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Pourquoi Hillary Clinton ne devrait pas être Présidente

Par Philippe David

 

D’entrée de jeu, je vous le dis tout de suite, je ne veux pas voir Donald Trump Président des États-Unis. Tout indique qu’il est mythomane, mégalomane et psychopathe. Plusieurs de ses déclarations indiquent qu’il ne comprend pas la notion de séparation des pouvoirs ni la limite des pouvoirs présidentiels. Il semble même croire qu’il pourrait utiliser cette position pour des vendettas personnelles. La présidence dans les mains de Donald Trump, serait comme des allumettes dans les mains d’un bambin. De toute évidence, il serait le pire choix pour occuper cet office, si ce n’était pour Hillary Clinton. Je vous explique pourquoi.

Il y a un moment que je surveille les développements sur l’affaire de son serveur de courriel. Sujet qui est particulièrement d’intérêt pour moi parce que je travaille dans le domaine de l’informatique et que dans mon domaine, la sécurité de l’information est quelque chose sur laquelle on ne lésine pas. J’ai aussi, dans ma jeunesse, servi dans les Forces Armées Canadiennes où là aussi on m’avait inculqué l’éthos de la sécurité de l’information pour une excellente raison. Pour les militaires, les fuites d’information coûtent des vies.  C’est autant vrai dans la haute diplomatie où madame Clinton évoluait comme Secrétaire d’État. Les États-Unis étant pratiquement continuellement impliqués dans des conflits militaires pendant des décennies, les informations qui peuvent passer entre les mains de son diplomate en chef peuvent effectivement compromettre des opérations en cours et coûter littéralement la vie à des gens sur le terrain. Vendredi dernier, le FBI a rendu public les notes d’entrevue de l’enquête qu’ils ont menée au sujet du fameux serveur de courriels des Clinton. Ce qu’on peut y lire soulève des questions sérieuses quant à la compétence et l’honnêteté d’Hillary Clinton.

Un bref historique…

Voici quelques faits de notoriété publique dans l’affaire :

  • Hillary Clinton a occupé le poste de Secrétaire d’État de janvier 2009 à janvier 2013 (4 ans)
  • Le 13 janvier 2009, Hillary Clinton a enregistré le nom de domaine «clintonemail.com», hébergé sur un serveur privé dans sa résidence de Chappaqua dans l’état de NewYork. Selon le FBI, le serveur n’utilisait aucune forme de chiffrage, ce qui signifie que les courriels pouvaient être lus par n’importe qui. C’est un peu comme envoyer une carte postale par la poste régulière. Tout le monde peut en lire le contenu.
  • Le 22 janvier 2009, Mme Clinton a signé, comme tous ses prédécesseurs, une entente de non-divulgation qui indique que les marquages de classification sont sans importance par rapport aux secrets d’état. Il est expressément écrit dans l’entente que «les informations classifiées peuvent être marquées ou non-marquées… incluant les communications orales». Il est à noter qu’en tant que Secrétaire d’État, Hillary Clinton était une génératrice (Original Classification Authority ou OCA) d’informations classifiées, ce qui signifie qu’une de ses tâches était de déterminer ce qui devait être classifié ou non et à quel niveau. Les informations rendues publiques vendredi dernier indiquent par ailleurs que les enquêteurs du FBI avaient tendu un piège à Mme Clinton en lui montrant une communication non-classifiée mais qui avait été étampée «secrète» et Mme Clinton avait identifié la communication comme étant clairement non-classifiée malgré l’étampe. Cela prouve qu’elle savait faire la différence.
  • Le 22 décembre 2010, le National Archives and Records Administration institue des normes pour les dirigeants d’agence: Tous les courriels et pièces jointes ayant trait aux activités gouvernementales doivent être considérés comme des donnés préservées sous le Federal Records Act (ie sont propriété du gouvernement et doivent être entreposées dans un lieu approprié). Malgré ces directives, Mme Clinton continue d’utiliser son serveur et son compte de courriel privé pour envoyer et recevoir des courriels reliés à ses affaires officielles.
  • En mars 2013 on découvre l’adresse courriel privée d’Hillary Clinton quand le compte d’un proche collaborateur de Bill Clinton, Sydney Blumenthal, a été infiltré. Quelques jours plus tard, un pirate informatique du nom de Guccifer pénètre le compte d’un assistant de Mme Clinton, révélant qu’elle avait reçu des informations confidentielles d’un compte de courriel public.
  • En août 2014, dans le cours de l’enquête sur les évènements de Benghazi, on apprend pour la première fois qu’Hillary Clinton utilise un compte de courriel privé pour ses courriels officiels.
  • Le 5 décembre 2014, Hillary Clinton accède à la demande du département d’état pour tous ses courriels reliés à sa fonction. Elle envoie 30 490 courriels imprimés (pas sous forme de fichiers informatiques) au Département d’État. Un autre 31 830 courriels n’auraient pas été envoyés, étant supposément considérés comme privés. Quelques 17 000 autres courriels seront plus tard récupérés par le FBI et ont été rendus publics récemment.
  • Le 3 mars 2015, le New York Times rapporte pour la première fois l’existence du fameux serveur et que Mme Clinton pourrait avoir contrevenu aux règlements fédéraux en utilisant une adresse privée pour ses affaires publiques.

Rappelons que pendant la conférence de presse et durant son témoignage au Congrès, le directeur Comey du FBI a confirmé qu’un grand nombre des courriels hébergés sur le serveur des Clinton contenaient des informations classifiées et certaines de ces informations étaient même classées «Top Secret/Special Access Program», la plus haute classification possible. Ce genre d’information est désigné officiellement par un nom de code aléatoire pour en cacher la substance et n’est accessible que par les individus qui ont «besoin de savoir» exclusivement. Cette classification est utilisée pour toutes les informations cruciales à la sécurité nationale.

Quoi de neuf?

Le rapport et les notes d’entrevue rendus publics vendredi dernier ajoutent des détails précédemment inconnus.

  • Un ordinateur portable et une clé USB contenant tous deux une copie du contenu du serveur (avec les informations classifiées, il va sans dire) des Clinton auraient été «égarés» par la poste. Naturellement, on pourrait s’interroger qui a eu la brillante idée de les envoyer par la poste en premier lieu, considérant ce qu’ils contenaient. Vous croyez que peut-être ils auraient pu tomber dans les mauvaises mains ?
  • Trois semaines après que le New York Times eut rapporté l’existence du serveur et après qu’un subpoena ait été émis pour son contenu, les données du serveur auraient été «accidentellement» supprimées. Oups! (En fait, le terme officiel est qu’ils ont eu un «Oh shit moment»). Apparemment une négligence d’un technicien, mais étrangement, il y a eu un appel conférence entre le cabinet de Clinton et la compagnie qui faisait l’entretien du serveur avant l’évènement. Louche un peu.
  • Vous vous souvenez quand Hillary a dit qu’elle n’avait utilisé qu’un seul appareil mobile? Eh bien en vérité, elle en a eu 13 en 4 ans et au moins un d’entre eux aurait été détruit à coups de marteau par un des assistants de Mme Clinton. On devra probablement faire appel à la technique des cartons de lait pour les trouver parce qu’ils se sont tous volatilisés, et avec eux, toute chance que le FBI puisse vérifier s’ils avaient été compromis. 5 tablettes iPad auraient aussi été utilisées par Mme Clinton. Elles ont également disparu. Ajoutons au passage qu’aucun de ces appareils n’étaient sécurisés comme ceux fournis par le Département d’État. Mme Clinton utilisait des appareils personnels privés parce qu’elle n’aurait pas pu connecter un appareil du Département d’État à son serveur privé.

Amnésie, incompétence et mensonges.

Quiconque suit la politique ne devrait pas être surpris de voir des politiciens mentir. On blague fréquemment qu’il est facile de savoir quand un politicien ment : ses lèvres bougent. Dans le cas d’Hillary Clinton, on a  même adapté la vieille blague des horloges à mensonges et ce serait la sienne qui sert de ventilateur à Jésus Christ. Nous savons donc qu’elle a menti plusieurs fois au FBI : Elle a nié avoir envoyé ou reçu des informations classifiées par courriel et elle a également menti sur le nombre d’appareils mobiles qu’elle utilisait et elle affirme que son utilisation d’un serveur privé était largement connu (common knowledge) au Département d’État, ce qui est nié par même ses plus proches collaborateurs,  pour ne nommer que ces exemples.

