Archives de catégorie : Politique

Fusion ADQ-CAQ: des lettres de Christian Lévesque et Gérard Deltell incluses avec les bulletins de vote

 

Par Philippe David

 

Par l’entremise de membres du comité Restons ADQ, j’ai obtenu des photographies des documents envoyés aux membres de l’ADQ afin qu’ils se prononcent sur l’entente de fusion avec la Coalition Avenir-Québec. Outre le bulletin de vote, une lettre expliquant la marche à suivre de la firme Raymond Chabot, Grant Thornton, une copie de l’entente de principe et une fiche d’informations à remplir; on y trouve également des lettres de MM. Gérard Deltell et Christian Lévesque. Rappelons que l’exécutif national a refusé de permettre au comité Restons ADQ d’inclure une lettre contenant des arguments contre la fusion.

Bien qu’aucune de ces deux lettres n’incitent les membres à voter oui ou non comme tel, M. Deltell y exhorte les membre à se prononcer en grand nombres tandis que M. Lévesque rappelle que l’exécutif national du parti a voté à la hauteur de 85% en faveur de l’accord de fusion. Mais même si elles sont relativement banales, elles rappellent au membres que leur chef et leur exécutif sont en faveur de cette entente et vont à l’encontre de la neutralité qui aurait été de mise dans cet exercice. Ça ne pourrait être vu que comme une façon d’influencer les membres. Déjà que le texte de l’entente ressemble à un baratin de vente pro-fusion. Le tout va certainement donner des arguments à ceux qui croient que le processus était

Denis Claveau, président de la commission des jeunes, dit avoir un problème avec l’inclusion de lettres de deux ténors pro-fusion, mais il  qualifie le tout comme étant « une annonce de fusion sans saveur et surtout, sans projet ».

 

Lettre de Gérard Deltell

Lettre de Christian Lévesque

Webinar: Enjeux Québec

 

XTRM Media en collaboration avec Le Prince Arthur Herald présentent

 Conférence-Web présentée par Jeff Plante en deux soirées

Mercredi et Jeudi les 7 et 8 décembre prochain

En vedette:

Un document circulerait disant que le programme de l’ADQ serait parfaitement compatible avec celui de la CAQ. Y a-t-il vraiment compatibilité?  Quelles sont les incompatibilités? Vous êtes à la place de Gerard Deltell, vous devez analyser les idées, que décideriez-vous?

Vaut-il la peine pour les gens de droite d’aller voter pour “sauver” l’ADQ de la fusion avec la CAQ?

En laissant aller l’ADQ avec la CAQ, est-ce que les droites ( fiscales, sociales, libertariennes) peuvent coopérer ensemble comme cela se fait ailleurs dans le monde?

Qu’est ce qui nous unit? Quelles sont nos valeurs communes?

INSCRIVEZ-VOUS TOUT DE SUITE LES PLACES SONT LIMITÉES

 

On s’inscrit ici pour la conférence de mercredi le 7 décembre avec Richard Décarie

On s’inscrit ici pour la conférence de jeudi le 8 décembre avec Adrien Pouliot

Pour plus de détails…

Manifestation citoyenne usurpée par la CSN

Montréal – Une démonstration anti-corruption qui aurait dû être tout azimuth a été usurpé par la CSN. Plus tôt cette semaine, des négociations qui auraient vu des représentant de la gauche et de la droite côte à côte dans la revendication d’une commission d’enquête sur la corruption dans le domaine de la construction, ont achoppé après un volte-face des représentants syndicaux. Selon ce communiqué de l’animateur radio Jeff Plante:

« Nous avions conclu ce matin avec M Poirier, l’un des organisateurs, une entente afin de faire un rassemblement tout azimut pour, nous le croyions, faire front commun sur la situation qui accable le Québec présentement.

Nous avions convenus de nos deux porte paroles présent même si 6 des 8 autres porte parole sont identifiés à la gauche québécoise pro syndicale. Malgré les nombreuses critiques sur internet de l’omniprésence syndicale au niveau de l’organisation nous avions tout de même acceptés les termes de l’entente, car nous travaillons tous pour un meilleur Québec. Enfin c’est ce que nous pensions.

Malheureusement ce soir malgré la parole donnée et l’entente conclue, la petite politique partisane et corporatiste a repris le dessus et ces gens ont renié leur entente malgré la parole donnée.

Donc nous concluons que cette manifestation sera une manifestation d’une gauche québecoise exclusive et divisive.

