Tous les articles par Joanne Marcotte

Joanne Marcotte s’est fait connaitre en 2006 lorsqu’elle réalise le documentaire politique L’Illusion tranquille. En 2007-2008, elle participe, à titre de Vice-présidente, au Comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois. En 2010, elle fonde, avec 5 autres personnes le Réseau Liberté-Québec dont le premier événement a eu lieu à Sainte-Foy le 23 octobre 2010. Un deuxième événement a eu lieu le 16 avril 2011 à Montréal. Les deux événements ont su regrouper tout près de 500 personnes chacun. Joanne Marcotte détient un baccalauréat en informatique de génie de l’Université Laval et seconde son conjoint qui oeuvre dans le domaine des services financiers.

Quand les chevaliers de l’État étouffent les coopératives de santé

Il n’y a rien qui me choque davantage que de voir des initiatives locales étouffées par le dogme de l’État payeur unique et du monopole public en santé au Québec.

Les coopératives ont une place de choix dans la vie des Québécois: coopérative financière Desjardins, coopératives d’habitation, coopératives étudiantes, coopératives agricoles, etc. Et pourquoi pas des coopératives de santé?

Or, il semble que Radio-Canada sera fort probablement très heureuse de nous apprendre demain soir que 15 coopératives de santé seront mises en demeure par la RAMQ pour frais illégaux.

À partir du moment où un participant ayant dûment accepté de payer sa contribution annuelle affirmera qu’il “doit payer pour accéder à un médecin”, c’en est fait. Les propagandistes du monopole public (dont Radio-Canada), lesquels ont parfois l’arrogance de se désigner comme “Observatoire“, mobiliseront les chevaliers de l’État pour étouffer l’initiative locale et ramener les pêcheurs sur le bon chemin de l’attente.

Ils feront alors appel aux soit-disants “experts” en la matière, tous de purs idéologues d’un régime public mur à mur qui n’existe à peu près à nulle part ailleurs en Occident. Les Marie-Claude Prémont et les Réjean Hébert, tous deux des obsessifs-compulsifs d’un régime public, seront donc appelés en renfort pour dénoncer de pareilles initiatives, associant les coopératives de santé à une commercialisation et à la marchandisation des services de santé. Y’a rien de trop beau pour la gauche populiste du Québec.

Les coopératives de santé peuvent devenir le cheval de Troie qui va démolir notre système de santé, avait déclaré le Dr Réjean Hébert. C’est une forme de privatisation du système de santé.» – Pour en finir avec le Gouvernemaman, p. 77

Les municipalités doivent-elles et peuvent-elles financer pour autant des infrastructures pour y accommoder des coopératives de santé? Probablement pas. Ce n’est probablement pas ce pour quoi les taxes municipales doivent servir. Mais qu’y a-t-il de si dangereux à permettre à des adultes consentants d’adhérer à une coopérative de santé?

La question que pose la RAMQ et Radio-Canada, soit “Devez-vous payer pour accéder à un médecin” n’est pas la bonne. Les véritables questions devraient être:

  • Avez-vous un meilleur service de proximité depuis que vous être membre de votre coop de santé?
  • Y a-t-il de nouveaux services auxquels vous donne droit votre coopérative de santé?
  • Vous est-il possible d’obtenir un rendez-vous plus rapidement qu’autrefois?
  • Avez-vous remarqué que votre coop a engagé des infirmières pour assister le médecin dans sa tâche?

Et puis, en adulte consentant, si les réponses sont négatives, ne pourrait-on pas faire tout simplement confiance à ces adultes pour fréquenter une autre clinique de leur choix?

Les coopératives de santé auraient pu être une avenue absolument intéressante pour tester une formule prometteuse inscrite dans les gènes des Québécois. Malheureusement, il y a, dans ce cas-ci, trop de médecins qui au lieu de faire de la médecine, se préparent trop bien à faire de la politique.

P.S. Le docteur Réjean Hébert est le candidat du Parti québécois qu’a récemment recruté Madame Pauline Marois.

Fusion CAQ-ADQ – Membre radié; Cause: conjoint de Joanne Marcotte!

