Category Archives: Économie et Finance

Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise?

APTOPIX GERMANY MARKETS

Par Minarchiste

Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise? C’est la question que posait récemment le blogueur Pierre Chappaz à quelques blogueurs libéraux. Voici ma réponse.

 

Premièrement, il incombe de spécifier que la crise dont Pierre parle est la crise de la zone Euro et de ses PIIGS. Résumons d’abord les choses d’un œil objectif :

-          Lors de la création de l’Euro, certains pays qui devaient assumer des taux d’intérêt très élevés sur leur dette en raison de l’irresponsabilité fiscale de leur gouvernement se sont retrouvés à bénéficier d’un taux d’emprunt similaire à celui de l’Allemagne (i.e. beaucoup plus bas).

-          Un boum de crédit s’en est suivi. La consommation et l’immobilier ont été dopés à l’endettement.

-          Le gouvernement aussi a profité de la manne. Ses revenus de taxation ont augmenté en raison de cette activité économique accrue et il en a profité pour augmenter ses dépenses. Les déficits n’étaient pas un problème puisque les taux d’emprunt étaient attrayants.

-          Les autres pays, comme l’Allemagne, en ont eux aussi bénéficié car ceux-ci ont vu leurs exportations augmenter en raison de la demande provenant de ces pays dépensiers.

-          Les flux financiers entre ces pays ne pouvaient pas se rééquilibrer puisqu’ils partageaient la même monnaie. Donc l’Allemagne pouvait engendrer un surplus de sa balance commercial sans voir son taux de change augmenter et réduire sa compétitivité.

Puis, les choses ont mal tourné :

-          La bulle de crédit a fini par se dégonfler (comme elles le font toujours), emportant avec elle le marché immobilier et la consommation.

-          Les revenus de taxation des gouvernements ont chuté, amenant ces pays profondément en déficit.

-          Ces déficits ont été exacerbés par les sommes octroyées en secours au système bancaires défaillants.

-          Les investisseurs ont alors tourné le dos aux titres de dettes de ces pays, doutant de leur capacité à les rembourser.

-          Les PIIGS se sont alors retrouvés dans l’impossibilité de financer leurs déficits ni leurs échéances de dettes, les amenant en situation d’insolvabilité.

-          Les dépenses des gouvernements ont alors augmenté fortement en raison de la récession (en raison du filet social) et en raison de la charge d’intérêt plus élevée sur la dette.

-          Les gouvernements se sont alors mis à couper certaines de leurs dépenses et à augmenter les taxes et impôts (a.k.a. « mesures d’austérité ») pour tenter de rééquilibrer leur budget.

-          Ces dépenses ont largement affecté les transferts sociaux et les services publics, sans toutefois réduire la bureaucratie ou alléger les barrières structurelles de l’économie.

-          Par conséquent, ces coupures de dépenses et hausses de taxes ont eut comme effet de nuire encore plus à la situation économique déjà précaire.

Quelles sont les solutions libérales?

Le meilleur moyen pour les PIGS d’améliorer leur niveau de vie est de créer de la richesse. C’est ça la seule solution durable à la crise. Les politiciens Européens doivent d’abord réaliser que leur conception de la richesse est erronée. La richesse ne résulte pas de la consommation financée à crédit. La richesse résulte de la production et pour produire, il faut des gens compétents et du capital productif (voir ceci absolument). Déployer du capital productif pour mettre les chômeurs au travail serait très bénéfique pour ces économies décimées.

Ceci dit, les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Espagnols ne sont présentement pas en position d’accumuler du capital. Beaucoup de gens sont au chômage et les marchés financiers sont en perdition. Et ceux qui ont du capital inutilisé font face à un environnement trop incertain pour le déployer et à une économie paralysée. Il est important de comprendre qu’il est très difficile de faire des affaires dans ces pays très bureaucratisés et règlementés. Démarrer une nouvelle entreprise y est un vrai casse-tête (voir cette histoire extraordinaire par exemple). Il est presque impossible d’y renvoyer quelqu’un, donc les entreprises sont très hésitantes à embaucher. Que faire?

Si le capital ne vient pas de l’intérieur, il devra venir de l’extérieur. C’est le cas en Irlande, qui s’en tire mieux que ses consœurs en raison de son environnement favorable aux investissements étrangers. Comment arriver à attirer ce capital? En réformant la structure de l’économie comme suit :

1)      Réduction drastique de la bureaucratie étatique résultant en une baisse du nombre de fonctionnaires et de la paperasse (et des dépenses de l’État).

2)      Facilitation du processus de création et d’exploitation d’une entreprise, incluant un allègement significatif de la réglementation et une ouverture tout-azimut au libre-échange.

3)      Réduction du fardeau fiscal des entreprises.

4)      Privatisation des sociétés d’État et des actifs de l’État et utilisation des recettes pour réduire la dette.

5)      Libéralisation du marché du travail de façon à rendre les congédiement plus faciles (comme la flexi-sécurité du Danemark).

6)      Sortie de la zone Euro (ce qui résulterait en un ajustement à la baisse des salaires réels).

Quelles seraient les conséquences? Les PIGS se retrouveraient alors avec des salaires concurrentiels, un marché du travail flexible et un climat favorable au commerce international. Il serait alors facile pour les PIGS d’attirer des entreprises à investir chez eux. Ces investissements engendreraient des emplois durables qui feraient augmenter les recettes de l’État tout en faisant diminuer ses dépenses (parce qu’il y aurait moins de chômeurs et de dépendants de l’État); d’autant plus que la charge d’intérêt sur la dette diminuerait aussi (tant en raison d’une baisse du taux d’intérêt que d’une baisse du montant de la dette). Ces pays se retrouveraient alors sur une trajectoire de reprise économique soutenable.

Inflation, analyse plus détaillée

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Par Ian Sénéchal

Suite à mon article précédent, certaines personnes ont souligné le fait que si on ajustait le salaire de la personne étudiée, on devait également ajuster l’impôt payé. Vrai. J’aurais dû en tenir compte.

Cet ajustement démontrerait que les riches ont reçu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010. Vrai également.

Ce qu’il faut voir par contre, c’est que ces baisses d’impôt étaient généralisées à toute la population et non pas ciblées que sur eux (contrairement à réforme Marois-Marceau). Donc, pour être parfaitement honnête dans l’analyse, il fallait vérifier si les riches avaient vu leur taux effectif d’imposition baisser ou augmenter de la même façon que le reste de la population tout en tenant compte de l’inflation. J’ai donc poussé l’analyse beaucoup plus loin. (Vraiment beaucoup, alors désolé si je perds des gens ici).

J’en suis arrivé à cette conclusion. Les riches ont effectivement reçu des baisses d’impôt, comme tout le reste de la population. Par contre, plus le revenu est élevé, moins la baisse du taux effectif d’imposition fut importante.

Rentrons maintenant dans le “crunchy”.

Le système fiscal de 2000 avait des paliers d’imposition de 19%, 22.5% et 25%.

Celui de 2010 avait des paliers de 16%, 20% et 24%.

Voici le méthode que j’ai utilisé :

1) Calculer l’impôt provincial payé par différentes personnes aux revenus différents (de 1000$ à 250 000$)

2) Ajuster le système d’impôt de 2010 afin de l’amener en 2000 en “désindexant” les seuils d’imposition, mais en conservant les taux d’imposition intacts. (Inflation supposée de 2% pendant 10 ans)

3) Ajuster les salaires de 2010 pour les “désindexer” afin de les amener en 2000.

4) Appliquer le système 2010 ajusté aux salaires de 2000

5) Comparer avec les impôts payés réellement en 2000.

6) Analyser comment les baisses d’impôt ont affecté le taux effectif d’imposition en fonction du salaire.

Résultats

 

Résumé et conclusion :

Si on résume, une personne qui gagnait 150 000$ en 2010 en gagnait 123 000$ en 2000. Elle a payé 29 263$ en impôt en 2010 et 27 255$ en 2000. Il y a eu des changements au régime fiscal entre les deux dates. Si le régime fiscal ajusté pour l’inflation de 2010 avait été appliqué en 2000, elle aurait payé 24 350$ d’impôt. Cela représente une baisse de 2.36% de son taux d’imposition effectif.

Un salarié de 50 000$ (41 000$ en 2000) à quant à lui reçu une baisse d’impôt de 3.58%, soit 1.22% de plus que le salarié de 150 000$.

Y a-t-il eu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010? Oui, autant pour les riches que les pauvres que la classe moyenne.

Est-ce que les riches ont reçu des baisses d’impôt plus importantes que le reste de la population? Non, c’est même le contraire. Plus on avance dans l’échelle salariale, moins le taux effectif d’imposition a diminué.

Documentation utilisée :

Tableau 1 et Tableau 2

 

Pourquoi les hausses d’impôt ne sont pas une bonne idée

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Par Philippe David

Je serai toujours étonné par la pensée magique gauchiste. Je ne dis pas qu’abolir la taxe santé est une mauvaise idée, j’en suis plutôt heureux personnellement, mais cette abolition fait un trou de 1 milliard dans le budget, sans compter les autres bonbons que Pauline 1ere a donné à ses fidèles comme l’abolition des hausses de frais de scolarité. On fait quoi pour boucher le trou?

Taxons les riches!

Bien sûr ils vous répondront invariablement « taxons les riches! » Mais il y a quelques petits problèmes dans cette idée.  La première est que ce sera insuffisant. Même si la hausse d’impôt rapportait les revenus que le PQ espère (600 millions $), ce n’est clairement pas 1 milliard. En fait, même en ajoutant les entreprises et les modifications aux taxes sur les dividendes et les gains de capital ce ne sera pas suffisant pour payer pour l’orgie de clientélisme auquel le PQ s’est livré depuis qu’il a pris le pouvoir il y a à peine trois semaines.

Lors du dernier budget, le printemps dernier, l’IEDM s’est livré à l’exercice de calculer combien il faudrait taxer les revenus de $250 000 et plus pour combler le déficit prévu à ce budget de $3,9 milliards. La réponse est qu’il aurait fallu taxer 100% de tous les revenus excédant $250 000 pour y arriver. Cependant, dans une telle situation, qui serait assez con de vouloir faire plus de $250 000 si c’est pour donner chaque cent supplémentaire au fisc? Donc une fiscalité aussi agressive rapporterait strictement zéro à l’état.

La nature humaine

Ce dernier point m’amène à la deuxième faille dans la stratégie de toujours plus taxer les riches. Elle ne tient pas compte de la nature humaine. Chaque individu, peu importe à quel point il essaie d’être altruiste, sera toujours motivé principalement par son intérêt personnel et nous pouvons donc compter sur lui de réagir dans ce sens aux divers incitatifs qui lui sont offerts, particulièrement pour éviter les choses désagréables. Taxez son salaire, il travaillera moins, ou il se fera compenser de façon différente ou il cachera ses revenus. Taxez les dividendes et les gains en capitaux et il investira moins, ou il investira ailleurs. Puisqu’on paie toujours l’impôt dans la province où on réside au 31 décembre, certains feront peut-être le choix de déménager avant cette date. Mon ami Ian Sénéchal, qui est analyste financier a d’ailleurs fait un calcul amusant selon lequel il ne faudrait qu’une personne sur 23 gagnant un revenu de plus de $250 000 déménage hors du Québec pour complètement annuler les gains que le gouvernement compte tirer de cette hausse d’impôt. Ça ne prendrait pas un exode massif pour faire mal. Juste 5% du 1.2% le plus riche du Québec.

C’est l’économie, stupide!

Pour reprendre la phrase désormais célèbre de Bill Clinton, le troisième point c’est l’impact économique. Selon des études empiriques, l’impôt est un désincitatif tel au travail et la création de richesse que chaque dollar de hausse d’impôt cause une diminution de $0,76 du PIB.  Comme si on avait besoin de ralentir encore plus notre économie. Je doute fort que le gouvernement  arrive  à combler son manque à gagner par une hausse d’impôt des plus nantis, mais en plus il risque de handicaper ses recettes futures, alors oubliez l’équilibre budgétaire pour l’an prochain.

Notre problème n’est pas un problème de revenus, c’est un problème de dépenses mais ni le PLQ et encore moins le PQ dans sa version actuelle ne remettra en question la gestion des dépenses publiques afin de réduire le gaspillage et la redondance des strucutures. Ce serait pourtant si simple de réduire les subventions aux entreprises pour les ramener dans les mêmes proportions que l’Ontario. Rien que ça nous économiserait $2,5 milliards.

À la place, nous avons élu un gouvernement de clowns qui s’acharnent à jeter notre économie à terre.

Pour ceux qui ont de la difficulté à comprendre notre système fiscal, il y a cette petite vidéo qui est très instructive…

 

Les erreur du déménagement à ne pas faire

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Par Noémie L.

S’il y a biens des erreurs qui peuvent coûter cher en termne de stress, c’est bien celles qui arrivent lors de son déménagement.  L’été passé, mieux vaut revenir sur les déménagements estivaux afin de mieux analyser la situation et trouver les erreurs à ne pas reproduire

Ce qu’il faut surtout faire est de s’organiser à rebours pour ne passe faire coincer au derniers moment. Commencez toujours par trouver un déménageur à Montréal,  sérieux comme Déménagement la Capitale (j’ai utilisé leur service ainsi que plusieurs de mes amis et je n’ai jamais été déçu.). Montréal ou ailleurs au demeurant.  Il y a également l’idée du déménagement à vélo, avec le déménagement Myette, mais le temps a intérêt à être au beau fixe et sans meubles volumineux.

En règle générale, et après compilation des retours d’expérience de mes amis, voici les choses à éviter pour un déménagement, notamment dans le choix du déménageur.

Essayez tout d’abord de prendre des noms respectés du déménagement. Si non, dès que vous avez un doute, jouez la prudence et allez voir ailleurs. Essayez de voir également si un déménageur est nécessaire : si vous n’avez pas beaucoup de meubles, et que vous avez à disposition deux trois gars de bonne volonté, c’est jouable. Reste à louer un camion et du matériel de déménagement. Certains nouveaux systèmes de levage permettent en effet de lever des laveuses et des sécheuses sans trop d’efforts.

Si vous prenez tout de même un déménageur, évitez de visiter votre cave avec le commercial de l’entreprise pour ne pas faire exploser l’addition. Pensez également à prévenir vos voisins du déménagement si les conditions empiètent sur leurs conditions de mouvement. Pensez également à bloquer des places de stationnement si nécessaires.  Et ne précisez pas où sont les objets de valeurs aux déménageurs, on n’est jamais trop prudent.

Ne sous-estimez pas non plus l’organisation du déménagement le jour J, car elle est essentielle et il est parfois nécessaire de faire un retro-planning pour ne pas se retrouver surchargé le jour du déménagement. Assurez vous également d’avoir suffisamment de monde pour vous aider, si possible utiles. A l’inverse, il est utile de ne pas avoir   trop de monde non plus. C’est souvent contre productif.

N’oubliez pas non plus la checklist des choses à faire pendant et après le déménagement. En voici une courte liste : Hydro Québec, poste canadienne, internet et cellulaire, redirection du courrier, services administratifs…

L’économie de la santé

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Par Philippe David

Maintenant que l’élection est terminée et que les post-mortem de la campagne ont été écrits. Plusieurs  tourneront  l’œil vers la santé de l’économie. Moi, c’est de l’économie de la santé dont je voudrais vous parler.

Pendant la campagne électorale, trop peu d’attention a été accordé aux problèmes de notre système de santé et le plus souvent, ce n’était que pour y saupoudrer une bonne mesure de poudre de perlimpinpin  et de pensée magique. On ne cesse de dire qu’il ne suffit que de mettre plus d’argent dans le système ou de le gérer plus efficacement. Depuis le temps qu’on engouffre des sommes colossales dans ce système et qu’on en augmente le nombre de gestionnaires puissance 10, si cette approche comptable fonctionnait, on le saurait. Les libéraux ont beau encore blâmer le PQ, mais ils n’ont pas réussi à régler le problème après 9 ans de pouvoir, et vous vous mettez le doigt profondément dans l’œil si vous croyez que le PQ aura plus de succès. Le problème est beaucoup plus compliqué que ça et il est structurel. Il provient du fait que notre système de santé fait fi des règles économiques les plus élémentaires.

Un changement de culture

Comme l’écrivait mon amie Joanne Marcotte dans son livre « Pour en finir avec le Gouvernemaman », la solution à la plupart de nos problèmes réside dans un changement de culture. Dans le cas de la santé, ce changement de culture consisterait à nous débarrasser de notre haine du profit et de notre méfiance du marché. 

Certains esprits bien-pensants se croient vertueux en s’opposant à ce qu’ils appellent « la marchandisation de la santé ». Pour ces bien-pensants, il serait immoral que  quelqu’un puisse profiter de la souffrance des autres. Passons sur le fait qu’à moins de travailler bénévolement, tous les travailleurs de la santé profitent déjà de la souffrance des autres et que des milliards changent de mains dans ce secteur, il n’y  a en réalité rien d’immoral à faire de l’argent à dispenser des soins de santé, pas plus que d’en faire à dispenser n’importe quel autre bien ou service. Dans le cas présent, ceux qui profitent ou non dans ce secteur sont choisis selon des impératifs politiques plutôt que d’améliorer la qualité du service. Mais l’attitude que nous avons derrière cette prémisse est la cause de bien des maux dans notre système. Le premier étant le mythe de la gratuité.

