Author Archives: Pierre-Guy Veer

Adieu, Province de Fous!

pannea-routier-état-providence

pannea-routier-état-providence

Par Pierre-Guy Veer

En 2008, j’étais parti du Québec pour tenter l’expérience de journaliste en Saskatchewan – je n’avais pas trouvé d’emploi au Québec à l’époque, et le départ se voulait simplement temporaire. Après quelques mauvaises expérience subséquentes, je suis revenu à l’automne 2012 pour étudier et compléter un bac en économie-politique. Grâce à des groupes comme le RLQ et l’expansion de la radio d’opinion (surnommée radio-poubelle par les glorificateurs du Dieu État), je croyais qu’il y aurait eu un certain brassage d’idées. Oh que je me faisais des illusions…

 

Le Québec en 2008 et le Québec en 2012, c’est presque exactement la même chose : une province plus polarisée qu’un aimant où hors de l’État, point de salut; une province qui cherche constamment plus de revenus plutôt que de diminuer ses dépenses; une province où utiliser l’argent des autres est de la générosité mais vouloir garder SON argent est de l’égoïsme; une province qui exploite/a le potentiel d’exploiter ¼ de tous les éléments naturels mais qui reçoit 50% de toute la péréquation (peu importe le montant per capita); une province menée par le bout du nez par les syndicats, qui admettent sans gêne que c’est au gouvernement de fournir des bons emplois et que malgré le climat supposément empoisonnée, la pension généreuse « aide » à persister[1]; une province encore embourbée dans des débats stériles sur la séparation alors que le Québec est dans le top 10 des juridictions les plus endettées de la planète, que les infrastructures tombent en ruine, que l’éducation perde de plus en plus sa crédibilité et que la corruption ronge complètement le politique – ce qui n’empêche pas la chef du gouvernement de critiquer ceux qui attaquent son parti même s’il est mêlé à la corruption[2]; une province où tous les partis sont pareils et où les débats se résument à savoir qui a la meilleure idée pour dépenser l’argent des autres; une province où s’enrichir est un vice à moins que ce soit au travers de l’État; une province où il suffit de sortir dans la rue et tout casser pour avoir gain de cause (le support des syndicats aidant); une province où la langue française est tellement importante qu’elle doit être bétonnée contre la langue « étrangère »… Je pourrais continuer longtemps, mais je vais plutôt raconter mes (més)aventures de 2012, qui m’ont convaincu que mon avenir n’est pas au Québec.

 

L’endoctrinement socialiste fait effet

 

Tel que mentionné en intro, j’ai complété un bac en économie-politique. Toutefois, d’après ce que j’ai vu et entendu, il semble que la partie politique ait pris le dessus. En effet, l’ignorance des étudiants de économie est simplement ahurissante. Plusieurs croient encore que le salaire minimum ne crée pas de chômage, que l’intervention du gouvernement dans l’économie est justifiée et qu’il est acceptable d’exiger l’argent des autres. À ce sujet, plusieurs portaient le carré rouge, le symbole du désordre et du chaos ambiant dans la Belle Province. Plusieurs même militent pour des partis socialistes comme Québec Solidaire, Option nationale ou le PQ. Deux d’entre eux ont même fait positionner l’association étudiante (APEL) en faveur de la séparation. Pourquoi? Parce que, comparativement à ailleurs au Canada, le Québec croit plus aux principes altruistes du collectivisme (je paraphrase à peine). Quand j’essayais de montrer des « vrais » arguments économiques, on m’accusait de venir d’un autre siècle, de ne pas présenter des sources « crédibles » ou d’être démagogue quand je compare l’impôt à de l’esclavage.

 

Durant le vote de boycott des cours à la fin février, je me suis fait rappelé à quel point le mouvement étudiant est empreint d’altruisme (objectiviste). En effet, on voulait ne pas assister à son cours ET ne pas en subir les conséquences. Je cite le courriel envoyé par l’association étudiante des sciences sociales (dont le logo est aux couleurs de l’anarcho-communisme[3])après le vote de boycott : « Pour s’assurer que le vote de l’assemblée générale spéciale soit respecté les cours seront piquetés. » Ils ont pu compter sur l’avachissement total des professeurs ET des services de sécurité pour faire respecter leur violation des droits des autres.

 

La plupart des professeurs ne sont pas tellement mieux (quoique c’est probablement la même chose dans les autres universités). Dans le cours de théorie macroéconomie, on m’a confirmé la totale inutilité des mathématiques dans l’économie en me présentant le Lagrangien. De ce que j’en ai compris, il s’agit de mettre en chiffres le désir de consommer maintenant ou plus tard. Bref, on tente de quantifier les choix subjectifs des gens, ce qui est à peu près impossible à faire. Dans le cours, on ne présentait que les théories néoclassiques et keynésiennes, toutes deux impuissantes pour expliquer les véritables causes des crises économiques, i.e la trop grande intervention du gouvernement qui amène son lot de distorsions.

Aussi, deux cours étaient donnés par des fonctionnaires (actif ou retraité), et cela se reflétait dans le contenu. Dans Analyse des politiques publiques, on nous faisait croire que l’intervention du gouvernement est nécessaire dans la vie courante, quoiqu’on montrait aussi que les politiques publiques ont un fort biais conservateur, ce qui explique pourquoi les choses changent si peu. Mais ce n’était rien en comparaison avec Économie-politique du Québec et du Canada. Là, il n’y avait absolument aucune nuance : l’État EST un dieu, surtout au Québec. Les pôvres francophones, majoritaire dans la population mais minoritaires dans les postes d’importance, ont eu besoin du Dieu État pour finalement se hisser hors du trou. Tout ce qui ne se conforme pas à cette vénération était qualifié de préfixes hyper subjectifs (principalement ultra : ultralibéral, ultracapitaliste, etc.). L’enseignant m’a même demandé de « descendre du Mont Pèlerin » lorsque j’ai présenté le premier plan d’une critique du rapport Pronovost sur l’agriculture. Il va sans dire que X propageait sans cesse les mêmes mensonges – la crise de 2008 a été causée par la déréglementation, des monopoles se formeraient automatiquement sans l’intervention de l’État, l’interventionnisme est toujours justifié.

Mais le pire des cours était sans aucun doute Économie de l’environnement. Déjà, le livre suggéré pour le cours avait un ours polaire sur une banquise presque complètement fondue. Aussi, dans la première partie du cours, on tentait de redonner une crédibilité au GIEC, cet organe de l’ONU qui tient absolument à imputer aux humains le réchauffement/changement/dérangement climatique/météo extrême. On nous montrait les graphiques qui prédisent la catastrophe imminente… alors que les températures stagnent depuis plus de 15 ans, que l’Arctique fond à peine et qu’on n’a pas découvert de hausse (nombre et force) dans les ouragans. Néanmoins, Y a tout de même mentionné des concepts économiques valables comme les droits de propriété pour gérer la pollution, notamment au travers du théorème de Coase. Lors de son explication, on a montré la ville de New York en exemple d’application du théorème. Comme la Ville veut avoir une eau potable propre – elle la prend d’une chaine de montagne à une centaine de kilomètres au nord – elle paie les propriétaires en amont pour éviter de contaminer l’eau. Ainsi, tout le monde sort gagnant. Toutefois, Y parlait de la réduction de la pollution comme de l’effet multiplicateur keynésien : il suffit d’intervenir pour que ça se produise, ce qui n’est évidemment pas le cas. Comme si les compagnies allaient se conformer aux politiques gouvernementales sans trouver un moyen de les contourner…

 

Une classe politique pas du tout « sur la coche »

 

À ce sujet, il semble que la courbe de Laffer (« contourner » une fiscalité trop haute) se confirme de mieux en mieux avec la venue du PQ. En effet, j’avais prédit[4] que ce serait la catastrophe avec la venue des troupes de Pauline Marois au pouvoir. Ça se confirme de jour en jour, notamment avec une baisse de 50 % des investissements privés[5], une lutte sans merci contre le développement pétrolier[6] et contre les gaz de schiste[7], une haine de la richesse minière[8] ainsi que la priorisation de « vrais » dossier comme la séparation, avec des messages aussi enfantins qu’inintéressants, et la langue en ajoutant encore plus de restrictions à la liberté de choix des gens. Pendant ce temps, les sirènes syndicales réussissent à faire oublier au gouvernement son « obsession » avec le déficit zéro, s’imaginant que les coupures budgétaires sont mal[9] – bien que le ministre des Finances va à New York en cachette pour rassurer les marchés[10]. Évidemment, on ne peut passer sous silence les nombreuses nominations partisanes, dénoncées par le gouvernement lorsqu’il était dans l’opposition.

 

Les réactions prévisibles

 

Pour toutes ces raisons (et bien d’autres), je déménage aux États-Unis. « Bon débarras »; « un chialeux de moins » diront sans doute les nombreux étatistes sur les forums que je fréquente. Malheureusement pour eux, ils viennent de perdre un autre John Galt et donc une personne productive. Je suis un homme intelligent et réfléchi; j’écris un peu partout en anglais, notamment pour la Canadian Taxpayer Federation. Malgré quelques fautes grammaticales, mes textes, fortement inspirés de l’École autrichienne d’économie, sont en demande; l’un d’eux s’est même retrouvé sur le Wiki de l’Institut Ludwig Von Mises[11]. Au Québec, ce point de vue n’a presque pas le droit de cité. Ici, il semble que tout ce qui ne glorifie pas le Dieu État est crucifié sur la place publique. Ou s’il a le droit de cité, il est noyé par deux à trois fois plus de locuteurs de l’opinion opposée. Au moins, aux ÉU, il y a des débats; la « gauche » (plus de gouvernement) et la « droite » (moins de gouvernement) peuvent s’affronter.

 

De leur côté, les altruistes (objectivistes) m’accuseront d’avoir « pris avantage » de « nos » services et de ne pas avoir payé ma « dette » à « la société ». Ne leur en déplaise, je n’appartiens à personne (on pourrait en dire autrement de mon cœur, mais c’est une autre histoire). Je suis un être rationnel et si quelque chose est moins cher, je tends à en profiter, que ce soit des études ou des soins de santé. Comme l’éducation ne coute presque rien au Québec, j’en ai profité pour terminer mon bac. Si un gouvernement voulait subventionner ainsi les études, ce n’est pas moi qui va s’en plaindre. Par contre, je me demande si le diplôme vaudra beaucoup…

De toute façon, ces dettes sont simplement le résultat de mauvais choix poussés par des petits groupes bien organisés, surtout les syndicats quand on parle du Québec. Je n’ai pas à payer pour les mauvais choix des autres. Je profite donc de ma (relative) liberté de mouvement pour aller vivre dans un autre pays.

 

Certes, les ÉU ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes; la qualité de vie et les libertés sont en chute constante. Néanmoins, comme je l’ai dit, c’est un pays, contrairement au Québec ou même au Canada, où il y a encore un débat d’idées, principalement grâce à l’Internet. En effet, de nombreuses innovations (privées) comme Facebook et des blogues comme Policy Mic (auquel je participe) offre une tribune à toutes les opinions. Les débats sont féroces, mais le plus souvent respectueux. De plus, de nombreux instituts de pensée (think-tank) aide à alimenter ces débats. D’ailleurs, j’ai été retenu comme finaliste pour être stagiaire à l’Institut Cato. Si ça devait ne pas fonctionner, il en existe plusieurs autres pour lesquels je pourrais facilement apporter mes idées et ma contribution. Je suis convaincu de pouvoir trouver une demande pour mon offre. Sinon, il y a d’autres perspectives d’emploi; the sky’s the limit, disent les anglais.

 

C’est donc sans regret (sauf peut-être l’éloignement de ma famille) que je quitte le Québec. Aussi loin que je peux voir, je n’ai aucun futur ici. Tel qu’on a tenté de me le montrer lors de la venue de conférenciers dans mes cours d’économie, hors de l’État, point de salut. Je ferai le trottoir avant de perdre mon âme dans l’engrenage bureaucratique. Je préfère vivre modestement mais dans quelque chose que j’aime – écrire pour la liberté – que de vivre richement dans un milieu qui tue l’innovation et dont l’ancienneté prime presque toujours sur la compétence. Je ne fais évidemment pas une croix définitive; la lumière libérale finira par briller de nouveau sur la Belle Province. Même si ce n’était que le rêve de Joanne Marcotte à la fin de son livre, l’amélioration pourrait être suffisante pour me faire reconsidérer mon départ.

Le manifeste des pas-de-carré

carre_rouge

 

 Par Pierre-Guy Veer

Depuis le début du mouvement de boycott étudiant – l’éducation est une marchandise, car elle est le produit du travail humain, tel que reflété par son prix, son offre et sa demande –, deux principale factions se sont opposé. Il y a d’abord les carrés rouges, les plus bruyants, les collectivistes enragés[1], ceux pour qui tous les moyens sont bons[2] pour atteindre leur fin[3], qui est soit annuler la hausse de 1625$ des frais de scolarité – qui laisse malgré tout le Québec tout juste devant Terre-Neuve pour 2012-2013[4] –, soit atteindre la gratuité scolaire et ainsi prétendre avoir droit au produit d’autres humains comme les esclavagistes d’autrefois – quoi que même avec la gratuité, ça ne serait pas suffisant[5]. Il y a ensuite les carrés verts[6], légèrement moins collectivistes que les carrés rouges – ils prétendent aussi que l’éducation est un droit –, qui approuvent la hausse des frais de scolarité et la bonification du programme de prêts et bourses tout en s’opposant aux boycotts, dont les votes sont peu démocratiques[7] et ouverts d’esprit[8].

 

Bref, dans les deux cas, nous avons deux factions étatistes qui justifient le rôle du gouvernement dans l’éducation. Elles sont d’accord pour que les contribuables paient leur éducation – seule la proportion change –, bien que les frais semblent sans influence sur la diplomation[9] et qu’une injection massive de fonds publics n’a, au mieux, qu’une influence non significative sur les résultats[10]. Pour utiliser la terminologie objectiviste, ce sont des altruistes, des gens qui utilisent les autres à leurs fins.

 

La faction de la liberté

 

C’est pourquoi il est plus que temps pour qu’un autre groupe voit le jour : les pas-de-carré. Qui sont-ils? Ce sont des gens qui s’opposent à toute ingérence du gouvernement dans l’éducation, et qui veulent donc l’abolition du ministère de l’Éducation. Ce sont des gens qui voient l’éducation comme elle est : une marchandise. Ce sont des gens qui sont conscients que la meilleure façon de décider de la répartition d’une marchandise, c’est par le marché, i.e. par les décisions des huit millions de personnes vivant sur le territoire du Québec. Ce sont, comme les carrés verts, des gens qui s’associent volontairement et n’exercent aucune coercition les uns sur les autres. Enfin, toujours comme les carrés verts, ce sont des gens qui croient que des boycotteurs n’ont aucun droit de bloquer l’accès aux cours des personnes qui veulent y assister, même si une assemblée qualifiée l’a décidé. Après tout, c’est le consommateur individuel qui choisit ou non de boycotter une marchandise; un groupe n’a aucun droit de l’empêcher de la consommer, surtout pas au nom de la « solidarité ». Solidarité qui, dans le cas des boycotts étudiants, est sans valeur puisqu’elle est renforcée à la pointe d’un fusil[11].

 

Cesser de biaiser les choix

 

Donc, en voyant l’éducation comme une marchandise, il est facile de comprendre l’effet d’une intervention des gouvernements. En effet, comme tout prix plafond – dans ce cas-ci, les étudiants ne paient pas le prix réel de leurs études –, les consommateurs ont un fort incitatif pour consommer le plus possible. En « consommant » plus d’études, le marché se retrouve donc saturé de diplômés dans des domaines aux débouchés limités – sociologie, théâtre, sciences politiques. La note est évidemment refilée aux contribuables.

Si, ainsi que le prétend la CLASSÉ, moins d’étudiants sont sur les bancs suite à la hausse[12], c’est donc signe que lesdites études n’en valaient pas la peine. En d’autres mots, la dépense encourue par trois années de bac n’aurait pu être remboursé par un travail convenable. Cela a donc diminué le gaspillage encouru par des frais trop bas; gaspillage qui serait encore plus réduit si les frais étaient laissés à eux-mêmes.

 

Mais le gaspillage n’est pas unidimensionnel. Il ne faut pas oublier les prêts et bourses, qui sont la prochaine bulle[13]. La même logique que les bas frais s’applique : quand le gouvernement  change les incitatifs, les gens, qui sont rationnels, changent leur comportement pour en profiter. Dans le cas des prêts et bourses, des gens qui n’auraient autrement pas accès à des prêts y ont « droit », ce qui augmente leur dette et taxe leur capacité future de payer (et celle des contribuables). On subventionne ainsi encore plus les études, avec des résultats mitigés.

 

Les demandes

 

Voici donc les demandes des pas-de-carré (elles varient d’une personne à l’autre, puisque ce n’est pas un groupe homogène, mais en voici les principales)

-        Abolition du ministère de l’Éducation et congédiement de tous ses fonctionnaires (avec compensation s’il y a un contrat)

-        Abolition du programme des prêts et bourses

-        Abolition du REÉÉ (régime enregistré d’épargne étude). On n’a pas besoin d’un autre programme d’épargne; si une personne veut étudier/veut que ses enfants étudient, l’épargne ordinaire suffit.

-        Abolition de toute forme de subvention à l’éducation à tous les niveaux, du primaire à l’université. Si l’éducation est si « payante », alors la dépense sera vue comme un investissement et se fera sans arrière-pensée.

-        Affecter la moitié des surplus dégagés au remboursement de la dette et l’autre moitié à des réductions d’impôts, idéalement pour avoir un taux d’imposition unique au plus au niveau de l’Alberta (10%). Dans un État fédéré, il est plus difficile d’obtenir des revenus, alors l’impôt sur le revenu semble nécessaire pour accomplir les missions régaliennes de l’État.

-        Abolition de l’âge obligatoire pour les études. Ainsi, les personnes « pas faites » pour étudier pourront intégrer le marché du travail quand bon leur semble.

-        Abolition de la syndicalisation obligatoire des enseignants, de leur sécurité d’emploi automatique et de leur ancienneté en béton. Désormais, la compétence primera avant tout, et l’État ne dictera pas ce qu’un enseignant peut ou ne peut pas donner comme note[14].

-        Abolition des commissions scolaires. Ces monstres bureaucratique ont plus leur intérêt à cœur que celui des élèves[15]. Si des gens veulent regrouper certaines écoles pour mieux gérer les ressources, grand bien leur en fasse.

Oui, ces demandes sont radicales. Oui, ces demandes vont causer des perturbations à court terme, et certaines personnes risquent de souffrir beaucoup. Mais malheureusement, le statu quo (avancer vers le mur au même rythme), ou pis l’accélération de la cadence vers le mur, est inacceptable. Plus on attend pour faire les réformes, comme ce fut le cas le dégel soudain des frais de scolarité, plus elles seront douloureuses. Des pays comme l’Estonie ont effectué des coupes publiques profondes et s’en porte nettement mieux que la plupart des autres pays industrialisés[16]. Ceux qui, comme la Grèce, n’ont pas réformé leur économie, s’enfoncent de plus en plus dans le marasme économique – le japon s’y trouve depuis 20 ans. Sans le secours financier de 8G$ envoyé par le reste du Canada, le Québec serait exactement dans la situation de la République hellénique.

 

Évidemment, comme les pas-de-carré ne croient pas en la violence, vous ne les verrez pas en train de bloquer un pont, fracasser les vitrines d’une agence gouvernementale ou envoyer des sauterelles dans le local d’un groupe marxiste. La seule façon de changer les mentalités, c’est le temps. C’est cette idée de liberté et de dignité pour la classe moyenne qui a donné au monde la machine à vapeur[17]. C’est cette idée qui doit revenir au galop au Québec si l’on veut que la Belle Province cesse d’être dans les bas-fonds des classements économiques et sociaux et cesse de ressembler au monde de Atlas Shrugged. C’est cette idée que les pas-de-carré veulent propager.

 

Amants de la liberté, antagonistes de l’étatisme et sceptiques de l’interventionnisme, unissez-vous! Propagez les idées de libertés, montrez aux gens que l’État est le problème et non la solution, lisez et parlez Mises, Rand, Smith, Bastiat, Say et tous ces auteurs qui ont montré au monde le vrai visage de l’interventionnisme et que la liberté est la seule alternative. Portez une simple épingle anglaise vide ou un carré d’identification vide pour montrer votre attachement à la cause de la liberté et montrer que vous refusez que l’État ne contrôle votre destinée.




[17]  Palmer, Tom G éditeur. The Morality of Capitalism, What Your Professors Won’t Tell You, Jameson Books, Ottawa, Ill, 2011, p.29

Ce qu’il faut retenir de l’élection

Par Pierre-Guy Veer

Bon, alea jacta est : les électeurs ont fait leur choix. Ils ont voté pour le PQ de Pauline Marois par une proportion relativement faible (moins de 1/3 des suffrages exprimés), laissant ainsi une opposition forte avec le PLQ et la CAQ – QS sera nettement plus proche du gouvernement que les deux autres partis. Que faut-il retenir de cette élection?

 

Tout d’abord qu’il n’y avait pas vraiment de choix. Tous les partis présents à la dissolution de la chambre, sans exception, avaient, à différents degrés, des intentions collectivistes. Tous proposaient des moyens pour « mieux » dépenser notre argent. Option nationale, bien que dirigée par un économiste, trempe dans le socialisme jusqu’au cou en voulant nationaliser les ressources naturelles et en accordant la gratuité scolaire totale; le tout sera payé en taxant les biens de luxe et avec un impôt des successions progressif[1]. QS propose sensiblement les mêmes choses, en plus de vouloir couper drastiquement nos gaz à effet de serre. Le tout sera payé par des impôts plus progressifs aux particuliers et aux entreprises; des mesures seront aussi mises en place pour que l’État récupère « son » dû[2]. Dans le cas de la CAQ, même si on semble vouloir ouvrir la porte à une participation du privé en santé, la structure bureaucratique ne sera pas foncièrement changée. Aussi prétend-elle que les gens ont « droit » d’avoir le produits d’autres humains, ce qui en fait un parti collectiviste[3]. Le PLQ n’est pas mieux : il s’imagine qu’il a trouvé une poule aux œufs d’or dans le Grand Nord. Il (donc, tous les contribuables) dépenserait plus de 25 G$ pour des retombées fort incertaines[4]. Toutefois, la palme du socialisme (et du nationalisme) revient, parmi les partis qui avaient espoir d’avoir le pouvoir, au PQ. Extension de la loi 101 au post-secondaire et aux petites entreprises, une taxe sur le « surprofit » des minières de 30%, une taxe de 50% sur l’exploitation des hydrocarbures avant impôts, augmenter les impôts… Tout pour que les Atlas du Québec quittent la Belle Province une fois pour toutes.

Bref, pour citer des amis anarchistes : peu importe pour qui on vote, le gouvernement restera au pouvoir. Car même un parti (marginal) de « droite » (prônant moins d’intervention) comme le PCQ n’aurait strictement rien changé aux structures des ministères de l’Éducation et de la Santé.

 

Une grande division du vote

 

Un autre point important de cette élection est la très grande division du vote. Comme les partis sont tous pareils sur l’axe économique, c’est sur l’axe politique qu’il faut regarder. Du côté des partis opposés à la séparation – la CAQ veut un simple moratoire –, on retrouve plus de 58% des suffrages exprimés. Si les deux n’avaient qu’un parti, une vingtaine de comtés, dont celui de Charlevoix de Pauline Marois, seraient passés aux mains du PLQ.

Mais c’est du côté des séparatistes que la division du vote est la plus évidente. En effet, simplement en additionnant les votes de QS, ON et du PQ, ce dernier aurait facilement formé un gouvernement majoritaire. Aussi, ce sont aussi près d’une quinzaine de comté qui auraient basculé dans le camp séparatiste.

 

Toutefois, l’on peut se demander si ce peu de soutien relatif pour le PQ ne vient pas de sa radicalisation. En effet, alors que notre économie est rendue à se comparer aux économies lourdement endettées comme le Japon, la Grèce ou l’Espagne, le PQ a décidé de jouer à fond la carte identitaire. Peut-être les électeurs ont-ils réalisé que, dans notre monde où l’anglais et même une autre langue sont nécessaires, limiter les choix pour les gens est une mauvaise chose.

 

Les humains ne sont plus rationnels

 

Par ailleurs, l’autre point marquant de la soirée a évidemment été la tentative (apparente) d’assassinat contre Pauline Marois par Richard Henry Bain. La phrase qu’il a lancée (« Les anglophones se réveillent enfin ») a amené les spéculations les plus folles tant à gauche[5] qu’à droite[6]. Toutefois, dans les deux cas, on suppose que M. Bain est un automate qui obéit au premier caprice qui lui passe par la tête. À moins qu’il ne souffre de problème mentaux, il était complètement maitre de ses actions. Qu’il ait été influencé ou non par un quelconque commentaire est sans aucune importance. Il est un être rationnel, et a agi en connaissant pleinement quelles seraient les conséquences de son geste. C’est lui qui a pris le fusil et tiré, pas Pauline Marois ou un animateur de radio. C’est lui qui sera jugé; c’est lui qui pourrait éventuellement être reconnu coupable, personne d’autre.

