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Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise?

Par Minarchiste

Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise? C’est la question que posait récemment le blogueur Pierre Chappaz à quelques blogueurs libéraux. Voici ma réponse.

 

Premièrement, il incombe de spécifier que la crise dont Pierre parle est la crise de la zone Euro et de ses PIIGS. Résumons d’abord les choses d’un œil objectif :

–          Lors de la création de l’Euro, certains pays qui devaient assumer des taux d’intérêt très élevés sur leur dette en raison de l’irresponsabilité fiscale de leur gouvernement se sont retrouvés à bénéficier d’un taux d’emprunt similaire à celui de l’Allemagne (i.e. beaucoup plus bas).

–          Un boum de crédit s’en est suivi. La consommation et l’immobilier ont été dopés à l’endettement.

–          Le gouvernement aussi a profité de la manne. Ses revenus de taxation ont augmenté en raison de cette activité économique accrue et il en a profité pour augmenter ses dépenses. Les déficits n’étaient pas un problème puisque les taux d’emprunt étaient attrayants.

–          Les autres pays, comme l’Allemagne, en ont eux aussi bénéficié car ceux-ci ont vu leurs exportations augmenter en raison de la demande provenant de ces pays dépensiers.

–          Les flux financiers entre ces pays ne pouvaient pas se rééquilibrer puisqu’ils partageaient la même monnaie. Donc l’Allemagne pouvait engendrer un surplus de sa balance commercial sans voir son taux de change augmenter et réduire sa compétitivité.

Puis, les choses ont mal tourné :

–          La bulle de crédit a fini par se dégonfler (comme elles le font toujours), emportant avec elle le marché immobilier et la consommation.

–          Les revenus de taxation des gouvernements ont chuté, amenant ces pays profondément en déficit.

–          Ces déficits ont été exacerbés par les sommes octroyées en secours au système bancaires défaillants.

–          Les investisseurs ont alors tourné le dos aux titres de dettes de ces pays, doutant de leur capacité à les rembourser.

–          Les PIIGS se sont alors retrouvés dans l’impossibilité de financer leurs déficits ni leurs échéances de dettes, les amenant en situation d’insolvabilité.

–          Les dépenses des gouvernements ont alors augmenté fortement en raison de la récession (en raison du filet social) et en raison de la charge d’intérêt plus élevée sur la dette.

–          Les gouvernements se sont alors mis à couper certaines de leurs dépenses et à augmenter les taxes et impôts (a.k.a. « mesures d’austérité ») pour tenter de rééquilibrer leur budget.

–          Ces dépenses ont largement affecté les transferts sociaux et les services publics, sans toutefois réduire la bureaucratie ou alléger les barrières structurelles de l’économie.

–          Par conséquent, ces coupures de dépenses et hausses de taxes ont eut comme effet de nuire encore plus à la situation économique déjà précaire.

Quelles sont les solutions libérales?

Le meilleur moyen pour les PIGS d’améliorer leur niveau de vie est de créer de la richesse. C’est ça la seule solution durable à la crise. Les politiciens Européens doivent d’abord réaliser que leur conception de la richesse est erronée. La richesse ne résulte pas de la consommation financée à crédit. La richesse résulte de la production et pour produire, il faut des gens compétents et du capital productif (voir ceci absolument). Déployer du capital productif pour mettre les chômeurs au travail serait très bénéfique pour ces économies décimées.

Ceci dit, les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Espagnols ne sont présentement pas en position d’accumuler du capital. Beaucoup de gens sont au chômage et les marchés financiers sont en perdition. Et ceux qui ont du capital inutilisé font face à un environnement trop incertain pour le déployer et à une économie paralysée. Il est important de comprendre qu’il est très difficile de faire des affaires dans ces pays très bureaucratisés et règlementés. Démarrer une nouvelle entreprise y est un vrai casse-tête (voir cette histoire extraordinaire par exemple). Il est presque impossible d’y renvoyer quelqu’un, donc les entreprises sont très hésitantes à embaucher. Que faire?