Selon le rapport du FBI elle aurait répondu pas moins de 39 fois qu’elle ne se souvenait pas aux questions qui lui ont été posées. Mme Clinton semble avoir des trous de mémoire assez gros pour y faire passer un camion à dix-huit roues. Ainsi, elle ne se souvenait pas avoir suivi une formation sur la classification des informations, pourtant sa signature au bas de l’entente de non-divulgation atteste qu’elle a forcément suivi une telle formation. Ce serait d’ailleurs surprenant qu’une personne qui a occupé autant de positions dans les services publics qu’Hillary Clinton dans quarante dernières années ne soit pas familière avec les règles de classification. Je n’ai passé que quelques années dans l’aviation de réserve et je me souviens très bien de la formation que j’y ai suivie. N’importe qui ayant travaillé pour l’état dans une capacité où il doit avoir accès à des informations quelconques sait comment reconnaitre ces classifications et qu’est-ce qu’il peut faire ou ne pas faire avec ces documents.

Elle aurait également oublié qui, autre que Huma Abedin, avait accès à un compte de courriel sur son serveur. Elle a oublié ce qui est advenu de tous ses Blackberry. Elle a oublié quand elle a reçu ses droits d’accès de sécurité, elle ne pouvait pas non plus se souvenir quand elle a reçu des requêtes de libre-accès à l’information (FOIA) concernant ses courriels, etc. Elle blâme ses pertes de mémoire sur une commotion cérébrale qu’elle a subie en décembre 2012 et d’un subséquent caillot au cerveau causé par la commotion. Cependant, si on accepte cette excuse, il serait aussi raisonnable de dire qu’elle est inapte pour des raisons de santé.

Quand les pires flottent sur le dessus

Le rapport du FBI ne peut mener qu’à deux conclusions possibles au sujet d’Hillary Clinton. Soit qu’elle est une criminelle ou qu’elle est incompétente. L’une ou l’autre devrait la disqualifier pour la présidence. Ajoutez à cela les allégations de corruption et de trafic d’influence entourant la fondation Clinton pendant son mandat comme Secrétaire d’État et il est certainement raisonnable de croire qu’elle a des sérieux problèmes d’intégrité et de crédibilité. Autant Trump est dangereux avec son attitude autoritaire et dictatoriale, autant Clinton exhale une mauvaise odeur de corruption laissant croire que sous sa gouverne, l’aile exécutive du gouvernement américain serait à vendre aux contributeurs de la fondation Clinton. Bref, les électeurs américains sont sérieusement mal foutus. Ils devraient sérieusement considérer les alternatives ou encore mieux, inscrire massivement «None of the above» sur leur bulletin de vote.

Drôle de guerre

Par Philippe David

Un autre attentat terroriste. J’ai essayé de résister l’envie d’écrire sur le sujet, mais c’est plus fort que moi. On dit que nous sommes en guerre, mais c’est une drôle de guerre. Pas drôle dans le sens que ça fait rire, mais drôle dans le sens de bizarre, particulier, étrange et je dirais même irréelle.

Le monstre de Frankenstein

Cette guerre est bizarre parce que d’abord et avant tout, l’ennemi est un monstre «made in the USA», ce qui en fait un monstre de notre propre fabrication puisqu’il s’en prend à toute la civilisation occidentale dont les États-Unis sont la figure de proue. Bizarre aussi parce qu’il semble que les gouvernements les plus proéminents de cette civilisation ont la tête dans le sable pendant que le monstre saccage les campagnes. Pire encore! Ils semblent faire tout pour faciliter la tâche au monstre. Non seulement ont-ils créé les sempiternelles tensions au Moyen-Orient qui ont fait de cette région une poudrière, ils ont créé le vide de pouvoir en Irak qui a donné naissance au monstre, il ont aussi créé la situation en Libye et Syrie qui lui ont donné son essor et permis d’étendre ses tentacules et maintenant que le monstre a été relâché dans la nature, ils semblent tout faire pour ne pas le confronter. Oh, ils tentent bien de faire bonne figure en bombardant en Irak et en Syrie, mais tout le monde sait bien que ça prendra bien plus que ça pour s’en débarrasser et même que, comme un fauve, si on ne fait que le «picosser» (en bon argot québécois) de la sorte, non seulement on ne règle pas le problème, on ne fait que rendre le monstre plus furieux et dangereux. Sans parler des milliers de réfugiés qu’on envoie envahir l’Europe. On jurerait que le Dr Frankenstein s’applique à protéger sa création par pure sentimentalité. De quoi alimenter mille et une théories du complot.

L’ennemi à l’intérieur des murs.

Une autre particularité de cette guerre contre la civilisation occidentale est qu’elle comporte des éléments qui veulent vaille que vaille que cette civilisation se fasse hara-kiri et qui travaillent très fort à planter les graines de ce suicide collectif. Ce mouvement ne date pas d’hier. Jadis, il travaillait avec les communistes, maintenant il a trouvé un allié dans l’islamisme.

Ces idiots utiles comme Vladimir Lénine les appelait, ont compris qu’ils ne pouvaient pas inciter la révolution des prolétaires qu’ils souhaitaient avec le seul argument de la guerre des classes,  ont adopté une stratégie qui consiste à saper les bases culturelles de la civilisation occidentale appelée «marxisme culturel».  Cette doctrine remplace la lutte des classes par un conflit entre groupes «privilégiés» et groupes «opprimés». Si vous êtes blanc (particulièrement un homme blanc), hétérosexuel, cisgenre et chrétien, vous êtes un méchant oppresseur et vous devriez avoir honte de tout ce que vous êtes une femme, de couleur, gay, transgenre ou musulman, vous faites partie des pauvres opprimés et vous pouvez revendiquer tous les droits possibles et imaginables.

Ainsi. la liberté d’expression se voit pervertie par la redéfinition de certains termes et étouffée par la rectitude politique. On veut bannir tout discours qui pourrait «offenser» les opprimés. Les valeurs traditionnelles occidentales sont perverties de façons à ce que maintenant, les hommes tentent de se faire passer pour des femmes et vice-versa, des blancs tentent de se faire passer pour des noirs. Nous ne pouvons plus faire de yoga parce que c’est une «appropriation culturelle» et il devient de plus en plus difficile de critiquer les religions (sauf le judaïsme et le christianisme), en particulier une certaine religion commençant par un «i» et se terminant en «slam».  Ce sont ces idiots utiles qui ont d’ailleurs inventé le terme «islamophobie» pour étouffer toute critique de cette religion.

Il importe peu pour ces gens que les islamistes ont généralement des valeurs diamétralement opposées aux leurs. Qu’ils sont anti-avortement, anti-gay, anti-trans, anti-égalité des sexes, pro-esclavage, etc. Il n’importe que le fait qu’ils soient anti-capitalistes et anti-Occident (à ne pas confondre avec antioxydant). Et malheureusement, beaucoup de ces gens sont dans des positions de pouvoirs en ce moment et vous n’y pouvez strictement rien. Il suffit de suivre la campagne présidentielle aux États-Unis pour vous rendre compte que si les américains se trouvent face à un choix entre deux complets incompétents, c’est que quelque chose ne tourne sérieusement pas rond dans ce pays. Et on pourrait en dire autant de l’élection de Justin Trudeau au Canada, François Hollande en France, pour ne nommer qu’eux.

L’infiltration

Pendant que les leaders occidentaux créent des monstres de Frankenstein et multiplient l’influx de réfugiés qu’ils créent eux-mêmes par leurs bombardements en Syrie et en Irak, attisant encore plus l’animosité contre l’Occident, l’Arabie Saoudite est soupçonnée de financer en catimini certaines activités des islamistes, d’utiliser certaines mosquées occidentales pour répandre l’idéologie wahhabite, cette version puritaine et archaïque de l’islam dont s’inspirent les islamistes et faire du recrutement et de l’endoctrinement pour le compte d’organisations terroristes. Il a été rendu public récemment qu’un document gouvernemental américain de 28 pages prouverait un lien entre le gouvernement saoudien et les attentats du 11 septembre 2001, mais jusqu’ici, le gouvernement américain refuse de le déclassifier et le rendre public. Encore de quoi alimenter les amateurs de théories du complot.

