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Les vrais trous de cul du monde

Par Philippe David

J’ai été sidéré à la lecture de ce billet provenant du blogue d’un certain Jean-François Hotte. Je déteste l’idée de lui faire une quelconque publicité, mais je suis incapable de taire ma révulsion de ce torchon immonde. A-t-on idée de cracher son fiel de telle manière contre une ville vivant un tel désastre? Peut-on à ce point manquer d’empathie alors que la ville brûle encore? C’est inimaginable! Laissez-moi vous livrer un court extrait:

«À Fort McMurray, il fait toujours gris, les gens boivent beaucoup d’alcool. Cette ville connaît un grave problème de prostitution, de jeu et de drogue. Pour la plupart, des gens peu éduqués qui veulent s’enrichir rapidement, c’est un mélange toxique pour n’importe quelle société. En investissant dans cette ville éloignée, le Canada participe au génocide intellectuel d’une nation.

Comme au Far West, les hommes se promènent en pick up neuf, le menton bien haut, c’est ça la vie. Il y a souvent des bagarres, les gens consomment beaucoup de drogue pour oublier l’ennui, beaucoup de drogue.

Lorsque j’ai commencé à travailler comme agent de sécurité sur une mine, tout le monde avait un seul but: faire fortune sans études en se renseignant le moins possible sur le monde autour. La sélection naturelle renversée.

Fort McMurray, c’est le paradis de l’individualisme et de la bêtise. Jean Chrétien nous l’a dit, c’est ça le plus meilleur pays au monde.

Je me sentais comme dans un livre de Orwell, une société sans culture, sans personnalité, un objectif commun: dépenser son argent dans les bars, les voitures et sur les tables de Blackjack du Boomtown.»

Mais qui êtes-vous M. Hotte pour juger ces gens qui ne font au final que poursuivre leur rêve? Si vous croyez que Fort McMurray est si pire, vous auriez dû voir ce que ça avait l’air à la Baie James pendant les années 70. Tous des rustres aussi là pour faire un coup de cash. Et alors? Qu’est-ce qu’il y a de si mal à ça? Vous devriez plutôt leur montrer une petite dose de respect. Si vous avez des études, ces gens en ont payé une part grâce à la péréquation.

Parce que voyez-vous, le méchant pétrole sale de l’Alberta paie pour une bonne partie de nos chers acquis sociaux au Québec depuis des décennies à la hauteur de $ 7 à 10 milliards par année parce que nous nous sommes trop bons pour nous salir les mains à développer nos propres ressources. Nous ne voulons même pas savoir si nous avons des ressources à exploiter. Oh non! Tout d’un coup qu’on deviendrait riches nous aussi plutôt que d’être nés pour un petit pain et lever le nez devant ceux qui se défoncent et n’ont pas peur de se salir pour créer de la richesse pour eux-mêmes et les autres qui ne le méritent pas.

Le pétrole sera là pour encore longtemps

Le pétrole sera là pour rester tant et aussi longtemps que ce sera la forme d’énergie la moins coûteuse, et lorsqu’elle cessera de l’être, il y aura une alternative qui sera prête à prendre le relai. Oui, son exploitation défigure le paysage, mais l’exploitation du lithium pour les piles de vos chères voitures électriques et hybrides n’est pas plus jolie.

Lithium mine
Mine de lithium de Soquimich au Chili.

De plus, l’électricité pour alimenter vos Tesla, Miev et Leaf est dans la plupart des endroits générée par des centrales au charbon et au mazout. Car ce n’est pas partout sur la planète qu’il y a le potentiel hydro-électrique du Québec et le solaire et l’éolien ne pourront jamais les remplacer. Il y aurait bien le nucléaire, mais les écolos n’en veulent pas. Crachez autant que vous voulez sur le pétrole sale de l’Alberta, il en reste que vous n’êtes pas aussi verts que vous le croyez. Cessez-donc de regarder les autres de haut parce que vous vous noyez dans toutes vos contradictions. Si nous faisons bonne figure au niveau de l’émission de GES au Québec, c’est surtout grâce à un accident de la nature plutôt que notre bonne volonté et nos barrages ont été construits bien avant qu’on commence à se soucier de nos émissions de CO2. Cessons donc de nous croire plus verts que verts parce qu’en réalité c’est de l’hypocrisie. Ce sondage de 2013 montre que la lutte aux gaz à effet de serre est plutôt basse dans la liste de priorité des québécois alors qu’un approvisionnement moins cher en pétrole est bien plus haut.

sondage priorités Québec 2013

Cessons donc de faire croire que les québécois se soucient plus de l’environnement que les autres. C’est carrément faux.

