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Se donner bonne conscience aux dépens des autres

Par Philippe David

Une image vaut mille mots et il n’en faut pas plus quelques fois pour déplacer des montagnes. La mort d’Aylan Kurdi fût une tragédie et a déclenché des vagues de sympathie d’un bout à l’autre du globe pour les réfugiés de la guerre en Syrie.  Cependant, cet élan de générosité est dans bien des cas,  fantoche.

Si je pouvais rassembler des centaines de milliers de mes concitoyens dans un seul endroit et que je leur demandais qui veut que le Canada accueille plus de ces réfugiés, je n’ai aucun doute que je verrais des centaines de milliers de mains levées et un grondement d’acclamations. Par contre, que se produirait-il si je demandais combien d’entre eux seraient prêts à parrainer une famille de ces réfugiés et en être responsable? Je parie qu’il y aurait beaucoup moins de mains levées  et que le son des grillons menacerait de noyer celui des vivats de la foule. Et pourquoi donc? N’avez-vous donc pas le désir d’aider ces pauvres réfugiés  pour qu’ils s’intègrent bien dans notre société et y trouvent une vie meilleure? Ou n’avez vous ce désir que lorsque ça ne vous engage à rien personnellement. Êtes-vous atteint de caritite socialiste? Vous savez cette maladie qui vous pousse à être généreux avec l’argent des autres? Nous avons une pandémie ici au Québec. La plupart des personnes atteintes ont une envie irrésistible de voter QS ou NPD. (Quoique Philippe Couillard travaille fort à gagner leurs votes en ce moment) Si vous croyez que la personne la plus vertueuse est celle qui gueule le plus fort pour que le gouvernement prenne soin de ces réfugiés, il y a une réalité qui vous échappe totalement. 

Le gouvernement ne possède rien qu’il n’a pas pris par la force à quelqu’un d’autre qui l’a légitimement gagné.

La myopie, voire l’aveuglement total, est certainement un des symptômes majeures  de la caritite socialiste. Ceux qui en souffrent refusent carrément de voir les conséquences de leur soi-disant «charité». Ils sont totalement aveugles au fait qu’en demandant au gouvernement de faire ceci ou cela c’est de lui demander de mettre un fusil sur la tempe de tous les autres pour les contraindre à leur idée. Ainsi, lorsque vous fustigez M. Harper pour sa prudence envers l’influx de réfugiés et que vous encensez MM Trudeau et Mulcair de vouloir ouvrir grand les portes, vous leur dites essentiellement que pour que vous ayez bonne conscience, ils doivent faire les poches de vos voisins, qu’ils le veuillent ou non. Parce que croyez-moi, pour des raisons qui leur appartiennent et qui peuvent être parfaitement légitimes, pas tous vos voisins sont d’accord avec vous, alors pourquoi devraient-ils être contraints de payer pour votre acte de charité?

Mais les sondages disent que la majorité le veut…

Quelque chose d’immoral ne devient pas subitement moral parce que la majorité en a décidé. Et si on passait un vote pour légaliser le meurtre et que la majorité votait oui? Serait-ce moral de tuer son voisin pour autant? Alors qu’est-ce qui vous porte à croire que lorsque le gouvernement confisque un grand pourcentage du revenu des contribuables, ce n’est pas du vol? Ça le serait définitivement si vous ou moi le faisions. D’ailleurs, prélever un certain pourcentage de vos revenus contre de la «protection» n’est-il pas une des activités préférées de la mafia? Pourquoi serait-ce immoral quand la mafia le fait, mais parfaitement moral si le même acte est commis par l’état? Donc l’argument de la majorité n’est que pure foutaise. La sanction de la majorité ne donne aucune autorité morale, ça ne fait en réalité que démontrer que la loi de la majorité est tyrannique.

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Avez-vous la «caritite socialiste»?

