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Entrevue exclusive avec le politologue français, Guy Milliere

Par Simon Leduc

Je me suis entretenu avec notre collaborateur Guy Milliere. Cette entrevue va porter sur la tuerie de Charleston, sur la course à l’investiture du GOP, sur l’espionnage de présidents français par les États-Unis, sur l’accusation de crimes de guerre contre l’État hébreu et sur la montée de l’État islamique.

Q : À la suite de la tuerie de Charleston, plusieurs Américains souhaitent que le drapeau confédéré soit banni de l’espace public. La gouverneure de la Caroline du Sud veut que le drapeau sudiste soit retiré du Parlement local et Wal-Mart ne va plus vendre des produits liés au drapeau sudiste. Que pensez-vous de cela?

R : Je pense que ces réactions sont tout à fait excessives. Le drapeau confédéré est considéré dans le Sud des États-Unis comme faisant partie de l’histoire. Quasiment personne ne considère le drapeau confédéré comme un signe de racisme ou de nostalgie pour la ségrégation raciale. La Caroline du Sud, où les noirs sont minoritaires, a un sénateur noir, républicain, Tim Scott. Un jeune assassin dépravé et abominablement raciste a commis un massacre abject : il est l’objet d’une réprobation unanime. Plutôt que d’avoir rappelé les valeurs du pays, les Démocrates, l’administration Obama, et Obama lui-même ont utilisé ce massacre abject pour incriminer un racisme censé être toujours omniprésent dans la société américaine. Des Républicains ont fait, en ce contexte, des gestes d’apaisement, et Nikki Haley a été l’un (l’une) de ces Républicains. C’est à mes yeux une erreur. C’est donner un peu raison aux Démocrates, à l’administration Obama, et à Obama lui-même, et dire que le drapeau concerné est un signe de racisme, et que partout où il flotte encore, il y a des racistes. Dès lors que le Sud est largement républicain et conservateur aujourd’hui, c’est prêter le flanc aux accusations de racisme contre Républicains et conservateurs. Les Démocrates ne cessent de se présenter comme le parti qui défend les noirs : c’est une falsification de l’histoire. C’est Abraham Lincoln, républicain, qui a aboli l’esclavage. Le Sud ségrégationniste a voté démocrate pendant très longtemps. Les Démocrates achètent le vote de la population noire aujourd’hui avec des aides sociales massives qui entretiennent une sous-culture de la dépendance, tissée de criminalité et de dissolution des familles. Cela risque de durer encore longtemps, hélas. Le résultat, ce sont des villes comme Detroit ou Baltimore. La société américaine aujourd’hui est largement aveugle aux couleurs, Le parti républicain est aveugle aux couleurs : parmi les candidats cette année, il y a un noir, un indien, deux hispaniques. Les démocrates ont un président noir qui dit que le peuple américain a toujours le racisme dans son ADN. Wal-Mart a cédé au mouvement d’opinion créé par les démocrates.

Q : Selon vous, quel serait le meilleur ticket pour le Parti républicain pour les présidentielles de novembre 2016 ?

R : C’est difficile à dire aujourd’hui. Les élections primaires sont très ouvertes. Je crains que Jeb Bush incarne une ligne trop modérée pour mobiliser, et, en supplément, je ne suis pas certain que les Américains aient envie de voir un troisième Bush à la Maison Blanche : cela aurait des allures de dynastie. Il est impératif que les Républicains emportent la Floride et une fraction de voix hispaniques : Marco Rubio est implanté en Floride, et hispanique. Il faut aussi que les Républicains gagnent des États du Middle West : Scott Walker est gouverneur du Wisconsin, et populaire dans des États tels que l’Iowa, et l’Ohio, qui est crucial. Une candidature Walker-Rubio me semblerait la plus à même de l’emporter. Ce sera difficile : en termes d’États et de grands électeurs, les Démocrates sont quasiment assurés d’avoir deux cent quarante voix. Ils leur en manqueraient trente pour l’emporter ; si la Floride tombe du côté démocrate, les Républicains tombent. Malgré les scandales et le parfum de corruption qui l’entoure, Hillary Clinton reste favorite. Si elle était élue, ce serait une sorte de troisième mandat d’Obama et, sans doute, une transformation irréversible des États-Unis en une puissance déclinante et socialisante.

Q : Des médias français ont annoncé que les trois derniers présidents français (Chirac, Sarkozy et Hollande) ont été espionnés par la NSA. Êtes-vous surpris de ces révélations?

