Tous les articles par Ian Sénéchal

Mon nom est Ian Sénéchal. J’ai 26 ans. Je suis le père de deux garçons. Je possède un baccalauréat en actuariat que j’ai obtenu en 2006 à l’Université Laval. Je travaille dans mon domaine au sein d’une compagnie d’assurance de personne. Je suis un associé de la Society of Actuaries (SOA). Je suis un passionné de politique, principalement des sujets économiques. En politique, je me suis impliqué au niveau de la circonscription de Vanier pour l’ADQ à partir de 2005, j’ai été membre de l’exécutif de la Commission des jeunes de l’ADQ (CDJ) et j’ai été candidat aux dernières élections en 2008 dans le comté de Kamouraska-Témiscouata où j’ai terminé en 2ième place. J’ai également joué un rôle important dans la campagne d’Éric Caire, candidat à la course à la chefferie de l’ADQ en 2009. De plus, j’ai siégé au comité contenu de la campagne où j’y ai découvert des gens d’une grande qualité. Par contre, j’ai cessé mon militantisme actif depuis novembre 2009 au niveau provincial. Je concentre maintenant mes énergies sur ce blogue et dans mon comté fédéral en étant membre de l’exécutif de Lévis-Bellechasse pour le parti conservateur. Steven Blaney est le député fédéral de cette circonscription. Je suis toujours membre du Parti Conservateur du Canada ainsi que de l’ADQ. On pourrait dire que mon idéologie politique se situe principalement à droite de l’échiquier politique d’un point de vue économique. D’un point de vue social, mes visions relèvent plus souvent de l’analyse cas par cas, mais je suis généralement plus libéral que conservateur (dans le sens non partisan des termes). J’ai voté ADQ et PCC aux deux dernières élections générales. Finalement, je suis un des cofondateurs du Réseau Liberté-Québec.

Inflation, analyse plus détaillée

 

Par Ian Sénéchal

Suite à mon article précédent, certaines personnes ont souligné le fait que si on ajustait le salaire de la personne étudiée, on devait également ajuster l’impôt payé. Vrai. J’aurais dû en tenir compte.

Cet ajustement démontrerait que les riches ont reçu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010. Vrai également.

Ce qu’il faut voir par contre, c’est que ces baisses d’impôt étaient généralisées à toute la population et non pas ciblées que sur eux (contrairement à réforme Marois-Marceau). Donc, pour être parfaitement honnête dans l’analyse, il fallait vérifier si les riches avaient vu leur taux effectif d’imposition baisser ou augmenter de la même façon que le reste de la population tout en tenant compte de l’inflation. J’ai donc poussé l’analyse beaucoup plus loin. (Vraiment beaucoup, alors désolé si je perds des gens ici).

J’en suis arrivé à cette conclusion. Les riches ont effectivement reçu des baisses d’impôt, comme tout le reste de la population. Par contre, plus le revenu est élevé, moins la baisse du taux effectif d’imposition fut importante.

Rentrons maintenant dans le “crunchy”.

Le système fiscal de 2000 avait des paliers d’imposition de 19%, 22.5% et 25%.

Celui de 2010 avait des paliers de 16%, 20% et 24%.

Voici le méthode que j’ai utilisé :

1) Calculer l’impôt provincial payé par différentes personnes aux revenus différents (de 1000$ à 250 000$)

2) Ajuster le système d’impôt de 2010 afin de l’amener en 2000 en “désindexant” les seuils d’imposition, mais en conservant les taux d’imposition intacts. (Inflation supposée de 2% pendant 10 ans)

3) Ajuster les salaires de 2010 pour les “désindexer” afin de les amener en 2000.

4) Appliquer le système 2010 ajusté aux salaires de 2000

5) Comparer avec les impôts payés réellement en 2000.

6) Analyser comment les baisses d’impôt ont affecté le taux effectif d’imposition en fonction du salaire.

Résultats

 

Résumé et conclusion :

Si on résume, une personne qui gagnait 150 000$ en 2010 en gagnait 123 000$ en 2000. Elle a payé 29 263$ en impôt en 2010 et 27 255$ en 2000. Il y a eu des changements au régime fiscal entre les deux dates. Si le régime fiscal ajusté pour l’inflation de 2010 avait été appliqué en 2000, elle aurait payé 24 350$ d’impôt. Cela représente une baisse de 2.36% de son taux d’imposition effectif.