La charité vient du coeur, pas du canon d’un fusil

Je serai toujours estomaqué de voir combien de gens croient que de réclamer que le gouvernement pille les uns pour le donner aux autres, c’est faire preuve de générosité et de charité. La charité est un sentiment admirable, mais elle doit provenir du coeur et elle doit être un sacrifice volontaire. Une personne vraiment charitable se prive volontairement d’une partie de ses biens matériels pour en aider une autre qui an a besoin. Il n’y a probablement rien qui caractérise mieux ce qu’il y a de bon dans l’humanité. Mais cet acte perd tout son sens si on y est forcé parce que la fin ne justifie pas les moyens. Beaucoup de gens ont besoin d’aide. Si nous sommes tous fondamentalement de bonnes personnes, nous les aideront volontairement. Il n’est pas nécessaire de nous mettre un fusil sur la tempe. Et nous aiderons ceux que nous voulons aider, pas ceux que les autres auront décidé que devrions aider. Si vous tenez tant à venir au secours des réfugiés, faites-le personnellement en parrainant l’un deux ou en contribuant à une oeuvre de charité qui leur portera secours, mais ne demandez pas au gouvernement de leur porter secours en forçant les autres à le faire à votre place. Si vous ne faites que réclamer que le gouvernement accueille ces réfugiés sans faire vous-même une contribution personnelle, alors vous ne faites que vous donner bonne conscience aux dépens des autres et c’est de la pure hypocrisie.

La sagesse collective de l’ignorance individuelle

Par Philippe David

Laissez-moi partager avec vous une citation qui est très lourde de sens et qui définit très bien la démocratie:

«La démocratie, c’est la croyance pathétique en la sagesse collective de l’ignorance individuelle» – H. L. Mencken

Cette affirmation se marie très bien avec celle de Churchill selon laquelle le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen. Alors que dans quelques semaines, ces ignorants s’apprêtent à retourner aux urnes et élire un nouveau gouvernement, j’aimerais amener ceux qui le peuvent encore à réfléchir un peu. Si vous êtes d’accord avec la citation ci-haut, pourquoi votez-vous?

C’est une question pertinente. Voyez-vous, notre société est fondée sur une fausse prémisse et c’est que l’homme est un loup pour l’homme et on ne peut donc pas lui confier la liberté de se gouverner lui-même, nous devons plutôt confier à d’autres hommes qui ne sont pas plus aptes que les autres à se gouverner eux-même, la tâche de gouverner et tenir en laisse par la coercition et la force des millions de leurs semblables. En plus, dans un pays démocratique, on donne le soin à une masse d’ignorants de choisir ces personnes et on s’imagine construire une société juste et viable à long-terme. Vous trouvez que ça a du sens, vous? Moi non.

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L’ignorance rationnelle

On dit que le citoyen moyen est «rationnellement ignorant». Ce n’est pas nécessairement par manque d’intelligence, mais plutôt parce qu’il n’a pas le temps de se tenir au courant de tout ce qui se passe et tout se qui se trame dans les coulisses du pouvoir. Les médias ne font pas ce qu’il faut pour le tenir informé non-plus. Même que trop souvent, ils se font complices du pouvoir et re-dirigent l’attention du citoyen vers des informations triviales et gardent les informations importantes sous couvert. Bien souvent, le citoyen n’est pas assez compétent pour analyser l’information qu’on lui donne et devient la proie facile de pseudo-experts. Donc, à moins de vouloir faire un effort supplémentaire pour s’informer, au-delà du pré-mâché des médias de masse, le citoyen ne dispose pas de ce qu’il a besoin pour prendre une décision informée afin de voter. La plupart des gens ne feront pas cet effort supplémentaire et goberont le pré-maché qu’on leur aura servi et se féliciteront d’être si bien informés.

Le pouvoir corrompt et est un aimant pour les corruptibles.

