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Ces méchantes entreprises qui ne paient pas leur « juste part »

Les installations d'Apple en Irlande.

Les installations d’Apple en Irlande.

Par Philippe David

Laissez-moi vous poser une question. Étiez-vous irrités d’apprendre plus tôt cette semaine qu’Apple et plusieurs autres compagnies évitaient, du moins en partie, de payer des impôts au gouvernement américain en profitant d’une fiscalité plus avantageuse en Irlande? Avez-vous posté l’article dans Facebook ou Twitter en tempêtant contre ces méchantes multinationales qui ne paient pas leur « juste part »? Oui? Pourquoi? 

Vous ne devriez pourtant pas être irrités par ça du tout. Si vous l’êtes, c’est que vous ne voyez pas le tableau complet, ou que vous vous acharnez à ne pas le voir. Pourtant, les moyens utilisés par des entreprises comme Apple ou Google sont parfaitement légaux. Pourquoi êtes-vous irrités quand un individu ou une compagnie évite de payer un peu d’impôt par des moyens légaux? Serait-ce un petit peu par égoïsme? Parce que vous croyez que, si ces entreprises payaient plus d’impôt, vous en payeriez moins? Ou êtes-vous jaloux de ne pas pouvoir faire pareil? Égoïsme? Jalousie? Certainement pas vous! Jamais!

Et pourtant, je me demande pourquoi vous considérez que c’est une vertu de convoiter l’argent des autres, mais que c’est un crime de vouloir garder un peu plus de son argent durement gagné? Surtout que si vous en aviez la possibilité, vous feriez probablement pareil. Soyez honnête. Avouez-le. Le problème c’est que vous vous trompez sur toute la ligne.

Les entreprises ne paient pas d’impôt

Est-ce que je vous apprend quelque chose? Êtes-vous surpris? Êtes-vous choqué? Pourtant si on regarde les livres d’Apple, ça dit effectivement qu’ils ont payé $6 milliards au fisc américain l’an dernier. Alors de quoi je parle? Ce qui importe n’est pas ce que vous voyez, mais ce que vous ne voyez pas et ce que vous ne voyez pas, c’est qui paie vraiment ces impôts au bout de la ligne. 

Voyez-vous, une entreprise n’est pas un individu, et en termes réel, seul les individus paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une dépense comme tout autre qui s’inscrit dans l’équation « Revenus-Dépenses = Profit ou Perte ». Si on augmente les dépenses d’une compagnie, ces dépenses seront tout simplement compensées ailleurs dans cette équation. Les $6 milliards qu’Apple a payé au fisc auraient pu servir à créer de nouveaux produits et générés plus d’emplois (très bien rémunérés en passant). Il aurait pu servir à acheter de l’équipement plus sophistiqué pour réduire le coût de produits existants, ce qui aurait pu permettre de vendre des produits tel que le Ipad sur lequel vous lisez peut-être cet article, moins cher. En fait, peut-être avez-vous déjà économisé sur le coût de ce Ipad, justement parce que Apple a choisit de payer un peu moins d’impôt, plutôt que d’en payer plus au gouvernement (qui gère notre argent tellement mieux!). 

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au final Apple ne paie rien au fisc. Apple n’est qu’une entité fictionnelle. Si Apple paie plus d’impôt, ce sera des gens comme vous et moi qui finiront par le payer. Les produits d’Apple coûteront peut-être plus cher. Apple ne créera pas autant d’emplois, et ne paiera peut-être pas ses employés aussi bien. Elle ne commandera peut-être pas autant de matériel des ses fournisseurs et ne paiera peut-être pas de dividendes à ses actionnaires (dont plusieurs sont des fonds de pension qui gèrent peut-être VOTRE retraite). Il est facile de voir ce que Apple ne paie pas au fisc. C’est plus difficile de faire l’effort de voir les produits qui ne sont pas produits, les emplois qui ne sont pas créés, les épargnes de retraite qui ne fructifient pas et ce que VOUS payez en fin de compte, pour entretenir cette illusion que ces entreprises font leur part en payant de l’impôt. Leur part, elles la font déjà amplement.

C’est quoi le vrai problème?

Revenons à pourquoi vous étiez irrité. Vous étiez irrité parce que vous croyez que des entreprises comme Apple ne paient pas assez d’impôt et que vous en payez trop. Maintenant vous savez que lorsqu’on fait payer de l’impôt à des entreprises, dans la réalité, c’est vous qui finissez par payer plus cher les produits que vous voulez consommer, ou pire encore, vous êtes peut-être sur le chômage parce qu’il n’y a pas eu suffisamment d’emplois créés par ces entreprises pour que vous en trouviez un. Alors il est où le problème?

Le problème, ce n’est pas que les entreprises ou les riches ne font pas leur part, mais peut-être plus que nos gouvernements dépensent et gaspillent toujours plus de notre argent. D’ailleurs, au Canada et en particulier au Québec, l’impôt et les taxes est la dépense ménagère qui a le plus augmenté ces 50 dernières années, au point où nous payons plus de taxes et impôts de toutes sortes que nous payons pour nous nourrir, nous loger et nous habiller et ce n’est pas normal! Pendant ce temps, les services que nous offrent nos gouvernements se sont certainement multipliés, mais ils ne se sont certainement pas améliorés. Ce n’est pas d’hier qu’on déplore les temps d’attente dans nos urgences et franchement, je ne vois toujours pas le jour où ça va s’améliorer. 

Les gouvernements auront toujours une tendance grossir et prendre de l’expansion. Il y aura toujours plein de gens qui exigent que le gouvernement en fasse toujours plus et plus les gouvernements en font, plus ils gaspillent. Même quand il n’y a pas de politiciens et fonctionnaires qui s’en mettent plein les poches et qui font des retours d’ascenseur, on est jamais aussi judicieux quand on dépense l’argent des autres que quand nous dépensons notre propre argent.  Nous avons tous cette tendance. Si votre employeur vous envoie à l’extérieur et paie vos frais de déplacement, il y a fort à parier que vous prendrez une chambre d’hôtel un peu plus dispendieuse que si vous la payiez de votre poche, alors pourquoi sommes-nous surpris quand des fonctionnaires et des politiciens se payent la traite avec leur compte de dépense? Jus d’orange à $15 le verre? Pas de problème! C’est pas moi qui paye! Nous nous en scandalisons, mais nous leur donnons tous les incitatifs à le faire. En plus, si on commence à éplucher tous les différents ministères, organismes et départements, il y a fort à parier que nous en trouvions qui sont redondants, voire carrément inutiles. Je ne serait pas surpris de découvrir qu’ils ont un département de la redondance. Comment ce fait-il qu’au Québec, nous dépensons trois fois plus en programmes d’aide à l’entreprise que toutes les autres provinces, mais que nous ayons un déficit entrepreneurial par rapport au reste? Un autre exemple est quand notre gouvernement actuel promet 15 000 places de garderies subventionnées supplémentaires et exige, pour des raisons purement idéologiques, que ces places soit fournies par des CPE publics plutôt que des garderies privées quand nous savons que de construire une nouvelle CPE coûte $2 millions au contribuable, alors que ces frais sont entièrement assumés par les propriétaires d’une garderie privée et que les places existent déjà dans le réseau privé. Bref, les exemples abondent comment les politiciens et fonctionnaires gaspillent votre argent.

 

C’est qui les coupables?

On voit des gens manifester dans la rue pour toutes sortes de conneries, rarement les voit-on manifester pour que les gouvernements cessent de gaspiller notre fric. Au grand contraire, lorsqu’un gouvernement essaie d’avoir le courage de couper un tant soit peu dans le gras et gaspiller un peu moins, on vois les parasites du système sortir pour tout casser et protester contre l’austérité. Alors si vous cherchez un coupable, regardez un miroir…

 

Adieu, Province de Fous!

pannea-routier-état-providence

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Par Pierre-Guy Veer

En 2008, j’étais parti du Québec pour tenter l’expérience de journaliste en Saskatchewan – je n’avais pas trouvé d’emploi au Québec à l’époque, et le départ se voulait simplement temporaire. Après quelques mauvaises expérience subséquentes, je suis revenu à l’automne 2012 pour étudier et compléter un bac en économie-politique. Grâce à des groupes comme le RLQ et l’expansion de la radio d’opinion (surnommée radio-poubelle par les glorificateurs du Dieu État), je croyais qu’il y aurait eu un certain brassage d’idées. Oh que je me faisais des illusions…

 

Le Québec en 2008 et le Québec en 2012, c’est presque exactement la même chose : une province plus polarisée qu’un aimant où hors de l’État, point de salut; une province qui cherche constamment plus de revenus plutôt que de diminuer ses dépenses; une province où utiliser l’argent des autres est de la générosité mais vouloir garder SON argent est de l’égoïsme; une province qui exploite/a le potentiel d’exploiter ¼ de tous les éléments naturels mais qui reçoit 50% de toute la péréquation (peu importe le montant per capita); une province menée par le bout du nez par les syndicats, qui admettent sans gêne que c’est au gouvernement de fournir des bons emplois et que malgré le climat supposément empoisonnée, la pension généreuse « aide » à persister[1]; une province encore embourbée dans des débats stériles sur la séparation alors que le Québec est dans le top 10 des juridictions les plus endettées de la planète, que les infrastructures tombent en ruine, que l’éducation perde de plus en plus sa crédibilité et que la corruption ronge complètement le politique – ce qui n’empêche pas la chef du gouvernement de critiquer ceux qui attaquent son parti même s’il est mêlé à la corruption[2]; une province où tous les partis sont pareils et où les débats se résument à savoir qui a la meilleure idée pour dépenser l’argent des autres; une province où s’enrichir est un vice à moins que ce soit au travers de l’État; une province où il suffit de sortir dans la rue et tout casser pour avoir gain de cause (le support des syndicats aidant); une province où la langue française est tellement importante qu’elle doit être bétonnée contre la langue « étrangère »… Je pourrais continuer longtemps, mais je vais plutôt raconter mes (més)aventures de 2012, qui m’ont convaincu que mon avenir n’est pas au Québec.

 

L’endoctrinement socialiste fait effet

 

Tel que mentionné en intro, j’ai complété un bac en économie-politique. Toutefois, d’après ce que j’ai vu et entendu, il semble que la partie politique ait pris le dessus. En effet, l’ignorance des étudiants de économie est simplement ahurissante. Plusieurs croient encore que le salaire minimum ne crée pas de chômage, que l’intervention du gouvernement dans l’économie est justifiée et qu’il est acceptable d’exiger l’argent des autres. À ce sujet, plusieurs portaient le carré rouge, le symbole du désordre et du chaos ambiant dans la Belle Province. Plusieurs même militent pour des partis socialistes comme Québec Solidaire, Option nationale ou le PQ. Deux d’entre eux ont même fait positionner l’association étudiante (APEL) en faveur de la séparation. Pourquoi? Parce que, comparativement à ailleurs au Canada, le Québec croit plus aux principes altruistes du collectivisme (je paraphrase à peine). Quand j’essayais de montrer des « vrais » arguments économiques, on m’accusait de venir d’un autre siècle, de ne pas présenter des sources « crédibles » ou d’être démagogue quand je compare l’impôt à de l’esclavage.

 

Durant le vote de boycott des cours à la fin février, je me suis fait rappelé à quel point le mouvement étudiant est empreint d’altruisme (objectiviste). En effet, on voulait ne pas assister à son cours ET ne pas en subir les conséquences. Je cite le courriel envoyé par l’association étudiante des sciences sociales (dont le logo est aux couleurs de l’anarcho-communisme[3])après le vote de boycott : « Pour s’assurer que le vote de l’assemblée générale spéciale soit respecté les cours seront piquetés. » Ils ont pu compter sur l’avachissement total des professeurs ET des services de sécurité pour faire respecter leur violation des droits des autres.

 

La plupart des professeurs ne sont pas tellement mieux (quoique c’est probablement la même chose dans les autres universités). Dans le cours de théorie macroéconomie, on m’a confirmé la totale inutilité des mathématiques dans l’économie en me présentant le Lagrangien. De ce que j’en ai compris, il s’agit de mettre en chiffres le désir de consommer maintenant ou plus tard. Bref, on tente de quantifier les choix subjectifs des gens, ce qui est à peu près impossible à faire. Dans le cours, on ne présentait que les théories néoclassiques et keynésiennes, toutes deux impuissantes pour expliquer les véritables causes des crises économiques, i.e la trop grande intervention du gouvernement qui amène son lot de distorsions.

Aussi, deux cours étaient donnés par des fonctionnaires (actif ou retraité), et cela se reflétait dans le contenu. Dans Analyse des politiques publiques, on nous faisait croire que l’intervention du gouvernement est nécessaire dans la vie courante, quoiqu’on montrait aussi que les politiques publiques ont un fort biais conservateur, ce qui explique pourquoi les choses changent si peu. Mais ce n’était rien en comparaison avec Économie-politique du Québec et du Canada. Là, il n’y avait absolument aucune nuance : l’État EST un dieu, surtout au Québec. Les pôvres francophones, majoritaire dans la population mais minoritaires dans les postes d’importance, ont eu besoin du Dieu État pour finalement se hisser hors du trou. Tout ce qui ne se conforme pas à cette vénération était qualifié de préfixes hyper subjectifs (principalement ultra : ultralibéral, ultracapitaliste, etc.). L’enseignant m’a même demandé de « descendre du Mont Pèlerin » lorsque j’ai présenté le premier plan d’une critique du rapport Pronovost sur l’agriculture. Il va sans dire que X propageait sans cesse les mêmes mensonges – la crise de 2008 a été causée par la déréglementation, des monopoles se formeraient automatiquement sans l’intervention de l’État, l’interventionnisme est toujours justifié.

Mais le pire des cours était sans aucun doute Économie de l’environnement. Déjà, le livre suggéré pour le cours avait un ours polaire sur une banquise presque complètement fondue. Aussi, dans la première partie du cours, on tentait de redonner une crédibilité au GIEC, cet organe de l’ONU qui tient absolument à imputer aux humains le réchauffement/changement/dérangement climatique/météo extrême. On nous montrait les graphiques qui prédisent la catastrophe imminente… alors que les températures stagnent depuis plus de 15 ans, que l’Arctique fond à peine et qu’on n’a pas découvert de hausse (nombre et force) dans les ouragans. Néanmoins, Y a tout de même mentionné des concepts économiques valables comme les droits de propriété pour gérer la pollution, notamment au travers du théorème de Coase. Lors de son explication, on a montré la ville de New York en exemple d’application du théorème. Comme la Ville veut avoir une eau potable propre – elle la prend d’une chaine de montagne à une centaine de kilomètres au nord – elle paie les propriétaires en amont pour éviter de contaminer l’eau. Ainsi, tout le monde sort gagnant. Toutefois, Y parlait de la réduction de la pollution comme de l’effet multiplicateur keynésien : il suffit d’intervenir pour que ça se produise, ce qui n’est évidemment pas le cas. Comme si les compagnies allaient se conformer aux politiques gouvernementales sans trouver un moyen de les contourner…

 

Une classe politique pas du tout « sur la coche »

 

À ce sujet, il semble que la courbe de Laffer (« contourner » une fiscalité trop haute) se confirme de mieux en mieux avec la venue du PQ. En effet, j’avais prédit[4] que ce serait la catastrophe avec la venue des troupes de Pauline Marois au pouvoir. Ça se confirme de jour en jour, notamment avec une baisse de 50 % des investissements privés[5], une lutte sans merci contre le développement pétrolier[6] et contre les gaz de schiste[7], une haine de la richesse minière[8] ainsi que la priorisation de « vrais » dossier comme la séparation, avec des messages aussi enfantins qu’inintéressants, et la langue en ajoutant encore plus de restrictions à la liberté de choix des gens. Pendant ce temps, les sirènes syndicales réussissent à faire oublier au gouvernement son « obsession » avec le déficit zéro, s’imaginant que les coupures budgétaires sont mal[9] – bien que le ministre des Finances va à New York en cachette pour rassurer les marchés[10]. Évidemment, on ne peut passer sous silence les nombreuses nominations partisanes, dénoncées par le gouvernement lorsqu’il était dans l’opposition.

 

Les réactions prévisibles

 

Pour toutes ces raisons (et bien d’autres), je déménage aux États-Unis. « Bon débarras »; « un chialeux de moins » diront sans doute les nombreux étatistes sur les forums que je fréquente. Malheureusement pour eux, ils viennent de perdre un autre John Galt et donc une personne productive. Je suis un homme intelligent et réfléchi; j’écris un peu partout en anglais, notamment pour la Canadian Taxpayer Federation. Malgré quelques fautes grammaticales, mes textes, fortement inspirés de l’École autrichienne d’économie, sont en demande; l’un d’eux s’est même retrouvé sur le Wiki de l’Institut Ludwig Von Mises[11]. Au Québec, ce point de vue n’a presque pas le droit de cité. Ici, il semble que tout ce qui ne glorifie pas le Dieu État est crucifié sur la place publique. Ou s’il a le droit de cité, il est noyé par deux à trois fois plus de locuteurs de l’opinion opposée. Au moins, aux ÉU, il y a des débats; la « gauche » (plus de gouvernement) et la « droite » (moins de gouvernement) peuvent s’affronter.

