Archives pour la catégorie Opinions

taxes

L’esclavage à temps partiel

Par Philippe David

Le 14 juin est la date où, selon l’Institut Fraser, les québécois auront, en moyenne, fait suffisamment d’argent pour s’acquitter des impôts et taxes provenant de tous les paliers de gouvernement. Une seule province doit attendre plus long temps: Terre-Neuve et Labrador pour qui la date fatidique est le 22 juin. Les albertains, eux, fêtaient déjà leur libération le 23 mai et l’ensemble du Canada le 9 Juin.

Cependant, il y en a qui s’insurgent contre l’appellation qu’on donne à cette journée, soit la journée d’affranchissement de l’impôt.  Selon l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), l’impôt « volontaire » et « démocratique » serait payant pour les contribuables et l’institut Fraser a tort de les considérer uniquement comme une dépense. Il ne prend pas en considération tout ce que nous recevons en bénéfices. Ce point de vue est tellement truffé de faussetés que je ne sais pas où commencer.

Volontaire et démocratique?!?

L’impôt est volontaire? C’est merveilleux! Vous voulez dire que je remplis des rapports d’impôt pour rien depuis tant d’années quand j’aurais simplement pu dire non? Vraiment?

Dites-moi ce qui arriverait si vous refusiez de payer vos impôts? On commencerait par vous envoyer des lettres polies (ahem!), puis des agents du fisc viendront frapper à votre porte, puis viendront les amendes et  éventuellement, des hommes armés viendront vous arrêter pour vous mettre dans une cage. Si vous résistez votre arrestation, vous serez probablement molesté. Si vous fuyez, vous pourriez possiblement être abattu. Étant donné les conséquences à ne pas payer vos impôts, croyez-vous vraiment avoir le choix de ne pas payer?

Or, le mot volontaire implique un choix.  Donner son argent à la pointe d’un fusil n’est pas un choix. Comment appelle-t-on l’acte de s’approprier le bien d’autrui sans son consentement par la force ou la menace de l’utilisation de la force? Le vol. Dans la plupart des endroits du globe, c’est considéré comme immoral, c’est pourquoi il y a des lois contre ça. Le vol devient-il soudainement moral parce que c’est le gouvernement qui le fait ou parce que c’est la majorité qui l’exige?  Est-ce qu’un mal devient un bien aussitôt que 50%+1 des citoyens le sanctionnent? La réponse est non, bien sûr.

Donc, affirmer que la majorité a le droit moral de piller la propriété d’une minorité, c’est affirmer qu’un viol collectif ou un lynchage sont des exemples de démocratie en action.

Paiement contre services rendus?

Mais ces chantres de la social-médiocrassie soutiennent qu’il s’agit là d’une juste rétribution pour services rendus. Vraiment? Considérons ça pour un instant…

Dans un marché libre, si vous achetez du pain frais d’un boulanger, par exemple, vous effectuez une transaction qui est bénéfique aux deux. Vous obtenez ce que vous voulez: une miche de pain à un prix que vous considérez comme acceptable, sinon vous iriez voir un autre boulanger; et il obtient la quantité d’argent qu’il désire pour le fruit de son travail. C’est un arrangement qui est gagnant-gagnant et tout le monde sort de la transaction avec quelque chose auquel il accorde plus de valeur que ce qu’il a cédé.

Qu’en est-il des services du gouvernement et de l’impôt? Primo, vous n’avez aucun contrôle sur le prix. Le gouvernement décide ce que vous devez payer, et vous ne pouvez pas aller voir ailleurs pour un meilleur prix. Secundo, vous n’avez aucun contrôle sur quels services vous payez. Le gouvernement vous offre un certain panier de services et vous payez pour tous ces services, que vous en ayez besoin ou non. Tertio, vous n’avez aucun contrôle sur la qualité des services. S’ils sont médiocres, et au Québec, ils le sont, vous n’avez pas le choix d’aller voir ailleurs. Est-ce que ça ressemble à un échange équitable, selon vous?

Alors pourquoi un individu sain d’esprit accepterait de se laisser escroquer de cette façon? Ah oui! C’est vrai! Parce qu’il se retrouverait dans une cage avec un gros gars chauve et barbu qui veut faire de lui sa petite copine peut-être?

Alors l’impôt n’est certainement pas volontaire et il n’est certainement un paiement pour services rendus.

Quelques faits…

Selon les données les plus récentes du Ministère des Finances du Québec (2010):

  • 37,2%  des contribuables ne paient aucun impôt
  • Les 4,4% les plus riches ($100 000 et +) paient 35% des impôts
  • Les 23% les plus riches ($50 000 et +) paient 75% des impôts

Allez dire que les riches ne font pas leur part.

