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Comment argumenter contre le contrôle des armes sans passer pour un fou furieux

piers_morgan

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Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé depuis ce massacre dans une école au Connecticut, même de ce côté de la frontière. Notre première ministre n’a d’ailleurs pas perdu de temps à récupérer cet évènement à des fins partisanes, même s’il existait déjà un registre des armes à feu au Connecticut et que ça n’a rien fait pour prévenir ce triste évènement. Plus récemment, le polémiste Alex Jones a fait un passage remarqué à l’émission de Piers Morgan sur la chaine CNN. Jones était fin prêt à remettre Piers Morgan, reconnu pour ses tactiques de brute de cour d’école, à sa place, mais la faiblesse de ses propres arguments l’ont plutôt couvert de ridicule. Cependant, il existe plein d’arguments valides pour défendre la liberté de possession d’armes à feu qu’on peut utiliser sans passer pour un fou furieux comme Alex Jones.

Piers Morgan

Piers Morgan est un partisan convaincu du contrôle des armes et il accepte difficilement qu’on le contrarie dans ses convictions. C’est d’ailleurs un trait typique des gauchistes. Il n’est pas intéressé à avoir un débat rationnel, il est juste intéressé à diaboliser son adversaire. Nulle part est-ce plus évident que lors de son entrevue avec Larry Pratt, qu’il a couvert d’insultes. Mais si l’entrevue d’Alex Jones a été largement médiatisée, celle de Pratt est passée inaperçue. Pour les médias, majoritairement de gauche, qu’un des leurs fasse de l’intimidation est parfaitement normal, mais qu’un redneck républicain le fasse est une toute autre paire de manches. Mais malheureusement, les arguments de Jones étaient trop mal ficelés et il est devenu un embarras à sa cause. Voici plutôt la façon qu’il aurait dû argumenter avec quelqu’un comme Morgan.

Les guerres de chiffres

Piers Morgan aime beaucoup citer sa mère patrie en exemple en citant le nombre d’homicides par arme à feu et en le comparant avec celui des américains (il n’est pas le seul à le faire d’ailleurs). Or sa comparaison fait fi du fait que les États-Unis est un pays six fois plus populeux que la Grande-Bretagne. Dans les faits, 14 états américains ont moins d’homicides par armes à feu que la Grande-Bretagne et sur ces 14, un seul état a des restrictions sur les armes à feu (Hawaï). De toutes les juridictions américaines, le District de Columbia est la juridiction avec le plus haut taux de meurtres par arme-à feu et le plus haut taux de crimes violents. C’est aussi celle avec la règlementation la plus stricte sur les armes à feu. C’est fou comme c’est facile de faire un argument en faisant du cherry-picking. Cependant c’est un peu plus ardu quand on veut maintenir une certaine dose d’honnêteté intellectuelle. Oui, la Grande-Bretagne a un taux d’homicides par arme à feu beaucoup moindre que les États-Unis, mais en revanche, elle a aussi un taux de crimes violents 4 fois supérieur aux États-Unis. Peut-on affirmer que la Grande-Bretagne est moins violente que les États-Unis? En fait, pratiquement tous les autres pays normalement cités par les partisans du contrôle des armes, le Canada, la France, l’Allemagne, etc. ont des taux de crimes violents plus élevés que les États-Unis. Vous me direz que personne n’est mort de ces crimes, mais pour une femme d’être traumatisée à vie par un viol est-il beaucoup plus préférable? Surtout si les probabilités que ça lui arrive sont décuplées parce qu’elle ne peut pas s’armer pour se défendre et que les criminels le savent. Donc, si vous vivez dans ces pays, vous avez plus de chance d’être volé, violé, battu ou même blessé par toute sorte d’armes, qu’aux États-Unis.

Moins d’armes à feu = moins de meurtres = raccourci intellectuel

Les États-Unis comptent pour moins de 5% de la population mondiale, mais on y trouve entre 30% et 50% des armes privées au monde. 88.8 armes à feu par 100 000 habitants, pourtant leur taux d’homicides de 2.97 par 100 000 habitants n’est même pas proche de se classer premier au monde. Ils sont au 28e rang et de tous les pays qui le précèdent à ce classement, aucun ne figure ne serait-ce dans le top 25 du taux de possession d’armes. Le Honduras remporte la palme avec un taux d’homicides par arme à feu de 68.43 et un taux de possession d’arme de seulement 6.2 (égal à la Grande-Bretagne). Pourtant la Suisse, 3e au monde dans le taux de possession d’armes (45.7) a un taux d’homicides par arme à feu relativement faible de 0.77. Incidemment, le Canada se classe 13e au chapitre de la possession d’arme à feu (30.8/100 000) et son taux d’homicides par arme à feu est 0.51. Si on a le moindrement de rigueur intellectuelle, on doit forcément conclure qu’il est impossible de prouver une corrélation entre le nombre d’armes à feu et le nombre de meurtres par arme à feu.

Une définition brumeuse

On voit souvent Piers Morgan, dans ses entrevues, marteler le fait que les récentes fusillades ont presque toutes été faites avec la carabine AR-15. En fait, tout le débat aux États-Unis tourne autour des soi-disant « armes d’assaut ». Le Président Obama demande maintenant au Congrès de produire une loi pour bannir ce type d’arme. Cependant, il n’y a pas de définition claire de ce qu’est une « arme d’assaut ». L’AR-15, par exemple est une arme semi-automatique construite pour ressembler à une M4A1 militaire, mais ce n’est pas une carabine d’assaut. La M4A1 peut , en touchant un commutateur, passer de mode semi-automatique à complètement automatique. C’est quoi la différence? En mode automatique, une telle arme va tirer tant qu’on appuie la détente et peut tirer jusqu’à 950 balles à la minute, ce qui viderait un chargeur de 30 balles en quelques secondes. C’est effectivement une mitraillette et ce type d’arme est déjà banni, même aux États-Unis. Une arme semi-automatique ne tire qu’une seule balle lorsque la détente est appuyée et le mécanisme éjecte automatiquement la cartouche et en charge une nouvelle dans la chambre automatiquement. Dépendamment de l’agilité du tireur, ce genre d’arme ne peut tirer que 45 à 60 balles à la minute. Beaucoup moins que la version militaire et la même vitesse de tir que toutes les armes de chasse semi-automatiques et la plupart des armes de poing (qui sont également semi-automatiques). Quelle différence y a-t-il entre une soi-disant « arme d’assaut » et une carabine de chasse semi-automatique? Seulement des détails cosmétiques : un appui d’épaule ajustable ou escamotable, une poignée pistolet et un éliminateur de flash. Rien qui ne rende cette arme plus létale. Seule leur apparence permet de les confondre à des armes militaires. Pourquoi voudrait-on avoir de telles armes? La plupart des amateurs d’armes à feu trouvent leur allure militaire plutôt cool, mais au-delà des détails cosmétiques, elles sont faciles à manier et ont un faible recul, ce qui en fait des armes idéales pour le tir sportif, l’auto-défense ou la chasse au gros gibier.

Et le second amendement?

L’esprit du second amendement est de permettre aux citoyens de s’armer afin de pouvoir former une milice. Ce genre de mesure peut servir aussi bien contre un envahisseur qu’un gouvernement tyrannique. Et si vous croyez que le gouvernement des États-Unis ne peut pas possiblement devenir tyrannique, renseignez-vous au sujet de la section 1021 du National Defense Authorization Act qui a été votée récemment au Congrès et qui donne le pouvoir d’arrestation et détention illimitée sans procès à l’armée, sous les ordres du Président.

