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Category Archives: Opinions



Le cirque

Par Philippe David

Vous aimez cette photo de notre nouveau conseil des ministres? Ok, ce n’est pas vraiment une photo du conseil des ministres, mais c’est l’impression que Pauline 1ère, l’impératrice, et ses joyeux drilles m’ont donné. Tout d’abord parce que tout ce qu’ils ont fait cette semaine sent l’amateurisme à plein nez. Un chance que Pauline nous avait dit qu’elle avait déjà une équipe de transition de prête pendant la campagne électorale. Qu’est que ça aurait été si le PQ avait été pris par surprise.

La soirée de l’impro

Non seulement est-ce que la composition de cabinet éminemment faible du côté économique et éminemment forte en bolchévistes et melons d’eau, mais moins de 48 heures après la présentation et l’assermentation du cabinet, Pauline 1ere devait déjà remanier son cabinet. Elle avait oublié de nommer un ministre du revenu et grâce à une crise du bacon de la députée Noëlla Champagne, elle a dû repenser qui sera ministre responsable de la Mauricie et du Centre du Québec et les a confié au whip du parti, qui n’est pas vraiment ministre.  Encore une autre preuve qu’avec Pauline, ile ne suffit que de faire une crise du bacon pour avoir tout ce qu’on veut. Je suis certain que tous les groupes de pression et les lobbyistes du Québec ont pris des notes. Merci Pauline! Quel amateurisme!

Le triomphe des carrés rouges

Parlant de crise de bacon, Pauline a non-seulement rétablit le gel des frais de scolarité, mais elle a récompensé ces pauvres chérubins en leur laissant la bonification des prêts et bourses qui était supposé compenser la hausse. Le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière. Après tout, ça a dû être tellement stressant pour ces pauvres incompris estudiantins de manifester, émeuter et casser, tout en étant persécutés par ces méchants policiers! Pensez-vous qu’ils sont satisfaits? Noooooon! Puisque ça marche, ils vont continuer. La FEUQ et la FECQ vont pousser pour un gel permanent (il ne faudrait surtout pas que ces pauvres chérubins soient affectés par l’inflation comme le reste du monde, quand même!) et la CLASSE veut rien de moins que la gratuité! Et qui va payer? J’y reviendrai plus bas…

Les deux pieds sur le frein

Les analogies automobiles continuent. Après avoir eu un gouvernement qui se targuait d’avoir les deux mains sur le volant, nous en avons maintenant un qui a les deux pieds sur le frein. Si au moins c’était pour nous faire éviter le mur sur lequel nous fonçons, mais malheureusement, de ce côté, le PQ a plutôt les deux pieds sur l’accélérateur. Le PQ a les deux pieds sur le frein en ce qui a trait au développement économique. Tout d’abord, notons qu’il n’existe plus de ministère du développement économique. Ensuite, en deux jours, notre nouveau gouvernement a déjà aboli trois industries par décret: l’amiante, le nucléaire et le gaz de shale (et non gaz de schiste). Les deux premières n’étaient probablement pas réchappable de toute façon. Le marché de l’amiante était mort de toute façon et l’industrie vivait sur le respirateur depuis des lustres de toute façon. Quant à Gentilly, il est plutôt incertain si avoir une centrale nucléaire valait la chandelle étant donné les coûts de la remettre à niveau.  Je concède que sa fermeture était probablement inévitable, mais le gouvernement aurait pu faire mieux que la façon qu’ils l’ont fait.

Pour les gaz de shale, par contre, c’est totalement injustifié et 100% idéologique. Je trouve aberrant d’entendre une ministre qui a supposément une formation d’ingénieur dire qu’elle ne voit pas le jour ou ces ressources gazières pourraient être exploitées de façon sécuritaire. L’humanité a conquis la Lune et a envoyé des robots se promener sur Mars et serait aussi en train de percer le mystère de la propulsion supraluminaire, mais désolé, extraire du gaz de shale ici sur Terre, c’est au-dessus de nos capacités! Foutaise! Un petit flash pour la ministre: le gaz de shale est déjà exploité de façon sécuritaire ailleurs au Canada et aux États-Unis. La position de Mme Ouellet tient donc de la démagogie la plus pure. On peut aussi s’imaginer l’avenir du développement de nos ressources pétrolière et minières avec Martine Ouellet, le melon d’eau, à la barre du ministère des ressources naturelles. Ce sera moratoire sur tout et surtaxage de tout ce qui est déjà exploité.

La saignée

Pendant Pauline 1ère distribue des bonbons à ses fidèles, le trou se creuse dans le budget. Le manque à gagner de l’abolition de la hausse des frais de scolarité et de la taxe de santé ne se comblera pas tout seul. Mais évidemment, Pauline n’est pas à court de pensée magique. Donc nous allons taxer les riches! Pas seulement dans le future, mais rétroactivement! Si apparemment, cette mesure est légale, elle est plutôt odieuse. Mais ceux qui sont visés ne forment que 3,6% de la population, Pauline ne se soucie certainement pas de leurs votes. Ce que l’ineptie de Mme Marois lui fait oublier c’est que ce 3% et des poussières paie plus du quart de tous les impôts et qu’ils sont mobiles. Non seulement est-ce que son gouvernement embourbe la création de nouvelle richesse, mais il s’applique à faire fuir tout le capital de la province. Bravo Pauline.

À babord toute!

La stratégie de PQ ne pourrait être plus claire. Un virage radical à gauche pour essayer de rapatrier les votes qui sont allés à QS et ON au dernier scrutin, en espérant que lorsque son gouvernement tombera, le vote anti-PQ sera divisé entre les libéraux et la CAQ suffisamment pour avoir un gouvernement majoritaire en profitant de notre mode de scrutin actuel. Ne vous attendez donc pas à avoir un scrutin proportionnel de sitôt. Pendant ce temps, Pauline 1ere va nous enfoncer son programme dans la gorge pendant que les libéraux sont occupés à se choisir un nouveau chef et ne risquent pas d’être prêts à faire tomber le gouvernement avant le printemps prochain au moins. Entre temps, préparez-vous à subir des mesures bolchéviques. C’est plutôt ironique, depuis le temps que la gauche québécoise critique Stephen Harper et l’accusent d’être un dictateur, qu’on se retrouve avec un style tout aussi autocratique de la part de Pauline Marois. Va-t-on voir la gogauche caviar traiter Pauline de fasciste? Permettez-moi d’en douter.

Le manifeste des pas-de-carré

 

 Par Pierre-Guy Veer

Depuis le début du mouvement de boycott étudiant – l’éducation est une marchandise, car elle est le produit du travail humain, tel que reflété par son prix, son offre et sa demande –, deux principale factions se sont opposé. Il y a d’abord les carrés rouges, les plus bruyants, les collectivistes enragés[1], ceux pour qui tous les moyens sont bons[2] pour atteindre leur fin[3], qui est soit annuler la hausse de 1625$ des frais de scolarité – qui laisse malgré tout le Québec tout juste devant Terre-Neuve pour 2012-2013[4] –, soit atteindre la gratuité scolaire et ainsi prétendre avoir droit au produit d’autres humains comme les esclavagistes d’autrefois – quoi que même avec la gratuité, ça ne serait pas suffisant[5]. Il y a ensuite les carrés verts[6], légèrement moins collectivistes que les carrés rouges – ils prétendent aussi que l’éducation est un droit –, qui approuvent la hausse des frais de scolarité et la bonification du programme de prêts et bourses tout en s’opposant aux boycotts, dont les votes sont peu démocratiques[7] et ouverts d’esprit[8].

 

Bref, dans les deux cas, nous avons deux factions étatistes qui justifient le rôle du gouvernement dans l’éducation. Elles sont d’accord pour que les contribuables paient leur éducation – seule la proportion change –, bien que les frais semblent sans influence sur la diplomation[9] et qu’une injection massive de fonds publics n’a, au mieux, qu’une influence non significative sur les résultats[10]. Pour utiliser la terminologie objectiviste, ce sont des altruistes, des gens qui utilisent les autres à leurs fins.

 

La faction de la liberté

 

C’est pourquoi il est plus que temps pour qu’un autre groupe voit le jour : les pas-de-carré. Qui sont-ils? Ce sont des gens qui s’opposent à toute ingérence du gouvernement dans l’éducation, et qui veulent donc l’abolition du ministère de l’Éducation. Ce sont des gens qui voient l’éducation comme elle est : une marchandise. Ce sont des gens qui sont conscients que la meilleure façon de décider de la répartition d’une marchandise, c’est par le marché, i.e. par les décisions des huit millions de personnes vivant sur le territoire du Québec. Ce sont, comme les carrés verts, des gens qui s’associent volontairement et n’exercent aucune coercition les uns sur les autres. Enfin, toujours comme les carrés verts, ce sont des gens qui croient que des boycotteurs n’ont aucun droit de bloquer l’accès aux cours des personnes qui veulent y assister, même si une assemblée qualifiée l’a décidé. Après tout, c’est le consommateur individuel qui choisit ou non de boycotter une marchandise; un groupe n’a aucun droit de l’empêcher de la consommer, surtout pas au nom de la « solidarité ». Solidarité qui, dans le cas des boycotts étudiants, est sans valeur puisqu’elle est renforcée à la pointe d’un fusil[11].

 

Cesser de biaiser les choix

 

Donc, en voyant l’éducation comme une marchandise, il est facile de comprendre l’effet d’une intervention des gouvernements. En effet, comme tout prix plafond – dans ce cas-ci, les étudiants ne paient pas le prix réel de leurs études –, les consommateurs ont un fort incitatif pour consommer le plus possible. En « consommant » plus d’études, le marché se retrouve donc saturé de diplômés dans des domaines aux débouchés limités – sociologie, théâtre, sciences politiques. La note est évidemment refilée aux contribuables.

Si, ainsi que le prétend la CLASSÉ, moins d’étudiants sont sur les bancs suite à la hausse[12], c’est donc signe que lesdites études n’en valaient pas la peine. En d’autres mots, la dépense encourue par trois années de bac n’aurait pu être remboursé par un travail convenable. Cela a donc diminué le gaspillage encouru par des frais trop bas; gaspillage qui serait encore plus réduit si les frais étaient laissés à eux-mêmes.

 

Mais le gaspillage n’est pas unidimensionnel. Il ne faut pas oublier les prêts et bourses, qui sont la prochaine bulle[13]. La même logique que les bas frais s’applique : quand le gouvernement  change les incitatifs, les gens, qui sont rationnels, changent leur comportement pour en profiter. Dans le cas des prêts et bourses, des gens qui n’auraient autrement pas accès à des prêts y ont « droit », ce qui augmente leur dette et taxe leur capacité future de payer (et celle des contribuables). On subventionne ainsi encore plus les études, avec des résultats mitigés.

 

Les demandes

 

Voici donc les demandes des pas-de-carré (elles varient d’une personne à l’autre, puisque ce n’est pas un groupe homogène, mais en voici les principales)

-        Abolition du ministère de l’Éducation et congédiement de tous ses fonctionnaires (avec compensation s’il y a un contrat)

-        Abolition du programme des prêts et bourses

-        Abolition du REÉÉ (régime enregistré d’épargne étude). On n’a pas besoin d’un autre programme d’épargne; si une personne veut étudier/veut que ses enfants étudient, l’épargne ordinaire suffit.

-        Abolition de toute forme de subvention à l’éducation à tous les niveaux, du primaire à l’université. Si l’éducation est si « payante », alors la dépense sera vue comme un investissement et se fera sans arrière-pensée.

-        Affecter la moitié des surplus dégagés au remboursement de la dette et l’autre moitié à des réductions d’impôts, idéalement pour avoir un taux d’imposition unique au plus au niveau de l’Alberta (10%). Dans un État fédéré, il est plus difficile d’obtenir des revenus, alors l’impôt sur le revenu semble nécessaire pour accomplir les missions régaliennes de l’État.

-        Abolition de l’âge obligatoire pour les études. Ainsi, les personnes « pas faites » pour étudier pourront intégrer le marché du travail quand bon leur semble.

-        Abolition de la syndicalisation obligatoire des enseignants, de leur sécurité d’emploi automatique et de leur ancienneté en béton. Désormais, la compétence primera avant tout, et l’État ne dictera pas ce qu’un enseignant peut ou ne peut pas donner comme note[14].

-        Abolition des commissions scolaires. Ces monstres bureaucratique ont plus leur intérêt à cœur que celui des élèves[15]. Si des gens veulent regrouper certaines écoles pour mieux gérer les ressources, grand bien leur en fasse.

Oui, ces demandes sont radicales. Oui, ces demandes vont causer des perturbations à court terme, et certaines personnes risquent de souffrir beaucoup. Mais malheureusement, le statu quo (avancer vers le mur au même rythme), ou pis l’accélération de la cadence vers le mur, est inacceptable. Plus on attend pour faire les réformes, comme ce fut le cas le dégel soudain des frais de scolarité, plus elles seront douloureuses. Des pays comme l’Estonie ont effectué des coupes publiques profondes et s’en porte nettement mieux que la plupart des autres pays industrialisés[16]. Ceux qui, comme la Grèce, n’ont pas réformé leur économie, s’enfoncent de plus en plus dans le marasme économique – le japon s’y trouve depuis 20 ans. Sans le secours financier de 8G$ envoyé par le reste du Canada, le Québec serait exactement dans la situation de la République hellénique.

 

Évidemment, comme les pas-de-carré ne croient pas en la violence, vous ne les verrez pas en train de bloquer un pont, fracasser les vitrines d’une agence gouvernementale ou envoyer des sauterelles dans le local d’un groupe marxiste. La seule façon de changer les mentalités, c’est le temps. C’est cette idée de liberté et de dignité pour la classe moyenne qui a donné au monde la machine à vapeur[17]. C’est cette idée qui doit revenir au galop au Québec si l’on veut que la Belle Province cesse d’être dans les bas-fonds des classements économiques et sociaux et cesse de ressembler au monde de Atlas Shrugged. C’est cette idée que les pas-de-carré veulent propager.

 

Amants de la liberté, antagonistes de l’étatisme et sceptiques de l’interventionnisme, unissez-vous! Propagez les idées de libertés, montrez aux gens que l’État est le problème et non la solution, lisez et parlez Mises, Rand, Smith, Bastiat, Say et tous ces auteurs qui ont montré au monde le vrai visage de l’interventionnisme et que la liberté est la seule alternative. Portez une simple épingle anglaise vide ou un carré d’identification vide pour montrer votre attachement à la cause de la liberté et montrer que vous refusez que l’État ne contrôle votre destinée.




[17]  Palmer, Tom G éditeur. The Morality of Capitalism, What Your Professors Won’t Tell You, Jameson Books, Ottawa, Ill, 2011, p.29

La motion M-312, la différence entre les aiguilles à tricoter et le gros bon sens

 Par Michael Descamps

Parmi les questions qui sont débattues périodiquement et qui reviennent régulièrement sur la table au Canada (débat dans les prochains jours), on ne peut ignorer celle du droit à l’avortement qui continue encore aujourd’hui de susciter débats et émotivité. La motion M-312 du député conservateur Stephen Woodworth suscite la rage, mais surtout la peur, de nombreuses organisations qui pour empêcher le retour à un débat si important, essaient de le démoniser et versent dans la caricature. Sans prendre le temps de considérer le fondement de la motion, les groupes qui s’y attaquent annoncent en grande pompe le retour aux aiguilles à tricoter, aux femmes mourant par centaines et au retour du moyen âge sur terre. En les écoutants, on se rend bien vite compte qu’ils considèrent que tout ceux que l’on peut appeler ‘’pro-vie’’ sont des religieux extrémistes venu de l’ouest et qu’aucun d’entre eux n’a jamais eu ni enfant ni femme, ce qui leur donne si peu de compassion. Il ne faudrait toutefois pas oublier que malgré l’évidente présence des mouvements religieux dans cette cause (comment faire autrement sur cette question) il y a aussi d’innombrables laïcs qui y participent et d’innombrables femmes qui passent leur vie et leurs énergies à demander un nouveau débat.

 
Faut-il réellement se boucher les oreilles et donner un grand coup de pieds dans la motion M-312 ? Se pourrait-il que cette obstination à refuser tout débat soit dû au fait que l’on ait peur d’entendre quelque chose qui relève d’une certaine part de vérité ? Si ces groupes sont si convaincus de la teneur de leur argumentation, pourquoi avoir peur d’en discuter ? Se pourrait-il qu’en versant dans l’extrémisme et la caricature on passe à côté d’une remise en question saine qui ne demande fort probablement même pas à aller aussi loin que la criminalisation pure et simple de l’avortement ?

La motion M-312 n’a aucune avenue légale sur l’avortement. La motion M-312 ne demande que la constitution d’un comité qui serait chargé de se pencher sur la question de la constitution humaine ou non des bébés avant leur naissance et ce, de façon objective et factuelle, en ne considérant que les données scientifiques et concrètes.

 

Le député de Kitchener-centre Stephen Woodworth, n’a à priori pas proposé cette motion dans le but de criminaliser tout bonnement l’avortement.

 

«Si les preuves vous disent qu’un enfant est un être humain avant le moment de sa naissance complète, allez-vous fermer vos yeux devant la vérité simplement pour justifier l’avortement?», a-t-il déclaré.

« Ne souhaitez-vous pas que vos lois soient fondées sur la vérité ? »
S’exprimant d’une voix calme et posée, M. Woodworth se défend bien de vouloir recriminaliser l’avortement. Il affirme vouloir susciter un débat public à propos de la définition légale de l’être humain, apparue il y a 400 ans et peu adaptée aux progrès de la médecine.

«Cependant, j’ai conclu que la science médicale moderne nous informera que les enfants sont en réalité des êtres humains à un certain point, avant le moment de la naissance complète», a-t-il signalé.

 

Il ne l’a fait ni avec des principes religieux, ni avec l’extrémisme de demander à reconsidérer l’avortement dès le moment de la conception, il a seulement demandé à ce que l’on se pose des questions.

 
Des questions bien simples en fait, comme : pourquoi est-ce qu’une femme enceinte de 8 mois qui se fait frapper volontairement dans le ventre et qui perds son bébé ne peut s’attendre à ce que notre système justice  condamne le criminel pour homicide ? Comment se fait il que cet être évolué pourtant viable (en fin de grossesse) ne puisse être protégé convenablement contre la mauvaise intention d’individus exploitant cette absence de droit? Comment se fait-il qu’a chaque année dans de nombreuses villes canadiennes, on pratique des ‘’avortement de la dernière minutes’’ (plus de 100 par année à Montréal) quelques jours avant l’accouchement naturel d’un enfant qui respirera et qui vivra sans assistance après l’avortement de type césarienne … mais que ces enfants sont par la suite laissé mourir voir poussé à mourir, car ils n’ont aucune considération juridique ? Comment se fait-il que la société canadienne désire davantage protéger les animaux et les végétaux qu’assurer un statut d’être humain …. à un être humain ? Comment se fait-il que le Canada soit parmi les pays dans le monde qui autorisent l’avortement jusqu’au tout derniers instants de la grossesse ? Comment se fait-il que les ‘’avortements chroniques’’ (définis en fréquence et nombre par femme) soit passés de 30% à 37% dans les dernières années ? Comment se fait-il que l’avortement soit largement l’acte médical le plus pratiqué au Canada ? Comment se fait-il que de proposer des méthodes alternatives à l’avortement (tel l’adoption pré-accouchement) ne soient presque jamais considéré ? Comment se fait-il que 99,7% des avortements sont pour des raisons dites ‘’de complaisance’’ ou de ‘’choix de vie’’ et que seulement 0,3% des femmes affirment craindre pour leur santé physique ou mentale en choisissant de mettre fin à la grossesse. Notez que je ne dit pas ici qu’il s’agit d’un choix banal sans empreintes psychologiques sur la mère, bien au contraire.

Une étude de ces questions par un groupe scientifique arriverait-il automatiquement à la criminalisation pure et simple de l’avortement ? Je suis certain que non !  Il est tout à fait envisageable que lorsque le comité répondra à ces questions par des réponses que tristement vous connaissez déjà …… et bien néanmoins, l’avortement reste un choix pour la très grande majorité des cas. L’IVG (interruption volontaire de grossesse) devrait peut être se voir mieux encadré mais l’interruption de grossesse pour raison médical, pour viol ou inceste ou pour cas exceptionnels ne devrait logiquement jamais être touché. La majorité des pays occidentaux (surtout européens) fixes une date limite à la pratique de l’IVG, mais rares sont ceux qui l’interdisent complètement. Il y a également possibilité de donner des droits juridiques à l’enfant à naître en cas de crimes porté à l’encontre de sa mère, sans pour autant diminuer les droits de cette femme.

Est-ce qu’un tel discours et un tel questionnement sont immanquablement un témoignage de la droite religieuse ? Non ! De la droite morale et sociale ? Non ! 
Non seulement la remise en question de l’avortement dans sa forme actuelle est remarqué autant chez la gauche que chez la droite, autant chez les religieux que chez les laïcs mais de plus, il faut noter que la proportion de femmes, mères ou non, qui défendent cette cause est fort large et fort déterminé à défendre son droit de parole sur la question.

Dernièrement des chercheurs italiens et australiens ont proposé que puisque la définition de la vie vient généralement avec la prise de conscience de soi ainsi que l’interaction avec son milieu, il faudrait permettre de mettre fin à la vie du bébé jusque plusieurs moi après l’accouchement. Il est vrai que suivant la logique actuelle, cette conclusion paraît pleine de sens. Êtes-vous d’accord avec cette proposition ?  Moi non !

Petite note personnelle : en tant que libertarien, la liberté de choix est pour moi une chose incontournable et fondamentale, il faut toutefois ne pas oublier que notre liberté s’arrête ou commence celle des autres. Et pour savoir qui est cet ‘’autre’’ il faut d’abord définir la notion d’individu. Il faut aussi noter que le libéralisme classique se base sur un principe de non-agression et de défense des droits de chaque être humain. J’invite les libertariens à visiter ce site pour voir des positions similaires aux miennes et comprendre leurs conformités au libertarianisme : Libertarians for life  http://www.l4l.org/ .

Personnellement je suis père de famille, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs femmes autour de moi de tout les horizons avec qui je discute, j’ai énormément à cœur leur santé et leur libre arbitre, je suis bien placé pour comprendre ce que la venue d’un enfant crée dans une vie …. mais je ne peux considérer la destruction d’une vie (être humain viable) comme une façon de se sentir libre et comme une façon de régler nos problèmes quotidiens. Pour ma part je ne considère pas l’interdiction complète de l’IVG comme souhaitable, par contre je crois qu’une limite temporelle devrait être fixée dans le déroulement de la grossesse. Trois mois, cinq mois, six mois … c’est à discuter, mais il faut en discuter. Je crois aussi que tout en maintenant le libre choix des femmes, il faut réaffirmer les autres possibilités qui s’offrent à elles et prendre des mesures pour réduire la banalisation de ce choix.

Néanmoins, malgré ce que je crois personnellement, je dois dire que la motion M-312 du député Woodworth ne va même pas jusque là. J’invite les gens à comprendre qu’il y a un juste milieu entre les aiguilles à tricoter issues d’un temps ancien où la criminalisation était complète et surtout où les femmes étaient ostracisées étant enceintes …. et d’une autre part, la banalisation de l’interruption d’une vie, surtout lorsque même les avortement ‘’de dernières minutes’’ commencent à nous sembler normaux. Il est certains qu’en changeant quoi que ce soit aux lois actuelles, ne serais-ce que pour aller rejoindre la législation des pays européens, certaines facettes du plein choix seront affectées, mais il y a moyen de faire des concessions et arrêter de nier l’existence d’un être humain pour conserver le soulagement de ne pas avoir de remords. Ce que l’on appelle ‘’le droit’’ à l’avortement ne serait vrai que s’il n’interférait pas avec le droit de quelqu’un d’autre. Se séparer d’un bébé en gestation n’est pas comme se séparer de son appendice. Le bébé n’est pas une partie du corps de la mère, il est indépendant au point ou le sang ne se mélange même pas.

Stephen Woodworth invite ses confrères députés à voter selon leur conscience et affirme qui si la science nous prouve des choses que l’on ne connaissait pas il y a 40 ans, alors aucun député élu et représentant du peuple ne devrait sans murement y réfléchir, voter dans le sens de dire que certains être humains ont le droit de l’être et d’autre non.

 

«Nous devrions discuter de la définition de l’être humain. Les débats sur des questions complexes ne se ferment pas. Ils peuvent continuer pendant très longtemps.»