Que les électeurs soient ignorants n’est pas le seul problème. J’ai écrit plus haut que la prémisse même qui est le fondement de l’existence de tout gouvernement est que l’homme est incapable de se gouverner lui-même et que donc, il doit être gouverné par d’autres. Le paradoxe étant que les autres en question ne sont pas plus qualifiés pour s’auto-gouverner et encore moins pour gouverner des millions. Mais vous êtes-vous arrêté vraiment à penser quel genre d’homme peut être attiré par le pouvoir sur les autres hommes? Un homme juste et honnête cherche-t-il à contrôler ses voisins et leur imposer ses diktats par la force?  Non! Le genre d’homme qui est porté à utiliser la force pour parvenir à ses fins n’est-il pas justement le genre d’homme dont nous voudrions être protégés par l’état? N’est-ce pas justement le genre d’homme apte à être corrompu par le pouvoir?

Donc, si c’est vrai que l’homme est un loup pour l’homme pourquoi diable voulez-vous abandonner votre liberté dans les mains de quelqu’un d’autre? Ça n’a aucune logique! À moins, bien sûr de vouloir admettre que vous êtes une perruche en cage qui continue de chanter à l’abri des prédateurs avec ses graines, son eau et ses bibelots fournis par un maître bienveillant, totalement inconsciente de ce qu’elle manque. Est-ce votre cas? Est-ce plus facile d’abandonner votre liberté de choix que de vous prendre en main et voler de vous-même. Est-il plus facile d’abandonner vos responsabilités aux autres, afin de mieux pouvoir les blâmer quand il s’avère qu’ils ne savent pas mieux que vous comment gérer votre vie? Est-ce pour ça que vous votez?

Si vous vous imaginez que vous vivez en liberté parce qu’on vous permet de choisir un nouveau maître dans un concours de beauté à tous les quatre ans, vous faites grossièrement erreur. Voter, c’est choisir de demeurer dans votre cage dorée jusqu’à ce que vous perdiez l’usage de vos ailes. Voter, c’est consentir à votre esclavage. C’est consentir à être gouverné et être gouverné dans les paroles de Pierre-Joseph Proudhon c’est ….

etre gouverne - proudhon

C’est ça être libre selon vous? Je vous redemande. Pourquoi votez-vous?

Élections fédérales 2015 : Le Québec sera un champ de bataille important

Par Simon Leduc

 

Les prochaines élections fédérales auront lieu le 19 octobre prochain. La Belle province sera un important champ de bataille. Avec la chute du PLC, ce sera une lutte entre le NPD et le Parti conservateur.   Ce dernier est en bonne position pour reprendre les comtés (de la région de Québec) qui ont été perdus aux mains des troupes de Thomas Mulcair le 2 mai 2011. Malgré le retour de Gilles Duceppe, le Bloc occupe la troisième place. Voici les dix circonscriptions à surveiller au Québec.

Première partie :

Terrebonne-Blainville :

Cette circonscription  était une forteresse bloquiste de 1993 à 2011. Elle a été emportée par la vague orange en 2011. La candidate du NPD, Charmaine Borg, avait obtenu 49% des voix contre 30% pour la bloquiste Diane Bourgeois. Le Parti conservateur présente un candidat vedette, Michel Surprenant. Après la disparition de sa fille (en 1999), il a milité pour le droit des victimes d’actes criminels. Depuis quelques années, il préside l’AFPAD[1] afin de défendre les victimes de crimes violents. M Surprenant est une personnalité connue du grand public et il représente l’espoir des conservateurs dans la Couronne Nord. Les électeurs de ce comté ont déjà élu un député conservateur durant le règne de Brian Mulroney. Le retour de Gilles Duceppe pourrait donner un second souffle au Bloc et diviser le vote progressiste avec le NPD.   Michel Surprenant aurait une chance de se faufiler avec la victoire.