Une mesure futile

Selon une étude du département de la justice américain, les armes dites d’assaut sont statistiquement responsables d’environ 2% des crimes commis avec une arme à feu. Les bannir aura-t-il vraiment un effet sur le taux d’homicides commis avec des armes à feu? Apparemment, non. De 1994 à 2004, ces armes furent bannies et la capacité des magasins fût limitée à 10 cartouches. En 1999, Eric Harris a ouvert le feu sur les étudiants de l’école secondaire de Columbine avec une carabine de chasse semi-automatique munie d’un magasin de 10 coups. Pas moins de 13 magasins furent retrouvés et Harris a tiré un total de 98 balles avant de s’enlever la vie. La limite de capacité des magasins ne freine en rien les tueurs qui ne font qu’apporter un plus grand nombre de magasins. Changer de magasin ne prend que quelques secondes. Dans le cas des tueries de Tuscon et Virginia Tech, Loughner et Cho n’ont utilisé que des armes de poing. Cho avait avec lui 19 magasins à 10 coups et il en a vidé 17 avant de s’enlever la vie également. Comme vous pouvez le constater, bannir les soi-disant armes d’assaut ou limiter la capacité des magasins sont des mesures d’une futilité extrême pour réduire le nombre de meurtres par arme à feu, mais elles donnent bonne conscience aux politiciens et autres supporteurs du contrôle des armes.

Pas si bête, la NRA

Lorsque la NRA a suggéré de placer des gardes armés dans les écoles, j’ai vu beaucoup de commentaires du genre : « Ben oui! On va régler un problème causé par trop d’armes avec plus d’armes! » D’abord, comme je l’ai démontré plus haut, il est loin d’être prouvé que le problème est causé par un surplus d’armes. D’autres pays ont des taux d’homicide bien pire que les États-Unis tout en ayant des taux de possession d’armes comparable à la Grande-Bretagne. Secundo, ce genre de commentaire plutôt crasse présuppose qu’une arme dans les mains d’un garde armé ou même dans les mains d’un enseignant équivaut une arme dans les mains d’un tueur fou ou d’un criminel. C’est plutôt stupide comme affirmation. C’est un peu comme dire que l’arme a une volonté propre, indépendante de qui la manie. Toujours est-il que si Kimveer Gill a fait si peu de victimes au Collège Dawson, c’est probablement parce qu’il y avait un policier du SPM sur les lieux, ce qui a grandement accéléré le temps d’intervention. Les victimes des deux autres massacres montréalais et celles de Virginia Tech et Sandy Hook n’ont pas eu cette chance.

Quoi faire alors?

Si les américains voulaient vraiment réduire leur taux d’homicides par arme à feu, ils devraient commencer par abandonner leur stupide guerre contre la drogue. La grande majorité des meurtres chez nos voisins, sont attribuables au monde du crime organisé. Pour le reste, un meilleur dépistage des maladies mentales pourrait certainement aider. Mais attendez-vous à ce que ces solutions soient rejetées. Ceux qui comme Piers Morgan, claironnent pour le contrôle des armes à feu ne sont pas intéressés à débattre pour trouver des solutions réelles et efficaces. Ils ne sont intéressés qu’à imposer leur propre vision, par la force de préférence.

Références

http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2012/jul/22/gun-homicides-ownership-world-list

http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2011/jan/10/gun-crime-us-state

http://www.sas.upenn.edu/jerrylee/research/aw_final2004.pdf

En France soviétique, les gens veulent s’exiler en Russie

depardieumontage

depardieumontage

Par Arielle Grenier

Cher Monsieur Depardieu,

Tout en sachant pertinemment que mon message risque de se perdre et de ne jamais aboutir dans votre boîte courriel, je me permets d’écrire ceci :

Lorsque j’étais petite, je regardais les Misérables en boucle. Un chocolat chaud pas très loin sur la table d’appoint, une grosse doudou m’enveloppant et j’attendais patiemment que l’histoire se termine pour la recommencer. J’étais émerveillée devant la volonté du père Madeleine, maire de Montreuil-sur-Mer, à générer le bien autour de lui, à se comporter de manière charitable, à pardonner et à souhaiter racheter sa vie pour ses dix-neuf années passées au bagne. C’est à 46 ans que Jean Valjean décide de changer de vie. Il crée une fabrique de verroterie, devient un industriel remarqué, puis accède au poste de maire quatre ans plus tard. Malgré le fait que les citoyens ignorent tout de son histoire, ses concitoyens le décrient comme un homme charitable qui met à profit son industrie pour aider les pauvres et pour faire construire deux écoles. Ce personnage m’a toujours fascinée, mais j’ignorais pourquoi. Tout ce dont j’avais la certitude, c’est que j’avais profondément en horreur Javert. Ce policier d’une logique cartésienne qui ne voulait pas donner crédit à la réinsertion de Jean Valjean.

Tout récemment, le Conseil constitutionnel a annulé la taxe de 75 % des très hauts revenus prévue par votre président, monsieur Hollande. Pour démarrer l’année, vous avez obtenu la nationalité russe. La Russie? Vous allez en Russie pour échapper du socialisme fiscal français… Qui l’eût cru? Aucune personne des années 80 n’aurait pu un jour se douter que l’autoritarisme russe s’effondrerait, que l’économie russe serait plus libéralisée que la France du président Hollande.

Nous savons que vous aimez votre France, Monsieur Depardieu, que vous avez consacré votre vie à l’art de la scène, à la diffusion de ce qu’elle détient de plus beau à offrir. Chapeau!

Monsieur Depardieu, je vous félicite d’avoir décidé de quitter un pays qui n’encourage apparemment pas la réussite, le succès et l’initiative.

Depuis le 1er janvier 2001, la Russie a abandonné le système progressif de Boris Eltsine par une flat tax de 13 %. Selon un rapport analysant les effets de l’instauration de la Flat Tax produit par l’Adam Smith Institute, la Russie a connu un taux de croissance si important qu’elle a pu redresser totalement ses finances publiques. À vrai dire, le produit de l’impôt sur le revenu a augmenté de plus de 20 %, permettant ainsi de combler le déficit de Boris Eltsine.

L’idée de la Flat Tax semble être attrayante pour vous, Monsieur Depardieu, et vous avez raison! Plusieurs économistes se sont intéressés au modèle de la Flat Tax. Selon les économistes Robert Ernest Hall et Alvin Rabushka de la Hoover Institution, en taxant les revenus et en excluant les investissements, l’économie américaine s’améliorerait considérablement. Dans The Flat Tax, les auteurs soulignent que le nombre d’heures de travail augmenterait de 4 % dans l’économie américaine. Elle permettrait une déduction des investissements découlant en une forte incitation à investir, une réaffectation massive de l’effort national qui serait favorable au revenu national tout en protégeant les pauvres de toute imposition. Les deux économistes ajoutent « qu’elle financerait ces baisses d’impôts en imposant judicieusement le revenu professionnel à un taux modéré augmentant ainsi les recettes fiscales fédérales provenant des entreprises ».

Comme le disait le conseiller du roi Henri IV, Barthélémy de Laffemas : « les hauts taux tuent les totaux ». Intéressant de savoir que ce dernier était tout sauf un libéral et qu’il considérait que l’impôt proportionnel était préférable à l’impôt progressif puisqu’il rapportait beaucoup plus à l’État.

Monsieur Depardieu, vous m’avez fait pleurer toute ma jeunesse par votre incroyable talent d’acteur et d’humain. Vous nous avez appris la compassion grâce à Monsieur Madeleine. Vous nous avez révélé que l’État, bien qu’il se veuille le gardien des droits, est souvent celui qui nous empêche d’être libres et d’avancer. Ce grand Victor Hugo, quoiqu’on lui prête l’intention d’avoir décrit la classe des moins nantis, il a nous aura enseigné l’empathie, la générosité, le dépassement de soi et aussi, le rêve. Il nous a démontré combien l’Homme pouvait être bon, qu’il pouvait pardonner et qu’il pouvait aimer même ceux qui l’ont blessé.