 

Les enragés

Par Philippe David

Un incident récent à l’hôpital général juif de Montréal m’a laissé un peu songeur. Vous pouvez lire l’article à ce sujet de la plume de Barbara Kay dans le Prince Arthur Herald, mais je vais tout de même vous faire un court résumé.

Le 12 septembre, André Montreuil était au Jewish pour un CT scan. En attendant, il est descendu à la cafétéria pour prendre un sandwich. Il a signifié en anglais à la personne au comptoir qu’il était sévèrement allergique aux tomates et lui demanda de bien vouloir changer de gants afin d’éviter que tout résidu de tomate qu’elle aurait pu manipuler avant ne contamine son sandwich.  Une fois assis, en train de déguster son sandwich avec un ami, une femme dans la trentaine l’approche et commence à l’invectiver, hurlant « ici on parle français, pas anglais! » À quoi  M. Montreuil aurait répondu que dans sa propre ville il peut bien parler la langue qu’il veut.  L’argument a continué quelques minutes et la dame s’est éloignée pour revenir quelques minutes plus tard balancer un sandwich aux tomates dans le visage de M. Montreuil, dont le visage a immédiatement commencé à se boursouffler dangereusement. La dame a été arrêté et au minimum, elle devrait faire face à des accusations de voies de faits. 

Pour le moment, on ne sait si la jeune femme est atteinte d’une quelconque maladie mentale. C’est ce que l’enquête déterminera sûrement. Mais chose certaine, elle n’a pas choisi de lancer un sandwich aux tomates par hasard. Elle a de toute évidence entendu M. Montreuil dire qu’il était allergique et elle avait évidemment l’intention de lui causer du mal. Je ne sais pas dans quel état se trouve M. Montreuil actuellement, mais j’espère qu’il s’en remettra. Encore une chance que ça se soit produit dans un hôpital. Mais je crains que d’autres incidents similaires soient dans notre futur. N’oublions pas aussi ces touristes asiatiques qui ont été injuriés par un couple au centre-ville pour avoir commis la même offense de s’être exprimé dans la langue de Shakespeare.

Il commence à apparaitre plutôt évident que depuis le début de la campagne électorale, les vieilles tensions linguistiques ont monté d’un cran et que vu l’attitude et les déclarations de Mme Marois et ses sbires depuis leur élection, ce n’est pas près de se résorber.  Que voulez-vous, quand on ne cesse ce crier à la supposée anglicisation de Montréal, (ce qui est totalement faux selon les statistiques) afin de justifier un resserrement de la loi 101, et quand on fait la chasse aux raisons sociales à consonance anglophones, il ne peut que s’installer une mentalité de siège qui va certainement exciter certains zélotes de la langue.

Je n’ai moi-même aucun doute que certains voient dans l’augmentation des tensions linguistiques, une façon de mousser l’option souverainiste, pourtant moribonde.  Pauline Marois devrait prendre acte du fait que plus de deux tiers des québécois ont voté contre son gouvernement et essayer de se montrer conciliante, mais je crois que c’est probablement trop demander.

Vivement que la course au leadership libérale se termine pour que le rapport de force à l’Assemblée Nationale revienne du côté de l’opposition.

Les liens entre les syndicats et les associations étudiantes et la sortie médiatique de Lucien Bouchard :

Par Simon Leduc

Les syndicats et les associations étudiantes : même combat 

TVA nouvelle a appris que l’ancien porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois a déniché un emploi à la Confédération des syndicats nationaux (CSN). L’ancien leader de la frange radicale du mouvement étudiant a le droit de travailler pour un syndicat, c’est un choix personnel et il faut respecter cela. Mais, on ne me fera pas croire que la CLASSE n’a pas de liens avec les syndicalistes de la CSN. Lors du conflit étudiant, la centrale syndicale a financé l’association étudiante extrémiste à la hauteur de 35000$, ce n’est pas rien. On va se dire les vraies affaires, les dirigeants de la CLASSE ne défendent pas les intérêts de ses membres mais bien ceux de ses petits amis idéologiques et le passage de GNB à la CSN le prouve bien. C’est la même chose concernant les deux autres groupes étudiants (la FECQ et FEUQ). Ceux-ci ne représentent pas les intérêts des jeunes mais bien ceux de leurs amis gauchistes et le passage de Léo Bureau Blouin au PQ en est une autre preuve. Je ne crois pas que tous les étudiants sont des gauchistes partisans du Parti québécois et de Québec solidaire. Les jeunes d’allégeance plutôt conservatrice doivent être tannés en maudit de payer des cotisations aux clubs écoles des grandes centrales syndicales. Celles-ci sont en partie responsables de l’état de délabrement économique de la société québécoise et du gâchis que les jeunes générations vont hériter. Les étudiants devraient avoir le choix d’adhérer ou non à une association étudiante. Comme cela, leur liberté de choix serait respectée. Le seul rôle d’une association étudiante est de défendre les intérêts de ses membres et non pas de faire de la petite politique partisane. La liberté de choix est un principe sacré qui n’est pas respecté par les syndicats et leurs clubs écoles, cela me dépasse. Après cela, ces groupes qui se targuent d’être progressistes font des leçons de démocratie à Stephen Harper, cela me fait bien rire.

Lucien Bouchard : un grand chef d’État 

L’ancien premier ministre a fait une tournée des médias pour faire la promotion de son nouveau livre (lettres à un jeune politicien). On lui a posé des questions concernant la situation post élection. Lucien Bouchard a écorché au passage son ancien parti. Celui-ci affirme que le Parti québécois n’a pas de programme économique et que les référendums d’initiatives populaires seraient nuisibles pour le Québec. Il a bien raison de dire qu’une troisième défaite référendaire affaiblirait la Belle province. Selon lui, la souveraineté n’est pas une priorité et qu’il faut s’occuper des vraies priorités : l’éducation, la santé, la dette, l’état des finances publiques et le création de richesse. L’incompétence économique du Parti québécois est flagrante et M. Bouchard ne doit pas reconnaître son ancien parti qui avait pourtant lutté avec succès pour le déficit zéro. Contrairement à Pauline Marois, M. Bouchard est un véritable homme d’État. Celui-ci n’aurait jamais porté le carré rouge et ainsi défendre les intérêts d’un lobby. Lorsqu’il était premier ministre, il gouvernait pour la majorité silencieuse et non pas pour des groupes de pression. C’est tout le contraire de la nouvelle première ministre et l’abolition prochaine par décret de la hausse des frais de scolarité (qui est pourtant appuyée par une majorité de Québécois) le prouve bien. Elle va agir ainsi pour faire plaisir à ses petits amis carrés rouges, c’est révoltant. On aurait besoin d’un leader de la trempe de Lucien Bouchard mais malheureusement, on doit se contenter d’une petite politicienne de carrière, misère.

Ce qu’il faut retenir de l’élection

Par Pierre-Guy Veer

Bon, alea jacta est : les électeurs ont fait leur choix. Ils ont voté pour le PQ de Pauline Marois par une proportion relativement faible (moins de 1/3 des suffrages exprimés), laissant ainsi une opposition forte avec le PLQ et la CAQ – QS sera nettement plus proche du gouvernement que les deux autres partis. Que faut-il retenir de cette élection?

 

Tout d’abord qu’il n’y avait pas vraiment de choix. Tous les partis présents à la dissolution de la chambre, sans exception, avaient, à différents degrés, des intentions collectivistes. Tous proposaient des moyens pour « mieux » dépenser notre argent. Option nationale, bien que dirigée par un économiste, trempe dans le socialisme jusqu’au cou en voulant nationaliser les ressources naturelles et en accordant la gratuité scolaire totale; le tout sera payé en taxant les biens de luxe et avec un impôt des successions progressif[1]. QS propose sensiblement les mêmes choses, en plus de vouloir couper drastiquement nos gaz à effet de serre. Le tout sera payé par des impôts plus progressifs aux particuliers et aux entreprises; des mesures seront aussi mises en place pour que l’État récupère « son » dû[2]. Dans le cas de la CAQ, même si on semble vouloir ouvrir la porte à une participation du privé en santé, la structure bureaucratique ne sera pas foncièrement changée. Aussi prétend-elle que les gens ont « droit » d’avoir le produits d’autres humains, ce qui en fait un parti collectiviste[3]. Le PLQ n’est pas mieux : il s’imagine qu’il a trouvé une poule aux œufs d’or dans le Grand Nord. Il (donc, tous les contribuables) dépenserait plus de 25 G$ pour des retombées fort incertaines[4]. Toutefois, la palme du socialisme (et du nationalisme) revient, parmi les partis qui avaient espoir d’avoir le pouvoir, au PQ. Extension de la loi 101 au post-secondaire et aux petites entreprises, une taxe sur le « surprofit » des minières de 30%, une taxe de 50% sur l’exploitation des hydrocarbures avant impôts, augmenter les impôts… Tout pour que les Atlas du Québec quittent la Belle Province une fois pour toutes.

Bref, pour citer des amis anarchistes : peu importe pour qui on vote, le gouvernement restera au pouvoir. Car même un parti (marginal) de « droite » (prônant moins d’intervention) comme le PCQ n’aurait strictement rien changé aux structures des ministères de l’Éducation et de la Santé.

 

Une grande division du vote

 

Un autre point important de cette élection est la très grande division du vote. Comme les partis sont tous pareils sur l’axe économique, c’est sur l’axe politique qu’il faut regarder. Du côté des partis opposés à la séparation – la CAQ veut un simple moratoire –, on retrouve plus de 58% des suffrages exprimés. Si les deux n’avaient qu’un parti, une vingtaine de comtés, dont celui de Charlevoix de Pauline Marois, seraient passés aux mains du PLQ.

Mais c’est du côté des séparatistes que la division du vote est la plus évidente. En effet, simplement en additionnant les votes de QS, ON et du PQ, ce dernier aurait facilement formé un gouvernement majoritaire. Aussi, ce sont aussi près d’une quinzaine de comté qui auraient basculé dans le camp séparatiste.

 

Toutefois, l’on peut se demander si ce peu de soutien relatif pour le PQ ne vient pas de sa radicalisation. En effet, alors que notre économie est rendue à se comparer aux économies lourdement endettées comme le Japon, la Grèce ou l’Espagne, le PQ a décidé de jouer à fond la carte identitaire. Peut-être les électeurs ont-ils réalisé que, dans notre monde où l’anglais et même une autre langue sont nécessaires, limiter les choix pour les gens est une mauvaise chose.

 

Les humains ne sont plus rationnels

 

Par ailleurs, l’autre point marquant de la soirée a évidemment été la tentative (apparente) d’assassinat contre Pauline Marois par Richard Henry Bain. La phrase qu’il a lancée (« Les anglophones se réveillent enfin ») a amené les spéculations les plus folles tant à gauche[5] qu’à droite[6]. Toutefois, dans les deux cas, on suppose que M. Bain est un automate qui obéit au premier caprice qui lui passe par la tête. À moins qu’il ne souffre de problème mentaux, il était complètement maitre de ses actions. Qu’il ait été influencé ou non par un quelconque commentaire est sans aucune importance. Il est un être rationnel, et a agi en connaissant pleinement quelles seraient les conséquences de son geste. C’est lui qui a pris le fusil et tiré, pas Pauline Marois ou un animateur de radio. C’est lui qui sera jugé; c’est lui qui pourrait éventuellement être reconnu coupable, personne d’autre.

 

En conclusion, l’élection québécoise de 2012 en aura été une bien étrange. Malgré une forte impopularité de Jean Charest et du PLQ, ce parti a néanmoins 50 sièges. Le PQ, de son côté, n’en a que 54, en plus de n’avoir que 0,7% de vote de plus que le PLQ. Bref, la gouvernance de la première femme à la tête du gouvernement du Québec – pour l’importance que ça a – risque d’être interrompue dès que le nouveau chef libéral sera bien en selle, que le PQ déclare une élection surprise ou qu’un vote de non-confiance se produise. C’est une bonne chose; les politiques trop radicales de sont parti aurait complètement détruit l’économie. Prédiction : dans un an.

L’économie de la santé

Par Philippe David

Maintenant que l’élection est terminée et que les post-mortem de la campagne ont été écrits. Plusieurs  tourneront  l’œil vers la santé de l’économie. Moi, c’est de l’économie de la santé dont je voudrais vous parler.

Pendant la campagne électorale, trop peu d’attention a été accordé aux problèmes de notre système de santé et le plus souvent, ce n’était que pour y saupoudrer une bonne mesure de poudre de perlimpinpin  et de pensée magique. On ne cesse de dire qu’il ne suffit que de mettre plus d’argent dans le système ou de le gérer plus efficacement. Depuis le temps qu’on engouffre des sommes colossales dans ce système et qu’on en augmente le nombre de gestionnaires puissance 10, si cette approche comptable fonctionnait, on le saurait. Les libéraux ont beau encore blâmer le PQ, mais ils n’ont pas réussi à régler le problème après 9 ans de pouvoir, et vous vous mettez le doigt profondément dans l’œil si vous croyez que le PQ aura plus de succès. Le problème est beaucoup plus compliqué que ça et il est structurel. Il provient du fait que notre système de santé fait fi des règles économiques les plus élémentaires.

Un changement de culture

Comme l’écrivait mon amie Joanne Marcotte dans son livre « Pour en finir avec le Gouvernemaman », la solution à la plupart de nos problèmes réside dans un changement de culture. Dans le cas de la santé, ce changement de culture consisterait à nous débarrasser de notre haine du profit et de notre méfiance du marché. 

Certains esprits bien-pensants se croient vertueux en s’opposant à ce qu’ils appellent « la marchandisation de la santé ». Pour ces bien-pensants, il serait immoral que  quelqu’un puisse profiter de la souffrance des autres. Passons sur le fait qu’à moins de travailler bénévolement, tous les travailleurs de la santé profitent déjà de la souffrance des autres et que des milliards changent de mains dans ce secteur, il n’y  a en réalité rien d’immoral à faire de l’argent à dispenser des soins de santé, pas plus que d’en faire à dispenser n’importe quel autre bien ou service. Dans le cas présent, ceux qui profitent ou non dans ce secteur sont choisis selon des impératifs politiques plutôt que d’améliorer la qualité du service. Mais l’attitude que nous avons derrière cette prémisse est la cause de bien des maux dans notre système. Le premier étant le mythe de la gratuité.

Les bien-pensants croient à tort que la gratuité des soins est un gage d’accessibilité. Personne n’a à débourser d’argent et donc tous y ont accès, peu importe leurs moyens financiers. Ça semble bien beau en théorie, mais en pratique, la gratuité mène à une demande infinie, puisqu’il n’y a plus de prix pour réguler l’offre et la demande. En l’absence de prix, le marché se trouve un substitut : le temps.

Puisqu’il n’y a pas de prix en argent à payer, le facteur qui vient freiner la demande devient les temps d’attente et le rationnement. Nous n’avons plus accès à des soins de santé, nous avons accès à des listes d’attente. Certes, vous ne payez rien pour obtenir les soins, mais ces soins sont-ils vraiment accessibles?

Et au cas où vous auriez une illusion quelconque que la gratuité des soins de santé existe, le temps d’attente moyen en salle d’urgence est de 18h. Multipliez ça par votre taux horaire au travail. Ça donne près de $180 au salaire minimum. C’est ce que vous coûte une visite à l’urgence de nos jours, sans même compter la taxe de santé annuelle et le fait que presque la moitié des impôts que vous payez à l’agence de revenu du Québec nourrit le système de santé.  Gratuits les soins de santé? Pas vraiment!

L’erreur

L’erreur dans le raisonnement des bien-pensants (inutile de les nommer, ils savent qui ils sont), est de considérer que le domaine de la santé est spécial et qu’il doit être soustrait aux lois du marché. Malheureusement, c’est exactement comme si on voulait construire un immeuble et le soustraire à la loi de la gravité. On a beau vouloir, mais inexorablement, ces lois vont s’imposer et si votre immeuble ne les respecte pas, il s’écroulera tout aussi inexorablement.

« Oh mais », disent-ils, « la santé c’est bien trop important pour la confier au marché!» Pourquoi? Je ne dis pas que la santé, ce n’est pas important. Mais il y a d’autres services tout aussi importants qui ne sont pas nationalisés. Pensons à l’alimentation, par exemple. Y-a-t-il une industrie plus essentielle à notre survie? Devrait-on la nationaliser parce qu’il est immoral de faire des profits sur la faim des gens? Si on regarde du côté des pays communistes, on peut constater ce que le contrôle de l’état donne lorsqu’appliqué à l’alimentation. Pensons au grand saut en avant de Mao (combien de morts de la famine? 18 à 45 millions? Ils ont arrêté de compter). Combien continuent de mourir en Corée du Nord? Souvenez-vous aussi des lignes d’attentes et des tablettes vides dans l’ancienne URSS. Ne voyez-vous pas un lien entre la pénurie de nourriture dans ces pays et la pénurie de soins dans notre système de santé? Qu’un service soit important n’est pas une raison de le confier au gouvernement plutôt qu’au marché, c’est plutôt le contraire. La santé est un service trop important pour ne pas le confier au marché!

 

Une explosion des coûts

La plupart des biens et services sur le marché voient leurs prix baisser dans le temps. Un lecteur de CD, joujou de riche dans les années 1980 est maintenant remplacé par des lecteurs mp3 et des ipods infiniment plus petits et fiables et à coût moindre. Le prix des ordinateurs, compte tenu de l’inflation, est beaucoup moindre qu’il y a 30 ans et les ordinateurs sont beaucoup plus performants. Alors comment peut-on expliquer que les coûts en santé croissent de 6 ou 7% par année, soit trois fois le taux d’inflation?

Encore là, la gratuité y est pour beaucoup. Puisque tout semble, nous sommes isolés du coût réel  des services que nous consommons. Nous ne sommes donc pas concernés si ceux-ci augmentent. Nous n’irons pas voir ailleurs si le prix est trop élevé, ce qui serait le cas dans mun marché relativement libre. Il n’y a aussi aucune concurrence puisque le système est essentiellement public. Il existe bien quelques cliniques privées, mais pas assez pour faire une différence et les médecins à ces cliniques sont quand même rémunérés par la RAMQ. On paie vraiment des frais supplémentaires à ces cliniques pour payer pour les équipements qu’elles ont.  Les hôpitaux, plus concernés à gérer un budget arbitrairement attribué n’ont aucune façon de faire le lien entre revenus et dépenses, puisque leurs revenus ne sont pas liés à la dispensation des soins. Dans un tel contexte, le patient qui arrive à l’urgence est considéré comme un coût et non un revenu.

On pourrait aussi parler en long et en large des inefficacités bureaucratiques du MSSS. Qui n’a pas sursauté en voyant son organigramme? Comment ce ministère arrive-t-il à fonctionner? Comment se fait-il que dans notre système de santé, on trouve autant de gestionnaires que de personnel soignant. Vous croyez qu’une compagnie privée se paierait ce luxe? Combien de solutions innovatrices comme l’utilisation de « super-infirmières » sont bloquées par la paralysie bureaucratique? Un compagnie privée pourrait-elle se permettre de freiner l’innovation?

Le cœur du problème est que le domaine de la santé manque de tout ce qui fait baisser les prix et croître l’innovation : la libre concurrence et la liberté de choix. Dans tous les autres marchés, ces facteurs font que le consommateur est roi, mais en santé nous n’avons aucun choix.

 

Des pistes…

Les bien-pensants ont beau lever le nez sur la recherche du profit, mais c’est cette recherche de profit qui, avec le jeu de la concurrence, a été le moteur de toutes les grandes innovations dans l’histoire. C’est la recherche du profit qui pousse les entrepreneurs à toujours trouver des meilleurs moyens de faire plus avec moins. Ça fonctionne pour des milliards de produits et services dans des millions d’industries. Pourquoi croit-on que parce que le secteur de la santé serait différent?

La réalité est que ce n’est pas différent, peu importe ce que les bien-pensants en pensent, le secteur de la santé répond aux même règles que tous les autre secteurs et ce qui est bon pour pitou l’est également pour minou. Donc l’entrepreneuriat et la concurrence auraient le même effet dans le secteur de la santé que dans tous les autres secteurs économiques. Ça baisserait les coûts et ça inciterait à trouver des solutions pour rendre le système plus efficace.

Doit-on sacrifier le système public et tout privatiser? Je ne crois pas. On peut toujours garder le système public pour préserver l’accès à des soins de santé de qualité à ceux qui n’en auraient pas les moyens autrement, mais il faut ouvrir la porte à un système entrepreneurial qui pourrait se charger de ceux qui ont les moyens et désengorger le système public. Non seulement ce système apporterait une bouffée d’air frais et d’oxygène, mais les innovations qui ressortiraient de l’entrepreneuriat pourraient également profiter au système public pour le rendre plus efficace et moins coûteux.

Encore une fois, les bien-pensants vous mettrons en garde en disant « regardez ce  qui se passe aux États-Unis! » Mais encore une fois, ils se trompent. Le secteur de la santé aux États-Unis est un amalgame d’oligopoles et d’interventions gouvernementales qui viennent gonfler les coûts. Ici c’est l’emprise gouvernementale sur le secteur qui fait gonfler les coûts, là-bas c’est une combinaison du gouvernement  et des assureurs privés qui donnent le même effet en isolant l’utilisateur du coût réel des services reçus et qui étouffe le jeu de la concurrence. Il faut justement éviter ça à tout prix.  Mais le coupable de cette situation est une règlementation fautive et non le marché et l’entrepreneuriat comme tel.

Les bien-pensants vous mettront aussi en garde contre une système à deux vitesses, une pour les riches et une pour les pauvres, où est le problème si les pauvres ont accès au soins? Qu’une personne plus riche obtienne une chambre privée plutôt que de chambrer avec 3 autres personnes? J’ai une assurance qui pourrait me payer une chambre semi-privée à n’importe quel hôpital, mais le problème est qu’aucun hôpital n’a de chambres semi-privées. Quelle ironie! Pourquoi doit-on tout niveler par le bas? Pourquoi serait-ce un problème si un riche paie pour se faire opérer dans un hôpital privé, si ça libère la salle d’op à un hôpital public pour une personne moins nantie.

Les bien-pensants se drapent de vertu en dénigrant la « marchandisation » de la santé, parce que selon eux, c’est immoral de faire un profit sur la souffrance des autres ou qu’une personne plus riche puisse être différemment qu’une personne plus pauvre, mais elle est où leur vertu quand les gens meurent sur les listes d’attente à cause de leur haine de la richesse et des profits?

Élections générales du 4 septembre : une victoire empoisonnée pour le PQ, le maintien du vote libéral et une déception pour la CAQ :

Par Simon Leduc

Après neuf ans de purgatoire, le Parti québécois a remporté les élections générales et formera le prochain gouvernement. Malgré un gouvernement libéral impopulaire, Pauline Marois n’a pas obtenu ce qu’elle voulait : un gouvernement majoritaire. Elle a fait élire seulement quatre députés de plus que les libéraux. C’est un résultat très décevant pour le parti souverainiste car il ne pourra pas mettre en place ses idées identitaires et linguistiques. Les troupes de Jean Charest ont déjoué les pronostics en allant chercher une récolte respectable de cinquante sièges et elles formeront l’opposition officielle. La CAQ de François Legault pouvait espérer terminer deuxième devant le PLQ mais elle a dû se contenter de la troisième place. Ces résultats électoraux auront quelles conséquences sur les principales formations politiques? Allons voir cela de plus prêt.

Le résultats de la CAQ prouve une chose : les Québécois ne veulent pas de changement :

Au déclenchement des élections, le parti de François Legault était loin derrière le PQ et le PLQ dans les sondages et il ne pouvait pas espérer mieux que la troisième place. François Legault a fait une très bonne campagne car il a su imposer ses enjeux de prédilection (l’intégrité et le changement), de s’entourer d’une équipe compétente et crédible et il a offert une bonne performance lors des Face à Face. Ces trois éléments ont permis à la CAQ de se présenter comme une alternative crédible au gouvernement libéral sortant. Les troupes caquistes pensaient sérieusement terminer deuxième et former l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. Malheureusement, la CAQ a terminé troisième avec une faible récolte de 19 députés malgré un score honorable de 27% des voix. Comment peut-on expliquer le résultat décevant de ce nouveau parti? Le chef de la CAQ a martelé pendant 35 jours que le Québec avait besoin de changement et qu’il allait faire le ménage dans l’appareil étatique. Je crois que les Québécois sont très réfractaires aux changements brusques. Une majorité d’entre eux tient au modèle québécois et elle ne veut pas que l’on le réforme même si celui-ci est à bout de souffle depuis une dizaine d’années. Le peuple québécois adore ses vieilles pantoufles et il ne veut pas les changer pour une autre paire qui serait moins confortable les premières années. Le Québec a peur du changement et le résultat électoral de la CAQ le prouve bien. Je crois que François Legault aura fort à faire pour convaincre une majorité de Québécois du bien fondé de ses réformes. Malheureusement, les Québécois ne semble pas réaliser que la province s’en va dans la mauvaise direction. Il y a une chose que j’ai réalisé le soir du 4 septembre est le fait que le Québec n’est pas réformable. Dans le futur, tous les partis politiques qui vont offrir de faire le ménage dans le modèle québécois vont subir des échecs électoraux comme l’ADQ en 2008 et la CAQ en 2012.

