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Pourquoi Hillary Clinton ne devrait pas être Présidente

Par Philippe David

 

D’entrée de jeu, je vous le dis tout de suite, je ne veux pas voir Donald Trump Président des États-Unis. Tout indique qu’il est mythomane, mégalomane et psychopathe. Plusieurs de ses déclarations indiquent qu’il ne comprend pas la notion de séparation des pouvoirs ni la limite des pouvoirs présidentiels. Il semble même croire qu’il pourrait utiliser cette position pour des vendettas personnelles. La présidence dans les mains de Donald Trump, serait comme des allumettes dans les mains d’un bambin. De toute évidence, il serait le pire choix pour occuper cet office, si ce n’était pour Hillary Clinton. Je vous explique pourquoi.

Il y a un moment que je surveille les développements sur l’affaire de son serveur de courriel. Sujet qui est particulièrement d’intérêt pour moi parce que je travaille dans le domaine de l’informatique et que dans mon domaine, la sécurité de l’information est quelque chose sur laquelle on ne lésine pas. J’ai aussi, dans ma jeunesse, servi dans les Forces Armées Canadiennes où là aussi on m’avait inculqué l’éthos de la sécurité de l’information pour une excellente raison. Pour les militaires, les fuites d’information coûtent des vies.  C’est autant vrai dans la haute diplomatie où madame Clinton évoluait comme Secrétaire d’État. Les États-Unis étant pratiquement continuellement impliqués dans des conflits militaires pendant des décennies, les informations qui peuvent passer entre les mains de son diplomate en chef peuvent effectivement compromettre des opérations en cours et coûter littéralement la vie à des gens sur le terrain. Vendredi dernier, le FBI a rendu public les notes d’entrevue de l’enquête qu’ils ont menée au sujet du fameux serveur de courriels des Clinton. Ce qu’on peut y lire soulève des questions sérieuses quant à la compétence et l’honnêteté d’Hillary Clinton.

Un bref historique…

Voici quelques faits de notoriété publique dans l’affaire :

  • Hillary Clinton a occupé le poste de Secrétaire d’État de janvier 2009 à janvier 2013 (4 ans)
  • Le 13 janvier 2009, Hillary Clinton a enregistré le nom de domaine «clintonemail.com», hébergé sur un serveur privé dans sa résidence de Chappaqua dans l’état de NewYork. Selon le FBI, le serveur n’utilisait aucune forme de chiffrage, ce qui signifie que les courriels pouvaient être lus par n’importe qui. C’est un peu comme envoyer une carte postale par la poste régulière. Tout le monde peut en lire le contenu.
  • Le 22 janvier 2009, Mme Clinton a signé, comme tous ses prédécesseurs, une entente de non-divulgation qui indique que les marquages de classification sont sans importance par rapport aux secrets d’état. Il est expressément écrit dans l’entente que «les informations classifiées peuvent être marquées ou non-marquées… incluant les communications orales». Il est à noter qu’en tant que Secrétaire d’État, Hillary Clinton était une génératrice (Original Classification Authority ou OCA) d’informations classifiées, ce qui signifie qu’une de ses tâches était de déterminer ce qui devait être classifié ou non et à quel niveau. Les informations rendues publiques vendredi dernier indiquent par ailleurs que les enquêteurs du FBI avaient tendu un piège à Mme Clinton en lui montrant une communication non-classifiée mais qui avait été étampée «secrète» et Mme Clinton avait identifié la communication comme étant clairement non-classifiée malgré l’étampe. Cela prouve qu’elle savait faire la différence.
  • Le 22 décembre 2010, le National Archives and Records Administration institue des normes pour les dirigeants d’agence: Tous les courriels et pièces jointes ayant trait aux activités gouvernementales doivent être considérés comme des donnés préservées sous le Federal Records Act (ie sont propriété du gouvernement et doivent être entreposées dans un lieu approprié). Malgré ces directives, Mme Clinton continue d’utiliser son serveur et son compte de courriel privé pour envoyer et recevoir des courriels reliés à ses affaires officielles.
  • En mars 2013 on découvre l’adresse courriel privée d’Hillary Clinton quand le compte d’un proche collaborateur de Bill Clinton, Sydney Blumenthal, a été infiltré. Quelques jours plus tard, un pirate informatique du nom de Guccifer pénètre le compte d’un assistant de Mme Clinton, révélant qu’elle avait reçu des informations confidentielles d’un compte de courriel public.
  • En août 2014, dans le cours de l’enquête sur les évènements de Benghazi, on apprend pour la première fois qu’Hillary Clinton utilise un compte de courriel privé pour ses courriels officiels.
  • Le 5 décembre 2014, Hillary Clinton accède à la demande du département d’état pour tous ses courriels reliés à sa fonction. Elle envoie 30 490 courriels imprimés (pas sous forme de fichiers informatiques) au Département d’État. Un autre 31 830 courriels n’auraient pas été envoyés, étant supposément considérés comme privés. Quelques 17 000 autres courriels seront plus tard récupérés par le FBI et ont été rendus publics récemment.
  • Le 3 mars 2015, le New York Times rapporte pour la première fois l’existence du fameux serveur et que Mme Clinton pourrait avoir contrevenu aux règlements fédéraux en utilisant une adresse privée pour ses affaires publiques.

