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Philippe David est un consultant en informatique et l'éditeur de Contrepoids. Il a ouvert son premier blogue, le Minarchiste Québécois en 2006. Adepte du libertarianisme, il est l'auteur de nombreux textes sur la politique, l'économie et le libertarianisme. Ses textes sont également rediffusés par les sites République de Bananes et Les 7 du Québec.

Pourquoi United Airlines mérite de se faire tabasser

 

Par Philippe David

Tabasser au sens figuré, bien sûr!

Si vous n’étiez pas au courant, une nouvelle a fait un véritable tabac sur les médias sociaux cette semaine. En effet, pendant que les américains s’apprêtaient à larguer la mère de toutes les bombes (MOAB) sur l’Afghanistan, United Airlines a commis la mère de toutes les bourdes en termes de relations publiques et de service à la clientèle et ça va probablement leur coûter très cher.

Les faits…

Dimanche dernier (9 avril), l’équipage d’un vol United Airlines en partance de Chicago vers Louisville au Kentucky a fait évacuer un passager manu militari hors de l’avion parce que celui-ci refusait de céder son siège à un de quatre employés de UA que la compagnie voulait envoyer à Louisville. Apparemment, après qu’une offre d’incitatifs financiers pour des volontaires n’ait pas trouvé de preneurs parmi les passagers, on aurait choisit au hasard quatre passagers auxquel on aurait demandé de libérer leur siège. Si les trois premiers passagers ont choisi de quitter l’avion sans faire d’histoires, un passager du nom de David Dao a refusé de quitter son siège et l’équipage a demandé à la police de l’aéroport Ohare de le chasser de force de l’avion. M. Dao a été bon pour quelques ecchymoses et lacération en récompense de sa résistance passive aux policiers. Il aurait ensuite réussi à retourner brièvement dans l’avion pour y être chassé de nouveau.

Monnaie courante

C’est monnaie courante de voir les compagnie aériennes vendre plus de sièges qu’il n’y en a dans l’avion (de toute évidence, elles ne sont pas trop ferrées en math) mais normalement le problème est réglé en empêchant les passagers en trop de monter dans l’avion et en leur offrant une compensation. Cette fois-ci cependant, les passagers étaient déjà tous embarqués dans l’avion quand les employés de United ont appris que quatre collègues avaient besoin de sièges à bord. Si c’est monnaie courante d’empêcher l’accès à l’avion aux passagers en trop et le contrat de transport entre UA et ses passagers le stipule clairement (règle 25), faire débarquer des passagers qui ont déjà embarqué et ont gagné leur siège ne l’est pas. Demander à des passagers qui ont payé leur billet et qui sont déjà installés dans leur siège à bord de l’avion pour céder la place à des employés de la compagnie est plutôt inhabituel en fait et il n’y a aucune provision à la règle 25 pour ça.

UA a bien une autre règle qui permet de forcer un client turbulent ou violent de débarquer de l’avion, le problème est que simplement protester et résister de quitter l’avion pour céder la place à un autre ne qualifie pas comme un comportement turbulent. Si turbulence il y a, elle a lieu c’était parce que les membres de l’équipage tentaient justement de forcer le passager à débarquer contre son gré. Il n’y avait aucune turbulence de la part de M. Dao avant cela.

Un fiasco

Dans ma vie professionnelle, les contacts avec les clients font partie de la vie de tous les jours et s’il existe une règle d’or dans ce domaine, c’est «le client a toujours raison»! Pourquoi? Parce que si vous êtes en affaires, c’est pour faire un profit et le meilleur moyen de faire un profit est de bien satisfaire vos clients pour qu’ils reviennent encore et encore. Si vous êtes chanceux, un client satisfait vous recommandera peut-être à un ou deux de leurs amis. Si vous offusquez un client, soyez assurés que tous leurs amis le sauront (et même les amis de leurs amis). Même si vous croyez que le client a tort, gagner un argument contre lui sera peut-être bon pour votre ego, mais il coûtera cher à votre portefeuille. Ultimement, c’est toujours le client qui gagne.

Imaginez que vous êtes à un restaurant avec votre tendre moitié et que vous attendez votre assiette principale quand le maitre d’ vient vous voir et vous dit: «Désolé monsieur, mais nous avons accepté trop de réservations ce soir et j’ai un autre couple qui attend pour cette table. Je suis vraiment navré, mais je dois vous demander de libérer votre table immédiatement ou je devrai demander à la sécurité de vous escorter.» Comment réagiriez-vous? Reviendriez-vous manger à ce restaurant? Probablement pas, n’est-ce pas? Être propriétaire du restaurant, je me serais profusément excusé auprès des clients  qui attendent leur table, je les aurait installés au bar et je leur aurait offert un verre aux frais de la maison et probablement un rabais substantiel sur leur repas. Ou, encore mieux, je tâcherais d’éviter de me retrouver dans ce genre de situation en premier lieu.

Qu’a fait United Airlines? Tout le contraire! Le PDG de la compagnie, Oscar Munoz ne s’est excusé du bout des lèvres d’avoir dû «ré-accommoder» les clients. Pas fort!

UA Munoz re-accommodate

Je doute fort que M. Dao soit très satisfait de ces excuses, et pas plus de la façon qu’il a été ré-accommodé. La réaction du public a été cinglante aussi. Toute la semaine nous avons été bombardés de méchants mèmes sur les médias sociaux (j’en ai partagé quelques-uns moi-même, hilarants!!)

Ce n’est qu’après cette réaction virulente et une chute marquée du titre de United Airlines que Munoz a finalement fait des excuses dignes de ce nom. Trop peu. trop tard. United Airlines aura fort à faire pour contrôler les dommages. Cependant la réaction à cet incident devrait donner de quoi réfléchir à ceux qui doutent de la capacité des marchés de s’auto-réguler. United Airlines s’est fait sévèrement rosser et n’est pas prêt de récupérer de ce fiasco. Je doute fort qu’ils refassent cette gaffe à l’avenir. C’est à souhaiter en tout cas.

C’est ça l’auto-régulation. Tu fais une gaffe et quand les consommateurs l’apprennent, ils te punissent. C’est comme ça que ça devrait toujours être. C’est ce qui garde les compagnies honnêtes bien plus que les réglementations de l’État.

Non, ce n’est pas du capitalisme.

