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Qu’est-ce qu’un volontariste?

Le volontarisme est une philosophie sociale portée par un très haut standard de moralité. Un volontariste base toute sa pensée concernant les relations humaines sur un simple axiome qui est le principe de non-agression. Ce principe implique que tout usage de force, de coercition, de violence contre quelqu’un est moralement condamnable. Je ne peux pas vous contraindre à faire quoi que ce soit sans votre consentement et nous n’avez pas l’autorité moral de m’obliger à faire quelque chose pour vous ou pour quelqu’un d’autre. Chaque individu est libre de sa personne et de ses actions et n’est contraint de quoi que ce soit d’autre que de respecter la liberté d’autrui. Chaque individu est, également, individuellement responsable de ses actions.

Le principe de non-agression s’appuie sur un concept fondamental qu’est celui de la propriété. Ce concept est très, très mal compris par une majorité de gens. Je viens de terminer la lecture de ce livre très intéressant qui peut vous éclairer grandement sur le sujet: Boundaries of order: private property as a social system. C’est ce livre qui a planté le dernier clou du minarchisme pour moi.

Dans cet ouvrage, Shaffer nous apprend ce qu’est la propriété et comment on en détermine le propriétaire. Pour résumé, la propriété est la partie de la nature sous le contrôle d’un être. N’importe quel organisme vivant sur cette planète se doit de contrôler une partie de la nature pour son utilisation exclusive au détriment des autres dans le but de survivre. L’humain n’y échappe pas. C’est un concept ancré dans nos gênes sur quoi est basée la survie. Ce qui détermine qui est propriétaire d’une propriété (concept qui est défini très clairement dans le livre, l’auteur est professeur de droit) est la notion de contrôle. Pour déclarer avoir une propriété, il faut en avoir le contrôle.

Shaffer avance dans son livre que tous les conflits qu’on observe dans nos relations humaines sont, en fait, toujours une violation de nos droits de propriété. Le conflit prend naissance du fait que deux ou plusieurs personnes ne s’entendent pas sur la frontière entre deux propriétés i.e. la partie qui est sous le contrôle de qui. Quand un individu essaie de dépasser la frontière (de ne pas respecter le principe de non-agression), il y a un conflit qui émerge.

Un volontariste juge, basé sur le principe de non-agression, qu’il est totalement immorale de tenter d’imposer un contrôle sur la propriété de quelqu’un d’autre. Notre propre corps, notre vie, notre énergie étant, de par notre état d’être vivant, notre propre propriété, il est totalement immorale que d’autres personnes tentent d’imposer leur propre volonté sur notre vie. Les volontaristes sont pacifiques et toute forme de violence les répugne.

En poursuivant dans cette logique on peut facilement déclarer qu’il est moralement condamnable de tuer (atteinte à ma propriété corporelle), voler ou frauder (atteinte à ma propriété matérielle) ou d’user de violence pour contraindre quelqu’un à notre volonté (atteinte à mon libre arbitre, à la propriété de ma vie). Bien que les trois premiers ne nécessitent pas d’explication, je crois qu’il faut éclaircir le dernier. Je ne peux pas user de violence pour vous contraindre à vous comporter d’une façon qui est contre votre volonté. Pour demeurer pacifique, je dois respecter votre personne, vos choix, vos volontés tant et aussi longtemps qu’ils n’empiètent pas sur ma propriété à moi. Ce que vous faites de votre vie et des produits qui en découlent ne regardent que vous et je n’ai aucun droit quel qu’il soit de décider pour vous quoi en faire.

Êtes-vous d’accord avec moi, jusqu’à maintenant, qu’il est moralement condamnable de tuer, de voler, de frauder et d’user de coercition? Si oui, tant mieux nous pouvons continuer; si non, vous pouvez optimiser votre temps ailleurs sur le Web, il est impossible que vous soyez d’accord avec le reste du texte…

Les volontaristes, comme j’ai dit au départ, sont portés par un très haut standard de moralité. Donc, ce qu’ils considèrent immoral l’est toujours et en toute circonstance. Donc, il est tout aussi immoral qu’un groupe de personne, bien qu’il est l’appuie de la majorité, use de meurtre, de vol, de fraude ou de coercition envers d’autres individus. Vous aurez compris que les volontaristes sont contre toute forme d’organisation qui se donne le pouvoir d’imposer sa volonté aux gens. Les volontaristes sont contre l’état. Pourquoi Paul ne peut pas visiter son voisin et le tuer alors qu’un pays peut déclarer la guerre à un autre et assassiner des dizaines (des centaines, des milliers) de gens? Pourquoi Paul ne peut pas voler de l’argent à son voisin alors que l’état peut collecter des impôts de façon violente (essayez de ne pas payer vos impôts, vous finirez par rencontrer de la violence dans le processus)? Pourquoi Paul ne peut pas contraindre son voisin à lire un livre en particulier alors que l’état peut imposer un apprentissage obligatoire à tout le monde?

Le problème de notre société moderne, bien qu’on essaie de nous convaincre du contraire, est que les droits de propriété ne sont pas du tout respectés et nous observons donc des conflits. L’état se permet de prendre le contrôle de n’importe quel élément de propriété de façon arbitraire et d’en faire ce qu’il veut sous prétexte de répondre aux demandes de la majorité. Admettons qu’on accepte la prémisse pour fin d’argumentaire que l’état répond bien aux demandes de la majorité (bien que la théorie des choix publics nous prouve le contraire), les volontaristes n’acceptent pas le fait qu’un groupe d’individu (la majorité) impose sa volonté à une autre personne (la minorité). C’est moralement mauvais et indéfendable.

Pour vivre dans une société pacifique, on doit nécessairement respecter cette partie de la nature qui est sous le contrôle des autres. Il est dans l’intérêt de tout le monde de le faire ne serait-ce que pour s’assurer que les autres respectent notre propriété à nous. Est-ce parce qu’un loi vous empêche de le faire que vous n’empiétez pas sur le terrain de votre voisin ou bien parce que vous souhaitez qu’il fasse de même de son côté?

Les minarchistes défendent leur vision en expliquant qu’il faut justement une entité neutre et toute puissante pour s’assurer que les droits de propriété sont respectés et c’est pourquoi j’étais minarchiste. Par contre, même si on établi un état ayant ce seul et unique objectif, on se retrouve encore avec le fait qu’un groupe de personne aura le pouvoir d’exercer du contrôle sur la propriété des autres sans leur consentement et donc de créer des conflits. Par ailleurs, même le système étatique de résolution de conflits (la justice) est hors de la portée de la personne moyenne. La très grande majorité des disputes se règlent autrement, à l’amiable, de façon volontaire et spontanée. La simple volonté de pouvoir vivre à l’abri de l’agression des autres nous encourage à respecter les autres. Tout le monde s’assure de régler les conflits du mieux possible dans l’harmonie. D’autres minarchistes se défendent en amenant le besoin de protection contre les agressions. C’est un besoin, je vous l’accorde, mais il peut très bien être répondu par le libre-marché. Nul besoin d’une organisation monopolistique de violence.

Ensuite, le principal point de désaccord face à cette philosophie est celui de la solidarité. Il faut s’occuper des moins chanceux de la société selon plusieurs. Je fais partie de cette majorité, mais je ne crois pas qu’il est justifié d’obliger tout le monde a adhérer à cette pensée. Si on accepte le fait que 75% des gens croient fermement qu’il faut s’occuper de son prochain (j’avance ce chiffre de façon complètement arbitraire, mais je crois que c’est plausible), les organisations/initiatives nécessaires à l’accomplissement de la solidarité verrait le jour de toute façon. Même avec notre état omnipotent, les initiatives privées de solidarité sont monnaie courant dans l’ensemble de la société. Elles seraient juste encore plus présente et probablement de façon encore plus efficace. De plus, 50% des gens qui pratiquent la solidarité de façon volontaire produiraient beaucoup plus de biens que 100% des gens qui le font de façon obligatoire (ça c’est si on considère que 100% des paie des impôts ce qui est on ne peut plus faux…) On a pas besoin d’un monopole de violence pour réaliser ce qu’on considère individuellement important.

Pour une explication approfondie du fonctionnement social sans état, vous pouvez écouter les premiers (1 et 2) podcast de Stefan MolyneuxOn serait beaucoup mieux servi si le pouvoir de contrôle serait réparti à l’ensemble des gens plutôt que dans les mains d’une poignée d’illuminée! Ne serait-ce que pour arrêter les conflits… De plus, ce qui est beau dans l’affaire, c’est que la théorie économique nous prouve qu’on aurait une société encore plus prospère.

Un nouveau départ?

L’économie c’est le chaos. L’économie c’est le produit de l’interaction de six milliards d’individus. L’économie c’est la résultante de six milliards d’actions simultanées à tout moment. Aucun ordinateur, aussi puissant soit-il, n’a la capacité de traitement pour analyser six milliards d’actions et leur résultante à chaque micro-seconde. L’économie n’est pas un système mécanique où chaque composante effectue un travail bien précis, prémédité et contrôlé. L’économie c’est nous, c’est tout le monde. L’économie est organique, tout comme les membres qui la compose. Six milliards d’individus avec chacun leurs désirs, leurs envies, leurs préférences, leurs motivations.

 

Essayez de concevoir un système basé sur six milliards de variables et très peu de constante et essayer d’en obtenir un produit fini déterminé à l`avance répondant à vos besoins de départ. Vous risquez d’avoir beaucoup de fil à retorde ne serait-ce que pour déterminer les valeurs possibles des variables. Vous n’en êtes pas encore à essayer de contrôler leurs interactions. De plus, même si vous parvenez à contrôler l’interaction de quatre milliards d’entre-elles, qu’est-ce qui vous assure que les interactions sont optimales? Qu’est-ce qui vous assure qu’elles n’entrent pas en conflit avec les deux milliards de variables restantes? Un système si complexe ne peut pas être contrôlé, dessiné, planifié. C’est trop de variables, trop souvent (à tout moment en fait) et trop changeantes.

 

Parlons maintenant de ces variables. Ces variables, qu’on peut surnommer être humain, sont chacune des entités indépendantes, autonomes avec leurs propre envies, désirs, motivations, préférences, perceptions et surtout leurs propre émotions. Les émotions ne sont pas rationnel; sinon, à quoi serviraient-elles? Nos émotions émergent du coeur même de notre cerveau, de ses plus ancienne structure, soit le cerveau reptilien et le système limbique. Ce sont ces parties du cerveau, qui gère la partie survie et instinctive de notre vie. Si vous êtes attaqué, c’est cette partie du cerveau qui va vous préparer à vous battre ou vous sauver. On la contrôle très peu et elle a pourtant un très grand pouvoir sur nos actions. Donc, l’humain, qui a déjà de la difficulté à se contrôler lui-même, devient une variable imprévisible dans un système composé de six milliards de variables semblable à lui, mais avec des comportements différents à un moment donné.

 

Nos variables qui évoluent ensemble, ont des préoccupations qui leur sont propre. Chacune d’entre-elles aspirent au bonheur. Chaque action qu’elle réalise, ou omet de réaliser, se fait dans le but de satisfaire un besoin,  une envie, une pulsion. Personne ne va faire quelque chose sans en retirer une satisfaction. On se tourne dans notre lit pour être plus confortable, on mange pour apaiser notre faim, on chatouille notre petit dernier pour le plaisir de le voir rire et heureux, on achète un marteau, car il nous permettra d’en retirer du bonheur (le beau cadre qu’on vient de poser et qu’on apprécie, par exemple) et quelqu’un nous l’a vendu parce qu’il préférait l’argent au marteau (peut-être pour s’acheter un tournevis, plus pratique pour lui). Toutes les variables, quelles qu’elles soient, agissent dans leur propre intérêt. Ces intérêts sont toujours égoïstes quoi qu’on en dise. La solidarité est pratiquée et importante, mais elle est fait parce qu’elle procure de la satisfaction, du bonheur à la personne qui le pratique. Quand on donne, c’est parce que ça nous fait plaisir d’aider. Parce qu’on croit que c’est important. Certes, certains n’y voient pas d’intérêt et c’est leur droit le plus fondamental.

 

Dans la Richesse des Nations, Adam Smith soutient que si chaque individu fait le meilleur choix économique possible cela mène, comme une main invisible, au meilleur résultat économique possible et ce pour l’ensemble de la société même si chacun vise seulement l’amélioration de son propre sort sans se soucier des autres. D’empêcher les individus de combler leurs désirs, d’atteindre leur bonheur, vient donc à dire qu’on empêche la réalisation du meilleur résultat économique pour la société. 