Nous avons réellement agi de bonne foi nous n’avons même pas négocié qui parlerait du côté gauche, c’est pas de nos affaires. Nous faisons confiance en l’intelligence des gens. Il s’avère que c’était trop demander. »

L’entente aurait permis à des représentants de droite comme Jeff Plante et Éric Duhaime de s’adresser à la foule au côtés des leaders syndicaux.  Plusieurs groupes de droite, en appellent au boycott de l’évènement.

Départ de Nathalie Normandeau : jeu de chaise musicale

Nathalie Normandeau, vice-première ministre, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et ministre responsable du Plan Nord et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, vient d’annoncer son départ de la vie politique.

Cette décision était mûrie depuis quelques mois. Jean Charest n’a pas réussi à la retenir, mais elle a accepté d’attendre son retour de l’Asie pour montrer un signe d’unité. La démission tombe mal pour Jean Charest, qui doit faire la promotion de son Plan Nord en guise d’héritage politique, et surtout remonter dans les intentions de vote (même si le Parti québécois connaît des difficultés) tout en contrant la montée du « parti » de François Legault.

Il perd également une autre ministre senior qui faisait la « sale job » pour lui, comme dans le cas de Jacques P. Dupuis. Pire encore, il perd possiblement le comté de Bonaventure, en Gaspésie, où seule Nathalie Normandeau avait la capacité de se faire élire haut-la-main. Sachant qu’il détient une majorité anémique, Jean Charest pourrait perdre la majorité des sièges à l’Assemblée nationale avec une ou deux démissions libérales. Il devra récompenser les récalcitrants.

À court terme, il vient d’annoncer la nomination de Line Beauchamp comme vice-première ministre. Elle devrait bien s’acquitter de la besogne, qui consiste essentiellement en le remplacement du premier ministre lorsqu’il n’est pas en terre québécoise. Clément Gignac vient d’hériter des Ressources naturelles, ce qui ne sera pas facile. Il devra nager dans les eaux troubles des gaz de schiste, du développement minier, des hydrocarbures et d’Hydro-Québec. Fait étonnant, Yves Bolduc, ministre originaire du Saguenay parachuté à Québec, hérite du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Les trois députés libéraux des régions concernées sont déçus de ne pas accéder au Conseil des ministres.

Outre les ministres Gignac et Beauchamp (et un peu Bolduc), le remaniement ministériel touche Sam Hamad, qui devient ministre du Développement économique, et qui est remplacé par Pierre Moreau aux Transports. De plus, Yvon Vallières s’occupera des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne.

Pour en revenir à Nathalie Normandeau, elle quitte vraisemblablement pour des motifs personnels. La politique est très exigeante. Sa relation avec Yvan Delorme, ancien chef de la police de Montréal, a pu influencer sa décision. Elle a quand même consacré 16 ans à la vie publique, municipale et provinciale. Peut-être n’est-ce qu’un au revoir de courte durée, qui sait…

Le RLQ presse le gouvernement d’écouter la population et de réformer le Code du travail

COMMUNIQUÉ (Version PDF)Pour diffusion immédiate

QUÉBEC, le 1er septembre 2011 – Le Réseau Liberté-Québec tient à réagir aux chiffres présentés dans le plus récent sondage d’InfoTravail.

Tout d’abord, il faut souligner que de plus en plus de Canadiens font les mêmes constats que les membres du Réseau Liberté-Québec sur la transparence syndicale. En effet, 83 % des Canadiens se disent en faveur d’une divulgation financière publique obligatoire régulière, pour les syndicats des secteurs public et privé. « Il est grand temps que la classe politique reçoive clairement le message de la population au lieu de se plier aux exigences des élites syndicales. Il est impératif que soit réformé le Code du travail » a affirmé Joanne Marcotte, porte-parole du Réseau Liberté-Québec.

De plus, à l’instar des membres du Réseau Liberté-Québec, les Canadiens se disent en désaccord avec le fait que les cotisations syndicales soient utilisées pour des attaques (73 %), des partis politiques (70 %) ou des groupes de défense (60 %). « Il est maintenant temps que les centrales syndicales soient rappelées à l’ordre et qu’ils reviennent à la base, c’est-à-dire défendre leurs membres plutôt que de promouvoir une idéologie socialiste à même les cotisations obligatoires » s’est exclamé Ian Sénéchal, cofondateur du Réseau Liberté-Québec.