Si le capital ne vient pas de l’intérieur, il devra venir de l’extérieur. C’est le cas en Irlande, qui s’en tire mieux que ses consœurs en raison de son environnement favorable aux investissements étrangers. Comment arriver à attirer ce capital? En réformant la structure de l’économie comme suit :

1)      Réduction drastique de la bureaucratie étatique résultant en une baisse du nombre de fonctionnaires et de la paperasse (et des dépenses de l’État).

2)      Facilitation du processus de création et d’exploitation d’une entreprise, incluant un allègement significatif de la réglementation et une ouverture tout-azimut au libre-échange.

3)      Réduction du fardeau fiscal des entreprises.

4)      Privatisation des sociétés d’État et des actifs de l’État et utilisation des recettes pour réduire la dette.

5)      Libéralisation du marché du travail de façon à rendre les congédiement plus faciles (comme la flexi-sécurité du Danemark).

6)      Sortie de la zone Euro (ce qui résulterait en un ajustement à la baisse des salaires réels).

Quelles seraient les conséquences? Les PIGS se retrouveraient alors avec des salaires concurrentiels, un marché du travail flexible et un climat favorable au commerce international. Il serait alors facile pour les PIGS d’attirer des entreprises à investir chez eux. Ces investissements engendreraient des emplois durables qui feraient augmenter les recettes de l’État tout en faisant diminuer ses dépenses (parce qu’il y aurait moins de chômeurs et de dépendants de l’État); d’autant plus que la charge d’intérêt sur la dette diminuerait aussi (tant en raison d’une baisse du taux d’intérêt que d’une baisse du montant de la dette). Ces pays se retrouveraient alors sur une trajectoire de reprise économique soutenable.

Les Grands Mythes économiques : Mythe #2

Par Minarchiste

 

Les cycles économiques sont causés par un inexplicable pessimisme qui conduit les gens à cesser de dépenser et d’investir, provoquant un effondrement progressif de la demande dans l’économie. La politique monétaire centralisée est un outil qui fonctionne.

L’explication keynésienne des récessions décrite ci-haut est plutôt ridicule. La Théorie Autrichienne des Cycles Économiques (ABCT) est bien plus logique et colle bien mieux à la réalité Une expansion excessive de la masse monétaire crée une bulle d’endettement insoutenable. Durant ce boum inflationniste, les décisions des agents économiques sont faussées par des taux d’intérêts trop bas et une économie dopée à la dette, ce qui les pousse à mal investir et à ne pas épargner suffisamment. Une fois cette bulle éclatée, s’installe un processus d’ajustement : la récession. Durant cette phase, les entreprises inefficaces sont évincées du marché, les mauvais investissements sont dilapidés et les ressources sont ré-allouées en fonction des préférences réelles du marché. Les mauvaises créances sont radiées, l’endettement diminue et les prix baissent. Une fois le processus complété, la croissance économique peut repartir sur une base plus solide.

 

La première solution proposée par les keynésiens consiste à créer de la monnaie pour faire baisser les taux d’intérêt. Face à cette baisse, les consommateurs et les investisseurs s’endetteront pour financer leurs dépenses et investissements, ce qui redémarrera l’économie. Lorsque cette mesure ne fonctionne pas et que les taux d’intérêt sont à des niveaux auxquels ils ne peuvent plus baisser, l’économie se retrouve en situation de « trappe à liquidité ». À ce moment, les keynésiens prescrivent que le gouvernement s’endette pour augmenter ses dépenses. Par un phénomène mystique, ces dépenses seront multipliées dans l’économie et redémarreront l’économie.

Cependant, ces mesures ne font que retarder le processus d’ajustement et rallonger la période de marasme économique. Dans les deux cas, les solutions keynésiennes nécessite une augmentation de l’endettement pour financer la reprise. Pourtant, l’excès de dette est la cause fondamentale des boums économiques insoutenables qui finissent en récession. Cela n’a aucun sens; comme le stipule la fameuse métaphore de l’ivrogne qui tente de soulager sa gueule de bois en buvant plus d’alcool (les keynésiens voudraient guérir une récession à l’aide de plus de dette).

