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Les yeux grand fermés

Par Philippe David

Il est pratiquement impossible de discuter politique sur les réseaux sociaux sans rencontrer quelqu’un qui réclame à grand cris l’abolition du capitalisme. Ils décrient l’exploitation d’un tel système qui selon eux, ne profite qu’aux riches et puissants et écrase les pauvres.

Quoi?  Les pauvres étaient-ils mieux avant l’avènement de la révolution industrielle et du capitalisme? Étions-nous tous riches à craquer. N’y avait-il aucune famine? Avions-nous une meilleure espérance de vie? N’y avait-il pas de riches et puissants et des pauvres également à cette époque? Les écarts de richesse étaient-ils moindres? Bref, la condition humaine était-elle vraiment meilleure à l’époque pré-capitaliste? Allons! Soyez honnêtes!

Nonobstant les écrits d’auteurs comme Charles Dickens, la réalité est que non, la condition humaine n’était pas meilleure avant le capitalisme. Elle était bien pire! La vie était courte et brutale et nous étions fréquemment fauchés dans la fleur de l’âge par des maladies et blessures maintenant considérées comme bénignes. Nos récoltes pouvaient être décimées par toutes sortes de fléaux et la disette nous guettait à tout moment. La grande majorité de la race humaine ne vivait pas, elle survivait, de peine et de misère! Seules la royauté, la noblesse et une poignée de bourgeois vivaient au-dessus du niveau de subsistance et les rois et les nobles ne devraient leur propre richesse qu’au pillage des autres classes. Et si vous êtiez nés un roturier, vous mourriez aussi comme tel, à moins d’avoir accompli un quelconque exploit, et encore! Telle était la vie à cette époque. Aimeriez-vous y retourner? Non? Pourtant, en proposant d’abolir le capitalisme, c’est exactement ce que vous suggérez de faire!

Que vous vouliez l’admettre ou non, ce n’est que depuis le 18e siècle que la race humaine a commencé à s’élever au-dessus de l’état d’extrême pauvreté. Qu’est-ce qui a changé à ce moment? Nous nous sommes rendus compte que par l’épargne, le réinvestissement des profits et la mécanisation, nous pouvons produire de plus en plus par heure travaillée, ce qui nous permet de produire toujours plus avec de moins en moins de travail et de ressources. C’est comme ça que nous avons créé de plus en plus de richesse. Les produits qui autrefois ne pouvaient êtres produits qu’en petite quantité étaient désormais produits en grande quantité à plus faible coût que jamais auparavant, les rendant disponibles non seulement aux riches, mais aussi aux masses. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les hommes arrivaient lentement, mais sûrement à se nourrir plus convenablement. Pour la première fois dans l’humanité, il était possible de s’enrichir plus par la production et le commerce que par le pillage et il était possible même à des pauvres de devenir aussi riches, sinon plus que les nobles.

Bien sûr, tout le monde ne s’enrichit pas au même rythme, mais ils s’enrichissent tout de même. Alors qu’avant la révolution industrielle 90% de la race humaine vivait dans la misère la plus absolue, aujourd’hui il n’y a guère plus que 17% d’une population mondiale plus de cent fois plus vaste qui vit toujours dans la pauvreté extrême. Il n’y a jamais eu de meilleur moyen d’éliminer la pauvreté que la libre-entreprise. C’est elle qui crée les emplois qui sortent les gens de la misère et qui permet à leurs enfants de s’éduquer pour aspirer à une vie meilleure. C’est elle aussi qui a inspiré toutes les innovations qui agrémente nos vies et les rendent plus aisées.

C’est donc plutôt ironique de nos jours de voir des inconscients condamner un système sans lequel le média ou les appareils avec lesquels ils le condamnent n’existeraient même pas. J’en rirait si leur aveuglement n’était pas si tragique.