 

De leur côté, les altruistes (objectivistes) m’accuseront d’avoir « pris avantage » de « nos » services et de ne pas avoir payé ma « dette » à « la société ». Ne leur en déplaise, je n’appartiens à personne (on pourrait en dire autrement de mon cœur, mais c’est une autre histoire). Je suis un être rationnel et si quelque chose est moins cher, je tends à en profiter, que ce soit des études ou des soins de santé. Comme l’éducation ne coute presque rien au Québec, j’en ai profité pour terminer mon bac. Si un gouvernement voulait subventionner ainsi les études, ce n’est pas moi qui va s’en plaindre. Par contre, je me demande si le diplôme vaudra beaucoup…

De toute façon, ces dettes sont simplement le résultat de mauvais choix poussés par des petits groupes bien organisés, surtout les syndicats quand on parle du Québec. Je n’ai pas à payer pour les mauvais choix des autres. Je profite donc de ma (relative) liberté de mouvement pour aller vivre dans un autre pays.

 

Certes, les ÉU ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes; la qualité de vie et les libertés sont en chute constante. Néanmoins, comme je l’ai dit, c’est un pays, contrairement au Québec ou même au Canada, où il y a encore un débat d’idées, principalement grâce à l’Internet. En effet, de nombreuses innovations (privées) comme Facebook et des blogues comme Policy Mic (auquel je participe) offre une tribune à toutes les opinions. Les débats sont féroces, mais le plus souvent respectueux. De plus, de nombreux instituts de pensée (think-tank) aide à alimenter ces débats. D’ailleurs, j’ai été retenu comme finaliste pour être stagiaire à l’Institut Cato. Si ça devait ne pas fonctionner, il en existe plusieurs autres pour lesquels je pourrais facilement apporter mes idées et ma contribution. Je suis convaincu de pouvoir trouver une demande pour mon offre. Sinon, il y a d’autres perspectives d’emploi; the sky’s the limit, disent les anglais.

 

C’est donc sans regret (sauf peut-être l’éloignement de ma famille) que je quitte le Québec. Aussi loin que je peux voir, je n’ai aucun futur ici. Tel qu’on a tenté de me le montrer lors de la venue de conférenciers dans mes cours d’économie, hors de l’État, point de salut. Je ferai le trottoir avant de perdre mon âme dans l’engrenage bureaucratique. Je préfère vivre modestement mais dans quelque chose que j’aime – écrire pour la liberté – que de vivre richement dans un milieu qui tue l’innovation et dont l’ancienneté prime presque toujours sur la compétence. Je ne fais évidemment pas une croix définitive; la lumière libérale finira par briller de nouveau sur la Belle Province. Même si ce n’était que le rêve de Joanne Marcotte à la fin de son livre, l’amélioration pourrait être suffisante pour me faire reconsidérer mon départ.

Entrevue exclusive avec le ministre fédéral : Maxime Bernier

Maxime Bernier

Maxime Bernier 

 Par Simon Leduc
 
J’ai rencontré M. Bernier à son bureau du Centre-ville de Montréal.  Il a accepté de répondre à mes questions. 
 
Q : Après avoir travaillé dans le secteur privé, pourquoi avez-vous décidé de faire le saut en politique fédérale et devenir candidat pour le Parti conservateur du Canada dans le comté de Beauce?
 
R : J’ai toujours eu de l’intérêt pour  les politiques publiques et la politique en général. En 2005, j’ai rencontré M. Harper pour lui  suggérer d’insérer dans son programme, deux éléments qui sont importants pour moi : la diminution des impôts (car les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord) et le respect de la Constitution canadienne.  Le chef conservateur a inclus cela dans son programme, il m’a demandé d’être candidat sous la bannière conservatrice et j’ai accepté.  J’ai fait le saut en politique afin de défendre des valeurs qui sont à la base d’une société démocratique : la liberté et la responsabilité individuelle.  Aujourd’hui, je continue de prôner ces idéaux au sein du caucus conservateur et du gouvernement.  La réduction des taxes, des impôts et de la taille de l’État est une priorité pour moi.  Souvent, les politiciens et les bureaucrates prennent les citoyens pour des enfants irresponsables.  Mon engagement politique est de prendre les citoyens pour des personnes responsables.  Moi, je pense que c’est en faisant la promotion de la liberté individuelle que l’on va avoir une société plus prospère.  Je dois être dans le feu de l’action pour pouvoir changer la société et permettre une plus grande liberté aux Canadiens. 
 
Q : Après la victoire conservatrice du 23 janvier 2006,  vous avez accédé au Cabinet fédéral comme ministre de l’Industrie.  Quelle est votre plus grande réalisation lors de votre passage dans ce ministère à saveur économique?
 
R : Tout d’abord, je suis très fier d’avoir été ministre de l’Industrie.  Ma plus grande réalisation est la dérèglementation de la téléphonie locale.  Quand je suis arrivé au ministère de l’Industrie, j’ai établi mes priorités.  Mon premier objectif était la dérèglementation de la téléphonie locale.  C’était un dossier qui était directement lié à mes croyances politiques, c’est-à-dire la dérèglementation et le respect du libre marché.   J’ai livré une grosse bataille idéologique avec les fonctionnaires que j’ai remportée avec l’aide de mon équipe qui m’a grandement appuyé dans cette aventure.  Le professeur Shultz de l’Université McGill a dit que j’ai été le meilleur ministre de l’Industrie des trente dernières années à cause de cette réforme.  Celle-ci a permis d’avoir plus de compétition, des prix plus bas et de meilleurs services pour les consommateurs.  Je suis très fier de cela. 
 
Q : Plusieurs militants conservateurs vous voient comme l’ultime successeur de Stephen Harper.  Lorsque votre chef va quitter la vie politique, avez-vous l’ambition de lui succéder à la tête du Parti conservateur et de devenir un jour, premier ministre du Canada?
 
R : Actuellement,  je fais mon travail de député de Beauce et de ministre d’État à la petite entreprise et du Tourisme.  Je n’ai pas de plan pour le futur et mes priorités sont de bien représenter les Beaucerons à Ottawa et de défendre la voie du Québec à la table du Conseil des ministres.  Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve.  Je suis en politique pour défendre les principes de liberté et de responsabilité individuelle et je pense que les politiciens n’en parlent pas assez.  Je remercie les gens qui me voient dans une éventuelle course au leadership  mais je n’en suis pas là actuellement. 
 
Q : Pensez-vous que vous pourriez un jour changer d’idée concernant la chefferie du PCC si des députés conservateurs font  pression sur vous?
 
R : On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.  Je prendrai cette décision lorsque le temps arrivera.  Actuellement, je ne suis pas en train de me poser des questions par rapport à cela.  Notre chef est bien en selle et il nous a permis de remporter deux élections en étant que gouvernement minoritaire et une majorité au dernier scrutin.  Je travaille en toute collaboration avec M. Harper
 
Q : Depuis les élections de 2008, le gouvernement Harper est très impopulaire dans la Belle province.  Comment expliquez-vous les déboires de votre parti au Québec?
 
R : À partir de 2006, l’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a dépeint M. Harper comme étant un cowboy de l’Ouest qui n’était pas sensible aux préoccupations du Québec.  C’est faux et ce n’est pas la réalité.  Il y a une perception négative qui demeure par rapport à notre chef.  Je peux vous dire que M. Harper aime la Belle province et il commence toujours ses discours (même à l’étranger) en français.  Il sait que le Canada a été bâti en français et que Québec est la ville fondatrice du Canada.  On doit mieux communiquer nos politiques et être plus présent dans les médias.  Stephen Harper doit être plus présent dans la province pour contrer l’image négative qui est colportée par les partis d’opposition.  C’est un gros défi pour nous et on va travailler fort pour reconquérir le Québec. 
 
Q : Croyez-vous que les syndicats (et autre groupes progressistes) organisent des campagnes de dénigrement contre votre chef au Québec?
 
R : Effectivement, je pense que les syndicats font campagne contre nous lors des élections générales avec l’argent des cotisations syndicales provenant de leurs membres.  Regardons juste la dernière campagne électorale, les syndicats ont dépensé beaucoup d’argent pour défaire des candidats conservateurs.  C’est pour cela que l’on a déposé un projet de loi (qui va être en vigueur bientôt) qui va obliger les leaders syndicaux de divulguer leurs états financiers.    Il y a plusieurs syndiqués qui ne savent pas que leurs cotisations servent à faire de la politique.  Quand cela va être public, les travailleurs vont avoir la chance de poser des questions à leurs leaders syndicaux et ceux-ci vont devoir être plus transparents. 
 
Q : Depuis la récession économique de 2008, le ministre des Finances a déposé des budgets déficitaires.  Certains conservateurs dénoncent le fait que vous avez augmenté la dette publique fédérale depuis votre arrivée au pouvoir.  Est-ce que vous allez être en mesure de revenir à l’équilibre budgétaire comme promis en 2015?
 
R : Oui, c’est une volonté très importante pour notre gouvernement de revenir à l’équilibre budgétaire en 2015 afin de pouvoir baisser les taxes et les impôts des Canadiens. Lorsqu’on est arrivé au pouvoir en 2006, on a eu deux années de surplus budgétaire. Notre gouvernement a dû dépenser beaucoup d’argent pour faire face à la crise financière mondiale qui a frappé le pays en 2008.  On a relancé l’économie avec des dépenses publiques mais cela a créé un déficit et nous en sommes responsables.    Il faut revenir à l’équilibre budgétaire le plus rapidement possible parce qu’il faut redonner l’argent aux citoyens car ce sont eux qui créent de la richesse.  Notre gouvernement va éliminer le déficit en s’attaquant à la colonne des dépenses. 
 
Q : Adrien Pouliot est le chef du Parti conservateur du Québec.  Est-ce que votre parti pourrait créer des alliances électorales avec le PCQ afin de vous aider mutuellement?
 
R : Notre gouvernement ne se mêle pas de politique provinciale.  On respecte la Constitution canadienne et ses juridictions.  Notre parti ne va pas donner de directives à ses membres et supporteurs d’appuyer un parti en particulier.  Moi, je vais rester neutre même si le programme des conservateurs québécois est très près des idées que je prône.  

 

La « droite nounoune » et la « gauche gnagnan »

manif-1-mai-drapeau-URSS

manif-1-mai-drapeau-URSS

Par Philippe David

Selon les membres d’une certaine gauche, dont je tairai le nom pour éviter de leur donner trop d’importance (ils se reconnaitront sûrement de toute façon), la droite au Québec est un petit peu « nounoune » et aurait besoin d’intelligence. Était-ce une bourde, comme certains le prétendent? Chose certaine, même dans l’audience de Tout le monde en parle, c’est pas tout le monde qui l’a trouvé drôle. Mais il arrive souvent que lorsqu’on cherche à discréditer un opposant, on essaie de le ridiculiser. Dans cet joute idéologique, la gauche bénéficie de l’avantage que cette opposition qui est présente partout sur la planète est un phénomène relativement récent au Québec et qu’avant, ils avaient le monopole du discours public. Il n’est donc pas évident d’expliquer l’axe gauche-droite dans le contexte d’une province qui était obnubilée par l’axe fédéraliste-souverainiste et qui occultait tout autre forme de débat politique. Commençons donc par la base.

 

Origine de l’axe gauche-droite

L’appellation « gauche » et « droite » est originalement dû à un accident de géographie. Après la révolution française, les défenseurs de « l’ancien régime » ou les « réactionnaires » (du moins, ceux qui ont été épargnés par Madame Guillotine) siégeaient à droite du président de l’assemblée, alors que les révolutionnaires siégeaient à gauche. Ironiquement, à l’époque, la « gauche » était représentée par les libéraux classiques, grands défenseurs du « laisser-faire » et très méfiants du pouvoir de l’état. Frédéric Bastiat était l’un d’eux. Ce sont justement ceux-là même qui inspirent maintenant ceux qu’on identifie à la « droite » au Québec. Pendant ce temps, ceux qu’on identifie comme la « gauche » au Québec, sont ceux qui défendent bec et ongle le régime établi depuis 53 ans, notre fameux « modèle québécois » social-démocrate, pour lequel hors de l’état, point de salut. Nous pouvons donc dire qu’au Québec, l’axe a littéralement été renversé avec les réactionnaires, défenseurs de l’ordre établi, à gauche et les révolutionnaires réformateurs à droite.

 

La « gauche » réactionnaire

La gauche au Québec , ce sont les révolutionnaires des années 60 , architectes de la révolution tranquille qui ont érigé un modèle social-démocrate qui a évacué l’Église Catholique de nos vies, pour la remplacer par une religion d’état. Depuis plus de 50 ans au Québec, tout passe par l’intervention de l’état qui doit prendre soin des ses citoyens, tel un parent bienveillant, de l’utérus à la tombe. Pour ces gens, la solution à tous les problèmes passe inévitablement par l’établissement de programmes sociaux étatiques couteux mur à mur, financés par un fardeau fiscal toujours plus oppressif et un endettement structurel chronique. C’est un univers égalitariste où tout le monde devrait se promener en Lada, plutôt que de voir certains se payer une Mercedes ou ne serait-ce qu’une Toyota parce que Dieu seul sait qu’on ne peut avoir le mieux qu’on puisse se payer, si d’autres ne peuvent se l’offrir.

Si on devait appliquer leur modèle à l’univers des sports, tous les participants aux Jeux Olympiques auraient droit à la médaille d’or, peu importe leur performance, parce qu’il ne faudrait surtout pas que l’excellence soit récompensée dans une plus grande mesure que la médiocrité. Dans un tel schéma, personne ne serait surpris que les athlètes cessent de se défoncer à l’entrainement puisqu’ils n’ont rien à y gagner. Mais on s’imagine qu’en imposant ça comme modèle de société, ça mène à autre chose que la médiocrité, le nivellement par le bas et de rendre tout les gens égaux dans la misère. Selon Friedrich Hayek, « Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens également et vouloir les rendre égaux. La première est une condition pour une société libre, alors que la seconde est une nouvelle forme de servitude. »

Nous appliquons cette même recette depuis maintenant 53 ans, pratiquement sans se poser de questions pendant que nous débattons si nous devrions nous séparer de ces méchants anglos du ROC et que nous capotons si la proportion de francophones de souche baisse d’un demi point de pourcentage, alors que nous ne sommes même pas foutus de faire des petits. Pendant ce temps le fardeau du contribuable ne cesse d’augmenter et la dette (qui n’est rien d’autre qu’un impôt sur les générations futures) croît de façon incontrôlable, même pendant ces années où nous avions un budget supposément équilibré. Les gens crèvent sur des listes d’attente pour une chirurgie et accumulent les toiles d’araignées dans les salles d’attentes des urgences (ô comble d’ironie), les infrastructures publiques s’écroulent, le taux de décrochage et d’illettrisme a atteint de nouveaux sommets.

Albert Einstein disait que la folie, c’est de toujours répéter la même expérience, mais s’attendre à un résultat différent. Depuis 50 ans, la gauche persiste dans l’erreur au Québec, mais supposément, c’est la droite qui est « nounoune ».

 

La « nouvelle droite »

Depuis à peine une décennie, une nouvelle voix a commencé à se faire entendre. Elle s’élève contre l’orthodoxie et la pensée unique qui régnait jusqu’alors depuis la révolution tranquille. Ces hérétiques ont commencé à questionner la religion d’état et son clergé syndicaliste. Ils ont commencé à montrer que notre fameux « modèle québécois » autoproclamé n’est un modèle pour personne. Ils ont commencé à remettre en question (sacrilège!) le dogme que tout doit être fait par l’état et que peut-être certains services pourraient être accomplis plus efficacement par des compagnies privées que par l’état. Cette nouvelle génération d’intellectuels d’efforcent de vous convaincre que non-seulement, l’état n’est pas la solution à tout les problèmes, mais que dans bien des cas, l’état est le problème.

 

Ils ont grandement étoffé leurs propos dans des films comme « L’Illusion Tranquille » et des livres comme « Pour en finir avec le Gouvernemaman » de Joanne Marcotte, « L’État contre les jeunes » d’Éric Duhaime, « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille » de Vincent Geloso, ou encore « Le devoir à l’éducation » de Jean Laberge. Dans ces ouvrages se trouvent de solides arguments sur les causes de nos problèmes et des pistes de solutions . Si, après avoir vu et lu tout ça, vous croyez toujours que leur position ne se résume qu’à « plus d’état – moins d’état », peut-être est-ce vous qui êtes un peu simplet?

 

Entrevue exclusive avec le chef du Parti conservateur du Québec

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Par Simon Leduc

Je me suis entretenu avec le chef du PCQ Adrien Pouliot dans un restaurant à Laval. Il a accepté de répondre à mes questions.

