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La création d’emploi

Le président Barack Obama a présenté jeudi soir un plan de création d’emploi de 447 milliards de dollars destiné à donner un «choc électrique» à l’économie américaine. Been there, done that ! Le jour de la marmotte ! Je me disais justement que ce serait niaiseux d’avoir travaillé si fort à relever le plafond de la dette sans travailler par la suite à l’atteindre de nouveau !

 J’aime bien cet exemple que j’ai lu sur FB : Disons que le gouvernement veut stimuler l’économie dans une région en particulier. Il va donc élaborer un plan pour créer de l’emploi dans cette région. Le plan consistera à creuser un immense trou. S’il veut créer plus d’emploi, il ne fournira pas de machinerie, les employés vont creuser avec des pelles et des brouettes. Une fois le trou creusé, les employés procèderont à le remplir avec les mêmes outils. Par la suite, la région reviendra au point de départ mais, durant un certain temps, des emplois auront été créés et le projet aura généré des retombées économiques dans cette région. Les politiciens pourront se péter les bretelles en déblatérant qu’ils ont stimulé l’économie de cette région avec leur modèle de justice sociale et de juste répartition de la richesse. Le peuple sera enfin heureux et ils voteront pour eux aux prochaines élections. Un plan pour stimuler l’économie peut sembler constructif mais en réalité, il ne sert qu’à définir à quel moment dans le temps et dans quel secteur, votre argent sera dépensé.

 Le gouvernement ne peut créer la richesse, il la redistribue. Il déshabille Pierre pour habiller Paul. Quand il améliore la situation de l’un, c’est nécessairement au détriment de l’autre. Quand il dépense au-delà de la capacité de ses citoyens, c’est au détriment de tous! Quand il s’endette à outrance, s’est au détriment des futures générations.

Les politiciens girouettes

Selon certains, le centre de l’échiquier politique est le terrain fertile des compromis et de la raison. Sous l’étiquette de la flexibilité, plusieurs politiciens prétendent se positionner plus au centre afin de trouver le terrain d’entente le plus acceptable pour tous. Question de satisfaire la plus grande partie de la population. Selon eux, les compromis sont la base de l’accomplissement d’une société fonctionnelle. Après tout, la finalité, c’est d’être heureux comme peuple.

Personnellement, je qualifie ces politiciens de girouettes. Menteurs et manipulateurs sont aussi d’excellents qualificatifs. Comment peut-on prétendre être authentique quand on réclame des réductions de dépenses comme l’abolition des commissions scolaires d’une part, pour ensuite appuyer la construction d’un amphithéâtre étatique au coût de 400 millions de l’autre? Dans les faits, ce que font l’ensemble des politiciens, c’est de parler des deux côtés de la bouche. Le centre de l’échiquier est en réalité, le terrain du « je veux plaire à tout le monde pour être élu ». Il faut donc être carriériste sans conviction ou être prêt à trahir ces dernières pour se positionner vers le centre.

La politique est un show de télé réalité alimenter par des politiciens plus « bulshitteux » les uns que les autres se livrant une bataille de popularité. Prêt à aimer et fourrer n’importe qui pour avoir la cote. Mais ça fait 40 ans qu’on nous livre le même scénario. Pas surprenant que la population soit cynique et complètement désintéressée. Lâchez vos grandes théories sur le sujet, l’ensemble des Québécois vous diront simplement que la politique c’est de la merde et que les politiciens sont tous des menteurs. Que ça ne changera pas et qu’il est inutile de s’impliquer. Que de voter pour un parti ou un autre, c’est du pareil au même. Que de manifester dans les rues pour leur inculquer une parcelle de bon sens est une pure perte de temps. Je me décourage souvent devant cette attitude mais il est de plus en plus difficile de ne pas être de leur avis. J’ai moi aussi bien souvent envie de décrocher et d’attendre patiemment que tout s’écroule en remplissant joyeusement mes cartes de crédits. Vivre du syndrome « have loads of fun while the economy crumbles to pieces… priceless!

