Archives de catégorie : Chroniques

Le salaire minimum sous le microscope

Par Philippe David

L’économiste et politicien français du XIXe siècle, Frédéric Bastiat, se plaisait à dire que la différence entre un bon et un mauvais économiste est que le mauvais économiste ne considère que les effets visibles et immédiats d’une politique alors que le bon économiste examine tous les effets à court et à long-terme, apparents ou non d’une politique économique. Je ne prétendrai pas être un véritable économiste. Je ne suis qu’un type qui lit beaucoup et qui a aussi un peu d’expérience de terrain en gestion. Je ne fais en réalité que vulgariser ce que je lis. Mais j’essaie autant que possible d’évaluer les conséquences qu’elles soient apparentes ou pas.

Pour parler des conséquences du salaire minimum, on peut citer des tas d’études et pointer vers des données macroéconomiques pour appuyer nos dires, ou nous pouvons utiliser une autre approche, celle de descendre sur le terrain et d’utiliser une peu de logique et se mettre à la place de divers acteurs sur le terrain pour examiner ce que serait leur réaction probable lorsque telle ou telle chose se produit, se basant sur des propositions qui peuvent être considérées vraies a priori. Par exemple, on peut considérer que dans la plupart des cas, les individus vont agir dans le sens de maximiser leur bien-être ou leur intérêt personnel à eux ou celui de leurs proches. C’est ce qu’on entend par un «a priori». Quelque chose qui n’a pas besoin d’être prouvé parce que ça tombe sous le sens. Ce n’est que le gros bon sens de dire qu’il est peu probable que les gens vont sciemment tenter de se tirer une balle dans le pied et agir pour saborder leurs propres projets. Ce serait contraire à la logique. Vous me suivez?

Cette approche particulière s’appelle la «praxéologie».  C’est l’étude objective des actions humaines. L’étude de l’économie en utilisant cette approche consiste à considérer l’économie comme étant la somme des actions de millions d’individus et donc, pour une situation donnée, analyser les actions probables au niveau d’un individu et voir ce qui risque de  se produire si ces actions sont extrapolées au niveau de millions d’individus. J’aime particulièrement ce genre d’approche parce qu’elle permet de concrétiser une science qui est autrement très abstraite et qu’elle ne nécessite pas de données empiriques pour donner un résultat. Nous pouvons l’utiliser pour prédire certains effets sans avoir à expérimenter en implémentant la politique et en observant les données macroéconomiques. C’est un peu comme faire une simulation.  Nous allons donc examiner quelques scénarios pour voir comment ça fonctionne.

Scénario 1: Une visite au supermarché.

Pourquoi je prend cet exemple? Simple! Parce que tout le monde doit manger et tout le monde y fait des choix selon ses propres préférences. Ça en fait un excellent laboratoire. Il ne s’agira pas ici de faire des jugements de valeurs pour dire que les clients du magasin devraient acheter ci ou ça, mais plutôt de regarder ce qui se produirait si le prix d’un produit augment ou diminue, par exemple. Allons-y avec du concret. Supposons qu’il y a eu une épidémie de syndrome de la vache folle qui a décimé les troupeaux bovins en Alberta et que par conséquent, il y a une hausse très prononcée du prix du bœuf, disons 40%. Si vous êtes végétalien, vous ne serez que très peu affectés par cette hausse, mais si vous affectionnez les biftecks d’aloyau ou même les burgers, vous serez probablement très chagrinés de voir ces biftecks passer de $15,99 le kilo à $22,99 ou le bœuf haché de $8.99 à $12.99, ce qui est approximativement ce que donnerait une hausse de 40%. On voit facilement que ce genre de hausse fait très mal au portefeuille. On peut facilement prédire aussi qu’il y aura probablement un sérieux impact sur la consommation de bœuf en général. L’impact exact est l’affaire d’une étude empirique, mais on sait que ça va diminuer parce que les consommateurs n’auront plus les moyens d’en manger autant et ils se tourneront probablement vers d’autres aliments pour compenser comme le poisson, le porc ou la volaille. C’est logique non?

Donc si on affirme que lorsqu’il y a une grosse hausse du prix d’un produit quelconque, les gens vont probablement en consommer moins; selon vous, est-ce que cette affirmation a de bonnes chances d’être vraie? Peut-on prendre ça pour acquis? Est-ce raisonnable aussi d’assumer que c’est applicable non-seulement au bœuf, mais n’importe quel autre bien ou service? Parfait! Nous venons d’établir praxéologiquement qu’il y existe une relation concrète entre le prix d’un bien ou service et la demande pour ce bien ou service. Quel rapport avec le salaire minimum? J’y arrive.

Scénario 2: Dans les souliers du patron.

Supposons que je vous mets dans les souliers d’un patron d’une PME moyenne. Disons une franchise de fast-food (peu importe laquelle). Pourquoi une franchise de fast-food? Parce que c’est une des industries les plus affectées par un hausse du salaire minimum.

Tout d’abord voici quelques données moyennes de l’industrie juste pour nous donner une petite idée de ce qui va guider vos décisions. Les données sont de sources américaines, mais c’est probablement similaire au Canada. On ne fait que regarder les coûts typiques et la marge de profits en pourcentage des ventes.

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On voit donc que dans un restaurant de fast-food typique, les salaires et les achats sont les deux plus grosses dépenses et la marge de profits est plutôt mince si on considère que l’inflation est autour de 2%. Maintenant, juste pour que vous puissiez comprendre ce qui est en jeu, l’augmentation qu’on propose au Québec est de passer de $10,75 à $15,00 ce qui représente une hausse de 39.5% (Eh oui! Dans mon exemple ci-haut, mon pourcentage de de hausse n’était pas un hasard. Me voilà démasqué!) En Faisant un petit calcul rapide pour voir ce qui arrive à la répartition des coûts si on applique une hausse de 39,5% des salaires, on se rend compte que les salaires viennent de passer de $217 484 à $303 466 ce qui représente une augmentation de $85 982, réduisant votre profit de $27 501 à une perte de $58 481.

