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Éteindre le feu

Par Philippe David

Le débat du burkini et de l’intégrisme islamique nourrit de nombreuses chroniques ces jours-ci. Deux des plus notables aujourd’hui sont celles de Joseph Facal et celle de Lise Ravary.

Dans sa chronique, Joseph Facal écrit :

«Supposons qu’un début d’incendie survient dans votre cuisine.

Il faut d’abord isoler la source, c’est-à-dire éloigner tout ce qui pourrait alimenter le feu. Puis, il faut priver le feu d’air.

C’est ce qu’il faudrait faire avec l’islamisme, mais nous ne le faisons pas: nous discutons de ses symptômes les plus visibles et non des sources du feu.

Prenez le débat sur le burkini. Je lis avec plaisir les chroniques de Richard Martineau, qui ferraille régulièrement avec des chroniqueuses de La Presse.

Sur le fond, je pense exactement comme lui: le burkini est la plus récente provocation pour donner toujours plus de place dans l’espa­ce public à une idéologie totalitaire.»

Il a effectivement raison, nous passons entièrement trop de temps à attaquer les symptômes et pas assez à s’attaquer à la cause. J’en disais autant dans ma dernière chronique :

«Vous croyez que si vous empêchez des femmes musulmanes soumises de porter un voile ou un burkini, elles cesseront d’être subjuguées par leur culture et leur religion? Vous croyez les libérer? Malheureusement, non. Parce que le problème n’est pas le bout de tissus. Le problème, c’est leur culture et un problème de culture ne se règlera pas par la législation.»

Alors concrètement, s’attaquer à la source et priver le feu d’air, ça veut dire quoi? Joseph Facal ne s’aventure pas à nous le dire.

De son côté, Lise Ravary nous rapporte que :

«La Commission canadienne des droits de la personne s’est associée à l’Islamic Social Services Association (ISSA) et à la National Council of Canadian Muslims (NCCM) pour réaliser un dépliant qui «aidera le personnel enseignant au Canada à mieux comprendre et soutenir les élèves affectés par la violence géopolitique et l’islamophobie.»»

Et ajoute :

«Entre des propos sensés sur la détresse des petits réfugiés syriens (à en croire le guide, ils sont tous musulmans) et sur l’imbécillité des racistes qui font porter à des enfants la responsabilité d’attentats terroristes à l’autre bout du monde, se glisse la suggestion d’aménager des salles de prières dans les écoles, de respecter les vêtements religieux des jeunes filles ainsi que la diète halal et d’encourager le prosélytisme à l’école.»

Mais encore là, elle parle de symptômes, pas de la source du problème. Mais elle s’y rapproche quelque peu quand même.

C’est quoi la source?

La première chose que vous allez probablement me dire est que la source du problème est l’idéologie intégriste, mais vous auriez tort. On a beau avoir une certaine idéologie et avoir la volonté de l’imposer au reste du monde, mais il reste qu’il n’y a qu’une seule et unique façon d’imposer quoi que ce soit à des gens qui n’en veulent pas et c’est par la force. Or, il n’y a qu’un organe dans notre société qui a légalement le droit d’utiliser la force (et je ne parle pas des Sith ou des Jedi). C’est le gouvernement. Seul le gouvernement peut vous forcer à vivre selon des règles avec lesquelles vous n’êtes pas forcément d’accord.

Certains vous diront que pour résoudre le problème, il faudrait carrément bannir l’islam et passer toutes les mosquées au bulldozer. Ceux-là aussi ratent le point. La liberté de religion existe justement pour défendre ce genre de comportement. La liberté de religion existe pour garantir que tout individu a le droit de croire en ce qu’il veut sans avoir à craindre d’être persécuté. Ce qui signifie que le gouvernement n’a pas le droit de voter des lois pour vous empêcher de pratiquer votre religion dans la mesure où cette pratique ne nuit à personne d’autre.

Laissez-moi cependant vous dire ce que cette liberté ne veut PAS dire.

  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit fournir des aliments halal ou casher dans les écoles. Si votre religion exige une diète particulière, faites un lunch pour votre enfant et sacrez-nous patience!
  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit fournir des locaux de prière. La plupart des autres religions n’en exigent pas et il n’y a pas de véritables raisons de réaménager les espaces seulement pour vous faire plaisir.
  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit changer les horaires des piscines publiques pour permettre une ségrégation hommes/femme, juste parce que ça vous embête de vous baigner avec des femmes ou vice-versa.
  • Ça me veut pas dire que le gouvernement (ou tout le monde entier) doit se fendre en quatre pour satisfaire toutes vos petites exigences et revendications.
  • Et finalement, ça ne veut pas dire que le gouvernement doit empêcher qui que ce soit de rire de votre religion ou de la critiquer. Vos croyances n’ont aucun statut spécial dans notre société. Elles sont ni plus, ni moins égales à celles de tous les autres.

C’est l’attitude que le gouvernement devrait avoir envers toutes les religions, sans exception et si ça ne fait pas leur affaire, il devrait simplement leur dire qu’ils se trompent de pays.

Mais voilà, le gouvernement ne fait pas ça avec les islamistes. C’est ça le problème! Le problème, c’est que par électoralisme et par souci de rectitude, les politicien on le nez si profondément enfoui dans le derrière de certains groupes, qu’ils peuvent goûter leur déjeuner. C’est cru, je sais, mais c’est vrai! Et les islamistes ne font pas exception parce qu’ils prétendent parler pour l’ensemble des musulmans, ce qui est faux. Mais si vous croyez que d’élire la bonne personne va résoudre le problème, détrompez-vous. Les politiciens ont rarement la bonne solution et jusqu’ici, l’islamisme ne fait pas exception. La bien-pensance exige la tolérance de tout et ils se draperont de vertu pour vous faire accepter l’inacceptable et à la fin, vous vous sentirez tous coupables de ne pas vous être tire-bouchonné plus. C’est exactement ce qu’ils ont fait à la commission sur les accommodements raisonnables, ou la conclusion finale a été que les québécois n’étaient tout simplement pas assez «accommodants».

Encore une fois, demandez-vous pourquoi vous croyez qu’il est légitime que certaines personnes aient le droit de vous imposer des croyances dont vous ne voulez pas et d’utiliser légalement la force pour vous les imposer et c’est exactement ce que les politiciens font lorsqu’ils cèdent en votre nom à toutes les petites exigences des islamistes. Sans cette légitimité imaginaire, ils ne pourraient pas vous imposer quoi que ce soit.

