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Qu’est-ce qu’un volontariste?

Le volontarisme est une philosophie sociale portée par un très haut standard de moralité. Un volontariste base toute sa pensée concernant les relations humaines sur un simple axiome qui est le principe de non-agression. Ce principe implique que tout usage de force, de coercition, de violence contre quelqu’un est moralement condamnable. Je ne peux pas vous contraindre à faire quoi que ce soit sans votre consentement et nous n’avez pas l’autorité moral de m’obliger à faire quelque chose pour vous ou pour quelqu’un d’autre. Chaque individu est libre de sa personne et de ses actions et n’est contraint de quoi que ce soit d’autre que de respecter la liberté d’autrui. Chaque individu est, également, individuellement responsable de ses actions.

Le principe de non-agression s’appuie sur un concept fondamental qu’est celui de la propriété. Ce concept est très, très mal compris par une majorité de gens. Je viens de terminer la lecture de ce livre très intéressant qui peut vous éclairer grandement sur le sujet: Boundaries of order: private property as a social system. C’est ce livre qui a planté le dernier clou du minarchisme pour moi.

Dans cet ouvrage, Shaffer nous apprend ce qu’est la propriété et comment on en détermine le propriétaire. Pour résumé, la propriété est la partie de la nature sous le contrôle d’un être. N’importe quel organisme vivant sur cette planète se doit de contrôler une partie de la nature pour son utilisation exclusive au détriment des autres dans le but de survivre. L’humain n’y échappe pas. C’est un concept ancré dans nos gênes sur quoi est basée la survie. Ce qui détermine qui est propriétaire d’une propriété (concept qui est défini très clairement dans le livre, l’auteur est professeur de droit) est la notion de contrôle. Pour déclarer avoir une propriété, il faut en avoir le contrôle.

Shaffer avance dans son livre que tous les conflits qu’on observe dans nos relations humaines sont, en fait, toujours une violation de nos droits de propriété. Le conflit prend naissance du fait que deux ou plusieurs personnes ne s’entendent pas sur la frontière entre deux propriétés i.e. la partie qui est sous le contrôle de qui. Quand un individu essaie de dépasser la frontière (de ne pas respecter le principe de non-agression), il y a un conflit qui émerge.

Un volontariste juge, basé sur le principe de non-agression, qu’il est totalement immorale de tenter d’imposer un contrôle sur la propriété de quelqu’un d’autre. Notre propre corps, notre vie, notre énergie étant, de par notre état d’être vivant, notre propre propriété, il est totalement immorale que d’autres personnes tentent d’imposer leur propre volonté sur notre vie. Les volontaristes sont pacifiques et toute forme de violence les répugne.

En poursuivant dans cette logique on peut facilement déclarer qu’il est moralement condamnable de tuer (atteinte à ma propriété corporelle), voler ou frauder (atteinte à ma propriété matérielle) ou d’user de violence pour contraindre quelqu’un à notre volonté (atteinte à mon libre arbitre, à la propriété de ma vie). Bien que les trois premiers ne nécessitent pas d’explication, je crois qu’il faut éclaircir le dernier. Je ne peux pas user de violence pour vous contraindre à vous comporter d’une façon qui est contre votre volonté. Pour demeurer pacifique, je dois respecter votre personne, vos choix, vos volontés tant et aussi longtemps qu’ils n’empiètent pas sur ma propriété à moi. Ce que vous faites de votre vie et des produits qui en découlent ne regardent que vous et je n’ai aucun droit quel qu’il soit de décider pour vous quoi en faire.

Êtes-vous d’accord avec moi, jusqu’à maintenant, qu’il est moralement condamnable de tuer, de voler, de frauder et d’user de coercition? Si oui, tant mieux nous pouvons continuer; si non, vous pouvez optimiser votre temps ailleurs sur le Web, il est impossible que vous soyez d’accord avec le reste du texte…

Les volontaristes, comme j’ai dit au départ, sont portés par un très haut standard de moralité. Donc, ce qu’ils considèrent immoral l’est toujours et en toute circonstance. Donc, il est tout aussi immoral qu’un groupe de personne, bien qu’il est l’appuie de la majorité, use de meurtre, de vol, de fraude ou de coercition envers d’autres individus. Vous aurez compris que les volontaristes sont contre toute forme d’organisation qui se donne le pouvoir d’imposer sa volonté aux gens. Les volontaristes sont contre l’état. Pourquoi Paul ne peut pas visiter son voisin et le tuer alors qu’un pays peut déclarer la guerre à un autre et assassiner des dizaines (des centaines, des milliers) de gens? Pourquoi Paul ne peut pas voler de l’argent à son voisin alors que l’état peut collecter des impôts de façon violente (essayez de ne pas payer vos impôts, vous finirez par rencontrer de la violence dans le processus)? Pourquoi Paul ne peut pas contraindre son voisin à lire un livre en particulier alors que l’état peut imposer un apprentissage obligatoire à tout le monde?