Par Philippe David

Difficile de ne pas réagir à l’obscénité de ces augmentations que se sont données les dirigeants de Bombardier, mais les raisons pourquoi je les qualifierais d’obscène sont probablement différentes de celles de la plupart des chroniqueurs dans les médias. C’est d’ailleurs monnaie courante pour ces chroniqueurs de blâmer le capitalisme comme l’ont fait Mathieu Bock-Côté, Antoine Robitaille ou même Richard Martineau.  C’est bien trop facile de toujours se servir du capitalisme comme bouc-émissaire comme si d’avoir un gouvernement qui subventionne les entreprises à gauche et à droite 365 jours par année avait quoique ce soit à voir avec du capitalisme!

facepalm

Les grands champions

Au fait, combien de grandes entreprises ne sont pas subventionnées au Québec? Pas beaucoup! En fait, le Québec est depuis longtemps le grand champion toute catégorie du BS corporatiste. Désolé de vous l’apprendre, mais très peu de nos soi-disant «fleurons québécois» ne seraient encore solvables s’ils n’étaient pas solidement accrochés aux mamelles de l’état et Bombardier est certainement un des pires.

Soyons clairs, Ce n’est pas ça le capitalisme!!!

Le capitalisme, ce sont des entrepreneurs qui bâtissent des entreprises en risquant leur propre argent et celui d’actionnaires qui investissent volontairement dans ses idées. Quand Armand Bombardier a conçu et mis en marché sa première motoneige, il n’était pas allé quémander au gouvernement pour des subventions. Il a convaincu des investisseurs privés de lui avancer les fonds parce qu’il savait qu’il avait une grande innovation et ces investisseurs l’ont vu aussi et ils sont tous devenus très riches. Cependant, je doute qu’Armand Bombardier aurait été très fier qu’aujourd’hui son entreprise se maintient à flot en quêtant constamment au gouvernement et encore moins que ses successeurs en profitent pour s’en mettre plein les poches. S’enrichir en mettant en marché des innovations et en risquant ses propres sous est une chose. S’enrichir en pillant littéralement les contribuables en est une autre.

Les pillards

Dans son roman «La Grève» (Atlas Shrugged), Ayn Rand avait un terme particulier pour désigner des dirigeants d’entreprise qui s’enrichissent non pas parce qu’ils fournissent quelque chose d’utile aux consommateurs, mais plutôt parce qu’ils quémandent continuellement aux gouvernements. Elle les appelait des «pillards» («looters» en anglais).  Je n’ai pas de problème avec des dirigeants d’entreprise qui gagnent leur argent honnêtement en créant de la richesse, mais le tétage de subvention n’a rien à voir avec un talent quelconque de l’entrepreneuriat. C’est plutôt pénaliser les entrepreneurs plus productifs au profit des mauvais gestionnaires en forçant les contribuables à investir contre leur gré dans des entreprises qui peinent à survivre autrement.

Aucune entreprise ne vaut la peine d’être sauvée par les contribuables

Cruel, me direz-vous, mais vrai quand même. En subventionnant des entreprises comme nous le faisons, nous encourageons la mauvaise gestion et nous plombons notre économie. Si une entreprise est incapable d’être profitable, elle devrait faire faillite et être rachetée par quelqu’un qui saura utiliser ses ressources de façon plus efficace, sinon c’est un gaspillage de ressources. Peut-être que vous me direz que les compétiteurs de Bombardier Aéronautique comme Boeing et Airbus sont subventionnés eux aussi; oui et alors? Parce qu’on taxe les américains, les français et les britanniques pour offrir des avions à plus bas prix à des compagnies de transport aérien, ne veut pas dire que les québécois veulent aussi être taxés au profit de ces compagnies. Rien ne nous oblige à avoir un fleuron dans l’industrie aéronautique s’il est incapable de voler de ses propres ailes. Nous pouvons très bien investir notre argent et créer des emplois dans un domaine qui est plus profitable et qui ne nécessitera pas d’être constamment maintenu sur le respirateur. Remarquez que le phénomène n’est pas seulement au Québec. Il y a de nombreuses compagnies qui auraient longtemps dû faire faillite tant dans le reste du Canada que les États-Unis, mais comme je l’ai mentionné plus tôt, le Québec est le champion toutes catégories en BS corporatif et un des pires endroits pour l’entrepreneuriat et l’investissement privé.

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Si subventionner tout ce qui bouge fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait parce que nous serions la province la plus riche plutôt que la plus pauvre.

Sources:

Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002

 

 

Le bon côté des choses

Par Philippe David

Depuis le mois de novembre dernier, les médias, autant américains que canadiens et québécois, sont aux prises avec une véritable crise d’hystérie. À les croire, on s’imagine que les États-Unis sont maintenant entre les mains de l’Antéchrist en personne. Rien de moins que le fils de Satan. On le comparait aux pires despotes de l’histoire avant même qu’il n’ait pris une seule décision. Après maintenant un peu plus d’un mois au pouvoir, il s’avère que l’hystérie n’était que cela. Une peur irrationnelle et injustifiée.

Si on doit en croire David French dans le National Review, non seulement Donald Trump, malgré son style, ne s’est pas montré comme étant le vil dictateur que la presse annonçait, mais il est moins autoritaire  que ne l’a été Obama jusqu’ici. Les gens des médias auraient donc intérêt à respirer par le nez s’ils veulent préserver le peu qu’il leur reste de crédibilité et rapporter et analyser plus sobrement les actions de M. Trump. Ils devraient aussi faire leur mea culpa d’avoir, pendant les huit dernières années, fermé les yeux sur pratiquement tous les actes qu’Obama avait perpétré durant sa présidence et qu’ils reprochent présentement à Trump. Jusqu’ici, Donald Trump n’a strictement rien fait que Barack Obama n’avait pas fait précédemment, mais parce que les gens des médias approuvaient des objectifs d’Obama, ils ont choisi l’aveuglement volontaire pendant les huit dernières années, et soudainement semblent se réveiller alors que maintenant, un président qu’ils n’aiment pas use des même pouvoirs. C’est difficile d’avoir pitié pour des gens qui croyaient que le président devrait avoir des pouvoirs quasi-illimités jusqu’à ce qu’ils réalisent soudainement que ces pouvoirs pourraient se retrouver dans ce qu’ils considèrent de «mauvaises mains» et se retrouvent maintenant en mode panique, incitant même à l’assassinat du président su Twitter. S’il y en a qui s’inquiétaient de la liberté d’expression sous Donald Trump, ils peuvent immédiatement se rassurer du fait qu’aucune de ces personnes n’a été arrêtée ou emprisonnée jusqu’ici. Mais si vous cherchez une raison pour laquelle Donald Trump s’est mis en guerre contre certains médias et journalistes jusqu’à les exclure de certains points de presse ou à refuser de répondre à leurs questions, je considère un appel au meurtre une excellente raison, pas vous?