 

En conclusion, l’élection québécoise de 2012 en aura été une bien étrange. Malgré une forte impopularité de Jean Charest et du PLQ, ce parti a néanmoins 50 sièges. Le PQ, de son côté, n’en a que 54, en plus de n’avoir que 0,7% de vote de plus que le PLQ. Bref, la gouvernance de la première femme à la tête du gouvernement du Québec – pour l’importance que ça a – risque d’être interrompue dès que le nouveau chef libéral sera bien en selle, que le PQ déclare une élection surprise ou qu’un vote de non-confiance se produise. C’est une bonne chose; les politiques trop radicales de sont parti aurait complètement détruit l’économie. Prédiction : dans un an.

Parti libéral : la trahison du libéralisme

jean_charest

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti libéral de Jean Charest. Après neuf années au pouvoir, plusieurs personnes affirment dans les médias que le PLQ souffre de l’usure du pouvoir. C’est en parti vrai, puisque le programme[1] ne propose que du réchauffé, en plus de ne pas vraiment se distinguer des autres partis.

 

En effet, le langage du programme trahit les intentions collectivistes du Parti « libéral » : « nous avons créé des emplois », « pour le Québec », « unir nos efforts », etc. Ces mots devraient suffire pour convaincre quiconque connait le moindrement l’économie que le PLQ n’est PAS néolibéral. Au risque de me répéter[2], le « nous » en politique n’existe pas dans une société libérale (classique). Quand quelque chose est entrepris, c’est par les individus ou par un groupe d’individus qui s’unissent consensuellement. Un « nous » utilisé par le gouvernement implique toujours des débordements.

 

Une vision rose de l’économie

 

Ces débordements sont particulièrement évidents dans l’économie. Un gouvernement peut effectivement créer 250 000 emplois bruts, mais ça ne sera fort probablement pas 250 000 emplois nets. Considérant l’absence (ou le peu) de revenus autonomes d’un gouvernement, ce dernier doit donc les prendre de force avec les impôts et les taxes. Ceci diminue la richesse des contribuables, et donc les possibilités d’investissements, pierre d’assise de la richesse moderne et donc de l’emploi. On pénalise ainsi les meilleurs et empêche peut-être même des entreprises de se créer[3].

 

Ce manque qu’on ne voit pas passe encore plus inaperçu si on ne s’attarde qu’aux chiffres du chômage. Comme le jovialiste en chef du Québec, Jean-François Lisée, Jean Charest se vante que le Québec est meilleur qu’en Ontario ou aux États-Unis. Mais comme Lisée, Charest oublie de mentionner que le Québec est en milieu de peloton au niveau canadien pour le chômage, loin derrière l’Alberta et la Saskatchewan. Aussi oublie-t-il de mentionner que le taux d’activité de la main-d’œuvre – les personnes de 15 à 64 ans se cherchant activement un emploi – est au 7e rang canadien, derrière l’Ile-du-Prince-Édouard et à peine devant la Nouvelle-Écosse. Si le Québec avait un taux d’activité semblable à celui de l’Alberta (73,3% et non 64,5%), il y aurait donc près de 590 000 personne d’incluse, ce qui augmenterait le chômage à 21%.

 

Toujours dans la série vision sélective des choses, on affirme que le niveau de vie au Québec a augmenté plus vite qu’en Ontario ou aux États-Unis. Même si c’est vrai, il reste que la « compétition » a toujours un niveau de vie plus élevé que le Québec[4]. Idem pour le taux de pauvreté; en fait, le PLQ nous ment carrément avec seulement deux comparatifs, même si c’est seulement un an avant leurs prétentions[5].

 

Un gouvernement paternaliste

 

En plus de dire n’importe quoi sur ses « réalisations », le PLQ aime faire accroire qu’il a grandement aidé les entreprises, notamment en aidant la recherche et l’innovation, et en promettant d’aider les entreprises à s’étendre à l’étranger tout en bloquant les offres d’achat « hostiles », de favoriser le transfert d’entreprises familiale, de rechercher agressivement (mot actuel du programme) des investisseurs étrangers et de favoriser les domaines d’excellence.

 

Dans chacun des cas, l’aide gouvernementale est au mieux inutile. Je me répète, mais les politiciens refusent de comprendre : si un entrepreneur estime qu’il est de son avantage d’investir dans la recherche ou d’étendre son marché à l’étranger, il le fera. Sinon, Bombardier n’aurait pas fait long feu malgré toutes les subventions accordées. Idem pour l’innovation : c’est non seulement dans l’intérêt de l’entrepreneur de le faire, mais c’est même vital. S’il n’innove pas, il est condamné à périr, à moins que le gouvernement ne soit derrière lui pour empêcher qu’il ne perde sa position privilégiée avec la taxation[6]. Donc, si le secteur manufacturier veut survivre et se développer, il doit rivaliser d’imagination. Il doit également recevoir « l’aide » du gouvernement pour qu’il réforme les lois du travail et enlève du pouvoir aux syndicats, principal boulet de l’industrie[7].

 

Pour ce qui est du développement des domaines « d’excellence », ce n’est pas au gouvernement à décider quels sont-ils. L’excellence s’acquiert avec le temps et la réputation. Forcer le développement via l’aide gouvernementale empêche justement le développement « durable » de domaines d’excellence. Car une fois que l’aide se retire, l’entreprise se retrouve généralement devant rien et demande la mamelle de l’État, encore une fois. Ce n’est pas au gouvernement non plus de décider si une offre d’achat est bonne ou non. À moins qu’il ne m’en manque des bouts sur le monde des affaires, une compagnie n’est pas obligée d’accepter une offre d’achat, fût-elle au pied du mur. D’ailleurs, n’est-il pas paradoxal que ce même gouvernement veuille aussi encourager les entreprises québécoises à acquérir à l’étranger? Étranger d’ailleurs que l’on veut d’ailleurs fortement inciter à investir au Québec…

 

Une facilitation artificielle

 

Question de bien coordonner les investissements du gouvernement libéral, ce dernier propose de coordonner le marché de travail en conséquence.

 

Il propose notamment de créer de la formation à distance pour bien combler les besoins de son plan Nord. L’idée même de ce plan ne tient pas la route. Si les ressources du Grand Nord sont si merveilleuses, des entrepreneurs prendraient le risque d’y aller. Même si on admettait une participation du gouvernement comme le supposait Adam Smith, pour construire les routes notamment, ces dernières devraient néanmoins s’autofinancer. Présentement, le PLQ projette de construire à grand frais des infrastructures pour des projets qui ne semblent même pas s’être concrétisés. Bref, on nationalise les pertes et privatise les profits.

 

D’un point de vue plus général maintenant, le PLQ propose diverses mesures pour réinsérer les gens sur le marché du travail ou les y garder, s’ils sont plus vieux. Comme toujours, ces mesures sont au mieux inutiles. Avant de donner un incitatif aux jeunes de 21 ans et moins pour qu’ils reviennent sur le marché du travail, pourrait-on se questionner à savoir pourquoi ils reçoivent de l’aide sociale? Ce programme ne devrait même pas exister. Il encourage les gens type Bougon et pénalise les familles qui ont décidé de se retrousser les manches et se priver pour leurs enfants, comme l’ont fait mes parents pendant longtemps. Si les gens veulent recevoir de l’argent durant leurs période de chômage, qu’ils épargnent – quoi que présentement, c’est peu avantageux (mais ça, c’est un autre sujet). Aussi, pourquoi vise-t-on les personnes seules pour les réintégrer sur le marché du travail? Ont-elles tendance à profiter du BS plus que les autres?

 

Et que dire de ces mesures pour maintenir les travailleurs dits expérimentés (55 ans et plus) actifs? L’idée est bonne, mais pourquoi le gouvernement devrai intervenir pour qu’ils continuent à travailler? Peut-être qu’en abolissant certains avantages de la retraite (RRQ, régime de retraites « volontaires » obligatoires), les travailleurs continueraient leur emploi jusqu’à ce qu’ils ne puissent vraiment plus le faire. Mon grand-père a été policier à Ste-Foy et a pris sa retraite à 55 ans. Jusqu’à sa mort environ 20 ans plus tard, il semblait encore pétant de santé; n’aurait-il pas pu travailler, même moins intensément?

 

Il ne faut pas oublier non plus de nouvelles mesures pour faire venir les « bons » immigrants, ceux qui occupent des professions en demande à court terme selon des évaluations annuelles d’Emploi-Québec. Dans un monde libertarien – comme c’était relativement le cas avant la Première Guerre mondiale –, les gens étaient libres d’émigrer vers un autre pays. C’est ce qui a permis à l’Ouest du Canada et aux États-Unis de se peupler rapidement. Et l’immigration continuait jusqu’à ce que les perspectives dans un pays n’en vaillent plus la peine. Mais dans le monde libéral, c’est le gouvernement qui décide du type de personne à venir au pays. Le contrôle est tel qu’on veut même donner plus de « points » aux gens ayant 1) une offre d’emploi définitive et 2) qui veulent aller « en région ». Je n’ai rien contre la Gaspésie, mais serait-ce le premier choix d’un immigrant africain ou asiatique?

 

Enfin, le gouvernement accorderait des crédits d’impôts aux entreprises qui offriraient des services de garde. Comme toute autre projet d’intervention gouvernementale, celui-ci est inutile. Si une entreprise juge qu’il est dans son avantage d’en offrir, elle le fera.

 

Pour nuire au développement du Grand Nord

 

Pour en revenir au plan Nord, le PLQ annonce une panoplie de mesures pour ce projet démesuré et nuisible. Oui, nuisible : on propose de fermer complètement à toute activité industrielle 600 000 km2 de territoire, soit 39% du territoire total de la province et 50% du territoire du Grand Nord. L’intention est noble, certes, mais le moyen est ridicule. En fermant complètement l’exploitation des ressources qui s’y trouvent (ou pourraient s’y trouver), on ne verra pas la création d’industries créatrices de richesse. D’ailleurs, le meilleur moyen de protéger une ressource demeure sa privatisation, comme je l’ai déjà expliqué[8].

 

Aussi, toutes les énergies mises de l’avant pour développer le Nord avec ce plan ne sont qu’une tentative simpliste de dirigisme économique. Au risque de me répéter : ce n’est pas au gouvernement d’investir dans quelque développement économique que ce soit. D’ailleurs, si l’on se fie au programme du PLQ, chaque emploi coutera 160 000$… Et toujours selon le programme, on se vante d’exiger 28% plus de redevances que les autres provinces. Un autre clou dans la thèse du néolibéralisme de ce parti.

 

Ce dirigisme se transportera jusque dans l’éducation, où l’on créera un réseau universitaire pour le Grand Nord afin que ses habitants n’aient pas à se déplacer. Dans un monde libertarien, il y aurait des universités là où il y aurait une demande. Ainsi, si Rouyn-Noranda ni Natashquan n’ont d’université, c’est que ça ne serait pas rentable. Mais dans le monde libéral, surtout au Québec, on tient à « occuper le territoire ». Considérant les déficits constants des universités, on peut fortement douter de leur rentabilité[9]. De plus, si le Plan Nord offre de si bonnes perspectives, les universités vont se concurrencer pour offrir les programmes en conséquence.

 

Le dirigisme sera même présent dans l’industrie du bois. Et comme pour le plan Nord, ce n’est pas bon marché : 250 000$ par emploi « sauvé » dans la forêt. Évidemment, on ne parlera pas des autres emplois perdus ou non créés à cause de ce gaspillage éhonté dans une ressource qui, apparemment, ne passe pas l’épreuve des marchés. Car si elle l’avait fait – que ce soit pour les pâtes et papier, la biomasse ou la chimie « verte » – elle n’aurait pas « besoin » d’une béquille publique.

 

Pour nuire à toutes les régions

 

Ce même dirigisme se retrouve dans le développement des nombreuses régions du Québec, à commencer par la région de Québec. Après de très nombreux investissements couteux (Centre de foires, Centre des congrès) et inutiles – sans les subventions, qui comptent pour près de 70% du budget, le Musée national des beaux-arts ferait vite faillite[10] –, un gouvernement libéral s’engage à dépenser 330M$ de plus pour la région pour diverses infrastructures. Infrastructures qui se développeraient seules s’il y avait une demande (comme l’anneau de patinage couvert) et qui couteraient sans doute bien moins cher.

 

La même logique s’applique pour Montréal. En plus des nombreux dépassements de couts[11], les « investissements » qu’on y fait en infrastructures sont à la mauvaise place. En effet, la Place des arts affirme que 85% de ses revenus sont autonomes[12]; pourquoi n’est-elle pas capable de financer l’OSM seule? Aussi, ce n’est pas à un gouvernement (provincial, du moins) de souligner l’anniversaire d’une ville, si importante soit-elle et peu importe si ça coïncide avec d’autres évènements historiques importants. Non plus est-ce la responsabilité de quelque gouvernement que ce soit de dépenser autant d’argent pour le transport en commun. Comme toute chose, s’il y a un potentiel de faire du profit, le privé s’en occupe. D’ailleurs, avant la venue de la STM, les couts d’opération du transport en commun à Montréal étaient très bas[13].

 

Les « régions » non plus n’ont pas besoin d’aide pour développer leurs attraits. Si les propriétaires des infrastructures (hôtels et autres attractions) n’ont pas rénové/bien développé leur propriété, c’est qu’ils jugeaient le tout inutile ou trop couteux. Une subvention risque de gonfler la demande pour des deniers publics et ainsi augmenter encore plus les subventions dans le futur, tout comme c’est le cas avec la culture. Oh, il y a eu des films magistraux de réalisateurs québécois, mais plusieurs – Angélo, Fredo et Roméo, Les Dangereux, Laurence Anyways – n’auraient pas fait leurs frais sans subventions. Et peu importe le nombre d’emplois générés par la culture; creuser un trou à la cuillère et le remplir génèrerait aussi beaucoup d’emplois…

 

Pour nuire aux familles

 

La nuisance d’un futur gouvernement libéral ira jusque dans les familles. Comme si elles ne payaient déjà pas assez pour l’assurance parentale[14] et pour les garderies[15], voilà que le PLQ veut à peine indexer le cout des CPE. Qu’il les abolisse; ce n’est pas à l’État de fournir des services de garde.

 

Ce n’est pas à lui non plus d’encourager les parents à vivre avec leurs enfants ou d’offrir des crédits d’impôts pour les aidants naturels. Oui, ces actions peuvent permettre au système public de respirer… mais pourquoi y a-t-il un système public pour commencer? Ce trou sans fond qu’est la santé s’accaparera bientôt 50% du budget.

 

Pour nuire au système de santé

 

Et ce n’est certainement pas avec la panoplie de mesures proposées que les dépenses vont diminuer. Augmenter l’âge permis pour les soins dentaires « gratuits » ou tenter de planifier le transport d’urgence des patients (par air ou par terre) sera couteux et risque fortement de rencontrer de la résistance des spécialistes concernés. Même sans cartélisation de leurs professions, ils auraient pleinement le droit de refuser d’avoir à faire avec la bureaucratie publique, un monstre sans pareil[16].

 

Quant aux autres mesures – télésanté, listes d’attente comparées, améliorer les CHSLD –, elles ont du bon, je l’avoue. Mais comme c’est géré par le gouvernement, tout ira tout croche. L’informatisation des dossiers des patients dépasse déjà largement les couts initiaux[17]; une grande partie des listes d’attente pour voir un médecin est le résultat de l’étatisation des soins, et donc de leur rationnement pour contrôler les couts; et les CHSLD, s’ils étaient privés, auraient vite fermé leurs portes. Mais comme c’est gouvernemental, les gens semblent préférer regarder ailleurs[18]

 

Pour nuire à l’éducation

 

Comme si l’emprise de l’État en santé n’était pas suffisante, elle s’étendra encore plus sur l’éducation. Il y a d’abord cette mesure hyper opportuniste de donner 100$ non imposable aux parents pour aider à l’achat de matériel scolaire. Il fallait bien attendre les élections pour annoncer qu’on allait pouvoir acheter le matériel scolaire des enfants avec l’argent des autres…

 

Il y a également cette volonté de généraliser l’offre d’un cours de sensibilisation à l’entrepreneuriat, car le PLQ affirme que « le Québec est reconnu pour sa fibre entrepreneuriale. » Heu, non; c’est même le contraire[19]. Si le gouvernement veut vraiment aider les entrepreneurs en devenir, qu’il diminue la réglementation étouffante[20] et liberticide comme la loi 101 – par chance, le PLQ ne veut pas étendre sa portée – de même que les taxes et impôts. La mentalité « québécoise » de méfiance de la richesse[21] doit aussi changer. Mais ce n’est pas demain la veille que ça changera. Les utopies socialistes ont tellement pris le dessus que les libertariens devront faire de même s’ils veulent que leurs idées soient considérées[22]. Mais avec le PLQ, ça n’arrivera pas de sitôt.

 

Le parti à Jean Charest propose d’autres mesures nuisibles à l’éducation comme l’aide au devoir, le bénévolat « imposé » et l’augmentation de l’accessibilité aux études. Oui, ces mesures sont nuisibles : ce n’est pas au gouvernement de prendre l’argent des autres pour aider les élèves – les parents peuvent le faire ou, s’ils ne peuvent/veulent pas, demander de l’aide –; imposer du bénévolat ne peut que tanner les futurs citoyens de la chose, et ainsi garder le taux encore plus bas[23]. Toutefois, je dois admettre que la hausse des frais de scolarité (qui est conjointe avec l’augmentation des prêts et bourses) est une bonne idée… d’un point de vue étatiste (représenté par les carrés verts). Si le PLQ était « vraiment » libéral, alors ce serait un parti pas-de-carré, i.e. pour l’abolition pure et simple du ministère de l’Éducation. Cette institution standardise l’enseignement comme cela se faisait quand l’Allemagne était un pays autoritaire[24]. Ainsi, on ne laisse pas du tout place au développement de génies.

 

Pour nuire à l’environnement (et aux gens)

 

Un programme de parti politique au Québec ne serait pas complet sans une trainée de mesures pour contre le réchauffement/changement/dérangement climatique supposément catastrophique et anthropique. Et comme le PLQ a été au pouvoir longtemps, il a plusieurs « réalisations » dans ce domaine.

 

Il a notamment amendé la Charte des droits et liberté de la personne pour qu’un environnement sain soit un droit. Mais on ne mentionne évidemment pas que pour se faire, les droits de propriété doivent être respectés, ce qui n’est pas le cas – il semble être très facile d’exproprier quelqu’un[25]. Il a aussi calqué plusieurs mesures de luttes aux gaz à effet de serre (si tant c’est nécessaire) sur la Californie. Considérant l’état catastrophique des finances de cette juridiction[26] et les dépassements de couts à faire rougir les concepteurs du Stade olympique[27], les politiciens québécois savent donc à quoi s’attendre s’ils continuent de tricher le marché en subventionnant à fond des secteurs visiblement incapables de survivre par eux-mêmes.

 

Cela explique sans doute pourquoi il y a un nouveau crédit d’impôt pour la rénovation « verte » des maisons. En plus d’utiliser les mêmes vieux sophismes économiques – ça va « stimuler » l’économie –, on tente de changer le comportement des gens alors qu’ils le feraient eux-mêmes s’ils jugeaient que c’était rentable de le faire. Idem pour les véhicules électriques : considérant leur échec lamentable jusqu’à présent, avec la Leaf[28] ou la Volt[29], un « investissement » public pour des bornes de chargement ne sera qu’un vulgaire gaspillage d’argent.

 

En conclusion, le maintien au pouvoir du PLQ ne serait pas une bonne nouvelle pour la Belle province. On continuerait de saupoudrer l’argent des autres à gauche et à droite, laissant ainsi l’économie stagner puisque les gens ne peuvent pas profiter pleinement des fruits de leur travail. Toutefois – je n’aurais jamais cru dire ça –, le PLQ est mieux que le PQ car il ne veut pas restreindre encore plus nos droits avec la loi 101. Néanmoins, ne vous attendez pas à des changements radicaux si Jean Charest demeure Premier ministre.




[3]    Mises, Ludwig Von. « Human Action : A Treatise on Economics » Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.802

[6]    Human Action, p.805

[22]  Hayek, F.A. The Intellectuals and Socialism, University of Chicago, 1949, p.22

Parti québécois : nationalisme et socialisme à l’honneur

pauline_marois

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti  québécois, dirigé par Pauline Marois. Si les derniers sondages disent vrai, alors le PQ pourrait bien se retrouver au pouvoir, et très près d’une majorité absolue des sièges. Mais en regardant le programme[1], on peut s’attendre au pire.

 

En fait, on n’a pas besoin de regarder plus loin que le slogan électoral (À nous de choisir) pour se rendre compte des dangereuses tendances totalitaires du PQ. Oui, totalitaires : un politicien qui utilise « nous » fait fi des individus et les fond dans une masse indistincte. On ouvre ainsi la porte à tous les abus possibles aux droits individuels, les seuls qui comptent. Si on ne fait pas attention, nous risquons de devoir réciter cette prière :  « We are nothing, Mankind is all. By the grace of our brothers are we allowed our lives. We exist through, by and for our brothers who are the State[2]. » Le programme du PQ regorge de tels exemples, parfois carrément condescendants[3], à commencer par l’affirmation identitaire.

 

Affirmer la prépondérance de l’État dans nos vies

 

Sous la gouverne du PQ, l’État fera tout pour protéger « notre » culture, « notre » identité nationale, « nos » institutions publiques, et j’en passe – sans oublier, bien sûr, un référendum sur la séparation. Le tout sera enchâssé dans une constitution. Il va de soi que la formation de Pauline Marois fait fausse route. Si l’État doit absolument intervenir pour protéger la culture ou la langue, c’est un signe que « le peuple » s’en fiche. En effet, malgré toute les pressions assimilatrices, le français se parle encore dans le reste du Canada. Certes, il n’est pas aussi vigoureux qu’au Québec, mais il montre que le souci individuel de plusieurs personnes peut très bien défier n’importe quoi. Ce n’est pas le cas au Québec; les gens ne consomment pas la « culture »[4], et ce malgré tous les quotas de contenu québécois ou francophone imposé aux différents médias. D’ailleurs, ces mesures empêchent les radios de diffuser la musique qu’elles veulent, donnant un avantage indu à des artistes seulement à cause de leur langue de travail – Arcade Fire, Leonard Cohen et une partie de l’œuvre de Céline Dion sont ainsi exclus.

 

Ce favoritisme se reflétera jusque dans les écoles. On propose notamment l’instauration de crédits d’impôts pour l’apprentissage des arts, l’encouragement pour les écoles pour les sorties « culturelles » et le soutien des tournées (surtout internationales) d’œuvres et de productions culturelles. Dans les trois cas, on changera donc le comportement des gens afin de les faire adopter ce que le gouvernement considère comme « bon ». Et ce, même si ladite production « culturelle » se rentabiliserait d’elle-même si elle intéressait le public.

 

Dans le domaine linguistique maintenant, on propose de terminer l’assassinat de notre liberté de choix en enseignement en barrant toute personne n’y ayant pas droit du système scolaire anglophone – cégep, université, formation professionnelle et écoles « passerelles ». Ayant moi-même fait mon cégep en anglais (Champlain St. Lawrence), je peux promptement m’opposer à cette mesure. Je ne suis pas devenu anglophone; mon anglais s’est même amélioré comme jamais. Si je m’en étais tenu aux cours d’anglais réguliers du secondaire, qui étaient d’une facilité débilitante, je n’aurais pas pu vivre quatre années en milieu majoritairement anglophone.

 

S’appauvrir

Après avoir nationalisé l’identité, le PQ projette par la suite de nationaliser l’économie, et le mot est faible. Puisque le « les Québécois » sont propriétaires des ressources se retrouvant sur 1 667 441 km2, le PQ instaurerait une taxe de 5% sur la valeur brute de la production (même s’il y a des pertes) de même qu’une taxe sur le « surprofit » (non défini) de 30%, sans oublier une taxe de 50% sur les profits de l’exploitation des hydrocarbures avant impôt. Sans le filtre socialiste, ces promesses se liraient : le gouvernement et « le peuple » ont droit au produit des minières, et ils l’auront. Nous allons nous assurer de recueillir juste assez d’argent pour le laisser vivre, mais trop peu pour l’empêcher de fonctionner. La citation d’Anthem prend ici tout son sens.

 

Soyez francs : voudriez-vous travailler dans de telles conditions? Voudriez-vous qu’un criminel soit mieux traité que vous? Voudriez-vous êtes coupables de faire du profit « without any definable criteria of innocence or proof, and [be] left at the mercy of the whim, the favor, or the malice of any publicity-seeking politician, any scheming statist, any envious mediocrity who might chance to work his way into a bureaucratic job and feels a yen to do some trust-busting[5] »? Moi non plus. Avec de telles mesures, attendez-vous à une agonisation complète du secteur minier.

 

Comme si siphonner les entreprises n’était pas assez, le PQ veut également exiger, des entreprises «  en mesure de le faire » (capacité non définie), une 2e et une 3e transformation « afin de créer des emplois de qualité et durables chez nous. » Oui, vous avez bien lu : le PQ est un parti mercantiliste  qui veut affaiblir la division internationale du travail – et donc appauvrir tout le monde[6]. Il oublie ainsi que quand il y a commerce, c’est parce qu’il y a un avantage mutuel. En important, on doit nécessairement exporter quelque chose, que ce soit un produit matériel ou de l’argent, lui-même résultat d’une production antérieure[7]. En fait, un pays gagne à importer plus qu’il n’exporte parce qu’il obtient ainsi plus pour moins[8] (sauf si c’est fait à crédit, naturellement).