Le PQ : une courte victoire empoisonnée :

Tout d’abord, après plus de trente ans de vie politique, Pauline Marois a finalement réalisé son rêve : devenir le première femme PM du Québec. Tout d’abord, il faut féliciter Mme Marois pour sa victoire. Elle a réussi à survivre à plusieurs tentatives de putsch de la part de son aile radicale et elle a imposé son leadership à un parti qui est traditionnellement ingouvernable. Elle a gagné son parti et il faut le souligner. Par contre, c’est une victoire amère pour le Parti québécois. Malgré un gouvernement sortant très impopulaire, les péquistes ont seulement élu quatre députés de plus que les libéraux. On ne peut pas dire que les Québécois ont eu un élan d’enthousiasme pour le parti souverainiste. La cheffe du PQ va diriger un gouvernement minoritaire très faible. Elle ne pourra pas mettre en place ses politiques identitaires et linguistiques et déclencher un référendum sur la souveraineté. Cela risque de déplaire énormément au trio de caribous (Jean-François Lisée, Pierre Duchesne et Bernard Drainville). La plus grosse menace pour la nouvelle la première ministre va provenir de son propre camp. Les purs et durs ne seront pas patients et ils pourraient être tentés de saboter le travail de Mme Marois pour pouvoir mettre un des leurs à la tête du parti : Jean-François Lisée. La députée de Charlevoix est au pouvoir mais elle aura fort à faire pour se démarquer dans un parlement minoritaire. En tout cas, la courte victoire péquiste est un cadeau empoisonné pour sa cheffe.

Ensuite, il faut souligner la faiblesse économique du Parti québécois. Celui-ci a toujours su s’appuyer sur des ténors d’une qualité rare : Jacques Parizeau, Bernard Landry, François Legault, Rodrigue Biron, Joseph Facal, etc. Le PQ version 2012 n’a aucun député qui a l’étoffe de ses prédécesseurs sur ce plan. Cela devrait inquiéter les Québécois car l’économie devrait être la priorité numéro un du gouvernement québécois à cause des turbulences européennes. Il faut constater que cet enjeu est le dernier des soucis du nouveau gouvernement. Les questions sociales (l’annulation de la hausse des frais de scolarité, le gel des tarifs, etc.), linguistiques (la nouvelle loi 101) et identitaires (la charte de la laïcité) seront au cœur du programme de Mme Marois. Le Parti québécois n’est plus un parti centriste comme dans le temps de Lucien Bouchard. Sous la gouverne de Pauline Marois, il a fait un virage dangereux vers la gauche afin de séduire Québec solidaire. Comment le nouveau gouvernement va se comporter sur le plan économique? On le saura rapidement mais ceux qui se préoccupent de la santé économique de la province risquent d’être vraiment déçus.

Le PLQ : Jean Charest laisse la maison libérale en ordre :

Jean Charest a échoué dans sa tentative d’obtenir un quatrième mandat gouvernemental mais celui-ci a fait quand même bonne figure malgré l’usure du pouvoir. Le Parti libéral du Québec a terminé deuxième avec seulement un pourcent de moins que le PQ dans le vote populaire. Les sondages d’opinion ont réellement sous-estimé le vote libéral. Le PLQ est une institution au Québec et son électorat naturel est fidèle à lui. Les libéraux seront dans la course lors des prochaines élections et avec un nouveau chef solide et charismatique, ils pourraient reprendre rapidement le pouvoir.

Le lendemain du scrutin, Jean Charest a démissionné de ses postes de premier ministre et de chef du PLQ. Tout d’abord, il faut saluer l’engagement politique de Jean Charest. Celui-ci a sacrifié 28 ans de sa vie pour servir les Québécois et les Canadiens. Quel est le moment fort de la carrière de l’ancien chef libéral? Lors du référendum de 1995, M. Charest a bien défendu le camp fédéraliste québécois et sa prestation lui a valu le surnom de Capitaine Canada. Dans ce domaine, on va se souvenir de lui comme un grand fédéraliste. Je trouve que l’ancien chef libéral a un bilan mitigé à la tête du Québec. Celui-ci avait été élu en 2003 pour faire le ménage dans la fonction publique (la réingénierie) et il n’a pas eu le courage de se tenir debout devant les syndicats et les groupes de pression. L’ancien premier ministre aurait pu être le catalyseur du changement mais il a défendu le statu quo et c’est cela que l’on va se souvenir de son règne de premier ministre.

Qui sera le successeur de Jean Charest à la tête du PLQ? Les militants libéraux pourraient opter pour la continuité en choisissant son chef dans la députation actuelle : Raymond Bachand, Sam Hamad, Lise Thériault ou Pierre Moreau. Je crois que le Parti libéral doit se renouveler après les années tumultueuses de Jean Charest. Le prochain chef du parti doit provenir de l’extérieur. Le nom de Philippe Couillard circule et il serait un bon chef de parti. C’est un homme expérimenté et talentueux qui pourrait rapidement ramener le PLQ au pouvoir.

Un chroniqueur politique a écrit un papier qui a énormément fait réagir les internautes québécois. M. Duhaime souhaite que le prochain chef libéral soit Mario Dumont. L’auteur affirme que M. Dumont est l’homme politique le plus talentueux de sa génération et que c’est le temps pour lui de revenir au bercail libéral. Il ne faut jamais oublier que l’ancien chef de l’ADQ est un libéral dans l’âme et que son mentor est Robert Bourassa. Le chroniqueur affirme que le Parti libéral pourrait faire un virage vers un nationalisme de centre-droit avec M. Dumont à sa tête. Selon Duhaime, les Québécois veulent du changement et il pense que M. Dumont pourrait rallier une majorité afin de mener le Québec vers la prospérité économique. Je suis d’accord avec Éric Duhaime. Le Québec ne va nulle part et il a besoin d’un leader de la trempe de Mario Dumont. Il ne fait aucun doute que celui-ci ferait un bon premier ministre pour la Belle province. On a besoin de Mario Dumont mais celui-ci a clairement indiqué sur Twitter qu’il ne ferait plus jamais de politique active : « Rumeurs sur moi: fini la politique les amis. Pas maintenant, pas plus tard, pas au féd, pas au prov, pas au municipal. Ca me paraît clair…» . On peut bien rêver mais je crois que c’est très peu probable que M. Dumont fasse le saut car à ses yeux, il a déjà assez donné pour le Québec et je le comprend bien.

Le Parti québécois a obtenu une faible minorité. La CAQ et le PLQ vont bloquer toutes les idées controversées des troupes de Mme Marois et celle-ci n’aura pas la marge de manœuvre nécessaire pour gouverner à sa guise. On risque de se retrouver rapidement en élection. Le rêve de la première ministre pourrait se transformer en cauchemar car les caquistes et les libéraux vont revenir en force afin de la chasser du pouvoir. Je pense que le PLQ sera le favori pour gagner le prochain scrutin s’il choisi un bon chef comme Philippe Couillard ou Mario Dumont. Si ce n’est pas le cas, François Legault aura le champ libre. C’est à suivre…

Choisir de ne pas choisir

 

Par Philippe David

De mémoire récente, nous n’avons jamais vu une course aussi serrée pendant une élection. La démocratie a parlé et Pauline Marois est la première Première Ministre de l’histoire du Québec, mais seulement par la peau des fesses. Quand la poussière est retombée, seulement quatre sièges et  0,7% du vote populaire séparaient le gouvernement de l’opposition officielle. 

Contrairement à ce que Jean-François Lisée disait hier soir, le peuple n’a pas rejeté les libéraux, car on pourrait en dire autant de son propre parti. Le peuple  n’a pas vraiment choisi le PQ ou le PLQ ou la CAQ. En fait, le peuple a choisi de ne pas choisir. Le PQ l’a emporté par défaut parce que même à pourcentage quasi-égal des voix, il est improbable que deux partis récoltent le même nombre de sièges. En fait, avec la CAQ moins de 5% derrière les deux premiers, on pourrait quasiment parler d’une division égale du vote entre trois partis. Du jamais vu.

Comment expliquer un tel résultat? Il est clair que le peuple ne voulait plus des libéraux. Ils ont même voulu donner son 4% à Jean Charest, mais il est également clair qu’un gouvernement  péquiste dirigé par Pauline Marois ne leur tentait pas vraiment non plus. Quant à la CAQ, c’était un parti trop jeune pour pouvoir aspirer au pouvoir. Il n’avait tout simplement pas une machine électorale aussi bien graissée que le PQ ou le PLQ. Les vieux partis sont tout simplement mieux organisés pour sortir le vote, mais je soupçonne qu’ils ne perdent rien pour attendre. Malgré tout, pour un nouveau parti, la CAQ a très bien tiré son épingle du jeu.

En réalité, la surprise de la soirée fût la performance des libéraux, que les sondages donnaient pour morts. Probablement le gouvernement le plus honni de l’histoire du Québec (ce n’est  pas peu dire) et troisième dans les intentions de votes jusqu’à la toute fin de la campagne, les libéraux ont réussi à tirer les marrons du feu pour voler aux péquistes la majorité qu’ils convoitaient tant, leur laissant probablement le gouvernement minoritaire le plus faible de l’histoire.  Encore une fois, les sondeurs n’ont rien vu venir, ce qui appuie encore le vieil adage qui dit que le seul sondage qui compte est celui du jour du scrutin.

Le résultat est que bien que le PQ a remporté la victoire, ils découvriront que ce sera une victoire creuse. Ils seront menottés par leur trop faible majorité, au point qu’ils ne pourront que difficilement passer la plupart des points de leur programme. Le référendum, le renforcement de la loi 101 au cégep, les hausses d’impôt aux plus riches et peut-être même l’annulation de la hausse des frais de scolarité devront probablement être mis aux tablettes. Il est douteux que ces mesures soient appuyées par la CAQ. Les purs et durs du PQ devront ronger leur frein, ce qui me fait penser que Pauline ne fera peut-être pas long feu comme première Première Ministre. Si son gouvernement est défait tôt et qu’elle perd la prochaine élections, elle se retrouvera bien vite avec une cible dans le dos.

En fait, le sort de Pauline pourrait bien dépendre de Jean Charest. S’il refuse de démissionner, on pourrait facilement avoir des élections hâtives. Les libéraux semblent encore unis derrière leur chef. Si le PLQ fait une course à la chefferie, Pauline aura au moins quelques mois de répit. Nous verrons bientôt ce qui arrivera, mais je crois que la campagne électorale n’est pas terminée, elle ne fait que commencer. Par ailleurs, si Jean Charest décide de se retirer, il peut partir la tête haute, sachant que son parti est en très bon état. Un peu de sang neuf aura tôt fait de les remettre dans la course.

Sur une note plus sombre, j’offre mes sincères condoléances aux familles des victimes du cinglé qui a cru bon de venir foutre le bordel dans les célébrations du PQ. Ces victimes n’ont qu’été au mauvais endroit au mauvais moment.

Pourquoi j’ai voté pour la CAQ? :

Par Simon Leduc

Après quatre semaines de campagne électorale, les Québécois sont convoqués aux urnes le 4 septembre. Il y a quatre philosophies politiques qui sont offertes au peuple québécois : la continuité libérale, le communisme de QS, le recul identitaire et économique du PQ et le changement et l’espoir de la CAQ. Laquelle de ces options va triompher le soir du 4 septembre? Il semble que cela va se jouer entre la CAQ et le Parti québécois. L’auteur de ces lignes a opté pour la CAQ de François Legault et voici pourquoi.

Le PQ : le radicalisme économique et identitaire :

Sous la gouverne de René Lévesque (jusqu’à celle de Lucien Bouchard), le parti souverainiste était réellement une coalition composée de souverainistes progressistes et conservateurs. Cette formation politique avait une expertise en matière économique avec de grands noms comme Jacques Parizeau, Bernard Landry, François Legault, Joseph Facal, etc.). Elle a eu le courage de prendre des décisions économiques courageuses : les coupures de 20% des salaires des employés de l’État en 1982 et la bataille pour le déficit zéro dans les années 90. Sur le plan identitaire, le Parti québécois a toujours défendu et prôné la modération. René Lévesque était un grand démocrate et il ne voulait pas enfoncer un référendum dans la gorge des Québécois qui n’en voulaient pas après la défaite de 1980. Il a pris acte de la volonté de la majorité. Lucien Bouchard a fait la même chose après la défaite de 1995. Le Parti québécois était modéré sur les plans économique et identitaire mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Je suis un ancien sympathisant du Parti québécois qui croyait que l’indépendance ferait avancer le Québec vers la prospérité. Ce sont les idées réformatrices de Mario Dumont qui m’ont fait réaliser que le sacro-saint modèle québécois était à bout de souffle et que la dette publique allait devenir un gros problème pour les générations futures. Je me suis rendu compte que l’indépendance allait mener la province dans le ravin économique. Le Parti québécois se fout éperdument de la dette et de l’avenir des jeunes. Il est le grand défenseur du statu quo et c’est pour cela que j’ai déserté ce parti au milieu des années 2000.

Vous avez sûrement deviné que je ne vais pas voter pour le Parti québécois le 4 septembre et ce pour deux raisons. Tout d’abord, le radicalisme identitaire du PQ me répugne profondément. C’est à cause de la faiblesse du leadership de Pauline Marois que les péquistes ont adopté des politiques radicales sur la question de l’identité. Afin de demeurer cheffe de son parti, Pauline Marois a accepté d’inclure dans son programme, des idées défendues par sa frange extrémiste : la nouvelle loi 101, les référendums d’initiatives populaires et la souveraineté à tout prix. Le trio de justiciers de la langue (Jean-François Lisée, Pierre Duchesne et Bernard Drainville) contrôle totalement l’agenda péquiste en matière linguistique et identitaire. Les péquistes veulent s’attaquer à la liberté de choix des étudiants avec sa politique linguistique liberticide (imposition de la loi 101 aux collègues anglophones). Ces ayatollahs de la langue veulent empêcher les jeunes de s’ouvrir sur le monde. La jeunesse québécoise veut apprendre l’anglais afin de s’offrir une meilleure perspective de carrière. Quelle horreur, il faut absolument faire la souveraineté pour isoler cette jeunesse à l’intérieur d’un futur Léviathan socialiste et unilingue français. Je ne veux pas vivre dans une province qui serait refermée sur elle-même mais bien dans une province (à l’intérieur du Canada) qui est ouverte sur le monde et qui se préoccupe de l’avenir des jeunes. La philosophie politique péquiste est caractérisée par la haine de l’anglais, le mépris des Québécois non souverainistes et par la fermeture de soi.

Ensuite, sur le plan économique, ce parti indépendantiste flirte avec les idées de Québec solidaire. Le désir des péquistes d’augmenter les impôts des riches et de hausser les redevances sur l’exploitation les ressources naturelles le prouvent bien. La faiblesse de l’équipe économique du Parti québécois est flagrante. Est-ce qu’il y a réellement une équipe économique au sein du PQ? La réponse est non. C’est bien connu, Pauline Marois ne sait pas compter et son programme économique est synonyme de médiocrité. Qui serait le ministre des Finances sous un éventuel gouvernement Marois? Jean-François Lisée, faite-moi rire. Voulons-nous vraiment donner notre portefeuille collectif à ces illettrés économiques?

Le Parti libéral du Québec : l’usure du pouvoir :

Le Parti libéral du Québec s’est fait élire le 14 avril 2003 sur la promesse de réformer de fond en comble le modèle québécois. C’était la politique libérale de réingénierie de l’État. Jean Charest voulait s’attaquer au pouvoir syndical et amincir l’État québécois qui était pour le premier ministre, obèse et tentaculaire. Le gouvernement Charest n’a jamais tenu parole et il a reculé devant les protestations syndicales. Pendant le reste de son règne, le chef libéral a été un grand défenseur du statu quo. L’état a continué de grossir et la dette publique s’élève maintenant à 252 milliards de dollars. Les électeurs québécois qui veulent du changement ne peuvent pas se tourner vers le parti qui a trahi ses promesses. De plus, les allégations de corruption et de collusion qui flotte autour du gouvernement dégoûtent profondément l’électorat. Cela fait neuf ans que le gouvernement Charest est en poste. L’usure du pouvoir va jouer un rôle prédominant dans la défaite libérale. Malgré le fait que sa fermeté sur les questions du placement syndical et du conflit étudiant a été saluée par les Québécois, ceux-ci vont quand même lui montrer la porte le soir du 4 septembre. Le gouvernement libéral n’a pas livré la marchandise et c’est pour cela qu’il ne mérite pas un quatrième mandat, point à la ligne.

La CAQ : le changement :

La Coalition Avenir Québec de François Legault est le seul parti politique qui représente vraiment le changement. Malgré le fait que je ne suis pas d’accord avec le nationalisme économique de François Legault, j’ai voté pour lui par désir de changement et pour mettre à la porte les deux vieux partis politiques. Le leader de la CAQ s’est entouré d’une équipe forte qui est prête a diriger la province : Jacques Duchesneau, Gérard Deltell, Gaétan Barrette, Maud Cohen, Sylvie Roy, François Bonnardel, Éric Caire, etc. La CAQ est la seule formation politique qui propose de couper dans la bureaucratie et de réduire les impôts, deux crédos de la droite économique. Le Québec peut et doit faire mieux. La seule option qui s’offre aux Québécois qui désirent du changement est la Coalition Avenir Québec de François Legault.

Cela va être une soirée électorale extrêmement excitante et enlevante le 4 septembre. Le Parti québécois est en tête dans les sondages et est favori pour former le prochain gouvernement. Les sondeurs surestiment le vote péquiste. Il ne faut pas oublier que l’ADQ était troisième dans les enquêtes d’opinions en 2007 et elle a finalement terminé deuxième à seulement sept sièges du pouvoir. La CAQ a encore une chance de gagner mais cela va se jouer entre elle et le PQ. Il y a seulement une certitude : la défaite du Parti libéral du Québec. Je souhaite une bonne soirée électorale à tous mes lecteurs.

Le coût de l’ignorance

 

 Ce texte a été envoyé à mon ami Éric Duhaime et circule présentement sur Facebook. Question de donner matière à réflexion alors que vous vous préparez à voter dans trois jours, je le reproduis ici. J’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur, mais je n’ai pas eu le loisir de lui demander la permission.

 

LE COÛT DE L’IGNORANCE
texte de Michel Roy

Les Québécois s’apprêtent à élire un gouvernement séparatiste et gauchiste, mené de l’intérieur par son aile socialiste radicale alias les purs et durs du PQ, infiltré de toutes parts par les Centrales syndicales et stimulé de l’extérieur par son satellite encore plus radical, Québec Solidaire.

Tout ça sous les hourras euphoriques des médias et des artistes qui ont joué un rôle majeur dans ce désastreux et très imminent résultat.

Nous savons tous qu’une très grande proportion de Québécois, unilinguisme oblige, n’ont jamais écouté, regardé ou lu, autre chose que les reportages locaux et ne sont jamais sortis de leur patelin, sauf pour aller dans des parcs de maisons mobiles unilingues francophones, en Floride. Ils n’ont jamais voyagé, ignorent ce qui se passe à l’étranger et se fient à des envolées patriotiques d’artistes qui ne connaissent rien à l’économie et dont la plupart ne pourraient survivre sans la charité publique, aussi appelée subventions.

Plutôt que de regarder les programmes et l’orientation des partis politiques, ils préfèrent les chasses aux sorcières et aux scandales et ne sont pas capables d’identifier ceux qui, depuis 40 ans, cherchent à «les embarquer dans la cage à homards», pour emprunter l’expression littérale du plus ardent des séparatistes, Jacques Parizeau, lui-même !

Ils ignorent totalement ce qui se passe en Grèce et en France, entre autres, et ne peuvent évidemment donc pas apprendre de ces exemples catastrophiques.

Aujourd’hui même, j’ai eu une longue conversation avec un grand ami qui possède une propriété en France et qui est très bien branché sur l’économie mondiale; ce qu’il me disait était sidérant:

Il y a un peu plus de trois mois, à peine, le socialiste François Hollande était élu comme Président de la France, porté par le même blitz médiatique et artistique anti-Sarkozy que celui anti-Charest auquel on assiste chez nous, surtout depuis 1 an. Or, après seulement un trimestre à l’Élysée, la cote de Hollande a déjà chuté à plus de 55% d’insatisfaction et plus de 5000 chefs d’entreprises français ont déjà complété ou entrepris de déplacer leurs sièges sociaux ou domiciles fiscaux, en Suisse et en Belgique. Et ça ne fait que commencer!

Vous les haïssez les «riches» ? Ceux qui ont étudié, travaillé, investi, risqué, persévéré et créé l’activité économique du pays ? Ceux qui travaillent à leur bureau ou à leur usine, pendant que vous protestez dans les rues ? Ceux à qui vous demandez de payer pour faire garder vos enfants jusqu’à ce qu’ils paient ensuite pour les envoyer à l’école ? Vous les haïssez ?

Et bien, faites-vous plaisir: crissez-les dehors, les riches: vous chercherez ensuite quelqu’un d’autre pour emplir l’assiette dans laquelle vous pigez de façon insatiable !

L’envie et la jalousie ne nourriront jamais personne, bien au contraire ! Et votre réveil sera brutal ! Mais trop tard !

Et quand j’entends les Marois, Khadir et leurs disciples dire qu’ils vont financer toutes leurs utopies en faisant payer les riches et les minières, je préfère de beaucoup, en rire qu’en pleurer. En 1970, convaincus qu’ils tenaient les compagnies minières par les bijoux de familles, les Africains ont décidé de leur imposer des exigences qui ne justifiaient plus l’énorme investissement et le risque très élevé auquel les minières sont confrontées dans cette industrie, la plus dangereusement spéculative au monde.

Que croyez-vous qui est arrivé ? Eh oui: les minières ont plié bagage et après 30 ans de disette, l’Afrique les a rappelés presqu’à genoux, pour pouvoir profiter de ces ressources qui n’ont aucune valeur si personne ne consent les investissements requis pour les extraire et les transformer!

Et il y a un tas d’autres exemple ! Mais comment apprendre de ce qui s’est fait ailleurs quand on n’est jamais sorti de sa cour ?

Au lieu de s’occuper du coût de l’éducation, d’ailleurs déjà le plus bas en Amérique, les Québécois seraient mieux de se préoccuper ……… du coût de l’ignorance !

Parti libéral : la trahison du libéralisme

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti libéral de Jean Charest. Après neuf années au pouvoir, plusieurs personnes affirment dans les médias que le PLQ souffre de l’usure du pouvoir. C’est en parti vrai, puisque le programme[1] ne propose que du réchauffé, en plus de ne pas vraiment se distinguer des autres partis.

 

En effet, le langage du programme trahit les intentions collectivistes du Parti « libéral » : « nous avons créé des emplois », « pour le Québec », « unir nos efforts », etc. Ces mots devraient suffire pour convaincre quiconque connait le moindrement l’économie que le PLQ n’est PAS néolibéral. Au risque de me répéter[2], le « nous » en politique n’existe pas dans une société libérale (classique). Quand quelque chose est entrepris, c’est par les individus ou par un groupe d’individus qui s’unissent consensuellement. Un « nous » utilisé par le gouvernement implique toujours des débordements.

 

Une vision rose de l’économie

 

Ces débordements sont particulièrement évidents dans l’économie. Un gouvernement peut effectivement créer 250 000 emplois bruts, mais ça ne sera fort probablement pas 250 000 emplois nets. Considérant l’absence (ou le peu) de revenus autonomes d’un gouvernement, ce dernier doit donc les prendre de force avec les impôts et les taxes. Ceci diminue la richesse des contribuables, et donc les possibilités d’investissements, pierre d’assise de la richesse moderne et donc de l’emploi. On pénalise ainsi les meilleurs et empêche peut-être même des entreprises de se créer[3].

