Tous les articles par Ian Sénéchal

Mon nom est Ian Sénéchal. J’ai 26 ans. Je suis le père de deux garçons. Je possède un baccalauréat en actuariat que j’ai obtenu en 2006 à l’Université Laval. Je travaille dans mon domaine au sein d’une compagnie d’assurance de personne. Je suis un associé de la Society of Actuaries (SOA). Je suis un passionné de politique, principalement des sujets économiques. En politique, je me suis impliqué au niveau de la circonscription de Vanier pour l’ADQ à partir de 2005, j’ai été membre de l’exécutif de la Commission des jeunes de l’ADQ (CDJ) et j’ai été candidat aux dernières élections en 2008 dans le comté de Kamouraska-Témiscouata où j’ai terminé en 2ième place. J’ai également joué un rôle important dans la campagne d’Éric Caire, candidat à la course à la chefferie de l’ADQ en 2009. De plus, j’ai siégé au comité contenu de la campagne où j’y ai découvert des gens d’une grande qualité. Par contre, j’ai cessé mon militantisme actif depuis novembre 2009 au niveau provincial. Je concentre maintenant mes énergies sur ce blogue et dans mon comté fédéral en étant membre de l’exécutif de Lévis-Bellechasse pour le parti conservateur. Steven Blaney est le député fédéral de cette circonscription. Je suis toujours membre du Parti Conservateur du Canada ainsi que de l’ADQ. On pourrait dire que mon idéologie politique se situe principalement à droite de l’échiquier politique d’un point de vue économique. D’un point de vue social, mes visions relèvent plus souvent de l’analyse cas par cas, mais je suis généralement plus libéral que conservateur (dans le sens non partisan des termes). J’ai voté ADQ et PCC aux deux dernières élections générales. Finalement, je suis un des cofondateurs du Réseau Liberté-Québec.

Inflation, analyse plus détaillée

 

Par Ian Sénéchal

Suite à mon article précédent, certaines personnes ont souligné le fait que si on ajustait le salaire de la personne étudiée, on devait également ajuster l’impôt payé. Vrai. J’aurais dû en tenir compte.

Cet ajustement démontrerait que les riches ont reçu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010. Vrai également.

Ce qu’il faut voir par contre, c’est que ces baisses d’impôt étaient généralisées à toute la population et non pas ciblées que sur eux (contrairement à réforme Marois-Marceau). Donc, pour être parfaitement honnête dans l’analyse, il fallait vérifier si les riches avaient vu leur taux effectif d’imposition baisser ou augmenter de la même façon que le reste de la population tout en tenant compte de l’inflation. J’ai donc poussé l’analyse beaucoup plus loin. (Vraiment beaucoup, alors désolé si je perds des gens ici).

J’en suis arrivé à cette conclusion. Les riches ont effectivement reçu des baisses d’impôt, comme tout le reste de la population. Par contre, plus le revenu est élevé, moins la baisse du taux effectif d’imposition fut importante.

Rentrons maintenant dans le “crunchy”.

Le système fiscal de 2000 avait des paliers d’imposition de 19%, 22.5% et 25%.

Celui de 2010 avait des paliers de 16%, 20% et 24%.

Voici le méthode que j’ai utilisé :

1) Calculer l’impôt provincial payé par différentes personnes aux revenus différents (de 1000$ à 250 000$)

2) Ajuster le système d’impôt de 2010 afin de l’amener en 2000 en “désindexant” les seuils d’imposition, mais en conservant les taux d’imposition intacts. (Inflation supposée de 2% pendant 10 ans)

3) Ajuster les salaires de 2010 pour les “désindexer” afin de les amener en 2000.

4) Appliquer le système 2010 ajusté aux salaires de 2000

5) Comparer avec les impôts payés réellement en 2000.

6) Analyser comment les baisses d’impôt ont affecté le taux effectif d’imposition en fonction du salaire.