Un salarié de 50 000$ (41 000$ en 2000) à quant à lui reçu une baisse d’impôt de 3.58%, soit 1.22% de plus que le salarié de 150 000$.

Y a-t-il eu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010? Oui, autant pour les riches que les pauvres que la classe moyenne.

Est-ce que les riches ont reçu des baisses d’impôt plus importantes que le reste de la population? Non, c’est même le contraire. Plus on avance dans l’échelle salariale, moins le taux effectif d’imposition a diminué.

Documentation utilisée :

Tableau 1 et Tableau 2

 

L’inflation expliquée aux enfants… et à Khadir

Par Ian Sénéchal,

Ce texte est le résumé d’une partie de ma chronique hebdomadaire chez Dominic Maurais à Radio X.

Amir Khadir y est allé d’un tweet qui est devenu rapidement viral hier sur Twitter. Vous le trouverez au bas de l’article. Le tweet nous envoyait sur un tableau très instructif. Voici le tableau et ce que Québéc Solidaire affichait comme commentaire sur sa page Facebook :

“ Un tableau pour éclairer et mettre en perspective les débats sur les hausses d’impôt pour le 3% le mieux nanti. Par exemple, une personne au revenu imposable de 150 000$ a vu ses impôts annuels diminuer de plus de 11 700$ depuis 12 ans. À partager!”

En apparence, les gens gagnant 150 000$ ont reçu une baisse d’impôt de 5565$ au provincial en 10 ans. Vrai. Mais parle-t-on de la même personne en 2000 et en 2010?

Khadir et sa bande d’illetrés économiques basent leur analyse en faisant abstraction de l’inflation. Faut le faire quand même!

Disons que l’inflation a été de 2% les 10 dernières années. Une personne gagnant 150 000$ en 2010 devait en gagner seulement 123 000$ en 2000 pour s’offrir le même niveau de vie. Pour comparer les pommes avec les pommes, il faut tenir compte de l’inflation.

Comparez la personne gagnant 125 000$ en 2000 à la personne qui en gagne 150 000$ en 2010. Vous verrez, le niveau d’impôts payés est sensiblement le même (28 334$ VS 29 271$)

C’est normal, les tables d’imposition sont indexées depuis le budget 2000-2001 mis en place… par Bernard Landry!

L’indexation des tables d’impôt va de soi et ne constitue pas une réelle baisse d’impôt. Ne vous en faites pas, l’ancien PM Charest était tout aussi malhonnête dans son approche quand il se pétait les bretelles en disant qu’il avait réduit le fardeau fiscal depuis son entrée au pouvoir pour une famille gagnant X revenu. Il ne tenait pas compte de l’augmentation du coût de la vie et/ou de l’augmentation des salaires en lien avec l’inflation et/ou de l’indexation des tables d’impôt.

Bref, ne vous fiez jamais à un politicien quand ils vous parlent de chiffres. Ils ne sont là que pour vous confondre! En fait, ils souhaitent que vous soyez dociles et que vous gobiez tout sans broncher. Si en plus vous pouvez diffuser leur message sur Twitter, wow, ils sont vraiment contents que vous soyez tombés dans la panneau!!! Une fausseté diffusée abondamment devient rapidement une vérité dans notre monde où la compétence et l’honnêteté intellectuelle sont devenus des concepts abstraits.

FSTQ : Des crédits d’impôt pertinents?

Par Ian Sénéchal,

Comme vous le savez peut-être, je travaille maintenant dans le milieu des finances personnelles. Mon site professionnel est ici. Il m’arrive fréquemment de rencontrer de jeunes clients (20 à 50 ans, je suis très libéral dans ma définition de jeune!) qui possèdent une part importante de leurs actifs dans le Fonds de Solidarité des Travailleurs du Québec (FSTQ). Chaque fois, je me dis la même chose. Par son interventionnisme étatique dans l’économie, le gouvernement pousse plusieurs personnes à prendre de mauvaises décisions.

Le FSTQ jouit d’un avantage concurrentiel majeur par rapport aux autres véhicules d’investissement pour la retraite. En effet, en plus des déductions fiscales habituelles obtenues avec le REER, les gouvernements provincial et fédéral offrent des crédits d’impôts supplémentaires de 15% chacun. Est-ce dire qu’il faille absolument acheter les actions de ce fonds? Non, surtout si on est jeune.