Robotisation et hausses de prix – Wendy’s réagit au salaire minimum à $15

Par Philippe David

Comme je l’avais expliqué dans un de mes récents billets, les hausses abruptes du salaire minimum ne sont pas sans conséquences et malheureusement, ce sont les plus vulnérables qui écopent.Nous commençons à pouvoir observer ces conséquences dans les états américains qui ont augmenté leur salaire minimum. Le Washington Times rapportait hier que la chaîne de restauration rapide Wendy’s a annoncé l’installation de guichets de commande automatisés dans 6000 de leurs restaurants.

L’article mentionne aussi que certains franchisés de la chaîne ont également commencé à hausser leurs prix pour compenser la hausse du salaire minimum. On s’attend à ce que d’autres chaînes comme McDonalds et Burger King leur emboîte le pas. Dans les faits, je sais que même au Canada, McDonalds a déjà commencé à installer ce genre de guichets dans leurs restaurants. On pourrait certainement s’attendre à une accélération de ces installations si jamais le salaire minimum augmentait à $15/heure ici aussi.

La décision de Wendy’s n’est  d’ailleurs pas les premiers effets observés aux États-Unis, il y  a un peu plus d’un an, le magazine Forbes rapportait une augmentation des fermetures de restaurants dans la ville de Seattle, qui fût la première à imposer le salaire minimum de $15.

Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les effets qu’une hausse trop grande du salaire minimum apporterait et ça n’a rien d’idéologique non-plus. Ces effets ont été documentées en long et en large comme est en train de le démontrer Vincent Geloso dans une série de billets au Journal de Montréal. La littérature économique est très extensive à ce sujet. Mais évidemment, nous pouvons toujours compter sur des politiciens populistes et des think tank financés par les syndicats pour tenter de vous faire  croire qu’ils peuvent hausser le salaire minimum comme ils veulent sans aucune répercussion. Vous n’avez qu’à observer les américains se casser la gueule avec pour constater que c’est faux.



Les vrais trous de cul du monde

Par Philippe David

J’ai été sidéré à la lecture de ce billet provenant du blogue d’un certain Jean-François Hotte. Je déteste l’idée de lui faire une quelconque publicité, mais je suis incapable de taire ma révulsion de ce torchon immonde. A-t-on idée de cracher son fiel de telle manière contre une ville vivant un tel désastre? Peut-on à ce point manquer d’empathie alors que la ville brûle encore? C’est inimaginable! Laissez-moi vous livrer un court extrait:

«À Fort McMurray, il fait toujours gris, les gens boivent beaucoup d’alcool. Cette ville connaît un grave problème de prostitution, de jeu et de drogue. Pour la plupart, des gens peu éduqués qui veulent s’enrichir rapidement, c’est un mélange toxique pour n’importe quelle société. En investissant dans cette ville éloignée, le Canada participe au génocide intellectuel d’une nation.

Comme au Far West, les hommes se promènent en pick up neuf, le menton bien haut, c’est ça la vie. Il y a souvent des bagarres, les gens consomment beaucoup de drogue pour oublier l’ennui, beaucoup de drogue.

Lorsque j’ai commencé à travailler comme agent de sécurité sur une mine, tout le monde avait un seul but: faire fortune sans études en se renseignant le moins possible sur le monde autour. La sélection naturelle renversée.

Fort McMurray, c’est le paradis de l’individualisme et de la bêtise. Jean Chrétien nous l’a dit, c’est ça le plus meilleur pays au monde.

Je me sentais comme dans un livre de Orwell, une société sans culture, sans personnalité, un objectif commun: dépenser son argent dans les bars, les voitures et sur les tables de Blackjack du Boomtown.»

Mais qui êtes-vous M. Hotte pour juger ces gens qui ne font au final que poursuivre leur rêve? Si vous croyez que Fort McMurray est si pire, vous auriez dû voir ce que ça avait l’air à la Baie James pendant les années 70. Tous des rustres aussi là pour faire un coup de cash. Et alors? Qu’est-ce qu’il y a de si mal à ça? Vous devriez plutôt leur montrer une petite dose de respect. Si vous avez des études, ces gens en ont payé une part grâce à la péréquation.

Parce que voyez-vous, le méchant pétrole sale de l’Alberta paie pour une bonne partie de nos chers acquis sociaux au Québec depuis des décennies à la hauteur de $ 7 à 10 milliards par année parce que nous nous sommes trop bons pour nous salir les mains à développer nos propres ressources. Nous ne voulons même pas savoir si nous avons des ressources à exploiter. Oh non! Tout d’un coup qu’on deviendrait riches nous aussi plutôt que d’être nés pour un petit pain et lever le nez devant ceux qui se défoncent et n’ont pas peur de se salir pour créer de la richesse pour eux-mêmes et les autres qui ne le méritent pas.

Le pétrole sera là pour encore longtemps

Le pétrole sera là pour rester tant et aussi longtemps que ce sera la forme d’énergie la moins coûteuse, et lorsqu’elle cessera de l’être, il y aura une alternative qui sera prête à prendre le relai. Oui, son exploitation défigure le paysage, mais l’exploitation du lithium pour les piles de vos chères voitures électriques et hybrides n’est pas plus jolie.

Lithium mine
Mine de lithium de Soquimich au Chili.

De plus, l’électricité pour alimenter vos Tesla, Miev et Leaf est dans la plupart des endroits générée par des centrales au charbon et au mazout. Car ce n’est pas partout sur la planète qu’il y a le potentiel hydro-électrique du Québec et le solaire et l’éolien ne pourront jamais les remplacer. Il y aurait bien le nucléaire, mais les écolos n’en veulent pas. Crachez autant que vous voulez sur le pétrole sale de l’Alberta, il en reste que vous n’êtes pas aussi verts que vous le croyez. Cessez-donc de regarder les autres de haut parce que vous vous noyez dans toutes vos contradictions. Si nous faisons bonne figure au niveau de l’émission de GES au Québec, c’est surtout grâce à un accident de la nature plutôt que notre bonne volonté et nos barrages ont été construits bien avant qu’on commence à se soucier de nos émissions de CO2. Cessons donc de nous croire plus verts que verts parce qu’en réalité c’est de l’hypocrisie. Ce sondage de 2013 montre que la lutte aux gaz à effet de serre est plutôt basse dans la liste de priorité des québécois alors qu’un approvisionnement moins cher en pétrole est bien plus haut.

sondage priorités Québec 2013

Cessons donc de faire croire que les québécois se soucient plus de l’environnement que les autres. C’est carrément faux.