Selon l’Institut Fraser:

  • En 2012, la famille moyenne consacrait 42,7% de son revenu en impôt et taxes de toutes sortes. C’est plus que toutes les autres nécessités de la vie.
  • De 1961 à 2012, les impôts et taxes de la famille moyenne ont augmenté de 1 787%  comparé à 1 290% pour le logement, 607% pour les vêtements, 578% pour la nourriture, 675% pour l’indice des prix à la consommation et 1 382% pour les revenus!

N’êtes-vous pas surpris que les familles peinent à pouvoir épargner?

Conclusion

D’année en année nous devons consacrer de plus en plus du fruit de notre labeur pour avoir le « privilège » d’attendre des heures aux urgences, des mois pour une chirurgie et de bénéficier d’infrastructures croulante, tout en subventionnant tout ce qui bouge et en payant des plans de retraite dont le reste d’entre-nous ne peuvent que rêver aux élus et fonctionnaires. Il est temps que cesse cet esclavage à temps partiel.

 

justin-borque-canada-shooting

Pourquoi Justin Bourque n’est pas un «héros de la liberté»

Par Philippe David

Depuis la fusillade de Moncton, il y en a beaucoup qui semblent vouloir capitaliser sur l’évènement, comme toutes les fusillades, mais contrairement aux fusillades précédentes, le tireur fou a mis des messages contre le contrôle des armes à feu et anti-gouvernement sur sa page Facebook. Il n’en faut pas plus pour que les médias s’écrient « Aha! Un libertarien! » et pour certains illuminés l’acclâment comme un «héros de la liberté». Si c’est votre cas, vous êtes un ignorant ou un idiot, ou les deux. Je vous expliquerai pourquoi, mais je veux d’abord et avant tout joindre ma voix à celles de milliers de libertariens pour exprimer mes sincères condoléances aux familles, amis et collègues des officiers de la GRC tombés dans l’exercice de leur devoir. Sachez que nul parmi nous n’approuve le geste de Justin Bourque. Un homme qui de toute évidence, souffre de grave problèmes de santé mentale. Je souhaite sincèrement que justice sera faite.

Une philosophie de la non-violence

Les libertariens sont des gens qui croient fortement en la liberté et la responsabilité individuelle. Ils peuvent adhérer à une variété de croyances religieuses et sont généralement des personnes qui tiennent beaucoup à leurs principes. La pierre angulaire de ces principes, celui qui est le fondement moral de leur philosophie est le principe de non-agression. Ce principe s’énonce comme suit: personne n’a moralement le droit d’initier une agression. Par « agression », les libertariens entendent toute atteinte à la personne ou la propriété. La seule situation où l’usage de la force est acceptable, c’est en légitime défense. Et même encore là, les libertarien n’utiliseront que suffisamment de force pour neutraliser leur attaquant, ou dans le cas d’une atteinte à la propriété, obtenir une restitution.  Tout autre usage de la force est immorale et inacceptable. Un libertarien ne pourrait pas agir comme Justin Bourque a agit, à moins que les policiers n’aient fait feu en premier. Selon les reportages, ce n’était pas le cas.

Un défenseur de la liberté?

Certains exaltent Bourque comme un défenseur de la liberté. Ce sont des idiots. Bourque a commit trois meurtres complètement gratuits sans aucun motif apparent. Les prochain jours nous renseigneront peut-être sur ces motifs, mais en attendant, nous ne pouvons que spéculer sur ce qui s’est passé dans sa tête. Je doute que ce soit la défense de la liberté. Ce triple meurtre n’a absolument rien accompli en ce sens. À l’inverse, il aura privé trois policiers de leur vie et trois familles d’un des leurs. C’est inacceptable. Aucun geste de la sorte n’aidera jamais la cause de la liberté.

Oui, nous n’aimons pas l’état.

À cause de notre principe de non-agression, nous n’aimons pas l’état, que nous considérons une institution immorale et dangereuse.  Et oui, nous militons contre le contrôle des armes qui criminalise les propriétaires d’armes honnêtes sans pourtant incommoder les criminels. Nous croyons au droit de pouvoir se défendre contre ces criminels, mais pas pour tuer ceux qui ne nous ont rien fait. Nous prenons nos principes extrêmement au sérieux. Dans le débat politique, ce sont ces principes qui nous sépare de ceux qui trop souvent, semblent n’en avoir aucun.