Author Archives: Philippe David

Quand les médias veulent se substituer à la démocratie

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Par Philippe  David

Je n’habite pas à Toronto. Je n’ai personnellement rien à foutre de qui est le maire de cette ville, pas plus que qui est le maire de Québec, Laval ou Saguenay. Je n’ai donc pas de parti pris envers Rob Ford. Pour le meilleur ou pour le pire, les torontois l’ont élu, c’est à eux de vivre avec et ce sera à eux de le sortir s’ils sont insatisfaits de son travail. C’est le fondement de la démocratie.

On dit que Rob Ford est un maire controversé, notamment pour ses déclarations parfois incendiaires. Et alors? Depuis quand les maires ont l’obligation d’êtres drabes et sans histoires? Surtout que nous avons constaté au Québec que ce n’est certainement pas une garantie de gestion honnête. Gilles Vaillancourt a supposément pillé les contribuables lavallois pendant plusieurs décennies, mais il était très peu controversé. Encore là, les torontois connaissaient très bien Rob Ford et ils l’ont encore élu comme maire et comme conseiller municipal pendant plus de 10 ans.

 

Mais voilà maintenant, sur la simple foi d’une vidéo de 90 secondes, que presque personne n’a vu  et dont personne ne peut vérifier l’authenticité, qu’on est près à le lyncher sur la place publique. Et ce qui me surprend le plus, autant par des médias de droite que des médias de gauche. Une petite question: as-t-on prouvé que Rob Ford a fait quoique ce soit d’illégal? Une vidéo que des dealers de crack cherchent à vendre au gros prix, est-ce vraiment une source crédible? Qu’est-il advenu de la présomption d’innocence? À bien y penser, Gérald Tremblay n’a-t-il pas lui aussi été écrasé et lynché sans procès par les médias? Depuis quand est-ce aux médias de décider qui gouverne? Finalement plus que juste une question.

 

Il est évident que les élus ne sont pas au-dessus des lois et qu’ils perdent de facto leur légitimité s’ils ont commis un crime. Mais autant pour Rob Ford que pour Gérald Tremblay, aucun chef d’accusation n’a été déposé et aucune enquête policière n’est en cours. J’espère pour le Toronto Star que leur source est fiable. Si j’étais Rob Ford, mon avocat serait déjà en train de préparer une poursuite en libelle. Je ne serais pas surpris si l’avocat de Ford n’est pas justement en train d’affûter ses couteaux.

Toujours est-il qu’il n’appartient pas au Toronto Star de décider qui devrait être le maire de Toronto.

La « droite nounoune » et la « gauche gnagnan »

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Par Philippe David

Selon les membres d’une certaine gauche, dont je tairai le nom pour éviter de leur donner trop d’importance (ils se reconnaitront sûrement de toute façon), la droite au Québec est un petit peu « nounoune » et aurait besoin d’intelligence. Était-ce une bourde, comme certains le prétendent? Chose certaine, même dans l’audience de Tout le monde en parle, c’est pas tout le monde qui l’a trouvé drôle. Mais il arrive souvent que lorsqu’on cherche à discréditer un opposant, on essaie de le ridiculiser. Dans cet joute idéologique, la gauche bénéficie de l’avantage que cette opposition qui est présente partout sur la planète est un phénomène relativement récent au Québec et qu’avant, ils avaient le monopole du discours public. Il n’est donc pas évident d’expliquer l’axe gauche-droite dans le contexte d’une province qui était obnubilée par l’axe fédéraliste-souverainiste et qui occultait tout autre forme de débat politique. Commençons donc par la base.

 

Origine de l’axe gauche-droite

L’appellation « gauche » et « droite » est originalement dû à un accident de géographie. Après la révolution française, les défenseurs de « l’ancien régime » ou les « réactionnaires » (du moins, ceux qui ont été épargnés par Madame Guillotine) siégeaient à droite du président de l’assemblée, alors que les révolutionnaires siégeaient à gauche. Ironiquement, à l’époque, la « gauche » était représentée par les libéraux classiques, grands défenseurs du « laisser-faire » et très méfiants du pouvoir de l’état. Frédéric Bastiat était l’un d’eux. Ce sont justement ceux-là même qui inspirent maintenant ceux qu’on identifie à la « droite » au Québec. Pendant ce temps, ceux qu’on identifie comme la « gauche » au Québec, sont ceux qui défendent bec et ongle le régime établi depuis 53 ans, notre fameux « modèle québécois » social-démocrate, pour lequel hors de l’état, point de salut. Nous pouvons donc dire qu’au Québec, l’axe a littéralement été renversé avec les réactionnaires, défenseurs de l’ordre établi, à gauche et les révolutionnaires réformateurs à droite.

 

La « gauche » réactionnaire

La gauche au Québec , ce sont les révolutionnaires des années 60 , architectes de la révolution tranquille qui ont érigé un modèle social-démocrate qui a évacué l’Église Catholique de nos vies, pour la remplacer par une religion d’état. Depuis plus de 50 ans au Québec, tout passe par l’intervention de l’état qui doit prendre soin des ses citoyens, tel un parent bienveillant, de l’utérus à la tombe. Pour ces gens, la solution à tous les problèmes passe inévitablement par l’établissement de programmes sociaux étatiques couteux mur à mur, financés par un fardeau fiscal toujours plus oppressif et un endettement structurel chronique. C’est un univers égalitariste où tout le monde devrait se promener en Lada, plutôt que de voir certains se payer une Mercedes ou ne serait-ce qu’une Toyota parce que Dieu seul sait qu’on ne peut avoir le mieux qu’on puisse se payer, si d’autres ne peuvent se l’offrir.

Si on devait appliquer leur modèle à l’univers des sports, tous les participants aux Jeux Olympiques auraient droit à la médaille d’or, peu importe leur performance, parce qu’il ne faudrait surtout pas que l’excellence soit récompensée dans une plus grande mesure que la médiocrité. Dans un tel schéma, personne ne serait surpris que les athlètes cessent de se défoncer à l’entrainement puisqu’ils n’ont rien à y gagner. Mais on s’imagine qu’en imposant ça comme modèle de société, ça mène à autre chose que la médiocrité, le nivellement par le bas et de rendre tout les gens égaux dans la misère. Selon Friedrich Hayek, « Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens également et vouloir les rendre égaux. La première est une condition pour une société libre, alors que la seconde est une nouvelle forme de servitude. »

Nous appliquons cette même recette depuis maintenant 53 ans, pratiquement sans se poser de questions pendant que nous débattons si nous devrions nous séparer de ces méchants anglos du ROC et que nous capotons si la proportion de francophones de souche baisse d’un demi point de pourcentage, alors que nous ne sommes même pas foutus de faire des petits. Pendant ce temps le fardeau du contribuable ne cesse d’augmenter et la dette (qui n’est rien d’autre qu’un impôt sur les générations futures) croît de façon incontrôlable, même pendant ces années où nous avions un budget supposément équilibré. Les gens crèvent sur des listes d’attente pour une chirurgie et accumulent les toiles d’araignées dans les salles d’attentes des urgences (ô comble d’ironie), les infrastructures publiques s’écroulent, le taux de décrochage et d’illettrisme a atteint de nouveaux sommets.

Albert Einstein disait que la folie, c’est de toujours répéter la même expérience, mais s’attendre à un résultat différent. Depuis 50 ans, la gauche persiste dans l’erreur au Québec, mais supposément, c’est la droite qui est « nounoune ».

 

La « nouvelle droite »

Depuis à peine une décennie, une nouvelle voix a commencé à se faire entendre. Elle s’élève contre l’orthodoxie et la pensée unique qui régnait jusqu’alors depuis la révolution tranquille. Ces hérétiques ont commencé à questionner la religion d’état et son clergé syndicaliste. Ils ont commencé à montrer que notre fameux « modèle québécois » autoproclamé n’est un modèle pour personne. Ils ont commencé à remettre en question (sacrilège!) le dogme que tout doit être fait par l’état et que peut-être certains services pourraient être accomplis plus efficacement par des compagnies privées que par l’état. Cette nouvelle génération d’intellectuels d’efforcent de vous convaincre que non-seulement, l’état n’est pas la solution à tout les problèmes, mais que dans bien des cas, l’état est le problème.

 

Ils ont grandement étoffé leurs propos dans des films comme « L’Illusion Tranquille » et des livres comme « Pour en finir avec le Gouvernemaman » de Joanne Marcotte, « L’État contre les jeunes » d’Éric Duhaime, « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille » de Vincent Geloso, ou encore « Le devoir à l’éducation » de Jean Laberge. Dans ces ouvrages se trouvent de solides arguments sur les causes de nos problèmes et des pistes de solutions . Si, après avoir vu et lu tout ça, vous croyez toujours que leur position ne se résume qu’à « plus d’état – moins d’état », peut-être est-ce vous qui êtes un peu simplet?

 

La vraie jungle

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Par Philippe David

Je suis toujours amusé quand je vois un quelconque ignare tenter de critiquer une philosophie sans jamais avoir lu une ligne des œuvres sur lesquelles elle repose. Ou s’il a lu, il n’y a strictement rien compris. Le plus récent exemple est un brûlot dans le Huffington Post-Québec de la plume d’Emmanuel Cree. Dans « L’Art de la Guerre » le général et philosophe chinois Sun Tzu enjoignait son lecteur à « connaitre son ennemi ». Il est clair que M. Cree a misérablement failli à cet objectif.

Cependant, je vais quand même lui pardonner au moins partiellement, puisqu’il a choisi de me faire une petite pub. Ce sera intéressant de mesurer le lectorat de M. Cree selon l’impact que ça aura sur mes propres statistiques. J’espère à tout le moins que ses lecteurs auront la curiosité de venir explorer Contrepoids et le sens critique de déceler les failles dans le raisonnement de M. Cree. Mais je ne suis tout de même pas du genre à me laisser définir par mes opposants, alors je vais donc m’appliquer à corriger certaines des erreurs factuelles de M. Cree.

La non-agression pour les nuls

Ou du moins pour M. Cree. Le libertarianisme est une philosophie politique qui est fondée sur un axiome appelé le principe de non-agression. Ce principe dicte que personne ne doit initier la violence, peu importe le but. Ceci inclut des attaques physiques à un individu (ou la menace d’une attaque). Ça inclut aussi les attaques à la propriété de cet individu, parce que cette propriété est le fruit de son travail qu’il a droit de ne pas se faire fracasser par une bande de petits morveux qui manifestent en plus pour que l’état utilise la force de la loi contre lui pour payer leur éducation. D’où notre engouement pour les vitrines. Parce que les commerçants ne sont pas nécessairement très riches et qu’ils n’ont pas à subir de vandalisme pour un conflit que ne les regarde pas.

M. Cree s’amuse donc à décrire comme une jungle, une société ou théoriquement, la violence serait philosophiquement répréhensible. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu’il n’y aurait aucune violence, mais au moins, la violence serait considérée comme indésirable par la grande majorité des individus et dans la majorité des cas, incluant le comportement de l’état. Nul besoin de dire que la race humaine n’a pas encore fait preuve de la sagesse nécessaire à l’aboutissement d’une telle société, mais j’ai confiance que nous évoluerons dans cette direction un jour. M. Cree dit déplorer l’autoritarisme de l’état. Pourtant, il ne le déplore que lorsque cet autoritarisme ne sert pas sa cause, comme lorsque les méchants policiers tapent sur ces innocents casseurs de vitrines, mais si la force de l’état sert une bonne cause (selon lui) comme aider ces pauvres démunis tant méprisés par les libertariens. Pourtant s’il poussait le raisonnement qu’il porte sur la violence de l’état dans le premier cas, il réaliserait que dans le second cas, l’utilisation de la force est encore plus injustifiée. J’y reviendrai dans un instant, avant je veux mettre un petit détail au clair

Ayn Rand et l’objectivisme

Quand je parlais de critiquer une philosophie sans avoir lu les œuvres sur lesquelles elle repose ou sans avoir rien compris de ladite philosophie, la description que M. Cree fait d’Ayn Rand est un prime exemple. Selon lui, Ayn Rand méprise les pauvres, qu’elle qualifie de « parasites ». Dans la réalité, Rand utilise plutôt les termes « moochers » et « looters » (traduction libre : « mendiants » et « pillards »). Elle utilise le terme « moocher » ceux qui s’enveloppent dans un discours victimaire pour obtenir une faveur quelconque. Peu importe ce qui leur arrive, ce n’est jamais leur faute. Personne n’est jamais responsable de son propre malheur. Personne ne prend jamais de mauvaises décisions qui entrainent des conséquences fâcheuses, ces conséquences sont toujours le fruit d’une quelconque malchance. Vous reconnaissez cette cassette?

Quant aux pillards, ce sont ceux qui mettent la force de l’état à leur profit personnel, ce qui inclue tous les BS corporatifs qui utilisent des lobbyistes pour amener l’état à créer des lois pour les avantager au détriment de leurs concurrents, ou pire encore, ceux qu’on voit quotidiennement à la Commission Charbonneau qui contribuent à la spoliation des fonds publics par la collusion et la corruption. Bien qu’on peut certainement compter des profiteurs dans les rangs de l’aide sociale, ce ne sont pas les « pauvres » contre lesquels Ayn Rand s’acharne. Elle vise en fait de bien plus gros poissons qui s’enrichissent soit des bonnes grâces de l’état, ou en faisant de la pauvreté une industrie pour leur enrichissement personnel. Ce n’est pas en lisant l’article de Wikipédia sur Ayn Rand, comme l’a probablement fait M. Cree, que vous devenez un expert en la matière.

Égoïsme et altruisme

Dans ses écrits, Ayn Rand parle longuement du concept d’altruisme et d’égoïsme. Cependant, elle élargit la définition de ces termes à bien plus que d’être centré sur soi ou les autres. L’objectivisme consiste plutôt à jeter un regard objectif à ces termes en observant le comportement de ceux que l’on dit égoïstes et altruistes. Rien ne saurait faire une meilleure démonstration que de regarder la façon dont les soi-disant égoïstes et altruistes désirent aider les pauvres.

Les altruistes, dont je suis certain que M.Cree croit faire partie, considère que la façon d’aider les pauvres c’est de voter pour un gouvernement qui utilisera la menace de la force ou la force elle-même pour forcer les individus à payer des impôts pour, supposément redistribuer la richesse aux plus démunis. (La Commission Charbonneau démontre plutôt que cette redistribution est loin d’aller aux démunis. Que diriez-vous si j’allais vous pointer un révolver sur la tempe et vous ordonner de donner votre argent à votre voisin qui est plus pauvre que vous? C’est pourtant exactement ce que vous faites si vous votez pour que le gouvernement « redistribue la richesse ».