En quoi l’âge du cotisant est-il important ici? Après tout, si un placement ne nous plait pas, on n’a qu’à le revendre et en acheter un autre, non?

Non, justement. Vous êtes tenu de conserver vos actions du FSTQ jusqu’à votre retraite (il existe quelques exceptions). Donc, vous êtes tenu d’avoir confiance dans la direction présente du fonds, mais également dans la direction future du fonds! Avez-vous confiance au gestionnaire qui va gérer le FSTQ dans 20 ans?

Quand on est jeune et que notre horizon de placement est très long, il faut bien sélectionner le gestionnaire de nos placements. Sa performance sera déterminante sur la constitution de votre fonds de retraite. À titre d’exemple, voici ce que devient 10 000$ investit à divers taux d’intérêt sur une période de 29 ans (nombre d’années d’existence du FSTQ). Vous remarquerez l’impact déterminant du taux de rendement sur une longue période d’investissement.

0% : 10 000$

1% : 13 345$

3.6% : 27 889$

5% : 41 161$

7% : 71 142$

J’ai mis 3.6% dans ces exemples pour une raison bien précise. Il s’agit en fait du rendement généré par le FSTQ depuis sa création (0.4% les 10 dernières années et 1.8% les 5 dernières années). Ces rendements sont plutôt faibles, je dirais même, très faibles! Pas pour rien que le FSTQ affiche souvent son rendement en incluant le crédit d’impôt!

Selon Morneau-Sheppell, un fonds équilibré médian a produit un rendement de 5.01% sur 5 ans au 30 juin 2011. C’est bien plus que le 1.8% du FSTQ. Dans un article de Canoe, on apprenait que le rendement médian des fonds équilibrés sur 10 ans était de 4.2%. Bien plus que le 0.4% affiché par le FSTQ.

Plusieurs investisseurs seront attirés par le crédit d’impôt “généreux” offert par le gouvernement, mais quand ils ont un horizon de placement plutôt long, ils devraient l’ignorer. Le régime endossé par le gouvernement est une prison pour l’investisseur qui ne peut retirer son argent avant 65 ans. Ils auront avantage à se garder une certaine flexibilité dans le choix de leur gestionnaire de placement et surtout, dénicher les meilleurs et non acheter un fonds qui ne livre pas la marchandise depuis longtemps.

Quand les investisseurs construisent leur retraite, ils ne doivent pas se transformer en Mère Théresa et investir dans un fonds simplement parce qu’il serait “bon” pour l’économie locale ou encore parce qu’il serait socialement responsable. Ils doivent penser à eux, d’abord et avant tout. D’ailleurs en pensant à eux d’abord, ils contribuent à dégager les générations futures d’une certaine pression, car ils auront bien préparé leur retraite.

Le pire dans tout ça, c’est qu’en incitant les investisseurs à se diriger vers le FSTQ pour de longues périodes, le gouvernement contribue à accroître l’appauvrissement des retraités de demain. C’est quand même incroyable comment l’étatisme nuit à notre population, même si les intentions sont louables.

En 1983, quand le FSTQ a été créé, tout le monde pensait bien faire. Force est de constater aujourd’hui qu’on s’est trompé. Pourrait-on arrêter ces crédits d’impôt sur le champs? Les seuls qui en profitent réellement sont les gens qui investissent dans le FSTQ et qui approchent l’âge vénérable de 65 ans. Les autres font une gaffe, mais ils ne s’en rendront compte que dans quelques années.

J’aimerais être fier de ma nation

C’est rare que je fais ça, mais un texte sans aucune statistique! Évidemment, ça fait suite au texte de Jérôme Lussier du VOIR.

Je travaille fort et la productivité est importante pour moi.

Je vis en banlieue.

Je prends ma voiture pour aller travailler.

Dès que j’ai pu, je me suis acheté un terrain pour y bâtir une maison unifamilliale.

Quand j’étais salarié, je prenais 8 heures au bureau pour en travailler 7.

Je suis un entrepreneur dans l’âme. J’aime mon nouveau métier de travailleur autonome.

Ma journée commence à 6h pour se terminer à 20h, quand les petits sont couchés.

Nous sommes deux jeunes parents qui travaillent fort et on amène 2 salaires à la famille.

Je fais l’épicerie une fois par semaine.

J’entrepose ma nourriture dans un garde-manger.