Monsieur Depardieu, je vous souhaite une heureuse année 2013 à votre capital, mais la Russie a encore beaucoup de chemin à faire vers l’atteinte des libertés individuelles. Ne devenez pas un instrument politique dans une mer de propagande. Jean Valjean vaut mieux que cela.

La spéculation invisible

université

Par Jean-Louis Caccomo

NDLR: Jean-Louis Caccomo est un économiste et écrivain français qui enseigne à l’Université de Marseille et l’Université de Perpignan. Ce texte que nous publions avec sa permission, discute des effets pervers de la gratuité universitaire en France, sujet plutôt pertinent ici au Québec. Nous lui souhaitons la bienvenue sur Contrepoids.

Imaginez que des parents financent les études de leurs enfants, en fermant les yeux, sans se soucier d’orientation, de réussite et de projet personnel. Si de tels parents ont à assumer l’intégralité du coût des études de leur progéniture, alors il arrivera un moment où ils demanderont des comptes. Ce n’est pas qu’ils soient économistes de formation, mais c’est dans la nature des relations humaines : si mon enfant me réclame tous les jours de l’argent de poche, je veux en connaitre son utilisation. S’il veut être libre d’affecter l’argent aux usages qu’il désire, alors il devra gagner lui-même son propre argent. Tel est le prix de la liberté : il faut donner en contrepartie du temps à la collectivité. C’est le sens du travail : la vraie solidarité. 
 
En France où l’on pose par principe que l’éducation constitue un service public, les parents ne prennent plus en charge l’intégralité du coût des études, même s’ils le font indirectement en tant que contribuable. Mais le contribuable n’a ni la même liberté ni la même responsabilité que le parent. Et plus il assume par la force des choses le rôle de contribuable, plus il se désengage de son rôle (irremplaçable) de parent. Or plus l’implication financière des parents (ou des étudiants) se réduit au fur et à mesure que grandit la sphère de la prise en charge publique, et plus le sens de la responsabilité est émoussé, entrainant une spéculation collective digne du pari pascalien.
 
Car, il y a la spéculation que l’on voit et que l’on s’empresse de dénoncer à chaque secousse boursière, et il y a la spéculation invisible que l’on ne contrôle plus mais qui engloutit pourtant notre argent à tous puisqu’il s’agit de l’argent public. Or n’oublions jamais que l’argent public n’est pas l’argent de l’Etat, mais l’argent que l’Etat nous a prélevé pour le gérer en notre nom afin de financer des biens et services publics qui ne sauraient être produits et gérés par les acteurs privés. Admettons qu’il existe des biens et services publics qui ne sauraient être produits et gérés par des acteurs privés, rien ne garantit pour autant que l’Etat soit rigoureux et compétent dans la gestion de tels biens, surtout s’il s’en accorde le monopole créant les conditions d’une absence totale de contre-pouvoir et d’obligation de résultats.
 Chaque année, la France consacre un budget important aux étudiants sans aucune évaluation de son résultat, juste pour faire du quantitatif, faisant croire au passage à certains jeunes esprits qu’ils sont faits pour les études alors qu’ils sont tout bonnement égarés dans des filières de complaisance ou des formations sans débouchés. Je fais ce constat amer sans réjouissance aucune. Mais chaque année, je suis convoqué pour les examens de rattrapage. Je compose de nouveaux sujets et je viens surveiller les épreuves (ce qui constitue un temps précieux pris sur mon temps de chercheur). Et chaque année, j’observe que la moitié des étudiants (par rapport au nombre d’étudiants officiellement inscrits) que l’on cherche pourtant à repêcher, ne s’est pas dérangée.
 
Je suis sans arrêt à l’affût d’étudiants motivés et qui veulent s’en sortir, et je consacre à cet effet une grande partie de mon temps à la coopération académique à l’étranger, notamment dans les pays émergents (en Thaïlande, en Syrie, en Algérie, au Maroc ou aux Comores…) où je rencontre d’excellents étudiants [1]. Par respect pour ces étudiants étrangers, sérieux et motivés, il faut aussi dénoncer ceux qui utilisent l’inscription à l’université française pour obtenir une carte de séjour et contourner ainsi les lois sur l’immigration, la motivation pour les études étant plus que secondaire (puisque ces étudiants inscrits ne viennent pas en cours). A leurs yeux, la qualité et la générosité du modèle social exercent plus d’attraction que l’excellence annoncée de notre système d’enseignement supérieur. Un économiste ne saurait leur reprocher d’être rationnel. C’est à nous de changer un système qui envoie des incitations qui ne sont pas de nature à faire émerger les meilleurs éléments et les meilleurs comportements. Il faut donc sélectionner et cela s’applique aussi aux étudiants français, sans discrimination fondée sur l’ethnie, le sexe, la religion ou la couleur de la peau. Seules les qualités personnelles et individuelles, les compétences acquises et la motivation comptent (c’est cela la vision humaniste et positive de l’individualisme), et elles peuvent être partout.
 
C’est pourquoi je suis aussi sévère à propos de ces étudiants français, qui se disent inquiets pour leur emploi et les perspectives de carrière, mais qui évitent les filières de formation offrant des débouchés alors que les secteurs concernés par ces formations peinent à trouver du personnel qualifié français. Alors en effet, un critère de sélection fondé sur la race, l’origine ou la religion ne saurait être pertinent ni moralement acceptable. Il faut encourager les cerveaux d’où qu’ils viennent, mais aussi savoir refuser ceux qui n’ont pas le niveau requis pour entrer à l’université, d’où qu’ils viennent aussi. Il ne peut y avoir deux poids, deux mesures. C’est en cela que la sélection est juste et nécessaire, et il ne peut y avoir d’orientation efficace sans évaluation des compétences et des motivations. L’orientation efficace implique une sélection juste.
 
Encore faut-il vouloir changer les choses. Car l’administration universitaire est complice dans la mesure où la dotation budgétaire que reçoit chaque université – autrement dit la part du gâteau que constitue la manne publique – est fonction du nombre d’inscriptions. Voilà comment on déchaîne un processus qui déclenche un dérapage de la dépense publique sans aucune garantie de résultats en termes d’orientations et de compétences acquises dans une spirale inflationniste que plus personne ne contrôle dans la mesure où un système de gestion collective centralisée efface le principe même de responsabilité. Dans le même temps, alors que notre pays ne se sort pas du problème lancinant du chômage, qui constitue un véritable cancer pour notre société, les entreprises installées en France sont obligées de faire appel à la main-d’œuvre étrangère dans un nombre croissant de secteurs (santé, hôtellerie et tourisme, bâtiment, banque…) et pour des postes qualifiés, à défaut de trouver les compétences (ou les motivations) requises chez nous.
 
Si l’on est donc en droit de reprocher aux banques de prendre des risques inconsidérés en prêtant à des ménages insolvables, on doit de la même manière épingler les comportements similaires en matière de capital humain, surtout que ce dernier constitue notre capital le plus précieux [2]. La frontière entre l’investissement public et le pur gaspillage est bien fine. Au nom d’une conception erronée et caricaturale de la démocratisation de l’université, la collectivité se retrouve à financer des études d’individus qui n’en ont aucunement le profil, les capacités et les conditions intellectuelles requises.
 
La dépense publique est un investissement (publiquement rentable à terme) dans la mesure où elle sert à financer les études de ceux – d’où qu’ils viennent – qui auront les aptitudes et la volonté de réussir. Grâce à leurs compétences acquises à l’université, et valorisées sur le marché du travail, ils deviendront demain de futurs contribuables, ce qui est une façon de rembourser la dépense initiale et de rentabiliser l’effort de la collectivité. C’est aussi cela être solidaire : on rend à la collectivité (par les impôts) ce qu’elle vous a avancé (en dépenses d’éducation et de formation).
 