Un autre portrait de Fort Mc Murray

Heureusement, il y a des portraits un peu plus honnêtes de Fort McMurray comme cet article du Globe and Mail publié en 2015. Il brosse un tableau très différent Fort McMurrray basé sur des faits plutôt que les impressions biaisées d’un cégepien de 19 ans.

Ft McMurray facts

Avec 30,7% de diplômés universitaires, Fort McMurray n’est certainement pas la ville d’ignares incultes que M. Hotte prétend. Et elle est loin d’être aussi sale.

Ft McMurray panorama

Les vrais trous de cul

Non, Fort McMurray n’est pas le trou de cul du monde, mais son malheur a dévoilé une panoplie de véritables trous de cul. Ceux qui se réjouissent de cet incendie et qui tentent de se faire du capital politique et faire avancer leur agenda alors que les flammes ragent toujours. En passant, tous les scientifiques crédibles disent que rien ne peut lier cet incendie aux changements climatiques. Absolument rien! J’ai toujours su que le mouvement environnementaliste est anti-humain. Nous venons d’en voir une belle démonstration. Vous êtes tout ce qu’il y a de plus bas dans l’échelle évolutionnaire. Je vous emmerde tous autant que vous êtes!



Qu’est-ce qui cloche avec l’idée du revenu universel?

Par Philippe David

« Non vraiment j’y tiens la meilleure façon de tuer un homme
C’est de le payer à ne rien faire. »

– Félix Leclerc, « Les 100 000 façons de tuer un homme »

Le concept d’un revenu universel n’est pas nouveau. Il existe depuis plusieurs décennies déjà et aucun état ne l’avait jusqu’alors implémentée complètement, mais récemment, il y a eu un certain regain d’intérêt pour cette idée. La Finlande en particulier, vient de l’introduire et on commence à y penser sérieusement dans plusieurs pays, incluant le Canada. Notamment, le gouvernement fédéral sous Justin Trudeau et le gouvernement du Québec sous Philippe Couillard sont tous deux en train d’explorer la question. À première vue, l’idée d’un revenu universel peut paraître intéressante, mais j’ai personnellement de fortes raisons de croire qu’il s’agit d’une autre fausse bonne idée.

Le revenu universel, c’est quoi?

Il existe plusieurs variantes, mais grosso modo, l’idée est que l’état attribue à chaque individu un revenu minimum qui est jugé suffisant  pour subvenir aux premières nécessités. Du coup, ça éliminerait en théorie tous les aléas de la pauvreté. Tous les membres de la société seraient assurés d’au moins avoir un toit sur leurs têtes,  de quoi manger et se vêtir, peu importe s’il a un emploi ou non.  Si quelqu’un travaille mais qu’il fait moins que de revenu universel, on comblerait la différence.  Si son revenu d’emploi excède  le revenu universel, alors il ne reçoit plus d’allocation.  En revanche, le gouvernement éliminerait une panoplie de programmes existants.   Si vous commencez à dire que tout ça paraît trop beau pour être vrai, vous avez le bon réflexe.  Voyons pourquoi.

Un programme très coûteux.

Selon ce que rapportait le Journal de Montréal récemment,  un expert a évalué le coût d’un tel programme à $56 milliards, mais le programme actuel de sécurité du revenu coûte $30 milliards, ce qui veut dire que  qu’il faudrait que le gouvernement coupe un autre  $26 milliards d’autres programmes d’assistance pour équilibrer le coût. Plus si on espère faire des économies. Puisqu’au Québec tout programme d’allocation est une vache sacrée assuré par une petite armée de fonctionnaires syndiqués à l’os et défendus par une autre armée de groupe sociaux qui ne manqueront pas de descendre à la rue pour défendre leurs bonbons particuliers. Soyez donc assurés qu’il ne sera absolument pas évident comment le revenu universel finira par nous épargner quoique ce soit. Mon impression est qu’avec l’inefficacité  légendaire du gouvernement et la résistance populaire à laisser les programmes se faire remplacer,  c’est plutôt une explosion des coûts qui est à prévoir… Et plus d’impôts pour les contribuables les plus taxés en Amérique du Nord.

 

Combattre la pauvreté.