Le problème de notre société moderne, bien qu’on essaie de nous convaincre du contraire, est que les droits de propriété ne sont pas du tout respectés et nous observons donc des conflits. L’état se permet de prendre le contrôle de n’importe quel élément de propriété de façon arbitraire et d’en faire ce qu’il veut sous prétexte de répondre aux demandes de la majorité. Admettons qu’on accepte la prémisse pour fin d’argumentaire que l’état répond bien aux demandes de la majorité (bien que la théorie des choix publics nous prouve le contraire), les volontaristes n’acceptent pas le fait qu’un groupe d’individu (la majorité) impose sa volonté à une autre personne (la minorité). C’est moralement mauvais et indéfendable.

Pour vivre dans une société pacifique, on doit nécessairement respecter cette partie de la nature qui est sous le contrôle des autres. Il est dans l’intérêt de tout le monde de le faire ne serait-ce que pour s’assurer que les autres respectent notre propriété à nous. Est-ce parce qu’un loi vous empêche de le faire que vous n’empiétez pas sur le terrain de votre voisin ou bien parce que vous souhaitez qu’il fasse de même de son côté?

Les minarchistes défendent leur vision en expliquant qu’il faut justement une entité neutre et toute puissante pour s’assurer que les droits de propriété sont respectés et c’est pourquoi j’étais minarchiste. Par contre, même si on établi un état ayant ce seul et unique objectif, on se retrouve encore avec le fait qu’un groupe de personne aura le pouvoir d’exercer du contrôle sur la propriété des autres sans leur consentement et donc de créer des conflits. Par ailleurs, même le système étatique de résolution de conflits (la justice) est hors de la portée de la personne moyenne. La très grande majorité des disputes se règlent autrement, à l’amiable, de façon volontaire et spontanée. La simple volonté de pouvoir vivre à l’abri de l’agression des autres nous encourage à respecter les autres. Tout le monde s’assure de régler les conflits du mieux possible dans l’harmonie. D’autres minarchistes se défendent en amenant le besoin de protection contre les agressions. C’est un besoin, je vous l’accorde, mais il peut très bien être répondu par le libre-marché. Nul besoin d’une organisation monopolistique de violence.

Ensuite, le principal point de désaccord face à cette philosophie est celui de la solidarité. Il faut s’occuper des moins chanceux de la société selon plusieurs. Je fais partie de cette majorité, mais je ne crois pas qu’il est justifié d’obliger tout le monde a adhérer à cette pensée. Si on accepte le fait que 75% des gens croient fermement qu’il faut s’occuper de son prochain (j’avance ce chiffre de façon complètement arbitraire, mais je crois que c’est plausible), les organisations/initiatives nécessaires à l’accomplissement de la solidarité verrait le jour de toute façon. Même avec notre état omnipotent, les initiatives privées de solidarité sont monnaie courant dans l’ensemble de la société. Elles seraient juste encore plus présente et probablement de façon encore plus efficace. De plus, 50% des gens qui pratiquent la solidarité de façon volontaire produiraient beaucoup plus de biens que 100% des gens qui le font de façon obligatoire (ça c’est si on considère que 100% des paie des impôts ce qui est on ne peut plus faux…) On a pas besoin d’un monopole de violence pour réaliser ce qu’on considère individuellement important.

Pour une explication approfondie du fonctionnement social sans état, vous pouvez écouter les premiers (1 et 2) podcast de Stefan MolyneuxOn serait beaucoup mieux servi si le pouvoir de contrôle serait réparti à l’ensemble des gens plutôt que dans les mains d’une poignée d’illuminée! Ne serait-ce que pour arrêter les conflits… De plus, ce qui est beau dans l’affaire, c’est que la théorie économique nous prouve qu’on aurait une société encore plus prospère.

Un nouveau départ?

L’économie c’est le chaos. L’économie c’est le produit de l’interaction de six milliards d’individus. L’économie c’est la résultante de six milliards d’actions simultanées à tout moment. Aucun ordinateur, aussi puissant soit-il, n’a la capacité de traitement pour analyser six milliards d’actions et leur résultante à chaque micro-seconde. L’économie n’est pas un système mécanique où chaque composante effectue un travail bien précis, prémédité et contrôlé. L’économie c’est nous, c’est tout le monde. L’économie est organique, tout comme les membres qui la compose. Six milliards d’individus avec chacun leurs désirs, leurs envies, leurs préférences, leurs motivations.