Voici ce que ça donne:

IB-fast-food-strikes-chart-2

C’est sûr que si vous voulez rester en affaires, vous ne pouvez pas absorber une telle hausse. Vous devez soit augmenter vos ventes de $85 000 ou réduire vos coûts d’autant, ou une combinaison des deux.  Croyez-vous qu’il est raisonnable de conclure que vous devrez probablement faire des mises à pied? Allez-vous peut-être être tenté de robotiser votre restaurant? Logiquement, quels employés allez-vous congédier, les plus expérimentés ou les moins expérimentés? Ces employées auront-ils plus ou moins de difficulté à se faire embaucher ailleurs, étant donné que tous les autres restaurants de fast food ont des contraintes similaires? Est-ce raisonnable de dire que si on augmente le salaire minimum à $15/h au Québec, on a une grosse chance de voir des mises à pieds et des coupures d’horaires dans l’industrie de la restauration rapide et d’autre industries avec des marges de profits similaires?

À titre de référence, voici les marges de profits nets moyens au Canada par industrie selon Statistiques Canada:

avg profit margins canada

Au diable l’idéologie

Je ne vous demande pas d’aimer ce que je vous dis. Que vous l’aimiez ou non, ce que je vous expose est exactement les défis auxquels les entreprises feront face si on augmente le salaire minimum à $15. C’est même pas une question d’idéologie, c’est une question comptable. Il ne s’agit pas ici de comment on souhaiterait que ça fonctionne. Moi aussi j’aimerais que l’argent pousse sur les arbres, mais je n’ai encore jamais vu d’arbre à dollars. Certes, il y a certainement des entreprises qui font suffisamment de profits pour absorber la hausse, mais très peu. Et je vous livre un petit secret, la plupart des entreprises qui pourraient absorber une telle hausse, ont très peu d’employés au salaire minimum (ou même pas du tout). Elles ne sont donc pas touchées par cette hausse.

Il y a certains qui s’imaginent que parce que certaines entreprises font des millions en profits qu’on peut se permettre d’augmenter le salaire minimum autant. C’est faux. Au Québec, la vaste majorité des entreprises sont des PME qui n’ont pas les moyens d’une telle augmentation, même si elles avaient les patrons les plus généreux du monde. Les forcer à subir une telle hausse du salaire minimum serait d’acculer un bon nombre d’entre elles à la faillite. Comme si ce n’était pas déjà assez difficile de faire des affaires au Québec.



Robotisation et hausses de prix – Wendy’s réagit au salaire minimum à $15

Par Philippe David

Comme je l’avais expliqué dans un de mes récents billets, les hausses abruptes du salaire minimum ne sont pas sans conséquences et malheureusement, ce sont les plus vulnérables qui écopent.Nous commençons à pouvoir observer ces conséquences dans les états américains qui ont augmenté leur salaire minimum. Le Washington Times rapportait hier que la chaîne de restauration rapide Wendy’s a annoncé l’installation de guichets de commande automatisés dans 6000 de leurs restaurants.

L’article mentionne aussi que certains franchisés de la chaîne ont également commencé à hausser leurs prix pour compenser la hausse du salaire minimum. On s’attend à ce que d’autres chaînes comme McDonalds et Burger King leur emboîte le pas. Dans les faits, je sais que même au Canada, McDonalds a déjà commencé à installer ce genre de guichets dans leurs restaurants. On pourrait certainement s’attendre à une accélération de ces installations si jamais le salaire minimum augmentait à $15/heure ici aussi.

La décision de Wendy’s n’est  d’ailleurs pas les premiers effets observés aux États-Unis, il y  a un peu plus d’un an, le magazine Forbes rapportait une augmentation des fermetures de restaurants dans la ville de Seattle, qui fût la première à imposer le salaire minimum de $15.

Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les effets qu’une hausse trop grande du salaire minimum apporterait et ça n’a rien d’idéologique non-plus. Ces effets ont été documentées en long et en large comme est en train de le démontrer Vincent Geloso dans une série de billets au Journal de Montréal. La littérature économique est très extensive à ce sujet. Mais évidemment, nous pouvons toujours compter sur des politiciens populistes et des think tank financés par les syndicats pour tenter de vous faire  croire qu’ils peuvent hausser le salaire minimum comme ils veulent sans aucune répercussion. Vous n’avez qu’à observer les américains se casser la gueule avec pour constater que c’est faux.



Le monde des affaires d’Alexandre Taillefer

simard et belzile

Pierre Simard et Germain Belzile

Alexandre Taillefer intensifie sa campagne de dénigrement. Après avoir mené une fructueuse quête de privilèges auprès du gouvernement pour Téo Taxi, voilà maintenant qu’il accuse les défenseurs d’Uber « d’une profonde malhonnêteté intellectuelle ». Il va même jusqu’à les pointer du doigt :

 « Quand je lis le soutien que donne une institution Montréalaise (sic) bien en vue à Uber ou un chargé de cours des Hautes Études Commerciales (sic)[1], je vois le monde des affaires d’hier. »  (A. Taillefer)[2]

Avouons qu’il faut de l’audace pour accuser les défenseurs d’Uber de professer un monde des affaires d’hier, quand le but de Téo Taxi est de reconduire un système de gestion de l’offre à bout de souffle et dépassé. Une industrie du taxi qui, depuis des décennies, offre un service médiocre aux consommateurs et exploite ses chauffeurs en les forçant à acheter la permission de travailler.

Il faut également une bonne dose d’estime de soi pour se présenter en libérateur des travailleurs du taxi, tout en voulant les garder sous son dictat. Celui qui se présente comme un visionnaire devrait pourtant savoir que l’époque du propriétaire de champs de coton est chose du passé; qu’il ne suffit pas de proposer à des esclaves une faible augmentation de leur pitance pour les libérer de leur servitude.

Pourquoi les travailleurs du taxi devraient-ils se contenter des 15 $ de l’heure de Téo? Pourquoi ne pourraient-ils pas s’émanciper de ces privilégiés de l’État qui veulent toujours l’obliger à louer ou à acheter un permis pour travailler? Pourquoi un travailleur autonome ne pourrait-il pas gérer lui-même son temps de travail et sa propre voiture, et ce, tout en satisfaisant les besoins et les attentes des consommateurs?

Nous sommes désolés, mais remplacer des voitures à essence par des voitures électriques n’a rien de vraiment innovateur. Il ne suffit pas de remplacer une fournaise à l’huile par des plinthes électriques pour rendre un taudis salubre.

Taillefer nous invite à choisir entre « #JeSuisUber ou #NousSommesTéo ». Notre choix est fait. Nous préférons un marché libre à l’écoute des besoins des usagers et à l’affut des opportunités économiques; un Uber qui, pour survivre, ne réclame pas du gouvernement des permis pour soi et des interdits pour les autres.