Les Québécois ont soifs de changements mais ce qu’ils recherchent surtout, c’est l’authenticité! Regardez Legault, qui au début s’est présentez comme la voix du changement. Les Québécois auraient voté pour lui avant même qu’il fonde son parti. Il y a fort à parier qu’il déclinera dans les sondages avec l’éveil de la population au fait qu’il n’est qu’une girouette comme les autres. Un promoteur du statu quo et fidèle supporteur de l’état-providence et de son endettement à outrance. Vous direz ce que vous voudrez d’Amir Kadhir mais, il détient dans les sondages, le titre du politicien le plus populaire au Québec. Ce type est extrême mais, toujours fidèle à lui-même, toujours convaincu et authentique. Mario Dumont à mené l’ADQ à un cheveu de prendre le pouvoir alors qu’il était plus convaincu que jamais et conséquent dans ses positions. Que dire de Jack Layton qui a gagné le cœur des Québécois vs un Gilles Duceppe blasé qui répétait les mêmes âneries comme un vieux disque usé?

Je ne crois pas que l’ensemble des Québécois s’objectent aux mesures d’austérités à un point tel qu’un parti visant la liberté et la réduction de la taille de l’état, ne saurait trouver sa place dans le vote populaire. Je crois plutôt qu’ils en ont marre de se faire jouer du violon par une gang de girouettes qui ne s’intéressent qu’à leurs propres intérêts dans des partis sans direction claire. Présentez un parti du changement, mené par un chef authentique et fidèle à ses convictions et vous serez peut-être surpris du résultat. La démarche sera certes plus constructive que de tenter de remodeler votre parti chaque fois que quelqu’un lève une objection.

Honnêteté et authenticité, voilà ce qu’il nous faut pour accomplir la prospérité comme finalité.

L’état d’indolence

 

INDOLENCE

Prononciation : in-do-lan-s’
s. f.
Sens 1

Terme de médecine. Privation de sensibilité physique. L’indolence d’une tumeur.
Sens 2
Terme de philosophie. État d’une âme qui ne s’émeut de rien, ni du bien, ni du mal. L’indolence des stoïciens est difficile à concevoir. Épicure disait que c’était dans l’âme qu’il fallait planter l’indolence.

En ce sens, il vieillit.
Sens 3

État d’une personne peu sensible à ce qui touche ordinairement les autres hommes.
Sens 4
Nonchalance amoureuse des aises.
ÉTYMOLOGIE
Lat. indolentia, de indolens, indolent.

Au Québec, depuis quelques années, nous vivons une période d’apathie et de cynisme. C’est le constat que fait un de mes collègues blogueur Stéphane Lessard. En fait, il blâme la situation actuelle du Québec au fait que nous sommes trop passifs. Mais pourquoi au fait, le sommes nous?

Oublions les problèmes d’ordre économique que notre modèle québécois cause et le fait que nous fonçons allègrement sur un mur et le fait que notre dette est la 5e plus élevée de tous les pays industrialisés. Même si les Bill Gates et Warren Buffet de ce monde venaient nous signer un chèque pour tout payer, nous aurions quand même un problème. Le problème de fond n’est pas le coût de notre état-providence, mais le fait qu’il corrompt la relation entre l’état et le citoyen.

Dans notre belle province, comme dans la plupart des pays développés, l’état s’est accaparé progressivement de toutes nos responsabilités d’adultes. De la garde de nos enfants, nos soins de santé, le soin de nos ainés, l’état nous prend en charge du berceau à la tombe, de sorte que nous nous retrouvons coupés de nos instincts primaires, en commençant par notre instinct de survie. C’est d’ailleurs la raison pourquoi nous avons si peu d’enfants.

Dans l’érosion du sens des responsabilités, l’Europe mène le bal, tandis que les États-Unis ferment la marche. Nous nous retrouvons quelque part entre les deux. Le Québec se retrouve avec une décrépitude quelque peu plus avancée que le reste du Canada. Pour donner une idée de proportions, la Californie, qui doit faire des contorsions extrêmes pour ne pas se retrouver en faillite, a 30 millions d’habitants et le Québec en a 7,5 millions, mais les deux ont à peu près le même nombre d’employés publics. Ça vous donne un peu les proportions gargantuesques de l’état québécois, et à quel point cet état est incrusté dans toutes les facettes de nos vies.

Au Québec, il est difficile de mettre un pied devant l’autre sans la permission de l’état. Nous en avons développé une telle dépendance que pendant la dernière campagne électorale fédérale, au débat des chefs, plutôt que de demander d’exiger des solutions aux problèmes de notre système de santé, par exemple, ou de nos problèmes d’infrastructures, une dame n’a rien trouvé de mieux à demander aux chefs que de lui dégoter un emploi.