En voyant cette vendetta des médias contre Donald Trump, est-il vraiment surprenant que le public fasse maintenant plus confiance au président qu’aux médias? Le problème avec les médias est qu’en agissant comme ils l’ont fait depuis l’élection présidentielle, ils se tirent dans le pied et donnent à Trump toutes les justifications nécessaires pour ne pas coopérer avec eux.

Malgré tout, je vois des points positifs au soudain réveil des médias et de la gauche. Leur peur irrationnelle de Trump leur a fait réaliser le danger de concentrer trop de pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Ils voient maintenant que ces pouvoir peuvent se retrouver dans les mains de quelqu’un qui ne partagent pas leurs objectifs et même qu’ils pourraient se retrouver un jour dans les mains d’un véritable tyran, ce que les libertariens comme moi tentent de marteler dans leur caboche depuis des lustres. Je souhaite ardemment que les gens de la gauche commencent à s’interroger sur les dangers de la concentration du pouvoir de l’état et comment cet état peut devenir intrusif, maintenant qu’ils ont conscience que ce pouvoir est maintenant dans les mains d’un personnage qui leur est antipathique. Ils gagneraient maintenant à tenter de critiquer Donald Trump d’une façon beaucoup plus raisonnable, parce qu’il y a certainement des raisons très valables de le critiquer au-delà des accusations hystériques de racisme et d’autoritarisme. Peut-être qu’ils peuvent maintenant en revenir à leur véritable rôle de chien de garde du gouvernement plutôt que des meneuses de claques. C’est à espérer…

Quand la gauche dérape…

Par Philippe David

La gauche américaine est en voie de perdre toute sa crédibilité. Pendant qu’ici au Québec, nous étions encore préoccupés par les suites de la fusillade à la mosquée de Sainte-Foy, et aussi par le vandalisme d’une autre mosquée à Montréal; hier soir, le 2 février, à l’Université de la Californie à Berkeley, ironiquement le berceau du mouvement de la liberté d’expression pendant les années 1960, une émeute a eu lieu. Des incendies ont été allumées, des gens ont été battus à coup de pelles, bâtons, drapeaux ou aspergés avec du poivre de Cayenne et de nombreux actes de vandalisme ont eu lieu. Pourquoi? Pour empêcher un homme gai juif de prononcer un discours sur l’appropriation culturelle et les costumes d’Halloween politiquement corrects.

Peu importe ce que vous pouvez penser de Milo Yannopoulos, et je le trouve plutôt comique moi-même, aux États-Unis, il a le droit de dire tout ce qu’il veut et tout ceux qui affectionnent la libres-expression devraient défendre son droit qu’ils soient d’accord avec lui où non. Mais c’est devenu une habitude des gauchistes dans les universités de manifester parfois violemment contre tous les conférenciers de droite qui ont l’audace de vouloir prononcer un discours sur un campus et pas seulement aux États-Unis. Lorsque Ann Coulter a voulu livrer un discours à l’Université d’Ottawa, elle a dû renoncer quand une manifestation menaçait de devenir violente. Plus tôt aujourd’hui, Gavin McInness a été apergé de poivre de cayenne et a dû annuler un discours qu’il allait prononcer à l’Université de New York à cause d’une autre manifestation violente.

Pendant ce temps, sur les réseau sociaux, de nombreuses célébrités encourageaient les émeutiers et dans certains cas, à un coup d’état contre le Président Trump. Même le Maire de Berkeley, plutôt que de condamner les manifestants, pontifiait contre le discours haineux (de Yiannopoulos) et on soupçonne que la lenteur d’agir de la police aurait à voir avec un ordre d’en haut de se tenir à l’écart. Ils ne sont intervenus que lorsque la situation est devenue intenable.
uc berkeley jesse arreguin tweet

Les médias ont aussi appliqué leur biais actuel dans leurs reportages en appelant constamment l’évènement une «manifestation» plutôt qu’une émeute et en qualifiant les participants de «manifestants» plutôt que de les appeler des émeutiers. Par la même occasion, ils qualifiaient Yiannopoulos de troll ou d’extrémiste et ceux qui auraient voulu l’écouter de «suprématistes blancs» comme s’il s’agissait d’une réunion de nazis.

UC Berkeley CNN

Quelle importance, dites-vous? Parce que le choix des termes est important. Quand on en est rendu à des voies de faits, des actes de vandalisme et à créer le chaos dans les rues, ce n’est plus une manifestation, c’est une émeute et les participants ne sont plus des citoyens paisibles exerçant leur droit d’assemblée et de libre-expression, mais des criminels.  Quand à Yiannopoulos, quiconque a écouté de ses discours sait qu’il est posé, rationnel et que ses points de vue n’ont absolument rien d’extrémiste. Mais ses propos dérangent la gauche, tout comme tous les autres orateurs à la droite du centre. Milo Yiannopoulos a beau être un favori de l’alt-right, il refuse catégoriquement de s’étiqueter comme tel. Il préfère se dire libertarien et son discours est largement en ligne avec cette philosophie, mis à part son admiration Donald Trump.

Quand on crache en l’air…

… ça nous retombe sur le nez, dit le fameux dicton. Ce que tous ces gens ne réalisent pas c’est à quel point ils peuvent nuire à leur propre cause. Oui, ils ont empêché Yiannopoulos de livrer son discours, mais aussitôt arrivé à son hôtel, il ajoutait une vidéo sur Youtube et quelques heures plus tard, il était sur les ondes à livrer des entrevues et se poser en victime.

Il faut vraiment être complètement bouché pour ne pas comprendre l’ironie de dénoncer ses opposants politiques comme étant des «fascistes» et des «nazis» en descendant dans les rue et en y semant le chaos, en vandalisant des guichets bancaires, en tabassant et en aspergeant de poivre de Cayenne tout ceux qui osent porter une casquette MAGA, ou en couvrant tout de graffitis disant «Kill nazis», «Kill fascists» ou «Kill Trump» et en se conduisant généralement comme… des fascistes et des nazis!