Charlesbourg-Hautes-St-Charles :

Si le PCC veut faire des gains au Québec le 19 octobre prochain, il doit gagner ce comté de la région de Québec. Le 2 mai 2011, le NPD a arraché Charlesbourg-Hautes-St-Charles aux conservateurs par l’entremise de la vague orange. Anne-Marie Day est la députée sortante et elle avait obtenu 45% des voix lors du dernier scrutin. Selon certains observateurs, elle n’a pas été très présente dans le comté pendant son mandat de quatre ans. Le PCC présente une figure très connue de la région de Québec, l’entrepreneur Pierre Paul-Hus. Cet ancien officier supérieur de l’Armée canadienne est l’éditeur du magazine PRESTIGE et le Directeur général des Sélections Mondiales des Vins-Canada. La députée sortante aura fort à faire pour vaincre M. Paul-Hus. Donc, ce comté devrait revenir dans le giron conservateur avec Louis-St-Laurent (Gérald Deltell) et Beauport-Limoilou (Alupa Clarke).

Mont-Royal :

C’est un château fort libéral depuis 1940. C’est un véritable bastion rouge qui a été représenté par l’ancien premier ministre Pierre E. Trudeau (1965 à 1994) et par le député sortant Irwin Cotler (depuis 1999). Ce dernier y a régné en maître de 1999 à 2011, mais le candidat conservateur a fait fondre sa majorité à seulement 2500 voix en 2011. Ce sera une chaude lutte entre le conservateur Robert Libman et le libéral Anthony Housefather. Si le PCC veut faire une percée dans la métropole, il doit cibler cette circonscription et celle de Lac-St-Louis où il y présente une vedette économique, Éric Girard.

Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia :

C’est un bastion du Bloc depuis 1993. Le député sortant est Jean-François Fortin, élu sous la bannière bloquiste. Ce dernier l’a quitté après l’arrivée de Mario Beaulieu à la tête du parti. M. Fortin a fondé sa propre formation politique, Force et Démocratie. La défense des intérêts des régions est le principal cheval de bataille de ce nouveau parti. M. Fortin va se présenter sous sa bannière le 19 octobre prochain. Ce comté avait résisté à la vague orange le 2 mai 2011. Donc, la lutte se fera entre M. Fortin et le candidat du Bloc québécois. Le député sortant est connu dans la région. Il a été le maire de Flavie entre 2006 et 2009. Réussira t-il à se faire élire sous la bannière de sa formation politique? C’est à suivre. Gilles Duceppe doit remporter ce comté s’il veut vraiment ramener son parti sur le chemin de la victoire.

Laurier-Ste-Marie :

La semaine dernière, Gilles Duceppe a annoncé sa candidature dans cette circonscription de l’Est de Montréal. Ce dernier a représenté les électeurs de ce comté à la Chambre des communes de 1990 à 2011. Il a été le premier élu de l’histoire de la formation politique souverainiste. Mais en 2011, il a été emporté par la vague orange. La députée sortante, Hélène Laverdière, avait obtenu 46% des voix contre 36% pour son adversaire bloquiste. Celui-ci va devoir reconquérir le cœur des habitants de ce territoire afin de revenir à la Chambre des communes et diriger son parti. Est-ce que les électeurs de cette circonscription vont revenir à leur ancien amour ou vont-ils continuer avec le NPD? Le résultat dans ce comté va être significatif pour le Bloc. Si son chef ne réussit pas à s’y faire élire, ce sera la fin pour le Bloc québécois et on assistera à la fin d’une époque. On saura la réponse le soir du 19 octobre.