L’approche des égoïstes, comme moi, consiste à fouiller dans ses propres poches et donner son propre argent à des charités pour qu’ils puissent aider les pauvres et laisser aux autres le choix de donner ou pas et décider de combien ils veulent donner. Pour nous, l’être humain est un être charitable de nature et lorsqu’on laisse le choix aux individus, ils s’entraident de façon beaucoup plus efficace et ciblée que n’importe quel gouvernement.

La jungle

Nous vivons dans un monde imparfait, mais les libertariens ont compris que les avancements sociaux ne proviennent non pas de la redistribution forcée de la richesse et du pillage de l’homme par l’homme, mais plutôt du meilleur de l’être humain, sa générosité et sa créativité. Accordez à l’individu la liberté il trouvera le moyen de résoudre n’importe quel problème. Mais il y a une bonne raison pourquoi des gens M. Cree usent de démagogie pour tenter de discréditer le libertarianisme, c’est parce que la vraie jungle, c’est ce que nous avons présentement : une orgie de socialisme et de corporatisme qui endette les générations futures et ils en profitent et ont très peur de perdre leurs avantages. Ça prouve que notre message touche le but et gagne de l’ampleur. Je vous encourage à ne pas vous limiter aux propos de gens comme M. Cree, mais de faire l’effort de lire et apprendre plus et faire preuve de pensée critique. Ne vous fiez pas seulement à moi non-plus. Faites vos propres recherches. Lisez Frédéric Bastiat, Friedrich Hayek ou Murray Rothbard et découvrez par vous-même de quoi il retourne.

 

Les bons terroristes

paul rose

paul rose

Par Philippe David

Il a renoncé à l’idée saugrenue de faire un hommage à Paul Rose à l’Assemblée Nationale, mais je suis toujours hors de moi. Je suis toujours sidéré qu’un député de l’Assemblée Nationale ait même pu faire la suggestion que l’Assemblée honore un homme qui était un des responsables de la mort d’un des députés et ministres qui y ont siégé. Un homme qui, jusqu’à sa mort, n’a jamais exprimé de remords. Selon lui, il n’avait rien à se faire pardonner. Ça en dit fichtrement long sur Amir Khadir et cette frange de la gauche québécoise qu’il représente. Une frange qui incorpore un assez haut pourcentage de l’élite intellectuelle gauchiste.

Évaporons, si vous le voulez bien, le petit nuage mystique dont cette gauche nationaliste veut entourer Paul Rose et le FLQ pour y voir le vrai visage. Qu’on se le dise tout de suite, l’objectif des felquistes n’était pas le Québec indépendant dont rêvait René Lévesque et ceux qui l’entouraient. C’est pourquoi Lévesque les a désavoués. Le rêve des felquistes était d’imiter la révolution cubaine et de faire du Québec une Cuba du nord. Ce qu’on doit en dire, c’est qu’heureusement, ils n’ont pas réussi.

Soyons extrêmement clairs : tout usage de la violence et de la terreur à des fins politiques constitue du terrorisme, donc par définition, le FLQ était une organisation terroriste. Alors, qu’est-ce que ça dit de ceux qui, par leur propagande, tentent de faire des héros de ces terroristes? La réponse est qu’un petit terroriste en puissance sommeille en chacun d’eux. Pour le comprendre, il faut examiner quelques-unes de leurs croyances.

Pour vouloir faire de Paul Rose un héros, il faut croire que la fin justifie les moyens. Il faut croire que les actes les plus répréhensibles sont justifiables pour faire avancer leur cause. Que ce soit le meurtre, la prise d’otage ou même d’utiliser des innocents. (On se souviendra que le FLQ a utilisé un jeune de 16 ans pour transporter une de ses bombes et qu’il y a laissé sa vie. Quelle bassesse inouïe!) Cette croyance amène aussi à excuser toute transgression et la justifier généralement dans un discours victimaire. « Il est normal qu’ils aient agit ainsi, ils étaient opprimés.» Ce discours, nous l’avons entendu pour le FLQ, nous l’avons aussi entendu au sujet du conflit Israëlo-Palestinien : il importe peu que le Hamas lancent continuellement des roquettes sur des villes israéliennes, ce sont de pauvres opprimés! Mais si Israël a le culot de se défendre, alors là… On retrouve ces mêmes éléments dans le discours de Québec solidaire sur la violence dans les manifestations étudiantes. Encore là on dépeint les casseurs comme de pauvres victimes de brutalité policière.

Il faut aussi croire que les droits collectifs sont plus importants que les droits individuels. La grande majorité des gauchistes vous diront qu’il est justifiable de faire entorse aux droits d’un individu pour le bien du plus grand nombre. Ceci peut paraître raisonnable, jusqu’à ce qu’on pousse la logique à son extrême. Car si on laisse le loup entrer dans la bergerie et qu’on permet de violer le droit d’un individu, où trace-t-on la ligne de ce qui est acceptable. Si on peut violer un de ses droits, combien d’autres droits peut-on se permettre de lui enlever? Deux? Dix? Le droit de libre expression? De libre-association? De propriété? Le droit à la vie peut-être? J’ai le regret de vous dire que dans notre social-démocratie, sauf pour le droit à la vie, le reste des droits individuels que je viens de nommer sont déjà mal amochés. Mais si on continue à suivre cette voie et qu’on y ajoute l’idée que la fin justifie les moyens, est-il si farfelu de penser que même une vie humaine peut-être sacrifiée pour ce qu’on conçoit comme étant le bien du plus grand nombre? Et si une vie peut être sacrifiée, alors dix, cent, mille n’est qu’une question de statistiques.

Si les gens comme Khadir étaient capables d’un tant soit peu d’introspection, ils reconnaitraient que le bien collectif passe par le bien de chaque individu et non de certains individus au détriment des autres, mais de par l’histoire du XXe siècle, je ne crois pas qu’ils en soient capables. La tentative de béatification de Paul Rose en est une preuve.

En guise de conclusion, je me permettrai ici une petite flèche à Mathieu Bock-Côté qui, il n’y a pas très longtemps, traitait les libertariens de « marxistes de droite ». Bien que la conception du monde par les libertariens peut être vue par certains comme utopique, aucun libertarien ne considérerait l’usage de la violence comme un moyen légitime d’y parvenir, contrairement aux marxistes qui n’hésitent pas un seul instant à sacrifier des vies humaines à leur cause. C’est pourquoi une telle comparaison, pour un libertarien, est la pire des insultes.

Fier d’être libertarien

Bock-Cote

Bock-Cote

Par Philippe David

M. le juge, messieurs et dames du jury, je me tiens ici devant vous, accusé d’utopisme et de sectarisme. Les intentions de mon accusateur, Mathieu Bock-Coté, sont évidentes. Pour un ultra-nationaliste dont le vœu le plus cher est de faire du Québec un pays, quoi de plus dangereux que quelqu’un qui rejette le concept même d’un « pays »? Pour M. Bock-Côté, mes pairs et moi ne sont ni plus ni moins que des hérétiques. Mon plaidoyer sera simple. Ce sera à vous d’en juger le mérite.

De ses accusations, aussi caricaturales soient-elles, je ne compte pas vraiment me défendre. Je suis coupable de croire que l’état n’est pas la solution à tous nos problèmes. Je suis même coupable de croire que dans la plupart des cas, l’état EST le problème. Je suis aussi coupable de croire, comme bien d’autres avant moi, que si nous renoncions individuellement à agresser ou piller nos voisins, nous vivrions dans un monde meilleur. Seulement, je n’impose cette croyance qu’à moi-même et je vous laisse le choix d’y adhérer ou non selon votre conscience. Ne comptez pas sur moi pour vous forcer à faire quoi que ce soit qui vous déplaît. C’est contre mes principes. Je crois également qu’on obtient de meilleurs résultats à travers la coopération volontaire que la coercition. Que ce soit pour bâtir une maison, ou bâtir une société. Je crois que les gens travaillent mieux quand ils n’ont pas un fusil collé à la tempe ou une épée de Damoclès au-dessus de la tête, pas vous?

Le culte de l’État

Pour Mathieu Bock-Côté, hors de l’état, point de société. Cette fausse croyance est l’évidence même que l’étatisme est une religion. Pensez-y. Vous ne vous êtes pas levé un matin, pesé le pour et le contre après avoir étudié une documentation neutre, et ainsi décidé que l’état était un bienfait pour la société. On vous a plutôt, dès votre plus jeune âge, enseigné que sans l’état, rien de ce qui existe autour de vous ne serait là si ce n’était pas de la présence de l’état. Vous lui devez tout! Sans lui, vous ne seriez pas capable de fonctionner. Sans lui, vous ne pourriez pas possiblement bénéficier d’une éducation. Sans lui, vous ne pourriez obtenir un emploi (car, voyez-vous, si l’économie va bien, c’est toujours grâce à l’état. Si elle va mal, c’est toujours la faute de ces cupides capitalistes.) Sans l’état, vous ne pourriez avoir accès à des soins de santé, ou des garderies. On ne pourrait absolument pas faire confiance à personne pour nous vendre de l’alcool, ou gérer nos casinos et loteries, ou nos ressources électriques. Sans lui, vous ne pourriez pas possiblement assurer votre propre retraite.

Par conséquent, vous dira-t-on, vous êtes un être égoïste et immoral, si vous refusez de faire votre part et payer vos impôts, même si on sait pertinemment que ce que nous payons se retrouve rarement dans les mains de ceux qui en ont vraiment besoin, mais que ceux qui sont près du pouvoir, eux, ne cessent d’engraisser.

Bien sûr, on vous enseigne également qu’il est immoral de tuer ou voler, sauf si c’est au nom de l’état. L’histoire du XXe siècle en est une preuve flagrante, alors que les états se sont avéré les plus grands meurtriers de l’histoire. Pourtant, pour les étatistes, sans l’état, ce serait le chaos et le darwinisme social. Je vous soumets que le nombre de crimes commis au nom de l’état excèdent de loin ceux commis au nom de la cupidité et du gain personnel. Et si vous croyez que ces crimes de démocide ne sont le fait de dictateurs fous, considérez combien d’innocents sont présentement fauchés au Pakistan et au Yémen, avec l’aide de drones téléguidés, par un gouvernement pourtant considéré par plusieurs comme un grand défenseur de la liberté dans le monde. Considérez également que même des états considérés comme « civilisés » ont sanctionné et même institutionnalisé l’esclavage.

Le concept d’état-religion n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les pharaons d’Égypte étaient considérés comme l’incarnation des dieux sur terre et depuis César Auguste, on vouait un culte aux empereurs romains jusqu’à la désintégration de cet empire. À combien d’autre hommes d’état a-t-on voué un culte de personnalité depuis? Aujourd’hui, on est plus subtils dans nos méthodes, mais l’idée de fond n’a guère changé. Nos livres d’Histoire font des idoles de ceux qui agrandissent le pouvoir de l’état et diabolisent ceux qui s’y opposent. C’est d’ailleurs pourquoi la période de l’Histoire du Québec où l’état a connu sa plus grande expansion est claironnée sous le nom de « Révolution tranquille », alors que la période précédente s’est vu attibué le nom peu flatteur de « Grande noirceur ». Heureusement qu’il existe des gens téméraires qui s’efforcent à déboulonner ces mythes.

Coupable et fier de l’être

L’État ce n’est pas la raison ni l’éloquence, c’est la force. Comme le feu, c’est un serviteur inquiétant et un maitre effroyable, dixit George Washinton, qui serait bien attristé par ce que le pays qu’il a fondé est devenu. Partout au monde, nous commençons à constater les limites de l’étatisme. Les États occidentaux croulent sous les dettes et craquent de partout. Au Québec, rien n’est jamais résolu, peu importe quel parti est au pouvoir. Des gens comme Mathieu Bock-Côté se désolent souvent du cynisme qui règne depuis quelques années et ils se demandent souvent pourquoi c’est ainsi. Pourtant, les raisons devraient être évidentes et c’est pourquoi le libertarianisme commence à faire surface. De plus en plus de gens perdent la Foi en l’état, comme ils ont naguère perdu la Foi en l’Église Catholique. Le modèle étatiste est désuet. Depuis la nuit des temps, nous avons toujours accordé à l’état le monopole de l’utilisation de la force et ses dirigeants s’en sont servis pour nous piller et s’enrichir à nos dépens. Peut-être nous faudrait-il un autre projet de société?

C’est faux de dire que les libertariens croient avoir la solution à tout. Nous n’avons pas cette prétention. C’est aussi faux de prétendre que ce que nous recherchons c’est la liberté à tout crin. La liberté ne peut pas exister pour tous sans responsabilité personnelle. Nous ne sont vraiment libres que dans la mesure où nous respectons la liberté des autres également. Nous croyons aussi qu’un jour, le genre humain sera capable de coopérer et coexister sans avoir un état pour nous y forcer. Ce sera sans doute dans un lointain futur quand nous aurons acquis plus de sagesse. Nous n’avons aucune illusion de voir ce genre de société émerger demain, mais rien ne nous empêchera d’y rêver et d’y travailler. Mais contrairement aux marxistes et autres étatistes, nous n’utiliserons jamais la force pour imposer nos dictats, notre seule arme ne sera jamais que la persuasion. Si jamais un jour nous vivons dans un monde de volontarisme, ce sera quand tout le monde en sera venu à la constatation que les mots « État » et « Société » ne sont pas synonyme. Si croire en cela est un crime, alors je suis coupable et fier de l’être.

 

Comment argumenter contre le contrôle des armes sans passer pour un fou furieux

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Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé depuis ce massacre dans une école au Connecticut, même de ce côté de la frontière. Notre première ministre n’a d’ailleurs pas perdu de temps à récupérer cet évènement à des fins partisanes, même s’il existait déjà un registre des armes à feu au Connecticut et que ça n’a rien fait pour prévenir ce triste évènement. Plus récemment, le polémiste Alex Jones a fait un passage remarqué à l’émission de Piers Morgan sur la chaine CNN. Jones était fin prêt à remettre Piers Morgan, reconnu pour ses tactiques de brute de cour d’école, à sa place, mais la faiblesse de ses propres arguments l’ont plutôt couvert de ridicule. Cependant, il existe plein d’arguments valides pour défendre la liberté de possession d’armes à feu qu’on peut utiliser sans passer pour un fou furieux comme Alex Jones.