Un autre portrait de Fort Mc Murray

Heureusement, il y a des portraits un peu plus honnêtes de Fort McMurray comme cet article du Globe and Mail publié en 2015. Il brosse un tableau très différent Fort McMurrray basé sur des faits plutôt que les impressions biaisées d’un cégepien de 19 ans.

Ft McMurray facts

Avec 30,7% de diplômés universitaires, Fort McMurray n’est certainement pas la ville d’ignares incultes que M. Hotte prétend. Et elle est loin d’être aussi sale.

Ft McMurray panorama

Les vrais trous de cul

Non, Fort McMurray n’est pas le trou de cul du monde, mais son malheur a dévoilé une panoplie de véritables trous de cul. Ceux qui se réjouissent de cet incendie et qui tentent de se faire du capital politique et faire avancer leur agenda alors que les flammes ragent toujours. En passant, tous les scientifiques crédibles disent que rien ne peut lier cet incendie aux changements climatiques. Absolument rien! J’ai toujours su que le mouvement environnementaliste est anti-humain. Nous venons d’en voir une belle démonstration. Vous êtes tout ce qu’il y a de plus bas dans l’échelle évolutionnaire. Je vous emmerde tous autant que vous êtes!



La soviétisation des médias canadiens

Par Philippe David

Au cas où vous l’auriez manqué ce weekend, les médias ne se peuvent plus des prouesses intellectuelles de notre Premier Ministre. En effet, une vidéo fait présentement le tour du web montrant notre cher Premier Ministre faire mentir sa réputation de poids-plume intellectuel en damant le pion à un journaliste qui à la blague lui a lancé «J’aurais voulu vous demander à propos de l’informatique quantique, mais… » et ensuite poser sa vraie question au sujet de la mission canadienne contre Daesch. Et Justin Trudeau de saisir la balle au bond en y allant d’un court exposé sur l’informatique quantique aux applaudissements de la foule. Ouah! Tellement impressionné!

Pendant un moment, j’en suis resté bouche-bée. Après tout, si on se fie aux informations biographiques disponibles sur le web au sujet de Justin Trudeau, on constate qu’il a un Bacc. en éducation et qu’il a entrepris une maîtrise en génie à l’École Polytechnique en 2002 qu’il a abandonnée en 2003. Puis il en a commencé une autre en géographie environnementale à McGill en 2005 et abandonné en 2006. Nulle part est-il mentionné de quelconques études en informatique, encore moins en informatique quantique. Cependant, je suppose qu’il aurait pu être autodidacte. Rien n’est impossible. Par contre, ses politiques jusqu’ici sont suffisamment discutables depuis qu’il a pris le pouvoir pour faire douter de ses pouvoirs intellectuels. Et juste par hasard, comme ça, un journaliste lui tend une perche pour prouver qu’il y a peut-être une cervelle derrière ce joli minois. Si vous commencez à vous douter qu’il y a anguille sous roche, je vous félicite parce que c’était effectivement une mise en scène.

(H/T Jean-Marc Boivin)

Pour le savoir, il faut avoir entendu le petit discours que Justin Trudeau a prononcé avant la conférence de presse où il mentionne qu’il a tellement appris sur l’informatique quantique et qu’il espère tellement (à 13:46 de la vidéo du discours) qu’un journaliste lui pose une question là-dessus pendant la conférence de presse. Tellement pas arrangé avec le gars des vues, vous ne pensez pas? Si vous êtes un fan de Trudeau et que vous y aviez crû, je suis tellement désolé de crever votre bulle. Eh non! Justin Trudeau n’est pas un grand intellect, mais il est tellement beau quand même. Continuez de vous faire des illusions quant à sa capacité de gérer vos vies.

Entre-temps on peut peut-être s’interroger où nous en sommes rendus quand nos médias s’emploient sciemment à mentir pour rehausser la réputation de notre P-M. Vous ne commencez pas à trouver que ça ressemble au bon vieux temps de Pravda et TASS? Depuis quand la CBC est-elle devenue une agence de relation publiques pour le PLC?

Le déficit de responsabilité

Par Philippe David

Le premier budget du gouvernement de Justin Trudeau est finalement arrivé et sans surprise, puisque ça fait des semaines qu’il nous y prépare, il vient avec un énorme déficit du genre qu’on avait pas vu depuis très longtemps. Si on avait encore des doutes que Justin soit le fils de son père, nous voilà certainement fixés. Il vient amplement nous démontrer que pour lui, le Canada est ce pays magique où l’argent pousse dans les arbres et qu’il ne peut pas possiblement y avoir de conséquences négatives à un endettement excessif. Dépensons comme s’il n’y avait pas de lendemain car à long-terme, nous serons tous morts après tout. C’est ce que John Maynard Keynes disait. Pour la gestion responsable des fonds publics, on repassera. Pourtant Keynes ne recommandait de faire des déficits que pendant des récessions, pas pendant les périodes de croissance. Il recommanderait  plutôt d’engranger des surplus pendant ces périodes pour mieux faire face à la prochaine récession à venir (parce que vous pourrez être assurés qu’il y en aura d’autres).  Mais au-delà du fondement économique douteux et les risque que ça comporte, il y a un autre aspect de l’idée des dépenses et de l’endettement gouvernemental à tout crin que peu de gens considèrent. C’est plutôt de ça que j’aimerais vous entretenir.

C’est quoi le développement durable?

Au Québec, on se targue d’être tellement plusse meilleurs que les autres au point de vue écologique. Nous, on ne produit pas de pétrole sale! Non môsssieur! Notre électricité, elle est propre, propre, propre! On noie des caribous et on découpe des oiseaux en lamelles pour la produire, mais ça c’est pas grave. On en a en masse des caribous et des oiseaux! On est fiers que notre gouvernement fasse la promotion de moyens de transports électriques, quitte à vouloir augmenter le prix de l’essence pour qu’on prenne des taxis électriques et offrir de l’électricité gratuite pour les autos électriques via des bornes de recharge subventionnées. Nous, on fait du «développement durable», môssieur!

Mais c’est quoi au juste du développement durable? Si on se fie aux grands clercs verts, le développement durable semble plus s’opposer à tous les méchants projets capitalistes qui pourrait abattre un arbre ou obliger des couleuvres brunes à déménager. Dans ce cas, le terme «développement durable» est plus un oxymore. C’est pas du développement, c’est de l’anti-développement.