[1] L’Association des familles de personnes assassinées ou disparues

La Grèce: un canari dans la mine de charbon

Par Philippe David

Un drame désolant se déroule sous nos yeux en Grèce. Dans une entrevue radiophonique, Germain Belzile, professeur d’économie aux HEC (entre autres), l’a décrit comme un « slow motion train wreck » ou un déraillement ferroviaire au ralenti pour les fanatiques du français.  Nous le voyions arriver depuis longtemps, mais la Grèce va finalement amener le socialisme à son aboutissement logique. Car contrairement à ce que certains peuvent prétendre, les grecs ne sont pas victimes des banques et d’un capitalisme débridé, ils sont les victimes du socialisme débridé et des vendeurs de rêves de leur gouvernement qui les avait convaincu qu’on pouvait vivre la belle vie avec seulement un minimum d’effort et en vivant indéfiniment à crédit. 

Le rêve

Il y a une raison pourquoi le socialisme est toujours aussi populaire, c’est parce qu’il nous fait rêver d’un monde magique d’abondance sans travail. Un monde où l’argent pousse dans les arbres et il ne suffit que de le distribuer. La richesse  n’a pas besoin d’être créée, elle existe tout simplement et il ne suffit que de la prendre dans les banques et dans les poches des riches. Dans ce monde, il n’est pas nécessaire de produire quoi que ce soit, si nous le demandons, il apparaitra par magie et nous n’avons qu’à le prendre sur les tablettes. Le problème, c’est qu’on peut bien ignorer la réalité pendant un certain  temps, mais la réalité, elle, ne nous ignorera pas.

La réalité

La logique dicte que si vous voulez pouvoir consommer quoique ce soit, quelqu’un doit déjà avoir produit ce que vous désirez et de plus, afin de pouvoir l’acheter, vous devez également avoir produit quelque chose de valeur suffisante vous-même. Du moins, si on parle de consommation responsable et soutenable. S’il peut être utile parfois de consommer à crédit, la sagesse a toujours dit de ne pas en abuser. Ce n’est certainement pas cette sagesse qui pousse les individus de s’endetter à 150% de leur revenu disponible et ce n’est pas plus débordant de sagesse pour un état d’en faire autant.

On entend souvent une certaine gauche dire que nous ne pouvons pas comparer l’état à une famille. D’une certaine façon, ils ont raison. Quand un état s’endette à outrance, c’est des millions  de familles qui sont ruinées, pas seulement une. C’est donc mille fois pire quand un état fait faillite, que lorsqu’une famille fait faillite. Certains ici croyaient que ce n’était pas possible. Il étaient ignorants de l’histoire car non-seulement de nombreux pays ont fait faillite avant ça, mais la Grèce elle-même a déjà fait faillite plus d’une fois auparavant. Vous croyiez que l’austérité était terrible? Attendez un peu que la faillite vienne détrousser les grecs de toutes leurs épargnes et leur pouvoir d’achat. Vous n’avez encore rien vu!

Le clientélisme à outrance

«Une démocratie est toujours temporaire par nature, elle ne peut tout simplement pas exister comme une forme permanente de gouvernement.

Une démocratie existe jusqu’au jour où les électeurs découvrent qu’ils peuvent se voter de généreux cadeaux provenant du Trésor Public.

A partir de ce moment là, la majorité vote toujours pour les candidats qui promettent le plus d’avantages provenant du trésor public et le résultat, c’est que toute démocratie se termine toujours par un effondrement en raison d’une politique fiscale laxiste ».

Alexander Fraser Tytler

Les grecs ont découvert qu’ils pouvaient se voter des largesses du trésor public autour de 1980. Depuis, les politiciens qui ont été élus à la tête de ce pays ont été ceux qui ont offert le plus de « nananes » aux électeurs. Ce clientélisme effronté a donné lieu à la création de programmes gouvernementaux onéreux à souhait, à des subventions à outrance aux entreprise et une économie de la recherche de la rente. Ceci devrait sembler plutôt famillier au Québec. C’est notre sport préféré après le hockey.

