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Quand la gauche dérape…

Par Philippe David

La gauche américaine est en voie de perdre toute sa crédibilité. Pendant qu’ici au Québec, nous étions encore préoccupés par les suites de la fusillade à la mosquée de Sainte-Foy, et aussi par le vandalisme d’une autre mosquée à Montréal; hier soir, le 2 février, à l’Université de la Californie à Berkeley, ironiquement le berceau du mouvement de la liberté d’expression pendant les années 1960, une émeute a eu lieu. Des incendies ont été allumées, des gens ont été battus à coup de pelles, bâtons, drapeaux ou aspergés avec du poivre de Cayenne et de nombreux actes de vandalisme ont eu lieu. Pourquoi? Pour empêcher un homme gai juif de prononcer un discours sur l’appropriation culturelle et les costumes d’Halloween politiquement corrects.

Peu importe ce que vous pouvez penser de Milo Yannopoulos, et je le trouve plutôt comique moi-même, aux États-Unis, il a le droit de dire tout ce qu’il veut et tout ceux qui affectionnent la libres-expression devraient défendre son droit qu’ils soient d’accord avec lui où non. Mais c’est devenu une habitude des gauchistes dans les universités de manifester parfois violemment contre tous les conférenciers de droite qui ont l’audace de vouloir prononcer un discours sur un campus et pas seulement aux États-Unis. Lorsque Ann Coulter a voulu livrer un discours à l’Université d’Ottawa, elle a dû renoncer quand une manifestation menaçait de devenir violente. Plus tôt aujourd’hui, Gavin McInness a été apergé de poivre de cayenne et a dû annuler un discours qu’il allait prononcer à l’Université de New York à cause d’une autre manifestation violente.

Pendant ce temps, sur les réseau sociaux, de nombreuses célébrités encourageaient les émeutiers et dans certains cas, à un coup d’état contre le Président Trump. Même le Maire de Berkeley, plutôt que de condamner les manifestants, pontifiait contre le discours haineux (de Yiannopoulos) et on soupçonne que la lenteur d’agir de la police aurait à voir avec un ordre d’en haut de se tenir à l’écart. Ils ne sont intervenus que lorsque la situation est devenue intenable.
uc berkeley jesse arreguin tweet

Les médias ont aussi appliqué leur biais actuel dans leurs reportages en appelant constamment l’évènement une «manifestation» plutôt qu’une émeute et en qualifiant les participants de «manifestants» plutôt que de les appeler des émeutiers. Par la même occasion, ils qualifiaient Yiannopoulos de troll ou d’extrémiste et ceux qui auraient voulu l’écouter de «suprématistes blancs» comme s’il s’agissait d’une réunion de nazis.

UC Berkeley CNN

Quelle importance, dites-vous? Parce que le choix des termes est important. Quand on en est rendu à des voies de faits, des actes de vandalisme et à créer le chaos dans les rues, ce n’est plus une manifestation, c’est une émeute et les participants ne sont plus des citoyens paisibles exerçant leur droit d’assemblée et de libre-expression, mais des criminels.  Quand à Yiannopoulos, quiconque a écouté de ses discours sait qu’il est posé, rationnel et que ses points de vue n’ont absolument rien d’extrémiste. Mais ses propos dérangent la gauche, tout comme tous les autres orateurs à la droite du centre. Milo Yiannopoulos a beau être un favori de l’alt-right, il refuse catégoriquement de s’étiqueter comme tel. Il préfère se dire libertarien et son discours est largement en ligne avec cette philosophie, mis à part son admiration Donald Trump.

Quand on crache en l’air…

… ça nous retombe sur le nez, dit le fameux dicton. Ce que tous ces gens ne réalisent pas c’est à quel point ils peuvent nuire à leur propre cause. Oui, ils ont empêché Yiannopoulos de livrer son discours, mais aussitôt arrivé à son hôtel, il ajoutait une vidéo sur Youtube et quelques heures plus tard, il était sur les ondes à livrer des entrevues et se poser en victime.

Il faut vraiment être complètement bouché pour ne pas comprendre l’ironie de dénoncer ses opposants politiques comme étant des «fascistes» et des «nazis» en descendant dans les rue et en y semant le chaos, en vandalisant des guichets bancaires, en tabassant et en aspergeant de poivre de Cayenne tout ceux qui osent porter une casquette MAGA, ou en couvrant tout de graffitis disant «Kill nazis», «Kill fascists» ou «Kill Trump» et en se conduisant généralement comme… des fascistes et des nazis!