Mais pour que cela fonctionne, encore faut-il évaluer et orienter, en d’autres termes, sélectionner, ce qui n’interdit aucunement d’ouvrir le plus largement possible le panel de sélection. La sélection n’est pas anti-démocratique tandis que les plus modestes feront toujours les frais de la non-sélection [3].
 
Dans le cas contraire, la dépense publique sera réalisée en pure perte si elle ne génère pas un flux de revenus futurs, prenant le risque d’augmenter encore – et au-delà du supportable – la part de la population définitivement à la charge de la collectivité (de futurs chômeurs bardés de diplômes).
 
 
 
[1] Il faut dire que, dans la plupart de ces pays, le système d’enseignement supérieur est resté très sélectif, le plus souvent calqué sur le fonctionnement des universités américaines de sorte que les étudiants refusés dans leur propre pays cherchent à tenter leur chance en France où il y a moins de sélection.
 
[2] On leur reprochait jadis de ne prêter qu’aux riches… Mais effectivement, le métier de financier implique l’évaluation des projets d’investissement en vue de faire la sélection des projets les moins risqués, l’épargne étant une ressource rare alors que ses usages peuvent être nombreux. La finance organise donc l’orientation de l’épargne aux meilleures affectations possibles.
 
[3] La sélection s’impose même moralement dans le système public où le coût des études est pris en charge par l’Etat. En effet, je ne peux pas être libre d’étudier ce que je veux avec l’argent des autres : si je veux être entièrement libre dans le choix de mon orientation, alors je finance intégralement le coût de mes études. Il en est de même pour une entreprise. Si elle veut être totalement libre dans le choix de ses investissements, elle doit autofinancer ses projets. Si elle finance à crédit ou si elle ouvre son capital, elle devra rendre des comptes à sa banque pour obtenir un crédit ou à ses actionnaires pour continuer à bénéficier de l’accès au marché financier. Dans la mesure où l’on dépend des autres, on doit rendre des comptes aux autres.

Élections présidentielles américaines : Barack Obama est réélu

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Par Simon Leduc

Mardi dernier, on a assisté à une des élections présidentielles les plus chaudement disputées de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique. Plusieurs observateurs (dont l’auteur de ces lignes) croyaient que l’état difficile de l’économie (un taux de chômage élevé) allait permettre aux Grand Old Party de reprendre le contrôle de la Maison-Blanche. Ce ne fût pas le cas, le président sortant a été réélu pour un deuxième mandat à la tête de l’exécutif américain. Comment peut-on expliquer la défaire de Mitt Romney? Allons voir cela de plus près.

Les républicains doivent faire le post mortem de leur défaite

Lors de son premier mandat, Barack Obama a été un président très dépensier. Il a mis en place un plan de relance économique qui a coûté un faramineux 787 milliards de dollars aux contribuables américains. Cela n’a eu aucune conséquence sur l’économie américaine. Le taux de chômage est plus élevé que lors du départ de Georges W. Bush en janvier 2009. Le président sortant a concocté un méga plan de sauvetage des géants de l’automobile (Ford, GM, etc.). Cela a permis de sauver cette industrie mais à un coût très élevé pour l’américain moyen. La réforme du système de santé américain (l’Obamacare) a été la pierre de lance de la présidence Obama. Cela a permis à des millions d’avoir accès à une assurance santé. C’est la seule mesure positive de M. Obama sur le plan de la politique intérieure.
Malgré le bilan médiocre du locataire de la Maison-Blanche, Mitt Romney n’a pas été en mesure de le vaincre et de s’installer dans le bureau ovale pour quatre ans. Il y a deux éléments qui peuvent expliquer la défaite de l’ancien gouverneur du Massachussetts.
Tout d’abord, l’électorat hispanique a voté à la hauteur de 70% pour le démocrate. Les latino-américains ont tourné le dos au GOP à cause de la fermeture de celui-ci concernant la régularisation de l’immigration clandestine. Barack Obama a promis de légiférer sur cela lors de son deuxième mandat. L’aile radicale du Parti républicain s’est toujours opposée à la régularisation des immigrants clandestins. Cela a beaucoup nuit à Mitt Romney dans sa tentative de séduction de cet électorat. Georges W. Bush était un modéré sur cette question et cela lui avait permis d’obtenir une bonne part du vote hispanique en 2000 et 2004. Celui-ci est pourtant conservateur sur le plan social (la famille traditionnelle, il est contre le mariage gai, etc.) et il devrait normalement appuyer les républicains. Les Hispaniques vont représenter de plus en plus une forte proportion de la population américaine dans les années à venir. Les républicains vont devoir les séduire en modérant leur position concernant l’immigration clandestine.

Ensuite, Mitt Romney n’est pas un véritable conservateur sur le plan américain. Lors de son mandat de gouverneur du Massachussetts, Mitt Romney a mis en place des politiques centristes comme sa réforme du système de santé de l’État. Lors de la course à l’investiture républicaine, l’aspirant républicain a dû se présenter comme un conservateur radical sur le plan social (contre l’avortement et le mariage gai). Il devait faire cela afin de devenir le candidat présidentiel du GOP. En jouant sur les deux terrains idéologiques, il s’est mis à dos l’électorat centriste et les conservateurs sociaux. Avec un véritable conservateur fiscal, le Parti républicain aurait facilement battu le président sortant. Le GOP a dû succès aux élections présidentielles lorsqu’ils choisissent un vrai conservateur comme candidat : Ronald Reagan en 1980 et 1984 et Georges W. Bush en 2000 et 2004. Tandis qu’il se fait ramasser avec un modéré comme candidat : Bush père en 1992 et Bob Dole en 1996. Si les républicains veulent retourner à la Maison-Blanche le 20 janvier 2017, ils vont devoir choisir un candidat véritablement conservateur comme Chris Christie (le gouverneur du New Jersey, Jed Bush (le frère de W. Bush) ou Marco Rubio (un membre de la communauté hispanique.

Le parti de Lincoln a quatre ans pour se préparer pour la présidentielle de 2016. Un rapprochement envers l’électorat hispanique et le choix d’un vrai conservateur sont deux éléments qui seront essentiels à la victoire républicaine. Est-ce que le Parti républicain vont aller dans cette direction? C’est à suivre…

Un autre quatre ans… d’incompétence

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Par Philippe David

Ce mardi, les américains ont choisi. Ils ont choisi de poursuivre les politiques qui les gardent dans le marasme économique et une dette astronomique. Ils ont choisi de garder un président qui a haussé leur dette d’autant en quatre ans que son prédécesseur l’a fait en huit. Si Obama poursuit les mêmes politiques, la dette américaine dépassera certainement 20 billions avant la fin de son deuxième terme.

Les chiffres ne mentent pas. Les politiques économiques d’Obama ont été un retentissant échec. Le seul secteur en croissance a été le gaz de shale et le secteur public, mais même le gaz de shale ne suffit pas et le secteur public n’est pas une richesse, c’est un parasite qui vampirise l’économie américaine. Même si  l’IPC ne le montre pas tellement, l’inflation est bien là. Elle fait monter les carburants et les denrées alimentaires en flèche. Comme par hasard ces prix sont exclus de l’IPC. Je me demande pourquoi?  En fait, non, je sais exactement pourquoi. Pour la même raison que les statistiques de chômage ne reflètent pas la réalité non plus. Pourquoi importuner la population avec la vérité que peu importe celui qui siège dans le bureau ovale, c’est en réalité Goldman Sachs et la Réserve Fédérale qui gouvernent le pays. Les assouplissements quantitatifs (QE1, QE2, QE3, etc.) n’ont enrichi que les banquiers de Wall Street. Combien de billions de billets verts vont-ils imprimer avant de réaliser que d’imprimer des billets ne crée aucune richesse et qu’au contraire, ça ne fait que dilapider les maigres économies des retraités et de la classe moyenne?