Ici au Québec, il devient de plus en plus difficile de trouver une entreprise qui ne reçoit aucune subvention, pourtant si seulement 2% de vos revenus proviennent du gouvernement, ça leur donne le droit de véto sur 100% de vos activités. Pour un individu, c’est encore pire. Juste le fait d’avoir l’état comme seul fournisseur de soins de santé lui donne le pouvoir de règlementer pratiquement tout dans votre vie. Après tout, si l’état paye pour vos soins de santé, il a tout intérêt à éviter que vous ayez besoin de soins. C’est l’argument derrière toute une panoplie de restrictions à vos liberté comme le port du casque obligatoire sur une moto, les ceintures de sécurité, la guerre au tabagisme, à la malbouffe et aux drogues. On a pas encore des nutritionnistes qui viennent prendre l’inventaire de notre frigo, mais il paraît qu’ils le font en Grande Bretagne. Ils ne sont pas encore sur le point de confisquer vos Jos Louis, mais ça viendra sûrement bientôt.

S’ils ne peuvent pas vous contrôler au nom de votre propre santé, il le feront au nom de celle de la planète. Depuis près de deux ans maintenant, la théorie selon laquelle ce sont nos émissions de gaz carbonique qui sont responsables de changements climatiques est tranquillement en train de se faire découdre. Même que le programme CLOUD du CERN a récemment démontré que l’influence du soleil sur les rayonnements cosmiques aurait une bien plus grande influence sur le climat que le CO2. Le soleil a une influence sur le climat? Qui l’eût cru! Malgré tout, nos gouvernements ne cessent de multiplier les mesures contre les émissions de carbone, quitte à nous retourner à l’âge de pierre. Il y a quelques années en Grande Bretagne (encore!), on a proposer d’imposer une surtaxe de 20% à ceux qui font des fréquents voyages. Naturellement, ce genre de chose n’aura pas lieu de restreindre les mouvements de gens comme Al Gore ou Michael Moore, mais ça restreint sérieusement le mouvements du reste du monde.

On s’amuse souvent à dire que tous les hommes ont soif de liberté, mais si l’histoire des pays développés depuis 1945 prouvent une chose, c’est qu’entre la liberté individuelle et la sécurité de l’état, les gens voteront plus souvent qu’autrement pour la sécurité et abandonneront leurs libertés. Mais une cage, aussi douillette qu’elle puisse être, demeure une cage.

Une fois qu’ils ont réussi à réguler votre comportement, ils commenceront aussi à réguler ce que vous devez penser. Les mésaventures de Mark Steyn et Ezra Levant avec les commissions des droits de l’homme canadiennes on démontré que pour une profession qui se croit courageuses, il y a plus d’un journaliste qui soit très content de se réfugier dans le conformisme de la rectitude politique. Il est impressionnant de savoir que 85% des journalistes québécois soi-disant « professionnels » ne voient aucun problème à voir leur profession microgérée par l’état. Qu’il puissent ensuite se réclamer indépendants tient de l’équivalent d’un bretzel intellectuel. Tous les champs d’action supposés être les avant-postes de l’indépendance d’esprit, l’art, les écoles ou les médias; ont soit une relation ambiguë avec ou carrément dépendante du gouvernement. Produire un film ici consiste à laisser un organisme gouvernemental nous subventionner pour ensuite produire un matériel osé et avant-gardiste qui ne nuit nullement à l’état.

Puis il vient un temps où même les mots deviennent des incitations à la haine. La moindre critique non-conforme au consensus social devient un crime. Ou simplement faire un lien vers un site internet que l’état juge haineux, peu importe les critères sur lesquels ce jugement repose, devient passible d’amende ou pire.

Comment expliquer que des adultes qui veulent avoir le choix de centaines de marques de céréales au supermarché ou de millions de chansons pour leur iPod, puissent ensuite abandonner tout choix en ce qui a trait à leur santé au seul gouvernement? Ne sommes-nous pas en train de devenir les ados les plus ridés du monde? Bons seulement à choisir notre collection de disques? Et encore! Ce n’est pas si sûr qu’en définitive, l’état nous laissera même choisir nos disques. L’état-providence nous tiendra toujours dans un état d’indolence.