Parce que nous ne voyons pas les partisans de Trump utiliser la violence de cette façon. Nous ne voyons pas les Yiannopoulos, Coulter ou McInness inciter leurs fans à tabasser des démocrates. Mais en faisant ce qu’ils font, les gens de la gauche donnent toutes les munitions à Donald Trump de les réprimer… sévèrement. Et il le fera probablement avec la bénédiction de la population qui n’apprécie généralement pas quand des voyous détruisent sa propriété et de se faire tabasser simplement pour être d’une opinion contraire. Suite à l’émeute, le Président a d’ailleurs suggéré sur Twitter que puisque UC Berkeley était incapable de protéger la diversité d’opinion sur son campus, peut-être qu’elle devrait se passer de financement fédéral?

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La violence n’est pas un argument politique légitime  dans une société civilisée. La minute que vous recourrez à la violence, vous avouez que vous n’avez désormais aucun argument rationnel pour réfuter ceux de votre adversaire et vous venez de lui concéder l’argument. La gauche américaine a sérieusement dérapé ce 2 février et perdu tout haut-lieu moral.

 

L’alt right et la gauche régressive : deux côtés d’une même médaille (2/2)

Par Philippe David

En tant que libertarien anarchiste, je suis plus que familier avec la façon que les médias de masse ont d’étiqueter un mouvement ou une idéologie qu’ils ne comprennent pas et les raccourcis intellectuels et sophismes de l’homme de paille qu’ils peuvent utiliser pour démoniser les idées qu’ils n’aiment pas. C’est pourquoi, quand j’ai décidé d’écrire un texte sur cette droite alternative que les américains ont baptisé «alt-right», je ne me suis pas fié aux seuls médias de masse, dominés par la gauche,  pour m’en faire une idée. Je me suis également fié à des médias alternatifs et j’ai aussi varié mes sources en consultant autant des sources de droite que des sources de gauche.

Dans cette seconde partie, je vais tenter de vous donner une vague idée de ce qu’est vraiment la droite alternative, la fameuse «alt-right» qu’a dénoncée Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle. Je vais insérer plusieurs liens dans le texte que je vous encourage à cliquer pour avoir de l’information supplémentaire et je vous encourage à faire vos propres recherches et ne vous fiez surtout pas aux médias de masse pour vous donner l’heure juste sur ce sujet.  Après avoir passé plusieurs heures de mon temps libre à m’informer sur ce mouvement, je crois en avoir au moins une meilleure compréhension, mais en même temps je ne crois pas avoir fait plus que d’en égratigner la surface. Il n’y a que 24 heures dans une journée et il faut bien que je dorme, que je gagne ma croûte et que je prenne soin de ma famille, mais j’espère pouvoir vous apprendre quelque chose que vous ne saviez pas déjà.

Les origines de l’alt-right.

L’alt-right est un mouvement né de babillards et forums sur l’internet. Des endroits comme 4chan et 8chan en sont quelques-uns de ses points d’origine. Si on en croit les médias de masse, c’est un mouvement comprenant principalement de racistes et antisémites, de suprématistes blancs et de néo-nazis. Ces éléments existent certainement au sein du mouvement, mais leur prédominance est pour le moins douteuse. On a plus l’impression que les médias tentent de leur coller une étiquette pour mieux le discréditer plutôt que d’essayer de le comprendre.  La réalité est que c’est plutôt un amalgame de plusieurs groupes hétéroclites qui sont unis bien plus parce qu’ils opposent que ce qu’ils représentent et ce qu’ils opposent sont premièrement le conservatisme impuissant qu’ils appellent les «cuckservatives», dérivé du genre porno «cuckold» qui montre des hommes qui s’excitent sexuellement de voir leur femme baisée par un autre homme, généralement un noir avec un gros engin. La métaphore étant de décrire la droite traditionnelle américaine comme n’ayant plus les couilles de combattre la gauche et deuxièmement, ils ont horreur de la rectitude politique de la gauche et de la gauche régressive en particulier.

Le terme alt-right provient de Richard Spencer, ancien éditeur de Taki’s Magazine et présent éditeur de «Alternative Right.com» qui est définitivement un des éléments suprématistes blancs, mais ce mouvement s’est étendu à tellement de factions qu’il est difficile d’attribuer une idéologie particulière à ce mouvement qui incorpore des trolls professionnels, des conservateurs et des libertariens naturels, des masculinistes, des néo-réactionnaires, etc. Ils sont généralement jeunes, males, chrétiens, hétéros  et blancs, mais il y en a de toutes les couleurs, genres, religions et orientations. Ils sont fréquemment juvéniles et dans certains cas, très ignorants de l’histoire. La plupart sont à peine assez vieux pour se souvenir du 9/11, encore moins l’holocauste. Ce qu’ils savent, cependant, c’est que de faire des mèmes aux connotations racistes ou antisémites provoquent les gens et leur font perdre les pédales, ce qu’ils trouvent hilarant. Leur logique étant que si la police de la novlangue va les traiter de racistes de toute façon, qu’ils le soient réellement ou pas, autant leur en mettre plein la vue et leur donner de vraies raisons de chialer. La provocation est leur principal outil de communication.