Piers Morgan

Piers Morgan est un partisan convaincu du contrôle des armes et il accepte difficilement qu’on le contrarie dans ses convictions. C’est d’ailleurs un trait typique des gauchistes. Il n’est pas intéressé à avoir un débat rationnel, il est juste intéressé à diaboliser son adversaire. Nulle part est-ce plus évident que lors de son entrevue avec Larry Pratt, qu’il a couvert d’insultes. Mais si l’entrevue d’Alex Jones a été largement médiatisée, celle de Pratt est passée inaperçue. Pour les médias, majoritairement de gauche, qu’un des leurs fasse de l’intimidation est parfaitement normal, mais qu’un redneck républicain le fasse est une toute autre paire de manches. Mais malheureusement, les arguments de Jones étaient trop mal ficelés et il est devenu un embarras à sa cause. Voici plutôt la façon qu’il aurait dû argumenter avec quelqu’un comme Morgan.

Les guerres de chiffres

Piers Morgan aime beaucoup citer sa mère patrie en exemple en citant le nombre d’homicides par arme à feu et en le comparant avec celui des américains (il n’est pas le seul à le faire d’ailleurs). Or sa comparaison fait fi du fait que les États-Unis est un pays six fois plus populeux que la Grande-Bretagne. Dans les faits, 14 états américains ont moins d’homicides par armes à feu que la Grande-Bretagne et sur ces 14, un seul état a des restrictions sur les armes à feu (Hawaï). De toutes les juridictions américaines, le District de Columbia est la juridiction avec le plus haut taux de meurtres par arme-à feu et le plus haut taux de crimes violents. C’est aussi celle avec la règlementation la plus stricte sur les armes à feu. C’est fou comme c’est facile de faire un argument en faisant du cherry-picking. Cependant c’est un peu plus ardu quand on veut maintenir une certaine dose d’honnêteté intellectuelle. Oui, la Grande-Bretagne a un taux d’homicides par arme à feu beaucoup moindre que les États-Unis, mais en revanche, elle a aussi un taux de crimes violents 4 fois supérieur aux États-Unis. Peut-on affirmer que la Grande-Bretagne est moins violente que les États-Unis? En fait, pratiquement tous les autres pays normalement cités par les partisans du contrôle des armes, le Canada, la France, l’Allemagne, etc. ont des taux de crimes violents plus élevés que les États-Unis. Vous me direz que personne n’est mort de ces crimes, mais pour une femme d’être traumatisée à vie par un viol est-il beaucoup plus préférable? Surtout si les probabilités que ça lui arrive sont décuplées parce qu’elle ne peut pas s’armer pour se défendre et que les criminels le savent. Donc, si vous vivez dans ces pays, vous avez plus de chance d’être volé, violé, battu ou même blessé par toute sorte d’armes, qu’aux États-Unis.

Moins d’armes à feu = moins de meurtres = raccourci intellectuel

Les États-Unis comptent pour moins de 5% de la population mondiale, mais on y trouve entre 30% et 50% des armes privées au monde. 88.8 armes à feu par 100 000 habitants, pourtant leur taux d’homicides de 2.97 par 100 000 habitants n’est même pas proche de se classer premier au monde. Ils sont au 28e rang et de tous les pays qui le précèdent à ce classement, aucun ne figure ne serait-ce dans le top 25 du taux de possession d’armes. Le Honduras remporte la palme avec un taux d’homicides par arme à feu de 68.43 et un taux de possession d’arme de seulement 6.2 (égal à la Grande-Bretagne). Pourtant la Suisse, 3e au monde dans le taux de possession d’armes (45.7) a un taux d’homicides par arme à feu relativement faible de 0.77. Incidemment, le Canada se classe 13e au chapitre de la possession d’arme à feu (30.8/100 000) et son taux d’homicides par arme à feu est 0.51. Si on a le moindrement de rigueur intellectuelle, on doit forcément conclure qu’il est impossible de prouver une corrélation entre le nombre d’armes à feu et le nombre de meurtres par arme à feu.

Une définition brumeuse

On voit souvent Piers Morgan, dans ses entrevues, marteler le fait que les récentes fusillades ont presque toutes été faites avec la carabine AR-15. En fait, tout le débat aux États-Unis tourne autour des soi-disant « armes d’assaut ». Le Président Obama demande maintenant au Congrès de produire une loi pour bannir ce type d’arme. Cependant, il n’y a pas de définition claire de ce qu’est une « arme d’assaut ». L’AR-15, par exemple est une arme semi-automatique construite pour ressembler à une M4A1 militaire, mais ce n’est pas une carabine d’assaut. La M4A1 peut , en touchant un commutateur, passer de mode semi-automatique à complètement automatique. C’est quoi la différence? En mode automatique, une telle arme va tirer tant qu’on appuie la détente et peut tirer jusqu’à 950 balles à la minute, ce qui viderait un chargeur de 30 balles en quelques secondes. C’est effectivement une mitraillette et ce type d’arme est déjà banni, même aux États-Unis. Une arme semi-automatique ne tire qu’une seule balle lorsque la détente est appuyée et le mécanisme éjecte automatiquement la cartouche et en charge une nouvelle dans la chambre automatiquement. Dépendamment de l’agilité du tireur, ce genre d’arme ne peut tirer que 45 à 60 balles à la minute. Beaucoup moins que la version militaire et la même vitesse de tir que toutes les armes de chasse semi-automatiques et la plupart des armes de poing (qui sont également semi-automatiques). Quelle différence y a-t-il entre une soi-disant « arme d’assaut » et une carabine de chasse semi-automatique? Seulement des détails cosmétiques : un appui d’épaule ajustable ou escamotable, une poignée pistolet et un éliminateur de flash. Rien qui ne rende cette arme plus létale. Seule leur apparence permet de les confondre à des armes militaires. Pourquoi voudrait-on avoir de telles armes? La plupart des amateurs d’armes à feu trouvent leur allure militaire plutôt cool, mais au-delà des détails cosmétiques, elles sont faciles à manier et ont un faible recul, ce qui en fait des armes idéales pour le tir sportif, l’auto-défense ou la chasse au gros gibier.

Et le second amendement?

L’esprit du second amendement est de permettre aux citoyens de s’armer afin de pouvoir former une milice. Ce genre de mesure peut servir aussi bien contre un envahisseur qu’un gouvernement tyrannique. Et si vous croyez que le gouvernement des États-Unis ne peut pas possiblement devenir tyrannique, renseignez-vous au sujet de la section 1021 du National Defense Authorization Act qui a été votée récemment au Congrès et qui donne le pouvoir d’arrestation et détention illimitée sans procès à l’armée, sous les ordres du Président.

Une mesure futile

Selon une étude du département de la justice américain, les armes dites d’assaut sont statistiquement responsables d’environ 2% des crimes commis avec une arme à feu. Les bannir aura-t-il vraiment un effet sur le taux d’homicides commis avec des armes à feu? Apparemment, non. De 1994 à 2004, ces armes furent bannies et la capacité des magasins fût limitée à 10 cartouches. En 1999, Eric Harris a ouvert le feu sur les étudiants de l’école secondaire de Columbine avec une carabine de chasse semi-automatique munie d’un magasin de 10 coups. Pas moins de 13 magasins furent retrouvés et Harris a tiré un total de 98 balles avant de s’enlever la vie. La limite de capacité des magasins ne freine en rien les tueurs qui ne font qu’apporter un plus grand nombre de magasins. Changer de magasin ne prend que quelques secondes. Dans le cas des tueries de Tuscon et Virginia Tech, Loughner et Cho n’ont utilisé que des armes de poing. Cho avait avec lui 19 magasins à 10 coups et il en a vidé 17 avant de s’enlever la vie également. Comme vous pouvez le constater, bannir les soi-disant armes d’assaut ou limiter la capacité des magasins sont des mesures d’une futilité extrême pour réduire le nombre de meurtres par arme à feu, mais elles donnent bonne conscience aux politiciens et autres supporteurs du contrôle des armes.

Pas si bête, la NRA

Lorsque la NRA a suggéré de placer des gardes armés dans les écoles, j’ai vu beaucoup de commentaires du genre : « Ben oui! On va régler un problème causé par trop d’armes avec plus d’armes! » D’abord, comme je l’ai démontré plus haut, il est loin d’être prouvé que le problème est causé par un surplus d’armes. D’autres pays ont des taux d’homicide bien pire que les États-Unis tout en ayant des taux de possession d’armes comparable à la Grande-Bretagne. Secundo, ce genre de commentaire plutôt crasse présuppose qu’une arme dans les mains d’un garde armé ou même dans les mains d’un enseignant équivaut une arme dans les mains d’un tueur fou ou d’un criminel. C’est plutôt stupide comme affirmation. C’est un peu comme dire que l’arme a une volonté propre, indépendante de qui la manie. Toujours est-il que si Kimveer Gill a fait si peu de victimes au Collège Dawson, c’est probablement parce qu’il y avait un policier du SPM sur les lieux, ce qui a grandement accéléré le temps d’intervention. Les victimes des deux autres massacres montréalais et celles de Virginia Tech et Sandy Hook n’ont pas eu cette chance.

Quoi faire alors?

Si les américains voulaient vraiment réduire leur taux d’homicides par arme à feu, ils devraient commencer par abandonner leur stupide guerre contre la drogue. La grande majorité des meurtres chez nos voisins, sont attribuables au monde du crime organisé. Pour le reste, un meilleur dépistage des maladies mentales pourrait certainement aider. Mais attendez-vous à ce que ces solutions soient rejetées. Ceux qui comme Piers Morgan, claironnent pour le contrôle des armes à feu ne sont pas intéressés à débattre pour trouver des solutions réelles et efficaces. Ils ne sont intéressés qu’à imposer leur propre vision, par la force de préférence.

Références

http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2012/jul/22/gun-homicides-ownership-world-list

http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2011/jan/10/gun-crime-us-state

http://www.sas.upenn.edu/jerrylee/research/aw_final2004.pdf

Vive la variété!

rmartineautlmep

rmartineautlmep

Par Philippe David

Je me dois de réagir à la dernière chronique de Richard Martineau. Depuis quelques années j’ai remarqué une tendance très libérale dans les écrits de Richard Martineau, mais il y a des fois ou son vieux jupon étatiste/collectiviste recommence à dépasser. C’est certainement le cas lorsqu’il se plaint qu’on commence à avoir trop de choix dans l’offre politique.

J’aimerais bien voir M. Martineau poser la question à Adrien Pouliot, à savoir s’il y a vraiment trop de partis politiques. Connaissant M. Pouliot, je suis certain qu’il lui répondrait qu’au contraire, il y a un manque effroyable de concurrence d’idées au Québec et c’est certainement pour ça que nous sommes dans le pétrin. La raison pourquoi les partis politiques semblent se multiplier dernièrement est justement parce que l’offre politique actuelle ne répond pas à la demande.

Bonnet blanc, blanc bonnet

Depuis 1976 le PQ et le PLQ s’échangent le pouvoir. La seule différence entre ces deux partis s’inscrit au niveau de nos relations avec le reste du Canada, mais au niveau de la gouvernance, ces deux partis ont tendance à gouverner au centre-gauche. Ils ont tous deux à leur tour multiplié les programmes sociaux coûteux et augmenté l’endettement de la province. Depuis la confédération les partis politiques apparaissent et disparaissent et se succèdent. Sortie coté court le Parti Conservateur, entrée côté jardin l’Union Nationale et le Crédit Social. Bonjour le PQ, bonsoir l’Union Nationale. Bye bye Crédit Social et allo Québec Solidaire et l’ADQ. Au revoir ADQ et bonjour la CAQ, le Parti Conservateur et l’Équipe Autonomiste et tous les nouveaux groupuscules de souverainistes impatients d’attendre que le PQ se décide à faire un référendum. Bref, la politique est toujours en ébullition et c’est une bonne chose. Le bipartisme est une recette pour la stagnation, ça commence à être évident aux États-Unis.

La dynamique de marché

Richard Martineau compare le marché politique au marché des jeans et des confitures, ce qui demeure une bonne comparaison, mais il tire les mauvaises conclusions. Il croit que trop choix sème la confusion. C’est parce qu’il refuse de considérer l’évolution du marché à long-terme et ne se limite qu’à un horizon très court. Trop de partis politiques sèment la confusion et incitent les voteurs à rester chez eux, vraiment? Que dire de l’effet quand il n’y en a pas assez? Qu’arrive-t-il quand tu ne sais pas où mettre ton X parce qu’aucun parti ne partage notre vision? Les 700 000 qui se sont abstenus de voter en 2008 l’ont-ils fait parce qu’ils avaient trop de choix ou parce qu’ils ont été déçus par l’ADQ et ne se reconnaissaient dans aucun autre parti? Lequel des quatre principaux partis au Québec(PQ, PLQ, QS et CAQ) propose un vrai changement au Québec? QS? Ils propose les mêmes recettes socialistes que nous suivons depuis 50 ans, mais poussé à l’extrême. Le PQ? Ils ont bien réduit les dépenses et la dette pendant les années ’90, mais ils ont tôt fait de recommencer à dépenser comme des marins en permission une fois qu’ils ont atteint le « déficit zéro » et ils ont évacué tous ceux qui ont travaillé à réduire le déficit. Depuis une décennie, le PQ ressemble de plus en plus à QS. Le PLQ? Faites-moi rire? La CAQ? Qu’ont-ils proposé de vraiment différent? Même chose pour les fervent de la souveraineté. Le PQ et QS ne sont pas trop pressés d’entamer des démarches pour faire la souveraineté, alors on voit des partis apparaitre comme Option Nationale, qui proposent de faire ce que le PQ et QS hésitent à faire. S’il y a 30 sortes de paires de jeans, c’est que les consommateurs réclament une telle sélection. Si un modèle se vend moins bien que les autres, il sera retiré. Même chose pour les partis politiques. Si un parti n’attire plus les gens, il mourra éventuellement. Si par contre on découvre qu’une certaine clientèle n’est pas desservie par aucun parti politique, c’est peut-être qu’on devrait en fonder un. Si on veut un jour que ça change, il faut laisser les gens mettre leurs idées de l’avant et laisser les électeurs décider ce qui leur convient.