Je magasine plus souvent qu’autrement dans les grandes surfaces.

Depuis que je suis bilingue, j’ai remplacé Annie et ses hommes par Dr. House.

Quand je veux boire de l’alcool, 4 fois sur 5, je débouche une tite-frette et plus rarement, du vin.

Quand je veux me faire plaisir, culinairement parlant, je me tape du “gros junk sale”.

Je prévois passer une bonne partie de ma vie de parent dans les arénas ou sur les terrains de baseball.
Je déteste le soccer. Eh oui, je dis soccer et non football.

Mes sports préférés sont le hockey, le baseball et le football américain.

Mon style de vie s’apparente plus à celui d’un américain qu’à celui d’un français.

J’accepte que le Québec est un peuple distinct et unique.

J’accepte que d’autres cultures s’intègrent à la mienne, mais qu’on ne me demande pas de modifier mes habitudes pour ces dernières.
Je méprise les religions qui traitent la femme comme un objet.

Je fête Noël chaque année, même si je ne crois pas en Dieu.

J’écoute 90% du temps de la musique en anglais. Je n’écoute que les meilleurs artistes francophones (petite plug ici à Ingrid St-Pierre que j’adore).

Je suis tanné de subventionner des artistes sans talent.

Nous ne sommes que 8 millions, on ne peut malheureusement pas produire autant de grands artistes que certains peuples plus nombreux.

J’ai un grand respect pour les traditions.

Je suis conscient que le Québec a été construit autant par les Britaniques que les Français.

Je veux que mes enfants soient bilingues. Par contre, je veux qu’ils parlent français à la maison.

Je ne veux pas que leur langue freine une éventuelle carrière internationale. C’est pourquoi je ferai tout pour leur en donner au moins deux.

La politique américaine me fascine.

Je me considère privilégié de vivre dans une démocratie occidentale, libre et ouverte sur le monde.

Ce que je déteste le plus dans notre société, c’est la dégringolade de la responsabilité individuelle en tant que valeur fondamentale.

Je suis fier d’être canadien et je suis fier d’être nord-américain.

J’aimerais également être fier d’être québécois.

Notre nation semble avoir perdu ses repères.

Je suis tanné de nous voir au bas de tous les classements économiques ou même sociaux (suicide…)

J’ai la profonde conviction qu’on mérite mieux.

J’ai également la profonde conviction que nous sommes les seuls responsables de nos malheurs en tant que peuple.

C’est de notre responsabilité de se remettre sur pieds.

J’ai un profond dégoût de notre perpétuelle tendance à jouer à la victime.

Est-ce trop demander aux indépendantistes (pas tous, mais à la majorité bien sûr) d’arrêter de nous faire honte?

Est-ce trop demander à mon peuple de faire un retour vers une plus grande responsabilisation citoyenne?

Est-ce trop demander que l’on fasse les efforts nécessaires pour redevenir un peuple qui exerce un leadership positif au Canada?

Finalement, est-ce trop demander aux québécois de me donner une vraie raison d’être fier d’être québécois.

Désolé d’être chiant et exigeant, mais le seul fait de parler français en Amérique du Nord est nettement insuffisant pour que je sois fier de ma nation.

Le gros colons qui jouait dans les Bougons à l’époque parlait français, mais pourtant, peu de gens seraient fiers de les avoir dans leur famille.

Redevenons un aspect positif à l’intérieur du Canada. Pas juste le petit cousin chiant que tout le monde a hâte de “kicker-out” de la maison.

Pour terminer, un petit message aux souverainistes qui seront frustrés par ce texte. Quand je serai redevenu fier de ma nation, je vous écouterai quand vous me parlerez de souveraineté. Mais en attendant, sacrez-moi la paix. Vous me faites honte. Et, allez-y, traitez-moi de colonisé, ça fait longtemps que je vous ignore de toute façon.

Pas hâte, pas hâte pantoute!

De plus en plus, le Québec me fait rire. Je prends de plus en plus à la légère notre insignifiance relative lorsqu’il vient de temps de parler de politiques publiques. Non pas que je ne m’inquiète plus pour le Québec, mais plutôt que je commence à penser que l’on mérite notre « déclin tranquille » et que j’ai hâte de voir notre réaction quand on fera la une des journaux lorsque nos créanciers vont finalement mettre un terme à la récréation. J’ai hâte de nous voir jouer à la victime encore!