 

Ce manque qu’on ne voit pas passe encore plus inaperçu si on ne s’attarde qu’aux chiffres du chômage. Comme le jovialiste en chef du Québec, Jean-François Lisée, Jean Charest se vante que le Québec est meilleur qu’en Ontario ou aux États-Unis. Mais comme Lisée, Charest oublie de mentionner que le Québec est en milieu de peloton au niveau canadien pour le chômage, loin derrière l’Alberta et la Saskatchewan. Aussi oublie-t-il de mentionner que le taux d’activité de la main-d’œuvre – les personnes de 15 à 64 ans se cherchant activement un emploi – est au 7e rang canadien, derrière l’Ile-du-Prince-Édouard et à peine devant la Nouvelle-Écosse. Si le Québec avait un taux d’activité semblable à celui de l’Alberta (73,3% et non 64,5%), il y aurait donc près de 590 000 personne d’incluse, ce qui augmenterait le chômage à 21%.

 

Toujours dans la série vision sélective des choses, on affirme que le niveau de vie au Québec a augmenté plus vite qu’en Ontario ou aux États-Unis. Même si c’est vrai, il reste que la « compétition » a toujours un niveau de vie plus élevé que le Québec[4]. Idem pour le taux de pauvreté; en fait, le PLQ nous ment carrément avec seulement deux comparatifs, même si c’est seulement un an avant leurs prétentions[5].

 

Un gouvernement paternaliste

 

En plus de dire n’importe quoi sur ses « réalisations », le PLQ aime faire accroire qu’il a grandement aidé les entreprises, notamment en aidant la recherche et l’innovation, et en promettant d’aider les entreprises à s’étendre à l’étranger tout en bloquant les offres d’achat « hostiles », de favoriser le transfert d’entreprises familiale, de rechercher agressivement (mot actuel du programme) des investisseurs étrangers et de favoriser les domaines d’excellence.

 

Dans chacun des cas, l’aide gouvernementale est au mieux inutile. Je me répète, mais les politiciens refusent de comprendre : si un entrepreneur estime qu’il est de son avantage d’investir dans la recherche ou d’étendre son marché à l’étranger, il le fera. Sinon, Bombardier n’aurait pas fait long feu malgré toutes les subventions accordées. Idem pour l’innovation : c’est non seulement dans l’intérêt de l’entrepreneur de le faire, mais c’est même vital. S’il n’innove pas, il est condamné à périr, à moins que le gouvernement ne soit derrière lui pour empêcher qu’il ne perde sa position privilégiée avec la taxation[6]. Donc, si le secteur manufacturier veut survivre et se développer, il doit rivaliser d’imagination. Il doit également recevoir « l’aide » du gouvernement pour qu’il réforme les lois du travail et enlève du pouvoir aux syndicats, principal boulet de l’industrie[7].

 

Pour ce qui est du développement des domaines « d’excellence », ce n’est pas au gouvernement à décider quels sont-ils. L’excellence s’acquiert avec le temps et la réputation. Forcer le développement via l’aide gouvernementale empêche justement le développement « durable » de domaines d’excellence. Car une fois que l’aide se retire, l’entreprise se retrouve généralement devant rien et demande la mamelle de l’État, encore une fois. Ce n’est pas au gouvernement non plus de décider si une offre d’achat est bonne ou non. À moins qu’il ne m’en manque des bouts sur le monde des affaires, une compagnie n’est pas obligée d’accepter une offre d’achat, fût-elle au pied du mur. D’ailleurs, n’est-il pas paradoxal que ce même gouvernement veuille aussi encourager les entreprises québécoises à acquérir à l’étranger? Étranger d’ailleurs que l’on veut d’ailleurs fortement inciter à investir au Québec…

 

Une facilitation artificielle

 

Question de bien coordonner les investissements du gouvernement libéral, ce dernier propose de coordonner le marché de travail en conséquence.

 

Il propose notamment de créer de la formation à distance pour bien combler les besoins de son plan Nord. L’idée même de ce plan ne tient pas la route. Si les ressources du Grand Nord sont si merveilleuses, des entrepreneurs prendraient le risque d’y aller. Même si on admettait une participation du gouvernement comme le supposait Adam Smith, pour construire les routes notamment, ces dernières devraient néanmoins s’autofinancer. Présentement, le PLQ projette de construire à grand frais des infrastructures pour des projets qui ne semblent même pas s’être concrétisés. Bref, on nationalise les pertes et privatise les profits.

 

D’un point de vue plus général maintenant, le PLQ propose diverses mesures pour réinsérer les gens sur le marché du travail ou les y garder, s’ils sont plus vieux. Comme toujours, ces mesures sont au mieux inutiles. Avant de donner un incitatif aux jeunes de 21 ans et moins pour qu’ils reviennent sur le marché du travail, pourrait-on se questionner à savoir pourquoi ils reçoivent de l’aide sociale? Ce programme ne devrait même pas exister. Il encourage les gens type Bougon et pénalise les familles qui ont décidé de se retrousser les manches et se priver pour leurs enfants, comme l’ont fait mes parents pendant longtemps. Si les gens veulent recevoir de l’argent durant leurs période de chômage, qu’ils épargnent – quoi que présentement, c’est peu avantageux (mais ça, c’est un autre sujet). Aussi, pourquoi vise-t-on les personnes seules pour les réintégrer sur le marché du travail? Ont-elles tendance à profiter du BS plus que les autres?

 

Et que dire de ces mesures pour maintenir les travailleurs dits expérimentés (55 ans et plus) actifs? L’idée est bonne, mais pourquoi le gouvernement devrai intervenir pour qu’ils continuent à travailler? Peut-être qu’en abolissant certains avantages de la retraite (RRQ, régime de retraites « volontaires » obligatoires), les travailleurs continueraient leur emploi jusqu’à ce qu’ils ne puissent vraiment plus le faire. Mon grand-père a été policier à Ste-Foy et a pris sa retraite à 55 ans. Jusqu’à sa mort environ 20 ans plus tard, il semblait encore pétant de santé; n’aurait-il pas pu travailler, même moins intensément?

 

Il ne faut pas oublier non plus de nouvelles mesures pour faire venir les « bons » immigrants, ceux qui occupent des professions en demande à court terme selon des évaluations annuelles d’Emploi-Québec. Dans un monde libertarien – comme c’était relativement le cas avant la Première Guerre mondiale –, les gens étaient libres d’émigrer vers un autre pays. C’est ce qui a permis à l’Ouest du Canada et aux États-Unis de se peupler rapidement. Et l’immigration continuait jusqu’à ce que les perspectives dans un pays n’en vaillent plus la peine. Mais dans le monde libéral, c’est le gouvernement qui décide du type de personne à venir au pays. Le contrôle est tel qu’on veut même donner plus de « points » aux gens ayant 1) une offre d’emploi définitive et 2) qui veulent aller « en région ». Je n’ai rien contre la Gaspésie, mais serait-ce le premier choix d’un immigrant africain ou asiatique?

 

Enfin, le gouvernement accorderait des crédits d’impôts aux entreprises qui offriraient des services de garde. Comme toute autre projet d’intervention gouvernementale, celui-ci est inutile. Si une entreprise juge qu’il est dans son avantage d’en offrir, elle le fera.

 

Pour nuire au développement du Grand Nord

 

Pour en revenir au plan Nord, le PLQ annonce une panoplie de mesures pour ce projet démesuré et nuisible. Oui, nuisible : on propose de fermer complètement à toute activité industrielle 600 000 km2 de territoire, soit 39% du territoire total de la province et 50% du territoire du Grand Nord. L’intention est noble, certes, mais le moyen est ridicule. En fermant complètement l’exploitation des ressources qui s’y trouvent (ou pourraient s’y trouver), on ne verra pas la création d’industries créatrices de richesse. D’ailleurs, le meilleur moyen de protéger une ressource demeure sa privatisation, comme je l’ai déjà expliqué[8].

 

Aussi, toutes les énergies mises de l’avant pour développer le Nord avec ce plan ne sont qu’une tentative simpliste de dirigisme économique. Au risque de me répéter : ce n’est pas au gouvernement d’investir dans quelque développement économique que ce soit. D’ailleurs, si l’on se fie au programme du PLQ, chaque emploi coutera 160 000$… Et toujours selon le programme, on se vante d’exiger 28% plus de redevances que les autres provinces. Un autre clou dans la thèse du néolibéralisme de ce parti.

 

Ce dirigisme se transportera jusque dans l’éducation, où l’on créera un réseau universitaire pour le Grand Nord afin que ses habitants n’aient pas à se déplacer. Dans un monde libertarien, il y aurait des universités là où il y aurait une demande. Ainsi, si Rouyn-Noranda ni Natashquan n’ont d’université, c’est que ça ne serait pas rentable. Mais dans le monde libéral, surtout au Québec, on tient à « occuper le territoire ». Considérant les déficits constants des universités, on peut fortement douter de leur rentabilité[9]. De plus, si le Plan Nord offre de si bonnes perspectives, les universités vont se concurrencer pour offrir les programmes en conséquence.

 

Le dirigisme sera même présent dans l’industrie du bois. Et comme pour le plan Nord, ce n’est pas bon marché : 250 000$ par emploi « sauvé » dans la forêt. Évidemment, on ne parlera pas des autres emplois perdus ou non créés à cause de ce gaspillage éhonté dans une ressource qui, apparemment, ne passe pas l’épreuve des marchés. Car si elle l’avait fait – que ce soit pour les pâtes et papier, la biomasse ou la chimie « verte » – elle n’aurait pas « besoin » d’une béquille publique.

 

Pour nuire à toutes les régions

 

Ce même dirigisme se retrouve dans le développement des nombreuses régions du Québec, à commencer par la région de Québec. Après de très nombreux investissements couteux (Centre de foires, Centre des congrès) et inutiles – sans les subventions, qui comptent pour près de 70% du budget, le Musée national des beaux-arts ferait vite faillite[10] –, un gouvernement libéral s’engage à dépenser 330M$ de plus pour la région pour diverses infrastructures. Infrastructures qui se développeraient seules s’il y avait une demande (comme l’anneau de patinage couvert) et qui couteraient sans doute bien moins cher.

 

La même logique s’applique pour Montréal. En plus des nombreux dépassements de couts[11], les « investissements » qu’on y fait en infrastructures sont à la mauvaise place. En effet, la Place des arts affirme que 85% de ses revenus sont autonomes[12]; pourquoi n’est-elle pas capable de financer l’OSM seule? Aussi, ce n’est pas à un gouvernement (provincial, du moins) de souligner l’anniversaire d’une ville, si importante soit-elle et peu importe si ça coïncide avec d’autres évènements historiques importants. Non plus est-ce la responsabilité de quelque gouvernement que ce soit de dépenser autant d’argent pour le transport en commun. Comme toute chose, s’il y a un potentiel de faire du profit, le privé s’en occupe. D’ailleurs, avant la venue de la STM, les couts d’opération du transport en commun à Montréal étaient très bas[13].

 

Les « régions » non plus n’ont pas besoin d’aide pour développer leurs attraits. Si les propriétaires des infrastructures (hôtels et autres attractions) n’ont pas rénové/bien développé leur propriété, c’est qu’ils jugeaient le tout inutile ou trop couteux. Une subvention risque de gonfler la demande pour des deniers publics et ainsi augmenter encore plus les subventions dans le futur, tout comme c’est le cas avec la culture. Oh, il y a eu des films magistraux de réalisateurs québécois, mais plusieurs – Angélo, Fredo et Roméo, Les Dangereux, Laurence Anyways – n’auraient pas fait leurs frais sans subventions. Et peu importe le nombre d’emplois générés par la culture; creuser un trou à la cuillère et le remplir génèrerait aussi beaucoup d’emplois…

 

Pour nuire aux familles

 

La nuisance d’un futur gouvernement libéral ira jusque dans les familles. Comme si elles ne payaient déjà pas assez pour l’assurance parentale[14] et pour les garderies[15], voilà que le PLQ veut à peine indexer le cout des CPE. Qu’il les abolisse; ce n’est pas à l’État de fournir des services de garde.

 

Ce n’est pas à lui non plus d’encourager les parents à vivre avec leurs enfants ou d’offrir des crédits d’impôts pour les aidants naturels. Oui, ces actions peuvent permettre au système public de respirer… mais pourquoi y a-t-il un système public pour commencer? Ce trou sans fond qu’est la santé s’accaparera bientôt 50% du budget.

 

Pour nuire au système de santé

 

Et ce n’est certainement pas avec la panoplie de mesures proposées que les dépenses vont diminuer. Augmenter l’âge permis pour les soins dentaires « gratuits » ou tenter de planifier le transport d’urgence des patients (par air ou par terre) sera couteux et risque fortement de rencontrer de la résistance des spécialistes concernés. Même sans cartélisation de leurs professions, ils auraient pleinement le droit de refuser d’avoir à faire avec la bureaucratie publique, un monstre sans pareil[16].

 

Quant aux autres mesures – télésanté, listes d’attente comparées, améliorer les CHSLD –, elles ont du bon, je l’avoue. Mais comme c’est géré par le gouvernement, tout ira tout croche. L’informatisation des dossiers des patients dépasse déjà largement les couts initiaux[17]; une grande partie des listes d’attente pour voir un médecin est le résultat de l’étatisation des soins, et donc de leur rationnement pour contrôler les couts; et les CHSLD, s’ils étaient privés, auraient vite fermé leurs portes. Mais comme c’est gouvernemental, les gens semblent préférer regarder ailleurs[18]

 

Pour nuire à l’éducation

 

Comme si l’emprise de l’État en santé n’était pas suffisante, elle s’étendra encore plus sur l’éducation. Il y a d’abord cette mesure hyper opportuniste de donner 100$ non imposable aux parents pour aider à l’achat de matériel scolaire. Il fallait bien attendre les élections pour annoncer qu’on allait pouvoir acheter le matériel scolaire des enfants avec l’argent des autres…

 

Il y a également cette volonté de généraliser l’offre d’un cours de sensibilisation à l’entrepreneuriat, car le PLQ affirme que « le Québec est reconnu pour sa fibre entrepreneuriale. » Heu, non; c’est même le contraire[19]. Si le gouvernement veut vraiment aider les entrepreneurs en devenir, qu’il diminue la réglementation étouffante[20] et liberticide comme la loi 101 – par chance, le PLQ ne veut pas étendre sa portée – de même que les taxes et impôts. La mentalité « québécoise » de méfiance de la richesse[21] doit aussi changer. Mais ce n’est pas demain la veille que ça changera. Les utopies socialistes ont tellement pris le dessus que les libertariens devront faire de même s’ils veulent que leurs idées soient considérées[22]. Mais avec le PLQ, ça n’arrivera pas de sitôt.

 

Le parti à Jean Charest propose d’autres mesures nuisibles à l’éducation comme l’aide au devoir, le bénévolat « imposé » et l’augmentation de l’accessibilité aux études. Oui, ces mesures sont nuisibles : ce n’est pas au gouvernement de prendre l’argent des autres pour aider les élèves – les parents peuvent le faire ou, s’ils ne peuvent/veulent pas, demander de l’aide –; imposer du bénévolat ne peut que tanner les futurs citoyens de la chose, et ainsi garder le taux encore plus bas[23]. Toutefois, je dois admettre que la hausse des frais de scolarité (qui est conjointe avec l’augmentation des prêts et bourses) est une bonne idée… d’un point de vue étatiste (représenté par les carrés verts). Si le PLQ était « vraiment » libéral, alors ce serait un parti pas-de-carré, i.e. pour l’abolition pure et simple du ministère de l’Éducation. Cette institution standardise l’enseignement comme cela se faisait quand l’Allemagne était un pays autoritaire[24]. Ainsi, on ne laisse pas du tout place au développement de génies.

 

Pour nuire à l’environnement (et aux gens)

 

Un programme de parti politique au Québec ne serait pas complet sans une trainée de mesures pour contre le réchauffement/changement/dérangement climatique supposément catastrophique et anthropique. Et comme le PLQ a été au pouvoir longtemps, il a plusieurs « réalisations » dans ce domaine.

 

Il a notamment amendé la Charte des droits et liberté de la personne pour qu’un environnement sain soit un droit. Mais on ne mentionne évidemment pas que pour se faire, les droits de propriété doivent être respectés, ce qui n’est pas le cas – il semble être très facile d’exproprier quelqu’un[25]. Il a aussi calqué plusieurs mesures de luttes aux gaz à effet de serre (si tant c’est nécessaire) sur la Californie. Considérant l’état catastrophique des finances de cette juridiction[26] et les dépassements de couts à faire rougir les concepteurs du Stade olympique[27], les politiciens québécois savent donc à quoi s’attendre s’ils continuent de tricher le marché en subventionnant à fond des secteurs visiblement incapables de survivre par eux-mêmes.

 

Cela explique sans doute pourquoi il y a un nouveau crédit d’impôt pour la rénovation « verte » des maisons. En plus d’utiliser les mêmes vieux sophismes économiques – ça va « stimuler » l’économie –, on tente de changer le comportement des gens alors qu’ils le feraient eux-mêmes s’ils jugeaient que c’était rentable de le faire. Idem pour les véhicules électriques : considérant leur échec lamentable jusqu’à présent, avec la Leaf[28] ou la Volt[29], un « investissement » public pour des bornes de chargement ne sera qu’un vulgaire gaspillage d’argent.

 

En conclusion, le maintien au pouvoir du PLQ ne serait pas une bonne nouvelle pour la Belle province. On continuerait de saupoudrer l’argent des autres à gauche et à droite, laissant ainsi l’économie stagner puisque les gens ne peuvent pas profiter pleinement des fruits de leur travail. Toutefois – je n’aurais jamais cru dire ça –, le PLQ est mieux que le PQ car il ne veut pas restreindre encore plus nos droits avec la loi 101. Néanmoins, ne vous attendez pas à des changements radicaux si Jean Charest demeure Premier ministre.




[3]    Mises, Ludwig Von. « Human Action : A Treatise on Economics » Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.802

[6]    Human Action, p.805

[22]  Hayek, F.A. The Intellectuals and Socialism, University of Chicago, 1949, p.22

Le Bilan des trois face à face: Avantage Legault :

Par Simon Leduc

Cette semaine, les chefs des trois formations politiques se sont affrontés dans des faces à faces qui ont été diffusés sur le réseau TVA. Les électeurs québécois avaient la chance de voir les qualités et les défauts des leaders de la CAQ, du PQ et du PLQ. En terme de cotes d’écoute, ces joutes verbales ont été un grand succès télévisuel : 1.5 millions de téléspectateurs en moyenne par soir. Les nombreux indécis ont-ils pu choisir définitivement leur camp? Qui est ressorti gagnant de cette semaine mouvementée de débats?

Le grand gagnant : François Legault :

L’ancien député de Rousseau n’avait jamais participé à un débat des chefs durant sa carrière politique. C’était un gros défi pour lui d’affronter deux debateurs expérimentés en Jean Charest et Pauline Marois. Le chef de la CAQ est le grand gagnant de ces duels parce qu’il a bien su présenter et expliquer son programme politique aux Québécois. Les Québécois désirent désespérément du changement (WE WANT CHANGE) et je crois que François Legault a su bien se présenter comme le catalyseur de ce changement. Il a martelé le fait que Jean Charest et Pauline Marois représentent la vieille garde politique qui protège le statu quo et le modèle québécois qui est à son dernier souffle. C’est vraiment lors de son duel contre son ancienne collègue du Parti québécois que celui-ci s’est le plus démarqué. Le chef caquiste a brillamment stigmatisé Mme Marois comme la reine du statu quo qui a les mains liées par les grandes centrales syndicales. Le Parti québécois ne se préoccupe pas de la dette publique et de l’iniquité intergénérationnelle. Les deux seules priorités sont la séparation du Québec et la défense des petits privilèges de ses petits amis syndicalistes. Lors de ces batailles verbales, François Legault a prouvé qu’il avait l’étoffe d’un premier ministre en devenir. Il veut sortir la province de sa torpeur et il semble être sincère dans ses intentions de changer les choses.. La CAQ semble avoir le vent dans les voiles. Est-ce que le Québec sera frappé par un raz de marée caquiste? On aura la réponse le soir du 4 septembre prochain.

Le navire libéral est en perdition :

Le premier ministre Jean Charest a déclenché des élections estivales afin de profiter de la crise étudiante pour solliciter un quatrième mandat. Le chef libéral voulait se présenter comme la seule formation politique qui a tenu tête à la révolte étudiante et comme le seul défenseur des principes démocratiques contre la gauche étudiante radicale (la CLASSE). Le conflit étudiant n’a pas été un enjeu prédominant de la campagne électorale. Les étudiants ont décidé de retourner rapidement en classe et cela a fait dérailler la campagne libérale. Le plan de match de Jean Charest était directement lié à la crise sociale qui a empoisonné la société québécoise le printemps dernier. Le premier ministre a tenté de recentrer sa campagne sur la marque de commerce libérale : l’économie. Cet enjeu a toujours été favorable au Parti libéral du Québec mais l’usure du pouvoir semble être un poids que Jean Charest ne peut plus supporter. Le PLQ perd des appuis dans sa propre cour : Robert Libman (l’ancien chef du Parti Égalité), l’ancien député libéral André Chenail et Jean-Paul Boily (un organisateur libéral). Le Parti libéral semble être sur le chemin d’une défaite électorale. Ce parti mérite un long purgatoire dans l’opposition et il semble bien que c’est le sort que les Québécois vont lui réserver le soir du 4 septembre.

Le Parti québécois : ses obsessions linguistiques et souverainistes :

L’usure du pouvoir libéral devrait favoriser le Parti québécois dans sa quête du pouvoir mais ce n’est pas le cas. La CAQ a réussi à s’imposer comme une alternative crédible au gouvernement libéral sortant. Pauline Marois ne se préoccupe pas des priorités des électeurs québécois : la santé, l’éducation, le remboursement de la dette, l’équilibre des finances publiques et la stabilité politique. Le parti souverainiste est obsédé par la question linguistique et la souveraineté. Le PQ version 2012 n’est plus celui que René Lévesque a fondé en 1976. Ce grand leader détestait les radicaux et ce sont eux qui ont pris le contrôle du parti de Mme Marois. L’imposition de mesures linguistiques liberticides (la violation de la liberté de choix des étudiants concernant l’éducation collégiale) et le spectre d’un troisième référendum sur la séparation du Québec (la signature de 15% de Québécois serait assez pour plonger le Québec dans l’abîme référendaire) le prouve bien. Le Parti québécois veut faire reculer le Québec trente ans en arrière et ce n’est pas ce que désire l’électeur québécois moyen. Si Pauline Marois échappe encore au pouvoir le 4 septembre prochain, elle pourra remercier les extrémistes de son parti : Jean-François Lisée, Pierre Duchesne, Bernard Drainville, etc.

Il reste seulement une semaine avant le jour du scrutin. La CAQ a le vent dans les voiles. Est-ce que les deux vieux partis pourront arrêter sa montée? Cela fait plus de quarante ans que le Québec est dirigé par les deux vieux partis politiques. Est-ce que les Québécois oseront opter pour le changement et montrer la porte aux libéraux et aux péquistes. On aura la réponse le soir du 4 septembre.

La nouvelle droite et la question nationale

Par Philippe David

Nombreux sont les intellectuels souverainistes qui perdent leur latin devant le désintéressement général des membres de ce que certains appellent « la nouvelle droite » pour la question nationale et la protection de la langue. Sans pouvoir parler pour tous les individus qui composent la droite québécoise, je crois pouvoir y apporter un peu de lumière.

Libéralisme 101

S’il est faux de dire que la droite québécoise est essentiellement libertarienne, elle est certainement libérale, du moins dans le sens classique du terme. Les libertariens sont effectivement représentés, mais je dirais qu’elle contient une plus grande part de conservateurs fiscaux et de libéraux classiques. Des gens pour qui l’état reste un mal nécessaire, mais qui croient que celui-ci devrait se limiter à des fonctions restreintes et bien définies et qui croient que l’état devrait se substituer le moins possible à la liberté de choix des individus.

Pour les membres de la nouvelle droite, ce qui importe c’est une moins grande ingérence de l’état dans leurs vies personnelles et dans l’économie. Ce qu’ils veulent entendre, c’est qui réduira la dette. Qui coupera dans la bureaucratie gargantuesque de notre état-providence. Qui remettra en question le panier de services offerts par le gouvernement, de façon à offrir moins de services, mais d’améliorer la qualité de ce qui est offert. Qui réformera le code du travail de façon à donner moins de pouvoir aux syndicats du secteur public?. Qui libéralisera l’éducation de façon à remettre les choix dans les mains des parents et des étudiants?. Qui réformera la santé pour y introduire un système mixte, comme ils ont en Europe et bien d’autres endroits dans le monde, de façon à introduire de la concurrence au grand bénéfice des patients?. Qui osera sabrer dans les subventions directes, indirectes et totalement indécentes, consenties à des compagnies qui ne pourraient se maintenir à flot par elles-mêmes? Qui réformera le système largement déficitaire des garderies?  Qui mettra fin aux monopoles gouvernementaux inefficaces comme la SAQ?