Pour ma part, j’aime mieux aller à contre-courant et croire que la définition de développement durable devrait aller plus dans le sens de faire plus avec moins. Puisqu’il y aura toujours une demande pour des biens et services qui devra être comblée, il faut la combler, mais en utilisant le moins de ressources possible. Mais où est-ce que je veux en venir avec tout ça? Patience! J’y arrive!

À quoi sert l’économie?

À quoi ça sert l’économie au juste? La réponse courte et simple est tout simplement de produire des biens et services que les consommateurs demandent. La dernière partie de cette définition est probablement plus importante que vous ne croyez parce que si vous la négligez, les gens n’achèteront pas ce que vous produisez et si personne n’achète ce que vous produisez, tout ce que vous avez utilisé pour le produire est perdu, gaspillé. Comment le sait-on? Parce que si vous êtes un entrepreneur et que personne ne veut acheter ce que vous avez produit, vous n’aurez réalisé aucun profit et plus probablement, vous avez essuyé une perte. C’est comme ça que l’entreprise privée détermine si elle utilise ses ressources de façon efficace. Si l’entreprise est capable de produire quelque chose que les consommateurs veulent acheter à un prix supérieur à ce que ça vous a coûté pour le produire, elle aura créé de la richesse. Elle aura créé quelque chose qui vaut plus aux yeux des consommateurs que la somme de ses parties. On décrit souvent le profit comme quelque chose de vil et immoral. Le profit représente l’avarice abject dans l’esprit de plusieurs. Je me demande comment ces gens conçoivent qu’une entreprise puisse survivre sans réaliser de profits? Mais, je diverge. Suffise de dire que le profit est comment on peut mesurer l’efficacité d’une entreprise privée. Plus elle en fait, plus elle est efficace. Dans la réalité, nous ne devrions pas punir une entreprise parce qu’elle fait des profits, nous devrions plutôt souhaiter qu’elle en fasse le plus possible parce que ça veut vraiment dire qu’elle produit le maximum de richesse pour les ressources qu’elle consomme.

Laissez mijoter cette information un moment, on y reviendra un peu plus loin.

C’est quoi un dollar?

Ça peut vous paraître  bizarre comme question, mais c’est très pertinent parce que selon mon expérience, peu de gens ont une idée claire de ce que représente l’argent. Donc, lorsqu’on leur envoie un chiffre de $30 milliards, c’est très abstrait pour eux. Alors permettez-moi d’ouvrir une parenthèse pour tenter de concrétiser la chose dans votre esprit. En terme très concrets, l’argent ne sert qu’à une chose: c’est un médium servant à l’échange de biens et services. Alors lorsque vous regardez ces petites pièces dorées dans vos poches, dans votre esprit vous devriez visualiser les produits et services que ce dollar peut vous procurer. Si votre imagination a besoin d’aide, allez faire un tour dans un Dollarama. Maintenant que vous pouvez visualiser un dollar de biens et services, essayez d’en visualiser 30 milliards. Assez concret pour vous? Maintenant, imaginez toutes les matières premières, la main d’oeuvre, l’outillage, etc. nécessaires à produire ces biens et services. Avez-vous maintenant une idée plus précise combien de ressources représentent $30 milliards? C’est énorme!

Maintenant une question-piège, que représente un déficit de $30 milliards? Vous l’avez presque! C’est $30 milliards de biens et services que nous produiront quelque part dans le futur qui seront pris dans vos poches. En d’autres mots, ce sont une quantité énorme de biens et services qui seront consommés dans le présent, mais qui seront prélevés quelque part dans le futur sous forme de taxes. C’est ça un déficit budgétaire. Ce sont des taxes différées.Une autre petite pièce d’information à classifier.

Une raison «écologique» de s’opposer aux déficits

Maintenant que nous avons établi certains faits, j’aimerais vous faire réfléchir à quelque chose. Comme je le mentionnais au début de cette chronique, les québécois se soucient beaucoup de l’environnement, du développement durable et de la sur-consommation et ils ont raison de s’en soucier. Pourtant ce qui est étrange, c’est que ceux qui se disent le plus soucieux de ces enjeux sont également ceux qui seront les plus susceptibles de proposer des solution impliquant une intervention gouvernementale et les plus susceptibles d’approuver qu’un gouvernement creuse des déficits. Pourtant, en toute logique, ça devrait être tout le contraire. Si vous vous souciez vraiment de préserver les ressources pour l’avenir. Si vous êtes vraiment inquiets de la surconsommation par le genre humain, le gouvernement est probablement la dernière chose à laquelle vous devriez faire appel.

Le plus gros gaspilleur de ressources

Il existe quatre façons de dépenser de l’argent.

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Comme vous pouvez le constater, la façon la plus efficace de maximiser la valeur est quand on dépense son argent pour soi-même et la moins efficace est lorsqu’on dépense l’argent des autres pour les autres. Alors comment pouvez-vous croire que confier vos ressources au gouvernement est la façon la plus efficace de régler les problèmes de la société? Vous n’avez qu’à ouvrir un journal pour voir tous les exemples de gaspillage éhonté des fonds publics. Vous croyez sincèrement que les fonctionnaires savent mieux gérer votre argent que vous?

De plus, le gouvernement est absolument incapable de faire une analyse coût/bénéfice. Vous vous souvenez qu’au début de ce texte, j’ai mentionnée qu’une entreprise mesure l’efficacité de son utilisation des ressources par les profits? Le gouvernement ne fait pas de profit. Il ne crée aucune richesse. Il ne peut que consommer ou redistribuer. Quand il consomme, les ressources consommées sont perdues. Lorsqu’il redistribue, c’est généralement des plus productifs aux moins productifs. Lorsque le gouvernement subventionne par exemple, il le fait en taxant les entreprises les plus profitables pour renflouer des entreprises qui ne le sont pas (sinon pourquoi auraient-elles besoin de subvention?).  Bref, le gouvernement n’a aucune façon empirique d’évaluer s’il gère les ressources efficacement alors comment le pourrait-il?

Vous qui prêchez pour un développement durable, pourquoi insistez-vous que le plus grand gaspilleur de ressources règle vos problèmes. Vous qui vous vous souciez tant de la surconsommation, pourquoi ne vous souciez-vous pas que le gouvernement consomme les précieuses ressources dont vos enfants et petits enfant auront besoin pour résoudre leurs propres problèmes. N’est-ce pas déjà assez de dévorer le ici et maintenant? Il faut aussi engloutir le demain? C’est ça pour vous une gestion soutenable et responsable de vos ressources?