Résultats

 

Résumé et conclusion :

Si on résume, une personne qui gagnait 150 000$ en 2010 en gagnait 123 000$ en 2000. Elle a payé 29 263$ en impôt en 2010 et 27 255$ en 2000. Il y a eu des changements au régime fiscal entre les deux dates. Si le régime fiscal ajusté pour l’inflation de 2010 avait été appliqué en 2000, elle aurait payé 24 350$ d’impôt. Cela représente une baisse de 2.36% de son taux d’imposition effectif.

Un salarié de 50 000$ (41 000$ en 2000) à quant à lui reçu une baisse d’impôt de 3.58%, soit 1.22% de plus que le salarié de 150 000$.

Y a-t-il eu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010? Oui, autant pour les riches que les pauvres que la classe moyenne.

Est-ce que les riches ont reçu des baisses d’impôt plus importantes que le reste de la population? Non, c’est même le contraire. Plus on avance dans l’échelle salariale, moins le taux effectif d’imposition a diminué.

Documentation utilisée :

Tableau 1 et Tableau 2

 

L’inflation expliquée aux enfants… et à Khadir

Par Ian Sénéchal,

Ce texte est le résumé d’une partie de ma chronique hebdomadaire chez Dominic Maurais à Radio X.

Amir Khadir y est allé d’un tweet qui est devenu rapidement viral hier sur Twitter. Vous le trouverez au bas de l’article. Le tweet nous envoyait sur un tableau très instructif. Voici le tableau et ce que Québéc Solidaire affichait comme commentaire sur sa page Facebook :

“ Un tableau pour éclairer et mettre en perspective les débats sur les hausses d’impôt pour le 3% le mieux nanti. Par exemple, une personne au revenu imposable de 150 000$ a vu ses impôts annuels diminuer de plus de 11 700$ depuis 12 ans. À partager!”

En apparence, les gens gagnant 150 000$ ont reçu une baisse d’impôt de 5565$ au provincial en 10 ans. Vrai. Mais parle-t-on de la même personne en 2000 et en 2010?

Khadir et sa bande d’illetrés économiques basent leur analyse en faisant abstraction de l’inflation. Faut le faire quand même!

Disons que l’inflation a été de 2% les 10 dernières années. Une personne gagnant 150 000$ en 2010 devait en gagner seulement 123 000$ en 2000 pour s’offrir le même niveau de vie. Pour comparer les pommes avec les pommes, il faut tenir compte de l’inflation.

Comparez la personne gagnant 125 000$ en 2000 à la personne qui en gagne 150 000$ en 2010. Vous verrez, le niveau d’impôts payés est sensiblement le même (28 334$ VS 29 271$)

C’est normal, les tables d’imposition sont indexées depuis le budget 2000-2001 mis en place… par Bernard Landry!

L’indexation des tables d’impôt va de soi et ne constitue pas une réelle baisse d’impôt. Ne vous en faites pas, l’ancien PM Charest était tout aussi malhonnête dans son approche quand il se pétait les bretelles en disant qu’il avait réduit le fardeau fiscal depuis son entrée au pouvoir pour une famille gagnant X revenu. Il ne tenait pas compte de l’augmentation du coût de la vie et/ou de l’augmentation des salaires en lien avec l’inflation et/ou de l’indexation des tables d’impôt.

Bref, ne vous fiez jamais à un politicien quand ils vous parlent de chiffres. Ils ne sont là que pour vous confondre! En fait, ils souhaitent que vous soyez dociles et que vous gobiez tout sans broncher. Si en plus vous pouvez diffuser leur message sur Twitter, wow, ils sont vraiment contents que vous soyez tombés dans la panneau!!! Une fausseté diffusée abondamment devient rapidement une vérité dans notre monde où la compétence et l’honnêteté intellectuelle sont devenus des concepts abstraits.

FSTQ : Des crédits d’impôt pertinents?

Par Ian Sénéchal,

Comme vous le savez peut-être, je travaille maintenant dans le milieu des finances personnelles. Mon site professionnel est ici. Il m’arrive fréquemment de rencontrer de jeunes clients (20 à 50 ans, je suis très libéral dans ma définition de jeune!) qui possèdent une part importante de leurs actifs dans le Fonds de Solidarité des Travailleurs du Québec (FSTQ). Chaque fois, je me dis la même chose. Par son interventionnisme étatique dans l’économie, le gouvernement pousse plusieurs personnes à prendre de mauvaises décisions.