Par contre, ce qui me fait moins rire et surtout me met en colère, c’est quand je lis sur le système d’éducation. J’aurai à envoyer mes fils à l’école d’ici 3 à 4 ans. Je vais vous le dire bien franchement, j’ai la chienne.

Je suis incapable de m’imaginer la déprogrammation que j’aurai à faire à la maison si j’envoie mes enfants dans le réseau scolaire socialisant. Je tiens à inculquer à mes enfants des valeurs de responsabilité, de respect, de liberté d’esprit et de penser. Comment puis-je penser que l’école sera un allié dans cette quête quand je vois des conneries pareilles? (texte présenté aux étudiants de 6ième année à Montréal).

L’auteur de cette idiotie a-t-il réellement l’impression d’avoir apporté les faits à l’étudiant ou a-t-il été trop imbécile pour laisser transparaître son dégoût de l’idéologie conservatrice? J’en ai marre de la démonisation effectuée sur Maurice Duplessis et de la béatification de la Révolution tranquille. Bonté divine, c’est cette Révolution qui a engendré notre gouffre dans lequel on se retrouve aujourd’hui. Serait-il possible de garder un tant soit peu de jugement? Juste un peu, je ne demande pas grand-chose.

Serait-il possible que les auteurs de matériel scolaire se contentent d’outiller les enseignants au lieu de tomber dans la propagande? Sérieusement?

Le pire dans tout ça est que j’imagine très bien le visage de l’auteur de ce torchon lire mon texte demain matin. Deux grands points d’interrogation apparaîtraient au beau milieu de sa face. L’incompréhension serait évidente. Le pauvre, il n’a probablement jamais voulu tomber dans la propagande et il doit lui-même se décrire comme un esprit libre. Il a tout simplement interprété un discours majoritaire comme étant un fait. Preuve qu’il n’a probablement pas été à l’école suffisamment longtemps où qu’il n’a pas su avoir l’esprit assez libre pour se forger une opinion personnelle.

Jamais je ne croirai ou n’accpeterai qu’un homme d’état est contre le progrès, peu importe son idéologie. Ceux qui croient que le conservatisme combat le progrès sont tout simplement de graves incultes politiques, mais ça, on le sait, il y en a plein les rues au Québec et le monde académique n’y échappe pas.

PS : Merci à la personne qui m’a fourni ce document. Elle pourra se nommer dans les commentaires si elle le souhaite.

Frais de garde

 

Je vous ai fait un beau tableau. Voici le coût net par jour d’une place en garderie selon le salaire du couple. Notez qu’il s’agit d’un estimé.

Coût net d’une place en garderie en 2010 par jour

Inclus :

***Crédit d’impôt remboursable provincial

***PFCE : Prestation fiscale canadienne pour enfants

***PUGE : Prest. Universelle pour la garde d’enfants

***Déduction fédérale

***PFRT : Prestation fiscale pour le revenu de travail

***Crédit de TPS

Les calculs sont basés sur le calculateur du Ministère des Finances

Un document fallacieux, partie 2

Ce texte est la suite de celui publié hier sur les frais de scolarité.

Hier, je vous parlais d’un 160 millions qui sera dépensé seulement par la prochaine administration gouvernementale. Le gouvernement Charest avait reporté à plus tard des investissements promis afin d’arriver à son chiffre magique de 850 millions en investissement supplémentaire pour les universités. En poursuivant ma lecture, j’ai découvert d’où provenait ce 160 millions. Il était alors justifié de se demander si ces sommes ne pouvaient pas être investies dans le présent mandat du gouvernement.

Et bien, devinez quoi. Le gouvernement a, une fois de plus, créé un nouveau fonds. C’est une technique très à la mode au gouvernement Charest. Il créera, au cours d’un mandat qui ne sera pas le sien… Je me dois d’arrêter et de rectifier. François Legault devra créer, en 2014-2015, le Fonds pour l’excellence et la performance universitaires. C’est ce fond qui recevra 160 millions en 2016-2017 pour apparier les legs et les dons faits aux universités, résorber le déficit des universités et soutenir l’excellence de la recherche. Bref, un beau moyen détourné pour pelleter en avant et donner l’impression qu’on agit maintenant. Pourquoi ne pas le faire maintenant?