R : C’est une histoire grotesque et montée en épingle artificiellement. Nous sommes dans un monde où tous les pays qui le peuvent pratiquent le renseignement, qui passe par les écoutes. Cela fournit à la gauche française une occasion d’injecter une dose d’antiaméricanisme supplémentaire dans l’opinion. En dehors de cet aspect, cela n’a, à mes yeux, aucun intérêt. Les États-Unis écoutent les Présidents français ? Quelle surprise ! Ce qui a été publié est, en outre, d’une insignifiance totale. La France et les États-Unis sont, a priori, dans le même camp politique et géopolitique, et je ne vois pas ce que la France aurait à cacher. Les sorties de François Hollande en scooter peut-être. La France est une puissance de second ordre qui aime se donner de l’importance, et, outre l’injection d’une dose d’antiaméricanisme, cette histoire permet à ceux qui la ressassent d’imaginer et faire imaginer que la France a beaucoup d’importance et a des choses essentielles à cacher aux États-Unis. Si les médias français s’intéressaient davantage aux ennemis réels de la France, ils feraient un travail plus intéressant.

Q : Selon un rapport commandé par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Israël pourrait être accusé de crimes de guerre lors du conflit à Gaza en 2014. Quelles sont vos impressions sur cela ?

R : Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est une imposture et aucun pays occidental ne devrait y siéger. Accorder le moindre crédit à une organisation où des dictatures plus ou moins criminelles et plus ou moins antisémites disposent d’une majorité automatique est moralement condamnable. Les journalistes et les dirigeants politiques qui accordent du crédit au Conseil des droits de l’homme de l’ONU sont moralement condamnables. Au vu de ce qu’est le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, il n’est pas étonnant que le seul pays qui y soit régulièrement accusé de crimes soit Israël. Une organisation qui a accueilli avec enthousiasme Mahmoud Ahmadinejad, antisémite négationniste aux projets génocidaires devrait être traitée par le dégoût et le mépris. Mahmoud Ahmadinejad, désoeuvré désormais devrait en devenir le président : ce serait seyant. Qu’en un moment où des crimes sont commis sur tous les continents par des islamistes, la seule chose que trouve à faire cette organisation soit de s’en prendre à Israël est abominablement significatif. Israël a été attaqué pendant l’été 2014 par une organisation terroriste islamiste aux projets tout aussi génocidaires que ceux d’Ahmadinejad et de tous les dirigeants iraniens. Israël s’est défendu et a tout fait pour anéantir les capacités de frappe de l’ennemi. Si un Conseil des droits de l’homme digne de ce nom existait, il incriminerait le Hamas pour ses tirs à l’aveugle contre Israël, pour l’utilisation de sa population au titre de boucliers humains, et pour ses projets génocidaires, mais un Conseil des droits de l’homme digne de ce nom n’existe pas.

Q : Hillary Clinton a déclaré que la tuerie de Charleston est un acte terroriste raciste. Êtes-vous d’accord avec cette affirmation?

R : J’ai, un peu, répondu à cette question en parlant des Démocrates, de l’administration Obama et d’Obama. Hillary Clinton a raison de dire que c’est un acte terroriste raciste. Elle a tort d’insister sur le sujet, et de traiter le tueur de Charleston autrement que comme un être abject, méprisable, unanimement réprouvé, et qui mérite la peine de mort. Évoquer un racisme anti-noirs aujourd’hui largement inexistant est nauséabond, aiguise les tensions, alimente le racisme anti-blanc que des agitateurs noirs, tels Al Sharpton, entretiennent. Cela permet d’attirer des voix noires, et c’est le but d’Hillary Clinton. Cela conduit aussi, parfois, à des émeutes raciales, à l’incrimination abusive de policiers, et à des hausses de la criminalité dont les noirs sont les premières victimes. L’essentiel des noirs assassinés aux États-Unis le sont par d’autres noirs : cela, Hillary Clinton ne le dit et ne le dira pas.

Q : La droite française a changé le nom de sa formation politique, l’UMP est maintenant le Parti républicain. Que pensez-vous de cela?

