. L’assurance-emploi ne doit pas devenir un mode de vie mais une assurance pour quelqu’un qui perd son travail. Je trouve qu’il y a une campagne de désinformation (par certains médias biaisés, les syndicats et partis politiques) contre le gouvernement conservateur dans ce dossier et je trouve cela malhonnête.
Q : Lors de son premier Conseil national, la CAQ a présenté sa pièce maîtresse en vue de la prochaine campagne électorale : le développement économique de la Vallée du St-Laurent. Partagez-vous l’enthousiasme de ceux qui croit que cela pourrait être un projet porteur et rassembleur pour la Belle province?
R : Non, pas du tout. Les politiciens aiment se bâtir des monuments avec l’argent des autres (le Plan Nord de M. Charest, la Baie-James de M. Bourassa et le Plan Sud de M. Legault). Quand ils prennent notre argent pour bâtir leurs rêves, on ne peut pas bâtir les nôtres car il n’y a plus d’argent. M. Legault veut réaliser son rêve avec notre argent. Moi, mon rêve est que tout le monde puisse réaliser les siens. Je veux que les gens individuellement réalisent leurs rêves. Le plan Sud va seulement augmenter nos impôts et c’est du pur gaspillage.
Q : Selon les détracteurs du modèle québécois, la social-démocratie québécoise va mener le Québec à la catastrophe économique : une dette publique monstrueuse, un État obèse, tentaculaire et inefficace, une croissance économique anémique, l’explosion des coûts du système de santé public, etc. Croyez-vous que la province a encore le temps de renverser la vapeur et assurer un avenir moins sombre pour les futures générations?
R : Oui, j’en suis convaincu. Il y a de l’espoir mais j’espère que cela ne prendra pas une catastrophe à la sauce grecque pour qu’un virage soit fait. Au Québec, on aurait besoin de politiciens courageux pour expliquer clairement (avec un langage simple) les principes de l’économie de marché et pourquoi il faut réduire la taille de l’État afin de rendre l’économie québécoise plus prospère. Au Québec, il nous faudrait des politiciens avec une boussole idéologique claire et qui savent où ils s’en vont comme l’ont été Margaret Thatcher et Mike Harris.

Philippe Couillard le nouveau chef du PLQ : une grosse erreur

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Par Simon Leduc

Le 4 septembre dernier, les libéraux ont été chassés du pouvoir après neuf années de règne. Jean Charest quitta la vie politique après neuf ans comme premier ministre et quatorze comme chef du PLQ. Donc, pour la première fois depuis 1983, le parti fédéraliste a déclenché une course à la chefferie.
Pendant six mois, trois candidats de qualité se sont affrontés afin de succéder à l’ancien député de Sherbrooke. Cet exercice démocratique s’est déroulé dans l’indifférence totale de la population. Les trois aspirants n’ont pas proposé des idées réformistes qui auraient pu soulever les passions. On s’en est tenu qu’à des principes généraux comme le rapprochement entre l’establishment et la base militante. Cette formation politique centenaire aurait eu besoin d’une véritable remise en question et un débat d’idées mais cela n’a pas eu lieu. Les seules étincelles sont venues du clan Bachand. L’ancien ministre des Finances a attaqué Philippe Couillard sur ses liens d’amitié avec Arthur Porter et de son manque de loyauté envers l’ancien chef.
Ces éléments n’ont pas empêché l’ancien ministre de la santé de remporter une victoire éclatante dès le premier tour avec 58% des voix. Le candidat de l’establishment du parti a terminé loin derrière avec 19%. Les militants n’ont pas dû apprécier les attaques du clan Bachand envers M. Couillard. La famille libérale est unie et elle n’aime pas les chicanes. Cela peut expliquer la déconfiture du député d’Outremont. Donc, Philippe Couillard est le nouveau chef du PLQ. Est-ce que le Parti libéral a fait le bon choix?
Les militants libéraux ont choisi le Docteur Couillard car c’est le seul qui (selon les derniers sondages) peut les ramener rapidement au pouvoir. Je crois fermement que le PLQ a fait une erreur en élisant M. Couillard à la tête de leur parti.
Depuis la nuit des temps, la marque de commerce des libéraux provinciaux a toujours été l’économie. Rappelons nous la promesse de création de 100 000 emplois de Robert Bourassa lors du scrutin de 1973. L’économie a été la priorité de Jean Charest lors de son règne de neuf ans à la tête du Québec. Dans cette course, Raymond Bachand était le candidat de l’économie. Son passé dans le secteur privé (Métro Richelieu) et à la présidence du Fond de solidarité de la FTQ prouve bien l’expertise du député de Outremont en la matière. Malgré tout, le candidat de l’économie a terminé dernier. Philippe Couillard n’a aucune expertise en matière économique. C’est un médecin de formation qui a été très vague sur sa pensée économique lors de la course à la succession de Jean Charest. Cela ne semble pas être la priorité du chef libéral. Lors de sa première intervention comme chef, il a clairement affirmé son désir que le Québec signe la Constitution canadienne en 2017 (le 150e anniversaire de la Confédération canadienne). Est-ce que le dossier constitutionnel est la priorité de Philippe Couillard? Si c’est le cas, il est à des années lumières des préoccupations du Québécois moyen. Les Québécois ne veulent pas entendre parler de constitution. Est-ce que le PLQ a choisi un chef qui est déconnecté de la réalité québécoise? Force est de constater que c’est bien le cas.
Raymond Bachand est un politicien de centre-gauche qui croit que l’État a un rôle à jouer sur le plan économique. Je n’adhère pas aux valeurs et idéaux du député d’Outremont mais l’ensemble de la classe politique préconise cela (à l’exception des conservateurs d’Adrien Pouliot). M. Bachand était le meilleur candidat à cause de son expérience passé aux Finances et de ses compétences économiques. La priorité de celui-ci a toujours été la croissance économique de la Belle province. Sous sa gouverne, le PLQ aurait continué d’être le parti de l’économie. En choisissant Philippe Couillard, le PLQ risque de laisser tout le champ libre à la CAQ de François Legault.
Le nouveau leader libéral ne connaît pas l’économie et il ne semble pas avoir une philosophie en la matière. Les militants du PLQ l’on choisi car selon les sondages, il est le seul qui pourra les ramener rapidement au pouvoir. Les libéraux ont fait une grosse erreur en l’élisant et son désir de rouvrir le débat constitutionnel le prouve bien. En faisant cela, il risque de faire fuir les électeurs qui en ont marre de ce débat stérile (vers la CAQ). Avec M. Bachand comme chef, le PLQ aurait continué d’être le parti de l’économie et il aurait été en mesure de ramener les libéraux déçus qui ont voté pour la CAQ le 4 septembre dernier. Pour conclure, certains disent que Raymond Bachand n’est pas charismatique. Je vais leur répondre en affirmant ceci : je préfère un homme politique expérimenté et compétent qu’un politicien charismatique sans substance et contenu.