Que les militants anti-fusion de la CAQ-ADQ prennent bien soin de s’asseoir. J’en ai une bonne à vous conter. Comme Denis Julien, mon chum, n’avait pas reçu son bulletin de vote concernant la fusion CAQ-ADQ (il est membre alors que moi je ne le suis plus depuis un bon moment), je me suis permise de faire un petit suivi et j’ai téléphoné au siège social de l’Action démocratique du Québec ce matin. Une gentille dame m’a donné un service 5 étoiles.

Voici ce qui en a résulté.

– Bonjour. Mon conjoint n’a pas encore reçu son bulletin de vote concernant la fusion CAQ-ADQ. Pourrait-on vérifier si sa lettre a bien été envoyée?

– Oui. Attendez un peu. Je vais vérifier dans le système…. Le nom de votre conjoint?

– Denis Julien. Je peux vous donner son numéro de membre si vous voulez?

– Je vérifie… Attendez un peu… Oui. Son nom figure bien dans la liste mais Raymond Chabot n’a pas envoyé de lettre. Laissez-moi vérifier. Des fois, certains membres sont radiés. Je vais voir.

– Allez-y. Je peux attendre.

– Vous pouvez me donner son numéro de membre?

– 40144. Il a renouvelé aux lendemains du dernier congrès de l’ADQ.

– Oui. J’ai ça ici. Effectivement, il a renouvelé jusqu’en 2016.

– C’est exact.

– Bon. Alors oui, je vois ça ici. Denis Julien au (elle me donne notre adresse) a été radié et il y a une mention “Ne pas contacter. Conjoint de Joanne Marcotte.”

– Hmmm.

– Alors ce que je vais faire, c’est que je vais donner ça à la personne ici qui s’occupe des relations avec Raymond Chabot et elle va faire en sorte que la firme lui envoie son bulletin de vote.

– Alors espérons que le courrier sera rapide puisque la semaine prochaine est la dernière semaine où les gens peuvent voter, non?

– Oui. Oui. Ils sont bien organisés chez Raymond Chabot. Ils s’occupent de ça.

– Alors merci à vous et bonne journée.

Hmmm en effet! Quelle racaille que cette équipe d’administrateurs et de dirigeants de l’ADQ. Comprenez-moi bien. Pour moi, l’ADQ telle qu’elle est perçue par l’ensemble de la population a eu sa chance. Sa marque de commerce est brûlée, sa base militante se sent trahie et les dirigeants actuels sont des guidounes de première classe.

En effet, si autrefois, les politiciens promettaient 100 000 jobs, aujourd’hui, il semble que les politiciens veulent garder leurs jobs à 100 000 dollars! (Celle-là, elle est de mon chum)

Mais bon sang! S’il y a un noyau de personnes qui veulent récupérer cette coquille, l’épurer de ses éléments opportunistes, se “regrounder” sur des valeurs de centre-droite, changer le nom de la marque de commerce et le logo, que sais-je, quelles espèces de crapules cela prend-il pour bousiller à ce point des énergies aussi authentiques et générer un tel cynisme? (Voir dernier communiqué du groupe RestonsADQ qui en rajoute).

C’est vraiment dégoûtant!

 

NDLR – Si vous êtes membres de l’ADQ et que vous n’avez pas reçu votre bulletin de vote, communiquez sans tarder à la permanence de l’ADQ 1 800 370-3221

Joanne Marcotte répond à J.-Jacques Samson

Suivant la chronique d’aujourd’hui de J.-Jacques Samson, “Ça caquette à l’ADQ“, je me permettrai d’offrir ici un complément d’information que M. Samson aurait eu avantage à connaître avant d’écrire son texte.

Le document dont il est question dans sa chronique (Cours de préparation au mariage CAQ-ADQ signé Adrien Pouliot) a effectivement été rédigé par Adrien Pouliot, membre de la Commission politique de l’ADQ. Ce document avait fait l’objet d’une conférence Web donnée par M. Pouliot en décembre dernier. Dans cette présentation Powerpoint, ce dernier donne son appréciation des propositions de la CAQ, mais surtout compare la philosophie politique et quelques éléments des programmes des deux partis que sont la CAQ et l’ADQ.