Essentiellement, le budget que Justin Trudeau et son gouvernement ont présenté consiste à récompenser ses supporteurs sur le dos des générations futures sans vraiment garantir aucun gain économiques pour l’ensemble du Canada. Le supposé cadeau aux familles de la classe moyenne est un cadeau empoisonné. M. Trudeau leur distribue ces nananes en disant «Allez-y! Consommez!» Et lorsqu’elles auront fait ça, leurs enfants devront réparer les pots cassés. Mais pourquoi s’en faire? Rendus là, ça ne sera plus le problème de Justin Trudeau, pas vrai?

 

Se donner bonne conscience aux dépens des autres

Par Philippe David

Une image vaut mille mots et il n’en faut pas plus quelques fois pour déplacer des montagnes. La mort d’Aylan Kurdi fût une tragédie et a déclenché des vagues de sympathie d’un bout à l’autre du globe pour les réfugiés de la guerre en Syrie.  Cependant, cet élan de générosité est dans bien des cas,  fantoche.

Si je pouvais rassembler des centaines de milliers de mes concitoyens dans un seul endroit et que je leur demandais qui veut que le Canada accueille plus de ces réfugiés, je n’ai aucun doute que je verrais des centaines de milliers de mains levées et un grondement d’acclamations. Par contre, que se produirait-il si je demandais combien d’entre eux seraient prêts à parrainer une famille de ces réfugiés et en être responsable? Je parie qu’il y aurait beaucoup moins de mains levées  et que le son des grillons menacerait de noyer celui des vivats de la foule. Et pourquoi donc? N’avez-vous donc pas le désir d’aider ces pauvres réfugiés  pour qu’ils s’intègrent bien dans notre société et y trouvent une vie meilleure? Ou n’avez vous ce désir que lorsque ça ne vous engage à rien personnellement. Êtes-vous atteint de caritite socialiste? Vous savez cette maladie qui vous pousse à être généreux avec l’argent des autres? Nous avons une pandémie ici au Québec. La plupart des personnes atteintes ont une envie irrésistible de voter QS ou NPD. (Quoique Philippe Couillard travaille fort à gagner leurs votes en ce moment) Si vous croyez que la personne la plus vertueuse est celle qui gueule le plus fort pour que le gouvernement prenne soin de ces réfugiés, il y a une réalité qui vous échappe totalement. 

Le gouvernement ne possède rien qu’il n’a pas pris par la force à quelqu’un d’autre qui l’a légitimement gagné.

La myopie, voire l’aveuglement total, est certainement un des symptômes majeures  de la caritite socialiste. Ceux qui en souffrent refusent carrément de voir les conséquences de leur soi-disant «charité». Ils sont totalement aveugles au fait qu’en demandant au gouvernement de faire ceci ou cela c’est de lui demander de mettre un fusil sur la tempe de tous les autres pour les contraindre à leur idée. Ainsi, lorsque vous fustigez M. Harper pour sa prudence envers l’influx de réfugiés et que vous encensez MM Trudeau et Mulcair de vouloir ouvrir grand les portes, vous leur dites essentiellement que pour que vous ayez bonne conscience, ils doivent faire les poches de vos voisins, qu’ils le veuillent ou non. Parce que croyez-moi, pour des raisons qui leur appartiennent et qui peuvent être parfaitement légitimes, pas tous vos voisins sont d’accord avec vous, alors pourquoi devraient-ils être contraints de payer pour votre acte de charité?

Mais les sondages disent que la majorité le veut…

Quelque chose d’immoral ne devient pas subitement moral parce que la majorité en a décidé. Et si on passait un vote pour légaliser le meurtre et que la majorité votait oui? Serait-ce moral de tuer son voisin pour autant? Alors qu’est-ce qui vous porte à croire que lorsque le gouvernement confisque un grand pourcentage du revenu des contribuables, ce n’est pas du vol? Ça le serait définitivement si vous ou moi le faisions. D’ailleurs, prélever un certain pourcentage de vos revenus contre de la «protection» n’est-il pas une des activités préférées de la mafia? Pourquoi serait-ce immoral quand la mafia le fait, mais parfaitement moral si le même acte est commis par l’état? Donc l’argument de la majorité n’est que pure foutaise. La sanction de la majorité ne donne aucune autorité morale, ça ne fait en réalité que démontrer que la loi de la majorité est tyrannique.

socialisme illustré
Avez-vous la «caritite socialiste»?

La charité vient du coeur, pas du canon d’un fusil

Je serai toujours estomaqué de voir combien de gens croient que de réclamer que le gouvernement pille les uns pour le donner aux autres, c’est faire preuve de générosité et de charité. La charité est un sentiment admirable, mais elle doit provenir du coeur et elle doit être un sacrifice volontaire. Une personne vraiment charitable se prive volontairement d’une partie de ses biens matériels pour en aider une autre qui an a besoin. Il n’y a probablement rien qui caractérise mieux ce qu’il y a de bon dans l’humanité. Mais cet acte perd tout son sens si on y est forcé parce que la fin ne justifie pas les moyens. Beaucoup de gens ont besoin d’aide. Si nous sommes tous fondamentalement de bonnes personnes, nous les aideront volontairement. Il n’est pas nécessaire de nous mettre un fusil sur la tempe. Et nous aiderons ceux que nous voulons aider, pas ceux que les autres auront décidé que devrions aider. Si vous tenez tant à venir au secours des réfugiés, faites-le personnellement en parrainant l’un deux ou en contribuant à une oeuvre de charité qui leur portera secours, mais ne demandez pas au gouvernement de leur porter secours en forçant les autres à le faire à votre place. Si vous ne faites que réclamer que le gouvernement accueille ces réfugiés sans faire vous-même une contribution personnelle, alors vous ne faites que vous donner bonne conscience aux dépens des autres et c’est de la pure hypocrisie.

La sagesse collective de l’ignorance individuelle

Par Philippe David

Laissez-moi partager avec vous une citation qui est très lourde de sens et qui définit très bien la démocratie:

«La démocratie, c’est la croyance pathétique en la sagesse collective de l’ignorance individuelle» – H. L. Mencken

Cette affirmation se marie très bien avec celle de Churchill selon laquelle le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen. Alors que dans quelques semaines, ces ignorants s’apprêtent à retourner aux urnes et élire un nouveau gouvernement, j’aimerais amener ceux qui le peuvent encore à réfléchir un peu. Si vous êtes d’accord avec la citation ci-haut, pourquoi votez-vous?