 

Le siphonnage des entreprises (et des contribuables) se poursuivrait avec la politique péquiste du bois, qui vie à augmenter son utilisation dans la construction et à doubler la production forestière. Comme c’est le cas avec la culture, ce qui a besoin d’aide pour survivre devrait simplement être débranché. Si le marché (i.e., les décisions de TOUS les humains) ne suffit pas pour que l’industrie du bois survive dans sa forme actuelle, alors qu’il en soit ainsi. Et traiter ceux qui s’opposent à cette politique de traitre[9] ne fait que montrer son irrationalité.

 

Le siphonnage atteindrait son paroxysme avec cette volonté d’atteindre l’indépendance énergétique et alimentaire. Pour ce qui est de l’énergie, le PQ veut réduire les importations de pétrole pour en réduire notre « dépendance », de même que fixer des objectifs de production pour chaque filière « renouvelable » (qui n’utilise pas d’uranium ni de combustibles fossiles). Bref, on veut répéter l’erreur espagnole[10]. Tandis que pour l’alimentation, le PQ veut faire passer de 33% à 50% « la consommation de produits québécois de qualité et à prix compétitif. » Pourquoi faire? Si les produits québécois sont si bons et à si bon marché, leur consommation va augmenter seule. Mais pour l’instant, on a des prix planchers pour le lait, les œufs et même la bière, limitant ainsi la consommation. En comparaison, j’achetais 2 quatre litres de lait pour moins de deux dollars chacun en Idaho; c’est plus de trois fois le prix au Québec.

 

Fausse note environnementale

 

Considérant l’ignorance crasse du PQ en économie, il n’est pas surprenant de voir la même ignorance du côté environnemental. En effet, un gouvernement péquiste se donne comme mission de respecter le Protocole de Kyoto en réduisant les gaz à effet de serre, même si les prévisions climatiques du GIEC ont, depuis longtemps, été discréditée. Non seulement ça, mais l’influence sur le climat planétaire – si tous les pays signataires respectaient les clauses – serait absolument nul parce que les pays émergents (Russie, Chine, Inde) ne pas PAS liés au protocole, et peuvent donc construire des usines au charbon comme bon leur semble. Un gouvernement péquiste investirait aussi massivement dans le transport en commun et l’électrification des transports, comme si notre troupeau d’éléphants blancs n’était pas déjà assez nombreux.

 

L’ignorance se manifeste également dans la volonté de protéger les milieux humides. Ne vous méprenez pas : je suis conscient de leur importance. Mais si on veut les protéger, le mieux est de les privatiser. C’est ainsi qu’on a pu sauver le rhinocéros blanc[11] et l’oryx algazelle[12].

 

Folie des grandeurs économique

 

Le PQ n’est pas en reste quand vient le temps d’étaler son ignorance économique. Voilà maintenant qu’il veut relancer le secteur manufacturier en l’appuyant. Si le PQ veut vraiment aider le secteur manufacturier, qu’il attaque les principaux responsables de sa chute : les syndicats. En effet, les secteurs syndiqués ont été plus touchés par les licenciements[13]. Preuve que les syndicats nuisent : l’Alberta a le plus faible taux dans le secteur manufacturier, et ce dernier est en pleine expansion[14].

 

Et comme si les scandales financiers passés n’étaient pas assez, le PQ voudrait forcer la Caisse de dépôts et de placements à investir davantage au Québec pour notamment contrer la délocalisation d’emplois. On ouvre ainsi la porte pour une nouvelle Gaspésia[15]. Cela risque aussi de se produire avec cette volonté de créer des fonds régionaux pour « diversifier » les économies régionales et locales. En d’autres termes, on veut pousser la logique mercantiliste à l’intérieur même des frontières québécoise. Si une économie est peu diversifiée (peu importe ce que ça veut dire) et qu’elle se concentre seulement sur quelques industries, c’est parce que c’est plus avantageux ainsi. Si le gouvernement s’immisce dans le procédé, alors on affaiblit la division du travail et ouvre la porte à la corruption.

 

Il est donc paradoxal pour le PQ de vouloir à la fois augmenter l’aide de l’État pour l’économie et vouloir plaider pour une réduction de la bureaucratie, et surtout de la taille du ministère de l’Éducation. Considérant la très grande proximité du PQ avec les syndicats, ces derniers, s’ils ne font pas reculer Marois, risque de s’allier avec Québec solidaire, et elle ne veut pas ça. Elle fera donc comme Jean Charest en 2003 et rentrera dans le rang[16] (vers 6:50). Elle le fait déjà dans le programme en promettant de redonner à la fonction publique « son expertise et son haut niveau de compétence. » Quelle compétence? Ils sont les moins productifs du pays[17].

 

S’entraider à la pointe d’un fusil

 

Elle le fait également avec toutes les mesures de « solidarité » proposée, car « il faut assurer la justice économique et défendre vigoureusement les Québécois les moins fortunés de notre société. » Remarquez bien le choix de mots : il faut. Car hors de l’État, point de salut…

 

En éducation, le PQ, malgré tous les troubles causés par les anarchistes, promet d’abolir les hausses annoncées par le gouvernement Charest. Comme opportunisme, on peut difficilement faire mieux. De toute façon, la hauteur des frais de scolarité semble avoir peu d’influence sur la fréquentation et la diplomation[18], si l’on compare aux autres provinces dont les frais sont plus élevés[19]. Et même si les frais diminuent la fréquentation, c’est une bonne nouvelle; en devant payer un prix réaliste pour les études, les étudiants éviteront les facultés aux débouchés plus limités.

En plus d’annuler la hausse, le PQ tiendrait un gigantesque sommet réunissant les représentants des étudiants, les directions d’établissement, les représentants syndicaux et patronaux. Comme toujours, le contribuable est laissé de côté et se ramassera avec la note finale, probablement très salée. Sans compter que tenir un tel sommet est un non-sens. Tient-on des sommets sur l’alimentation quand le prix des denrées augmente dramatiquement? N’en déplaise aux socialistes, l’éducation est une marchandise, pas un droit. Prétendre qu’on a droit au produit d’un humain (son enseignement, dans ce cas-ci), c’est affirmer qu’on a droit à sa vie. Si le PQ veut vraiment aider le système éducatif, qu’il abolisse complètement le ministère de l’Éducation. Ainsi, les écoles seront plus autonomes, elles seront plus libres d’engager les professionnels qu’elles jugent pertinent (plutôt que de voir plus de cadres dans les commissions scolaires), leur laissant ainsi le loisir de créer des programmes qui attireront les élèves et les motiveront à rester sur les bancs. Présentement, l’école régulière suit le même modèle que celui de l’Allemagne du 19e siècle : tout le monde assis, suivant le même programme rigide. Eus-je dû suivre un tel programme – j’ai pu faire parti d’un programme concentration langue –, j’aurais grossi les statistiques du décrochage.

 

Du côté de la santé et des services sociaux, bien qu’on propose l’abolition de la taxe santé, on propose de créer deux nouveaux paliers d’imposition. Peu importe si les riches, aux États-Unis[20] et même au Québec[21], paient nettement plus que leur représentativité dans la population. Et peu importe si le Québec est déjà l’enfer fiscal « par excellence » du Canada – le palier d’imposition le plus bas (16%) est plus élevé que le palier d’imposition le plus élevé de huit provinces. Ceci 1) ne créera pas autant de revenus que les estimations – les gens, à long terme, vont changer leur comportement pour ne pas avoir à payer de l’impôt – et 2) augmentera inévitablement les dépenses[22].

Si on veut vraiment aider le système de santé, la meilleure solution est que le gouvernement s’en retire complètement; donc, pas de ministère de la Santé ni d’ordres professionnels. Ainsi, les hôpitaux deviennent plus autonomes et seront libres d’intégrer les technologies qu’ils veulent (car plusieurs augmentent substantiellement les couts[23]), peu importe leur provenance, les gens qui s’en croient capables peuvent devenir médecin sans avoir à subir de longues et pénibles études – quoiqu’ils auront de la difficulté à se tailler une crédibilité –, ce qui pourrait ainsi soulager la pénurie de médecins. Aussi ne perdrait-on pas de temps avec la prévention, parce que soigner une personne de plus de 80 ans en santé durant sa jeunesse coute plus cher que de soigner un fumeur ou un obèse[24]. Avec toutes ces ressources ainsi libérées, les gens auront le choix de pouvoir se faire soigner à domicile.

 

Nuire plutôt qu’aider

 

En plus d’entraver la santé et l’éducation, le PQ veut également – et fort probablement inconsciemment – nuire aux travailleurs, aux familles et aux démunis.

 

Ces derniers, sous un gouvernement péquiste, verront se construire 3000 logements sociaux par année. Peu importe s’ils sont des nids à criminels[25], tout le monde doit être abrité! Une partie de l’inaccessibilité (et des pénuries) pourrait être réglée si on abolissait le contrôle des loyers. Oui, les prix augmenteraient à court terme, mais les propriétaires seraient ainsi encouragés à construire, ce qui réduira les prix. Et rien n’empêche la création de coopératives d’habitations. Pour ce qui est des autochtones du Nord, leur situation s’améliorerait s’ils étaient propriétaires, ce qui n’est pas le cas[26].

 

Les familles, elles, seront « choyées » en ayant notamment une place assurée pour leurs enfants en CPE, car « le Québec doit pouvoir ainsi compter sur 250 000 places pour répondre aux besoins des familles » et en ayant droit à des congés familiaux pour prendre soin des enfants ou de personnes handicapées ou âgées. Encore une fois, qui veut faire l’ange fait la bête. Forcer les employeurs à accorder plus de congés risquent de les décourager d’engager des parents. Aussi, la création de nouvelle place en garderies publiques ouvre la porte au favoritisme. Sans compter qu’avant cette création de Marois, on ne se plaignait jamais d’un manque de place en garderie.

 

Enfin, pour « aider » les travailleurs, on propose notamment de bétonner leurs régimes de retraite pour les protéger de tout changement et de restreindre encore plus le recours aux briseurs de grève. En d’autres mots, le PQ s’immisce encore plus dans les relations personnelles et dicte ce qui doit et ne doit pas être fait. Dans les deux cas présents, on décourage encore plus l’entrepreneuriat puisque 1) dès qu’un régime de retraite librement consenti est négocié, il est intouchable, ce qui risque d’augmenter dramatiquement les couts – on n’a qu’à penser à GM[27] – et 2) on oblige un employeur à garder les mêmes employés même si ces derniers refusent de travailler. Atlas pousse de très gros soupirs…

 

Agir (relativement) honnêtement

 

Toutefois, je suis obligé de reconnaître que le PQ marque quelques points dans son programme. On propose d’enlever le crédit d’impôt pour don politique, ce qui retirera enfin un peu de financement public pour les partis. On veut aussi, à l’image des ÉU, limiter les mandats consécutifs des premiers ministres et des maires de municipalités de plus de 5000 habitants. Il pourrait certes y avoir du renouveau, mais comme en Russie, rien n’empêchera un candidat de se représenter dans deux élections. Si on veut empêcher les dynasties, le PQ devrait plutôt limiter à deux (pour le PM) ou trois (pour les maires) mandats pour les élus.

 

Parlant d’élection, on souhaite, comme à la CAQ, des élections à date fixe. Mais comme j’en ai déjà parlé[28], tenir une telle promesse est très difficile dans le paysage politique actuel. C’est certainement plus facile en Saskatchewan où, malgré la présence de nombreux partis, seuls deux sont à la législature. D’ailleurs, si les sondages disent vrais, le PQ serait un gouvernement minoritaire. À moins d’une alliance, son pouvoir sera bien fragile.

 

Toujours dans le domaine des élections, on propose de mettre les élections scolaires en même temps que les élections municipales. C’est une bonne idée car on économisera sur les frais d’organisation, mais je doute  que cela change grand-chose pour le monde scolaire; le taux de participation en généralement sous les 10%, et la plupart des gens sont élus par acclamation.

 

La dernière mesure touchant le processus électoral vise l’instauration de référendums d’initiatives populaires. Bonne nouvelle : ils ne pourront toucher la Charte québécoise des droits et liberté de la personne ni une future charte de la laïcité (quoiqu’elle ne soit pas utile en soit; nos lois et chartes actuelles suffisent pour limiter les abus possibles de certaines cultures). Mauvaise nouvelle : ils ne pourront toucher ni la future constitution, ni même les questions fiscales. Alors à quoi bon avoir ces référendums?

 

En conclusion, la venue de Pauline Marois au pouvoir serait bel et bien une catastrophe. Les politiques de son parti son presque plus surréalistes que celle de Québec solidaire. S’il faut voter pour le moins pire dans une élection (si tant voter pour un pire est bon), alors le PQ ne peut être un bon choix. Si les électeurs choisissent ce parti, attendez-vous à une chute de notre économie, prévient une firme d’investissement[29].




[2]    Rand, Ayn. Anthem, Signet Books, Irvine, CA, 1995, p.21

[5]    Rand, Ayn. Capitalism : the Unknown Ideal, Signet Book, New York, 1967, p.51

[6]    Mises, Ludwig Von. A Critique of Interventionnism, Ludwig Von Mises Institute, 2011, p.11

La CAQ : un parti comme les autres

legault-election

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve la Coalition Avenir Québec, née des cendres de l’ancienne ADQ. Toutefois, en lisant le programme[1], on se rend vite compte que l’influence de l’ancienne formation de « droite » (pour une intervention réduite du gouvernement) est presque inexistante.

 

En effet, dès les pages 10 et 11, on affirme d’un même souffle que « Si une intervention plus marquée de l’État s’impose dans certaines sphères d’activité, il n’hésitera pas à s’impliquer, tout comme il n’hésitera pas à réduire la taille des structures superflues et à décentraliser au besoin les ressources et les centres décisionnels. » On veut notamment s’assurer « que les Québécois tirent pleinement profit de l’exploitation de leurs richesses naturelles » et « que le ministère de l’Environnement dispose des ressources adéquates pour assurer une protection optimale de l’exceptionnel patrimoine naturel du Québec. »

 

Heu, comment peut-on vouloir à la fois augmenter et diminuer la taille du gouvernement? On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre; le gouvernement augmente ou non. Considérant qu’un employé syndiqué est presque impossible à congédier[2], je doute que Legault soit capable de diminuer la taille du gouvernement, à moins qu’il n’ose toucher véritablement au Léviathan syndical.

 

Aussi, le langage collectiviste – les Québécois, le patrimoine exceptionnel du Québec – trahit les vraies intentions de la CAQ. Pour paraphraser Equality 7-2521, les expressions collectives (« les Québecois ») sont « the word of serfdom, of plunder, of misery, falsehood and shame[3]. » En effet, du moment qu’on prétend qu’une ressource, exploitée ou non, appartient à une collectivité, ou que le gouvernement a le droit de vie ou de mort sur son exploitation – ou qu’il y ait une participation minoritaire via la Caisse de dépôts et de placements –, alors on ne peut s’attendre qu’à un pillage systématique, de la misère, de la servitude et de la stagnation. Bref, au statu quo.

« Les Québécois » dans leur ensemble n’existent pas; il s’agit uniquement de 8 M de personnes individuelles qui vivent sur le territoire nommé Québec. « Les Québécois » qui veulent une intervention du gouvernement – même « lorsque nécessaire », si cela est possible – sont simplement des individus regroupés qui ont un fort intérêt à ce que le gouvernement intervienne en leur faveur. Car TOUTE intervention du gouvernement hors de ses tâches régaliennes (justice et sécurité publique) est TOUJOURS pour aider quelqu’un/un groupe de personnes au détriments de tous les autres, généralement au travers d’impôts, de taxes, de réglementation et je ne sais quoi d’autre.

 

De bons efforts pour l’éthique

 

Malgré ses tendances collectivistes, la CAQ a néanmoins certaines bonnes idées, à commencer par sa volonté d’améliorer l’éthique gouvernementale. On propose notamment d’élargir les pouvoir du vérificateur général, pour qu’il puisse vérifier les comptes des sociétés d’État sans leur demander la permission. On pourra enfin exposer au grand jour la mauvaise gestion d’Hydro-Québec[4] et de la SAQ[5], de même que rappeler celle des commissions scolaires[6], afin de demander des changements en profondeur, ou mieux demander leur abolition ou leur privatisation. Mais plutôt que de créer un VG qui vérifierait les comptes des villes de moins de 50k personnes, pourquoi l’actuel ne s’en chargerait pas?

La CAQ proposé également plus de transparence du gouvernement. On promet d’accélérer l’obtention de renseignements publics (via la Loi d’accès à l’information) et de rendre public tout contrat, dépense ou engagement public (ministères ou organismes) de plus de 25k$. Espérons que le gaspillage diminue avec cette mesure de visibilité – espérer une privatisation massive relève (malheureusement) de la pensée magique…

 

Aussi, bien que je sois généralement réfractaire à la création de nouvelles structures publiques, l’idée de créer un directeur parlementaire du budget semble séduisante. Le poste existe à Ottawa, et aussi à Washington (nommé CBO). Celui des ÉU estime, à la demande des parlementaires, des projections de dépenses à plus ou moins long terme pour certaines mesures publiques. Dans un cours que j’ai suivi en ligne, ce sont les prévisions du CBO qu’on a utilisées pour montrer que la réforme de la santé d’Obama allait avoir un effet marginal sur le déficit à long terme; en fait, elle ne ferait que ralentir le rythme de croissance.

 

Pour en revenir à la CAQ, deux dernières mesures d’intérêt pour l’éthique touchent directement les partis politiques. On propose de limiter les dons politiques (à un seul parti) à 100$/personne par année, ce qui « rendra pratiquement impossible l’utilisation des prête-noms. » Si Pauline Marois et Paul Desmarais ont été capables de le faire, ils trouveront sans doute le moyen de le faire encore. En plus de cette mesure, on propose un financement public (via le Directeur général des élections) à hauteur de 3$ par dollar versé par un particulier. En plus d’utiliser l’argent de Pierre pour payer Paul, cette mesure ne favorisera, encore une fois, que les gros partis avec une bonne machine. Avec une telle mesure, je doute fortement que Québec solidaire pour le Parti conservateur ait, à court et moyen terme, beaucoup d’argent, contrairement au PQ et au PLQ.

 

La seconde mesure politique veut instaurer des élections à date fixe comme sept autres provinces canadienne, un territoire et la Chambre des communes. L’idée serait excellente; ainsi, on n’aurait pas à anticiper les caprices du premier ministre en place pour savoir quand nous irions voter. Malheureusement, avec notre système parlementaire actuelle, l’application d’une telle loi est très difficile, comme l’a montré Stephen Harper de 2005 à 2011. Tout comme à Ottawa, les tiers partis prennent de plus en plus de place au Québec. Cela divise le vote (pas que c’est mauvais), rendant les gouvernements minoritaires de plus en plus probables et fréquents. Pour avoir de vraies élections à date fixe, on doit soit adopter le système des États-Unis (séparer le législatif et l’exécutif), soit adopter un système électoral proportionnel, où les alliances entre partis sont plus faciles. Tout cela, naturellement, suppose un statu quo politique, avec un gouvernement omniprésent. Dans un État minarchiste, la présence de plusieurs partis est sans importance puisque l’État n’intervient pas (ou si peu) dans l’économie.

 

Une efficacité superficielle

 

Après avoir parlé de transparence et d’efficacité, la CAQ retombe vite dans le train habituel de « faire mieux » avec les services publics. Et comme les autres partis, on prétend que les citoyens ont droit à ces services. Sans les euphémismes et le filtre de la novlangue, on dit clairement qu’on prône l’esclavage. Non, je ne fais pas de démagogie. L’esclavage était justement ça : prendre le produit d’un autre humain sans que ce dernier ne puisse en profiter. Que ce soit dans un champ de coton, dans un hôpital ou dans une école, le résultat est le même : on brime les libertés individuelles des gens touchés. Si prendre 100% du produit de quelqu’un est de l’esclavage, quel pourcentage n’en est pas?

 

Certes, la CAQ promet un dégraissage de la bureaucratie en tentant de rendre plus responsable les fonctionnaires, ce qui va, dit-on, les faire gagner en efficacité et donc faire économiser. Malheureusement, cette mesure risque d’être vouée à l’échec. En effet, il n’y a que deux choix : fonctionner selon des règles bureaucratiques ou par profit. Et dans le premier cas, les patrons tuent plus souvent qu’autrement l’innovation chez les plus jeunes et ambitieux[7]. Sans profit, il n’existe pas de critères objectifs pour déterminer la réussite ou l’échec d’un programme public. Même un déficit n’équivaut pas à un échec[8]. La seule solution pour vraiment économiser sur la bureaucratie est de diminuer le nombre de fonctionnaires.  Ça ne risque pas d’arriver; le parti de Legault propose de rediriger une partie des économies (s’il y en a) sur les dépenses d’opération vers écoles et autres institutions locales pour « offrir » plus de services à la population.

 

Parallèlement, la CAQ se plaint que le ministère des Transports a perdu son expertise au profit du privé, « laissant le gouvernement sans ressources adéquates pour effectuer la surveillance, la coordination et le suivi des projets et des investissements. » Et pourquoi donc le gouvernement devrait-il gérer les routes? N’en déplaise aux étatistes[9], les routes privées sont possibles, et même désirables[10]. En privatisant les routes, on règle par le fait même leur piètre qualité – un entrepreneur voudra rentabiliser son investissement – et la corruption inhérente à l’attribution de contrats publics.

 

La même chose s’applique au transport en commun. Oui, « la multiplication des structures administratives affecte souvent la qualité de la planification, génère des pertes d’efficacité et contribue à ralentir les processus. » Ce n’est certainement pas en centralisant encore plus – via une nouvelle société d’État – que le problème se règlera. Tout allait mieux à Montréal (côté cout) avant la venue de la STM[11]. Aussi, quand le gouvernement contrôle ce secteur, il y va souvent de choix qui sont non seulement couteux mais qui diminuent l’utilisation[12]. La planification publique est et sera toujours un échec; qu’on laisse les individus se débrouiller eux-mêmes et le tout s’améliorera. Après tout, on ne planifie pas la fabrication de chaussure et de vêtements, et les prix sont relativement bas.

 

Pour en revenir à la simplification des structures, on propose de réduire de plus de moitié le nombre d’élus à Montréal. C’est une excellente idée; il y a un élu pour 15534 personnes à Montréal, contre 57778 à Toronto et 141 379 à New York. J’ajouterais que Québec en aurait aussi besoin; elle a un élu par 18429 habitants.

On propose également de donner la marge de manœuvre nécessaire aux villes pour qu’elles puissent faire face à leurs régimes de retraite. Formulé ainsi, je crains que les taxes foncières fasse comme une montgolfière et s’élèvent encore plus haut…

 

Des efforts financiers insuffisants

 

Du côté des finances, un gouvernement Legault avancerait quelques bonnes idées, notamment une diminution de 1000$ d’impôts par famille et l’élimination de la taxe santé. Malheureusement, les mesures pour compenser cette diminution des revenus – alléger les structures bureaucratiques – risque d’être un échec, tel que mentionné précédemment. D’ailleurs, peu importe les montants investis, que ce soit en éducation[13] ou en santé[14], il y aura toujours des carences majeures quand le public s’en occupe.

 

Parlant d’éducation, la CAQ déplore que les frais de scolarité n’aient pas été augmentés plus dans le passé. Questionnement étrange, considérant que le chef a été ministre de l’Éducation. Néanmoins, en gardant une perspective étatique, une hausse des frais de scolarité est la seule solution envisageable. Quand les frais sont « gelés », ils diminuent si l’on tient compte de l’inflation. Cela crée donc plus de pression sur les finances publiques.

Et n’en déplaise à la CAQ, une hausse soudaine pourrait avoir du bon. En effet, comme les gens devront payer un prix plus réaliste pour leurs études, ils pourraient ainsi ne pas aller à l’université ou, à tout le moins, éviter les facultés aux débouchés limités (théâtre, politique, sociologie). Je n’ai rien contre elles; par contre, le nombre de leurs étudiants est artificiellement élevé justement parce que leurs études sont bon marché (ou, parallèlement, que les prérequis sont trop peu exigeants, contrairement à la médecine), et le marché peut difficilement les absorber.

Une diminution du nombre d’étudiants créerait un soulagement sur le système de prêts. J’ignore quelle est la situation au Québec, mais aux États-Unis, c’est en train de devenir la prochaine bulle[15]. Cela prouve, une fois de plus, que la solution à un problème étatique est privée. L’État change le comportement rationnel des gens et les amènent à agir d’une façon différente que sur le libre-marché.

 

Ce n’est donc pas sans un certain scepticisme que je regarde la promesse de vouloir diminuer la dette. Bien qu’elle ait raison sur le montant et sur l’injustice intergénérationnelle que cela crée, la CAQ affirme aussi que payer la dette permet de libérer des ressources pour les missions « importantes » de l’État, non définies.

 

Elle affirme aussi que les redevances sur les ressources non renouvelables serviront à payer la dette, afin qu’elles « bénéficie à tous les Québécois, et non pas seulement à ceux qui ont la chance de vivre au moment de leur extraction. » Je ne reviendrai pas sur le langage collectiviste d’une telle pensée, mais j’ajouterai simplement que tout ce qu’un entrepreneur privé fait, c’est au bénéfice de la société, même si ce n’est pas le but explicite. Le boulanger, le boucher et le cordonniers ne travaillent pas pour nous nourrir ou nous vêtir mais bien pour se nourrir et se vêtir.