Apparemment, quatre années de croissance anémique et d’appauvrissement n’ont pas suffi pour convaincre les américains qu’un véritable changement de cap s’impose. Ça prendra probablement une autre guerre contre un autre ennemi imaginaire pour les réveiller. Il n’y a rien comme une bonne guerre pour camoufler une dépression. C’est ce que FDR a prouvé. Surplus de chômage? Il n’y a qu’à envoyer plein de soldats outre-mer pour servir de chair à canon et détourner la production industrielle vers la production de bombes pour donner une illusion de prospérité, sans dire au bon petit peuple que la destruction n’enrichit que les marchand d’armes, pour l’économie, détruire et rebâtir a toujours été une perte nette.

Mitt Romney aurait-il pu faire mieux? Pas sûr. Mais quand je regarde les chiffres, je me dis qu’il aurait difficilement pu faire pire. C’est malheureux pour les américains, mais apparemment, leur calvaire ne fait que commencer

Progression du tourisme au Kénya

Kenya

Par Noémie L.

Plusieurs hôtels de luxe investissent dans la capitale du Kenya. En effet, les promoteurs de complexe hôteliers prévoient la grande ouverture de différents hôtels dans le pays. Le pays développe tranquillement son grand potentiel touristique.

Au début de 2012, les statistiques du tourisme en 2011 ont enregistré un nouveau record, comparativement à 2011. Le nombre de touristes sur le territoire kényan à augmenté de 15,4% par rapport à 2010. L’Afrique subsaharienne et le Kenya ont profité de la redistribution des touristes sur le continent. Et, ce malgré les problèmes de sécurité intérieurs dans le Nord, il est encourageant de voir que ces évènements et le soulèvement du printemps arabe n’ont pas eu trop de répercussions majeures sur le tourisme.

Selon des études faites par le Conseil mondial du voyage et du tourisme, le tourisme en Afrique génère environ 164 milliards de dollars. Le secteur représente 19 millions d’emplois, ceci représente 7,1% du total et les chiffres tendent à augmenter. Toutefois, le Kenya vit une période plus difficile étant confrontée à la sécurité. En effet, elle demeure essentielle dans l’offre de service ainsi que le tourisme. Les derniers évènements violents qui eurent lieu lors des élections, il y a plusieurs personnes qui ont perdu la vie. 

Projets encouragent le tourisme kényan

Le groupe Voyage à Rabais vient de clôturer l’inscription au forfait Safari Kenya en circuits accompagnés. Un voyage planifié sur une quinzaine de jours vous permettant de découvrir la faune et la flore à travers les parcs et réserves du Kenya. L’aspect intéressant avec le Kenya est sa biodiversité. En effet, il y a très peu de pays qui peuvent vous offrir un parcours dans la savane africaine et la présence de nombreux animaux sauvages.

Cependant, l’inscription est complète pour le voyage prévu en 2013, vous pouvez toujours saisir l’occasion de vos dépayser avec un forfait voyage dernière minute. De plus, Voyage à rabais n’est pas la seule agence à organiser des circuits vous permettant de faire des safaris organisés au Kenya. Vous pouvez trouver d’autres agences offrant des safaris organisés. 

La croissance de l’écotourisme

D’autres projets qui encouragent la croissance économique du pays sont l’écotourisme. Le concept permet de visiter des villages ainsi que des communautés culturelles dans les régions. Vous vivez parmi les habitants qui vous accueillent dans leur chez-soi. L’écotourisme encourage les emplois locaux et fait une meilleure distribution des ressources financières.

Plusieurs de ces organismes d’écotourismes sont associés à des partenaires locaux encourageant le développement économique de la région grâce à des activités qui développent proprement les ressources naturelles.

La découverte de l’Afrique subaérienne est à portée de main, il y a également d’autres agences qui offrent des forfaits de voyage dans la région. Vous permettant de découvrir différents villages ainsi que des coutumes ethniques.

 

Tueur solitaire ou pion?

James-Holmes

 

Par Philippe David

 

Loin de moi l’idée de vouloir faire de la récupération politique ou de verser dans le complotisme, mais cette tragédie sent mauvais. Mise à part la perte de vie insensée, plusieurs détails de cette histoire me chicotent. Des détails qui remettent sérieusement la thèse que Holmes aurait agit seul et qu’il soit seulement un fou psychopathe.

De l’équipement dispendieux et sophistiqué

Selon tous les reportages et témoignages, Holmes aurait pénétré dans le cinéma, non seulement avec plusieurs armes, mais équipé avec tout l’attirail du policier de l’escouade tactique. Une veste pare-balle, des protecteurs d’entre-jambe, des jambières, un combinaison typique des escouades tactiques et même un casque ballistique en kevlar. Il avait avec lui deux armes de poing, une carabine d’assaut et un fusil à chevrotine (shotgun), ainsi que plusieurs chargeurs et des munitions et des grenades fumigènes. De plus, il aurait piégé son appartement avec ce que les policiers ont décrit comme des engins explosifs sophistiqués et des incendiaires. Même en supposant que tout ce kit du parfait soldat soit facilement achetable au Colorado (et rien n’est moin sûr), les coûts sont plutôt prohibitifs. J’ai visité quelques sites web pour vérifier les prix. Les armes auraient été acquises légalement, donc je suppose qu’il a payé le prix légal. Les armes de poing coûtent typiquement $500 chacune, Une carabine d’assaut de type M16 coûte plus de $1000. Une veste pare-balle coûte environ $800, le casque peut aller entre $250 et $1000. Sans compter les munitions, les explosifs et tout le reste. Au bas mot, notre tireur disposait de plus de $10 000 en équipement et certains items ne se trouvent pas à tous les coins de rue. Comment un étudiant en médecine, présumément sans un sou (les études en médecine coûtent cher) et sans connections militaires, a-t-il pu mettre la main sur tout cet équipement? C’est pas comme si il pouvait financer ça avec ses prêts et bourses. Et si l’argent ne venait pas de lui, alors de qui?

Un appartement piégé à l’os

Les portes-parole de la police locale ont décris les pièges installés dans l’appartement de Holmes comme étant très sophistiqués. Où a-t-il acquis les connaissances pour pouvoir construire de tels engins. Je veux bien croire que l’on puisse obtenir des informations sur la fabrication de bombes maison sur l’internet, mais il semble que les connaissances de James Holmes soient de loin supérieures à ça. Et tout ça pendant qu’il suivait des études en médecine et sans aucun entrainement militaire? Ça semble un peu improbable.

Un comportement étrange

Il sera toujours difficile de déterminer se qui se passe dans la tête d’un tueur, mais le comportement de Holmes est plutôt étrange. Il se présente dans un cinéma armé jusqu’au dents, il tire dans le tas, tuant une douzaine de personnes et en blesse une cinquantaine d’autres. Puis il se rend calmement aux policiers et les informe des pièges dans son appartement. Pourquoi aurait-il fait ça? S’il était vraiment un psychopathe, pourquoi placer des bombes dans son appartement et ensuite informer les flics? Ce n’est pas la nature d’un psychopathe d’avoir des remords. À moins que le type ne soit pas psychopathe du tout et qu’il suivait un plan quelconque. Mais pourquoi? Dans quel but?

Bref, cette histoire a plus d’un élément pour faire la joie des complotistes. La question qui tue serait de savoir qui bénéficierait le plus d’un tel évènement? J’aurais tendance à imaginer ceux qui tiennent à contrôler ou bannir les armes à feu dans ce rôle, pas vous? La majorité des américains tiennent encore férocement au second amendement de leur constitution (et avec raison, selon moi), mais multipliez les tueries et l’opinion publique pourrait bien changer.