C’est une question pertinente. Voyez-vous, notre société est fondée sur une fausse prémisse et c’est que l’homme est un loup pour l’homme et on ne peut donc pas lui confier la liberté de se gouverner lui-même, nous devons plutôt confier à d’autres hommes qui ne sont pas plus aptes que les autres à se gouverner eux-même, la tâche de gouverner et tenir en laisse par la coercition et la force des millions de leurs semblables. En plus, dans un pays démocratique, on donne le soin à une masse d’ignorants de choisir ces personnes et on s’imagine construire une société juste et viable à long-terme. Vous trouvez que ça a du sens, vous? Moi non.

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L’ignorance rationnelle

On dit que le citoyen moyen est «rationnellement ignorant». Ce n’est pas nécessairement par manque d’intelligence, mais plutôt parce qu’il n’a pas le temps de se tenir au courant de tout ce qui se passe et tout se qui se trame dans les coulisses du pouvoir. Les médias ne font pas ce qu’il faut pour le tenir informé non-plus. Même que trop souvent, ils se font complices du pouvoir et re-dirigent l’attention du citoyen vers des informations triviales et gardent les informations importantes sous couvert. Bien souvent, le citoyen n’est pas assez compétent pour analyser l’information qu’on lui donne et devient la proie facile de pseudo-experts. Donc, à moins de vouloir faire un effort supplémentaire pour s’informer, au-delà du pré-mâché des médias de masse, le citoyen ne dispose pas de ce qu’il a besoin pour prendre une décision informée afin de voter. La plupart des gens ne feront pas cet effort supplémentaire et goberont le pré-maché qu’on leur aura servi et se féliciteront d’être si bien informés.

Le pouvoir corrompt et est un aimant pour les corruptibles.

Que les électeurs soient ignorants n’est pas le seul problème. J’ai écrit plus haut que la prémisse même qui est le fondement de l’existence de tout gouvernement est que l’homme est incapable de se gouverner lui-même et que donc, il doit être gouverné par d’autres. Le paradoxe étant que les autres en question ne sont pas plus qualifiés pour s’auto-gouverner et encore moins pour gouverner des millions. Mais vous êtes-vous arrêté vraiment à penser quel genre d’homme peut être attiré par le pouvoir sur les autres hommes? Un homme juste et honnête cherche-t-il à contrôler ses voisins et leur imposer ses diktats par la force?  Non! Le genre d’homme qui est porté à utiliser la force pour parvenir à ses fins n’est-il pas justement le genre d’homme dont nous voudrions être protégés par l’état? N’est-ce pas justement le genre d’homme apte à être corrompu par le pouvoir?

Donc, si c’est vrai que l’homme est un loup pour l’homme pourquoi diable voulez-vous abandonner votre liberté dans les mains de quelqu’un d’autre? Ça n’a aucune logique! À moins, bien sûr de vouloir admettre que vous êtes une perruche en cage qui continue de chanter à l’abri des prédateurs avec ses graines, son eau et ses bibelots fournis par un maître bienveillant, totalement inconsciente de ce qu’elle manque. Est-ce votre cas? Est-ce plus facile d’abandonner votre liberté de choix que de vous prendre en main et voler de vous-même. Est-il plus facile d’abandonner vos responsabilités aux autres, afin de mieux pouvoir les blâmer quand il s’avère qu’ils ne savent pas mieux que vous comment gérer votre vie? Est-ce pour ça que vous votez?

Si vous vous imaginez que vous vivez en liberté parce qu’on vous permet de choisir un nouveau maître dans un concours de beauté à tous les quatre ans, vous faites grossièrement erreur. Voter, c’est choisir de demeurer dans votre cage dorée jusqu’à ce que vous perdiez l’usage de vos ailes. Voter, c’est consentir à votre esclavage. C’est consentir à être gouverné et être gouverné dans les paroles de Pierre-Joseph Proudhon c’est ….

etre gouverne - proudhon

C’est ça être libre selon vous? Je vous redemande. Pourquoi votez-vous?

Élections fédérales 2015 : Le Québec sera un champ de bataille important

Par Simon Leduc

 

Les prochaines élections fédérales auront lieu le 19 octobre prochain. La Belle province sera un important champ de bataille. Avec la chute du PLC, ce sera une lutte entre le NPD et le Parti conservateur.   Ce dernier est en bonne position pour reprendre les comtés (de la région de Québec) qui ont été perdus aux mains des troupes de Thomas Mulcair le 2 mai 2011. Malgré le retour de Gilles Duceppe, le Bloc occupe la troisième place. Voici les dix circonscriptions à surveiller au Québec.

Première partie :

Terrebonne-Blainville :

Cette circonscription  était une forteresse bloquiste de 1993 à 2011. Elle a été emportée par la vague orange en 2011. La candidate du NPD, Charmaine Borg, avait obtenu 49% des voix contre 30% pour la bloquiste Diane Bourgeois. Le Parti conservateur présente un candidat vedette, Michel Surprenant. Après la disparition de sa fille (en 1999), il a milité pour le droit des victimes d’actes criminels. Depuis quelques années, il préside l’AFPAD[1] afin de défendre les victimes de crimes violents. M Surprenant est une personnalité connue du grand public et il représente l’espoir des conservateurs dans la Couronne Nord. Les électeurs de ce comté ont déjà élu un député conservateur durant le règne de Brian Mulroney. Le retour de Gilles Duceppe pourrait donner un second souffle au Bloc et diviser le vote progressiste avec le NPD.   Michel Surprenant aurait une chance de se faufiler avec la victoire.

Charlesbourg-Hautes-St-Charles :

Si le PCC veut faire des gains au Québec le 19 octobre prochain, il doit gagner ce comté de la région de Québec. Le 2 mai 2011, le NPD a arraché Charlesbourg-Hautes-St-Charles aux conservateurs par l’entremise de la vague orange. Anne-Marie Day est la députée sortante et elle avait obtenu 45% des voix lors du dernier scrutin. Selon certains observateurs, elle n’a pas été très présente dans le comté pendant son mandat de quatre ans. Le PCC présente une figure très connue de la région de Québec, l’entrepreneur Pierre Paul-Hus. Cet ancien officier supérieur de l’Armée canadienne est l’éditeur du magazine PRESTIGE et le Directeur général des Sélections Mondiales des Vins-Canada. La députée sortante aura fort à faire pour vaincre M. Paul-Hus. Donc, ce comté devrait revenir dans le giron conservateur avec Louis-St-Laurent (Gérald Deltell) et Beauport-Limoilou (Alupa Clarke).