Parce que nous ne voyons pas les partisans de Trump utiliser la violence de cette façon. Nous ne voyons pas les Yiannopoulos, Coulter ou McInness inciter leurs fans à tabasser des démocrates. Mais en faisant ce qu’ils font, les gens de la gauche donnent toutes les munitions à Donald Trump de les réprimer… sévèrement. Et il le fera probablement avec la bénédiction de la population qui n’apprécie généralement pas quand des voyous détruisent sa propriété et de se faire tabasser simplement pour être d’une opinion contraire. Suite à l’émeute, le Président a d’ailleurs suggéré sur Twitter que puisque UC Berkeley était incapable de protéger la diversité d’opinion sur son campus, peut-être qu’elle devrait se passer de financement fédéral?

donald-trump-tweet-milo-yiannopoulos-berkeley-funding

La violence n’est pas un argument politique légitime  dans une société civilisée. La minute que vous recourrez à la violence, vous avouez que vous n’avez désormais aucun argument rationnel pour réfuter ceux de votre adversaire et vous venez de lui concéder l’argument. La gauche américaine a sérieusement dérapé ce 2 février et perdu tout haut-lieu moral.

 

Symptômes de l’agonie de l’Occident

Par Philippe David

Triste évènement qui est arrivé ce week-end. Trop triste pour le commenter à chaud. La violence sera toujours insensée. Je n’ai jusqu’ici que très peu commenté l’évènement sur les réseaux sociaux sauf pour offrir mes condoléances aux familles des victimes. Je voulais attendre plus d’informations plutôt que de parler à tort et à travers comme certains «nanalystes» qui ne sont qu’intéressés à nourrir un certain narratif. L’odeur de poudre s’était à peine dissipée dans cette mosquée de Sainte-Foy qu’on pointait déjà un doigt accusateur vers Donald Trump, les radios de Québec ou «l’extrême-droite» (comme si ça existait dans un Québec qui penche majoritairement à gauche). Aucun parti politique qui siège à l’Assemblée Nationale n’est résolument à droite. Ils sont centristes avec une légère tendance à gauche pour la plupart, mis à part Québec Solidaire qui est carrément à gauche sans aucune gêne. Le peu de partis de droite qu’il y a au Québec peinent même à être présents dans les sondages. Alors quand on me parle d’une montée de «l’extrême-droite», désolé, moi je me bidonne.  Tout au plus, on trouve quelques têtes brûlées sur les réseaux sociaux.

On trouvera toujours des racistes dans toutes les sociétés et il y aura toujours des timbrés abreuvés de haine. Le genre de haine derrière l’attentat de dimanche dernier est attribuable à cette mentalité qui nous amène à déshumaniser les individus pour ne voir que les attributs de leur appartenance à un groupe identitaire quelconque. Qu’il s’agisse de la race, de la religion, du genre, de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance politique. Certains ne voient plus que ces traits, plutôt que de voir les individus pourtant uniques qui composent ces groupes et qui sont loin de tous avoir les mêmes idées.  Autant l’auteur de l’attentat n’est pas représentatif des québécois que ses victimes n’avaient un quelconque lien avec l’islamisme et le terrorisme. C’est ce qui arrive quand on identifie des hommes comme «musulmans» ou «arabes» plutôt que juste des hommes et des pères de familles. C’est plus facile de haïr les gens quand on peu tous les mettre dans le même panier et oublier leur individualité. Même les individualistes comme moi s’y font prendre quelques fois. La tolérance, c’est d’apprécier l’individu comme une personne unique plutôt que son appartenance à un groupe avec lequel il ne peut avoir rien en commun de plus que la couleur de la peau.

Ce à quoi nous assistons cependant n’a rien à voir avec de la simple bigoterie. Le mal est beaucoup plus profond. Les québécois sont nombrilistes et ne voient souvent pas beaucoup plus loin que leur petit village d’irréductibles gaulois entouré de camps retranchés anglo-saxons, mais le mal qui est derrière les évènements de dimanche n’est pas limité seulement au Québec. La seule raison pourquoi il se manifeste ici est peut-être que du côté identitaire, le peuple québécois a l’épiderme particulièrement sensible, isolé comme il est. Un petit îlot de francophonie dans un océan anglophone. Aussi est-il un peu plus jaloux de sa culture et craintif de toute menace envers elle. Tel est certainement notre héritage collectif. Mais ce malaise, il est partout en Occident.

La civilisation occidentale est malade. Elle se meurt lentement mais sûrement et je ne suis honnêtement pas certain qu’on peut sauver le patient. Les états-nounous ont besoin d’une population toujours croissante afin de nourrir leurs schémas de Ponzi qui auront tôt fait de s’effondrer avec la dénatalité. Ils doivent donc compenser leur manque de fertilité en ouvrant grand les portes à l’immigration. Le problème c’est qu’alors que pendant les grandes vagues d’immigration du passé, nous pouvions facilement trouver des immigrant de cultures similaires, nous nous retrouvons maintenant à devoir accepter de l’immigration d’endroits à la culture complètement différente de la nôtre. Qui plus est, alors que nos démocraties sont vieillissantes, essoufflées et décadentes, ceux que nous accueillons proviennent d’une culture relativement jeune et agressive et elle se considère plus vertueuse que la nôtre. Elle cherche plutôt à assimiler que d’être assimilée.

Comme ci ce choc culturel n’était pas suffisamment périlleux, nos politiciens semble se complaire à exacerber le problème d’intégration en menant d’une part une politique étrangère de bombardements continuels du Moyen-Orient qui ont mené à la fois à une montée du terrorisme et un raz-de-marée de réfugiés qui envahissent littéralement l’Europe actuellement et commencent à arriver ici; et d’autre part une politique domestique qui consiste largement à ghettoïser les immigrants tout en les courtisant pour des fins électoraliste au point que certains de demandent par exemple si Justin Trudeau ne s’est pas secrètement converti à l’islam, tellement il semble cajoler cette communauté. Sans compter l’influence grandissante de la gauche régressive, toujours prompte à étouffer tout débat raisonnable au sujet de l’immigration, reprochant inlassablement son intolérance à une civilisation pourtant des plus tolérantes de l’histoire et bien plus tolérante que les sociétés d’où proviennent les vagues d’immigration actuelles. Allez voir combien de clochers d’églises il y a dans les pays où l’islam est dominant.