Q : Avant de vous impliquer en politique active, vous avez travaillé dans le secteur privé. Comme homme d’affaires, vous avez été président de plusieurs corporations de télécommunications et de télédiffusion. Quel est votre plus grand succès dans le secteur privé?
R : Quand j’ai acheté Entourage Solution Technologique du Fonds de solidarité de la FTQ, l’entreprise ne faisait pas d’argent. En l’espace de 5 ans, avec les mêmes employés, la même convention collective et le même syndicat, on a augmenté la productivité et la qualité de 40% en établissant des objectifs clairs, en donnant un bon service au client et en mettant l’emphase sur la formation des travailleurs. C’était vraiment un beau succès, j’étais fier de cela.
Q : En 2011, l’ADQ de Gérard Deltell vous a recruté afin d’assumer la vice-présidence de la commission politique. Pourquoi, avez-vous décidé de vous joindre à l’ADQ?
R : Au départ, j’étais intéressé à travailler avec le mouvement de Legault. J’ai rencontré François Legault chez lui à Outremont. Après quatre heures de discussion, j’ai conclu que M. Legault était un autre étatiste et qu’il pensait que l’État avait réponse à tout. Pour Legault, c’était la gauche efficace et moi, je ne crois pas à cela car l’État est tellement gros qu’il ne peut pas être efficace. Donc, j’ai joint l’ADQ qui était plus proche de mes valeurs. En mars 2011, je me suis embarqué à la Commission politique avec mon ami Claude Garcia.
Q : À la fin de 2011, l’ADQ a fusionné avec la CAQ de François Legault. Vous étiez contre cette fusion. Pourquoi?
R : Au Québec, je pense qu’il faut changer la recette et non le chef. Pour moi, M. Legault prône les mêmes solutions libéralo-péquistes que l’on entend depuis 20 ans et qui nous ont menés à la situation actuelle. J’ai essayé de démontrer aux membres de l’ADQ que c’était une chimère ce projet de fusion. Je leur disais que la CAQ était une balloune qui allait se dégonfler et que ses politiques publiques n’étaient pas bonnes. Les fusionnistes ont gagné la bataille avec 70% des voix et j’ai dû réfléchir à mon avenir.
Q : À l’automne dernier, vous avez décidé de soumettre votre candidature à la chefferie du Parti conservateur du Québec. Étiez-vous intéressé à la chefferie du PLQ?
R : La réponse est oui mais à cause du système de votation par délégués, un outsider comme moi n’avait aucune chance de gagner la course. Donc, j’ai rédigé un document sur les valeurs du PLQ que j’ai envoyé aux trois candidats. Je voulais les convaincre qu’il y avait moyen d’avoir un PLQ qui croit en ses valeurs et qui est de centre-droit. Malheureusement, les libéraux, ce sont des gens opportunistes qui veulent être réélus et ils sont habitués au pouvoir. Ils ne prendront pas des politiques publiques qui sont difficiles à suivre mais qui sont les bonnes. Ils vont choisir des politiques publiques qui plaisent au monde et avec lesquelles, ils vont se faire élire. Donc, je me suis tourné vers le PCQ car c’est un parti politique qui prône les mêmes idéaux que moi. Je suis devenu le chef quand Daniel Brisson s’est désisté.
Q : À cause du statut minoritaire du gouvernement, vous devez vous préparer en tout temps pour un scrutin général. Quels sont les objectifs que vous voulez atteindre pour votre parti aux prochaines élections?
R : On veut donner une voie à l’Assemblée nationale aux gens qui pensent comme nous. J’aimerais me faire élire. Je vais me présenter dans la région de Québec ou en Beauce. Je désire avoir d’autres députés avec moi pour lancer les bases du parti comme Mario Dumont l’a fait avec l’ADQ. Je pense qu’une présence à l’Assemblée nationale peut avoir un impact. Québec solidaire tire le PQ vers la gauche. Mon objectif serait de tirer le PLQ et la CAQ vers la droite pour faire avancer la cause des droits et libertés individuels et leur corollaire, la responsabilité individuelle.
Q : Où allez-vous situer le PCQ sur l’axe idéologique, clairement à droite ou au centre-droit comme la défunte ADQ?
R : Je suis en faveur des droits et libertés individuels et leur corollaire, la responsabilité individuelle. Ces concepts sont liés au conservatisme fiscal. Donc, je suis un conservateur fiscal. Sur le plan social, je suis comme un démocrate américain. Je suis en faveur du libre choix des femmes en matière d’avortement et je ne m’oppose pas au mariage entre conjoints de même sexe. Je suis à droite mais sur le plan économique. On veut se positionner comme un parti qui est à droite du centre du spectre politique québécois.
Q : Allez-vous construire des liens étroits avec le Parti conservateur du Canada?
R : Il n’y a pas de liens formels entre nous et le PCC. Je pense que selon sa constitution, le Parti conservateur fédéral est supposé aider tous les partis conservateurs provinciaux. Cela est possible qu’il y ait des atomes crochus sur certaines idées. C’est sûr que l’on pourrait s’aider mutuellement sur le terrain lors de scrutins provinciaux et fédéraux. Par contre, nous ne sommes pas d’accord avec le fédéral sur certains dossiers comme l’absence de budgets équilibrés depuis 2006.
Q : Si vous étiez premier ministre du Québec, quelles seraient vos priorités?
R : Au niveau de la santé, on veut introduire plus de privé. On permettrait aux gens de prendre une assurance privée pour des actes médicaux qui sont couverts par la RAMQ. Les médecins pourraient pratiquer dans le privé et dans le public. On réformerait la rémunération des hôpitaux. On les financerait par épisodes de soins et non pas par blocs fixes comme ils le sont actuellement.
En éducation, on veut augmenter la liberté de choix des parents. On veut le faire en permettant aux parents de contrôler l’argent. Plutôt que le Ministère finance les Commissions scolaires qui financent les écoles, on voudrait que le ministère finance les parents qui pourraient magasiner leur école avec des bons d’éducation. Cela créerait de la concurrence entre les écoles et cela serait bon pour les parents et les élèves. On donnerait plus d’autorité aux directeurs d’écoles et aux professeurs dans le choix des méthodes d’enseignement. Évidemment, le Ministère établirait des standards minimums mais les écoles seraient plus autonomes.
Au niveau du code du travail, on veut redonner le contrôle des syndicats aux syndiqués. La transparence financière des syndicats serait primordiale. On veut que les travailleurs aient plus de choix quand vient le temps de se syndiquer. On est en faveur du droit d’association et mais aussi du droit de non association. On veut donner le contrôle aux syndiqués sur la façon dont leurs cotisations sont dépensées par leur syndicat. Une réforme du code du travail est nécessaire afin de rendre le marché du travail plus concurrentiel et flexible ». Je ne suis pas anti-syndicat mais un pro syndiqué.
Q : Cela fait sept mois que le Parti québécois est au pouvoir. Quel bilan faites-vous de ce gouvernement?
R : Je suis bien déçu car je m’attendais à ce que des gens qui ont été longtemps au pouvoir (incluant Mme Marois) auraient formé une équipe plus solide. En début de mandat, il y a eu beaucoup de recul de la part du gouvernement et cela a fait un tort énorme à la province. Il y a beaucoup d’entreprises étrangères qui sont au neutre et qui ne parlent plus du Québec car on ne sait pas où s’en va le gouvernement dans sa législation sur les Ressources naturelles. C’est le gouvernement des moratoires et du consensus.
Q : Que pensez-vous de la politique linguistique (la Loi 14) du gouvernement du Parti québécois?
R : Je pense que le Bill 14 est une solution qui cherche un problème. Il y avait une paix linguistique au Québec, les anglophones avaient accepté la loi 101. Le PQ veut enlever des droits à la communauté anglophone, cela est de la pure mesquinerie. Moi, je suis pour un Québec français mais des Québécois bilingues. Je trouve désastreux l’approche gouvernementale qui veut construire une cloche de verre sur le petit village gaulois québécois et empêcher les francophones d’avoir accès aux écoles anglophones. C’est ce que prévoit le Bill 14. Le fait que les cégeps anglophones devraient donner la priorité aux élèves anglophones, c’est une forme de ségrégation. La seule façon de protéger notre langue et notre culture, c’est d’avoir une économie forte et exportatrice. Avec cette loi, le PQ veut brasser de la haine et diviser les Québécois. Je trouve tout cela très malsain.
Q : La réforme de l’assurance emploi du gouvernement Harper est très contestée dans les régions du Québec et de l’Atlantique (le travail saisonnier). Tous les partis politiques présents à l’Assemblée nationale l’ont unanimement dénoncée. Que pensez-vous de la réforme conservatrice?
R : Tout d’abord, c’est une compétence fédérale et cela ne regarde pas vraiment le gouvernement provincial. Je pense qu’au niveau du principe, c’est une bonne réforme. Son objectif est de faire un «matching» entre les gens compétents qui n’ont pas de travail et les postes disponibles. On veut aider les gens à se trouver un emploi. Avec cette réforme, on dit aux chômeurs de façon plus claire, qu’est-ce qui est un emploi acceptable et une recherche d’emploi acceptable. On n’oblige pas quelqu’un de prendre une job qui est moins rémunératrice que l’assurance-emploi. Dans une région, s’il n’y a pas d’emplois disponibles, le chômeur va continuer de recevoir son chèque. L’assurance-emploi ne doit pas devenir un mode de vie mais une assurance pour quelqu’un qui perd son travail. Je trouve qu’il y a une campagne de désinformation (par certains médias biaisés, les syndicats et partis politiques) contre le gouvernement conservateur dans ce dossier et je trouve cela malhonnête.
Q : Lors de son premier Conseil national, la CAQ a présenté sa pièce maîtresse en vue de la prochaine campagne électorale : le développement économique de la Vallée du St-Laurent. Partagez-vous l’enthousiasme de ceux qui croit que cela pourrait être un projet porteur et rassembleur pour la Belle province?
R : Non, pas du tout. Les politiciens aiment se bâtir des monuments avec l’argent des autres (le Plan Nord de M. Charest, la Baie-James de M. Bourassa et le Plan Sud de M. Legault). Quand ils prennent notre argent pour bâtir leurs rêves, on ne peut pas bâtir les nôtres car il n’y a plus d’argent. M. Legault veut réaliser son rêve avec notre argent. Moi, mon rêve est que tout le monde puisse réaliser les siens. Je veux que les gens individuellement réalisent leurs rêves. Le plan Sud va seulement augmenter nos impôts et c’est du pur gaspillage.
Q : Selon les détracteurs du modèle québécois, la social-démocratie québécoise va mener le Québec à la catastrophe économique : une dette publique monstrueuse, un État obèse, tentaculaire et inefficace, une croissance économique anémique, l’explosion des coûts du système de santé public, etc. Croyez-vous que la province a encore le temps de renverser la vapeur et assurer un avenir moins sombre pour les futures générations?
R : Oui, j’en suis convaincu. Il y a de l’espoir mais j’espère que cela ne prendra pas une catastrophe à la sauce grecque pour qu’un virage soit fait. Au Québec, on aurait besoin de politiciens courageux pour expliquer clairement (avec un langage simple) les principes de l’économie de marché et pourquoi il faut réduire la taille de l’État afin de rendre l’économie québécoise plus prospère. Au Québec, il nous faudrait des politiciens avec une boussole idéologique claire et qui savent où ils s’en vont comme l’ont été Margaret Thatcher et Mike Harris.

Philippe Couillard le nouveau chef du PLQ : une grosse erreur

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Par Simon Leduc

Le 4 septembre dernier, les libéraux ont été chassés du pouvoir après neuf années de règne. Jean Charest quitta la vie politique après neuf ans comme premier ministre et quatorze comme chef du PLQ. Donc, pour la première fois depuis 1983, le parti fédéraliste a déclenché une course à la chefferie.
Pendant six mois, trois candidats de qualité se sont affrontés afin de succéder à l’ancien député de Sherbrooke. Cet exercice démocratique s’est déroulé dans l’indifférence totale de la population. Les trois aspirants n’ont pas proposé des idées réformistes qui auraient pu soulever les passions. On s’en est tenu qu’à des principes généraux comme le rapprochement entre l’establishment et la base militante. Cette formation politique centenaire aurait eu besoin d’une véritable remise en question et un débat d’idées mais cela n’a pas eu lieu. Les seules étincelles sont venues du clan Bachand. L’ancien ministre des Finances a attaqué Philippe Couillard sur ses liens d’amitié avec Arthur Porter et de son manque de loyauté envers l’ancien chef.
Ces éléments n’ont pas empêché l’ancien ministre de la santé de remporter une victoire éclatante dès le premier tour avec 58% des voix. Le candidat de l’establishment du parti a terminé loin derrière avec 19%. Les militants n’ont pas dû apprécier les attaques du clan Bachand envers M. Couillard. La famille libérale est unie et elle n’aime pas les chicanes. Cela peut expliquer la déconfiture du député d’Outremont. Donc, Philippe Couillard est le nouveau chef du PLQ. Est-ce que le Parti libéral a fait le bon choix?
Les militants libéraux ont choisi le Docteur Couillard car c’est le seul qui (selon les derniers sondages) peut les ramener rapidement au pouvoir. Je crois fermement que le PLQ a fait une erreur en élisant M. Couillard à la tête de leur parti.
Depuis la nuit des temps, la marque de commerce des libéraux provinciaux a toujours été l’économie. Rappelons nous la promesse de création de 100 000 emplois de Robert Bourassa lors du scrutin de 1973. L’économie a été la priorité de Jean Charest lors de son règne de neuf ans à la tête du Québec. Dans cette course, Raymond Bachand était le candidat de l’économie. Son passé dans le secteur privé (Métro Richelieu) et à la présidence du Fond de solidarité de la FTQ prouve bien l’expertise du député de Outremont en la matière. Malgré tout, le candidat de l’économie a terminé dernier. Philippe Couillard n’a aucune expertise en matière économique. C’est un médecin de formation qui a été très vague sur sa pensée économique lors de la course à la succession de Jean Charest. Cela ne semble pas être la priorité du chef libéral. Lors de sa première intervention comme chef, il a clairement affirmé son désir que le Québec signe la Constitution canadienne en 2017 (le 150e anniversaire de la Confédération canadienne). Est-ce que le dossier constitutionnel est la priorité de Philippe Couillard? Si c’est le cas, il est à des années lumières des préoccupations du Québécois moyen. Les Québécois ne veulent pas entendre parler de constitution. Est-ce que le PLQ a choisi un chef qui est déconnecté de la réalité québécoise? Force est de constater que c’est bien le cas.
Raymond Bachand est un politicien de centre-gauche qui croit que l’État a un rôle à jouer sur le plan économique. Je n’adhère pas aux valeurs et idéaux du député d’Outremont mais l’ensemble de la classe politique préconise cela (à l’exception des conservateurs d’Adrien Pouliot). M. Bachand était le meilleur candidat à cause de son expérience passé aux Finances et de ses compétences économiques. La priorité de celui-ci a toujours été la croissance économique de la Belle province. Sous sa gouverne, le PLQ aurait continué d’être le parti de l’économie. En choisissant Philippe Couillard, le PLQ risque de laisser tout le champ libre à la CAQ de François Legault.
Le nouveau leader libéral ne connaît pas l’économie et il ne semble pas avoir une philosophie en la matière. Les militants du PLQ l’on choisi car selon les sondages, il est le seul qui pourra les ramener rapidement au pouvoir. Les libéraux ont fait une grosse erreur en l’élisant et son désir de rouvrir le débat constitutionnel le prouve bien. En faisant cela, il risque de faire fuir les électeurs qui en ont marre de ce débat stérile (vers la CAQ). Avec M. Bachand comme chef, le PLQ aurait continué d’être le parti de l’économie et il aurait été en mesure de ramener les libéraux déçus qui ont voté pour la CAQ le 4 septembre dernier. Pour conclure, certains disent que Raymond Bachand n’est pas charismatique. Je vais leur répondre en affirmant ceci : je préfère un homme politique expérimenté et compétent qu’un politicien charismatique sans substance et contenu.

Le 8e budget Flaherty

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Par Simon Leduc

Jim Flaherty a présenté son huitième budget à la Chambre des communes. Contrairement à l’an dernier, on n’a pas eu droit à un exercice d’austérité. Le gouvernement conservateur a décidé de ne pas faire des coupes draconiennes dans la fonction publique fédérale. L’agence du Revenu et Pêcheries et Océans devront faire des efforts pour réduire leurs dépenses mais les autres ministères sont épargnés. Le gouvernement fédéral a mis en place une nouvelle politique en matière de formation de la main-d’œuvre qui est nécessaire afin de favoriser la création d’emplois au pays. Il va éliminer graduellement le crédit d’impôt accordé au Fond de solidarité de la FTQ et celui de la CSN. Cette mesure déplait énormément aux syndicats québécois. Est-ce que l’ensemble des Canadiens doit financer ce genre de crédit d’impôt? En tout cas, la question se pose. Le déficit fédéral s’élève à 18 milliards de dollars et les conservateurs gardent le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire en 2015. La base conservatrice du PCC aurait voulu un budget d’austérité et elle va être très critique envers son parti. Le budget conservateur est un bon équilibre entre austérité et création d’emplois. Le gouvernement Harper aurait pu couper plus dans ses dépenses. Mais, un budget trop à droite aurait déplu à son électorat modéré. Stephen Harper a décidé de continuer de gouverner au centre-droit afin de garder l’appui des Red tories de l’Ontario. Ce qui est essentiel à l’obtention d’une autre majorité conservatrice en 2015.
Sans surprise, le gouvernement québécois a virulemment dénoncé les mesures budgétaires du ministre Flaherty. Il y en a deux qui suscitent le mécontentent du gouvernement Marois : la nouvelle politique de la formation de la main-d’œuvre et l’abolition du crédit d’impôt aux fonds de la FTQ et de la CSN. Pauline Marois dénonce cet empiétement dans un champ de compétence provincial et elle ne veut pas se faire imposer ce changement par le fédéral Les trois principales formations politiques (le PQ, le PLQ et la CAQ) sont contre l’élimination du crédit d’impôt fédéral au Fond de solidarité de la FTQ et de la CSN. Cela ne surprendra personne car ceux-ci prônent et défendent un interventionnisme étatique. C’est une autre preuve que la CAQ de M. Legault n’est pas un parti de droite mais bien de centre-gauche. Encore une fois, on a eu droit à la diabolisation du Fédéral de la part de Québec. C’est vraiment business as usual.
Le gouvernement Harper a présenté un budget modéré où il y a un équilibre entre des coupures de dépenses et des politiques de stimulation économique. Cet exercice financier va permettre aux conservateurs de maintenir leur appui auprès des Red Tories de l’Ontario. Sur le plan politique, c’est un bon budget. La bonne nouvelle est le fait que le gouvernement fédéral maintient le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire en 2015. Cela doit demeurer LA PRIORITÉ du gouvernement conservateur pour le reste de son mandat majoritaire.