Ainsi, si on veut éviter la récession, il faut éviter l’excès du boum. Comme le disait l’économiste Ludwig Von Mises en 1949:

« Le mouvement ondulatoire qui affecte le système le système économique, la succession de période de boum et de récessions, est le résultat inévitable des tentatives répétées de réduire les taux d’intérêt par l’entremise de l’expansion du crédit. Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boum économique généré par l’expansion du crédit. »

Dans une économie libre, les taux d’intérêts sont en fait le prix de la monnaie dans le temps. Ils représentent une information vitale pour les consommateurs et les producteurs concernant leurs préférences de consommation et leurs opportunités d’investissement. Ils coordonnent les investissements et, par le fait même, la production future, de façon à ce qu’elle corresponde aux préférences des consommateurs.

Lorsqu’une banque centrale manipule les taux d’intérêts par sa politique monétaire, elle brouille le signal de prix que ces taux envoient à l’économie. Les décisions de consommation et d’investissement deviennent déconnectées de la réalité, le mécanisme d’allocation des ressources du marché ne fonctionne plus correctement et l’économie se met à dérailler. Un petit groupe d’individus ne peut savoir quel est le niveau désirable de taux d’intérêt. Cette décision revient aux millions d’agents qui oeuvrent dans l’économie de marché.

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 1

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 2

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 3

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 4

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 5

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 6

Les Grands Mythes Économiques : Mythe #1

 

Par Minarchiste

 

La dette gouvernementale n’est pas un problème puisque nous nous devons cet argent à nous-mêmes.

Premièrement, une part de la dette gouvernementale est détenue par des étrangers. Il faudra donc qu’une partie de nos taxes et impôts futurs soit expédiée à ces étrangers éventuellement. Ceci étant dit, aux États-Unis c’est la Fed qui est le plus gros acheteur de T-bills depuis un bout de temps et ce avec de la monnaie créée ex nihilo (c’est ce qu’on appelle la monétisation de la dette). Les intérêts sur cette dette sont donc retournés au Trésor Américain pour financer les dépenses de l’État.

 

Deuxièmement, les titres de dette détenus par des investisseurs locaux ne sont pas uniformément répartis dans la population. Ainsi, une partie des futurs taxes et impôts de tous (et surtout ceux des générations à venir) devront servir à rembourser ces titres de dette détenus par quelques-uns. Il y a donc un déplacement de richesse d’un groupe vers un autre.

Troisièmement, il ne faut surtout pas oublier que la dette monétisée et/ou multipliée par le système bancaire à réserves fractionnaires engendre de l’inflation. Cette inflation n’affecte pas les gens de manière égale. Ceux qui obtiennent l’argent en premier s’enrichissent alors que le reste de la population voit son pouvoir d’achat être dilapidé.

L’inflation est une gigantesque subvention aux banques, qui peuvent engendrer des profits à partir de rien. Puis, les fonctionnaires et sous-contractants qui bénéficient directement des dépenses du gouvernement sont aussi favorisés, tout comme les entreprises qui reçoivent des subventions et autres aides.

L’inflation ne fait pas que des gagnants; les perdants sont très nombreux. Il y a d’abord les salariés dont le salaire croît moins vite que l’inflation. Si l’inflation a été de 5% cette année et que votre salaire n’a été augmenté que de 2%, vous êtes dorénavant plus pauvre de 3% puisque le pouvoir d’achat de votre salaire aura diminué.

Il y a aussi les épargnants, qui voient le pouvoir d’achat de leurs épargnes fondre en raison de l’inflation. Si vous avez de l’argent dans votre compte-chèque à la banque et que l’inflation est de 5%, la valeur de cet argent aura diminué de 5% chaque année. Un retraité qui reçoit une rente fixe s’appauvrit chaque année en conséquence de l’inflation.

L’inflation est donc source d’inégalités! L’impact de l’endettement gouvernemental sur la répartition de la richesse actuelle et intergénérationnelle n’est pas neutre. L’argent emprunté par l’État en notre nom ne nous est pas dû à nous-mêmes, il est dû aux détenteurs de ces titres de dette.

http://minarchiste.wordpress.com/2011/04/01/le-lien-entre-les-inegalites-et-linflation/