Le FSTQ jouit d’un avantage concurrentiel majeur par rapport aux autres véhicules d’investissement pour la retraite. En effet, en plus des déductions fiscales habituelles obtenues avec le REER, les gouvernements provincial et fédéral offrent des crédits d’impôts supplémentaires de 15% chacun. Est-ce dire qu’il faille absolument acheter les actions de ce fonds? Non, surtout si on est jeune.

En quoi l’âge du cotisant est-il important ici? Après tout, si un placement ne nous plait pas, on n’a qu’à le revendre et en acheter un autre, non?

Non, justement. Vous êtes tenu de conserver vos actions du FSTQ jusqu’à votre retraite (il existe quelques exceptions). Donc, vous êtes tenu d’avoir confiance dans la direction présente du fonds, mais également dans la direction future du fonds! Avez-vous confiance au gestionnaire qui va gérer le FSTQ dans 20 ans?

Quand on est jeune et que notre horizon de placement est très long, il faut bien sélectionner le gestionnaire de nos placements. Sa performance sera déterminante sur la constitution de votre fonds de retraite. À titre d’exemple, voici ce que devient 10 000$ investit à divers taux d’intérêt sur une période de 29 ans (nombre d’années d’existence du FSTQ). Vous remarquerez l’impact déterminant du taux de rendement sur une longue période d’investissement.

0% : 10 000$

1% : 13 345$

3.6% : 27 889$

5% : 41 161$

7% : 71 142$

J’ai mis 3.6% dans ces exemples pour une raison bien précise. Il s’agit en fait du rendement généré par le FSTQ depuis sa création (0.4% les 10 dernières années et 1.8% les 5 dernières années). Ces rendements sont plutôt faibles, je dirais même, très faibles! Pas pour rien que le FSTQ affiche souvent son rendement en incluant le crédit d’impôt!

Selon Morneau-Sheppell, un fonds équilibré médian a produit un rendement de 5.01% sur 5 ans au 30 juin 2011. C’est bien plus que le 1.8% du FSTQ. Dans un article de Canoe, on apprenait que le rendement médian des fonds équilibrés sur 10 ans était de 4.2%. Bien plus que le 0.4% affiché par le FSTQ.

Plusieurs investisseurs seront attirés par le crédit d’impôt “généreux” offert par le gouvernement, mais quand ils ont un horizon de placement plutôt long, ils devraient l’ignorer. Le régime endossé par le gouvernement est une prison pour l’investisseur qui ne peut retirer son argent avant 65 ans. Ils auront avantage à se garder une certaine flexibilité dans le choix de leur gestionnaire de placement et surtout, dénicher les meilleurs et non acheter un fonds qui ne livre pas la marchandise depuis longtemps.

Quand les investisseurs construisent leur retraite, ils ne doivent pas se transformer en Mère Théresa et investir dans un fonds simplement parce qu’il serait “bon” pour l’économie locale ou encore parce qu’il serait socialement responsable. Ils doivent penser à eux, d’abord et avant tout. D’ailleurs en pensant à eux d’abord, ils contribuent à dégager les générations futures d’une certaine pression, car ils auront bien préparé leur retraite.

Le pire dans tout ça, c’est qu’en incitant les investisseurs à se diriger vers le FSTQ pour de longues périodes, le gouvernement contribue à accroître l’appauvrissement des retraités de demain. C’est quand même incroyable comment l’étatisme nuit à notre population, même si les intentions sont louables.

En 1983, quand le FSTQ a été créé, tout le monde pensait bien faire. Force est de constater aujourd’hui qu’on s’est trompé. Pourrait-on arrêter ces crédits d’impôt sur le champs? Les seuls qui en profitent réellement sont les gens qui investissent dans le FSTQ et qui approchent l’âge vénérable de 65 ans. Les autres font une gaffe, mais ils ne s’en rendront compte que dans quelques années.