Non, nous ne sommes pas Téo. Le monde des affaires d’hier, comme se plait à le décrire M. Taillefer, nous a enseigné qu’un projet capable de satisfaire efficacement les attentes des consommateurs peut se passer de l’État et de l’argent des contribuables.

Nous déplorons que la Caisse de dépôt, Investissement Québec et autres fonds syndicaux, qui sont financés en tout ou en partie par nos impôts, servent à financer une entreprise qui perpétue un modèle d’affaires obsolète ne pouvant survivre sans la coercition de l’État.

[1] M. Taillefer réfère sans doute à HEC Montréal, anciennement l’École des hautes études commerciales de Montréal.

[2] http://quebec.huffingtonpost.ca/alexandre-taillefer/teo-taxi_b_9806980.html



Une nouvelle mine à tarir

Pierre Simard

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a annoncé qu’elle irait de l’avant avec la construction d’un train électrique à Montréal. Un investissement de l’ordre de 5,5 milliards de dollars. Dommage pour son « scoop », le premier ministre Couillard avait déjà éventé la nouvelle.

Ce n’est pas que la CDPQ investisse des milliards de dollars de l’épargne des retraités du secteur public et parapublic dans les infrastructures publiques qui est troublant. Investir dans les infrastructures intéresse la plupart des grands fonds de retraite.

D’ailleurs la CDPQ, détient dans son portefeuille une dizaine de milliards de dollars de placement de cette nature hors du Québec.

Pourquoi devrait-on douter des capacités de la Caisse de mener à bien ce projet ? Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups et laisser profiter les Québécois d’un investissement utile de leur épargne? Pourquoi investir au Québec serait-il plus risqué qu’à l’étranger?

Simplement parce que j’adhère à l’adage populaire voulant qu’aucune personne sensée et saine d’esprit ne devrait jamais confier ses économies à un politicien. Parce que la Caisse, avec ce projet de train électrique, vient de s’ouvrir à une politisation de ses décisions d’investissements.

La politisation des investissements

On aura beau me dire que la Caisse est officiellement indépendante du pouvoir politique, il n’en reste pas moins que la récente annonce a d’abord été faite par le premier ministre Couillard, en marge de l’élection partielle de Chicoutimi.

Par quelle coïncidence lui revenait-il de livrer cette primeur, sinon pour s’en attribuer le mérite? Jusqu’où s’étendra dorénavant son pouvoir d’intervention sur les investissements de la CDPQ?

On peut bien nous marteler que la Caisse reste maîtresse de ses décisions, il faut craindre que cette indépendance soit remise en cause lorsque viendra le temps d’octroyer les mandats de conception et de réalisation des ouvrages; lorsqu’elle devra sélectionner l’option la plus économique et rentable pour faire fructifier l’épargne des retraités.

On peut présumer que les pressions politiques et syndicales seront très fortes pour que cette manne de 5,5 milliards de dollars (pour l’instant du moins) soit partagée entre un fleuron de l’ingénierie locale et BT Holdco, dans laquelle la CDPQ vient par hasard de prendre une participation de 1,5 milliards de dollars.  Ce ne serait pas une première : on se souvient tous du faramineux contrat sans appel d’offres octroyé à Bombardier Transport pour la construction des wagons du métro de Montréal.

Une mine à tarir

En devenant bâilleuse de fonds et gestionnaire de projets d’infrastructures au Québec, la CDPQ s’expose au piège politique, et ce n’est pas les partis d’opposition qui la protègeront des pressions politiques.

Il y a longtemps que la Coalition avenir Québec (CAQ) salive à l’idée d’utiliser la Caisse comme soi-disant levier de développement économique. Quant au Parti Québécois, il ne lui a suffit que quelques heures pour revendiquer, au nom d’un équilibre dans l’offre de transport, un prolongement de la ligne bleue du métro pour l’Est de Montréal.

Au Québec, c’est la norme. Les politiciens s’intéressent davantage aux milliards de dépenses qu’à l’usage qui est fait de l’épargne des Québécois.

Pendant ce temps, à l’autre bout de la 20, le maire Labeaume, qui voulait hier un tramway et aujourd’hui un service d’autobus rapide (SRB), réfléchit à des infrastructures olympiques. Pourquoi ai-je le sentiment que les politiciens ont trouvé dans l’épargne-retraite des Québécois de l’argent frais et une nouvelle mine à tarir?

Une leçon de libéralisme pour Jeff Fillion

simard et belzile

Par Pierre Simard (ENAP) et Germain Belzile (HEC)

La liberté d’expression est-elle le point central de l’affaire Fillion? Pas vraiment : Jeff la récupérera dès lundi matin sur Radio Pirate. C’est plutôt une leçon de libéralisme qu’a reçue l’animateur pro-liberté.

Jeff Fillion n’ira pas en prison pour son malheureux « tweet ». Personne ne l’a d’ailleurs forcé à l’effacer ou à fermer son compte Twitter. Il serait même hasardeux de faire la démonstration que ce gazouillis dépasse les limites légales de la liberté d’expression. On ne parle pas ici d’obscénité, de diffamation ou d’incitation à la haine.

Mais que s’est-il passé? L’affaire Fillion n’est qu’une banale histoire de droit de propriété; une affaire de relation contractuelle avec son employeur. Rien de vraiment exceptionnel.

Une société dite libérale protège la liberté en général. La liberté d’expression doit cohabiter avec les droits de propriété et la liberté de contrat. Ce qui veut dire qu’on peut tenir les propos que l’on veut, à condition de n’agresser personne, de respecter la propriété des autres et les contrats qu’on a volontairement signés.

Sur les ondes de Radio Pirate, Jeff Fillion assume lui-même le coût de ses propos désobligeants, car il est propriétaire de son entreprise. Sur Radio Énergie, c’est Bell qui assume le coût de ses errances, puisque Jeff n’est qu’un employé.

Au lendemain du fameux gazouillis, ses employeurs ont simplement exercé leur droit de propriété. Bell a estimé que le coût de confirmer Fillion dans son emploi dépassait les avantages anticipés de le garder au micro. Même chose pour les propriétaires du restaurant Le Cosmos, qui ont mis fin à leur association avec lui et retiré de leur menu le « Burger à Jeff ».

Est-il besoin de rappeler que Radio Énergie et le Cosmos sont des entreprises privées, dont les gestionnaires cherchent généralement à maximiser les profits? La programmation et le menu sont choisis en ce sens.