Soit dit en passant, la première chose qui arrive lorsqu’une dictature s’installe, c’est le désarmement de ses citoyens. Viennent ensuite les génocides et les meurtres contre la population désormais sans défense. La liberté implique qu’un tueur fou pourra de temps en temps causer un carnage, mais ce n’est rien comparé aux crimes qui ont été commis par des gouvernements qui ont obtenu le monopole total de la force.

En souvenir du Titanic

Par Philippe David

C’était le 14 avril 1912 à 23h40, il y a maintenant 100 ans, que le Titanic a heurté un iceberg, il devait disparaitre deux heures et trente minutes plus tard, à 2h20 le 15 avril 1912. Peu sont encore vivants qui peuvent se souvenir de ce jour dans l’histoire, mais il reste à jamais gravé dans la mémore collective comme étant la pire catastrophe maritime de l’histoire. En tout, 1490 morts et seulement 711 rescapés. Le Titanic n’était doté que de 16 canots et 4 radeaux pliants avec une capacité totale de 1178 personnes. La capacité maximale du Titanic était de 3547 passagers et membres d’équipage, donc il n’y avait assez de canots que pour à peine 33% de la capacité maximale du paquebot.  Heureusement si on peut dire, il n’y avait que 2201 personnes à bord du Titanic lors de son voyage d’inauguration.  Pour sauver toutes les âmes du Titanic cette nuit, il aurait fallu 16 canots supplémentaires. Si le Titanic avait voyagé à pleine capacité, il aurait fallut 37 canots supplémentaires pour garantir la survie de tous ses passagers et membres d’équipage.

Depuis mon enfance, le naufrage du Titanic a toujours capté mon imagination. Mon premier contact avec cette histoire a été un récit en bandes dessinées sur Jack Phillips, l’opérateur-radio, qui est resté à son poste jusqu’à la dernière minute et est mort d’épuisement après avoir réussi à se hisser à bord du radeau pliant B. Je devais avoir à peine 10 ans alors. J’éprouve encore une fascination pour l’histoire de ce naufrage. Le Titanic représentait le summum de l’arrogance de l’homme. On le qualifiait « d’insubmersible » et en vérité, il avait été construit de façon à être très difficile à couler, mais pas impossible. La coque était subdivisée en compartiments étanches qui devaient limiter les inondations dues à une avarie. On n’avait cependant pas prévu qu’une avarie de la coque aurait pu s’étendre à cinq compartiments adjacents, causant un débordement des cloisons étanches par les ponts supérieurs. Le destin a voulu nous enseigner l’humilité au point de faire en sorte que l’impensable puisse se produire.

Au moins, nous en avons tiré des leçons. Maintenant, les navires doivent transporter assez de canots pour garantir la survie de tous les passagers et l’équipage, les iceberg font l’objet d’une surveillance plus étroite et  le code SOS (Save Our Souls) fût adopté comme signal de détresse standard (le code précédent, CQD pour « Come Quick Distress », était plus long à transmettre en morse). Le Titanic fût d’ailleurs un des premiers navires à diffuser le SOS.

Faits intéressants: Jusqu’à récemment, Il restait 2 survivantes au naufrage encore vivantes à ce jour: Barbara Joyce West avait 10 mois lors du naufrage et est décédée en Octobre 2007, Elizabeth Gladys Dean avait 2 mois à peine et est décédée en May 2009 . Une autre femme Maria Salvata del Carlo, née le 14 novembre 1912, pourrait être comptée comme une rescapée. Sa mère était enceinte d’elle au moment du naufrage. Elle est décédée en 2008. Une autre du nom de Betty Phillips qui est réputée d’avoir été concue sur le Titanic, est née le 11 janvier 1913. Elle est décédée en novembre 2005 à l’âge de 92 ans.

Politiciens de Carrière et Banques Centrales : Sinistre Alliance

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Dans une économie de libre marché, les interventions gouvernementales doivent être un art et non une science. Le seul rôle de ce dernier dans une société libre est de s’assurer de la protection de nos droits, de nos libertés, de notre sécurité et du coup, s’assurer qu’on puisse profiter des fruits de notre labeur (i.e., faible taxes et impôt quasi nulle). Ceci dit, la réalité étant tout autre, comprendre les dynamiques du système actuel est primordial et quasi indispensable pour ne pas finir en mauvaise posture financière. Voici donc la première règle du système actuel : ne vole pas! Le gouvernement déteste avoir de la compétition!

Politiciens de carrière face à la crise : fuite en avant

Le problème avec les politiciens de carrières est que ces derniers n’ont pour priorité première que leur réélection. Ils sont donc prêts à prendre des décisions qui, à court terme soulage la douleur (le temps d’une élection pour se faire réélire) mais qui à moyen long terme, seront beaucoup plus difficile à ‘soulager’. On en a eu un bel exemple au début de la crise actuelle. Au vu des décisions prises, ce qui n’était qu’une récession d’une durée d’un an ou deux, est entrain de se transformé en une dépression inflationniste qui va durer au minimum 10 ans. Pour les sceptiques, il y a un an, Obama disait que si le stimulus ne ‘passait’ pas, le taux de chômage pourrait atteindre l’effroyable niveau de 8%. Évidemment, le stimulus est passé et le taux de chômage a atteint récemment 10,2% (17% si on le calcule comme on le faisait durant la crise de 1929). Rassurant, n’est-ce pas? Selon eux et au vu de leurs actions, si on est entré en crise, c’est due à un excès de dépenses et c’est avec plus de dépenses qu’on va s’en sortir. Suivant cette logique, Tiger Woods devrait se trouver d’autres conquêtes pour régler ses problèmes conjugaux récents.

Banques centrales: un cancer pour l’économie

Les personnes qui ont voulu une banque centrale (dans ce cas-ci, la Banque du ‘Canada’ et FED) disaient qu’elles allaient mettre fin aux cycles économiques et allait préserver le pouvoir d’achat. Résultats? On a eu plein de récessions et le dollar canadien tout comme le dollar américain a été détruit (le dollar américain a perdu 97% de sa valeur depuis que la FED s’en occupe-1913-, tandis que le dollar canadien a perdu 90% de sa valeur depuis que la Banque du ‘Canada’ s’en occupe -1935-). De plus, lorsqu’on a une économie basé à 70% sur de la consommation comme ici au Canada et au États-Unis, il est d’une importance vitale d’avoir un dollar fort. Ces dernières créer de l’inflation (en imprimant de l’argent à vitesse grand V) et après coup, elles osent dire qu’elles veulent le combattre; elles sont des usines à inflation! C’est comme si une usine de voitures disait qu’elle voulait combattre la congestion sur les routes ou une compagnie de tabac qui veut combattre le cancer du poumon. Évidemment, la compagnie de tabac fixera votre attention uniquement sur la dégénérescence des cellules comme cause du cancer du poumon et non sur la cause réel du problème, c’est-à-dire, le tabac. Le même principe s’applique pour les banques centrales. Elles fixent votre attention sur la hausse des prix seulement (IPC) comme cause de l’inflation et non sur l’augmentation de la masse monétaire qui est la définition même de l’inflation. Dire que l’inflation est uniquement l’augmentation des prix, c’est un peu comme si une personne qui ne mange que du fastfood, blâme sa balance pour ses problèmes de poids.

Intervenir ou pas?

En intervenant pour la première fois, le gouvernement a transformé la dépression de 1929 en la «Grande» dépression. Peut de gens s’en souviennent, mais en 1920 il y a eu une dépression au États-Unis tout aussi sévère sinon plus que celle de 1929.Le gouvernement n’est pas intervenu et elle n’a durée qu’un an. Personne ne s’en rappel, mais pour celle qui s’en vient, beaucoup s’en rappelleront car elle durera plus qu’une décennie. Sans banques centrales, vous jouiriez d’une vie économique moderne, sans cycles économiques, sans bulles économiques, sans inflation, sans les insoutenables déficits commerciaux et surtout sans la croissance explosive de la taille du gouvernement. Malheureusement, ces dernières exacerbent les problèmes chaque jour en imprimant encore plus d’argent pour accommoder des politiciens avec un agenda politique, en charge de notre destin.