La solution n’est pas si simple

On semble vouloir nous faire croire que l’ennemi à abattre est l’État Islamique. Notre fameux «monstre de Frankenstein». Alors on brandit le spectre de ce monstre pour récolter le soutien des populations des démocraties occidentales pour plus de bombardements qui ne font en réalité que faire plus de réfugiés et plus de ressentiment contre l’Occident. Mais pourquoi ne parle-t-on pas d’envoyer des troupes pour pacifier la région et annihiler la bête? Si nous sommes vraiment en guerre, ce n’est pas en se contentant de larguer des bombes du haut des airs qu’on va la gagner, non? Après tout, l’EI ne dispose pas d’une véritable force militaire. Il ne pourrait certainement pas résister longtemps à un assaut par des troupes de l’OTAN, non? Et pourtant, l’alliance militaire supposément la plus puissante au monde n’a pourtant pas pu débarrasser l’Afghanistan des Talibans. Aura-t-elle plus de succès avec l’EI? Difficile pour nos soldats de poursuivre un objectif qui n’est pas clair. Difficile aussi pour nos soldats de se battre avec les mains attachées dans le dos parce que les leader occidentaux, le Président Obama en tête, ne semblent pas avoir à cœur de vouloir aller à fond pour annihiler l’EI et ce n’est certainement pas par manque de ressources  militaires ou parce que l’opinion publique est contre. Alors pourquoi?

Est-ce peut-être parce que la guerre contre le terrorisme est supposée être une guerre perpétuelle permettant à nos valeureux leaders d’imposer des mesures de sécurité de plus en plus oppressives et une surveillance de plus en plus étroite envers ses citoyens? N’avez-vous donc pas remarqué comment notre monde se fait de plus en plus orwellien depuis le 11 septembre 2001?

Dans sa récente chronique au Journal de Montréal, Richard Martineau pose une question que je trouve extrêmement pertinente:

«Qu’est-ce qui vous fait le plus peur: Big Brother ou les fous d’Allah?»

Sa chronique me laisse un petit doute que personnellement, il a plus peur des fous d’Allah. C’est drôle, mais il y a 260 millions de personnes qui pourraient témoigner du fait qu’on devrait s’inquiéter davantage de Big Brother si elles n’étaient pas toutes mortes au XXe des mains de leur propre gouvernement. Je dirais qu’en comparaison, les islamistes font figure d’enfants de chœur, vous ne trouvez pas?

Fait intéressant, j’ai publié un commentaire à cet effet dans la section commentaires de cette chronique. Le commentaire se lisait comme suit:

«Qu’est-ce qui vous fait le plus peur: Big Brother ou les fous d’Allah?»

Considérant qu’au XXe siècle 260 millions de personnes on été tuées par leur propre gouvernement, vous devriez avoir bien plus peur de Big Brother. Les fous d’Allah, ce sont des amateurs en comparaison.

Soit dit en passant, les fous d’Allah sont financés par l’Arabie Saoudite et armés par les États-Unis et leurs alliés. Essayez de deviner pourquoi…

Ce commentaire a été promptement supprimé par les modérateurs. Tiens, tiens…

 

Ce qu’aucun média ne vous dira au sujet des fusillades

Par Philippe David

Tragiquement, le weekend dernier, une autre fusillade a coûté la vie à 50 personnes et blessé une autre cinquantaine à Orlando en Floride. Ce genre d’évènement est certainement déplorable. Mes pensées sont naturellement pour les familles et amis des victimes qui ont été fauchées dans la fleur de l’âge. Après un tel évènement, il va de soit que les médias s’emparent de la nouvelle. De telles tragédies sont bonnes pour la circulation des journaux et les côtes d’écoute et les clics sur le web. Bien sûr, il est aussi naturel de chercher à trouver un sens dans une situation qui n’en a pas. Qui était ce tueur? Était-il un terroriste islamiste en quête d’un coup d’éclat au nom d’Allah? Un homosexuel refoulé qui exprimait son malaise envers sa propre sexualité? Un peu des deux? Toujours est-il qu’il a téléphoné au 911 pour leur dire qu’il agissait au nom de l’EI et que son choix de cible démontre qu’il avait un gros problème avec l’homosexualité. Mais ce n’est pas vraiment de ça que je veux vous parler.

Alors que les politiciens et leurs caniches des médias s’empressent de vous dire de ne pas faire d’amalgames envers les musulmans (et ce ne sont certainement pas tous les musulmans qui sont d’accord avec le geste d’Omar Mateen),  ils ne ratent jamais une occasion de blâmer les armes à feu. Chaque fois on propose diverses mesures pour accroître le contrôle des armes, car croit-on, ce serait un problème majeur aux États-Unis et il y a beaucoup trop d’armes à feu en circulation. Comme les politiciens doivent absolument être vus en train de faire quelque chose, même si c’est n’importe quoi, ils vont tenter de jouer sur vos émotions pour tenter de vous convaincre de rehausser les restrictions. Ils essaieront de vous convaincre qu’il y a urgence d’agir, sinon les choses ne feront qu’empirer.  Tremblez-vous dans vos bobettes? Vivez-vous dans la terreur que vous serez parmi les prochains qui seront mitraillés quand vous aurez le malheur de sortir de votre maison? C’est ce qu’ils veulent! Ils veulent que vous soyez terrorisés à ce point que vous soyez prêts à vous mettre à genoux pour les supplier de faire quelque chose pour assurer votre sécurité.  Et ils feront de leur mieux, vous savez, de donner l’apparence de vouloir vous protéger, mais il y a ces méchants de la NRA qui ne cessent de faire du lobbying pour les en empêcher et ce maudit second amendement aussi! Si seulement on pouvait s’en débarrasser! Continuer la lecture de Ce qu’aucun média ne vous dira au sujet des fusillades

Robotisation et hausses de prix – Wendy’s réagit au salaire minimum à $15

Par Philippe David

Comme je l’avais expliqué dans un de mes récents billets, les hausses abruptes du salaire minimum ne sont pas sans conséquences et malheureusement, ce sont les plus vulnérables qui écopent.Nous commençons à pouvoir observer ces conséquences dans les états américains qui ont augmenté leur salaire minimum. Le Washington Times rapportait hier que la chaîne de restauration rapide Wendy’s a annoncé l’installation de guichets de commande automatisés dans 6000 de leurs restaurants.

L’article mentionne aussi que certains franchisés de la chaîne ont également commencé à hausser leurs prix pour compenser la hausse du salaire minimum. On s’attend à ce que d’autres chaînes comme McDonalds et Burger King leur emboîte le pas. Dans les faits, je sais que même au Canada, McDonalds a déjà commencé à installer ce genre de guichets dans leurs restaurants. On pourrait certainement s’attendre à une accélération de ces installations si jamais le salaire minimum augmentait à $15/heure ici aussi.

La décision de Wendy’s n’est  d’ailleurs pas les premiers effets observés aux États-Unis, il y  a un peu plus d’un an, le magazine Forbes rapportait une augmentation des fermetures de restaurants dans la ville de Seattle, qui fût la première à imposer le salaire minimum de $15.

Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les effets qu’une hausse trop grande du salaire minimum apporterait et ça n’a rien d’idéologique non-plus. Ces effets ont été documentées en long et en large comme est en train de le démontrer Vincent Geloso dans une série de billets au Journal de Montréal. La littérature économique est très extensive à ce sujet. Mais évidemment, nous pouvons toujours compter sur des politiciens populistes et des think tank financés par les syndicats pour tenter de vous faire  croire qu’ils peuvent hausser le salaire minimum comme ils veulent sans aucune répercussion. Vous n’avez qu’à observer les américains se casser la gueule avec pour constater que c’est faux.