Aujourd’hui, Jeff Fillion peut encore exercer sa liberté d’expression, mais il doit se résigner à accepter la liberté de Bell de ne plus lui confier de tribune pour le faire. Le 98,9 est toujours maître de sa programmation et du choix de ses animateurs.

Quant aux clients mécontents du congédiement de l’animateur ou du changement de menu au Cosmos, ils sont libres de voter avec leurs jambes (ou leurs oreilles!). Et c’est bien ainsi. Il n’y a que dans les pays totalitaires où c’est l’État qui décide ce que l’on peut entendre ou manger.

Le seul cheval de bataille de Jeff Fillion, c’est de vérifier si Bell a failli à ses engagements contractuels. Pour le reste, ses admirateurs pourront toujours l’écouter à Radio Pirate aussi longtemps que des commanditaires accepteront de s’y associer. Parce que c’est aussi ça, la liberté, Jeff!

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Les auteurs sont respectivement professeur à l’ENAP Québec et maître d’enseignement à HEC Montréal.



Jour de la Terre : l’écofascisme a infiltré les gouvernements

Par Pierre-Guy Veer

Aujourd’hui est Jour de la Terre, une énième célébration des réchauffistes pour dénigrer la civilisation moderne avec leur ordinateur et vénérer Gaïa. Mais à partir de désormais, ils méritent pleinement leur titre d’écofasciste – l’utilisation de la coercition pour faire avancer l’agenda vert et faire taire la dissension.

Ils n’ont pas réussi à complètement convertir l’attorney general (ministre de la Justice) à Washington pour enquêter les « négationnistes. » Ils ont eu plus de chance avec ses pairs au niveau des États par contre. En effet, 16 AG se sont récemment réunis dans une coalition afin de recréer l’Inquisition et faire taire les hérétiques du climat. Ils étaient flanqués du Grand Inquisiteur Al Gore, dont le pamphlet a été complètement débusqué depuis sa sortie.

Une récente fuite de courriels a montré que cette réunion a été orchestrée par des groupes écofascistes tel Union of Concerned Scientists. Ils ont déjà envoyé un subpoena au Competitive Enterprise Institute, qui a juré de se battre farouchement contre cette attaque patente à la liberté d’expression.

Il ne sera pas en reste puisqu’une autre fuite de courriel montre une campagne écofasciste imminente. Sous l’égide du mot-clic #standwithscience, Climate Feedback va envahir les médias pour dénigrer les « négationnistes » et promouvoir les « héros » comme le menteur invétéré Michael Mann.

Et ce n’est pas tout! D’autres fuites ont montré que des écofascistes ont orchestré des attaques contre l’industrie des énergies fossiles, et particulièrement Exxon Mobil. La campagne #Exxonknew fut menée en partie par Bill McKibben, activiste qui a participé à la campagne contre le pipeline de Keystone. Curieusement, il n’a pas parlé très fort contre tous les autres pipelines construits aux ÉU…

Toutefois, lui et ses sbires ne se contentent pas de vouloir étouffer le débat et dénigrer les énergies fossiles. Ils n’auront de repos tant que toutes les énergies fossiles seront abandonnées. C’est ce qui explique en partie la faillite récente du géant du charbon Peabody Energy. Mais comme la compagnie a encore quelques sous, il faut la traire jusqu’à la dernière goutte. En effet, le Sierra Club a baveusement demandé sur sa page Facebook que Peabody s’acquitte de ses « obligations » envers la communauté.

Il aurait pu le faire si les données de température fiables des satellites étaient largement disponibles. Oui, elles montrent des températures très chaudes pour mars, mais c’est au niveau des températures de 1997, le précédent record de chaleur.

Il aurait également pu le faire s’il s’était tenu debout pour se défendre. Alex Epstein, le courageux auteur de The Moral Case for Fossil Fuels, a récemment comparu devant un comité sénatorial. Il y a confronté le très écofasciste Sheldon Whitehouse en l’accusant d’immoralité pour son dénigrement contre les compagnies d’énergie fossile. Il l’a même exhorté à s’excuser ou à démissionner.

Je ne retiens pas mon souffle sur ses souhaits. Néanmoins, il faut espérer qu’un autre Démocrate ne rentre pas dans la Maison Blanche. Si cela se produit, les attaques contre ceux qui aliment notre civilisation deviendront la norme, et les lumières de New York pourraient bien s’éteindre…



Lettre ouverte au ministre de la Sécurité publique M. Martin Coiteux

Par Pierre Simard

Monsieur le Ministre,

J’ai pris acte de vos considérations philosophiques concernant les opposants à votre registre des armes à feu. Pour être honnête, vous ne m’avez guère offusqué. Je ne vois rien de honteux à me faire accuser d’adopter une philosophie anarchiste. Surtout quand l’accusation vient du ministre de la Sécurité publique, celui dont le rôle est justement de veiller au monopole de la violence de l’État québécois.

Je ne suis pas politicien, je vais aller droit au but. Dans le cas du projet de loi sur l’immatriculation des armes à feu, c’est votre gouvernement qui se fait l’apôtre de la violence. C’est vous qui menacez les honnêtes chasseurs et autres propriétaires d’armes à feu d’amendes et de saisies s’ils n’immatriculent pas leurs armes. Ne mêlons pas les choses.
C’est vrai que, contrairement à vous, je n’ambitionne aucune carrière politique. Je ne suis soumis à aucune ligne de parti et je ne crains nullement de déplaire à mon premier ministre. Sans compter, j’en suis conscient, que je n’ai aucun groupe d’intérêt à amadouer pour me faire réélire.

Je ne suis qu’un simple citoyen qui paie ses impôts et qui, jusqu’ici, respectait vos lois. Un Québécois, parmi des centaines de milliers d’autres, qui est en désaccord avec votre projet d’immatriculation des armes à feu.

Comme eux, j’estime que ce registre n’apportera rien à ma sécurité ou à celle de mes concitoyens.

Je me ferai donc anarchiste. Je serai un anarchiste non violent. Je ne combattrai pas votre violence par la violence. Je n’agresserai personne ni ne ferai dommage au bien de quiconque.

Pour tout vous dire, je suis contre toutes les violences, y compris celles sur lesquelles se fonde votre pouvoir.

Aussi, comme je suis un anarchiste qui s’assume, je n’immatriculerai pas mes armes. Ce sera ma résistance, ma rébellion. Je mènerai une révolution paisible contre votre loi liberticide.

Et si nous sommes suffisamment d’anarchistes à le faire, nous ferons tomber votre registre: nous le rendrons inutile.