Toutes des préoccupations légitimes et probablement beaucoup plus urgentes à régler que le sempiternel débat constitutionnel et linguistique.

Le monopole du micro

Qu’avons-nous à la place? La même vielle cassette qui tourne depuis un demi-siècle. Le grand péril du français et la souveraineté. Pendant ce temps, le navire coule et nous voulons réorganiser les chaises sur le pont.  Nous ne nous sommes même pas posé de questions sur la dépendance que nous développions pour cet état tentaculaire qui est le nôtre, comme si ça allait de soi. Nous étions tellement obnubilés par la souveraineté et la langue que nous ne nous sommes jamais posés quant aux vrais choix de société que nous faisons. Nous avons perdus cinq décennies à débattre de la langue et de la souveraineté alors que nous nous appauvrissions progressivement et nos infrastructures pourrissaient sous nos pieds. Nous ne cessons de planifier le prochain référendum pendant que les groupes d’intérêt de toute sorte s’enrichissent  à nos dépens, que les contribuables croulent sous le fardeau des taxes et que nous amassons une dette que trois générations ne suffiront probablement pas à payer. Eh bien nous en avons marre!

Nous avons marre des lois liberticides destinées à nous enfermer dans un moule culturel uniforme. Nous avons marre des référendums et des éternelles chicanes avec le reste du Canada. Nous avons marre de la culture de revendication et de mendicité que nous maintenons envers les autres provinces. Nous avons marre du nationalisme économique qui maintient des cancres industriels sur le respirateur et étouffe l’entrepreneuriat en accaparant les ressources. Nous avons marre des apprenti-sorciers qui établissent des programmes qui doivent constamment être réformés, tellement ils sont mal conçus. Nous avons marre de payer trois fois le prix pour tous les projets entamés par le gouvernement. Nous en avons marre de passer des heures interminables à l’urgence et de crever sur les listes d’attentes quand nous savons que les solutions existent mais qu’aucun politicien ne veut les appliquer.

Alors excusez-nous, Ô intellectuels souverainistes, de croire qu’il est  plus urgent de réparer les torts de votre débat stérile que de partager votre fixation idéologique d’un pays qui s’écroulerait de toute façon sous son propre poids. Nous en avons tout simplement assez que vous ayez le monopole du micro.

Parti québécois : nationalisme et socialisme à l’honneur

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti  québécois, dirigé par Pauline Marois. Si les derniers sondages disent vrai, alors le PQ pourrait bien se retrouver au pouvoir, et très près d’une majorité absolue des sièges. Mais en regardant le programme[1], on peut s’attendre au pire.

 

En fait, on n’a pas besoin de regarder plus loin que le slogan électoral (À nous de choisir) pour se rendre compte des dangereuses tendances totalitaires du PQ. Oui, totalitaires : un politicien qui utilise « nous » fait fi des individus et les fond dans une masse indistincte. On ouvre ainsi la porte à tous les abus possibles aux droits individuels, les seuls qui comptent. Si on ne fait pas attention, nous risquons de devoir réciter cette prière :  « We are nothing, Mankind is all. By the grace of our brothers are we allowed our lives. We exist through, by and for our brothers who are the State[2]. » Le programme du PQ regorge de tels exemples, parfois carrément condescendants[3], à commencer par l’affirmation identitaire.

 

Affirmer la prépondérance de l’État dans nos vies

 

Sous la gouverne du PQ, l’État fera tout pour protéger « notre » culture, « notre » identité nationale, « nos » institutions publiques, et j’en passe – sans oublier, bien sûr, un référendum sur la séparation. Le tout sera enchâssé dans une constitution. Il va de soi que la formation de Pauline Marois fait fausse route. Si l’État doit absolument intervenir pour protéger la culture ou la langue, c’est un signe que « le peuple » s’en fiche. En effet, malgré toute les pressions assimilatrices, le français se parle encore dans le reste du Canada. Certes, il n’est pas aussi vigoureux qu’au Québec, mais il montre que le souci individuel de plusieurs personnes peut très bien défier n’importe quoi. Ce n’est pas le cas au Québec; les gens ne consomment pas la « culture »[4], et ce malgré tous les quotas de contenu québécois ou francophone imposé aux différents médias. D’ailleurs, ces mesures empêchent les radios de diffuser la musique qu’elles veulent, donnant un avantage indu à des artistes seulement à cause de leur langue de travail – Arcade Fire, Leonard Cohen et une partie de l’œuvre de Céline Dion sont ainsi exclus.

 

Ce favoritisme se reflétera jusque dans les écoles. On propose notamment l’instauration de crédits d’impôts pour l’apprentissage des arts, l’encouragement pour les écoles pour les sorties « culturelles » et le soutien des tournées (surtout internationales) d’œuvres et de productions culturelles. Dans les trois cas, on changera donc le comportement des gens afin de les faire adopter ce que le gouvernement considère comme « bon ». Et ce, même si ladite production « culturelle » se rentabiliserait d’elle-même si elle intéressait le public.

 

Dans le domaine linguistique maintenant, on propose de terminer l’assassinat de notre liberté de choix en enseignement en barrant toute personne n’y ayant pas droit du système scolaire anglophone – cégep, université, formation professionnelle et écoles « passerelles ». Ayant moi-même fait mon cégep en anglais (Champlain St. Lawrence), je peux promptement m’opposer à cette mesure. Je ne suis pas devenu anglophone; mon anglais s’est même amélioré comme jamais. Si je m’en étais tenu aux cours d’anglais réguliers du secondaire, qui étaient d’une facilité débilitante, je n’aurais pas pu vivre quatre années en milieu majoritairement anglophone.

 

S’appauvrir

Après avoir nationalisé l’identité, le PQ projette par la suite de nationaliser l’économie, et le mot est faible. Puisque le « les Québécois » sont propriétaires des ressources se retrouvant sur 1 667 441 km2, le PQ instaurerait une taxe de 5% sur la valeur brute de la production (même s’il y a des pertes) de même qu’une taxe sur le « surprofit » (non défini) de 30%, sans oublier une taxe de 50% sur les profits de l’exploitation des hydrocarbures avant impôt. Sans le filtre socialiste, ces promesses se liraient : le gouvernement et « le peuple » ont droit au produit des minières, et ils l’auront. Nous allons nous assurer de recueillir juste assez d’argent pour le laisser vivre, mais trop peu pour l’empêcher de fonctionner. La citation d’Anthem prend ici tout son sens.

 

Soyez francs : voudriez-vous travailler dans de telles conditions? Voudriez-vous qu’un criminel soit mieux traité que vous? Voudriez-vous êtes coupables de faire du profit « without any definable criteria of innocence or proof, and [be] left at the mercy of the whim, the favor, or the malice of any publicity-seeking politician, any scheming statist, any envious mediocrity who might chance to work his way into a bureaucratic job and feels a yen to do some trust-busting[5] »? Moi non plus. Avec de telles mesures, attendez-vous à une agonisation complète du secteur minier.

 

Comme si siphonner les entreprises n’était pas assez, le PQ veut également exiger, des entreprises «  en mesure de le faire » (capacité non définie), une 2e et une 3e transformation « afin de créer des emplois de qualité et durables chez nous. » Oui, vous avez bien lu : le PQ est un parti mercantiliste  qui veut affaiblir la division internationale du travail – et donc appauvrir tout le monde[6]. Il oublie ainsi que quand il y a commerce, c’est parce qu’il y a un avantage mutuel. En important, on doit nécessairement exporter quelque chose, que ce soit un produit matériel ou de l’argent, lui-même résultat d’une production antérieure[7]. En fait, un pays gagne à importer plus qu’il n’exporte parce qu’il obtient ainsi plus pour moins[8] (sauf si c’est fait à crédit, naturellement).

 

Le siphonnage des entreprises (et des contribuables) se poursuivrait avec la politique péquiste du bois, qui vie à augmenter son utilisation dans la construction et à doubler la production forestière. Comme c’est le cas avec la culture, ce qui a besoin d’aide pour survivre devrait simplement être débranché. Si le marché (i.e., les décisions de TOUS les humains) ne suffit pas pour que l’industrie du bois survive dans sa forme actuelle, alors qu’il en soit ainsi. Et traiter ceux qui s’opposent à cette politique de traitre[9] ne fait que montrer son irrationalité.

 

Le siphonnage atteindrait son paroxysme avec cette volonté d’atteindre l’indépendance énergétique et alimentaire. Pour ce qui est de l’énergie, le PQ veut réduire les importations de pétrole pour en réduire notre « dépendance », de même que fixer des objectifs de production pour chaque filière « renouvelable » (qui n’utilise pas d’uranium ni de combustibles fossiles). Bref, on veut répéter l’erreur espagnole[10]. Tandis que pour l’alimentation, le PQ veut faire passer de 33% à 50% « la consommation de produits québécois de qualité et à prix compétitif. » Pourquoi faire? Si les produits québécois sont si bons et à si bon marché, leur consommation va augmenter seule. Mais pour l’instant, on a des prix planchers pour le lait, les œufs et même la bière, limitant ainsi la consommation. En comparaison, j’achetais 2 quatre litres de lait pour moins de deux dollars chacun en Idaho; c’est plus de trois fois le prix au Québec.

 

Fausse note environnementale

 

Considérant l’ignorance crasse du PQ en économie, il n’est pas surprenant de voir la même ignorance du côté environnemental. En effet, un gouvernement péquiste se donne comme mission de respecter le Protocole de Kyoto en réduisant les gaz à effet de serre, même si les prévisions climatiques du GIEC ont, depuis longtemps, été discréditée. Non seulement ça, mais l’influence sur le climat planétaire – si tous les pays signataires respectaient les clauses – serait absolument nul parce que les pays émergents (Russie, Chine, Inde) ne pas PAS liés au protocole, et peuvent donc construire des usines au charbon comme bon leur semble. Un gouvernement péquiste investirait aussi massivement dans le transport en commun et l’électrification des transports, comme si notre troupeau d’éléphants blancs n’était pas déjà assez nombreux.

 

L’ignorance se manifeste également dans la volonté de protéger les milieux humides. Ne vous méprenez pas : je suis conscient de leur importance. Mais si on veut les protéger, le mieux est de les privatiser. C’est ainsi qu’on a pu sauver le rhinocéros blanc[11] et l’oryx algazelle[12].

 

Folie des grandeurs économique

 

Le PQ n’est pas en reste quand vient le temps d’étaler son ignorance économique. Voilà maintenant qu’il veut relancer le secteur manufacturier en l’appuyant. Si le PQ veut vraiment aider le secteur manufacturier, qu’il attaque les principaux responsables de sa chute : les syndicats. En effet, les secteurs syndiqués ont été plus touchés par les licenciements[13]. Preuve que les syndicats nuisent : l’Alberta a le plus faible taux dans le secteur manufacturier, et ce dernier est en pleine expansion[14].

 

Et comme si les scandales financiers passés n’étaient pas assez, le PQ voudrait forcer la Caisse de dépôts et de placements à investir davantage au Québec pour notamment contrer la délocalisation d’emplois. On ouvre ainsi la porte pour une nouvelle Gaspésia[15]. Cela risque aussi de se produire avec cette volonté de créer des fonds régionaux pour « diversifier » les économies régionales et locales. En d’autres termes, on veut pousser la logique mercantiliste à l’intérieur même des frontières québécoise. Si une économie est peu diversifiée (peu importe ce que ça veut dire) et qu’elle se concentre seulement sur quelques industries, c’est parce que c’est plus avantageux ainsi. Si le gouvernement s’immisce dans le procédé, alors on affaiblit la division du travail et ouvre la porte à la corruption.

 

Il est donc paradoxal pour le PQ de vouloir à la fois augmenter l’aide de l’État pour l’économie et vouloir plaider pour une réduction de la bureaucratie, et surtout de la taille du ministère de l’Éducation. Considérant la très grande proximité du PQ avec les syndicats, ces derniers, s’ils ne font pas reculer Marois, risque de s’allier avec Québec solidaire, et elle ne veut pas ça. Elle fera donc comme Jean Charest en 2003 et rentrera dans le rang[16] (vers 6:50). Elle le fait déjà dans le programme en promettant de redonner à la fonction publique « son expertise et son haut niveau de compétence. » Quelle compétence? Ils sont les moins productifs du pays[17].

 

S’entraider à la pointe d’un fusil

 

Elle le fait également avec toutes les mesures de « solidarité » proposée, car « il faut assurer la justice économique et défendre vigoureusement les Québécois les moins fortunés de notre société. » Remarquez bien le choix de mots : il faut. Car hors de l’État, point de salut…

 

En éducation, le PQ, malgré tous les troubles causés par les anarchistes, promet d’abolir les hausses annoncées par le gouvernement Charest. Comme opportunisme, on peut difficilement faire mieux. De toute façon, la hauteur des frais de scolarité semble avoir peu d’influence sur la fréquentation et la diplomation[18], si l’on compare aux autres provinces dont les frais sont plus élevés[19]. Et même si les frais diminuent la fréquentation, c’est une bonne nouvelle; en devant payer un prix réaliste pour les études, les étudiants éviteront les facultés aux débouchés plus limités.

En plus d’annuler la hausse, le PQ tiendrait un gigantesque sommet réunissant les représentants des étudiants, les directions d’établissement, les représentants syndicaux et patronaux. Comme toujours, le contribuable est laissé de côté et se ramassera avec la note finale, probablement très salée. Sans compter que tenir un tel sommet est un non-sens. Tient-on des sommets sur l’alimentation quand le prix des denrées augmente dramatiquement? N’en déplaise aux socialistes, l’éducation est une marchandise, pas un droit. Prétendre qu’on a droit au produit d’un humain (son enseignement, dans ce cas-ci), c’est affirmer qu’on a droit à sa vie. Si le PQ veut vraiment aider le système éducatif, qu’il abolisse complètement le ministère de l’Éducation. Ainsi, les écoles seront plus autonomes, elles seront plus libres d’engager les professionnels qu’elles jugent pertinent (plutôt que de voir plus de cadres dans les commissions scolaires), leur laissant ainsi le loisir de créer des programmes qui attireront les élèves et les motiveront à rester sur les bancs. Présentement, l’école régulière suit le même modèle que celui de l’Allemagne du 19e siècle : tout le monde assis, suivant le même programme rigide. Eus-je dû suivre un tel programme – j’ai pu faire parti d’un programme concentration langue –, j’aurais grossi les statistiques du décrochage.

 

Du côté de la santé et des services sociaux, bien qu’on propose l’abolition de la taxe santé, on propose de créer deux nouveaux paliers d’imposition. Peu importe si les riches, aux États-Unis[20] et même au Québec[21], paient nettement plus que leur représentativité dans la population. Et peu importe si le Québec est déjà l’enfer fiscal « par excellence » du Canada – le palier d’imposition le plus bas (16%) est plus élevé que le palier d’imposition le plus élevé de huit provinces. Ceci 1) ne créera pas autant de revenus que les estimations – les gens, à long terme, vont changer leur comportement pour ne pas avoir à payer de l’impôt – et 2) augmentera inévitablement les dépenses[22].

Si on veut vraiment aider le système de santé, la meilleure solution est que le gouvernement s’en retire complètement; donc, pas de ministère de la Santé ni d’ordres professionnels. Ainsi, les hôpitaux deviennent plus autonomes et seront libres d’intégrer les technologies qu’ils veulent (car plusieurs augmentent substantiellement les couts[23]), peu importe leur provenance, les gens qui s’en croient capables peuvent devenir médecin sans avoir à subir de longues et pénibles études – quoiqu’ils auront de la difficulté à se tailler une crédibilité –, ce qui pourrait ainsi soulager la pénurie de médecins. Aussi ne perdrait-on pas de temps avec la prévention, parce que soigner une personne de plus de 80 ans en santé durant sa jeunesse coute plus cher que de soigner un fumeur ou un obèse[24]. Avec toutes ces ressources ainsi libérées, les gens auront le choix de pouvoir se faire soigner à domicile.

 

Nuire plutôt qu’aider

 

En plus d’entraver la santé et l’éducation, le PQ veut également – et fort probablement inconsciemment – nuire aux travailleurs, aux familles et aux démunis.

 

Ces derniers, sous un gouvernement péquiste, verront se construire 3000 logements sociaux par année. Peu importe s’ils sont des nids à criminels[25], tout le monde doit être abrité! Une partie de l’inaccessibilité (et des pénuries) pourrait être réglée si on abolissait le contrôle des loyers. Oui, les prix augmenteraient à court terme, mais les propriétaires seraient ainsi encouragés à construire, ce qui réduira les prix. Et rien n’empêche la création de coopératives d’habitations. Pour ce qui est des autochtones du Nord, leur situation s’améliorerait s’ils étaient propriétaires, ce qui n’est pas le cas[26].

 

Les familles, elles, seront « choyées » en ayant notamment une place assurée pour leurs enfants en CPE, car « le Québec doit pouvoir ainsi compter sur 250 000 places pour répondre aux besoins des familles » et en ayant droit à des congés familiaux pour prendre soin des enfants ou de personnes handicapées ou âgées. Encore une fois, qui veut faire l’ange fait la bête. Forcer les employeurs à accorder plus de congés risquent de les décourager d’engager des parents. Aussi, la création de nouvelle place en garderies publiques ouvre la porte au favoritisme. Sans compter qu’avant cette création de Marois, on ne se plaignait jamais d’un manque de place en garderie.

 

Enfin, pour « aider » les travailleurs, on propose notamment de bétonner leurs régimes de retraite pour les protéger de tout changement et de restreindre encore plus le recours aux briseurs de grève. En d’autres mots, le PQ s’immisce encore plus dans les relations personnelles et dicte ce qui doit et ne doit pas être fait. Dans les deux cas présents, on décourage encore plus l’entrepreneuriat puisque 1) dès qu’un régime de retraite librement consenti est négocié, il est intouchable, ce qui risque d’augmenter dramatiquement les couts – on n’a qu’à penser à GM[27] – et 2) on oblige un employeur à garder les mêmes employés même si ces derniers refusent de travailler. Atlas pousse de très gros soupirs…

 

Agir (relativement) honnêtement

 

Toutefois, je suis obligé de reconnaître que le PQ marque quelques points dans son programme. On propose d’enlever le crédit d’impôt pour don politique, ce qui retirera enfin un peu de financement public pour les partis. On veut aussi, à l’image des ÉU, limiter les mandats consécutifs des premiers ministres et des maires de municipalités de plus de 5000 habitants. Il pourrait certes y avoir du renouveau, mais comme en Russie, rien n’empêchera un candidat de se représenter dans deux élections. Si on veut empêcher les dynasties, le PQ devrait plutôt limiter à deux (pour le PM) ou trois (pour les maires) mandats pour les élus.

 

Parlant d’élection, on souhaite, comme à la CAQ, des élections à date fixe. Mais comme j’en ai déjà parlé[28], tenir une telle promesse est très difficile dans le paysage politique actuel. C’est certainement plus facile en Saskatchewan où, malgré la présence de nombreux partis, seuls deux sont à la législature. D’ailleurs, si les sondages disent vrais, le PQ serait un gouvernement minoritaire. À moins d’une alliance, son pouvoir sera bien fragile.

 

Toujours dans le domaine des élections, on propose de mettre les élections scolaires en même temps que les élections municipales. C’est une bonne idée car on économisera sur les frais d’organisation, mais je doute  que cela change grand-chose pour le monde scolaire; le taux de participation en généralement sous les 10%, et la plupart des gens sont élus par acclamation.

 

La dernière mesure touchant le processus électoral vise l’instauration de référendums d’initiatives populaires. Bonne nouvelle : ils ne pourront toucher la Charte québécoise des droits et liberté de la personne ni une future charte de la laïcité (quoiqu’elle ne soit pas utile en soit; nos lois et chartes actuelles suffisent pour limiter les abus possibles de certaines cultures). Mauvaise nouvelle : ils ne pourront toucher ni la future constitution, ni même les questions fiscales. Alors à quoi bon avoir ces référendums?

 

En conclusion, la venue de Pauline Marois au pouvoir serait bel et bien une catastrophe. Les politiques de son parti son presque plus surréalistes que celle de Québec solidaire. S’il faut voter pour le moins pire dans une élection (si tant voter pour un pire est bon), alors le PQ ne peut être un bon choix. Si les électeurs choisissent ce parti, attendez-vous à une chute de notre économie, prévient une firme d’investissement[29].




[2]    Rand, Ayn. Anthem, Signet Books, Irvine, CA, 1995, p.21

[5]    Rand, Ayn. Capitalism : the Unknown Ideal, Signet Book, New York, 1967, p.51

[6]    Mises, Ludwig Von. A Critique of Interventionnism, Ludwig Von Mises Institute, 2011, p.11

Le scrutin du 4 septembre : Que doivent faire les conservateurs québécois? S’abstenir ou voter pour la CAQ?

Par Simon Leduc

Au déclenchement des élections, le parti de François Legault était en troisième place loin derrière les deux vieux partis. La CAQ a complètement dominé la première semaine de campagne à cause de ces trois éléments : la formation d’une équipe crédible et expérimentée derrière le chef, la candidature de Jacques Duchesneau et l’imposition de l’intégrité et de la corruption comme enjeux prédominants de la joute électorale. Cela a permis à la CAQ de prouver qu’elle était prête à former le prochain gouvernement.

On ne sent pas un grand enthousiasme pour ce parti centriste (contrairement à l’ADQ en 2007) mais les Québécois veulent du changement. On va se dire les vraies affaires, l’ancien ministre péquiste ne propose pas de remettre en question le sacro-saint modèle québécois. Il ne va pas toucher au caractère universel de nos programmes sociaux coûteux et inefficaces. La mixité en santé a été rejetée du revers de la main part le chef caquiste et le remboursement de la dette publique (qui s’élève à 252 milliards de dollars) ne fait pas partie de ses priorités. Si elle est élue, la Coalition avenir Québec ne va pas réduire de façon importante la taille de l’État parce que son chef est un étatiste. Celui-ci croit en un État fort et interventionniste et il pense que celui-ci serait plus efficace sous sa gouverne. Les troupes caquistes proposent de taponner la Caisse de dépôts et de placements du Québec afin qu’elle investisse davantage dans les entreprises québécoises même si c’est moins rentable pour elle. Autrement dit, M. Legault veut jouer à la roulette russe avec le bat de laine des Québécois. Il faut se rendre à l’évidence, la CAQ n’est pas un parti de droite mais bien centriste.

L’ancien député de Rousseau propose quand même des idées qui peuvent séduire la droite québécoise : une faible réduction d’impôts pour la classe moyenne, un plan de réduction de la dette publique par l’entremise de redevances minières et pétrolières et des coupures dans la fonction publique (abolition des Commissions scolaires et des agences de santé, des coupures de postes à Hydro-Québec et la réduction du nombre d’élus de la métropole. C’est un bon début mais la CAQ ne va pas assez loin dans ses réformes. La question que je me pose est la suivante : Que doit faire la droite québécoise? Elle pourrait voter pour des tiers partis comme le Parti conservateur du Québec ou Équipe autonomiste mais ceux-ci sont des partis marginaux et très peu connus. Les conservateurs québécois pourraient appuyer massivement la CAQ afin de se débarrasser des deux vieux partis mais surtout pour empêcher le PQ de former un gouvernement majoritaire. Le Parti québécois représente réellement une menace pour le Québec. Ce parti (qui était jadis dirigé par un grand homme René Lévesque) s’est radicalisé sur le plan linguistique. Sa volonté d’empêcher les jeunes francophones de fréquenter des collègues anglophones est une attaque directe au principe sacré de la liberté de choix. Avec une majorité, Pauline Marois va pouvoir partir en guerre contre Ottawa et elle va mettre le cap sur un autre référendum. Est-ce que l’on veut cela? Je ne pense pas.