L’état dans son sens large vient nuire à ce processus. Quand je parle d’état, je ne parle pas seulement du gouvernement, mais de l’ensemble des structures implantées qu’on est obligé de subir. La plus évidente et la plus malsaine est la politique monétaire (banque centrale), mais on pourrait aussi parler des tonnes de réglementations légiférant le commerce qui ont été implantées suite à la pression de lobbys et qui ultimement serve à avantager ceux qui possèdent déjà le capital au détriment de Monsieur, Madame tout le monde. Contrairement à la pensée populaire, beaucoup de lois ne servent pas à « protéger » l’intérêt public, mais ont été implantées pour satisfaire tel ou tel industrie (à coup d’études financées par les dits acteurs…), pensons à l’industrie laitière, par exemple. En essayant d’orienter les actions des six milliards de variables, on en arrive évidemment à des conséquences inattendues. De plus, les ressources économiques utilisées à assurer le « contrôle » de l’économie (contrôle qui ne fonctionne pas soit dit en passant), sont des ressources gaspillées, car ce contrôle est inutile.


Viens maintenant la question la plus défendable de l’étatisme, celle d’aider les plus démunis. Certes, il faut s’occuper des moins « chanceux » de la société, je paris que 95% de la population s’entend là-dessus. Pourquoi alors des programmes universelles pour l’ensemble de la population, riches comme pauvres? Pourquoi alors instaurer des programmes « one size fit all »? Pensez-vous que quelques personnes qui planifient pour l’ensemble vont faire une meilleure job que l’ensemble qui planifie pour l’ensemble? Admettons que l’état arrête de s’occuper des pauvres, qu’est-ce qui va arriver? Les gens continueraient de trouver important d’aider les autres et continuerait de le faire, mais il pourrait le faire dans une économie plus en santé, plus prospère. Dans une économie de la sorte, les industries, pour la plupart, seraient en surcapacité de production (principe économique simple qui se comprend par le revenu marginal VS coût marginal de production. On arrive aux profits maximaux bien avant la capacité de production maximale de l’entreprise). Qui dit économie en surcapacité de production dit ressources disponibles pour aider les plus démunis. Ces ressources seraient par contre beaucoup mieux utilisées pour la solidarité, car elles seraient gérées à la base par l’ensemble plutôt qu’au sommet par un petit groupe. 


Ce principe demande bien sûr de l’implication. Ça demande de l’effort et le sens des responsabilités de tout le monde. C’est certain que c’est plus facile de se laisser mener par l’état qui essaie de planifier le plus possible tout les aspects de notre vie, de nous apporter la sécurité, mais on pourrait parvenir à tellement mieux. Il ne suffit que d’en prendre conscience. C’est sûr que certains décideront de ne rien faire, mais je pense que 50 personnes impliquées et responsables peuvent faire beaucoup plus que 100 personnes inactives qui ne participent que de façon obligatoire (taxes/impôts). Arrêtez de prendre les libertariens pour des anti-pauvres, des pro-riches, des couillons qui veulent seulement ne pas payer d’impôt, des sans-coeurs. Ils veulent le bien maximum du plus grand nombre, comme vous. Ce n’est que sur le moyen qu’on diffère, pas le problème…

 

Je vous laisse sur un extrait que j’adore de ce récent vidéoclip:

The economy’s not a car, there’s no engine to stall. no expert can fix it, there’s no “it” at all.The economy’s us, we don’t need a mechanic. Put away the wrenches, the economy’s organic

Human Action: Un résumé, conclusion

Ludwig von Mises

Human Action, ce chef-d’œuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma  compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture! 

 

 

PARTIE 7: LA PLACE DE L’ÉCONOMIE DANS LA SOCIÉTÉ (CONCLUSION DE MISES)

 

Peu importe la justesse d’une théorie, la condition première pour qu’elle soit appliqué est d’avoir la faveur du public. Dans notre système démocratique, la majorité va toujours imposer sa volonté sur la minorité et si la première n’accorde pas de crédibilité à la théorie économique, aucun gouvernement, aussi convaincu soit-il, ne pourra se soustraire d’intervenir dans le marché, chose qui est voulu par la majorité (historiquement et présentement, du moins).

 

Un autre problème de la science économique, dans le sens de la praxéologie et non pas dans le sens d’histoire économique i.e. étude de données passées pour comprendre un événement, est que beaucoup de facteurs ont contribué à diminuer son impact.

 

La théorie économique n’est pas utile à grand monde. Aucun individu, personnellement, n’a d’avantages à en retirer. L’individu agit dans son meilleur intérêt et c’est ce qui compte à ses yeux. De comprendre pourquoi ce fait amène le plus grand bonheur au plus grand monde, ne lui est pas vraiment important. Par contre, l’avancement de cette science a stimulé l’engouement de certaines personnes dans le domaine. Ces personnes, dans leur désir tout naturel d’augmenter leur utilité i.e. leurs revenus, ont trouvé des façons de vendre leur service d’économiste dans la société. Ils sont maintenant en demande pour justifier un paquet de mesure interventionniste et les vendre au grand public ou encore d’orienter les débats à l’avantage de leur employeur. Un groupe X va s’attendre de son économiste que son rapport l’avantage; sinon, il n’achèterait pas ses services. Malheureusement, ces économistes basent leur évaluation sur des données économiques. Ces données viennent du passé, elles font partie de l’histoire et ne sont donc pas garante de l’avenir. Ces économistes, pour protéger leur utilité, ont à travers l’histoire toujours essayé de museler les défenseurs de la théorie économique pure, ceux qui expose leur inutilité justement dans la prédiction du futur. Les historiens économiques ont leur utilité, certes, mais d’essayer d’orienter l’économie vers une direction déterminée est chose impossible.

 

L’économie ne doit pas être réservée à un cercle d’initié, aux universitaires, à l’élite. C’est la philosophie de la vie humaine et des actions et elle concerne tout et tout le monde. C’est la base de la civilisation humaine et de son existence. Malheureusement, on a réussi à travers l’histoire à nous faire croire le contraire et à nous désintéresser de la question, nous convainquant que c’est hors de notre portée. Ce faisant, on érode toujours la base de la société basée sur la division du travail, notre liberté. On se doit de renverser la vapeur, car si on continue de refuser d’accepter les lois qui régissent notre société, on court à notre propre perte.

 


MA CONCLUSION

 

Quand je me suis lancé dans l’aventure de résumer l’œuvre de Ludwig Von Mises, je ne voyais pas la tâche trop ardue. Mal m’en prit, car de communiquer la profondeur de ses écrits s’est avéré, pour moi, un travail quand même respectable et je n’ai absolument pas la prétention d’avoir réussi aussi bien que je le voulais. Mon cheminement dans l’économie autrichienne a commencé en 2008 via le libertarianisme. J’ai alors pu mettre un nom sur un sentiment qui m’animait depuis fort longtemps, mais dont je manquais de connaissances pour bien structure ma pensée. Quiconque s’aventure dans cette école économique finit, tôt ou tard, par entendre parler de Ludwig Von Mises et de son œuvre phare Human Action. Il me fallait donc lire ce livre. C’est une belle brique, il faut le dire. Bien des gens ne s’aventurent pas dans un roman si long, alors de parcourir un traité sur l’économie d’une telle ampleur demande beaucoup de temps, mais je ne le regrette pas.

 

Ce qui m’a toujours renversé depuis que je défends la liberté est à quel point cette philosophie, surtout le côté économique, est mal comprise. Nos détracteurs nous accusent de vouloir accentuer les maux qu’ils croient inhérents au capitalisme, alors qu’en fait ils exposent des problèmes de l’interventionnisme. Même quand on leur explique cet état de fait et que l’oreille nous écoute, on arrive très souvent un refus de nous croire pour une raison qui m’est inconnu. Peut-être un mécanisme de défense de voir qu’on se fait bullshiter depuis le berceau? Néanmoins, je continue tant que je peux à prêcher la bonne nouvelle. Aussi souvent que quelqu’un veut bien m’écouter en fait, mais c’est plutôt rare. Les gens préfèrent les Star-Académie, les Harry Potter, les U2 et le Canadien. Ils ont parfaitement le droit de s’intéresser à ce qu’ils veulent, c’est leur vie, mais je veux tout simplement dire que l’économie et la liberté n’intéresse pas grand monde. On se fie donc à l’opinion des « spécialistes » pour forger notre pensée et à la majorité qui nous entoure. En plus, quand une décision de l’état nous révolte, on l’oublie après deux mois.

 

La plupart des gens sont bien intentionnés et veulent réellement améliorer le sort du plus grand nombre. Quand 95% des discours nous disent que c’est par l’état que les problèmes se règlent, il est difficile de penser le contraire, à moins d’y mettre le temps nécessaire à s’informer. Aussi rationnel nos explications peuvent être, on ne fait partie que du 5% et les gens se sentent plus à l’aise dans leur relation sociale de faire partie du 95%. C’est un réflexe normal. De toute façon je les comprends. Pourquoi, moi, je peux avoir raison sur un paquet de spécialistes qui disent le contraire? Je ne dis pas que j’ai raison, je ne crois pas que quelqu’un peut prétendre détenir la vérité, mais je n’arrive pas à trouver de meilleures explications que ceux fournit par les Autrichiens.

 

Donc, la lecture de ce livre a véritablement renforcé ma compréhension de l’économie et c’est pourquoi j’ai décidé de la partager aux gens qui n’ont pas le goût ni le temps de s’aventurer dans sa lecture. Si vous avez de l’intérêt à le faire, je vous encourage fortement, car j’ai peut-être réussi à exposer 10% de la matière du livre, sans plus. J’invite aussi les étatiques à le lire. Si, après sa lecture, vous continuez à penser que le libre-marché n’est pas la solution aux maux que vous essayer de combattre, je serai très intéressé à comprendre votre point de vue. Le problème, par contre, c’est que ce livre m’a amené beaucoup de nouvelles questions. Mais est-ce vraiment un problème…

 

Human Action: Un résumé, partie 5 & 6

Ludwig von Mises

Human Action, ce chef-d’œuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma  compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture! 

 

PARTIE 5: LA COOPÉRATION SOCIALE SANS LE MARCHÉ

 

Jusqu’ici dans mon résumé, je n’ai jamais vraiment mentionné ce point qui est pourtant un élément récurant dans l’ouvrage de Mises. Malheureusement, j’ai dû couper des parties, car autrement mon résumé n’en aurait plus été un. Il revient constamment sur les problèmes du socialisme. Selon sa thèse, il n’y a que deux systèmes sociaux possible. La propriété privée des facteurs de production ou la propriété publique des facteurs de production. On a un marché d’échange mutuel qui dirige la production ou on impose une structure de production par obligation étatique. La voie centrale, celle de l’interventionnisme dans un marché vient à la prochaine partie, mais elle demeure dans le champ d’un marché.

 

Mises avance qu’une société socialiste est irréalisable comme système social parce qu’elle ne peut pas utiliser le calcul économique (partie 3). Nous avons vu que le marché, en ayant le prix comme principale source d’informations, oriente les facteurs de production dans la combinaison la plus efficiente possible dans l’objectif de répondre aux besoins les plus urgents des consommateurs. Le prix reflète les jugements de valeur de tous les individus de la  société par leur pouvoir d’acheter ou d’obtention d’acheter. Ainsi, le prix indique la valeur accordée aux différents processus de production.

 

Dans un monde socialiste, la seule personne qui exprime un jugement de valeur est le Führer(Mises revient souvent sur l’Allemagne socialiste de l’avant WWII). L’ensemble de la structure de production est déterminée par les décisions du dirigeant  (toujours basés sur une décision humaine i.e. fondée sur un jugement de valeur). Si on accepte, pour fin d’argumentation, que le jugement de valeur du dirigeant est sans faille et que ses décisions sont vraiment les meilleures quant à ce qui doit être produit et en quel quantité de façon à répondre aux besoins les plus urgents de toute la population, on ne peut pas atteindre l’efficience d’un marché de par le simple fait qu’on a pas l’indice de prix pour nous éclairer sur la meilleure façon de réaliser la production. Le prix est un phénomène du marché. Même si on mettait un prix arbitraire sur l’ensemble des produits, rien ne garantie que c’est le bon prix et qu’il reflète bien les désirs des consommateurs, car ces derniers n’ont pas la liberté d’orienter la structure de production à leur désir. Donc, même si on fixe la quantité de maison à fabriquer très justement à 1000 unités par année, comment peut-on les fabriquer en utilisant le plus efficacement possible les facteurs de production disponible sans l’indice des prix? Comment évaluer la valeur des moyens dans l’atteinte de la fin et de savoir si la fin vaut les moyens si on ne peut pas fixer la valeur de façon claire et défini?

 

Quelques méthodes ont déjà été avancé pour contrer le problème et Mises nous démontre pourquoi elles ne sont pas applicables dans le concret. Si ça vous intéresse, lisez les pages 699 à 711 du livre. Je ne m’attarderai pas sur le sujet, car je doute fort qu’un partisan du socialisme pur soit en train de lire ce texte.