 

Prendre les familles par la main

 

La CAQ poursuit ses politiques collectivistes avec les familles. On espère entre autre mieux encadrer les CPE pour empêcher l’attribution de places par affairisme, pour mieux encadrer les programmes éducatifs qu’on y offre et faire reconnaître leurs services comme essentiels.

 

C’est drôle, mais jusqu’à ce qu’on nationalise les garderies, il n’y avait pas de problème de pénurie de places ni de grève. C’est depuis que l’État les a prises en charge que les problèmes ont commencé, l’affairisme y figurant au premier plan. Quand un programme est politique, la corruption est presque inévitable; le parti au pouvoir « récompense » ses électeurs, peu importe le domaine[16]. Et comme le cout défrayé est bien en-deçà du cout réel – même si le prix nominal a été augmenté[17] – alors la demande augmente artificiellement, ce qui cause des pénuries telles que tous les moyens sont bons pour avoir une place[18]. Enfin, comme les garderies sont devenus un service « public », elles sont nécessairement « essentielles ». Quelle ineptie : seules les tâches régaliennes d’un État sont essentielles, car elles maintiennent un minimum d’ordre dans la société. TOUT le reste ne crée que du chaos, comme c’est le cas avec les garderies.

 

C’est également le cas avec cette volonté d’obliger les employeurs à offrir des congés payés pour raison familiale. En fait, ce n’est pas chaotique, c’est paternaliste. On enlève ainsi la liberté aux employeurs et aux employés d’en arriver à un accord de gré à gré sur le sujet. Maintenant, comme c’est le cas avec les congés parentaux et l’équité salariale, les employeurs pourraient être tentés de discriminer les parents avec des enfants pour éviter d’être obligés de payer ces congés.

 

Ce paternalisme se reflète dans cette promesse de faciliter l’accès à la propriété. Oui, acheter une maison est très dispendieux, et de nombreux frais administratifs l’entoure. Malheureusement, tout gouvernement qui tente « d’aider » la population à devenir propriétaire crée des bulles, comme ce fut le cas aux ÉU[19] ou au Canada[20].

 

Il se reflète aussi dans cette volonté de non seulement maintenir les régimes « volontaires » d’épargne retraite, mais de les centraliser sous la Régie des Rentes du Québec. Il est vrai que les gens n’épargnent pas beaucoup; le programme de la CAQ affirme que 60% des travailleurs n’ont rien d’autre que le régime public auquel ils ont cotisé. C’est dommage, mais c’est prévisible. Avec un taux d’intérêt aussi ridiculement bas, épargner est même désavantageux si l’on tient compte des frais d’administration de plusieurs programme de RÉER. Et avec tout ces frais payés (taxes, impôts, RRQ, assurance parentale, etc.), le salaire réel des gens est maigre pour pouvoir épargner plus. Qu’on commence par l’augmenter –  il n’est pas mieux qu’au milieu du classement canadien[21] – afin de permettre aux gens les moyens de pouvoirs épargner pour leur retraite.

 

D’ailleurs, il n’est pas du ressort du gouvernement de dicter une politique de retraite à quiconque. Présentement, surtout dans le secteur public, on pense encore à Liberté 55; on espère prendre sa retraite à 55 ans ou après 35 ans de services. L’ennui avec cette mesure, c’est que les personnes (surtout les femmes) vivront encore en moyenne 25 ans. Dans l’État actuel du système, et avec la retraite à venir des baby-boomers, ça va créer une pression énorme sur les finances publiques. Laissons-donc le loisir aux travailleurs de prendre leur retraite quand bon leur semble ou de négocier un arrangement avec leur employeur.

 

Nuire à l’économie

 

En plus de vouloir diriger la destinée des familles, la CAQ veut aussi diriger l’économie du Québec. Elle veut notamment que la Caisse de dépôts et de placements investisse plus dans les entreprises québécoises afin que les « Québécois » redeviennent « propriétaires » de « leur » économie. Même d’un point de vue étatique – aucun parti majeur ne prône l’abolition de la CDP – cette mesure est un non-sens. Le but de la Caisse est de faire du profit. Donc, s’il y en a à faire avec une entreprise québécoise, elle le fera. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi la CDP a attendu en juillet pour se décider d’acheter Rona[22]. Puisqu’elle est là pour rester, qu’elle soit complètement indépendante des pouvoirs politiques, et donc de pressions pour investir dans des endroits spécifiques. Ceci  inclut toute participation forcée dans les projets miniers du Grand Nord. Encore une fois, s’ils sont payants, la CDP investira d’elle-même.

 

Il en va de même pour l’innovation et la formation. Il est dans l’intérêt personnel d’un entrepreneur d’être le plus à jour possible s’il veut bien concurrencer ses adversaires. S’il ne le fait pas, c’est qu’il juge la mesure trop onéreuse ou inutile. Offrir (d’autres) crédits d’impôts dans le domaine est donc, au mieux, inutile. Mais au pis, cela concentre artificiellement certaines entreprises, comme les jeux vidéos à Montréal ou l’optique à Québec.

 

Idem pour ce qui est de « l’aide » gouvernementale à l’international. Si un entrepreneur québécois juge qu’il gagne à investir sur les marchés étrangers, il le fera. Un un entrepreneur étranger qui veut investir au Québec suivra les mêmes étapes. Malheureusement pour ce dernier, la xénophobie économique des politiciens décourage tout effort[23]. Si l’Alberta avait eu le même réflexe, son économie n’aurait pas autant explosé.

 

Même chose pour le développement régional et des autres secteurs de l’économie. Que ce soit pour Québec, Montréal ou les autres régions, le gouvernement doit tenir compte des deux mots préférés des libertariens anglophones : laisser-faire. Car qui dit investissement public dit taxes et impôts, et donc diminution de la richesse et de la productivité. Pour qu’il y ait développement économique, le gouvernement doit donc laisser faire la marché (i.e. tous les humains) et ainsi leur laisser décider où sera produit quoi afin que ce soit au meilleur prix. « Encourager » une quelconque industrie sur un territoire (dans le cas de la CAQ, la transformation des aliments) sous-entend nécessairement des mesures protectionnistes, et donc une hausse des prix pour les consommateurs.

 

Toutefois, une mesure encourageante distingue la CAQ des autres partis. En effet, on propose de modifier le Code du travail pour obliger un vote secret pour obtenir une accréditation syndicale. J’irais encore plus loin : fin de la formule Rand – le droit d’association, c’est aussi le droit de ne PAS s’associer – et fin de la loi anti-briseur de grève. Cette dernière est une violation flagrante de la propriété privée, puisqu’elle empêche un employeur d’engager des gens qui veulent travailler aux conditions offertes. La loi a ainsi cédé au terrorisme syndical[24].

 

Fausse route environnementale

 

En ce qui concerne l’environnement, les prémisses de la CAQ sont moins solides qu’un jouet acheté dans un magasin à un dollar. En effet, l’équipe Legault s’engage à respecter les recommandations du GIEC pour la réduction des gaz à effet de serre, même si l’organisation a été discréditée depuis belle lurette[25].

La CAQ veut également imposer un moratoire sur le développement des gaz de schiste « et ce, jusqu’à ce que des études scientifiques claires montrent que cette fracturation et l’exploitation du gaz de schiste qui en découlent peuvent se faire dans le respect de l’environnement naturel et de la santé des populations locales. » Ces études existent déjà, mais la peur continue de régner, fût-elle une fabulation totale[26]. De plus, le gaz naturel est moins polluant que les autres énergies fossiles; cela permettrait au Québec de diminuer son utilisation de mazout lourd, la deuxième plus forte au pays[27].

 

Mais comme l’idéologie prime sur les faits en politique, la CAQ continuera sur sa fausse route en « encourageant » le développement des énergies alternatives et en garantissant un tarif minimal pour leur exploitation. En d’autres mots, on veut répéter l’erreur espagnole[28] et les nombreuses commises aux États-Unis[29][30] et gaspiller les fonds publics dans des aventures vouées d’avance à l’échec.

 

Ce gaspillage se reflète aussi dans la politique de crédit d’impôt pour les voitures hybrides, une des clés de voûte des écologistes modernes. Mais ne leur en déplaise, les voitures hybrides sont très souvent plus sales (pour l’instant) que les Hummer[31] et les propriétaires d’hybride renouvellent rarement leur auto[32].

 

Ce gaspillage se reflètera aussi dans des investissements caquistes pour « améliorer » la circulation automobile. Comme toujours, on ne mise que sur le transport en commun. Bien qu’il ait une certaine importance, il ne faut pas miser uniquement sur lui. En effet, on m’a toujours enseigné dans mes cours d’économie que l’utilisation de l’autobus est inversement proportionnel à la richesse. Durant les deux années où j’ai travaillé à temps plein, j’ai vite compris pourquoi : la voiture est prête quand on a besoin d’elle, tandis qu’on doit être prêt pour l’autobus… si jamais il passe. De plus, un autobus n’est (généralement) écologique qu’aux heures de pointe[33], soit moins de ¼ de la journée au Québec. La congestion routière s’explique par un simple principe d’offre et de demande : les routes offertes sont « gratuites », alors la demande pour ces dernières est très fortes. En instaurant des péages (ou mieux, en vendant les routes), on allègerait du même coup le fardeau fiscal et « obligerait » les gens à repenser leur itinéraire. Et privatiser le transport en commun aussi serait une solution; avant que le public ne s’en mêle, les autobus au Chili étaient très efficaces[34].

 

En conclusion, qualifier la CAQ de « droite » est une farce monumental. Comme je l’ai démontré, ce parti est, à tout le moins, aussi interventionniste que le PQ et le PLQ. Il continuerait de propager la même vieille idée fausse que le gouvernement doit intervenir dans la santé, l’éducation de même que dans la culture et la langue – la CAQ propose encore plus de fonds pour sa « promotion » et sa « protection ». Si François Legault et son équipe rentre au pouvoir, ne vous attendez-donc pas à une révolution.




[3]    Ayn Rand, Anthem, Signet Book, Californie, 1995, p.97

[7]    Mises, Ludwig Von. Bureaucracy, New Haven, Yale University Press, 1944, p.56

[8]    p.61

[24]  Mises, Ludwig Von. Socialism :An Economic and Sociological Analysis, New Haven, Yale University Press, 1951, p.480-1

[28]  http://www.juandemariana.org/pdf/090327-employment-public-aid-renewable.pdf

Option nationale : option socialiste

Aussant

 

Par Pierre-Guy Veer

Si la tendance se maintient, des élections auront lieu dans quelques semaines. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi eux se trouve Option nationale (ON), parti fondé par Jean-Martin Aussant, député de Nicolet-Yamaska. Comme ON est un parti séparatiste, il serait intéressant de voir si le Québec, sous sa gouverne, serait en meilleure position.

 

Cela est (très) fort douteux. En effet, bien qu’ON soit dirigé par un homme possédant une maitrise en économie[1], force est de constater que le programme[2] ne « maitrise » pas les principes de bases de l’économie. Il est notamment proposé de nationaliser les ressources naturelles de la province afin que « la majorité des profits [revienne] désormais à la population du Québec. » En agissant de la sorte, ON a probablement Hydro-Québec en tête. Mais ne lui en déplaise, HQ est un exemple criant de l’incompétence d’une société d’État[3]. De plus, la nationalisation d’une ou plusieurs ressources naturelles, sa production tend à chuter, et inversement lors de sa privatisation. On peut très bien le voir dans le cas des ressources pétrolières[4]. Depuis la privatisation de Pétro-Canada (1991), la production pétrolière canadienne a augmenté de plus de 75% et a déjà repris ses pertes de 2008. À l’inverse, depuis l’arrivée de Chavez au Vénézuela, la production pétrolière avait diminué, lors du creux en 2010, de près de 32%. Parallèlement, la production sous Morales (depuis 2006) en Bolivie a diminué jusqu’à 45% lors du creux de 2009. Curieusement, les gouvernements de ces deux pays d’Amérique du Sud ont voulu/ont nationalisé les ressource pétrolières. Donc, si un gouvernement d’ON tente le même coup, on peut prédire que la production des ressources naturelles, fussent-elles en demande, diminuera.

 

Ce sera particulièrement évident avec les ressources gazières (gaz de schiste, surtout) car ON propose un moratoire complet « jusqu’à ce que des études indépendantes aient pu prouver que

leur exploitation respecte les principes de développement durable, à savoir les aspects

social, environnemental et économique. » Pas besoin d’étude pour montrer ses bienfaits économiques, comme on peut le voir aux États-Unis[5]. Pas besoin d’étude non plus pour montrer ses bienfaits environnementaux : les ÉU ont diminué leurs émissions de gaz à effet de serre (si besoin de diminuer il y a) plus que l’Union européenne, qui a pourtant signé le protocole de Kyoto. Oh, bien sûr, les nonnistes se rabattront sur le documentaire Gasland, où l’on voyait des gens mettre le feu à l’eau du robinet. Fort heureusement, les puits de gaz de schiste avoisinant n’y auraient été pour rien[6].

 

Déranger le libre-marché

 

En plus de contrôler l’exploitation des ressources naturelles, ON veut aussi forcer l’utilisation de certaines, notamment en « favorisant » le bois dans divers secteurs. Ceux qui s’y opposent sont naturellement vus comme des traitres[7]. Pourtant, si le bois est un si bon matériau, pourquoi utiliser des fonds publics pour le promouvoir?

 

ON veut aussi « favoriser » l’électrification de tous les moyens de transport (privé et collectifs) et même étudier la faisabilité d’un monorail électrique suspendu. Tout cela pour promouvoir « la réduction des émissions de gaz à effet de serre, un aménagement équilibré du territoire ainsi que le développement du tourisme, première industrie mondiale. » Notre troupeau d’éléphants blancs n’est pas encore assez gros au goût d’ON? Si l’expérience californienne pour les TGV est un prélude du projet de monorail[8], alors le Stade olympique risque de sembler une véritable aubaine. Et comme pour le bois, si c’est si merveilleux, pourquoi le public doit-il y dépenser de l’argent? La fameuse « privatisation des profits et nationalisation des pertes », c’est exactement ce que c’est.

 

Ce tour de force pour le bois et les transports se reflétera dans une stratégie visant à atteindre « l’indépendance » énergétique et à transformer plus de ressources naturelles (par opposition à leur exportation directe sans transformation) pour, dit-on, faire « en sorte que davantage de valeur ajoutée, de savoir-faire et d’emplois soient créés au sein de notre économie. » Oui, vous avez bien lu : un parti dirigé par un économiste croit encore aux sophismes mercantilistes du 18e siècle qui affirment, entre autres, que l’on doit privilégier la production domestique à l’importation et, sans doute, que l’on doit avoir plus d’exportations que d’importations. Jean-Baptiste Say, célèbre économiste français, s’arracherait les cheveux en lisant ceci. Il a clairement démontré, au début du 19e siècle, que pour payer les importations, on doit exporter. Et ces exportations sont composées de notre production, qui fait travailler bien des gens. Que ce soit des ressources naturelles ou des produits transformés n’a strictement aucune importance. Si l’échange est consensuel, alors les deux parties sont gagnants. En fait, Say va même jusqu’à dire qu’un pays gagne à importer plus qu’il n’exporte (en autant, bien sûr, que ce n’est pas à crédit)[9].

 

Un Léviathan en expansion

 

Comme le contrôle du commerce et des ressources naturelles ne semble pas suffire, ON veut également que le gouvernement prenne encore plus de place en santé et en éducation. Comme si plus d’argent dépensé allait régler tous les problèmes[10][11]

 

La principale proposition en éducation vise la gratuité totale, de la maternelle au doctorat. La seule balise posée sera que les étudiants « fassent profiter » la « société » québécoise de leurs acquis (et, par extension, les étudiants étrangers qui demeureront au Québec.). Encore une fois, le parti de M. Aussant ignore les principes fondamentaux de l’économie. Pour illustrer le gaspillage qui se créerait, voici un exemple imaginé par un enseignant d’économie globale au cégep de Sainte-Foy : « Imaginez que HMV annonce que tous les disques en magasin sont gratuits. Si vous le pouvez, vous allez évidemment vous y précipiter à toute hâte! Vous ramasserez le plus de disques que vous pouvez avant que les autres ne les prennent. Même si vous n’aimez pas Ginette Reno, vous allez prendre ses disques, parce qu’au passage, vous allez ramasser d’autres disques que vous aimez. Rendus chez vous, vous allez donc jeter les disques de Ginette Reno. »

 

Donc, si l’éducation est complètement gratuite, les gens vont s’y précipiter en horde. Ils choisiront probablement, comme c’est le cas aujourd’hui, des domaines aux débouchés limités puisqu’ils n’ont pas à payer directement leurs études. Ils nourriront ainsi leur esprit… mais quelle sera la valeur d’un tel diplôme? Parmi les 300 universités les mieux cotées de la planète[12], il faut attendre au 137e rang pour voir une université québécois francophone (Université de Montréal); McGill se retrouve au 17e rang. .Jusqu’au 137e rang, à peine 25% des universités ont des frais de scolarité moyens (au bac) inférieurs ou égaux à deux de l’UdM. Aussi n’y a-t-il que 5 universités dans le top 25 dont les frais moyens au bac sont inférieurs à 8 000 $. J’ignore si les couts de l’éducation déterminent la qualité d’un diplôme, mais une chose est sûre : quand les gens ne paient pas le gros prix (plus de 30 000$ à Harvard) pour leurs études, ils sont plus négligent. Je peux en attester personnellement pour le cégep…

 

Du côté de la santé, malgré des propositions intéressantes – meilleure reconnaissance les diplômes étrangers, embauche d’infirmières praticiennes, élargissement du rôle des pharmaciens dans l’obtention de médicaments prescrits – absolument rien n’est changé à la structure actuelle. En fait, on veut limiter encore plus le rôle du privé dans la santé. Pourtant, la présence du privé a fait ses preuves en Allemagne[13] et au Québec[14], avec les chirurgies de la cataracte, de la hanche et du genou, là où les assurances privées sont permises depuis l’arrêté Chaoulli[15]. De son côté, le public cause des rationnements radicaux[16], des pénuries de médicaments parfois vitaux[17], une explosion des couts et des dépenses pour les autres médicaments[18] et une répétition constante de l’histoire[19].

 

Mais comment fera-t-on pour payer pour tout ça? En révisant les paliers d’imposition (sans doute à la hausse), en taxant les biens de luxe (même si ça a montré son échec total dans le passé[20]) et en imposant un impôt des successions progressif. Ce dernier point enorgueillirait Karl Marx[21]; mais plus important encore, il empêcherait la formation de capitaux et favoriserait sa concentration artificielle[22].

 

National culturalisme

 

Par ailleurs, le programme d’un parti séparatiste ne serait pas complet sans une panoplie de mesures pour « sauvegarder » la langue française et la culture québécoise. Et comme les mesures précédentes, celles-ci sont tout aussi à l’encontre des libertés individuelles.

 

Il y a tout d’abord l’extension de la loi 101 au niveau collégial. Même si je n’étais pas libertarien, je m’opposerait vivement à cette mesure. J’ai fait mon cégep en anglais (Champlain St. Lawrence), et je ne suis pas devenu anglophone pour autant. Mon anglais s’est plus amélioré durant ces trois années que durant 10 années d’école élémentaire qui ont précédé (mon cours d’anglais de secondaire 5 se rapprochait de celui des écoles anglophones). Paradoxalement, ON veut intégrer l’enseignement d’une seconde langue internationale. Allez comprendre…

 

Il est également proposé d’étendre les exigences en matière de français au travail à toutes les entreprises en sol québécois. Toutefois, si une entreprise transige internationalement, le gouvernement lui donnera généreusement la permission d’avoir une autre langue dans le milieu de travail. En d’autres mots, ce n’est pas assez que le gouvernement contrôle les heures d’ouverture des magasins, le nombre de jours de vacances à accorder, le salaire minimum à offrir, le nombre d’employés qui peuvent travailler les jours fériés ou la langue d’affichage; il faut maintenant qu’il ait un contrôle absolu sur la langue de travail, même dans les PME. Oh, on verra sans doute que les entreprises ont le français comme langue de travail, mais on ne verra pas toutes ces entreprises qui ne se créeront pas à cause de toutes ces restrictions économiques et linguistiques.

 

Enfin, comme si les gens n’étaient pas encore assez « motivés » d’aimer le français avec les mesures précédentes, un gouvernement d’ON débloquerait encore plus de fonds publics pour promouvoir la culture québécoise (je doute que Arcade Fire ou Leonard Cohen fassent parti du lot), pour mieux la produire, pour l’exporter, pour la promouvoir au niveau scolaire et pour la préserver. Comme pour l’éducation, le parti de M. Aussant échoue en économie 101. En effet, si le gouvernement doit « investir » autant dans la culture, c’est signe que le marché n’en veut pas, ou du moins pas aux niveaux que le gouvernement souhaite. En terme clairs : si ça ne peut pas vivre sans fonds publics, alors ça ne mérite pas de vivre. Si un groupe comme U2 a pu se créer grâce à de l’argent prêté par les membres des familles des musiciens, alors n’importe quel artiste est capable de commencer à partir de rien. Et une fois en selle, les artistes qui savent se renouveler survivent. Metallica, AC/DC, Elton John, Céline Dion et bien d’autres ont chacun plus de 25 ans de carrière; cela aurait été impossible si leur produit n’était pas en demande. En contrepartie, Wilfred Lebouthillier, premier gagnant de Star Académie, semble déjà disparaitre des radars…

 

En conclusion, Option nationale n’est qu’une version résolument séparatiste de Québec solidaire. Malgré quelques bonnes idées – un scrutin proportionnel, un processus plus ouvert pour la nomination des directeurs des sociétés d’État et des référendums d’initiative populaire –, le parti demeure résolument socialiste, et donc dangereux s’il gagne le pouvoir. Il propose, dans sa plateforme, des mesures économiques maintes fois montrées comme étant fausses. Comme quoi le niveau ni le domaine des études est garant de la compétence d’une personne[23].




CLASSÉ : un manifeste hyper prévisible

Manifeste

 

Par Pierre-Guy Veer

Tel un enfant gâté qui continue sa « crise du bacon » jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut, la CLASSÉ veut continuer son boycott des cours jusqu’à ce qu’elle obtienne ce qu’elle veut. Et ce qu’elle veut, elle l’a récemment exprimé dans un manifeste[1]. Mais les « revendications » qu’on y trouve ne font que trahir le fond socialiste de la CLASSÉ, et donc du danger qu’il représente pour les citoyens québécois.

 

Tout d’abord, le manifeste regorge de la première personne du pluriel. « Nous sommes avenir »; « notre vision »; « notre démocratie »; « nous sommes le peuple ». Ce sont des mots bien forts, je le concède, mais il y a un seul ennui : il n’y a pas de « nous ». La société, c’est les individus qui la composent, pas un groupe impersonnel et homogène. Seuls les individus pensent et agissent, disait Ludwig Von Mises, et il a entièrement raison. Durant une élection, ce ne sont pas les Québécois qui élisent tel ou tel parti; ce sont les électeurs individuels qui votent. Ce ne sont pas les Québécois qui choisissent un système de santé entièrement public; ce sont des politiciens élus (et souvent les démarcheurs) qui prétendent agir « pour notre bien » qui prennent de telles décisions sans en considérer les impacts (listes d’attente, corruption et patronage pour obtenir une meilleur place).

 

Donc, quand une personne/un groupe de personnes prétend agir « pour notre bien » ou « pour la collectivité », ce n’est ni plus ni moins que son/leur intérêt personnel qui est présenté. Même quand il s’agit d’un groupe, ce sont ses membres individuels, avec des gouts semblables, qui présentent leur intérêt personnel, comme on voit présentement avec la CLASSÉ.

 

Une fausse démocratie

 

Parmi ces intérêts personnels, on trouve un goût de la victoire à tout prix, fusse à l’encontre de la démocratie qu’elle chérit tant. En effet, il semble être très facile de voter dans certaines assemblées étudiantes, même si on n’étudie pas dans ledit établissement[2]. Aussi, bien qu’on prétende vouloir laisser la parole aux gens qu’on n’entend jamais, ces derniers seront copieusement hués s’ils osent demander un vote secret[3] ou exprimer un point de vue différent de « nous »[4]. Même les présidents d’assemblée semblent tous pencher du même côté[5]. Et si les membres d’une assemblée osent penser le contraire de « nous », ils vont le regretter amèrement[6]. Évidemment, les regrets se feront aussi sentir si une loi/injonction qui ne plait pas fait son apparition, pouvant aller jusqu’au vandalisme[7]. Enfin, le chantage[8], les menaces[9], les insultes gratuites[10] et les perturbations[11] sont aussi un bon moyen de vouloir faire passer son message.

 

Vivre aux dépends des autres

 

Toutefois, le plus fort de ces intérêts dépasse largement la hausse des frais de scolarité. « Si on nous dépossède des droits les plus fondamentaux en mettant nos établissements scolaires sur le marché, il en va aussi des hôpitaux, d’Hydro-Québec, de nos forêts, de notre sous-sol. ». Et alors? Quel est le problème? Tout ce qui a été énuméré est au moins contrôlé en partie par le gouvernement, et ça se reflète par son inefficacité.