Il ne faut pas que le PQ obtienne une majorité le soir du 4 septembre prochain. Plusieurs de mes amis conservateurs vont être tentés par l’abstention. Je ne crois pas que c’est la chose à faire. À cause de l’effondrement du vote libéral (moins de 20% chez le vote francophone), seul la CAQ peut barrer la route à une majorité péquiste. Les conservateurs devraient y penser à deux fois avant de s’abstenir. En tout cas, une forte abstention des anciens partisans de l’ADQ favoriserait Pauline Marois et ses ayatollahs de la langue. Les électeurs qui se situe à droite du centre du spectre politique doivent se poser cette question : Voulez-vous quatre ans de Pauline Marois? Je pense que de poser la question c’est y répondre.

La CAQ : un parti comme les autres

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve la Coalition Avenir Québec, née des cendres de l’ancienne ADQ. Toutefois, en lisant le programme[1], on se rend vite compte que l’influence de l’ancienne formation de « droite » (pour une intervention réduite du gouvernement) est presque inexistante.

 

En effet, dès les pages 10 et 11, on affirme d’un même souffle que « Si une intervention plus marquée de l’État s’impose dans certaines sphères d’activité, il n’hésitera pas à s’impliquer, tout comme il n’hésitera pas à réduire la taille des structures superflues et à décentraliser au besoin les ressources et les centres décisionnels. » On veut notamment s’assurer « que les Québécois tirent pleinement profit de l’exploitation de leurs richesses naturelles » et « que le ministère de l’Environnement dispose des ressources adéquates pour assurer une protection optimale de l’exceptionnel patrimoine naturel du Québec. »

 

Heu, comment peut-on vouloir à la fois augmenter et diminuer la taille du gouvernement? On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre; le gouvernement augmente ou non. Considérant qu’un employé syndiqué est presque impossible à congédier[2], je doute que Legault soit capable de diminuer la taille du gouvernement, à moins qu’il n’ose toucher véritablement au Léviathan syndical.

 

Aussi, le langage collectiviste – les Québécois, le patrimoine exceptionnel du Québec – trahit les vraies intentions de la CAQ. Pour paraphraser Equality 7-2521, les expressions collectives (« les Québecois ») sont « the word of serfdom, of plunder, of misery, falsehood and shame[3]. » En effet, du moment qu’on prétend qu’une ressource, exploitée ou non, appartient à une collectivité, ou que le gouvernement a le droit de vie ou de mort sur son exploitation – ou qu’il y ait une participation minoritaire via la Caisse de dépôts et de placements –, alors on ne peut s’attendre qu’à un pillage systématique, de la misère, de la servitude et de la stagnation. Bref, au statu quo.

« Les Québécois » dans leur ensemble n’existent pas; il s’agit uniquement de 8 M de personnes individuelles qui vivent sur le territoire nommé Québec. « Les Québécois » qui veulent une intervention du gouvernement – même « lorsque nécessaire », si cela est possible – sont simplement des individus regroupés qui ont un fort intérêt à ce que le gouvernement intervienne en leur faveur. Car TOUTE intervention du gouvernement hors de ses tâches régaliennes (justice et sécurité publique) est TOUJOURS pour aider quelqu’un/un groupe de personnes au détriments de tous les autres, généralement au travers d’impôts, de taxes, de réglementation et je ne sais quoi d’autre.

 

De bons efforts pour l’éthique

 

Malgré ses tendances collectivistes, la CAQ a néanmoins certaines bonnes idées, à commencer par sa volonté d’améliorer l’éthique gouvernementale. On propose notamment d’élargir les pouvoir du vérificateur général, pour qu’il puisse vérifier les comptes des sociétés d’État sans leur demander la permission. On pourra enfin exposer au grand jour la mauvaise gestion d’Hydro-Québec[4] et de la SAQ[5], de même que rappeler celle des commissions scolaires[6], afin de demander des changements en profondeur, ou mieux demander leur abolition ou leur privatisation. Mais plutôt que de créer un VG qui vérifierait les comptes des villes de moins de 50k personnes, pourquoi l’actuel ne s’en chargerait pas?

La CAQ proposé également plus de transparence du gouvernement. On promet d’accélérer l’obtention de renseignements publics (via la Loi d’accès à l’information) et de rendre public tout contrat, dépense ou engagement public (ministères ou organismes) de plus de 25k$. Espérons que le gaspillage diminue avec cette mesure de visibilité – espérer une privatisation massive relève (malheureusement) de la pensée magique…

 

Aussi, bien que je sois généralement réfractaire à la création de nouvelles structures publiques, l’idée de créer un directeur parlementaire du budget semble séduisante. Le poste existe à Ottawa, et aussi à Washington (nommé CBO). Celui des ÉU estime, à la demande des parlementaires, des projections de dépenses à plus ou moins long terme pour certaines mesures publiques. Dans un cours que j’ai suivi en ligne, ce sont les prévisions du CBO qu’on a utilisées pour montrer que la réforme de la santé d’Obama allait avoir un effet marginal sur le déficit à long terme; en fait, elle ne ferait que ralentir le rythme de croissance.

 

Pour en revenir à la CAQ, deux dernières mesures d’intérêt pour l’éthique touchent directement les partis politiques. On propose de limiter les dons politiques (à un seul parti) à 100$/personne par année, ce qui « rendra pratiquement impossible l’utilisation des prête-noms. » Si Pauline Marois et Paul Desmarais ont été capables de le faire, ils trouveront sans doute le moyen de le faire encore. En plus de cette mesure, on propose un financement public (via le Directeur général des élections) à hauteur de 3$ par dollar versé par un particulier. En plus d’utiliser l’argent de Pierre pour payer Paul, cette mesure ne favorisera, encore une fois, que les gros partis avec une bonne machine. Avec une telle mesure, je doute fortement que Québec solidaire pour le Parti conservateur ait, à court et moyen terme, beaucoup d’argent, contrairement au PQ et au PLQ.

 

La seconde mesure politique veut instaurer des élections à date fixe comme sept autres provinces canadienne, un territoire et la Chambre des communes. L’idée serait excellente; ainsi, on n’aurait pas à anticiper les caprices du premier ministre en place pour savoir quand nous irions voter. Malheureusement, avec notre système parlementaire actuelle, l’application d’une telle loi est très difficile, comme l’a montré Stephen Harper de 2005 à 2011. Tout comme à Ottawa, les tiers partis prennent de plus en plus de place au Québec. Cela divise le vote (pas que c’est mauvais), rendant les gouvernements minoritaires de plus en plus probables et fréquents. Pour avoir de vraies élections à date fixe, on doit soit adopter le système des États-Unis (séparer le législatif et l’exécutif), soit adopter un système électoral proportionnel, où les alliances entre partis sont plus faciles. Tout cela, naturellement, suppose un statu quo politique, avec un gouvernement omniprésent. Dans un État minarchiste, la présence de plusieurs partis est sans importance puisque l’État n’intervient pas (ou si peu) dans l’économie.

 

Une efficacité superficielle

 

Après avoir parlé de transparence et d’efficacité, la CAQ retombe vite dans le train habituel de « faire mieux » avec les services publics. Et comme les autres partis, on prétend que les citoyens ont droit à ces services. Sans les euphémismes et le filtre de la novlangue, on dit clairement qu’on prône l’esclavage. Non, je ne fais pas de démagogie. L’esclavage était justement ça : prendre le produit d’un autre humain sans que ce dernier ne puisse en profiter. Que ce soit dans un champ de coton, dans un hôpital ou dans une école, le résultat est le même : on brime les libertés individuelles des gens touchés. Si prendre 100% du produit de quelqu’un est de l’esclavage, quel pourcentage n’en est pas?

 

Certes, la CAQ promet un dégraissage de la bureaucratie en tentant de rendre plus responsable les fonctionnaires, ce qui va, dit-on, les faire gagner en efficacité et donc faire économiser. Malheureusement, cette mesure risque d’être vouée à l’échec. En effet, il n’y a que deux choix : fonctionner selon des règles bureaucratiques ou par profit. Et dans le premier cas, les patrons tuent plus souvent qu’autrement l’innovation chez les plus jeunes et ambitieux[7]. Sans profit, il n’existe pas de critères objectifs pour déterminer la réussite ou l’échec d’un programme public. Même un déficit n’équivaut pas à un échec[8]. La seule solution pour vraiment économiser sur la bureaucratie est de diminuer le nombre de fonctionnaires.  Ça ne risque pas d’arriver; le parti de Legault propose de rediriger une partie des économies (s’il y en a) sur les dépenses d’opération vers écoles et autres institutions locales pour « offrir » plus de services à la population.

 

Parallèlement, la CAQ se plaint que le ministère des Transports a perdu son expertise au profit du privé, « laissant le gouvernement sans ressources adéquates pour effectuer la surveillance, la coordination et le suivi des projets et des investissements. » Et pourquoi donc le gouvernement devrait-il gérer les routes? N’en déplaise aux étatistes[9], les routes privées sont possibles, et même désirables[10]. En privatisant les routes, on règle par le fait même leur piètre qualité – un entrepreneur voudra rentabiliser son investissement – et la corruption inhérente à l’attribution de contrats publics.

 

La même chose s’applique au transport en commun. Oui, « la multiplication des structures administratives affecte souvent la qualité de la planification, génère des pertes d’efficacité et contribue à ralentir les processus. » Ce n’est certainement pas en centralisant encore plus – via une nouvelle société d’État – que le problème se règlera. Tout allait mieux à Montréal (côté cout) avant la venue de la STM[11]. Aussi, quand le gouvernement contrôle ce secteur, il y va souvent de choix qui sont non seulement couteux mais qui diminuent l’utilisation[12]. La planification publique est et sera toujours un échec; qu’on laisse les individus se débrouiller eux-mêmes et le tout s’améliorera. Après tout, on ne planifie pas la fabrication de chaussure et de vêtements, et les prix sont relativement bas.

 

Pour en revenir à la simplification des structures, on propose de réduire de plus de moitié le nombre d’élus à Montréal. C’est une excellente idée; il y a un élu pour 15534 personnes à Montréal, contre 57778 à Toronto et 141 379 à New York. J’ajouterais que Québec en aurait aussi besoin; elle a un élu par 18429 habitants.

On propose également de donner la marge de manœuvre nécessaire aux villes pour qu’elles puissent faire face à leurs régimes de retraite. Formulé ainsi, je crains que les taxes foncières fasse comme une montgolfière et s’élèvent encore plus haut…

 

Des efforts financiers insuffisants

 

Du côté des finances, un gouvernement Legault avancerait quelques bonnes idées, notamment une diminution de 1000$ d’impôts par famille et l’élimination de la taxe santé. Malheureusement, les mesures pour compenser cette diminution des revenus – alléger les structures bureaucratiques – risque d’être un échec, tel que mentionné précédemment. D’ailleurs, peu importe les montants investis, que ce soit en éducation[13] ou en santé[14], il y aura toujours des carences majeures quand le public s’en occupe.

 

Parlant d’éducation, la CAQ déplore que les frais de scolarité n’aient pas été augmentés plus dans le passé. Questionnement étrange, considérant que le chef a été ministre de l’Éducation. Néanmoins, en gardant une perspective étatique, une hausse des frais de scolarité est la seule solution envisageable. Quand les frais sont « gelés », ils diminuent si l’on tient compte de l’inflation. Cela crée donc plus de pression sur les finances publiques.

Et n’en déplaise à la CAQ, une hausse soudaine pourrait avoir du bon. En effet, comme les gens devront payer un prix plus réaliste pour leurs études, ils pourraient ainsi ne pas aller à l’université ou, à tout le moins, éviter les facultés aux débouchés limités (théâtre, politique, sociologie). Je n’ai rien contre elles; par contre, le nombre de leurs étudiants est artificiellement élevé justement parce que leurs études sont bon marché (ou, parallèlement, que les prérequis sont trop peu exigeants, contrairement à la médecine), et le marché peut difficilement les absorber.

Une diminution du nombre d’étudiants créerait un soulagement sur le système de prêts. J’ignore quelle est la situation au Québec, mais aux États-Unis, c’est en train de devenir la prochaine bulle[15]. Cela prouve, une fois de plus, que la solution à un problème étatique est privée. L’État change le comportement rationnel des gens et les amènent à agir d’une façon différente que sur le libre-marché.

 

Ce n’est donc pas sans un certain scepticisme que je regarde la promesse de vouloir diminuer la dette. Bien qu’elle ait raison sur le montant et sur l’injustice intergénérationnelle que cela crée, la CAQ affirme aussi que payer la dette permet de libérer des ressources pour les missions « importantes » de l’État, non définies.

 

Elle affirme aussi que les redevances sur les ressources non renouvelables serviront à payer la dette, afin qu’elles « bénéficie à tous les Québécois, et non pas seulement à ceux qui ont la chance de vivre au moment de leur extraction. » Je ne reviendrai pas sur le langage collectiviste d’une telle pensée, mais j’ajouterai simplement que tout ce qu’un entrepreneur privé fait, c’est au bénéfice de la société, même si ce n’est pas le but explicite. Le boulanger, le boucher et le cordonniers ne travaillent pas pour nous nourrir ou nous vêtir mais bien pour se nourrir et se vêtir.

 

Prendre les familles par la main

 

La CAQ poursuit ses politiques collectivistes avec les familles. On espère entre autre mieux encadrer les CPE pour empêcher l’attribution de places par affairisme, pour mieux encadrer les programmes éducatifs qu’on y offre et faire reconnaître leurs services comme essentiels.

 

C’est drôle, mais jusqu’à ce qu’on nationalise les garderies, il n’y avait pas de problème de pénurie de places ni de grève. C’est depuis que l’État les a prises en charge que les problèmes ont commencé, l’affairisme y figurant au premier plan. Quand un programme est politique, la corruption est presque inévitable; le parti au pouvoir « récompense » ses électeurs, peu importe le domaine[16]. Et comme le cout défrayé est bien en-deçà du cout réel – même si le prix nominal a été augmenté[17] – alors la demande augmente artificiellement, ce qui cause des pénuries telles que tous les moyens sont bons pour avoir une place[18]. Enfin, comme les garderies sont devenus un service « public », elles sont nécessairement « essentielles ». Quelle ineptie : seules les tâches régaliennes d’un État sont essentielles, car elles maintiennent un minimum d’ordre dans la société. TOUT le reste ne crée que du chaos, comme c’est le cas avec les garderies.

 

C’est également le cas avec cette volonté d’obliger les employeurs à offrir des congés payés pour raison familiale. En fait, ce n’est pas chaotique, c’est paternaliste. On enlève ainsi la liberté aux employeurs et aux employés d’en arriver à un accord de gré à gré sur le sujet. Maintenant, comme c’est le cas avec les congés parentaux et l’équité salariale, les employeurs pourraient être tentés de discriminer les parents avec des enfants pour éviter d’être obligés de payer ces congés.

 

Ce paternalisme se reflète dans cette promesse de faciliter l’accès à la propriété. Oui, acheter une maison est très dispendieux, et de nombreux frais administratifs l’entoure. Malheureusement, tout gouvernement qui tente « d’aider » la population à devenir propriétaire crée des bulles, comme ce fut le cas aux ÉU[19] ou au Canada[20].

 

Il se reflète aussi dans cette volonté de non seulement maintenir les régimes « volontaires » d’épargne retraite, mais de les centraliser sous la Régie des Rentes du Québec. Il est vrai que les gens n’épargnent pas beaucoup; le programme de la CAQ affirme que 60% des travailleurs n’ont rien d’autre que le régime public auquel ils ont cotisé. C’est dommage, mais c’est prévisible. Avec un taux d’intérêt aussi ridiculement bas, épargner est même désavantageux si l’on tient compte des frais d’administration de plusieurs programme de RÉER. Et avec tout ces frais payés (taxes, impôts, RRQ, assurance parentale, etc.), le salaire réel des gens est maigre pour pouvoir épargner plus. Qu’on commence par l’augmenter –  il n’est pas mieux qu’au milieu du classement canadien[21] – afin de permettre aux gens les moyens de pouvoirs épargner pour leur retraite.

 

D’ailleurs, il n’est pas du ressort du gouvernement de dicter une politique de retraite à quiconque. Présentement, surtout dans le secteur public, on pense encore à Liberté 55; on espère prendre sa retraite à 55 ans ou après 35 ans de services. L’ennui avec cette mesure, c’est que les personnes (surtout les femmes) vivront encore en moyenne 25 ans. Dans l’État actuel du système, et avec la retraite à venir des baby-boomers, ça va créer une pression énorme sur les finances publiques. Laissons-donc le loisir aux travailleurs de prendre leur retraite quand bon leur semble ou de négocier un arrangement avec leur employeur.

 

Nuire à l’économie

 

En plus de vouloir diriger la destinée des familles, la CAQ veut aussi diriger l’économie du Québec. Elle veut notamment que la Caisse de dépôts et de placements investisse plus dans les entreprises québécoises afin que les « Québécois » redeviennent « propriétaires » de « leur » économie. Même d’un point de vue étatique – aucun parti majeur ne prône l’abolition de la CDP – cette mesure est un non-sens. Le but de la Caisse est de faire du profit. Donc, s’il y en a à faire avec une entreprise québécoise, elle le fera. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi la CDP a attendu en juillet pour se décider d’acheter Rona[22]. Puisqu’elle est là pour rester, qu’elle soit complètement indépendante des pouvoirs politiques, et donc de pressions pour investir dans des endroits spécifiques. Ceci  inclut toute participation forcée dans les projets miniers du Grand Nord. Encore une fois, s’ils sont payants, la CDP investira d’elle-même.

 

Il en va de même pour l’innovation et la formation. Il est dans l’intérêt personnel d’un entrepreneur d’être le plus à jour possible s’il veut bien concurrencer ses adversaires. S’il ne le fait pas, c’est qu’il juge la mesure trop onéreuse ou inutile. Offrir (d’autres) crédits d’impôts dans le domaine est donc, au mieux, inutile. Mais au pis, cela concentre artificiellement certaines entreprises, comme les jeux vidéos à Montréal ou l’optique à Québec.

 

Idem pour ce qui est de « l’aide » gouvernementale à l’international. Si un entrepreneur québécois juge qu’il gagne à investir sur les marchés étrangers, il le fera. Un un entrepreneur étranger qui veut investir au Québec suivra les mêmes étapes. Malheureusement pour ce dernier, la xénophobie économique des politiciens décourage tout effort[23]. Si l’Alberta avait eu le même réflexe, son économie n’aurait pas autant explosé.

 

Même chose pour le développement régional et des autres secteurs de l’économie. Que ce soit pour Québec, Montréal ou les autres régions, le gouvernement doit tenir compte des deux mots préférés des libertariens anglophones : laisser-faire. Car qui dit investissement public dit taxes et impôts, et donc diminution de la richesse et de la productivité. Pour qu’il y ait développement économique, le gouvernement doit donc laisser faire la marché (i.e. tous les humains) et ainsi leur laisser décider où sera produit quoi afin que ce soit au meilleur prix. « Encourager » une quelconque industrie sur un territoire (dans le cas de la CAQ, la transformation des aliments) sous-entend nécessairement des mesures protectionnistes, et donc une hausse des prix pour les consommateurs.

 

Toutefois, une mesure encourageante distingue la CAQ des autres partis. En effet, on propose de modifier le Code du travail pour obliger un vote secret pour obtenir une accréditation syndicale. J’irais encore plus loin : fin de la formule Rand – le droit d’association, c’est aussi le droit de ne PAS s’associer – et fin de la loi anti-briseur de grève. Cette dernière est une violation flagrante de la propriété privée, puisqu’elle empêche un employeur d’engager des gens qui veulent travailler aux conditions offertes. La loi a ainsi cédé au terrorisme syndical[24].

 

Fausse route environnementale

 

En ce qui concerne l’environnement, les prémisses de la CAQ sont moins solides qu’un jouet acheté dans un magasin à un dollar. En effet, l’équipe Legault s’engage à respecter les recommandations du GIEC pour la réduction des gaz à effet de serre, même si l’organisation a été discréditée depuis belle lurette[25].

La CAQ veut également imposer un moratoire sur le développement des gaz de schiste « et ce, jusqu’à ce que des études scientifiques claires montrent que cette fracturation et l’exploitation du gaz de schiste qui en découlent peuvent se faire dans le respect de l’environnement naturel et de la santé des populations locales. » Ces études existent déjà, mais la peur continue de régner, fût-elle une fabulation totale[26]. De plus, le gaz naturel est moins polluant que les autres énergies fossiles; cela permettrait au Québec de diminuer son utilisation de mazout lourd, la deuxième plus forte au pays[27].

 

Mais comme l’idéologie prime sur les faits en politique, la CAQ continuera sur sa fausse route en « encourageant » le développement des énergies alternatives et en garantissant un tarif minimal pour leur exploitation. En d’autres mots, on veut répéter l’erreur espagnole[28] et les nombreuses commises aux États-Unis[29][30] et gaspiller les fonds publics dans des aventures vouées d’avance à l’échec.

 

Ce gaspillage se reflète aussi dans la politique de crédit d’impôt pour les voitures hybrides, une des clés de voûte des écologistes modernes. Mais ne leur en déplaise, les voitures hybrides sont très souvent plus sales (pour l’instant) que les Hummer[31] et les propriétaires d’hybride renouvellent rarement leur auto[32].

 

Ce gaspillage se reflètera aussi dans des investissements caquistes pour « améliorer » la circulation automobile. Comme toujours, on ne mise que sur le transport en commun. Bien qu’il ait une certaine importance, il ne faut pas miser uniquement sur lui. En effet, on m’a toujours enseigné dans mes cours d’économie que l’utilisation de l’autobus est inversement proportionnel à la richesse. Durant les deux années où j’ai travaillé à temps plein, j’ai vite compris pourquoi : la voiture est prête quand on a besoin d’elle, tandis qu’on doit être prêt pour l’autobus… si jamais il passe. De plus, un autobus n’est (généralement) écologique qu’aux heures de pointe[33], soit moins de ¼ de la journée au Québec. La congestion routière s’explique par un simple principe d’offre et de demande : les routes offertes sont « gratuites », alors la demande pour ces dernières est très fortes. En instaurant des péages (ou mieux, en vendant les routes), on allègerait du même coup le fardeau fiscal et « obligerait » les gens à repenser leur itinéraire. Et privatiser le transport en commun aussi serait une solution; avant que le public ne s’en mêle, les autobus au Chili étaient très efficaces[34].

 

En conclusion, qualifier la CAQ de « droite » est une farce monumental. Comme je l’ai démontré, ce parti est, à tout le moins, aussi interventionniste que le PQ et le PLQ. Il continuerait de propager la même vieille idée fausse que le gouvernement doit intervenir dans la santé, l’éducation de même que dans la culture et la langue – la CAQ propose encore plus de fonds pour sa « promotion » et sa « protection ». Si François Legault et son équipe rentre au pouvoir, ne vous attendez-donc pas à une révolution.




[3]    Ayn Rand, Anthem, Signet Book, Californie, 1995, p.97

[7]    Mises, Ludwig Von. Bureaucracy, New Haven, Yale University Press, 1944, p.56

[8]    p.61

[24]  Mises, Ludwig Von. Socialism :An Economic and Sociological Analysis, New Haven, Yale University Press, 1951, p.480-1

[28]  http://www.juandemariana.org/pdf/090327-employment-public-aid-renewable.pdf

Le travail engendre le travail

Les Québécois vivent depuis des décennies dans une société socialiste , donc de pénurie, qu’aucun politicien ne remet en cause. Chacun est persuadé de la véracité de la lutte des classes, que patrons et employés sont adversaires, que l’enrichissement des uns entraîne l’appauvrissement des autres. On fait croire que le travail est limité, qu’il faut le partager. Rationner n’est pas politiquement correct, ni électoralement vendeur, « partager » c’est mieux ! D’où les , la réglementation du temps de travail, les taxes (impôts) progressives et élevées, un code du travail draconien etc. C’est le fameux « Travailler moins pour travailler tous ». Ces idées sont fausses mais très largement admises! Elles sont cohérentes avec le socialisme, qui est disette, et qui imprègne notre société. Les individus ne peuvent imaginer autre chose.

Quand on regarde quelle était la condition de l’Homme depuis son apparition sur terre, force est de se rendre à l’évidence, nous étions peu de chose. L’Homme s’en est tiré par son génie, le travail, la coopération et l’échange.

« Il semble, a priori, que tout ce à quoi nous pourrions prétendre, c’est d’obtenir des satisfactions proportionnelles à notre travail. Si nous en avons plus, infiniment plus, à qui devons-nous cet excédant? Précisément à cette organisation naturelle contre laquelle nous déclamons sans cesse, quand nous ne cherchons pas à la détruire. » Frédéric Bastiat, Harmonies économiques, la concurrence.