Le graphique frauduleux de la Maison Blanche

Par Philippe David

Quand on s’intéresse à divers sujets et qu’on fouille le net pour se documenter un petit peu, c’est fou les choses qu’on peut trouver. Par exemple, sur le site de la Maison Blanche se trouve un texte intitulé «Why We Have to Act on Climate Now — In One Chart». Le graphique auquel le titre fait référence est celui-ci:

120715_chart_120315_co2

Effrayant, n’est-ce pas? En le regardant, on croirait effectivement à une croissance phénoménale des températures et la ligne de la croissance du CO2 semble montrer une corrélation parfaite. Voilà la preuve irréfutable que nous sommes responsables du réchauffement, n’est-ce pas? Désolé, mais c’est faux.

Jouons à «Qu’est-ce qui cloche dans ce graphique?»

Parce que voyez-vous, ce graphique est frauduleux. Il a été manipulé pour sur-amplifier les données et donner l’impression d’une fausse corrélation. Pouvez-vous me dire ce qui cloche? Non? Regardez attentivement le graphique.

Si vous avez remarqué que l’axe des Y est tronqué pour ne montrer que la température entre 56 et 59 F,  je vous donne deux morceaux de robot. Plus, si vous avez également remarqué que l’axe des y du graphique de CO2 a également été tronqué pour éliminer tout en dessous de 260 ppm pour mieux donner une fausse impression de corrélation, vous gagnez le gros lot. 

Voyez-vous, la troncation de ces axes a pour effet de sur-amplifier le tracé et le rendre beaucoup plus dramatique. C’est un trucage très fréquemment utilisé d’ailleurs. Voici le même tracé de température si on le représente avec l’axe des Y intact:

Global-2-copy

Tremblez-vous de peur maintenant? Si on la comparait avec la courbe de CO2 maintenant, vous croyez qu’il y aurait une corrélation? Voici un tracé des anomalies de température (c’est-à-dire basé sur les variations de température plutôt que des températures absolues), basé sur les données du Hadley Met Center et du East Anglia Climactic Research Unit (HadCRUt), comparé au tracé des émissions anthropiques de CO2:

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J’attire ici votre attention sur le fait que le graphique représente mieux les données puisqu’on parle en réalité d’infimes variations de dixièmes de degrés. C’est pourquoi on n’utilise pas habituellement des graphiques basés sur des températures absolues, qui ne révèlent en réalité pas grand-chose. Notez que le réchauffement n’est pas linéaire, mais qu’il donne plutôt une forme d’escalier alors que les émissions de CO2 donnent une courbe linéaire. Nous ne pouvons donc pas établir de corrélation par la simple comparaison de ces courbes. Cependant, si la corrélation existait, on verrait la pente des phases de réchauffement devenir de plus en plus abruptes au fur et à mesure que les émissions de CO2 accélèrent. Voyez-vous une différence dans l’angle des trois pentes montantes du tracé des anomalies de température? Non? Moi non-plus.

Le graphique clame également que la pollution carbonique est à son plus haut niveau dans l’histoire humaine, ce qui est vrai. Sauf qu’à l’échelle que vit la Terre, l’existence humaine est équivalente à un clin d’oeil. Si on regarde l’évolution des concentrations de CO2 dans l’atmosphère, à l’échelle géologique, on constate que le CO2 a été à des concentrations beaucoup plus élevées pendant la plus grande partie de l’évolution de la vie sur cette planète. Si le CO2 était si nocif, comment se fait-il que nous soyons là? Dans les faits, nous vivons une disette historique de CO2 par rapport à l’évolution de la Terre.

Phanerozoic_Carbon_Dioxide

Si la vie a su fleurir sur cette Terre (incluant les ancêtres évolutifs de toutes les espèces actuelles, nous y compris) pendant des centaines de million d’années avec des niveaux de CO2 et des températures beaucoup plus élevées que ce que nous avons présentement, c’est quoi le problème?

Signe de la faiblesse de l’hypothèse anthropogénique

Ce graphique, loin de prouver l’hypothèse anthropogénique des changements climatique, tend plutôt à la discréditer. Si ce graphique est ce que la Maison Blanche, qui pourtant dépense plus de $4 milliards/an en recherches pour prouver que l’activité humaine est le facteur principal qui influence le climat, a de mieux à offrir pour prouver qu’il y a urgence d’agir en matière de climat, alors c’est un échec cuisant!

On ne cesse de nous dire qu’il y a consensus. Que la science est sans équivoque et indisputable. Si c’est le cas, pourquoi est-ce que le gouvernement le plus puissant de la planète aurait besoin d’utiliser un graphique frauduleux pour convaincre ses citoyens? Et si les instances les plus élevées de ce gouvernement s’abaissent à ce genre de pratique, qu’est-ce que ça dit au sujet de la crédibilité de ses agences impliquées activement dans l’étude du climat?

Maintenant vous savez pourquoi je suis sceptique…

En boni…

Consultez cette vidéo pour voir d’autres exemples de manipulation de données et de graphiques par les défenseurs de la rectitude climatique…

Entrevue exclusive avec le politologue français, Guy Milliere

Par Simon Leduc

Je me suis entretenu avec notre collaborateur Guy Milliere. Cette entrevue va porter sur la tuerie de Charleston, sur la course à l’investiture du GOP, sur l’espionnage de présidents français par les États-Unis, sur l’accusation de crimes de guerre contre l’État hébreu et sur la montée de l’État islamique.

Q : À la suite de la tuerie de Charleston, plusieurs Américains souhaitent que le drapeau confédéré soit banni de l’espace public. La gouverneure de la Caroline du Sud veut que le drapeau sudiste soit retiré du Parlement local et Wal-Mart ne va plus vendre des produits liés au drapeau sudiste. Que pensez-vous de cela?

R : Je pense que ces réactions sont tout à fait excessives. Le drapeau confédéré est considéré dans le Sud des États-Unis comme faisant partie de l’histoire. Quasiment personne ne considère le drapeau confédéré comme un signe de racisme ou de nostalgie pour la ségrégation raciale. La Caroline du Sud, où les noirs sont minoritaires, a un sénateur noir, républicain, Tim Scott. Un jeune assassin dépravé et abominablement raciste a commis un massacre abject : il est l’objet d’une réprobation unanime. Plutôt que d’avoir rappelé les valeurs du pays, les Démocrates, l’administration Obama, et Obama lui-même ont utilisé ce massacre abject pour incriminer un racisme censé être toujours omniprésent dans la société américaine. Des Républicains ont fait, en ce contexte, des gestes d’apaisement, et Nikki Haley a été l’un (l’une) de ces Républicains. C’est à mes yeux une erreur. C’est donner un peu raison aux Démocrates, à l’administration Obama, et à Obama lui-même, et dire que le drapeau concerné est un signe de racisme, et que partout où il flotte encore, il y a des racistes. Dès lors que le Sud est largement républicain et conservateur aujourd’hui, c’est prêter le flanc aux accusations de racisme contre Républicains et conservateurs. Les Démocrates ne cessent de se présenter comme le parti qui défend les noirs : c’est une falsification de l’histoire. C’est Abraham Lincoln, républicain, qui a aboli l’esclavage. Le Sud ségrégationniste a voté démocrate pendant très longtemps. Les Démocrates achètent le vote de la population noire aujourd’hui avec des aides sociales massives qui entretiennent une sous-culture de la dépendance, tissée de criminalité et de dissolution des familles. Cela risque de durer encore longtemps, hélas. Le résultat, ce sont des villes comme Detroit ou Baltimore. La société américaine aujourd’hui est largement aveugle aux couleurs, Le parti républicain est aveugle aux couleurs : parmi les candidats cette année, il y a un noir, un indien, deux hispaniques. Les démocrates ont un président noir qui dit que le peuple américain a toujours le racisme dans son ADN. Wal-Mart a cédé au mouvement d’opinion créé par les démocrates.

Q : Selon vous, quel serait le meilleur ticket pour le Parti républicain pour les présidentielles de novembre 2016 ?

