Tous les articles par Minarchiste

Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise?

Par Minarchiste

Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise? C’est la question que posait récemment le blogueur Pierre Chappaz à quelques blogueurs libéraux. Voici ma réponse.

 

Premièrement, il incombe de spécifier que la crise dont Pierre parle est la crise de la zone Euro et de ses PIIGS. Résumons d’abord les choses d’un œil objectif :

–          Lors de la création de l’Euro, certains pays qui devaient assumer des taux d’intérêt très élevés sur leur dette en raison de l’irresponsabilité fiscale de leur gouvernement se sont retrouvés à bénéficier d’un taux d’emprunt similaire à celui de l’Allemagne (i.e. beaucoup plus bas).

–          Un boum de crédit s’en est suivi. La consommation et l’immobilier ont été dopés à l’endettement.

–          Le gouvernement aussi a profité de la manne. Ses revenus de taxation ont augmenté en raison de cette activité économique accrue et il en a profité pour augmenter ses dépenses. Les déficits n’étaient pas un problème puisque les taux d’emprunt étaient attrayants.

–          Les autres pays, comme l’Allemagne, en ont eux aussi bénéficié car ceux-ci ont vu leurs exportations augmenter en raison de la demande provenant de ces pays dépensiers.

–          Les flux financiers entre ces pays ne pouvaient pas se rééquilibrer puisqu’ils partageaient la même monnaie. Donc l’Allemagne pouvait engendrer un surplus de sa balance commercial sans voir son taux de change augmenter et réduire sa compétitivité.

Puis, les choses ont mal tourné :

–          La bulle de crédit a fini par se dégonfler (comme elles le font toujours), emportant avec elle le marché immobilier et la consommation.

–          Les revenus de taxation des gouvernements ont chuté, amenant ces pays profondément en déficit.

–          Ces déficits ont été exacerbés par les sommes octroyées en secours au système bancaires défaillants.

–          Les investisseurs ont alors tourné le dos aux titres de dettes de ces pays, doutant de leur capacité à les rembourser.

–          Les PIIGS se sont alors retrouvés dans l’impossibilité de financer leurs déficits ni leurs échéances de dettes, les amenant en situation d’insolvabilité.

–          Les dépenses des gouvernements ont alors augmenté fortement en raison de la récession (en raison du filet social) et en raison de la charge d’intérêt plus élevée sur la dette.

–          Les gouvernements se sont alors mis à couper certaines de leurs dépenses et à augmenter les taxes et impôts (a.k.a. « mesures d’austérité ») pour tenter de rééquilibrer leur budget.

–          Ces dépenses ont largement affecté les transferts sociaux et les services publics, sans toutefois réduire la bureaucratie ou alléger les barrières structurelles de l’économie.

–          Par conséquent, ces coupures de dépenses et hausses de taxes ont eut comme effet de nuire encore plus à la situation économique déjà précaire.

Quelles sont les solutions libérales?

Le meilleur moyen pour les PIGS d’améliorer leur niveau de vie est de créer de la richesse. C’est ça la seule solution durable à la crise. Les politiciens Européens doivent d’abord réaliser que leur conception de la richesse est erronée. La richesse ne résulte pas de la consommation financée à crédit. La richesse résulte de la production et pour produire, il faut des gens compétents et du capital productif (voir ceci absolument). Déployer du capital productif pour mettre les chômeurs au travail serait très bénéfique pour ces économies décimées.

Ceci dit, les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Espagnols ne sont présentement pas en position d’accumuler du capital. Beaucoup de gens sont au chômage et les marchés financiers sont en perdition. Et ceux qui ont du capital inutilisé font face à un environnement trop incertain pour le déployer et à une économie paralysée. Il est important de comprendre qu’il est très difficile de faire des affaires dans ces pays très bureaucratisés et règlementés. Démarrer une nouvelle entreprise y est un vrai casse-tête (voir cette histoire extraordinaire par exemple). Il est presque impossible d’y renvoyer quelqu’un, donc les entreprises sont très hésitantes à embaucher. Que faire?

Si le capital ne vient pas de l’intérieur, il devra venir de l’extérieur. C’est le cas en Irlande, qui s’en tire mieux que ses consœurs en raison de son environnement favorable aux investissements étrangers. Comment arriver à attirer ce capital? En réformant la structure de l’économie comme suit :

1)      Réduction drastique de la bureaucratie étatique résultant en une baisse du nombre de fonctionnaires et de la paperasse (et des dépenses de l’État).

2)      Facilitation du processus de création et d’exploitation d’une entreprise, incluant un allègement significatif de la réglementation et une ouverture tout-azimut au libre-échange.

3)      Réduction du fardeau fiscal des entreprises.

4)      Privatisation des sociétés d’État et des actifs de l’État et utilisation des recettes pour réduire la dette.

5)      Libéralisation du marché du travail de façon à rendre les congédiement plus faciles (comme la flexi-sécurité du Danemark).

6)      Sortie de la zone Euro (ce qui résulterait en un ajustement à la baisse des salaires réels).

Quelles seraient les conséquences? Les PIGS se retrouveraient alors avec des salaires concurrentiels, un marché du travail flexible et un climat favorable au commerce international. Il serait alors facile pour les PIGS d’attirer des entreprises à investir chez eux. Ces investissements engendreraient des emplois durables qui feraient augmenter les recettes de l’État tout en faisant diminuer ses dépenses (parce qu’il y aurait moins de chômeurs et de dépendants de l’État); d’autant plus que la charge d’intérêt sur la dette diminuerait aussi (tant en raison d’une baisse du taux d’intérêt que d’une baisse du montant de la dette). Ces pays se retrouveraient alors sur une trajectoire de reprise économique soutenable.

Les Grands Mythes économiques : Mythe #2

Par Minarchiste

 

Les cycles économiques sont causés par un inexplicable pessimisme qui conduit les gens à cesser de dépenser et d’investir, provoquant un effondrement progressif de la demande dans l’économie. La politique monétaire centralisée est un outil qui fonctionne.

L’explication keynésienne des récessions décrite ci-haut est plutôt ridicule. La Théorie Autrichienne des Cycles Économiques (ABCT) est bien plus logique et colle bien mieux à la réalité Une expansion excessive de la masse monétaire crée une bulle d’endettement insoutenable. Durant ce boum inflationniste, les décisions des agents économiques sont faussées par des taux d’intérêts trop bas et une économie dopée à la dette, ce qui les pousse à mal investir et à ne pas épargner suffisamment. Une fois cette bulle éclatée, s’installe un processus d’ajustement : la récession. Durant cette phase, les entreprises inefficaces sont évincées du marché, les mauvais investissements sont dilapidés et les ressources sont ré-allouées en fonction des préférences réelles du marché. Les mauvaises créances sont radiées, l’endettement diminue et les prix baissent. Une fois le processus complété, la croissance économique peut repartir sur une base plus solide.

 

La première solution proposée par les keynésiens consiste à créer de la monnaie pour faire baisser les taux d’intérêt. Face à cette baisse, les consommateurs et les investisseurs s’endetteront pour financer leurs dépenses et investissements, ce qui redémarrera l’économie. Lorsque cette mesure ne fonctionne pas et que les taux d’intérêt sont à des niveaux auxquels ils ne peuvent plus baisser, l’économie se retrouve en situation de « trappe à liquidité ». À ce moment, les keynésiens prescrivent que le gouvernement s’endette pour augmenter ses dépenses. Par un phénomène mystique, ces dépenses seront multipliées dans l’économie et redémarreront l’économie.

Cependant, ces mesures ne font que retarder le processus d’ajustement et rallonger la période de marasme économique. Dans les deux cas, les solutions keynésiennes nécessite une augmentation de l’endettement pour financer la reprise. Pourtant, l’excès de dette est la cause fondamentale des boums économiques insoutenables qui finissent en récession. Cela n’a aucun sens; comme le stipule la fameuse métaphore de l’ivrogne qui tente de soulager sa gueule de bois en buvant plus d’alcool (les keynésiens voudraient guérir une récession à l’aide de plus de dette).

Ainsi, si on veut éviter la récession, il faut éviter l’excès du boum. Comme le disait l’économiste Ludwig Von Mises en 1949:

« Le mouvement ondulatoire qui affecte le système le système économique, la succession de période de boum et de récessions, est le résultat inévitable des tentatives répétées de réduire les taux d’intérêt par l’entremise de l’expansion du crédit. Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boum économique généré par l’expansion du crédit. »

Dans une économie libre, les taux d’intérêts sont en fait le prix de la monnaie dans le temps. Ils représentent une information vitale pour les consommateurs et les producteurs concernant leurs préférences de consommation et leurs opportunités d’investissement. Ils coordonnent les investissements et, par le fait même, la production future, de façon à ce qu’elle corresponde aux préférences des consommateurs.

Lorsqu’une banque centrale manipule les taux d’intérêts par sa politique monétaire, elle brouille le signal de prix que ces taux envoient à l’économie. Les décisions de consommation et d’investissement deviennent déconnectées de la réalité, le mécanisme d’allocation des ressources du marché ne fonctionne plus correctement et l’économie se met à dérailler. Un petit groupe d’individus ne peut savoir quel est le niveau désirable de taux d’intérêt. Cette décision revient aux millions d’agents qui oeuvrent dans l’économie de marché.

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 1

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 2

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 3

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 4

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 5

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 6

Les Grands Mythes Économiques : Mythe #1

 

Par Minarchiste

 

La dette gouvernementale n’est pas un problème puisque nous nous devons cet argent à nous-mêmes.