Mais c’est quoi d’être pauvre au Québec et c’est quoi la meilleure façon d’aider ceux qui se retrouvent au bas de l’échelle des revenus? Peut-on résoudre ce problème simplement en envoyant un chèque à chaque mois?

La pauvreté a toujours été l’état «par défaut » de l’humanité. La richesse n’existe pas d’elle-même. Elle n’est pas juste présente par petit tas à attendre de se faire approprier par le plus fort, elle doit être créée et la seule façon de créer cette richesse est de satisfaire les besoins d’autrui. Ceux qui créent la richesse sont ceux qui utilisent les moyens que leur fournit la nature et les transforment en quelque chose d’utilisable ou désirable à autrui, que ce soit des produits de base comme de la nourriture, où plus complexe comme de la machinerie lourde ou des téléphones intelligents. C’est ce travail de production et d’échange et d’accumulation de capital qui a permis de hausser le niveau de vie de la race humaine au-delà de la simple subsistance. Aujourd’hui, il n’y a plus que 10% des habitants de cette planète qui vivent encore dans l’extrême pauvreté. Il  y a 200 ans, c’était plus de 90%. Ce qu’on considère comme  de la pauvreté au Québec n’a d’ailleurs aucune commune mesure avec cette pauvreté extrême.

Dans le cas du Québec et du Canada,  la pauvreté est un tout autre problème.  Il faut savoir au départ qu’il n’y existe que très peu de gens y vivent dans un état de pauvreté perpétuel. La grande majorité sont des gens qui commencent leur carrière dans des emplois précaires et peu payés et qui avec l’éducation, le travail, l’expérience et les promotions, grimpent l’échelle et atteignent un plus haut niveau. Selon une étude faite au Canada entre 1990 et 2009, de ceux qui ont débuté dans le quintile de plus bas revenu, 87% ont fini dans un quintile de revenu de revenu supérieur.  C’est donc dire que très peu de canadiens vivent dans un état de perpétuelle pauvreté.  La bonne nouvelle est que ceux qui veulent vraiment s’en sortir, s’en sortent effectivement. Mais que faire avec ceux qui n’y arrivent pas? Et est-ce vraiment une bonne idée de dire que pour aider cette infime proportion de canadiens dans une pauvreté perpétuelle, il faut s’inventer un système universel? Ou ne serait-il pas plus sage, et surtout moins gaspilleur de cibler notre aide vers ceux qui en ont réellement besoin? Et surtout, puisque ces gens reçoivent déjà un chèque d’aide sociale à chaque mois, vous croyez vraiment que si on décide d’envoyer un chèque  plus gros à tout le monde, ça va les aider à s’en sortir? Pas nécessairement. Si quelqu’un est emprisonné dans la pauvreté perpétuelle des années durant, c’est probablement que cette personne a besoin de plus qu’une pitance à chaque mois. Elle a besoin d’un soutien moral. Ce soutien moral, qui va leur donner? Certainement  pas le gouvernement pour qui ils ne sont que des numéros.

L’utopie naïve

C’est plutôt naïf de croire qu’il ne suffit que de faire pleuvoir de l’argent pour éradiquer la pauvreté sans aucun coût social. L’argent doit provenir de quelque part. Au final, il proviendra certainement des poches des plus riches. Le hic, c’est qu’au Québec, nous sommes très pauvres en riches pour financer les coûts additionnels d’un tel programme.  Mais pire encore est l’idée sordide que c’est le rôle de l’état d’assurer une subsistance à chacun de ces citoyen pour le simple fait d’exister. De facto, si vous travaillez, tous ceux qui ne travaillent pas ont un droit de regard inaliénable sur le fruit de votre labeur.  À quoi bon travailler alors? Inévitablement, tous ceux qui gagnent moins que l’allocation minimum ou même un petit peu plus, seront tentés de se laisser vivre. Plus il y aura de gens qui préféreront vivre sur le revenu minimum, plus les coûts du programme seront élevés, ce qui signifie que les impôts devront être augmentés en compensation et plus les contribuables plus riches modifieront leur comportement en conséquent (Trop d’impôt finit par tuer l’impôt, selon Arthur Laffer). Nous nous retrouverons alors avec le paradoxe socialiste. Tôt ou tard, nous finissons par manquer de l’argent des autres.