R : L’UMP est, exactement, les Républicains. Cela a été perçu par la gauche en France comme une façon d’américaniser l’UMP, et la gauche n’a pas apprécié. Cela a aussi été perçu par la gauche comme une façon pour l’UMP de s’approprier la république : la gauche a porté plainte et a perdu. Je pense que Nicolas Sarkozy a voulu laisser au passé le nom de l’UMP, entaché par des scandales et se placer dans la perspective d’un deuxième tour en 2017 où il affronterait Marine Le Pen et se présenterait comme le candidat de tous les « républicains ». C’est de la politique politicienne. Le plus important à mes yeux n’est pas là. Il est de savoir si la droite française aura un programme à même de redresser le pays après cinq années d’enlisement désastreuses, et si elle présentera un candidat à même d’être élu et d’appliquer le programme. Nous n’en sommes pas là. Pour l’heure, François Hollande est en campagne, et fera tout pour être réélu. Il a été un président médiocre, qui a accentué le déclin de la France, et n’a pas su répondre au danger islamiste. Cinq années supplémentaires de Hollande seraient cinq années sombres, et si Hollande était réélu, Marine Le Pen pourrait avoir toutes ses chances la fois suivante. Les Républicains, et Nicolas Sarkozy seront-ils à la hauteur de la situation ? On le saura bientôt.

Q : La semaine dernière, trois pays ont été frappés par des attentes terroristes. Selon vous, qu’est-ce que l’Occident doit faire pour éliminer l’État islamique ?

R : Entre ce que l’Occident devrait faire et ce qu’il fera, je crains qu’il y ait une immense différence. La montée en puissance de l’État Islamique et du djihadisme est le résultat des années Obama. Fin 2008, l’Irak était stabilisé, Al-Qaïda en Irak quasiment éliminé. Les djihadistes étaient partout sur la défensive. Obama a détruit cette situation. En retirant les troupes américaines d’Irak, il a créé un vide, abandonné Bagdad à l’Iran, suscité des tensions en régions sunnites, permis la renaissance d’Al-Qaïda en Irak sous la forme de ce qui est aujourd’hui l’Etat Islamique. En encourageant le printemps arabe, qui était en fait un hiver islamique, il a déstabilisé l’Egypte, où Sisi essaie de remettre de l’ordre, difficilement. Il a rendu la Tunisie plus vulnérable, car les appareils de sécurité y ont été démantelés. Il a renversé Kadhafi (en partenariat avec Sarkozy), et livré la Libye aux djihadistes et, maintenant à l’État Islamique. Il a contribué au soulèvement en Syrie, pays maintenant largement détruit. Il a une lourde responsabilité dans l’émergence et le renforcement de l’État Islamique et dans le renforcement du djihadisme. Il ne fera rien pour détruire l’État Islamique. Les Européens ne feront rien non plus, car ils n’ont pas les moyens d’agir sans les États-Unis. Si un président des États-Unis digne de ce nom arrivait à la Maison Blanche, il devrait bombarder les positions de l’État Islamique (les frappes actuelles sont insignifiantes), couper les routes de commerce et d’approvisionnement de l’État Islamique, qui passent par la Turquie, exiger de la Turquie qu’elle cesse son appui à l’État Islamique, et exiger la même chose du Qatar. Des forces spéciales devraient sans doute être déployées sur le terrain. Un appui à l’Égypte de Sisi, confrontée à l’État Islamique dans le Sinai serait aussi indispensable, ainsi que des frappes sur les côtes libyennes, occupées par l’État Islamique. Un président des États-Unis digne de ce nom arrivera-t-il à la Maison Blanche, c’est toute la question. Si ce n’est pas le cas, le futur proche s’annonce très âpre.

Entretien avec le candidat du PCC dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus

Par Simon Leduc

Pierre Paul-Hus va représenter le Parti conservateur du Canada dans le comté de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles. Le 19 octobre prochain, il va tenter de ramener cette circonscription dans le giron conservateur. Je me suis entretenu avec lui. L’entretien va porter sur sa campagne électorale locale, sur la libération d’Omar Khadr et sur la proposition fiscale de Justin Trudeau.

Q : Vous êtes officiellement candidat conservateur dans le comté de Charlesbourg. Quels seront les enjeux que vous allez défendre durant votre campagne électorale locale?