Pourquoi ne pas augmenter encore plus la contribution des étudiants? Pourquoi ne pas laisser tomber cet artifice visant à démontrer que le gouvernement fera 50% de l’effort et l’étudiant seulement 31%? Soyons honnêtes, un meilleur financement universitaire passe inévitablement par une hausse des frais de scolarité. Arrêtons de maquiller la bête.

Manipulations statistiques

Comme dans tous documents gouvernementaux, il faut tenter de montrer que le Québec fait mieux qu’ailleurs, après tout, nous sommes ce que l’humanité a de mieux à offrir.

On tente donc de nous faire comprendre qu’ici, on dépense plus, et donc que l’on fait mieux que les autres provinces. Ainsi, on nous apprend que le Québec se classe très bien en ce qui est de la proportion du PIB alloué au financement universitaire.

 Des données globalement positives
En utilisant comme indicateur la dépense globale des universités par rapport au produit intérieur brut (PIB), on constate que,  comparativement au reste du Canada, le Québec se situe parmi les provinces dont l’effort financier consacré aux universités est le plus  important. En 2008-2009, la dépense globale des universités représentait 1,94 % du PIB au Québec, comparativement à 1,76 % en Ontario, à 1,65 % dans l’ensemble du Canada et à 1,58 % dans le Canada sans le Québec.

Est-ce qu’on vous a déjà dit que le PIB au Québec faisait dur en comparaison des autres provinces? D’ailleurs, si cette statistique démontrait une performance exceptionnelle du Québec, est-ce que les seules provinces qui nous devanceraient seraient les provinces maritimes à 2.03%? Poser la question, c’est y répondre.

Quand on regarde la dépense par étudiant (29 242$), on se rend compte que l’on dépense légèrement plus que le ROC (28 735$). Mais est-ce un gage de succès? Se peut-il que notre réseau universitaire, notamment via l’UQAM, l’UQAC et l’UQAR soit trop étendu et pas assez concentré dans les régions urbaines. Se peut-il que l’on mette trop d’argent en administration par rapport aux autres provinces. Est-ce que notre enseignement est de qualité supérieure? Cette simple statistique ne répond pas à ces questions. On sait par contre que le taux de diplomation au Québec (29.7%) est  de 1% plus faible au Québec qu’au Canada et 4% plus faible qu’en Ontario. Et encore là, qu’en est-il de la qualité des diplômes? Vous conduisent-ils sur le marché de l’emploi ou au McDo du coin à « flipper des boulettes »?

Notre croissance économique future passe par de bonnes universités. Peut-on arrêter d’essayer de se péter les bretelles avec des manipulations statistiques et faire ce qu’il y a de mieux, point à la ligne? Les étudiants ne paieront, à terme, que 16.9% de leur formation. Est-ce ce suffisant? La réponse est non, bien évidemment.

Un document fallacieux, partie 1

Fallacieux : qui est destiné, qui cherche à tromper, à induire en erreur.

Je suis en train de préparer ma chronique pour Maurais Live, ce mardi. Je parlerai de la hausse des frais de scolarité, notamment. Maudit que je déteste consulter les documents gouvernementaux. Voici celui que je suis en train de regarder. J’ai décidé d’arrêter un peu pour vous faire part de quelques frustrations.

Je suis d’accord que le gouvernement exige 325$ de plus par session aux étudiants. C’est la seule décision intelligente que ce gouvernement a pris au cours de tous ses mandats. Ce que je déteste, c’est quand on tente de me remplir comme une cruche!

Effort équitable?

Dans le document, le gouvernement tente de démontrer, dans les premières pages, que l’effort pour augmenter le financement est réparti équitablement entre lui-même, les étudiants, les entreprises et les universités. En bout de piste, dans le budget 2016-2017, 850 millions supplémentaires seront investis. Notons que le déficit accumulé des universités en 2009 s’élevait à 483 millions.

Or, voici le tableau de l’augmentation du financement ventilé selon la source pour chacune des années.

Dans la dernière colonne à droite, j’ai placé l’augmentation du budget de la part du gouvernement. Que remarquez vous? Et oui, lorsque l’on dépasse le dernier budget possible de l’administration Charest (2013-2014), la part du gouvernement se met soudainement à augmenter plus rapidement, sans raison apparente, alors que l’augmentation pour les autres colonnes est plutôt stable! Donc, Charest annonce que lui et son gouvernement feront un effort, il promène son chiffre de 850 millions dans son petit ensemble du parfait « peddler » et en réalité, il a refilé la facture à la prochaine administration gouvernementale. Si on garde une augmentation de 40 millions, ce qui est raisonnable selon les budgets de 2012-2013 et 2013-2014, on découvre que le manque à gagner est de 160 millions de dollars!