Devant tout ça, doit-on vraiment être surpris que certains occidentaux se sentent menacés et impuissants? Doit-on leur reprocher leur inquiétude devant un influx de gens dont la culture leur semble diamétralement opposée à la leur et qui semblent résister de plus en plus à l’intégration? Ciel! Je suis surpris de ne pas en voir plus péter les plombs! Aussi devrait-on être surpris d’assister à la montée de leaders populistes comme Donald Trump, Marine Le Pen et Geert Wilders. On ne peut pas bousculer les gens ainsi sans s’attendre à un retour du balancier tout de même! Le problème, il ne vient pas de Donald Trump et encore moins des radios de Québec. Ils ne sont que les soubresaut d’agonie de la civilisation occidentale.

Rien ne peut justifier le meurtre d’innocents et les victimes dans cette mosquée ne méritaient pas de mourir. Ils sont les malheureuses victimes d’un jeu de pouvoir mondial. Je crains malheureusement qu’ils n’en seront pas les dernières.

La pétition des cigales

Une suite à la célèbre fable de Jean de la Fontaine

Par Philippe David

(Si vous ne vous vous souvenez pas de la fable originale, je vous recommande de rafraîchir votre mémoire.)

La cigale ayant été rondement rabrouée
Par la fourmi et son manque de charité,
Pris un moment pour savoir que faire.
De ce pas, elle alla voir ses compères.

«Cela ne se passera pas comme ça!»
Commença-t-elle à dire,
Avec les autres cigales, une pétition se mit-elle à écrire.
«Allons à la législature pour faire valoir nos droits!»
Et c’est ce qu’elles firent.

«Qu’il vous plaise Messieurs les députés,
D’entendre notre histoire d’injustice et d’iniquité.
Ayant chanté tout l’été
Et agrémenté vos journées,
Nous nous sommes retrouvées fort dépourvues,
Quand l’hiver fût venu.
Pas la moindre parcelle de vitamine ou protéine,
Pour nous sustenter, c’est la famine!

Les fourmis, quant à elles, ne manquent de rien
Elles en ont même plus qu’il n’en faut pour avoir le ventre plein.
Avec elles, nous avons plaidé,
De partager quelques bouchées.
Elles se sont montrées très déplaisantes.
Elles nous ont même accusées d’être fainéantes!
Mais jamais ont-elles voulu,
Nous consentir ne serait-ce qu’une miette de leur surplus.
De quel genre d’égoïsme doit-on être animé
Pour se complaire ainsi à laisser ses voisins crever?
J’ai ouï-dire que dans certaines contrées,
On contraint les égoïstes à la charité.
Nous croyons donc qu’il  serait opportun,
De faire de même aux fourmis au nom du bien commun.»

Des applaudissements fusèrent dans l’assemblée.
Au discours des cigales, beaucoup semblaient adhérer.
Une fourmi députée, suite au discours,
Au nom des siens y tenta recours.

«Chers confrères», dit-elle, «qu’il ne vous déplaise,
D’entendre l’autre côté de cette thèse.
Cet été pendant que les cigales chantaient,
D’arrache-pied, mes sœurs s’affairaient
À amasser victuailles et denrées
Car nous savions pertinemment
Que l’hiver viendrait inévitablement.
De tous, cette information est connue.
Nulle raison d’être pris au dépourvu.
Rien n’empêchait les cigales de faire de même,
Mais elles ont préféré la vie bohème
Elles ont le droit de décider comment mener leur existence,
Mais de leurs choix, elles doivent aussi subir les conséquences.
Ce ne serait pas leur rendre service
Que de les sauver des aléas de leurs vices
La véritable vertu est de prévoir
Et nos propres besoins bien pourvoir
Afin de ne point dépendre de charité.
Ce n’est point justice
Que de vouloir forcer autrui à payer pour ses vices
À quoi sert d’être prévoyant,
Si c’est pour payer pour des fainéants
Qui ne font pas le moindre effort
D’améliorer leur propre sort?»

Hélas, pour les fourmis,
Des députés, elles n’avaient guère d’amis.
Les arguments des cigales attirèrent la sympathie.
Tels sont les aléas de la démocratie.

De leurs surplus, les fourmis furent délestées.
Sous peine d’emprisonnement, si elles refusaient d’obtempérer.
Qu’à cela ne tienne, le printemps revenu,
Les insectes découvrirent que les fourmis avaient disparu.
Vers de plus clémentes contrées,
Elle se sont en allées.

 

L’alt right et la gauche régressive : deux côtés d’une même médaille (2/2)

Par Philippe David

En tant que libertarien anarchiste, je suis plus que familier avec la façon que les médias de masse ont d’étiqueter un mouvement ou une idéologie qu’ils ne comprennent pas et les raccourcis intellectuels et sophismes de l’homme de paille qu’ils peuvent utiliser pour démoniser les idées qu’ils n’aiment pas. C’est pourquoi, quand j’ai décidé d’écrire un texte sur cette droite alternative que les américains ont baptisé «alt-right», je ne me suis pas fié aux seuls médias de masse, dominés par la gauche,  pour m’en faire une idée. Je me suis également fié à des médias alternatifs et j’ai aussi varié mes sources en consultant autant des sources de droite que des sources de gauche.

Dans cette seconde partie, je vais tenter de vous donner une vague idée de ce qu’est vraiment la droite alternative, la fameuse «alt-right» qu’a dénoncée Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle. Je vais insérer plusieurs liens dans le texte que je vous encourage à cliquer pour avoir de l’information supplémentaire et je vous encourage à faire vos propres recherches et ne vous fiez surtout pas aux médias de masse pour vous donner l’heure juste sur ce sujet.  Après avoir passé plusieurs heures de mon temps libre à m’informer sur ce mouvement, je crois en avoir au moins une meilleure compréhension, mais en même temps je ne crois pas avoir fait plus que d’en égratigner la surface. Il n’y a que 24 heures dans une journée et il faut bien que je dorme, que je gagne ma croûte et que je prenne soin de ma famille, mais j’espère pouvoir vous apprendre quelque chose que vous ne saviez pas déjà.