R : C’est difficile à dire aujourd’hui. Les élections primaires sont très ouvertes. Je crains que Jeb Bush incarne une ligne trop modérée pour mobiliser, et, en supplément, je ne suis pas certain que les Américains aient envie de voir un troisième Bush à la Maison Blanche : cela aurait des allures de dynastie. Il est impératif que les Républicains emportent la Floride et une fraction de voix hispaniques : Marco Rubio est implanté en Floride, et hispanique. Il faut aussi que les Républicains gagnent des États du Middle West : Scott Walker est gouverneur du Wisconsin, et populaire dans des États tels que l’Iowa, et l’Ohio, qui est crucial. Une candidature Walker-Rubio me semblerait la plus à même de l’emporter. Ce sera difficile : en termes d’États et de grands électeurs, les Démocrates sont quasiment assurés d’avoir deux cent quarante voix. Ils leur en manqueraient trente pour l’emporter ; si la Floride tombe du côté démocrate, les Républicains tombent. Malgré les scandales et le parfum de corruption qui l’entoure, Hillary Clinton reste favorite. Si elle était élue, ce serait une sorte de troisième mandat d’Obama et, sans doute, une transformation irréversible des États-Unis en une puissance déclinante et socialisante.

Q : Des médias français ont annoncé que les trois derniers présidents français (Chirac, Sarkozy et Hollande) ont été espionnés par la NSA. Êtes-vous surpris de ces révélations?

R : C’est une histoire grotesque et montée en épingle artificiellement. Nous sommes dans un monde où tous les pays qui le peuvent pratiquent le renseignement, qui passe par les écoutes. Cela fournit à la gauche française une occasion d’injecter une dose d’antiaméricanisme supplémentaire dans l’opinion. En dehors de cet aspect, cela n’a, à mes yeux, aucun intérêt. Les États-Unis écoutent les Présidents français ? Quelle surprise ! Ce qui a été publié est, en outre, d’une insignifiance totale. La France et les États-Unis sont, a priori, dans le même camp politique et géopolitique, et je ne vois pas ce que la France aurait à cacher. Les sorties de François Hollande en scooter peut-être. La France est une puissance de second ordre qui aime se donner de l’importance, et, outre l’injection d’une dose d’antiaméricanisme, cette histoire permet à ceux qui la ressassent d’imaginer et faire imaginer que la France a beaucoup d’importance et a des choses essentielles à cacher aux États-Unis. Si les médias français s’intéressaient davantage aux ennemis réels de la France, ils feraient un travail plus intéressant.

Q : Selon un rapport commandé par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Israël pourrait être accusé de crimes de guerre lors du conflit à Gaza en 2014. Quelles sont vos impressions sur cela ?

R : Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est une imposture et aucun pays occidental ne devrait y siéger. Accorder le moindre crédit à une organisation où des dictatures plus ou moins criminelles et plus ou moins antisémites disposent d’une majorité automatique est moralement condamnable. Les journalistes et les dirigeants politiques qui accordent du crédit au Conseil des droits de l’homme de l’ONU sont moralement condamnables. Au vu de ce qu’est le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, il n’est pas étonnant que le seul pays qui y soit régulièrement accusé de crimes soit Israël. Une organisation qui a accueilli avec enthousiasme Mahmoud Ahmadinejad, antisémite négationniste aux projets génocidaires devrait être traitée par le dégoût et le mépris. Mahmoud Ahmadinejad, désoeuvré désormais devrait en devenir le président : ce serait seyant. Qu’en un moment où des crimes sont commis sur tous les continents par des islamistes, la seule chose que trouve à faire cette organisation soit de s’en prendre à Israël est abominablement significatif. Israël a été attaqué pendant l’été 2014 par une organisation terroriste islamiste aux projets tout aussi génocidaires que ceux d’Ahmadinejad et de tous les dirigeants iraniens. Israël s’est défendu et a tout fait pour anéantir les capacités de frappe de l’ennemi. Si un Conseil des droits de l’homme digne de ce nom existait, il incriminerait le Hamas pour ses tirs à l’aveugle contre Israël, pour l’utilisation de sa population au titre de boucliers humains, et pour ses projets génocidaires, mais un Conseil des droits de l’homme digne de ce nom n’existe pas.

Q : Hillary Clinton a déclaré que la tuerie de Charleston est un acte terroriste raciste. Êtes-vous d’accord avec cette affirmation?

R : J’ai, un peu, répondu à cette question en parlant des Démocrates, de l’administration Obama et d’Obama. Hillary Clinton a raison de dire que c’est un acte terroriste raciste. Elle a tort d’insister sur le sujet, et de traiter le tueur de Charleston autrement que comme un être abject, méprisable, unanimement réprouvé, et qui mérite la peine de mort. Évoquer un racisme anti-noirs aujourd’hui largement inexistant est nauséabond, aiguise les tensions, alimente le racisme anti-blanc que des agitateurs noirs, tels Al Sharpton, entretiennent. Cela permet d’attirer des voix noires, et c’est le but d’Hillary Clinton. Cela conduit aussi, parfois, à des émeutes raciales, à l’incrimination abusive de policiers, et à des hausses de la criminalité dont les noirs sont les premières victimes. L’essentiel des noirs assassinés aux États-Unis le sont par d’autres noirs : cela, Hillary Clinton ne le dit et ne le dira pas.

Q : La droite française a changé le nom de sa formation politique, l’UMP est maintenant le Parti républicain. Que pensez-vous de cela?

R : L’UMP est, exactement, les Républicains. Cela a été perçu par la gauche en France comme une façon d’américaniser l’UMP, et la gauche n’a pas apprécié. Cela a aussi été perçu par la gauche comme une façon pour l’UMP de s’approprier la république : la gauche a porté plainte et a perdu. Je pense que Nicolas Sarkozy a voulu laisser au passé le nom de l’UMP, entaché par des scandales et se placer dans la perspective d’un deuxième tour en 2017 où il affronterait Marine Le Pen et se présenterait comme le candidat de tous les « républicains ». C’est de la politique politicienne. Le plus important à mes yeux n’est pas là. Il est de savoir si la droite française aura un programme à même de redresser le pays après cinq années d’enlisement désastreuses, et si elle présentera un candidat à même d’être élu et d’appliquer le programme. Nous n’en sommes pas là. Pour l’heure, François Hollande est en campagne, et fera tout pour être réélu. Il a été un président médiocre, qui a accentué le déclin de la France, et n’a pas su répondre au danger islamiste. Cinq années supplémentaires de Hollande seraient cinq années sombres, et si Hollande était réélu, Marine Le Pen pourrait avoir toutes ses chances la fois suivante. Les Républicains, et Nicolas Sarkozy seront-ils à la hauteur de la situation ? On le saura bientôt.

Q : La semaine dernière, trois pays ont été frappés par des attentes terroristes. Selon vous, qu’est-ce que l’Occident doit faire pour éliminer l’État islamique ?

R : Entre ce que l’Occident devrait faire et ce qu’il fera, je crains qu’il y ait une immense différence. La montée en puissance de l’État Islamique et du djihadisme est le résultat des années Obama. Fin 2008, l’Irak était stabilisé, Al-Qaïda en Irak quasiment éliminé. Les djihadistes étaient partout sur la défensive. Obama a détruit cette situation. En retirant les troupes américaines d’Irak, il a créé un vide, abandonné Bagdad à l’Iran, suscité des tensions en régions sunnites, permis la renaissance d’Al-Qaïda en Irak sous la forme de ce qui est aujourd’hui l’Etat Islamique. En encourageant le printemps arabe, qui était en fait un hiver islamique, il a déstabilisé l’Egypte, où Sisi essaie de remettre de l’ordre, difficilement. Il a rendu la Tunisie plus vulnérable, car les appareils de sécurité y ont été démantelés. Il a renversé Kadhafi (en partenariat avec Sarkozy), et livré la Libye aux djihadistes et, maintenant à l’État Islamique. Il a contribué au soulèvement en Syrie, pays maintenant largement détruit. Il a une lourde responsabilité dans l’émergence et le renforcement de l’État Islamique et dans le renforcement du djihadisme. Il ne fera rien pour détruire l’État Islamique. Les Européens ne feront rien non plus, car ils n’ont pas les moyens d’agir sans les États-Unis. Si un président des États-Unis digne de ce nom arrivait à la Maison Blanche, il devrait bombarder les positions de l’État Islamique (les frappes actuelles sont insignifiantes), couper les routes de commerce et d’approvisionnement de l’État Islamique, qui passent par la Turquie, exiger de la Turquie qu’elle cesse son appui à l’État Islamique, et exiger la même chose du Qatar. Des forces spéciales devraient sans doute être déployées sur le terrain. Un appui à l’Égypte de Sisi, confrontée à l’État Islamique dans le Sinai serait aussi indispensable, ainsi que des frappes sur les côtes libyennes, occupées par l’État Islamique. Un président des États-Unis digne de ce nom arrivera-t-il à la Maison Blanche, c’est toute la question. Si ce n’est pas le cas, le futur proche s’annonce très âpre.