 

 

PARTIE 6: LE MARCHÉ ENTRAVÉ 

 

Le gouvernement et le marché

 

Comme la façon la plus efficace de permettre au maximum de gens de répondre à un maximum de besoin est la division du travail basé sur l’échange volontaire i.e. le marché, un gouvernement  se doit de s’assurer que les fondations d’un tel système sont protégé soit de protéger les gens contre la coercition, la fraude et les agressions. Le seul but d’un gouvernement doit être de protéger le système de collaboration volontaire contre ceux qui voudraient mettre du sable dans l’engrenage.

 

Certains exigent d’un gouvernement qu’il prenne d’autres actions pour régler certains problèmes qu’ils croient inhérents au libre-marché. La question que l’économique doit soulever n’est pas de savoir si ces interventions sont justifiées, mais de savoir si les actions parviennent aux fins escomptées. De cet angle, l’analyse est exempte de jugement de valeur. L’état, par son intervention, cherche le but X. L’économique se doit de déterminer si les actions arrivent au résultat ou non.

 

J’ai cherché longtemps comment vous présenter cette partie de l’œuvre de Mises, mais mon problème est qu’en fait, Mises l’a étendu à l’ensemble du livre. Je n’en ai fait pratiquement aucune mention dans les autres parties, résumé oblige. Je préférais me concentrer sur le fonctionnement du marché, car je pense que cette partie est très mal comprise. Je tenterais donc d’exposer l’essentiel de la section, mais sachez qu’elle est beaucoup, beaucoup plus riche dans l’ouvrage. De toute façon, en comprenant mieux le marché, le lecteur peut lui même  comprendre certaines erreurs de l’étatisme.

 

 

Interférence dans la structure des prix

 

Une des interventions très répandues est celle du contrôle des prix. Soit on fixe un prix plafond ou un plancher. Bien sûr on peut établir un prix fixe, mais c’est la même logique qu’un prix plafond/plancher dépendamment s’il est au dessous ou au dessus du prix d’équilibre d’un libre-marché.

 

Quand l’état impose un prix plafond, son but est de faciliter l’accès à des produits dits « essentiels » à l’ensemble des consommateurs et plus précisément des moins fortunés. C’est le cas notamment des prix plafond visant le logement. Le gouvernement le fait pour éviter des hausses trop drastiques aux gens moins fortunés. En imposant un prix plafond, le prix du logement se trouve en deçà du prix qu’il atteindrait dans un marché sans entrave (sinon à quoi bon un prix plafond?). De ce fait, les ressources qui seraient normalement réservées par le marché à l’offre de logement sont dirigées vers d’autres secteurs de l’économie, car le prix trop bas rend cette activité moins rentable que le même capital investi dans un secteur où le prix peut atteindre celui d’équilibre i.e. où l’investissement en capital atteint le seuil où la satisfaction des consommateurs est la plus grande. Donc, le prix plafond limite l’offre de logement. La même quantité de consommateurs doit maintenant se battre pour un nombre de logement restreint qui ne suffit pas à répondre aux besoins les plus urgents de tous les consommateurs. Au plus fort la poche. Les laisser pour compte sont perdants. Ces derniers vont sûrement vous dire qu’ils préféreraient un logement plus cher plutôt que pas de logement du tout.

 

Du côté du prix planché, prenons comme exemple le salaire minimum. C’est un prix minimum fixé par la loi du facteur de production travail. Le but avoué d’une telle mesure est d’améliorer la condition des travailleurs. Comme vu dans le billet précédent, la meilleure façon d’améliorer la condition des travailleurs est d’encourager l’accumulation de capital pour augmenter la productivité du travail et donc des salaires. Même si, pour fin d’argumentations, on accepte la prémisse que la façon d’améliorer le sort des travailleurs est d’augmenter le salaire minimum, la conséquence de la mesure n’est pas le but visé par les autorités. En effet, en augmentant le salaire minimum on empêche les entreprises d’embaucher des travailleurs pour réaliser un travail dont la valeur est moindre que le salaire minimum. On empêche celui qui est prêt à travailler pour moins de se trouver un travail. De plus, l’entreprise qui désire augmenter sa capacité de production et qui, selon son capital actuel, pourrait le faire de la façon la plus efficace en embauchant des travailleurs se voient plutôt contrainte d’accumuler encore plus de capital. Ce capital doit être retiré de secteur qui servirait mieux les consommateurs au profit de la ligne actuel où la façon la plus efficace de faire aurait dû être d’acquérir du travail. Donc, le salaire minimum crée du chômage, car il empêche les emplois moins productifs d’être comblés et il retire du capital productif de certains secteurs de l’économie où il serait le bienvenue. Bien sûr, les chanceux qui ont trouvé un travail vont vous dire qu’ils sont très content. Ce qu’ils omettent de constater, c’est que si leur emploi est payé au salaire minimum X, c’est que la valeur de leur travail est de X; sinon, leur emploi n’existerait pas. Donc, la seule chose que fait un salaire minimum est d’empêcher ceux qui sont prêt à travailler pour moins de se trouver un emploi.

 

De plus, on remarque que les deux mesures viennent empêcher l’efficience dans l’utilisation des facteurs de productions. Donc, le marché est moins efficace qu’il ne le serait et crée donc moins de richesses. Comme on crée moins de richesse, on améliore notre condition plus lentement. Qui sont les gens les plus touchés par le ralentissement de l’amélioration des conditions? Les plus pauvres, car ce sont eux qui gagnent le plus à l’enrichissement. C’est lorsque les réfrigérateurs ont été produit à très grande échelle que les pauvres ont pu en acheter. C’est grâce à une allocation efficace des ressources que les coûts de production ont pu descendre. Au départ, les riches pouvaient se payer un frigo. L’amélioration de la productivité a servi les plus pauvres, leur permettant d’en avoir un. D’empêcher cette bonne allocation n’aurait fait que priver les pauvres de la jouissance de cet équipement très, très pratique.

 

La manipulation du crédit et le monnaie

 

Bien que j’aie déjà abordé le sujet dans la section de la monnaie, il est important de revenir sur quelques précisions. L’interventionnisme de l’état sur la monnaie est, au départ, encore une tentative de l’état de corriger des problèmes que la population perçoit du capitalisme. Perçoit est approprié, car c’est par une mauvaise compréhension du marché que l’état se « doit » d’intervenir. L’état, dans son intervention, pense agir dans l’intérêt de la protection des bases de fonctionnement du marché. Un des problèmes aussi vient du fait que les gens, dans leur calcul économique, se limite généralement aux chiffres nominaux et non pas relatif. Premièrement parce que c’est beaucoup plus facile et plus simple et que, deuxièmement, le réflexe normal est de croire que si on gagne 11$ au lieu de 10$, on est plus riche. Cette pensée s’est généralisée dans l’ensemble de la population. Nous sommes maintenant devant l’état de fait que les gens veulent augmenter leur revenu de façon nominale.

 

Historiquement, en majorité, l’état a toujours utilisé une politique de dévaluation de la monnaie (inflation). Les objectifs de cette dévaluation sont:

  • Permettre une augmentation nominale des salaires ou empêcher leur diminution même si le marché existe une diminution réelle (relative) des salaires. Si le salaire augmente de 1% et que l’inflation est de 2%, le salaire diminue même si on perçoit le contraire.
  • Permettre une augmentation du prix des produits. Le marchand se croit plus riche.
  • Pour favoriser l’emprunteur sur le prêteur. Si l’argent vaut moins cher dans le futur, le gagnant est celui qui doit de l’argent. Ce point est essentiel surtout dès que les états ont compris qu’ils pouvaient financer des promesses électorales de cette façon. De la « nouvelle » argent est toujours créée et l’accumulation de dette pèse moins lourd.
  • Pour encourager les exportations et diminuer les importations. Si notre argent vaut moins cher, on peut moins acheter, mais plus vendre à une autre monnaie.
  • Pour attirer les touristes et décourager les citoyens d’aller dépenser ailleurs

Encore aujourd’hui, les travailleurs veulent une augmentation de salaire nominal quitte à toujours payer plus cher pour les produits. Le gouvernement se doit donc de continuer une bulle inflationniste pour satisfaire la population. En plus, on n’essaie pas de renverser la spirale, car les politiciens y voient une belle source de financement pour leurs promesses et leur réélection. Au départ du processus, cette ambition expansionniste a surtout servi à financer des guerres (la dévaluation de la monnaie a contribué à la chute de l’empire romain), mais aujourd’hui c’est surtout qu’on tourne en rond dans la spirale et qu’on l’utilise pour éloigner les conséquences de cette même manipulation (voir cycle économique). J’ai expliqué les conséquences de l’inflation et de la déflation dans la section sur la monnaie, je ne reviendrai donc pas là-dessus. Rappelons-nous seulement que l’inflation contribue à la consommation (ou ralentissement de l’accumulation) de capital i.e. ralenti l’amélioration de notre condition et qu’elle décourage l’épargne.

 

Ce qu’on remarque c’est que, au lieu de protéger le système d’enrichissement collectif, ça cause un appauvrissement ou un ralentissement de l’enrichissement ce qui n’est pas souhaitable pour personne.

 

Confiscation et redistribution

 

Cette façon de faire est basée sur la fausse croyance que les riches le sont au dépend des pauvres. Le riche empêche le pauvre d’avoir une partie de la richesse. Ce serait le cas dans une économie stagnante où la richesse n’est plus créée, mais est distribué. Dans ce cas, la redistribution serait une bonne chose. Par contre, notre économie en est une qui évolue, qui progresse. Il y a 200 ans, il n’y avait pas d’avions, d’Iphone, de réfrigérateur. Aujourd’hui, oui. On s’enrichit, on avance. Donc, qu’un riche soit riche n’empêche en rien le pauvre de s’enrichir. J’y reviendrai plus loin. Ce qu’il faut retenir par contre, c’est que si les riches savent qu’ils se feront confisquer une partie de leur avoir et qu’ils risquent de s’en faire confisquer encore plus dans le futur, ils vont avoir moins tendeance à accumuler de la richesse i.e. du capital et vont plutôt le consommer. C’est alors une perte pour l’économie.

 

L’état, en utilisant cet outil espère rediriger la richesse des riches aux pauvres, mais ce qu’elle réussit par dessus tout est de ralentir l’accumulation de richesse et donc de ralentir l’amélioration de la condition des pauvres.

 

Le syndicalisme

 

Le but du syndicalisme est de modifier le rapport de force entre employeurs/employés à l’avantage du travailleur. Le principe est noble en soi, mais ces répercussions sur l’économie n’atteignent pas le but recherché. Si le syndicat fait des gains qui ne se serait pas produit sous un libre-marché, on assiste à une mauvaise allocation des ressources vers des secteurs moins désirable. Les gains vont nécessairement augmenter les coûts de production ou diminuer la quantité produite. D’une façon ou d’une autre, la structure de production s’avère ne pas être aussi efficace dans la satisfaction des besoins qu’elle le serait normalement.

 

Le syndicalisme vise l’amélioration du sort des travailleurs sous son aile. Malheureusement ça se fait au détriment des autres. Comme plus de capital doit être investi dans la production syndiqué (plus cher), on retire du capital à d’autres secteurs où il aurait satisfait des besoins plus urgent. Si ce n’était pas le cas, les conditions de travail seraient par défaut au niveau imposé par le syndicat. Donc, les autres secteurs doivent se contenter d’un capital réduit par rapport à ce qu’il serait. Le résultat est que certains sont avantagés au détriment de d’autres et qu’on empêche la structure de production d’atteindre l’efficience dans la satisfaction des désirs des consommateurs.

 

L’économique de la guerre

 

Je ne mettrai pas trop d’emphase là-dessus, car je doute fort que beaucoup de gens soit pour la guerre. Disons simplement qu’elles sont causées parce que les états veulent prendre le contrôle sur des ressources extérieures. Si l’état n’imposait de barrières au commerce à la base, ces croisades ne seraient pas nécessaires. La guerre n’est que la conséquence de l’étatisme.

 

Intervention contre marché

 

Le problème avec l’interventionnisme est que ses défenseurs blâment des maux qu’ils croient inhérents au capitalisme alors qu’ils sont causés par ce même interventionnisme et par une mauvaise compréhension des mécanismes du marché. Les actions gouvernementales, on l’a vu, n’atteigne pas les fins escomptés. En fait, elle empire le problème réclamant encore plus d’interventions. Bien sûr que le bien maximal pour le maximum de gens est souhaitable, mais ce n’est pas l’interventionnisme qui peut y parvenir, mais le marché.

 

Sur la pauvreté

 

La pauvreté est bien relative. Nos conditions modernes, même pour nos pauvres, dépassent largement les conditions, même pour les riches, qui prévalaient il y a quelques décennies. Ce fait s’explique parce que les processus du marché ont permis l’accumulation de toujours plus de capital i.e. épargne. L’interventionnisme, tel que démontré, vient ralentir ce processus d’enrichissement. Donc, si on accepte le principe de pauvreté malgré qu’on est mieux qu’avant, on doit pointer du doigt les mécanismes qui ralentissent l’accumulation de capital et non pas le marché.