De plus, que représente ASRU? Cela veut dire « Autres sources de revenus des universités ». Bref, on pense que les universités vont augmenter leurs revenus connexes de recherche, de formation continue et quelques autres revenus auxiliaires. Comment? Peu importe, on ne le dit pas vraiment dans le document, le gouvernement ne fait que changer ses attentes et place ce montant dans ses tableaux! Pratique quand tu sais que les journalistes qui lisent plus que le sommaire exécutif sont plutôt rare! De plus, qui va réellement valider que les hypothèses se sont réalisées dans 5 ans?

Et DPE, c’est quoi? Retenez vous pour ne pas rire, mais ce chiffre représente l’augmentation du financement généré par… les dons des particuliers et des entreprises grâce à Placements Universités! Ça y est, je suis plié en deux! En gros, le gouvernement augmentera sa subvention de contrepartie pour stimuler les- dons et croit donc que les revenus augmenteront. Comme c’est une dépense du gouvernement, l’augmentation de 30 millions de la subvention est déjà comptabilisée dans la première colonne du tableau. Je vous épargne les détails de Placements Universités, je vous sens déjà commencer à bâiller.

Bref, sur le 850 millions annoncés, on peut dire que 315 (160 + 101 + 54) relèvent de la manipulation des chiffres. C’est quand même 37% du montant. Vous pouvez être sûr d’une chose par contre, les chiffres en provenance des étudiants vont se réaliser!

Au lieu de nous prendre tous pour des épais, peut-on simplement dire que l’on va augmenter le financement universitaire, principalement sur le dos des étudiants, ce qui est, à mon sens, une très bonne chose!

Demain, je vais publier un autre texte sur le reste du document, car ce n’est pas fini!

Gang de clowns

(Contact via Twitter, Podcast, Facebook, Courriel),

Vous le savez, nos journalistes au Québec n’aiment pas la concurrence. C’est pour cela qu’ils militent pour un titre professionnel, rien d’autres! Ils sont prêts à sacrifier un principe fondamental d’une démocratie fonctionnelle, soit celui de la liberté de presse, pour être sûr d’obtenir des privilèges que leurs concurrents ne pourraient obtenir :

Ceux qui veulent faire du journalisme citoyen pourraient donc continuer de le faire. Il s’agirait plutôt d’offrir certains privilèges et avantages aux journalistes qui détiendraient un statut de professionnel, comme un meilleur accès aux sources gouvernementales. -article de Paul Journet, en lien plus haut-

Pourquoi offrir ces privilèges? En quoi cela protègera-t-il la population?Est-ce que des gens comme les artisans du Prince Arthur Herald ou encore du journal Contrepoids auraient accès à ces privilèges?

Quand on est de droite, on a une grille d’analyse des politiques publiques différentes d’un gauchiste. On est fondamentalement méfiant du gouvernement. Le gouvernement a le fardeau de la preuve. C’est lui qui doit démontrer qu’il est le mieux placé pour régler une problématique, si problématique il y a…

Or, ici, il est plus que justifié de se méfier du gouvernement qui donnerait un « accès privilégié » à ce qu’il considérera lui-même comme un journaliste. On nous dit que c’est un organisme indépendant qui s’occupera du dossier et la FPJQ crie, à nous en casser les oreilles, présent pour être le porteur du dossier.

Vous pensez vraiment qu’avec la soviétique FPJQ qui distribue les accréditations des bons et pointe du doigt les méchants, les journalistes de l’agence QMI auraient eu leur accréditation pour faire de la nouvelle pendant le conflit au Journal de Montréal?

Vous pensez vraiment que la cet organisme sera indépendant du gouvernement après avoir couché dans le lit de la ministre St-Pierre? Vous êtes naïfs, on le sait depuis longtemps que ça se parle entre organismes indépendants au gouvernement!

Et au juste, on cherche à régler quelle problématique ici? Le monde a changé. Le monde des médias a évolué­. Les journalistes sont placés en concurrence devant des blogueurs et des journalistes pigistes qui essaient de percer la carapace syndicalement opaque des boîtes comme La Presse et Radio-Canada.