Les bien-pensants croient à tort que la gratuité des soins est un gage d’accessibilité. Personne n’a à débourser d’argent et donc tous y ont accès, peu importe leurs moyens financiers. Ça semble bien beau en théorie, mais en pratique, la gratuité mène à une demande infinie, puisqu’il n’y a plus de prix pour réguler l’offre et la demande. En l’absence de prix, le marché se trouve un substitut : le temps.

Puisqu’il n’y a pas de prix en argent à payer, le facteur qui vient freiner la demande devient les temps d’attente et le rationnement. Nous n’avons plus accès à des soins de santé, nous avons accès à des listes d’attente. Certes, vous ne payez rien pour obtenir les soins, mais ces soins sont-ils vraiment accessibles?

Et au cas où vous auriez une illusion quelconque que la gratuité des soins de santé existe, le temps d’attente moyen en salle d’urgence est de 18h. Multipliez ça par votre taux horaire au travail. Ça donne près de $180 au salaire minimum. C’est ce que vous coûte une visite à l’urgence de nos jours, sans même compter la taxe de santé annuelle et le fait que presque la moitié des impôts que vous payez à l’agence de revenu du Québec nourrit le système de santé.  Gratuits les soins de santé? Pas vraiment!

L’erreur

L’erreur dans le raisonnement des bien-pensants (inutile de les nommer, ils savent qui ils sont), est de considérer que le domaine de la santé est spécial et qu’il doit être soustrait aux lois du marché. Malheureusement, c’est exactement comme si on voulait construire un immeuble et le soustraire à la loi de la gravité. On a beau vouloir, mais inexorablement, ces lois vont s’imposer et si votre immeuble ne les respecte pas, il s’écroulera tout aussi inexorablement.

« Oh mais », disent-ils, « la santé c’est bien trop important pour la confier au marché!» Pourquoi? Je ne dis pas que la santé, ce n’est pas important. Mais il y a d’autres services tout aussi importants qui ne sont pas nationalisés. Pensons à l’alimentation, par exemple. Y-a-t-il une industrie plus essentielle à notre survie? Devrait-on la nationaliser parce qu’il est immoral de faire des profits sur la faim des gens? Si on regarde du côté des pays communistes, on peut constater ce que le contrôle de l’état donne lorsqu’appliqué à l’alimentation. Pensons au grand saut en avant de Mao (combien de morts de la famine? 18 à 45 millions? Ils ont arrêté de compter). Combien continuent de mourir en Corée du Nord? Souvenez-vous aussi des lignes d’attentes et des tablettes vides dans l’ancienne URSS. Ne voyez-vous pas un lien entre la pénurie de nourriture dans ces pays et la pénurie de soins dans notre système de santé? Qu’un service soit important n’est pas une raison de le confier au gouvernement plutôt qu’au marché, c’est plutôt le contraire. La santé est un service trop important pour ne pas le confier au marché!

 

Une explosion des coûts

La plupart des biens et services sur le marché voient leurs prix baisser dans le temps. Un lecteur de CD, joujou de riche dans les années 1980 est maintenant remplacé par des lecteurs mp3 et des ipods infiniment plus petits et fiables et à coût moindre. Le prix des ordinateurs, compte tenu de l’inflation, est beaucoup moindre qu’il y a 30 ans et les ordinateurs sont beaucoup plus performants. Alors comment peut-on expliquer que les coûts en santé croissent de 6 ou 7% par année, soit trois fois le taux d’inflation?

Encore là, la gratuité y est pour beaucoup. Puisque tout semble, nous sommes isolés du coût réel  des services que nous consommons. Nous ne sommes donc pas concernés si ceux-ci augmentent. Nous n’irons pas voir ailleurs si le prix est trop élevé, ce qui serait le cas dans mun marché relativement libre. Il n’y a aussi aucune concurrence puisque le système est essentiellement public. Il existe bien quelques cliniques privées, mais pas assez pour faire une différence et les médecins à ces cliniques sont quand même rémunérés par la RAMQ. On paie vraiment des frais supplémentaires à ces cliniques pour payer pour les équipements qu’elles ont.  Les hôpitaux, plus concernés à gérer un budget arbitrairement attribué n’ont aucune façon de faire le lien entre revenus et dépenses, puisque leurs revenus ne sont pas liés à la dispensation des soins. Dans un tel contexte, le patient qui arrive à l’urgence est considéré comme un coût et non un revenu.

On pourrait aussi parler en long et en large des inefficacités bureaucratiques du MSSS. Qui n’a pas sursauté en voyant son organigramme? Comment ce ministère arrive-t-il à fonctionner? Comment se fait-il que dans notre système de santé, on trouve autant de gestionnaires que de personnel soignant. Vous croyez qu’une compagnie privée se paierait ce luxe? Combien de solutions innovatrices comme l’utilisation de « super-infirmières » sont bloquées par la paralysie bureaucratique? Un compagnie privée pourrait-elle se permettre de freiner l’innovation?

Le cœur du problème est que le domaine de la santé manque de tout ce qui fait baisser les prix et croître l’innovation : la libre concurrence et la liberté de choix. Dans tous les autres marchés, ces facteurs font que le consommateur est roi, mais en santé nous n’avons aucun choix.

 

Des pistes…

Les bien-pensants ont beau lever le nez sur la recherche du profit, mais c’est cette recherche de profit qui, avec le jeu de la concurrence, a été le moteur de toutes les grandes innovations dans l’histoire. C’est la recherche du profit qui pousse les entrepreneurs à toujours trouver des meilleurs moyens de faire plus avec moins. Ça fonctionne pour des milliards de produits et services dans des millions d’industries. Pourquoi croit-on que parce que le secteur de la santé serait différent?

La réalité est que ce n’est pas différent, peu importe ce que les bien-pensants en pensent, le secteur de la santé répond aux même règles que tous les autre secteurs et ce qui est bon pour pitou l’est également pour minou. Donc l’entrepreneuriat et la concurrence auraient le même effet dans le secteur de la santé que dans tous les autres secteurs économiques. Ça baisserait les coûts et ça inciterait à trouver des solutions pour rendre le système plus efficace.

Doit-on sacrifier le système public et tout privatiser? Je ne crois pas. On peut toujours garder le système public pour préserver l’accès à des soins de santé de qualité à ceux qui n’en auraient pas les moyens autrement, mais il faut ouvrir la porte à un système entrepreneurial qui pourrait se charger de ceux qui ont les moyens et désengorger le système public. Non seulement ce système apporterait une bouffée d’air frais et d’oxygène, mais les innovations qui ressortiraient de l’entrepreneuriat pourraient également profiter au système public pour le rendre plus efficace et moins coûteux.

Encore une fois, les bien-pensants vous mettrons en garde en disant « regardez ce  qui se passe aux États-Unis! » Mais encore une fois, ils se trompent. Le secteur de la santé aux États-Unis est un amalgame d’oligopoles et d’interventions gouvernementales qui viennent gonfler les coûts. Ici c’est l’emprise gouvernementale sur le secteur qui fait gonfler les coûts, là-bas c’est une combinaison du gouvernement  et des assureurs privés qui donnent le même effet en isolant l’utilisateur du coût réel des services reçus et qui étouffe le jeu de la concurrence. Il faut justement éviter ça à tout prix.  Mais le coupable de cette situation est une règlementation fautive et non le marché et l’entrepreneuriat comme tel.

Les bien-pensants vous mettront aussi en garde contre une système à deux vitesses, une pour les riches et une pour les pauvres, où est le problème si les pauvres ont accès au soins? Qu’une personne plus riche obtienne une chambre privée plutôt que de chambrer avec 3 autres personnes? J’ai une assurance qui pourrait me payer une chambre semi-privée à n’importe quel hôpital, mais le problème est qu’aucun hôpital n’a de chambres semi-privées. Quelle ironie! Pourquoi doit-on tout niveler par le bas? Pourquoi serait-ce un problème si un riche paie pour se faire opérer dans un hôpital privé, si ça libère la salle d’op à un hôpital public pour une personne moins nantie.

Les bien-pensants se drapent de vertu en dénigrant la « marchandisation » de la santé, parce que selon eux, c’est immoral de faire un profit sur la souffrance des autres ou qu’une personne plus riche puisse être différemment qu’une personne plus pauvre, mais elle est où leur vertu quand les gens meurent sur les listes d’attente à cause de leur haine de la richesse et des profits?

Mieux gérer son argent grâce à des outils en ligne

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Par Noémie L.

Avoir une vision claire de son argent et de ses finances est quelque chose d’assez compliqué si on n’utilise que ses relevés de compte. On peut toujours essayer de mettre en place un tableur Excel mais au final, la tâche se révèle très souvent des plus compliqués et très peu lisible.

Depuis l’arrêt de MS Money, il ne restait ainsi plus que Quicken en logiciel PC ou Mac pour avoir la possibilité d’exporter ses comptes et organiser ses dépenses de manière sécurisée (membre du programme Trustee). Le problème est que le prix d’une licence  (entre 50 et 80 dollars par licence) n’est vraiment pas donné.

Pour éviter les problèmes de compatibilité matériel, et face au vide créé par la disparition de Money, de nombreux clients internet sont apparus ces dernières années. Paradoxalement, ce n’est pas un financier mais un assureur qui m’a fait découvrir ces nouveaux acteurs du marché de la gestion financière personnel.  C’est mon contact chez le courtier Gaudreau Demers, chez qui j’ai une partie de mes assurances, qui m’a fourni cette liste de solutions numériques pour la gestion de mon argent.  Au fond, il faut faire un choix entre Quicken, Mint, Yodlee, Budgetable ou GNus Cash (licence libre sous GNU).

Personnellement, je recommanderais plus Mint que les autres pour des raisons de sécurité  mais également d’interface. Mint est en effet une référence en terme d’ergonomie et de visibilité pour la gestion de ses actifs et de ses revenus. C’est très clair et extrêmement intuitif.

Côté sécurité,  l’outil fait partie de programmes très sérieux  comme TRUSTe, Verisign Secured, et Mac Afee Secure. C’est très rassurant.

Et ce que l’on peut dire en terme de gestion d’épargne personnel, c’est que les possibilités d’action sont gigantesques comme, par exemple, de fixer un objectif d’épargne ou d’économies pour partir en vacances, mais également de mieux répartir et comprendre ses dépenses par poste (voiture, nourriture, loisirs…), pour mieux les rationaliser. On peut également fixer des limites d’alertes ou anticiper de manière plus compréhensible l’impact d’une dépense sur ses finances restantes.

Attention aux problèmes de synchronisation

Attention tout de même à certains écueils bancaires. En règle générale, les banques canadiennes ne sont pas vraiment pas ouvertes à la transmission de données vers des services tiers. Dans beaucoup de cas, ce n’est pas vraiment dans leurs politiques de sécurité.

Ainsi, même si de nombreux outils comme Mint se sont très souvent arrangés  avec les banques pour accorder leurs API de façon à intégrer efficacement les données bancaires par pays, parfois la synchronisation prend du temps ou ne marche tout simplement pas.

Parfois, c’est également un problème de langue. Et c’est particulièrement problématique au Québec majoritairement francophone. Ainsi, Mint ne marche pas pour certaines banques et pour certaines interfaces en Français, comme par exemple avec la RBC.

Il faut donc parfois s’armer de patience et multiplier les appels avec sa banque et le service clientèle de l’outil de gestion financier pour faire fonctionner l’ensemble. Mais, je trouve que le jeu en vaut la chandelle, car la gestion de son argent et de son épargne en ressort extrêmement simplifié à tous les niveaux.

Prudence chez les épargnants au Québec

Epargne

Par Noémie L.

 

Selon une nouvelle étude de l’indice de confiance des épargnants de Financière Manuvie, il y eu un recul de la confiance des épargnants, cet indice augmenta également lors du dernier trimestre. Il semblerait que l’enthousiasme a diminué auprès des épargnants a l’égard de l’ensemble des instruments de placement excepté le marché boursier.

En fonction des résultats de la fin 2011, le nombre de Canadiens qui estiment le bon moment pour investir dans les instruments d’épargne a diminué. Les fonds communs demeurent relativement stables au courant des dernières périodes. D’autre part, la confiance pour les comptes d’épargne CELI reste très élevée, et le REER et le REEE et les fonds distincts chutent.

À la nouvelle des bonnes perceptions des Québécois, pour les comptes libres d’impôt. On note l’entrée de nouveau produit sur le marché tel que le compte d’épargne à intérêt élevé compte suisse. Ce nouveau produit est le compte CELI 100% québécois offert par La Capitale.

L’instabilité économique en Europe pourrait indiquer la prudence des Québécois concernant leurs placements. En effet, les problèmes économiques mondiaux continueront d’influencer la confiance dans les marchés financiers.

La retraite chez les aînés et les jeunes

Épargne lors de la vie adulteLe départ a la retraite des boomers modifiera éventuellement l’économie du Canada, créant un impact qui sera surtout ressenti par le groupe d’âge des 18 à 29 ans, soit la génération y. Cette génération se voit très préoccupée par les futurs besoins de leur aînée. En effet, les boomers qui vivront de plus en plus longtemps et vieux demanderont énormément en termes d’infrastructure de santé.

Le sondage questionnait également les Canadiens sur leurs objectifs de retraite, les Canadiens perçoivent la retraite comment une période de survie financière. La retraite ne semble plus être perçue comme une période d’épanouissement personnel, jouissance de la liberté et style de vie associé.

Il est démontré dans le sondage qu’il y a 13% des jeunes canadiens qui choisissent le Régimes des pensions du Canada et le Régime des rentes du Québec comme source de fond pour leur retraite. Ceci est du au fait que les jeunes ne sont pas très susceptibles d’avoie des mécanismes d’épargne avec des outils au début de leur vie adulte.

Les Grands Mythes économiques : Mythe #2

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Par Minarchiste

 

Les cycles économiques sont causés par un inexplicable pessimisme qui conduit les gens à cesser de dépenser et d’investir, provoquant un effondrement progressif de la demande dans l’économie. La politique monétaire centralisée est un outil qui fonctionne.

L’explication keynésienne des récessions décrite ci-haut est plutôt ridicule. La Théorie Autrichienne des Cycles Économiques (ABCT) est bien plus logique et colle bien mieux à la réalité Une expansion excessive de la masse monétaire crée une bulle d’endettement insoutenable. Durant ce boum inflationniste, les décisions des agents économiques sont faussées par des taux d’intérêts trop bas et une économie dopée à la dette, ce qui les pousse à mal investir et à ne pas épargner suffisamment. Une fois cette bulle éclatée, s’installe un processus d’ajustement : la récession. Durant cette phase, les entreprises inefficaces sont évincées du marché, les mauvais investissements sont dilapidés et les ressources sont ré-allouées en fonction des préférences réelles du marché. Les mauvaises créances sont radiées, l’endettement diminue et les prix baissent. Une fois le processus complété, la croissance économique peut repartir sur une base plus solide.

 

La première solution proposée par les keynésiens consiste à créer de la monnaie pour faire baisser les taux d’intérêt. Face à cette baisse, les consommateurs et les investisseurs s’endetteront pour financer leurs dépenses et investissements, ce qui redémarrera l’économie. Lorsque cette mesure ne fonctionne pas et que les taux d’intérêt sont à des niveaux auxquels ils ne peuvent plus baisser, l’économie se retrouve en situation de « trappe à liquidité ». À ce moment, les keynésiens prescrivent que le gouvernement s’endette pour augmenter ses dépenses. Par un phénomène mystique, ces dépenses seront multipliées dans l’économie et redémarreront l’économie.

Cependant, ces mesures ne font que retarder le processus d’ajustement et rallonger la période de marasme économique. Dans les deux cas, les solutions keynésiennes nécessite une augmentation de l’endettement pour financer la reprise. Pourtant, l’excès de dette est la cause fondamentale des boums économiques insoutenables qui finissent en récession. Cela n’a aucun sens; comme le stipule la fameuse métaphore de l’ivrogne qui tente de soulager sa gueule de bois en buvant plus d’alcool (les keynésiens voudraient guérir une récession à l’aide de plus de dette).

Ainsi, si on veut éviter la récession, il faut éviter l’excès du boum. Comme le disait l’économiste Ludwig Von Mises en 1949:

« Le mouvement ondulatoire qui affecte le système le système économique, la succession de période de boum et de récessions, est le résultat inévitable des tentatives répétées de réduire les taux d’intérêt par l’entremise de l’expansion du crédit. Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boum économique généré par l’expansion du crédit. »

Dans une économie libre, les taux d’intérêts sont en fait le prix de la monnaie dans le temps. Ils représentent une information vitale pour les consommateurs et les producteurs concernant leurs préférences de consommation et leurs opportunités d’investissement. Ils coordonnent les investissements et, par le fait même, la production future, de façon à ce qu’elle corresponde aux préférences des consommateurs.

Lorsqu’une banque centrale manipule les taux d’intérêts par sa politique monétaire, elle brouille le signal de prix que ces taux envoient à l’économie. Les décisions de consommation et d’investissement deviennent déconnectées de la réalité, le mécanisme d’allocation des ressources du marché ne fonctionne plus correctement et l’économie se met à dérailler. Un petit groupe d’individus ne peut savoir quel est le niveau désirable de taux d’intérêt. Cette décision revient aux millions d’agents qui oeuvrent dans l’économie de marché.