Rappelons que pendant la conférence de presse et durant son témoignage au Congrès, le directeur Comey du FBI a confirmé qu’un grand nombre des courriels hébergés sur le serveur des Clinton contenaient des informations classifiées et certaines de ces informations étaient même classées «Top Secret/Special Access Program», la plus haute classification possible. Ce genre d’information est désigné officiellement par un nom de code aléatoire pour en cacher la substance et n’est accessible que par les individus qui ont «besoin de savoir» exclusivement. Cette classification est utilisée pour toutes les informations cruciales à la sécurité nationale.

Quoi de neuf?

Le rapport et les notes d’entrevue rendus publics vendredi dernier ajoutent des détails précédemment inconnus.

  • Un ordinateur portable et une clé USB contenant tous deux une copie du contenu du serveur (avec les informations classifiées, il va sans dire) des Clinton auraient été «égarés» par la poste. Naturellement, on pourrait s’interroger qui a eu la brillante idée de les envoyer par la poste en premier lieu, considérant ce qu’ils contenaient. Vous croyez que peut-être ils auraient pu tomber dans les mauvaises mains ?
  • Trois semaines après que le New York Times eut rapporté l’existence du serveur et après qu’un subpoena ait été émis pour son contenu, les données du serveur auraient été «accidentellement» supprimées. Oups! (En fait, le terme officiel est qu’ils ont eu un «Oh shit moment»). Apparemment une négligence d’un technicien, mais étrangement, il y a eu un appel conférence entre le cabinet de Clinton et la compagnie qui faisait l’entretien du serveur avant l’évènement. Louche un peu.
  • Vous vous souvenez quand Hillary a dit qu’elle n’avait utilisé qu’un seul appareil mobile? Eh bien en vérité, elle en a eu 13 en 4 ans et au moins un d’entre eux aurait été détruit à coups de marteau par un des assistants de Mme Clinton. On devra probablement faire appel à la technique des cartons de lait pour les trouver parce qu’ils se sont tous volatilisés, et avec eux, toute chance que le FBI puisse vérifier s’ils avaient été compromis. 5 tablettes iPad auraient aussi été utilisées par Mme Clinton. Elles ont également disparu. Ajoutons au passage qu’aucun de ces appareils n’étaient sécurisés comme ceux fournis par le Département d’État. Mme Clinton utilisait des appareils personnels privés parce qu’elle n’aurait pas pu connecter un appareil du Département d’État à son serveur privé.

Amnésie, incompétence et mensonges.

Quiconque suit la politique ne devrait pas être surpris de voir des politiciens mentir. On blague fréquemment qu’il est facile de savoir quand un politicien ment : ses lèvres bougent. Dans le cas d’Hillary Clinton, on a  même adapté la vieille blague des horloges à mensonges et ce serait la sienne qui sert de ventilateur à Jésus Christ. Nous savons donc qu’elle a menti plusieurs fois au FBI : Elle a nié avoir envoyé ou reçu des informations classifiées par courriel et elle a également menti sur le nombre d’appareils mobiles qu’elle utilisait et elle affirme que son utilisation d’un serveur privé était largement connu (common knowledge) au Département d’État, ce qui est nié par même ses plus proches collaborateurs,  pour ne nommer que ces exemples.

Selon le rapport du FBI elle aurait répondu pas moins de 39 fois qu’elle ne se souvenait pas aux questions qui lui ont été posées. Mme Clinton semble avoir des trous de mémoire assez gros pour y faire passer un camion à dix-huit roues. Ainsi, elle ne se souvenait pas avoir suivi une formation sur la classification des informations, pourtant sa signature au bas de l’entente de non-divulgation atteste qu’elle a forcément suivi une telle formation. Ce serait d’ailleurs surprenant qu’une personne qui a occupé autant de positions dans les services publics qu’Hillary Clinton dans quarante dernières années ne soit pas familière avec les règles de classification. Je n’ai passé que quelques années dans l’aviation de réserve et je me souviens très bien de la formation que j’y ai suivie. N’importe qui ayant travaillé pour l’état dans une capacité où il doit avoir accès à des informations quelconques sait comment reconnaitre ces classifications et qu’est-ce qu’il peut faire ou ne pas faire avec ces documents.

Elle aurait également oublié qui, autre que Huma Abedin, avait accès à un compte de courriel sur son serveur. Elle a oublié ce qui est advenu de tous ses Blackberry. Elle a oublié quand elle a reçu ses droits d’accès de sécurité, elle ne pouvait pas non plus se souvenir quand elle a reçu des requêtes de libre-accès à l’information (FOIA) concernant ses courriels, etc. Elle blâme ses pertes de mémoire sur une commotion cérébrale qu’elle a subie en décembre 2012 et d’un subséquent caillot au cerveau causé par la commotion. Cependant, si on accepte cette excuse, il serait aussi raisonnable de dire qu’elle est inapte pour des raisons de santé.