Comment tuer une société

Par Philippe David

«Lorsque vous voyez que les échanges sont faits, non par consentement, mais par la contrainte — quand vous voyez que pour produire, vous devez obtenir la permission de gens qui ne produisent rien. — lorsque vous voyez que l’argent coule vers ceux qui traitent non pas en biens, mais en faveurs — lorsque vous voyez que les hommes s’enrichissent plus par la corruption et l’influence que par le travail, et que vos lois ne vous protègent pas contre eux, mais les protègent contre vous — lorsque vous voyez la corruption récompensée et que l’honnêteté devient un sacrifice — vous saurez que votre société est condamnée.»

Ayn Rand, Atlas Shrugged (La Grève)

Quand Ayn Rand a écrit ces lignes quelque part dans les années 1950, nous étions loin de nous douter à quel point elles seraient prophétiques au Québec (et dans bien d’autres endroits aussi). Comment en est-on arrivé là? Qu’est-ce qui fait que le Québec traîne de la patte depuis des décennies?

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Le déclin constant du Québec en pourcentage du PIB canadien

Une des raisons possibles est ce que j’appellerais la culture du Québec Inc. Ce qui nous pousse à faire des pieds et des mains pour préserver et subventionner nos «fleurons». Saviez-vous qu’au Canada, le Québec est le champion du BS corporatif? De 1981 à 2009, le gouvernement du Québec a dépensé $115,5 milliards en BS corporatif. Pour mettre ça en perspective, c’est plus que l’Ontario, l’Alberta et la Saskatchewan réunis! Naturellement, nos politiciens tentent toujours de nous vendre l’idée que tout cet argent sert à «stimuler» notre économie, mais dans la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres. Malgré tous ces soi-disants «investissements», nous sommes devenus la province la plus pauvre et nous continuons de nous appauvrir. L’engouement de notre gouvernement, tous partis confondus, pour les leviers économiques depuis 65 ans est en train de tuer notre société à petit feu. Voici quelques raisons pourquoi:

  1. Les gouvernements en général sont de pauvres gestionnaires de capital. C’est vrai pour tous les gouvernements, et c’est certainement vrai au Québec. Le but d’une économie sera toujours de fournir aux consommateurs les biens et services qu’ils désirent le plus et non ce qui est politiquement payant. Lorsque les gouvernements s’immiscent dans la sélection de gagnants et perdants dans l’industrie, ils le font pour des raisons politiques plutôt qu’économiques. Pensons à quelques-uns des gros bénéficiaires de la manne de l’État québécois: La cimenterie de Port-Daniel qui n’a aucune raison d’exister puisque les cimenteries déjà existantes ne fonctionnent même pas à pleine capacité. La CSeries de Bombardier qui, malgré les beaux contrats récents, se permet de vendre ses avions à perte grâce à «l’investissement» de $2 milliards des poches du contribuable. Souriez! C’est vous qui payez pour que Delta puisse renouveler sa flotte à rabais! La Davie, qui vit depuis si longtemps sur le respirateur qu’elle a probablement plus de ressemblance avec les zombies de Walking Dead qu’à un fleuron de l’industrie. Et qui peut oublier les belles expériences de la Gaspésia et Tricofil?
  2. Gros coûts, peu de bénéfices. Le Québec subventionne presque trois fois plus que l’Ontario et pourtant nous sommes la province la plus pauvre. Cherchez l’erreur. Si ça fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait.