Les origines de l’alt-right.

L’alt-right est un mouvement né de babillards et forums sur l’internet. Des endroits comme 4chan et 8chan en sont quelques-uns de ses points d’origine. Si on en croit les médias de masse, c’est un mouvement comprenant principalement de racistes et antisémites, de suprématistes blancs et de néo-nazis. Ces éléments existent certainement au sein du mouvement, mais leur prédominance est pour le moins douteuse. On a plus l’impression que les médias tentent de leur coller une étiquette pour mieux le discréditer plutôt que d’essayer de le comprendre.  La réalité est que c’est plutôt un amalgame de plusieurs groupes hétéroclites qui sont unis bien plus parce qu’ils opposent que ce qu’ils représentent et ce qu’ils opposent sont premièrement le conservatisme impuissant qu’ils appellent les «cuckservatives», dérivé du genre porno «cuckold» qui montre des hommes qui s’excitent sexuellement de voir leur femme baisée par un autre homme, généralement un noir avec un gros engin. La métaphore étant de décrire la droite traditionnelle américaine comme n’ayant plus les couilles de combattre la gauche et deuxièmement, ils ont horreur de la rectitude politique de la gauche et de la gauche régressive en particulier.

Le terme alt-right provient de Richard Spencer, ancien éditeur de Taki’s Magazine et présent éditeur de «Alternative Right.com» qui est définitivement un des éléments suprématistes blancs, mais ce mouvement s’est étendu à tellement de factions qu’il est difficile d’attribuer une idéologie particulière à ce mouvement qui incorpore des trolls professionnels, des conservateurs et des libertariens naturels, des masculinistes, des néo-réactionnaires, etc. Ils sont généralement jeunes, males, chrétiens, hétéros  et blancs, mais il y en a de toutes les couleurs, genres, religions et orientations. Ils sont fréquemment juvéniles et dans certains cas, très ignorants de l’histoire. La plupart sont à peine assez vieux pour se souvenir du 9/11, encore moins l’holocauste. Ce qu’ils savent, cependant, c’est que de faire des mèmes aux connotations racistes ou antisémites provoquent les gens et leur font perdre les pédales, ce qu’ils trouvent hilarant. Leur logique étant que si la police de la novlangue va les traiter de racistes de toute façon, qu’ils le soient réellement ou pas, autant leur en mettre plein la vue et leur donner de vraies raisons de chialer. La provocation est leur principal outil de communication.

J’ai vu des descriptions similaires de ce mouvement autant par des gauchistes modérés comme Eric Benjamin (alias Sargon of Akkad),  Dave Rubin et David Pakman ou des libertariens comme Jeff Deist et celui qui est probablement leur plus grand défenseur : Milo Yiannopoulos de Breitbart, un demi-juif gay qui a le béguin pour les hommes noirs. Un héros plutôt invraisemblable pour un mouvement supposément pronazi et raciste.

Les positions de l’Alt-right

L’Alt-right est un mouvement tout aussi collectiviste que la gauche en général et la gauche régressive, mais diamétralement opposée sur le plan de la culture et de l’identité. Là où la gauche, dans sa promotion de l’antiracisme, se retrouve à faire du racisme anti-blanc, l’Alt-Right dénonce ce racisme inversé et fait une promotion active the la culture occidentale européenne. Là où la gauche féministe cultive une haine consommée du genre masculin, l’Alt-right bascule dans le masculinisme et l’antiféminisme. Là où la gauche tente d’étouffer les débats par la rectitude politique, l’Alt-Right répond par la provocation puérile. Là où la gauche prône une dilution continuelle de la culture locale par un multiculturalisme soutenu par une immigration sans bornes, l’Alt-right propose de limiter l’immigration et s’oppose au multiculturalisme. Pratiquement toutes ses positions sont basées sur une opposition socio-culturelle systématique de la gauche régressive. Ça ne devrait donc pas être surprenant que ce mouvement se retrouve à aduler Donald Trump.

Une résonnance au Québec

Je suis loin d’être sympathique à la plupart des positions de l’alt-right, mais je peux certainement comprendre comment certaines de leurs positions sur l’immigration peuvent trouver une certaine résonnance au Québec. L’immigration de plus en plus massive de musulmans suscite certainement beaucoup d’inquiétude ici. Il n’est pas nécessairement déraisonnable lorsqu’on est habitués à vivre dans une société libérale, de voir des masses d’individus provenant d’une culture où on jette des homosexuels du haut d’un immeuble et fouette des femmes pour avoir été violées, soudainement débarquer et résister l’intégration à la société d’accueil avec la complicité de certains politiciens qui courtisent leurs votes, avec un tantinet d’appréhension. Nous avons certainement beaucoup de gens qui voient leur patelin littéralement se  transformer en un pays étranger et qui aimeraient  endiguer cet influx. J’avoue que je peux difficilement les blâmer.  Au fond, je trouve que les positions de l’Alt-right s’apparentent beaucoup au nationalisme conservateur québécois, ce qui explique pourquoi on a eu une certaine mesure de soutien envers Donald Trump dans certaines régions.

Cependant, je ne peux pas être d’accord avec  le genre d’isolationnisme et protectionnisme, sans parler du facteur raciste,  provenant de plusieurs factions de ce mouvement.  Je crois aussi qu’un bon nombre d’entre eux ont grandement besoin de lire un livre d’Histoire.