Premièrement, une part de la dette gouvernementale est détenue par des étrangers. Il faudra donc qu’une partie de nos taxes et impôts futurs soit expédiée à ces étrangers éventuellement. Ceci étant dit, aux États-Unis c’est la Fed qui est le plus gros acheteur de T-bills depuis un bout de temps et ce avec de la monnaie créée ex nihilo (c’est ce qu’on appelle la monétisation de la dette). Les intérêts sur cette dette sont donc retournés au Trésor Américain pour financer les dépenses de l’État.

 

Deuxièmement, les titres de dette détenus par des investisseurs locaux ne sont pas uniformément répartis dans la population. Ainsi, une partie des futurs taxes et impôts de tous (et surtout ceux des générations à venir) devront servir à rembourser ces titres de dette détenus par quelques-uns. Il y a donc un déplacement de richesse d’un groupe vers un autre.

Troisièmement, il ne faut surtout pas oublier que la dette monétisée et/ou multipliée par le système bancaire à réserves fractionnaires engendre de l’inflation. Cette inflation n’affecte pas les gens de manière égale. Ceux qui obtiennent l’argent en premier s’enrichissent alors que le reste de la population voit son pouvoir d’achat être dilapidé.

L’inflation est une gigantesque subvention aux banques, qui peuvent engendrer des profits à partir de rien. Puis, les fonctionnaires et sous-contractants qui bénéficient directement des dépenses du gouvernement sont aussi favorisés, tout comme les entreprises qui reçoivent des subventions et autres aides.

L’inflation ne fait pas que des gagnants; les perdants sont très nombreux. Il y a d’abord les salariés dont le salaire croît moins vite que l’inflation. Si l’inflation a été de 5% cette année et que votre salaire n’a été augmenté que de 2%, vous êtes dorénavant plus pauvre de 3% puisque le pouvoir d’achat de votre salaire aura diminué.

Il y a aussi les épargnants, qui voient le pouvoir d’achat de leurs épargnes fondre en raison de l’inflation. Si vous avez de l’argent dans votre compte-chèque à la banque et que l’inflation est de 5%, la valeur de cet argent aura diminué de 5% chaque année. Un retraité qui reçoit une rente fixe s’appauvrit chaque année en conséquence de l’inflation.

L’inflation est donc source d’inégalités! L’impact de l’endettement gouvernemental sur la répartition de la richesse actuelle et intergénérationnelle n’est pas neutre. L’argent emprunté par l’État en notre nom ne nous est pas dû à nous-mêmes, il est dû aux détenteurs de ces titres de dette.

http://minarchiste.wordpress.com/2011/04/01/le-lien-entre-les-inegalites-et-linflation/

Tout sur ce que vous voulez savoir sur la hausse des frais de scolarité au Québec mais n’osiez pas demander

Photo: Walid Rifai/Contrepoids

 

Par Minarchiste

Beaucoup de gens m’ont demandé ce que je pensais de la grève des étudiants, qui bat présentement son plein au Québec. Bien entendu, je me réjouis d’une politique qui applique le principe de l’utilisateur-payeur, mais encore une fois, il est bien possible que ces hausses de frais de scolarité ne feront que financer un système universitaire trop bureaucratisé et inefficace. Bref, on devra payer plus sans nécessairement avoir mieux.

 

Selon la FEUQ :

« Les droits de scolarité augmenteront de $325 par année à compter du trimestre d’automne 2012, et ce, pour cinq ans jusqu’en 2016-2017. La facture totale à l’université, en incluant les frais institutionels [sic] obligatoires, passera donc de $2,890 à $4,700 par année ».

À noter de plus que, contrairement à ce que plusieurs affirment, les frais de scolarité ne sont pas gelés au Québec. En incluant les frais afférents, la facture annuelle des étudiants a augmenté de $500 depuis 2007.

Que veut-on accomplir avec notre système d’éducation supérieure et ses bas frais de scolarité? On ne veut pas que des frais de scolarité pour l’éducation supérieure trop élevés empêchent les étudiants dont la famille est moins bien nantie de réaliser pleinement leur potentiel. On veut donc que l’éducation supérieure soit accessible et agisse comme un mécanisme favorisant la mobilité entre les classes sociales. On veut que tout étudiant qui le mérite – tant par son effort que par son talent – puisse accéder à des études qui lui permettront éventuellement d’obtenir un emploi lui conférant les revenus auxquels il aspire, peu importe les revenus de ses parents. (voir ceci)


Au Canada on constate, à première vue, que l’accessibilité aux études universitaires n’est pas corrélée au niveau des frais de scolarité par province. Les études universitaires sont très accessibles au Canada et surtout au Québec, mais les chiffres sont trompeurs.

 

Dans le reste du Canada, il n’y a pas de cégep et les baccalauréats durent quatre ans. Quand on inclut les cégeps dans les comparaisons, le Québec à un meilleurs taux d’accès que la moyenne canadienne. Quant au chiffre d’accessibilité de la Nouvelle-Écosse, il est fortement distordu par le fait que cette province est un « hub » d’éducation supérieur pour les petites provinces maritimes (seulement 23% sont des étudiants locaux).

Pourtant, suite au dégel des droits de scolarité en 1991-1992 et leur augmentation de près du double au cours des deux années suivantes, le taux de participation ne semble pas avoir été affecté et a continué d’augmenter. L’argumentaire de la FEUQ ne s’est pas attardé sur ce point…

Il est vrai qu’en général, les enfants provenant de ménages se situant dans le premier quartile à l’égard de leurs revenus atteignent l’université en plus grand nombre que ceux des ménages situés dans le dernier quintile des revenus. Cependant, cette situation n’est probablement pas entièrement liée au niveau des frais de scolarité. Il y a plusieurs autres explications à cela, lesquelles sont bien connues.

La littérature identifie globalement les facteurs suivants comme ayant une influence sur l’accessibilité aux études : le milieu socioéconomique (la scolarité parentale, le revenu parental, l’importance accordée à l’éducation par les parents, l’éloignement et les heures de travail pendant les études), les caractéristiques personnelles (l’âge, le sexe, les responsabilités parentales), les coûts des études postsecondaires (les droits de scolarité et les autres coûts), et les perceptions des obstacles, des coûts et du rendement des études postsecondaires (les obstacles financiers, la connaissance de l’aide offerte, la perception du rendement, l’aversion pour l’endettement).

Ceci étant dit, il ne fait aucun doute que toute chose étant égale par ailleurs, le niveau des frais de scolarité affecte l’accessibilité. Prétendre le contraire serait nier un principe économique fondamental qu’est la loi de l’offre et de la demande; le moteur des marchés. Cependant, il est exagéré de prétendre que la hausse proposée viendra affecter significativement l’accessibilité.

Le véritable débat ne concerne donc pas vraiment la hausse des frais, mais plutôt la proportion du coût de l’éducation supérieure qui doive être assumée par les étudiants versus les contribuables. Le mouvement étudiant soutient implicitement que ce pourcentage devrait continuer à diminuer (jusqu’à la gratuité) parce que « nos cerveaux sont notre plus grande richesse » (pour citer Passe-Montagne). À noter que le mot « cerveau » utilisé ici désigne en fait les gens qui créent de la valeur économique, ce qui n’équivaut pas nécessairement aux gens qui ont un diplôme universitaire. Les cerveaux sont une richesse pour le gouvernement puisque celui peut les taxer pour financer son empire parasitique. Cependant, la proportion des coûts des universités assumée par les étudiants est déjà la plus faible au Québec comparativement aux autres provinces. Jusqu’où peut-on aller?

Selon le gouvernement, le manque de financement des universités québécoises, qui découle du fait que leurs frais de scolarité sont trop bas, a eu un impact négatif sur la qualité des services qu’elles fournissent. Selon l’IEDM :

« Les universités [québécoises] souffrent de lacunes importantes en matière de bibliothèques, de laboratoires et d’équipements informatiques. Les dépenses par étudiant au Québec pour les bibliothèques et les services aux étudiants sont plus faibles qu’en Ontario. Un autre défi important auquel font face les universités est l’embauche de professeurs de calibre international. Les directeurs de différents départements universitaires affirment que leur manque de revenus les empêche d’offrir des salaires compétitifs pour attirer et retenir les meilleurs professeurs. »

Ceci étant dit, selon la FEUQ, les universités québécoises sont mal gérées, ce qui fait gonfler leurs coûts. Tient, tient…un autre service public inefficace! On pourrait donc réduire les coûts des études universitaires simplement qu’en privatisant et dérèglementant nos universités. On pourrait aussi séparer les activités d’enseignement des activités reliées à la recherche. À cet égard, j’aime bien l’exemple des universités privées à but lucratif des États-Unis, qui accueillent moins de 10% de la population étudiante universitaire américaine. Celles-ci ne font pas de recherche académique, n’ont pas d’équipes sportives affiliées à la NCAA (lesquelles sont déficitaires et très coûteuses malgré le fort intérêt qu’elles suscitent), ont très peu de bureaucratie et ont des coûts d’opérations centrés sur l’enseignement (et non sur la grandeur des piscines, la hauteur des murs d’escalade et le nombre de livres à la bibliothèque). Ces collèges offrent donc des études universitaires à coût abordable (beaucoup moins chères que les universités à but non-lucratif), même si ils sont souvent qualifiés de « moulins à diplômes » (leurs étudiants réussissent pourtant aussi bien que les autres aux examens du Barreau). Ce qui fait la renommée d’une université comme Harvard (et qui fait gonfler ses coûts d’opération) est la présence de professeurs-vedettes et la quantité de recherche qu’ils publient. Cependant, les étudiants du premier cycle ne bénéficient aucunement de ces deux éléments. Ceux-ci ne devraient donc pas avoir à payer pour cela, ni pour les salaires des bureaucrates du département des admissions, donc le rôle n’est que d’attirer le plus grand nombre de demandes possible, de façon à pouvoir en rejeter le plus possible et d’afficher un taux d’acceptation bas – signe d’exclusivité et de sélectivité.