Pour plus d’information sur la question, je vous invite à prendre connaissance de ce court billet que j’ai déposé sur mon blogue : « Du registre à la désobéissance civile. »

Respectueusement,

Pierre Simard, anarchiste et professeur à l’ENAP

Cessons de blâmer le capitalisme

Par Philippe David

Je vais probablement en choquer plusieurs par mes propos, mais nous devrions cesser de blâmer nos problèmes économiques sur le capitalisme. Le capitalisme n’existe pas. S’il a déjà existé,  il est mort au tournant du XXe siècle quand les États de ce monde ont commencé à prendre le contrôle de leur économie. Au XIXe siècle, rares étaient les États qui comptaient pour plus de 15% de leur PIB, maintenant, rare sont ceux qui sont en-dessous de 35%. Malgré tout, on semble vouloir tout blâmer sur le même bouc émissaire: le capitalisme. Pourtant, notre système actuel est tout sauf capitaliste. Permettez-moi de vous expliquer.

La danse des «ismes»

Là ou la confusion règne, c’est dans la mauvaise compréhension de ce qu’est vraiment le capitalisme. Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas parce que la plupart des industries sont aux mains du secteur privé que vous vivez dans une économie capitaliste. C’est une définition beaucoup trop simpliste. S’il ne suffisait que d’avoir une partie de l’industrie consistant d’entreprises privées, la Chine pourrait être qualifiée de capitaliste. Y en a-t-il qui ce font des illusions là-dessus?

Nous avons trop tendance à définir le capitalisme en opposition au socialisme et au communisme. Par définition, le socialisme et le communisme sont caractérisés par la «socialisation» des moyens de production. C’est à dire le contrôle direct de l’économie par l’État. Donc nous voyons toute économie qui n’est pas sous le contrôle direct de l’État comme étant une économie capitaliste. C’était certainement le point de vue prévalent pendant la soi-disant «Guerre Froide». C’est ce qui nous a mené à croire que le fascisme et le nazisme étaient des idéologies de droite. En réalité, ce point de vue est inexact, c’est plutôt le contraire. La caractéristique qui définit vraiment le capitalisme  n’est pas que les moyens de production soient ou non entre des mains privées, mais plutôt si l’économie est dirigée centralement ou non. Dans une économie capitaliste, le gouvernement, s’il doit y jouer un rôle, est limité au rôle d’arbitre pour faire respecter les contrats et punir le vol et la fraude. Il n’intervient d’aucune autre façon. Là où l’état exerce une influence autre que le respect des contrats, il ne s’agit plus de capitalisme. Notre système économique actuel est dirigé et centralement planifié, ce n’est donc pas du capitalisme, même s’il y intègre une forme d’économie de marché. C’est plutôt du corporatisme.

Le «coporatisme»? Kossé ça mange en hiver?

Le corporatisme est confondu avec le capitalisme parce qu’il incorpore une économie de marché et que les entreprises sont largement privées, mais c’est là que s’arrêtent les similitudes Dans une économie corporatiste, l’État ne se contente plus du simple rôle d’arbitre, il devient un des joueurs et il contrôle l’économie à plusieurs niveaux. Il monopolise et contrôle des grands pans de l’économie. Alors que dans une économie socialiste classique l’État contrôle directement l’économie en s’appropriant toutes les industries, le contrôle de l’État corporatiste est beaucoup plus subtil et beaucoup plus sournois.  Pour tout dire, c’est une version «soft» du fascisme. Mais alors que le fascisme orientait son contrôle de l’économie surtout vers la production pour satisfaire les ambitions d’un État guerrier dictatorial (comme l’Italie de Mussolini ou l’Allemagne nazie), le corporatisme sert plus à satisfaire les besoins d’un État-nounou avec une façade démocratique.

Dans une économie corporatiste, il existe une sorte de symbiose entre l’État et divers acteurs dans l’économie. Par symbiose, j’entends une relation qui est mutuellement bénéfique entre l’hôte et un parasite. Comme vous pourrez le constater, cette description est plutôt bien choisie. Comme je l’ai mentionné, il incorpore de l’économie de marché, mais contrôle les marchés par la règlementation, les subventions et l’attribution de contrats lucratifs à certaines entreprises choisies au détriment des autres. Il crée aussi des monopoles et des oligopoles qui lui permettent de contrôler des secteurs complets de l’économie. Le secteur le plus important étant la monnaie et le secteur bancaire.

 La monnaie et les banques.

«Quiconque contrôle la quantité d’argent dans ce pays est le maître absolu de toute l’industrie et de tout le commerce… Et si vous savez que le système tout entier est facilement contrôlable, d’une façon ou d’une autre, par quelques hommes tout puissants, pas besoin de vous expliquer quelle est l’origine des périodes d’inflation et de dépression»

James A. Garfield, ancien Président des États-Unis.

Comme l’a dit si bien James Garfield dans la citation ci-haut, quiconque contrôle la monnaie, contrôle toute l’économie. Ce que ce genre de contrôle signifie ne peut pas être banalisé. Puisque le capitalisme n’est pas planifié centralement, il ne pourrait y exister un système monétaire contrôlé. C’est la preuve ultime que nous ne vivons pas dans un système capitaliste. Dans le système actuel, la monnaie a été pervertie et plutôt que de représenter une valeur d’échange, elle représente une dette.

Cette vidéo donne une très bonne explication, incluant un historique du système bancaire. Je vous conseille vivement de la visionner. Vous ne pouvez absolument pas comprendre ce qui se passe dans notre économie si vous ne comprenez pas comment fonctionne le système monétaire.

J’émettrais un petit bémol sur la vidéo. Je l’utilise ici pour expliquer comment la monnaie est créée et contrôlée, mais si je suis d’accord avec les effets pervers que déplorent ses auteurs, je ne suis pas d’accord avec les solutions qu’ils proposent, en particulier en se qui a trait aux intérêts que je considère comme nécessaires. Cependant, je ne veux pas entrer dans ces détails ici. Je me propose d’y revenir dans un autre article.