 

Sur les inégalités

 

Les inégalités sont inhérentes au marché. Nous avons vu que les entrepreneurs et les capitalistes sont ceux qui permettent de toujours augmenter l’efficacité de nos pratiques en réorganisant la structure de production pour la satisfaction des besoins les plus urgents et l’accumulation continue de capital. Ceux qui réussissent le mieux dans cette aventure sont ceux qui s’enrichissent le plus. De priver ces personnes de ce bénéfice c’est de les démotiver dans leurs activités. S’en suit une diminution des avantages liés à leur succès dans ces activités.

 

Sur l’insécurité

 

L’intervention est réclamée pour nous assurer une sécurité. On veut avoir l’assurance de ne pas mourir de faim en cas de pépin. Encore ici c’est noble, mais dans un monde où notre richesse augmente sans cesse, chaque journée qui passe n’est-elle pas une sécurité de plus? Ce point fait souvent référence au chômeur. Il faut s’assurer de donner un salaire au chômeur le temps qu’il se trouve un nouveau travail. On peut accepter cette prémisse, mais comme démontré précédemment, il faut se questionner plutôt sur la source de ce chômage.

 

Sur la justice sociale

 

Qu’est-ce qui est plus juste? Que tout le monde obéisse aux mêmes règles du jeu ou bien qu’un puisse imposer sa volonté sur un autre dans le déroulement de la partie?

  

(Pensée bien personnelle) Bien sûr, il faut s’occuper de ceux qui ne peuvent pas fournir de travail. Il faut s’occuper de nos proches. Il faut s’assurer de conserver le tissu social afin de toujours parfaire notre société basée sur la division du travail. C’est ici un jugement de valeur que la majorité supporte. Pourquoi alors donner cette responsabilité à l’état. Occupons-nous des autres nous même, car quand on passe par l’état, le résultat n’est que très rarement celui escompté. Mises ne fait pas mention de ce point dans son livre, car il s’abstient de tout jugement de valeur dans son ouvrage. Il ne fait que démontrer les mécanismes du marché.

 

La crise de l’interventionnisme

 

Comme l’interventionnisme ne comblent pas les attentes, car les conséquences diffèrent des ambitions, toujours plus d’intervention est nécessaire. La preuve moderne se trouve au niveau des dépenses du gouvernement qui augmente d’année en année. Plus on confisque les avoirs des plus riches pour donner au plus pauvres et plus les payeurs d’impôt les moins riches ont besoin de cette même aide.

 

De plus, je viens de me rappeler un point mentionné à quelque part dans cette partie qui est très pertinent. Dans son interventionnisme, l’état s’endette. Les preuves le démontrent. Ces dettes sont financées par les investisseurs qui achètent les titres du gouvernement. Ces investisseurs sont très souvent des fonds commun de placement et autres produits d’épargne utilisés par la masse. Le gouvernement dépense en majorité sur des choses courantes. Des dépenses d’épicerie. Donc, l’épargne, fondé sur les préférences temporelles des gens, qui devraient être investi dans l’augmentation de la productivité, se trouve à être plutôt consommé immédiatement. On perturbe, encore, le processus d’accumulation du capital au détriment du futur pour deux raisons. Premièrement, l’accumulation de capital est toujours rentable dans le futur; deuxièmement, ces dettes du gouvernement doivent être remboursées également dans le futur.

 

Finalement, l’interventionnisme doit se terminer par du socialisme pur, car ultimement vient le moment où il n’y a plus de taxes à prélever. On ne peut prévoir qui va gagner, mais Mises termine cette section avec ces trois déclarations:

 

  1. On ne peut pas prévoir qui va gagner et on ne peut pas non plus prétendre que le choix sera le meilleur ni qu’on ne reviendra pas en arrière. Personne ne connait le futur.
  2. On doit choisir entre le marché et le socialisme. On ne peut pas choisir une voie centrale, cette dernière est intenable à long terme.
  3. En abolissant le calcul économique, le socialisme va résulter au chaos et détruire la coopération basée sur la division du travail.

 

Le prochain et dernier article se veut la conclusion. Je vais résumer celle de Mises et y aller avec mes commentaires sur mon résumé.

Human Action: Un résumé, partie 4.2

Ludwig von Mises

Human Action, ce chef-d’œuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma  compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture! 

 

 

PARTIE 4: LA CATALLAXIE OU L’ÉCONOMIQUE D’UNE SOCIÉTÉ DE MARCHÉ

 

On continue donc dans cette section qui traite des lois du marché en tant que tel.

 

L’action dans le passage du temps

 

J’ai touché le sujet des préférences temporelles dans un billet précédent. On entend par préférences temporelles la préférence que les gens ont par rapport à une jouissance tout de suite contre une jouissance plus grande dans le futur. Il faut bien sûr que la jouissance soit plus grande dans le futur, car sinon pourquoi attendre et se priver d’un plaisir maintenant plutôt que plus tard. Les gens, en reportant leur jouissance à plus tard, accumule donc du capital. Si on se refuse un produit aujourd’hui c’est dans le but de pouvoir l’utiliser à bon escient pour obtenir plus dans le futur. Ce produit qu’on utilise pour produire autre chose est du capital. Plus on accumule de capital, plus notre capacité à produire augmente. C’est en se privant aujourd’hui qu’on arrive à avoir plus, plus tard. Prenons un exemple, Bob est sur une île. Il est capable, en une journée, de pêcher un poisson et cueillir une pomme pour combler sa fin. Il n’a pas de temps pour faire autre chose. Il décide de se priver pendant 2 jours. La première journée il va manger que le poisson et le lendemain, la pomme. Il vient donc d’épargner une journée de travail qu’il peut utiliser à autre chose. Il utilise cette journée pour se fabriquer un outil de pêche qui lui permet de pêcher deux poissons par jour. Il a dû se priver pendant deux jours, mais ça lui a permis d’être plus efficace pour la pêche. Donc, dorénavant il n’utilise que 50% de son temps pour se nourrir. L’autre 50% peut être utilisé à autre chose. Se construire un abri, par exemple. S’il continue le processus, il améliorera toujours sa condition. 

 

L’accumulation de capital implique une capacité de production supérieure à la consommation. Tant et aussi longtemps que c’est le cas, on accumule du capital et on augmente la productivité du travail. On y revient plus loin. Dès que les données du marché font qu’on consomme plus qu’on produit, on observe une consommation du capital, la réduction de celui-ci. Donc, on crée une régression économique plutôt qu’une progression. Comme l’humain cherche à constamment améliorer sa situation, la tendance est le plus souvent à l’accumulation. Il faut mentionner également que, dans un marché sans entrave, le capital sera toujours dirigé vers les activités qui répondent le plus efficacement aux besoins des consommateurs, car c’est de cette façon que le capitaliste peut espérer retirer le maximum d’intérêt de son investissement. Son capital étant plus en demande que dans d’autres secteurs  économiques. Pour accumuler du capital, l’homme a recourt au calcul économique, car c’est avec cet outil qu’il peut évaluer la valeur d’une consommation immédiate ou futur. 

 

De plus, il est important que l’acteur soit en mesure de récolter toutes les fruits de sa privation. Par exemple, si le coût de la privation repose sur un homme seul et que les bénéfices sont répartis à plusieurs personnes, l’acteur va être moins porté à la privation, car ses bénéfices personnels sont moins grands. À l’inverse, si le coût est minime, car réparti sur un groupe, et que le bénéfice est personnel, le groupe ne sera pas tenté à se priver, car il n’est retire rien. Les bénéfices s’en trouvent donc réduit. Si on se trouve dans le cas extrême où les coûts et les bénéfices sont répartis au groupe en entier, on se retrouve dans une situation où chacun essaie de retirer le maximum en se privant du minimum. Arrive les conflits, car chacun peut se permettre d’imposer sa volonté à son voisin. On vient de nuire aux processus inhérents à la division du travail et à l’échange volontaire.

 

Le taux d’intérêt

 

Le taux d’intérêt se divise en trois parties. Le taux originaire (originary interest), le profit entrepreneurial et le supplément de prix. Ces trois taux se mesurent à l’aide la monnaie, car notre société est basée sur l’échange à l’aide la monnaie. On calcule en monnaie la valeur qu’on accorde aux différents composants du taux d’intérêt.

 

Le taux originaire est la valeur de la préférence temporelle des gens. Autrement dit, c’est le niveau désiré d’augmentation du bonheur futur contre le bonheur actuel. Pour que Jean se prive de consommation immédiate, il faut qu’il est quelque chose de plus dans le futur. Ce plus est le taux d’intérêt originaire. Ce taux est déterminé par le marché selon les actions des acteurs. Ces actions reposent sur des jugements de valeur des individus et sont donc difficilement prévisible. Le marché fixe le taux selon la loi de l’offre et la demande de capital.

 

Comme d’accumuler du capital comporte sa part de risque, car on ne sait pas si nos prévisions sur le futur seront exact, le taux d’intérêt comporte une partie de profit entrepreneurial. On encaisse un profit sur notre épargne si notre vision était juste et on encaisse une perte si elle était erronée. Le niveau de ce profit est déterminé par le niveau de risque appréhendé de l’activité d’épargne et vient s’ajouter au taux originaire.

 

Viens ensuite le supplément de prix. Il peut être négatif ou positif. Le supplément de prix s’explique par la variation des prix dans le temps. Comme nous l’avons vu précédemment, il existe dans le marché des phénomènes d’inflations et de déflations causé par le changement du pouvoir d’achat de la monnaie. Si on prévoit de l’inflation dans le futur, nous exigerons un taux d’intérêt supérieur sur notre épargne, car la valeur de cette accumulation de capital diminuera avec le temps. On veut être compensé pour cette perte, en plus de la perte de jouissance. Si on prévoit de la déflation, le supplément de prix de trouvera à être négatif, car le simple fait d’épargner augmente la valeur de ce capital dans le temps.

 

La somme de ces trois taux nous donne le taux d’intérêt qu’on retrouve sur le marché pour obtenir du capital. Comme pour tout le reste, le marché tend vers l’équilibre sans toutefois l’atteindre à cause des changements constants dans l’environnement. Ce taux équilibre l’offre de crédit et la demande de crédit. Il est très difficile, voir impossible de savoir à quel taux se situe les différentes composantes. On connait seulement le taux final où le désir des prêteurs et des emprunteurs coïncide. Un bas taux signifie que les gens sont portés vers l’épargne. Un faible gain leur suffit à reporter leur consommation à plus tard. Un haut taux signifie que les gens sont portés vers la consommation. Ça leur prend un plus grand gain pour se priver maintenant.

 

L’intérêt, l’expansion monétaire et les cycles économiques

 

Le marché du capital se matérialise dans notre société par le marché du crédit. Même si quelqu’un épargne pour lui-même et utilise son propre capital pour améliorer sa productivité c’est qu’il considère que le bénéfice est supérieur que s’il prêtait ce capital à quelqu’un d’autre. Donc, sa décision est influencée, de toute façon, par le marché du crédit. Donc, c’est par celui-ci qu’on commence le cheminement qui explique le comportement du marché face à l’inflation et la déflation.

 

Dans un marché inflationniste, le taux d’intérêt devrait être plus élevé que dans un marché neutre (sans inflation/déflation). Ça s’explique en grande partie par le supplément de prix du taux d’intérêt qui est plus élevé. Donc si, dans un marché libre de toute entrave, on prévoit une courbe inflationniste dans le futur, le taux d’intérêt sur un prêt sera plus élevé que si on ne prévoit pas de changement dans la valeur de la monnaie. Ainsi, le marché continue de répondre aux besoins le plus urgent des consommateurs en tenant compte de leur jugement de valeur, incluant leurs préférences temporelles. À l’inverse, une prévision déflationniste fera baisser le taux d’intérêt, car le supplément de prix baisse entraînant le taux d’intérêt avec lui.

 

Une des choses qui peut entraîner de l’inflation/déflation est un changement dans la quantité de monnaie. L’utilisation d’une monnaie fiduciaire, qui peut être créé ex nihilo, peut amplifier le phénomène, car on est plus limité par quelque chose de physique comme l’extraction de l’or dans une mine. Comme le changement dans le pouvoir d’achat de la monnaie ne se fait pas sentir de façon simultanée dans l’ensemble du marché et que la création ou destruction de monnaie ne peut être fait, en toute fin pratique, que par les banques centrales ou commerciales, le premier secteur à ressentir les effets est le marché du crédit. Je vais parler d’une addition dans la quantité de monnaie pour représenter le phénomène, mais le principe inverse peut s’appliquer pour la destruction.