Un moyen simple de favoriser l’accessibilité serait d’abolir les frais de scolarités et de financer les universités par les taxes et impôts (comme en Finlande par exemple). Cette solution, même si elle ne coûterait que $700 million de plus aux contribuables québécois, est invalide pour plusieurs raisons. Premièrement, elle nécessiterait une augmentation significative des taxes et impôts, ce qui constituerait un transfert de richesse régressif. Pourquoi? Parce que de façon générale, malgré certaines variations selon les disciplines, le revenu moyen des diplômés universitaires est d’environ 60% plus élevés que celui des personnes sans diplôme. Donc cela équivaudrait à taxer des gens qui gagnent 60% de moins que ce que les diplômés universitaires gagneront dans le futur pour financer les études de ceux-ci. Deuxièmement, elle ne donnerait pas aux étudiants un incitatif à terminer leurs études le plus rapidement possible, ce qui ferait gonfler les coûts. Troisièmement, elle ne donnerait pas aux étudiants un incitatif à travailler pour financer une partie de leurs frais de scolarité (pour moi la conciliation travail-études est non seulement faisable, elle est souhaitable et formatrice, jusqu’à une certaine limite où elle devient nuisible). Il est donc plausible d’affirmer que la proportion des coûts d’éducation supérieure qui doit être assumée par les étudiants eux-mêmes est supérieure à 0%.

Est-ce que ce pourcentage pourrait être de 100%? Dans une société « libre » je pense que oui. L’éducation universitaire est un investissement (et non un bien de consommation) et c’en est un qui est fort payant. Il est donc tout à fait logique de s’endetter pour financer cet investissement. D’un côté, cela donnerait un incitatif aux étudiants à se diriger vers des domaines en demande sur le marché du travail et donc rémunérateurs. Les universités ajusteraient leurs tarifs en fonction des coûts du programme, et ces coûts seraient gérés de façon à correspondre au potentiel rémunérateur de la formation. Il y aurait donc un appariement entre le marché du travail et le marché de l’éducation. De plus, dans une société libre, les impôts seraient beaucoup plus bas, ce qui faciliterait le remboursement de la dette d’étude.

Présentement, la dette moyenne des universitaires au premier cycle est de $14,000. Ce n’est pas la mer à boire, si on compare à la dette que ces étudiants prendront pour s’acheter une voiture ou un condo à la fin de leur programme. Ceci dit, si nous exigons d’eux qu’ils assument une plus grande part du coût de leurs études, voire son entièreté, il serait impératif de réduire leur fardeau fiscal futur.

Maintenant, certains diront que les étudiants en sociologie et histoire de l’art n’auront pas assez de revenus futurs pour rembourser leur dette adéquatement. Il existe en effet plusieurs programmes universitaires qui ressemblent davantage à des hobbys qu’à des formations. Le principal débouché de ces programmes est souvent l’enseignement de ladite matière, ce qui implique que ces étudiants ont fort intérêt à militer pour le statut quo.

Conséquemment, si ces emplois ne sont pas très rémunérateurs, on pourrait affirmer sans se tromper que le subventionnement de ces programmes ne contribue pas à favoriser la mobilité entre les classes sociales et de permettre à des jeunes dont les parents sont pauvres d’aspirer à un meilleur sort. On peut alors se poser la question : est-il raisonnable de continuer à subventionner les programmes d’études littéraires, de philosophie et de sciences des religions? Je n’affirme aucunement que ces domaines sont inintéressants, tout comme mes cours de piano classique, mais si les étudiants de ces programmes tiennent tant à enrichir leur bagage culturel même si ça ne contribue en rien au niveau de vie de la société, ne pourraient-ils pas assumer le véritable coût de leur passion, tout comme j’assume moi-même le coût de mes cours de piano?

D’ailleurs, en Finlande, un pays largement cité en exemple à suivre par les associations étudiantes vu que les études y sont gratuites, les taux de contingentement dépassent les 50%!

Ce qu’il faut ce n’est pas simplement augmenter les frais de scolarité, mais plutôt complètement réformer le système. Il faut reconsidérer le statut de nos universités, leur niveau d’encadrement public, leur mode de financement. Il faut aussi réaliser qu’il y a un autre moyen de réduire les déficits, c’est-à-dire de réduire les coûts, en réduisant la bureaucratie et en contingentant sévèrement les programmes qui ne mènent pas à un emploi en demande sur le marché du travail.

Cependant, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres problématiques, ces questions pertinentes sont ignorées. Le débat a été reconfiguré en une confrontation gauche-droite et notre gouvernement centriste ne fera ni plus ni moins que de maintenir le statut quo : une petite hausse pour aider le budget, pas de réforme visant à réduire les coûts, pas de privatisation / dérèglementation des universités et surtout pas de débat sur les modes de financement des universités.

Les compteurs intelligents d’Hydro-Québec: un peu de rationalité svp…

Par Minarchiste

Hydro-Québec vient d’achever la première phase de son grand projet visant à remplacer 3,8 millions de compteurs électriques au Québec. Environ 20,000 appareils ont en effet été mis en place dans la MRC de Memphrémagog, à Boucherville et l’arrondissement de Villeray, à Montréal. Assurant que les taux d’ondes émises répondent aux normes recommandées par Santé Canada, la société d’État doit déposer son dossier à la Régie de l’énergie sous peu, afin de pouvoir poursuivre l’implantation.

Ces compteurs permettront à la société d’État de mieux mesurer la consommation de ses usagers et d’implanter une tarification variable qui permettra de mieux gérer l’offre. En faisant votre brassée de lavage en période creuse, durant laquelle les tarifs seraient plus bas, plutôt qu’en période de pointe, vous permettriez à Hydro-Québec de réduire ses coûts, laquelle doit souvent importer de l’électricité en période de pointe l’hiver. Par ailleurs, ces compteurs pourront transmettre les données par les ondes, ce qui sera moins coûteux que d’envoyer des employés faire les relevés à pieds.

 

C’est d’ailleurs pour cela que les syndicats se sont révoltés contre cette nouvelle technologie, craignant des mises à pieds ou de l’attrition, réduisant leur base cotisante. Cela fait des mois qu’ils nous bombardent de demi-vérités avec leur campagne de propagande mal ficelée. Ils attaquent le projet sous l’angle économique. Pour eux, le projet ne sera pas rentable pour Hydro-Québec, mais à ce que je sache, les syndicats n’ont pas le mandat d’évaluer ce qui est rentable ou non pour l’employeur. Les décisions d’investissement appartiennent aux entrepreneurs, car c’est leur argent qui est sur la table. Quant aux pertes d’emplois des “releveurs de compteurs ambulants”, cela ne va pas sans rappeller les pertes d’emplois dans l’industrie de la vente et fabrication de chandelles lorsque l’éclairage électrique devint accessible aux masses. Ce genre d’argument est grottesque. Et attention, question de donner de la crédibilité à ses sophismes, la campagne de propagande utilise des études concoctées par l’économiste de SCFP!

Ensuite, un groupe de technophobes réactionnaires est entré dans la danse, craignant les ondes électro-magnétiques émises par les compteurs et invoquant le fameux principe de précaution (voir ceci).

Puis, aussi inévitable que cela puisse l’être, les politiciens opportunistes ont saisi la balle au bond. C’est un député du Parti Québécois – lequel a bien besoin de ce genre de cause présentement- qui a fait une sortie réclamant un moratoire sur l’installation des compteurs (voir ceci).

En somme, un cas typique pour le Québec…

Mais voilà que je suis tombé sur un petit article fort intéressant dans La Presse à ce sujet. Les auteurs sont professeurs titulaires au département de physique de l’Université de Montréal. En voici le contenu (les emphases sont de moi):

“l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) a publié le 18 janvier dernier un communiqué qui invite Hydro-Québec à suspendre son projet. Ce communiqué contient des erreurs factuelles tellement grossières qu’il est permis de s’interroger sur la compétence scientifique de ceux qui l’ont rédigé.

La principale d’entre elles se lit comme suit: «La densité de puissance à un mètre des compteurs dépasserait, selon le modèle de compteur utilisé, de 671% à 4980%  la recommandation d’exposition extérieure de long terme (norme de 0,6 V/m ou 1000 uW/m2 extérieurs) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe …».

Ces chiffres, tirés d’un rapport rédigé par la société Expertise électromagnétique environnementale 3E inc., mandatée par l’AQLPA, sont invraisemblables puisqu’ils impliquent qu’à une distance de 10 cm, ces compteurs dépasseraient même la norme canadienne qu’Hydro-Québec doit respecter pour avoir l’autorisation de les installer.

Il serait trop long de commenter la pertinence de la recommandation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dont on cherche en vain une quelconque justification scientifique. Ce qui est par contre avéré, c’est que cette recommandation a trait «à l’exposition à long terme», c’est-à-dire à la valeur de la densité de puissance moyennée sur une longue période de temps. Or, le communiqué de l’AQLPA confond la valeur moyenne avec la valeur maximale de la densité de puissance de l’émission.

Selon le rapport de 3E Inc., la valeur moyenne de la densité de puissance générée par les compteurs d’Hydro-Québec qui ont été testés ne dépasse pas 52 uW/m2 à 1 m, soit à peine plus de 5% de la norme recommandée par le Conseil de l’Europe. L’AQLPA n’a donc aucune raison scientifique de décrier les compteurs, qui sont sans danger pour la santé.

Il est bon de rappeler que nous sommes tous plongés en permanence dans du rayonnement électromagnétique dans le domaine des radiofréquences dont les densités de puissance sont beaucoup plus élevées que celle générée par les nouveaux compteurs d’Hydro-Québec.