En attendant, voici quelques points que j’aimerais que vous reteniez de cette vidéo:

  • La monnaie est créée par les banques sous forme de dette, mais la devise est contrôlée par l’État. C’est l’État qui décide quelle(s) devise(s) peut être utilisée sur son territoire.
  • La banque centrale (comme la Banque du Canada) a des actionnaires privés, mais elle est créée par le gouvernement et ses dirigeants sont nommés par lui. Au Canada, c’est le Ministre des Finances qui nomme le Gouverneur de la Banque du Canada.
  • C’est aussi l’État qui règlemente les réserves fractionnaires et légalise de facto un système de fraude généralisée.
  • C’est l’État également qui décide qui peur ouvrir une banque ou pas  et qui les organise en cartel sous le contrôle de la banque centrale.
  • En retour de ces pouvoirs, la banque centrale et les banques fournissent à l’État un financement quasi-illimité en achetant des bons du trésor avec de l’argent créé à partir de rien.
  • La banque centrale contrôle les taux d’intérêts, un important levier économique.

Si vous voulez avoir un exemple des effets néfastes de ce contrôle monétaire, l’économiste Friedrich Hayek a gagné le Nobel d’économie en 1974 en établissant le lien entre la manipulation des taux d’intérêts et de la masse monétaire par les banques  aux cycles économiques de boums et récessions faussement attribués au capitalisme. Sa théorie est connue sous le nom de théorie autrichienne des cycles économiques est bien documentée dans la littérature économique mais vous n’en entendrez probablement pas beaucoup parler dans notre système d’éducation (contrôlé par l’État, bien entendu).

Les corporations.

Une corporation est une entité fictive créée par l’état pour une et une seule raison: dissocier les actions de la corporation de ses propriétaires et dirigeants, les dégageant de toute responsabilité civile. La corporation agit comme une personne distincte  et endosse ainsi toutes les responsabilités.

Dans l’économie corporatiste, il existe également une symbiose entre les corporations et l’État. Les corporations aident les politiciens à se faire élire que ce soit financièrement ou par influence. En retour, les politiciens font des retours d’ascenseur sous forme de contrats gouvernementaux très lucratifs, attribution de monopoles, cartellisation légale (comme les taxis, par exemple), de subventions ou encore en limitant la concurrence par règlementations coûteuses favorisant les joueurs existants, ou par l’attribution de permis, etc. Toutes ces interventions donnent au gouvernement la possibilité de déterminer les gagnants et les perdants selon des impératifs politiques. Cela permet à certaines entreprises peu compétitives de survivre artificiellement alors que d’autres plus performantes voient leur développement freiné. Inutile de dire que cela a un impact plutôt important et néfaste sur l’économie.

Pourquoi la planification centrale ne fonctionne pas.

Je ne devrais même pas avoir à démontrer que la planification centrale d’une économie de marché ne fonctionne pas. Les exemples historiques abondent. Il nous suffit d’observer tous les endroits où les gouvernements tentent de pousser ce contrôle aux extrêmes (URSS, Corée du Nord et Venezuela, pour ne citer que ces exemples) pour constater les effets pervers que ce contrôle apporte. Les contrôles de prix qui apportent tantôt des pénuries, tantôt des surplus. Les famines, les tracteurs rouillés dans les champs, chômage élevé, rationnement perpétuel, etc. sont tous des réalités de le vie dans une économie planifiée. Pourquoi? L’explication est pourtant simple et elle vient également de Friedrich Hayek.

L’économie moderne est extrêmement complexe. Beaucoup trop complexe pour être comprise par un seul homme ou un groupe d’hommes. Elle comprend des centaines de milliards d’échange à chaque jour et même les ordinateurs les plus puissants ne pourraient vous donner un tableau complet de tout ce qui se passe. Toutes les bureaucraties du monde n’arriveraient jamais à obtenir les informations qu’ils auraient besoin pour déterminer ce qui doit être produit, comment, en quelle quantité et à quel prix. C’est tout simplement impossible. Pourtant, tous les jours, des millions d’entrepreneurs arrivent à se coordonner pour produire tout du simple crayon à mine au téléphone intelligent sans qu’aucune intervention gouvernementale soit requise.

Cessez donc de blâmer le capitalisme pour tous les déboires de l’économie. Il n’y est pour rien. Blâmez plutôt les apprentis sorciers qui prétendent pouvoir contrôler l’économie. Ce sont eux qui nous mettent dans la merde.

 

 

Si ça fonctionnait, on le saurait…

Par Philippe David

Pour une fois que Philippe Couillard et son gouvernement font quelque chose de bon, les critiques fusent de toutes part, même de la part de chroniqueurs à droite de l’échiquier. Bon sang qu’on est denses ici au Québec quand il est question d’économie! C’est probablement pour ça qu’on est les plus pauvres du Canada alors qu’on a tous les outils pour être parmis les plus riches. 

Bien sûr, je parle de l’acquisition de RONA par Lowe’s et la ô comment prévisible levée de bouclier qui s’en est suivie. Un de nos chers fleurons se fait acheter par ces méchants américains ! Catastrophe! François Legault et PKP sont dans tous leurs états! Gros corporatistes qu’ils sont. 

Petit rappel

En 2012, Lowe’s avait tenté d’acquérir RONA et le gouvernement est intervenu en ordonnant qu’Investissement-Québec et la Caisse de Dépot et Placements du Québec achètent des actions de RONA pour empêcher la vente. Les actions de RONA avaient piqué du nez après que l’achat a été annulé, résultant en une perte pour le bas de laine des québécois. Depuis, les choses ne se sont pas vraiment améliorées pour RONA qui est toujours en perte de vitesse, mais selon les opposants à la vente, on devrait encore gaspiller l’argent de notre bas de laine. Encore une fois, bon sang qu’on est denses au Québec! 

Une bonne chose

Les critiques de l’acquisition de RONA déplorent la perte d’un autre siège social,  mais en réalité ce n’est pas une si mauvaise chose:

  • Lowe’s paie les actions de RONA près du double de leur valeur. C’est un gain appréciable pour les actionnaires (dont la CPDQ fait partie à la hauteur de 17%). Le 3,2 milliards que Lowe’s investit sera bénéfique à notre économie. 
  • RONA continue d’exister, son siège social demeure à Boucherville et sera maintenant appuyé par une compagnie-mère avec des poches très profondes, ce qui assure que RONA sera encore dans le paysage pour longtemps.
  • Ses fournisseur auront une opportunité d’avoir accès au marché américain à travers Lowe’s.

Les exemples abondent de compagnies québécoises qui ont profité d’une acquisition par une compagnie américaine selon Adrien Pouliot, Chef du Parti Conservateur du Québec. En commentaire sur le mur de Mathieu Bock-Côté, il en cite trois:

«Prenez l’exemple de Van Houtte qui a connu une expansion fulgurante suite à son acquisition par Green Mountain. Cette dernière y a investi plus de 50 millions dans l’usine du quartier défavorisé de St-Michel.