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 1

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 2

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 3

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 4

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 5

Pourquoi y a-t-il des cycles économiques et des récessions? – Partie 6

Les problèmes de l’égalité (suite et fin)

Egalite

L’incompatibilité

 

Les notions énumérées ci-haut semblent très belles, mais elles sont fortement incompatibles entre elles. En effet, une égalité des richesses laisse la place à une inégalité des ressources et des opportunités, puisque ce n’est pas tout le monde qui peut bien utiliser son argent. De même, une égalité des ressources amène une inégalité des richesses et des opportunités, puisque certains sont plus débrouillards que d’autres.

 

Aussi sont-elles incompatibles avec une société qui reconnaît la propriété privée, droit sans lequel rien ne se produit et fait les gens se battre entre eux1. Vouloir égaliser les richesses, et surtout les ressources, sous-entend que l’on prend le fruit du travail (que l’on suppose honnête) d’une personne pour le donner à une autre sans compensation. Si ce n’était pas le gouvernement qui faisait l’opération, on serait clairement en présence de vol. Et tel que mentionné, on ignore si les promoteurs veulent que l’on pallie l’irresponsabilité en donnant toujours plus d’argent ou de ressources. Si tout le monde a droit à du fer, doit-on pallier les pertes de ceux qui le laissent rouiller?

 

Par ailleurs, est-ce qu’une égalité matérielle est vraiment nécessaire? A-t-on tous besoin d’une voiture de luxe et d’un château sur le bord de la mer? Les gens ne voudraient-ils pas plutôt que les gens aient un strict minimum pour vivre? Si tel est le cas, alors l’égalité matérielle est futile. Si on a de quoi se nourrir, se vêtir et se loger correctement, à quoi bon vouloir prendre des autres de force? Sans compter qu’en divisant la richesse, on appauvrit la masse. Les dirigeants communistes depuis Deng Xiaoping semblent avoir au moins compris ce principe2. D’ailleurs, qu’est-ce qui est mieux : une société où chaque quintile gagne 20 000$ ou une où le quintile inférieur gagne 20 000$ alors que le supérieur gagne 100 000$?

 

Un problème d’injustice?

 

À la base du plaidoyer pour l’égalité semble exister un sentiment d’injustice. On continue de répéter que les riches s’enrichissent aux dépends des pauvres. Si l’affirmation a son fond de vérité dans notre société corporatiste, il demeure néanmoins que prendre aux pauvres pour donner aux riches est tout aussi injuste que de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Et si les riches s’enrichissent sans violer les droits des pauvres, où est le problème?

 

Donc, si l’inégalité matérielle cause autant de problème, peut-être devrait-on plutôt se tourner vers l’égalité morale, c’est-à-dire dans nos relations avec les autres. F.A. Hayek plaide pour l’égalité devant la loi, principe très populaire qui a notamment permis d’éliminer plusieurs lois racistes et sexistes. Toutefois, le simple fait que ces lois aient existé montre le talon d’Achille du principe. Du temps des monarchies absolues, tout le monde était égal devant la loi : on était jeté au cachot si on se moquait du roi, peu importe l’origine sociale (à quelques très rares exceptions). Et aujourd’hui, il semble que n’importe qui peut être placé sous écoute ou être arrêté sans mandat…

 

Égalité d’autorité

 

Il semblerait alors que le seul type d’égalité qui permette une véritable égalité entre les gens soit une égalité d’autorité, tel qu’imaginé par John Locke. À son époque (fin 17e siècle), le droit divin semblait encore la norme; certaines personnes était prédestinées d’avance à en diriger d’autres. Il a complètement défait cet argument dans son Second traité sur le gouvernement, en affirmant que le pouvoir de diriger les autres est réciproque, et donc que nous sommes tous égaux comme les autres animaux, sans qu’un n’assujettisse un autre.

 

Parallèlement, le philosophe Immanuel Kant croit que les meilleures conditions politiques sont celles où chacun peut, tout comme les autres, obliger son prochain à respecter ses droits. Nous avons donc droit à l’intégrité de notre corps, à notre travail et à détenir une propriété. On peut également mutuellement s’obliger à quelque chose au travers d’un contrat.

 

En conclusion, si on considère l’égalité morale comme la seule juste – personne ne peut réclamer autorité sur qui que ce soit –, alors on doit oublier toute forme d’égalité matérielle. En effet, affirmer qu’une personne ait droit aux fruits d’une autre, c’est affirmer qu’on a l’autorité nécessaire pour effectuer le transfert, et donc que nous sommes inégaux dans notre autorité sur les autres. Une telle société donne le Québec, où la réglementation, les taxes et les impôts sont tellement écrasants que nous nous faisons rattraper par le Nouveau-Brunswick quant au salaire moyen après impôt. Il semble que nos intellectuels préfèrent que nous soyons également pauvres plutôt qu’inégalement riches…

Les problèmes de l’égalité (1re partie)

Egalite

 

Par Pierre-Guy Veer

(Inspiré d’une lecture du professeur Mark LeBar, lors d’un séminaire de l’Institute for Humane Studies (IHS) à l’Université Chapman, Californie, en juin 2012)

 

La gauche (qui veut plus d’intervention du gouvernement dans l’économie, principalement), adore l’égalité. Pour elle, tous nos problèmes seraient réglés si nous étions tous égaux. Mais égaux comment? En intelligence? Je ne crois pas qu’elle veuille que nous soyons des clones. Serait-ce plutôt en matériel (richesse, ressource, opportunité)? Si tel est le cas, alors il y a de nombreux problèmes. Non seulement existe-t-il plusieurs conceptions de l’égalité pour la gauche, mais en plus, elles sont mutuellement incompatibles.

 

Il y a tout d’abord l’égalité la plus populaire : celle des richesses (welfare). Pour les promoteurs de ce type d’égalité, l’humanité serait tellement mieux si nous pouvions tous vivre également bien avec un salaire similaire et avoir des vies mieux remplies. On pourrait sans doute lui attribuer l’indice Gini, qui mesure l’inégalité des revenus – plus l’indice est bas, plus les salaires sont semblables entre les citoyens d’un territoire donné.

 

L’égalité des richesses pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, ça démontre une certaine jalousie. En effet, malgré que leur profession soit cartelisée2, les médecins reçoivent nécessairement un salaire plus élevé que les concierges à cause des nombreuses années d’étude et de formation nécessaires, sans compter tout le stress et les dangers reliés à la profession. Vouloir égaliser les salaires vers le bas découragerait les futurs médecins d’entreprendre leur carrière, tandis que les égaliser vers le haut ferait exploser les couts de l’entretien ménager. Ensuite, la seule mesure qu’on pourrait qualifier d’objective pour le bien-être humain est la satisfaction des désirs. Malgré leur écart titanesque de revenus, le Dalaï-lama et Bill Gates semblent relativement satisfaits de leur vie. A-t-on vraiment d’un jet privé, d’un écran de 60 pouces et d’un ordinateur dernier cri pour être heureux? Mais encore là, la satisfaction des désirs pose problème. Que doit-on faire si une personne a des désirs très dangereux (meurtre, drogues)? Aussi, à supposer qu’il soit possible de vraiment égaliser le niveau des richesses, que ferait-on si quelqu’un dilapide les siennes au casino? La société devrait-elle encore l’aider?

 

Égaliser les ressources

 

D’une façon similaire à l’égalité des richesses, certaines personnes préfèreraient plutôt que les gens soient égaux dans les ressources qu’ils détiennent. Une fois cette égalité réalisée, les gens se débrouilleraient.

 

Encore là, ce type d’égalité pose problème. À l’exception des ressources gratuites de la nature (soleil, air, pluie), tout ce que nous consommons a reçu une forme de transformation par les humains.Vouloir distribuer ces ressources « également » pour tous pourrait, tel qu’une égalisation salariale vers le bas entre médecins et concierges, décourager ladite production. Sans compter qu’on n’a pas tous les mêmes habiletés avec les ressources qu’on reçoit. Si je recevais une montagne de sable, je m’en servirais au mieux comme terrain de volleyball. Mais dans les mains de ces artistes qui fréquentent les concours de sculptures sur sable, cette même montagne deviendrait un chef-d’œuvre. Parlant de talent, est-ce que leur absence peut compter comme un manque de ressource? Est-ce que le fait que je sois calé en économie et pas en chimie fait de moi une personne « démunie »? C’est pour cette raison que les humains ont créé le commerce : afin de profiter des talents particuliers des autres. Sans cela, on serait obligé de tout produire nous-mêmes. Imaginez un Canada sans échanges commerciaux de nourriture pendant l’hiver…

 

Égalité des opportunités

 

Une autre sorte d’égalité populaire, surtout aux États-Unis, est celles des opportunités. Si tout le monde avait le même point de départ dans la vie, alors nous serions tous sur un pied d’égalité dans nos chances d’obtenir un emploi, par exemple.

 

Encore une fois, on se retrouve avec un manque de balises objectives. Comment peut-on vraiment mesurer les opportunités? Si c’est par le nombre d’options qui s’offre aux gens, alors l’égalité est impossible. En effet, nonobstant le corporatisme de plusieurs professions, il y aura toujours de ces emplois – ingénieur, chirurgien, architecte – qui exigeront une longue et pénible formation. Puisque chacun nait avec différentes priorités, et donc avec différents couts d’opportunité (faire X signifie qu’on ne peut pas faire Y de façon optimale), ce ne sera pas tout le monde qui voudra dépenser autant d’énergie sur une formation aussi ardue. Il semble plus juste de parler de liberté des opportunités plutôt que de leur nombre. Si le gouvernement considère tous ses citoyens égaux devant la loi, alors ils sont complètement libres de choisir l’emploi qu’ils veulent. Évidemment, certains employeurs pourraient arbitrairement discriminer certaines personnes. Aussi enrageant soit-ce, il serait immoral de forcer un employeur d’employer une personne qu’il ne veut pas; c’est une question de respect de la propriété privé. S’il est assez fou pour refuser d’engager des femmes, alors grand bien lui en fasse de discriminer la moitié de la population.

 

1Inspiré d’une lecture du professeur Mark LeBar, lors d’un séminaire de l’Institute for Humane Studies (IHS) à l’Université Chapman, Californie, en juin 2012

Pas assez pour finir de payer l’hypothèque

Balancing Home Symbol And Percentage

Par Noémie Ladouceur

La moitié des boomers doivent concilier leur remboursement hypothécaire avec l’épargne retraite. Selon statistiques Canada, la population des baby-boomers représente 30% de la population québécoise. Ce sondage fut relevé à l’automne dernier par la Banque CIBC, 75% des Canadiens âgés de 45 à 64 ans sont endettés.

 Une dette négligée?

 Cette situation précaire pour certains des boomers les oblige à envisager de repousser la retraite de quelques années. Dans l’ensemble, ils sont pris dans un dilemme soit prendre des vacances, ou rembourser les dettes récurrentes. Une majorité opte pour les multiples vacances, un train de vie qu’ils désirent également conserver lors de la retraite. En parallèle, le gouvernement déposa en avril le projet de loi C-38 qui repoussera la période de retraite de 65 à 67 ans.

 On note que les boomers ont différentes dettes, toutefois, la plus grosse dette négligée reste le paiement du prêt hypothécaire. Ainsi, il y a la marge de crédit, la carte de crédit comparativement aux prêts hypothécaires qui détiennent un taux légèrement plus élevé dans certaines situations, ne fait que croître sur un plus long terme la dette.

 Discuter avec un conseiller financier

Source de l'image: unebanque.netIl est possible de redresser cette situation financière précaire. En effet, selon les conseils d’expert de services financiers. En effet, il existe des ressources afin de réévaluer les emprunts faits afin de mettre en place une meilleure stratégie de remboursement. À titre d’exemple, il est possible de convertir ou consolider certaines dettes afin de diminuer les différents taux payés aux institutions. Ainsi, avec un peu d’effort, il est possible de faire diminuer plus rapidement sa dette.

 Il faut miser sur des stratégies de remboursement simple lorsque l’on approche de la retraite, comme des remboursements du capital de leur prêt hypothécaire ou la mise en place d’un budget qui leur permettra de garder un bon cap sur leurs dettes et épargnes. D’autre part, on note les répercussions et l’ajustement des banques. En effet, en mai dernier, la Banque CIBC diminua son taux d’intérêt hypothécaire sur un prêt à taux fixe sur 5 ans.

 Ainsi, ceux qui considèrent la revente de leur propriété afin de faire une nouvelle acquisition immobilière. Il y a plusieurs considérations ainsi que calculs financiers à faire avant d’entreprendre les démarches. En effet, consulter une agence de prêts hypothécaires qui vous aidera à faire les calculs de vos avoirs, ainsi que les taux hypothécaires disponibles dans le but de savoir si vous aurez des mensualités que vous pouvez endosser.

Les Grands Mythes Économiques : Mythe #1

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Par Minarchiste

 

La dette gouvernementale n’est pas un problème puisque nous nous devons cet argent à nous-mêmes.

Premièrement, une part de la dette gouvernementale est détenue par des étrangers. Il faudra donc qu’une partie de nos taxes et impôts futurs soit expédiée à ces étrangers éventuellement. Ceci étant dit, aux États-Unis c’est la Fed qui est le plus gros acheteur de T-bills depuis un bout de temps et ce avec de la monnaie créée ex nihilo (c’est ce qu’on appelle la monétisation de la dette). Les intérêts sur cette dette sont donc retournés au Trésor Américain pour financer les dépenses de l’État.

 

Deuxièmement, les titres de dette détenus par des investisseurs locaux ne sont pas uniformément répartis dans la population. Ainsi, une partie des futurs taxes et impôts de tous (et surtout ceux des générations à venir) devront servir à rembourser ces titres de dette détenus par quelques-uns. Il y a donc un déplacement de richesse d’un groupe vers un autre.

Troisièmement, il ne faut surtout pas oublier que la dette monétisée et/ou multipliée par le système bancaire à réserves fractionnaires engendre de l’inflation. Cette inflation n’affecte pas les gens de manière égale. Ceux qui obtiennent l’argent en premier s’enrichissent alors que le reste de la population voit son pouvoir d’achat être dilapidé.

L’inflation est une gigantesque subvention aux banques, qui peuvent engendrer des profits à partir de rien. Puis, les fonctionnaires et sous-contractants qui bénéficient directement des dépenses du gouvernement sont aussi favorisés, tout comme les entreprises qui reçoivent des subventions et autres aides.

L’inflation ne fait pas que des gagnants; les perdants sont très nombreux. Il y a d’abord les salariés dont le salaire croît moins vite que l’inflation. Si l’inflation a été de 5% cette année et que votre salaire n’a été augmenté que de 2%, vous êtes dorénavant plus pauvre de 3% puisque le pouvoir d’achat de votre salaire aura diminué.

Il y a aussi les épargnants, qui voient le pouvoir d’achat de leurs épargnes fondre en raison de l’inflation. Si vous avez de l’argent dans votre compte-chèque à la banque et que l’inflation est de 5%, la valeur de cet argent aura diminué de 5% chaque année. Un retraité qui reçoit une rente fixe s’appauvrit chaque année en conséquence de l’inflation.

L’inflation est donc source d’inégalités! L’impact de l’endettement gouvernemental sur la répartition de la richesse actuelle et intergénérationnelle n’est pas neutre. L’argent emprunté par l’État en notre nom ne nous est pas dû à nous-mêmes, il est dû aux détenteurs de ces titres de dette.

http://minarchiste.wordpress.com/2011/04/01/le-lien-entre-les-inegalites-et-linflation/

Bénévoles autrement, le volontariat 2.0

 
L’arrivée assez récente des nouvelles technologies dans le monde des œuvres humanitaires bouscule les traditions communautaires des organismes et les aide à la fois. Chaque jour fait apparaître une nouvelle application qui révolutionne la relation qu’entretient l’organisme à buts non lucratifs et la population qu’elle dessert, la dynamique de collaboration entre les administrateurs et leurs pairs, de même que tout le processus de financement.
 
 Autrefois, le bénévolat se résumait à affecter à des tâches administratives ou promotionnelles plutôt «manuelles» des âmes charitables prêtes à faire don de leur temps, de leurs aptitudes et de leur expérience. La palette des postes bénévoles est demeurée pendant des lustres limitée aux couleurs primaires.
 
Puis, vlan! Le micro-ordinateur et l’Internet débarquent au local. Encore sous le choc et noyés dans une mer agitée de mises à jour incessantes, les administrateurs d’OSBL et leurs gestionnaires peinent à planifier et à mettre en œuvre la migration des bénévoles vers ces nouveaux outils sensés faire atteindre des vitesses vertigineuses à la gestion interne, à la promotion, au recrutement, au financement, aux communications et à la concertation.
 
Voici quelques suggestions d’applications concrètes :
 
  • Gérer le secrétariat, l’agenda, le classement et les bases de données via le nuage Google. Des bénévoles peuvent contribuer à entrer des données, corriger des données, effectuer tout le secrétariat au local ou à distance…
  • Bloguer. Des bénévoles s’affairent à démontrer que l’organisme est en vie et combien il contribue à l’essor de la communauté. Les tâches varient de modération de blogue à auteur de billets, en passant par la photographie, l’infographie et la correction.
  • Promouvoir. Rien de plus amusant pour les bénévoles que de cliquer sur «J’aime» lorsqu’ils rencontrent sur Facebook une publication de votre blogue. Cette fonction, ainsi que «partager», propagent le message de l’organisme en plus de lui conférer une note d’approbation populaire. Ça vaut plus que l’archaïque dépliant! Il existe aussi Google+, Tumblr, etc.
  • Automédiatiser! Des bénévoles outillés de caméras captent des vidéos faisant valoir les œuvres de l’organisme. D’autres font briller leurs talents d’éditeurs. Le tout se retrouve sur YouTube, DailyMotion ou Blogtv.com… Faites-vous voir!
  • Devenir des stars! Des âmes charitables figurent bénévolement dans vos vidéos afin de démontrer les activités de l’organisme. Certains animent, narrent, jouent des personnages… L’objectif est de démontrer la vie, l’accomplissement, le message.
  • Représenter. Une délégation d’ambassadeurs bénévoles peuvent accompagner le DG de l’OSBL aux différents meet-ups : Focus20, SWAFF, TweetUp de Québec, Yulbiz, Twestival et une multitude de 5 à 7 où l’on rencontre les humains derrière les avatars web 2.0. On conclut des ententes, on y trouve des collaborateurs, on y déniche des occasions et on se place royalement sur la mappe!
 