Qui sait? Peut-être qu’un jour le Parti Conservateur du Québec supplantera le Parti Libéral ou le PQ. Mais avant que ça puisse arriver, il faut bien commencer en quelque part! Et même s’il n’arrive jamais à supplanter les gros partis, considérez que le Parti Vert a réussi depuis une vingtaine d’années, à imposer des éléments de son programme aux autres partis sans jamais élire un député. Ces petits partis sont donc essentiels au progrès du débat public. S’il y en a tant présentement c’est justement parce que le Québec a désespérément besoin de faire un gros brassage d’idées. Alors moi je dis « vive la variété! »

 

Adrien Pouliot briguera la chefferie du Parti Conservateur du Québec

Adrien Pouliot

Adrien Pouliot

Par Philippe David

Dans un point de presse cet après-midi, l’homme d’affaire Adrien Pouliot a annoncé qu’il se lançait en politique en posant sa candidature à la chefferie du Parti Conservateur du Québec. Après avoir considéré se lancer dans la course au leadership du Parti Libéral, M. Pouliot a préféré rejoindre un parti qu’il considère plus près de ses idées.

Le Parti Conservateur du Québec est rené de ses cendres il y a un an des suites de la fusion entre l’ADQ et la CAQ. Ce parti cherche à rallier les anciens adéquistes déçus et autres orphelins de la droite québécoise.

Adepte du libéralisme classique et homme d’affaire accompli, Adrien Pouliot amènera sans aucun doute un vent de fraicheur à la scène politique québécoise. Je lui souhaite bonne chance!

 

Les brigands à plumes rouges

idle no more

idle no more

 

Par Philippe David

On dit souvent de l’aide internationale que c’est l’acte de piller les pauvres des pays riches pour donner aux riches des pays pauvres. On voit de nombreux exemples de pays du tiers-monde où on envoie des milliards en aide humanitaire sans jamais soulager les pauvres de ce pays un iota. La même chose existe dans les réserves autochtones ici au Canada où le gouvernement fédéral engloutit des centaines de millions de dollars annuellement pour que des chefs et des conseillers de bande se paient des salaires princiers pendant que certains des membres ordinaires de la tribu n’ont même pas accès aux commodités les plus élémentaires comme l’électricité et l’eau courante.

C’est le cas, notamment, de la réserve d’Attawapiskat. Sa cheffe, Theresa Spence, fait présentement une grève de la faim qui a engendré un mouvement appelé « Idle no more ». Sa seule et unique revendication : une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, qu’elle refuse maintenant de rencontrer sans la présence du Gouverneur Général. Passons sur l’absurdité de cette dernière requête alors que nous savons tous que la constitution canadienne ne confère aucun pouvoir décisionnel au Gouverneur Générale en matière de politique publique et que par conséquent, il n’aurait absolument aucun rôle à jouer dans des négociations avec les premières nations. Parlons plutôt de Mme Spence.

Vous appelez ça une grève de la faim?

Commençons par le fait qu’après un mois de soi-disant « grève de la faim », elle ne semble pas trop mal en point. De sa propre admission, elle se nourrit de bouillon de poisson. Celui-ci doit être plutôt riche en gras pour permettre à Mme Spence de maintenir son gabarit. On s’imaginerait qu’une personne de sa corpulence aurait au moins un peu fondu si sa grêve de la faim avait été sérieuse, non? En tout cas, tant qu’elle maintient sa ligne, il est difficile de croire qu’elle se laisse mourir, comme certains cœurs tendres voudraient vous faire croire. Mais il y a pire.

Des médias aveugles

Depuis plusieurs semaines, Ezra Levant de Sun News tentait d’attirer l’attention sur la gestion d’Attawapiskat par Mme Spence. En effet, depuis 2005, le gouvernement fédéral y a engloutit plus de $100 millions dans cette réserve de 1500 habitants, soit environ $52 000 pour chaque homme, femme et enfant, et en plus, la mine voisine de DeBeers a également attribué plus de $300 millions en contrats à des fournisseurs de la réserve, en plus d’employer 100 de ses résidents. Avec tout cet influx de capitaux dans un si petit village, on s’imaginerait que tous ses habitants vivent une vie aisée, mais 25 familles sur les 300 qui y habitent n’ont ni eau courante, ni électricité. Comment est-ce possible? Depuis le début de cette affaire, Levant pointe du doigt la gestion de la réserve par Theresa Spence et son conjoint, Clayton Kennedy, qui sont grassement payés, hors de toute proportion avec la population du village qu’ils ont à gérer. À eux deux, ils font $350 000 par année, exempt d’impôt. Pour vous donner une petite idée des proportions, le maire de Montréal, qui compte 100 000 fois plus d’habitants (à peu de choses près), gagne un salaire de l’ordre de $156 000 et je suis plutôt certain qu’il paie de l’impôt et des taxes là-dessus. Pendant tout ce temps, seul Levant et Sun News rapportaient ces faits et on les traitait littéralement d’emmerdeurs.

Incompétence ou fraude généralisée?

Récemment, un rapport indépendant de vérification des comptes d’Attawapiskat compilé par la firme Deloitte et Touche a été rendu public, confirmant tout ce que Sun News rapportait et même plus. On y apprend par exemple que 81% des transactions examinées avaient peu ou pas de pièce justificatives et 60% de ces transactions n’ont aucune pièce justificative. Il est fait état de transactions de frais de consultation et de frais légaux de plusieurs centaines de milliers de dollars où il est impossible de déterminer à qui les paiements ont été faits ou quels services ont été rendus. Est-on même sûrs qu’il y a vraiment eu un consultant qui a rendu un service? Ou est-ce que ces montants sont en réalité des détournements de fonds? On y apprend aussi que la plupart du temps, il n’y a aucun procès-verbal des réunions du conseil de bande. Il est impossible de savoir quelles décisions ont été prises pendant ces réunions. Aussi, bien que la bande gère environ $17 millions de fonds fédéraux annuellement, mais il n’y a aucun budget qui a été fait. Bref, à la place de Theresa Spence, je serais gêné de me monter la face en public, encore plus d’être la figure de proue d’une protestation. Si on se fie au rapport de Deloitte et Touche, Theresa Spence et les autres membres de son conseil de bande sont soit grossièrement incompétents ou ils sont parmi les pires brigands et fraudeurs. D’ailleurs, considérant que Mme Spence refuse maintenant tout contact avec les journalistes et qu’elle a fait éconduire une journaliste de Global News de sa réserve alors que celle-ci tentait de récolter des témoignages de gens ordinaires vivant là; J’ai tendance à pencher en direction de la fraude. Mme Spence semble vouloir cacher quelque chose.

Mais Theresa Spence n’est pas un cas unique. Au Canada, il y a 615 réserves autochtones qui comptent en moyenne 1142 résidents. Dans ces 615 réserves, on compte 50 dirigeants qui ont un salaire supérieur au premier ministre du Canada, 160 qui ont un salaire supérieur aux premiers ministres provinciaux et 634 qui ont un salaire supérieur à cent mille dollars. À l’extrême, une cheffe du Nouveau Brunswick se fait payer un salaire juste un peu moindre qu’un million pour gérer une réserve de 304 habitants! Le problème n’est pas seulement limité à Attawapiskat, il est plutôt généralisé et ce sont maintenant ces mêmes chefs qui protestent maintenant contre un projet de loi qui forcerait plus de transparence dans la gestion des réserves. Allez savoir pourquoi…

Une inspiration? Pour qui???

Et tous ces chefs qui vivent des vies de pacha aux dépens de leur peuple bénéficient de l’appui indéfectible des politiciens de gauche, des syndicats et de la plupart des médias. Paul Martin, ancien Premier Ministre libéral est même allé jusqu’à dire que Theresa Spence était une « inspiration »! Pour qui??? Pourquoi??? Certainement pas pour quiconque a un brin d’intégrité. Mais elle est certainement une inspiration pour tous les pillards et parasites. Qu’est-ce que ça dit au sujet de l’intégrité et du discernement de ceux qui les soutiennent? Mais d’un autre côté, une bonne partie ces mêmes supporteurs ont cautionné des casseurs aux carrés rouges, alors pourquoi pas des brigands aux plumes rouges?

Les autochtones sont-ils victimes d’injustice? Absolument! Mais la plus grande injustice qu’ils subissent est celle qui les confine à un apartheid qui les rend dépendants aux fonds fédéraux contrôlés par des bandits aux plumes rouges, grâce à la complaisance des médias et de la gauche canadienne. Il serait grand temps que nous laissions les autochtones rejoindre notre société en tant que citoyens à part entière.

 

 

Oups! Encore!

Caricature : Ygreck

Caricature : Ygreck

Par Philippe David

Qu’ont en commun Britney Spears et Pauline Marois? Elles chantent toutes les deux la chanson « Ooops! I did it again! ». (Merci à Joanne Marcotte pour cette petite inspiration) Sauf qu’avec l’anglais de Pauline, ça donne ce que ça donne et ce n’est pas sans fausses notes non-plus. Si Samuel de Champlain avait su qu’on serait un jour gouvernés par de tels incompétents, il aurait remballé son canoë et serait retourné en France.

Il fallait écouter Jean-Charles Lajoie s’époumoner à défendre cette pauvre Pauline dans son show à Radio X. Son seul argument : Pauline s’est rattrapée et a corrigé l’erreur. Oups! Désolé! On a essayé de vous passer un petit sapin, mais vous vous en êtes rendus compte alors on le fera pas! On est-tu cool maintenant? Ah ouin? Et si on ne les avait pas pincés? Mon impression est qu’on aurait encore une fois eu droit au bâton et au KY. Laisse-moi te mettre au parfum, mon cher J-C. Je t’accorde que Pauline a au moins eu la grâce de rectifier ses erreurs, mais le problème, c’est le nombre d’erreurs qu’elle a commises en si peu de temps. Le problème c’est que depuis qu’ils ont pris le pouvoir, les péquistes sont constamment en mode « damage control ». Y a-t-il une personne compétente dans tout ce gouvernement? C’est devenu une mauvaise comédie, mais malheureusement, elle se joue aux frais du contribuable.

Maintenant, dans le but de ne plus répéter ce genre de fiasco, Pauline veut nommer un comité de trois « sages » pour la conseiller. Quelques petite questions pour elle : Vont-ils avoir un poste permanent de sous-ministre adjoint eux-aussi? Vont-ils vous conseiller à prendre des meilleures décision, ou comment éviter qu’on se rende compte quand vous tentez de nous en passer une? Qui seront ces « sages »? J’ai ouï-dire que Melchior, Balthazar et Gaspard pourraient être libres. Au fait, Mme Marois, avez-vous aussi convaincu Pierre Baril de renoncer à son propre double-whammy?

La lutte des classes revisitée

karlmarx

Par Philippe David

Seriez-vous surpris de m’entendre dire que Marx avait raison? Qu?il y a bel et bien une lutte des classes? Ou vous demanderez-vous ce que j?ai bien pu saupoudrer sur mes

céréales ce matin? En fait, ça ne devrait pas être surprenant. Ça sera clair après une petite explication. Alors oui, Marx avait raison, et en même temps, il avait tort.

Je m’explique. Oui, il y a dans notre société une classe qui exploite et une autre qui est exploitée. En cela, Marx avait raison. Par ailleurs, là où Marx avait tort, c’est l’identité des exploiteurs et des exploités. Marx accusait les capitalistes et les entrepreneurs d’être les exploiteurs, mais c’est faux. La meilleur preuve est de tout simplement examiner les pays qui supposément, suivent l’idéal de Marx pour se rendre compte que même sous ces régimes, il existe une classe de privilégiés qui ne manquent de rien, ont accès aux meilleurs soins médicaux, ont accès aux meilleures denrées, etc. Si vous croyez que Fidel Castro ou son frère, ou encore Kim Jong Un ont les mêmes conditions de vie que leurs concitoyens, vous être autrement naïfs. Donc, s’il y a une classe exploitante et une classe exploitée même dans les paradis du prolétariat, est-ce encore la faute du grand capital? Même en l’absence totale de capitalisme, il y a quand même exploitation. Donc, Marx se trompait de cible.

Qui sont les exploiteurs? Qui, dans notre société, bénéficie du plus grand nombre de privilèges? Qui bénéficie généralement des meilleures conditions de vie, même dans les sociétés les plus pauvres? Les riches? Dans une certaine mesure, oui, mais s’ils bâtissent leur fortune par leurs propres efforts, parce que oui, ça existe, on ne peut pas les qualifier d’exploiteurs comme tel. Contrairement à ce que Marx croyait le seul fait d’employer des travailleurs salariés ne constitue pas de l’exploitation. Qui peut aspirer à avoir une retraite Liberté 55, plutôt que Walmart 75? Qui peut se vanter, de nos jours, d’avoir une sécurité d’emploi blindée. Qui a la possibilité de gagner plus que la moyenne en travaillant moins que la moyenne? Qui reçoit des centaines de milliers de dollars en primes de départ en démissionnant de sa job? Même si cette démission est entourée de circonstances douteuses? Qui peut aller mener une vie de luxe dans une métropole avec un salaire à six chiffres garanti à vie et une retraite dorée? Tout ça payé par les autres?

Vous aurez probablement deviné que je fais référence à cette élite qui a accès au buffet tout inclus de l’état. Les politiciens, les fonctionnaires, les lobbyistes, les syndicats, les groupes sociaux et les têteux de subventions de tout acabit toujours accrochés aux mamelles de l’état. Je ne mettrai pas tout le monde dans le même panier. Beaucoup de gens travaillant pour l’état sont des gens honnêtes qui fournissent des services indispensables, mais il faut comprendre une chose : contrairement au secteur privé ou une compagnie gagne sa croute en étant rémunérée directement en fournissant un produit ou un service aux consommateurs, tout l’argent qu’engrange l’état est acquis par la force. Essayez de ne pas payer vos impôts et vous verrez ce que je veux dire. Ce que nous payons au gouvernement n’a aucun lien avec les services que nous recevons de lui. Si nous sommes insatisfaits de ces services, nous ne pouvons pas aller chez un compétiteur ou même retenir notre paiement d’impôt. Nous n’avons aucun choix. Normalement quand un service est rendu, une plus-value est créée dans la transaction, mais puisque la transaction avec le gouvernement n’est pas volontaire, cette plus-value ne peut pas exister. Donc aucune richesse n’est créée. Tous ce que le gouvernement dépense a d’abord été prélevé des proches de quelqu’un par la force. Il va donc sans dire que tous ces privilèges que l’état octroie aux proches du pouvoir, aux fonctionnaires, aux syndicats, etc., sont aux dépens des contribuables, qui eux n’ont pas de plan de retraite, de sécurité d’emploi, etc. Marx avait donc raison, il y a bel et bien une classe d’exploitant et une classe d’exploités, mais ce ne sont pas les capitalistes et les travailleurs, ce sont les privilégiés de l’état et les contribuables. Peut-être serait-il temps que ça change?