R : Il n’y a pas, pour le moment, de grands enjeux fédéraux dans la circonscription, mais j’ai des idées pour améliorer beaucoup de chose et je garde cela pour moi pour l’instant Donc, je vais me concentrer à défendre le bilan du gouvernement conservateur dans les domaines de l’économie et de la sécurité. La grande majorité de la population du comté est composée de jeunes familles et de personnes âgées. Dans notre plateforme électorale, on propose des mesures fiscales qui vont aider directement les jeunes familles : le fractionnement du revenu, la hausse de la prestation pour la garde d’enfants, la hausse du plafond des cotisations au CELI (de 5000$ à 10 000$), etc. Le PLC propose des baisses d’impôts, mais va t-il tenir promesse? Durant ma campagne, je vais dire à mes concitoyens que le gouvernement Harper a tenu ses promesses concernant la baisse de leur fardeau fiscal et qu’il faut continuer sur la même voie. Quand M. Harper promet quelque chose, il tient parole. Si M. Trudeau est élu, celui-ci va se rendre compte qu’il n’aura pas les moyens de ses ambitions. Subséquemment, les personnes âgées sont très préoccupées par l’enjeu de la sécurité du pays face à la menace terroriste. Le Parti conservateur du Canada est le seul parti politique qui prend vraiment cela au sérieux. Le projet de loi C-51 va donner plus de pouvoir aux agences de renseignement afin qu’elles puissent démasquer des terroristes potentiels et mieux protéger les Canadiens. C’est quelque chose que je vais parler durant ma campagne, car c’est très important pour le Canada.

Q : Qui sera votre véritable adversaire lors de la prochaine campagne électorale?

R : Dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, cela va être une bataille entre le Parti conservateur et le NPD. La députés sortante, Anne-Marie Day, sera ma principale adversaire. Celle-ci n’a vraiment pas un bon bilan comme députée. Je rencontre des gens du comté et ils me disent tous que Mme Day est une députée fantôme. On ne la voit jamais dans la circonscription. Je ne vais pas perdre mon temps en l’attaquant. Je vais me concentrer sur ma campagne et dire aux gens que s’ils me choisissent, je vais bien les représenter et défendre leurs intérêts à la Chambre des communes. Après le 19 octobre, la population du comté va avoir un vrai représentant et non pas un fantôme, comme c’est le cas actuellement.

Q : Que pensez-vous de la libération de Omar Khadr?

R : Le gouvernement canadien a admis qu’il y a des choses qui n’avaient pas été fait correctement lors de sa détention à la prison de Guantanamo. Mais Omar Khadr a reconnu sa culpabilité pour le meurtre d’un soldat américain. Je pense qu’il aurait dû purger la totalité de sa peine de prison. Les autorités américaines ont accepté de le transférer au Canada sous condition que le détenu purge toute sa peine. Je crois que l’on envoie un très mauvais message aux autres pays. Dorénavant, ceux-ci vont y penser à deux fois avant d’extrader un autre prisonnier au Canada.

Q : Que répondez-vous à ceux qui affirment qu’il était un enfant soldat et qu’il n’était pas responsable de ses gestes?

R : Le paternel d’Omar Khadr était un sympathisant d’Al-Qaïda et il a entrainé son fils dans le terrorisme. Mais, au moment des faits, il avait quinze ans. Selon moi, il savait exactement ce qu’il faisait. Celui-ci a tué un soldat américain et il méritait d’être jugé en conséquence.

Q : Que pensez-vous des baisses d’impôts que Justin Trudeau a promis aux Canadiens s’il est élu premier ministre le 19 octobre prochain?

R : Le chef libéral affirme que le fractionnement du revenu et la hausse du plafond du CELI vont seulement profiter aux riches. C’est totalement faux. Nos mesures vont permettre aux familles de la classe moyenne de payer moins d’impôts et d’épargner à l’abri du fisc. Justin Trudeau croit que la hausse du fardeau fiscal des riches va faire rentrer plus d’argent dans les coffres de l’État, c’est de la pensée magique. Tout le monde sait que si on impose trop les plus nantis, ceux-ci vont trouver des échappatoires fiscaux (avec l’aide de fiscalistes) afin d’éviter d’en payer plus. La mesure fiscale de Trudeau va faire perdre de l’argent au gouvernement. Donc, je me pose une question : Où va t-il trouver l’argent pour financer ses baisses d’impôts pour la classe moyenne? Selon moi, le chef libéral ne pourra pas tenir parole.

Q : Est-ce que la victoire surprise du NPD albertain pourrait nuire au PCC en Alberta le 19 octobre prochain et aider le NPD fédéral dans cette province?