Les bons terroristes

paul rose

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Par Philippe David

Il a renoncé à l’idée saugrenue de faire un hommage à Paul Rose à l’Assemblée Nationale, mais je suis toujours hors de moi. Je suis toujours sidéré qu’un député de l’Assemblée Nationale ait même pu faire la suggestion que l’Assemblée honore un homme qui était un des responsables de la mort d’un des députés et ministres qui y ont siégé. Un homme qui, jusqu’à sa mort, n’a jamais exprimé de remords. Selon lui, il n’avait rien à se faire pardonner. Ça en dit fichtrement long sur Amir Khadir et cette frange de la gauche québécoise qu’il représente. Une frange qui incorpore un assez haut pourcentage de l’élite intellectuelle gauchiste.

Évaporons, si vous le voulez bien, le petit nuage mystique dont cette gauche nationaliste veut entourer Paul Rose et le FLQ pour y voir le vrai visage. Qu’on se le dise tout de suite, l’objectif des felquistes n’était pas le Québec indépendant dont rêvait René Lévesque et ceux qui l’entouraient. C’est pourquoi Lévesque les a désavoués. Le rêve des felquistes était d’imiter la révolution cubaine et de faire du Québec une Cuba du nord. Ce qu’on doit en dire, c’est qu’heureusement, ils n’ont pas réussi.

Soyons extrêmement clairs : tout usage de la violence et de la terreur à des fins politiques constitue du terrorisme, donc par définition, le FLQ était une organisation terroriste. Alors, qu’est-ce que ça dit de ceux qui, par leur propagande, tentent de faire des héros de ces terroristes? La réponse est qu’un petit terroriste en puissance sommeille en chacun d’eux. Pour le comprendre, il faut examiner quelques-unes de leurs croyances.

Pour vouloir faire de Paul Rose un héros, il faut croire que la fin justifie les moyens. Il faut croire que les actes les plus répréhensibles sont justifiables pour faire avancer leur cause. Que ce soit le meurtre, la prise d’otage ou même d’utiliser des innocents. (On se souviendra que le FLQ a utilisé un jeune de 16 ans pour transporter une de ses bombes et qu’il y a laissé sa vie. Quelle bassesse inouïe!) Cette croyance amène aussi à excuser toute transgression et la justifier généralement dans un discours victimaire. « Il est normal qu’ils aient agit ainsi, ils étaient opprimés.» Ce discours, nous l’avons entendu pour le FLQ, nous l’avons aussi entendu au sujet du conflit Israëlo-Palestinien : il importe peu que le Hamas lancent continuellement des roquettes sur des villes israéliennes, ce sont de pauvres opprimés! Mais si Israël a le culot de se défendre, alors là… On retrouve ces mêmes éléments dans le discours de Québec solidaire sur la violence dans les manifestations étudiantes. Encore là on dépeint les casseurs comme de pauvres victimes de brutalité policière.

Il faut aussi croire que les droits collectifs sont plus importants que les droits individuels. La grande majorité des gauchistes vous diront qu’il est justifiable de faire entorse aux droits d’un individu pour le bien du plus grand nombre. Ceci peut paraître raisonnable, jusqu’à ce qu’on pousse la logique à son extrême. Car si on laisse le loup entrer dans la bergerie et qu’on permet de violer le droit d’un individu, où trace-t-on la ligne de ce qui est acceptable. Si on peut violer un de ses droits, combien d’autres droits peut-on se permettre de lui enlever? Deux? Dix? Le droit de libre expression? De libre-association? De propriété? Le droit à la vie peut-être? J’ai le regret de vous dire que dans notre social-démocratie, sauf pour le droit à la vie, le reste des droits individuels que je viens de nommer sont déjà mal amochés. Mais si on continue à suivre cette voie et qu’on y ajoute l’idée que la fin justifie les moyens, est-il si farfelu de penser que même une vie humaine peut-être sacrifiée pour ce qu’on conçoit comme étant le bien du plus grand nombre? Et si une vie peut être sacrifiée, alors dix, cent, mille n’est qu’une question de statistiques.

Si les gens comme Khadir étaient capables d’un tant soit peu d’introspection, ils reconnaitraient que le bien collectif passe par le bien de chaque individu et non de certains individus au détriment des autres, mais de par l’histoire du XXe siècle, je ne crois pas qu’ils en soient capables. La tentative de béatification de Paul Rose en est une preuve.

En guise de conclusion, je me permettrai ici une petite flèche à Mathieu Bock-Côté qui, il n’y a pas très longtemps, traitait les libertariens de « marxistes de droite ». Bien que la conception du monde par les libertariens peut être vue par certains comme utopique, aucun libertarien ne considérerait l’usage de la violence comme un moyen légitime d’y parvenir, contrairement aux marxistes qui n’hésitent pas un seul instant à sacrifier des vies humaines à leur cause. C’est pourquoi une telle comparaison, pour un libertarien, est la pire des insultes.

Penser la Journée de la femme . . différemment!

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Par Arielle Grenier

Qu’est-ce que la Journée de la femme? Chaque année, les groupes d’intérêts et les médias ciblent cette journée et l’orientent en fonction du contexte politique. Je me souviens notamment de l’année dernière, alors que la crise étudiante commençait, les femmes défilaient dans les rues avec leurs carrés rouges pour manifester contre la hausse des frais de scolarité. De grâce, mesdames, sortez de la thèse de l’accident historique ou du péché originel/contrat sexuel de Carole Pateman! Plusieurs y voient le symbole d’une journée où les femmes sont mises de l’avant, où l’on reconnaît que leur position n’a pas toujours été facile. Je suis d’accord et salue ces femmes qui se sont battues pour le droit de vote et l’accès à l’enseignement supérieur. J’y vois une journée où l’on reconnaît publiquement la notion de droits naturels aux femmes. J’y vois également une journée où l’on souligne une longue tradition de la réelle liberté.

Vers 1730 avant Jésus Christ, le Code d’Hammourabi fut rédigé sur l’initiative du roi Hammourabi de Babylone.[1] Il est beaucoup plus associé à la jurisprudence de la Common Law puisqu’il explique et dresse la liste des décisions de justice du roi. Le Code d’Hammourabi fut gravé sur une stèle de 2,25 mètres de hauteur, était placé dans le temple de Sippar, mais plusieurs répliques furent érigées à travers le royaume afin de créer une culture homogène. Le Code d’Hammourabi de Babylone comprenait différents articles qui fixaient les règles de la vie courante. Notamment, on y retrouvait une hiérarchisation de haut en bas des différentes classes de la société, soit, les hommes libres, les subalternes et les esclaves. Toutefois, la visée ultime du Code d’Hammourabi était de « détruire les mauvais et les violents » et d’empêcher les forts d’opprimer les faibles.[2] Sur un principe d’égalité, de protection des faibles, il s’agit du premier pas historique du principe de non-agression voulant qu’aucun individu ni groupe d’individus n’ait le droit d’agresser quelqu’un en portant atteinte à sa personne ou à sa propriété.

 

Dans la démocratie grecque, bien qu’il y avait une égalité entre les citoyens, l’ostracisme était voté anonymement provoquant une exclusion des esclaves, des femmes, des handicapés et des métèques de la vie politique. Il est important de souligner que le bien ultime ou suprême pour Aristote c’est le bonheur, et ce bonheur n’est pas collectif, mais bien individuel. Il notait dans Les Politiques qu’il « est plus approprié que la loi gouverne que n’importe quel citoyen » et que les gouvernants « ne doivent être élus que comme gardiens et serviteurs de la loi ».[3] C’est avec Francisco de Vitoria, érudit du XVIe siècle, que l’esclavage des Indiens du Nouveau Monde prit fin grâce aux notions d’individualisme et de droit naturel. C’est avec ses collèges que fut mise au point « la doctrine du droit naturel dans des domaines tels que la propriété privée, le bénéfice, l’intérêt et la fiscalité ; leurs œuvres ont influencé Hugo Grotius, Samuel Pufendorf et, à travers eux, Adam Smith et ses élèves écossais. » Locke, philosophe anglais du 17e siècle, établit les principes de l’état de nature, état de parfaite liberté et d’égalité, de droits naturels et de contrat social. Le Second Traité du Gouvernement, publié en 1690, pose comme conclusion que les hommes ont des droits antérieurs à l’existence d’un gouvernement, puisqu’ils existent naturellement. Pour être juste, le gouvernement a le devoir de protéger la vie, les libertés et les propriétés de ses citoyens. La philosophie des droits naturels, la primauté du droit et le droit à la révolution furent accueillis par les Anglais qui se méfiaient de toutes les formes de gouvernement. Pour assurer une société juste, Aristote ne définit pas a priori ce que devrait être une Cité parfaite, comme le fait son maître Platon dans La République. Dès lors, il considère que les hommes ne peuvent se suffire à eux-mêmes et se dotent d’une organisation politique pour assurer le bien-être des hommes en communauté.[4] Les hommes, naturellement, sont portés à s’associer non pas seulement pour survivre, mais par désir d’être heureux. Plus loin, dans La politique tome III, Aristote dira que la finalité ou le but de la cité est la vie heureuse.[5] Or, le bonheur n’est possible que dans un État, oui, mais dans un État où les citoyens sont vertueux. D’où le fait que l’éthique (de la vertu) soit indissociable de la politique, du moins chez Aristote. À l’époque moderne, on laissera tomber complètement la notion fondamentale de vertu, pour celle des « droits ». Thomas Hobbes, grand adversaire d’Aristote, comme tous les penseurs modernes, rejettera l’éthique de la vertu d’Aristote et introduira la notion de droit.

 

Selon Friedrich Hayek, philosophe et économiste de l’École autrichienne du XXe siècle, c’est sous la Rome antique qu’apparaît le premier système de droit privé. Les Lois des XII Tables constituaient les fondements de la liberté romaine stipulant que nul privilège ne pouvait être accordé en faveur des personnes déterminées allant à l’encontre du droit commun à tous les citoyens.[6] On Liberty d’Hayek est l’un de textes les plus influents de libéralisme au XXsiècle dans lequel l’auteur pose le principe de liberté comme élément central d’une société. Il retrace l’historique de l’État de droit depuis l’idéal grec jusqu’au XVIIIe siècle anglais. C’est à cette époque que le concept d’État de droit fut pris en charge et développé par les intellectuels du jeune État américain.[7]

La place des femmes?

Le mouvement féministe a initialement eu le rôle de garantir aux femmes le respect de leurs droits naturels. Cet objectif est tout à leur honneur. Les femmes autant que les hommes ont le droit de vivre leur vie comme ils l’entendent, de voter en leur âme et conscience, de travailler où ils le désirent. En ce sens, je remercie le mouvement féministe défendu par des hommes et des femmes pour libérer la femme de son rôle de minorité publique.

À la session passée, plusieurs étudiants assistaient à une conférence intitulée « l’exclusion des minorités » présentée par une jeune féministe. Elle nous présentait plusieurs théories expliquant l’exclusion des femmes dans la vie politique. La question de la représentation des femmes s’imposa donc naturellement. Qu’elle est la place de la femme dans la société? « Qu’est-ce qu’une bonne et juste représentation démocratique? » Ce qui m’a frappée de cette séance, c’est la présentation que l’on y a faite du contrat social. Je trouve étrange qu’une théorie féministe émerge en critiquant John Locke. Alors que les hommes décident de se doter d’un contrat social entre eux, Carole Pateman notait dans The Sexual Contract que les femmes survivaient et dépendaient d’une soumission à une autorité commune. Ce contrat aux allures patriarcales comprend un vice : l’ordre naturel implique la soumission des femmes aux hommes et celles-ci ne peuvent participer au contrat social, puisqu’elles sont soumises à l’autorité de leur mari. Le contrat social devient donc une division entre les sphères publiques (masculine) et privées (féminine) qui exclura les femmes de la sphère politique.

Je n’accuse pas toutes les féministes d’aujourd’hui d’adhérer à cette théorie. Par contre, je trouve comique et même ironique que cette théorie se voulant libératrice ne puisse être appliquée aux problèmes sociaux actuels. Alors que tous ont « signé » ce contrat social visant une meilleure vie commune, comment ces femmes ne peuvent-elles pas comprendre que ce même contrat lie de force certains groupes à l’État contre leur volonté? Pire encore, comment peuvent-elles utiliser ce même contrat social de 21e siècle pour justifier la mise en place de quotas de représentation de femmes dans des conseils d’administration ou dans certains domaines d’études? Est-ce que l’objet que l’on combattait il y a 50 ans est devenu l’outil démocratique actuel? En d’autres termes, lorsque l’on impose des quotas de représentation des femmes dans certains partis politiques, ne faisons-nous pas la même chose que l’on reprochait autrefois aux hommes?

Je vous laisse sur une citation d’une femme que j’admire plus que tout. Ayn Rand, cette journée est également tienne. Merci de nous rappeler que la liberté n’a pas de sexe, qu’elle existe et ne peut être honnêtement atteinte par des mesures privilégiant artificiellement un groupe à un autre.

« Individual rights are not subject to a public vote; a majority has no right to vote away the rights of a minority; the political function of rights is precisely to protect minorities from oppression by majorities (and the smallest minority on earth is the individual). »

 


[1] LEVIN. Leah, Droits de l’homme : questions et réponses, Éditions UNESCO, 1981, p.22

[2] Ibid.

[3] ARISTOTE, Les Politiques, III, 1287a, Garnier Flammarion, 1993, p.267

[4] MONIÈRE, Denis et Jean HERMAN GUAY. Introduction aux théories politiques, Montréal, Québec/Amérique, 1987, p.27

[5] ARISTOTE, La Politique, tome III, Université de Harvard , 1837, p.19

[6] DE SALLE, Corentin. La tradition de la Liberté, Forum Libéral Européen, p.247

[7] Ibid. p.246

Fier d’être libertarien

Bock-Cote

Bock-Cote

Par Philippe David

M. le juge, messieurs et dames du jury, je me tiens ici devant vous, accusé d’utopisme et de sectarisme. Les intentions de mon accusateur, Mathieu Bock-Coté, sont évidentes. Pour un ultra-nationaliste dont le vœu le plus cher est de faire du Québec un pays, quoi de plus dangereux que quelqu’un qui rejette le concept même d’un « pays »? Pour M. Bock-Côté, mes pairs et moi ne sont ni plus ni moins que des hérétiques. Mon plaidoyer sera simple. Ce sera à vous d’en juger le mérite.

De ses accusations, aussi caricaturales soient-elles, je ne compte pas vraiment me défendre. Je suis coupable de croire que l’état n’est pas la solution à tous nos problèmes. Je suis même coupable de croire que dans la plupart des cas, l’état EST le problème. Je suis aussi coupable de croire, comme bien d’autres avant moi, que si nous renoncions individuellement à agresser ou piller nos voisins, nous vivrions dans un monde meilleur. Seulement, je n’impose cette croyance qu’à moi-même et je vous laisse le choix d’y adhérer ou non selon votre conscience. Ne comptez pas sur moi pour vous forcer à faire quoi que ce soit qui vous déplaît. C’est contre mes principes. Je crois également qu’on obtient de meilleurs résultats à travers la coopération volontaire que la coercition. Que ce soit pour bâtir une maison, ou bâtir une société. Je crois que les gens travaillent mieux quand ils n’ont pas un fusil collé à la tempe ou une épée de Damoclès au-dessus de la tête, pas vous?

Le culte de l’État

Pour Mathieu Bock-Côté, hors de l’état, point de société. Cette fausse croyance est l’évidence même que l’étatisme est une religion. Pensez-y. Vous ne vous êtes pas levé un matin, pesé le pour et le contre après avoir étudié une documentation neutre, et ainsi décidé que l’état était un bienfait pour la société. On vous a plutôt, dès votre plus jeune âge, enseigné que sans l’état, rien de ce qui existe autour de vous ne serait là si ce n’était pas de la présence de l’état. Vous lui devez tout! Sans lui, vous ne seriez pas capable de fonctionner. Sans lui, vous ne pourriez pas possiblement bénéficier d’une éducation. Sans lui, vous ne pourriez obtenir un emploi (car, voyez-vous, si l’économie va bien, c’est toujours grâce à l’état. Si elle va mal, c’est toujours la faute de ces cupides capitalistes.) Sans l’état, vous ne pourriez avoir accès à des soins de santé, ou des garderies. On ne pourrait absolument pas faire confiance à personne pour nous vendre de l’alcool, ou gérer nos casinos et loteries, ou nos ressources électriques. Sans lui, vous ne pourriez pas possiblement assurer votre propre retraite.