La lumière au bout du tunnel

Au rythme et au vu des décisions actuelles, la seule lumière au bout du tunnel que je vois, est celle du TGV qui fonce droit vers nous…buckle up!

Comprendre la crise de 2008 en 2 étapes

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Étape 1 : un portrait rapide sur le fonctionnement de l’économie américaine

Les États-Unis (depuis les 20-30 dernières années) ont ce qu’on appel une  » phony bubble economy ».
Un peu à l’image d’un drogué qui refuse d’aller en  »désintox » (récession) et qui préfère s’injecter une autre dose pour aller de  »high » en  »high » jusqu’à l’overdose. C’est toujours le même mécanisme : baisse des taux d’intérêts et ‘stimulus’ (injecter de l’argent – emprunter ou imprimer).

Donc en 2000-2001, lorsque la bulle technologique du Nasdaq a éclaté, Bush venait à peine d’arriver au pouvoir. Comme tout politicien, il n’a pas voulu laisser la récession venir purger les toxines du système. Il a donc injecté quelques 300 milliards de $ et fait baisser les taux d’intérêts à 1%. Résultat? Début de la bulle immobilière qui a éclaté en 2008.

En 2008-2009, Obama arrive au pouvoir. Comme tout bon politicien, lui aussi ne veut pas laisser la récession venir rééquilibrer l’économie. Sa solution? Baisse des taux d’intérêt à 0% et injecte plus qu’ 1 trilliard de $. Résultat? Il y a maintenant une bulle dans la dette publique qui va exploser dans pas longtemps et ça ne sera pas beau à voir.

Voyez-vous, souvent les gens vous disent : <<non, ça fait 30 ans que j’entends que les USA sont finis, mais c’est cyclique, ils vont revenir forts>>. Ce que ces gens n’ont pas compris, c’est que l’économie américaine était basée sur des bulles, une à la suite de l’autre, avec pour résultat, l’accroissement de la dette de manière phénoménale. Ce n’était pas une croissance économique légitime basée sur l’épargne et la production (à l’image de la Chine), mais plutôt basé sur: emprunter de l’argent pour le dépenser sur des biens étrangers.

Étape 2 : Crise de 2008

C’est très simple. Lorsqu’en 2001, Bush a fait baisser les taux d’intérêts, ça a permis à des gens n’ayant pas les moyens de se payer une maison de s’en acheter une (souvent pour revendre – spéculation). Rajoutez à cela, que les banques ont baissé les ‘landing standards’, signifiant que vous pouviez avoir une hypothèque sans mettre un paiement initial (‘’down payment’’) et sans oublier toutes les fausses déclarations de solvabilité (stabilité d’emploi, rapport de crédit, capacité, capital, et caution). Tout le monde voulait s’enrichir rapidement. (Tout ceci n’aurait JAMAIS était possible si la FED n’avait pas baissé artificiellement ses taux d’intérêt à 1%).

Ensuite, vous avez les agences du gouvernement Fannie Mae et Freddie Mac qui garantissent les hypothèques (environ 90% des hypothèques aux États-Unis sont garanties par le gouvernement).

Et c’est ici que Wall Street entre en jeu. Puisque le gouvernement garantit les hypothèques, Wall Street a créé des instruments financiers garantis par ces hypothèques. Moody’s, les a notés TRIPLE A!!

Ces instruments financiers offraient un meilleur rendement et donc plusieurs managers de grandes institutions dans le monde les voulaient parce que leur salaire et bonis dépendaient de leur rendement. Ces managers, s’ils avaient fouillé 2 min, ils se seraient vite rendu compte que les hypothèques qui garantissaient les instruments, appartenaient à des gens qui n’avaient pas les moyens de se payer une maison. Donc, ce n’était qu’une question de temps avant que ces hypothèques n’implosent, et avec elles, ces instruments financiers créés par Wall Street (‘’commercial papers’’). Voilà pourquoi la crise a touché beaucoup de monde. À la base, c’est une crise américaine, mais puisque les managers des grandes institutions à travers le monde étaient ‘clueless’, elle a pris une dimension internationale et globale.

Contrairement à ce que la majorité des gens croient, c’est donc le gouvernement qui a créé le hasard moral qui a permis tous ces dérapages. Il est amusant de voir les politiciens de carrière et les gens de ‘gauche’ blâmer le capitalisme alors que c’est le gouvernement qui est responsable de cette crise.

Voyez-le comme ça: imaginez qu’on soit dans un Bal de Finissants. Une personne vient et verse de l’alcool dans la fontaine de jus des étudiants, à leur insu. Les étudiants boivent le jus, deviennent souls et font des bêtises. Qui allez-vous blâmer? Les étudiants pour être souls ou la personne qui a versé de l’alcool dans le jus, à leur insu? Évidemment, vous me direz l’individu qui a versé de l’alcool.

Même chose ici, qui allez-vous blâmer? Les gens pour avoir agi comme des soulards (ie, sans trop réfléchir), ou le gouvernement qui a créé des distorsions dans le marché en offrant l’illusion d’un enrichissement rapide?

D’ailleurs, et je termine là-dessus, ces actions du gouvernement sont purement politiques. Car au niveau économique, elles sont complètement ‘stupides’ (désolé, mais je n’ai pas trouvé d’autre terme). Ces politiciens ont réussi à gagner du temps jusqu’aux prochaines élections mais la facture sera très salée en bout de ligne.

9/11: 10 ans après

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En ce 10e anniversaire des attentats du 11 septembre, je me permet de reproduire un texte que j’ai initialement publié sur Le Minarchiste Québécois et qui était intitulé « Blowback« 

On voit beaucoup d’encre couler au sujet de cette mosquée et centre communautaire islamique qu’on projette de construire près de l’ancien site des tours jumelles du World Trade Center. Certainement c’est un sujet délicat pour les familles de ceux qui ont perdu la vie dans les attentats du 11 septembre 2001. Au-delà du fait que ce projet est parfaitement légitime du point de vue légal, les opposants à ce projet projettent la responsabilité de cet évènement sur les mauvaises personnes. Ce n’est ni l’Islam, ni les musulmans qui sont en cause, quoique je l’ai crû pendant longtemps.

Les évènements historiques ne se produisent jamais à partir d’un vide et ne doivent jamais être considérés isolément des facteurs qui pourraient en être la cause. Ainsi, il y avait un bon moment que le gouvernement américain s’attendait à un attentat quelconque en réponse à son traitement de l’Irak. L’attentat, certes tragique, du 11 septembre et ses quelques 3000 victimes s’est avéré être cette réaction. Sans vouloir rien minimiser, le nombre de victimes de cet attentat n’est rien comparativement à plus d’un million de victimes, la plupart des enfants, des sanctions économiques des Nations Unies, commanditées par les États-Unis et le Royaume-Unis, contre l’Irak pendant toute une décennie.

Il fût peu question pendant cette période de l’effet de ces sanctions sur la population irakienne ou de la façon qu’elles étaient perçues par le monde arabe, mais elles n’ont certainement pas mené aux résultats escomptés par l’administration Bush sr et celle de Bill Clinton. Alors que l’objectif était d’ameuter les irakiens contre Saddam Hussein, elles n’auront servi qu’à démoniser encore plus les américains aux yeux des arabes.