La valeur du savoir

Par Philippe David

J’apprend ce matin, via le site de Radio-Canada, que selon un sondage réalisé l’automne dernier par Mitacsfaire de longues études n’est pas nécessairement une garantie de richesse (matérielle, du moins). En effet, on y apprend que deux tiers des post-doctorants gagnent moins de $45 000/an et qu’à peine 20% des finissants arrivent à se décrocher un emploi dans leur discipline.  Ces chiffres me laissent songeur.

Certains diront que des études ce n’est jamais perdu mais que vaut vraiment le savoir s’il ne peut pas être mis en application? Est-il vraiment utile de passer de longues années à étudier pour ensuite se retrouver à occuper un emploi ou ce savoir est complètement inutile? Est-il utile de s’endetter personnellement pour finalement n’en retirer aucun avantage financier afin de rembourser ces dettes? Par la même occasion, puisque ces études sont en grande partie financées par les contribuables, est-ce que la société y gagne au change à dépenser tant d’argent et voir ce savoir se perdre, puisqu’il n’est mis au service de personne?

À quoi sert l’éducation?

Peu importe ce que certains peuvent en penser,  l’éducation n’est pas une fin en soi.  Nous étudions d’abord et avant tout pour se munir de certains outils intellectuels nous permettant d’atteindre un but précis. Ce but peut être pour satisfaire une curiosité personnelle ou pour acquérir une culture générale ou pour apprendre une discipline précise qui nous permettra de décrocher  un emploi et faire de nous un membre productif de la société et nous permettre  de subsister et subvenir à nos besoins personnels.

Si vos priorités sont bien ordonnées, votre  premier objectif doit être de veiller à votre subsistance. Après tout, vous ne pouvez pas vivre éternellement au dépens de vos parents. Un jour où l’autre vous devrez assurer votre propre survie et croyez-moi, du point de vue de vos parents, le plus tôt sera le mieux! Donc, si par bonheur, vous pouvez marier l’utile à l’agréable et trouver une discipline qui vous passionne et qui peut vous permettre de gagner votre croûte, à la bonne heure! Mais sinon, vous devrez faire certains compromis. Je suis certain que d’étudier l’organisation sociale des macaques d’Indonésie peut être passionnant, mais il y a peu de chance que vous puissiez décrocher un emploi qui vous permettra de faire ce genre de recherche. C’est malheureux, mais vous devrez probablement passer au plan B (ou C ou D) si vous ne voulez pas faire partie du 80% des hauts diplômés qui travaillent chez Mc Do.

Des incitatifs tordus.

Pourquoi avons-nous tant de gens qui poursuivent des études sans avenir? Ils sont présumément intelligents et savent sûrement que peu de débouchées existe dans leur champs d’étude, alors pourquoi persistent-ils? La raison est simple: le système actuel leur épargne beaucoup du poids des conséquences de leur décisions.  Puisque leurs études sont financées en grande partie par l’état, leurs études ne leur coutent que très peu cher, comparativement à ce qu’elles coûtent aux contribuables. Ce n’est qu’une autres des multiples façons que l’état socialise les pertes et privatise les gains. Si les études débouchent sur un emploi bien rémunéré, les gains  vont directement dans les poches du premier concerné, mais sinon, c’est l’ensemble des contribuables qui paie pour une éducation qui ne lui est d’aucun bénéfice.  C’est similaire au dilemme quand un médecin est formé dans nos universités, mais qu’il décide ensuite d’aller pratiquer ailleurs. Dans ce cas aussi, nous avons payé pour rien.

Quelles solutions?

À ce petit problème,  je ne vois pas beaucoup de solutions. En fait, je n’en vois que deux:

  1. Soit l’état décide quelles études vous avez le droit de faire
  2. Soit l’étudiant doit payer le plein coût de ses études et subit seul les conséquences de son choix

La première implique de vous forcer à aller dans une discipline que vous n’aimerez peut-être pas alors que la seconde vous laisse libre de choisir, mais vous laisse en subir les conséquences, bonnes ou mauvaises.

Je vous laisse deviner quelle des deux solutions je préfère…