Par exemple, Télé-Québec opère au Stade olympique une antenne de 15 000 W. À elle seule, cette antenne émet des impulsions dans le domaine des radiofréquences dont la densité de puissance moyenne à 1000 m de distance est supérieure de 20 fois à celle mesurée à 1 m des compteurs d’Hydro-Québec.

En toute logique, avant de partir en croisade contre Hydro-Québec, l’AQLPA devrait exiger l’arrêt des émissions hertziennes de Télé-Québec, ainsi d’ailleurs que celle de toutes les autres stations de télévision et de radio.”

L’irrationalité, la crédulité et l’opportunisme qui jaillissent de part et d’autre dans ce dossier me sidèrent. Comment notre société peut-elle en être arrivée à cela?  
 
À noter, l’AQLPA a répliqué plutôt faiblement à cet article ici.
 

Soit dit en passant, l’absence de libre-marché dans la distribution d’électricité fait en sorte que les opposants au projet ne peuvent se tourner vers un concurrent qui proposerait des compteurs “non-intelligents”. C’est ce qu’on récolte lorsque l’on supporte un État dirigiste et interventionniste: les choses nous sont imposées, on ne peut choisir selon nos préférences.

Mathieu Roy: Le spectre de Malthus…

Aussi incroyable que cela puisse l’être, en 2011, un type peut se présenter sur le plateau d’un des émissions les plus regardées au Québec (Tout le Monde en Parle), affirmer (sans rire) que le progrès est une mauvaise chose et menace la survie de notre civilization tout en se faisant applaudir à tout rompre et encenser par l’animateur! Dès le départ, le ton de Guy A. Lepage nous annonce que l’entrevue ne sera pas critique. Il ne lui posa aucune question cherchant à nuancer la thèse du documentaire.

Je propose ici de ramener un peu de bon sens dans tout cela. Notez cependant que je n’ai toujours pas vu le film en question.

 

 

Roy se dit contre « l’idéologie de la croissance sans fin » et la surconsommation. Pour lui, « la consommation est un mal ».

Il oublie que le niveau de vie et la consommation sont intrinsèquement lié. Peut-être que Roy pense qu’un cellulaire ou une télé haute-définition sont des objets inutiles dont on pourrait se passer, mais il n’en demeure pas moins que ces objets améliorent notre niveau de vie. La croissance n’est pas sans fin. En fait, la population de la terre se régule d’elle-même et sa croissance est présentement en ralentissement.

D’ailleurs, une croissance économique positive ne signifie pas nécessairement que nous consommons plus de ressources ou que la population augmente. La croissance économique provient aussi de l’amélioration de la productivité grâce au développement. Même lorsque la population et la consommation d’énergie seront en décroissance (c’est déjà le cas dans les pays de l’OCDE), nous continuerons de voir notre niveau de vie s’améliorer constamment (c’est ce que nous observons).
En fait, si Mathieu Roy souhaite la simplicité volontaire, qu’il la pratique. Les choix de consommation sont des choix individuels. Qui est-il pour prétendre que je surconsomme? Ceci étant dit, les gouvernements nous orientent vers la surconsommation car ils veulent que leurs revenus fiscaux augmentent. Ainsi, ils subventionnent l’exploitation des ressources naturelles (e.g. le Plan Nord) et poussent la population à s’endetter pour consommer en abaissant les taux d’intérêt. Ils subventionnent les naissances pour contrer le vieillissement de la population. D’ailleurs, les déficits chroniques des gouvernements montrent que ce sont eux qui surconsomment et ils utilisent la création de monnaie pour financer leurs excès.

Ensuite, Roy va même jusqu’à affirmer que le Printemps Arabe représente un indice de l’indignation du peuple face au système actuel. Je lui rappellerais que ces révoltent ont débuté par l’immolation d’un marchand harcelé par les sbires d’un gouvernement autocratique et corrompu. Les Arabes veulent plus de liberté pour s’épanouir économiquement et atteindre le niveau de vie (et de consommation) des occidentaux. Ça ne va pas vraiment dans le sens de la thèse de son documentaire…

Les prix de la nourriture ont aussi engendré des révoltes populaires, mais encore là, la politique monétaire des grandes banques centrales y est pour quelque chose (voir ceci), tout comme les subventions gouvernementales sur l’éthanol de maïs.

Par la suite, Roy affirme que le Québec devrait imiter la Norvège et investir les redevances provenant de l’exploitation des ressources naturelles dans un fonds pour les générations futures. Puis-je signaler à ce pseudo-intellectuel que nous en avons déjà un: le Fonds des Générations! L’Alberta en a un aussi en passant (voir ceci).

Concernant l’Afrique, Roy affirme que « les banques occidentales enchaînent ces pays avec de la dette pour pouvoir mieux exploiter leurs ressources naturelles et alimenter notre surconsommation ». Premièrement, le FMI n’est pas une banque occidentale, c’est une coalition de gouvernements. C’est bien différent et c’est pour cette raison que moi non plus je n’aime pas le FMI. Deuxièmement, il a raison de souligner que le FMI « prête » de l’argent à des dirigeants corrompus, ce qui contribue à les garder au pouvoir. C’est pourquoi je m’oppose à l’aide internationale, mais ce n’est pas le cas de la gauche… Troisièmement, le problème de ces pays n’est pas qu’ils nous vendent des ressources naturelles, mais bien qu’ils sont incapables d’instaurer un État de droit protégeant adéquatement les droits de propriété, ce qui favoriserait l’essor économique et la création d’entreprises. Ainsi, ils pourraient peut-être nous vendre des cellulaires plutôt que de nous vendre seulement les métaux qu’ils contiennent (c’est ce que les Tigres Asiatiques sont arrivés à faire grâce à la liberté économique).

Il n’en fallait pas plus pour que Denise Robert saute dans la mêlée avec un argument sur l’obsolescence programmée! Selon elle, il est présentement impossible de trouver quelqu’un pour réparer son grille-pain lorsqu’il se brise. Donc, on le jette et on en rachète un autre. Mais dîtes-moi Madame Robert, quel prix seriez-vous prête à payer pour faire réparer votre grille-pain, en sachant que vous pourriez en acheter un neuf pour $50, au goût du jour et frais sorti de sa boîte? Disons $15. En supposant que le réparateur mette une heure à réparer le grille-pain et que ses coûts d’opération (loyer, pièces, fournitures, électricité, etc) représentent 50% de ses revenus, ça lui fait un profit net de $7.50! Est-ce que Madame Robert serait prête à travailler pour $7.50 de l’heure? Non! Et pas grand monde au Québec non plus. Ce que cet exemple démontre est que la valeur de notre temps de travail est si élevée et celle des matières premières si basse qu’il n’est pas justifié de gaspiller du temps à réparer un vieux grille-pain brisé plutôt que d’en acheter un neuf. C’est un signe de richesse. Lorsque les matières premières deviendront réellement rares, leur prix augmentera et à ce moment il deviendra plus avantageux de réparer plutôt que de jeter.

Ainsi, selon Mathieu Roy, l’excès de progrès menace notre civilisation (sic). Il mentionne s’inspirer de l’histoire pour affirmer cela. Un exemple? En voici un savoureux. Lorsque l’homme préhistorique arrive à tuer deux mammouths en une semaine plutôt qu’un seul, c’est un progrès. Mais lorsqu’il arrive à tuer un troupeau entier en les amenant à se jeter en bas d’une falaise, c’est un « trop grand progrès qui menace sa survie« , car les mammouths deviendront rare. Wow! Quelle éloquence. C’est plutôt une démonstration du syndrome de la tragédie des biens communs, qui montre que lorsque personne n’est propriétaire d’une ressource, elle risque d’être gaspillée. Lorsque les ressources sont la propriété de quelqu’un et qu’elles peuvent être transigées, le prix assure que la ressource ne soit pas gaspillée et indique le niveau de rareté de celle-ci. Qu’en est-il des prix des ressources? Comme le démontre le graphique ci-bas, ceux-ci sont sur une tendance baissière depuis fort longtemps. En fait, les ressources exploitables sont de moins en moins rare en raison de l’amélioration de nos technologies.

Autre exemple mentionné par Roy: les Sumériens seraient disparus à cause de l’épuisement de leurs ressources. C’est faux. Les Sumériens sont disparus parce qu’ils ont été conquis militairement. Leur territoire était particulièrement difficile à défendre.

Concernant les leçons historiques, permettez-moi de lui en adresser une à ce cher Mathieu Roy; celle de l’économiste britannique du 18e siècle Thomas Malthus. Malthus croyait que la terre n’avait pas suffisamment de ressources naturelles pour supporter plus de 1 milliard d’individus. L’erreur de Malthus a été de grandement sous-estimer le développement technologique et la capacité d’adaptation d’une économie libre. En 1968, l’auteur de l’ouvrage The Population Bomb, Paul Ehrlich, déclarait que la croissance de la population mondiale engendrerait des famines massives au cours des années 70 et 80. (voir ceci). En 1968, le Club de Rome arrivait à la conclusion que les réserves connues de pétrole seraient épuisées dès 1992. Sans même tenir compte des sables bitumineux, les réserves prouvées de pétrole ont augmenté de 46,7 % entre 1992 et 2010 (voir ceci).

En bref, la plupart des disciples de Malthus ont été ridiculisés au cours de l’histoire et Mathieu Roy ne fera pas exception à la règle. Son discours sensationnaliste et populiste fera vendre, mais il n’en demeure pas moins qu’il est complètement ignorant du fonctionnement d’une économie.