 

Les universités québécoises sont terriblement sous-financées, ce qui se reflète dans leur solde budgétaire[12]. Malgré ce manque à gagner, la moindre hausse des frais de scolarité est vue comme taboue… Mettre plus de fonds publics ne servira à rien; aux États-Unis, les sommes fédérales pour l’éducation générale (jusqu’en 12e année) ont augmenté exponentiellement depuis 40 ans avec, au mieux, une stagnation des résultats[13]. Une privatisation pourrait permettre une meilleure compétition (et de meilleurs prix) ainsi que l’abolition de départements aux débouchés… limités, puisque les étudiants devraient payer le vrai prix de leurs études. Ce n’est certainement pas avec une « école égalitaire » qu’on va encourager le dépassement de soi; on risque plutôt d’avoir une société apathique qui finira comme 20th Century Motors[14]

 

Ce n’est guère mieux pour les hôpitaux. Les temps d’attente à l’urgence sont toujours longs, et voir un spécialiste prend une éternité[15]. En comparaison, les chiens peuvent se faire voir le même jour par un vétérinaire[16]. Oui, j’ose comparer les animaux domestiques et les humains; les premiers se font soigner dans un système où le libre-marché règne et la vitesse des traitements est phénoménale. Les humains, eux, à moins d’avoir d’excellents contacts – ma grande-tante infirmière a eu quelques passe-droit – doivent prendre leur mal en patience. Sans compter que la présence d’assurances privées – fortement encouragée via des crédit d’impôts aux États-Unis[17] – rend les gens insensibles aux prix de leurs traitements, ce qui fait exploser les couts[18]. Introduire un élément de privé pourrait très bien aider le système de santé, comme cela a été le cas en Allemagne[19].

 

Hydro-Québec, la plus sacrée des vaches dans la Belle Province, montre également la faiblesse d’une administration publique dans ce qui devrait être privé. La Société d’État a versé son premier dividende près de 20 ans après sa gigantesque nationalisation[20]. Aussi, elle a plus que doublé son nombre d’employés en 40 ans; elle a proportionnellement plus d’employés par clients que d’autres compagnies d’énergie comparables en Nouvelle-Angleterre. Mais « la population » peut se consoler d’avoir les plus bas tarifs en Amérique du Nord, plaidera-t-on. Oui, certes. Mais si HQ avait été une compagnie privée, elle aurait vite été accusée de concurrence déloyale. Deux poids, deux mesures. Privatiser HQ permettrait donc de payer le vrai prix de son électricité – et ainsi avoir un encouragement pour l’économiser – et même de se sortir de l’aumône fédérale nommée péréquation[21].

 

Enfin, en ce qui concerne « nos » ressources naturelles, elles sont mal exploitées (et certainement exploitées sauvagement, tel que dépeint par le manifeste) à cause du gouvernement. Dans le domaine forestier, les compagnies ne sont que locataires; elles ont donc intérêt à exploiter au maximum la terre avant que le bail n’échoit. Cet intérêt est attisé si le gouvernement décide de nationaliser une terre, comme ce fut le cas avec la Seigneurie du Triton[22]. Quant à d’autres ressources, comme l’uranium[23] et le gaz de schiste[24], des groupes de personnes se sont avancés et ont réussi à bloquer toute exploitation, grâce à la complicité du gouvernement qui a imposé des moratoires. Si on veut éliminer tout risque, on peut toujours revenir à l’âge de pierre : de la nourriture uniquement bio, de l’eau et de l’air purs, des animaux élevés en petits troupeaux, beaucoup d’exercice… et une espérance de vie de 30 ans. Sérieusement, en éloignant le gouvernement de l’exploitation des ressources naturelles, et surtout en améliorant les droits de propriété – le propriétaire d’une maison n’a pas droit aux ressources qui pourraient se trouver sous sa propriété –, on inciterait l’exploitation intelligente des ressources, car il est de l’intérêt du propriétaire d’une ressource quelconque d’en profiter le plus longtemps possible.

 

Ces pauvres femmes sans défense

 

Le dernier intérêt des membres de la CLASSÉ qui ressort est celui de défendre la veuve et l’orphelin (principalement la première). Selon leur manifeste, les femmes sont encore et toujours victimes de discrimination injuste, notamment par des emplois moins valorisés où elles sont majoritaires.

 

Je suis obligé de leur donner en partie raison sur ce point. Il est vrai qu’une infirmière ou une enseignante gagnent moins qu’un médecin… mais est-ce vraiment à cause du sexe? Nonobstant le fait que les femmes soient majoritaires dans les facultés de médecine[25], le médecin a généralement plus de tâches et de stress que l’infirmière (surtout s’il doit opérer). Sans compter, ne leur en déplaise, que la loi de l’offre et de la demande entre en jeu quand vient le temps de négocier un salaire. Même s’il n’y avait pas d’ordres professionnels, il y aurait toujours moins de médecins que d’infirmières parce que les études sont plus longues, et le métier nettement plus stressant; ils gagnent donc plus. Aussi, si tant de femmes se tournent encore vers l’enseignement, n’est-ce pas parce que leur absence en cas de grossesse ne les handicapera pas[26]?

Par ailleurs, il n’y a absolument rien, il me semble, qui empêche une femme d’étudier en chimie (comme ma sœur et quelques unes de ses amies) ou en génie (comme une cousine). Si elles ne sont pas assez représentées dans des domaines à majorité masculine, elles n’ont que leur désintérêt ou leur manque de volonté à blâmer.

 

En conclusion, le manifeste de la CLASSÉ peut se résumer à ce diction célèbre : « Si tu n’es pas socialiste à 20 ans, tu n’as pas de cœur; si tu n’es pas capitaliste à 40 ans, tu n’as pas de tête. » La plupart de ses membres sont très jeunes, et surtout ignorant du fonctionnement de la société. Espérons seulement qu’ils finiront par apprendre que l’argent ne pousse pas dans les arbres, que hausser les impôts et les dépenses publiques est contre-productif[27], que la charité à la pointe d’un fusil perd sa noblesse[28] et que tous les décrets 10-289[29] du monde ne peuvent absolument rien pour sauver l’économie. S’ils continuent de croire que le gouvernement est la solution et non le problème, alors Atlas risque de s’hyperventiler à force de voir le Léviathan étendre de plus en plus ses tentacules…




[14]  Rand, Ayn. Atlas Shrugged, p.323

[29]           Atlas Shrugged, p.538

Les problèmes de l’égalité (suite et fin)

Egalite

L’incompatibilité

 

Les notions énumérées ci-haut semblent très belles, mais elles sont fortement incompatibles entre elles. En effet, une égalité des richesses laisse la place à une inégalité des ressources et des opportunités, puisque ce n’est pas tout le monde qui peut bien utiliser son argent. De même, une égalité des ressources amène une inégalité des richesses et des opportunités, puisque certains sont plus débrouillards que d’autres.

 

Aussi sont-elles incompatibles avec une société qui reconnaît la propriété privée, droit sans lequel rien ne se produit et fait les gens se battre entre eux1. Vouloir égaliser les richesses, et surtout les ressources, sous-entend que l’on prend le fruit du travail (que l’on suppose honnête) d’une personne pour le donner à une autre sans compensation. Si ce n’était pas le gouvernement qui faisait l’opération, on serait clairement en présence de vol. Et tel que mentionné, on ignore si les promoteurs veulent que l’on pallie l’irresponsabilité en donnant toujours plus d’argent ou de ressources. Si tout le monde a droit à du fer, doit-on pallier les pertes de ceux qui le laissent rouiller?

 

Par ailleurs, est-ce qu’une égalité matérielle est vraiment nécessaire? A-t-on tous besoin d’une voiture de luxe et d’un château sur le bord de la mer? Les gens ne voudraient-ils pas plutôt que les gens aient un strict minimum pour vivre? Si tel est le cas, alors l’égalité matérielle est futile. Si on a de quoi se nourrir, se vêtir et se loger correctement, à quoi bon vouloir prendre des autres de force? Sans compter qu’en divisant la richesse, on appauvrit la masse. Les dirigeants communistes depuis Deng Xiaoping semblent avoir au moins compris ce principe2. D’ailleurs, qu’est-ce qui est mieux : une société où chaque quintile gagne 20 000$ ou une où le quintile inférieur gagne 20 000$ alors que le supérieur gagne 100 000$?

 

Un problème d’injustice?

 

À la base du plaidoyer pour l’égalité semble exister un sentiment d’injustice. On continue de répéter que les riches s’enrichissent aux dépends des pauvres. Si l’affirmation a son fond de vérité dans notre société corporatiste, il demeure néanmoins que prendre aux pauvres pour donner aux riches est tout aussi injuste que de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Et si les riches s’enrichissent sans violer les droits des pauvres, où est le problème?

 

Donc, si l’inégalité matérielle cause autant de problème, peut-être devrait-on plutôt se tourner vers l’égalité morale, c’est-à-dire dans nos relations avec les autres. F.A. Hayek plaide pour l’égalité devant la loi, principe très populaire qui a notamment permis d’éliminer plusieurs lois racistes et sexistes. Toutefois, le simple fait que ces lois aient existé montre le talon d’Achille du principe. Du temps des monarchies absolues, tout le monde était égal devant la loi : on était jeté au cachot si on se moquait du roi, peu importe l’origine sociale (à quelques très rares exceptions). Et aujourd’hui, il semble que n’importe qui peut être placé sous écoute ou être arrêté sans mandat…

 

Égalité d’autorité

 

Il semblerait alors que le seul type d’égalité qui permette une véritable égalité entre les gens soit une égalité d’autorité, tel qu’imaginé par John Locke. À son époque (fin 17e siècle), le droit divin semblait encore la norme; certaines personnes était prédestinées d’avance à en diriger d’autres. Il a complètement défait cet argument dans son Second traité sur le gouvernement, en affirmant que le pouvoir de diriger les autres est réciproque, et donc que nous sommes tous égaux comme les autres animaux, sans qu’un n’assujettisse un autre.

 

Parallèlement, le philosophe Immanuel Kant croit que les meilleures conditions politiques sont celles où chacun peut, tout comme les autres, obliger son prochain à respecter ses droits. Nous avons donc droit à l’intégrité de notre corps, à notre travail et à détenir une propriété. On peut également mutuellement s’obliger à quelque chose au travers d’un contrat.

 

En conclusion, si on considère l’égalité morale comme la seule juste – personne ne peut réclamer autorité sur qui que ce soit –, alors on doit oublier toute forme d’égalité matérielle. En effet, affirmer qu’une personne ait droit aux fruits d’une autre, c’est affirmer qu’on a l’autorité nécessaire pour effectuer le transfert, et donc que nous sommes inégaux dans notre autorité sur les autres. Une telle société donne le Québec, où la réglementation, les taxes et les impôts sont tellement écrasants que nous nous faisons rattraper par le Nouveau-Brunswick quant au salaire moyen après impôt. Il semble que nos intellectuels préfèrent que nous soyons également pauvres plutôt qu’inégalement riches…

Les problèmes de l’égalité (1re partie)

Egalite

 

Par Pierre-Guy Veer

(Inspiré d’une lecture du professeur Mark LeBar, lors d’un séminaire de l’Institute for Humane Studies (IHS) à l’Université Chapman, Californie, en juin 2012)

 

La gauche (qui veut plus d’intervention du gouvernement dans l’économie, principalement), adore l’égalité. Pour elle, tous nos problèmes seraient réglés si nous étions tous égaux. Mais égaux comment? En intelligence? Je ne crois pas qu’elle veuille que nous soyons des clones. Serait-ce plutôt en matériel (richesse, ressource, opportunité)? Si tel est le cas, alors il y a de nombreux problèmes. Non seulement existe-t-il plusieurs conceptions de l’égalité pour la gauche, mais en plus, elles sont mutuellement incompatibles.

 

Il y a tout d’abord l’égalité la plus populaire : celle des richesses (welfare). Pour les promoteurs de ce type d’égalité, l’humanité serait tellement mieux si nous pouvions tous vivre également bien avec un salaire similaire et avoir des vies mieux remplies. On pourrait sans doute lui attribuer l’indice Gini, qui mesure l’inégalité des revenus – plus l’indice est bas, plus les salaires sont semblables entre les citoyens d’un territoire donné.

 

L’égalité des richesses pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, ça démontre une certaine jalousie. En effet, malgré que leur profession soit cartelisée2, les médecins reçoivent nécessairement un salaire plus élevé que les concierges à cause des nombreuses années d’étude et de formation nécessaires, sans compter tout le stress et les dangers reliés à la profession. Vouloir égaliser les salaires vers le bas découragerait les futurs médecins d’entreprendre leur carrière, tandis que les égaliser vers le haut ferait exploser les couts de l’entretien ménager. Ensuite, la seule mesure qu’on pourrait qualifier d’objective pour le bien-être humain est la satisfaction des désirs. Malgré leur écart titanesque de revenus, le Dalaï-lama et Bill Gates semblent relativement satisfaits de leur vie. A-t-on vraiment d’un jet privé, d’un écran de 60 pouces et d’un ordinateur dernier cri pour être heureux? Mais encore là, la satisfaction des désirs pose problème. Que doit-on faire si une personne a des désirs très dangereux (meurtre, drogues)? Aussi, à supposer qu’il soit possible de vraiment égaliser le niveau des richesses, que ferait-on si quelqu’un dilapide les siennes au casino? La société devrait-elle encore l’aider?

 

Égaliser les ressources

 

D’une façon similaire à l’égalité des richesses, certaines personnes préfèreraient plutôt que les gens soient égaux dans les ressources qu’ils détiennent. Une fois cette égalité réalisée, les gens se débrouilleraient.

 

Encore là, ce type d’égalité pose problème. À l’exception des ressources gratuites de la nature (soleil, air, pluie), tout ce que nous consommons a reçu une forme de transformation par les humains.Vouloir distribuer ces ressources « également » pour tous pourrait, tel qu’une égalisation salariale vers le bas entre médecins et concierges, décourager ladite production. Sans compter qu’on n’a pas tous les mêmes habiletés avec les ressources qu’on reçoit. Si je recevais une montagne de sable, je m’en servirais au mieux comme terrain de volleyball. Mais dans les mains de ces artistes qui fréquentent les concours de sculptures sur sable, cette même montagne deviendrait un chef-d’œuvre. Parlant de talent, est-ce que leur absence peut compter comme un manque de ressource? Est-ce que le fait que je sois calé en économie et pas en chimie fait de moi une personne « démunie »? C’est pour cette raison que les humains ont créé le commerce : afin de profiter des talents particuliers des autres. Sans cela, on serait obligé de tout produire nous-mêmes. Imaginez un Canada sans échanges commerciaux de nourriture pendant l’hiver…

 

Égalité des opportunités

 

Une autre sorte d’égalité populaire, surtout aux États-Unis, est celles des opportunités. Si tout le monde avait le même point de départ dans la vie, alors nous serions tous sur un pied d’égalité dans nos chances d’obtenir un emploi, par exemple.

 

Encore une fois, on se retrouve avec un manque de balises objectives. Comment peut-on vraiment mesurer les opportunités? Si c’est par le nombre d’options qui s’offre aux gens, alors l’égalité est impossible. En effet, nonobstant le corporatisme de plusieurs professions, il y aura toujours de ces emplois – ingénieur, chirurgien, architecte – qui exigeront une longue et pénible formation. Puisque chacun nait avec différentes priorités, et donc avec différents couts d’opportunité (faire X signifie qu’on ne peut pas faire Y de façon optimale), ce ne sera pas tout le monde qui voudra dépenser autant d’énergie sur une formation aussi ardue. Il semble plus juste de parler de liberté des opportunités plutôt que de leur nombre. Si le gouvernement considère tous ses citoyens égaux devant la loi, alors ils sont complètement libres de choisir l’emploi qu’ils veulent. Évidemment, certains employeurs pourraient arbitrairement discriminer certaines personnes. Aussi enrageant soit-ce, il serait immoral de forcer un employeur d’employer une personne qu’il ne veut pas; c’est une question de respect de la propriété privé. S’il est assez fou pour refuser d’engager des femmes, alors grand bien lui en fasse de discriminer la moitié de la population.

 

1Inspiré d’une lecture du professeur Mark LeBar, lors d’un séminaire de l’Institute for Humane Studies (IHS) à l’Université Chapman, Californie, en juin 2012

Gagner sa liberté en quittant le Québec (partie 2 de 2)

martine-quitte-le-quebec

 

Par Pierre-Guy Veer

 

Des services présents quand on en a besoin

 

Un autre point positif de la terre d’adoption de Julie est la facilité d’obtenir des soins de santé. « Le lendemain de notre déménagement, mon conjoint a débuté ses traitements de chimiothérapie ». Aussi, comme les impôts sont bas, on n’a pas l’impression de payer deux fois quand on va à l’hôpital. « Et les médecins sont facilement accessibles. Je peux prendre un rendez-vous médical en moins d’une semaine, et le pédiatre, même si j’appelle son bureau le dimanche, me contacte le jour même pour me conseiller de prendre rendez-vous ou d’aller à l’urgence. »

 

Parlant des urgences, celles de Houston sont absolument incomparables à celles du Québec. « Dans les hôpitaux privés d’ici, il n’y a aucune attente et tous les examens imaginables sont disponibles. Même l’hôpital public du comté, dont l’urgence et plusieurs services sont gratuits, offre tous les services, quoiqu’il peut parfois y avoir de l’attente. Je me rappellerai toujours cet homme obèse qui se plaignait à un journaliste parce qu’il avait attendu à l’urgence durant … trois heures.

 

« En comparaison, mes frères qui ont des enfants ont parfois dû attendre 17h pour voir un médecin à l’urgence – j’ai entendu dire qu’un délai d’attente de 48h était fréquent aussi[1]. Non seulement doivent-ils souvent attendre pour passer des tests médicaux, mais ils doivent répéter sans cesse leur histoire médicale puisque leur médecin est souvent indisponible. »

 

Se responsabiliser pour l’assurance

 

Évidemment, comme le système de santé n’a pas un assureur unique comme au Québec, plusieurs choisissent de contracter une assurance. « Oui, il peut y avoir beaucoup de paperasse, remarque Julie. Connaître les compagnies de même que les services qu’elles couvrent est presque une profession en soi! Toutefois, je n’ai jamais eu de problème, malgré le cancer de mon conjoint et mes deux accouchements. Il m’en coute 568 $ par mois. » Lors de l’obtention d’un emploi, les gens négocient un tel avantage pécuniaire.

 

Afin de s’assurer que tout fonctionne bien, une personne doit cependant demeurer vigilante. « Je dois toujours m’assurer que la compagnie a payé la facture. » Encore là, elle dit ne jamais avoir eu de problème majeur.

 

Atlas commence à soupirer

 

Malheureusement, le havre de libertarianisme relatif qu’est le Texas commence à disparaître. « J’avais déménagé du Québec à cause de la réglementation étouffante et des impôts trop élevés. De plus en plus, c’est ce qui se produit aux États-Unis. Jamais je ne vivrai dans un monde socialiste. Je serais prête à déménager, mais où irais-je? » se questionne-t-elle.

 

Comme au Québec, les programmes publics sont abusés par plusieurs. Son mari lui en dit des vertes et des pas mûres au sujet des programmes publics de santé (Medicare[2]/Medicaid). « Il est témoin de tellement d’aberrations, comme cet homme qui, malgré une transplantation, continue à fumer. »

Toutefois, ce n’est rien comparé aux immigrants illégaux qui profitent des largesses du système. « Comme les hôpitaux ne peuvent refuser de patients, plusieurs femmes immigrantes en profitent pour accoucher à l’hôpital. D’autres se font soigner et disparaissent ensuite dans la brume. » Il est donc à prévoir que, pour palier ce manque à gagner, les impôts vont augmenter…

 

Aucun espoir?

 

En conclusion, Julie croit que s’en est fait de l’espoir de changement pour le Québec. « Il y a six mois, j’aurais peut-être été plus optimiste. Mais avec l’arrivée du conflit étudiant, je me suis rendu compte que cette mentalité de s’accrocher au gouvernement n’est pas prête de partir. Je ne crois pas voir de grands changements de mon vivant.

 

« Oh, il y a bien des libertariens présent – il semble y avoir une tendance dans la région de Québec –, mais ce ne sont pas des militants car ils ont une vie. » D’autres personnes partagent son pessimisme. Son beau-père est maintenant professeur en Chine, et il n’a pas l’intention de revenir.

 

 




[2]    Pour les aînés

Gagner sa liberté en quittant le Québec (partie 1 de 2)

martine-quitte-le-quebec

 

Par Pierre-Guy Veer

Pour la gauche québécoise (qui veut plus d’impôts pour les « riches » et plus d’État dans l’économie), le diagnostic est sans équivoque : le Québec s’approche du paradis sur Terre. Ses programmes sociaux généreux font l’envie du reste du monde (le fameux « modèle » québécois), ses lois du travail, jumelées à un haut taux de syndicalisation, empêchent les travailleurs d’être « exploités » par des employeurs sans scrupule et ses bas frais de scolarité postsecondaires permettent aux plus pauvres d’avoir accès à l’université.

 

Toutefois, la réalité est toute autre. Plusieurs personnes, exaspérées de vivre là où le gouvernement est tellement présent qu’il en devient étouffant, ont décidé de quitter la Belle Province pour d’autres cieux. C’est notamment le cas de Julie Lesage Charland, cofondatrice d’un site Web[1] qui raconte le témoignage de ceux et celles qui ont quitté, de même que des conseils pour les personnes qui y songent.

 

La vie de Julie, jusqu’à tout récemment, n’aurait jamais laissé présager qu’elle quitterait son Trois-Rivières natal. « Lors du dernier référendum, j’avais voté Oui, se rappelle-t-elle. Comme mes parents, j’étais une fervente séparatiste. Encore aujourd’hui, je pense que le Québec est une société distincte.

 

« Toutefois, avec le temps, je me suis rendu compte que la province voulait garder cette distinction dans une bulle, et elle commençait à peser lourd. »  Un des éléments déclencheur a été son conjoint, infirmier de profession. « À cause des syndicats, il pouvait difficilement combattre l’ancienneté et être promu », précise-t-elle. Il a également souffert d’un grave cancer, et les médecins qu’ils a vus lui ont fortement conseillé d’aller aux États-Unis pour des soins, puisqu’il aurait dû attendre trop longtemps au Québec.

 

Mais la goutte qui a fait déborder le vase fut sa fille, diagnostiquée autiste à un très jeune âge. « Elle fut placée sur plusieurs listes d’attente, et ce malgré le fait qu’une telle attente risquait de la handicaper encore plus. »

 

Le gouvernement, cette fausse panacée

 

Au début, elle croyait, comme plusieurs, que le gouvernement allait l’aider. « Des psychologues ont suggéré qu’elle aille en CPE (garderie publique) afin de développer sa sociabilisation. Malheureusement, et malgré des fonds accordés par le gouvernement, personne ne voulait de la petite. Rendue à quatre ans, elle était encore sur des listes d’attente pour voir orthophonistes et ergothérapeute. C’en était trop. Au Québec, on a droit à tout, mais rien n’est disponible », se plaint-elle.

Le comédien Charles Lafortune vit une situation semblable à Julie – il en avait discuté à Tout le monde en parle. « Il a dit qu’il serait prêt à payer pour les services, probablement comme des milliers d’autres parents dans notre situation. Cependant, trop de personnes croient encore que le gouvernement va les aider, ce qui n’arrivera pas », croit-elle.

 

Certains semblent s’apitoyer sur leur sort. « Même s’il faut attendre cinq ans pour voir un spécialiste, certains préfèrent “vivre pour la société”. Ils iraient même, s’ils sont diabétiques, jusqu’à refuser de passer avant un patient cancéreux. Pourtant, en passant avant, ils libèreraient la liste d’attente. »

 

C’est donc par amour pour sa fille qu’elle a déménagé en banlieue de Houston, au Texas. Ce déménagement a été facilité par l’emploi de son conjoint – qu’elle qualifie « d’emploi à visa facile ». Sinon, le déménagement aurait été difficile, voire inexistant.

 

À la fois conservateur et libertarien

 

À première vue, le Texas pourrait en effrayer plus d’un. « C’est une contrée très conservatrice. À mon arrivée il y a huit ans, la sodomie – on visait principalement les homosexuels par cette loi – était un crime. Les gens ici ne parlent pas beaucoup de sexualité et sont fortement pro-vie, contrairement au Québec. Finalement, la religion est très présente; je n’avais jamais vu ça au Québec. »

 

Mais en regardant de plus près, on se rend compte que l’État de l’étoile solitaire[2] est nettement plus libertarien qu’il n’en paraît. « Ici, je ne paie que 10 % de mon salaire en impôt à l’État, et les taxes sont moins élevées. Même la capitale, Austin, réputée pour être plus à gauche à cause de son grand campus de l’université de l’État, est une grande partisane de Ron Paul. »

 

Parlant de ce politicien, Julie ajoute qu’il est plus populaire que ne le laisse transparaitre les médias. « La télévision est sensée représenter le pouls de la population. Or, ce n’est pas le cas; on tente de minimiser son influence, pourtant très grande. Partout autour de moi, on souhaite que le gouvernement nous laisse en paix! », affirme-t-elle.