Ce ne sont ici que quelques exemples. La liste pourrait toutefois s’allonger à mesure que l’organisme s’aventure sur ces nouveaux horizons.
 
La semaine de l’action bénévole vient tout juste de se terminer mais l’implication est à l’année longue. Profitez de ces idées qui motiveront les troupes tout en propulsant votre message!

L’économie sociale, une solution de droite

L’entreprise d’économie sociale (EÉS) est une forme d’organisme à buts non lucratifs qui a comme particularité de devoir générer ses propres revenus, d’être rentable et de contribuer à l’essor socio-économique de son milieu en aidant les individus qui en ont besoin.

Contrairement à la croyance droitiste, l’EÉS ne compétitionne pas l’entreprise privée. Elle n’en a pas le droit. Elle a pour mission de n’aider que ses membres, idéalement des individus, des entreprises et des associations qui autrement seraient abonnés à l’aide gouvernementale ou voués à la faillite. L’économie sociale est une dynamo qui aide les affaiblis à reprendre leurs forces sans ajouter de poids au fardeau fiscal. Ce faisant, elle génère de la prospérité en permettant à toute une tranche de population de s’affranchir de la dépendance aux fonds publics et de prendre son élan pour intégrer l’autoroute des membres actifs de la société.

Peu ou pas subventionnée, l’EÉS est l’alternative droitiste de l’aide humanitaire. Elle promeut l’autonomie, la responsabilité et l’implication socio-économiques. Ses membres sont encouragés à comprendre le mécanisme et le fonctionnement de la prospérité par l’expérience.

Depuis des années, le gouvernement peine à honorer ses engagements envers la population à cause de la lourdeur administrative de l’État. Les sociétés publiques ne peuvent être privatisées sans que cela ne cause tout un émoi : les Québécois tiennent mordicus à conserver leurs fleurons qu’ils considèrent comme «leurs co-propriétés». Les élus sont pris entre l’arbre et l’écorce pour l’éternité., ne pouvant ni privatiser les sociétés non rentables ni les conserver sans prolonger la descente du Québec dans l’abysse financier.

L’économie sociale offre donc l’alternative qui plaît à tous. Étant un OBNL, l’EÉS est administrée par un conseil bénévole, dépourvu d’intérêts pouvant être jugés abusifs. Elle ne peut faire l’objet d’une acquisition étrangère, assurant ainsi sa sauvegarde en tant que fleuron québécois à vie. Elle doit rendre des comptes publics. Elle est une entité démocratique. Elle est autonome financièrement, efficace et productive. Elle a le mandat de générer de la prospérité dans son milieu. Elle est rentable!

L’EÉS a aussi la qualité d’être charmante aux yeux de tous les Québécois, quelle que soit leur croyance politique. Transformer les sociétés d’État en entreprises d’économie sociale semble le choix sensé tant sur le plan économique que traditionnel. C’est un compromis gagnant-gagnant.

Sans avoir à révolutionner ni le monde entrepreneurial québécois ni la législation, il est facile de recourir à cette recette pour offrir un régime minceur au gouvernement sans trop d’inconvénients. L’économie sociale est déjà bien implantée et dûment réglementée, offrant ainsi de bons exemples d’applications et d’études démontrant ses avantages. Pas besoin de Ché.

Dans un prochain billet, je fournirai une bibliothèque de liens et une palette de statistiques qui sauront titiller les plus fins palais financiers qui conseillent les décideurs.

Bonheur et prospérité, toutes et tous!

Hausse du taux de chômage chez les 15 à 24 ans

Le marché canadien est au ralenti depuis les derniers mois, malgré les différents salons de l’emploi qui prennent place. Cette situation économique soulève un chômage plus élevé chez les 15 à 24 ans. Selon statistique Canada, il y a 26 800 emplois perdus dans ce groupe d’âge dont 200 au Québec. Le taux de chômage chez les jeunes à montée a 14,7% dus en partie par la diminution du retirement de 25 000 jeunes de la population active.

Il y a 38 000 personnes cherchant de l’emploi au Canada, ce qui représente un taux de chômage de 7,4%. La baisse du taux de chômage est en partie due au décrochage de certains travailleurs de la population active.

Au cours des derniers mois, c’est l’emploi au canada qui a perdu dans les différentes industries telles que commerce de détails et de gros, le transport et l’entreposage, les soins de la santé, l’assistance social ainsi que dans l’administration publique. Les pertes dans l’industrie du commerce de gros furent de 37 000 emplois, comparativement à une hausse dans le domaine de la finance 41 000 emplois. Il y eu un contre balancement du aux hausses dans la finance, les assurances, l’immobilier et la location, dans certains entreprises de services.

Les économistes restent modestes et anticipent des créations d’emplois, il prévoit 15 000 créations d’emplois, malgré le faible nombre de créations de nouveaux emplois lors des derniers mois. De plus, le marché ne connait que de petites hausses d’offre d’emploi, les moteurs de recherche d’emploi au canada en témoigneront.  Lors d’une conférence à Toronto, le premier ministre, M. Harper, mentionna que le pays demeurait dans une situation économique fragile, toutefois, le portail de l’emploi chez nos voisins américains semblait encourageant.

La concurrence entre les générations

De plus, les statistiques ont démontré une diminution de l’emploi chez les 15 à 24 ans, mais une hausse chez les 55 ans et plus. Ainsi, il y a une concurrence avec les deux groupes d’âge, surtout dans les emplois à temps partiel. Les jeunes occupent majoritairement des emplois à temps partiel, car ils sont aux études.

Consommateur averti attention au vol d’identité

Le service la ville de Québec souhaite encourager les citoyens à être vigilants lorsqu’ils font des transactions. En effet, les fraudeurs utilisent de multiplient tactiques afin de voler les personnes naïves. Ils peuvent utiliser des technologies intéressantes dans le but de voler l’identité des victimes.

Le vol d’identité est une façon de voler ou détourner l’identité propre d’une personne ou d’une entreprise afin de faire des crimes économiques. Les voleurs collectent des noms, dates de naissance, le numéro d’assurances sociales ainsi que d’autres informations confidentielles.

Il existe plusieurs cas typiques qui peuvent vous permettre de reconnaître un cas de vol d’identité :

  • Un appel d’un créancier vous informe d’une demande de crédit que vous n’avez jamais faite,
  • Vous recevez l’appel ou une lettre d’un créancier vous confirmant l’acceptation ou le refus d’une demande de crédit,
  • Vous ne recevez plus vos relevés de carte de crédit ou ces derniers sont erronés
  • Une agence de recouvrement vous informe qu’elle procède au recouvrement de votre compte impayé.

Les nouvelles technologies permettent de hausser la performance des centres d’appels tels que les systèmes PBX implémentés. Toutefois, il est important de répondre à des questions d’identité lorsque vous recevez des appels de courtoisie. Il faut également être vigilant lors des transactions effectuer en magasin ou aux guichets bancaires automatiques et cacher son numéro d’identification personnelle. Il va de soit que la puce permet une tranquillité d’esprit. Toutefois, ce ne sont pas encore tous les magasins qui procèdent avec cette méthode, plusieurs utilisent encore la bande magnétique pour les paiements avec la machine interac.

Vérifier votre dossier de crédit

Si vous êtes témoins d’un vol d’identité, il est impératif d’aviser votre institution financière ainsi que la police, et les bureaux de crédit tel qu’Équifax Canada. Vous devez également signaler la fraude au centre d’Appel antifraude Canada. Par la suite, vous pourrez également faire le changement de l’ensemble de vos cartes d’identité pour finalement mettre cet incident derrière vous.

D’autre part, faire la demande de votre dossier de crédit plus d’une fois par année peut vous sauver des problèmes. En effet, en observant votre consommation vous pouvez dénoter s’il y a eu des anomalies dans votre rapport. Il est important, car votre dossier de crédit peut influencer votre capacité d’achat, tel qu’à l’achat de votre première maison ou le financement sur d’autres biens matériels.

Keystone XL: un projet qui doit voir le jour

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Quelques milliers de manifestants disparates se sont réunis devant la Maison Blanche dimanche afin de s’opposer au projet d’oléoduc Keystone XL. Ce projet vise à permettre le transport du pétrole de l’ouest canadien vers les raffineries du Golfe du Mexique. Il est un complément d’oléoducs déjà existants. L’objectif des manifestants est de faire pression sur le Président Obama afin qu’il s’oppose au projet et qu’il encourage des solutions énergétiques supposément plus vertes.

 

Alors que la production de pétrole est en déclin aux États-Unis, les Américains se tournent de plus en plus vers leur voisin du nord afin d’assurer leur approvisionnement en hydrocarbures. Le Président Obama fait de l’indépendance énergétique une des priorités de son administration et le partenaire canadien est préféré aux fournisseurs traditionnels du Moyen-Orient. Le Canada est un État stable et un partenaire commercial démocratique de premier plan. De plus, notre nation a un intérêt énergétique complémentaire évident avec son voisin.

 

En réalité, il est fondamentalement dans l’intérêt national des deux pays que l’oléoduc Keystone XL soit mis en oeuvre rapidement. Les Américains ont besoin de pétrole et le Canada en a à exporter. Pour le Canada, exporter ses matières premières est essentiel; c’est un aspect important de toute sa stratégie économique et du développement des ses industries. Le marché américain est vaste et ses besoins en énergie sont gigantesques.

 

Comme on peut s’en douter, ce projet, comme tout ceux qui impliquent le pétrole, engendre une levée de bouclier de la part des environnementalistes. Ceux-ci craignent la pollution et de potentielles fuites de l’oléoduc. Or, la technologie moderne réduit les risques à une fraction des autres modes de transport. L’oléoduc prévu est une construction de routine pour l’industrie. L’entreprise impliquée dans le projet, TransCanada Pipelines, estime qu’il y a environ 200 000 miles de telles structures aujourd’hui aux États-Unis. Quand entendons-nous parler de problèmes et de fuites? Le transport par bateau, de son côté, est beaucoup plus risqué. En plus du trajet du navire, il implique le remplissage et le déversage des hydrocarbures.

 

Les environnementalistes s’attaquent aussi au pétrole en lui-même en affirmant que le pétrole des sables bitumineux est sale et polluant. À ce niveau, on peut parler de mauvaise foi et de protectionnisme américain mal placé. Les sables bitumineux ne sont certes pas plus nocifs que les gisements américains de pétrole lourd. De plus, les États-Unis ont largement recours au charbon et à l’éthanol dans l’ensemble de leur production énergétique. On ne peut pas dire que ces deux sources d’énergie soient moins polluantes que le pétrole canadien.

 

En raison des intérêts nationaux des deux pays, les hydrocarbures canadiens seront acheminés vers les États-Unis d’une manière ou d’une autre. Il serait donc ridicule de freiner la mise en oeuvre de l’oléoduc Keystone XL alors qu’il est le mode de transport le plus économique et le plus sûr.

Le délire hebdomadaire à Lauzon

Lauzon

Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine, il nous fait part du ras-le-bol de la population face au monde moderne1.

 

Sur le fond, je suis obligé d’être d’accord avec lui : il y en a marre que le monde soit dirigé par des politiciens, des lobbyistes et des organismes de recherches dont les conclusion sont tronquées d’avance. Mais comme d’habitude, il a (presque) tout le reste faux …

 

La pauvreté du Québec

 

Parce que la Belle Province occupe le 20e du PIB par habitant au niveau mondial, nous ne sommes apparemment pas pauvres. Bien que cette mesure soit trompeuse – il y a quatre pays islamistes dans le top 152, et trois n’ont pas la cote côté droits individuels3 4  5 –, voyons voir comment on se compare au niveau canadien : nous sommes en milieu de peloton quant à la prévalence de faible revenu pendant six ans ou plus6, nous sommes en queue de peloton quant au revenu médian avant impôts (nous sommes les seuls qui l’a vu diminué)7 et à égalité en bas du classement avec la Nouvelle-Écosse si le revenu médian est considéré après impôts (et encore là, il a le plus diminué en 30 ans)8, le quintile inférieur a connu la 2e plus faible augmentation de ses revenus et se classe à peine devant la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique9, nous sommes en milieu de classement quant à la rémunération hebdomadaire moyenne et en 8e position quant à son augmentation moyenne10 et nous sommes les plus grand récipiendaires de cette aumône des pauvres euphémiquement nommée péréquation qui, n’en déplaise aux analphabètes économiques qui ont rédigé le dernier budget du Québec, est ce qui nous permet de vivre au-dessus de nos moyens (ces huit milliards permettent de payer les places publiques en garderie11, le régime d’assurance parentale12, en plus de combler les déficits à venir, et le régime d’assurance-médicaments13). Donc, bien que nous soyons plus riches que le Zimbabwe, le Togo et le Bangladesh, je me désole que nous soyons une des provinces les plus pauvres du pays.

 

Ensuite, notre dette est supposément un pétard mouillé parce que « nous » possédons Hydro-Québec, qui vaut plus que la dette du Québec. À ce compte, les États-Unis n’ont aucun problème puisqu’ils ont un vaste réseau de parcs nationaux, de bureaux de postes, d’autoroutes (Interstate), d’édifices fédéraux … Et comme nous conservons notre « bonne cote » de Moody’s, tout est parfait. Vraiment? Ladite cote de Moody’s du Québec est à égalité avec celle des provinces Maritimes, soit en fond de classement, derrière toutes les provinces à l’Ouest de la rivière des Outaouais; celle de Standard and Poor’s nous classe à égalité avec Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve en bas de classement, tout juste devant l’IPÉ14 (quoique sa cote devrait remonter, considérant sa très grande discipline fiscale15).

 

Les méchantes entreprises

 

Puisqu’il est question du ras-le-bol de la population, Môsieur Lauzon ne pouvait évidemment pas passer sous silence le souffre-douleur de l’heure : les grandes entreprises. Leurs « vaches sacrées » – abris fiscaux, paradis fiscaux, baisses indécentes d’impôts, subventions éléphantesques – causeraient une désinvolture de la population quand vient le temps de voter.

 

Comme trop de gens de sa trempe, le professeur met tous les œufs dans le même panier. Oui, les subventions sont des aberrations, qui transfèrent l’argent des entreprises qui ont du succès vers celles qui sont médiocres. Oui, les abris fiscaux n’ont pas lieu d’être. Mais les paradis fiscaux (mauvaise traduction de « fiscal haven ») existent seulement parce qu’il y a des « enfers » fiscaux. Si l’on veut qu’ils cessent d’exister, alors il faut jouer le jeu et diminuer les impôts.

 

Après tout, l’entreprise privée n’est pas une œuvre de charité. Elle existe pour faire du profit. Si ses couts augmentent (par les impôts, notamment), alors elle devra compenser cette hausse en augmentant ses prix, la rendant moins compétitive. Le Manitoba semble avoir compris ce détail, en devenant une zone franche pour les petites entreprises. Ou plutôt, un « paradis fiscal » (sic).

 

Toutefois, malgré une imposition plus basse qu’aux États-Unis, Lauzon se scandalise que nos biens et services soient en moyenne 20 % plus chers. Le fait que les produits agricoles (lait, blé, œufs, etc.) soient réglementés (et que les importations ont des tarifs prohibitifs) et que notre marché intérieur soit environ neuf fois plus petit que celui des États-Unis n’a évidemment rien à y voir …

 

En conclusion, il est important de mettre les choses au clair : ce contre quoi les gens sur Wall Street et partout ailleurs protestent, c’est le corporatisme. Lauzon a donc raison a dénonçant les subventions aux entreprises. Par contre, il oublie de dire que les lobbys existent uniquement parce que les gouvernements sont trop gros. C’est très simple : moins de gouvernement = moins d’impôts perçus = moins d’argent à distribuer aux plus offrants = moins de corruption. Sans compter que plusieurs lobbys se sont formés suite à l’intervention du gouvernement : les associations médicales et légales (pour devenir médecin ou avocat, il faut nécessairement obtenir un permis, qui coute très cher et prend une éternité), pharmaceutiques (en plus de profiter de généreux brevets, elles seraient derrière plusieurs saisies de pot en Californie, État qui a pourtant légalisé la drogue16), bancaires (les banques canadiennes sont à peu près protégées de la concurrence étrangère, ce qui leur permet d’exiger des frais d’opération élevés), syndicales (aucun vote secret n’est exigé pour être syndiqué au Québec, et l’utilisation des fonds perçus est entouré d’une culture du secret), etc. Je termine en laissant la parole à un homme qui dit avoir vécu en URSS, et qui fait passer des manifestants pour des idiots : http://www.breitbart.tv/former-soviet-citizen-confronts-socialists-at-occupy-wall-street/ .

Éloge au travail à bon marché

Vuilnisbelt

Smokey Mountain. L'alternative aux sweat shops pour les pauvres.