C’est bien grâce à sa coopération spontanée que l’Homme est sortit de la précarité. Cette organisation naturelle s’oppose aux organisations artificielles. Les organisations artificielles entraînent la contrainte, le délire réglementaire et la spoliation légale. Cela définit le socialisme. La conséquence est la ruine et la pénurie. Il n’y a pas d’exception.

Le travail est une peine pourtant il doit être accompli. Pour y parvenir il existe une motivation naturelle : l’intérêt personnel. Il est redoutablement puissant et efficace. Bien que chacun travaille par intérêt personnel, tout le monde en profite.

Ainsi, la liberté économique engendre croissance et prospérité parce que le travail y est libre. Le capitalisme a sorti l’Europe de la misère au XIXe siècle. (La liberté économique permet aujourd’hui aux pays émergents d’en faire autant). Il a nourri, vêtu, logé des centaines de millions de gens. Il a libéré l’Homme de la simple survie. Il a amélioré sa vie et ses conditions de travail. L’Homme accédé à l’abondance, à une meilleure qualité de vie, et au confort. C’est-à-dire au repos et aux loisirs, donc au superflu. Pour en arriver là, l’homme n’a pas eu une activité de prédation, mais une véritable activité de création. Il a multiplié les richesses.

Dans la nature, seuls les plus forts survivent : c’est la sélection naturelle. Pendant longtemps l’homme y fut soumis. Grâce à ses efforts, à son travail, les plus faibles survivent désormais et apportent leur pierre à l’édification de la civilisation. L’humanité est passée d’une société de rareté à une société d’abondance grâce à l’ingéniosité humaine.

Dans toute société, la somme des services rendus est incommensurablement supérieure à ce qu’un individu seul n’aurait jamais pu obtenir. Ce qui est important c’est que, proportionnellement, dans une société libre, le gain est plus fort pour les plus faibles.

Dans toute autre société, celui qui est plus fort, plus agressif, plus profiteur, qui a des réseaux obtiendra toujours plus que les plus humbles. Ces sociétés sont des sociétés de division, de lutte des classes, de groupes de pressions et de privilèges. Ce sont des sociétés où règne la « spoliation légale » qui n’offrent aucune chance aux faibles. Ces derniers doivent se contenter des miettes que leur octroie chichement la solidarité forcée. Dans une société libre pas besoin de réseau, il n’y a pas de passe droit. Profondément moral, le libéralisme s’adresse à tous, il ignore le clientélisme. La société qui n’est pas libre ne crée rien, ou peu, ou mal. Elle distribue jusqu’à épuisement des stocks ! Une faible partie seulement parvient aux plus démunis. Seule la société libre permet à la création de s’épanouir, à l’offre de biens et de services de se multiplier. Les plus humbles en bénéficient pleinement.

Le libéralisme ne connaît pas de crises et donne du travail à tous. La création de richesse est infinie, parce que les besoins des hommes et leur imagination innovante sont infinis. Les hommes échangent des services et cet échange crée la valeur. Les services obsolètes sont remplacés par d’autres plus performants. Des activités nouvelles apparaissent, les innovations engendrent des richesses supplémentaires. Les besoins sont anticipés par les entrepreneurs. La souplesse du marché permet des adaptations rapides aux événements inattendus. En cas d’erreurs, elles n’ont, grâce à la responsabilité personnelle, que des conséquences limitées envers la communauté. Les hommes sont inégaux, physiquement et intellectuellement. Les inégalités économiques n’ont rien à voir avec l’injustice. La justice impersonnelle du marché n’est pas remplacée par l’arbitraire du décideur politique. L’inégalité est un puissant moteur d’amélioration sociale. Toute personne qui veut entreprendre en a l’opportunité. Les progrès de nos sociétés sont dus à l’échange libre, donc équitable, entre les hommes.

Le travail engendre le travail, il est innovation et création. Il multiplie l’offre de services. Avec l’échange, la spécialisation du travail apparaît et chacun se spécialise dans ce qu’il fait de mieux. Les métiers et fonctions se multiplient. Grâce à ces mécanismes (création, innovation, multiplication de l’offre, spécialisation, échange) le travail des uns crée le travail des autres. Il y a de plus en plus de travail pour de plus en plus de gens. Il n’y a pas de chômage. Cela permet aux plus humbles de trouver une place selon leurs capacités. . La prospérité des uns entraîne celle des autres.

L’accroissement des richesses diffuse ses bienfaits à l’ensemble de la société parce que la concurrence intervient en complément, en appui, du libre échange. La concurrence est l’alliée du consommateur. Elle est la liberté de choix. Le plus faible en profite

Si le libéralisme traite différemment des individus différents, il n’y a pas discrimination de naissance, race, sexe, etc. Seuls les talents comptent. Par un miracle quotidien tous les talents sont utilisés, aussi petits soient-ils.

« Travailler plus pour travailler tous » est un message qui intéresse tout le monde dans notre société de chômage structurel. Les millions de chômeurs et de pauvres qui doivent leur situation à la collectivisation de l’économie, doivent être informés et comprendre que les socialistes les mènent en bateau.

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » Frédéric Bastiat, La Loi

« Nous étudions l’homme tel que Dieu l’a fait; nous constatons qu’il ne peut vivre sans pourvoir à ses besoins; qu’il ne peut pourvoir à ses besoins sans travail, et qu’il ne peut travailler s’il n’est pas sûr d’appliquer à ses besoins le fruit de son travail. » ;

« J’entends par propriété le droit qu’a le travailleur sur la valeur qu’il a créée par son travail. » Frédéric Bastiat, Propriété et loi.

Pour sortir de la situation catastrophique où nous sommes, pour vaincre le chômage et la misère, il faut respecter la Propriété :

Ne pas entraver le travail :

Liberté économique, réforme en profondeur du code du travail, liberté des contrats, réforme des lois syndicales.

Ne pas voler les fruits du travail :

Un seul et unique impôt sur les revenus, proportionnel, sur tous les individus et seulement les individus (Flat Tax). Pas d’impôts sur le patrimoine.

Chacun dispose librement de l’intégralité des fruits de son travail, pour un salarié c’est le salaire complet.

Laisser s’échanger les fruits du travail :

Libre échange

Garantir les fruits du travail :

État minimum : veille au respect des contrats, garantit les Droits naturels : Propriété, Liberté, Personne.

La loi s’oppose à la spoliation. Elle assure la Justice et la Sécurité, y compris la sécurité juridique et fiscale.

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La délirante paranoïa souverainiste

 

 

 Par Philippe David

Ainsi donc, le PQ souhaite étendre la loi 101 aux cégeps et interdire l’accès des francophones aux cégeps anglophones. « C’est urgent ! » dit Mathieu Bock-Côté dans sa chronique, où il accuse les détracteurs de cette mesure de « délirante paranoïa ». Pour appuyer leur thèse, les souverainistes pointent au déclin des Québécois de langue maternelle française dont la proportion à l’échelle du Québec à chuté de 1% de 1971 à 2006, mais plus dramatiquement de 10,4% sur l’île de Montréal, poussant nos bons souverainistes à hurler à l’anglicisation de la métropole.  Si on n’examine que ces statistiques, on pourrait croire que c’est justifié, mais voyez-vous, les souverainistes sont très adeptes du « cherry-picking », si vous voulez me pardonner cette expression.  C’est bien plate les chiffres, mais si on prend le temps de les examiner avec rigueur, on se rend compte qu’il n’y a pourtant rien d’alarmant.

Population du Québec selon la langue maternelle

Région

Langue maternelle

1971

2006

 

 

 

 

Ensemble du Québec

Français

80,7 %

79,6 %

Anglais

13,1 %

8,2 %

Autre

6,2 %

12,3 %

Total (000)

6 028

7 436

 

 

 

 

Région métropolitaine de Montréal

Français

66,3 %

65,7 %

Anglais

21,7 %

12,5 %

Autre

12,0 %

21,8 %

Total (000)

2 743

3 589

 

 

 

 

Île de Montréal

Français

61,2 %

49,8 %

Anglais

23,7 %

17,6 %

Autre

15,1 %

32,6 %

Total (000)

1 959

1 824

Sources : Comité interministériel sur la situation de la langue française, Le français langue commune, Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, 1996; Statistique Canada, Recensement 2006 : 97-555-XIF au catalogue. 

Premièrement, on constate que la population qui a l’anglais comme langue maternelle a également régressé et même dans une proportion beaucoup plus importante que le français, soit  de 4,9% à l’échelle de la province et  6,1% à Montréal.  Nous sommes donc  loin d’assister à une anglicisation de la métropole. Nous assistons surtout à une augmentation des allophones, due à notre faible taux de natalité et notre effort à compenser par l’immigration. Mais, diront les souverainistes, les allophones adoptent l’anglais. Faux!  Encore une fois, lorsqu’on se réfère aux statistiques sur la langue parlée le plus souvent à la maison, nous voyons une progression du français et une régression de l’anglais partout sauf sur l’île de Montréal où ce sont les autres langues qui gagnent du terrain sur le français ET l’anglais. Ceci dû encore une fois à l’influx plus important d’immigrants à Montréal que dans les autres régions.

Population du Québec selon la langue parlée le plus souvent à la maison

Région

Langue parlée le plus souvent à la maison

1971

2006

Ensemble du Québec

Français

80,8 %

81,8 %

Anglais

14,7 %

10,6 %

Autre

4,5 %

7,6 %

Total (000)

6 028

7 436

Région métropolitaine de Montréal

Français

66,3 %

69,1 %

Anglais

24,9 %

17,4 %

Autre

8,8 %

13,4 %

Total (000)

2 743

3 589

Île de Montréal

Français

61,2 %

54,2 %

Anglais

27,4 %

25,2 %

Autre

11,4 %

20,6 %

Total (000)

1 959

1 824

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources : Comité interministériel sur la situation de la langue française, Le français langue commune, Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, 1996; Statistique Canada, Recensement 2006 : 97-555-XIF au catalogue.

Mais, de dire Mathieu Bock-Côté, « Près de 50% des allophones fréquentent le cégep anglais. Le résultat est prévisible et les études le confirment: ce n’est pas en français qu’ils feront leur vie. Ils poursuivront à l’université en anglais. Et vivront en anglais. Et travailleront en anglais. ». 

C’est vrai, mais depuis 1981, la proportion d’allophones allant aux cégeps francophones est passée de 15,6% à 46,2%, soit une nette progression. De plus, puisque le français est en progression comme langue le plus fréquemment parlée à la maison et que l’anglais, lui, est en régression, on peut se demander de quelles études Mathieu Bock-Côté puise l’affirmation que ces allophones vivent en anglais après avoir étudié en anglais au cégep. La proportion d’allophones qui poursuivent à l’université en français est également en progression.

 

Pourcentage de la population allophone étudiant en français au Québec

Niveau d’enseignement

1971

1981

1991

2001

2006

Primaire et secondaire

14,6 %

43,4 %

76,4 %

78,7 %

81,5 %

Collégial

N.D.

15,6 %

41,3 %

41,2 %

46,2 %

Universitaire *

N.D.

N.D.

42,2 %

45,4 %

52,6 %

*  Il s’agit des étudiants allophones de citoyenneté canadienne qui résident au Québec.

Sources : Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Direction de la recherche, des statistiques et de l’information.

 

Quand on examine les chiffres avec rigueur, on ne constate ni régression du français, ni urgence à utiliser le pouvoir étatique à forcer qui que ce soit à aller au cégep français plutôt qu’anglais. Du moins, ce ne sont certainement pas ceux qui s’opposent à cette mesure qui sont coupables de paranoïa délirante. La seule menace, si c’en est une, serait que le français et l’anglais disparaissent à Montréal, au profit d’autres langues comme l’arabique.  Si vous vouliez vraiment contrer ce problème, il faudrait soit trouver un moyen d’augmenter les naissances au dessus du taux de remplacement de 2.1 enfant par femme et diminuer l’immigration, ou diminuer la taille de notre état nounou de façon à ce qu’il puisse vivre avec une population vieillissante et en déclin.

L’importance de la liberté économique

Mes contradicteurs se moquent souvent de mon enthousiasme pour Bastiat. Bien sûr, Frédéric Bastiat n’a pas tout dit, tout fait, tout prévu. Bien sûr il n’est pas le seul à avoir défendu les Droits individuels. Mais force est de reconnaître que sa pensée, très riche et pertinente, élaborée au début du XIXème siècle, est sans cesse corroborée par l’actualité.

Prenons un exemple. Nous constatons que Frédéric Bastiat s’est toujours battu pour mettre fin à toutes les spoliations, afin que les gens gardent le libre usage de leur propriété. Cette idée est, aujourd’hui comme hier, très contestée par les collectivistes. Cependant les faits prouvent sa justesse. Depuis 1995, l’Index de la liberté économique, établi par Heritage Foundation, étudie la liberté économique de part le monde. Il en ressort constamment, que la liberté économique engendre croissance et prospérité. Ces données sont avérées, et particulièrement fiables. Elles résultent de l’observation des faits, si chère à Bastiat. Il écrit dans « Harmonies économiques » « l’économie politique est une science toute d’observation et d’exposition. (…) elle constate que le feu brûle, elle le proclame, elle le prouve, et fait ainsi pour tous les autres phénomènes analogues de l’ordre économique ou moral ».

L’Index 2012 met en évidence que, malheureusement, la liberté économique globale a décliné l’année passée. Seuls cinq pays sur 184 méritent le qualificatif d’« économiquement libres ». En Europe on ne trouve que la Suisse, et elle est au cinquième rang mondial. Les autres sont Hong-Kong, Singapour, l’Australie, la Nouvelle Zélande.  « La force économique relative de ces cinq pays n’est pas un accident. Leur engagement continue en faveur de l’État de droit, un État limité, des réglementations performantes, un marché libre ont été la source d’une résistance impressionnante durant ces temps d’incertitude économique ». Sans surprise, le niveau de liberté économique au Québec est très bas. Sans surprise la situation économique s’y est détériorée. Selon l’Institut Fraser, le Québec se classe  58e sur 60 en Amérique du Nord. L’élément le plus péjoratif au Québec est le poids de l’État et la réglementation, qui ce sont  considérablement accrus. Nous sommes bien loin de l’État limité aux fonctions régaliennes que préconise Frédéric Bastiat. La collectivisation accrue de l’économie que nous promettent les politiciens continuera à détériorer la situation.

Le Québec, aujourd’hui, se débat dans des difficultés qui semblent inextricables. Nos politiciens n’apportent pas de solutions efficaces parce qu’ils restent prisonniers de leur dirigisme. Le résultat est que la pauvreté et la précarité s’accroissent sans cesse, malgré un interventionnisme accru de la puissance publique. Les différents Index montrent, clairement, que c’est cet interventionnisme même qui en est la cause. L’Index 2012 confirme, une fois de plus, la relation positive entre la liberté économique et la prospérité. Le PIB est bien plus élevé dans les pays ou règne la plus grande liberté économique. Plus celle-ci est élevée, plus la lutte pour l’élimination de la pauvreté est un succès. On constate que la misère est en moyenne, beaucoup plus faible dans les pays qui ont la plus grande liberté économique, seule la prospérité économique engendre le progrès social. Malheureusement les Québécois refusent d’admettre ces évidences contraires à leurs convictions.

L’index 2011 montrait que les pays qui avaient le moins relancé étaient ceux qui s’en sortaient le mieux. L’Index 2012 enfonce le clou. « Une rapide expansion de l’État, plus que n’importe quel facteur lié au marché, apparaît comme responsable de l’affaiblissement du dynamisme économique. Il est prouvé que les dépenses massives de l’État ont, non seulement failli pour arrêter la crise économique, mais aussi l’ont prolongée dans beaucoup de pays ». L’approche de la crise caractérisée par des dépenses publiques massives, financées par l’emprunt et la planche à billet, a conduit à creuser les déficits, gonfler la dette publique, et ce malgré des prélèvements obligatoires très élevés. Cela a aggravé la crise avec stagnation, voire récession, marquée par une augmentation du chômage de longue durée.

L’Index 2012 nous apprend également que, si une dette nationale, équivalant à moins de 35% du PIB, a peu de conséquences sur la croissance économique, une dette supérieure à 70% est intrinsèquement néfaste pour le dynamisme économique, et a des conséquences délétères sur la prospérité de la province. Pour mémoire la dette Québécoise est attendue à un pourcentage supérieure à 90% du PIB en 2012. On ne peut que déplorer que les politiciens québécois proposent toujours cette politique, qui a partout échoué. Ils persistent dans leur « modèle », à contre sens des lois économiques validées par l’expérience. Il est dramatique pour notre province qu’ils n’ouvrent pas les yeux sur la réalité et qu’ils restent prisonniers de leurs constructions artificielles. Or les faits démontrent que les organisations naturelles, sont supérieures aux organisations artificielles.

« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. Tous ceux qui adopteront ce point de départ : les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social : s’abstenir de les contrarier et de déplacer les intérêts. Il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité ; en d’autres termes, il faut respecter la liberté. »  écrit Frédéric Bastiat dans « Harmonies économiques.

À la jeunesse québécoise. » Les faits lui donnent raison. Il faut savoir que dix sept ans d’analyses effectuées par Heritage foundation, démontrent que la solution éprouvée existe. C’est la liberté économique. Ce qu’il faut faire c’est l’améliorer pour élever le niveau de vie de l’ensemble de la population. « Il est avéré que, non seulement un haut niveau de liberté économique est clairement associé à un haut niveau de revenus par tête, mais les améliorations dans les pays où règne la liberté économique, accroissent aussi la moyenne de la croissance des revenus, » preuve que le progrès économique et social diffuse dans toutes les couches de la société. La liberté économique est hautement corrélée avec l’activité innovante des entrepreneurs, qui crée de nouveaux emplois, et multiplient les opportunités et les possibilités de choix pour les individus.

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté » Frédéric Bastiat « Propriété et loi.» Ce libre choix et le libre usage de la propriété font que les personnes jouissent de davantage de bien être. La nécessité de renforcer, ou de restaurer, la liberté économique est plus forte que jamais. Le défi aujourd’hui au Québec est de s’assurer que l’agenda des réformes se concentre sur l’impératif de générer plus de liberté économique.

Cerise sur le gâteau, les politiciens prônent tous un « protectionnisme modéré ». Il est certain que cette option aggravera la situation économique de notre province. C’est en effet le libre échange qui a permis des progrès spectaculaires ces dernières années et qui a sorti des centaines de millions de gens de la misère.

Il a également limité l’impact de la crise, les pays émergents bénéficiant d’une croissance soutenue, à l’inverse de la plupart des pays occidentaux, étouffés par leurs politiques étatistes. « L’échange est un droit naturel comme la propriété. Tout citoyen, qui a créé ou acquis un produit, doit avoir l’option ou de l’appliquer immédiatement à son usage, ou de le céder à quiconque, sur la surface du globe, consent à lui donner en échange l’objet de ses désirs. Le priver de cette faculté, quand il n’en fait aucun usage contraire à l’ordre public et aux bonnes moeurs, et uniquement pour satisfaire la convenance d’un autre citoyen, c’est légitimer une spoliation, c’est blesser la loi de la justice. » F. Bastiat « Association pour la liberté des échanges. Déclaration. »

L’injustice et la spoliation n’ont jamais engendré de société prospère.

Frédéric Bastiat écrit dans « La Loi » « L’Absence de Spoliation, — c’est le principe de justice, de paix, d’ordre, de stabilité, de conciliation, de bon sens que je proclamerai de toute la force, hélas! bien insuffisante, de mes poumons, jusqu’à mon dernier souffle. » Bastiat n’est plus mais ses idées perdurent. A nous de reprendre le flambeau, et de défendre la liberté économique.

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Parti conservateur : le moins interventionniste de tous

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti conservateur du Québec, qui effectue un retour après 77 ans d’absence (l’original s’était fusionné avec l’Action libérale-nationale pour former l’Union nationale). Ce n’est définitivement pas un parti libertarien; il prône encore trop d’interventionnisme. Néanmoins, c’est le parti le moins interventionniste de tous[1].

 

Interventionnisme pour les familles

 

Pour aider les familles, on met de l’avant plusieurs promesses qui sont, au mieux, inutiles. Afin d’éliminer, dit-on, les abus de l’union civile, le PCQ propose de mettre au Code civil des paramètres clairs séparant le mariage et l’union civile. Comme le système judiciaire québécois est basé sur le code civil et non le droit commun (comme le reste du Canada; la justice se base sur les précédents), cette solution semble intéressante. Mais dans un monde libertarien, c’est encore plus simple : l’État ne fait absolument rien. Les adultes consentants entrent dans le type d’union qu’ils veulent sans avoir besoin de la bénédiction de l’État; ce dernier peut donc se concentrer à ses missions essentielles et ne pas se questionner à savoir si ses bureaucrates ont le droit de refuser de célébrer des unions en désaccord avec leurs croyances[2].

 

Une autre mesure familiale vise à remettre directement aux parents une allocation plutôt que de subventionner les garderies. C’est un excellent point de départ, puisqu’on fait enfin confiance aux parents pour choisir comment ils vont élever leurs enfants. Par contre, tout comme la proposition de fractionner le revenu des couples avec au moins un enfant, cette mesure serait inutile si les impôts étaient plus bas à la base. Ainsi, les gens auraient déjà plus d’argent dans leurs poches.

 

Les deux dernières mesures familiales touchent plus l’éducation. On propose de donner directement aux parents ou aux étudiants un bon d’éducation, pour étudier où ils jugent que c’est le meilleur, de même que l’abolition de l’impopulaire cours (selon le programme du PCQ) Éthique et culture religieuse (ÉCR). Plusieurs feront vite un rapprochement avec Milton Friedman, grand défenseur des bons d’éducation[3], car on y encouragera la compétition, et donc améliorera les chances des plus démunis. Certains chercheurs diront même que les bons ont pu donner le « coup de pied » nécessaire aux écoles publiques pour qu’elles s’améliorent. Par contre, les bons d’éducation, comme l’allocation familiale, demeurent une intervention indue du gouvernement. Les écoles qui participent au programme – on ne mentionne nul part si c’est volontaire – perdent beaucoup de liberté. Dans plusieurs États aux États-Unis, les écoles participantes doivent remplir une montagne de paperasse, accepter absolument tout le monde qui en fait la demande et ne forcer personne à participer à des pratiques religieuses (si c’est une école confessionnelle); la facture totale pour l’éducation a même augmenté[4]. Aussi, si les politiciens ne réfléchissent pas assez, ils pourraient avoir de mauvaises surprises[5]. Sans compter qu’avec la trop forte culture syndicale qui règne au Québec, un tel programme pourrait donner lieu à de l’intimidation comme en Louisiane[6]. Bref, la solution serait, encore une fois, que l’État ne s’ingère absolument pas dans l’éducation. Ainsi, les parents pourront envoyer leur enfant où bon leur semble, ce qui inclut les écoles qui offriront ou non le cours ÉCR.

 

Une gouvernance sur la bonne voie

 

Du côté de la gouvernance, le PCQ met de l’avant, d’un point de vue québécois, des propositions révolutionnaires. Il est notamment proposé de privatiser la SAQ, cette relique de l’époque de la prohibition, car « Il n’est pas du rôle de l’État de gérer des activités de nature purement commerciales. » Si le processus se déroule comme en Alberta, alors on peut s’attendre à non seulement une chute dramatique des prix et une augmentation des revenus des ventes, mais aussi à une explosion de choix[7]. Toutefois, je suis curieux : considère-t-on l’électricité et les loteries comme « purement commercial »? Dans le premier cas, Hydro-Québec, une compagnie à la gestion plus que douteuse[8], gagnerait sans doute à être privatisée afin que les gens paient le vrai prix de leur électricité. Dans le second cas, Loto-Québec gère un secteur qui n’est pas du tout du ressort de l’État. Sans compter que les revenus de loterie servent avant tout à augmenter la grosseur de l’État et à étouffer la concurrence[9].

 

Toujours dans la gouvernance, on propose l’abolition de la contribution en santé, vue comme un impôt déguisé et propose à la place de réduire les structures administratives et d’augmenter la contribution du privé. On peut placer de grands doutes sur la seconde idée, considérant ses échecs lamentables dans le passé. Aussi, même en les réduisant – et en augmentant la contribution du privé –, on ne règlerait pas le problème fondamentale dans le domaine de la santé : l’intervention de l’État. Partout, même aux ÉU, la totalité ou presque des professions médicales sont protégées par des ordres professionnels, ce qui limite fortement l’entrée de nouveaux docteurs et donc augmente leurs salaires. Au Québec particulièrement, la Fédération des médecins est tellement forte qu’elle empêche la venue d’infirmière praticienne. À défaut d’abolir les ordres, une plus grande intervention du privée pourrait certainement soulager certains patients, comme c’est le cas en Allemagne[10] et même en Suède[11].