 

En augmentant la quantité de monnaie, le marché du crédit y voit l’augmentation de la quantité d’épargne, car personne ne voit la différence entre la vraie épargne (la privation d’une jouissance immédiate) à la fausse épargne. De plus, les prêteurs vont s’empresser de profiter de l’opportunité de profit relative à cette nouvelle épargne avant que les répercussions du changement de valeur de la monnaie est terminées de faire leur travail dans l’économie. Ainsi, comme l’offre de crédit augmente, le taux d’intérêt descend. La demande de prêt augmente jusqu’à l’équilibre. Comme une partie de cette épargne est fausse (pas basée sur une privation), on n’utilise pas une partie du surplus de production sur la consommation, mais on consomme une partie du capital déjà accumulé. En plus, ceux qui ont contractés des prêts, les premiers intervenants dans le marché suite à la création de monnaie, font augmenter le prix des produits qu’ils acquièrent produisant des pertes dans d’autres secteurs où l’activité était plus profitable i.e. servait le mieux les consommateurs.

 

En effet, dans un marché libre d’entrave, le taux d’intérêt permet de diffuser l’information sur la quantité de capital disponible pour augmenter la productivité. Comme on fausse le taux d’intérêt, on court-circuite cette précieuse source d’informations en fournissant une mauvaise information quant à la quantité de ce capital disponible. Comme le bas taux indique, comme vu plus haut, que les gens ont une tendeance à l’épargne, le marché comprend que du capital est disponible pour investissement. Malheureusement, une partie de cette épargne ne provient pas réellement de privation, mais bien d’une augmentation de la quantité de monnaie. L’inflation devrait faire monter le taux d’intérêt, comme vu plus haut, alors qu’il descend. Ça accentue le phénomène. Nous observons alors à une consommation du capital plutôt qu’une accumulation i.e. des mauvais investissements. La consommation peut aussi être vue comme  du capital qui ne sera pas utilisé au sortir de l’ajustement. Du capital qui n’est pas utile après le rééquilibre du marché qui aurait pu être utilisé plus efficacement ailleurs.

 

Si l’événement ne se produit qu’une fois, les premiers à profiter de la manne en sortent gagnant et les derniers acteurs du marché en sortent perdants, mais les effets sont ensuite éliminés, car le marché s’est restabilisé. Le résultat est un recul dans la quantité de capital qui aurait pu être disponible en bout de ligne et une diminution du pouvoir d’achat de la monnaie. Les grands gagnants sont ceux qui ont produit la nouvelle monnaie, car ils ont encaissé les profits du réajustement complet du processus de production. Les banquiers en sortent gagnant. Le plus gros problème c’est quand ce processus perdure encore et encore. On passe aux générations suivantes notre consommation immédiate, car c’est dans le futur que la consommation de capital va nuire, car l’accumulation de capital sert à augmenter la productivité du futur. Si on consomme toujours du capital, on arrive ultimement à l’effondrement du système.

 

L’injection de monnaie, principalement, crée une bulle économique. La croissance semble plus grande qu’elle ne l’est en réalité, car on a l’impression qu’on accumule plus de capital. S’en suit l’inévitable réajustement à la réalité, la récession. On blâme le libre-marché pour les périodes de récession alors qu’en fait elles ne sont que les conséquences du véritable problème, les bulles, causées entres autres par la création de monnaie.

 

Travail et salaire

 

Le travail, d’un point de vue de la catallaxie, est un facteur de production comme les autres. Cependant, c’est le facteur de production le plus rare. C’est par le travail qu’on arrive à produire. Sans travail, aucune production n’est possible. Un tracteur de ferme n’est d’aucune utilité si personne ne le conduit. Un train n’est qu’aucune utilité si personne ne peut le charger ni le conduire. Le niveau de production est influencé par la disponibilité du travail. Le choix des  investissements en capital est beaucoup influencé par la disponibilité de personne pour opérer ce capital. Bien que nous améliorons toujours notre machinerie, il faut toujours quelqu’un pour assurer son bon fonctionnement.  La combinaison capital/travail utilisé dans la production d’un bien est déterminée par l’utilité marginale des facteurs de production. On va utiliser le facteur travail tant et aussi longtemps qu’il est plus rentable qu’une unité de capital supplémentaire. À l’équilibre, la dernière unité de travail est aussi productive que la dernière unité de capital. Donc, plus on accumule de capital et plus la valeur du travail utilisé augmente, car la productivité de notre capital augmente également. Ce qui fait augmenter le salaire des travailleurs est l’accumulation de toujours plus de capital.

 

Comme tous les autres facteurs de productions, on observe un prix d’équilibre pour ce facteur qui fait que l’offre rejoint la demande. Dans un marché libre d’entrave, le prix pour une sorte spécifique de travail, de qualité égale, devrait être égale dans l’ensemble du marché. L’offre est déterminée par les travailleurs. Ce sont eux qui, par leurs décisions, déterminent de la quantité du facteur travail disponible dans une industrie. La demande est déterminée par les employeurs qui ont besoin de travail dans leur ligne de production. Le niveau des deux détermine le prix du facteur travail dans un secteur donné. Ce prix oriente la décision des acteurs quant à la production comme pour tout le reste. Ce prix permet l’allocation la plus optimal possible de la capacité de travail comme pour tous prix tel que vu précédemment.

 

Comme la satisfaction complète des besoins est chose impossible pour l’humain, il y aura toujours quelque chose à faire dans une économie. Ainsi, dans un marché libre d’entrave, le chômage est, sauf pour les personnes totalement inaptes, une chose volontaire du point de vue de la catallaxie. Quelqu’un est au chômage parce qu’il a choisi de l’être. Soit il est entre deux jobs et préfèrent attendre une meilleur offre ou soit il considère le coût du travail (le labeur) supérieur aux bénéfices. Comme le travail est un mal nécessaire dans la satisfaction de besoin, il appert impossible pour quelqu’un de refuser le travail indéfiniment. Même de partir à la chasse est un travail. On s’impose ce labeur pour manger. Donc, le chômage est toujours temporaire. À la limite, on peut considérer les moments de loisir comme du chômage catallactique. On préfère se passer du travail qui pourrait être fait, car on considère son coût trop élevé. Par contre, pour la catallaxie, seul le travail dans la société basé sur la division du travail est important dans l’analyse. Il faut aussi faire la distinction entre chômage catallactique tel que décrit ci-haut et chômage institutionnel causé par des interventions dans l’économie. On y reviendra dans le prochain billet.

 

Finalement, le marché n’inclut aucune notion de salaire juste. Il n’impose que le salaire d’équilibre. Comme le salaire juste repose sur un jugement de valeur, son évaluation n’est réservée qu’au jugement des individus. Si l’industrie X n’est capable d’embaucher personne à un salaire Y, elle devra, pour augmenter sa production, augmenter sa quantité de capital de R plutôt que de travail. L’augmentation du capital augmente la productivité du travail et l’industrie est maintenant prête à embaucher au prix Y+R, car ce salaire supérieur est, sous les nouvelles données, maintenant productif. Le processus continue jusqu’à ce que l’industrie réussisse à embaucher les travailleurs nécessaires à sa production. Tant et aussi longtemps que l’industrie peut écouler toute sa production, elle continuera son expansion en capital (qui permet de produire plus d’unité). Cette expansion augmente les salaires. Le processus s’arrête quand les décisions des consommateurs font qu’une augmentation de production ne trouverait pas preneur au prix déterminé. On a alors atteint le point d’équilibre du marché pour ce produit et ses facteurs de production.

 

L’accumulation de capital continue permet de toujours améliorer la condition des travailleurs. Tous les travailleurs peuvent trouver leur place dans la structure de production, car nous trouvons toujours des désirs non satisfaits. Les conditions de vie des gens les plus pauvres de notre société moderne feraient mourir d’envie bien des aristocrates du moyen-âge. Ne pensez qu’au réfrigérateur ou à l’eau courante qui, bien que nous considérons ces choses comme banales, amèneraient beaucoup de bonheur en des temps plus anciens. Si on accepte de donner un jugement de valeur au marché et de déterminer un niveau de salaire sous lequel un individu ne peut vivre, le meilleur moyen d’améliorer sa condition est d’accumuler encore plus de capital. Donc, la société doit, si elle veut améliorer la condition des pauvres, s’assurer de conserver les conditions optimales dans l’accumulation de ce capital i.e. la conservation d’une société basé sur la propriété privée et la division du travail.

 

La terre

 

On parle ici de terrains. Rien ne sert de discourir longtemps à cette section. Elle repose sur les mêmes processus d’offre et demande qui sont déterminés par les actions des consommateurs. Le prix des terrains est déterminé selon la combinaison la plus efficace de production servant à répondre aux besoins des consommateurs i.e. tout le monde.

 

Si on règlemente le prix d’un terrain (comme pour tout facteur de production), le marché ajustera ses opérations pour atteindre le nouvel équilibre de satisfaction des besoins. Par contre, elle est différente de celle d’un marché sans entrave. Elle est donc imparfaite par rapport à la véritable volonté des consommateurs.

 

 

Ici se termine la section traitant du marché en tant que tel. La suite: le socialisme et l’interventionnisme.

Human Action: Un résumé, partie 4.1

Ludwig von Mises

Human Action, ce chef-d’œuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma  compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture! 

 

 

PARTIE 4: LA CATALLAXIE OU L’ÉCONOMIQUE D’UNE SOCIÉTÉ DE MARCHÉ

 

La catallaxie se veut l’étude des phénomènes inhérents à une économie de marché. Comme nous l’avons vu dans la première partie, ces observations sont fondées sur la logique et sont valides en tout temps. On observe ces phénomènes lors d’échanges entre individus dans une société basé sur la division du travail (notre société moderne).

 

Le marché

 

L’économie de marché est le système social basé sur la division du travail sous la propriété privée des facteurs de production. Comme vu précédemment, tout le monde agit dans le but d’améliorer son propre sort. En se spécialisant dans un domaine, une personne espère échanger le fruit de son labeur contre quelque chose de plus pratique pour elle. Donc, le meilleur moyen d’acquérir plus de biens i.e. plus de richesses, pour une personne est de s’assurer que ce qu’elle produit correspond le plus exactement possible aux besoins des personnes avec qui elle souhaite échanger i.e. ses clients. En travaillant pour son propre intérêt, elle s’assure, par la bande, de satisfaire les besoins des autres également, car ses derniers désirent acquérir sa production.

 

Si plusieurs personnes produisent le même type de produit, la personne produisant le produit répondant le mieux aux besoins des clients, au meilleur prix possible, se trouve à avoir plus de succès que les autres et à donc plus de facilité à acquérir de la richesse. Ça force donc les autres à améliorer leurs pratiques s’ils veulent continuer à satisfaire un maximum de désirs. On se retrouve donc avec plus de biens, de meilleures qualités, disponibles sur le marché. Les consommateurs en sortent gagnant. Il est important que les consommateurs et les producteurs soient libres dans leur action. C’est de cette seule façon qu’on s’assure que les clients ont la possibilité de s’offrir ce qu’il y a de mieux face aux possibilités offertes.

 

Dans ce système, le consommateur est roi, car l’organisation de la production repose sur le fait que les consommateurs achètent ou n’achètent pas le produit. Aucun producteur ne peut contraindre un consommateur à acheter son produit. Il doit le convaincre qu’il s’agit du meilleur. Dans ce cas, et ce cas seul, la production peut être écoulée. Il importe peu que le producteur soit une personne seule ou un ensemble structuré de personne. La logique est la même. Est produit ce qui répond le mieux aux besoins des consommateurs; sinon, ces derniers s’abstiennent d’acheter et la production n’est pas rentable.

 

Il y a quatre catégories de personnes sous la catallaxie: l’entrepreneur, le capitaliste, le travailleur et le propriétaire de terrain. L’entrepreneur est celui qui détecte les anomalies dans la structure de production du marché. Il voit les disparités entre la valeur d’une fin et la somme de la valeur des moyens. Il réajuste la production actuelle pour mieux satisfaire les besoins des  consommateurs. Entre le temps où la disparité entre la demande et la production est détecté et le temps où la nouvelle structure de production est atteinte, l’entrepreneur engage un profit (ou une perte si sa prédiction s’avère fausse). Le profit d’un entrepreneur est toujours temporaire, car il n’existe que parce que l’entrepreneur corrige la production pour la faire correspondre aux nouveaux besoins des consommateurs. Comme le monde évolue, qu’on accumule plus de capital (j’y reviens ultérieurement) et que la technologie progresse, ce processus est toujours en œuvre dans les différents secteurs de l’économie. Donc, un entrepreneur alerte trouvera toujours une source de profits, car il verra toujours une disparité de production à quelque part. C’est lui qui permet au marché de répondre toujours de mieux en mieux aux besoins des consommateurs. Lui enlever cette source de profit, c’est lui enlevé la motivation d’améliorer la situation. À l’inverse, le marché punit un mauvais entrepreneur en lui infligeant une perte. L’entrepreneur essaie donc toujours d’améliorer la structure de production plutôt que la détériorer pour s’éviter des pertes à lui-même.