Regardez le succès de Deaubois Inc. depuis son achat par Quickrete. La multinationale lui a transféré toute la production qu’elle avait au New-Hampshire.

Regardez A. Richard Ltée, fondée en 1890, achetée par Hyde Tools du Massachussetts. L’acheteur fut si impressionné par la qualité des produits qu’il a transféré à Berthierville toute sa production nord-américaine de truelles de haute qualité et le dg de l’usine québécoise conseille la direction américaine.»

L’acquisition d’une compagnie québécoise par une firme étrangère est loin d’être la catastrophe que PKP et François Legault voudraient nous faire croire. Tout ça, sans que ça ne coût un sous au contribuable

La mentalité de village gaulois

Depuis des décennies, nous nous accrochons à une mentalité de village d’irréductibles gaulois entourés de méchants anglo-saxons et ça nous a donné quoi au juste?  Le Québec dépense trois fois plus que l’Ontario  (pourtant plus populeuse) en programmes d’assistance aux entreprises et nous avons un taux d’entrepreneuriat anémique, une économie qui traine de la patte depuis trop longtemps et les citoyens avec le revenu disponible de plus faible au Canada depuis deux ans.

Il est grand temps de se réveiller et réaliser que l’interventionnisme économique à tout crin que pratique notre gouvernement, tous partis confondus, ne fonctionne tout simplement pas. Einstein définissait la folie comme étant de répéter toujours la même expérience en s’attendant à un résultat différent. Il me semble que si on détenait la formule gagnante, ça ferait longtemps qu’on le saurait.

Décaper le vernis du GIEC (2e partie)

Par Philippe David

Ceci est la seconde partie de mon résumé du livre de Donna Laframboise intitulé: «The Delinquent Teenager Who Was Mistaken for the World’s Top Climate Expert». Au départ je croyais pouvoir vous résumer ce livre en moins de 1500 mots, mais après avoir commencé, je me suis vite rendu compte que ça ne suffisait pas. Il y a suffisamment  de morceaux juteux dans ce livre pour alimenter des dizaines de textes. Je vais donc vous servir encore quelques morceaux choisis, mais je vous recommande fortement de lire le livre qui ne se vend que pour la somme minime de $4.99 US sur Amazon.com en version Kindle.

Dans la première partie, nous avons vu que dès la création du GIEC, l’ONU avait déjà pipé les dés en limitant son mandat aux seules causes d’origine humaine, ce qui explique déjà beaucoup de choses. Nous avons vu également qu’un nombre significatif de leurs prétendus «experts» sont des étudiant qui n’ont même pas encore leur doctorat (et dans certains cas, même pas de maitrise) et qui n’ont jamais publié quoique ce soit. Nous avons aussi démontré que d’autres ont été embauché strictement pour remplir des quotas de représentativité nationale au détriment de leurs compétences.  

Nous avons aussi révélé que le GIEC est complètement infiltré par des activistes d’organismes comme Greenpeace, le WWF et l’EDF. Que reste-t-il donc à dire au sujet du GIEC? Plein de choses! Après plus de 1500 mots de mon premier texte, je n’ai réussi qu’à égratigner la surface. Allons creuser dans le bois, voulez-vous?

La réalité ne cadre pas avec nos croyances alors nous préférons le virtuel

Un autre groupe très spécial au sein du GIEC est celui des modélisateurs climatiques. Ils ne sont pas des scientifiques dans le vrai sens du terme, mais au GIEC, ils sont des rock stars. Comme vous le savez peut-être déjà, de mon métier je suis consultant en informatique. Même si je n’ai jamais programmé de modèles climatiques, mes 30 années d’expérience dans ce domaine m’ont quand même enseigné ce que même les plus puissants ordinateurs peuvent et ne peuvent pas faire. J’ai d’ailleurs déjà livré ma pensée là-dessus, mais l’éminent physicien Freeman Dyson, qui lui, a travaillé avec ces modèles avait ceci à dire à leur sujet:

«They do not begin to describe the real world that we live in. The real world is muddy and messy and full of things that we do not yet understand. It is much easier for a scientist to sit in an air-conditioned building and run computer models, than to put on winter clothes and measure what is really happening outside in the swamps and the clouds. That is why the climate model experts end up believing their own models.»

Ce qui m’a étonné à ce sujet dans le livre de Donna Laframboise, c’est qu’aucune vérification indépendante n’est faite du travail des modélisateurs. Les mêmes personnes qui écrivent le chapitre des résultats de ces modèles écrivent également le chapitre d’évaluation de ces modèles. Croyez-vous vraiment que si vous demandez à des parents de décrire leur propre petit bébé, ils auront autre chose à dire qu’une intarissable liste d’éloges? En particulier parce que si un jour on décidait, à juste titre, que leurs modèles ne sont qu’un gros gaspillage de temps et d’argent, ils se retrouveraient tous au chômage?

Ces modélisateurs vivent en réalité dans une monde virtuel complètement coupés du monde réel.  Dans cet article de 2007,  cinq d’entre eux font un parallèle entre leurs modèles et une boule de crystal.

«We are now living in an era in which both humans and nature affect the future evolution of the earth and its inhabitants. Unfortunately, the crystal ball provided by our climate models becomes cloudier for predictions out beyond a century or so. Our limited knowledge of the response of both natural systems and human society to the growing impacts of climate change compounds our uncertainty. One result of global warming is certain, however. Plants, animals and humans will be living with the consequences of climate change for at least the next thousand years.» [caractères gras ajoutés]

Sans rire, ils affirment que nous subirons les conséquences du changement climatique pour le prochain millénaire, mais que leur «boule de crystal» devient brumeuse au-delà de 100 ans. Quand on regarde une comparaison des prédictions de leur modèles comparées aux données empiriques de la troposphère, on s’imagine facilement que la boule de crystal devient brumeuse bien avant 100 ans.

73 climate models vs obertvation

Un processus de sélection des auteurs aussi brumeux que les boules de crystal.

On nous présente également le GIEC comme un modèle de transparence. Mais en réalité, peu de gens comprennent comment le GIEC prend ses plus importantes décisions.  Ainsi, l’enquête de l’IAC révèle entre autre que le processus de nomination des auteurs, ainsi que des cadres du GIEC est plutôt nébuleux. Personne ne sait quels sont les critères de sélection. Lorsqu’une nomination est annoncée, il n’y a pas un mot sur les qualifications de la personne choisie. Nous devons les croire sur parole que ces personnes sont des experts.