Plus récemment, le professeur Vaclav Smil de l’Université du Manitoba  (ayant participé au film) nous dit qu’il y aurait aujourd’hui 5 milliards d’être humains dont la satisfaction des besoins pourrait épuiser toutes les ressources et rendre la terre invivable, à moins que nous limitions nous-mêmes notre consommation d’énergie et de ressources. Comme le mentionne sarcastiquement Pierre Duhamel dans sa critique de Mathieu Roy, il faudrait qu’on s’appauvrisse pour permettre aux autres de s’enrichir. C’est d’ailleurs une solution proposée par Mathieu Roy: la simplicité volontaire (et éventuellement imposée). Comme dirait Peter Mcleod: « c’est de l’élevage de mongoles! » (mes excuses aux habitants de la Mongolie, il n’est pas question de vous ici).

Maintenant, pour être « fair » avec le documentariste, on pourrait affirmer que Roy n’est pas contre le progrès, mais plutôt contre « l’excès de progrès » (sic). Roy ne réalise pas que c’est le progrès qui permet de développer des technologies plus efficaces et, par conséquent, moins polluantes. Que c’est le progrès qui permet de créer la richesse nécessaire à financer ces avancées. Il ne peut y avoir d’excès de progrès, c’est un non-sens.

Finalement, Roy ne réalise pas que presque tous les problèmes environnementaux peuvent être résolus par une bonne définition et protection des droits de propriété. C’est plutôt pour cela qu’il devrait militer plutôt que de lutter contre le progrès!

Pour des lectures complémentaires, voir ceci, ceci et ceci. Par ailleurs, je vous conseille fortement de visionner l’excellent vidéo ci-bas au sujet du mythe de la surpopulation (il y a plusieurs parties).


Le Mythe de la Surpopulation Mondiale by tchels0o

Too-big-to-fail: le film

J’ai récemment visionné le film-documentaire « Too big to fail » de Curtis Hanson et tiré du livre de Andrew Ross Sorkin. Voici mes commentaires.

Le générique du début commence bien mal, c’est-à-dire en indiquant à tort que la dérèglementation du système bancaire (sic) est à la source de la crise financière. Comme je l’expliquais ici, au moment de la crise, l’industrie financière n’avait jamais été autant règlementée. La seule exception est le Glass-Steagall Act, qui empêchait les banques commerciales de fusionner avec des banques d’investissement, qui fut éliminé en 1999. Est-ce que cette loi aurait pu empêcher les fiascos de Bear Stearns, Lehman Brothers et Merrill-Lynch, qui sont au coeur du documentaire? Absolument pas!

Premièrement, même avant l’abolition de cette loi, les banques d’investissement étaient déjà autorisées à commercer et à détenir les actifs financiers au centre de la crise financière tels que les titres basés sur des prêts hypothécaires (RMBS, CMBS), les Credit Default Swaps (CDS) et les Collateral Debt Obligations (CDO).

Deuxièmement, très peu de sociétés financières ont décidé de combiner les activités d’investissement et les activités de banque commerciale, ce que permettait l’abolition de Glass-Steagall. Les deux banques d’investissement dont la déroute symbolise la crise financière, soit Bear Stearns et Lehman Brothers, n’étaient affiliées à aucune institution de dépôt. Au contraire, si Bear Stearns ou Lehman Brothers avait eu une source importante de dépôts assurés, elles auraient probablement survécu à leurs problèmes de liquidité de court terme. En outre, les grandes banques qui combinent des activités d’investissement et des activités commerciales ont traversé la crise en meilleure santé que les autres.

La loi Gramm-Leach-Bliley (qui abolissait Glass-Steagall) en elle-même n’a eu que peu d’impact sur les activités de trading des banques d’investissement. Les activités hors-bilan de Bear Stearns et Lehman étaient autorisées avant l’adoption de la loi. Je ne comprends donc pas pourquoi beaucoup de « pseudo-experts » du système financier s’acharnent sur ce point; c’est ridicule.

 

Les choses deviennent plus intéressantes par la suite, alors que ce même générique montre des discours de Georges W. Bush vantant les mérites de l’accession à la propriété. Dommage que le documentaire n’ait pas été plus en détails et ne parle pas de ces politiques gouvernementales qui ont littéralement créé l’industrie des hypothèques subprimes et contribué à gonfler la bulle immobilière (Fannie/Freddie, CRA, HUB, etc, voir ceci).

L’histoire commence par tourner autour de Dick Fuld, alors PDG de Lehman. Ce dernier harcèle les politiciens (Paulson et Geithner notamment) pour obtenir de l’aide. On constate rapidement à quel point le système était infesté par le risque moral. Les interventions multiples du gouvernement dans le passé, notamment durant la crise des « savings-and-loans » en 1991, ont engendré une anticipation néfaste que l’État se porterait infailliblement au secours des grandes institutions. Ce risque moral induit par les politiques du gouvernement est une cause fondamentale de la crise. Il est important de noter que suite à ce que le gouvernement ait aidé JP Morgan à acquérir Bear Stearns, Dick Fuld s’attendait au même traitement de faveur. Il a donc agi de façon laxiste et commis beaucoup d’erreurs, comme celle de refuser l’offre de Warren Buffet. Fuld aurait peut-être aussi été moins exigeant envers les Coréens s’il avait été convaincu que le gouvernement ne viendrait pas à son secours.

D’ailleurs, il est fascinant de constater à quel point les politiciens ont été profondément impliqués dans les événements. Cela est troublant lorsque l’on entend à tort et à travers que les États-Unis sont un des pays les plus capitalistes. Pour ma part, s’il y a une chose que ce film fait bien c’est de démontrer ce qu’est le « capitalisme de copinage ».

Durant la première moitié du film, on sent que Paulson est déterminé à ne pas utiliser de fonds publics pour renflouer les banques. Il met tout en oeuvre pour organiser une solution « privée » à la crise, de façon à préserver les apparences d’un système de libre-capitalisme. Une fois le deal entre Merrill et Bank of America scellé et les chances d’une transaction entre Barclays et Lehman anéanties, Paulson se résigne donc à laisser faillir Lehman Brothers. C’était effectivement la bonne chose à faire, mais est-ce que Paulson était prêt à faire face à la musique et à assister une profonde purge du système bancaire américain? Il s’est avéré que non!

La faillite de Lehman a pesé sur l’accélérateur du broyeur à déchet de la crise financière. C’est que beaucoup d’institutions avaient des relations d’affaires avec Lehman et cette entreprise avait des engagements envers eux. Ensuite, les investisseurs ont retirés leurs billes des autres banques d’investissement, craignant qu’elles ne subissent le même sort que Lehman. Cela a eu un impact déflationniste et mis un stress supplémentaire sur le système.

Lorsqu’il s’est avéré que l’assureur AIG était en situation critique, ayant assuré un grand nombre de mauvaises créances hypothécaires adossées, les politiciens ont paniqué. Le gouvernement a alors nationalisé Fannie Mae et Freddie Mac, qui ont joué un rôle central dans la formation de cette crise, puis il a pris une grande participation dans AIG. Paulson a ensuite convaincu les banques d’accepter des fonds gouvernementaux dans le cadre du TARP, qu’elles en aient de besoin ou non (pour ne pas que celles qui en ont vraiment de besoin ne soient identifiables, minant leur crédibilité).

Lorsque la conseillère en communications de Paulson lui demande pourquoi ils n’ont pas régulé l’exposition d’AIG et des assureurs « monolignes » aux CDS, la réponse de ce dernier (dans le film) est que « c’était bien trop payant ». La réalité est que les régulateurs sont contaminés par ceux qu’ils régulent et ne sont pas assez compétents pour comprendre ce qu’il se passe. Néanmoins, ils confèrent aux clients de ces institutions un faux sentiment de sécurité et contribuent au risque moral dans le système. C’est pourquoi la règlementation n’est pas la solution.

À noter que Bernanke a convaincu les politiciens d’accepter le TARP en leur brandissant le spectre de la Grande Dépression de 1929, qui fut aussi marquée par une crise du crédit. Cependant, lorsque l’on sait que la déflation du boum de crédit est une étape nécessaire au processus de rémission, on comprend que cet argument n’est pas valide.

La cause la plus fondamentale de la crise financière, soit le système bancaire à réserves fractionnaires et la création de monnaie ex nihilo par la banque centrale, n’est qu’effleurée dans une scène où Paulson se confie à son épouse dans sa cour arrière, alors qu’il souffre d’insomnie. Si ma mémoire est bonne, Paulson mentionne :

« Aucune banque au monde n’a suffisamment d’argent pour rembourser tous ses déposants. Tout le système n’est basé que sur la confiance. »

Le réalisateur n’a malheureusement pas élaboré sur ce point, ignorant probablement que toutes les crises financières sont causées par les réserves fractionnaires. Paulson explique ensuite à sa femme ce qu’il craint qu’il arrive s’il ne fait rien :

« …dans les deux semaines qui suivraient, il n’y aurait plus de lait sur les tablettes des épiceries ».

En quoi est-ce que des faillites de grandes banques d’investissement pourraient-elles faire en sorte qu’il n’y ait plus de lait dans les épiceries? L’inventaire de l’épicier ou du grossiste était-il financé à crédit par du papier commercial dont personne ne voulait? Ceux-ci auraient fini par financer leurs inventaires à l’aide de leur flux monétaires d’opération, ce qui serait nettement plus sain que d’utiliser le crédit.

Ceci étant dit, si c’est un « credit crunch » que Paulson craignait, le TARP n’a pas réussi à l’éviter. Selon le sondage de la Federal Reserve, de moins en moins de banques ont augmenté la sévérité de leurs critères d’octroi de prêts suite au bailout (voir premier graphique ci-bas). Cependant, cela ne signifie pas qu’ils aient abaissé ces critères et ouvert les vannes du crédit pour autant. D’ailleurs, ceux-ci étaient probablement très élevés à l’époque. Ils n’ont cependant pas tant augmenté comme l’affirme l’épilogue du film (sauf pour les subprimes évidemment).