Mont-Royal :

C’est un château fort libéral depuis 1940. C’est un véritable bastion rouge qui a été représenté par l’ancien premier ministre Pierre E. Trudeau (1965 à 1994) et par le député sortant Irwin Cotler (depuis 1999). Ce dernier y a régné en maître de 1999 à 2011, mais le candidat conservateur a fait fondre sa majorité à seulement 2500 voix en 2011. Ce sera une chaude lutte entre le conservateur Robert Libman et le libéral Anthony Housefather. Si le PCC veut faire une percée dans la métropole, il doit cibler cette circonscription et celle de Lac-St-Louis où il y présente une vedette économique, Éric Girard.

Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia :

C’est un bastion du Bloc depuis 1993. Le député sortant est Jean-François Fortin, élu sous la bannière bloquiste. Ce dernier l’a quitté après l’arrivée de Mario Beaulieu à la tête du parti. M. Fortin a fondé sa propre formation politique, Force et Démocratie. La défense des intérêts des régions est le principal cheval de bataille de ce nouveau parti. M. Fortin va se présenter sous sa bannière le 19 octobre prochain. Ce comté avait résisté à la vague orange le 2 mai 2011. Donc, la lutte se fera entre M. Fortin et le candidat du Bloc québécois. Le député sortant est connu dans la région. Il a été le maire de Flavie entre 2006 et 2009. Réussira t-il à se faire élire sous la bannière de sa formation politique? C’est à suivre. Gilles Duceppe doit remporter ce comté s’il veut vraiment ramener son parti sur le chemin de la victoire.

Laurier-Ste-Marie :

La semaine dernière, Gilles Duceppe a annoncé sa candidature dans cette circonscription de l’Est de Montréal. Ce dernier a représenté les électeurs de ce comté à la Chambre des communes de 1990 à 2011. Il a été le premier élu de l’histoire de la formation politique souverainiste. Mais en 2011, il a été emporté par la vague orange. La députée sortante, Hélène Laverdière, avait obtenu 46% des voix contre 36% pour son adversaire bloquiste. Celui-ci va devoir reconquérir le cœur des habitants de ce territoire afin de revenir à la Chambre des communes et diriger son parti. Est-ce que les électeurs de cette circonscription vont revenir à leur ancien amour ou vont-ils continuer avec le NPD? Le résultat dans ce comté va être significatif pour le Bloc. Si son chef ne réussit pas à s’y faire élire, ce sera la fin pour le Bloc québécois et on assistera à la fin d’une époque. On saura la réponse le soir du 19 octobre.

[1] L’Association des familles de personnes assassinées ou disparues

Entretien avec le candidat du PCC dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus

Par Simon Leduc

Pierre Paul-Hus va représenter le Parti conservateur du Canada dans le comté de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles. Le 19 octobre prochain, il va tenter de ramener cette circonscription dans le giron conservateur. Je me suis entretenu avec lui. L’entretien va porter sur sa campagne électorale locale, sur la libération d’Omar Khadr et sur la proposition fiscale de Justin Trudeau.

Q : Vous êtes officiellement candidat conservateur dans le comté de Charlesbourg. Quels seront les enjeux que vous allez défendre durant votre campagne électorale locale?

R : Il n’y a pas, pour le moment, de grands enjeux fédéraux dans la circonscription, mais j’ai des idées pour améliorer beaucoup de chose et je garde cela pour moi pour l’instant Donc, je vais me concentrer à défendre le bilan du gouvernement conservateur dans les domaines de l’économie et de la sécurité. La grande majorité de la population du comté est composée de jeunes familles et de personnes âgées. Dans notre plateforme électorale, on propose des mesures fiscales qui vont aider directement les jeunes familles : le fractionnement du revenu, la hausse de la prestation pour la garde d’enfants, la hausse du plafond des cotisations au CELI (de 5000$ à 10 000$), etc. Le PLC propose des baisses d’impôts, mais va t-il tenir promesse? Durant ma campagne, je vais dire à mes concitoyens que le gouvernement Harper a tenu ses promesses concernant la baisse de leur fardeau fiscal et qu’il faut continuer sur la même voie. Quand M. Harper promet quelque chose, il tient parole. Si M. Trudeau est élu, celui-ci va se rendre compte qu’il n’aura pas les moyens de ses ambitions. Subséquemment, les personnes âgées sont très préoccupées par l’enjeu de la sécurité du pays face à la menace terroriste. Le Parti conservateur du Canada est le seul parti politique qui prend vraiment cela au sérieux. Le projet de loi C-51 va donner plus de pouvoir aux agences de renseignement afin qu’elles puissent démasquer des terroristes potentiels et mieux protéger les Canadiens. C’est quelque chose que je vais parler durant ma campagne, car c’est très important pour le Canada.

Q : Qui sera votre véritable adversaire lors de la prochaine campagne électorale?

R : Dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, cela va être une bataille entre le Parti conservateur et le NPD. La députés sortante, Anne-Marie Day, sera ma principale adversaire. Celle-ci n’a vraiment pas un bon bilan comme députée. Je rencontre des gens du comté et ils me disent tous que Mme Day est une députée fantôme. On ne la voit jamais dans la circonscription. Je ne vais pas perdre mon temps en l’attaquant. Je vais me concentrer sur ma campagne et dire aux gens que s’ils me choisissent, je vais bien les représenter et défendre leurs intérêts à la Chambre des communes. Après le 19 octobre, la population du comté va avoir un vrai représentant et non pas un fantôme, comme c’est le cas actuellement.

Q : Que pensez-vous de la libération de Omar Khadr?

R : Le gouvernement canadien a admis qu’il y a des choses qui n’avaient pas été fait correctement lors de sa détention à la prison de Guantanamo. Mais Omar Khadr a reconnu sa culpabilité pour le meurtre d’un soldat américain. Je pense qu’il aurait dû purger la totalité de sa peine de prison. Les autorités américaines ont accepté de le transférer au Canada sous condition que le détenu purge toute sa peine. Je crois que l’on envoie un très mauvais message aux autres pays. Dorénavant, ceux-ci vont y penser à deux fois avant d’extrader un autre prisonnier au Canada.

Q : Que répondez-vous à ceux qui affirment qu’il était un enfant soldat et qu’il n’était pas responsable de ses gestes?

R : Le paternel d’Omar Khadr était un sympathisant d’Al-Qaïda et il a entrainé son fils dans le terrorisme. Mais, au moment des faits, il avait quinze ans. Selon moi, il savait exactement ce qu’il faisait. Celui-ci a tué un soldat américain et il méritait d’être jugé en conséquence.