 

Essayez de concevoir un système basé sur six milliards de variables et très peu de constante et essayer d’en obtenir un produit fini déterminé à l`avance répondant à vos besoins de départ. Vous risquez d’avoir beaucoup de fil à retorde ne serait-ce que pour déterminer les valeurs possibles des variables. Vous n’en êtes pas encore à essayer de contrôler leurs interactions. De plus, même si vous parvenez à contrôler l’interaction de quatre milliards d’entre-elles, qu’est-ce qui vous assure que les interactions sont optimales? Qu’est-ce qui vous assure qu’elles n’entrent pas en conflit avec les deux milliards de variables restantes? Un système si complexe ne peut pas être contrôlé, dessiné, planifié. C’est trop de variables, trop souvent (à tout moment en fait) et trop changeantes.

 

Parlons maintenant de ces variables. Ces variables, qu’on peut surnommer être humain, sont chacune des entités indépendantes, autonomes avec leurs propre envies, désirs, motivations, préférences, perceptions et surtout leurs propre émotions. Les émotions ne sont pas rationnel; sinon, à quoi serviraient-elles? Nos émotions émergent du coeur même de notre cerveau, de ses plus ancienne structure, soit le cerveau reptilien et le système limbique. Ce sont ces parties du cerveau, qui gère la partie survie et instinctive de notre vie. Si vous êtes attaqué, c’est cette partie du cerveau qui va vous préparer à vous battre ou vous sauver. On la contrôle très peu et elle a pourtant un très grand pouvoir sur nos actions. Donc, l’humain, qui a déjà de la difficulté à se contrôler lui-même, devient une variable imprévisible dans un système composé de six milliards de variables semblable à lui, mais avec des comportements différents à un moment donné.

 

Nos variables qui évoluent ensemble, ont des préoccupations qui leur sont propre. Chacune d’entre-elles aspirent au bonheur. Chaque action qu’elle réalise, ou omet de réaliser, se fait dans le but de satisfaire un besoin,  une envie, une pulsion. Personne ne va faire quelque chose sans en retirer une satisfaction. On se tourne dans notre lit pour être plus confortable, on mange pour apaiser notre faim, on chatouille notre petit dernier pour le plaisir de le voir rire et heureux, on achète un marteau, car il nous permettra d’en retirer du bonheur (le beau cadre qu’on vient de poser et qu’on apprécie, par exemple) et quelqu’un nous l’a vendu parce qu’il préférait l’argent au marteau (peut-être pour s’acheter un tournevis, plus pratique pour lui). Toutes les variables, quelles qu’elles soient, agissent dans leur propre intérêt. Ces intérêts sont toujours égoïstes quoi qu’on en dise. La solidarité est pratiquée et importante, mais elle est fait parce qu’elle procure de la satisfaction, du bonheur à la personne qui le pratique. Quand on donne, c’est parce que ça nous fait plaisir d’aider. Parce qu’on croit que c’est important. Certes, certains n’y voient pas d’intérêt et c’est leur droit le plus fondamental.

 

Dans la Richesse des Nations, Adam Smith soutient que si chaque individu fait le meilleur choix économique possible cela mène, comme une main invisible, au meilleur résultat économique possible et ce pour l’ensemble de la société même si chacun vise seulement l’amélioration de son propre sort sans se soucier des autres. D’empêcher les individus de combler leurs désirs, d’atteindre leur bonheur, vient donc à dire qu’on empêche la réalisation du meilleur résultat économique pour la société. 


L’état dans son sens large vient nuire à ce processus. Quand je parle d’état, je ne parle pas seulement du gouvernement, mais de l’ensemble des structures implantées qu’on est obligé de subir. La plus évidente et la plus malsaine est la politique monétaire (banque centrale), mais on pourrait aussi parler des tonnes de réglementations légiférant le commerce qui ont été implantées suite à la pression de lobbys et qui ultimement serve à avantager ceux qui possèdent déjà le capital au détriment de Monsieur, Madame tout le monde. Contrairement à la pensée populaire, beaucoup de lois ne servent pas à « protéger » l’intérêt public, mais ont été implantées pour satisfaire tel ou tel industrie (à coup d’études financées par les dits acteurs…), pensons à l’industrie laitière, par exemple. En essayant d’orienter les actions des six milliards de variables, on en arrive évidemment à des conséquences inattendues. De plus, les ressources économiques utilisées à assurer le « contrôle » de l’économie (contrôle qui ne fonctionne pas soit dit en passant), sont des ressources gaspillées, car ce contrôle est inutile.