Dans la conclusion du rapport (p. 63), l’IAC donne ces recommandations:

«• The IPCC should make the process and criteria for selecting participants for scoping meetings more transparent.
• The IPCC should develop and adopt formal qualifications and formally articulate the roles and responsibilities for all Bureau members, including the IPCC Chair, to ensure that they have both the highest scholarly qualifications and proven leadership skills.
• The IPCC should establish a formal set of criteria and processes for selecting Coordinating Lead Authors and Lead Authors.
• Lead Authors should explicitly document that a range of scientific viewpoints has been considered, and Coordinating Lead Authors and Review Editors should satisfy themselves that due consideration was given to properly documented alternative views.»

De plus, il est important de noter que le rapport signale aussi que depuis sa création, le GIEC n’a aucune politique ou mécanisme de prévention des conflits d’intérêts. La recommandation de l’IAC ne peut pas être plus claire à ce sujet:

«The IPCC should develop and adopt a rigorous conflict-of-interest policy that applies to all individuals directly involved in the preparation of IPCC reports, including senior IPCC leadership (IPCC Chair and Vice Chairs), authors with responsibilities for report content (i.e., Working Group Co-chairs, Coordinating Lead Authors, and Lead Authors), Review Editors, and technical staff directly involved in report preparation (e.g., staff of Technical Support Units and the IPCC Secretariat). »

Le GIEC s’est bien doté d’une telle politique en 2011, mais a indiqué que vu que les auteurs de son prochain rapport ont déjà été sélectionnés, il ne serait pas juste de les soumettre à cette nouvelle politique. Ils ont donc été exemptés.

Dans l’Himalaya, les cerveaux manquent d’oxygène.

Vous vous souviendrez peut-être du scandale des glaciers de l’Himalaya. Cette affirmation faite dans le rapport du GIEC de 2007 qui s’est avéré provenir d’une source douteuse qui n’était pas revisé des pairs? Affaire d’ailleurs promptement étouffée par les médias de masse, ce qui explique pourquoi vous n’êtes pas au courant que les glaciers ne sont en réalité que la pointe de l’iceberg.

En 2008, Rajendra Pachauri s’adressait ainsi à un comité de la législature de Caroline du Nord:

«I want to emphasize that the IPCC by itself doesn’t do any research, it mobilizes the best experts and scientists from all over the world and we carry our an assessment of climate change based on peer-reviewed literature, so everything that we look at and take into account in our assessments has to carry credibility of peer-reviewed publications, we don’t settle for anything less than that. » [caractères gras ajoutés]

En fait, Pachauri répétait constamment que les rapports du GIEC reposaient strictement sur de la litérature revisée des pairs. Quel embarassement lorsque qu’on a découvert que la source des prédictions sur les glaciers de l’Hymalaya n’était pas revisée des pairs. Ce que vous ne savez pas, c’est que ce n’était pas la seule référence dans le rapport de 2007 qui n’était pas revisée des pairs. Loin de là!

Donna Laframboise a demandé à des volontaires pour l’aider à vérifier toutes les références du rapport de 2007. Quarante-trois ont répondu à l’appel et voici les résultats:

  • Sur 18 531 références, près du tiers, soit 5 587 n’étaient pas revisées des pairs.
  • 21 sur 44 chapitres contenaient moins de 60% de références revisées des pairs.
  • Parmi les sources grises citées, on compte des articles de journaux et magazines, des thèses de maitrise et de doctorat non-publiées, des documents de Greenpeace et du World Wildlife Fund,  des communiqués de presse et des papiers de discussion gouvernementaux.

Il se trouve que l’utilisation de litérature grise (non-revisée des pairs) n’était pas interdite et pour être honnête, il serait difficile de s’en priver complètement. Elle était permise dans la mesure ou ces références étaient identifiées comme tel. Mais le GIEC n’était pas foutu de respecter ses propres règles, alors seulement 5% de la litérature grise était identifiée. De plus, aucune exigence n’existe quant au pourcentage de litérature grise utilisée. Si bien que certains chapitres contenaient aussi peu que 15% de références revisée par les pairs!!!  Le rapport d’enquête de l’IAC recommandait d’ailleurs  un resserrement de ces règles (P. 63).

«Clarifying the use of unpublished and non-peer-reviewed sources.

A significant amount of information that is relevant and appropriate for inclusion in IPCC assessments appears in the so-called gray literature, which includes technical reports, conference proceedings, statistics, observational data sets, and model output. IPCC procedures require authors to critically evaluate such sources and to flag the unpublished sources that are used. However, authors do not always follow these procedures, in part because the procedures are vague.

Recommendation:

The IPCC should strengthen and enforce its procedure for the use of unpublished and non-peer-reviewed literature, including providing more specific guidance on how to evaluate such information, adding guidelines on what types of literature are unacceptable, and ensuring that unpublished and non-peer-reviewed literature is appropriately flagged in the report.» [Caractères gras ajoutés]

Non seulement le GIEC n’a pas donné suite à cette recommandation mais l’exigence d’identifier correctement les références à  la litérature grise a été supprimée.

Le 14 avril 2010,  Donna Laframboise a envoyé un communiqué de presse pour révéler les résultats de sa revision des références du 4e rapport d’évaluation du GIEC (AR4). Avouez que ces révélations étaient plutôt surprenantes, considérant que Rajendra Pachauri ne cessait de répéter que le GIEC n’utilise que des références revisées des pairs et que toute autre référence n’est bonne qu’à être jetée aux poubelles

Quelle fût la réaction des médias? Nos journalistes se sont-ils précipités pour frapper à la porte de Pachauri pour lui demander comment il pouvait représenter si faussement les sources sur lesquelles reposent le rapport principal produit par son organisation? Était-il complètement ignorant de son contenu? Comment peut-on encore croire un traitre mot qui sort de sa bouche?

Eh bien non. Tout ce que le public a entendu est… le son des grillons. Silence radio complet. Les gardiens de la démocratie ont tous crû que cette nouvelle n’était pas assez importante pour vous en faire part, malgré que toutes les décisions de nos gouvernements en matière de climat, coûtant des centaines de milliards en deniers publics, reposent entièrement sur la crédibilité des rapports d’évaluation du GIEC.

Je reste sans mots devant une telle omerta irresponsable de la part des médias. De quoi donner de la crédibilité à de nombreuses théories du complot.

Il me reste encore du matériel pour une troisième partie. À suivre…