 

Comme je le disais, le profit est temporaire. Au début du processus, il existe une disparité entre la somme de la valeur des moyens (facteurs de productions) et le produit fini. Au début, le profit est plus grand. Ce profit stimule la production (pour augmenter les revenus) et attire les nouveaux joueurs dans ce secteur. La plus grande production augmente la demande des facteurs de productions. Ces derniers voient donc leur prix augmenter, car on veut acquérir plus de ce dit facteur (bien sûr, à long terme, le prix du facteur peut redescendre, car on augmente sa capacité de production à lui. C’est la nature même du marché de toujours s’ajuster à la demande). Donc, le profit de l’entrepreneur finit par disparaître complètement (bien sûr, d’autres changements dans l’environnement amènent d’autres opportunités de profit, ce processus est sans fin). À la fin du processus de réajustement, ceux qui profitent de la nouvelle structure de production sont, outre les consommateurs qui peuvent répondent plus efficacement à leurs désirs, les propriétaires des facteurs de production soit le capitaliste, le travailleur et le propriétaire de terrain. Nous reviendrons plus loin sur cet élément dans la section des prix.

 

Il est important de faire une remarque ici. Ce qu’on appelle entrepreneur dans notre monde moderne n’en est pas nécessairement. On qualifie souvent d’entrepreneur une personne qui est travailleur automne. Dans bien des cas, son revenu en est un de travailleur ou de capitaliste (propriétaire de capital), il est rémunéré pour son travail et son investissement, non pas de son entreprenariat au sens de la catallaxie.

 

Les prix

 

On peut qualifier les produits en deux catégories. Ceux d’ordre inférieur et supérieur. Ces qualificatifs ne visent pas à définir un produits de moins bonne qualité que l’autre, mais de les placer dans un ordre hiérarchique de production. Les biens d’ordres inférieurs peuvent être aussi appelés biens de consommation. C’est le produit fini. C’est ce qu’un individu acquière comme moyen pour satisfaire une fin. Les biens d’ordre supérieurs sont ceux qui sont utilisés dans la production du produit i.e. les facteurs de production.

 

Le processus d’établissement des prix commencent au niveau des biens d’ordre inférieur. En achetant, ou en s’abstenant d’acheter, les consommateurs décident des produits finis qui sont fabriqués, de telle qualité et en telle quantité. Prenons le cas où le processus d’ajustement entrepreneurial est complété où la somme des prix des facteurs de production égale le prix du produit fini. Cet était de fait, ce vers quoi le marché se dirige toujours sans réellement l’atteindre à cause des changements constants de l’environnement, est celle où l’allocation des ressources limitées est optimale selon les préférences des consommateurs. Comme les gens agissent dans le but de satisfaire leur besoin le plus urgent de la façon la plus efficiente possible, les biens d’ordre inférieur qui se vendent sont ceux qui permettent aux gens de satisfaire leurs besoins le plus urgent de la façon la plus efficiente possible. Pour la production de ces biens, on doit acquérir des facteurs de production. Le seul moyen de s’assurer que notre produit est vendu plutôt que celui du compétiteur est de trouver la combinaison la plus économique dans l’utilisation de ces facteurs de production. Bien sûr, c’est un travail de longue haleine, car tout ajustement bénéfique à court terme peut changer le prix de ces dits facteurs à long terme et obliger une autre modification. Le fait de vendre toute la production ou non, au prix établi, est l’indicateur de la viabilité des activités. Si le prix de production (coût des facteurs de production) est trop élevé, on reste avec de la capacité de production inutilisé. On encaisse alors une perte et on redirige du capital vers une branche plus profitable de l’économie. La production de cette branche diminue et la demande rejoint l’offre à nouveau.

 

Dans la quête de la combinaison optimale, les producteurs se battent pour des facteurs de production limités. La demande de ces facteurs est influencée par leur utilité dans le processus de fabrication du produit d’ordre inférieur. Le prix du facteur de production va se stabiliser au niveau où toute la quantité disponible trouve preneur et où la valeur de ce produit permet de produire, en combinaison avec les autres facteurs de production nécessaire, le produit sans encaisser de perte.

 

Revenons sur un point important. Il faut comprendre que ce qui limite le développement et l’acquisition de richesse est la rareté des ressources. Dans toutes actions, l’homme est placé devant l’état de fait que les ressources disponibles à son bonheur sont limités; sinon, il nous serait facile d’atteindre l’état de grâce i.e. l’état où tous les besoins sont comblés et où aucune autres actions n’est nécessaire. C’est la rareté de ces ressources qui amène la notion de prix sur celles-ci. Un produit dont on ne manque pas en quantité, n’a pas de valeur économique. Comme personne n’est contraint de réduire la consommation d’un produit trop abondant, personne n’est prêt à payer pour. Est-ce que vous seriez prêt à payer pour de l’air (sauf pour la plongée sous-marine, par exemple)? Je ne crois pas. On en respire depuis notre naissance et nous n’en avons jamais manqué. Bien sûr le futur pourrait changer cet état de fait. L’air deviendrait alors un produit économique. Donc, l’établissement des prix expliqués plus haut, fait référence aux produits économiques. Seul ceux-ci nous intéresse en Catallaxie, car seulement eux nous oblige à en faire la meilleure utilisation possible dans le but de satisfaire le plus de fins.

 

Donc, le mécanisme du prix, dirigé par le désir des consommateurs, permet à l’ensemble des acteurs d’orienter leurs actions vers l’allocation la plus efficiente possible des ressources limitées disponibles. Si un facteur est trop en demande, son prix sera plus élevé que l’utilité que l’on peut en obtenir dans le marché. Les consommateurs se tourneront vers d’autres alternatives pour assouvir leurs besoins les plus urgents, rééquilibrant ainsi l’allocation des facteurs de production i.e. la structure de production, de la façon où les consommateurs sont le plus satisfait.

 

Prix de monopole

 

Une chose qui effraie beaucoup de gens est le danger des prix de monopole. Il est important de mentionner prix de monopole, car le monopole en soit n’est aucunement dommageable s’il n’amène pas un niveau de prix monopolistique. Un prix de monopole est caractérisé par une restriction volontaire de l’offre dans le but de pouvoir le vendre plus cher. Le prix de monopole optimal est celui qui permet le plus grand profit. Si d’augmenter le prix diminue la quantité vendue à un tel point que ce n’est pas rentable de continuer de diminuer la quantité, on vient de dépasser le prix de monopole optimale.

 

Pour avoir un prix de monopole, il faut tout d’abord détenir un monopole sur l’offre d’un produit. Pour pouvoir imposer un prix de monopole, il faut être en position d’éliminer la compétition. Comme le seul moyen de vendre à un prix plus haut que celui qui prévaudrait avec de la compétition est de restreindre la quantité du produit disponible, il faut s’assurer que personne, à part nous, n’a la capacité de vendre ce produit. Si la vente du produit à un prix plus élevé était possible sans restreindre la quantité, c’est que le prix n’était pas celui d’équilibre.

 

Il y a des situations où même en présence de compétition, les prix ne sont pas les prix optimaux. C’est le cas quand peu de joueur sont présent sur un marché. Ils comprennent alors qu’il est à leur avantage à tous de restreindre l’offre, mais chacun veut espérer augmenter son profit en imposant la restriction de production à ses concurrents. Par contre, s’il prévaut un prix de monopole sur un marché parce les quelques fournisseurs y comprennent leurs intérêts, des nouveaux joueurs sont attirés dans le secteur pour prendre leur part du gâteau. L’offre augmente et le prix  baisse. Si, par contre, l’investissement est trop grand pour justifier l’arrivé de nouveaux joueurs, c’est que les ressources sont plus utile ailleurs dans l’économie pour satisfaire les besoins les plus urgent des consommateurs. Ou encore, il se peut qu’une règlementation empêche d’autres joueurs d’entrer le marché.

 

Dans la plupart des situations, on observe l’apparition d’un prix de monopole parce que quelqu’un à réussi, via la règlementation ou autres, à s’approprier un droit exclusif de production ou à rendre l’entrée de nouveau joueur si complexe que personne n’ose. Pensons aux brevets, par exemple, qui limite l’utilisation d’un bien non économique en lui imposant un prix. On subit une perte économique en devant payer pour une ressource qui n’est pas limité. Les prix de monopole pourraient être très dommageables au niveau d’un produit essentiel, mais à moins d’une intervention étatique imposée par la coercition, il serait très étonnant qu’une entreprise réussisse à monopoliser la production d’un produit que tout le monde veut. En pratique, on peut penser au pétrole, par exemple. Cependant, le pétrole peut être remplacé par autres choses. Ça arrivera à grande échelle quand le prix deviendra trop élevé. De toute façon, le pétrole n’est pas un bon exemple, parce que si nous avons un monopole dans ce secteur (ce serait plus un oligopole, mais c’est pour l’exemple), il faut mentionner que c’est un des produits qui est le plus contrôlé par les états i.e. par ceux qui ont le pouvoir d’imposer des choses par la force en brisant les lois du marché volontaire. De plus, il faut comprendre que les biens essentiels, non remplaçable, sont très rares. Même le blé, qui est très, très consommé, peut être remplacé par autre chose pour se nourrir…

 

Dans les rares cas où, sous les conditions d’un marché réellement libre, un prix de monopole pourrait émerger, ce serait un mal bien moindre que les monopoles causés par l’état qu’on observe à profusion. Je vous invite fortement de lire la section du livre qui traite des prix de monopole (page 354 – je l’ai cherché en Français, mais je n’ai rien trouvé). Elle a 20 pages et est très instructive.

 

 

Échanges indirects

 

Dans un marché, on échange un bien de consommation contre un autre. L’ébéniste échange sa table qu’il produit efficacement contre un foyer du forgeron. Bien sûr, il est peu pratique de devoir toujours trouver un partenaire d’échange qui a un produit qui nous intéresse. Au fil du temps, l’homme s’est doté d’un outil extraordinaire pour faciliter ses échanges: la monnaie. Ce qui était utilisé comme monnaie était un produit facilement échangeable, que tout le monde ou  presque voulait, durable et difficile à produire. L’or et l’argent se sont imposés au fil du temps. Une monnaie n’est qu’un média servant à reporter dans le temps notre échange. Ça permet à notre ébéniste d’échanger sa table contre de la monnaie. Il a plus de facilité à se trouver des clients et il a lui-même un plus grand choix ensuite pour échanger cette monnaie contre un bien qu’il veut. La monnaie a facilité encore plus les échanges et à accentuer encore plus la division du travail, rendant le marché encore plus efficace.

 

La monnaie doit être considérée d’un point de vue de la catallaxie de la même façon que tout autre bien. C’est simplement un bien très échangeable qui ne perd pas de qualité avec le temps. Le prix de la monnaie est déterminé, comme pour tout le reste, par le point d’équilibre en l’offre et la demande. L’offre et la demande est en grande partie déterminé par la quantité d’argent comptant détenu par les individus. Par argent comptant, on parle de pièce d’or conservé dans un coffre, par exemple, qui ne circule pas dans le marché (je vais utiliser l’or pour simplifier la compréhension, mais toute monnaie peut être considérée). Si des conditions font que les gens désirent augmenter leur comptant, la quantité d’or disponible (l’offre) va descendre et le prix de l’or va monter.

 

Qu’est-ce que ça veut dire une augmentation du prix de l’or? Si avant, il fallait produire une table pour avoir un gramme d’or, il faut maintenant en produire deux, car l’or est plus cher. Par association, le prix de la table a descendu. Avant, la table coûtait un gramme d’or, elle en coûte maintenant 0,5 gramme. Donc, l’augmentation de la valeur (prix) de l’or fait baisser le prix des biens qu’elle permet d’acquérir. Une autre façon de voir la chose est la suivante. Plus la quantité d’or disponible sur le marché est grande et plus le prix nominal des articles va augmenter, car plus d’or est disponible pour acquérir la même quantité de biens. À l’inverse, si on augmente la quantité de biens produits par rapport à la quantité d’or, le prix des articles descend. La raison pourquoi l’or et l’argent était utilisé comme monnaie est le fait que sa quantité reste relativement stable. Bien sûr, on en produit dans les mines, augmentant la quantité, mais cette augmentation est somme toute modeste et relativement constante. Ça facilite le calcul économique et les prévisions des acteurs, car les données relatives à la monnaie change, somme toute, de façon assez constante et lente. Bref, la relation entre la quantité disponible de biens et de monnaie détermine le niveau nominal des prix monétaires i.e. le pouvoir d’achat de la monnaie.

 

Il faut comprendre qu’un changement dans le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas ressenti par tout le monde au même moment. Dépendamment des facteurs, certains secteurs de l’économie le ressentent avant d’autres. Qui est avantagé dans le processus dépend des conditions du moment, mais certains gagneront à ce changement de pouvoir d’achat et d’autres perdrons.