Par conséquent, vous dira-t-on, vous êtes un être égoïste et immoral, si vous refusez de faire votre part et payer vos impôts, même si on sait pertinemment que ce que nous payons se retrouve rarement dans les mains de ceux qui en ont vraiment besoin, mais que ceux qui sont près du pouvoir, eux, ne cessent d’engraisser.

Bien sûr, on vous enseigne également qu’il est immoral de tuer ou voler, sauf si c’est au nom de l’état. L’histoire du XXe siècle en est une preuve flagrante, alors que les états se sont avéré les plus grands meurtriers de l’histoire. Pourtant, pour les étatistes, sans l’état, ce serait le chaos et le darwinisme social. Je vous soumets que le nombre de crimes commis au nom de l’état excèdent de loin ceux commis au nom de la cupidité et du gain personnel. Et si vous croyez que ces crimes de démocide ne sont le fait de dictateurs fous, considérez combien d’innocents sont présentement fauchés au Pakistan et au Yémen, avec l’aide de drones téléguidés, par un gouvernement pourtant considéré par plusieurs comme un grand défenseur de la liberté dans le monde. Considérez également que même des états considérés comme « civilisés » ont sanctionné et même institutionnalisé l’esclavage.

Le concept d’état-religion n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les pharaons d’Égypte étaient considérés comme l’incarnation des dieux sur terre et depuis César Auguste, on vouait un culte aux empereurs romains jusqu’à la désintégration de cet empire. À combien d’autre hommes d’état a-t-on voué un culte de personnalité depuis? Aujourd’hui, on est plus subtils dans nos méthodes, mais l’idée de fond n’a guère changé. Nos livres d’Histoire font des idoles de ceux qui agrandissent le pouvoir de l’état et diabolisent ceux qui s’y opposent. C’est d’ailleurs pourquoi la période de l’Histoire du Québec où l’état a connu sa plus grande expansion est claironnée sous le nom de « Révolution tranquille », alors que la période précédente s’est vu attibué le nom peu flatteur de « Grande noirceur ». Heureusement qu’il existe des gens téméraires qui s’efforcent à déboulonner ces mythes.

Coupable et fier de l’être

L’État ce n’est pas la raison ni l’éloquence, c’est la force. Comme le feu, c’est un serviteur inquiétant et un maitre effroyable, dixit George Washinton, qui serait bien attristé par ce que le pays qu’il a fondé est devenu. Partout au monde, nous commençons à constater les limites de l’étatisme. Les États occidentaux croulent sous les dettes et craquent de partout. Au Québec, rien n’est jamais résolu, peu importe quel parti est au pouvoir. Des gens comme Mathieu Bock-Côté se désolent souvent du cynisme qui règne depuis quelques années et ils se demandent souvent pourquoi c’est ainsi. Pourtant, les raisons devraient être évidentes et c’est pourquoi le libertarianisme commence à faire surface. De plus en plus de gens perdent la Foi en l’état, comme ils ont naguère perdu la Foi en l’Église Catholique. Le modèle étatiste est désuet. Depuis la nuit des temps, nous avons toujours accordé à l’état le monopole de l’utilisation de la force et ses dirigeants s’en sont servis pour nous piller et s’enrichir à nos dépens. Peut-être nous faudrait-il un autre projet de société?

C’est faux de dire que les libertariens croient avoir la solution à tout. Nous n’avons pas cette prétention. C’est aussi faux de prétendre que ce que nous recherchons c’est la liberté à tout crin. La liberté ne peut pas exister pour tous sans responsabilité personnelle. Nous ne sont vraiment libres que dans la mesure où nous respectons la liberté des autres également. Nous croyons aussi qu’un jour, le genre humain sera capable de coopérer et coexister sans avoir un état pour nous y forcer. Ce sera sans doute dans un lointain futur quand nous aurons acquis plus de sagesse. Nous n’avons aucune illusion de voir ce genre de société émerger demain, mais rien ne nous empêchera d’y rêver et d’y travailler. Mais contrairement aux marxistes et autres étatistes, nous n’utiliserons jamais la force pour imposer nos dictats, notre seule arme ne sera jamais que la persuasion. Si jamais un jour nous vivons dans un monde de volontarisme, ce sera quand tout le monde en sera venu à la constatation que les mots « État » et « Société » ne sont pas synonyme. Si croire en cela est un crime, alors je suis coupable et fier de l’être.

 

Comment argumenter contre le contrôle des armes sans passer pour un fou furieux

piers_morgan

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Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé depuis ce massacre dans une école au Connecticut, même de ce côté de la frontière. Notre première ministre n’a d’ailleurs pas perdu de temps à récupérer cet évènement à des fins partisanes, même s’il existait déjà un registre des armes à feu au Connecticut et que ça n’a rien fait pour prévenir ce triste évènement. Plus récemment, le polémiste Alex Jones a fait un passage remarqué à l’émission de Piers Morgan sur la chaine CNN. Jones était fin prêt à remettre Piers Morgan, reconnu pour ses tactiques de brute de cour d’école, à sa place, mais la faiblesse de ses propres arguments l’ont plutôt couvert de ridicule. Cependant, il existe plein d’arguments valides pour défendre la liberté de possession d’armes à feu qu’on peut utiliser sans passer pour un fou furieux comme Alex Jones.

Piers Morgan

Piers Morgan est un partisan convaincu du contrôle des armes et il accepte difficilement qu’on le contrarie dans ses convictions. C’est d’ailleurs un trait typique des gauchistes. Il n’est pas intéressé à avoir un débat rationnel, il est juste intéressé à diaboliser son adversaire. Nulle part est-ce plus évident que lors de son entrevue avec Larry Pratt, qu’il a couvert d’insultes. Mais si l’entrevue d’Alex Jones a été largement médiatisée, celle de Pratt est passée inaperçue. Pour les médias, majoritairement de gauche, qu’un des leurs fasse de l’intimidation est parfaitement normal, mais qu’un redneck républicain le fasse est une toute autre paire de manches. Mais malheureusement, les arguments de Jones étaient trop mal ficelés et il est devenu un embarras à sa cause. Voici plutôt la façon qu’il aurait dû argumenter avec quelqu’un comme Morgan.

Les guerres de chiffres

Piers Morgan aime beaucoup citer sa mère patrie en exemple en citant le nombre d’homicides par arme à feu et en le comparant avec celui des américains (il n’est pas le seul à le faire d’ailleurs). Or sa comparaison fait fi du fait que les États-Unis est un pays six fois plus populeux que la Grande-Bretagne. Dans les faits, 14 états américains ont moins d’homicides par armes à feu que la Grande-Bretagne et sur ces 14, un seul état a des restrictions sur les armes à feu (Hawaï). De toutes les juridictions américaines, le District de Columbia est la juridiction avec le plus haut taux de meurtres par arme-à feu et le plus haut taux de crimes violents. C’est aussi celle avec la règlementation la plus stricte sur les armes à feu. C’est fou comme c’est facile de faire un argument en faisant du cherry-picking. Cependant c’est un peu plus ardu quand on veut maintenir une certaine dose d’honnêteté intellectuelle. Oui, la Grande-Bretagne a un taux d’homicides par arme à feu beaucoup moindre que les États-Unis, mais en revanche, elle a aussi un taux de crimes violents 4 fois supérieur aux États-Unis. Peut-on affirmer que la Grande-Bretagne est moins violente que les États-Unis? En fait, pratiquement tous les autres pays normalement cités par les partisans du contrôle des armes, le Canada, la France, l’Allemagne, etc. ont des taux de crimes violents plus élevés que les États-Unis. Vous me direz que personne n’est mort de ces crimes, mais pour une femme d’être traumatisée à vie par un viol est-il beaucoup plus préférable? Surtout si les probabilités que ça lui arrive sont décuplées parce qu’elle ne peut pas s’armer pour se défendre et que les criminels le savent. Donc, si vous vivez dans ces pays, vous avez plus de chance d’être volé, violé, battu ou même blessé par toute sorte d’armes, qu’aux États-Unis.

Moins d’armes à feu = moins de meurtres = raccourci intellectuel

Les États-Unis comptent pour moins de 5% de la population mondiale, mais on y trouve entre 30% et 50% des armes privées au monde. 88.8 armes à feu par 100 000 habitants, pourtant leur taux d’homicides de 2.97 par 100 000 habitants n’est même pas proche de se classer premier au monde. Ils sont au 28e rang et de tous les pays qui le précèdent à ce classement, aucun ne figure ne serait-ce dans le top 25 du taux de possession d’armes. Le Honduras remporte la palme avec un taux d’homicides par arme à feu de 68.43 et un taux de possession d’arme de seulement 6.2 (égal à la Grande-Bretagne). Pourtant la Suisse, 3e au monde dans le taux de possession d’armes (45.7) a un taux d’homicides par arme à feu relativement faible de 0.77. Incidemment, le Canada se classe 13e au chapitre de la possession d’arme à feu (30.8/100 000) et son taux d’homicides par arme à feu est 0.51. Si on a le moindrement de rigueur intellectuelle, on doit forcément conclure qu’il est impossible de prouver une corrélation entre le nombre d’armes à feu et le nombre de meurtres par arme à feu.

Une définition brumeuse

On voit souvent Piers Morgan, dans ses entrevues, marteler le fait que les récentes fusillades ont presque toutes été faites avec la carabine AR-15. En fait, tout le débat aux États-Unis tourne autour des soi-disant « armes d’assaut ». Le Président Obama demande maintenant au Congrès de produire une loi pour bannir ce type d’arme. Cependant, il n’y a pas de définition claire de ce qu’est une « arme d’assaut ». L’AR-15, par exemple est une arme semi-automatique construite pour ressembler à une M4A1 militaire, mais ce n’est pas une carabine d’assaut. La M4A1 peut , en touchant un commutateur, passer de mode semi-automatique à complètement automatique. C’est quoi la différence? En mode automatique, une telle arme va tirer tant qu’on appuie la détente et peut tirer jusqu’à 950 balles à la minute, ce qui viderait un chargeur de 30 balles en quelques secondes. C’est effectivement une mitraillette et ce type d’arme est déjà banni, même aux États-Unis. Une arme semi-automatique ne tire qu’une seule balle lorsque la détente est appuyée et le mécanisme éjecte automatiquement la cartouche et en charge une nouvelle dans la chambre automatiquement. Dépendamment de l’agilité du tireur, ce genre d’arme ne peut tirer que 45 à 60 balles à la minute. Beaucoup moins que la version militaire et la même vitesse de tir que toutes les armes de chasse semi-automatiques et la plupart des armes de poing (qui sont également semi-automatiques). Quelle différence y a-t-il entre une soi-disant « arme d’assaut » et une carabine de chasse semi-automatique? Seulement des détails cosmétiques : un appui d’épaule ajustable ou escamotable, une poignée pistolet et un éliminateur de flash. Rien qui ne rende cette arme plus létale. Seule leur apparence permet de les confondre à des armes militaires. Pourquoi voudrait-on avoir de telles armes? La plupart des amateurs d’armes à feu trouvent leur allure militaire plutôt cool, mais au-delà des détails cosmétiques, elles sont faciles à manier et ont un faible recul, ce qui en fait des armes idéales pour le tir sportif, l’auto-défense ou la chasse au gros gibier.

Et le second amendement?

L’esprit du second amendement est de permettre aux citoyens de s’armer afin de pouvoir former une milice. Ce genre de mesure peut servir aussi bien contre un envahisseur qu’un gouvernement tyrannique. Et si vous croyez que le gouvernement des États-Unis ne peut pas possiblement devenir tyrannique, renseignez-vous au sujet de la section 1021 du National Defense Authorization Act qui a été votée récemment au Congrès et qui donne le pouvoir d’arrestation et détention illimitée sans procès à l’armée, sous les ordres du Président.

Une mesure futile

Selon une étude du département de la justice américain, les armes dites d’assaut sont statistiquement responsables d’environ 2% des crimes commis avec une arme à feu. Les bannir aura-t-il vraiment un effet sur le taux d’homicides commis avec des armes à feu? Apparemment, non. De 1994 à 2004, ces armes furent bannies et la capacité des magasins fût limitée à 10 cartouches. En 1999, Eric Harris a ouvert le feu sur les étudiants de l’école secondaire de Columbine avec une carabine de chasse semi-automatique munie d’un magasin de 10 coups. Pas moins de 13 magasins furent retrouvés et Harris a tiré un total de 98 balles avant de s’enlever la vie. La limite de capacité des magasins ne freine en rien les tueurs qui ne font qu’apporter un plus grand nombre de magasins. Changer de magasin ne prend que quelques secondes. Dans le cas des tueries de Tuscon et Virginia Tech, Loughner et Cho n’ont utilisé que des armes de poing. Cho avait avec lui 19 magasins à 10 coups et il en a vidé 17 avant de s’enlever la vie également. Comme vous pouvez le constater, bannir les soi-disant armes d’assaut ou limiter la capacité des magasins sont des mesures d’une futilité extrême pour réduire le nombre de meurtres par arme à feu, mais elles donnent bonne conscience aux politiciens et autres supporteurs du contrôle des armes.

Pas si bête, la NRA

Lorsque la NRA a suggéré de placer des gardes armés dans les écoles, j’ai vu beaucoup de commentaires du genre : « Ben oui! On va régler un problème causé par trop d’armes avec plus d’armes! » D’abord, comme je l’ai démontré plus haut, il est loin d’être prouvé que le problème est causé par un surplus d’armes. D’autres pays ont des taux d’homicide bien pire que les États-Unis tout en ayant des taux de possession d’armes comparable à la Grande-Bretagne. Secundo, ce genre de commentaire plutôt crasse présuppose qu’une arme dans les mains d’un garde armé ou même dans les mains d’un enseignant équivaut une arme dans les mains d’un tueur fou ou d’un criminel. C’est plutôt stupide comme affirmation. C’est un peu comme dire que l’arme a une volonté propre, indépendante de qui la manie. Toujours est-il que si Kimveer Gill a fait si peu de victimes au Collège Dawson, c’est probablement parce qu’il y avait un policier du SPM sur les lieux, ce qui a grandement accéléré le temps d’intervention. Les victimes des deux autres massacres montréalais et celles de Virginia Tech et Sandy Hook n’ont pas eu cette chance.

Quoi faire alors?

Si les américains voulaient vraiment réduire leur taux d’homicides par arme à feu, ils devraient commencer par abandonner leur stupide guerre contre la drogue. La grande majorité des meurtres chez nos voisins, sont attribuables au monde du crime organisé. Pour le reste, un meilleur dépistage des maladies mentales pourrait certainement aider. Mais attendez-vous à ce que ces solutions soient rejetées. Ceux qui comme Piers Morgan, claironnent pour le contrôle des armes à feu ne sont pas intéressés à débattre pour trouver des solutions réelles et efficaces. Ils ne sont intéressés qu’à imposer leur propre vision, par la force de préférence.

Références

http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2012/jul/22/gun-homicides-ownership-world-list

http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2011/jan/10/gun-crime-us-state

http://www.sas.upenn.edu/jerrylee/research/aw_final2004.pdf

Vive la variété!

rmartineautlmep

rmartineautlmep

Par Philippe David

Je me dois de réagir à la dernière chronique de Richard Martineau. Depuis quelques années j’ai remarqué une tendance très libérale dans les écrits de Richard Martineau, mais il y a des fois ou son vieux jupon étatiste/collectiviste recommence à dépasser. C’est certainement le cas lorsqu’il se plaint qu’on commence à avoir trop de choix dans l’offre politique.

J’aimerais bien voir M. Martineau poser la question à Adrien Pouliot, à savoir s’il y a vraiment trop de partis politiques. Connaissant M. Pouliot, je suis certain qu’il lui répondrait qu’au contraire, il y a un manque effroyable de concurrence d’idées au Québec et c’est certainement pour ça que nous sommes dans le pétrin. La raison pourquoi les partis politiques semblent se multiplier dernièrement est justement parce que l’offre politique actuelle ne répond pas à la demande.

Bonnet blanc, blanc bonnet

Depuis 1976 le PQ et le PLQ s’échangent le pouvoir. La seule différence entre ces deux partis s’inscrit au niveau de nos relations avec le reste du Canada, mais au niveau de la gouvernance, ces deux partis ont tendance à gouverner au centre-gauche. Ils ont tous deux à leur tour multiplié les programmes sociaux coûteux et augmenté l’endettement de la province. Depuis la confédération les partis politiques apparaissent et disparaissent et se succèdent. Sortie coté court le Parti Conservateur, entrée côté jardin l’Union Nationale et le Crédit Social. Bonjour le PQ, bonsoir l’Union Nationale. Bye bye Crédit Social et allo Québec Solidaire et l’ADQ. Au revoir ADQ et bonjour la CAQ, le Parti Conservateur et l’Équipe Autonomiste et tous les nouveaux groupuscules de souverainistes impatients d’attendre que le PQ se décide à faire un référendum. Bref, la politique est toujours en ébullition et c’est une bonne chose. Le bipartisme est une recette pour la stagnation, ça commence à être évident aux États-Unis.

