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Le voile se lève

Par Philippe David

Comme si la sortie de Janette Bertrand d’hier n’était pas assez pour notre tension artérielle, la journée d’hier  nous apporte quelques intéressantes révélations. Tout d’abord, un papier de Vincent Marissal dans La Presse d’hier nous apprend que le virage identitaire du PQ et sa charte de laïcité se trament depuis assez longtemps et que outre Bernard Drainville et Jean-François Lisée, les cerveaux derrière cette charte incluent Mathieu Bock-Côté, Éric Bédard, Jacques Beauchemin… et Pierre-Karl Péladeau!

Il apparait de plus en plus évident que les personnes ci-haut planifient le virage identitaire du PQ depuis belle lurette et que ce fût dès le début, comme je l’avais dit, une tactique purement électoraliste visant à instrumentaliser la peur des «étranges» pour éventuellement servir de «levier» pour la souveraineté, puisque les péquistes savent bien qu’ils sont incapables de vendre leur salade sur ses propres mérites. Il leur faut donc un subterfuge quelconque pour essayer de convaincre la majorité d’entre nous que le Canada est une menace à notre liberté.  Comment maintenant prendre au sérieux le démenti d’au moins un des membres  de ce brain trust que ce n’était pas effectivement une diversion?

Je gruge, tu gruges, il gruge …

Si Janette Bertrand s’inquiète que nos droits et libertés soient grugés petit à petit par les méchants islamistes, j’aimerais attirer son attention sur un danger bien plus immédiat. La charte de la laïcité brime les droits fondamentaux de liberté de religion et liberté d’expression et pas seulement pour les islamistes, mais aussi pour tous les autres qui ont le malheur de vouloir exprimer leur appartenance religieuse, qu’ils soient juif, sikhs ou même catholiques. Qu’on-t-ils fait, eux, pour justifier qu’on brime leurs droits? Une question que le gouvernement ne veut pas répondre et pour laquelle il n’est même pas foutu de présenter une justification quelconque. 

Si vous cherchez une entité dans notre société  qui « gruge » les libertés, vous devriez mettre notre gouvernement en tête de liste. Et maintenant que Pauline Marois a annoncé son intention d’utiliser la clause dérogatoire pour protéger la charte des contestations, le PQ montre définitivement ses couleurs en utilisant la plus grosse massue dans son arsenal législatif pour abroger sans aucune justification la liberté religieuse de milliers de ses citoyens.

Si vous croyez que puisque la clause dérogatoire existe, il n’y a aucun mal à l’utiliser, j’aimerais attirer votre attention sur ce petit extrait du livre « La Route de la Servitude » de Friedrich Hayek (probablement un des meilleurs essais sur le totalitarisme):

«Rien ne distingue plus clairement  les conditions dans un pays libre de celles d’un pays sous un gouvernement arbitraire que l’observance  dans le premier  du grand principe  connu sous le nom de la règle de droit.  Dénuée de tout technicalités, cela veut dire que le gouvernement, dans toutes ses actions est lié par des règles fixes et annoncées d’avance – des règles qui permettront de prévoir avec un certain degré de certitude comment l’autorité utilisera ses pouvoirs coercitifs dans des circonstances données et de planifier nos affaires individuelles sur la base de cette connaissance  (…)»

(H/T Germain Belzile)

En utilisant la clause dérogatoire avec autant de désinvolture, le PQ nous signale que nous ne sommes désormais plus dans un pays libre mais sous le joug d’un gouvernement arbitraire qui se permet de modifier les règles comme bon lui semble. Si jamais le PQ réalisait son objectif de faire du Québec un pays indépendant, lui qui se donnerait la tâche de rédiger la constitution de ce pays, peut-on douter que ce pays ne vaudra guère mieux qu’une république bananière dans la protection de vos droits? Surtout quand un des intellectuels du brain trust péquiste a écrit sans gêne que :

«Malgré ses limites et ses excès, une des vertus de la Charte québécoise comparée à la Charte canadienne tient justement dans le fait qu’on peut l’amender sans procédure constitutionnelle exceptionnelle, ce qui limite, justement, la prétention qu’ont certains à la faire surplomber le débat public à la manière d’un texte sacré dont ils se veulent souvent les seuls interprètes légitimes. Le politique, autrement dit, peut reprendre ses droits.»

Traduction: vos droits individuels ne comptent pour rien face à ceux de l’état.  C’est ce que pensent les intellectuels qui guident l’agenda du PQ.

C’est ça le pays que vous voulez? C’est ça leur grand projet de société? Un pays où le gouvernement peut changer les règles du jeu à sa guise et où vous n’avez aucun recours et aucune protection contre lui? Maintenant vous savez pourquoi je parlais récemment de « tyrannie québécoise« .