J’ai vu des descriptions similaires de ce mouvement autant par des gauchistes modérés comme Eric Benjamin (alias Sargon of Akkad),  Dave Rubin et David Pakman ou des libertariens comme Jeff Deist et celui qui est probablement leur plus grand défenseur : Milo Yiannopoulos de Breitbart, un demi-juif gay qui a le béguin pour les hommes noirs. Un héros plutôt invraisemblable pour un mouvement supposément pronazi et raciste.

Les positions de l’Alt-right

L’Alt-right est un mouvement tout aussi collectiviste que la gauche en général et la gauche régressive, mais diamétralement opposée sur le plan de la culture et de l’identité. Là où la gauche, dans sa promotion de l’antiracisme, se retrouve à faire du racisme anti-blanc, l’Alt-Right dénonce ce racisme inversé et fait une promotion active the la culture occidentale européenne. Là où la gauche féministe cultive une haine consommée du genre masculin, l’Alt-right bascule dans le masculinisme et l’antiféminisme. Là où la gauche tente d’étouffer les débats par la rectitude politique, l’Alt-Right répond par la provocation puérile. Là où la gauche prône une dilution continuelle de la culture locale par un multiculturalisme soutenu par une immigration sans bornes, l’Alt-right propose de limiter l’immigration et s’oppose au multiculturalisme. Pratiquement toutes ses positions sont basées sur une opposition socio-culturelle systématique de la gauche régressive. Ça ne devrait donc pas être surprenant que ce mouvement se retrouve à aduler Donald Trump.

Une résonnance au Québec

Je suis loin d’être sympathique à la plupart des positions de l’alt-right, mais je peux certainement comprendre comment certaines de leurs positions sur l’immigration peuvent trouver une certaine résonnance au Québec. L’immigration de plus en plus massive de musulmans suscite certainement beaucoup d’inquiétude ici. Il n’est pas nécessairement déraisonnable lorsqu’on est habitués à vivre dans une société libérale, de voir des masses d’individus provenant d’une culture où on jette des homosexuels du haut d’un immeuble et fouette des femmes pour avoir été violées, soudainement débarquer et résister l’intégration à la société d’accueil avec la complicité de certains politiciens qui courtisent leurs votes, avec un tantinet d’appréhension. Nous avons certainement beaucoup de gens qui voient leur patelin littéralement se  transformer en un pays étranger et qui aimeraient  endiguer cet influx. J’avoue que je peux difficilement les blâmer.  Au fond, je trouve que les positions de l’Alt-right s’apparentent beaucoup au nationalisme conservateur québécois, ce qui explique pourquoi on a eu une certaine mesure de soutien envers Donald Trump dans certaines régions.

Cependant, je ne peux pas être d’accord avec  le genre d’isolationnisme et protectionnisme, sans parler du facteur raciste,  provenant de plusieurs factions de ce mouvement.  Je crois aussi qu’un bon nombre d’entre eux ont grandement besoin de lire un livre d’Histoire.

Le reflet de la gauche régressive

Bien que l’alt-right se veuille une réaction à la gauche régressive, il y a beaucoup de points communs entre ces deux groupes. Les deux mouvements sont juvéniles et autoritaires. Ils fonctionnent tous les deux sur des lignes culturelles. Ils ne voient le monde qu’en termes de groupes luttant les uns contre les autres, faisant d’énormes raccourcis intellectuels envers les individus qui les composent. Qui aiment également représenter ces groupes de façon victimaire. Et bien sûr, ils veulent que l’état impose leur vision chacun à sa façon. Mais si vous voulez vous débarrasser de l’alt-right, Milo Yiannopoulos a quelques suggestions comment faire

L’alt right et la gauche régressive : deux côtés d’une même médaille (1/2)