La course à l’investiture républicaine, vers un ticket Bush-Cruz

Par Simon Leduc

 

En janvier 2016, les courses aux investitures des deux grands partis politiques vont commencer avec les caucus de l’Iowa et les primaires du New Hampshire. Dans le camp démocrate, Hillary Clinton ne devrait pas affronter d’adversaires de taille. Mais du côté du GOP, plusieurs candidats de prestige ont déjà commencé leurs campagnes afin de devenir le prochain candidat républicain à la présidentielle de 2016. Quel serait le ticket idéal pour les républicains? Selon moi, un duo Bush-Cruz serait le meilleur choix pour le GOP et voici pourquoi.

Jeb Bush, le modéré

Jeb Bush est le fils et le frère de deux anciens présidents américains, Georges H. W. Bush (1989 à 1993) et Georges W. Bush (2001-2009). En novembre 1998, il a été élu Gouverneur de la Floride où il a fait deux mandats (1999 à 2007). Ses principales priorités ont été la réforme de l’éducation et la protection de l’environnement. Il s’est même opposé à un projet de recherche pétrolier sur les côtes de la Floride, qui a été proposé par son frère, qui était alors président. Sur le plan idéologique, il est considéré comme étant un républicain modéré. Par exemple, il affirme que l’immigration est un atout pour le pays et non une menace.  Selon lui, les immigrants clandestins devraient, avec le temps, obtenir une certaine forme de naturalisation. Sa position lui a attiré les foudres de l’aile droite du parti, les tea parties. M. Bush pourrait aller chercher l’appui des républicains traditionnels, des reagans democrats (les démocrates conservateurs) et des indépendants. S’il devient le candidat du GOP à la présidence, ce dernier serait en mesure d’obtenir le soutien d’une partie de l’électorat hispanique, et ce, grâce à sa position modérée sur la question de la naturalisation des immigrants clandestins. Il a été gouverneur de la Floride, donc, il pourrait gagner cet État, qui va être primordial pour le GOP en novembre 2016. Les deux faiblesses de Jeb Bush sont son impopularité auprès des tea parties et le fait qu’il soit le frère de l’ancien président Georges W. Bush, qui est encore impopulaire auprès d’une partie de l’électorat. Je crois que Jeb Bush est le seul candidat qui pourrait battre Hillary Clinton dans une course présidentielle. Il devrait choisir comme colistier, une figure populaire du Tea Party afin de s’assurer de son appui. Le nom du sénateur du Texas Ted Cruz me vient à l’esprit.

Ted Cruz, le conservateur

Ted Cruz est sénateur du Texas depuis 2013. En novembre 2012, cet homme politique de 44 ans a surpris tout le monde en devenant le plus jeune sénateur de la Chambre haute. Ce dernier est une figure populaire des tea parties. Il défend cœur et âme les principes des Pères fondateurs de la Constitution américaine. Il est fortement opposé à l’intrusion de l’État fédéral dans la vie des Américains. Son opposition à la réforme de la santé du président Obama le prouve bien. Sur le plan fiscal et économique, il est pour le libre-marché et préconise la flat tax (un taux d’imposition unique pour tous). Il est un conservateur social. Il est contre le mariage entre conjoints de même sexe et viscéralement opposé à l’avortement (sauf si la vie de la mère est en danger). Il s’oppose à la naturalisation de millions d’immigrants clandestins. Il prône la ligne dure envers les illégaux, ce qui plaît énormément aux partisans du Tea party. Sur le plan extérieur, le sénateur du « Lone Star State» trouve que les Etats-Unis doivent défendre et promouvoir les valeurs démocratiques à l’étranger. Il est un grand ami et défenseur de la seule démocratie au Moyen-Orient, l’État hébreu. Donc, Ted Cruz représente l’aile droite du Grand Old Party. S’il devenait candidat présidentiel, il serait en mesure de faire le plein d’appuis chez les tea parties, les conservateurs sociaux et la droite religieuse, trois factions importantes pour le GOP. Ses prises de position sont jugées trop radicales pour les républicains modérés, les indépendants, les Latino-Américains et les démocrates conservateurs, Donc, le sénateur Cruz ne serait pas le candidat idéal pour l’establishment républicain, car il est à la recherche d’un modéré qui pourrait avoir une véritable chance de battre Mme Clinton. Mais ce dernier serait un candidat idéal à la vice-présidence des Etats-Unis.

Le Parti républicain est une grande coalition composée de plusieurs factions. Le prochain candidat à la présidence va avoir besoin de l’appui de celles-ci afin d’avoir une chance réelle de battre Hillary Clinton en novembre 2016. Lors des présidentielles de 2008 et 2012, l’aile droite avait boudée les candidats à la présidence (John McCain et Mitt Romney) à cause de leur modération. Afin de maximiser ses chances de succès, je crois que le GOP doit choisir un ticket qui va bien représenter toutes ses factions, un modéré et un droitiste. Jeb Bush et Ted Cruz seraient les choix idéals. Le premier ferait le plein d’appuis chez les républicains modérés, les démocrates conservateurs, les indépendants et les hispaniques. Le second obtiendrait le soutien du Tea Party, de la droite religieuse et des conservateurs sociaux. C’est pour ces raisons qu’un ticket Bush-Cruz permettrait au GOP d’avoir de réelles chances de remporter une bataille présidentielle contre Hillary Clinton.

 

Quand les gougounes se mêlent d’économie…

Réponse à Marilyse Hamelin

 

Par Philippe David

Chère madame,

L’économiste Murray Rothbard a dit un jour que « ce n’est pas un crime d’être ignorant(e) en économie, qui est après tout une discipline spécialisée que la plupart des gens considèrent comme une «science lugubre», mais il est totalement irresponsable d’exprimer une opinion forte et bruyante des sujets économiques tout en demeurant dans cet état d’ignorance. » Vous auriez dû tenir compte de ce sage conseil lorsque vous avez rédigé votre chronique car vous y avez étalé toute votre ignorance de façon magistrale! Il y a tellement d’erreurs factuelles dedans qu’on ne sait guère où commencer. Commençons donc par le commencement.

Roosevelt, le New Deal et la Grande Dépression.

Je dois admettre que sur ce sujet, si vous avez erré, c’est probablement la faute de notre système d’éducation qui véhicule de nombreux mythes sur cette période de l’histoire. C’est aussi probablement parce que les historiens ne connaissent rien non plus en économie et qu’ils ne savent pas interpréter les résultats des politiques économiques qui ont été mises en vigueur pendant cette période, encore moins d’en évaluer l’efficacité.

Depuis ce temps, des économistes comme Harold Cole et Lee O’Hanian à UCLA ont déterminé que le New Deal de Roosevelt, plutôt que de mettre fin à la Grande Dépression, l’ont plutôt rallongée de 7 ans.  D’ailleurs,  pourquoi pourriez-vous croire que le New Deal ait vraiment été un succès alors que le chômage était encore à peu près au même niveau en 1941 quand les États-Unis sont entrés en guerre, que lorsque Roosevelt a pris le pouvoir? S’il vous était donné de faire quelques recherches, vous seriez probablement étonnée d’apprendre que la cause de la Grande Dépression n’était pas, tel que les historiens le prétendent, le krach de 1929, quoiqu’il y ait contribué, mais plutôt les interventions gouvernementales et de la Réserve Fédérale qui ont transformé ce qui aurait été une courte récession en une dépression de plus d’une décennie.

Bien sûr, le problème du chômage s’est vite résolu en envoyant les chômeurs se faire tuer au front, mais la prospérité était tout sauf revenue pendant la guerre alors que la presque totalité de la production était détournée à fabriquer des tanks et des bombes, alors que les gens à la maison devaient survivre avec des cartes de rationnement. Pourtant, la plupart des livres d’histoire vous diront que la dépression s’est terminée au début de la guerre.

