Tous les articles par Stéphane Lessard

Mon nom est Stéphane Lessard. Je suis originaire du Saguenay où j’ai complété un baccalauréat en physique à l’UQAC avant d’obtenir une maîtrise à l’université de Sherbrooke dans le même domaine. Mes visées professionnelles m’ont ensuite amené à travailler dans les hautes technologies à Ottawa pendant 7 ans avant de revenir, il y a 5 ans, dans la région de Montréal pour y occuper un poste en R&D dans le domaine des systèmes de télécommunications. Vous aurez deviné qu’outre ma passion pour les sciences et la haute technologie, le fait politique et les débats d’idées me stimulent. En cette terre Québécoise qui se veut de parole, il m’est arrivé trop souvent de constater la pensée monolithique et l’idéologie embourbée du statu quo qui privait le Québec, ses citoyens et ses enfants de l’espace pour pleinement s’épanouir. Qui plus est, exprimer idées et velléités d’organisation de la société à droite du centre relèvent toujours de l’aventure au Québec où la pensée à gauche est entretenue telle un arbre planté au milieu de la route; quelque chose d’enraciné profond et qu’il faut contourner si l’on veut avancer. Je suis de ceux qui croient que l’État doit reprendre sa place et que les citoyens doivent assumer la leur. Je crois aussi qu’il y a moyen d’aider sans déresponsabiliser et que les décisions d’aujourd’hui doivent assurer la pérennité des générations futures. Nous sommes loin du compte et je me ferai un plaisir d’en débattre!

La foutaise

 

Quelle sacré époque nous voyons défiler devant nos yeux. Si l’histoire est destinée à être répétée, je plains mes decendants… Je commencerai donc par me désoler du spectacle attristant que nous offre Jean Charest et ses sbires. Nous, naïfs citoyens, qui croyaient que la farce de la commission Bastarache ne pouvait être accotée tant il était grossier de voir un bon libéral, nommé juge à la cour suprême par un bon libéral pour ensuite servir de commissaire dans une commission théâtrale (à l’exception de la diction et du calibre de la prose des procureurs) mise sur pied par des libéraux et pour les intérêts libéraux! Et bien, il semble que Jean Charest aime se dépasser. Il vient de mettre sur pied une commission d’enquête où les filous devront s’inscrire volontairement pour aller témoigner! Rembourse-t-il aussi l’essence et le poulet? Si c’est ça qu’il appelle faire la lumière, ça ne doit pas lui coûter cher d’électricité… Dans n’importe lequel pays normalement constitué, un tel affront se terminerait par des élections hâtives suite au renversement du gouvernement. Il semble que nous carburons à l’indignation « lite ». Il reste que cette commission sera un gaspillage d’argent et de temps. Deux choses qui manquent déjà au Québec…

Mais, réjouissons-nous. Le Québec est en mouvement: nous avons une foule de gens qui campent dans un parc en s’imaginant que le système va changer avec des pancartes et une douche par semaine. Je suis flabergasté. Les citoyens sont dégoûtés, nul n’en doute. Et avec raison. Je ne peux pas croire que mes taxes (eh oui, même les citoyens Canadiens ont pompé du fric pour palier à l’incompétence de ces crétins) ont servi à renflouer ces banques. Inutile de vous dire que moi, je les aurais laissé crever. Le capitalisme n’existe qu’à travers la sélection naturelle.

Il est à noter que dans ces pauvres gens privés de leur maison et qui supposément campent sur Wall Street, il y en a un nombre non négligeable qui croyaient qu’ils pouvaient vivre dans des maisons de dix fois leur revenus bruts… Une bonne compréhension du système (qui a nourri leur rêve, en passant) aurait été plus utile qu’une bonne grosse intervention étatique telle qu’ils la réclament aujourd’hui. Un citoyen informé et responsable en vaut deux.

Je sais, je délire. A part les commentateurs médiatiques habituels, d’un gauchisme risible, qui y voient une révolution et une prise de pouvoir par le peuple et patati et patata, il reste que ce sont encore les mêmes squatteurs habituels qui s’y adonnent. Au lieu de squatter les mamelles de l’État et les devants d’édifices gouvernementaux avec des pancartes, ils sont venus quémander plus d’État et blâmer l’État d’avoir répondu au quémandage  de Wall Street.  Quémander  l’État, pauvre ou riche, est un aveu d’échec. Et les échecs ont une magnifique propriété: en les analysant ont en tire des leçons. Il semble que ce dernier échec ait encore plein de leçons latentes…

En terminant, qu’ont donc en commun ce mouvement populaire et les commissions de Charest?  Ils ne sont que foutaise, un spectacle pour éviter d’affronter la réalité et pelleter par en avant des problèmes qui exigent des individus d’importantes et douloureuses remises en question.

L’Ile des incapables


Cet article a déjà été publié sur mon ancien Blogue. Je me permet de le refiler ici, la discussion étant toujours pertinente (comme quoi les choses ne bougent pas vite au pays de la convention…)

Ahhhhhh, Montréal. Jadis métropole, jadis envie du ROC, jadis fierté du Québec. Oui, jadis. Parce qu’aujourd’hui Montréal n’impressionne personne: Déstructurée (et en même temps sur-structurée, un tour de force à la sauce Charest) par la putasserie et l’électoralisme bas, incapable de se déneiger et de sabler ses trottoirs comme il se doit… Remarquez, ce doit être volontaire: Gérald Tremblay veut sans doute que Montréal ait l’air de Paris alors la ville est paralysée par 10 cm de neige.