Par Philippe David

En tant que libertarien anarchiste, je suis plus que familier avec la façon que les médias de masse ont d’étiqueter un mouvement ou une idéologie qu’ils ne comprennent pas et les raccourcis intellectuels et sophismes de l’homme de paille qu’ils peuvent utiliser pour démoniser les idées qu’ils n’aiment pas. C’est pourquoi, quand j’ai décidé d’écrire un texte sur cette droite alternative que les américains ont baptisé «alt-right», je ne me suis pas fié aux seuls médias de masse, dominés par la gauche,  pour m’en faire une idée. Je me suis également fié à des médias alternatifs et j’ai aussi varié mes sources en consultant autant des sources de droite que des sources de gauche. Cependant, en faisant mes recherches, j’ai réalisé qu’il est difficile de parler de la «alt-right» sans aussi parler d’une certaine gauche dite «régressive»  aussi connue sous le sobriquet de «guerriers de la justice sociale» ou «social justice warriors» en anglais. Pourquoi? Parce que selon mon humble opinion, ces deux mouvements sont deux faces de la même pièce. Très littéralement, ils sont le reflet l’un de l’autre.  L’atl-right est plus un contre-mouvement à la gauche régressive qu’un mouvement à juste titre, je me vois donc dans l’obligation de brosser un portrait de la gauche régressive avant de pouvoir parler de la droite alternative.

Qu’est-ce que la gauche régressive?

Si vous n’êtes pas familier avec la culture en vogue dans les campus universitaires américains surtout, mais aussi au Canada qui s’identifie de la gauche mais dont les doctrines tiennent de la rectitude politique, de la victimite et de la politique identitaire poussées à l’extrême. Ils sont à l’origine de termes comme «trigger warning» et «safe space». On les voit faire des manifestations et très littéralement faire des crises de bacon pour ne pas avoir à souffrir d’opinions divergentes des leurs. C’est un groupe pris en dérision par des commentateurs de la droite comme étant de gros bébés, en se moquant de leurs objections sur les costumes d’Halloween, par exemple. Mais ils sont également dénoncés par des gauchistes modérés comme Dave Rubin, David Pakman ou Bill Maher et Richard Dawkins qui considèrent tous que ce mouvement mine la crédibilité de la gauche. Les deux premiers sont des animateurs de médias alternatifs que j’admire pour leur rigueur, même si je ne suis pas toujours d’accord avec leurs idées. Cependant, ils nous affirment tous que ce n’est pas représentatif du mouvement progressiste, mais en réalité, ce n’est pas complètement vrai parce que les dogmes de la gauche régressive viennent tout droit du marxisme culturel issu de la théorie critique de l’école de Francfort et nous voyons souvent ces mêmes dogmes appliqués aussi par la gauche «mainstream».

L’influence du marxisme culturel

La gauche régressive, c’est l’idée que pratiquement tout dans ce monde est une lutte entre oppresseurs et opprimés. C’est en réalité une version révisée de la lutte des classes de Marx. Les opprimés étant tous ceux et celles faisant partie de groupes minoritaires (femmes, minorités raciales, minorités religieuses, LGBTQ, etc.) et les oppresseurs par excellence sont, bien entendu, ces méchants hommes blancs, chrétiens,  cisgenres et hétéros qui vivent tous et chacun une existence privilégiée. En réponse à cette prétendue oppression, la gauche régressive fait la promotion active du féminisme radical (lire anti-hommes), de l’homosexualité, du multiculturalisme, de la théorie des genres. Ce sont d’éternels offensés pour lesquels aucune opinion contraire n’est acceptable, même si elle est soutenue par des faits vérifiables.

Les guerriers de la justice sociale n’ont que faire des faits. Tout ce qui leur importe ce sont leurs sentiments. Ainsi, ils ferment les yeux sur toute la littérature de différences biologiques entre les genres qui ne sont, selon eux, que des constructions sociales. Ils se battront contre l’homophobie, mais tairont les abus islamistes envers les homosexuels, sous prétexte que l’Islam est également opprimé. D’ailleurs, si vous faites partie de ces groupes de victimes, tout vous est dû et tout vous est permis. On doit, par exemple, vous favoriser dans l’obtention d’un emploi que vous soyez la personne la mieux qualifiée ou pas, juste parce qu’on est en 2016. Vous avez le droit de haïr les hommes sans être sexiste, de haïr les blancs sans être raciste, de haïr les chrétiens sans être christianophobe ou les hétérosexuels, sans être hétérophobe. Vous comprendrez que ces gens n’ont aucun argument derrières leurs positions. Si vous osez les contredire, vous serez tout simplement raciste, misogyne ou islamophobe ou un nazi suprématiste blanc, le cas échéant.

La droite alternative ou «alt right» est née de l’exaspération de certains groupes envers la rectitude politique, le multiculturalisme et l’immigration débridée promus  par cette gauche régressive. Nous verrons quelle forme prend cette contre-culture dans la seconde partie.