Contrairement à ce que vous prétendez, les trente glorieuses qui ont suivi la guerre n’ont pas eu lieu grâce aux politiques social-démocrates de Roosevelt, mais simplement parce que les économies occidentales se sont remises à produire autre chose que du matériel militaire, libérant ces ressources pour inonder le marché de réfrigérateurs, de cuisinières, de laveuses-sécheuses, d’automobiles, de téléviseurs et de radios à transistor. Au fait, vous n’étiez pas sérieuse lorsque vous avez affirmé que les États-Unis n’ont connu aucune récession ni dépression de 1930 à 1970, j’espère? Commençons par le fait que pendant toutes les années 30, les États-Unis étaient en dépression et ont même réussi l’exploit d’avoir une récession à l’intérieur d’une dépression (en 1938), selon les données du NBER, de 1945 à 1975, les 30 années qui ont suvi la guerre, les États-Unis ont eu pas moins de sept récessions! Embarassant, n’est-ce pas? Mais ne laissez surtout pas les faits et les statistiques briser vos illusions!

Reagan, Thatcher, Mulroney et « l’austérité »
[Insérez la musique de « Psycho » ici]

Je ne veux pas trop m’étendre sur ce sujet, mais je vais m’y attarder juste assez longtemps pour montrer à quel point vos affirmations sont ridicules. Tout d’abord, puisque vous semblez totalement ignorante de ce qu’est vraiment une politique d’austérité, je vous offre une définition:

Politique d’austérité

Au niveau d’une nation ou d’une entreprise une politique d’austérité est le nom donné, en général par les opposants et de manière péjorative, à une politique qui vise à assainir la gestion.
Synonyme : politique de rigueur

S’il s’agit de résorber les déficits publics ou de diminuer l’endettement du pays, une politique d’austérité cherchera à réduire les coûts et les dépenses publiques.

Dans la lutte contre l’inflation, la politique d’austérité essaiera de faire baisser les prix par la diminution de la consommation en s’appuyant sur divers leviers :
– la restriction du crédit,
– la modération salariale,
– l’augmentation de la pression fiscale…

(Selon le Toupictionnaire.)

Expliquez-moi alors comment Reagan, Thatcher et Mulroney qui ont été au pouvoir respectivement 8,11 et 9 ans n’ont pas réussi à équilibrer leur budget pendant tout ce temps, à part pour Thatcher dans sa dernière année? De quelle austérité parlez-vous au juste?

L’exemple suédois… Ja ja!

Vous serez probablement surprise de me voir dire que j’approuve entièrement l’idée de suivre le modèle suédois. Cependant, ce n’est pas pour les raisons que vous croyez. Voyez-vous, comme tous les socialistes québécois, vous vivez dans l’illusion que la Suède est un pays social-démocrate et que sa prospérité prouve votre point. Mais c’est là que vous faites votre plus grande erreur.

En effet, la Suède a connu une période social-démocrate pendant les années 1970 et 1980 et ça les a mené sur le bord de la ruine. Un peu comme le Québec maintenant. Qu’ont-ils fait? Au début des années 90, suite à un krach bancaire, ils ont adopté, vous avez deviné… des politiques d’austérité. Ils ont réduit les dépenses de l’état, réformé et privatisé un grand nombre de services publics, réformé les retraites des fonctionnaires et mis fin à leur sécurité d’emploi. Ils ont aussi réformé leur système de taxation et dérèglementé l’industrie. Ils ont libéralisé leur système scolaire et introduit des bons d’études. Bref, toutes les politiques qui feraient hurler de désespoir la gauche québécoise.

La Suède a investi, c’est vrai, mais plutôt que d’investir dans l’État, elle a investi dans le marché.  Alors que vous croyiez par leur exemple prouver que les politiques d’austérité ne fonctionnent pas, la Suède, au contraire, a prouvé sans équivoque que ces politiques fonctionnent à merveille! Pas de chance!

Alors, la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie d’émettre des opinions fortes et bruyantes sur des sujets économiques, essayez donc de faire quelque chose à propos de votre profond état d’ignorance du sujet. C’est vraiment embarassant.

Veuillez accepter, chère dame, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

Ils n’ont rien volé (eux)

Par Philippe David

C’est inévitable, le sujet de la fiscalité des entreprises devait revenir dans l’actualité. On connait la rengaine : ces méchantes multi-nationales qui refusent de payer leur juste part d’impôts et taxes.

Burger King vient d’acheter Tim Horton  et installera son siège social de ce côté-ci de la frontière, ce qui veut dire qu’ils devront payer des millions en taxes et impôts au gouvernement fédéral et provincial (mais sûrement pas au Québec). Malgré tout, les bobos du Devoir trouvent le moyen de s’en désoler et commisérisent avec ce pôvre Obama, privé de tant de revenus parce que sous sa gouverne, les États-Unis sont devenus un enfer fiscal pour les entreprises (et ils se grattent la tête à savoir pourquoi ils ont encore tant de chômage et tant d’américains sont dépendants du programme des timbres alimentaires).

Le plus rigolo, selon ce que le Devoir rapporte, est que Warren Buffett est impliqué dans la transaction et a obtenu une petite fleur qui lui économisera lui aussi des impôts dans cette affaire, car voyez-vous, M. Je-paie-moins-d’impôts-que-ma-secrétaire ne manque pas une entourloupette pour faire en sorte qu’il en paie moins que sa secrétaire, pour ensuite dénoncer cet état de fait en toute hypocrisie. « Payez les caves! Pendant ce temps, j’ai une armée de fiscalistes pour me trouver toutes les failles dans le système. »

Un autre sophisme persistant

Cependant, l’indignation de nos bobos nationaux repose sur un sophisme. C’est celui qui dit que si les entreprises paient moins d’impôts, les particuliers devront en payer plus et donc, c’est injuste envers les pauvres petits contribuables qui sont déjà surtaxés. Oui les petits contribuables sont surtaxés (particulièrement au Québec, où les politiciens ne comprennent pas la courbe de Laffer), mais augmenter les impôts des entreprises ne les aidera pas.

Premièrement, nos gouvernements dépensent déjà plus qu’ils ne récoltent en impôts et taxes. Ne doutez pas un seul instant que nos politiciens, s’ils voyaient des rentrées additionnelles, trouveraient vite un moyen de les dépenser.

Deuxièmement, même si nous avions des politiciens qui géraient convenablement les deniers publics, il faut vraiment songer à d‘où proviennent les impôts  que payent les entreprises pour voir la futilité de la chose. Une entreprise comme tel ne paie pas d’impôt. Une entreprise n’est qu’un groupe d’individus qui coopèrent pour offrir des produits ou des services.  C’est une abstraction, et non une personne réelle. Or seules les personnes réelles paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une écriture comptable qui représente un coût d’opération. Ce coût n’est qu’un parmi tant d’autres qui va dans l’équation qui détermine la profitabilité de l’entreprise. Cette équation détermine également de combien d’argent l’entreprise disposera pour faire des achats, des investissements en capital, payer des dividendes aux actionnaires ou des salaires aux employés. Moins elle aura de coûts de toute sortes, et plus elle aura d’argent pour ces investissements. Une augmentation des impôts, toute chose étant égale par ailleurs, va être payée au détriment de ces autres catégories.  C’est donc dire que ceux qui vont réellement faire les frais des impôts et taxes payés par l’entreprise, sont les individus qui transigent avec elle à un niveau ou un autre. C’est-à-dire :

  • Ses fournisseurs qui subissent une baisse dans les achats d’équipement capital de l’entreprise.
  • Ses clients, qui verront les prix de ses produits augmenter.
  • Ses employés qui auront peut-être des augmentations de salaire plus faibles qu’autrement, ou qui ne seront pas embauchés du tout, ou peut-être mis à pied.
  • Ses actionnaires, qui verront le montant de leurs dividendes baisser et peut-être aussi la valeur de leurs actions.

Ce sont tous ces gens qui, dans la réalité, paient les impôts et taxes de l’entreprise. Multipliez ça par toutes les entreprises au pays et au final, vous vous rendez compte que ces gens, c’est vous et moi.