Le reflet de la gauche régressive

Bien que l’alt-right se veuille une réaction à la gauche régressive, il y a beaucoup de points communs entre ces deux groupes. Les deux mouvements sont juvéniles et autoritaires. Ils fonctionnent tous les deux sur des lignes culturelles. Ils ne voient le monde qu’en termes de groupes luttant les uns contre les autres, faisant d’énormes raccourcis intellectuels envers les individus qui les composent. Qui aiment également représenter ces groupes de façon victimaire. Et bien sûr, ils veulent que l’état impose leur vision chacun à sa façon. Mais si vous voulez vous débarrasser de l’alt-right, Milo Yiannopoulos a quelques suggestions comment faire

L’alt right et la gauche régressive : deux côtés d’une même médaille (1/2)

Par Philippe David

En tant que libertarien anarchiste, je suis plus que familier avec la façon que les médias de masse ont d’étiqueter un mouvement ou une idéologie qu’ils ne comprennent pas et les raccourcis intellectuels et sophismes de l’homme de paille qu’ils peuvent utiliser pour démoniser les idées qu’ils n’aiment pas. C’est pourquoi, quand j’ai décidé d’écrire un texte sur cette droite alternative que les américains ont baptisé «alt-right», je ne me suis pas fié aux seuls médias de masse, dominés par la gauche,  pour m’en faire une idée. Je me suis également fié à des médias alternatifs et j’ai aussi varié mes sources en consultant autant des sources de droite que des sources de gauche. Cependant, en faisant mes recherches, j’ai réalisé qu’il est difficile de parler de la «alt-right» sans aussi parler d’une certaine gauche dite «régressive»  aussi connue sous le sobriquet de «guerriers de la justice sociale» ou «social justice warriors» en anglais. Pourquoi? Parce que selon mon humble opinion, ces deux mouvements sont deux faces de la même pièce. Très littéralement, ils sont le reflet l’un de l’autre.  L’atl-right est plus un contre-mouvement à la gauche régressive qu’un mouvement à juste titre, je me vois donc dans l’obligation de brosser un portrait de la gauche régressive avant de pouvoir parler de la droite alternative.

Qu’est-ce que la gauche régressive?

Si vous n’êtes pas familier avec la culture en vogue dans les campus universitaires américains surtout, mais aussi au Canada qui s’identifie de la gauche mais dont les doctrines tiennent de la rectitude politique, de la victimite et de la politique identitaire poussées à l’extrême. Ils sont à l’origine de termes comme «trigger warning» et «safe space». On les voit faire des manifestations et très littéralement faire des crises de bacon pour ne pas avoir à souffrir d’opinions divergentes des leurs. C’est un groupe pris en dérision par des commentateurs de la droite comme étant de gros bébés, en se moquant de leurs objections sur les costumes d’Halloween, par exemple. Mais ils sont également dénoncés par des gauchistes modérés comme Dave Rubin, David Pakman ou Bill Maher et Richard Dawkins qui considèrent tous que ce mouvement mine la crédibilité de la gauche. Les deux premiers sont des animateurs de médias alternatifs que j’admire pour leur rigueur, même si je ne suis pas toujours d’accord avec leurs idées. Cependant, ils nous affirment tous que ce n’est pas représentatif du mouvement progressiste, mais en réalité, ce n’est pas complètement vrai parce que les dogmes de la gauche régressive viennent tout droit du marxisme culturel issu de la théorie critique de l’école de Francfort et nous voyons souvent ces mêmes dogmes appliqués aussi par la gauche «mainstream».

L’influence du marxisme culturel

La gauche régressive, c’est l’idée que pratiquement tout dans ce monde est une lutte entre oppresseurs et opprimés. C’est en réalité une version révisée de la lutte des classes de Marx. Les opprimés étant tous ceux et celles faisant partie de groupes minoritaires (femmes, minorités raciales, minorités religieuses, LGBTQ, etc.) et les oppresseurs par excellence sont, bien entendu, ces méchants hommes blancs, chrétiens,  cisgenres et hétéros qui vivent tous et chacun une existence privilégiée. En réponse à cette prétendue oppression, la gauche régressive fait la promotion active du féminisme radical (lire anti-hommes), de l’homosexualité, du multiculturalisme, de la théorie des genres. Ce sont d’éternels offensés pour lesquels aucune opinion contraire n’est acceptable, même si elle est soutenue par des faits vérifiables.

Les guerriers de la justice sociale n’ont que faire des faits. Tout ce qui leur importe ce sont leurs sentiments. Ainsi, ils ferment les yeux sur toute la littérature de différences biologiques entre les genres qui ne sont, selon eux, que des constructions sociales. Ils se battront contre l’homophobie, mais tairont les abus islamistes envers les homosexuels, sous prétexte que l’Islam est également opprimé. D’ailleurs, si vous faites partie de ces groupes de victimes, tout vous est dû et tout vous est permis. On doit, par exemple, vous favoriser dans l’obtention d’un emploi que vous soyez la personne la mieux qualifiée ou pas, juste parce qu’on est en 2016. Vous avez le droit de haïr les hommes sans être sexiste, de haïr les blancs sans être raciste, de haïr les chrétiens sans être christianophobe ou les hétérosexuels, sans être hétérophobe. Vous comprendrez que ces gens n’ont aucun argument derrières leurs positions. Si vous osez les contredire, vous serez tout simplement raciste, misogyne ou islamophobe ou un nazi suprématiste blanc, le cas échéant.

La droite alternative ou «alt right» est née de l’exaspération de certains groupes envers la rectitude politique, le multiculturalisme et l’immigration débridée promus  par cette gauche régressive. Nous verrons quelle forme prend cette contre-culture dans la seconde partie.

Pourquoi le collège électoral?

Par Philippe David

La récente élection américaine a relancé le débat sur le collège électoral et pourquoi le Président et le Vice-Président des États-Unis ne sont-ils pas élus par le vote populaire? Pour connaitre la réponse il faut découvrir ce que les pères fondateurs américains avaient en tête quand ils ont écrit la constitution américaine.

Premièrement, il faut d’abord se souvenir que les États-Unis n’ont pas été fondés comme étant un seul état, mais plutôt une union de plusieurs états indépendants. C’est un aspect très important de leur constitution. Durant toute l’expansion subséquente des États-Unis, ce sont les gouvernements des différents états qui prenaient la décision finale de se joindre à l’Union. Aussi fallait-il garantir que les intérêts particuliers des états puisse être respectés.

Deuxièmement, il faut aussi savoir qu’avant d’écrire leur constitution, les pères fondateurs avaient aussi étudié la démocratie à travers l’histoire et avaient aussi à coeur de ne pas répéter les erreurs du passé. Aussi avaient-ils un profond dédain de la démocratie pure qu’ils considéraient comme une tyrannie de la majorité. Bien qu’ils désiraient ardemment que le peuple ait une voix, ils croyaient aussi qu’il était nécessaire d’incorporer les contrepoids à la volonté populaire de façon à protéger les minorités. Ils ont donc intégré plusieurs mesures dans la constitution pour assurer ce contrepoids: les fameux «checks and balances».