La vertu inatteignable

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Par Philippe David

Le sort de Daniel Breton était inévitable. De quoi était-il coupable? D’avoir fraudé l’assurance-chômage? D’avoir le pied pesant? De ne pas payer ses amendes, ou son loyer? D’avoir menti? D’être arrogant? Toutes ces réponses? Je ne chercherai pas à le défendre, certainement pas. Il était surtout coupable d’avoir tellement de squelettes dans son placard que les portes ne fermaient plus.

Suis-je content de sa démission? Absolument! Je ne m’en cacherai pas. Ceux qui me connaissent savent que je déteste le PQ et je n’aimais certainement pas Breton. Sa nomination comme ministre de l’environnement m’irritait au plus haut point. Il était un prêtre dans une religion dont certains adeptes souhaiteraient nous voir retourner à l’âge de pierre. Seule sa réaction à l’inversion de flux du pipeline Montréal-Sarnia démontre que notre ex-ministre vert était probablement aussi dogmatique qu’un créationniste. En plus, il est un écolo hypocrite puisqu’alors qu’il était reporter automobile pour évaluer des véhicules soi-disant « verts », il faisait l’essai d’une Porsche à 275 km/h. La Porsche était-elle hybride? Je me réjouis donc de son départ.

Ceci étant dit, cette histoire et toutes les autres histoires sordides de collusion, corruption, gaspillage de fonds publics et abus de confiance dont nous sommes quotidiennement bombardés récemment, m’amènent à une réflexion plus profonde. La commission Charbonneau, depuis son début, nous dévoile un système institutionnalisé de corruption et de copinage. Jusqu’ici, je crois qu’elle fait un excellent travail de confirmer et mettre a grand jour, ce que je crois, nous savions déjà, mais que nous refusions de regarder en face. La commission Charbonneau nous met effectivement le nez dans notre propre caca et nous demande d’en humer profondément l’odeur. Pourquoi je dis « notre » caca? Parce qu’ultimement, nous en sommes tous responsables dans notre aveuglement.

Revenons à Daniel Breton. De quoi était-il vraiment coupable, sinon d’être humain? Daniel Breton est une personne irresponsable, donc il n’aurait jamais dû être nommé ministre. Mais si vous regardez dans votre propre passé, n’avez-vous pas quelques épisodes dont vous n’êtes pas particulièrement fier? Croyez-vous que vous passeriez le test qu’on impose à nos élus d’être plus blancs que blanc. Combien de personnes peuvent vraiment se vanter qu’ils n’ont absolument rien à se reprocher? Si vous essayez de me dire que vous êtes si vertueux, je vous traiterai de fieffé menteur. Diogène n’a jamais trouvé son honnête homme et si on lui avait donné l’immortalité, il chercherait encore. Le problème en fait n’est pas que des personnes irresponsables se retrouvent dans des positions de pouvoir. Le problème est bien plus insidieux, c’est notre croyance que puisque nous ne sommes pas capables de nous gouverner nous-mêmes, nous devons choisir parmi nous des saints qui doivent nous gouverner. Qu’est-ce qui peut bien nous faire croire que ces gens feront mieux que nous? Que ces gens seront plus responsables. Que ces gens seront automatiquement plus honnêtes, du simple fait qu’ils arrivent à gagner un concours de popularité à tous les quatre ans? C’est de la pure délusion! De plus, le pouvoir corrompt. C’est la nature humaine. Et plus un individu aura de pouvoirs, plus il y a de risque qu’il soit corrompu. Les exemples abondent à travers l’Histoire. Il va aussi de soi que le pouvoir attire toujours le genre de personnalité qui désire manipuler les gens. Donc, plus la position comporte de pouvoirs et plus elle attirera des personnalités pathologiques. Alors pourquoi persistons-nous à croire que ce type de gouvernance peut fonctionner? Pourquoi nous attendons-nous que la classe politique soit plus vertueuse et plus responsable alors que le pouvoir attire les personnes les plus corruptibles?

Il y a plusieurs personnes qui croient comme moi que les pouvoir du gouvernement doivent être limités à la seule protection des droits individuels. Nous le faisons parce que nous savons pertinemment que la sagesse de la classe politique et des élites est un mythe et c’est probablement la plus grande fraude de l’Histoire.

Les pleutres

marceau-budget

 

Par Philippe David

Le budget a été déposé et sans surprise, le PQ a augmenté les impôts des contribuables gagnant plus de $100 000, rendu la taxe santé progressive,  augmenté les taxes sur le tabac et l’alcool, ainsi que dégelé les tarifs d’électricité. On distribue toutes sortes de bonbons. Les frais de scolarité et de garderies restent gelés, aucune coupure sérieuse dans la bureaucratie ou dans le BS corporatif. En fait, je me demande comment Nicolas Marceau arrive à dire qu’ils atteignent l’équilibre budgétaire en gardant son sérieux. Quand mon budget est équilibré, ma dette ne continue pas à grimper, alors comment se fait-il que malgré un transfert de 1,5 milliard du fonds des générations à la dette, celle-ci bondit quand même de $10 milliards et continue de croitre à $265 la seconde? C’est quand même prendre les gens pour des cons que d’essayer de leur passer un tel sapin avec de la comptabilité créative.

Nicolas Marceau, comme ses prédécesseurs a choisi la voie de la paresse et de la facilité et fait passer l’effort d’un retour fictif à l’équilibre budgétaire sur le dos des contribuables les plus taxés en Amérique du Nord.

Par ailleurs, on apprend que le PLQ, malgré qu’il décrie le budget, ne tiendra pas sa promesse de voter contre le budget. Il semble qu’ils ne feront pas équipe avec la CAQ pour renverser le gouvernement. Selon Jean-Marc Fournier, il serait irresponsable de forcer une élection après moins de 100 jours. C’est juste, mais ils pouvaient également former une coalition avec la CAQ pour remplacer le PQ. Avec plus de 60% de la population derrière eux, ils auraient toute la légitimité pour gouverner. Bien plus que le gouvernement actuel et c’est parfaitement constitutionnel. Il est impératif de déloger ce gouvernement de pee-wees. Je déplore que les libéraux agissent comme des pleutres. C’est pourquoi je suis fier d’annoncer ceci:

En réponse à ce budget presse encore le contribuable québécois comme un citron et dans le but de générer un mouvement de protestation, le Réseau-Liberté Québec initie la campagne « Non aux hausses d’impôt« . Cliquez sur le lien pour vous rendre au site web et signer une lettre ouverte enjoignant le gouvernement à renoncer à toute hausse du fardeau fiscal des québécois et exhortant les députés de l’opposition à voter contre le budget si le gouvernement ne recule pas. Le site a aussi une page vous permettant d’envoyer des courriels à tous les députés de l’opposition leur demandant de voter contre ce budget. Faites-vous entendre!

Budget : Contribuables, be very « inquiète »

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Par Philippe David

Aujourd’hui Nicolas Marceau dépose son premier budget. Si on se fie à l’improvisation des deux derniers mois et aussi au fait que ce budget a très certainement été préparé à la hâte, il faut s’attendre au pire.

Le PQ est sclérosé par les écolos et les syndicalistes de tout acabit. Parions que seules ces clientèles seront satisfaites. Les écolos auront leurs moratoires et leurs subventions pour garder l’industrie de l’énergie verte sur le respirateur. Les étudiants auront leurs bonbons. Les fonctionnaires conserveront leurs privilèges indécents. Aucun programme inutile ne sera supprimé et vogue la galère!

Pour les contribuables et les entreprises les plus taxés en Amérique du nord, point de répit cependant. Je m’attends certainement à ce que leur fardeau s’alourdisse. Il y aura la taxe, pardon, la « contribution » santé, des hausses d’impôts et parions aussi qu’il y aura une hausse de la TVQ. Poursuivant leur idéologie, les péquistes augmenteront probablement les redevances minières. Bref, si le budget prévoit le retour à l’équilibre budgétaire, ce qui est quand même douteux, on peut être certains que ce sera nous qui devront se serrer la ceinture et non le gouvernement.

En bons illettrés économiques, les péquistes ne réaliseront pas que trop d’impôt tue l’impôt et que les recettes de l’état vont probablement diminuer plutôt que d’augmenter. Taxer les riches et les entreprises parait bien sur papier, mais dans la réalité les gens et les entreprises ajustent leur comportement en fonction des impôts et taxes qu’ils payent. N’avez-vous pas déjà refusé du temps supplémentaire parce que ça n’en valait pas la peine?

Pour les entreprises le jeu est encore plus simple. Les entreprises ne paient pas d’impôt. Pour elles ce n’est qu’un coût d’opération de plus et dans l’équation revenus/dépenses, elles n’ont qu’à refiler la facture à leurs clients, fournisseurs, employés et actionnaires. Bref, à vous et moi. Dans l’extrême, elles peuvent aussi se relocaliser. Vous vous souvenez d’Électrolux? Aussi combien d’entreprises ne démarreront tout simplement pas? Quant aux minières, vous croyez que le Québec est le seul endroit à posséder des ressources minières?

Enfin, je ne m’attends à rien de bon venant du PQ. Mon souhait serait que les libéraux et la CAQ fassent coalition et renverse cette bande d’amateurs au plus sacrant.

Le grand délire

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Par Philippe David

J’ai failli tomber en bas de ma chaise quand j’ai lu cette semaine que notre ministre de l’éducation supérieure, Pierre Duchesne, songe à légaliser le droit de grève étudiant. Ceci équivalant à donner à une infime minorité d’étudiants radicaux le droit de paralyser les cégep et universités quand bon leur semble, avec ou sans bonne raison.

La démocratie étudiante est une farce

Les grands supporteurs de l’idée du droit de grève, le draperont de noblesse et de vertu en le représentant comme l’expression d’une volonté démocratique des étudiants. Ils représenteront ces étudiants qui, voulant faire valoir leur droit de recevoir un service pour lequel ils ont payé en obtenant des injonctions légales comme de sales petits égoïstes qui ont osé contourner la volonté collective de l’ensemble des étudiants exprimée par voie démocratique. Un petit rappel : pendant tout le conflit du printemps dernier, près du trois quart des étudiants des cégep et universités n’étaient pas en grève. D’ailleurs, depuis que les associations étudiantes existent, la démocratie étudiante a toujours été une aussi grosse farce que les élections de commissions scolaires, elles-mêmes une orgie d’élections par acclamation par manque de candidats et qui se passent dans le désintérêt le plus total de la population. La réalité étant que généralement, la plupart des étudiants collégiaux et universitaires n’ont rien à foutre des associations étudiantes, ils sont trop occupés à faire leurs travaux pour décrocher leur diplôme.  Seule une minorité des étudiants militent activement dans les associations, surtout parmi ceux qui fréquentent les concentrations les moins exigeantes. Peu d’étudiants de médecine et de génie ont le temps de participer aux assemblées, mais les étudiants de philo, eux, ont tout le temps du monde. Ce n’est donc pas surprenant que même les votes de grève sont décidés par moins de 10% des étudiants. Quelle démocratie!

La démocratie est supposée protéger les droits individuels

La démocratie est supposée protéger les droits individuels, pas les piétiner. Le fait qu’une majorité d’individus votent pour dépouiller quelqu’un de tous ses biens  est-il dans l’esprit de la démocratie? Non, pas plus que si la majorité votait de lui dépouiller son droit à la vie, ou dans ce cas précis, de recevoir l’éducation pour laquelle il paie. Une vraie démocratie sert plutôt à protéger les droits des individus. Les droits collectifs sont une fiction. Un groupe ne peut pas posséder plus de droits que les individus qui le composent et chaque individu dispose des mêmes droits. Le nombre ne confère pas plus de droits.

Une flagrante irresponsabilité

Les associations étudiantes étant dirigées par de petits révolutionnaires en culottes courtes, Gabriel Nadeau-Dubois étant un prime exemple, Il ne faut donc pas se surprendre aussi qu’il y ait des abus, des dérives et de l’intimidation lorsque celles-ci veulent faire grève. Les exemples au printemps dernier font légion, mais je crois que la preuve ultime est que même après qu’un gouvernement nouvellement élu leur ait donné le beurre et l’argent du beurre en annulant la hausse des frais de scolarité ET en conservant la bonification des prêts et bourses; ils continuent de multiplier les journées de grève et de manifestations. Pour eux ce n’est pas suffisant, ils veulent aussi le cul de la fermière! Et notre ministre de l’éducation supérieure propose de sacraliser leur droit de grève? C’est à peu près aussi responsable que de donner un révolver chargé à un enfant de 5 ans. Même si, jusqu’à récemment, on faisait comme si les associations étudiantes avaient un droit de grève, une aberration selon moi; il y a une bonne raison pourquoi nous ne leur avons pas donné ce droit lorsqu’elles ont été créées. Et il était à peu près temps qu’on se réveille et qu’on remette en question ce pseudo-droit.

Étudier n’est pas un travail

Un étudiant n’est pas un salarié. Que nos petits révolutionnaires se le prennent pour dit, les études universitaires et collégiales ne sont pas un boulot où ils peuvent être exploités ou non par un employeur. Ils sont les consommateurs d’un service. Ils peuvent bien hurler à la marchandisation de l’éducation, ça ne change rien au fait que leurs études sont, dans les faits, un bien de consommation qui doit être payé (à moins que les profs veuillent enseigner gratuitement). La seule question en litige est : qui paye pour? Les étudiants veulent  que ce soit la société, et aux dernières nouvelles, la grande majorité des individus qui composent notre société se sont prononcé contre cette idée. Donc en réalité, une association étudiante n’est pas et ne devrait pas être un syndicat. L’association peut et doit s’exprimer sur des choses  comme les augmentations de frais, mais de dire qu’une association étudiante devrait avoir le droit de forcer ses membres à boycotter ses cours, c’est comme dire qu’une association de consommateurs puisse utiliser la force contre ses propres membre pour boycotter Walmart ou Costco. Veut, veut pas, la relation entre l’étudiant et l’institution d’enseignement est une relation de client-fournisseur et non d’employé-employeur.  