Un vieil adage dit que si vous donnez un poisson à un homme, vous le nourrirez pour un jour. Donnez-lui un filet et apprenez-lui à pêcher et il pourra se nourrir pour la vie. Si la plupart d’entre nous n’ont aucun problème à donner un poisson, ceux qui veulent fournir le filet essuient souvent l’ire des bien pensants qui considèrent ça comme de l’esclavage et de l’asservissement. Comment pouvons nous oser exploiter ces pauvres gens en les payant une pitance pour satisfaire nos besoins de consommation? Je ne tenterai pas de vous expliquer moi-même, méchant droitiste exploiteur que je suis; je vais plutôt laisser une icône de la gauche le faire pour moi. Il n’arrive pas souvent que je sois d’accord avec Paul Krugman, l’économiste/chroniqueur du New York Times, titulaire du Nobel d’économie de 2008 pour ses travaux sur le commerce international et la globalisation, mais pour une fois je suis complètement en accord avec son article sur le site Slate. Je me permets de le traduire et de le reproduire ici pour votre bénéfice.


Paul Krugman

Éloge au travail à bon marché

De mauvais emplois mal payés sont mieux que pas d’emploi du tout.

Par Paul Krugman

Publié sur Slate le 21 mars 1997.

Traduit de l’anglais par Philippe David



Pendant plusieurs années, un énorme dépotoir connu sous le nom de Smokey Mountain était le symbole préféré des médias de la pauvreté du tiers-monde. Plusieurs milliers d’hommes, femmes et enfants vivaient dans ce dépotoir – supportant la puanteur, les mouches, et les déchets toxiques afin de gagner sa vie en fouillant les ordures pour de la ferraille et autres matières recyclables. Et ils vivaient là volontairement, parce que les 10 $ qu’une famille de squatteurs pouvait gagner dans une journée était meilleurs que les alternatives.

Les squatteurs sont partis maintenant, enlevé de force par la police philippine l’année dernière comme un geste cosmétique à l’avance d’un sommet du Pacifique. Mais je me suis trouvé à penser à Smokey Mountain récemment, après avoir lu mon dernier lot de courrier haineux.

L’occasion était un éditorial que j’avais écrit pour le New York Times, dans lequel j’avais fait remarquer que si les salaires et les conditions de travail dans les nouvelles industries d’exportation du Tiers-Monde sont effroyables, ils sont une grande amélioration sur «la pauvreté moins visible en milieu rural qu’il y avait précédemment. » Je suppose que j’aurais dû m’attendre à ce que ce commentaire génère des lettres du genre: «Eh bien, si vous perdez votre position confortable comme un professeur américain, vous pouvez toujours trouver un autre emploi – aussi longtemps que vous avez 12 ans et êtes désireux de travailler pour 40 cents l’heure. »

Cette indignation morale est commune parmi les adversaires de la mondialisation – du transfert de technologie et de capital de hauts salaires vers les pays à bas salaires et la croissance résultant du labeur intensif du secteur des exportations du tiers monde. Ces critiques considèrent comme acquis que n’importe qui fait l’apologie de ce processus est naïf ou corrompu, et, dans les deux cas, un agent de facto des capitaux mondiaux dans son oppression des travailleurs à l’étranger.

Mais les choses ne sont pas si simples, et les lignes morales ne sont pas si claires. En fait, permettez-moi de faire une contre-accusation: Le ton moral élevé des adversaires de la mondialisation n’est possible que parce qu’ils ont choisi de ne pas pousser leur réflexion jusqu’au bout. Alors que les gros bonnets capitalistes peuvent bénéficier de la mondialisation, les plus grands bénéficiaires sont, eh oui, les travailleurs Tiers Monde.

Après tout, la pauvreté mondiale n’est pas quelque chose récemment inventée pour le bénéfice des sociétés multinationales. Revenons en arrière au tiers monde d’il y a deux décennies (et tel qu’il est encore, dans de nombreux pays). En ces jours, même si la croissance économique rapide d’une poignée de petits pays asiatiques a commencé à attirer l’attention, les pays en voie de développement comme l’Indonésie ou le Bangladesh étaient encore essentiellement ce qu’ils avaient toujours été: des exportateurs de matières premières, importateurs de produits manufacturés. Des secteurs manufacturiers inefficaces desservant leurs marchés intérieurs, à l’abri derrière les quotas d’importation, mais qui généraient peu d’emplois. Pendant ce temps, la pression démographique poussaient les paysans désespérés dans la culture de terres de plus en plus marginales ou à chercher un moyen de subsistance de toutes les façons possibles – comme quadriller une montagne d’ordures.

Compte tenu de cette absence d’autres possibilités, vous pouviez embaucher des travailleurs à Jakarta ou Manille pour une bouchée de pain. Mais dans le milieu des années 70, la main d’œuvre bon marché ne suffisait pas à permettre à un pays en voie de développement de concurrencer sur les marchés mondiaux pour les produits manufacturés. Les avantages retranchés des nations avancées – leur infrastructure et leurs savoir-faire technique, la taille beaucoup plus grande de leurs marchés et leur proximité avec les fournisseurs de composants clés, leur stabilité politique et les adaptations sociales subtiles, mais essentielles qui sont nécessaires à l’exploitation d’une économie efficace – semblait l’emporter sur une multiplication par dix ou vingt fois de la disparité des taux de salaire.

Et puis quelque chose a changé. Une combinaison de facteurs que nous ne comprenons toujours pas – les barrières tarifaires plus faibles, l’amélioration des télécommunications, des transports aériens moins chers – ont réduit les inconvénients de la production dans les pays en voie de développement. (Toutes autres choses étant égales, c’est toujours mieux de produire dans le Premier Monde – des histoires d’entreprises qui ont déplacé leur production au Mexique ou en Asie, puis sont retournées après avoir connu les inconvénients de l’environnement du Tiers Monde, sont communes.) Dans un nombre important d’industries, les bas salaires ont permis aux pays en voie de développement de pénétrer les marchés mondiaux. Et donc les pays qui avaient autrefois survécu en vendant des articles en jute ou du café ont commencé à produire des chemises et chaussures de sport à la place.

Les travailleurs de ces usines de chemises et espadrilles sont, inévitablement, très peu payés et doivent endurer de terribles conditions de travail. Je dis «inévitablement» parce que leurs employeurs ne sont pas en affaires pour leur santé (ou celle de leurs travailleurs), Ils vont payer aussi peu que possible, et ce minimum est déterminé par les autres possibilités offertes aux travailleurs. Et ce sont des pays encore extrêmement pauvres, où la vie sur un tas d’ordures est attrayante par rapport aux alternatives.

Et pourtant, partout où les industries d’exportation se sont implantées, il y a eu des améliorations mesurables dans la vie des gens ordinaires. C’est dû en partie au fait qu’une industrie en croissance doit offrir un salaire un peu plus élevés que ce que les travailleurs pourraient obtenir ailleurs afin de les inciter à se déplacer. Plus important encore, cependant, la croissance du secteur manufacturier – et la pénombre d’autres emplois que le nouveau secteur de l’exportation crée – a un effet d’entraînement dans l’économie. La pression sur la terre devient moins intense, donc les salaires ruraux augmentent; le bassin de chômeurs citadins toujours soucieux de se trouver du travail rétrécit, forçant les usines à se concurrencer les unes avec les autres pour les travailleurs et les salaires urbains commencent également à augmenter. Lorsque le processus a duré suffisamment longtemps – comme en Corée du Sud ou Taïwan – le salaire moyen de commencer à approcher ce que l’adolescent Américain peut gagner chez McDonald’s. Et finalement, les gens ne sont plus désireux de vivre dans les dépotoirs. (Smokey Mountain persiste parce que les Philippines, jusqu’à récemment, ne prennenr pas part à la croissance alimentée par les exportations dont jouissent ses voisins. Les emplois qui paient mieux que le tri d’ordures sont encore rares.)

Les avantages de la croissance économique alimentée par les exportations pour la masse des gens des pays nouvellement industrialisés ne sont pas une question de conjecture. Un pays comme l’Indonésie est encore si pauvre que des progrès peuvent être mesurés en termes de combien la personne moyenne reçoit à manger, depuis 1970, par l’apport par habitant est passée de moins de 2 100 à plus de 2 800 calories par jour. Un choquant un tiers des jeunes enfants souffrent encore de malnutrition – mais en 1975, la proportion était plus de la moitié. Des améliorations similaires peuvent être vus tout le long de la côte du Pacifique, et même dans des endroits comme le Bangladesh. Ces améliorations n’ont pas eu lieu parce que les gens bien intentionnés dans l’Ouest ont fait quoi que ce soit pour aider – l’aide étrangère, jamais grande, a récemment été réduite à presque rien. Il n’est pas le résultat des politiques bénignes des gouvernements nationaux, qui sont aussi impitoyables et corrompus que jamais. Il est le résultat indirect et involontaire de l’action des multinationales sans âme et rapace des entrepreneurs locaux, dont la seule préoccupation était de tirer parti des possibilités offertes par les bénéfices du travail à bon marché. Ce n’est pas un spectacle édifiant, mais peu importe la bassesse des motifs des personnes concernées, le résultat a été d’amener des centaines de millions de personnes de la misère à quelque chose de terrible, mais néanmoins encore nettement mieux.

Pourquoi, alors, l’indignation de mes correspondants? Pourquoi l’image d’un indonésienn cousant des espadrilles pour 60 cents de l’heure évoquent sentiment plus violent que l’image d’un autre indonésien gagnant l’équivalent de 30 cents l’heure à essayer de nourrir sa famille sur une petite parcelle de terre – ou d’un philippin faisant le tri sur un tas d’ordures?

Le principal élément de réponse, je crois, est une sorte de délicatesse. Contrairement à l’agriculture de subsistance famélique, les femmes et les enfants dans l’usine d’espadrilles travaillent à des salaires d’esclaves pour notre bénéfice – et cela nous fait sentir souillé. Et alors il y a des demandes bien-pensantes des normes internationales du travail: Nous ne devrions pas, les adversaires de la mondialisation insistent, être disposés à acheter ces chaussures et ces chemises à moins que les gens qui font les reçoivent des salaires décents et travaillent dans des conditions décentes.

Cela semble juste – mais l’est-ce? Pensons aux conséquences en profondeur.

Tout d’abord, même si nous pouvions assurer les ouvriers dans les industries d’exportation du Tiers-Monde de salaires plus hauts et de meilleures conditions de travail, cela ne ferait rien pour les paysans, les journaliers, les éboueurs, et cetera qui composent la plus grande partie des populations de ces pays. Au mieux, forcer les pays en voie de développement d’adhérer à nos normes de travail créerait une aristocratie privilégiée de travail, laissant la pauvre majorité pour compte.

Et il ne pourrait même pas faire ça. Les avantages des industries établies du Premier Monde sont toujours formidables. La seule raison que les pays en voie de développement ont pu rivaliser avec ces industries, est leur capacité d’offrir de la main-d’œuvre bon marché aux employeurs. Refusez-leur cette possibilité et vous pourriez aussi bien leur refuser la perspective de continuer la croissance industrielle, et même renverser la croissance qui a été réalisée. Et puisque la croissance à vocation exportatrice, pour toute son injustice, a été un avantage énorme pour les ouvriers dans ces nations, quoi que ce soit qui ralentit cette croissance est certainement contre leurs intérêts. Une politique de bons emplois en principe, mais aucuns emplois en pratique, pourrait apaiser nos consciences, mais ce n’est pas favorable à ses bénéficiaires présumés.

Vous pouvez dire que les damnés de la terre ne doit pas être forcés à servir comme coupeurs de bois, porteurs d’eau et couseurs des chaussures de sport pour les riches. Mais quelle est l’alternative? Doivent-ils être aidés par l’aide étrangère? Peut-être – même si les données historiques des régions comme le sud de l’Italie suggère que cette aide a tendance à favoriser la dépendance perpétuelle. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas la moindre perspective d’une aide importante qui se matérialise. Leur propre gouvernement devrait-il fournir plus de justice sociale? Bien sûr – mais ils ne seront pas, ou du moins pas parce que nous leur disons de le faire. Et tant que vous n’avez pas d’alternative réaliste à l’industrialisation basée sur les bas salaires, de s’y opposer signifie que vous êtes prêt à refuser aux gens désespérément pauvres la meilleure chance qu’ils ont de progresser pour ce qui revient à un un standard esthétique – c’est à dire, le fait que vous n’aimez pas l’idée des travailleurs soient payés un salaire de misère de fournir des Occidentaux riche en articles de mode.

En bref, mes correspondants n’ont pas droit à leur indignation. Ils n’ont pas réfléchi à la question. Et quand les espoirs de centaines de millions sont en jeu, porter notre réflexion jusqu’au bout n’est pas seulement une bonne pratique intellectuelle. C’est un devoir moral.

Une petite chose amusante est que dans le premier passage que j’ai mis en caractères gras, Paul Krugman décrit précisément la main invisible d’Adam Smith. Quant au deuxième passage, il décrit très bien les conséquences de la bien-pensance et pourquoi elle est déplacée.

On ne peut pas accuser M. Krugman d’être à droite et pourtant même lui reconnaît que le travail bon marché est ce qui permet à des millions de gens de se sortir de la misère. L’aide internationale c’est le poisson qui ne nourrit son homme qu’un seul jour et qui le garde dans la dépendance perpétuelle. Les usines, aussi exploitatives soient-elles, sont le filet qui permet à ces gens de sortir de la dépendance et leur permettre de pourvoir pour eux-même.

Sortir le gouvernement du système monétaire

gold-coins

L’or a été, pendant des millénaires, l’objet de choix comme unité de compte et comme moyen d’échange. Facile à reconnaître, à transporter et à transformer en pièces de monnaie, homogène et durable; voilà quelques-unes des qualités qui ont avantagé le métal jaune (et, à une moindre mesure, l’argent) comme monnaie.

 

Malheureusement, comme toute chose qui fonctionne bien seule (ou presque), l’État doit y étendre ses tentacules. Surtout depuis la Renaissance, il s’est arrogé de plus en plus le contrôle du système monétaire et l’a complètement corrompu. Les transformations progressives nous ont donné notre système monétaire moderne : des monnaies fiduciaires flottant les unes par rapport aux autres, une inflation galopante en temps de paix, un système de réserves bancaires fractionnaires qui est, ni plus ni moins, que de la fraude légalisée et, bien sûr, des libertés individuelles encore plus restreintes. Murray Rothbard, célèbre économiste de l’École autrichienne, a dénoncé ce système il y a près de 50 ans dans un essai, qui a été publié sous forme de livre en 1974, sous le titre The Case for a 100 percent Gold Dollar1. J’ai eu le privilège de lire et de traduire ce livre sous le titre Plaidoyer pour un dollar pleinement garanti par l’or.

 

Le cœur de sujet de ce livre – le contrôle gouvernemental du système monétaire est un gâchis pour l’économie – est on ne peut plus d’actualité. En effet, la crise actuelle est facilement attribuable à l’intervention du gouvernement dans le système monétaire, notamment le « fort encouragement » qu’il a envoyé aux banques pour prêter à n’importe qui2, la mise en pool des prêts consentis par ces « encouragements3 », le maintient de taux d’intérêts artificiellement au travers de la Fed (banque centrale des États-Unis), le Community Reinvestment Act, renforcé sous Bill Clinton4, etc. N’eût été de ces interventions, la crise actuelle – prédite par les économistes autrichiens depuis déjà 20035 – n’aurait probablement pas eu lieu.

 

La destruction lente et progressive du système monétaire

 

Dans son excellent essai, Rothbard retrace les grandes étapes de la monopolisation monétaire de l’État. Ça a commencé par le monopole de la frappe, sous prétexte que les frappeurs de monnaie privés pourraient frauder leurs clients en mettant moins d’or qu’ils ne le devraient dans les pièces. Chacun sait que l’État est *évidemment* incapable de faire ça … De plus, si l’on utilise de « raisonnement », il faudrait abolir tous les contrats parce que quelques escrocs en rédigent des frauduleux ou ne les respectent tout simplement pas.

 

Le monopole de la frappe par l’État a créé, n’en déplaise aux opposants à la frappe privée, ce qu’on appelle la loi de Gresham : les bonnes pièces de monnaie sont amassées tandis que les moins bonnes (usées ou avec un défaut de fabrication) demeurent en circulation. Cette loi s’applique quand une pièce de monnaie a une valeur immuable; peu importe si elle pèse maintenant 25 grammes, si la pièce dit qu’elle vaut 30 grammes d’or, alors elle vaut 30 grammes d’or. C’est comme si un kilogramme équivalait soudainement à 750 grammes.

 

Ce monopole de frappe, et l’immuabilité de la monnaie, a engendré le second problème : l’insistance sur le nom de la monnaie et non sur sa masse. Pour ceux qui l’ignoraient, toutes les monnaies nationales étaient, à prime abord, des unités de masses, au même type que le mètre est une unité de mesure ou la seconde est une unité de temps. La livre sterling en est sans doute le meilleur exemple, puisque l’unité de base de la monnaie anglaise était justement ça : une livre de monnaie d’argent. Le dollar des États-Unis, lui, était 1/20 d’once d’or (1,56 gramme). D’ailleurs, jusqu’au milieu du XIXe siècle, des pièces de monnaies étrangères (en or ou en argent) circulaient sans aucun problème aux États-Unis. Malheureusement, afin de renforcer l’État central, Washington et les autres capitales occidentales ont interdit les monnaies étrangères dans leur pays pour favoriser la monnaie nationale, ce qui accordait encore plus d’importance au nom et non à la masse.