Le voile est levé. On voit maintenant le visage derrière le niqab de la soi-disant charte de la laïcité. Voter pour le PQ est voter pour avoir un pays avec un gouvernement totalitaire. Tenez vous-le pour dit, la plus grande menace à vos droits et libertés n’est pas l’islamisme, mais votre propre gouvernement. À vous de leur montrer si votre liberté personnelle vous importe.

le moindre crosseur

Le moindre crosseur

Par Philippe David

Mardi matin on a entendu un grand soupir de soulagement collectif avec les résultats du plus récent sondage de Léger Marketing qui, avec un échantillonnage qui ne laisse qu’une faible marge d’erreur, confirme que le PQ est en chute libre et le PLQ pourrait remporter une majorité. Soupir de soulagement, non pas parce qu’un gouvernement libéral est bien meilleur qu’un gouvernement péquiste, mais parce que bien peu d’entre nous veulent vraiment avoir à supporter l’incertitude et la bisbille constitutionnelle inhérente de tout régime péquiste, et aussi l’incompétence patente que l’équipe de Pauline Marois a démontré depuis les derniers dix-huit mois.

Le spectre de la souveraineté et du référendum

Les partisans du PQ parlent toujours de campagne de peur, chaque fois que les autres partis brandissent le référendum comme épouvantail, et dans une certaine mesure, ils ont raison. Mais ils ne peuvent pas nier non-plus que la souveraineté et la possibilité d’un autre  référendum amène une bonne dose d’incertitude qui affectent les calculs des entrepreneurs et des investisseurs. Si vous vous demandez pourquoi l’emploi et l’investissement privé ont stagné pendant toute l’année 2013, demandez-vous quelle personne saine d’esprit irait risquer des millions là où le régime politique est instable et hostile au développement économique? Risqueriez-vous vos propres économies à démarrer une entreprise pendant que Pauline Marois et Nicolas Marceau sont à la barre de notre économie? Moi pas.

Veut, veut pas, la souveraineté aura toujours un coût économique en termes de peur du changement et d’incertitude de régime. L’entrepreneuriat et la création de la richesse sont des choses qui se planifient sur le long-terme et on ne peut faire ça lorsque la stabilité politique n’est pas au rendez-vous. Si nos élus s’amusent à tout faire pour créer des conflits entre les différents paliers de gouvernement pour tenter d’influencer l’opinion publique, les entrepreneurs et investisseurs mettront leurs projets en veilleuse et laisseront la poussière retomber avant de décider quoi faire. C’est naturel.

Pour en finir avec la charte de laïcité

Cette charte a toujours été un calcul électoraliste de part du PQ et un mauvais calcul en plus. Le PQ a tenté de jouer sur les peurs et l’ignorance de bien des québécois envers l’islamisme et l’immigration afin de se poser en grand défenseur de « l’identité québécoise ».  Tout d’abord, si vous croyez que baliser les accommodements religieux et bannir le port de signes religieux par les employés de l’état va résoudre le problème de la montée de l’islamisme et de l’intégrisme religieux, vous avez de sérieuses délusions. Alors à quoi bon essayer de nous l’enfoncer dans la gorge. D’autant plus, que nous savons d’avance, de l’avis du Barreau du Québec et de la Commission des Droits de la Personne, que ce projet de loi sera rejeté par la Cour Suprême. Donc, la seule raison de vouloir persister et refuser tout compromis sur un projet de loi qu’on sait déjà inconstitutionnel, et d’en faire un enjeu électoral, c’est simplement pour l’instrumentaliser pour gagner une majorité et créer de la zizanie avec le fédéral pour mousser la popularité de la souveraineté. Parce que Dieu sait que les souverainistes sont incapables de de vendre leur projet sur ses propres mérites. Le PQ a fait le pari que les électeurs seraient  si totalement hypnotisés et hébétés par le débat sur la charte pour tout oublier l’incompétence de son gouvernement. Heureusement, les gens ne sont pas aussi stupides.

Les crosseurs

Maintenant, des voix s’élèvent pour aller questionner l’intégrité des libéraux. Je serai certainement le dernier à les défendre, mais d’un autre côté, même si la Commission Charbonneau n’a pas encore dévoilé autant d’incidents impliquant le PQ, elle n’a encore que gratté la surface de la relation entre le PQ et les syndicats, je ne suis pas prêt à dire que le PQ est vraiment plus vertueux sur le plan éthique. N’oublions pas que Mme Marois a déclenché des élections en contravention de sa propre loi sur des élections à date fixe, alors qu’elle et son conjoint étaient convoqués à comparaitre en commission parlementaire pour expliquer le fameux « deal » avec la FTQ. Ça remet certainement en question l’éthique de Mme Marois. J’aurais tendance à croire qui si le PLQ n’est pas tout blanc, le PQ n’a certainement pas de supériorité morale à ce chapitre. Le pouvoir a corrompu également les deux partis, et la seule raison que les autres puissent revendiquer n’avoir aucun squelette dans leur placard, est qu’ils n’y ont jamais gouté.

Donc, si votre choix se limite strictement au tandem PQ-PLQ qui s’échange le pouvoir depuis 1976, vous pouvez peut-être croire que vous votez pour le moins crosseur, mais vous allez inévitablement voter pour un crosseur. Ce n’est pas un terriblement bon incitatif, si vous voulez mon avis. Peut-être que vous devriez considérer voter pour quelqu’un d’autre.