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  3. Des dés pipés. Le BS corporatif favorise les gros joueurs au détriment des petits. Les grosses corporations ont beaucoup plus les moyens d’embaucher une armée de lobbyistes pour retirer le maximum des mamelles de l’État. Elles ont aussi beaucoup plus de poids pour faire du chantage pour éviter des pertes d’emplois massives. C’est un transfert de richesse des entreprises les plus petites aux plus grosses, des plus pauvres vers les plus riches, des plus productifs aux plus gaspilleurs et mieux connectés.
  4. Une relation incestueuse. Le BS corporatif a toujours créé une relation incestueuse avec le monde des affaires et le gouvernement. Ce qui favorise la corruption, les retours d’ascenseur et les enveloppes brunes. Quand la manne est aussi grande qu’elle l’est au Québec, il ne faut pas se surprendre que la Belle Province ait la réputation d’être la province la plus corrompue.
  5. Le BS corporatif est anti-consommateur. La raison d’être d’une entreprise est de bien servir ses clients. Si elle remplit bien son rôle, elle sera récompensée par des profits, sinon elle sera punie par des pertes et éventuellement, la faillite. Ce système fait en sorte que les ressources limitées vont vers les entreprises qui ont le plus de succès à satisfaire les désirs des consommateurs. Le gouvernement ne peut rien donner qu’il n’a pas d’abord pris à d’autres. Lorsqu’il finance des entreprises peu profitables au nom de la préservations des emplois, le gouvernement prive les entreprises plus profitables de ces précieuses ressources afin de maintenir les autres, moins adeptes à combler les désirs du consommateur, sur le respirateur. C’est un gaspillage de précieuses ressources limitées qui prive le consommateur des biens et services qu’il préférerait avoir et favorise la production de biens et services dont il ne veut pas. Ça crée une rareté qui fait que le consommateur doit payer plus cher ce qu’il veut pour subventionner ce qu’il ne veut pas. De façon très concrète, ça oblige le contribuable à « acheter » des produits et services dont il ne veut pas. Lorsque le gouvernement donne $7000 par voiture électrique aux fabricants d’automobiles, il force littéralement les contribuables à payer une partie du prix de l’auto électrique de leur voisin.  Ça crée aussi un aléa moral. Pourquoi se casser la tête à servir les clients quand on peut tout simplement se faire subventionner et faire du n’importe quoi plutôt que ce que les consommateurs veulent vraiment? Ce qui m’amène au point suivant.
  6. Plus de lobbying, moins d’innovation. Lorsque les entreprises sont motivées à satisfaire les besoins des consommateurs, elles ont un gros incitatif à innover, investir dans la recherche et le développement et être plus productives et concurrentielles. Pour continuer à demeurer profitables, elles doivent toujours trouver des meilleurs moyens de satisfaire les demandes de leur clientèle. Lorsque que des entreprises sont financées ou autrement protégées des aléas de la concurrence par le gouvernement, elles cessent d’innover. Ça devient plus payant d’embaucher des lobbyistes que d’investir en recherche et développement.
  7. Des permis pour tout et rien sans permis. Au Québec, il est impossible d’entreprendre quoi que ce soit sans permis. C’est presqu’à se demander si ça prend un permis pour respirer. Un permis, c’est quand le gouvernement vous vole votre droit d’entreprendre et vous le revend. Le prétexte est généralement la protection du consommateur, mais c’est un faux prétexte. A-t-on vraiment besoin d’être «protégés» d’une mauvaise coupe de cheveux? Le permis du coiffeur est-il vraiment une garantie d’une belle mise-en-plis? Durant la controverse des taxis vs Uber, on s’est rendu compte qu’aucune vérification des antécédents criminels des chauffeurs de taxi n’était faite. Pour la protection du consommateur, on repassera. En réalité, les permis sont une façon de limiter artificiellement l’offre de biens ou services dans le but de gonfler les prix et favoriser le producteur au détriment du consommateur. Le permis ne protège pas le consommateur contre les abus d’un producteur, il protège plutôt les producteurs des consommateurs en limitant la concurrence.

 

Ayn Rand avait raison

Quand vous êtes forcés à travers la taxation et le BS corporatif de payer pour des produits et services dont vous ne voulez pas. Quand pour entreprendre, vous êtes à la merci de bureaucrates. Quand les lois protègent les corporations plutôt que les consommateurs. Quand c’est plus payant pour un entrepreneur de faire du lobbying plutôt que de faire de son mieux pour satisfaire les besoins de ses clients. Quand l’innovation est sacrifié au nom de la protection d’industries obsolètes. Quand la corruption et le trafic d’influence deviennent la norme comme l’a démonté la Commission Charbonneau. Doit-on être surpris que notre société va de mal en pis et que nous soyons de plus en plus pauvres?

 

Sources des graphiques:

Graphique PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion des Comptes économiques du Québec

Graphique BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010



Dur d’être chef du PQ

Par Philippe David

Il n’y a pas à dire, c’est dur d’être chef du PQ. Ça fait combien maintenant qu’on voit aller et venir depuis 2001?  Quatre si on néglige de compter les chefs intérimaires. Sauf pour Pierre-Karl Péladeau, ils sont tous sortis avec un couteau dans le dos. Le dernier qu’on considérait comme le Messie, tire sa révérence après seulement un an parce qu’apparemment, il ne pouvait pas conjuguer son job et sa famille. Qu’il ait choisi la famille plutôt que le job est tout à son honneur. Il y a probablement beaucoup trop d’enfants de politiciens négligés, au moins les siens pourront retrouver leur père. En fin de compte, le Messie aura été un feu de paille.