R : La réponse est non. Durant la campagne électorale albertaine, le NPD albertain s’est dissocié de son cousin fédéral. La nouvelle première ministre de la province ne voulait pas que les Albertains fassent un lien entre son parti et les troupes de Thomas Mulcair. Le NPD fédéral est clairement une formation politique de gauche (socialiste), tandis que son cousin albertain est de centre-gauche. Par exemple, le premier est très hostile à l’industrie pétrolière albertaine, tandis que le second a tendu la main à celle-ci. Donc, il y a une grosse différence entre les deux partis. Je trouve que c’est de la récupération politique de la part des néodémocrates et de l’opportunisme pur et simple. Selon les sondages d’opinion, le Parti conservateur du Canada obtient entre 50 et 55% des voix en Alberta, c’est le même pourcentage qu’ont obtenu le PPC et le Wildrose Party lors du scrutin albertain. Donc, l’Alberta reste un château fort pour notre parti et elle va le rester lors des prochaines élections. Il n’y aura pas de vague orange dans cette province de l’Ouest le 19 octobre prochain. Q : Comment expliquez-vous la victoire historique de la gauche en Alberta? R : Selon moi, il n’y a aura pas de révolution progressiste en Alberta. L’élection d’un gouvernement NPD majoritaire est un vote de protestation. Les Albertains voulaient se débarrasser des conservateurs (après 44 ans de pouvoir) et le Wildrose party n’était pas prêt de former le gouvernement. Donc, ils se sont tournés vers le NPD, qui a bénéficié de la bonne campagne de sa cheffe Je crois que le chef conservateur, Jim Prentice, a fait une très mauvaise campagne. Il a déclenché des élections anticipées après la présentation d’un budget austère, les gens ne l’ont pas pris du tout. Les Albertains voulaient changer de gouvernement et l’autre parti de droite n’était pas prêt. Donc, je crois que cela peut expliquer la victoire majoritaire du NPD. 

 

PKP est le nouveau chef du PQ : la réaction du chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot :

Par Simon Leduc

Q : Que pensez-vous du discours du nouveau chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau?

R : J’ai écouté un bout du discours. Belle contradiction: l’indépendance ne se fait ni à gauche, ni à droite, elle doit se faire un point c’est tout. Et dans le même souffle, il conspue les gens de la droite économique, les “néo-libéraux”, et prône un plus grand interventionnisme. Les libéraux se tapent dans le dos avec la continuation du clivage souverainniste-fédéraliste. Pour le PCQ, ça ne change pas grand-chose: d’un côté, le PLQ et le PQ qui tour-à-tour engraissent le modèle gauchiste qui a enlisé l’économie du Québec et qui surtaxe les Québécois en faveur des profiteurs du système et de l’autre, un vrai parti de droite économique qui veut réduire la taille de l’État et baisser les impôts. Et la CAQ, elle, qui n’est ni de gauche, ni de droite. Aussi, il dit vouloir respecter la volonté démocratique des Québécois. Bien alors, pourquoi un troisième référendum? Deux fois, on a gagné. Ce n’est pas assez clair ?

Entrevue avec Pierre Paul-Hus

Par Simon Leduc

Pierre Paul-Hus est un grand entrepreneur de la région de Québec. En 1995, il a fondé, avec son père, le magazine PRESTIGE. Cette publication se spécialise dans le domaine des affaires et de la consommation. Cela fait vingt ans qu’il est éditeur de ce magazine et cela lui a permis de construire des relations d’affaires avec des entreprises de la région : des entreprises financières, des concessionnaires d’autos, des constructeurs résidentiels, des promoteurs immobiliers, etc. Subséquemment, il est l’éditeur du magazine Hôtels, restaurants et institutions et le vice-président directeur général des Sélections mondiales des Vins-Canada. Également, il est un ancien membre des Forces armées canadiennes. Il a participé à deux missions militaires : à Goose Bay dans le Labrador (sous l’égide de l’OTAN) et à Chypre pour l’ONU. En 2002, il a été instructeur sur un cours de spécialiste en état-major en France. C’est l’Armée française qui lui a offert le poste et c’était la première fois qu’un étranger occupait un tel poste dans la réserve française. Après une carrière bien remplie dans l’Armée canadienne, M. Paul-Hus a décidé de s’impliquer dans le Parti conservateur du Canada. Il brigue l’investiture conservatrice dans le comté de Charlesbourg et il a accepté de répondre à mes questions.

Q : En 2008, vous avez commencé à militer pour le Parti conservateur du Canada, pour quelles raisons?