Le PQ et les carrés rouges

Le PQ s’est peinturé dans un coin en portant le carré rouge le printemps dernier par pur clientélisme. Ils ont même mis en charge du ministère de l’éducation supérieur un homme qui a manifesté ouvertement son soutien aux carrés rouges. Comment peut-il maintenant être neutre et impartial? Il ne l’est tout simplement pas, bien sûr et de ce fait M. le ministre n’a aucune crédibilité. Le sommet sur l’éducation supérieure promet d’être un grand cirque dans lequel le gouvernement  se pliera à toutes les exigences de nos enfants-rois, au grand dam des contribuables qui devront sans tout payer une plus grande part, sinon la totalité des frais universitaires.

Quand la politique choisit qui vit et qui meurt

Toe tag

Par Philippe David

Le dossier de la santé a toujours été celui le plus près de mon cœur. Mon père était médecin. J’ai grandi dans ce milieu. Il a d’ailleurs succombé à un cancer il y a près de 5 ans. Ma mère a récemment mené son propre combat contre le cancer et elle a gagné. Je suis donc particulièrement sensible lorsque je lis des histoires comme celle parue dans le quotidien The Gazette hier, ainsi que cette chronique de Lise Ravary.

Mais ce qui me fait le plus rager dans ça n’est pas tant que notre monopole soviétique de la santé rationne les soins. Les pénuries et le rationnement ont toujours été de mise quand le gouvernement gère quelque chose. L’économiste Milton Friedman blaguait que  si on mettait le gouvernement en charge du Sahara, on aurait une pénurie de sable en moins de 5 ans. Je ne suis pas certain qu’il blaguait vraiment. Alors que le gouvernement en soit à rationner les chirurgies ne me choque pas vraiment. Ce qui me choque et qui m’exaspère au plus haut point est qu’aucun parti politique en position de prendre le  pouvoir ne propose de changement réel.

Que ce soit le Parti Québécois, le Parti Libéral ou même la CAQ qui prenne le pouvoir, on ne peut espérer que le même dogmatisme qui prévaut depuis 40 ans en matière de santé au Québec : hors de l’État, point de salut. Depuis les années 1980 nous décrions les mêmes problèmes de temps d’attente aux urgences et de listes d’attente en chirurgie et depuis presqu’aussi longtemps, des organismes comme l’Institut Fraser et l’Institut Économique de Montréal publient des documents détaillant ce qui se fait ailleurs et qui fonctionne mieux que notre propre système, mais aucun parti politique majeur n’est à l’écoute.

Je dois avouer  franchement que ça me dépasse. Des pays comme la Suisse, la Suède, les Pays-Bas et Singapour ont des systèmes universels qui n’ont aucun temps d’attente et aucun rationnement. Que diable attendons-nous pour les imiter? Mais quiconque essaie de faire ce genre de suggestion se heurte à un mur de dogmatisme. Pourquoi? Facile! Il y a une force immuable au Québec qui a le pouvoir de tout bloquer parce qu’ils ont tout à perdre : Les syndicats.

Pas seulement les syndicats qui  représentent les infirmières et autres employés d’hôpitaux, mais aussi ceux des médecins. Ils forment un lobby puissant qui fait rétrécir les couilles de tous les politiciens, peu importe leur couleur. Mais il faudra bien un jour les affronter. La santé accapare à elle seule près de la moitié du budget du gouvernement. Avec le vieillissement de la population, les besoins se feront de plus en plus criants. Nous n’aurons pas le choix de faire d’importantes réformes si nous voulons assurer la viabilité à long-terme de notre système de santé. Il faudra peut-être un jour que nos politiciens se réveillent et hument l’odeur du café.

 

Un autre quatre ans… d’incompétence

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Par Philippe David

Ce mardi, les américains ont choisi. Ils ont choisi de poursuivre les politiques qui les gardent dans le marasme économique et une dette astronomique. Ils ont choisi de garder un président qui a haussé leur dette d’autant en quatre ans que son prédécesseur l’a fait en huit. Si Obama poursuit les mêmes politiques, la dette américaine dépassera certainement 20 billions avant la fin de son deuxième terme.

Les chiffres ne mentent pas. Les politiques économiques d’Obama ont été un retentissant échec. Le seul secteur en croissance a été le gaz de shale et le secteur public, mais même le gaz de shale ne suffit pas et le secteur public n’est pas une richesse, c’est un parasite qui vampirise l’économie américaine. Même si  l’IPC ne le montre pas tellement, l’inflation est bien là. Elle fait monter les carburants et les denrées alimentaires en flèche. Comme par hasard ces prix sont exclus de l’IPC. Je me demande pourquoi?  En fait, non, je sais exactement pourquoi. Pour la même raison que les statistiques de chômage ne reflètent pas la réalité non plus. Pourquoi importuner la population avec la vérité que peu importe celui qui siège dans le bureau ovale, c’est en réalité Goldman Sachs et la Réserve Fédérale qui gouvernent le pays. Les assouplissements quantitatifs (QE1, QE2, QE3, etc.) n’ont enrichi que les banquiers de Wall Street. Combien de billions de billets verts vont-ils imprimer avant de réaliser que d’imprimer des billets ne crée aucune richesse et qu’au contraire, ça ne fait que dilapider les maigres économies des retraités et de la classe moyenne?

Apparemment, quatre années de croissance anémique et d’appauvrissement n’ont pas suffi pour convaincre les américains qu’un véritable changement de cap s’impose. Ça prendra probablement une autre guerre contre un autre ennemi imaginaire pour les réveiller. Il n’y a rien comme une bonne guerre pour camoufler une dépression. C’est ce que FDR a prouvé. Surplus de chômage? Il n’y a qu’à envoyer plein de soldats outre-mer pour servir de chair à canon et détourner la production industrielle vers la production de bombes pour donner une illusion de prospérité, sans dire au bon petit peuple que la destruction n’enrichit que les marchand d’armes, pour l’économie, détruire et rebâtir a toujours été une perte nette.

Mitt Romney aurait-il pu faire mieux? Pas sûr. Mais quand je regarde les chiffres, je me dis qu’il aurait difficilement pu faire pire. C’est malheureux pour les américains, mais apparemment, leur calvaire ne fait que commencer

La pointe de l’iceberg

iceberg

 

Par Philippe David

Le sujet de la corruption est pas mal d’actualité ces temps-ci, alors je me suis farci pendant quelques jours d’un voyage à travers l’internet en quête d’informations intéressantes sur les cause de la corruption avec une question en tête : le Québec est-il à ce point corruptible? Les résultats de ma quête sont plutôt intéressants, c’est le moins qu’on puisse dire.

J’ai donc feuilleté plusieurs documents de recherche que l’on pourrait qualifier de crédible à ce sujet. J’inclus les références à la fin de mon texte. J’en ai tiré quelques informations intéressantes. Tout d’abord, il faut savoir quel la corruption se retrouve autant dans les pays développés que dans dans les pays en voie de développement, mais elle est peut-être mois flagrante dans les pays développés. Probablement parce qu’il existe des mécanismes anti-corruption plus aiguisés dans ces pays, poussant la corruption plus profondément dans les sous-terrains. J’ai décelé beaucoup de traits qui caractérisent les endroits où la corruption règne, mais je vais me limiter à celles qui, je crois, s’appliquent au Québec et tenter d’expliquer pourquoi elles s’appliquent ici.

1-      La culture légale peut favoriser ou décourager la corruption. Il a été noté que dans les pays qui utillisent le « common law » britannique, il y a une moins grande incidence de corruption que les pays qui ont un code civil germanique ou napoléonien. Or, comme ancienne colonie britannique, tout le Canada utilise le common law… sauf le Québec.

2-      La corruption est plus prévalente dans des cultures dominées par une religion hautement hiérarchisée comme le catholicisme, que le protestantisme. Je crois que nous connaissons tous nos racines. À entendre les témoignages de la commission Charbonneau, on peut facilement croire  que ça fait partie de nos mœurs. Surtout quand on voit que des fonctionnaires prenaient des pots de  vins pendant plus des 10 ans au vu et su de tous ses collègues sans que personne ne dise un mot!

3-      La taille du gouvernement elle-même n’encourage pas nécessairement la corruption, mais le degré d’interventionnisme de celui-ci encourage la recherche de rente (« rent-seeking »). Je crois qu’il n’est un secret pour personne que nous  vivons dans la province la plus interventionniste et ce n’est pas près de changer puisque la croyance générale est que le gouvernement a réponse à tout et ne peut pas possiblement mal faire. Pourquoi alors sommes-nous si surpris lorsqu’une ex-lieutenant-gouverneure se défend de ses abus avec la clause « the Queen can do no wrong ». Est-il possible que nos politiciens et fonctionnaires en viennent à croire qu’ils sont au-dessus des lois? Le Québec est la province qui octroie le plus de subventions à l’entreprise (3 fois plus que l’Ontario. Nous sommes aussi les champions de la gestion de l’offre, de l’attribution de permis de toute sorte. On ne peut pratiquement plus aller au petit coin sans l’intervention d’un fonctionnaire, dont nous avons en plus grande quantité que toutes les autres provinces. Année après année, quand l’Institut Fraser compile ses indices de liberté économique, le Québec se retrouve au sous-sol du classement en Amérique du Nord. Et nous sommes surpris que des entrepreneurs se voient obligés de graisser des pattes pour pouvoir obtenir un contrat ou contourner une quelconque règle qui n’a pas sa raison d’être? Et nous sommes également surpris que des fonctionnaires, en ayant le pouvoir de choisir les gagnants et les perdants ne résistent pas à la tentation d’en tirer profit? Ce que nous sommes naïfs!

4-      Un autre facteur affectant la corruptibilité est l’état des institutions démocratiques. Un pays avec une forte tradition démocratique favorise moins la corruption. Est-ce notre cas? Avec le non-respect des injonctions pendant la crise étudiante, le port du carré rouge par les députés du PQ et Québec Solidaire, le piètre taux de participation aux élections municipales, scolaires et quelques fois même provinciales et fédérales, permettez-moi d’en douter un tantinet. S’il y a une grande dose de cynisme envers la classe politique en ce moment, c’est une preuve que notre démocratie est quelque peu fragilisée et qu’elle ne tient plus le rôle de servante du peuple. Je vous soumettrais que tant au niveau municipal que provincial, bien des administrations ne détiennent plus le consentement des gouvernés.

Le Québec est-il la province la plus corrompue du Canada, comme l’affirmait il y a deux ans Martin Patriquin du Maclean’s? La preuve n’en a pas encore été faite. Mais on peut d’ores et déjà dire qu’elle est certainement la plus corruptible et je ne serais pas surpris que la commission Charbonneau n’ait révélé jusqu’ici que la pointe d’un énorme iceberg.  J’espère que la chose la plus positive qui ressortira de ce psychodrame soit que cette confiance aveugle que nous avons en l’état soit fracassée à tout jamais et que nous en héritions une volonté politique d’opérer de vraies réformes.

 

Références

Causes of Corruption: History, Geography, and Government

THE CAUSES OF CORRUPTION: A CROSS-NATIONAL STUDY

Corruption et développement

CORRUPTION:  CAUSES, CONSEQUENCES AND CURES

Le mal imaginaire

Lisée-Marois

Par Philippe David

Les  chiffres du recensement ont été publiés ce matin et dans tous les journaux on voit des titres « Recul du français » ou « Crise du français ». Crise? Quelle crise? Oui, c’est vrai, le nombre de personnes ayant le français comme langue maternelle a diminué et le poids de ce segment de la population canadienne est en diminution. Quelle surprise! Avec un taux de fécondité de 1.6 au Québec, comment peut-il en être autrement? Je vous ferai remarquer d’ailleurs que le même phénomène est observé du coté anglophone également. Simple équation mathématique, quand une population a un taux de fécondité inférieur à 2.1, elle décline. Compensez par une immigration qui ne parle aucune des deux langues officielles du Canada et vous observerez une dilution lente mais sûre des français et des anglais de souche au profit des nouveaux arrivants. Que croyez-vous qu’il est arrivé aux amérindiens? Le même sort nous guette également à long-terme. Si ça vous alarme, il n’y a pas 56 solutions. Petit indice, ce n’est pas un renforcement de la loi 101 qui y changera quoique ce soit, à moins d’être capable de légiférer une augmentation des naissances.

Mais la langue française elle-même est-elle en péril? Désolé, mais non puisque les statistiques du dernier recensement démontre que le français comme langue parlée au travail et à la maison est en progression. C’est d’ailleurs ce que conclue l’économiste Vincent Géloso dans le Huffington Post. Même si le nombre de francophones de souche diminue, les immigrants allophones adoptent le français et le parlent à la maison et au travail dans une plus grande proportion que l’anglais. N’était-ce pas ce que nous voulions? Alors pourquoi nos média nous servent-ils des titres aussi irresponsables? Pourquoi attiser cette mentalité de siège?

Les nationalistes de tout acabit adorent jouer sur cette corde sensible des québécois. Ça apporte de l’eau à leur moulin. C’est leur épouvantail préféré pour mieux restreindre notre liberté en matière linguistique. Mais il demeure que ce n’est qu’un épouvantail basé sur la malhonnêteté intellectuelle en présentant un mal imaginaire basé sur un « cherry picking » outrageux. Avec cette fausse prémisse, on essaie de vous faire croire toujours que l’assimilation du francophone par les maudits anglais est imminente. Je l’ai déjà dit et je le répète, il ne s’agit là qu’un délire paranoïaque des nationalo-péquistes.

 

Guillaume Wagner et la liberté d’expression

guillaume wagner

 

Par Philippe David

J’ai décidé aujourd’hui de vous donner mon petit grain de sel sur l’affaire de Guillaume Wagner et de la géométrie variable dont nous faisons quelque fois preuve en matière de liberté d’expression. Lors de son passage à «Tout le monde en parle», Guillaume Wagner s’est montré critique  de Radio X. C’est son droit le plus strict, mais voilà. Guillaume Wagner est aussi l’auteur de bien des blagues de mauvais goût. Personnellement, je n’ai pas vu son spectacle, mais toutes les blagues que j’ai entendues de lui, y compris celles qui ont été montrées à «Tout le monde en parle», (qui, je m’imagine, devaient être ses meilleures), je les ai trouvées plates. En écoutant ces quelques clips, je m’ennuyais beaucoup de la belle époque d’Yvon Deschamps et des Cyniques. Ça c’était de l’humour. Mais je ne veux pas vraiment critiquer l’humour ou le manque d’humour de Guillaume Wagner, c’est aussi son droit de faire des blagues douteuses.