 

Comme mentionné plus haut, deux facteurs peuvent influencer le pouvoir d’achat de la monnaie. Soit on change la quantité de biens disponibles ou soit on change la quantité de monnaie disponible. Si le prix des biens monte, on parle d’inflation. Soit la quantité de biens produits est plus petite soit la quantité de monnaie disponible est plus grande ou les deux simultanément. Si le prix des biens descend, on parle de déflation. Soit la quantité de biens produits est plus grande soit la quantité de monnaie disponible est plus petite ou les deux simultanément. Bien sûr, la quantité de monnaie et de biens disponibles peut augmenter simultanément. Le niveau d’augmentation des deux détermine si on voit une inflation ou une déflation. Comme mentionné plus haut, le prix de l’or est à l’inverse du prix des biens. Si le prix des biens descend (déflation) le prix de l’or monte. Quand le prix de l’or monte, l’épargnant est avantagé. Quand le prix de l’or baisse (inflation), l’épargnant est désavantagé au profit de l’emprunteur. Je reviendrai dans le prochain billet sur ces éléments que sont le pouvoir d’achat de la monnaie et l’inflation/déflation.

 

L’anticipation d’un changement de la valeur de la monnaie va modifier le comportement des acteurs. Si on prévoit une diminution de la valeur, on risque de réduire l’épargne au profit de la consommation immédiate. À l’inverse, si on prévoit une augmentation de sa valeur, on risque d’augmenter notre épargne pour profiter de sa plus grande valeur dans le futur. On y reviendra plus loin également. Comme l’or est limité dans sa quantité, les états ont à travers le temps toujours essayé de s’en débarrasser afin d’avoir une marge de manœuvre plus grande dans le financement de leurs dépenses. On observe depuis un bon moment déjà  une tendance inflationniste à travers le monde. Dans les faits, on s’est débarrassé de l’or par la force et on utilise maintenant de la monnaie fiduciaire. Ça permet aux états d’en produire autant qu’elles veulent. Comme on augmente constamment la quantité de monnaie, on augmente le risque d’inflation à moins que la quantité de biens produits augmente au moins à la même vitesse. On sait très bien aujourd’hui que la production prend du retard, on observe constamment de l’inflation.

 

 

C’est assez de contenu pour cet article. Je continuerai et terminerai dans le prochain avec la catallaxie. On verra l’accumulation de capital, les taux d’intérêts, les cycles économiques, les salaires, les terrains et la conclusion de cette partie. À plus tard!


 

Human Action: Un résumé, partie 2&3

Ludwig von Mises
Human Action, ce chef-d’oeuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture! 


PARTIE 2: LES ACTIONS DANS LE CADRE DE LA SOCIÉTÉ

Maintenant qu’on comprend mieux les actions humaines (partie 1), il est important de placer ces actions dans le contexte de la société.

La société humaine

La société c’est des actions concertées, c’est la coopération. La réalité dans laquelle on vit à vu le jour parce que depuis la nuit des temps, l’homme a su parfaire sa compréhension sur le fait que la coopération est la façon la plus efficace de parvenir au plus grand nombre de fins. Pensez à l’ensemble des biens que vous possédez. Croyez-vous que vous pourriez avoir toutes ces choses, de la même qualité, si vous aviez eu à les produire tout seul, isolé, sans aucune aide extérieure? La réponse va de soi! C’est cette évidence qui a poussé les humains, au fil du temps, à parfaire toujours de plus en plus leur mode de coopération. On a donc observé à l’apparition de la division du travail qui ne cesse de s’améliorer avec le temps.

La division du travail est simplement le fait que chaque personne, dans le cadre de la société, a tendeance à se spécialiser dans un domaine de production particulier. Une personne comprend assez rapidement, dans le monde de division du travail, qu’elle peut répondre à plus de besoins, d’envies, en améliorant sa capacité de production dans un domaine particulier et en échangeant les fruits de son labeur contre d’autres produits dont elle désire profiter. Par exemple, prenons Jean qui a des talents d’ébéniste et qui peut construire une table par jour grâce à ses aptitudes et à son expérience. Il est évident qu’il n’a pas besoin d’une table par jour pour répondre à ses besoins. Par contre, beaucoup de gens dans la société ont besoin d’une table. Jean sait qu’il peut échanger ses tables contre d’autres produits dont le besoin est plus urgent que sa table qu’il vient de fabriquer (il a déjà la sienne, donc cette table ne lui sert à rien). Il va donc voir le fabricant de foyer et lui échange sa table contre un foyer. Son foyer lui a donc coûté une journée de travail. S’il avait décidé de fabriquer son foyer lui-même, on peut parier qu’il aurait eu besoin de plus qu’une journée, car il aurait dû penser à son plan, apprendre la technique, réparer ses erreurs pour ensuite constater les défauts de son produit fini (on peut toujours améliorer un produit). Ces choses sont beaucoup moins lourde à supporter quand il fabrique une table, car l’expérience qu’il a acquise fait de lui un ouvrier beaucoup plus efficace que la moyenne dans la fabrication de tables. En échangeant sa table contre un foyer, il échange sa grande productivité de producteur de table contre la grande productivité du producteur de foyer. Ce dernier est d’autant plus content, car lui aussi de son côté, il a une table de meilleur qualité et à meilleur marché que ce qu’il aurait pû produire lui-même.

Voici un autre exemple des avantages de la division du travail. Prenons la civilisation des blancs et la civilisation des jaunes. Les blancs peuvent produire avec une quantité de ressources n, 8p OU 4r. Les jaunes eux peuvent produire, avec la même quantité de ressources, 6p OU 12r. Si nos deux civilisations se privent de l’avantage de la division du travail i.e. bénéfice de l’échange, ils doivent donc produire eux-même ce dont ils ont besoin. Ils produisent donc, supposons, 50% des deux produits (pour arriver à 100% de production avec les ressources). La production total du monde est donc de 7p + 8r. Si, par contre, ils décident d’échanger et de profiter des avantages de la division du travail, chacun se spécialise ce dans quoi il est le plus efficace. La production mondiale devient donc 8p + 12r. La population est donc plus riche de 1p + 4r du simple fait de tirer avantage de la division du travail.

Même si on fait le même exercice avec une civilisation beaucoup plus productive que l’autre en tout point de vue le résultat est le même. Les Blancs produisent: 8p OU 4r; les Jaunes produisent: 10p OU 6r. Sans la division du travail la production totale est de 9p + 5r. Sous la division du travail, il est plus avantageux pour la nation la plus productive de produire le produit pour lequel son avantage comparatif est le plus grand. En d’autres mots, le produit qu’elle peut fabriquer avec la plus grosse différence de coûts relatifs est celui qui lui procurera le plus gros avantage i.e. la plus grande possibilité de l’échanger contre plus de choses.  L’autre nation ne pouvant pas trouver les capitaux nécessaires au développement de la production de ce en quoi elle excelle, car ces capitaux sont tous dans la nation où la productivité est plus grande, se voit contrainte de produire le produit moins avantageux délaissé par les jaunes. Les jaunes ont une productivité supérieur au blanc de 25% pour le produit p et de 50% pour le produit r. Les jaunes choisissent donc de produire r. Donc la production totale mondiale devient: 8p + 6r. Comme la valuation des Blancs pour le produit r est de 2p et que pour les Jaunes elle est de 5/3p on peut conclure que l’unité de r gagné est plus désiré que l’unité de p perdu. On y gagne encore. 

Bien sûr, la réalité change un peu quand on inclue les jugements de valeurs de nos acteurs (partie 1), car la valeur d’un produit n’est plus nécessairement attaché à la quantité de ressources utilisées, mais plutôt à la valeur de ces ressources, mais ça ne change rien aux principes logiques qui sous-tendent notre explication. Ce qui est important de comprendre est qu’on est plus productif sous la division du travail qu’en solitaire. Cette plus grande productivité nous permet d’acquérir plus de richesses i.e. parvenir à plus de fins.

Le rôle des idées

L’humain est toujours en quête d’amélioration. Il apprend de ses erreurs et va toujours essayer de reproduire ce qui marche et éviter ce qui ne marche pas. Peu importe si ces idées sont correctes ou erronées d’un point de vue divin (excempt de tout jugement de valeur) est d’aucune importante du point de vue de la praxéologie. Ce qui importe c’est que l’homme cherche toujours la vérité absolue sur tous les sujets (à la mesure où il est confronté à un questionnement) et qu’il agit toujours de la façon qu’il considère la plus efficace, selon les moyens à sa disposition et son jugement de valeur à un moment donné, pour l’atteinte de ses fins.

Ainsi, les individus ont compris, au fil de l’évolution, que la meilleure façon de parvenir à plus de fins est de s’assurer de maintenir l’ordre social qui permet la division du travail, car celle-ci permet à l’homme, comme individu, de combler le plus de ses besoins à lui. C’est par un sentiment purement égocentrique que l’humain en est venu à se bâtir une société. Elle est le produit des actions humaines. Elle n’existe que par les actions réalisés par des individus autonmome. Chacun a avantage a protéger cette société basée sur la division du travail, car c’est le meilleur moyen pour arriver à plus de fins.

Les échanges  dans la société

Les actions sont toujours orientés dans le but d’échanger un état de fait contre un autre plus satisfaisant. Sinon, pourquoi agir? Souvent, on doit échanger avec d’autres personnes comme meilleur moyen pour atteindre une fin. C’est là qu’on observe un échange. Pour qu’un échange se fasse, il faut que les deux parties y voient un avantage. Le marteau que j’échange à moins de valeur, pour moi, que le tournevis que je reçoit et l’inverse est vrai pour mon partenaire. S’il tenait plus au tournevis que le marteau, il n’aurait pas procéder à l’échange, car son action n’aurait pas aider à diminuer son état d’insatisfaction.

Lors d’un échange, les deux parties s’entendent sur les termes de celui-ci: ils en sortent satisfait, chacun y trouvant son compte. Comme les deux personnes sont égales dans la transaction, deux partenaires d’affaires, il faut une autorité supérieure visant à assurer la préservation des conditions permettant à une société bâti sous la division du travail de perdurer. Cette autorité est appelée l’état, le gouvernement. Son rôle est de s’assurer que chacun est libre de faire ce qu’il veut de sa vie et de sa propriété sans contrainte ni pression i.e. de protéger sa vie et sa propriété contre les agressions et la fraude. Elle doit aussi s’assurer que les conditions contractuelles sont respectées par les deux parties. C’est ainsi qu’on s’assure que les conditions optimales permettant la réalisation d’un maximum de fins sont protégées.


PARTIE 3: LE CALCUL ÉCONOMIQUE

Un acteur attache à l’ensemble des moyens nécessaires à l’atteinte d’une fin, la même valeur que la fin en soi. Bien sûr, ces moyens n’ont de sens que lorsqu’ils font partie de la séquence d’actions menant vers la fin. Ainsi, une personne va entreprendre la série d’actions nécessaires à l’atteinte d’une fin que si elle arrive à la conclusion que la valeure de la satisfaction (la fin), est égale ou supérieure à la valeure des moyens qu’elle doit utliser dans l’atteinte de celle-ci. Sinon, il s’en trouve qu’elle éprouvera plus d’insatisfactions (coût de l’action) que le bénéfice qu’elle reçoit en bout de ligne. Bien sûr, l’acteur peut se tromper et le résultat final peut en être un de perte de jouissance, mais, au départ, on ne peut contredire le fait que la personne pensait, selon les informations qu’elle détenait et son jugement de valeur, améliorer sa condition en se lançant dans l’aventure au départ.

Il en va de même dans la conduite des affaires. Celui responsable de la production de biens et services, utilise le calcul économique pour savoir la rentabilité d’un projet d’investissement. Si les coûts dépassent le bénéfice, l’aventure est vaine. Afin de faciliter cette évaluation, l’humain s’est doté au fil du temps d’un outil très pratique dans cette activitée: la monnaie. L’outil qu’est le prix est la base même du calcul économique. C’est cet indice qui permet à un individu d’utiliser le calcul économique dans l’évaluation de ces actions. Nous reviendrons dans le prochain billet sur les prix, une des bases d’un marché.

Il ne faut pas oublier de tenir en compte du facteur temps. Une évaluation effectué aujourd’hui, ne donnera pas la même conclusion que celle effectuer demain. Les données de l’environnement auront changé ainsi que le jugement de valeur des protagonistes. Donc, le calcul est toujours à recommencer. En plein milieu du cheminement vers une fin, on peut réaliser que finalement le plan prévu dans l’utlisation des moyens disponibles n’est plus viables et on doit donc reviser nos positions en tenant compte des nouvelles données comme le chemin qui a déjà été fait par exemple. Peut-être que ça vaut la peine de continuer avec une jouissance moins grande (ou plus grande) en bout de ligne ou peut-être qu’il vaut mieux abandonner et de perdre ce qui a déjà été fait. Comme le monde change et est en constante évolution, on ne peut jamais être certain de l’exactitude de nos calculs ainsi que le fait que les conditions qui sous tendent cette évalution vont rester constantes.