R : Sur le plan idéologique, je me suis toujours défini comme étant de droite. Sous le règne de Brian Mulroney, j’étais un sympathisant conservateur. En 1989, je suis devenu membre du parti. Durant cette période, je n’ai pas pu m’impliquer activement en politique, car j’étais dans les Forces armées canadiennes. En tant que militaire, je devais rester neutre. J’ai terminé mon engagement militaire au milieu des années 2000. Après cela, mon intérêt pour la politique fédérale est revenu. C’est le ministre Steven Blaney (un ami à moi) qui m’a initié au nouveau Parti conservateur de Stephen Harper. En 2008, j’ai décidé de militer activement pour la formation conservatrice. Aux élections du 2 mai 2011, j’ai été candidat dans la circonscription de Louis-Hébert. Malheureusement, celle-ci a été emportée par la vague orange.

Q : Pourquoi avez-vous décidé d’être candidat à l’investiture du PCC dans le comté de Charlesbourg?

R : C’est en janvier dernier que j’ai décidé de me présenter aux prochaines élections fédérales. Je fais un retour en politique afin d’effacer ma défaite de 2011, j’aime gagner! J’ai choisi d’être candidat à l’investiture du PCC dans Charlesbourg, parce que je voulais absolument me présenter chez moi. En 2011, j’avais dû choisir un autre comté, car Daniel Petit était le candidat dans mon coin. Je dois dire que Justin Trudeau est la principale raison de mon retour en politique active. Je veux aider le Parti conservateur dans sa quête de battre le fils de l’ancien premier ministre. Personnellement, je n’ai rien contre le chef du PLC. Mais sur le plan politique, je crois profondément qu’il n’a pas l’expérience et les compétences pour devenir premier ministre. C’est pour cela que je veux me battre aux côtés de mes amis conservateurs afin d’empêcher que le PLC de Trudeau prenne le pouvoir le 19 octobre.

Q : Comment va votre course à l’investiture?

R : Actuellement, je suis le seul candidat en lice pour l’investiture du comté. Celle-ci n’est pas encore ouverte. On attend que le parti l’ouvre pour que je puisse être officiellement le candidat dans Charlesbourg.

Q : Êtes-vous confiant de battre la députée néo démocrate sortante et devenir le député de Charlesbourg à la Chambre des communes?

R : Selon moi, la victoire du NPD (le 2 mai 2011) est un accident de parcours. Actuellement, le PCC est en avance dans la région de Québec avec 40% des voix. Le NPD est loin derrière avec seulement 25%.  Si les élections avaient eu lieu cette semaine, nous aurions remporté au moins trois comtés à Québec. Donc, c’est une région d’allégeance conservatrice et je suis très confiant de l’emporter le 19 octobre prochain.

Q : Pourquoi êtes-vous contre le port du niquab en public?

R : Je vais exprimer une position personnelle, cela n’est pas la position officielle du Parti conservateur du Canada. Je crois que le port du niquab n’a pas sa place au Canada, car c’est un symbole de soumission envers la femme. La communauté musulmane de Québec est tout à fait d’accord avec ma position. Celle-ci affirme que ce n’est pas un symbole religieux, mais bien culturel, Je suis très mal à l’aise quand je vois une femme porter le niquab dans les lieus publics. Si je suis élu député, je serais prêt à faire un débat sur ce sujet délicat à l’intérieur du caucus conservateur. Encore une fois, cette prise de position n’engage que moi.

Q : Que pensez-vous de l’arrivée de Gérald Deltell dans les rangs conservateurs?

R : Je suis très heureux de sa venue. Nous formerons une équipe extraordinaire pour Québec et l’ensemble de la province. Mon expérience et mes qualités plus les siennes sont une force exceptionnelle.

Q : Selon vous, est-ce que les médias en général sont hostiles au Parti conservateur du Canada. Et si oui, pourquoi?

R : Sur cette question, je pense que cela touche principalement Radio-Canada. Je trouve que le diffuseur public présente souvent une couverture médiatique très négative et hostile envers le Parti conservateur du Canada. Je crois que les journalistes de Radio-Canada devraient rapporter les faits et arrêter d’émettre des commentaires anticonservateurs. Je crois que les reporters de Radio-Canada doivent faire preuve d’une neutralité exemplaire dans leurs reportages. Malheureusement, on a souvent l’impression que la Société d’État a un biais anticonservateur et c’est dommage.