Néanmoins, c’est véritablement suite à l’annonce du TARP (octobre 2008) que le crunch s’est produit (voir le second graphique ci-bas). Certains disent que c’est parce que les banques ne voulaient pas prêter, ayant un problème de capital, alors que d’autres affirment que les banques ne pouvaient pas prêter car il n’y avait pas suffisamment de demande pour le crédit. C’est un peu des deux. En fait, ce que les banques ont fait avec l’argent du TARP a été tout simplement de stationner les fonds dans leur compte à la Federal Reserve sous forme de bonds du Trésor (le troisième graphique ci-bas montre les réserves excédentaires des banques à la Fed).

Donc le sauvetage n’a pas réussi à éviter le crunch de crédit et il n’a pas réussi à stabiliser le marché immobilier. Ce qu’il aura réussi à faire par contre aura été de 1) permettre à AIG de rembourser les $13 milliard qu’elle devait à Goldman Sachs, l’ancien employeur de Paulson, 2) rendre les grandes banques encore plus grosses qu’elles ne l’étaient déjà alors que Wells Fargo a acheté Wachovia et que BofA a acheté Merrill, pendant que les petites banques ont fait faillite par centaines, 3) engendrer encore plus de risque moral, que les régulateurs tentent de minimiser en augmentant le niveau de règlementation, ce qui est voué à l’échec.

La facture cinématographique du film est bonne, les acteurs sont fort ressemblants aux personnages réels, mais les dialogues sont parfois ridicules et caricaturaux (on tente de faire paraître les banquiers trop arrogants et cupides; ils le sont, certes, mais peut-être pas à ce point). Je recommande le film à tous ceux qui s’intéressent à cette fameuse crise, mais je vous mets en garde à l’égard du fait qu’il comporte de sérieuses lacunes.

Conclusion :

Est-ce que la dérèglementation est responsable de la crise? Non!

Quelles sont ses causes alors?

                Les politiques gouvernementales favorisant l’accession à la propriété.

                Une politique monétaire trop expansionniste par la Federal Reserve.

                Le système bancaire à réserves fractionnaires.

                Le risque moral induit par l’intervention étatique.

Est-ce que le TARP était nécessaire? Non!

A-t-il permit d’éviter un crunch de crédit? Non!

A-t-il eu des effets pervers? Oui, plusieurs.

Est-ce que l’économie en a bénéficié? Pas vraiment. Le marché immobilier continue de se dépérir, le chômage demeure élevé et les États-Unis sont en train de devenir une économie de zombies contrôlés par le gouvernement (voir ce qui est arrivé au Japon depuis 20 ans).

Qu’aurait-on dû faire alors? Rien! Laisser le système se nettoyer de lui-même en le purgeant de ces grandes banques mal gérées et de tout ce crédit inflationniste. Le choc aurait été brutal, mais la rémission serait venue plus rapidement, aurait été plus brève et durable.

En lecture complémentaire, voir ceci et ceci.

Dérèglementation, mon oeil

 

NDLR: Avec les évènements « Occupons… » qui se répandent et qui semblent vouloir reprendre de l’ampleur, nous reproduisons ici cette excellente chronique du blogueur Minarchiste sur les origines de la crise financière, question de remettre les pendules à l’heure.

J’ai expliqué à maintes reprises sur ce blogue de quelles façons l’interventionnisme étatique a causé la crise financière de 2008. Cependant, les responsables continuent de nier l’évidence et tentent de réparer les pots cassés en appliquant les mêmes politiques que celles qui ont mené à la crise. Le bouc-émissaire qu’ils ont trouvé pour se déculpabiliser est la règlementation. Selon eux, la « dérèglementation » du système bancaire a été la cause principale de la crise financière et des réformes sont nécessaires à cet égard.

En réfutation à ce mythe, je vous offre un billet inspiré d’un article de Mark Calabria, du CATO Institute, publié l’an passé.

Un recul de l’Etat réglementateur ?

On peut obtenir une mesure directe de la réglementation par la taille des budgets ainsi que par les niveaux d’effectifs des organismes de réglementation financière. Dans une étude du Mercatus Center, Véronique de Rugy et Melinda Warren ont conclu que les dépenses pour la réglementation bancaire et financière sont passées de $190 millions seulement en 1960 à $1.9 milliard en 2000, et à plus de $2.3 milliards en 2008 (en dollars constants de 2000).

Si l’on se concentre spécifiquement sur la Securities and Exchange Commission (SEC), l’agence au coeur de la réglementation de Wall Street, les dépenses budgétaires sous le mandat du président Bush ont augmenté, en termes réels, de plus de 76%.

L’agence comptait 2,841 employés en équivalent temps plein en 2000, 3.568 en 2008 ; soit une augmentation de 26% en 8 ans. Le niveau d’effectifs de la SEC en 2008 est par exemple plus de huit fois celui de la Consumer Product Safety Commission, qui passe en revue des milliers de produits de consommation par an.

Une autre mesure de la réglementation est le nombre absolu de règles édictées par un ministère ou organisme. Le régulateur financier principal, le Département du Trésor, a vu sa moyenne annuelle de nouvelles règles proposées passer d’environ 400 dans les années 1990 à plus de 500 dans le années 2000. Durant les années 1990 et 2000, la SEC a émis environ 74 règles par an.

La loi Gramm-Leach-Bliley

Au coeur de toutes les affirmations selon lesquelles la déréglementation a entraîné la crise, on trouve le Gramm-Leach-Bliley Act, lequel comprenait une abrogation du Glass-Steagall Act, loi qui datait de l’époque du New Deal et qui interdisait de mélanger la banque d’investissement et la banque commerciale.

Les banques d’investissement assistent les entreprises et les États pour la souscription, le marketing, et de conseil sur la dette et les capitaux. Elles réalisent souvent des opérations importantes de négociation, achetant et vendant des titres financiers à la fois au nom de leurs clients et pour leur propre compte. Les banques commerciales acceptent les dépôts assurés et accordent des prêts aux ménages et aux entreprises.

La critique de la déréglementation suggère qu’une fois que le Congrès a ouvert la voie pour la fusion des banques d’investissement et des banques commerciales, les banques d’investissement ont été incitées à prendre davantage de risques, tout en réduisant leurs capitaux propres. Il y a des doutes sur l’effet que cette loi a eu sur les marchés financiers et sur le fait de savoir si elle a eu une quelconque influence sur la crise financière actuelle.

Premièrement, même avant l’adoption de cette loi, les banques d’investissement étaient déjà autorisées à commercer et à détenir les actifs financiers au centre de la crise financière tels que les titres basés sur des prêts hypothécaires, les Credit Default Swaps (CDS) et les Collateral Debt Obligations (CDO).

Deuxièmement, très peu de sociétés financières ont décidé de combiner les activités d’investissement et les activités de banque commerciale. Les deux banques d’investissement dont la déroute symbolise la crise financière, Bear Stearns et Lehman Brothers, n’étaient affiliées à aucune institution de dépôt. Au contraire, si Bear Stearns ou Lehman Brothers avait eu une source importante de dépôts assurés, elles auraient probablement survécu à leurs problèmes de liquidité de court terme. En outre, les grandes banques qui combinent des activités d’investissement et des activités commerciales ont traversé la crise en meilleure santé que les autres.

Comme l’ancien président américain Bill Clinton l’a déclaré dans Business Week en 2008,

« je n’ai pas constaté que la signature de ce projet de loi ait eu quoi que ce soit à voir avec la crise actuelle. En effet, l’une des choses qui a aidé à stabiliser la situation actuelle est le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, qui s’est fait beaucoup plus en douceur que si ce projet de loi n’avait pas été signé. »

La loi Gramm-Leach-Bliley en elle-même n’a eu que peu d’impact sur les activités de trading des banques d’investissement. Les activités hors-bilan de Bear Stearns et Lehman étaient autorisées avant l’adoption de la loi.

La SEC a-t-elle déréglementé les banques d’investissement ?

L’une des « déréglementations » revendiquées, résultant d’un mélange des activités d’investissement et commerciales, a été l’augmentation du ratio d’endettement des banques d’investissement permise par la SEC.

Cependant, l’utilisation volontaire des règles de Bâle sur le capital a été considérée comme une petite partie seulement d’un système de réglementation plus élaboré, comme l’a exprimé John Heine, porte-parole de la SEC:

« Les règles de 2004 de la Commission ont intensifié la surveillance des marchés des titres, parce qu’avant leur adoption il n’y avait pas de supervision réglementaire formelle, pas d’exigences de liquidité, et aucune exigence de capital pour les holdings bancaires d’investissement. »

Ces exigences accrues ont conféré à la SEC des responsabilités plus larges en termes de surveillance prudentielle des banques d’investissement et de leurs sociétés holding.

 Les agences de notation :

En vertu des règles du capital de la SEC, une maison de courtage doit réduire la valeur des titres à risque ou spéculatifs sur son bilan pour tenir compte du niveau de risque. En définissant le risque des titres détenus, la SEC a lié la mesure du risque à la notation de crédit du titre détenu, les titres non notés étant considérés comme les plus risqués.

La SEC, en élaborant ses règles sur le capital, s’est inquiété que, en permettant à des agences de notation externe définir le risque, certaines agences de notation seraient tentés tout simplement de vendre des notes favorables, quel que soit le risque véritable. Pour résoudre ce risque perçu, la SEC a décidé que seules les Organisations nationalement reconnues de notation statistique (Nationally Recognized Statistical Rating Organizations ou NRSRO) auraient leurs notations reconnues par la SEC et utilisées pour la conformité aux exigences de capital réglementaire.