 

L’étape finale de la perdition du système monétaire fut l’invention des banques centrales. Créées pour supposément stabiliser le système financier, elles n’ont fait que le contraire, comme en fait foi la Grande Dépression, causée par une décennie de taux d’intérêts trop bas. Elles ont également encouragé cette fraude légalisée nommée réserves fractionnaires.

 

Jadis, les banques devaient avoir en tout temps assez d’espèce pour rembourser sur demande quiconque voudrait en avoir (appelé réserves intégrales). Elles n’avaient pas le choix; si, pour une raison quelconque, elles ne pouvaient remplir leurs obligations contractuelles, la banque faisait faillite parce que les gens paniquaient et avaient peur de ne pas avoir leur propriété (les espèces). Mais à cause de l’intervention des gouvernements et des banques centrales, cette crainte est disparue. Le gouvernement garantissait aux banques qu’il ne les laisserait pas faillir – ce qu’il a fait, et à cout de billions de dollars. Et n’oublions pas qu’en ayant le monopole de l’émission de la monnaie, l’État peut – et l’a fait constamment dans le passé – imprimer autant d’argent qu’il le souhaite. Il peut ainsi s’avantager, de même que les lobbys assez puissants, au détriment de la population et de façon nettement plus subtile qu’avec une hausse d’impôts ou de taxes. Cet sur-émission de billets a été le dernier clou dans le cercueil de l’étalon-or.

 

Un retour à un système monétaire honnête

 

Après avoir montré ce qui a détruit le système monétaire, Rothbard se propose de le reconstruire. Sa proposition est audacieuse : il veut non seulement que nous retournions à l’étalon-or, mais il veut que tous les billets de banques et les comptes bancaires – puisqu’ils sont pareils d’un point de vue monétaire : une promesse de remboursement en espèce en tout temps – soient garantis par l’or. Que ça se fasse par une déflation de la masse monétaire actuelle ou par une augmentation exponentielle du prix de l’or pour refléter la masse monétaire actuelle6, ou par un mélange des deux, il faudra que l’opération se fasse un jour ou l’autre. L’argent des autres finira par manquer, dixit Margaret Thatcher.

 

Néanmoins, même si l’on venait qu’à prendre ce chemin du salut, l’économie se s’en porterait pas nécessairement mal. En effet, une suggestion de Rothbard, lors de la première publication de son essai, est maintenant largement utilisée par les banques : les certificats de dépôt (CD). Ces obligations, de même que les fonds mutuels du marché monétaire, sont d’excellents outils d’épargne qui ne créent aucune inflation. Pour une période variable de temps – le client a le dernier mot, comme pour tout ce qui est sur le libre-marché –, une personne achète ladite obligation, qui devient en fait une nouvelle promesse de remboursement en espèce, plus intérêt. L’argent est ainsi prêté à un particulier ou à une entreprise, qui doit le retourner à échéance. Ainsi, contrairement aux prêts bancaires actuel, aucun nouvel argent n’est créé puisque la banque ne prête pas de fonds sans avoir les espèces (or ou argent) nécessaires. D’ailleurs, selon la proposition de Rothbard, tous les métaux précieux seraient remis entre les mains des particuliers et des banques, facilitant ainsi l’émission de ces obligations. De plus, ce seraient les banques qui auraient la responsabilité d’émettre des billets de banque ou des dépôts, selon ce que les clients veulent.

 

Éventuellement, cette décentralisation monétaire ferait que tous les noms de monnaie (dollar, yen, euro, peu importe) deviendraient obsolètes et seraient remplacés par grammes d’or. Ainsi, adieu taux de changes et bonjour monnaie internationale stable et libre d’intervention des gouvernements. La libéralisation serait complétée en privatisant, une fois de plus, la frappe de monnaie.

 

Ce programme, je le concède, peu paraître radical. Mais si les libertariens « lâchent leur bout » et cèdent trop de terrain afin de plaire au plus de monde possible, alors il n’y a que le statu quo possible. Un tel monde se reflète bien dans le Québec d’aujourd’hui, et c’est exactement ce que le livre de Rothbard veut combattre.

 

Le livre sera bientôt disponible pour environ 5 $ sur le site www.mises.ca. Joignez l’Institut Ludwig Von Mises du Canada pour un 5 à 7 le 19 novembre à l’hôtel Hilton Bonaventure. J’y ferai une brève présentation du livre; Johanne Marcotte sera également là pour présenter son nouveau livre, Pour en finir avec le gouvernemaman.

5Un document, traduit par moi-même, racontant les succès des prédictions autrichiennes au cours du dernier siècle, dont celles sur la bulle immobilière, sera disponible lors de la conférence de Cambridge House, au kiosque de l’Institut Ludwig Von Mises à l’hôtel Hilton Bonaventure les 18 et 19 novembre.

6Cela suppose que le dollar des États-Unis est 35 $ l’once, tel que décrété par les accords de Bretton Woods. Mais rien n’empêche de trouver une nouvelle définition pour la masse du dollar.

Too-big-to-fail: le film

toobig

J’ai récemment visionné le film-documentaire « Too big to fail » de Curtis Hanson et tiré du livre de Andrew Ross Sorkin. Voici mes commentaires.

Le générique du début commence bien mal, c’est-à-dire en indiquant à tort que la dérèglementation du système bancaire (sic) est à la source de la crise financière. Comme je l’expliquais ici, au moment de la crise, l’industrie financière n’avait jamais été autant règlementée. La seule exception est le Glass-Steagall Act, qui empêchait les banques commerciales de fusionner avec des banques d’investissement, qui fut éliminé en 1999. Est-ce que cette loi aurait pu empêcher les fiascos de Bear Stearns, Lehman Brothers et Merrill-Lynch, qui sont au coeur du documentaire? Absolument pas!

Premièrement, même avant l’abolition de cette loi, les banques d’investissement étaient déjà autorisées à commercer et à détenir les actifs financiers au centre de la crise financière tels que les titres basés sur des prêts hypothécaires (RMBS, CMBS), les Credit Default Swaps (CDS) et les Collateral Debt Obligations (CDO).

Deuxièmement, très peu de sociétés financières ont décidé de combiner les activités d’investissement et les activités de banque commerciale, ce que permettait l’abolition de Glass-Steagall. Les deux banques d’investissement dont la déroute symbolise la crise financière, soit Bear Stearns et Lehman Brothers, n’étaient affiliées à aucune institution de dépôt. Au contraire, si Bear Stearns ou Lehman Brothers avait eu une source importante de dépôts assurés, elles auraient probablement survécu à leurs problèmes de liquidité de court terme. En outre, les grandes banques qui combinent des activités d’investissement et des activités commerciales ont traversé la crise en meilleure santé que les autres.

La loi Gramm-Leach-Bliley (qui abolissait Glass-Steagall) en elle-même n’a eu que peu d’impact sur les activités de trading des banques d’investissement. Les activités hors-bilan de Bear Stearns et Lehman étaient autorisées avant l’adoption de la loi. Je ne comprends donc pas pourquoi beaucoup de « pseudo-experts » du système financier s’acharnent sur ce point; c’est ridicule.

 

Les choses deviennent plus intéressantes par la suite, alors que ce même générique montre des discours de Georges W. Bush vantant les mérites de l’accession à la propriété. Dommage que le documentaire n’ait pas été plus en détails et ne parle pas de ces politiques gouvernementales qui ont littéralement créé l’industrie des hypothèques subprimes et contribué à gonfler la bulle immobilière (Fannie/Freddie, CRA, HUB, etc, voir ceci).

L’histoire commence par tourner autour de Dick Fuld, alors PDG de Lehman. Ce dernier harcèle les politiciens (Paulson et Geithner notamment) pour obtenir de l’aide. On constate rapidement à quel point le système était infesté par le risque moral. Les interventions multiples du gouvernement dans le passé, notamment durant la crise des « savings-and-loans » en 1991, ont engendré une anticipation néfaste que l’État se porterait infailliblement au secours des grandes institutions. Ce risque moral induit par les politiques du gouvernement est une cause fondamentale de la crise. Il est important de noter que suite à ce que le gouvernement ait aidé JP Morgan à acquérir Bear Stearns, Dick Fuld s’attendait au même traitement de faveur. Il a donc agi de façon laxiste et commis beaucoup d’erreurs, comme celle de refuser l’offre de Warren Buffet. Fuld aurait peut-être aussi été moins exigeant envers les Coréens s’il avait été convaincu que le gouvernement ne viendrait pas à son secours.

D’ailleurs, il est fascinant de constater à quel point les politiciens ont été profondément impliqués dans les événements. Cela est troublant lorsque l’on entend à tort et à travers que les États-Unis sont un des pays les plus capitalistes. Pour ma part, s’il y a une chose que ce film fait bien c’est de démontrer ce qu’est le « capitalisme de copinage ».

Durant la première moitié du film, on sent que Paulson est déterminé à ne pas utiliser de fonds publics pour renflouer les banques. Il met tout en oeuvre pour organiser une solution « privée » à la crise, de façon à préserver les apparences d’un système de libre-capitalisme. Une fois le deal entre Merrill et Bank of America scellé et les chances d’une transaction entre Barclays et Lehman anéanties, Paulson se résigne donc à laisser faillir Lehman Brothers. C’était effectivement la bonne chose à faire, mais est-ce que Paulson était prêt à faire face à la musique et à assister une profonde purge du système bancaire américain? Il s’est avéré que non!

La faillite de Lehman a pesé sur l’accélérateur du broyeur à déchet de la crise financière. C’est que beaucoup d’institutions avaient des relations d’affaires avec Lehman et cette entreprise avait des engagements envers eux. Ensuite, les investisseurs ont retirés leurs billes des autres banques d’investissement, craignant qu’elles ne subissent le même sort que Lehman. Cela a eu un impact déflationniste et mis un stress supplémentaire sur le système.

Lorsqu’il s’est avéré que l’assureur AIG était en situation critique, ayant assuré un grand nombre de mauvaises créances hypothécaires adossées, les politiciens ont paniqué. Le gouvernement a alors nationalisé Fannie Mae et Freddie Mac, qui ont joué un rôle central dans la formation de cette crise, puis il a pris une grande participation dans AIG. Paulson a ensuite convaincu les banques d’accepter des fonds gouvernementaux dans le cadre du TARP, qu’elles en aient de besoin ou non (pour ne pas que celles qui en ont vraiment de besoin ne soient identifiables, minant leur crédibilité).

Lorsque la conseillère en communications de Paulson lui demande pourquoi ils n’ont pas régulé l’exposition d’AIG et des assureurs « monolignes » aux CDS, la réponse de ce dernier (dans le film) est que « c’était bien trop payant ». La réalité est que les régulateurs sont contaminés par ceux qu’ils régulent et ne sont pas assez compétents pour comprendre ce qu’il se passe. Néanmoins, ils confèrent aux clients de ces institutions un faux sentiment de sécurité et contribuent au risque moral dans le système. C’est pourquoi la règlementation n’est pas la solution.

À noter que Bernanke a convaincu les politiciens d’accepter le TARP en leur brandissant le spectre de la Grande Dépression de 1929, qui fut aussi marquée par une crise du crédit. Cependant, lorsque l’on sait que la déflation du boum de crédit est une étape nécessaire au processus de rémission, on comprend que cet argument n’est pas valide.

La cause la plus fondamentale de la crise financière, soit le système bancaire à réserves fractionnaires et la création de monnaie ex nihilo par la banque centrale, n’est qu’effleurée dans une scène où Paulson se confie à son épouse dans sa cour arrière, alors qu’il souffre d’insomnie. Si ma mémoire est bonne, Paulson mentionne :

« Aucune banque au monde n’a suffisamment d’argent pour rembourser tous ses déposants. Tout le système n’est basé que sur la confiance. »

Le réalisateur n’a malheureusement pas élaboré sur ce point, ignorant probablement que toutes les crises financières sont causées par les réserves fractionnaires. Paulson explique ensuite à sa femme ce qu’il craint qu’il arrive s’il ne fait rien :

« …dans les deux semaines qui suivraient, il n’y aurait plus de lait sur les tablettes des épiceries ».

En quoi est-ce que des faillites de grandes banques d’investissement pourraient-elles faire en sorte qu’il n’y ait plus de lait dans les épiceries? L’inventaire de l’épicier ou du grossiste était-il financé à crédit par du papier commercial dont personne ne voulait? Ceux-ci auraient fini par financer leurs inventaires à l’aide de leur flux monétaires d’opération, ce qui serait nettement plus sain que d’utiliser le crédit.

Ceci étant dit, si c’est un « credit crunch » que Paulson craignait, le TARP n’a pas réussi à l’éviter. Selon le sondage de la Federal Reserve, de moins en moins de banques ont augmenté la sévérité de leurs critères d’octroi de prêts suite au bailout (voir premier graphique ci-bas). Cependant, cela ne signifie pas qu’ils aient abaissé ces critères et ouvert les vannes du crédit pour autant. D’ailleurs, ceux-ci étaient probablement très élevés à l’époque. Ils n’ont cependant pas tant augmenté comme l’affirme l’épilogue du film (sauf pour les subprimes évidemment).

Néanmoins, c’est véritablement suite à l’annonce du TARP (octobre 2008) que le crunch s’est produit (voir le second graphique ci-bas). Certains disent que c’est parce que les banques ne voulaient pas prêter, ayant un problème de capital, alors que d’autres affirment que les banques ne pouvaient pas prêter car il n’y avait pas suffisamment de demande pour le crédit. C’est un peu des deux. En fait, ce que les banques ont fait avec l’argent du TARP a été tout simplement de stationner les fonds dans leur compte à la Federal Reserve sous forme de bonds du Trésor (le troisième graphique ci-bas montre les réserves excédentaires des banques à la Fed).

Donc le sauvetage n’a pas réussi à éviter le crunch de crédit et il n’a pas réussi à stabiliser le marché immobilier. Ce qu’il aura réussi à faire par contre aura été de 1) permettre à AIG de rembourser les $13 milliard qu’elle devait à Goldman Sachs, l’ancien employeur de Paulson, 2) rendre les grandes banques encore plus grosses qu’elles ne l’étaient déjà alors que Wells Fargo a acheté Wachovia et que BofA a acheté Merrill, pendant que les petites banques ont fait faillite par centaines, 3) engendrer encore plus de risque moral, que les régulateurs tentent de minimiser en augmentant le niveau de règlementation, ce qui est voué à l’échec.

La facture cinématographique du film est bonne, les acteurs sont fort ressemblants aux personnages réels, mais les dialogues sont parfois ridicules et caricaturaux (on tente de faire paraître les banquiers trop arrogants et cupides; ils le sont, certes, mais peut-être pas à ce point). Je recommande le film à tous ceux qui s’intéressent à cette fameuse crise, mais je vous mets en garde à l’égard du fait qu’il comporte de sérieuses lacunes.

Conclusion :

Est-ce que la dérèglementation est responsable de la crise? Non!

Quelles sont ses causes alors?

                Les politiques gouvernementales favorisant l’accession à la propriété.

                Une politique monétaire trop expansionniste par la Federal Reserve.

                Le système bancaire à réserves fractionnaires.

                Le risque moral induit par l’intervention étatique.

Est-ce que le TARP était nécessaire? Non!

A-t-il permit d’éviter un crunch de crédit? Non!

A-t-il eu des effets pervers? Oui, plusieurs.

Est-ce que l’économie en a bénéficié? Pas vraiment. Le marché immobilier continue de se dépérir, le chômage demeure élevé et les États-Unis sont en train de devenir une économie de zombies contrôlés par le gouvernement (voir ce qui est arrivé au Japon depuis 20 ans).

Qu’aurait-on dû faire alors? Rien! Laisser le système se nettoyer de lui-même en le purgeant de ces grandes banques mal gérées et de tout ce crédit inflationniste. Le choc aurait été brutal, mais la rémission serait venue plus rapidement, aurait été plus brève et durable.

En lecture complémentaire, voir ceci et ceci.

Dérèglementation, mon oeil

Manifestants à "Occupons Montréal" / Photo: Philippe David, Contrepoids

 

Manifestants à "Occupons Montréal" / Photo: Philippe David, Contrepoids

NDLR: Avec les évènements « Occupons… » qui se répandent et qui semblent vouloir reprendre de l’ampleur, nous reproduisons ici cette excellente chronique du blogueur Minarchiste sur les origines de la crise financière, question de remettre les pendules à l’heure.

J’ai expliqué à maintes reprises sur ce blogue de quelles façons l’interventionnisme étatique a causé la crise financière de 2008. Cependant, les responsables continuent de nier l’évidence et tentent de réparer les pots cassés en appliquant les mêmes politiques que celles qui ont mené à la crise. Le bouc-émissaire qu’ils ont trouvé pour se déculpabiliser est la règlementation. Selon eux, la « dérèglementation » du système bancaire a été la cause principale de la crise financière et des réformes sont nécessaires à cet égard.

En réfutation à ce mythe, je vous offre un billet inspiré d’un article de Mark Calabria, du CATO Institute, publié l’an passé.

Un recul de l’Etat réglementateur ?

On peut obtenir une mesure directe de la réglementation par la taille des budgets ainsi que par les niveaux d’effectifs des organismes de réglementation financière. Dans une étude du Mercatus Center, Véronique de Rugy et Melinda Warren ont conclu que les dépenses pour la réglementation bancaire et financière sont passées de $190 millions seulement en 1960 à $1.9 milliard en 2000, et à plus de $2.3 milliards en 2008 (en dollars constants de 2000).