Viens maintenant la question la plus défendable de l’étatisme, celle d’aider les plus démunis. Certes, il faut s’occuper des moins « chanceux » de la société, je paris que 95% de la population s’entend là-dessus. Pourquoi alors des programmes universelles pour l’ensemble de la population, riches comme pauvres? Pourquoi alors instaurer des programmes « one size fit all »? Pensez-vous que quelques personnes qui planifient pour l’ensemble vont faire une meilleure job que l’ensemble qui planifie pour l’ensemble? Admettons que l’état arrête de s’occuper des pauvres, qu’est-ce qui va arriver? Les gens continueraient de trouver important d’aider les autres et continuerait de le faire, mais il pourrait le faire dans une économie plus en santé, plus prospère. Dans une économie de la sorte, les industries, pour la plupart, seraient en surcapacité de production (principe économique simple qui se comprend par le revenu marginal VS coût marginal de production. On arrive aux profits maximaux bien avant la capacité de production maximale de l’entreprise). Qui dit économie en surcapacité de production dit ressources disponibles pour aider les plus démunis. Ces ressources seraient par contre beaucoup mieux utilisées pour la solidarité, car elles seraient gérées à la base par l’ensemble plutôt qu’au sommet par un petit groupe. 


Ce principe demande bien sûr de l’implication. Ça demande de l’effort et le sens des responsabilités de tout le monde. C’est certain que c’est plus facile de se laisser mener par l’état qui essaie de planifier le plus possible tout les aspects de notre vie, de nous apporter la sécurité, mais on pourrait parvenir à tellement mieux. Il ne suffit que d’en prendre conscience. C’est sûr que certains décideront de ne rien faire, mais je pense que 50 personnes impliquées et responsables peuvent faire beaucoup plus que 100 personnes inactives qui ne participent que de façon obligatoire (taxes/impôts). Arrêtez de prendre les libertariens pour des anti-pauvres, des pro-riches, des couillons qui veulent seulement ne pas payer d’impôt, des sans-coeurs. Ils veulent le bien maximum du plus grand nombre, comme vous. Ce n’est que sur le moyen qu’on diffère, pas le problème…

 

Je vous laisse sur un extrait que j’adore de ce récent vidéoclip:

The economy’s not a car, there’s no engine to stall. no expert can fix it, there’s no “it” at all.The economy’s us, we don’t need a mechanic. Put away the wrenches, the economy’s organic

Human Action: Un résumé, conclusion

Ludwig von Mises

Human Action, ce chef-d’œuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma  compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture! 

 

 

PARTIE 7: LA PLACE DE L’ÉCONOMIE DANS LA SOCIÉTÉ (CONCLUSION DE MISES)

 

Peu importe la justesse d’une théorie, la condition première pour qu’elle soit appliqué est d’avoir la faveur du public. Dans notre système démocratique, la majorité va toujours imposer sa volonté sur la minorité et si la première n’accorde pas de crédibilité à la théorie économique, aucun gouvernement, aussi convaincu soit-il, ne pourra se soustraire d’intervenir dans le marché, chose qui est voulu par la majorité (historiquement et présentement, du moins).

 

Un autre problème de la science économique, dans le sens de la praxéologie et non pas dans le sens d’histoire économique i.e. étude de données passées pour comprendre un événement, est que beaucoup de facteurs ont contribué à diminuer son impact.

 

La théorie économique n’est pas utile à grand monde. Aucun individu, personnellement, n’a d’avantages à en retirer. L’individu agit dans son meilleur intérêt et c’est ce qui compte à ses yeux. De comprendre pourquoi ce fait amène le plus grand bonheur au plus grand monde, ne lui est pas vraiment important. Par contre, l’avancement de cette science a stimulé l’engouement de certaines personnes dans le domaine. Ces personnes, dans leur désir tout naturel d’augmenter leur utilité i.e. leurs revenus, ont trouvé des façons de vendre leur service d’économiste dans la société. Ils sont maintenant en demande pour justifier un paquet de mesure interventionniste et les vendre au grand public ou encore d’orienter les débats à l’avantage de leur employeur. Un groupe X va s’attendre de son économiste que son rapport l’avantage; sinon, il n’achèterait pas ses services. Malheureusement, ces économistes basent leur évaluation sur des données économiques. Ces données viennent du passé, elles font partie de l’histoire et ne sont donc pas garante de l’avenir. Ces économistes, pour protéger leur utilité, ont à travers l’histoire toujours essayé de museler les défenseurs de la théorie économique pure, ceux qui expose leur inutilité justement dans la prédiction du futur. Les historiens économiques ont leur utilité, certes, mais d’essayer d’orienter l’économie vers une direction déterminée est chose impossible.