Quand Sophie Durocher a écrit une chronique critiquant Wagner, plusieurs se sont portés à sa défense. Il aurait été cité hors-contexte dans sa blague sur Marie-Élaine Thibert dit-on. Ah oui? Et celle de Marie-Mai, c’était hors-contexte aussi? Mais je crois que ses défenseurs ont raté le point que Sophie Durocher tentait de faire. Elle ne critiquait pas la blague comme telle, aussi insultante soit-elle. Elle ne remettait pas en question le droit de Wagner de faire cette blague non plus. La liberté d’expression n’existe pas uniquement pour les propos bénins, elle existe surtout pour les propos qui choquent. Wagner a le droit absolu d’être insultant. D’autres humoristes le font aussi (Mike Ward me vient à l’esprit). Non, le problème n’est pas là.

Imaginez un instant le tollé si Éric Duhaime ou Dominic Maurais avaient fait la même blague en y substituant Françoise David ou Pauline Marois? Je suis certain que des hordes d’enragés avec des torches et des fourches auraient été aux portes des studios de Radio X à Montréal pour réclamer leur tête sur une pique. En bref, quand on fait de l’humour poubelle, on est bien mal placé pour critiquer.  Si tu veux critiquer les dérives passées de Radio X, t’as intérêt à ne pas faire pareil. C’est un point très simple, mais que beaucoup de défenseurs de Guillaume Wagner ont complètement raté. Guillaume Wagner et ses comparses devraient donc se souvenir que s’ils ont la liberté d’expression, d’autres qu’eux ont aussi ce droit.

La vraie charité

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Par Philippe David

Une récente publication de l’Institut de Recherche et d’Informations Socio-économiques (IRIS) pose la question : « Les prestations d’aide sociale sont-elles trop généreuses? » Cependant, la lecture de cette publication dévoile que ses auteurs se cherchent à démontrer que ces prestations ne sont pas en fait trop généreuses. Les auteurs s’objectent dans un premier temps contre la classification d’inapte ou apte au travail, disant que ça stigmatise les bénéficiaires. De plus, ils argumentent que les prestations payées aux bénéficiaires jugés aptes au travail sont insuffisantes pour permettre à ceux-ci de pouvoir s’acheter des vêtements, titres de transport et chaussures pour pouvoir rechercher activement un emploi. Selon les auteurs, Ève-Lyne Couturier et Renaud Gignac, les prestations trop basses forcent aussi les assistés sociaux qui veulent retourner au travail à accepter des emplois qui pourraient miner leur santé. Leur solution, trop simpliste, serait de hausser les prestations de façon à ce que les prestataires aient une certaine marge de manœuvre et d’abolir la distinction entre les bénéficiaires aptes et inaptes au travail, qu’ils trouvent trop stigmatisante. Ils se prononcent aussi contre le principe de « workfare » qui consiste à intégrer les bénéficiaires à l’emploi à tout prix. Je vois quelques problèmes à leur approche.

Le vrai problème des assistés sociaux

Au départ, je trouve immoral de forcer, à la pointe d’un fusil, la majorité des gens à faire la charité. La charité est un acte volontaire et personne n’a de mérite à demander à l’état de confisquer le bien d’autrui pour le redonner à d’autres personnes, aussi nécessiteuses soient-elles. Vous n’êtes vertueux que si vous fouillez dans vos propres poches et que vous donnez par vous-même. Ceci étant dit, le système existe et avant même de songer à l’abolir, on devrait s’assurer de remettre au moins la majorité de ses bénéficiaires au travail.

Le temps moyen passé au crochet de l’état au Québec est autour de 10 ans. C’est aberrant et inacceptable. Aucune société n’a les moyens d’avoir des centaines de milliers de gens complètement improductifs et dépendants. Malheureusement, plutôt que de faire tous les efforts pour réduire la dépendance, le système actuel la cultive et la perpétue. On se soucie souvent de ne pas stigmatiser les assistés sociaux, mais quelle fierté devrait-on avoir à vivre au crochet de la société pendant 10 ans de sa vie? Mme Couturier et M. Gignac se soucient de l’effet sur la santé qu’a une politique de retour au travail à tout prix. Ils devraient se souvenir de ces paroles de Félix Leclerc : « La meilleure façon de tuer un homme est de le payer à ne rien faire ». De vouloir rendre la vie des assistés sociaux plus confortable peut sembler bien noble, mais vous ne leur rendrez pas service en enlevant tous les incitatifs qu’ils ont de vouloir s’en sortir.

C’est dans la nature humaine de chercher la voie la plus facile. Nous luttons et travaillons pour survivre, mais nous cherchons tous les moyens pour minimiser le travail que ça prend. C’est ce qui a beaucoup contribué à rehausser notre niveau de vie. Nous bénéficions aujourd’hui de beaucoup plus de temps de loisir que n’en avaient nos ancêtres, mais pour bénéficier de ces temps de loisir, nous sommes toujours contraints à travailler. Il faut d’abord gagner du fric pour pouvoir se payer du bon temps. C’est ce qu’on appelle en économie un coût d’opportunité. Mais si vous donnez suffisamment d’argent à quelqu’un sans qu’il n’ait à travailler pour, nous venons de réduire le coût d’opportunité de ses loisirs. Nous l’incitons donc à préférer les loisirs au travail. À ceux qui me répondront que je suis un sans-cœur de croire que quelqu’un puisse se complaire du maigre revenu consenti par l’aide sociale, je rappelle que plus de 200 000 le font en moyenne pendant 10 ans en n’ayant aucune contrainte physique ou mentale pour les empêcher de travailler. Si c’était si stigmatisant, on s’imaginerait qu’ils se dépêcheraient un petit peu plus que ça à se trouver un travail.

Le vrai problème des assistés sociaux est premièrement qu’ils sont moins employables pour diverses raisons, qu’on exige très peu d’eux et ce, de façon illimitée.

La vraie solution

Tout d’abord il faut commencer par admettre que de vivre sur l’aide sociale n’est pas supposé être un choix de carrière.  Que ce n’est pas supposé être confortable, aisé, ou même décent. Vivre sur l’assistance sociale, c’est forcer vos voisins à travailler pour vous faire vivre. C’est supposé être gênant et honteux. Assumez-le! Ayez un peu de fierté! Donc, si ça peut s’avérer nécessaire que la collectivité s’occupe de personnes qui n’arrivent pas à se trouver un travail, même après avoir épuisé leur assurance-emploi, cette aide ne devrait pas être illimitée. Être 10 ans au crochet de l’état est inacceptable.

Pour résoudre les problèmes d’employabilité, la solution ne passe pas par l’augmentation des prestations, quoiqu’on puisse envisager de le faire si on impose une limite de temps. Elle ne passe pas non-plus par une augmentation du salaire minimum, comme le suggère les chercheurs de l’IRIS. Si cette dernière est effectivement un incitatif aux assistés sociaux de se trouver un emploi, elle est un désincitatif pour les employeurs de les embaucher. Pour vraiment aider les assistés sociaux à se trouver un travail, il faut rehausser leur valeur. On devrait donc les obliger à parfaire leurs qualifications existantes, ou d’en acquérir de nouvelles, si leurs qualifications actuelles ne sont pas en demande.  En ayant de meilleures qualifications pour des emplois où il y a de la demande (et avec le vieillissement de la population, les besoins dans certains secteurs vont devenir de plus en plus criants), non seulement leur sera-t-il plus facile de décrocher un emploi, mais celui-ci sera plus payant et plus revalorisant.

Nous devrions aussi, si les prospects d’emploi sont limités dans leur région, les aider à se déplacer là où les emplois sont plus abondants. De cette façon, non seulement allons-nous favoriser leur retour au travail dans un relativement court laps de temps, mais nous leur donnerions la chance de décrocher des emplois qui sont plus rémunérateurs, ce qui est mieux que de lais laisser croupir indéfiniment sur l’aide sociale, par peur qu’ils se retrouvent dans la rue si on arrêtait de leur payer des prestations.  Il n’en tient qu’à nous de troquer une culture de dépendance en culture d’indépendance. C’est  ça la vraie charité!

La ligue nationale d’impro

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Caricature: Ygreck

Par Philippe David

Les péquistes ont promis qu’ils aboliraient la taxe santé. Pour ce faire, ils ont décidé de prendre la voie populiste de taxer les riches sur leurs revenus, mais aussi sur les gains de capital et les dividendes. Cependant, ils ne s’attendaient pas au tollé qui s’en est suivi quand les gens ont réalisé que de taxer les gains de capital et les dividendes affectait leurs REER et autres actifs sur lesquels la classe moyenne fonde ses plans de retraite.

Et, comble de malheur, les péquistes ont été frappés de plein fouet par la réalité des chiffres, chose qu’ils auraient dû prévoir puisque le gouvernement  fonctionne en déficit depuis 2010.  Mais apparemment, les mathématiques ne sont pas la force du gouvernement péquistes, alors ils ont probablement cru que ces déficits n’étaient que pur hasard et qu’ils disparaitraient par magie sous leur habile gestion. Ce n’est pas si facile, une fois au pouvoir. Maintenant, ils doivent trouver le moyen de combler le trou laissé par leurs prédécesseurs et celui laissé par leurs propres promesses électorales qu’ils se sont empressés d’exaucer sans trop réfléchir. Nicolas Marceau est en train de découvrir que ce n’est pas aussi facile sur le plancher des vaches que du haut d’une tour d’ivoire.

Ainsi, il se voit obligé de reculer sur sa promesse d’éliminer la taxe santé, mais pour dorer la pilule, il l’a rendu progressive, ce qui fera que les riches paieront plus que les plus pauvres. Mince consolation, puisque la définition de « riche » dans ce cas précis est d’avoir un revenu imposable de $42 000 ou plus. On n’a plus les riches qu’on avait. Je devrais peut-être me réjouir de faire partie de cette catégorie, mais bon. En même temps, les hausses d’impôt pour les revenus de $130 000 et plus demeurent, quoique moindres qu’originalement prévu. Les travailleurs à haut revenu se trouvent donc doublement frappés. Ce n’est plus la taxe santé OU les hausses d’impôt, c’est la taxe santé encore plus salée ET les hausses d’impôt. Si au moins on pouvait espérer une amélioration des services pour compenser, mais j’ai de gros doutes que ça puisse arriver.

Pendant que le PQ s’obstine à essayer d’équilibrer le budget en ne jouant que sur la colonne des revenus, beaucoup d’observateurs font remarquer qu’il existe une autre colonne dans un budget, celle des dépenses. Par exemple, simplement de réduire les subventions aux entreprises au même niveau que l’Ontario épargnerait 3 à 4 milliards au gouvernement sans hausser les taxes et les impôts et serait même acceptable à gauche et à droite de l’échiquier politique. (Eh oui, même les méchants droitistes reconnaissent qu’on subventionne trop!) Mais faire des coupure pourrait vouloir dire une réduction des effectifs de la fonction publique et ça voudrait aussi dire qu’il faudrait dire non à certains groupes d’intérêts. Comme nous avons pu le constater dans le dossier des frais de scolarité, Pauline Marois n’a pas exactement fait preuve de grand courage face à ce groupe d’intérêt dont le pouvoir est relativement limité. Qu’est-ce que ce serait si elle devait faire face à des groupes encore mieux organisés. Découvrirait-on alors que dans les faits, la fameuse « dame de béton » ressemble plus à une dame de Jell-o?

Toujours est-il que manifestement, le seul talent dont le PQ a fait preuve depuis son élection est celui d’improviser. Ce recul sur sa promesse d’abolir la taxe santé ne fait que confirmer qu’il dirige comme une poule sans tête. La confiance de l’électorat en prend pour son rhume.

Qu’est-ce que le libertarianisme?

Freedom sign

Par Philippe David

Le 3 octobre dernier, Steve Martineau et ses comparses m’ont  reçu à leur émission de radio « Tête à Queue », diffusée sur Radioshock.fm et nous avons discuté de la philosophie à laquelle j’adhère: le libertarianisme. Je vous invite à écouter cette entrevue, mais si vous n’avez pas 48 minutes de libre, je vais aussi vous en livrer un résumé par écrit. Puisque cette philosophie politique commence à émerger dans les médias de masse, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de la définir pour nos lecteurs.

1   Définition

Les mots “libertarianisme” ou “libertarien” n’apparaissent pas dans les dictionnaires français. Ce sont des anglicismes qui n’ont pas été acceptés par l’académie de la langue française et qui ne sont utilisés dans la réalité qu’en Amérique du nord. Ce que nous appelons le libertarianisme ici est en fait le libéralisme classique. D’ailleurs, en France, on utilise encore le terme « libéral» plutôt que « libertarien ». Mais ici, le terme « libéral » n’a plus la même signification qu’en France. Un libéral au Québec est un social-démocrate, alors qu’un libéral en France est un disciple du libéralisme classique sur lequel est fondée la civilisation occidentale. C’est le libéralisme issu de penseurs comme John Locke, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat ou Thomas Jefferson. C’est la doctrine à l’origine de la déclaration d’indépendance des États-Unis  et de sa constitution. Incidemment, ce sont aussi  ces principes qui ont guidé les pères de la constitution canadienne de 1867. On pourrait donc dire que le libertarianisme est en quelque sorte un retour aux sources de la civilisation occidentale. Le libéralisme classique est fondé sur dix grands principes.