 

Libertarienne à l’os

 

Julie a vite fait d’adopter cette mentalité. « Comme nous n’utilisons pas de garderie, je me lève chaque matin à 4h pour m’occuper de mes enfants, malgré mon emploi du temps chargé (elle travaille à la maison à temps plein). Aussi, bien que nous aurions droit à Medicaid[3], nous ne l’utilisons pas. Nous sommes parfaitement capables de nous occuper nous-même de nos enfants. »

 

Bref, son libertarianisme se propage partout. À ce sujet, elle constate le gouffre qui sépare sa mentalité de plusieurs Québécois. «  Au Texas, on se prend en main en famille. Au Québec, il semble que le gouvernement nous prend en charge du berceau à la tombe. Malgré tous les rapports accablants au sujet des CHSLD, les gens y laissent encore leurs parents et leurs grand-parents. C’est gouvernemental après tout, on n’a pas besoin d’y penser… Au Texas, les gens auraient vite fait de retirer l’être aimé de cet enfer. »

 

D’ailleurs, elle est heureuse que ses enfants puissent grandir dans un tel milieu. « Je préfère qu’ils deviennent des “méchants américains”que des moutons québécois. Ici, malgré les peurs qu’on nous faisait, les gens sont très accueillants et aidant, et ils croient vraiment à l’entraide. Pendant plusieurs années, il n’y avait que des pompiers volontaires dans notre ville pour tous les quarts de travail. Mon conjoint y a d’ailleurs offert ses services. En entendant cela, plusieurs personnes de notre entourage pensaient : “Y sont ben cheap!” »

 

Par ailleurs, ce milieu est dirigé par un gouvernement qui fait confiance au gros bon sens de ses citoyens. « Il y a ce qu’on appelle la Castle Law au Texas. Il nous est permis, si on se croit en danger, de tirer quelqu’un qui pénètre notre propriété sans invitation préalable. Évidemment, nous savons utiliser notre jugement. Et les gens sans mauvaises intentions aussi. Nous vivons près d’une école, et il nous arrive de recevoir des ballons. On vient toujours cogner à notre porte avant d’aller les chercher. »

 




[2]    Lone Star State en anglais

[3]    Programme fédéral qui paie notamment les soins des personnes pauvres ou handicapées

Le vrai et le faux libéralisme (2e partie)

Freedom sign

Par Pierre-Guy Veer

Le pot : économie

 

Pour continuer sur le sujet de l’économie, les « liberals » s’enorgueillissent des lois antitrust, du « bailout » du secteur automobile, TARP (le « bailout » du secteur bancaire) de même que le transport en commun.

 

Pour qui connait le moindrement l’économie, il n’y a pas de quoi s’enorgueillir de quoi que ce soit. Toutes ces « réussites » sont des interférences nuisibles au bon fonctionnement de l’économie. Les lois antitrust en sont probablement le meilleur exemple. En effet, la base même de ces lois est complètement fausse1. Ce qui a amené c’est loi, c’est la jalousie et non l’efficience. C’est le gouvernement qui décide maintenant si une compagnie baisse « trop » ses prix et dérange le marché2. On empêche ainsi le marché (et donc les consommateurs) de décider le prix à payer et qui offrira tel produit. Car si une compagnie devient grosse sans protection du gouvernement, c’est qu’elle est la plus efficace, comme l’a avoué la Cour suprême lors du procès de Standard Oil3.

 

Le sauvetage financier des secteurs automobile et bancaire (TARP) a été tout aussi nuisible pour l’économie. Dans le premier cas, on a refusé de reconnaître la gifle de la main invisible du marché, qui a puni GM est Chrysler pour leurs choix discutables et qui a récompensé notamment Toyota, qui est maintenant première au chapitre des ventres sur la planète.

 

Tout comme le secteur de l’acier4, le secteur de l’automobile5 a toujours joui d’une forte protection de la part du gouvernement aux ÉU. En plus de couter très cher par emploi, « sauvegardé »6, ces tarifs douaniers ont plus d’inconvénients que d’avantages. L’augmentation de prix qu’ils causent – à cause de la diminution de l’offre – diminue la consommation intérieure et cause donc un appauvrissement de la société. Aussi, ils causent en quelque sorte un « ramollissement » des producteurs protégés. En effet, étant blindés de la concurrence étrangères, ceux-ci se soucient peu si leurs couts de production sont les meilleurs. C’est ce qui a joué un tour à GM et à Chrysler; déjà en 2007, ils faisaient moins de profit par véhicule vendu que Toyota7, sans compter les énormes cours reliés aux contrats de travail8.

 

Quant aux banques, leur sort n’est que la suite logique d’une très longue intervention qui a commencé dans les premiers temps du pays. Après 1837, le président Jackson a décidé de ne pas renouveler la charte de la Second Bank of the United States, une espèce de banque centrale primitive9. Dès lors, les banques ouvraient suite à l’obtention d’une charte étatique. Malheureusement, plusieurs États aux finances douteuses ont truqué les banques en les faisant acheter des obligations surévaluées en échange de billets de banque. Les banques avaient ainsi plus de billets que de réserves. Dans un système bancaire réellement libre, ça ne serait pas arrivé puisqu’un gérant de banque sain d’esprit ne prendrait pas le risque d’émettre plus de billets qu’il n’a de réserves d’or et d’argent10.

 

Mais ce système n’est rien comparé à celui qui gouverne les ÉU depuis la création de la Federal Reserve (la Fed, la banque centrale) depuis 1913. L’émission de billets par les banques privées a été arrêté, laissant le monopole à la Fed. Jumelé à une diminution substantielle des réserves obligatoires, le monopole d’émission de billets de la Fed est sans doute le plus grand responsable de l’inflation que nous connaissons depuis 100 ans11. D’autres mesures gouvernementales, dont la Fderal Deposit Insurance Corporation, ont augmenté encore plus l’instabilité du secteur bancaire en assurant que, peu importe ce qui se passe, le gouvernement allait rembourser un certain montant des épargnes perdues lors d’une faillite bancaire. Cela s’est reflété dans le comportement des banques : au milieu des années 80, suite à la faillite du secteur des banques d’épargne et de prêts (S&L), on s’est rendu compte que leurs réserves atteignaient… 0,2 % des dépôts – la Fed recommandait 1,5 %12. Finalement, on ne peut passer sous silence la crise bancaire de 2008, fortement influencée par les « liberals » et leur insistance pour faciliter l’accès à la propriété. Le gouvernement leur a été d’un grand secours, notamment en forçant les banques à prêter à n’importe qui13, quitte à les mettre à l’amende même en toute conscience des risques encourus14, en nationalisant les hypothèques à risque créées dans tout ce chaos15, etc. D’ailleurs, ces comportements étaient tellement évident que les économistes d’allégeance autrichienne ont vu venir cette crise dès 200316; Ron Paul aussi a vu venir cette crise17.

 

Enfin, pour conclure le pot en économie, parlons maintenant du transport en commun. C’est le chouchou des « liberals », et plus particulièrement des environnementalistes, quand vient le temps de parle de développement « durable » (lire : avec intervention de l’État). Bien que je lui reconnaisse une utilité, sa glorification est totalement injustifiée. En effet, à moins de vivre dans un endroit central où se trouvent les épiceries, les écoles et les terrains de jeux (si on a des enfants) et les magasins, une voiture est absolument nécessaire. Pendant un certain temps, j’ai essayé de faire mon épicerie en autobus. Ce n’était pas à l’heure de pointe, alors j’avais de la place. Par contre, mon temps était limité si je voulais attraper ledit autobus (en soirée), sans compter que je devais parfois marcher jusqu’à un kilomètre pour retourner chez moi. C’est un miracle que mes épaules soient encore intactes.

 

Pour en revenir aux autobus, il faut mentionner qu’ils ne sont pas si écologiques hors des heures de pointes, c’est-à-dire la majorité de la journée18 (à l’exception, peut-être, des parcours Métrobus 800-801 à Québec). Aussi, leur gestion étatique est fortement inefficace, comparativement au privé19. En bout de ligne, c’est le contribuable qui paie la plupart de la facture20.

10Avant les années 30, le système monétaire fonctionnait selon l’étalon-or : chaque billet de banque, chaque pièce de monnaie avait son équivalent en or (ou plus rarement, en argent) dans les voutes d’une banque.

12ROTHBARD, Murray, The Case for a 100% Gold Dollar, Auburn, Alabama, 2005, p.4

Le vrai et le faux libéralisme (1re partie)

Freedom sign

Par Pierre-Guy Veer

En anglais, le mot « liberal » peut signifier deux choses : un libéral classique – une personne qui veut l’intervention du gouvernement seulement pour protéger des droits de base – et un libéral moderne, qui s’assimile plus ou moins avec un interventionniste de gauche (programmes sociaux, beaucoup de taxes, d’impôts et de règlements). Les partis libéraux au Canada rentrent généralement dans la seconde catégorie. Récemment, j’ai lu un article de blogue1 qui confondait les deux, et mes yeux n’en croyaient pas leurs oreilles. Des rectifications s’imposent donc.

 

Les fleurs : les droits individuels

 

Malgré ses défauts, je dois admettre que le texte dit vrai à plusieurs endroits : le libéralisme a été un très grand bien pour la civilisation. S’opposant à l’absolutisme royal, il a prôné plusieurs liberté « négatives », c’est-à-dire des libertés que le gouvernement ne pouvait toucher. La constitution des États-Unis en est le parfait exemple : interdiction d’imposer une religion d’État ou d’empêcher son exercice (1er amendement), interdiction d’enfreindre le droit de porter une arme (2e amendement), interdiction d’avoir des militaires présent chez soi en temps de paix sans consentement (3e amendement), etc. Ces droits peuvent facilement être relié à l’explosion des découvertes scientifiques lors de la Renaissance. En effet, sans liberté de parole, comment des faits contredisant la bible/les dogmes catholiques auraient pu être exprimés, telle la théorie de l’évolution de Darwin?

 

Au sujet du 2e amendement, l’auteur n’a pu s’empêcher de lancer une pointe comme quoi les « conservatives » (étatistes de droite pour plus d’armée et d’intrusion de l’État dans la vie des gens, notamment au sujet de l’homosexualité) n’auraient pas permis à tout le monde de s’armer. Ça me laisse perplexe; la totalité des gens qui veulent empêcher/restreindre le port des armes sont des collectivistes (à « gauche » ET à « droite). Ce fut longtemps de cas aux États-Unis, avant l’esclavage pour empêcher une insurrection, et après, ce qui a facilité le terrorisme du KKK2. Au 20e siècle, tout dictateur qui se respectait contrôlait sévèrement la possession d’armes à feu : les Juifs ne pouvaient pas posséder une arme en Allemagne nazie3; les Tutsies ont facilement été massacré par les Hutus parce que le gouvernement avait, par décret, désarmé les premiers4; Staline, Mao, Pol Pot, Amin Dada (Ouganda), et j’en passe, ont tous pu facilement massacrer leur population désarmée5.

 

Le pot : les lois du travail

 

Après avoir donné des fleurs, il est temps de lancer plusieurs pots, à commencer par les prétentions sur les lois du travail. L’auteur vante le fait que nous ayons une semaine de 40 heures, des vacances, que le travail infantile soit chose du passé, que nous ayons des droits syndicaux, de l’assurance-emploi, une paie juste (Lily Ledbetter Fair Pay Act aux ÉU) et plusieurs autres.

 

Oui, les « liberals » ont mis ces choses en place, mais étaient-elles justifiables? La majorité d’entre elles sont une violation de la propriété privée car elles empêchent l’employeur et l’employé de négocier de gré à gré. Plusieurs mesures, telles le salaire minimum et l’imposition d’heures de travail ou de vacances, augmentent les couts et créent du chômage6, sans compter que la semaine de 35 heures (France) ne semble pas avoir eu d’effet notable sur la chômage ni les couts de production7. Aussi empêchent-elles des personnes voulant, pour une quelconque raison, travailler plus de le faire. Selon ce que j’ai entendu, les travailleurs mexicains des champs de fraises près d’où vivent mes parents sont des bourreaux de travail. Ils travaillent nettement plus que 40 heures, ce qui leur permet d’accumuler plus d’argent pour subvenir à leurs familles.

 

De plus, ces lois sont-elles nécessaires? On clame que le travail infantile a été stoppé grâce à des lois. C’est faux : le travail infantile (et féminin) a été stoppé grâce à la bête noir des « liberals », soit le capitalisme. Il a tellement enrichi le travailleur moyen qu’il avait la possibilité de faire vivre sa famille sans que cette dernière ne mette sa vie en danger8. Le retour massif des femmes sur le marché du travail peut s’expliquer par l’inflation, causée par le gouvernement, qui rendait nécessaire la venue de deux salaires9. Parlant des femmes au travail, pourquoi a-t-on besoin d’une loi pour qu’elles gagnent un salaire « juste »? Les négociations de gré à gré ne suffisent plus? De toute façon, les lois d’équité salariale profitent plus aux avocats10.

 

Enfin, ces lois sont-elle bonnes pour l’économie? Avoir un syndicat, sans aucune coercition, peut avoir certains avantages. Mais lorsque le gouvernement lui donne une très grande force, comme au Québec, alors il se crée un chômage institutionnel durable11. Les lois anti briseurs de grève (scabs), en plus d’être une violation de la propriété privée, empêchent les gens voulant travailler aux conditions proposées par l’employeur de le faire. Ils ne valent pas mieux que les fanatiques religieux qui veulent massacrer ceux qui ne pensent pas comme eux12 Par ailleurs, l’assurance-emploi et l’aide trop longue aux chômeurs est aussi nuisible. Ça leur facilite la tâche s’ils veulent ne rien faire13. En fait, lors de la dernière récession, de tels bénéfices auraient grandement retardé une nouvelle entrée sur le marché du travail14

6http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=minimum%20wage%20unemployment&source=web&cd=3&ved=0CHAQFjAC&url=http%3A%2F%2Feconomics.uwaterloo.ca%2F2010-Spring%2Fcomplete%2520draft.doc&ei=wsyzT_TTNK3biAKxi832AQ&usg=AFQjCNE6Daa_DMNK1cR2dhx3kew4akW6ZQ&cad=rja

8Mises, Ludwig Von. Human Action : A Treatise on Economics Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.612

11Human Action, p.764

12Ibid, p.773

13Ibid, p.770

Le capitalisme : la bénédiction insoupçonnée

mechant-capitalisme

 

Par Pierre-Guy Veer

Pour la deuxième fois en autant de semaines, on nous casse les oreilles avec tous les clichés anticapitalistes imaginables. Après le Jour de la Terre, c’est au tour de la Fête internationale des Travailleurs (1er mai) de nous « rappeler » tous les « méfaits » du capitalisme, cette fois-ci sur les « pauvres » travailleurs sans défense. La Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) appelle d’ailleurs à une grève sociale illimitée «  pour mettre fin au capitalisme, parce que sans nous, les capitalistes ne sont rien ».

 

Pourquoi tant de haine envers le système économique qui leur a permis de vivre? En effet, avant la Révolution industrielle, les enfants avaient 40 fois moins de chance de survivre à l’enfance et les femmes, 60 fois plus de risque de mourir durant l’accouchement1. Pourquoi tant de haine envers le système économique qui les a sauvé d’une entrée précoce dans le monde du travail? C’est le capitalisme qui a permis à leur père de gagner assez d’argent pour que le reste de la famille n’ait pas à s’épuiser prématurément2 – l’entrée massive des femmes sur le marché du travail s’explique par une forte baisse du pouvoir d’achat, et donc de l’intervention du gouvernement3. Pourquoi tant de haine envers le système économique qui leur rend la vie tellement plus facile? C’est grâce au capitalisme – la production de masse pour la masse, pour citer Ludwig Von Mises – qu’on a inventé la roue, le papier, l’agriculture, la poterie, le tissage, la métallurgie, la monnaie, les banques, le moteur à vapeur et à explosion, la radio, l’électricité, l’ordinateur, etc. Oh, certains plaideront que nous n’en sommes pas plus heureux, et c’est peut-être vrai. Par contre, nul ne peut nier que notre vie s’en trouve grandement facilitée; peut-on imaginer marcher pieds nus – les souliers sont aussi une gracieuseté du capitalisme – de Québec à Montréal en plein hiver?

 

La main visible du gouvernement

 

Si la CLAC veut se plaindre, qu’elle le fasse contre le gouvernement. Il est LE responsable de TOUTES les crises économiques depuis les 100 dernières années4 : la Grande Dépression a été causée non pas par le capitalisme, mais bien par un État hypertrophié5 et une banque centrale qui a trop fait fonctionner la planche à billets – ce fut également une des causes principales de la stagflation des années 70, principalement par l’abandon total de l’étalon-or et de l’adoption d’une monnaie uniquement fiduciaire par Nixon; la bulle technologique des années 90 a été causée par une décennie de manipulation artificielle des taux de change et des taux d’intérêts6; enfin, la crise économique qui sévit toujours, si l’on se fie à ce qu’était l’emploi avant la crise et maintenant7, a été causée par l’État, notamment par des taux d’intérêts trop bas, la nationalisation des hypothèques à risque8, la quasi obligation pour les banques de prêter à tous même si la personne peut tomber enceinte ou reçoit de l’assistance publique9, et ce même si les politiciens savaient que cela encourait plus de risque10 – on estime la somme extorquées aux banques à 4,5 billions $ (oui, avec 12 zéros)11 depuis l’adoption du Community Reinvestment Act en 1977, et j’en passe sûrement.

 

Empirer les conditions de travail

 

En plus de causer les crises économiques, l’État est aussi le principal responsable des mauvaises conditions des travailleur et, par la bande, de la population.

 

En effet, la quasi totalité des lois du travail son au mieux inutiles : le salaire minimum cause du chômage12 – c’était d’ailleurs le but recherché lors de son implantation13; le corporatisme des professions limite grandement l’offre et augmente substantiellement les couts, notamment dans le domaine médical14; les différents « acquis sociaux » du monde du travail (assurance parentale, congés et vacances obligatoires, régime d’épargne « volontaire », heures de travail contrôlées) augmentent grandement les couts, en plus d’empêcher les personnes de travailler à leur guise – les socialistes allemands du 19e siècle étaient d’ailleurs opposés aux législations de Bismarck en ce sens, quoique pour les mauvaises raisons15; les lois en faveur des syndicats (pas de vote secret pour l’accréditation, cotisation obligatoire, blocage des briseurs de grève) créent un chômage institutionnalisé16, consomme les capitaux actuels17, augmentent les couts de production18 et est une violation flagrante de la propriété privée19.

 

En conclusion, si les socialistes de la CLAC veulent vraiment changer le monde, qu’ils dirigent leurs énergies vers le principal coupable de nos malheurs : le gouvernement. Sans son intervention dans l’économie, tout s’améliorerait substantiellement. Plutôt que d’avoir affaire à sa coercition et à son favoritisme, nous serions obligés de tout négocier de gré à gré, et tout le monde serait gagnant. Aussi pourrions-nous finalement renouer avec la croissance en ayant des taux d’intérêts fluctuant selon les besoins du marchés, ce qui enlèverait les cycles économiques, et en pouvant finalement investir les profits dans la recherche et le développement plutôt que de s’en faire voler jusqu’à 48 % par le fisc20.

2Mises, Ludwig Von. Human Action : A Treatise on Economics Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.612

5Rothbard, Murray N. America’s Great Depression, Mises Institute, Auburn, Alabama, 2000

6Garrison, Roger W. et Callahan, Gene. Does Austrian Business Cycle Theory Help Explain The Dot-Com Boom And Bust? The Quaterly Journal Austrian Economics, Vol 6, No.2, été 2003

14http://www.journalmetro.com/linfo/article/1020953–pas-touche-au-monopole-medical–page0 Remarquez toutefois que même déréglementées, certaines professions continueraient d’être plus chères à cause de leur longue formation, comme cardiologue et neurologue

15Mises, Ludwig Von. Marxism Unmasked: From Delusion to Destruction, Foundation for Economic Education, Irvington-on-Hudson, NY, 2006, p.24

16Mises, Ludwig Von. A Critique of Interventionnism, Ludwig Von Mises Institute, 2011, p.9-10

17A Critique of Interventionnism, p.104

18Human Action, p. 363

Québec solidaire, ou faire fi de la réalité (2e de 2)

Khadir-David-QS

 

Par Pierre-GuyVeer

 

Des trous sans fonds

 Une autre proposition qui a été adoptée touche les régimes de retraite. On propose de transformer la RRQ en régime universel de retraite « protégé des aléas du privé ». Du même souffle, Mme David rejette l’idée d’augmenter l’âge de la retraite.

 

Encore une fois, nous avons un bel exemple d’un parti politique qui veut nous protéger de nous-mêmes et qui veut acheter des votes. Ça ne date pas d’hier : les pensions de vieillesse sont des créatures du chancelier allemand Otto von Bismarck, afin de gagner le support des conservateurs1. L’âge de la retraite à l’époque était également 65 ans… mais l’espérance de vie était de 68 ans. Aujourd’hui, elle atteint presque 80 ans. Considérant qu’une personne vivant jusqu’à cet âge-là coutera plus cher en soins de santé qu’un fumeur ou un obèse2, nous aurons deux trous sans fonds côte à côte qui se creuseront rapidement. Éric Duhaime n’avait peut-être pas si tort de dire que l’État est contre les jeunes…

 

Un autre trou sans fond qui pourrait se creuser avec un gouvernement « solidaire » se trouvera dans l’éducation avec la gratuité scolaire mur à mur. Pour le financer – vous l’aurez deviné – on cherchera à taxer plus, notamment avec un nouveau palier d’imposition et en taxant les profits du secteurs financier, jugé trop élevés3.

 

QS commet ainsi des erreurs qu’une personne ayant compris ses cours d’économie de base ne commettrait pas. Tout d’abord, vouloir la gratuité absolue et pour tout le monde ne ferait que diminuer la valeur dudit diplôme. En effet, s’il n’en coute rien pour étudier dans un domaine, alors plusieurs personnes s’y lanceront, causant un surplus de diplômés et donc une baisse drastique des salaires. Des pays comme la Finlande, qui ont certes la gratuité, ont un très fort contingentement à l’entrée4. Pour d’autres, comme le Danemark, les taux d’impositions vont jusqu’à 55,4 %5.

 

QS semble vouloir prendre la seconde voie, et ça serait destructeur. En effet, malgré son système fiscal compliqué, les ÉU, qui ont des impôts malgré tout moins élevés qu’au Danemark, ont un niveau de vie nettement supérieur à ce pays scandinave6. Enfin, taxer les banques ne ferait qu’augmenter encore plus leurs frais, puisque de telles entreprises peuvent facilement faire retomber une augmentation des couts sur leurs clients. Leur oligopole légal n’aide pas7.

 

Xénophobie linguistique

 

Un dernier point qui a retenu l’attention du lors du congrès est l’infâme loi 101. Un gouvernement solidaire redonnerait plus de mordant à cette loi liberticide, notamment en l’affermissant en milieu de travail, en l’appliquant aux entreprises de dix employés et plus et en interdisant les écoles passerelles – un élève non anglophone qui fréquente une école anglophone non subventionnée pendant trois ans peut obtenir le droit d’étudier dans une écoles publique anglophone.

 

Décidément, QS tient à ce que le Québec se vide de ses meilleurs éléments. Plusieurs compagnies, dont la Sun Life8, avaient quitté Montréal pour aller à Toronto ou ailleurs afin d’éviter les grands frais encourus avec la francisation obligatoire du milieu de travail. Étendre la loi aux petites entreprises risque soit de laisser les entreprises à neuf employés ou moins, soit de tuer encore plus l’entrepreneuriat, déjà pas très fort au Québec9. Cela ne peut qu’appauvrir le Québec encore plus.

 

Cette obsession avec la langue est vraiment malsaine. Pourquoi le gouvernement doit-il intervenir pour la « protéger »? Si nous en sommes rendus là, c’est sans doute signe que la population ne s’en soucie pas beaucoup. D’ailleurs, pourquoi vouloir miner les chances de réussite des enfants? Dans le Canada anglais, on fait la file pour les programmes d’immersion ou même pour fréquenter l’école française. En Saskatchewan, où j’ai déjà vécu, les écoles francophones débordent, et plusieurs familles anglophones espèrent obtenir une place. Il y a certes des contrôles d’entrée de la part du Conseil des écoles fransaskoises, mais ce n’est pas une balkanisation comme au Québec.

 

En conclusion, un gouvernement de QS serait une bonne chose. Nous percuterions finalement le mur de plein fouet. Ainsi, nous pourrions finalement effectuer les réformes économiques tant nécessaires afin que nous nous relevions. Oh, Kadhir et David tenteraient de creuser le fond du baril, mais quand ils se rendront compte que la poule aux œufs d’or a quitté la province, ils n’auront d’autre choix que d’enlever leurs lunettes roses.

Québec solidaire, ou faire fi de la réalité (1re partie)

Khadir-David-QS

Par Pierre-Guy Veer

Du 27 au 29 avril dernier se tenait le 8e congrès de Québec solidaire (QS). Des propositions aussi farfelues que dangereuses ont été mises de l’avant par ses membres et pourraient fort bien faire partie de la prochaine plateforme électorale de ce parti socialiste. Bien que l’on clame, sur le site Internet, que ces propositions ne sont que des pistes de réflexion, elle permettent néanmoins de voir vers quoi QS se dirige.

Parmi celles-ci se trouve cette volonté de vouloir taxer les « riches ». Dans la même veine que la philosophie des mouvement d’occupation, Françoise David se dit entièrement d’accord avec le plafonnement du 1 % le plus riche. « Il n’y a pas un être humain sur terre qui mérite de gagner 5 millions $ par année pendant qu’il y en a d’autres qui crèvent de faim », affirme-t-elle1.