Finalement, il est très important de souligner que 84% des Canadiens sont en faveur d’un scrutin secret au moment de former un syndicat. Avec un tel support, l’heure est maintenant venue pour les politiciens de mettre en place les réformes supportées par les membres du Réseau Liberté-Québec, notamment :

1. le vote secret soit rendu obligatoire pour l’obtention d’une accréditation syndicale,2. les clauses d’adhésion obligatoire au syndicat comme condition d’emploi soient interdites,3. l’obligation de tous les employés d’un milieu de travail syndiqué de payer des cotisations syndicales soit supprimée,4. les syndicats soient tenus de faire preuve d’une plus grande transparence financière en publiant annuellement une ventilation de leurs dépenses et de leurs revenus,5. l’utilisation des cotisations syndicales soit encadrée afin que les syndiqués puissent exiger que leurs cotisations ne servent qu’à des fins de négociations collectives et à la défense des conditions de travail des syndiqués.

On peut retrouver le sondage d’InfoTravail ici :

Le sondage auprès des adhérents du Réseau Liberté-Québec est disponible ici :

Le Réseau Liberté-Québec (RLQ) est un organisme sans but lucratif visant à favoriser le réseautage de tous les Québécois qui partagent des idéaux de liberté et de responsabilité individuelles.– 30 –

Source et renseignements :Réseau Liberté-Québec, medias@liberte-quebec.ca

Le mythe Legault

 

On le sait, la politique intéresse peu les gens au Québec. Encore moins au provincial. L’échiquier politique est occupé depuis près de 40 ans par les deux mêmes partis, le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, tous deux sociaux-démocrates mais souverainiste et fédéraliste. Autrement dit, c’est la gang du « oui » contre la gang du « non ». Qui plus est, depuis le référendum de 1995, l’appui à l’indépendance du Québec n’a jamais dépassé le seuil critique de 45 %. Le PQ n’est donc pas à la veille de déclencher le processus de « libération du Québec », à moins d’être masochiste. Sans un chef très charismatique de la trempe de René Lévesque ou de Jacques Parizeau, le PQ ne réussit pas à convaincre les Québécois du bien-fondé de « la cause ». Le parti se rabat donc sur la gouvernance de l’État tout en faisant miroiter la possibilité de tenir un référendum afin de garder ses militants.

Usé par trois mandats d’affilée et le scandale de la construction, le Parti libéral de Jean Charest devrait normalement se faire massacrer dans les sondages. C’était plutôt vrai jusqu’à la fin de la session parlementaire hivernale, moment où cinq députés ont quitté le navire, pour des raisons aussi différentes que la contestation du leadership de Pauline Marois (qui a obtenu plus de 93 % d’appui de ses militants en avril!), le côté entêté du parti à faire la souveraineté et son côté pas assez pressé à le faire. Ajoutons le spectre Legault qui commence à hanter le PQ.

Ils n’ont toujours pas créé leur parti politique, mais les « caquistes » François Legault et Charles Sirois trônent en tête des intentions de vote, avec plus ou moins 40 %, ce qui pourrait leur donner théoriquement un gouvernement majoritaire. Libéraux et péquistes déçus ou déchus frapperaient aux portes du mouvement politique, devant l’ampleur de cette popularité.

C’est justement la base du problème. La Coalition pour l’avenir du Québec représente un certain vent de fraîcheur en politique, mais elle recrute chez les deux partis qui représentent la lassitude des électeurs. En effet, même s’il existe une entente plus ou moins tacite entre les adéquistes et les caquistes, aucun adéquiste n’a annoncé son désir de joindre le mouvement Legault. Même si certaines idées sont intéressantes, elles ne vont pas tellement dans l’idéologie adéquiste, en particulier en santé. Il faut quand même le reconnaître, l’ADQ est le premier parti a avoir parlé de la place du privé en santé, et elle est toujours la seule formation politique au Québec à en parler ouvertement.

L’orientation du mouvement est des plus ambigües, les journalistes la désignant de coalition de centre-droit, tandis que le principal intéressé la définit de gauche efficace. À vouloir inclure tout le monde, le mouvement risque de ressembler à un mélange libéralo-péquiste un peu nationaliste mais pas trop, extrême-centriste. Bref, il représente une façon pour les vieux politiciens de demeurer dans le portrait encore quelques années. De nombreux bloquistes et péquistes ont des contacts réguliers avec François Legault, ce qui laisse planer un doute sur la nouveauté et l’orientation de droite.

Pour le moment, François Legault a plus l’air d’un caméléon qui dit ne pas être contre le privé en santé à CHOI-FM mais qui affirme à Radio-Canada que le fait de donner plus d’argent aux artistes est bon pour l’économie québécoise. Autant dire qu’il s’ajuste à son auditoire. Seuls les droitistes purs du Réseau liberté Québec et les vrais gauchistes de Québec solidaire ne sont pas intéressés par le train Legault.

Si j’étais Jean Charest, je déclencherais le plus tôt possible des élections, pour éviter de perdre des militants et des députés et afin de capitaliser sur la faiblesse du PQ. Mais une chose est sûre : le mouvement Legault donne un second souffle aux deux vieux partis, même s’ils s’en méfient.