En définissant les qualifications d’une NRSRO, la SEC a délibérément exclu les nouveaux entrants et a favorisé les entreprises existantes, telles que Moody’s et Standard and Poor’s. En essayant de résoudre un problème imaginaire, une prétendue course vers le bas, la SEC a réussi à créer un problème réel, un oligopole accrédité dans le secteur des notations. Une des conséquences de cet oligopole est qu’au début des années 1970, les agences de notation s’écartèrent de leurs pratiques historiques de marketing et de vente de notes à des investisseurs, pour se diriger vers la vente des notes aux émetteurs de dette.

Durant les années 1980 et 1990, la SEC a toujours plus ancré le contrôle du marché par les agences de notation reconnues. Par exemple, dans les années 1980, la SEC limitait la souscription des fonds de marché monétaires aux titres qui étaient « investment grade », tels que définis par les NRSRO. Cette exigence a été étendue au papier commercial.

Le conflit d’intérêt entre les évaluateurs et les émetteurs n’est pas le résultat de l’absence de réglementation, mais la conséquence directe et prévisible de la réglementation. La solution à ce problème consiste à supprimer les privilèges des NRSRO et de rétablir la concurrence sur le marché.

 L’accès à la propriété :

J’ajouterais que s’il y a une règlementation qui a eu un impact significatif sur la crise, c’est bien le Community Reinvestment Act. Cette loi a littéralement créé le marché subprime en forçant les banques à prêter à des ménages moins fortunés pour les aider à accéder à la propriété.

Fannie Mae et Freddy Mac ont d’ailleurs été des instruments de choix pour orchestrer les politiques d’accès à la propriété du gouvernement et ce en échange d’une garantie implicite du gouvernement fédéral. Ainsi, ces deux governement-sponsored entities (GSE) ont acheté plus de 40% des CDO de subprime au plus haut du marché.

Ainsi, la règlementation étatique visant à favoriser l’accès à la propriété a grandement contribué à l’essor de la crise financière.

Conclusion:

La croyance voulant que la dérèglementation du système financier soit la cause principale de la crise financière est un mythe inventé de toutes pièces par les vrais responsables de la crise, qui eux sont à la recherche d’un bouc-émissaire et d’une augmentation encore plus grande de leurs pouvoirs.

Quelques réflexions sur l’économie…

Les salaires horaires réels :

Cette semaine, j’assistais à la conférence annuelle pour investisseurs institutionnels de la CIBC à Montréal. J’ai pu assister à une présentation de leur économiste, Avery Shenfeld, qui montrait un graphique très intéressant. Ce dernier illustre que, contrairement aux récessions de 1974, 1982 et 1991, les salaires horaires moyens réels n’ont pas vraiment baissé durant la récession de 2008. Le coût de la main d’oeuvre demeurant élevé, il n’est pas surprenant de voir l’emploi aussi déprimé aux États-Unis.

La résistance à la baisse des salaires est certainement un facteur à considérer. En 1982, lorsque l’inflation était de 12%, une hausse de salaire nominale de 2% équivalait à une baisse de salaire réel de 10%. L’employé avait l’illusion d’avoir eu une augmentation, mais c’était un mirage. Cependant, en 2009-2011, l’inflation a été très basse. Donc pour obtenir une baisse réelle des salaires, il aurait fallu une baisse nominale, ce qui est très difficile à mettre en place, surtout lorsque dans un contexte où le gouvernement Fédéral a haussé le salaire minimum de plus de 40% depuis 2007.

Ce fut aussi une principale cause de la Grande Dépression des années 1930s. Hoover et Roosevelt ont mis en place des contrôles de prix et des gels de salaires. Ceux-ci ne pouvaient donc pas baisser ce qui envoyé le taux de chômage dans la stratosphère.

 

 

Le « job plan » d’Obama :

Faisant face à une élection en 2012, le Président Obama ne pouvait se permettre de voir l’économie retomber en récession. Il a donc mis en place un plan de relance, qu’il a nommé « plan pour l’emploi », mais c’est bel et bien un plan de relance. Ce plan fait en sorte de retarder certaines mesures d’ajustement fiscal qui seraient survenues en 2012. Qu’arrivera-t-il en 2013? L’économiste Avery Shenfeld estime que si l’on additionne l’impact de l’accord sur le plafond d’endettement, l’expiration des coupures d’impôts et la fin des stimuli fiscaux, l’impact sur le PIB sera de -6% en 2013! Cela veut dire que la consommation, l’investissement et le commerce international devront croître fortement pour éviter la récession. En fait, ces nouvelles mesures ne feront que prolonger d’avantage le marasme économique que nous connaissons.

 

La Fed danse le Twist!:

La Fed va vendre pour $400 milliards de bonds du Trésor à court terme et acheter des bons à long terme (10 à 30 ans) pour faire baisser les taux à plus long terme. Ensuite, elle va utiliser les paiements reçus des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) pour racheter d’autres MBS sur le marché dans le but de faire baisser les taux hypothécaires et stimuler le marché immobilier. La Fed espère notamment que les gens vont refinancer leur hypothèque et utiliser l’argent (hausse du prêts et économies d’intérêt) pour dépenser. La manoeuvre n’injecte pas de nouvelle monnaie dans le système, mais elle empêche la « destruction » de monnaie qui serait survenue au remboursement des T-bills court terme et des MBS.

Je ne pense pas que cette manoeuvre puisse avoir quelque impact positif que ce soit sur l’économie. L’économie va poursuivre son désendettement, peu importe la structure des taux d’intérêt. Ce genre de manoeuvre ne fait que retarder les ajustements nécessaires et prolonger le marasme économique.

 

Si l’Allemagne quitte la Zone Euro :

Si on écoute les keynésiens / mercantilistes de ce monde, s’il fallait que l’Allemagne quitte la Zone Euro, sa devise s’apprécierait fortement, ce qui nuirait à ses importations et minerait l’économie. Je suis en désaccord. Évidemment, il y aurait un impact négatif à court terme, comme pour n’importe quel scénario touchant le sort de la Zone Euro. Mais à long terme, je ne crois pas que ce serait une catastrophe.

1) Certains biens exportés par l’Allemagne ne seront pas remplacés par des substituts même si leur prix augmentait en devises étrangères car la demande pour certains biens est moins ou pas élastique (pensez aux produits pharmaceutiques, aux voitures de luxe et à certains biens de haute technologie).

2) Comme presque tous les pays, l’Allemagne consomme beaucoup de produits importés. Une appréciation de devise augmenterait le pouvoir d’achat de 100% de la population Allemande. Les gens auraient plus de revenu disponible pour acheter d’autres biens, dont certains sont produits en Allemagne, ce qui amortirait l’impact de la baisse des exportations.

3) L’Allemagne produit des voitures et des biens industriels, mais elle ne produit pas beaucoup de ressources (acier, nickel, zinc, cuivre, métaux rares, pétrole, gaz naturel) qui entrent dans leur fabrication. Une appréciation de la devise viendrait donc faire grandement baisser les coûts des intrants de production et amortir l’impact.

4) Qu’arriverait-il aux taux d’intérêt en Allemagne dans un tel scénario? Ils baisseraient. Donc les coûts de financement des entreprises Allemagne diminueraient, ce qui amortirait aussi l’impact de la baisse des exportations.

5) Les entreprises Allemandes pourraient utiliser leur devise appréciée pour faire des acquisitions à l’étranger. Le rapatriement des profits viendrait gonfler les recettes fiscales de l’État, ce qui améliorerait encore plus sa flexibilité budgétaire, si bien qu’il pourrait peut-être même diminuer les impôts des entreprises, ce qui viendrait aussi amortir le choc de la devise.

Pour moi il ne fait aucun doute que ce scénario est le meilleur pour le peuple Allemand, et c’est d’ailleurs ce que la population souhaite. Il faudra voir si les politiciens respecteront les désirs du peuple. N’est-ce pas cela la démocratie? Est-ce que les keynésiens/gauchistes sont prêts (encore) à cracher sur la démocratie pour arriver à leurs fins? Je n’en serais pas surpris…

Comment je sais que tout cela se produira ainsi? Parce que le Canada est passé par là! Notre devise est passée de $0.65/USD à plus de $1.00/USD. Je vous invite à faire une moyenne des principaux indicateurs économiques du Canada et du Québec pendant la période où notre taux de change était inférieur à $0.70 et à les comparer à ceux de l’ère $0.95-$1.05. Quel Canada/Québec préférez-vous? Moi je choisi le second sans hésiter! L’Allemagne devrait faire de même.

Les contradictions de la gauche…

La gauche et les libertariens partagent beaucoup d’objectifs communs : vivre dans un monde où il y a moins de pauvreté, de chômage, de récessions, d’endettement, de guerres, de corruption et où l’environnement est sain (l’objectif de la gauche qui n’est pas partagé par les libertariens est la réduction des inégalités).

Cependant, les moyens favorisés pour atteindre ces objectifs sont fort différents de part et d’autre! La gauche préconise l’intervention de l’État alors que les libertariens préconisent la liberté. Cependant, plusieurs des politiques de la gauche apparaissent indéfendables lorsque l’on considère l’ensemble de leurs impacts sur la société. Ce texte comporte une multitude de liens vers des billets que j’ai publiés dans le passé; amusez-vous à les découvrir si ce n’est pas déjà fait!

 

Par exemple, lorsqu’il est question de l’économie, on voudrait éviter les crises financières et les récessions. La gauche ne veut rien savoir des solutions libertariennes comme abolir la banque centrale et adopter un système bancaire à réserves entières parce que la gauche a besoin de la banque centrale étatique pour financer, par la création de monnaie ex nihilo, les déficits gouvernementaux résultants des excès de l’État-providence. Car éliminer les déficits signifierait, en partie, réduire les dépenses de l’État, chose impensable pour la gauche. On préfère plutôt une lourde et coûteuse règlementation, voire même la nationalisation du système bancaire, malgré tous les problèmes que cela causerait, car il leur est évident que la dernière crise financière a résulté de la dérèglementation du système bancaire américain (sic) alors que la crise de la Zone Euro est causée par les satané spéculateurs et par l’avarice des investisseurs obligataires (re-sic). Ensuite, la gauche s’insurge face aux gigantesques profits des banques (réalisés grâce à l’aide de la banque centrale et en violation des droits de propriété des déposants) et de leur impact sur les inégalités, et elle s’inquiète aussi face à la hausse de l’endettement des ménages, conséquence directe des politiques monétaires expansionnistes des banques centrales! Par ailleurs, la gauche oublie que l’endettement de l’État, facilité par les banques centrales, a largement servi à financer d’odieuses guerres inutiles (voir ceci).