Comme vous le savez probablement, le premier de ces contrepoids est la séparation des pouvoir entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Le second fût le système électoral. Le gouvernement fédéral américain comporte trois groupes principaux qui sont élus: La chambre des Représentants et le Sénat qui constituent le Congrès et le Président et Vice-Président qui représentent la branche exécutive. La Chambre des Représentants, comme la Chambre des communes, représente le «Peuple». Dans cette chambre, le nombre de représentants de chaque état varie selon sa population et assure que les intérêts du peuple soient entendues. Le Sénat, en revanche, représente les intérêts des différents états et comporte deux sénateurs par état, peu importe son poids démographique. Cela assure que les intérêts de chaque état soient représentés, peu importe sa taille et sa population. Ça assure aussi un certain équilibre entre les états plutôt citadins et les régions rurales.

Pour la Présidence et la Vice-Présidence, les pères fondateurs ont décidé que ces postes devraient être tributaires des états de façon à représenter la plus grande surface géographique possible, peu importe la densité, puisque le développement démographique était plutôt imprévisible. De plus, c’était un incitatif à de futurs états qui voudraient se joindre à l’Union, qui à l’origine étaient peu populeux et qui donc n’auraient pas fait le poids devant les états mieux établis de la côte est. Ça donnait une voix égale aux nouveaux états dans l’élection du Président et Vice-Président qui autrement n’aurait eu aucune chance de déterminer quoique ce soit. C’est pour ça que le collège électoral fût créé. Dans la carte ci-haut, les zones en bleu correspondent aux régions les plus populeuses des États-Unis. Elles représentent approximativement 50% de la population des État-Unis. Les zones grises seraient toutes les régions qui n’auraient aucune voix au chapitre si le Président et le Vice-Président étaient élus au suffrage universel. Remarquez aussi qu’historiquement, il est plutôt rare que le collège électoral diverge du vote populaire.

Les pères fondateurs américains étaient de grands philosophes libéraux qui avaient combattu une régime tyrannique dans l’intention d’assurer une plus grande liberté à leur postérité. Ayant une bonne connaissance de ce qu’est la tyrannie, ils ont pris des quantités de mesures dans leur constitution afin de préserver cette liberté qu’ils ont durement gagnée. Malheureusement, ils ont échoué car au final, la constitution n’est qu’un bout de papier que trop de leurs successeurs ont choisi d’ignorer. Sacrifier le système de collège électoral ne serait qu’un autre pas dans la direction d’une dictature de la majorité.

 

La grande hallucination

Par Philippe David

Beaucoup de gens se croient libres. C’est surtout parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’est la liberté. La liberté c’est être propriétaire de soi-même. Qu’est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que personne n’a le droit de prendre des décisions à votre place. Ça implique aussi  que si vous désirez rester libre,  vous devez, pour le meilleur ou pour le pire, prendre ces décisions par vous-même et en subir les conséquences autant qu’en récolter les bienfaits.  Si vous abandonnez vos choix à une autre personne ou un groupe de personnes appelé «gouvernement», vous n’êtes plus libre, vous êtes dépendant. Vous ne gérez plus votre propre vie, elle est désormais la propriété de quelqu’un d’autre.  Vous êtes désormais un esclave en quelque sorte et plus vous abandonnez de vos choix au gouvernement, moins vous serez libre. Est-ce vraiment ce que vous voulez?

Au Québec, certains ne cessent de nous rabattre les oreilles avec l’idée que le «peuple» québécois devrait être «maitre de sa destinée», mais c’est vide de sens! Le mot «peuple» n’est qu’une abstraction pour représenter plusieurs personnes vivant dans un même espace et partageant certains traits. Vous pouvez voir et toucher les individus qui le composent, mais vous ne pouvez pas voir ni toucher le «peuple». Le peuple ne peut pas raisonner, ni réfléchir. Il ne peut pas agir à l’unisson.  Il n’est donc responsable de rien et il n’est maître de rien non-plus. Mais que diriez-vous d’être maître de vous-mêmes plutôt? Pourquoi croyez-vous que vous serez plus libre si seulement le bon parti était au pouvoir et qu’une majorité mette une croix sur la case «oui» d’un référendum? Ou serez-vous libre le jour où vous pourrez dire que vous allez garder tout le fruit de votre travail et décider par vous-même quoi en faire plutôt que de laisser Justin Trudeau ou Philippe Couillard ou [insérez le chef de votre parti préféré ici.] décider comment le gaspiller dépenser pour vous?

Personne n’a de droit légitime de prendre ces décisions pour vous. Ce n’est qu’une illusion. Vous n’y consentez que parce qu’on vous dit que ça ne peut pas fonctionner autrement. Que parce que nous sommes méchants et cupides de nature, nous devons avoir des gens tout aussi méchants et cupides que nous mais qui, par la vertu d’avoir gagné un concours de popularité, se sont transformés en saints altruistes, pour nous protéger des autres personnes méchantes et cupides. En nous contrôlant pas la force et la coercition. Vous trouvez que ça a du sens vous? Moi pas! Je ne vois pas l’utilité d’avoir une bande d’individus qui me font les poches sous la contrainte sous prétexte de me fournir des services dont je n’ai pas nécessairement besoin et  pour me protéger de d’autres bandes d’individus qui veulent me faire les poches sous la contrainte. Je veux seulement payer volontairement pour les services dont j’ai besoin.

La prémisse derrière la raison d’être du gouvernement est absurde. La seule chose qui différencie le gouvernement de la mafia est une croyance qu’on vous martèle depuis votre plus jeune âge: que le gouvernement représente une autorité légitime. Les pires atrocités de l’histoire on été commises par des despotes psychopathes simplement parce que ces millions d’individus ont eu l’hallucination collective de voir ces tyrans comme détenteurs d’une autorité légitime. Par eux-même, les Hitler, Staline, Mao, Pol Pot ou Pinochet n’auraient jamais pu causer tant de dommages. Ce n’est que cette petite croyance religieuse en leur autorité qui a fait que des millions les ont appuyés dans leur folie sanguinaire.

Ceux qui ne cessent de réclâmer toujours plus de pouvoir pour le gouvernement peuvent être mus par de bonnes intentions, mais ils ne réalisent pas à quel point ce pouvoir est dangereux. Jusqu’au moment où, inévitablement, un tyran viendra retourner ce pouvoir contre eux. Alors il y aura des pleurs et des grincements de dents