Ils n’ont rien volé (eux)

Mais vous savez ce qui m’énerve le plus? C’est cette notion que les profits d’une compagnie ou les revenus d’un particulier ne lui appartiennent pas. Que si quelqu’un essaie de conserver plus de ce qu’il a honnêtement gagné, il est un voleur, un tricheur, un égoïste, un moins que rien.  Pour ma part, je crois que c’est plutôt le contraire. Ce que nous gagnons nous appartient.  Le contraire voudrait dire que le gouvernement a plus de droits sur votre propriété que vous, ce qui fait de vous essentiellement un esclave. Et si nous ne sommes pas des esclaves, c’est la confiscation de nos revenus par le gouvernement qui est immorale et le cautionnement de ce pillage par les idiots utiles de l’état l’est tout autant. Ceux, incluant les entreprises, qui désirent prendre action pour payer moins d’impôts ne sont pas des voleurs (eux). Ils ne font que se défendre des véritables voleurs.

[Photo : Wikipedia]

Exiger un gouvernement responsable, est-ce si radical?

Tea party

Par Philippe David 

La semaine dernière, dans les pages du Prince Arthur Herald, l’éditeur-en-chef, Miguaël Bergeron a signé un texte où il se dissociait fermement d’une certaine droite représentée aux États-Unis par le mouvement des tea parties. Ce faisant, il a mis de l’avant plusieurs arguments pour justifier sa position.  J’ai un profond respect pour mon collègue et je considère qu’il est parfaitement en droit de s’associer ou de se dissocier de tout courant de la droite. Cependant, j’ai trouvé certains de ses arguments inexacts et un peu surprenants, venant de quelqu’un qui se dit de droite. J’aimerais donc ici amener un différent son de cloche au sujet.

Dans son texte, mon collègue formule des objections contre les tea parties en les caractérisant comme des partisans du libre-marché à tout crin, et tente de discréditer l’idée du libre-marché comme n’étant que « théorique ». Il enchaine aussi en disant que les tea parties sont les partisans d’un système de santé entièrement privatisé et aussi d’un système d’éducation universitaire entièrement privatisé. Puis il accuse les tea parties de considérer l’état comme un ennemi à abattre et il répond en vantant les vertus de l’état. À mon humble avis, mon collègue confond les teas parties avec le mouvement libertarien. Bien que ce mouvement compte plusieurs libertariens dans ses rangs, ce n’est pas un mouvement libertarien pour autant.

J’ai un gros défaut et c’est celui d’être très prolifique. J’ai tenté de répondre à toutes ces objections en 1200 mots, mais je n’ai pas réussi. Par souci de précision, je n’ai pas pu me résoudre à abréger mes arguments. J’avais peur de ne pas être bien compris. Je me suis retrouvé avec suffisamment de matériel non pas pour une chronique, mais trois. Je vais donc, dans cette première chronique, tenter de répondre aux objections sur les tea parties comme tel, puis dans la deuxième, je vais démontrer que le libre-marché n’est pas aussi théorique qu’on le pense et qu’il est possible d’avoir un système de santé et d’éducation universels sans qu’ils soient contrôlés par l’état. Dans le troisième volet, j’entends peut-être générer un véritable débat sur le rôle de l’état dans notre société. Je crois qu’un tel débat est légitime et nécessaire.

 

C’est quoi les Tea Parties vraiment?

 

Il existe beaucoup de mythes au sujet de ce mouvement, généralement colportés par des médias de gauche, c’est pourquoi je crois qu’un grand nombre de gens sont confus quant à la nature et les objectifs de ce mouvement. Je tiens donc à apporter quelques précisions importantes à ce sujet.

 

Premièrement, il s’agit d’un mouvement populiste et très décentralisé. Personne ne contrôle ce mouvement puisqu’il est composé de nombreuses factions indépendantes (Oubliez l’idée qu’il est contrôlé par les frères Koch ou qui que ce soit d’autre). Vous remarquez d’ailleurs que j’utilise le pluriel en parlant des tea parties. Ces factions peuvent tenir des positions largement différentes sur divers sujets, mais il y a deux grands thèmes qui les réunissent tous:
 

  1. La responsabilité fiscale: Les tea parties désirent que le gouvernement fédéral américain cesse de dépenser comme un matelot en permission. Leurs chevaux de bataille sont donc le retour à un budget équilibré et le remboursement de la dette. Ils s’opposent donc à tout projet de loi qui augmente indûment les dépenses du gouvernement et prônent des coupures drastiques de ces dépenses, afin que le gouvernement cesse d’hypothéquer les générations futures. Il me semble que ce discours ressemble en tout point celui de représentants de la droite québécoise.
     
  2. Le respect de la constitution: Dans ce domaine, les tea parties demandent que le gouvernement fédéral respecte les pouvoirs que lui a attribués la constitution. Ceci inclut :
    1.  le respect de tous les amendements du Bill of Rights (1 à 10), plutôt mal amochés grâce entre autre au Patriot Act et;
    2.  le respect des champs de compétence du gouvernement fédéral et des états, tel que spécifié dans le 10e amendement. Il me semble que ce dernier point devrait faire résonner une corde sensible au Québec.

 

Les positions des tea parties 

 

Dans les faits, les positions des tea parties ne diffèrent pas grandement des positions des membres du parti républicain, mais ils sont certainement plus vocaux et moins ouverts aux compromis. Le Pew Research center avait fait un sondage très intéressant à ce sujet qui détaillait l’adhérence des membres des tea parties à certaines positions, par rapport à celles des républicains qui ne s’associent pas à ce mouvement

 

Plafond de la dette : 69% des membres des tea parties considèrent qu’il n’est pas essentiel de relever le plafond de la dette, comparé à 44% pour le reste des républicains. Cette position est cohérente avec le fait que les tea parties désirent plutôt voir le Congrès faire les coupures qui s’imposent et présenter un budget équilibré, ce qui n’est arrivé récemment que sous l’administration Clinton, mais qui démontre quand même que c’est réalisable. Demander à son gouvernement de cesser de s’endetter n’est pas si radical que ça, à mon humble avis, considérant que la dette américaine a littéralement explosé sous George W. Bush et Obama.

 

Taille du gouvernement : 92% des tea parties sont en faveur d’un gouvernement plus petit, quitte à couper des services, comparativement à 67% des autres républicains. Les États-Unis ont été fondés suite à une révolte contre un gouvernement tyrannique, ce qui fait qu’une grande partie des américains ont une certaine méfiance de l’état. La constitution américaine a d’ailleurs été écrite de façon à limiter la taille et les pouvoir du gouvernement fédéral au profit des gouvernements des états, que les pères fondateurs considéraient comme plus près du peuple. La réduction de la taille du gouvernement fédéral a toujours été un des chevaux de batailles du parti républicain, même si « les bottines ont rarement suivi les babines ». Les tea parties le prennent juste un peu plus à cœur que les autres républicains.

 

Obamacare : 94% des tea parties désapprouvent de ce nouveau système comparativement à 80% des autres républicains. C’est donc dire qu’il n’y a rien d’exceptionnel dans leur position par rapport au reste de la droite américaine. Ceci ne veut pas nécessairement dire que les tea parties veulent un système médical entièrement privé pour autant, mais il faut rappeler qu’aux États-Unis, la santé publique est une juridiction des états et non du fédéral. Beaucoup désapprouvent de cette réforme pour ça. De plus, si Obamacare est si génial, pourquoi les législateurs se sont-ils exemptés?

 

Port d’armes : 93% des tea parties s’opposent au contrôle des armes comparativement à 68% des autres républicains. On voit donc que les tea parties sont très enthousiastes envers le port d’arme, mais une vaste majorité de la droite américaine aussi, méfiance du gouvernement oblige. (Ceci dit, je connais un grand nombre de membres de la droite québécoise qui opposent le contrôle des armes aussi pour les mêmes raisons.)

 

Pour le reste, les tea parties se distinguent à peine des autres républicains sur l’avortement, le mariage gai, la lutte contre le terrorisme et ses abus des libertés civiles, etc.

 

Pour ces positions, certains les considèrent des radicaux et même des terroristes potentiels. Que le gouvernement vive selon ses moyens et respecte ses compétences constitutionnelles, quelle notion radicale en effet! Personnellement, je ne vois pas comment on peut se dire de droite et être en grand désaccord avec eux.