Cette affirmation est problématique à plusieurs égards. Premièrement, elle suppose que l’enrichissement d’une personne se fait au dépends des autres. C’est exactement comment les politiciens du monde pensaient jusqu’à l’arrivée du libéralisme économique et politique – on appelait ça mercantilisme. Plusieurs personnes pensent encore ainsi de nos jours, notamment quand vient le temps de parler de pauvreté2. Dans l’état actuel de notre monde, je suis obligé de leur donner raison : les riches s’enrichissent aux dépends des pauvres… à cause du gouvernement. En effet, pensons simplement à l’inflation3, une taxe déguisée qui ne profite qu’aux gens proches du gouvernement, ou encore aux sauvetages financiers de nombreuses compagnies qui auraient autrement faillite. En utilisant des fonds publics pour « secourir » les compagnies en faillite, on empêche la main invisible du marché de fonctionner et de punir les incompétents. Résultat : des billions (12 zéros) de dollars ont été arrachés aux contribuables pour secourir des amis de Washington, notamment AIG4, ce qui a permis aux dirigeants de toucher de généreux bonis malgré la piètre performance de l’entreprise.

Ensuite, qui dit limitation dit changement de comportement. Pour paraphraser Darwin un peu, les humains évoluent et adaptent leur comportement à leur environnement. Si les salaires sont plafonnés, leurs récipients trouveront d’autres moyens pour gagner leur vie comme bon leur semble. Ils pourraient travailler moins, déménager leur entreprise, contourner le règlement ou encore travailler au noir. À moins d’être dans un régime totalitaire, les particuliers ont généralement une longueur d’avance sur le gouvernement et ses règlements.

Enfin, cette obsession contre les riches est on ne peut plus ironique. Ces derniers sont les principaux contributeurs aux revenus du gouvernement; les 2,9 % de contribuables (ceux qui paient des impôts, ce qui exclut la population inactive) gagnant plus de 100 000 $ paient 29 % de tous l’impôt récolté au Québec, tant au provincial qu’au fédéral5. On peut donc dire qu’ils paient plus que leur juste part. Vouloir les imposer plus ne peut que les décourager et adopter les comportements mentionnés au paragraphe précédent.

Ne pas apprendre des erreurs des autres

Une autre pierre d’assise de QS est l’environnement. On désire notamment « en finir avec un développement économique basée (sic) les énergies fossiles » et « créer des emplois dans les secteurs d’avenir qui font consensus »6. N’en déplaise aux solidaires, à trop vouloir tricher le marché, ce dernier fini par prendre le dessus, et ce nonobstant le très grand doute qui entoure une possible cause humaine dans le réchauffement/changement/dérangement climatique.

On n’a qu’à regarder l’Espagne pour se convaincre qu’une injection massive de fonds publics pour des énergies « vertes » est une apocalypse en devenir7. On peut également regarder plus près de nous pour voir que les projets gouvernementaux, quels qu’ils soient, sont rarement une réussite. En regardant les échecs de Solyndra8, Fisker Automotive9 ou l’explosion des tarifs d’électricité en Ontario ou ailleurs10, force est de constater que la main visible du gouvernement a un pouvoir destructeur.

Si les énergies « vertes » étaient si bonne, le secteur privé peut s’en occuper. L’intérêt égoïste des gens est un des moteurs de l’innovation les plus puissants. En effet, quand une compagnie n’est pas protégée par le gouvernement, elle n’a d’autre choix que d’innover ou de mourir. Dans le cas des énergies « vertes », il faut croire que le fruit n’est pas encore mûr. Par contre, quand on compare la consommation d’essence des voitures d’aujourd’hui et d’il y a 40 ans, on peut noter une amélioration dramatique. D’ailleurs, c’est ce qui explique pourquoi Toyota a surpassé GM au chapitre des ventes. Aussi, les hauts couts du pétrole encourage les entrepreneurs à trouver d’autres sources, notamment le gaz naturel, moins polluant. Partout où on en fait son extraction, l’économie explose comme au Dakota du Nord. Oh, il peut y avoir certains risques, mais la plupart seraient exagérés11.

Célébrer la Terre, célébrer le capitalisme

Par Pierre-Guy Veer

Le 22 avril dernier était le Jour de la Terre. Évidemment, qui dit célébration écologiste dit propagande anticapitaliste. Selon plusieurs manifestants, le capitalisme est le pire de tous les systèmes économiques et il est responsable de la destruction de la planète. Vraiment? Voyons voir ce qui se passait derrière dans les pays communistes, où l’État contrôlait toute l’économie. Cela laisse présager un nirvana puisque le capitalisme a besoin de faire du profit pour contrôler sa pollution…

 

C’était l’enfer, et le mot est faible. Moscou avait comme seul but d’industrialiser l’URSS à tout prix. Il a donc pris plusieurs raccourcis, malgré les avertissements de quelques scientifiques dans les années 301. Résultat : l’irrigation massive a causé de l’érosion et la salinisation de plusieurs plan d’eau, dont la mer d’Aral, l’utilisation excessive de pesticides et d’engrais a complètement chamboulé les écosystèmes, plusieurs forêts sont mortes, particulièrement en Arctique, et j’en passe.

 

La Chine n’était pas mieux sous Mao. On estime que 90 % des conifères du Sichuan ont été détruit par la pollution atmosphérique2. Les forêts ont aussi subi un tort irréparable durant le Grand bond en avant. En effet, on utilisait des fours au bois communaux (à petite capacité, et ce même dans les plus petits villages) pour tenter de produire de l’acier, ce qui a accéléré l’érosion3. On a également tenté d’éliminer un merle, ce qui a favorisé une invasion de sauterelles et décimé les récoltes en 1958.

 

Enfin, si vous n’étiez pas convaincus des méfaits du socialisme dans ces deux pays, attendez de voir ce qui se passait en Europe de l’Est :

  • En Pologne, les rails étaient tellement rongés par les pluies acides que les trains ne pouvaient rouler plus vite que 40 km/h. La région de Katowice, fortement industrialisée, voyait ses habitants souffrir de 47 % plus de problèmes respiratoires que le reste du pays. Enfin, on estime que 95 % de toute l’eau était impropre à la consommation humaine et 65 %, pour la consommation industrielle – la pollution était telle que les métaux lourds utilisés étaient menacés.

  • En Tchécoslovaquie, 50 % des forêts étaient mortes ou mourantes à cause de taux de dioxyde de soufre 8x plus élevés qu’aux ÉU. Les sols étaient tellement acides que l’aluminium contenu dans le sol s’échappait, empoisonnant l’eau potable.

  • En Allemagne de l’Est, 1/3 de tous les lacs ont été déclarés biologiquement morts à cause de tous les déchets qui y ont été déversés. Aussi la pollution était telle que dans certaines villes, il fallait allumer ses phares en plein jour; les touristes qui y respiraient vomissaient fréquemment.

 

Pas de propriété, pas de responsabilité

 

Comment expliquer une telle négligence? C’est très simple : personne n’était propriétaire légitime des ressources (air, terre, eau, etc.). Quand une terre est publique – comme elles étaient toutes sous le communisme –, le gouvernement a généralement peu d’incitatifs pour l’exploiter intelligemment. Dans le cas de l’Europe communiste, on voulait absolument industrialiser les pays afin, espérait-on, rattraper les économies capitalistes. On se fixait des cibles de production à atteindre à tout prix. Cela incluait l’utilisation de charbon brun, à très haute teneur en soufre et qui dégage beaucoup de fumée4 et des méthodes agricoles discutables, qui épuisaient les sols.

 

Ce manque de vision se reflète également dans les secteurs publics des pays capitalistes. Aux États-Unis, le département de la Défense émet plus de déchets dangereux que les cinq plus grandes compagnies de produits chimiques mises ensembles. En fait, la pollution est telle qu’on estime les couts de nettoyage à 20 milliards $. Il en va de même pour l’agriculture, où Washington encourage la surutilisation des terres de même que des cultures pas du tout propices à son milieu5.

 

Le capitalisme, la solution verte

 

Pour remédier (en grande partie, du moins) à toute cette pollution, il existe une solution simple : laisser agir le capitalisme, ou plus précisément, les droits en propriété et la rentabilité. Le second point est ce qui a le plus aidé l’Europe de l’Est. En effet, l’arrivée du capitalisme a poussé les pays à trouver des façon rentable – et non seulement bon marché – de produire, ce qui a grandement réduit la pollution6.

Quand au premier point, il a déjà montré son efficacité, notamment avec le Love Canal7. C’est également la solution envisagée pour protéger certaines ressources, notamment les poissons8 et certaines espèces en voie de disparition910.

 

Pourquoi une telle efficacité? Parce qu’il est dans l’intérêt d’un propriétaire de tirer un maximum de profit de son produit/de son terrain. En endiguant la pollution – comme Hooker l’a fait avec son canal –, le propriétaire s’évite de couteuses poursuites pour atteinte à la propriété d’autrui. Parallèlement, la une pollution mal gérée sur un terrain risque de diminuer sa valeur, et donc les revenus que le propriétaire en tire. Tout entrepreneur ayant une vision à long terme – et dont la propriété est à l’abri d’actions arbitraires des gouvernements – pense à tout ça pour préserver le plus possible son investissement. On ne saccage quand même pas ce qui nous appartient!

 

En conclusion, je tiens à dire que je suis d’accord en surface avec les écologistes : il est important d’agir pour préserver l’environnement afin de sauver l’espèce humaine et la nature. Par contre, je m’inscris en faux contre leur moyen principal, qui est de faire intervenir l’État. Considérant que ce dernier voit rarement à long terme, il est le pire intervenant pour tenter de nous sauver. En fait, on pourrait même dire que la majorité des problèmes environnementaux sont, directement ou non, causés par l’État, et principalement par le manque d’une définition claire des droits de propriétés. Mieux définis, ils permettraient aux individus privés, dans leur propre intérêt personnel, de mieux gérer l’environnement. Ainsi, tout le monde en sort gagnant.

Libertarien ou socialiste? (1re de 2 partie)

Par Pierre-Guy Veer

Il y a quelques mois, un ami avait affiché ceci sur mon mur Facebook, et ce même s’il semble définitivement pencher du côté socialiste1. Comme quoi certains sont capables de reconnaître les failles de leur camp (Note : j’en ai rajouté de mon cru).

 

Un libertarien qui n’aime pas les fusils n’en achète pas

Un socialiste qui n’aime pas les fusils veut les faire interdire.

 

Un libertarien végétarien ne mange pas de viande

Un socialiste végétarien veut faire interdire tous les produits à base de viande

 

Un libertarien homosexuel mène une vie tranquille et discrète

Un socialiste homosexuel demande un respect légal

 

Un Noir ou un Hispanique libertarien se voit comme artisan de son propre succès

Leurs pairs socialistes se voient comme des victimes ayant besoin de protection du gouvernement

 

Un libertarien fauché cherche à améliorer sa situation

Un socialiste fauché cherche quelqu’un qui prendra soin de lui

 

Un libertarien qui n’aime pas un animateur de radio change de poste

Un socialiste qui n’aime pas un animateur de radio veut voir cette station fermée

 

Un libertarien athée ne va pas à l’église

Un socialiste athée veut faire taire toutes les références à dieu et à la religion (sauf s’il s’agit d’une religion étrangère, naturellement)

 

Un libertarien qui a besoin de se faire soigner magasine ou se trouve un emploi qui offre de l’assurance

Un socialiste qui a besoin de se faire soigner exige que le gouvernement paie pour ses soins

 

Un libertarien qui glisse et tombe dans un magasin en rit malgré un certain embrassement

Un socialiste qui glisse et tombe gémit comme s’il accouchait et intente une poursuite

 

Un libertarien aide quelqu’un de plein gré

Un socialiste exige la coercition pour aider quelqu’un, peu importe la situation

 

Un libertarien a une vision à long terme. Il est conscient que certaines actions (protectionnisme, taxe, réglementation) auront des conséquences dans le futur, souvent pire que la situation présente

Un socialiste a une vision à court terme. Pour lui, les effets d’une mesures doivent se faire sentir maintenant, parce que « À long terme, nous serons tous morts »2

 

Un libertarien croit que tout le monde gagne dans le commerce

Un socialiste croit que le commerce est un jeu à somme nulle (le gain de quelqu’un est automatiquement la perte de l’autre)

 

(Suite la semaine prochaine)

1Le texte original semble être ici : http://forlifeandfamily.blogspot.com/2009/11/humor-conservative-vs-liberal.html . Toutefois, il est clair qu’un « conservative » est aussi un étatiste; il veut interdire systématiquement l’avortement, il veut une grosse armée, il protège aussi le corporatisme, etc.

La gauche et la droite expliquées à mon fils par la raison

 

(Ce texte est une réplique à celui de Savignac, du Huffington Post Québec1. Question d’utiliser les mêmes simplifications, « droite » sera synonyme de libertarien et « gauche » sera synonyme d’étatiste qui veut « distribuer » la richesse et forcer la solidarité)

 

  • Papa, toi tu dis toujours la gauche, la droite, la gauche, la droite … mais c’est quoi ça, qu’est-ce que ça veut dire ?

  • Mon amour, c’est très simple. La droite fonde ses valeurs sur l’individu, la responsabilité, la raison et l’entraide volontaire. La gauche, elle, fonde ses valeurs sur l’émotion, la collectivité, la distribution forcée et la jalousie du succès. Va te brosser les dents.

  • Papa … j’ai huit ans …

  • Excuse-moi mon crapaud, Papa a eu une semaine difficile. Alors, comment te dire… voilà : imaginons que ton école, c’est le monde; ta classe, un pays; ton professeur, le Premier Ministre, et toi et tes amis, des citoyens. Dans ta classe, il y a des enfants qui ont plus de facilités, qui réussissent bien, et d’autres qui ont plus de difficultés. Tu as remarqué ça ?

  • Antoine, il est nul.

  • Eh bien! tu vois, dans la vie des adultes, y’a des Antoine aussi. Certains sont simplement paresseux et ne font pas le moindre effort; d’autres, malgré tous leurs efforts, ne réussissent tout simplement pas.

  • Antoine, c’est le gars paresseux! Il arrête pas de faire du bruit sur son bureau!

  • Alors dans ce cas, deux solutions s’offrent. Si le professeur est de droite, il demandera si quelqu’un veut aider Antoine. S’il est de gauche, il forcera quelqu’un à l’aider.

  • Mais c’est pas juste!

  • Du point de vue du professeur, ça l’est. Son contrat dit très clairement qu’il a droit à une pause de 15 minutes, alors quelqu’un d’autre doit aider Antoine

  • Pourquoi le professeur ne ferait pas une exception?

  • Parce qu’il est défendu par une organisation de gauche, un syndicat, qui dicte très strictement quand il doit prendre sa pause. Si ce n’est pas respecté, alors le syndicat risque de donner des problèmes au directeur.

 

(Quelques secondes de silence)

 

  • Papa, j’ai pensé à quelque chose.

  • Quoi?

  • J’aiderais sans doute Antoine si le professeur le demandait.

  • Ah oui? Pourquoi?

  • Antoine est super fort au hockey. Grâce à lui, nous gagnons toutes nos parties.

  • Alors tu viens de montrer que tu es de droite. Tu décides d’aider volontairement d’aider quelqu’un. De cette façon, tu gagnes parce que ton équipe sera plus forte, et Antoine gagne parce qu’il va améliorer ses résultats.

  • Donc, tout le monde gagne?

  • Oui, parce que tu l’as fait de plein gré.

  • Merci. Je vais me brosser les dents, maintenant.

  • Oh, avant que j’oublie, il y a une autre façon d’aider Antoine.

  • En le laissant regarder sur mon examen?

  • Non, non! C’est encore plus simple : le professeur n’a qu’à baisser les notes des meilleurs élèves et monter celle de tous les Antoine de ta classe.

  • Eille, c’est pas juste! Même si je veux aider Antoine, il doit quand même faire un effort!

  • Pour le professeur, c’est juste. En prenant les meilleures notes et en les distribuant, il égalise la moyenne et tout le monde a presque le même résultat. Personne n’est meilleur que l’autre.

  • Pourquoi je me forcerais à étudier, alors?

  • Héhé, je crois que tu comprends bien le monde moderne, maintenant. Quand tu seras plus vieux, je t’achèterai La Grève de Ayn Rand, où on voit ce qui arriverait si les gens productifs décidaient soudainement d’arrêter de se faire voler au nom de la « justice » et de « l’égalité ».

 

 

 


 

Budget du Québec 2012 : pas de croissance durable en vue

Par Pierre-Guy Veer

Le ministre des Finances Raymond Bachand a déposé son plus récent budget le 21 mars dernier. Malgré ses bonnes intentions, l’on peut fortement douter que les mesures énumérées, présentées comme favorable à la croissance, auront l’effet escompté…

 

Une des grandes mesures de ce budget est la création de Ressources Québec. Ses buts avoués sont une gestion responsable des ressources, une exploitation de ces dernières à l’avantage de tous et un encouragement de 2e et 3e transformation du bois. La création de ce nouveau monstre bureaucratique est erratique à plusieurs égards.

 

Premièrement, si l’on veut que quelque chose soit exploité de façon « durable » – pour que ça existe encore longtemps –, le secret est sa privatisation. L’on peut ramener cette affirmation à sa plus simple expression : on prend (généralement) grand soin de ce qui nous appartient directement et l’on respecte (généralement) la propriété des autres. Qui parmi vous irait saccager volontairement sa propre maison ou celle du voisin? Il en va de même pour l’exploitation des ressources naturelles. C’est d’ailleurs une des solutions envisagées pour maintenir les stocks de poissons1. Dans sa forme traditionnelle, les bancs de poissons n’appartiennent à personne. Il est donc dans l’intérêt des pêcheurs d’attraper le plus de poissons possible… ce qui cause évidemment une diminution rapide des stocks.

 

Deuxièmement, quand une ressource est exploitée, c’est toujours dans l’intérêt de tous. En effet, exploiter une ressource naturelle ou n’importe quel commerce peut se faire uniquement s’il y a une demande. Un entrepreneur entièrement privé n’est pas assez fou pour dépenser son argent pour produire/offrir un service qui ne sera pas vendu. Aussi, seuls les entrepreneurs les plus visionnaires peuvent se permettre de les exploiter – ceux qui font des profits. Oui, j’ai mentionné le mot en « p ». Il est, sans l’intervention du gouvernement, le seul indicateur pertinent pour connaître l’humeur des clients. S’il est positif, alors l’entrepreneur a bien deviné l’humeur de ses clients et répond mieux à leur intérêt. S’il est négatif, alors il a mal prédit. Il doit s’ajuster, sinon il fera faillite et devra céder la place à des gens qui produisent mieux.

 

Enfin, tenter de forcer la main au marché pour que certaines industries se concentrent sur un territoire est voué à l’échec, comme ce fut le cas avec l’amiante dans les années 70 – en nationalisant la ressource, on avait espéré implanter plus d’usines de transformation. Sur la Terre, il y a des endroits qui ont peu de ressources mais une très grande capacité pour les transformer (Japon, Allemagne), alors que d’autres ont beaucoup de ressources mais peu de capacité pour les transformer (Québec, Saskatchewan). Sans intervention du gouvernement, il se produirait ce que Mises qualifie de division internationale du travail – une extension de l’avantage comparatif de Ricardo. Donc, les entrepreneurs québécois et saskatchewanais exploiteraient les ressources naturelles du territoire pour les exporter en Allemagne et au Japon, où les entrepreneurs transformeraient lesdites ressources pour ensuite les exporter. Ainsi, tout le monde est gagnant; le Québec ne tente pas de maintenir en vie des industries qui ne fonctionnent pas, et le Japon ne tente pas de produire tout son blé sur son territoire surpeuplé.

 

Des crédits au mieux futiles

 

Plusieurs autres mesures incitatives se présentent sous forme de crédit d’impôts. On espère notamment augmenter la productivité en incitant l’investissement, mettre les entreprises au pas de la mode numérique en encourageant les affaires électroniques, favoriser les coopératives, former plus de sociétés de services financiers, augmenter les exportations et bien plus.

 

Malgré les bonnes intentions, ces mesures sont au mieux futiles. En effet, un entrepreneur qui estime que ses clients seront mieux servis fera tout ce qui est nécessaire pour les satisfaire, que ce soit en exportant son produit ou en investissant dans l’entreprise. L’on peut donc déduire qu’un manque d’investissement est un signe que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Alors pourquoi Québec insisterait-il pour subventionner le tourisme, si « Le manque d’investissement privé a été identifié comme un frein majeur au renouvellement de l’offre touristique »? ou pour subventionner encore plus les musées, si ces derniers sont incapables de s’autofinancer?

 

Efforts insuffisants de réduction des dépenses

 

Dans le budget, il faut le mentionner, le gouvernement tente de contrôler ses dépenses. Il a finalement décidé de diminuer le rythme d’augmentation des dépenses, la 3e plus faible au pays avec une moyenne de 2,5 %. Malheureusement, l’effort est insuffisant, considérant l’état des finances publiques.

 

En effet, le dette brute (le passif des caisses de retraites publiques et de l’administration des différents ministères) se situe à 54,3 % du PIB (173,436 G$), et l’on estime que ce pourcentage montera à 55,3 d’ici 2017. C’est le plus haut taux d’endettement au pays. Si l’on inclut tout ce qui dépend du gouvernement (sociétés d’État, système de santé, municipalités), la dette grimpe à 74,5 % du PIB (248,621 G$). Toutefois, le ministre, comme plusieurs analystes en faveur de l’intervention de l’État, affirment que le chiffre est trompeur puisqu’il ne tient pas compte des actifs du gouvernement (Hydro-Québec, notamment). Considérant la non-volonté de ces mêmes analystes23 de vouloir toucher aux sociétés d’État, l’on peut se demander si elles sont vraiment un actif…Cet endettement se reflète sur la cote de crédit : nous ne faisons pas mieux qu’une 5e place au niveau canadien face aux agences de notation.

 

Aussi, le gouvernement n’a fait que diminuer l’augmentation des dépenses; elles augmentent toujours. D’ailleurs, elles ont augmenté plus que ce n’était prévu au budget 2009-2010. En regardant les chiffres, force est de constater que le gouvernement n’a effectué aucune coupure. Au contraire, il a préféré augmenter les revenus avec différentes taxes (augmentation de la TVQ, contribution santé). Il affirme également, le plus sérieusement du monde, que le Québec « a du » s’endetter suite à la diminution des transferts fédéraux afin de maintenir un niveau de services comparables. À qui? Aucune province n’a de garderies étatiques aussi onéreuses, des congés parentaux aussi généreux, des frais de scolarité postsecondaire si bas…

 

Autonomie à deux vitesses

 

Parlant de transferts fédéraux, un élément me laisse perplexe. Dans le budget, on dénonce le fait que le fédéral ne contribue qu’à 20 % des couts en santé, alors qu’il le faisait à hauteur de 50 % avant les années 70. « …le respect des compétences des provinces ne doit pas servir à justifier un désengagement financier du gouvernement fédéral en santé, faisant abstraction des coûts incessants en santé », peut-on lire. En d’autres mots, même si la santé est de compétence provinciale, le gouvernement fédéral « doit » y intervenir.

 

Ce raisonnement est complètement fautif. Premièrement, il sous-entend que seul les gouvernements sont capables d’administrer le système de santé. Or, depuis toujours, l’on peut constater qu’ils en sont incapables. Corporatisme dans les professions de la santé, interdiction de contracter des assurances privées/de contracter une assurance hors de son État, gonflement artificiel de la demande, listes d’attente qui s’allongent sans cesse; les preuves de l’incompétence publique dans la santé peuvent s’étirer encore longtemps.

 

Ensuite, une telle attitude d’enfant à qui on a volé son suçon révèle une grand hypocrisie de la part du gouvernement. En effet, comment une province qui se dit autonome (ou qui veut devenir indépendante, pour certains) peut-elle se désoler autant de « perdre » de l’argent venant des provinces plus riches? Québec devrait plutôt s’en réjouir et ainsi en profiter pour réformer le système de santé, puisque sa progression actuelle – 5 % d’augmentation des dépenses par année –, il est tout simplement intenable.

 

En conclusion, il semble que ce n’est pas demain la veille que le gouvernement du Québec se sortira de la vieille mentalité hors-de-l’État-point-de-salut. Il continue d’augmenter ses dépenses malgré un endettement approchant 75 % de la richesse provinciale et de s’accaparer encore plus de notre argent durement gagné. Il serait temps que les politiciens regagnent la mentalité des politiciens d’avant Paul Sauvé, où le New Deal était vu comme frisant le communisme plutôt que comme une planche de salut. D’ici là, nous continuerons à ressembler de plus en plus à la société de Atlas Shrugged, dans laquelle l’entreprise privée peine à prospérer à cause de toute cette bureaucratie – on avait même créé une commission d’enquête pour tenter de connaître les moyens de l’éliminer – , tandis que le gouvernement « investit » dans des projets aussi loufoques que nuisibles (autobus électrique, logement social, lutte aux « changements climatiques », subventions de toute sorte).

L’écologisme capitaliste

Par Pierre-Guy Veer

Récemment, j’ai vu Le Lorax, le plus récent film de Pixar basé sur une histoire du Dr. Seuss (The Grinch Who Stole Christmas, notamment). N’ayant pas lu l’histoire originale, je ne saurais dire si l’adaptation est fidèle. Mais une chose est sûre : les producteurs du film ont voulu faire passer un message (pas subtile du tout) que, laissé à lui-même, le capitalisme amène la destruction, la pollution et la misère. Malheureusement pour eux, pour qui possède un esprit intelligent, le film montre exactement le contraire…

 

Le film commence avec un numéro musical, les personnages de Thneedville chantent leur joie de vivre dans une ville qui n’a aucun arbre vivant ni animaux sauvages. Tout est fait de plastique, et les gens consomment de l’air en bouteille, gracieuseté de la compagnie O’Hare.