Les conséquences de ce genre de jeu politique sont facile à prédire comme le député et économiste français Frédéric Bastiat l’a fait en 1848:

«L’Etat ne peut avoir beaucoup d’argent qu’en épuisant tout le monde et les masses surtout. (…) Aujourd’hui qu’on a admis en principe que l’Etat est institué pour distribuer la richesse à tout le monde, il est naturel qu’on lui demande compte de cet engagement. Pour le tenir, il multiplie les taxes et fait plus de misères qu’il n’en guérit. Nouvelles exigences de la part du public, nouvelles taxes de la part de l’Etat, et nous ne pouvons que marcher de révolution en révolution. (…) Le peuple sera écrasé d’impôts, on fera emprunt sur emprunt; après avoir épuisé le présent, on dévorera l’avenir. (…) On verra le peuple tout entier transformé en solliciteur. Propriété foncière, agriculture, industrie, commerce, marine, (…) tout s’agitera pour réclamer les faveurs de l’Etat. Le Trésor public sera littérallement au pillage.»

Ce sera toujours le résultat inévitable du mariage de la démocratie et du socialisme. Et il ne fonctionne, comme l’avait souligné Margaret Thatcher que jusqu’au jour où l’argent des autres vient à manquer. 

Le gouffre

Tsipras s’imagine sauver les grecs alors qu’il n’a qu’appuyé plus fort sur l’accélérateur du train qui roule vers un pont démoli au dessus d’un gouffre. Il entrainera probablement plus d’un autre état à sa suite. La Grèce, c’est le fameux canari dans la mine de charbon qui signale quand un coup de grisou est imminent et toutes les démocraties occidentales devraient prendre des notes parce qu’elles jouent toutes au même jeu à divers degrés et suivent la même trajectoire qui les mènera tôt ou tard au même destin.

Le Québec n’est pas la Grèce, mais…

Considérez ceci:

  • Le même clientélisme politique qui existe en Grèce, existe ici.
  • Comme les grecs, nous avons la dette la plus élevée du Canada,
  • des programmes sociaux plus généreux et onéreux que les autres provinces,
  • le plus grand nombre d’employés publics par habitant avec des salaires et avantages bien au-delà de la moyenne du secteur privé.
  • Nous subventionnons les entreprises 3 fois plus que l’Ontario, compte denu de notre population et il n’y a que peu de secteurs de l’économie où le gouvernement n’intervient pas.
  • Nous partons aussi à la retraite plus tôt que le reste des canadiens.
  • Et comme les grecs, nous sommes allergiques à la responsabilité fiscale, au point que nous descendons dans les rues pour protester contre une austérité qui, comparativement à celle imposée à la Grèce, est inexistante. Notre gouvernement n’a absolument pas coupé dans ses dépenses, seulement dans croissance de ses dépenses et notre bonne gauche syndicaliste hurle et déchire sa chemise. Imaginez s’il y avait de vraies coupures.

C’est beaucoup de points communs que nous avons avec les grecs, vous ne trouvez pas? Vous croyez peut-être que nous pouvons continuer à les imiter et que ça ne nous rattrappera pas un jour? Que nous ne subirons pas le même sort?

Pour être honnête, il y a une chose qui a fait que nous ne sommes pas encore arrivés à la même destination que la Grèce, c’est notre appartenance à la fédération canadienne. Contrairement à la Grèce, nous bénéficions d’un programme de répartition de richesse entre les provinces pauvres et les provinces riches. Nous sommes les plus gros bénéficiaires de ce programme, d’ailleurs.  Sans la péréquation, nous aurions une dette encore plus élevée (à moins bien sûr de réduire nos dépenses drastiquement et d’étrangler encore plus le contribuable)

Nous bénéficions aussi de la cote AAA du Canada également parce que, de la même façon que Québec est garant des dettes de ses villes et municipalités, Ottawa est garant des dettes de ses provinces et c’est la seule et unique chose qui nous a sauvé de plus grosses décotes des agences de notation, ce qui aurait augmenté considérablement nos coûts d’emprunts.