 

Un dernier point d’intérêt pour la gouvernance touche les cégeps. On propose leur abolition afin d’adopter le système canadien, soit implanter un secondaire 6 et quatre années de baccalauréat plutôt que trois; on conserverait les cours techniques. Comme c’est le cas avec les bons d’éducation, cette mesure ne s’attaque pas aux problèmes fondamentaux du système, soit un programme étatisé laissant très peu de liberté aux enseignants. Qu’on abolisse le ministère de l’Éducation, et qu’on laisse les écoles se gérer elles-mêmes. Si des gens se regroupent afin de former des commissions scolaires eux-mêmes, grand bien leur en fasse.

 

Un redressement des finances prometteur

 

Le côté financier du PCQ est sans doute ce qui le distingue le plus des partis présentement au parlement. Le parti de Luc Harvey s’engage à réviser la loi sur le déficit zéro et à la respecter. Espérons; le PQ, malgré une loi sur le déficit zéro, avait augmenté la dette de près de 12 G$[12].

 

Une mesure qui aidera à diminuer le déficit est de faire contribuer les fonctionnaires à leur régime de retraite, plutôt que de faire payer le grand public, la plupart duquel n’a aucun régime de retraite. Cette proposition est intéressante, mais le gouvernement (i.e. tous les contribuables) paiera encore une pension à ses employés. À moins qu’il soit absolument impossible de pourvoir à des postes strictement essentiels (justice, sécurité publique), alors les régimes de retraites publics devraient complètement être abolis. Les employés doivent être capables de se prendre en main eux-mêmes.

 

Dans un même ordre d’idée, on propose d’élargir la liste des placements en RÉER accepté, en ajoutant notamment des biens immobiliers et l’investissement dans son entreprise. L’idée est bonne, mais accorde une fois de plus des privilèges inutiles. Si le gouvernement veut vraiment encourager l’épargne, qu’il diminue simplement l’impôt (et abolisse la RRQ) afin que les gens puisse avoir assez pour épargner. Ce qu’ils font de cette épargne ne les concerne qu’eux.

 

Parallèlement, on propose l’abolition du Fonds des générations – on dit qu’il rapporte moins que le cout du financement de la dette – et d’utiliser l’argent pour payer la dette. Dans un contexte de déficits chronique, cette mesure a plein de bon sens. Mais si les surplus venaient qu’à revenir… les autres gouvernements provinciaux ont une réserve (rainy day fund), accumulée en temps de surplus (l’Alberta l’utilise encore, elle qui est en déficit depuis environ 3 ans). Ne serait-ce pas plus sage de suggérer d’avoir une réserve quand les surplus reviendront?

 

Un coup de barre encourageant

 

En plus d’assainir les finances publiques, le PCQ semble le seul à vouloir réviser nos lois du travail caduques et les monstres bureaucratiques qu’elles entretiennent. Le seul engagement concret vise à adresser la transparence et la démocratie au sein des syndicats. Est-ce donc dire qu’on abolira la formule Rand, qui oblige tout le monde à joindre un syndicat? Ou, à tout le moins, est-ce que le Québec deviendra finalement une juridiction de « right-to-work », où les gens peuvent ne payer que la partie de la cotisation qui s’adresse directement à la négociation des conditions de travail[13], ce qui encourage l’emploi[14]? Permettra-t-on de nouveau les briseurs de grève, afin de respecter la propriété privé de l’entrepreneur qui juge qu’il ne peut offrir mieux? Fera-t-on enfin confiance aux employeurs quant à la sécurité qu’ils offrent sur leurs lieux de travail, afin que les normes minimales de la CSST ne deviennent pas, par le fait même, des normes maximales[15]? Abolira-t-on cette infâme loi sur l’équité salariale, qui infantilise les femmes en supposant qu’elles sont incapables de négocier elles-mêmes leurs conditions de travail?

 

L’autre proposition pour aider l’économie vise à « favoriser le développement économique, en s’appuyant uniquement sur des bases scientifiques solides pour évaluer les impacts écologiques potentiels d’un projet et les moyens pour les contrôler. » On parle sans doute du développement des gaz de schiste ici. Ce serait encourageant d’utiliser des faits et non de la peur[16]. Toutefois, ce n’est pas au gouvernement de permettre ou d’interdire quel que développement que ce soit. Si le PCQ veut vraiment encourager le développement économique, qu’il renforce les droits de propriété. C’est la façon optimale d’assurer un développement « durable »[17].

 

De drôles de mesures pour la société

 

Les dernières promesses conservatrices touchent l’intégration des gens. On propose notamment de mettre fin aux pratiques d’accommodements « raisonnables » pour éviter « une inversion du devoir d’intégration des nouveaux arrivants envers la société d’accueil ». Pour se faire, on « adoptera une Charte des valeurs démocratiques propres au patrimoine historique et culturel du Québec. » Il est certes encourageant qu’un parti politique veuille cesser l’accommodation à tout prix des immigrants, mais, encore une fois, ce n’est pas du devoir du gouvernement de s’en charger. Si accommodement il doit y avoir, c’est entre les personnes concernées uniquement. Le seul rôle du gouvernement dans tout ça est d’assurer que les immigrants respectent nos lois et nos chartes. Pas besoin de créer une nouvelle charte, et surtout pas une sur le patrimoine. L’histoire a été créée par les individus, pas par un ensemble homogène.

 

L’autre mesure vise à pousser les personnes aptes au travail à réintégrer le marché du travail et à limiter la durée des prestations qu’elles touchent. Je suis d’accord avec la seconde partie; en coupant les vivres, les personnes auraient plus d’incitatifs à se chercher un emploi, rendant inutile la première mesure. D’ailleurs, si on veut vraiment pousser les gens à travailler, pourquoi n’abolit-on pas tout simplement l’aide sociale? Si les gens veulent palier une perte d’emploi temporaire, ils n’auraient qu’à mettre de l’argent de côté, comme pour la retraite. Ainsi, on n’a pas à se soucier de possibles fraudeurs, et craindre le retour des boubou-macoutes.

 

En conclusion, le PCQ est sans doute le meilleur choix des électeurs qui veulent une intervention réduite du gouvernement. C’est le seul parti qui propose une réduction authentique du rôle du gouvernement dans la société et l’économie. Par contre, les libertariens comme moi risquent de trouver que l’intervention du PCQ est encore trop grande. Il semble encore demeurer omniprésent dans la santé et l’éducation, il semble encore vouloir dominer l’acceptation ou non de projets de développement économique (quoique à moindre échelle) et accorder des privilèges arbitraires à certaines formes de placement. En d’autres mots, il n’y a pas de changements profonds à la structure gouvernementale.




Première semaine de campagne : avantage Legault

Par Simon Leduc

La première semaine de la campagne électorale a été très intéressante. Jean Charest voulait que le conflit étudiant et la loi et l’ordre soient les thèmes centraux de ces élections. Mais c’est finalement l’intégrité qui a pris toute la place grâce à la candidature vedette de Jacques Duchesneau à la CAQ. On ne peut pas prédire l’issue de ce scrutin. Quel parti politique a gagné la première manche électorale?

Avantage Legault :

En décembre 2011, la CAQ était en tête dans les intentions de vote avec près de 40% des voix. Les Québécois veulent du changement et ils sont tombés dans les bras de François Legault sans savoir ses réelles intentions. La lune de miel entre les deux a été de courte durée. Le chef de la CAQ a chuté dans les sondages parce qu’il ne réussissait pas à représenter le changement que le Québécois moyen désire depuis 2002. La descente de la Coalition peut s’expliquer par les éléments suivants : l’absence d’idées novatrices, l’impression que le parti était seulement composés de transfuges et le manque de figures de proues au sein de l’équipe caquiste.

Depuis le début de la campagne électorale, l’ancien ministre péquiste domine l’espace médiatique et ce pour trois raisons. Tout d’abord, malgré sa 3e place dans les sondages, le chef de la CAQ a réussi à s’entourer d’une équipe compétente et de prestige : Gaétan Barrette, Maud Cohen, Christian Dubé , Gérard Deltell , Sylvie Roy, François Bonnardel , Éric Caire etc. S’il est porté au pouvoir, le futur conseil des ministres caquiste serait solide et prêt à diriger la province.

Ensuite, la CAQ semble vouloir reprendre deux chevaux de bataille de la défunte ADQ : le remboursement de la dette et des baisses d’impôts. La CAQ est la seule formation politique qui parle du problème de la dette publique qui s’élève à 250 milliards de dollars. Le leader caquiste désire réduire la dette par l’entremise de redevances sur l’exploitation minière et pétrolière. Également, la CAQ promet de baisser légèrement les impôts de la classe moyenne. Cela donnerait un peu de répit aux contribuables les plus taxés en Amérique du Nord. Ce sont des mesures qui vont plaire à la classe moyenne qui en a marre de payer et rien recevoir en retour.

Subséquemment, M. Legault a su imposer la question de l’intégrité comme l’enjeu principal de la campagne en allant chercher une méga pointure en la personne de Jacques Duchesneau. C’est une grosse prise pour la CAQ.

Cette candidature a complètement fait dérailler la campagne libérale. Jean Charest voulait que la loi et l’ordre et le conflit étudiant soient les deux enjeux de cette élection. Le premier ministre sortant aura de la difficulté à se démarquer si l’intégrité domine l’espace médiatique car c’est le talon d’achille de son gouvernement.

Le Parti québécois voulait se présenter comme le champion de l’intégrité dans la lutte contre la corruption et la seule alternative aux libéraux dans ce domaine. L’arrivée de Duchesneau à la CAQ va faire très mal à Pauline Marois. Les électeurs qui veulent se débarrasser de la corruption libérale vont pouvoir se tourner vers la CAQ et ses trois combattants anticorruption : Jacques Duchesneau, Sylvie Roy et Maud Cohen. Le parti souverainiste a maintenant un adversaire de taille auprès du vote francophone. Pauline Marois est menacée et elle va devoir se battre pour ne pas se faire doubler par son ancien partenaire.

Cela va changer le cours des choses de la campagne. Avec une telle figure de proue à ses côtés, François Legault va pouvoir dire aux Québécois que son équipe est la seule qui va pouvoir combattre et vaincre le cancer de la corruption qui ronge la société québécoise.

Le peuple québécois veut désespérément du changement. En 2002 et en 2007, il a flirté avec l’ADQ de Mario Dumont. En mars 2007, celle-ci était aux portes du pouvoir mais l’inexpérience et l’acharnement de la presse médiatique gauchiste auront eu raison de ses aspirations. Est-ce que la CAQ de François Legault pourra réussir là où l’ADQ a échoué? On aura un début de réponse le soir du 4 septembre.

PQ=Nazi???

 

Par Joey Laflamme

Oh! Que vois-je? C’est la campagne électorale. La première semaine de la campagne électorale n’est pas encore terminée et Hitler sort de son placard prêt à y participer activement. La guerre pour le Québec façon 2012 peut enfin commencer. C’est devenu commun de comparer un quelqu’un avec qui on n’est pas nécessairement d’accord à Hitler dans le but de le démonisé. En fait ce matin c’est le PQ qui est comparé au parti NS (national socialiste), comparaison un peu loufoque surtout quand on sait par quel genre de raisonnement on s’y est retrouvé avec pareil conclusion.

D’abord parlons de l’ami Adolf. Il s’agit d’un ancien futur ex futur étudiant en beaux art. Après ce « succès » il fait la première guerre mondiale. Ensuite, il devient membre et ensuite chef du parti NS. Malgré son putsch manqué et son séjour dans une prison de Munich, il devient chancelier et ensuite führer de l’Allemagne. Il est le responsable d’une des pires barbaries de l’histoire de l’humanité. Donc, quand on se fait comparer à Hitler c’est rarement un compliment. À moins de s’appeler Pierre Mailloux… En fait ce que disait Julie Boulet faisait un parallèle entre le PQ et les nazis à cause de leur nationalisme. Voyons le PQ n’est pas Nazi! Ah….. ok….. Parce que le PQ est social démocrate et nationaliste…. Ouais là j’ai compris! Donc ce sont des nationalistes socialistes démocrates. Ouais, là on s’en va quelque part.

Il y a plusieurs choses à mettre au claire ici. Il n’y a qu’une personne au monde qui puisse être Hitler et c’est Hitler. Ensuite, vous ne trouvez pas que le cynisme ambiant est trop élevé? Vous vous êtes dit : « pourquoi pas en rajouter en descendant le débat un peu plus! » S’il y a une chose au Québec dont on n’avait pas besoin c’est une course à la Hitlererie. Autre point là-dessus, la récupération du PQ qui demande des excuses à Jean Charest. Venant du parti qui ouvre la porte à Gille Duceppe qui pas plus tard qu’hier disant d’Amir Khadir qu’il était indigne de respect ainsi que de populiste dont les convictions souverainistes sont douteuses qui apporte de solutions simple à des problèmes complexe, le même parti qui ne condamne pas les propos tenu par Gille, ainsi que le même parti qui a passer la fort parti de son temps à passer au dessus du grand principe « d’innocent jusqu’à preuve du contraire » en traitant les libéraux comme des coupable à chaque occasion qu’ils avaient, le même partis qui n’ont pas sursauté quand Bernard Drainville disait que les vrais Québécois voteront pour le BQ… dans cette circonstance j’en vois pas l’urgence. Entre nous, cette pseudo insulte n’en est plus une. Elle a tellement été utilisée pour n’importe quoi dans n’importe quel contexte, que ça a perdu son impacte, c’est presque rendu commun de se faire traiter de nazi. Il y a quelque mois il suffisait d’être pour la hausse et il y a un an il suffisait de dire qu’on voterait conservateur. Maintenant, il suffit d’être nationaliste et social démocrate en même temps. Bref tout le monde peut se faire traiter de nazi de nos jours.

On en est à la première semaine de campagne! Que quelqu’un nous vienne en aide! C’est une campagne si insipide, si insignifiante que tout ce qui peut en sortir, j’en ai peur, c’est ce genre d’idiotie. Personne ne remettra en doute notre façon de faire depuis 60 ans. Donc, on ne peut s’attendre à un vrai débat avec de vrais arguments malheureusement. En publicité pour la joyeuse bande de « Quitter le Québec », le débat des chef n’aura pas son pareil, gracieuseté le DGE.

Ça y est!

Par Philippe David

Enfin! Jean Charest a décidé de faire le plongeon et nous sommes maintenant en pleine campagne électorale. Bien entendu, le choix de la date était très stratégique. Dans un peu plus d’une semaine, les CEGEP vont tenter de reprendre les cours, les associations étudiantes tenteront de bloquer la rentrée. La loi 78 commencera à vraiment s’appliquer et tout ce bordel favorisera les libéraux, bien sûr. On l’avait pas vu venir celle-là, n’est-ce pas?

Vive la démocratie étudiante!

Parlant des associations étudiantes, L’AÉSSUM (Association des Étudiants en Service Social de l’Université de Montréal), a tenu une assemblée générale hier dans laquelle a eu lieu un vote pour reconduire le boycott des cours. Sur 638 membres, seulement  59 étaient présents (un gros 9%), 33 ont voté pour et 26 contre. Bel exemple de démocratie. Dire qu’il y en a pour questionner la légitimité du gouvernement des conservateurs à Ottawa et des libéraux à Québec, basé sur le faible taux de participation. Après on veut nous faire croire qu’un vote basé sur un taux de participation de 9%, où les votes de seulement 5% l’ont emporté, est légitime? Et la CLASSE de dire qu’ils ne respecteront pas l’issue des élections? Qu’on ne vienne plus jamais parler que ce boycott a une quelconque légitimité démocratique, même parmi les étudiants. Cette légitimité n’existe pas et n’a jamais existé.

Un poulet dans chaque casserole et une auto dans chaque garage

C’était le slogan électoral de Herbert Hoover pendant la campagne présidentielle de 1928. Force est de reconnaitre que peu de chose ont changé dans les mœurs politiques  depuis ce temps quand on voit Jean Charest nous promettre un chèque de  $100 pour l’achat d’effets scolaires et sa petite promesse de créer pas moins de 250 000 emplois! Quelle foutaise! Rappelons-nous d’abord que ce que le gouvernement vous donne, il doit le prendre, par la force, dans les poches de quelqu’un d’autre. Règle générale, quand le gouvernement vos prend 4$,  un seul dollar est redistribué et les trois autres nourrissent la bureaucratie. Donc, pour chaque $100 donné à une famille, $400 seront prélevés par le fisc. De la même façon, le gouvernement ne peut créer d’emplois que dans le secteur public, tous les autres emplois sont créés par des compagnies privées et les salaires des employés publics proviennent des impôts, prélevés de force dans nos poches. Puisque les emplois publics sont financés par le secteur privé, chaque emploi dans le secteur public réduit d’autant, sinon plus, le nombre d’emplois au secteur privé.  Donc, le gouvernement ne peut en réalité créer aucun emploi qui n’existe pas déjà dans l’économie. Gardez ceci à l’esprit quand vous entendrez un politicien vous offrir des bonbons.

M. Net peut-être pas si net…

Le moins qu’on puisse dire est que l’annonce de la candidature de Jacques Duchesneau à la CAQ a fait des remous. Cependant, quand on s’amène avec des gros sabots, il faut pas se surprendre si des gens vont ensuite fouiner pour trouver les squelettes dans vos placards,  ce que Andrew  McIntosh de TVA a fait. Il appert que M. Duchesneau aurait quitté son emploi comme patron de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) dans des circonstances plutôt nébuleuse et que son passage à la barre de cette agence n’était pas sans un bon nombre de cahots. Sous la gouverne de Duchesneau, l’ACSTA a été mise sous surveillance dû notamment à un manque de contrôle de gestion budgétaire et de non-respect des règles de gestion. La gestion déficiente de certains contrats aurait également donné lieu à d’importants dépassements de coûts. M. Duchesneau aurait également dépensé plus de $100 000 en voyages d’affaires et colloques à travers le monde, mais le plus juteux est ceci :

«Apparences de possibles conflits d’intérêts. M. Duchesneau a fait l’objet de nombreuses questions de députés de l’opposition et des médias relativement à des contrats de plusieurs millions accordés par l’ACSTA à une agence de sécurité et à la compagnie de biométrie, parce qu’il avait siégé sur le conseil d’administration de ces entreprises. M. Duchesneau détenait 100 000 options d’achat d’actions pour l’agence de sécurité Garda World. Toutefois, il a affirmé qu’il s’était prévalu de ces options aussitôt qu’il s’est joint à l’ACSTA, en 2002. M. Duchesneau a nié avoir été impliqué dans le choix de ces firmes, et a précisé qu’au moment de son embauche, son curriculum vitae mentionnait tous ses liens passés avec elles.»

C’est ça le type qui s’en vient faire le ménage?

L’ordre établi

Le fait que les médias traditionnels aient un sérieux biais à gauche n’a rien de très nouveau, mais le professeur de sciences politiques  Jean-Herman Guay a fait une réflexion intéressante à ce sujet, question d’ajouter de l’eau à notre moulin. Loin de moi de vouloir faire la leçon à un prof de sciences-po, mais j’ai une critique à son exposé. Il parle de l’ordre établi comme si celui-ci était à droite de l’échiquier politique alors que pas un gouvernement du Québec, tous partis confondus, n’a gouverné à droite du centre depuis Maurice Duplessis. Le consensus a toujours été pour une société sociale-démocrate avec toujours plus d’état et ce depuis la révolution tranquille.  Au Québec, même les profs de sciences-po ne savent pas distinguer la gauche de la droite.

Voir à long-terme

Je reviens brièvement sur mon dernier édito qui recommandait aux gens de droite de voter soit pour le Parti Conservateur ou l’Équipe Autonomiste. J’en vois beaucoup qui désirent voter libéral ou CAQ par peur de voir le PQ  prendre le pouvoir. À ceux-là,  j’aimerais dire de penser à plus long-terme. C’est vrai que ni le PC, ni l’ÉA n’a de chance de former un gouvernement, là n’est pas le point. Si on veut un jour cesser de dire que nous sommes orphelins politiques, il faudra un jour investir dans des partis de droite. Chaque vote que reçoit un parti lui apporte du financement de la part du DGEQ. Ce financement permettra à ces partis de se construire et peut-être finir par s’établir comme des partis sérieux. Si vous ne votez pas où que vous votez pour d’autres partis, ce sont les autres partis qui auront cet argent. Il est temps pour les gens de la droite d’être solidaires et commencer à soutenir ceux qui ont le courage de se lancer en politique pour promouvoir de vraies idées de droite.  Qui formera le prochain gouvernement est sans véritable conséquence, il faudrait voir plus loin pour établir une offre politique de droite.

L’INDIVIDU DEVRAIT ÊTRE L’ÉLÉMENT CENTRAL DE TOUTE SOCIÉTÉ

Au Québec, quand arrive le temps des élections, les médias et les politiciens parlent souvent au NOUS. Mais quelle est la valeur du NOUS ?
Ne devrait-on pas se consacrer au JE, ce qui risquerait de brimer moins d’individus et d’éviter d’exclure une branche de la population qui ne se reconnaît pas dans le nous.
En ce début d’élection, regardons les valeurs qui devraient dicter une campagne qui ne brimerait pas le droit individuel.

 

1/ Primauté de l’individu
L’individu est la valeur centrale de toute société. Ce sont les individus qui la composent qui font la société et non le contraire. Aucune définition de l’intérêt général ne saurait justifier le sacrifice d’un individu.

2/ Droits naturels
Chaque homme, du simple fait de sa naissance, a droit à la vie, à la liberté et à la propriété. Ces droits naturels sont inhérents à sa nature d’homme et ne sont pas concédés par un gouvernement.

3/ Liberté
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; l’exercice de cette liberté par une personne n’a de bornes que celles qui assurent la jouissance de ces mêmes droits aux autres individus.

4/ Responsabilité
De la liberté découle la responsabilité. Chacun doit assumer pleinement les conséquences de ses actes et doit en répondre si ces derniers viennent empiéter sur les droits naturels d’autrui.

5/ Propriété
La propriété est ce qui permet aux hommes d’assumer leur propre existence sans vivre aux dépens des autres; elle marque la limite de la liberté d’autrui. Priver un homme de sa propriété revient à permettre à autrui de le réduire en esclavage.

6/ Principe de libre consentement
Les rapports sociaux au sein de la société doivent être exclusivement fondés sur le libre consentement et la coopération volontaire des hommes. Une telle société est naturellement harmonieuse et juste.

7/ Principe de non-agression
L’initiative de l’usage de la force ou de la menace de l’usage de la force n’est jamais permise ; la violence n’est légitime que quand elle est utilisée de manière proportionnelle et en réponse à une agression.

8/ Principe de tolérance
Chacun respecte les choix pacifiques de chacun et défend ses opinions par l’argumentation, non par la menace ou l’intimidation. Qu’un mode de vie ou une action particulière puisse déplaire n’est pas un motif suffisant pour en légitimer l’interdiction.

9/ Principe de réalité
La réalité existe indépendamment de nos perceptions et de nos désirs. La raison est l’instrument que nous a donné la nature pour percevoir la réalité et adapter nos comportements à ses exigences.

10/ La production
Chaque homme assure son bien être en produisant pour ses propres besoins ou pour échanger avec autrui. Il est pleinement propriétaire du fruit de son travail et de ce qu’il a acquis en échange du fruit de son travail.

11/ La libre entreprise
Un système de production fondé sur la libre entreprise, aiguillonné par les opportunités de profits et tempéré par les risques de pertes est le seul système à même de permettre un calcul économique efficace.

12/ Le marché
L’échange libre, motivé par le bénéfice mutuel des parties, garantit le transfert non violent de la propriété et assure l’équité des transactions. Le marché libre permet la gestion optimale des ressources et assure la prospérité de tous.

13/ La loi
La loi est l’expression des droits naturels de l’individu et des sanctions qu’encourent ceux qui la transgressent. Elle précise les règles qui assurent le fonctionnement de la société dans les limites établies par une déclaration des droits du citoyen.

14/ L’Etat
Le rôle de l’Etat est d’imposer le règne de la loi, il ne peut agir que dans les limites fixées par cette dernière. Son action est limitée par une constitution conforme au droit naturel et une claire division des pouvoirs.

15/ La résistance à l’oppression
Un gouvernement qui ne respecte plus la constitution ou porte atteinte aux droits des citoyens est tyrannique de fait. La désobéissance civile et l’insurrection sont non seulement des droits mais des devoirs des citoyens. 

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