Comme le Réseau Liberté-Québec se donne comme mandat de diffuser les idées qui se situent à la droite du centre sur l’échiquier politique, nous avons pensé rendre public un document qui compare, de façon assez percutante, les valeurs et les idées de la CAQ vs. l’ADQ (initiative qui, entre vous et moi, devrait être le travail des journalistes…) J’ai donc repris son document, l’ai converti en .pdf et l’ai rendu disponible à partir du site de l’Infolettre du Réseau Liberté-Québec.

En créant ce nouveau document .pdf, c’est ce qui fait que vous voyez mon nom dans le champ “Auteur” des propriétés du document. Je n’ai pas, par ailleurs, changé une seule ligne de son texte. Je ne suis donc pas l’auteure du document – ce que le chroniqueur J.-Jacques insinue à tort dans sa chronique.

Il semble donc qu’il n’ait pas été suffisant que le titre du document soit “Cours de préparation au mariage ADQ-CAQ – SIGNÉ ADRIEN POULIOT” pour le convaincre de l’identité de l’auteur. Cela dit, je peine à imaginer M. Samson fouiller dans les propriétés du document .pdf pour y trouver mon nom. On peut, en effet, raisonnablement penser que ceci lui a été suggéré par un malfaisant qui avait intérêt à injecter encore plus de confusion dans le processus déjà alambiqué de fusion ADQ-CAQ.

De toute évidence, cette stratégie de dernière minute du camp pro-fusion est on ne peut plus claire : tenter de discréditer le groupe RestonsADQ.ca en l’associant à une droite radicale, démagogique et selon Me Allaire, libertarienne (oh! quelle horreur, alors que lui-même a travaillé dans l’équipe du très libertarien Stockwell Day de l’Alliance canadienne, selon les dires de Éric Duhaime!).

Ce camp a également intérêt à faire voir que la résistance à la fusion ne provient pas de l’intérieur, soit des membres de l’ADQ, mais serait téléguidée de l’extérieur. Sous-entendre, par exemple, que Adrien Pouliot est un porte-parole du RLQ est digne de tout ce dont la population a en horreur de la part des magouilleurs professionnels de la politique. Croient-ils vraiment qu’en faisant croire cela, la fusion menée par les élites dirigeantes de l’ADQ apparaîtrait moins comme leur trahison à la fois du membership et des idées du parti. Qui sait ce que mijottent les Me Allaire et leur chef des communications Richard Thibault? C’est suffisamment tordu pour que d’honnêtes gens y perdent leur latin et s’écoeurent encore davantage de ces vieux politiciens.

Quoiqu’il en soit, j’en profiterai donc pour rappeler à M. Samson et à ses lecteurs la nature et la mission du Réseau Liberté-Québec. Contrairement à ce que “spin” Me Jean Allaire, le Réseau Liberté-Québec regroupe tous les Québécois qui ont compris que notre sociale-démocratie est épuisée.

Il regroupe TOUT ce qui est à la droite du centre: des conservateurs fiscaux, des gens attachés à la philosophie libérale classique (dont je suis moi-même), des libertariens ainsi que des nationalistes qui ont à coeur de préserver les valeurs occidentales que sont la liberté d’opinion et de presse, l’égalité homme-femme et la séparation de l’Église et de l’État.

Le Réseau Liberté-Québec travaille à réseauter tous ces gens, à proposer des réformes importantes au modèle québécois et à disséquer l’offre politique des différents partis politiques au Québec afin d’y voir plus clair.

En ce qui touche le positionnement du RLQ face à l’avenir de l’ADQ, je crois pouvoir dire sans trop m’aventurer que nous souhaitons tous qu’à terme, il en résulte un parti politique qui représente les idées réformatrices dont le Québec a tant besoin. Que ce véhicule renaisse de la coquille d’une ADQ qui aurait survécu ou qu’il soit le fruit d’un tout nouveau parti politique né d’une base militante plus homogène et clairement positionnée à la droite du centre, honnêtement, m’importe peu.

Pour cela, seuls les militants engagés au sein des partis politiques en présence sauront nous le dire.

P.S. J’ai communiqué avec J.-Jacques Samson au téléphone aujourd’hui. Après lui avoir expliqué la genèse du document dont il est question dans sa chronique, il me dit qu’il effectuera une correction à ses propos à la première occasion.