Pendant la première guerre du Golfe en 1991, les forces alliées ont systématiquement attaqué le réseau électrique irakien, ce qui eût pour effet de complètement annihiler la capacité des irakiens de faire fonctionner leurs usines d’épuration d’eau. Étant incapable de se fournir en eau potable et se voyant systématiquement refuser le droit d’acheter les pièces nécessaires à la réparation de son réseau électrique. On estime qu’entre 1991 et 1996, plus de 500 000 enfants ont péri de maladies reliées au manque de sanitation et à la malnutrition.

En mai 1996, lorsqu’interrogée à l’émission 60 Minutes du réseau CBS si après la mort d’un demi-million d’enfants le prix en valait la peine, Madeline Albright, l’ambassadrice des É-U à l’ONU a répondu candidement : «Je crois que c’est un choix difficile, mais oui nous croyons que le prix en valait la peine.» Ce manque total de remords de la part du gouvernement américain n’a pas été sans laisser une impression durable sur la psyché collective des arabes. Ajoutez à ça leur soutien inconditionnel d’Israël et il fallait bien qu’un jour ça éclate.

Durant la campagne présidentielle de 2008, lors du débat des primaires du parti Républicain, Ron Paul s’était attiré les foudres de plusieurs membres du GOP lorsqu’il a soutenu que les évènements du 11 septembre n’étaient pas le fruit d’une haine de la liberté et du niveau de vie des américains, mais le fruit de leurs actes au Moyen-Orient. Il a mentionné alors le terme qu’utilise la CIA pour ce genre de rétribution : «blowback». C’est triste à dire, mais ce n’est pas l’Islam qui est à blâmer pour les attentats du 11 septembre, mais bien l’étatisme et l’impérialisme américain. Et sa première victime fût notre liberté.

Lectures complémentaires :

American Policy Gave Hussein Reason to Deceiveby Stanley Meisler Los Angeles Times

Sanctions: The Cruel and Brutal War Against the Iraqi People, Part 1by Jacob G. Hornberger Future of Freedom Foundation

Iraqi Sanctions: Were They Worth It?by Sheldon Richman Future of Freedom Foundation

Iraqi Sanctions and American Intentions: Blameless Carnage? Part 1by James Bovard Future of Freedom Foundation

Cool War: Economic Sanctions as a Weapon of Mass Destructionby Joy Gordon Harper’s Magazine

The Secret Behind the Sanctions: How the U.S. Intentionally Destroyed Iraq’s Water SupplyBy Thomas J. Nagy The Progressive

L’illusion des billets de banque

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Bonne nouvelle! Il n’y a aucune chance que les États-Unis fassent défaut sur leur dette! En effet, Alan Greenspan, ancien président de la Fed (la banque centrales aux ÉU), affirme qu’il ne suffit que d’imprimer plus d’argent1. Bien que ce type de discours n’est pas surprenant venant d’un ancien de la Fed, il l’est venant d’un économiste de sa trempe. En effet, l’impression massive de billets de banque n’a jamais causé autre chose que des problèmes.

 

L’exemple classique des méfaits de l’impression d’argent est évidemment la République de Weimar. Suite à la Première Guerre mondiale, l’Allemagne s’était fait imposer d’immense frais punitifs parce qu’elle était supposément la seule responsable du conflit. Comme les réparations devaient être payées en mark or, il ne pouvait y avoir que deux façon de payer : augmenter les impôts ou imprimer de l’argent. Berlin a choisi la seconde option, et ce fut un désastre.

Entre août 1922 et novembre 1923, l’offre de mark a augmenté de 7,32 milliards2 (G) – on imprimait 7,32 G fois plus de marks qu’à la normale. Mais comme l’économie allemande n’a pas autant augmenté aussi rapidement, il y avait donc un large surplus de billet de banque. Et comme dans toute chose, un surplus d’offre cause une chute de son prix. Dans le cas de la monnaie, augmenter autant son offre fait qu’un billet perd rapidement de sa valeur. Ainsi nait l’hyperinflation : les gens se départissent de leur argent rapidement (achats) afin de ne pas payer cette taxe indirecte qu’est l’inflation. L’argent devient donc une patate chaude que les gens s’échangent à une vitesse vertigineuse. Résultat : l’inflation mensuelle était de 322 %; ce qui coutait 1 $ coûtait 1,41 $ le lendemain. L’hyperinflation allemande a été stoppée lorsque le Rentenmark a été adopté, remplaçant l’ancien Deutsche Mark3. Le Rentenmark, puisqu’il avait sous garantie des biens industriels réels, a rétabli la confiance des gens et des marchés et ainsi freiné l’hyperfinflation.

 

Encourager les mauvais investissements

 

Toutefois, l’impression massive de billets ne cause pas nécessairement d’hyperinflation, comme c’est le cas au Japon4. L’inflation depuis avril 1991, époque à partir de laquelle la Banque du Japon a commencé la diminution constante de son taux directeur5, n’a jamais vraiment dépassé les 2 %. Malgré tout, la croissance économique est demeurée anémique durant cette décennie, qui fut qualifiée de perdue6. Même à ce jour, la confiance des entreprises n’a jamais atteint le sommet (sur une période de 30 ans) de 19897.

 

Pourquoi une croissance si faible? Suivant la logique keynésienne, le Japon aurait dû renouer avec la croissance dès l’instant où la Banque du Japon a diminué son taux directeur. Cela encourage les banques à prêter les les consommateurs à consommer. Si c’était si facile alors la République de Weimar serait vite devenue une puissance mondiale, de même que la Russie et le Brésil dans les années 908.

 

La croissance faible vient justement du taux d’intérêt ridiculement bas qui persiste dans l’Empire du Soleil levant depuis presque 20 ans. L’école autrichienne d’économie, rendue célèbre par Ludwig Von Mises, nous enseigne que les cycles économiques sont causés principalement par les banques centrales qui manipulent les taux d’intérêts. Sans une telle institution, le taux d’intérêt représente l’équilibre de l’offre et de la demande d’épargne. Les entreprises investissent donc selon les préférences des consommateurs; un 0taux d’intérêts à la baisse montre que les consommateurs épargnent plus et vice-versa.

Toutefois, quand les taux d’intérêts sont artificiellement diminués, ce signal disparaît. Les entreprises engagent donc des investissements qui ne sont pas nécessairement supportés par de l’épargne. Plus les taux d’intérêts sont maintenus trop bas trop longtemps, plus les erreurs se généralisent, que ce soient des entreprises qui augmentent trop leur capacité de production sans que la demande augmente ou des banques qui prêtent à des emprunteurs insolvables. Cette croissance économique est donc illusoire, comme ce fut le cas aux États-Unis jusqu’à l’éclatement des bulles technologiques et immobilières en 2000 et 2008, respectivement. Quand les bulles éclatent (récession), il n’y a qu’une chose à faire : ne rien faire. En effet, il faut permettre à l’économie de recouvrer seule son équilibre sans que le gouvernement n’intervienne. Sinon, une récession devient une Dépression ou, dans le cas du Japon, deux décennies perdues.

 

Voilà donc ce que Washington devrait faire pour revigorer son économie : ne rien faire, ou plutôt cesser d’intervenir dans l’économie comme il le fait. Le problème actuelle de dette en est un uniquement de dépenses; elles ont augmenté de façon presque constante depuis 1965, contrairement aux revenus9. Comme imprimer plus d’argent n’est pas une solution viable, il faut donc que le gouvernement fédéral respecte l’esprit de sa propre constitution et cesse de dépenser là où il ne devrait pas (éducation, routes, assurance-santé, caisse de retraite, etc.).

Oh, c’est sûr que ça va faire mal pour un certain temps. Mais comme l’a démontré Warren Harding en 1920, laisser l’économie se stabiliser par elle-même est la meilleure des solutions. Sa non-intervention au coeur d’une récession sévère – il avait même diminué les impôts et coupé les dépenses – a permis au pays de reprendre du poil de la bête en moins de deux ans.

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