Si l’on se concentre spécifiquement sur la Securities and Exchange Commission (SEC), l’agence au coeur de la réglementation de Wall Street, les dépenses budgétaires sous le mandat du président Bush ont augmenté, en termes réels, de plus de 76%.

L’agence comptait 2,841 employés en équivalent temps plein en 2000, 3.568 en 2008 ; soit une augmentation de 26% en 8 ans. Le niveau d’effectifs de la SEC en 2008 est par exemple plus de huit fois celui de la Consumer Product Safety Commission, qui passe en revue des milliers de produits de consommation par an.

Une autre mesure de la réglementation est le nombre absolu de règles édictées par un ministère ou organisme. Le régulateur financier principal, le Département du Trésor, a vu sa moyenne annuelle de nouvelles règles proposées passer d’environ 400 dans les années 1990 à plus de 500 dans le années 2000. Durant les années 1990 et 2000, la SEC a émis environ 74 règles par an.

La loi Gramm-Leach-Bliley

Au coeur de toutes les affirmations selon lesquelles la déréglementation a entraîné la crise, on trouve le Gramm-Leach-Bliley Act, lequel comprenait une abrogation du Glass-Steagall Act, loi qui datait de l’époque du New Deal et qui interdisait de mélanger la banque d’investissement et la banque commerciale.

Les banques d’investissement assistent les entreprises et les États pour la souscription, le marketing, et de conseil sur la dette et les capitaux. Elles réalisent souvent des opérations importantes de négociation, achetant et vendant des titres financiers à la fois au nom de leurs clients et pour leur propre compte. Les banques commerciales acceptent les dépôts assurés et accordent des prêts aux ménages et aux entreprises.

La critique de la déréglementation suggère qu’une fois que le Congrès a ouvert la voie pour la fusion des banques d’investissement et des banques commerciales, les banques d’investissement ont été incitées à prendre davantage de risques, tout en réduisant leurs capitaux propres. Il y a des doutes sur l’effet que cette loi a eu sur les marchés financiers et sur le fait de savoir si elle a eu une quelconque influence sur la crise financière actuelle.

Premièrement, même avant l’adoption de cette loi, les banques d’investissement étaient déjà autorisées à commercer et à détenir les actifs financiers au centre de la crise financière tels que les titres basés sur des prêts hypothécaires, les Credit Default Swaps (CDS) et les Collateral Debt Obligations (CDO).

Deuxièmement, très peu de sociétés financières ont décidé de combiner les activités d’investissement et les activités de banque commerciale. Les deux banques d’investissement dont la déroute symbolise la crise financière, Bear Stearns et Lehman Brothers, n’étaient affiliées à aucune institution de dépôt. Au contraire, si Bear Stearns ou Lehman Brothers avait eu une source importante de dépôts assurés, elles auraient probablement survécu à leurs problèmes de liquidité de court terme. En outre, les grandes banques qui combinent des activités d’investissement et des activités commerciales ont traversé la crise en meilleure santé que les autres.

Comme l’ancien président américain Bill Clinton l’a déclaré dans Business Week en 2008,

« je n’ai pas constaté que la signature de ce projet de loi ait eu quoi que ce soit à voir avec la crise actuelle. En effet, l’une des choses qui a aidé à stabiliser la situation actuelle est le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, qui s’est fait beaucoup plus en douceur que si ce projet de loi n’avait pas été signé. »

La loi Gramm-Leach-Bliley en elle-même n’a eu que peu d’impact sur les activités de trading des banques d’investissement. Les activités hors-bilan de Bear Stearns et Lehman étaient autorisées avant l’adoption de la loi.

La SEC a-t-elle déréglementé les banques d’investissement ?

L’une des « déréglementations » revendiquées, résultant d’un mélange des activités d’investissement et commerciales, a été l’augmentation du ratio d’endettement des banques d’investissement permise par la SEC.

Cependant, l’utilisation volontaire des règles de Bâle sur le capital a été considérée comme une petite partie seulement d’un système de réglementation plus élaboré, comme l’a exprimé John Heine, porte-parole de la SEC:

« Les règles de 2004 de la Commission ont intensifié la surveillance des marchés des titres, parce qu’avant leur adoption il n’y avait pas de supervision réglementaire formelle, pas d’exigences de liquidité, et aucune exigence de capital pour les holdings bancaires d’investissement. »

Ces exigences accrues ont conféré à la SEC des responsabilités plus larges en termes de surveillance prudentielle des banques d’investissement et de leurs sociétés holding.

 Les agences de notation :

En vertu des règles du capital de la SEC, une maison de courtage doit réduire la valeur des titres à risque ou spéculatifs sur son bilan pour tenir compte du niveau de risque. En définissant le risque des titres détenus, la SEC a lié la mesure du risque à la notation de crédit du titre détenu, les titres non notés étant considérés comme les plus risqués.

La SEC, en élaborant ses règles sur le capital, s’est inquiété que, en permettant à des agences de notation externe définir le risque, certaines agences de notation seraient tentés tout simplement de vendre des notes favorables, quel que soit le risque véritable. Pour résoudre ce risque perçu, la SEC a décidé que seules les Organisations nationalement reconnues de notation statistique (Nationally Recognized Statistical Rating Organizations ou NRSRO) auraient leurs notations reconnues par la SEC et utilisées pour la conformité aux exigences de capital réglementaire.

En définissant les qualifications d’une NRSRO, la SEC a délibérément exclu les nouveaux entrants et a favorisé les entreprises existantes, telles que Moody’s et Standard and Poor’s. En essayant de résoudre un problème imaginaire, une prétendue course vers le bas, la SEC a réussi à créer un problème réel, un oligopole accrédité dans le secteur des notations. Une des conséquences de cet oligopole est qu’au début des années 1970, les agences de notation s’écartèrent de leurs pratiques historiques de marketing et de vente de notes à des investisseurs, pour se diriger vers la vente des notes aux émetteurs de dette.

Durant les années 1980 et 1990, la SEC a toujours plus ancré le contrôle du marché par les agences de notation reconnues. Par exemple, dans les années 1980, la SEC limitait la souscription des fonds de marché monétaires aux titres qui étaient « investment grade », tels que définis par les NRSRO. Cette exigence a été étendue au papier commercial.

Le conflit d’intérêt entre les évaluateurs et les émetteurs n’est pas le résultat de l’absence de réglementation, mais la conséquence directe et prévisible de la réglementation. La solution à ce problème consiste à supprimer les privilèges des NRSRO et de rétablir la concurrence sur le marché.

 L’accès à la propriété :

J’ajouterais que s’il y a une règlementation qui a eu un impact significatif sur la crise, c’est bien le Community Reinvestment Act. Cette loi a littéralement créé le marché subprime en forçant les banques à prêter à des ménages moins fortunés pour les aider à accéder à la propriété.

Fannie Mae et Freddy Mac ont d’ailleurs été des instruments de choix pour orchestrer les politiques d’accès à la propriété du gouvernement et ce en échange d’une garantie implicite du gouvernement fédéral. Ainsi, ces deux governement-sponsored entities (GSE) ont acheté plus de 40% des CDO de subprime au plus haut du marché.

Ainsi, la règlementation étatique visant à favoriser l’accès à la propriété a grandement contribué à l’essor de la crise financière.

Conclusion:

La croyance voulant que la dérèglementation du système financier soit la cause principale de la crise financière est un mythe inventé de toutes pièces par les vrais responsables de la crise, qui eux sont à la recherche d’un bouc-émissaire et d’une augmentation encore plus grande de leurs pouvoirs.

Quand les idées font l’amour

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Comment la race humaine a-t-elle amélioré sa situation par sauts et par bonds depuis deux cents ans? Matt Ridley offre une excellente explication du développement de l’échange, la coopération volontaire, la spécialisation et la division du travail et leur rôle dans l’innovation et le progrès.

Dans son exposé, Matt Ridley cite un texte de Leonard Read, « Moi, Le Crayon ». En complément, je vous offre une traduction de ce texte:

Moi, le crayon

Mon arbre généalogique raconté par Leonard. E. Read

Traduction par Hervé de Quengo

 

Je suis un crayon noir — le crayon de bois ordinaire que connaissent tous ceux qui savent lire et écrire, garçons, filles et adultes. (Mon nom officiel est « Mongol 482. » Mes nombreux éléments sont assemblés, fabriqués et finis par la Eberhard Faber Pencil Company.)

Ecrire est à la fois ma vocation et mon métier [jeu de mots anglais entre vocation et avocation=métier. NdT] ; c’est tout ce que je fais.

Vous pourriez vous demander pourquoi je devrais écrire une généalogie. Eh bien, pour commencer, mon histoire est intéressante. Et, ensuite, je suis un mystère — plus grand qu’un arbre ou un coucher de soleil, et même qu’un éclair. Mais, malheureusement, ceux qui m’utilisent me considèrent comme faisant partie du décor, comme si je n’étais qu’un simple événement sans antécédents. Cette attitude superficielle me relègue au niveau du banal. C’est un exemple de la grave erreur que l’humanité ne peut pas continuer à commettre trop longtemps sans danger. Car, comme l’a observé le sage G.K. Chersterton, « Nous périssons faute d’émerveillement, et non pas faute de merveilles. [We are perishing for want of wonder, not for want of wonders]. »

Moi, le crayon, aussi simple que je paraisse, je mérite votre émerveillement et votre respect, une affirmation que je vais essayer de prouver. En fait, si vous pouvez me comprendre — non, c’est trop demander à quelqu’un — si vous pouvez prendre conscience du caractère miraculeux que je symbolise, vous pourrez sauver la liberté que l’humanité est si malheureusement en train de perdre. J’ai une profonde leçon à enseigner. Et je peux l’enseigner mieux qu’une automobile, un avion ou un lave-vaisselle parce que — eh bien, parce que je suis en apparence si simple.

Simple ? Et pourtant, pas une seule personne à la surface de cette terre ne sait comment me fabriquer. Ceci semble invraisemblable, non ? Particulièrement quand on se rend compte qu’on produit chaque année un demi milliard de mes semblables aux Etats-Unis.

Prenez-moi et regardez-moi, que voyez-vous ? On ne voit pas grand-chose : il y a du bois, de la laque, la marque imprimée, la mine, un peu de métal et une gomme.

D’innombrables antécédents

Tout comme vous ne pouvez pas remonter votre arbre généalogique très loin, il m’est impossible de nommer et d’expliquer tous mes antécédents. Mais je voudrais en suggérer suffisamment pour bien vous faire comprendre leur richesse et leur complexité.

Mon arbre généalogique commence avec ce qui est bel et bien un arbre : un cèdre de l’espèce qui pousse en Californie du Nord et en Oregon. Réfléchissez maintenant avec attention à toutes les scies, à tous les camions, à toutes les cordes et aux innombrables autres équipements utilisés pour obtenir et transporter les rondins de cèdre vers les voies de chemin de fer. Pensez à toutes les personnes et aux compétences innombrables qui ont participé à leur fabrication : l’extraction du minerai, la fabrication de l’acier et sa transformation en scies, haches et moteurs ; la culture du chanvre et toutes les étapes aboutissant à une corde grosse et lourde ; les campements d’exploitation du bois avec leurs lits et leurs mess, la culture et la cuisine de toute la nourriture. Tiens, un nombre incalculable de milliers de gens ont joué un rôle dans chaque tasse de café que boivent les bûcherons !

Les rondins sont envoyés vers une fabrique à San Leandro, en Californie. Pouvez-vous imaginer les individus qui ont créé les wagons-plateforme, les rails et les locomotives, et ceux qui ont construit et installé les moyens de communication qu’ils supposent. Ces légions font partie de mes antécédents.

Réfléchissez au travail à San Leandro. Les rondins sont coupés en petites lames, de la longueur d’un crayon et d’une épaisseur inférieure à 6 millimètres. Celles-ci sont séchées dans un four et teintées pour la même raison qu’une femme met du rouge sur son visage. Les gens préfèrent que je sois joli, plutôt que d’un blanc pâle. Les lames sont cirées et à nouveau séchées en four. Combien de savoir-faire entrent dans la fabrication des teintes et des fours, ou dans la fourniture de la chaleur, de la lumière et de l’énergie, des courroies, des moteurs et des autres choses que réclame une fabrique ? Des balayeurs de la fabrique parmi mes ancêtres ? Oui, et aussi les hommes qui ont versé le béton du barrage d’une centrale hydraulique de la Pacific Gas and Electric Company qui approvisionne la fabrique en énergie.

N’oubliez pas les ancêtres actuels et lointains qui ont aidé à transporter soixante voitures de lames d’un côté à l’autre du pays.

Une fois dans l’usine à crayons — 4 millions de dollars de machines et de bâtiments, capital entièrement accumulé par des parents à moi — chaque lame se voit donner huit rainures par une machine complexe, après quoi une autre machine place une mine dans une lame sur deux, met de la colle et dispose une autre lame au-dessus — un sandwich à la mine pour ainsi dire. Sept frères et moi sommes mécaniquement taillés dans ce sandwich de bois.

Ma mine elle-même est complexe. Le graphite est extrait à Ceylan. Pensez à ces mineurs, à ceux qui ont fabriqué leurs nombreux outils ou les sacs en papier dans lesquels on transporte le graphite ou encore la ficelle qui permet d’attacher ces sacs, à ceux qui les ont mis à bords des bateaux et à ceux qui ont fabriqué ces bateaux. Même les gardiens de phare le long de la route ont aidé à ma naissance — et aussi les pilotes des ports.

Le graphite est mélangé à de l’argile du Mississipi dont on utilise l’hydroxyde d’ammonium pour le processus d’affinage. Puis des agents mouillants sont ajoutés, comme du suif sulfoné — des graisses animales ayant réagi avec de l’acide sulfurique. Après être passé au travers de nombreuses machines, le mélange se présente finalement comme une extrusion sans fin — comme pour une machine à saucisses — découpée à la dimension voulue, séchée et cuite pendant plusieurs heures à environ 1000 °C. Pour accroître leur résistance et leur aspect lisse, les mines sont alors traitées avec un mélange chaud qui comprend de la cire du Mexique, de la paraffine et des graisses naturelles hydrogénées.

Mon cèdre reçoit six couches de laque. Connaissez-vous tous les ingrédients de la laque ? Qui penserait que les éleveurs de graine de ricin et les raffineurs d’huile de ricin en font partie ? C’est le cas. Tiens, même les processus qui permettent d’obtenir la belle couleur jaune de la laque nécessitent les savoir-faire de plus de personnes que l’on n’en pourrait dénombrer !

Regardez la marque. C’est un film formé en chauffant du charbon noir mélangé avec des résines. Comment faites-vous pour obtenir des résines et, je vous le demande, qu’est ce que le charbon noir ?

Mon bout de métal — la virole — est en laiton. Pensez à toutes les personnes qui extraient le zinc et le cuivre et ceux qui savent faire une feuille brillante de laiton à partir de ces produits de la nature. Ces anneaux noirs sur ma virole sont en nickel noir. Qu’est-ce donc, et comment est-il mis en place ? L’histoire complète qui explique pourquoi le centre de ma virole n’est pas recouvert de nickel prendrait des pages.

Il y a ensuite mon plus grand triomphe, inélégamment appelé dans le métier « la bonde » [the plug], la partie que l’homme utilise pour effacer les erreurs qu’il commet avec moi. C’est un élément appelé « factice » qui permet d’effacer. Il s’agit d’un produit semblable à du caoutchouc fabriqué en faisant réagir de l’huile de colza des Indes néerlandaises avec du chlorure de soufre. Le caoutchouc, contrairement à l’idée courante, ne sert que pour assurer la liaison. Il y a ensuite de nombreux agents de vulcanisation et d’accélération. La pierre ponce vient d’Italie ; et le pigment qui donne sa couleur à la gomme est du sulfure de cadmium.

Personne ne sait

Quelqu’un veut-il remettre en doute mon affirmation selon laquelle pas une seule personne au monde ne saurait comment me fabriquer ?

En fait, des millions d’êtres humains participent à ma création, et aucun d’entre eux n’en connaît plus que quelques autres. Bon ! Vous allez dire que j’exagère en disant que ma création est liée au cueilleur de baies de café dans le lointain Brésil et aux cultivateurs de nourriture, que c’est une position extrême. Je réitère mon affirmation. Il n’y a pas une personne, parmi ces millions, y compris le président de l’entreprise de crayons, qui contribue plus qu’un tout petit peu, de façon infinitésimale, aux compétences requises. Du point de vue des savoir-faire, la seule différence entre le mineur qui extrait le graphite à Ceylan et le bûcheron de l’Oregon est le type de compétence. On ne peut se passer ni du mineur ni du bûcheron, pas plus que du chimiste de la fabrique ou de l’ouvrier du champ de pétrole — la paraffine étant un dérivé du pétrole.

Voilà un fait étonnant : ni l’ouvrier du champ de pétrole, ni le chimiste, ni le mineur extrayant le graphite ou l’argile, ni aucun de ceux qui équipent ou fabriquent les bateaux, les trains ou les camions, ni aucun de ceux qui font fonctionner la machine assurant le moletage de mon bout de métal, ni le président de la compagnie ne remplissent leur tâches parce qu’ils me veulent. Chacun me désire moins, peut-être, qu’un écolier. En fait, il y en a dans cette multitude qui n’ont jamais vu de crayon et qui ne saurait pas s’en servir. Leur motivation est autre chose que moi. C’est peut-être quelque chose comme ça : chacun parmi ces millions voit qu’il peut ainsi échanger son petit savoir-faire contre des biens et des services qu’il désire ou dont il a besoin. Je peux ou non faire partie de ces articles.