Certains, comme Mathieu Bock-Côté m’accuseront d’hair le Québec, parce que bien sûr, dans leur esprit, quiconque a le culot de critiquer leur bien-aimé système social-démocrate basé sur le tout à l’état, doit nécessairement être un anti-patriote et un anti-nationaliste primaire . Il faut forcément haïr le Québec et être à la solde du colonialisme « canadian ». Il faut forcément vouloir nier les aspirations légitimes du peuple québécois d’avoir un pays pour affirmer que sans le reste du Canada, la cigale québécoise serait dehors au froid et sur les bords du même gouffre que la Grèce, n’est-ce pas?

Pourtant, qui aime plus le Québec? Celui qui lui proclâme un amour infini et qui, sciemment ou non fait l’autruche? Ou celui qui tente de le détourner de son autodestruction? Désolez-vous pour ces pauvres grecs autant que vous voulez, mais tôt ou tard, si nous continuons sur la même route, ce sera de nous qu’on se désolera.

Hommage à Jacques Parizeau

Par Philippe David

Jacques Parizeau n’est plus et alors que les hommages pleuvent dans tous les médias, j’ai décidé d’attendre quelques jours pour rendre le mien, question de faire bande à part et surtout parce que le mien ne sera pas exactement élogieux.

Sans conteste, Jacques Parizeau fût une des figures de proue de la politique québécoise et que ce soit comme haut-fonctionnaire, comme Ministre des Finances, comme Premier Ministre ou comme bell-mère du Parti Québécois, il a été l’un des principaux architectes  et un des plus grands défenseurs de ce que nous avons appelé « le modèle québécois ». Notre propre marque de commerce de socialisme soixantehuitard. Le problème, c’est que ce modèle nous appauvrit depuis 55 ans et nous mène droit dans un mur.

Pour cette raison, j’ai très peu de respect pour les politiciens en général puisque leur rôle consiste essentiellement à restreindre nos droits, nous infantiliser et nous taxer jusqu’à ce que nous soyons complètement exsangues. Je vois très peu de raison de les remercier quand la dépense qui a le plus augmenté depuis 1960, ce sont leurs taxes pour avoir le privilège d’attendre 18 heures dans une salle d’urgence si ça nous rend malades.

C’est vrai, je ne peux pas attribuer tout le mérite à M. Parizeau, il n’a pas été le seul. N’empêche qu’il a eu la distinction d’avoir presque réussi à séparer le Québec du reste du Canada tout en établissant les politiques qui ont rendu le Québec irrémédiablement dépendant des autres provinces. Faut le faire! Sans compter que son discours de mauvais perdant a fait reculer l’option souverainiste pendant des années. 

Alors, lancez-moi les insultes que vous voulez, mais je ne verserai aucune larme pour M. Parizeau, ou tout autre politicien, d’ailleurs. Ils ne contribuent pas à rendre notre vie meilleure, la plupart du temps ils la rendent pire et nulle part en Amérique du Nord n’est-ce plus une évidence qu’au Québec. Je me suis donc permis de compiler quelques preuves empiriques de ce pourquoi nous devons remercier M. Parizeau et ses congénères dans une petite présentation.

Si vous ne pouvez visionner la présentation, cliquez ici.

Sources des données:

Tableaux « Le déclin tranquille » et le avant et depuis la révolution tranquille
Tableau PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion des Comptes économiques du Québec
Tableau Revenu personnel disponible: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Péréquation: Ministère des Finances Canada: Budget 2006 : Annexe 3 – Principaux transferts et Soutien fédéral aux provinces et aux territoires
Tableau Fonctionnaires: Statistique Canada: Tableau 051-0005 et Tableau 282-0012
Tableaux Riches en pauvres et pauvres en riches:  Statistiques Canada: Tableau 204-0001
Tableau Dette sous Parizeau: Ministère des finances du Québec, Données historiques des budgets depuis 1970-1971 (Tableau 14)
Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Exportations: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002