2   Dix principes du libéralisme classique

 

  • La vie d’un individu est une valeur morale universelle et absolue. La vie, liberté et propriété d’un individu non-agressif ne saurait être sacrifiée à aucun but.
  • Chaque individu est propriétaire de son propre corps, son esprit et de son labeur, incluant les objets physiques qui sont le fruit légitime de ce labeur. (Le droit de propriété)
  • Tout individu a le droit de poursuivre des activités nécessaires à l’amélioration de sa vie – incluant ses aspects matériels, intellectuels et émotionnels – en utilisant son propre corps et sa propriété, ainsi que la propriété d’autres personnes consentantes.
  • Les droits d’un individu à la vie, la liberté et la propriété sont inhérents à la nature de cet individu. Ils ne sont octroyés par d’autres  êtres humains et ne peuvent être enlevés par aucune entité. (Le concept de droits naturels)
  • L’initiation de la force physique ou la menace de l’usage de celle-ci ou la fraude contre tout individu n’est jamais permise – Peu importe le caractère ou la position de l’instigateur. Cependant, une force proportionnelle peut être utilisée pour se défendre de ou en réponse à une agression. (Le principe de non-agression)
  • Le seul rôle fondamental d’un gouvernement est de protéger les droits individuels en prenant des actions spécifiquement déléguées à ce gouvernement par ses citoyens. Le gouvernement n’est pas l’égal de la société et n’a pas le droit de sacrifier des individus non-agressifs pour avancer le bien-être des autres. (L’état de droit)
  • Chaque individu a le droit absolu de penser ou exprimer toute idée qu’il veut. La pensée ou la parole ne seront jamais l’équivalent de la force ou de la violence et ne devraient jamais être restreintes ou être sujettes à des pénalités coercitives. Spécifiquement la contrainte et la censure sur la base de religion ou d’idées politiques sont inacceptables en toute circonstance. (La liberté de conscience et d’expression)
  • Le commerce, la technologie et la science sont des forces libéralisantes désirables qui sont capables de soulager les maux historiques, d’améliorer la qualité de vie humaine et l’élever moralement l’être humain. La liberté complète d’échange, d’innovation et de pensée doivent être préservés et soutenus pour tous les êtres humains. (Capitalisme)
  • Les accidents de naissance, de géographie ou de généalogie ne définissent pas un individu et ne devraient jamais générer de restrictions imposées par autrui sur les droits ou les opportunités de cet individu. Chaque individu doit être jugé strictement selon ses qualités personnelles, incluant ses accomplissements, son caractère et ses connaissances. (L’égalité devant la loi)
  • Il n’existe aucune limite « naturelle » ou désirable au potentiel humain de faire le bien, et il n’existe aucun problème substantiel qui ne puisse être résolu par la connaissance humaine présente ou future, l’effort et la technologie. Il tient d’un impératif moral à tous les humains d’étendre leur maitrise de l’univers indéfiniment et de telle façon à assurer la survie et l’épanouissement de tous les individus non-agressifs.

3    Un monde libertarien

 

À quoi ressemblerait une société libertarienne? Certains vous diront que puisque nous voulons minimiser, voire éliminer l’état, qu’un monde libertarien serait la loi de la jungle et au plus fort la poche. Ce n’est pas du tout ça.

3.1  Le rôle de l’État

Pour le libertariens, l’état est la seule entité ayant le droit légal d’utiliser la force et son rôle est d’abord et avant tout de protéger les citoyens contre les agressions extérieures par la force militaire et intérieures par les forces policières et de résoudre les disputes en offrant un système légal. Pour les autres services, les libertariens considèrent que le secteur privé est généralement plus efficace que le gouvernement (ce que notre gouvernement est en train de prouver).

3.2  L’économie

Les libertariens croient que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans la vie économique des citoyens autrement que de punir la fraude et le vol. Le système légal normal devrait donc suffire à règlementer les marchés et prévenir que des gens soient floués dans leurs transactions. Les gens auraient donc le droit de transiger avec qui ils veulent, selon des termes mutuellement acceptables.

3.3  Le filet social

Les libertariens prônent la responsabilité sociale. Ce qui veut dire que nous sommes responsables d’abord et avant tout de nous-mêmes et de nos familles. Prendre soin de nos enfants et de nos ainés, par exemple, est notre responsabilité, pas celle de la société.  Il a été généralement démontré que plus une société est libre sur le plan économique et plus elle est prospère. Dans une société prospère, l’extrême pauvreté est un phénomène marginal et relève de la charité privée. Il est impensable d’utiliser l’État pour forcer les gens à être charitables contre leur gré. L’idée de faire une redistribution forcée de la richesse, comme nous le faisons présentement, est moralement  inacceptable pour un libertarien. Utiliser la force pour saisir la propriété d’autrui est un vol, même si c’est le gouvernement qui le fait avec la bénédiction de la majorité de ces citoyens. Si un citoyen n’a pas le droit d’utiliser la force pour saisir la propriété d’un autre, il ne peut pas déléguer ce pouvoir à son gouvernement, peu importe le nombre de citoyens qui seraient d’accord avec l’acte. La démocratie ne peut servir à violer les droits, seulement les préserver.

3.4  La vie sociale et la vertu

L’État n’a aucune place dans la chambre à coucher. Ce n’est donc pas sa place de dicter ce qui peut se faire ou ne pas se faire entre deux individus consentants. Ce n’est pas sa place également de dicter comment un individu dispose de son propre corps, tant que celui-ci en subit les conséquences et ne nuit pas à autrui. Ce n’est pas à l’état d’imposer une certaine moralité ou une idéologie à l’ensemble de la société par la force. Ce n’est pas à l’État d’imposer une langue d’usage. Sur un territoire, la langue s’impose d’elle-même quand une majorité des citoyens la parlent et transigent avec. L’usage de la force est donc inutile et superflue.

4  Conclusion

Le libertarianisme est l’incarnation nord-américaine du libéralisme classique et adhère à ses principes. C’est une vision de société qui est centrée autour du principe de non-agression et du  respect des droits individuels et de propriété. Le libertarianisme n’est en réalité ni à gauche et ni à droite. C’est la seule philosophie qui est cohérente vis-à-vis l’usage de la force de l’état. La gauche prône l’usage de la force de l’état pour promouvoir l’égalité sociale et la droite prône l’usage de la force pour promouvoir la vertu et la moralité Le libertarianisme condamne l’usage de la force universellement. Les libertariens choisissent de promouvoir le bien collectif par la responsabilité individuelle et la charité et la coopération volontaire.

 

En bonus, je vous offre aussi la vidéo que je mentionne à la fin de l’entrevue: La Philosophie de la Liberté.

Lettre aux féministes

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Par Philippe David

Mesdames,

Je m’explique mal votre attitude au sujet de l’avortement et de la motion m-312, ainsi que sur la position de Rona Ambrose sur cette motion. Ne vous en faites pas, je ne suis pas un zélote religieux, je ne crois pas en Dieu; mais ça ne m’empêche pas tout de même d’avoir un sens de la moralité et de l’éthique pour autant. Étant libertarien, je tire ma moralité des principes de cette philosophie. L’un d’eux, vous serez contentes de savoir, est que nous sommes tous propriétaires de notre corps. Je ne pourrais donc pas remettre en question votre droit de disposer de votre corps selon votre volonté sans trahir ce principe. Cependant, dans le cas de l’avortement, entre le noir de la prohibition et le blanc de votre droit absolu, il existe un océan de gris, et dans les faits, ce n’est pas parce qu’un juge a déclaré une loi inconstitutionnelle, que la question est réglée pour autant et que le débat est clos. Il n’y a en fait, jamais vraiment eu de véritable débat. Nous n’avons en réalité  qu’un vide juridique qu’il faudrait combler car si vous avez effectivement  le droit de disposer de votre corps, il faudrait aussi considérer un autre droit considéré inviolable par plusieurs : le droit à la vie.

Je sais, vous direz certainement que je suis un homme et que je ne peux pas comprendre. Je n’ai jamais eu à endurer la douleur l’accouchement, mais je n’ai jamais aussi ressenti la joie de sentir la vie croitre dans mes entrailles et de sentir ses moindres mouvements. Les libertariens ont la réputation d’être froids et calculateurs, mais je ne pourrais jamais avoir la froideur de considérer cette vie dans votre utérus comme un vulgaire parasite ou une tumeur à exciser. Je suis père et j’ai eu la joie, comme bien des parents, de voir ma fille alors qu’elle n’avait que 16 semaines dans le sein de sa mère. Elle avait ses deux bras, ses deux jambes, des yeux, un nez, une bouche et commençait déjà à montrer des comportements typiques de tous les bébés humains comme sucer son pouce. Comment peut-on dire que ce n’est pas un être humain? Comment ne pas ressentir une certaine réticence à l’idée de vouloir le tuer? Si ce n’est pas un dilemme moral dans votre cœur de femme et que vous ne ressentez rien, pour moi et bien d’autres, ça l’est et nous le ressentons.

Je l’ai dit plus haut et je le répète. Il ne sera jamais question de vous enlever le droit de vous faire avorter. Si vous lisez le texte de la motion, (vous l’avez bien lu, j’espère?) vous constaterez qu’il ne remet ce droit en question nulle part et très franchement, politiquement, ce serait impossible. Invoquer comme argument le retour aux aiguilles à tricoter ne tient pas la route et relève de la démagogie. C’est même hypocrite d’exiger que l’état s’ôte le nez de dans vos utérus alors que vous exigez également qu’il paie pour votre avortement. Vous y avez droit, soit! Mais rien ne dit que ce droit, comme bien d’autres ne peut pas être balisé. Il l’est d’ailleurs dans bien d’autres nations qui permettent l’avortement. Seuls le Canada, la Chine et la Corée du Nord n’imposent aucune restriction. Est-ce que les suédoises ou les norvégiennes, dans ces paradis de social-démocratie, se plaignent qu’on a violé leurs droits? Pas du tout.

Il est quand même intéressant de voir des organisations féministes comme la FFQ, qui se confessent à gauche de l’échiquier politique et que typiquement, la gauche s’attribue le monopole du cœur; vociférer contre une motion qui vise à défendre des êtres foncièrement  faibles et sans défense des abus d’un système trop permissif.  Dans ce débat, c’est la droite qui détient le monopole du cœur alors que la gauche revendique une liberté à tout crin. Seulement, dans une société, la liberté des uns s’est toujours terminée là ou celle des autres commence.  Comment équilibrer le droit d’une femme de disposer de son corps et le droit d’un fœtus de vivre est une question qui mérite une réponse et qu’une société se doit de débattre. L’avortement ne devrait pas être considéré comme une méthode contraceptive, ni comme une méthode de sélectionner le sexe. C’est un droit qu’on se doit d’exercer avec sagesse et retenue.

Ne vous en déplaise mesdames, les femmes comme Rona Ambrose, Sophie Durocher ou Lise Ravary ont certainement le droit de croire et d’exprimer que dans certaines  circonstances, un fœtus doit être protégé.  Elles parlent pour ceux qui ne peuvent se défendre. Pour cela, elles ne méritent pas votre hargne, mais plutôt le respect.

Pourquoi les hausses d’impôt ne sont pas une bonne idée

nicolas-marceau

 

Par Philippe David

Je serai toujours étonné par la pensée magique gauchiste. Je ne dis pas qu’abolir la taxe santé est une mauvaise idée, j’en suis plutôt heureux personnellement, mais cette abolition fait un trou de 1 milliard dans le budget, sans compter les autres bonbons que Pauline 1ere a donné à ses fidèles comme l’abolition des hausses de frais de scolarité. On fait quoi pour boucher le trou?

Taxons les riches!

Bien sûr ils vous répondront invariablement « taxons les riches! » Mais il y a quelques petits problèmes dans cette idée.  La première est que ce sera insuffisant. Même si la hausse d’impôt rapportait les revenus que le PQ espère (600 millions $), ce n’est clairement pas 1 milliard. En fait, même en ajoutant les entreprises et les modifications aux taxes sur les dividendes et les gains de capital ce ne sera pas suffisant pour payer pour l’orgie de clientélisme auquel le PQ s’est livré depuis qu’il a pris le pouvoir il y a à peine trois semaines.

Lors du dernier budget, le printemps dernier, l’IEDM s’est livré à l’exercice de calculer combien il faudrait taxer les revenus de $250 000 et plus pour combler le déficit prévu à ce budget de $3,9 milliards. La réponse est qu’il aurait fallu taxer 100% de tous les revenus excédant $250 000 pour y arriver. Cependant, dans une telle situation, qui serait assez con de vouloir faire plus de $250 000 si c’est pour donner chaque cent supplémentaire au fisc? Donc une fiscalité aussi agressive rapporterait strictement zéro à l’état.

La nature humaine

Ce dernier point m’amène à la deuxième faille dans la stratégie de toujours plus taxer les riches. Elle ne tient pas compte de la nature humaine. Chaque individu, peu importe à quel point il essaie d’être altruiste, sera toujours motivé principalement par son intérêt personnel et nous pouvons donc compter sur lui de réagir dans ce sens aux divers incitatifs qui lui sont offerts, particulièrement pour éviter les choses désagréables. Taxez son salaire, il travaillera moins, ou il se fera compenser de façon différente ou il cachera ses revenus. Taxez les dividendes et les gains en capitaux et il investira moins, ou il investira ailleurs. Puisqu’on paie toujours l’impôt dans la province où on réside au 31 décembre, certains feront peut-être le choix de déménager avant cette date. Mon ami Ian Sénéchal, qui est analyste financier a d’ailleurs fait un calcul amusant selon lequel il ne faudrait qu’une personne sur 23 gagnant un revenu de plus de $250 000 déménage hors du Québec pour complètement annuler les gains que le gouvernement compte tirer de cette hausse d’impôt. Ça ne prendrait pas un exode massif pour faire mal. Juste 5% du 1.2% le plus riche du Québec.

C’est l’économie, stupide!

Pour reprendre la phrase désormais célèbre de Bill Clinton, le troisième point c’est l’impact économique. Selon des études empiriques, l’impôt est un désincitatif tel au travail et la création de richesse que chaque dollar de hausse d’impôt cause une diminution de $0,76 du PIB.  Comme si on avait besoin de ralentir encore plus notre économie. Je doute fort que le gouvernement  arrive  à combler son manque à gagner par une hausse d’impôt des plus nantis, mais en plus il risque de handicaper ses recettes futures, alors oubliez l’équilibre budgétaire pour l’an prochain.

Notre problème n’est pas un problème de revenus, c’est un problème de dépenses mais ni le PLQ et encore moins le PQ dans sa version actuelle ne remettra en question la gestion des dépenses publiques afin de réduire le gaspillage et la redondance des strucutures. Ce serait pourtant si simple de réduire les subventions aux entreprises pour les ramener dans les mêmes proportions que l’Ontario. Rien que ça nous économiserait $2,5 milliards.

À la place, nous avons élu un gouvernement de clowns qui s’acharnent à jeter notre économie à terre.

Pour ceux qui ont de la difficulté à comprendre notre système fiscal, il y a cette petite vidéo qui est très instructive…

 

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