La dynamique de marché

Richard Martineau compare le marché politique au marché des jeans et des confitures, ce qui demeure une bonne comparaison, mais il tire les mauvaises conclusions. Il croit que trop choix sème la confusion. C’est parce qu’il refuse de considérer l’évolution du marché à long-terme et ne se limite qu’à un horizon très court. Trop de partis politiques sèment la confusion et incitent les voteurs à rester chez eux, vraiment? Que dire de l’effet quand il n’y en a pas assez? Qu’arrive-t-il quand tu ne sais pas où mettre ton X parce qu’aucun parti ne partage notre vision? Les 700 000 qui se sont abstenus de voter en 2008 l’ont-ils fait parce qu’ils avaient trop de choix ou parce qu’ils ont été déçus par l’ADQ et ne se reconnaissaient dans aucun autre parti? Lequel des quatre principaux partis au Québec(PQ, PLQ, QS et CAQ) propose un vrai changement au Québec? QS? Ils propose les mêmes recettes socialistes que nous suivons depuis 50 ans, mais poussé à l’extrême. Le PQ? Ils ont bien réduit les dépenses et la dette pendant les années ’90, mais ils ont tôt fait de recommencer à dépenser comme des marins en permission une fois qu’ils ont atteint le « déficit zéro » et ils ont évacué tous ceux qui ont travaillé à réduire le déficit. Depuis une décennie, le PQ ressemble de plus en plus à QS. Le PLQ? Faites-moi rire? La CAQ? Qu’ont-ils proposé de vraiment différent? Même chose pour les fervent de la souveraineté. Le PQ et QS ne sont pas trop pressés d’entamer des démarches pour faire la souveraineté, alors on voit des partis apparaitre comme Option Nationale, qui proposent de faire ce que le PQ et QS hésitent à faire. S’il y a 30 sortes de paires de jeans, c’est que les consommateurs réclament une telle sélection. Si un modèle se vend moins bien que les autres, il sera retiré. Même chose pour les partis politiques. Si un parti n’attire plus les gens, il mourra éventuellement. Si par contre on découvre qu’une certaine clientèle n’est pas desservie par aucun parti politique, c’est peut-être qu’on devrait en fonder un. Si on veut un jour que ça change, il faut laisser les gens mettre leurs idées de l’avant et laisser les électeurs décider ce qui leur convient.

Qui sait? Peut-être qu’un jour le Parti Conservateur du Québec supplantera le Parti Libéral ou le PQ. Mais avant que ça puisse arriver, il faut bien commencer en quelque part! Et même s’il n’arrive jamais à supplanter les gros partis, considérez que le Parti Vert a réussi depuis une vingtaine d’années, à imposer des éléments de son programme aux autres partis sans jamais élire un député. Ces petits partis sont donc essentiels au progrès du débat public. S’il y en a tant présentement c’est justement parce que le Québec a désespérément besoin de faire un gros brassage d’idées. Alors moi je dis « vive la variété! »

 

Adrien Pouliot briguera la chefferie du Parti Conservateur du Québec

Adrien Pouliot

Adrien Pouliot

Par Philippe David

Dans un point de presse cet après-midi, l’homme d’affaire Adrien Pouliot a annoncé qu’il se lançait en politique en posant sa candidature à la chefferie du Parti Conservateur du Québec. Après avoir considéré se lancer dans la course au leadership du Parti Libéral, M. Pouliot a préféré rejoindre un parti qu’il considère plus près de ses idées.

Le Parti Conservateur du Québec est rené de ses cendres il y a un an des suites de la fusion entre l’ADQ et la CAQ. Ce parti cherche à rallier les anciens adéquistes déçus et autres orphelins de la droite québécoise.

Adepte du libéralisme classique et homme d’affaire accompli, Adrien Pouliot amènera sans aucun doute un vent de fraicheur à la scène politique québécoise. Je lui souhaite bonne chance!

 

Les brigands à plumes rouges

idle no more

idle no more

 

Par Philippe David

On dit souvent de l’aide internationale que c’est l’acte de piller les pauvres des pays riches pour donner aux riches des pays pauvres. On voit de nombreux exemples de pays du tiers-monde où on envoie des milliards en aide humanitaire sans jamais soulager les pauvres de ce pays un iota. La même chose existe dans les réserves autochtones ici au Canada où le gouvernement fédéral engloutit des centaines de millions de dollars annuellement pour que des chefs et des conseillers de bande se paient des salaires princiers pendant que certains des membres ordinaires de la tribu n’ont même pas accès aux commodités les plus élémentaires comme l’électricité et l’eau courante.

C’est le cas, notamment, de la réserve d’Attawapiskat. Sa cheffe, Theresa Spence, fait présentement une grève de la faim qui a engendré un mouvement appelé « Idle no more ». Sa seule et unique revendication : une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, qu’elle refuse maintenant de rencontrer sans la présence du Gouverneur Général. Passons sur l’absurdité de cette dernière requête alors que nous savons tous que la constitution canadienne ne confère aucun pouvoir décisionnel au Gouverneur Générale en matière de politique publique et que par conséquent, il n’aurait absolument aucun rôle à jouer dans des négociations avec les premières nations. Parlons plutôt de Mme Spence.

Vous appelez ça une grève de la faim?

Commençons par le fait qu’après un mois de soi-disant « grève de la faim », elle ne semble pas trop mal en point. De sa propre admission, elle se nourrit de bouillon de poisson. Celui-ci doit être plutôt riche en gras pour permettre à Mme Spence de maintenir son gabarit. On s’imaginerait qu’une personne de sa corpulence aurait au moins un peu fondu si sa grêve de la faim avait été sérieuse, non? En tout cas, tant qu’elle maintient sa ligne, il est difficile de croire qu’elle se laisse mourir, comme certains cœurs tendres voudraient vous faire croire. Mais il y a pire.

Des médias aveugles

Depuis plusieurs semaines, Ezra Levant de Sun News tentait d’attirer l’attention sur la gestion d’Attawapiskat par Mme Spence. En effet, depuis 2005, le gouvernement fédéral y a engloutit plus de $100 millions dans cette réserve de 1500 habitants, soit environ $52 000 pour chaque homme, femme et enfant, et en plus, la mine voisine de DeBeers a également attribué plus de $300 millions en contrats à des fournisseurs de la réserve, en plus d’employer 100 de ses résidents. Avec tout cet influx de capitaux dans un si petit village, on s’imaginerait que tous ses habitants vivent une vie aisée, mais 25 familles sur les 300 qui y habitent n’ont ni eau courante, ni électricité. Comment est-ce possible? Depuis le début de cette affaire, Levant pointe du doigt la gestion de la réserve par Theresa Spence et son conjoint, Clayton Kennedy, qui sont grassement payés, hors de toute proportion avec la population du village qu’ils ont à gérer. À eux deux, ils font $350 000 par année, exempt d’impôt. Pour vous donner une petite idée des proportions, le maire de Montréal, qui compte 100 000 fois plus d’habitants (à peu de choses près), gagne un salaire de l’ordre de $156 000 et je suis plutôt certain qu’il paie de l’impôt et des taxes là-dessus. Pendant tout ce temps, seul Levant et Sun News rapportaient ces faits et on les traitait littéralement d’emmerdeurs.

Incompétence ou fraude généralisée?

Récemment, un rapport indépendant de vérification des comptes d’Attawapiskat compilé par la firme Deloitte et Touche a été rendu public, confirmant tout ce que Sun News rapportait et même plus. On y apprend par exemple que 81% des transactions examinées avaient peu ou pas de pièce justificatives et 60% de ces transactions n’ont aucune pièce justificative. Il est fait état de transactions de frais de consultation et de frais légaux de plusieurs centaines de milliers de dollars où il est impossible de déterminer à qui les paiements ont été faits ou quels services ont été rendus. Est-on même sûrs qu’il y a vraiment eu un consultant qui a rendu un service? Ou est-ce que ces montants sont en réalité des détournements de fonds? On y apprend aussi que la plupart du temps, il n’y a aucun procès-verbal des réunions du conseil de bande. Il est impossible de savoir quelles décisions ont été prises pendant ces réunions. Aussi, bien que la bande gère environ $17 millions de fonds fédéraux annuellement, mais il n’y a aucun budget qui a été fait. Bref, à la place de Theresa Spence, je serais gêné de me monter la face en public, encore plus d’être la figure de proue d’une protestation. Si on se fie au rapport de Deloitte et Touche, Theresa Spence et les autres membres de son conseil de bande sont soit grossièrement incompétents ou ils sont parmi les pires brigands et fraudeurs. D’ailleurs, considérant que Mme Spence refuse maintenant tout contact avec les journalistes et qu’elle a fait éconduire une journaliste de Global News de sa réserve alors que celle-ci tentait de récolter des témoignages de gens ordinaires vivant là; J’ai tendance à pencher en direction de la fraude. Mme Spence semble vouloir cacher quelque chose.

Mais Theresa Spence n’est pas un cas unique. Au Canada, il y a 615 réserves autochtones qui comptent en moyenne 1142 résidents. Dans ces 615 réserves, on compte 50 dirigeants qui ont un salaire supérieur au premier ministre du Canada, 160 qui ont un salaire supérieur aux premiers ministres provinciaux et 634 qui ont un salaire supérieur à cent mille dollars. À l’extrême, une cheffe du Nouveau Brunswick se fait payer un salaire juste un peu moindre qu’un million pour gérer une réserve de 304 habitants! Le problème n’est pas seulement limité à Attawapiskat, il est plutôt généralisé et ce sont maintenant ces mêmes chefs qui protestent maintenant contre un projet de loi qui forcerait plus de transparence dans la gestion des réserves. Allez savoir pourquoi…

Une inspiration? Pour qui???

Et tous ces chefs qui vivent des vies de pacha aux dépens de leur peuple bénéficient de l’appui indéfectible des politiciens de gauche, des syndicats et de la plupart des médias. Paul Martin, ancien Premier Ministre libéral est même allé jusqu’à dire que Theresa Spence était une « inspiration »! Pour qui??? Pourquoi??? Certainement pas pour quiconque a un brin d’intégrité. Mais elle est certainement une inspiration pour tous les pillards et parasites. Qu’est-ce que ça dit au sujet de l’intégrité et du discernement de ceux qui les soutiennent? Mais d’un autre côté, une bonne partie ces mêmes supporteurs ont cautionné des casseurs aux carrés rouges, alors pourquoi pas des brigands aux plumes rouges?

Les autochtones sont-ils victimes d’injustice? Absolument! Mais la plus grande injustice qu’ils subissent est celle qui les confine à un apartheid qui les rend dépendants aux fonds fédéraux contrôlés par des bandits aux plumes rouges, grâce à la complaisance des médias et de la gauche canadienne. Il serait grand temps que nous laissions les autochtones rejoindre notre société en tant que citoyens à part entière.

 

 

Est-ce que Pauline Marois était prête à devenir première ministre du Québec?

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Par Simon Leduc

Dennis Lessard de La Presse a annoncé en primeur que le gouvernement Marois avait accordé une carrière à vie de Haut Fonctionnaire à André Boisclair. En effet, l’ancien chef du PQ a reçu un beau cadeau : un emploi doré avec un salaire de 170 000$ indexé et avec une pension assurée à vie. Tous les observateurs politiques ont dénoncé cette nomination partisane. Même des souverainistes convaincus ont désapprouvé le geste de Pauline Marois : Gilles Duceppe et Joseph Facal. Le gouvernement devait reculer et retirer à M. Boisclair sa job à vie. C’est exactement ce que la première ministre a fait. Elle a pris une bonne décision. En conférence de presse, Mme Marois ne pensait pas que cela allait créer un tel tollé dans l’opinion publique. Est-ce qu’elle vit sur une autre planète? En plus de n’avoir pas de jugement, elle n’a aucun sens politique. Ce gouvernement a encore une fois eu l’air fou avec ce fiasco politique.
J’ai trouvé un surnom à notre chère première ministre : Madame Flip Flop. Elle recule plus vite que son ombre. Je n’ai jamais vue un gouvernement reculer autant en si peu de temps. Il avait promis de supprimer la taxe santé pour la classe moyenne, il a reculé. Il a mis en place une contribution santé qui est supposément progressive (je ne savais pas que ceux qui gagnent 42 000$ par an étaient riches). La ministre de l’Éducation avait déclaré que l’histoire de la souveraineté serait plus présente dans les cours d’histoire. Elle s’est fait désavouer le lendemain par sa patronne, un autre recul. Martine Ouellette avait clairement dit que le gouvernement fermait la porte à l’exploitation du gaz de schiste. Sa cheffe a dit le contraire quelques jours plus tard, flip flop, flip flop. La ministre de la Famille avait annoncé que les CPE seraient assujetties à la nouvelle loi 101, un autre recul. Les troupes péquistes tirent sur tous ce qui bouge et on ne sait pas vraiment où ils s’en vont.
Ce n’est que quelques exemples qui démontrent bien que nous sommes dirigés par une première ministre qui aime faire marche arrière. Le Conseil des ministres péquiste est le plus faible de l’histoire moderne de la province. Malgré neuf ans dans l’opposition, il faut constater que le Parti québécois n’était pas prêt pour gouverner le Québec. Les ministres sont incapables de prendre des décisions éclairées et réfléchies. La faiblesse économique du gouvernement est la plus flagrante de tous. On est à des années lumières des gouvernements Lévesque et Bouchard.
Les Québécois vont devoir endurer pendant encore quelques mois, l’incompétence et l’improvisation du gouvernement Marois. Cela a pris trente cinq ans à Pauline Marois pour réaliser son rêve. Force est de constater qu’elle n’était pas encore prête pour assumer la plus haute fonction québécoise. En tout cas, il faut saluer la prudence de l’électorat québécois qui a refusé de donner une majorité au Parti québécois le 4 septembre dernier.

Oups! Encore!

Caricature : Ygreck

Caricature : Ygreck

Par Philippe David

Qu’ont en commun Britney Spears et Pauline Marois? Elles chantent toutes les deux la chanson « Ooops! I did it again! ». (Merci à Joanne Marcotte pour cette petite inspiration) Sauf qu’avec l’anglais de Pauline, ça donne ce que ça donne et ce n’est pas sans fausses notes non-plus. Si Samuel de Champlain avait su qu’on serait un jour gouvernés par de tels incompétents, il aurait remballé son canoë et serait retourné en France.

Il fallait écouter Jean-Charles Lajoie s’époumoner à défendre cette pauvre Pauline dans son show à Radio X. Son seul argument : Pauline s’est rattrapée et a corrigé l’erreur. Oups! Désolé! On a essayé de vous passer un petit sapin, mais vous vous en êtes rendus compte alors on le fera pas! On est-tu cool maintenant? Ah ouin? Et si on ne les avait pas pincés? Mon impression est qu’on aurait encore une fois eu droit au bâton et au KY. Laisse-moi te mettre au parfum, mon cher J-C. Je t’accorde que Pauline a au moins eu la grâce de rectifier ses erreurs, mais le problème, c’est le nombre d’erreurs qu’elle a commises en si peu de temps. Le problème c’est que depuis qu’ils ont pris le pouvoir, les péquistes sont constamment en mode « damage control ». Y a-t-il une personne compétente dans tout ce gouvernement? C’est devenu une mauvaise comédie, mais malheureusement, elle se joue aux frais du contribuable.

Maintenant, dans le but de ne plus répéter ce genre de fiasco, Pauline veut nommer un comité de trois « sages » pour la conseiller. Quelques petite questions pour elle : Vont-ils avoir un poste permanent de sous-ministre adjoint eux-aussi? Vont-ils vous conseiller à prendre des meilleures décision, ou comment éviter qu’on se rende compte quand vous tentez de nous en passer une? Qui seront ces « sages »? J’ai ouï-dire que Melchior, Balthazar et Gaspard pourraient être libres. Au fait, Mme Marois, avez-vous aussi convaincu Pierre Baril de renoncer à son propre double-whammy?

Daniel Breton et André Boisclair comme Haut fonctionnaire: manque de jugement de Pauline Marois

Caricature: Ygreck

 

Caricature: Ygreck

Par Simon Leduc

Il y a quelques semaines, Pauline Marois a accordé le ministère de l’Environnement au militant écologiste Daniel Breton. Celui-ci a un passé trouble de militant verdoyant très radical. Il s’est toujours opposé à l’exploitation des ressources naturelles. Force est de constater que M. Breton n’a pas été capable de mettre de côté son passé de militant écologiste. Dès le départ, le ministre a agi en défenseur de ses amis environnementalistes en tentant de politiser le BAPE et de fermer la porte au pétrole albertain. Sous son court règne, on a eu droit à un loose canon qui voulait dicter et imposer ses idées radicales à son ministère.