 

L’économie ne doit pas être réservée à un cercle d’initié, aux universitaires, à l’élite. C’est la philosophie de la vie humaine et des actions et elle concerne tout et tout le monde. C’est la base de la civilisation humaine et de son existence. Malheureusement, on a réussi à travers l’histoire à nous faire croire le contraire et à nous désintéresser de la question, nous convainquant que c’est hors de notre portée. Ce faisant, on érode toujours la base de la société basée sur la division du travail, notre liberté. On se doit de renverser la vapeur, car si on continue de refuser d’accepter les lois qui régissent notre société, on court à notre propre perte.

 


MA CONCLUSION

 

Quand je me suis lancé dans l’aventure de résumer l’œuvre de Ludwig Von Mises, je ne voyais pas la tâche trop ardue. Mal m’en prit, car de communiquer la profondeur de ses écrits s’est avéré, pour moi, un travail quand même respectable et je n’ai absolument pas la prétention d’avoir réussi aussi bien que je le voulais. Mon cheminement dans l’économie autrichienne a commencé en 2008 via le libertarianisme. J’ai alors pu mettre un nom sur un sentiment qui m’animait depuis fort longtemps, mais dont je manquais de connaissances pour bien structure ma pensée. Quiconque s’aventure dans cette école économique finit, tôt ou tard, par entendre parler de Ludwig Von Mises et de son œuvre phare Human Action. Il me fallait donc lire ce livre. C’est une belle brique, il faut le dire. Bien des gens ne s’aventurent pas dans un roman si long, alors de parcourir un traité sur l’économie d’une telle ampleur demande beaucoup de temps, mais je ne le regrette pas.

 

Ce qui m’a toujours renversé depuis que je défends la liberté est à quel point cette philosophie, surtout le côté économique, est mal comprise. Nos détracteurs nous accusent de vouloir accentuer les maux qu’ils croient inhérents au capitalisme, alors qu’en fait ils exposent des problèmes de l’interventionnisme. Même quand on leur explique cet état de fait et que l’oreille nous écoute, on arrive très souvent un refus de nous croire pour une raison qui m’est inconnu. Peut-être un mécanisme de défense de voir qu’on se fait bullshiter depuis le berceau? Néanmoins, je continue tant que je peux à prêcher la bonne nouvelle. Aussi souvent que quelqu’un veut bien m’écouter en fait, mais c’est plutôt rare. Les gens préfèrent les Star-Académie, les Harry Potter, les U2 et le Canadien. Ils ont parfaitement le droit de s’intéresser à ce qu’ils veulent, c’est leur vie, mais je veux tout simplement dire que l’économie et la liberté n’intéresse pas grand monde. On se fie donc à l’opinion des « spécialistes » pour forger notre pensée et à la majorité qui nous entoure. En plus, quand une décision de l’état nous révolte, on l’oublie après deux mois.

 

La plupart des gens sont bien intentionnés et veulent réellement améliorer le sort du plus grand nombre. Quand 95% des discours nous disent que c’est par l’état que les problèmes se règlent, il est difficile de penser le contraire, à moins d’y mettre le temps nécessaire à s’informer. Aussi rationnel nos explications peuvent être, on ne fait partie que du 5% et les gens se sentent plus à l’aise dans leur relation sociale de faire partie du 95%. C’est un réflexe normal. De toute façon je les comprends. Pourquoi, moi, je peux avoir raison sur un paquet de spécialistes qui disent le contraire? Je ne dis pas que j’ai raison, je ne crois pas que quelqu’un peut prétendre détenir la vérité, mais je n’arrive pas à trouver de meilleures explications que ceux fournit par les Autrichiens.

 

Donc, la lecture de ce livre a véritablement renforcé ma compréhension de l’économie et c’est pourquoi j’ai décidé de la partager aux gens qui n’ont pas le goût ni le temps de s’aventurer dans sa lecture. Si vous avez de l’intérêt à le faire, je vous encourage fortement, car j’ai peut-être réussi à exposer 10% de la matière du livre, sans plus. J’invite aussi les étatiques à le lire. Si, après sa lecture, vous continuez à penser que le libre-marché n’est pas la solution aux maux que vous essayer de combattre, je serai très intéressé à comprendre votre point de vue. Le problème, par contre, c’est que ce livre m’a amené beaucoup de nouvelles questions. Mais est-ce vraiment un problème…