Remarquez qu’il avait d’autres raisons de ne pas vouloir rester. Après un an à la barre du PQ, l’homme qui réclamait un pays avec le poing en l’air voit son rêve atteindre les bas-fonds. Le soutien à la souveraineté est au plus bas qu’on l’aie vu depuis très longtemps et le PQ n’arrive pas à rattraper les libéraux malgré tous leurs déboires récents. Tout le monde sait que le PLQ est corrompu à l’os, mais les électeurs le préfèrent quand même à toutes les alternatives. Ça en dit long sur la futilité de la politique québécoise.

Qui remplacera PKP?

Déjà plusieurs noms sont avancés, Jean-Martin Aussant, Jean-François Lisée, Martine Ouellet peut-être? Qui sait? Dans les candidats possibles, je ne vois pas vraiment qui arriverait à convaincre les québécois à endurer un autre référendum sur la souveraineté. Honnêtement, il faudra peut-être que le PQ fasse une petite pause pour se poser quelques questions existentielles. Peut-être qu’ils devraient imiter M. Péladeau et juste «tirer la plogue». Peut-être qu’à ce moment on verrait une alternative au PLQ émerger une fois que les québécois auront cessé de craindre la venue d’un référendum?

Cependant, si le PQ continue, j’ai une chanson-thème à suggérer pour la course à la chefferie…



Le monde des affaires d’Alexandre Taillefer

simard et belzile

Pierre Simard et Germain Belzile

Alexandre Taillefer intensifie sa campagne de dénigrement. Après avoir mené une fructueuse quête de privilèges auprès du gouvernement pour Téo Taxi, voilà maintenant qu’il accuse les défenseurs d’Uber « d’une profonde malhonnêteté intellectuelle ». Il va même jusqu’à les pointer du doigt :

 « Quand je lis le soutien que donne une institution Montréalaise (sic) bien en vue à Uber ou un chargé de cours des Hautes Études Commerciales (sic)[1], je vois le monde des affaires d’hier. »  (A. Taillefer)[2]

Avouons qu’il faut de l’audace pour accuser les défenseurs d’Uber de professer un monde des affaires d’hier, quand le but de Téo Taxi est de reconduire un système de gestion de l’offre à bout de souffle et dépassé. Une industrie du taxi qui, depuis des décennies, offre un service médiocre aux consommateurs et exploite ses chauffeurs en les forçant à acheter la permission de travailler.

Il faut également une bonne dose d’estime de soi pour se présenter en libérateur des travailleurs du taxi, tout en voulant les garder sous son dictat. Celui qui se présente comme un visionnaire devrait pourtant savoir que l’époque du propriétaire de champs de coton est chose du passé; qu’il ne suffit pas de proposer à des esclaves une faible augmentation de leur pitance pour les libérer de leur servitude.

Pourquoi les travailleurs du taxi devraient-ils se contenter des 15 $ de l’heure de Téo? Pourquoi ne pourraient-ils pas s’émanciper de ces privilégiés de l’État qui veulent toujours l’obliger à louer ou à acheter un permis pour travailler? Pourquoi un travailleur autonome ne pourrait-il pas gérer lui-même son temps de travail et sa propre voiture, et ce, tout en satisfaisant les besoins et les attentes des consommateurs?

Nous sommes désolés, mais remplacer des voitures à essence par des voitures électriques n’a rien de vraiment innovateur. Il ne suffit pas de remplacer une fournaise à l’huile par des plinthes électriques pour rendre un taudis salubre.

Taillefer nous invite à choisir entre « #JeSuisUber ou #NousSommesTéo ». Notre choix est fait. Nous préférons un marché libre à l’écoute des besoins des usagers et à l’affut des opportunités économiques; un Uber qui, pour survivre, ne réclame pas du gouvernement des permis pour soi et des interdits pour les autres.

Non, nous ne sommes pas Téo. Le monde des affaires d’hier, comme se plait à le décrire M. Taillefer, nous a enseigné qu’un projet capable de satisfaire efficacement les attentes des consommateurs peut se passer de l’État et de l’argent des contribuables.

Nous déplorons que la Caisse de dépôt, Investissement Québec et autres fonds syndicaux, qui sont financés en tout ou en partie par nos impôts, servent à financer une entreprise qui perpétue un modèle d’affaires obsolète ne pouvant survivre sans la coercition de l’État.

[1] M. Taillefer réfère sans doute à HEC Montréal, anciennement l’École des hautes études commerciales de Montréal.

[2] http://quebec.huffingtonpost.ca/alexandre-taillefer/teo-taxi_b_9806980.html