Q : Que pensez-vous des baisses d’impôts que Justin Trudeau a promis aux Canadiens s’il est élu premier ministre le 19 octobre prochain?

R : Le chef libéral affirme que le fractionnement du revenu et la hausse du plafond du CELI vont seulement profiter aux riches. C’est totalement faux. Nos mesures vont permettre aux familles de la classe moyenne de payer moins d’impôts et d’épargner à l’abri du fisc. Justin Trudeau croit que la hausse du fardeau fiscal des riches va faire rentrer plus d’argent dans les coffres de l’État, c’est de la pensée magique. Tout le monde sait que si on impose trop les plus nantis, ceux-ci vont trouver des échappatoires fiscaux (avec l’aide de fiscalistes) afin d’éviter d’en payer plus. La mesure fiscale de Trudeau va faire perdre de l’argent au gouvernement. Donc, je me pose une question : Où va t-il trouver l’argent pour financer ses baisses d’impôts pour la classe moyenne? Selon moi, le chef libéral ne pourra pas tenir parole.

Q : Est-ce que la victoire surprise du NPD albertain pourrait nuire au PCC en Alberta le 19 octobre prochain et aider le NPD fédéral dans cette province?

R : La réponse est non. Durant la campagne électorale albertaine, le NPD albertain s’est dissocié de son cousin fédéral. La nouvelle première ministre de la province ne voulait pas que les Albertains fassent un lien entre son parti et les troupes de Thomas Mulcair. Le NPD fédéral est clairement une formation politique de gauche (socialiste), tandis que son cousin albertain est de centre-gauche. Par exemple, le premier est très hostile à l’industrie pétrolière albertaine, tandis que le second a tendu la main à celle-ci. Donc, il y a une grosse différence entre les deux partis. Je trouve que c’est de la récupération politique de la part des néodémocrates et de l’opportunisme pur et simple. Selon les sondages d’opinion, le Parti conservateur du Canada obtient entre 50 et 55% des voix en Alberta, c’est le même pourcentage qu’ont obtenu le PPC et le Wildrose Party lors du scrutin albertain. Donc, l’Alberta reste un château fort pour notre parti et elle va le rester lors des prochaines élections. Il n’y aura pas de vague orange dans cette province de l’Ouest le 19 octobre prochain. Q : Comment expliquez-vous la victoire historique de la gauche en Alberta? R : Selon moi, il n’y a aura pas de révolution progressiste en Alberta. L’élection d’un gouvernement NPD majoritaire est un vote de protestation. Les Albertains voulaient se débarrasser des conservateurs (après 44 ans de pouvoir) et le Wildrose party n’était pas prêt de former le gouvernement. Donc, ils se sont tournés vers le NPD, qui a bénéficié de la bonne campagne de sa cheffe Je crois que le chef conservateur, Jim Prentice, a fait une très mauvaise campagne. Il a déclenché des élections anticipées après la présentation d’un budget austère, les gens ne l’ont pas pris du tout. Les Albertains voulaient changer de gouvernement et l’autre parti de droite n’était pas prêt. Donc, je crois que cela peut expliquer la victoire majoritaire du NPD. 

 

De bleu à orange. Quand l’Alberta vire à 180 degrés.

Par Philippe David

Doit-on être surpris des résultats des élections d’hier en Alberta? Pas vraiment! Après 45 ans au pouvoir, les conservateurs étaient déjà usés à la corde, puis ils ont convaincu la cheffe du Wild Rose à déserter son parti et je crois que les albertains ne l’ont certainement pas apprécié. S’ils comptaient réunir la droite albertaine en faisant ça, c’est complètement raté et ça leur est retombé sur le nez. Les conservateurs ont opté pour une élection hâtive et ont payé le prix de leur témérité et leur manque de transparence. 

Est-ce qu’on assiste à un virage permanent de l’Alberta vers la gauche? Je ne crois pas. Les albertains sont fièrement conservateurs, mais puisque le Wild Rose n’était pas encore remis de la désertion de Danielle Smith, ça a permis au néo-démocrates de se faufiler. Les albertains voulaient détrôner les conservateurs, mais je doute qu’ils cessent d’être conservateurs pour autant.

Le NPD albertain n’est pas vraiment prêt au pouvoir et une grande proportion de ses candidats étaient des « poteaux ». Tenter de gouverner une province avec une bande de néophytes ne sera pas de tout repos et leur programme n’aura pas un accueil si enthousiaste. Je suis prêt à parier que lorsque leur compte de taxe augmentera (inévitablement avec une parti dépensier comme le NPD) et qu’ils verront leurs surplus budgétaires fondre comme neige au soleil et être remplacés par des déficits et une dette croissante comme les autres provinces, on verra les albertains déchanter bien assez tôt. La lune de miel risque d’être plutôt courte. Je ne serais pas trop surpris que ce soit le tour du Wild Rose aux prochaines élections s’ils jouent bien leurs cartes.

En attendant, les politiques que veulent implémenter les néo-démocrates vont très probablement réduire la richesse relative de cette province dans l’ensemble du Canada et c’est une bonne nouvelle pour la droite québécoise.

Dans un premier temps, nous serons au premières loges pour pouvoir observer l’effet NPD sur l’économie albertaine. Ce sera probablement comme le passage de Bob Rae en Ontario. Ceci apportera un peu d’eau au moulin de ceux qui voudraient un peu plus de liberté économique au Québec. En boni, la péréquation risque de se retrouver amputée au Québec et nous pourrons aussi constater à quel point notre belle province en est dépendante.

J’ai hâte de voir comment réagira notre gouvernement devant ce gros manque à gagner. Augmenter les taxes et impôts ou pelleter sur la dette en retombant en déficit sont des solutions qui risquent de ne pas être trop populaires. Le gouvernement n’aura que deux autres choix, débloquer l’exploitation des ressources qu’on se refusait à exploiter avant pour ne pas se salir les mains et regarder les albertains de haut pendant que nous parasitions gaiement les revenus de leurs ressources sales, et créer un peu de richesse à taxer (bien sûr); ou bien de sabrer dans tous ces beaux services que les autres provinces ne se paient pas et que nous n’aurons pas les moyens de payer sans notre sempiternel chèque de BS.

Les deux cas feront grand plaisir à la droite québécoise, qui verra tous ses voeux réalisés. Qui sait, peut-être que ça pavera le chemin à l’élection d’un parti plus à droite au Québec. On peut toujours rêver…