Pas d’esprit organisateur

Il y a quelque chose d’encore plus étonnant : c’est l’absence d’un esprit supérieur, de quelqu’un qui dicte ou dirige énergiquement les innombrables actions qui conduisent à mon existence. On ne peut pas trouver trace d’une telle personne. A la place, nous trouvons le travail de la Main Invisible. C’est le mystère auquel je me référais plus tôt.

Il a été dit que « seul Dieu pouvait créer un arbre. » Pourquoi sommes-nous d’accord avec ça ? N’est-ce pas parce que nous comprenons que nous ne pourrions pas en fabriquer un nous-mêmes ? En fait, pouvons-nous décrire un arbre ? Non, sauf dans des termes superficiels. Nous pouvons dire, par exemple, qu’une certaine configuration moléculaire se présente comme un arbre. Mais quel esprit humain pourrait même noter, sans même parler de diriger, les changements constants des molécules qui se produisent au cours de la vie d’un arbre ? Un tel exploit est totalement impensable !

Moi, le crayon, je suis une combinaison de miracles : un arbre, du zinc, du cuivre, du graphite, etc. Mais, à ces miracles qui existent dans la Nature, s’ajoute un miracle encore plus extraordinaire : la configuration des énergies créatrices humaines — des millions de tout petits savoir-faire se réunissant naturellement et spontanément en réponse à la nécessité et au désir humains et en l’absence de tout esprit organisateur ! Comme seul Dieu peut créer un arbre, j’insiste pour dire que seul Dieu pourrait me créer. L’homme ne peut pas plus diriger ces millions de savoir-faire pour me donner vie qu’il ne peut assembler les molécules pour faire un arbre.

Tout ceci est ce que je veux dire quand j’écris : « Si vous pouvez prendre conscience du caractère miraculeux que je symbolise, vous pouvez aider à sauver la liberté que l’humanité est si malheureusement en train de perdre. » Car si l’on se rend compte que ces savoir-faire s’organiseront naturellement, oui, automatiquement en modèles créateurs et productifs permettant de répondre aux nécessités et aux désirs humains — c’est-à-dire en l’absence de gouvernement ou de tout autre esprit organisateur coercitif — alors on possède un ingrédient absolument essentiel de la liberté : une foi dans les gens libres. La liberté est impossible sans cette foi.

Une fois que le gouvernement a un monopole de l’activité créatrice, comme c’est le cas, par exemple, pour la livraison du courrier, la plupart des individus vont croire que le courrier ne pourrait pas être efficacement distribué par des gens libres. En voici la raison :chacun reconnaît qu’il ne sait pas lui-même toutes les choses qui impactent la livraison du courrier. Il reconnaît aussi qu’aucun autre individu ne pourrait le savoir. Ces suppositions sont correctes. Aucune personne ne possède assez de connaissances pour s’acquitter de la distribution du courrier d’un pays, tout comme personne ne possède assez de connaissances pour fabriquer un crayon. Or, sans la foi dans les gens libre — dans l’ignorance que, naturellement et miraculeusement, des millions de petits savoir-faire se formeraient et coopéreraient pour satisfaire ce besoin — l’individu ne peut s’empêcher d’arriver à la conclusion erronée que le courrier ne peut être distribué que grâce à l’esprit organisateur d’un gouvernement.

Des témoignages à la pelle

Si moi, le crayon, j’étais le seul point qui témoigne de ce que les hommes et les femmes peuvent faire lorsqu’ils sont libres d’essayer, alors les gens de peu de foi auraient des arguments. Il y a cependant pléthore de témoignages ; ils sont partout autour de nous. La livraison du courrier est très simple comparée, par exemple, à la fabrication d’une automobile, d’une calculatrice, d’une moissonneuse-batteuse, d’une machine de moulage ou de dizaines de milliers d’autres choses. La livraison ? Eh bien, dans le domaine où les gens ont été libres de distribuer la voix humaine autour de la terre en moins d’une seconde, ils fournissent visuellement et avec le mouvement dans le foyer de tout un chacun un événement lorsqu’il se produit. Ils permettent à 150 passagers de voyager de Seattle à Baltimore en moins de quatre heures. Ils fournissent du gaz du Texas à un fourneau de New York pour des prix très bas et sans subventions. Ils livrent un quart de la production de pétrole du Golfe persique sur notre Côte Est — la moitié d’un tour du monde — pour moins cher que le gouvernement ne facture la livraison d’une lettre de 30 grammes pour l’autre côté de la rue.

La leçon que je veux enseigner est la suivante : laissez libres toutes les énergies créatrices. Organisez juste la société pour qu’elle agisse en harmonie avec cette leçon. Que l’appareil légal de la société élimine tous les obstacles du mieux qu’il le peut. Permettez à tous ces savoirs créateurs de se répandre librement. Ayez foi dans les hommes et les femmes libres qui répondent à la main invisible. Cette foi sera fortifiée. Moi, le crayon, aussi simple que je sois, offre le miracle de ma création comme témoignage de cette foi pratique, pratique comme le soleil, la pluie, un cèdre ou la bonne terre.

Qu’est-ce que tout ça veut dire? Notre prospérité ne vient pas d’un accident. Elle ne vient pas des gouvernements. La prospérité vient de l’innovation créée quand des individus échangent des idées entre eux et quand ils coopèrent paisiblement entre eux pour produire ce que nous avons tous besoin.

Un nouveau départ?

Àü

L’économie c’est le chaos. L’économie c’est le produit de l’interaction de six milliards d’individus. L’économie c’est la résultante de six milliards d’actions simultanées à tout moment. Aucun ordinateur, aussi puissant soit-il, n’a la capacité de traitement pour analyser six milliards d’actions et leur résultante à chaque micro-seconde. L’économie n’est pas un système mécanique où chaque composante effectue un travail bien précis, prémédité et contrôlé. L’économie c’est nous, c’est tout le monde. L’économie est organique, tout comme les membres qui la compose. Six milliards d’individus avec chacun leurs désirs, leurs envies, leurs préférences, leurs motivations.

 

Essayez de concevoir un système basé sur six milliards de variables et très peu de constante et essayer d’en obtenir un produit fini déterminé à l`avance répondant à vos besoins de départ. Vous risquez d’avoir beaucoup de fil à retorde ne serait-ce que pour déterminer les valeurs possibles des variables. Vous n’en êtes pas encore à essayer de contrôler leurs interactions. De plus, même si vous parvenez à contrôler l’interaction de quatre milliards d’entre-elles, qu’est-ce qui vous assure que les interactions sont optimales? Qu’est-ce qui vous assure qu’elles n’entrent pas en conflit avec les deux milliards de variables restantes? Un système si complexe ne peut pas être contrôlé, dessiné, planifié. C’est trop de variables, trop souvent (à tout moment en fait) et trop changeantes.

 

Parlons maintenant de ces variables. Ces variables, qu’on peut surnommer être humain, sont chacune des entités indépendantes, autonomes avec leurs propre envies, désirs, motivations, préférences, perceptions et surtout leurs propre émotions. Les émotions ne sont pas rationnel; sinon, à quoi serviraient-elles? Nos émotions émergent du coeur même de notre cerveau, de ses plus ancienne structure, soit le cerveau reptilien et le système limbique. Ce sont ces parties du cerveau, qui gère la partie survie et instinctive de notre vie. Si vous êtes attaqué, c’est cette partie du cerveau qui va vous préparer à vous battre ou vous sauver. On la contrôle très peu et elle a pourtant un très grand pouvoir sur nos actions. Donc, l’humain, qui a déjà de la difficulté à se contrôler lui-même, devient une variable imprévisible dans un système composé de six milliards de variables semblable à lui, mais avec des comportements différents à un moment donné.

 

Nos variables qui évoluent ensemble, ont des préoccupations qui leur sont propre. Chacune d’entre-elles aspirent au bonheur. Chaque action qu’elle réalise, ou omet de réaliser, se fait dans le but de satisfaire un besoin,  une envie, une pulsion. Personne ne va faire quelque chose sans en retirer une satisfaction. On se tourne dans notre lit pour être plus confortable, on mange pour apaiser notre faim, on chatouille notre petit dernier pour le plaisir de le voir rire et heureux, on achète un marteau, car il nous permettra d’en retirer du bonheur (le beau cadre qu’on vient de poser et qu’on apprécie, par exemple) et quelqu’un nous l’a vendu parce qu’il préférait l’argent au marteau (peut-être pour s’acheter un tournevis, plus pratique pour lui). Toutes les variables, quelles qu’elles soient, agissent dans leur propre intérêt. Ces intérêts sont toujours égoïstes quoi qu’on en dise. La solidarité est pratiquée et importante, mais elle est fait parce qu’elle procure de la satisfaction, du bonheur à la personne qui le pratique. Quand on donne, c’est parce que ça nous fait plaisir d’aider. Parce qu’on croit que c’est important. Certes, certains n’y voient pas d’intérêt et c’est leur droit le plus fondamental.

 

Dans la Richesse des Nations, Adam Smith soutient que si chaque individu fait le meilleur choix économique possible cela mène, comme une main invisible, au meilleur résultat économique possible et ce pour l’ensemble de la société même si chacun vise seulement l’amélioration de son propre sort sans se soucier des autres. D’empêcher les individus de combler leurs désirs, d’atteindre leur bonheur, vient donc à dire qu’on empêche la réalisation du meilleur résultat économique pour la société. 


L’état dans son sens large vient nuire à ce processus. Quand je parle d’état, je ne parle pas seulement du gouvernement, mais de l’ensemble des structures implantées qu’on est obligé de subir. La plus évidente et la plus malsaine est la politique monétaire (banque centrale), mais on pourrait aussi parler des tonnes de réglementations légiférant le commerce qui ont été implantées suite à la pression de lobbys et qui ultimement serve à avantager ceux qui possèdent déjà le capital au détriment de Monsieur, Madame tout le monde. Contrairement à la pensée populaire, beaucoup de lois ne servent pas à « protéger » l’intérêt public, mais ont été implantées pour satisfaire tel ou tel industrie (à coup d’études financées par les dits acteurs…), pensons à l’industrie laitière, par exemple. En essayant d’orienter les actions des six milliards de variables, on en arrive évidemment à des conséquences inattendues. De plus, les ressources économiques utilisées à assurer le « contrôle » de l’économie (contrôle qui ne fonctionne pas soit dit en passant), sont des ressources gaspillées, car ce contrôle est inutile.


Viens maintenant la question la plus défendable de l’étatisme, celle d’aider les plus démunis. Certes, il faut s’occuper des moins « chanceux » de la société, je paris que 95% de la population s’entend là-dessus. Pourquoi alors des programmes universelles pour l’ensemble de la population, riches comme pauvres? Pourquoi alors instaurer des programmes « one size fit all »? Pensez-vous que quelques personnes qui planifient pour l’ensemble vont faire une meilleure job que l’ensemble qui planifie pour l’ensemble? Admettons que l’état arrête de s’occuper des pauvres, qu’est-ce qui va arriver? Les gens continueraient de trouver important d’aider les autres et continuerait de le faire, mais il pourrait le faire dans une économie plus en santé, plus prospère. Dans une économie de la sorte, les industries, pour la plupart, seraient en surcapacité de production (principe économique simple qui se comprend par le revenu marginal VS coût marginal de production. On arrive aux profits maximaux bien avant la capacité de production maximale de l’entreprise). Qui dit économie en surcapacité de production dit ressources disponibles pour aider les plus démunis. Ces ressources seraient par contre beaucoup mieux utilisées pour la solidarité, car elles seraient gérées à la base par l’ensemble plutôt qu’au sommet par un petit groupe. 


Ce principe demande bien sûr de l’implication. Ça demande de l’effort et le sens des responsabilités de tout le monde. C’est certain que c’est plus facile de se laisser mener par l’état qui essaie de planifier le plus possible tout les aspects de notre vie, de nous apporter la sécurité, mais on pourrait parvenir à tellement mieux. Il ne suffit que d’en prendre conscience. C’est sûr que certains décideront de ne rien faire, mais je pense que 50 personnes impliquées et responsables peuvent faire beaucoup plus que 100 personnes inactives qui ne participent que de façon obligatoire (taxes/impôts). Arrêtez de prendre les libertariens pour des anti-pauvres, des pro-riches, des couillons qui veulent seulement ne pas payer d’impôt, des sans-coeurs. Ils veulent le bien maximum du plus grand nombre, comme vous. Ce n’est que sur le moyen qu’on diffère, pas le problème…

 

Je vous laisse sur un extrait que j’adore de ce récent vidéoclip:

The economy’s not a car, there’s no engine to stall. no expert can fix it, there’s no “it” at all.The economy’s us, we don’t need a mechanic. Put away the wrenches, the economy’s organic

Politiciens de Carrière et Banques Centrales : Sinistre Alliance

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Dans une économie de libre marché, les interventions gouvernementales doivent être un art et non une science. Le seul rôle de ce dernier dans une société libre est de s’assurer de la protection de nos droits, de nos libertés, de notre sécurité et du coup, s’assurer qu’on puisse profiter des fruits de notre labeur (i.e., faible taxes et impôt quasi nulle). Ceci dit, la réalité étant tout autre, comprendre les dynamiques du système actuel est primordial et quasi indispensable pour ne pas finir en mauvaise posture financière. Voici donc la première règle du système actuel : ne vole pas! Le gouvernement déteste avoir de la compétition!

Politiciens de carrière face à la crise : fuite en avant

Le problème avec les politiciens de carrières est que ces derniers n’ont pour priorité première que leur réélection. Ils sont donc prêts à prendre des décisions qui, à court terme soulage la douleur (le temps d’une élection pour se faire réélire) mais qui à moyen long terme, seront beaucoup plus difficile à ‘soulager’. On en a eu un bel exemple au début de la crise actuelle. Au vu des décisions prises, ce qui n’était qu’une récession d’une durée d’un an ou deux, est entrain de se transformé en une dépression inflationniste qui va durer au minimum 10 ans. Pour les sceptiques, il y a un an, Obama disait que si le stimulus ne ‘passait’ pas, le taux de chômage pourrait atteindre l’effroyable niveau de 8%. Évidemment, le stimulus est passé et le taux de chômage a atteint récemment 10,2% (17% si on le calcule comme on le faisait durant la crise de 1929). Rassurant, n’est-ce pas? Selon eux et au vu de leurs actions, si on est entré en crise, c’est due à un excès de dépenses et c’est avec plus de dépenses qu’on va s’en sortir. Suivant cette logique, Tiger Woods devrait se trouver d’autres conquêtes pour régler ses problèmes conjugaux récents.

Banques centrales: un cancer pour l’économie

Les personnes qui ont voulu une banque centrale (dans ce cas-ci, la Banque du ‘Canada’ et FED) disaient qu’elles allaient mettre fin aux cycles économiques et allait préserver le pouvoir d’achat. Résultats? On a eu plein de récessions et le dollar canadien tout comme le dollar américain a été détruit (le dollar américain a perdu 97% de sa valeur depuis que la FED s’en occupe-1913-, tandis que le dollar canadien a perdu 90% de sa valeur depuis que la Banque du ‘Canada’ s’en occupe -1935-). De plus, lorsqu’on a une économie basé à 70% sur de la consommation comme ici au Canada et au États-Unis, il est d’une importance vitale d’avoir un dollar fort. Ces dernières créer de l’inflation (en imprimant de l’argent à vitesse grand V) et après coup, elles osent dire qu’elles veulent le combattre; elles sont des usines à inflation! C’est comme si une usine de voitures disait qu’elle voulait combattre la congestion sur les routes ou une compagnie de tabac qui veut combattre le cancer du poumon. Évidemment, la compagnie de tabac fixera votre attention uniquement sur la dégénérescence des cellules comme cause du cancer du poumon et non sur la cause réel du problème, c’est-à-dire, le tabac. Le même principe s’applique pour les banques centrales. Elles fixent votre attention sur la hausse des prix seulement (IPC) comme cause de l’inflation et non sur l’augmentation de la masse monétaire qui est la définition même de l’inflation. Dire que l’inflation est uniquement l’augmentation des prix, c’est un peu comme si une personne qui ne mange que du fastfood, blâme sa balance pour ses problèmes de poids.

Intervenir ou pas?

En intervenant pour la première fois, le gouvernement a transformé la dépression de 1929 en la «Grande» dépression. Peut de gens s’en souviennent, mais en 1920 il y a eu une dépression au États-Unis tout aussi sévère sinon plus que celle de 1929.Le gouvernement n’est pas intervenu et elle n’a durée qu’un an. Personne ne s’en rappel, mais pour celle qui s’en vient, beaucoup s’en rappelleront car elle durera plus qu’une décennie. Sans banques centrales, vous jouiriez d’une vie économique moderne, sans cycles économiques, sans bulles économiques, sans inflation, sans les insoutenables déficits commerciaux et surtout sans la croissance explosive de la taille du gouvernement. Malheureusement, ces dernières exacerbent les problèmes chaque jour en imprimant encore plus d’argent pour accommoder des politiciens avec un agenda politique, en charge de notre destin.

La lumière au bout du tunnel

Au rythme et au vu des décisions actuelles, la seule lumière au bout du tunnel que je vois, est celle du TGV qui fonce droit vers nous…buckle up!

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