Daniel Breton était clairement le maillon faible du gouvernement Marois et l’opposition l’a pris comme cible. Le ministre était dans une situation très précaire et le dévoilement de son passé trouble a été la goutte qui a fait déborder le vase. Un journaliste de TVA a annoncé publiquement les problèmes antérieurs du député péquiste : le non-paiement d’un loyer (pendant treize mois), une contravention pour conduite dangereuse non payée (rouler à 275 km/h avec sa Porche) et une fraude à l’assurance-emploi. Le fait de ne pas payer son loyer pendant une longue période d’un an est un geste complètement irresponsable. Le fait de rouler à 275 km/h est un geste grave et l’ancien ministre aurait pu causer un grave accident. Daniel Breton n’avait pas d’autre choix que de démissionner de son poste de ministre.

Il y a une question troublante que je me pose: comment la première ministre a-t-elle pu nommer cette personne au Conseil des ministres? Dans cette affaire, je ne blâme pas l’ancien ministre. C’est la personne qui l’a nommé aux saints des saints qui est fautive dans ce fiasco. C’est un manque flagrant de jugement de la part de la chef de l’exécutif québécois. Pourquoi a-t-elle pu nommer une personne qui ne respecte pas les lois dans son Cabinet? Voulait-elle séduire le mouvement écologiste afin d’obtenir son appui lors des prochaines élections? Il faut se rendre à l’évidence, Daniel Breton n’était pas prêt à occuper une fonction aussi importante.

Il y a quelques semaines, le gouvernement a annoncé la nomination d’André Boislcair au poste de délégué général du Québec à New York. Cette nomination partisane peut se défendre, car Jean Charest avait accordé ce poste à un vieux libéral: John Parisella. Il y a une chose importante que Pauline Marois n’a pas rendue publique: l’octroi à l’ancien chef péquiste d’un emploi à vie comme fonctionnaire adjoint au Ministère des Relations internationales. Ce qui me pue au nez dans ce geste est le fait que ce gouvernement a voulu cacher cette décision aux contribuables qui vont payer le salaire de M. Boisclair. On est dirigé par une femme sans jugement et non transparente, c’est totalement inacceptable. La chef du PQ est à la tête d’un gouvernement minoritaire le plus faible de l’histoire de la province. Mais celle-ci se comporte comme si tout lui était permis. C’est la même personne qui s’est présentée comme la championne de l’éthique lors de la dernière campagne électorale.

Depuis le 4 septembre, ce gouvernement donne de petits cadeaux à ses petits amis: l’annulation de la hausse des frais de scolarité pour les carrés rouges, la nomination d’une militante verdoyante radicale aux Ressources naturelles pour les verts et une job à vie pour un ancien chef du parti. Le gouvernement Marois rit en pleine face du contribuable moyen qui va sortir son portefeuille pour payer les petites gâteries accordées à la clientèle péquiste. Les troupes péquistes pourraient avoir la décence de penser à la majorité silencieuse qui en a marre de ce faire presser le citron par un gouvernement qui est gourmand. Depuis trois mois, le Québec est gouverné par une première ministre qui n’a pas de jugement ni de transparence, point à la ligne. Cela me fait presque regretter le départ de Jean Charest.

La vertu inatteignable

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Par Philippe David

Le sort de Daniel Breton était inévitable. De quoi était-il coupable? D’avoir fraudé l’assurance-chômage? D’avoir le pied pesant? De ne pas payer ses amendes, ou son loyer? D’avoir menti? D’être arrogant? Toutes ces réponses? Je ne chercherai pas à le défendre, certainement pas. Il était surtout coupable d’avoir tellement de squelettes dans son placard que les portes ne fermaient plus.

Suis-je content de sa démission? Absolument! Je ne m’en cacherai pas. Ceux qui me connaissent savent que je déteste le PQ et je n’aimais certainement pas Breton. Sa nomination comme ministre de l’environnement m’irritait au plus haut point. Il était un prêtre dans une religion dont certains adeptes souhaiteraient nous voir retourner à l’âge de pierre. Seule sa réaction à l’inversion de flux du pipeline Montréal-Sarnia démontre que notre ex-ministre vert était probablement aussi dogmatique qu’un créationniste. En plus, il est un écolo hypocrite puisqu’alors qu’il était reporter automobile pour évaluer des véhicules soi-disant « verts », il faisait l’essai d’une Porsche à 275 km/h. La Porsche était-elle hybride? Je me réjouis donc de son départ.

Ceci étant dit, cette histoire et toutes les autres histoires sordides de collusion, corruption, gaspillage de fonds publics et abus de confiance dont nous sommes quotidiennement bombardés récemment, m’amènent à une réflexion plus profonde. La commission Charbonneau, depuis son début, nous dévoile un système institutionnalisé de corruption et de copinage. Jusqu’ici, je crois qu’elle fait un excellent travail de confirmer et mettre a grand jour, ce que je crois, nous savions déjà, mais que nous refusions de regarder en face. La commission Charbonneau nous met effectivement le nez dans notre propre caca et nous demande d’en humer profondément l’odeur. Pourquoi je dis « notre » caca? Parce qu’ultimement, nous en sommes tous responsables dans notre aveuglement.

Revenons à Daniel Breton. De quoi était-il vraiment coupable, sinon d’être humain? Daniel Breton est une personne irresponsable, donc il n’aurait jamais dû être nommé ministre. Mais si vous regardez dans votre propre passé, n’avez-vous pas quelques épisodes dont vous n’êtes pas particulièrement fier? Croyez-vous que vous passeriez le test qu’on impose à nos élus d’être plus blancs que blanc. Combien de personnes peuvent vraiment se vanter qu’ils n’ont absolument rien à se reprocher? Si vous essayez de me dire que vous êtes si vertueux, je vous traiterai de fieffé menteur. Diogène n’a jamais trouvé son honnête homme et si on lui avait donné l’immortalité, il chercherait encore. Le problème en fait n’est pas que des personnes irresponsables se retrouvent dans des positions de pouvoir. Le problème est bien plus insidieux, c’est notre croyance que puisque nous ne sommes pas capables de nous gouverner nous-mêmes, nous devons choisir parmi nous des saints qui doivent nous gouverner. Qu’est-ce qui peut bien nous faire croire que ces gens feront mieux que nous? Que ces gens seront plus responsables. Que ces gens seront automatiquement plus honnêtes, du simple fait qu’ils arrivent à gagner un concours de popularité à tous les quatre ans? C’est de la pure délusion! De plus, le pouvoir corrompt. C’est la nature humaine. Et plus un individu aura de pouvoirs, plus il y a de risque qu’il soit corrompu. Les exemples abondent à travers l’Histoire. Il va aussi de soi que le pouvoir attire toujours le genre de personnalité qui désire manipuler les gens. Donc, plus la position comporte de pouvoirs et plus elle attirera des personnalités pathologiques. Alors pourquoi persistons-nous à croire que ce type de gouvernance peut fonctionner? Pourquoi nous attendons-nous que la classe politique soit plus vertueuse et plus responsable alors que le pouvoir attire les personnes les plus corruptibles?

Il y a plusieurs personnes qui croient comme moi que les pouvoir du gouvernement doivent être limités à la seule protection des droits individuels. Nous le faisons parce que nous savons pertinemment que la sagesse de la classe politique et des élites est un mythe et c’est probablement la plus grande fraude de l’Histoire.

Course à la chefferie libérale : Qui va l’emporter?

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Par Simon Leduc

En mars prochain, les militants libéraux vont choisir le successeur de Jean Charest lors du congrès à la chefferie. Le prochain chef sera choisi grâce à la bonne vieille formule des délégués. La course libérale n’a pas vraiment pris son envol mais il faut s’attendre à beaucoup d’actions après le temps des fêtes. Après neuf années de règne de Jean Charest, le parti centenaire doit se choisir un leader qui va lui permettre de brasser des idées et de le mener à la victoire aux prochaines élections générales. Lequel des candidats va remporter la course?

Pierre Moreau : l’underdog qui veut se faire connaître :

Le député de Chateauguay est l’aspirant qui est le moins connu du grand public. M. Moreau est membre du Barreau du Québec depuis 1980. De 1981 à 2003, il a pratiqué son métier dans des cabinets d’avocats et il a enseigné en droit public et administratif à l’École de formation professionnelle du Barreau du Québec. Le député a été élu pour la première fois sous la bannière libérale lors des élections générales du 14 avril 2003. Il a occupé des fonctions mineures jusqu’à son ascension au Conseil des ministres en septembre 2011 (au ministère des Transports). Il est un habile communicateur et il a mis cette qualité en pratique lors de son passage aux Transports. Après le mandat houleux de Sam Hamad, M. Moreau s’est bien démarqué et il en surprit plusieurs malgré son inexpérience ministérielle. Le candidat libéral s’est lancé dans la course pour se faire connaître du grand public, des militants libéraux et de l’establishment du parti. Cela serait étonnant qu’il remporte la victoire mais sa présence va lui permettre de se démarquer au sein des troupes libérales. Ma prédiction : une troisième place.

Philippe Couillard : le candidat qui part favori :

M. Couillard a obtenu ses Doctorats en médecine en 1979 et en neurochirurgie en 1985. C’est un grand neurochirurgien qui a pratiqué sa profession jusqu’en 2003. Il a été le candidat vedette du PLQ de Jean Charest lors des élections de 2003. Il fût élu député libéral dans la circonscription de Mont-Royal. Celui-ci a été ministre de la Santé dans le gouvernement Charest de 2003 à 2008. Son grand talent de communicateur et sa capacité de rassurer les gens ont été salués par les personnes du milieu hospitalier. Il a tenu tête à Jean Charest lors de la controverse sur le choix de l’emplacement du CHUM. Il a gagné cette bataille devant son patron et cela a refroidi les ardeurs de l’establishment libéral face à lui.

Philippe Couillard semble être le grand favori dans la course à la chefferie libérale. Il a quelques qualités : sa capacité de rassurer les Québécois, c’est un bon communicateur et il a une certaine stature physique. Mais, il a de nombreux points faibles. Tout d’abord, je trouve que l’ancien élu a un bilan mitigé comme ministre de la Santé. Il faut souligner ses talents de communicateur. Mais sur le fond, sous son règne, le système de santé ne s’est pas du tout amélioré. Il a refusé de donner plus de place au secteur privé malgré le fait qu’il a quitté ses fonctions pour aller y travailler. Je vois dans cela une hypocrisie réelle. Devant les caméras, il défend bec et ongle le monopole public en santé mais en privé, il fait les louanges du secteur privé, c’est décevant comme attitude. Ensuite, l’aspirant chef du PLQ a quitté le gouvernement Charest en plein milieu de la croisière. Plusieurs personnes doivent penser que c’est un déserteur qui a sauté par-dessus bord du navire libéral avant qu’il frappe un iceberg. Soudainement, il décide de revenir en sauveur après l’accident qui a abîmé le paquebot libéral. Subséquemment, M. Couillard ne vient pas du secteur économique. C’est la marque de commerce du parti et les militants pourraient lui préférer le candidat de l’économie : Raymond Bachand. Je crois que M. Couillard va gagner le premier tour du scrutin mais il va se faire dépasser à la ligne d’arrivée. Ma prédiction : une deuxième place.

Raymond Bachand : le candidat de l’économie :

Raymond Bachand a obtenu une licence en droit de l’Université de Montréal en 1969. Il a une maîtrise et un doctorat en administration des affaires à la Harvard Graduate School of Business administration. Il a œuvré pendant des années dans le monde des affaires avant de faire le saut en politique : chez Métro Richelieu, au Fond de Solidarité de la FTQ, chez Culinar, etc. Il a aussi de l’expérience sur le plan politique. Il a travaillé au cabinet de deux anciens premiers ministres du Québec : René Lévesque et Pierre-Marc Johnson. En 2005, il a été recruté par les libéraux de Jean Charest. Celui-ci l’a nommé au ministère des Finances. C’est un poste qu’il a occupé de 2009 à 2012.

Le manque de charisme est le point faible du candidat à la course libérale. En effet, M. Bachand n’est pas très charismatique mais je ne crois pas que cela va lui nuire. Les militants doivent choisir le candidat le plus expérimenté et compétent sur le plan économique. Dans ce domaine, Raymond Bachand devance facilement ses deux adversaires. L’économie est sa grande force. Contrairement à ses deux rivaux, il a une grande expérience dans le monde des affaires. Ce n’est pas un hasard que le Québec Inc. lui a accordé son appui. Dans l’ensemble, il a quand même bien fait lors de son passage au ministère des Finances. Face à un gouvernement faible sur le plan économique, le PLQ doit choisir le seul aspirant qui est solide en la matière : Raymond Bachand. C’est pour cette raison que l’auteur de ses lignes appuie la candidature de l’ancien ministre des Finances. C’est un politicien de centre-gauche qui ne va pas faire trembler les colonnes du Temple (le modèle québécois) mais c’est le meilleur candidat en lice. M. Bachand va terminer deuxième derrière M. Couillard lors du premier tour. Les délégués de Pierre Moreau devraient en grande majorité l’appuyer lors du deuxième tour et assurer sa victoire. Ma prédiction : une victoire pour Raymond Bachand.

Les pleutres

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Par Philippe David

Le budget a été déposé et sans surprise, le PQ a augmenté les impôts des contribuables gagnant plus de $100 000, rendu la taxe santé progressive,  augmenté les taxes sur le tabac et l’alcool, ainsi que dégelé les tarifs d’électricité. On distribue toutes sortes de bonbons. Les frais de scolarité et de garderies restent gelés, aucune coupure sérieuse dans la bureaucratie ou dans le BS corporatif. En fait, je me demande comment Nicolas Marceau arrive à dire qu’ils atteignent l’équilibre budgétaire en gardant son sérieux. Quand mon budget est équilibré, ma dette ne continue pas à grimper, alors comment se fait-il que malgré un transfert de 1,5 milliard du fonds des générations à la dette, celle-ci bondit quand même de $10 milliards et continue de croitre à $265 la seconde? C’est quand même prendre les gens pour des cons que d’essayer de leur passer un tel sapin avec de la comptabilité créative.

Nicolas Marceau, comme ses prédécesseurs a choisi la voie de la paresse et de la facilité et fait passer l’effort d’un retour fictif à l’équilibre budgétaire sur le dos des contribuables les plus taxés en Amérique du Nord.

Par ailleurs, on apprend que le PLQ, malgré qu’il décrie le budget, ne tiendra pas sa promesse de voter contre le budget. Il semble qu’ils ne feront pas équipe avec la CAQ pour renverser le gouvernement. Selon Jean-Marc Fournier, il serait irresponsable de forcer une élection après moins de 100 jours. C’est juste, mais ils pouvaient également former une coalition avec la CAQ pour remplacer le PQ. Avec plus de 60% de la population derrière eux, ils auraient toute la légitimité pour gouverner. Bien plus que le gouvernement actuel et c’est parfaitement constitutionnel. Il est impératif de déloger ce gouvernement de pee-wees. Je déplore que les libéraux agissent comme des pleutres. C’est pourquoi je suis fier d’annoncer ceci:

En réponse à ce budget presse encore le contribuable québécois comme un citron et dans le but de générer un mouvement de protestation, le Réseau-Liberté Québec initie la campagne « Non aux hausses d’impôt« . Cliquez sur le lien pour vous rendre au site web et signer une lettre ouverte enjoignant le gouvernement à renoncer à toute hausse du fardeau fiscal des québécois et exhortant les députés de l’opposition à voter contre le budget si le gouvernement ne recule pas. Le site a aussi une page vous permettant d’envoyer des courriels à tous les députés de l’opposition leur demandant de voter contre ce budget. Faites-vous entendre!

Budget : Contribuables, be very « inquiète »

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Par Philippe David

Aujourd’hui Nicolas Marceau dépose son premier budget. Si on se fie à l’improvisation des deux derniers mois et aussi au fait que ce budget a très certainement été préparé à la hâte, il faut s’attendre au pire.

Le PQ est sclérosé par les écolos et les syndicalistes de tout acabit. Parions que seules ces clientèles seront satisfaites. Les écolos auront leurs moratoires et leurs subventions pour garder l’industrie de l’énergie verte sur le respirateur. Les étudiants auront leurs bonbons. Les fonctionnaires conserveront leurs privilèges indécents. Aucun programme inutile ne sera supprimé et vogue la galère!

Pour les contribuables et les entreprises les plus taxés en Amérique du nord, point de répit cependant. Je m’attends certainement à ce que leur fardeau s’alourdisse. Il y aura la taxe, pardon, la « contribution » santé, des hausses d’impôts et parions aussi qu’il y aura une hausse de la TVQ. Poursuivant leur idéologie, les péquistes augmenteront probablement les redevances minières. Bref, si le budget prévoit le retour à l’équilibre budgétaire, ce qui est quand même douteux, on peut être certains que ce sera nous qui devront se serrer la ceinture et non le gouvernement.

En bons illettrés économiques, les péquistes ne réaliseront pas que trop d’impôt tue l’impôt et que les recettes de l’état vont probablement diminuer plutôt que d’augmenter. Taxer les riches et les entreprises parait bien sur papier, mais dans la réalité les gens et les entreprises ajustent leur comportement en fonction des impôts et taxes qu’ils payent. N’avez-vous pas déjà refusé du temps supplémentaire parce que ça n’en valait pas la peine?