J’ai souvent décrié le  biais journalistique non avoué de plusieurs journalistes, mais jamais je ne voudrais leur enlever leur droit d’exercer leur métier pour autant. Il ne me passerait jamais à l’idée non plus de leur retirer l’accès à l’information « privilégiée ». Leur rôle est trop important. Ils se doivent d’exister. Il reste simplement pour eux, à accepter que d’autres journalistes, avec des grilles d’analyse différentes des leurs, fassent leur entrer sur le marché.

85% des journalistes de la FPJQ sont en faveur de ce genre de mesure soviétique que l’on ne peut retrouver que dans des pays de cul comme Cuba. Quand on dit que le Québec va mal, on en a une autre preuve aujourd’hui.

Article d’Éric Duhaime sur le même sujet

Article de Daniel Paquet sur le même sujet

Il faut réformer le RQAP


Ce texte est en lien avec la première partie de ma chronique à CHOI Radio X, dans Maurais Live. Vous pouvez trouver un lien pour programmer votre podcast ici.

50%

Cinquante pour cent, c’est ce que le RQAP coûtera, le 1er janvier prochain, de plus que si on avait gardé l’ancien régime fédéral de prestations parentales. Le taux combiné sera de 1.34% alors que nous n’obtenons qu’un rabais de 0.888% du gouvernement fédéral pour avoir quitté cette portion du régime d’assurance-emploi. Pour une personne gagnant 40 000$, c’est 181$ supplémentaires qui lui est exigé pour le régime québécois.

On a voulu avoir notre régime pour le bonifier. Or, cette décision est très coûteuse. Je me suis amusé cet été. Je voulais créer un modèle de projections financières qui démontrerait que les jeunes y perdaient au change avec ce régime. Je pensais que peut-être, la valeur actualisée de toutes les cotisations serait supérieure à la valeur actualisée de toutes les prestations. Mon modèle était relativement complexe et intégrait presque tous les aspects du régime.

Or, impossible de démontrer ma théorie dès que je supposais qu’un couple dont les conjoints gagnaient relativement le même salaire avait plus d’un enfant sous le régime. Conclusion, le régime est très généreux et il est financé en grande partie par un transfert intergénérationnel. En effet, les gens  de plus de 45 ans ou plus doivent également payer des cotisations. Ce n’est pas tout à fait ce que j’appelle de l’assurance. D’ailleurs, le titre d’assurance parentale n’est pas adéquat en ce sens. Une grande partie de la population paie des primes pour s’assurer contre les conséquences d’un risque qu’ils ne peuvent subir!

Bref, j’ai laissé tomber mon modèle. Si vous êtes jeune et que vous envisagez d’avoir deux enfants ou plus, le RQAP est une panacée. Il est très généreux et les prestations que vous recevrez valent amplement les cotisations que vous paierez.

Si on dénonce souvent les iniquités intergénérationnelles, il faut également dénoncer celle-ci. Dans ce cas précis, les baby-boomers sont les dindons de la farce.

Ce qu’il faut faire

On pourrait revenir à la base et adopter les mêmes aspects du régime que le fédéral pour diminuer les coûts. Si on veut quand même bonifier le régime, je pense qu’il faut au moins remettre en question certaines choses.

  1. La prestation de paternité devrait être enlevée. Les pères avaient déjà accès aux prestations parentales, on n’était pas obligé d’en rajouter. De plus, 80 à 90% de ces derniers réclament cette prestation alors que la maman est également à la maison. Je ne pense pas que le Québec doit subventionner un programme de vacances socialisé.
  2. Revoir les critères d’admissibilité. Au fédéral, il faut avoir travaillé 600 heures pour avoir droit aux prestations. Au Québec, ça prend 2000$ de revenus seulement.
  3. Est-il vraiment nécessaire de rembourser jusqu’à 75% du revenu des gens s’ils choisissent le régime plus court? Le rythme de vie diminue grandement avec la venue d’un enfant. De plus, les gens ont 9 mois, minimum, pour se préparer à la venue de cet enfant. Ils peuvent se responsabiliser et économiser en prévision de cet événement.

Bref,  ce régime est coûteux, encore déficitaire, a un impact limité sur le taux de natalité et provoque de grandes iniquités intergénérationnelles. Est-il possible de penser peut-être le réformer un peu… juste un petit peu?