Concernant le chômage, on sait bien qu’il est notamment amplifié par un manque de flexibilité du marché du travail. Pourtant, plutôt que de favoriser une plus grande flexibilité, la gauche prône la rigidité par le syndicalisme, le protectionnisme et l’accroissement de la règlementation du travail. Le résultat obtenu est l’inverse de ce qui est souhaité. Par ailleurs, les impôts élevés, nécessaires au financement des programmes sociaux supportés par la gauche, nuisent aussi à l’investissement, ce qui affecte négativement la création d’emplois.

La gauche se scandalise face aux profits des grandes entreprises et à leur impact sur les inégalités. Les libertariens favorisent quant à eux une économie dynamique où règnent la libre-entreprise et la concurrence. Pourtant, les gauchistes ont des nausées lorsqu’il est question de concurrence, qu’ils considèrent « sauvage ». Ils encouragent un lourd fardeau règlementaire qui nuit à la concurrence (exemples ici, ici et ici), des monopoles d’entreprises d’État (ici, ici et ici), la protection de la propriété intellectuelle, des mesures protectionnistes et des subventions (ici), supposément pour protéger les petits travailleurs peu productifs des impacts de la mondialisation des échanges et protéger les « intérêts nationaux ». Nous tuons ainsi le dynamisme de l’économie ce qui permet aux grandes entreprises d’accumuler des profits sans trop d’efforts car elles bénéficient de ces largesses, s’adaptent mieux à la règlementation et ont de puissants lobbys pour s’accaparer des privilèges de l’État.

La gauche est encore plus allergique à la concurrence lorsqu’il est question des services publics, dont le manque de concurrence a permit à la bureaucratie de grossir sans contrôle et au sein desquels le gaspillage est prépondérant (ici et ici). La fonction publique soutenue par de puissants syndicats est devenue une classe bénéficiant de conditions au-dessus de la classe moyenne (voir ceci et ceci) déconnectée du marché. Cela fait grimper les coûts et comme les budgets sont limités, le gouvernement rationne la demande en engendrant des pénuries. La privatisation de ces services (voir ceci) et leur ouverture à la concurrence permettrait de régler ces problèmes, mais la gauche préfèrerait augmenter les impôts pour y pelleter encore plus d’argent, oubliant qu’à partir d’un certain niveau, les hausses d’impôts réduisent les revenus de l’État et la croissance économique (voir ceci). On ne ferait donc que permettre au problème de perdurer indéfiniment et pendant ce temps des gens meurent sur des listes d’attente et à l’urgence….alors que la crainte face aux soins de santé privés est que des gens pourraient hypothétiquement être laissés pour contre…

La gauche est répugnée par les profits, qui démontrent selon eux que les entrepreneurs s’en mettent plein les poches en exploitant les petits travailleurs prolétaires. Pourtant, les profits indiquent que les producteurs créent de la richesse; que ce qu’ils produisent a plus de valeur que les ressources utilisées dans la production et donc que ces ressources ne sont pas gaspillées. Les profits sont le moteur de l’investissement, de l’innovation et, par conséquent, de l’amélioration de notre niveau de vie.

En environnement, la gauche est inquiétée par la destruction de systèmes écologiques causée par la pollution humaine et par d’éventuelles pénuries de ressources naturelles. Curieusement, la solution gauchiste consiste à confier la protection de l’environnement et la conservation des ressources à l’État, alors que l’on sait que c’est justement ça le problème (voir ceci et ceci)! La propriété privée, un élément essentiel du système capitaliste, est le meilleur moyen de protéger l’environnement et de s’assurer que les ressources naturelles soient utilisées au meilleur escient possible (voir ceci). Cependant, la gauche se refuse à considérer la propriété privée pour régler les problèmes environnementaux puisque cela réduirait possiblement les revenus de l’État (en redevances et royautés directes), qui servent à financer leurs programmes sociaux chéris! Et la gauche craint encore plus que de vilains capitalistes puissent potentiellement s’enrichir en exploitant ces ressources!

Concernant l’immonde pauvreté qui affecte les pays du Tiers-Monde, il est clair que ces pays ont cruellement besoin de plus de liberté économique, de plus d’entreprenariat, de plus d’ouverture aux marchés internationaux, de plus de protection des droits de propriété privée, d’un État moins accaparant et moins arbitraire : un État de droit (voir ceci). L’aide internationale ne fonctionne pas, elle ne fait que permettre au système vicié de perdurer et bloque le changement. Quant aux programmes d’ajustements structurels de la Banque Mondiale et du FMI, ce ne sont que des mascarades mal ficelées.

L’aide internationale demeure toutefois la solution privilégiée par la gauche, qui craint le capitalisme et la mondialisation car selon eux le libre-marché condamnerait ces populations à oeuvrer dans des sweatshops indéfiniment (est-ce que c’est ce qui s’est produit pour les Tigres Asiatiques? Non!). La gauche pense que l’État et les ONGs peuvent tout régler simplement en y pelletant plus d’argent des pays riches. Ils sont bien ouverts aux exportations comme moyen de sortir ces pays de la misère, mais à condition de bloquer les importations pour favoriser les industries locales; le vieux réflexe mercantiliste qui a coulé dans de pays dans le rouge. Ils oublient que le commerce international libre bénéficie aux deux parties qui participent à un échange, même à la moins productive des deux (voir ceci). Ils oublient aussi que les mesures protectionnistes font du tort à tous, mais surtout aux pays les plus pauvres qu’ils aimeraient tant aider.

Notez par ailleurs que l’abolition de la protection de la propriété intellectuelle permettrait de réduire les coûts des médicaments et soins médicaux pour tous et permettrait d’aider les pays du Tiers-Monde à émerger de la pauvreté en créant des entreprises dont la production a plus de valeur ajoutée.

Lorsqu’il est question de corruption, la gauche jette le blâme sur les corporations et leurs lobbys, qui mettent tant de pression sur les « pauvres » politiciens pour que ceux-ci fassent pencher la balance de leur côté. Pourtant, le meilleur moyen de combattre la corruption est de réduire la taille de l’État et de se fier au marché et à la concurrence plutôt qu’aux fonctionnaires. Les entreprises nationalisées sont de véritables foyers à corruption alors que l’interventionnisme étatique déploie généralement trop de pouvoir pour que celui-ci ne soit pas détourné vers des intérêts autres que celui de la population. Les statistiques sont claires : plus l’État a de pouvoir, plus il y a de corruption.

En ce qui a trait aux inégalités de richesse, entre une société A plus pauvre, mais égalitaire et une société B plus riche, mais plus inégale au niveau de la répartition de la richesse, la gauche préfère la société A même si les pauvres y sont plus pauvres que dans la société B! Selon eux, la société B est plus riches non pas parce que sa liberté économique est supérieure, mais bien parce que ses pauvres ont fui vers la société A, rendant celle-ci plus pauvre… Si le sort des pauvres était la vraie inquiétude, la société B serait préférable, mais il semble que la gauche préfère sacrifier de la richesse pour obtenir plus d’égalité, ce qui est insensé.

En dernier lieu, les libertariens tentent de rappeler à la gauche que l’étatisme nous met sur la route de la servitude, laquelle mène à l’affaiblissement de la démocratie au fur et à mesure que les libertés économiques et politiques s’érodent. C’est que les politiciens gauchistes considèrent que tous les moyens sont bons pour arriver à leurs fins collectivistes et égalitaires, même la force coercitive et les politiques liberticides. C’est ce qui est en train de se produire au Vénézuela sous Chavez, entre autres.

La gauche blâme les innombrables échecs de l’étatisme sur le dos du corporatisme. Selon eux, l’État moderne sert les intérêts « bourgeois » : il subventionne les grandes entreprises et sauve les banques de la faillite. La gauche oublie que plus l’État prend d’ampleur, plus ce résultat est inévitable. Les politiciens travaillent à se faire élire et n’hésitent pas à utiliser leurs pouvoirs élargis pour s’acheter des votes. C’est pourquoi l’expansion de l’État mène inévitablement à une forme de corporatisme malsain.

La gauche oublie aussi qu’historiquement, l’État a été implanté de force par les envahisseurs, les conquérants et les colons pour asservir la population locale et pour mieux l’exploiter. Cette situation n’a pas vraiment changé et ne changera jamais (voir ceci).

Conclusion :

Tout comme les libertariens, la gauche est bien intentionnée, la plupart du temps. Elle part du principe que le marché est imparfait, et c’est vrai (il n’y a qu’Eugene Fama pour nier cela)! Cependant, elle pense qu’elle peut corriger le tir vers un résultat plus optimal en utilisant le pouvoir coercitif de l’État; c’est là qu’est l’erreur. La plupart du temps, l’intervention étatique empire la situation et mène à un résultat inférieur à celui du libre-marché. Le problème est que les conséquences indirectes négatives des actions étatiques sont souvent moins visibles à court terme que les conséquences directes positives; ce qui faisait dire à Frédéric Bastiat qu’il y a « ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas ». Cela pose un défi colossal à toute politique libertarienne quant à sa capacité à convaincre les masses que la liberté est le meilleur chemin à prendre, et non l’étatisme…