La négation

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Nous vivons, au Québec, une période jamais vue dans son histoire. Le modèle Québécois, ou l’amas de règlements et de privilèges inéquitables que l’on nomme ainsi, se voit confirmé au rang de cas lourd à réformer. L’économie du Québec, sa fiscalité, son identité sont à repenser en entier. Les citoyens et les entrepreneurs croulent sous les taxes et les règlements. Les Montréalais, plus que tous, font les frais d’une absence de leadership et la province se voit gérée par les fluctuations du vide politique qui nous baigne. La seule question qui s’impose est donc celle-ci: Comment en sommes-nous arrivés là?

La réponse est assez simple: nous sommes passifs. Ces problèmes ne sont pas que propres au Québec; nombre de sociétés les ont vécus. Ce qui est propre au Québec, c’est cette ignorance du système, cette incompréhension que l’État c’est nous. Cette passivité nous a menés à la dépendance béate envers l’État, sans questionnement ni critique ni appréciation des limitations inhérentes à une telle prise en charge. Au mieux il s’agit d’un problème. Au pire, c’est une pathologie, un atavisme. Espérons que non, bien que cela rappelle notre attitude séculaire face à la mainmise de l’Église.

Pourtant, il faudrait peu pour réformer l’État et en assurer une place proportionnée: abolition de la sécurité d’emploi, règles claires d’imputabilité des fonctionnaires en charge, mises à pied progressives de 20% des fonctionnaires, baisses d’impôt et tarification en conséquence. Par une bonne sélection de gens de talent, sans doute qu’au final le recours au privé serait minime… Mais encore faut-il la patience de changer une culture de trois décennies de « va comme je te pousse ». Je rappelle que les mesures citées ci-haut furent mises en place dans les années 90 par la… Suède.

Reste le problème de notre passivité. Je suis de ceux qui croient qu’une bonne douche froide de réalité ramènera les esprits vers le réel. Je l’ai déjà dit: faisons en sorte que soit nous et non les autres qui décident des mesures à prendre. Ce n’est cependant pas en écoutant et en se confortant au doux chant de  Jean-François Lisée et des autres qui maquillent la faillite des idées sociales-démocrates « sauce Québécoise » que nous allons prendre le virage de la prise en main des problèmes qui nous affligent.

 

John Galt traduit dans la vraie vie

Dans son roman Atlas Shrugged (bientôt en français sous le titre « La Grève »), Ayn Rand fait l’éloge de l’entrepreneur idéal qu’elle incarne dans la personne de John Galt. Il était un brillant inventeur qui refusait de laisser exploiter son génie par d’autres. Il était un homme pour qui tout était possible et il réussit à convaincre d’autres comme lui a faire la grève et démontrer à tout le monde l’importance des ces hommes et femmes qui innovent sans cesse. Il existe dans ce monde un grand nombre d’entrepreneurs, mais je dirais qu’aucun ne ressemble plus à John Galt que Steve Jobs. C’est un homme qui d’une façon très réelle, a transformé le monde et notre monde aurait été passablement plus pauvre sans lui.

Le prototype du Apple 1, tel qu'initialement présenté à un groupe de hobbyistes.

En 1975, lui et son partenaire Steve Wozniak ont été les premiers à offrir un ordinateur pour la maison à un prix qui était à la portée de tous, le Apple 1. C’était un kit à assembler qui se branchait à un téléviseur et qui se vendait à l’époque pour la modique somme de $666. 66. Wozniak et Jobs les construisaient eux-mêmes dans le garage de Steve Jobs. Jusque là, les ordinateur étaient généralement des machines énormes qui remplissaient souvent plusieurs pièces et qui n’étaient accessibles qu’au grosses compagnies. Le Apple 1 fût l’inspiration pour une foule d’autres compétiteurs comme Texas Instruments, Commodore et Tandy. Le Apple 1 fût ensuite suivi du IIe et du IIc. L’ordinateur personnel était officiellement né grâce au génie de Jobs et Wozniak.

Les années 80 virent l’entrée d’IBM dans l’arène des ordinateurs personnels, qui devint vite la compagnie dominante, forçant un grand nombres de compétiteurs à imiter son fameux PC pour survivre. Jobs, de son côté, plutôt que d’imiter, décide plutôt d’innover avec le MacIntosh. Le premier ordinateur personnel à incorporer une souris et une interface graphique. Interface graphique qui sera l’inspiration pour tous les autres systèmes d’opération similaires comme Windows et le défunt OS2. Encore une fois, c’est Jobs qui transforme l’industrie complète. Même si Apple ne rapporte pas autant qu’IBM, cette compagnie arrive à établir une domination dans le domaine du design et de l’éducation. Le Mac continuera d’évoluer dans les années qui suivront et sera caractérisé par une élégance et un style inexistants dans le reste de l’industrie. En l’espace de dix ans, Apple est passée de seulement Jobs et Wozniak travaillant dans un garage à une compagnie valant 2 milliards et employant plus de 4000 personnes.