Pour les entreprises le jeu est encore plus simple. Les entreprises ne paient pas d’impôt. Pour elles ce n’est qu’un coût d’opération de plus et dans l’équation revenus/dépenses, elles n’ont qu’à refiler la facture à leurs clients, fournisseurs, employés et actionnaires. Bref, à vous et moi. Dans l’extrême, elles peuvent aussi se relocaliser. Vous vous souvenez d’Électrolux? Aussi combien d’entreprises ne démarreront tout simplement pas? Quant aux minières, vous croyez que le Québec est le seul endroit à posséder des ressources minières?

Enfin, je ne m’attends à rien de bon venant du PQ. Mon souhait serait que les libéraux et la CAQ fassent coalition et renverse cette bande d’amateurs au plus sacrant.

Le gouvernement Marois est-il majoritaire? :

Mario Beauregard-Montreal Québec Canada

Par Simon Leduc

Depuis son élection, le gouvernement du Parti québécois se comporte comme s’il était majoritaire. Seulement quelques jours après les élections du 4 septembre, les ministres du gouvernement ont pris des décisions unilatérales sans consulter personne : la fermeture de Gentilly 2, l’annulation de la hausse des frais de scolarité par décret, la mise au rancart de l’exploitation du gaz de schiste et une hausse d’impôts pour les riches. Le Parti québécois a continué sur sa lancée en prenant des décisions qui sentent le dogmatisme à plein nez. Il faut croire que les troupes de Pauline Marois n’ont pas compris qu’elles n’ont reçu que 31.7% du vote populaire.

Le gel des frais de scolarité et accorder le droit de grève aux associations étudiantes :

Le gouvernement Marois va organiser un sommet sur l’Éducation afin de discuter du sous financement des établissements postsecondaires et de la question des frais de scolarité. Force est de constater que cela sera un véritable show de boucane car les dés sont déjà pipés. En effet, le ministre de l’Enseignement supérieure a déjà annoncé que le gel des frais de scolarité va être maintenu en 2014. De plus, le gouvernement a remis en question le sous financement des universités. Il faut conclure que le gouvernement a déjà pris les décisions. Ce pseudo sommet sera un véritable cirque ou le PQ, les syndicats et les associations étudiantes vont rire en pleine face des contribuables québécois. Sortez vos portefeuilles mes amis et continuez de payer 85% du financement universitaire. Nos établissements universitaires vont continuer leur déclin sous le regard indifférent de la première ministre.

Ce n’est pas tout, le ministre des carrés rouges est ouvert à l’idée d’accorder le droit de grève aux associations étudiantes. Je n’en crois pas mes oreilles. Le ministre de l’Enseignement supérieur veut accorder le pouvoir à la minorité étudiante de bloquer l’accès aux salles de cours et cela en toute légalité. Ce gouvernement liberticide veut brimer et violer les libertés individuelles des jeunes qui vont vouloir étudier lors d’un éventuel boycott comme cela a été le cas le printemps dernier. Il faudrait faire comprendre au ministre dogmatique que c’est seulement les travailleurs qui ont le droit de grève. Les étudiants ne sont pas des travailleurs mais des clients qui payent pour un service. Ce gouvernement veut seulement faire plaisir aux jeunes radicaux au détriment de la majorité qui ne veut rien savoir des dérives idéologiques de leurs leaders étudiants.

La politisation du BAPE :

Il sera question brièvement de la politisation du BAPE par le gouvernement. Le ministre de l’Environnement a congédié les dirigeants de cet organisme neutre sans aucune raison apparente. Daniel Breton les a remplacé par deux de ses amis verdoyants : Louis-Gilles Francoeur (le journaliste écologiste du Devoir) et de Pierre Baril (le directeur général du centre de recherche Ouranos sur les changements climatiques). M. Breton est un militant environnementaliste radical qui s’oppose à tout développement des ressources naturelles. Sous le règne péquiste, le BAPE va devenir un organisme de propagande verdoyante. On peut être sûr que le développement économique va être totalement paralysé tant et aussi longtemps que ce gouvernement sera au pouvoir.

Le 4 septembre dernier, les Québécois ont accordé un mandat minoritaire au Parti québécois de Pauline Marois. Ceux-ci voulaient que le nouveau gouvernement travaille avec l’opposition majoritaire afin de faire fonctionner la maison de la démocratie québécoise. Pauline Marois aurait dû tendre la main à la CAQ et au PLQ afin de faire avancer l’économie du Québec dans un monde qui est dominé par l’incertitude économique. Le gouvernement Marois a décidé d’aller dans une autre direction : l’arrogance politique. Depuis son élection, les troupes péquistes agissent comme s’ils formaient un gouvernement majoritaire. Mme Marois a pris des décisions unilatérales sans consulter l’opposition qui est pourtant majoritaire à l’Assemblée nationale. Les politiques désastreuses de ce gouvernement ont plongé le Québec dans une incertitude qu’il n’avait vraiment pas besoin. Notre province doit se démarquer sur le plan économique afin de prévenir les coups des crises européenne et américaine. Celle-ci devrait encourager l’entrepreneuriat afin de favoriser la création de richesse et non pas de l’égorger avec de nouvelles hausses d’impôts. Le gouvernement a mis en place des mesures économiques socialistes (la majorité s’oppose à cela) qui seront néfastes pour le Québec. Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois n’a pas respecté le résultat électoral et il doit être renversé. Le premier budget Marceau va être déposé le 20 novembre prochain. Pour le bien du Québec, la CAQ et le PLQ doivent renverser le gouvernement du PQ lors du vote de confiance sur le budget. Le lieutenant gouverneur pourrait demander aux libéraux et aux caquistes de former un gouvernement de coalition. La majorité des Québécois ont voté pour ces deux formations politiques et celles-ci doivent prendre leur responsabilité et mettre fin au règne du gouvernement sortant. Est-ce que la CAQ et le PLQ auront le courage de faire cela, c’est à suivre…

Le grand délire

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Par Philippe David

J’ai failli tomber en bas de ma chaise quand j’ai lu cette semaine que notre ministre de l’éducation supérieure, Pierre Duchesne, songe à légaliser le droit de grève étudiant. Ceci équivalant à donner à une infime minorité d’étudiants radicaux le droit de paralyser les cégep et universités quand bon leur semble, avec ou sans bonne raison.

La démocratie étudiante est une farce

Les grands supporteurs de l’idée du droit de grève, le draperont de noblesse et de vertu en le représentant comme l’expression d’une volonté démocratique des étudiants. Ils représenteront ces étudiants qui, voulant faire valoir leur droit de recevoir un service pour lequel ils ont payé en obtenant des injonctions légales comme de sales petits égoïstes qui ont osé contourner la volonté collective de l’ensemble des étudiants exprimée par voie démocratique. Un petit rappel : pendant tout le conflit du printemps dernier, près du trois quart des étudiants des cégep et universités n’étaient pas en grève. D’ailleurs, depuis que les associations étudiantes existent, la démocratie étudiante a toujours été une aussi grosse farce que les élections de commissions scolaires, elles-mêmes une orgie d’élections par acclamation par manque de candidats et qui se passent dans le désintérêt le plus total de la population. La réalité étant que généralement, la plupart des étudiants collégiaux et universitaires n’ont rien à foutre des associations étudiantes, ils sont trop occupés à faire leurs travaux pour décrocher leur diplôme.  Seule une minorité des étudiants militent activement dans les associations, surtout parmi ceux qui fréquentent les concentrations les moins exigeantes. Peu d’étudiants de médecine et de génie ont le temps de participer aux assemblées, mais les étudiants de philo, eux, ont tout le temps du monde. Ce n’est donc pas surprenant que même les votes de grève sont décidés par moins de 10% des étudiants. Quelle démocratie!

La démocratie est supposée protéger les droits individuels

La démocratie est supposée protéger les droits individuels, pas les piétiner. Le fait qu’une majorité d’individus votent pour dépouiller quelqu’un de tous ses biens  est-il dans l’esprit de la démocratie? Non, pas plus que si la majorité votait de lui dépouiller son droit à la vie, ou dans ce cas précis, de recevoir l’éducation pour laquelle il paie. Une vraie démocratie sert plutôt à protéger les droits des individus. Les droits collectifs sont une fiction. Un groupe ne peut pas posséder plus de droits que les individus qui le composent et chaque individu dispose des mêmes droits. Le nombre ne confère pas plus de droits.

Une flagrante irresponsabilité

Les associations étudiantes étant dirigées par de petits révolutionnaires en culottes courtes, Gabriel Nadeau-Dubois étant un prime exemple, Il ne faut donc pas se surprendre aussi qu’il y ait des abus, des dérives et de l’intimidation lorsque celles-ci veulent faire grève. Les exemples au printemps dernier font légion, mais je crois que la preuve ultime est que même après qu’un gouvernement nouvellement élu leur ait donné le beurre et l’argent du beurre en annulant la hausse des frais de scolarité ET en conservant la bonification des prêts et bourses; ils continuent de multiplier les journées de grève et de manifestations. Pour eux ce n’est pas suffisant, ils veulent aussi le cul de la fermière! Et notre ministre de l’éducation supérieure propose de sacraliser leur droit de grève? C’est à peu près aussi responsable que de donner un révolver chargé à un enfant de 5 ans. Même si, jusqu’à récemment, on faisait comme si les associations étudiantes avaient un droit de grève, une aberration selon moi; il y a une bonne raison pourquoi nous ne leur avons pas donné ce droit lorsqu’elles ont été créées. Et il était à peu près temps qu’on se réveille et qu’on remette en question ce pseudo-droit.

Étudier n’est pas un travail

Un étudiant n’est pas un salarié. Que nos petits révolutionnaires se le prennent pour dit, les études universitaires et collégiales ne sont pas un boulot où ils peuvent être exploités ou non par un employeur. Ils sont les consommateurs d’un service. Ils peuvent bien hurler à la marchandisation de l’éducation, ça ne change rien au fait que leurs études sont, dans les faits, un bien de consommation qui doit être payé (à moins que les profs veuillent enseigner gratuitement). La seule question en litige est : qui paye pour? Les étudiants veulent  que ce soit la société, et aux dernières nouvelles, la grande majorité des individus qui composent notre société se sont prononcé contre cette idée. Donc en réalité, une association étudiante n’est pas et ne devrait pas être un syndicat. L’association peut et doit s’exprimer sur des choses  comme les augmentations de frais, mais de dire qu’une association étudiante devrait avoir le droit de forcer ses membres à boycotter ses cours, c’est comme dire qu’une association de consommateurs puisse utiliser la force contre ses propres membre pour boycotter Walmart ou Costco. Veut, veut pas, la relation entre l’étudiant et l’institution d’enseignement est une relation de client-fournisseur et non d’employé-employeur.  

Le PQ et les carrés rouges

Le PQ s’est peinturé dans un coin en portant le carré rouge le printemps dernier par pur clientélisme. Ils ont même mis en charge du ministère de l’éducation supérieur un homme qui a manifesté ouvertement son soutien aux carrés rouges. Comment peut-il maintenant être neutre et impartial? Il ne l’est tout simplement pas, bien sûr et de ce fait M. le ministre n’a aucune crédibilité. Le sommet sur l’éducation supérieure promet d’être un grand cirque dans lequel le gouvernement  se pliera à toutes les exigences de nos enfants-rois, au grand dam des contribuables qui devront sans tout payer une plus grande part, sinon la totalité des frais universitaires.

Quand la politique choisit qui vit et qui meurt

Toe tag

Par Philippe David

Le dossier de la santé a toujours été celui le plus près de mon cœur. Mon père était médecin. J’ai grandi dans ce milieu. Il a d’ailleurs succombé à un cancer il y a près de 5 ans. Ma mère a récemment mené son propre combat contre le cancer et elle a gagné. Je suis donc particulièrement sensible lorsque je lis des histoires comme celle parue dans le quotidien The Gazette hier, ainsi que cette chronique de Lise Ravary.

Mais ce qui me fait le plus rager dans ça n’est pas tant que notre monopole soviétique de la santé rationne les soins. Les pénuries et le rationnement ont toujours été de mise quand le gouvernement gère quelque chose. L’économiste Milton Friedman blaguait que  si on mettait le gouvernement en charge du Sahara, on aurait une pénurie de sable en moins de 5 ans. Je ne suis pas certain qu’il blaguait vraiment. Alors que le gouvernement en soit à rationner les chirurgies ne me choque pas vraiment. Ce qui me choque et qui m’exaspère au plus haut point est qu’aucun parti politique en position de prendre le  pouvoir ne propose de changement réel.

Que ce soit le Parti Québécois, le Parti Libéral ou même la CAQ qui prenne le pouvoir, on ne peut espérer que le même dogmatisme qui prévaut depuis 40 ans en matière de santé au Québec : hors de l’État, point de salut. Depuis les années 1980 nous décrions les mêmes problèmes de temps d’attente aux urgences et de listes d’attente en chirurgie et depuis presqu’aussi longtemps, des organismes comme l’Institut Fraser et l’Institut Économique de Montréal publient des documents détaillant ce qui se fait ailleurs et qui fonctionne mieux que notre propre système, mais aucun parti politique majeur n’est à l’écoute.

Je dois avouer  franchement que ça me dépasse. Des pays comme la Suisse, la Suède, les Pays-Bas et Singapour ont des systèmes universels qui n’ont aucun temps d’attente et aucun rationnement. Que diable attendons-nous pour les imiter? Mais quiconque essaie de faire ce genre de suggestion se heurte à un mur de dogmatisme. Pourquoi? Facile! Il y a une force immuable au Québec qui a le pouvoir de tout bloquer parce qu’ils ont tout à perdre : Les syndicats.

Pas seulement les syndicats qui  représentent les infirmières et autres employés d’hôpitaux, mais aussi ceux des médecins. Ils forment un lobby puissant qui fait rétrécir les couilles de tous les politiciens, peu importe leur couleur. Mais il faudra bien un jour les affronter. La santé accapare à elle seule près de la moitié du budget du gouvernement. Avec le vieillissement de la population, les besoins se feront de plus en plus criants. Nous n’aurons pas le choix de faire d’importantes réformes si nous voulons assurer la viabilité à long-terme de notre système de santé. Il faudra peut-être un jour que nos politiciens se réveillent et hument l’odeur du café.

 

C’est la fin d’une époque à Laval

Gilles_Vaillancourt

Par Simon Leduc

Vendredi dernier, Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste de maire de Laval après 23 ans de règne. Les allégations de corruption et les perquisitions policières (à sa résidence, à l’Hôtel de Ville et dans ses coffres-forts) auront eu raison du premier magistrat lavallois que l’on surnommait Gilles 1er. À la Commission Charbonneau, Lino Zambito a dit que le maire aurait bénéficié d’une cote 2.5% des contrats de la municipalité. Contrairement à Montréal, le maire Vaillancourt est directement visé par ces allégations de corruption. Donc, celui-ci a pris la bonne décision de quitter son poste.

On peut dire que c’est la fin d’une époque dans la troisième plus grande ville québécoise. Depuis 1989, le roi de Laval a dirigé la ville d’une main de fer. C’était lui Laval. Que sera l’héritage de ce politicien municipal? C’est évident que les soupçons de corruption et de marchandage vont entachés son règne. Malgré cela, il faut quand même reconnaître que M. Vaillancourt laisse une ville bien en ordre sur le plan économique. Ses deux grandes réalisations sont sa bonne gestion des fonds publics (de faibles hausses de taxes foncières et une dette faible) et le développement gigantesque de l’Ïle Jésus. Sous son règne, Laval a connu un développement immobilier et industriel incroyable. Il aura su amener deux infrastructures importantes pour la municipalité : le pont de la 25 et le métro. Donc, l’ancien maire a un bilan respectable sur le plan de la gestion des fonds publics et de l’économie. Mais, il faut souligner son mépris de l’environnement et de la protection des terres humides.
Si les allégations de corruption deviennent fondées et prouvées, Gilles Vaillancourt aura détourné des centaines de milliers de dollars des citoyens à des fins personnelles et partisanes. Donc, les Lavallois auront été gouvernés par un maire compétent et possiblement corrompu.

L’opposition lavalloise a souvent dénoncé les dérives autoritaires de la mairie de Laval. Gilles Vaillancourt a toujours facilement remporté les élections municipales, c’est cela la démocratie. Si les Lavallois ne voulaient pas de lui, ils ne l’auraient pas réélu à cinq reprises (1993, 1997, 2001, 2005 et 2009). M. Vaillancourt a toujours eu la légitimité démocratique pour diriger sa ville. Les deux partis d’opposition auraient dû unir leurs forces afin de battre le Parti Pro des Lavallois au lieu de crier à l’autoritarisme. Ils n’ont qu’eux-mêmes à blâmer.
Qui succèdera à Gilles 1er? Je ne crois pas que des personnalités publiques connues (comme Joseph Facal, Serge Ménard ou Michelle Courchesne) vont sonner à la porte de la mairie pour postuler. Il n’y a pas de solution de rechange forte au parti du maire. Qui connaît Robert Bordeleau et Lydia Aboulian? Poser la question s’est y répondre. En novembre 2013, le Parti au service du citoyen et Le mouvement lavallois devraient former une coalition pour avoir une chance réelle de mettre fin à l’hégémonie du Parti Pro des Lavallois. Est-ce que l’opposition même unie pourra battre le parti de l’ancien maire Vaillancourt? Il faut souhaiter un changement de garde car l’alternance est une bonne chose en démocratie. Est-ce que les Lavallois auront soif de changement? C’est à suivre…

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