Ted, un adolescent ordinaire, tente de gagner le cœur d’Audrey, une fille qui rêve, plus que tout au monde, de posséder un vrai arbre qui pousse en-dehors du sol. Alors commence sa quête, qui l’emmènera hors de la ville, là ou tout est désolation et air irrespirable. Il rencontrera Once-ler – dont la plaque d’immatriculation lit presque « Oiler » –, homme qui, de son propre aveu, est responsable de la destruction de l’environnement autour de Thneedville. Il racontera alors son histoire : il voulait vendre son Thneed, espèce de morceau de tissu très polyvalent, fait à partir des feuilles des arbres (qui ressemble à de la barbe à papa). Mais dès qu’il a coupé un arbre, le Lorax, esprit de la forêt, a tout fait ce qu’il pouvait pour l’empêcher de « détruire » la forêt où vivent tous les animaux. Ça fonctionne pour un temps… jusqu’à ce que la famille de Once-ler, au très fort accent Sudiste, arrive et commence la production en série du Thneed – elle qui ne croyait pas du tout aux chances de Once-ler. Ainsi commence la destruction de la forêt et l’enrichissement de Once-ler. « How bad can it be? » chante-t-il jusqu’à ce que le dernier arbre soit rasé…

 

Festival des clichés

 

Les clichés anti-capitalistes de ce film sont presque innombrables. Outre ceux énumérés dans le résumé du film, notons – et je ne me concentrerai que sur trois – O’Hare, le président de la compagnie d’embouteillage d’air. Au début du film, deux employés de sa compagnie lui suggère de construire une nouvelle usine hyper polluante, ce qui fera ainsi grimper son chiffre d’affaire. En prenant connaissance des escapades de Ted, O’Hare l’avertit sévèrement de ne pas sortir de la ville. Quand il apprend que Ted a en sa possession la dernière graine d’arbre, il s’acharne à la capturer. Après tout, les arbres sont mauvais pour les affaires parce qu’ils produisent de l’air pur gratuit.

Il y a également la famille de Once-ler, un ramassis de tous les clichés imaginables sur les gens du Sud des ÉU : accent rurale, manières primitives et surtout dédain de l’éducation et de l’avancement. Elle croit que Once-ler sera incapable de vendre son Thneed, et se moque abondamment de lui lorsqu’il part à l’aventure. Mais dès qu’elle apprend que le produit est un succès, elle se précipite, avec sa maison mobile, auprès de Once-ler pour partir sa compagnie. Évidemment, parce que c’est une famille sudiste ignare, elle va complètement raser la forêt, pour ensuite renier Once-ler parce qu’il a fait faillite.

Enfin, le Lorax représente le fantasme par excellence des écologistes : c’est l’esprit de la forêt, le défenseur des animaux et le protecteur de l’air pur. Il apparaît magiquement quand Once-ler coupe le premier arbre de la forêt, tentant de l’empêcher de poursuivre sa « destruction ». Il tente même de noyer Once-ler en déposant son lit dans la rivière pour qu’il parte à la dérive. Mais comme un des animaux était sur le lit, Once-ler sera sauvé, probablement à son grand regret.

 

Le vrai capitalisme est écologique

 

Les libertariens qui ont lu le texte jusqu’à présent se sont vite rendu compte que Le Lorax montre clairement ce qui se produit quand l’esprit du capitalisme – propriété privée, investissement à long terme, non-intervention du gouvernement dans l’économie – n’est pas respecté. Pour les autres, laissez-moi vous exposer sa vraie nature…

 

Quand Once-ler arrive dans la forêt, personne n’en est légalement propriétaire. Oui, les animaux sont très mignons, mais dans la vraie vie, ils n’ont pas de droits de propriété. Si Once-ler était devenu le propriétaire légal de cette terre, alors il aurait (fort probablement) tout fait pour utiliser les arbres intelligemment. Après tout, ce qui fait le succès du capitalisme, c’est l’investissement, PAS la consommation. D’ailleurs, l’investissement (privé) explique presque, à lui seul, pourquoi « l’Occident » (Europe, ÉU, Canada, Australie, etc.) est tellement plus riche que le reste du monde1.

Donc, le comportement de Once-ler n’est PAS capitaliste. Au contraire, l’on pourrait même dire que son comportement est encouragé dans notre monde interventionniste. Un très bel exemple est le sort de la Seigneurie du Triton2. Sous pression populaire, le gouvernement Charest avait décidé, en 2005, de déclarer cette zone aire protégée, empêchant ainsi toute exploitation forestière, même de la part de compagnie qui s’y trouvaient déjà. Naturellement, se sachant évincées sous peu, les compagnies présentes ont rationnellement cherché à maximiser leurs profits… en coupant à blanc. La moralité de cette action est discutable, mais elle facilement compréhensible : puisque la propriété sera publique, à quoi bon préserver les arbres pour le futur?

 

Le même concept s’applique pour la pollution. Si c’est une plaie dans notre monde moderne, c’est que l’air, le sol et l’eau appartiennent à tous, et donc à personne. Derrière le rideau de fer, où les lois économiques étaient presque toutes ignorées, la pollution était effarante, certaines forêts sont devenues irrécupérables et plusieurs gens en mouraient prématurément3. Si le capitalisme avait existé, ces problèmes n’auraient probablement jamais existé.

Dans les années 50, Hooker, une compagnie de produits chimiques dans l’État de New York, avait en sa possession un canal dans lequel elle déversait ses déchets. Il était très bien construit, et aucune fuite n’a été rapportée. C’était tout à son avantage, sinon elle aurait dû dédommager pour la pollution. Mais dès que le gouvernement local a décidé d’acheter des terrains en bordure dudit canal, les problèmes ont commencé : désintégration de la structure du canal, fuites, construction en bordure du canal… Comme le public n’est généralement responsable de rien, nul besoin de dire que la compagnie a reçu tout le blâme4.

 

C’est donc ce qui peut expliquer le je-m’en-foutisme de O’Hare quant à sa pollution. Comme il n’y a pas de propriété de l’air ou de l’eau, il s’en fiche; il en profite même. Et son comportement face aux arbres – ils offrent une concurrence « déloyale » quant à la production d’air pur – n’est pas sans rappeler la pétition des marchands de chandelles présentées par Frédéric Bastiat5. Tout comme O’Hare, ils protestaient contre la concurrence déloyale… du soleil et exigeaient des pouvoirs publics que l’on bloque toutes les fenêtres afin de faire augmenter les affaires. Force est de constater que O’Hare, lui, a eu gain de cause, ce qui aurait été impossible dans un libre-marché. En effet, la majorité des gens seraient porté à vouloir profiter d’air pur gratuit produit par les arbres.

 

En conclusion, malgré ses qualités techniques évidentes, Le Lorax n’est qu’un vulgaire film de propagande écologiste qui fait fi d’à peu près toute la logique économique. Et comme il s’adresse principalement aux enfants, je conseille fortement aux parents libertariens de bien expliquer à leurs enfants que ce film montre ce qui se passe quand on ne respecte PAS l’esprit du capitalisme. Allez-y en leur posant cette simple question : « Est-ce que tu briserais volontairement les jouets de ton frère/ta sœur »? Il devrait normalement dire non; ajoutez ensuite : « Tu viens donc de me dire qu’il faut respecter la propriété de l’autre »? Ils devraient bien comprendre.

1Mises, Ludwig Von. Marxism Unmasked: From Delusion to Destruction, Foundation for Economic Education, Irvington-on-Hudson, NY, 2006

Le double standard des médias

Par Pierre-Guy Veer

Récemment, le controversé animateur de radio Rush Limbaugh s’est retrouvé dans l’eau chaude1. Visiblement contre les commentaires d’une étudiante en droit au sujet de la contraception – il y a présentement un débat houleux pour savoir si les hôpitaux confessionnels devraient être forcés, même contre leurs principes, de fournir des contraceptifs gratuits –, M. Limbaugh a traité l’étudiante de pute (slut), affirmant que si l’on doit payer pour les contraceptifs, on doit obtenir quelque chose en retour… Il n’en fallait pas moins pour que les médias sautent à pieds joints sur ce commentaires et incitent les annonceurs à boycotter l’animateur. Probablement à cause de toute la pression et du retrait de ses annonceurs, il s’est finalement excusé.

 

En voyant ça, je me suis demandé si des animateurs gauchistes comme Bill Maher allaient faire la même chose. Après tout, il a traité Sarah Palin de plotte (cunt)2, « parce qu’il n’y a pas d’autres mots pour la décrire ». Non, il ne le fera pas, m’a affirmé un Démocrate bleu foncé. Et vous n’allez pas croire les justifications qu’il a trouvées pour défendre Maher…

 

Elle l’a mérité

 

Première justification pour une non-rétractation : Mme Palin a couru après. En effet, de par ses actions, l’ancienne gouverneure de l’Alaska a mérité qu’on la traite de nom.

 

Quelle action peut justifier qu’on qualifie une femme de telle façon? Avoir fait le ménage dans le corporatisme pétrolier de son État3? avoir dénoncer la surimpression d’argent de la Fed4, ce qui cause une chute artificielle des taux d’intérêts et risque d’engendrer une autre bulle? avoir accepté les unions de couples de même sexe quand elle était gouverneure? avoir décriminalisé des petites quantités de marijuana?

 

Mon ami avait peut-être en tête la « responsabilité » de Palin dans la tuerie de Tucson, Arizona, où plusieurs personnes ont été blessées ou tuées. Les médias avaient fait le lien avec une carte de Mme Palin, où elle avait « ciblé » les représentants ayant approuvé la réforme de la santé d’Obama. Peu importe si la personne qui a perpétré le crime avait de sérieux troubles mentaux et était apolitique – il affirmait que le gouvernement nous contrôle au travers de la grammaire; et peu importe si des Démocrates ont fait exactement la même chose56 sans que les médias ne s’en scandalisent.

 

Si une femme « mérite » qu’on la traite de nom, je me demande s’il pense qu’une femme qui se fait violer a couru après…

 

Bill Maher est intelligent

 

Deuxième justification : Bill Maher est intelligent et Rush Limbaugh est stupide. Cette affirmation n’est qu’une variante, utilisée par les « liberals » pour dénigrer une personne qui ne pense pas comme eux – la première étant des accusations de racisme.

 

À quoi juge-t-on l’intelligence d’une personne?

  • Selon Wikipédia, Maher a un bac et Limbaugh n’en a pas. Considérant où l’on peut obtenir un doctorat7 et ce que l’on enseigne dans les écoles au sujet du capitalisme8, le niveau d’éducation n’est pas une référence.

  • Devrait-on plutôt regarder leurs points de vues politique? Maher est un farouche défenseur de la séparation de l’État et de la religion; Limbaugh croit dur comme fer que les États-Unis sont une nation chrétienne… même si Dieu n’est mentionné nul part dans les documents constitutionnels. Toutefois, alors que Limbaugh a dénoncé le fait qu’Obama (gagnant du Nobel de la Paix en 2009) ait reçu sans gêne le président chinois (qui détient prisonnier le Nobel de la Paix de 2010)9, Bill Maher glorifie l’Empire du Milieu parce qu’ils n’ont pas le fardeau de la démocratie et des longs débats10… Aussi, les deux ne semblent pas de très grands partisans de la démocratie – Maher croit que le débat sur la santé devrait être adopté à la presse parce que les gens sont trop idiots, tandis que Limbaugh et plusieurs conservateurs utilisent des mots comme traitres pour décrire leurs adversaires11.

  • Ou devrait-on voir leurs points de vue économiques? Rush Limbaugh semble creuser plus que la moyenne quand on présente des données tel la croissance économique12 et voit même tous les torts que crée le gouvernement à l’économie13. De son côté, Bill Maher est complètement endoctriné au keynésianisme14 et s’imagine que l’économie est un jeu à somme nulle, où les riches volent 80% des revenus15.

Bref, comme « intelligence » est un concept trop subjectif, ce n’est pas une raison pour donner une immunité d’insulte à une personne.

 

C’est de la comédie

 

Mais l’argument suprême pour défendre les exactions verbales de Bill Maher : c’est un comédien, alors que Rush Limbaugh est un homme sérieux. En effet, l’immunité humoristique (du moins, chez les liberals) existe aussi chez nos voisins du Sud.

 

Et les « liberals » en profitent abondamment :

  • David Letterman s’est abondamment moqué d’une des filles de Sarah Palin16, en plus de traiter cette dernière de putain. Imaginons un instant si Limbaugh avait osé dire la même chose des filles d’Obama ou de celle de Bill Clinton…

  • La comédienne Wanda Skyes a souhaité que les reins de Rush Limbaugh perdent leur capacité de fonctionner17. Si ça avait été l’inverse, Limbaugh aurait été traité de misogyne, de raciste (elle est Noire) et d’homophobe (elle est lesbienne).

  • Bill Maher n’est pas en reste et a affirmé que Dick Cheney (vice-président de George W Bush) serait mieux mort18. Et si on avait dit la même chose de Al Gore ou Joe Biden…

  • Maher (encore lui) a utilisé un message texte très explicite associé à Tiger Woods, et a suggéré que les Démocrates aussi devrait frapper les Républicains et leur faire passer toute sorte de lois stupides et liberticides.

Je pourrais continuer encore longtemps…

 

En conclusion, je me fiche éperdument de ce que Rush Limbaugh, Bill Maher ou n’importe qui d’autre a un micro, une page de journal ou une caméra dit. La liberté d’expression, c’est accepter de laisser l’autre parler, si dérangeant soit-ce. Par contre, si les médias décident de condamner les propos (certes condamnables) de Limbaugh, alors ils doivent aussi condamner les propos de Maher et des autres liberals. Sinon, c’est de l’hypocrisie crasse.

Le délire hebdomadaire à Lauzon (3)

Par Pierre-Guy Veer

Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine, il nous fait part de l’hypocrisie d’organismes sans but lucratif (OSBL)1.

 

Selon le communiste de service, Équiterre, Sortie 13, Générations d’idée, etc., ne sont que des pantins à la solde des diaboliques multinationales. Que ce soit vrai ou non – rien n’empêche un organisme de se trouver du financement légal –, la conclusion de son texte est sans équivoque : «  La seule et unique façon d’aboutir à une société plus égalitaire et plus démocratique passe par le socialisme. » Bien qu’on ne puisse pas lui reprocher son inconstance, son projet est absolument irréalisable.

 

Tout d’abord, que ça s’appelle interventionnisme/sociale-démocratie/socialisme/communisme, il ne faut pas oublier que l’on parle exactement de la même chose. Une supposée troisième voie (« économie mixte ») n’existe pas. Si les entreprises publiques ne sont pas légion, alors elles peuvent généralement fonctionner comme une entreprise privée et utiliser des couts d’opportunité (Mises les appelle calculs économiques2) pour voir si telle ou telle action est rentable ou non. Mais quand l’État étend trop ses tentacules, alors le libre-marché s’effrite peu à peu et il devient alors impossible d’effectuer des calculs économiques rationnels. S’en suit un chaos total et l’effondrement inévitable du système, comme en a témoigné la chute de l’URSS et l’enlisement constant de la Corée du Nord et de Cuba.

 

Ensuite, quand l’État contrôle quelque chose, l’esprit d’entrepreneuriat – audace, prise de risque, innovation – est remplacé par l’esprit bureaucratique – conservatisme, stabilité, règles rigides. Il ne peut en être autrement : puisqu’une bureaucratie ne fonctionne pas selon le motif du profit, il faut plutôt qu’elle fonctionne selon les budgets qui lui ont été accordés. C’est la seule façon de juger de sa performance. Pour s’en assurer, des règles très strictes sont imposées. Ces règles, fortement hiérarchiques, tuent l’innovation et empêche des améliorations rapides comme on en voit souvent dans le secteur privé3. Un jeune qui y rentre, souvent avec plein de nouvelles idées, est vite remis à sa place par ses patrons plus âgés et se contente de sa sécurité d’emploi de béton, notamment une retraite bien dorée (au fédéral du moins) presque entièrement payée par les contribuables4.

 

Enfin, que Lauzon ose dire qu’un régime socialiste est plus démocratique montre soit son ignorance du concept, soit sa mauvaise foi. En effet, pour atteindre l’Éden socialiste, il faut que l’État contrôle absolument tout afin de complètement tuer le libre-marché. Comme l’ont montré le nazisme et le communisme russe, les régimes totalitaires – qui contrôlent la totalité de la vie des gens – ne tolèrent pas la dissension. Quiconque ose critiquer le plan des dirigeants ou agir à son encontre sera sévèrement puni. Comment peut-il en être autrement? Si le dirigeants permettent la dissension, alors leur pouvoir s’effrite rapidement.

 

Les bienfaits de l’inégalité

Par contre, Lauzon a raison sur un point : seul un régime socialiste peut créer une société égalitaire. Oui, une société où tous sont égaux… et pauvres. La Chine en est un très bel exemple. En 1981, alors que les politiques communistes avaient encore force de loi, le Gini (qui mesure l’inégalité des revenus) était à 0,291 et le taux d’extrême pauvreté (gens qui vivent avec moins de 1,25 $/jour) était à 84 %. Vingt-cinq ans après, suite aux réformes libérales des dirigeants communistes, ces mêmes chiffres étaient 0,415 et 35,9 %. Les écarts de revenus sont plus grands, mais les gens sont moins pauvres. Est-ce mauvais?

 

Par ailleurs, pourquoi se soucie-t-on autant des écarts de revenus? Il est tout à fait normal qu’un cardiologue, par exemple, fasse un salaire aussi élevé. Il doit étudier très longtemps et suivre une formation très longue et ardue. De plus, même si sa profession n’était pas corporatiste, ses collègues seraient sans doute très peu nombreux, considérant la tâche à accomplir; donc, avec une offre peu élevée, les prix augmentent.

C’est tout le contraire d’un caissier de dépanneur. La formation est très courte et on ne requiert généralement aucune étude spécifique. Une offre de travailleurs très élevées, jumelée à la volonté (en général) des clients d’obtenir des produits ayant un bon rapport qualité/prix, fait que les caissiers de dépanneurs travaillent généralement au salaire minimum ou du marché, si le gouvernement n’intervient pas.

 

En conclusion, il reste à espérer que le souhait de Lauzon ne se réalise jamais. Vivre dans un régime socialiste serait une catastrophe sans précédent. Un gouvernement qui contrôle chaque petit aspect de notre vie étouffera complètement l’innovation, et donc l’espoir d’améliorer nos vies avec de nouvelles inventions ou de nouveaux procédés plus économiques. Un tel monde sera soit stagnant, soit sur le déclin, et ça en sera fait de la civilisation.

2MISES, Ludwig Von. Socialism: An Economic and Sociological Analysis  [http://mises.org/books/socialism.pdf] [en ligne] (1er février 2012)

3MISES, Ludwig Von. Bureaucracy [http://mises.org/books/bureaucracy.pdf] [en ligne] (1er février 2012)

La vraie liberté

Par Pierre-Guy Veer

Comme toute personne qui gagne en popularité, Ron Paul passe maintenant sous la loupe des médias. Mais contrairement à ce qu’on a trouvé sur certains de ses adversaires – Gingrich et Romney sont des girouettes sans pareil1, Perry éliminerait les cours qui ne pensent pas comme lui2 –, ce qu’on a « trouvé » sur Ron Paul n’est pas du tout scandaleux. En fait, on pourrait même dire que la réaction des médias3 montre leur ignorance crasse en ce que sont la liberté et la responsabilité.

 

Pensons seulement au questionnement de Paul sur le fait que les sidéens et autres gens souffrant de maladies infectieuses exigent d’être soignés à bon prix. Il blâme surtout leurs habitudes de vie… et il a raison. En effet, les jeunes (homosexuels, surtout) en Europe, à cause de la propagation des trithérapies – qui contrôlent la multiplication du VIH dans le corps – sont devenus extrêmement négligents et prendraient plusieurs risques quand vient le temps d’avoir des rapports sexuels. Et ce n’est pas moi qui le dit : c’est Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine qui a co-découvert le VIH4.

 

Toutefois, ce manque de responsabilisation ne touche pas que les gens sexuellement actifs. Dans n’importe quel pays où les gens n’ont pas à tout payer pour leurs soins de santé, on aperçoit cette insouciance. Combien de fois entend-on parler que l’obésité est un fléau? le tabagisme? le diabète de type 2? Sauf très rare exception, ces problèmes sont uniquement causés par la négligence des gens. Pourquoi mes impôts devraient aider à les guérir, puisqu’ils ne se soucient visiblement pas de leur santé? À défaut de les faire payer entièrement – aucun politicien canadien n’osera avancer une telle « hérésie » –, les gens aux maladies « évitables » devraient à tout le moins débourser une partie des dépenses encourues. On est toujours plus parcimonieux quand vient le temps de dépenser son argent.

 

Égaux devant la loi et rien d’autre

 

Un autre point « litigieux » de Ron Paul est son rejet des droits spéciaux pour les minorités (Noirs, Hispaniques, employés, etc.) Il ironise en soulignant que le fait que les « Blancs » ne forment pas de lobby montre le ridicule d’une telle différenciation.

 

Il marque un autre point sur de sujet. Avant le 20e siècle, les femmes avaient entièrement raison de militer parce qu’elles n’avaient, pour ainsi dire, aucun droit parce que l’État les considéraient comme des enfants. Mais maintenant qu’elles ont obtenu l’égalité juridique, les femmes n’ont absolument rien d’autre à attendre de l’État. Outre la Nature, qui les fait porter le fardeau de la grossesse, elles n’ont qu’elles-mêmes à blâmer pour la supposée inégalité des salaires qu’elles ont par rapport aux hommes. En fait, l’on pourrait même avancer que c’est le désir de celles qui veulent des enfants qui dirigent plusieurs femmes vers des domaines où une absence prolongée n’affectera pas leur rendement de façon notable, comme l’enseignement5.

 

La même chose s’applique pour les Noirs. Ils avaient tout à fait raison de se regrouper et d’exiger notamment le rejet des lois Jim Crowe, qui avait ni plus ni moins instauré l’apartheid dans les États du Sud. Maintenant que c’est chose du passé, il n’y a que le temps qui puisse améliorer l’attitude des Blancs à leur égards. Ils ont toutefois du pain sur la planche; la guerre à la drogue6 et le salaire minimum7 ne sont que deux exemples d’intervention de l’État qui perpétue le racisme institutionnalisé qui a tant empoisonné un pays qui fut jadis un bastion de la liberté.

 

Propriété privée

 

Parallèlement à cette dénonciation, Ron Paul affirme haut et fort qu’une personne a le droit de faire ce qu’elle veut de son commerce sans que l’État n’ait son mot à dire. Évidemment, la gauche (lire : gens qui veulent plus d’intervention du gouvernement) n’aime pas entendre de telles paroles. Si c’est ouvert au public, alors tout le monde a le droit de rentrer, affirme une personne avec qui j’ai eu une discussion musclée sur le sujet. Elle a toutefois pris le soin de distinguer une maison et un club privé d’un commerce ou d’un restaurant.

 

pourquoi? Dans les quatre cas, nous sommes en présence d’une propriété privée. Peu importe l’endroit, une personne a pleinement le droit de refuser l’accès à qui elle veut. C’est elle la pire parce qu’elle se prive de revenus potentiels. La personne « blessée » l’est certes dans son orgueil, mais en aucun cas n’a-t-elle vu ses droits violées. Si tel était le cas, alors les hommes devraient pouvoir devenir danseuse nue, les femmes devraient pouvoir avoir accès aux saunas gays et les adolescents devraient pouvoir devenir membre de la Fédération de l’âge d’or.

 

D’ailleurs, j’ai une question qui me chicote : si une personne est exclue d’un endroit X, pourquoi insiste-t-elle pour qu’on l’y admette de toute façon? Ne sait-elle pas que voter avec ses pieds est un des meilleurs moyens pour faire changer les choses? Le boycott des autobus de Montgomery, Alabama en est un des meilleurs exemples.

 

Ne demandez pas ce que l’État peut faire pour vous

 

En conclusion, ce que prône Ron Paul est simple : on est responsable de ses actes, et l’égalité des personne se fait uniquement devant la loi. L’État n’a pas à privilégier une quelconque minorité ni à payer pour la négligence des gens. Sinon, l’on obtient la situation actuelle : des gens soignés peu importe ce qui a causé la maladie/le malaise et des gens qui se regroupent ensemble afin d’avoir des privilèges, au frais de la princesse naturellement.

 

Les médias y sont pour quelque chose; en effet, pensons seulement à Muguette Paillé, cette femme qui a demandé, lors du dernier débat des chefs fédéraux, ce que le gouvernement peut faire pour elle pour qu’elle se trouve un emploi. Pas ce que le gouvernement allait faire pour lui faciliter la vie (augmenter le commerce, déréglementer). Non : ce que les autres vont faire pour qu’elle ait un emploi. Pourtant, si elle se donnait la peine, elle pourrait facilement se trouver un emploi8

4L’Eau vive, 20 mai 2010, p.3

Switch to our mobile site

WordPress SEO

Featuring YD Feedwordpress Content Filter Plugin