Voilà donc que le maire Tremblay et le chantre du transport en commun Michel Labrecque de la STM pensent à nouveau aux péages intelligents selon La Presse! Faute d’avoir des gestionnaires qui le sont, on va demander aux machines de compenser. L’argument massue: Stockholm a de tels systèmes et charge 7 piastres pour entrer au centre-ville ce qui a désengorgé ledit centre-ville. Bullshit quand tu nous tiens.

Par un heureux hasard, je vais à Stockholm régulièrement. Là-bas, vous pouvez partir de T-Centralen (leur Berri-UQAM) et vous rendre à 20km de là en… métro! Coût: 5$. C’est d’ailleurs là, e.g., où les centres de haute-technologie sont concentrés, à 10, 15 km du centre-ville. Le service est impeccable et régulier. En plus, c’est propre: Montréal a l’air d’une porcherie à côté de Stockholm en passant. Mais c’est une autre histoire.

Le metro là-bas est sur rail et les dernières générations de voitures sont infiniment plus silencieuses que le métro sur roues de Montréal. De plus, comme il est sur rail, il est sous-terrain sur une infime partie du trajet et ressort au grand air dès qu’il en a la chance. Avec notre métro sur roues, ce n’est pas possible.

Alors, pensez-y: comment comparer une ville ou vous pourriez partir disons de Ste-Thérèse ou à mi-chemin entre St-Eustache et Mirabel en métro et vous rendre au centre-ville alors que l’AMT est incapable d’opérer un train de banlieue à l’heure! L’impact d’un péage n’est pas la même. Montréal aimerait se donner des airs de grande ville, et c’est ce qui devrait être le cas dans l’intérêt suprême du Québec. Malheureusement, l’urbanisme, la gestion et la vision y sont déficients. La ville est dysfonctionnelle depuis trop longtemps et cela paraît. Cruellement.

Franchement, croyez-vous que les gens vont accepter que des ponts payés par le MTQ soient taxés par une des pire et incompétente administration tous paliers confondus? Pensez-vous que les automobilistes vont accepter d’éponger sans broncher l’incurie de la STM et de l’AMT?

Cela pourrait sonner le glas pour Montréal: taxes élevées, ville délabrée et main-d’oeuvre provenant fortement des couronnes pourraient amener nombre d’employeurs à déménager. C’est d’ailleurs commencé.

Que le maire Tremblay fasse le ménage dans son État municipal, ce paradis des fonds de pensions sans fond, des salaires gonflés et des dédoublements. Qu’il demande à Québec de lui donner une structure qui abolisse les roitelets et unisse la ville comme cela s’est fait partout afin d’assurer cohérence et efficacité. Une fois qu’il aura démontré compétence et acuité dans sa gestion il pourra se présenter en architecte du Montréal métropolitain et demander de l’argent frais. L’argument de l’utilisation des infrastructures par les banlieusards est aussi faible: sans leur apport, Montréal serait en faillite. Une métropole n’est pas un océan de pauvreté avec des îlots de richesse comme on l’observe en ce moment. C’est aussi sans compter le fric pompé dans le budget de Montréal et les fond de pensions par les payeurs de taxes du Québec par l’entremise du gouvernement provincial. Pour l’argumentaire, on repassera. Non, présentement, le maire n’a l’air que d’un incompétent paniqué qui ne sait pas boucler son budget.

La négation

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Nous vivons, au Québec, une période jamais vue dans son histoire. Le modèle Québécois, ou l’amas de règlements et de privilèges inéquitables que l’on nomme ainsi, se voit confirmé au rang de cas lourd à réformer. L’économie du Québec, sa fiscalité, son identité sont à repenser en entier. Les citoyens et les entrepreneurs croulent sous les taxes et les règlements. Les Montréalais, plus que tous, font les frais d’une absence de leadership et la province se voit gérée par les fluctuations du vide politique qui nous baigne. La seule question qui s’impose est donc celle-ci: Comment en sommes-nous arrivés là?

La réponse est assez simple: nous sommes passifs. Ces problèmes ne sont pas que propres au Québec; nombre de sociétés les ont vécus. Ce qui est propre au Québec, c’est cette ignorance du système, cette incompréhension que l’État c’est nous. Cette passivité nous a menés à la dépendance béate envers l’État, sans questionnement ni critique ni appréciation des limitations inhérentes à une telle prise en charge. Au mieux il s’agit d’un problème. Au pire, c’est une pathologie, un atavisme. Espérons que non, bien que cela rappelle notre attitude séculaire face à la mainmise de l’Église.

Pourtant, il faudrait peu pour réformer l’État et en assurer une place proportionnée: abolition de la sécurité d’emploi, règles claires d’imputabilité des fonctionnaires en charge, mises à pied progressives de 20% des fonctionnaires, baisses d’impôt et tarification en conséquence. Par une bonne sélection de gens de talent, sans doute qu’au final le recours au privé serait minime… Mais encore faut-il la patience de changer une culture de trois décennies de « va comme je te pousse ». Je rappelle que les mesures citées ci-haut furent mises en place dans les années 90 par la… Suède.

Reste le problème de notre passivité. Je suis de ceux qui croient qu’une bonne douche froide de réalité ramènera les esprits vers le réel. Je l’ai déjà dit: faisons en sorte que soit nous et non les autres qui décident des mesures à prendre. Ce n’est cependant pas en écoutant et en se confortant au doux chant de  Jean-François Lisée et des autres qui maquillent la faillite des idées sociales-démocrates « sauce Québécoise » que nous allons prendre le virage de la prise en main des problèmes qui nous affligent.