Prochaine partie: l’économie de marché.

Human Action: Un résumé, partie 1

Human Actionce chef-d’oeuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture!

  

PARTIE 1: LES ACTIONS HUMAINES

 

Partant d’un simple axiome « Human Action is purposeful behavior » (les actions humaines sont des comportements visant un but !?!?, je suis un très mauvais traducteur), Mises explique les rouages du libre-marché et de son fonctionnement.

Le problème épistémologique de la praxéologie

On peut diviser la science des actions humaines en deux branches: la praxéologie et l’histoire.

L’histoire réfère aux activités qui étudient les données passées pour ensuite user de la compréhension pour essayer d’expliquer ce qui s’est passé. En aucun cas, on peut utiliser ce qu’on apprend de l’histoire pour stipuler une théorie valide à tout coup. Premièrement parce qu’on fonde cette connaissance sur notre compréhension des événements passés. Cette compréhension est basée sur notre propre cheminement personnel, sur notre propre conception du savoir. La deuxième guerre mondiale ne réveille pas les mêmes émotions pour un juif allemand que pour un américain ou un brésilien. Donc, on ne peut être sûr à 100% que nos interprétations des événements passés est exact. Ensuite, même si on suppose une compréhension juste à 100%, on ne peut pas affirmer que les mêmes phénomènes dans le présent vont amener le même résultat, car les gens ne sont pas les mêmes, l’état des choses n’est pas la même et la société est également différente. Par exemple, si vous aviez faim hier et que vous avez mangé une pomme, rien ne dit que si les mêmes conditions se présentent vous allez encore manger une pomme. Vous pourriez aussi bien opter pour une banane.

La deuxième branche de cette science est celle de la praxéologie: l’étude des actions humaines et leurs implications, toujours et à tout moment. Comme on ne peut se fier sur l’histoire pour établir une théorie infaillible, on doit utiliser une autre méthode d’acquisition du savoir. La praxéologie se fonde donc sur la logique absolue pour établir une théorie sur les actions humaines. La seule façon d’invalider ou valider cette théorie n’est pas par l’expérience comme dans les sciences naturelles, car nous sommes alors confrontés au problème cité plus haut relatif à l’histoire, mais par l’examination logique de toute les étapes du cheminement de pensée pour s’assurer de son exactitude en tout lieu et en tout moment en présences des éléments de bases supportant la théorie. Par exemple si on dit qu’une roche et de l’eau qui entre en contact devienne de l’or (suite à un cheminement logique infaillible (ce qui ne peut être le cas, mais supposons)), il faut, pour que la théorie soit vrai, être en présence de roche et d’eau. On ne peut pas supposer l’exactitude de la théorie si on remplace l’eau par du bois.

Je vois mal comment je peux résumer différemment ce passage sans étaler l’argumentation complète de Mises. Si vous êtes insatisfait de cette partie, je vous suggère de lire le chapitre 2 de son ouvrage.

L’homme comme acteur

Quelqu’un agit i.e. fait une action, dans le but de corriger une insatisfaction, de répondre à un besoin, une envie. Il croit que son action va améliorer son état actuel. Pour qu’il y est action, trois prérequis doivent être présent:

  1. Notre acteur doit ressentir une insatisfaction;
  2. Il doit concevoir un état où cet insatisfaction n’est plus présente;
  3. Il doit croire que son action va l’amener vers cet état de satisfaction.

Bien sûr, quand on parle de la praxéologie, on ne s’intéresse qu’aux actions volontaires et préméditées. Les réactions biochimiques de notre corps face aux stimulis de l’environnement ne sont pas, par exemple, considérées par notre étude. Pour qu’une action entre dans le champ d’études de la praxéologie, elle doit être rationnelle et réfléchi. Le degré de rationalité est indéfini ainsi que la valeur de la réflexion. On ne s’intéresse pas à la qualité de la décision menant à l’action, mais à l’action elle-même. Quand on dit que toute action est rationnelle et réfléchi, on veut dire que l’acteur effectue une action, car il croit, selon les informations qu’ils disposent, que c’est la façon la plus efficace (rapport coûts/bénéfices) d’atteindre son but soit l’effacement de son insatisfaction.

Il importe ici de clarifier deux concepts, soit: moyen et fin. Celui qui agit le fait dans le but de parvenir à une fin. Il oriente ses agissements dans le but d’atteindre l’état vers lequel il aura éliminé son sentiment d’insatisfaction. Si quelqu’un a soif (état d’insatisfaction), il va agir dans le but de parvenir à une fin soit de se réhydrater. La fin en soi n’a aucune incidence sur l’économie. Ce n’est qu’une vision du futur. C’est ici que les moyens entrent en jeu. Pour parvenir à une fin, l’acteur utilise des moyens. Il a soif? C’est là que le jeu économique entre en jeux. Il a le choix des moyens à utiliser pour se réhydrater. Il peut boire, il peut se brancher un soluté ou encore il peut décider qu’un autre besoin est plus urgent (pisser?) et de ne rien faire. Bien sûr, 99,9% des gens s’entendent pour dire que le meilleur moyen est de boire, mais le problème ne s’arrête pas là. Il doit encore choisir parmi plusieurs possibilités sur quoi boire. De l’eau, du jus, de la bière, une boisson gazeuse, du vin, etc. Il va baser son choix sur un jugement de valeur opposé aux coûts de la dîtes actions. Je reviendrai sur le jugement de valeur. L’important ici est de bien comprendre les deux termes soient: moyens et fins. La fin est l’état de satisfaction qu’on voit dans le futur et le moyen est ce qu’on fait pour y parvenir. Seulement ce dernier joue un rôle économique.

Il va sans dire que l’homme n’est jamais satisfait. Il nous est impossible de penser à état des choses où un quelqu’un est entièrement satisfait et où aucune action ne peut améliorer l’état d’un être. Ainsi on peut donc conclure que l’homme acteur, est toujours en train de réaliser une action dans le but de parvenir à l’état de grâce parfaite. Il est constamment en train d’agir dans le but de satisfaire le plus de besoins possibles sans jamais y parvenir.

Comme les besoins sont infinis (on n’arrive jamais à l’état de parfaite satisfaction), l’acteur doit toujours faire des choix face aux insatisfactions à corriger. Ces choix sont purement personnels et sont basés sur des jugements de valeur. Bien que l’immense majorité des gens vont combler leur besoin de se nourrir et de boire avant celui de consommer de l’art, on ne peut affirmer de façon certaine que c’est le choix qui prévaudra toujours dans toutes les situations. Si une personne a décidé, pour une raison qui lui est propre, qu’elle jeunait, il est fort probable qu’elle consommera alors de l’art avant de se nourrir. Toute personne, à un moment donné, va toujours, selon son jugement propre, satisfaire son besoin le plus urgent selon ses capacités (j’y reviens plus loin). Elle peut être soumise à des contraintes et de ce fait son choix peut varier, mais la décision lui est quand même personnel quand à l’avenue finale. Il peut arriver que le besoin le plus urgent ne puisse être comblé au moment de la prise de décision, faute de moyens, mais c’est justement l’essence même de l’économie soit de faire face à la rareté des ressources i.e. les moyens.

Encore ici, on ne peut pas mettre en évidence toutes autres règles face à ce choix autre que celles mentionnés. On ne peut pas, par exemple, supposer que si une personne préfère 5p à 10n, elle va également préférer, selon les mêmes ratios, 4p à 8n. Peut-être que pour l’atteinte de sa fin, 5p peuvent être utilisé comme moyen, mais pas 4p. Peut-être que cette unité manquante de p l’oblige à délaisser sa fin ou encore de modifier ses moyens. Ainsi, il peut arriver alors qu’elle préfère 8n à 4p. Donc, il nous est impossible d’essayer de formuler une règle de satisfaction des besoins basée sur l’observation, car on ne peut jamais évaluer un jugement de valeur et on se retrouve encore avec le problème de l’observation historique discuté plus haut. Aussi, on ne peut pas ordonner les besoins de façon quantitative, on ne peut le faire que de façon qualitative et cette échelle de qualité n’est valable que dans la situation donnée au moment donné. Par exemple, si par exemple on est devant les éventualités suivantes: 

  • Aller voir un match de hockey;
  • Aller au cinéma;
  • Lire un livre.

Quelqu’un peut décider qu’il préfère aller voir un match de hockey sur les trois options. Donc, il préfère l’option 1 à l’option 2 et à l’option 3, mais si on lui donne le choix entre le match de hockey ou aller au cinéma et lire un livre (les deux activités plutôt que la première), il se peut qu’il préfère alors les deux autres options. Dans le même ordre d’idée, si on ajoute un quatrième choix, soit de jouer au soccer et qu’on suppose qu’il préfère lire un livre plutôt que de jouer au soccer (qui lui est précédé par le match de hockey) rien ne nous permet d’affirmer sans aucun doute qu’il ne préférera pas le match de soccer au match de hockey. Donc, les jugements de valeurs sont personnels et on ne peut pas essayer d’en comprendre une régularité. Ils dépendent de l’état d’âme de l’acteur à un moment donné et peuvent varier à tout moment.

Les limitations aux actions

Toute personne est limitée par des barrières dans la poursuite du bonheur absolu. L’action est toujours positionnée dans le temps et comporte toujours une durée. Parfois elle est si minime qu’elle pourrait être ignorée et d’autres fois elle est si longue que le résultat final n’est pas celui escompté. L’homme, dans l’utilisation de moyens pour parvenir à une fin, doit toujours prendre en compte le fait que du temps est nécessaire à l’obtention de la fin convoité. Ils utilisent les produits du passé i.e. les moyens disponibles aujourd’hui, dans le but d’être contenté dans le futur. Le moment présent n’est utile que par les moyens qui sont disponibles maintenant, par l’état d’âme de l’acteur présentement et que par les possibilités qui existe aujourd’hui. Les mêmes facteurs qui se présentent à un autre moment, à supposer que c’est possible malgré le fait que le monde évolue, ne veulent pas dire que le choix sera le même. En plus, l’acteur doit toujours effectuer un jugement de valeur relativement aux choix d’actions disponibles, car il ne peut pas en effectuer deux en même temps. Il choisit donc ce qui est le plus urgent en étant conscient que l’autre choix ne sera peut-être plus disponible dans le futur. 

Il faut cependant être conscient que l’action, qui se déroule toujours dans le présent, aura des conséquences seulement dans le futur qui lui est incertain. L’homme ne peut changer le passé, il doit donc se contenter de l’état de fait présent aussi imparfait soit-il dans le but d’améliorer son futur.

Comme l’achèvement des actions vers une fin prend du temps, l’avenue est toujours incertaine. Certaines actions ont presque 100% de chances de se réaliser tel que prévu alors que d’autres présentent une incertitude plus élevée. Plus le résultat est loin dans le temps et plus les chances que des nouvelles données dans l’environnement viennent modifier le résultat final. Cet élément est très important dans la prise de décision de toute personne, car, selon son jugement de valeur, elle va évaluer différemment certaines avenues dépendamment de leurs positionnements dans le futur ainsi que leurs probabilités de réalisation de la façon désirée. Certains vont préférer une jouissance moins grande maintenant, mais plus sûr, alors que d’autres préfèrent avoir une satisfaction plus grande à une date ultérieure au risque de ne rien avoir du tout. Plus le bénéfice est loin dans le futur et plus les chances de défaut sont grandes. Chacun est libre de faire son propre jugement de valeur selon ces différentes options et possibilités. Nous reviendrons ultérieurement sur l’élément de préférences reliés au temps i.e. préférences temporelles.

Conclusion

L’étude de l’économie doit se faire en tenant en compte qu’on fait affaire avec des êtres humains qui agissent selon leur propre envies. Ces actions sont orientées par l’environnement qui entre en ligne de compte dans la décision de l’homme, mais en aucun cas on ne peut élaborer de formule mathématique pour prédire l’agissement de quelqu’un. L’acteur évolue dans un monde changeant et essaie toujours de s’approcher de l’état de satisfaction parfaite sans jamais y parvenir. Il essaie constamment d’utiliser les moyens à sa disposition de la façon la plus efficiente possible dans l’atteinte de ses fins.

Il est essentiel de bien comprendre ces concepts avant de poursuivre l’étude du sujet. C’est pourquoi Ludwig Von Mises a réservé 140 pages dans son ouvrage à l’établissement de cette base que j’ai ici essayé de vous résumer en 2000 mots. De cette base est montée toute sa théorie économique sur le fonctionnement d’un marché. Le prochain article portera sur l’action dans le cadre de la société ainsi que les bases du calcul économique nécessaire à la compréhension des mécanismes du marché qui suivra ensuite.