L’impact de Jobs sur Apple est indéniable. La période la plus difficile de la compagnie fût lorsqu’elle l’a évincée. Pendant ce temps, Jobs ne s’est pas laissé abattre et a fondé deux autres compagnies: NeXT et Pixar. Pixar continue d’innover dans le domaine de l’animation, ayant un grand nombre de long métrages pour enfants à son actif. La compagnie NeXT n’a pas rencontré un gros succès commercial, mais les technologies que Jobs a développées avec elle sont à la base de la renaissance d’Apple.

Depuis son retour à la barre de sa première compagnie, Steve Jobs n’en finit plus de révolutionner le marché. Il a mis les walkman et les discman au rancart avec ses iPods. Il a réussi à convaincre les gens à payer pour leur musique, plutôt que de la télécharger avec iTunes. Il a révolutionné le marché des téléphones portables avec le iPhone, supplantant le vénérable Blackberry et tourné sans dessus dessous le monde des ordinateurs portables avec son iPad. Tous ces produits qui ont fait avancer l’industrie par bonds.

Alors qu’il a annoncé sa retraite la semaine dernière, il est difficile de s’imaginer ce que aurait été le monde sans l’apport de Steve Jobs. Ses innovations ont rendu la vie de milliards de personnes plus agréable et on permis à des millions d’autres personnes à bien gagner leur vie à travers le monde. À lui seul, le iPhone est fabriqué en utilisant des centaines de composantes manufacturées dans des centaines de pays différents. À lui seul, Steve Jobs aura nourri et enrichi plus de gens que tous les politiciens de la planète. Était-il animé par la poursuite du bien commun? Probablement pas, mais il a néanmoins sorti bien plus de personnes de la pauvreté que n’importe quel gouvernement.

Jobs et Wozniak dans leur garage en 1975

 

« Impossible est juste un gros mot lancé par des petits hommes qui trouvent plus facile de s’accommoder du monde qui leur a été légué que d’explorer le pouvoir qu’ils ont de de le changer. L’impossible n’est pas un fait, c’est une opinion. L’impossible n’est pas une déclaration, c’est un défi. L’impossible est un potentiel. L’impossible est temporaire. L’impossible n’est rien. » -Steve Jobs

Ceux en manque d’inspiration peuvent certainement en trouver dans cette citation. Le monde a besoin de plus de Steve Jobs.

Le mythe Legault

 

On le sait, la politique intéresse peu les gens au Québec. Encore moins au provincial. L’échiquier politique est occupé depuis près de 40 ans par les deux mêmes partis, le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, tous deux sociaux-démocrates mais souverainiste et fédéraliste. Autrement dit, c’est la gang du « oui » contre la gang du « non ». Qui plus est, depuis le référendum de 1995, l’appui à l’indépendance du Québec n’a jamais dépassé le seuil critique de 45 %. Le PQ n’est donc pas à la veille de déclencher le processus de « libération du Québec », à moins d’être masochiste. Sans un chef très charismatique de la trempe de René Lévesque ou de Jacques Parizeau, le PQ ne réussit pas à convaincre les Québécois du bien-fondé de « la cause ». Le parti se rabat donc sur la gouvernance de l’État tout en faisant miroiter la possibilité de tenir un référendum afin de garder ses militants.

Usé par trois mandats d’affilée et le scandale de la construction, le Parti libéral de Jean Charest devrait normalement se faire massacrer dans les sondages. C’était plutôt vrai jusqu’à la fin de la session parlementaire hivernale, moment où cinq députés ont quitté le navire, pour des raisons aussi différentes que la contestation du leadership de Pauline Marois (qui a obtenu plus de 93 % d’appui de ses militants en avril!), le côté entêté du parti à faire la souveraineté et son côté pas assez pressé à le faire. Ajoutons le spectre Legault qui commence à hanter le PQ.

Ils n’ont toujours pas créé leur parti politique, mais les « caquistes » François Legault et Charles Sirois trônent en tête des intentions de vote, avec plus ou moins 40 %, ce qui pourrait leur donner théoriquement un gouvernement majoritaire. Libéraux et péquistes déçus ou déchus frapperaient aux portes du mouvement politique, devant l’ampleur de cette popularité.