Gauche et droite a l’origine

Les notions de droite et de gauche renvoient à une opposition en politique qui, depuis la France de 1789 s’est étendue dans une grande partie des systèmes politiques d’assemblée. L’évolution et les nuances de cette bipolarisation opposent globalement :

  • la défense d’un ordre efficace respectant l’autorité et la propriété (droite)
  • la revendication d’un progrès égalitaire organisé par l’État (gauche)

Traditionnellement, les valeurs suivantes sont considérées comme étant caractéristiques de la droite : mérite, travail, ordre, sécurité, tradition, loyauté ; par opposition, les valeurs suivantes sont généralement considérées comme étant de gauche : égalité, solidarité, progrès…

 Au fil des années, il y a eu comme un renversement des pôles ce qui était à droite est passé à gauche et inversement.  Ce qui signifie que la droite d’aujourd’hui n’est pas celle du début…

 Droite et gauche possèdent chacune quelques figures de proue.

La droite, malgré toutes ses diversités, a comme influences Caton l’AncienFrançois-René de ChateaubriandAdolphe ThiersRaymond PoincaréPaul Reynaud. La gauche se reconnaîtrait davantage dans les GracquesRosa Luxemburg ou Jean Jaurès.

Dans l’ensemble, il s’agit bien d’un positionnement relatif, leurs électeurs respectifs se réclamant rarement de faire pencher le bateau dans un sens ou dans l’autre, mais plutôt de le remettre droit. On serait ainsi très embarrassé aujourd’hui, pour classer des hommes politiques comme Abraham Lincoln à droite ou à gauche. Républicain, par son souci de l’unité du pays, libéral par son anti-esclavagisme, il s’opposait pourtant aux démocrates (à l’époque ceux du Sud étaient favorables à un esclavagisme lié à leur système communautaire) ce qui fait que des agitateurs d’idées, comme Michael Moore (« gauche »), se réclament de ses idées aujourd’hui (2005)… contre les actuels Républicains.

De la même façon, par son évolution personnelle comme par celle des enjeux entre 1865 et 1920, Georges Clemenceau, considéré comme d’extrême gauche en son temps, serait, par ses propos sans illusions sur la démocratie  et son comportement (feu ouvert à plusieurs reprises sur des manifestants), vu comme d’extrême droite aujourd’hui.

Hommage à un « bon Jack »

 

Au Québec, une des expressions populaires que nous avons pour dire que quelqu’un est un bon diable est qu’il est un « bon Jack ». J’ignore d’où provient cet expression, mais elle est certainement appropriée dans le cas de Jack Layton. Jack Layton est né et a passé son enfance et son adolescence au Québec d’ailleurs. Je ne suis pas d’accord avec ses points de vue politiques, mais force est de reconnaitre qu’il avait de la classe et qu’il avait le cœur à la bonne place. Parmi les membres d’une classe politique qui suscite plus la dérision que l’admiration de nos jours, il était un des rares personnages qu’on aurait pu qualifier de « gentleman ».

Il y a déjà plusieurs jours que son décès a pris les canadiens par surprise. Pourtant sa dernière apparition publique, celle où il a annoncé qu’il cédait sa place, ne laissait que peu de doute dans mon esprit que son combat était loin d’être gagné. Jack Layton, un homme d’ordinaire énergique, n’était plus que l’ombre de lui-même et semblait avoir vieilli de 10 ans. Le cancer est une terrible maladie qui a emporté déjà plusieurs membres de ma famille. Je ne souhaiterais pas cela à mon pire ennemi. Mes pensées sont avec sa famille.

Jack, comme les québécois se sont plu à l’appeler aux dernières élections, nous aura quitté à l’apogée de sa carrière pour avoir réaliser l’impossible de gagner le cœur des québécois pour une formation politique qui leur était totalement antipathique avant lui. Aucun autre chef du NPD n’avait réussi à seulement faire une percée au Québec. À la dernière élection fédérale, les québécois n’avaient pas voté pour le NPD, ils ont voté pour « Jack ». Ils ont voté pour le chef le plus charismatique et on ne pourrait les blâmer, considérant les alternatives. Michael Ignatieff et Stephen Harper n’ont certainement pas su les rejoindre. Seul l’avenir dira si l’aventure entre le Québec et le NPD survivra à Jack Layton. Quant à moi, j’ai de gros doutes. Je ne vois pas vraiment qui pourrait remplir ses chaussures. Comme successeur possible, il y a bien Thomas Mulcair, mais il aura fort à faire pour maintenir les gains que le NPD a fait au dernier scrutin.