C’est justement la base du problème. La Coalition pour l’avenir du Québec représente un certain vent de fraîcheur en politique, mais elle recrute chez les deux partis qui représentent la lassitude des électeurs. En effet, même s’il existe une entente plus ou moins tacite entre les adéquistes et les caquistes, aucun adéquiste n’a annoncé son désir de joindre le mouvement Legault. Même si certaines idées sont intéressantes, elles ne vont pas tellement dans l’idéologie adéquiste, en particulier en santé. Il faut quand même le reconnaître, l’ADQ est le premier parti a avoir parlé de la place du privé en santé, et elle est toujours la seule formation politique au Québec à en parler ouvertement.

L’orientation du mouvement est des plus ambigües, les journalistes la désignant de coalition de centre-droit, tandis que le principal intéressé la définit de gauche efficace. À vouloir inclure tout le monde, le mouvement risque de ressembler à un mélange libéralo-péquiste un peu nationaliste mais pas trop, extrême-centriste. Bref, il représente une façon pour les vieux politiciens de demeurer dans le portrait encore quelques années. De nombreux bloquistes et péquistes ont des contacts réguliers avec François Legault, ce qui laisse planer un doute sur la nouveauté et l’orientation de droite.

Pour le moment, François Legault a plus l’air d’un caméléon qui dit ne pas être contre le privé en santé à CHOI-FM mais qui affirme à Radio-Canada que le fait de donner plus d’argent aux artistes est bon pour l’économie québécoise. Autant dire qu’il s’ajuste à son auditoire. Seuls les droitistes purs du Réseau liberté Québec et les vrais gauchistes de Québec solidaire ne sont pas intéressés par le train Legault.

Si j’étais Jean Charest, je déclencherais le plus tôt possible des élections, pour éviter de perdre des militants et des députés et afin de capitaliser sur la faiblesse du PQ. Mais une chose est sûre : le mouvement Legault donne un second souffle aux deux vieux partis, même s’ils s’en méfient.

Hommage à un « bon Jack »

 

Au Québec, une des expressions populaires que nous avons pour dire que quelqu’un est un bon diable est qu’il est un « bon Jack ». J’ignore d’où provient cet expression, mais elle est certainement appropriée dans le cas de Jack Layton. Jack Layton est né et a passé son enfance et son adolescence au Québec d’ailleurs. Je ne suis pas d’accord avec ses points de vue politiques, mais force est de reconnaitre qu’il avait de la classe et qu’il avait le cœur à la bonne place. Parmi les membres d’une classe politique qui suscite plus la dérision que l’admiration de nos jours, il était un des rares personnages qu’on aurait pu qualifier de « gentleman ».

Il y a déjà plusieurs jours que son décès a pris les canadiens par surprise. Pourtant sa dernière apparition publique, celle où il a annoncé qu’il cédait sa place, ne laissait que peu de doute dans mon esprit que son combat était loin d’être gagné. Jack Layton, un homme d’ordinaire énergique, n’était plus que l’ombre de lui-même et semblait avoir vieilli de 10 ans. Le cancer est une terrible maladie qui a emporté déjà plusieurs membres de ma famille. Je ne souhaiterais pas cela à mon pire ennemi. Mes pensées sont avec sa famille.

Jack, comme les québécois se sont plu à l’appeler aux dernières élections, nous aura quitté à l’apogée de sa carrière pour avoir réaliser l’impossible de gagner le cœur des québécois pour une formation politique qui leur était totalement antipathique avant lui. Aucun autre chef du NPD n’avait réussi à seulement faire une percée au Québec. À la dernière élection fédérale, les québécois n’avaient pas voté pour le NPD, ils ont voté pour « Jack ». Ils ont voté pour le chef le plus charismatique et on ne pourrait les blâmer, considérant les alternatives. Michael Ignatieff et Stephen Harper n’ont certainement pas su les rejoindre. Seul l’avenir dira si l’aventure entre le Québec et le NPD survivra à Jack Layton. Quant à moi, j’ai de gros doutes. Je ne vois pas vraiment qui pourrait remplir ses chaussures. Comme successeur possible, il y a bien Thomas Mulcair, mais il aura fort à faire pour maintenir les gains que le NPD a fait au dernier scrutin.