Quand les pires flottent sur le dessus

Le rapport du FBI ne peut mener qu’à deux conclusions possibles au sujet d’Hillary Clinton. Soit qu’elle est une criminelle ou qu’elle est incompétente. L’une ou l’autre devrait la disqualifier pour la présidence. Ajoutez à cela les allégations de corruption et de trafic d’influence entourant la fondation Clinton pendant son mandat comme Secrétaire d’État et il est certainement raisonnable de croire qu’elle a des sérieux problèmes d’intégrité et de crédibilité. Autant Trump est dangereux avec son attitude autoritaire et dictatoriale, autant Clinton exhale une mauvaise odeur de corruption laissant croire que sous sa gouverne, l’aile exécutive du gouvernement américain serait à vendre aux contributeurs de la fondation Clinton. Bref, les électeurs américains sont sérieusement mal foutus. Ils devraient sérieusement considérer les alternatives ou encore mieux, inscrire massivement «None of the above» sur leur bulletin de vote.

Éteindre le feu

Par Philippe David

Le débat du burkini et de l’intégrisme islamique nourrit de nombreuses chroniques ces jours-ci. Deux des plus notables aujourd’hui sont celles de Joseph Facal et celle de Lise Ravary.

Dans sa chronique, Joseph Facal écrit :

«Supposons qu’un début d’incendie survient dans votre cuisine.

Il faut d’abord isoler la source, c’est-à-dire éloigner tout ce qui pourrait alimenter le feu. Puis, il faut priver le feu d’air.

C’est ce qu’il faudrait faire avec l’islamisme, mais nous ne le faisons pas: nous discutons de ses symptômes les plus visibles et non des sources du feu.

Prenez le débat sur le burkini. Je lis avec plaisir les chroniques de Richard Martineau, qui ferraille régulièrement avec des chroniqueuses de La Presse.

Sur le fond, je pense exactement comme lui: le burkini est la plus récente provocation pour donner toujours plus de place dans l’espa­ce public à une idéologie totalitaire.»

Il a effectivement raison, nous passons entièrement trop de temps à attaquer les symptômes et pas assez à s’attaquer à la cause. J’en disais autant dans ma dernière chronique :

«Vous croyez que si vous empêchez des femmes musulmanes soumises de porter un voile ou un burkini, elles cesseront d’être subjuguées par leur culture et leur religion? Vous croyez les libérer? Malheureusement, non. Parce que le problème n’est pas le bout de tissus. Le problème, c’est leur culture et un problème de culture ne se règlera pas par la législation.»

Alors concrètement, s’attaquer à la source et priver le feu d’air, ça veut dire quoi? Joseph Facal ne s’aventure pas à nous le dire.

De son côté, Lise Ravary nous rapporte que :

«La Commission canadienne des droits de la personne s’est associée à l’Islamic Social Services Association (ISSA) et à la National Council of Canadian Muslims (NCCM) pour réaliser un dépliant qui «aidera le personnel enseignant au Canada à mieux comprendre et soutenir les élèves affectés par la violence géopolitique et l’islamophobie.»»

Et ajoute :

«Entre des propos sensés sur la détresse des petits réfugiés syriens (à en croire le guide, ils sont tous musulmans) et sur l’imbécillité des racistes qui font porter à des enfants la responsabilité d’attentats terroristes à l’autre bout du monde, se glisse la suggestion d’aménager des salles de prières dans les écoles, de respecter les vêtements religieux des jeunes filles ainsi que la diète halal et d’encourager le prosélytisme à l’école.»

Mais encore là, elle parle de symptômes, pas de la source du problème. Mais elle s’y rapproche quelque peu quand même.

C’est quoi la source?

La première chose que vous allez probablement me dire est que la source du problème est l’idéologie intégriste, mais vous auriez tort. On a beau avoir une certaine idéologie et avoir la volonté de l’imposer au reste du monde, mais il reste qu’il n’y a qu’une seule et unique façon d’imposer quoi que ce soit à des gens qui n’en veulent pas et c’est par la force. Or, il n’y a qu’un organe dans notre société qui a légalement le droit d’utiliser la force (et je ne parle pas des Sith ou des Jedi). C’est le gouvernement. Seul le gouvernement peut vous forcer à vivre selon des règles avec lesquelles vous n’êtes pas forcément d’accord.

Certains vous diront que pour résoudre le problème, il faudrait carrément bannir l’islam et passer toutes les mosquées au bulldozer. Ceux-là aussi ratent le point. La liberté de religion existe justement pour défendre ce genre de comportement. La liberté de religion existe pour garantir que tout individu a le droit de croire en ce qu’il veut sans avoir à craindre d’être persécuté. Ce qui signifie que le gouvernement n’a pas le droit de voter des lois pour vous empêcher de pratiquer votre religion dans la mesure où cette pratique ne nuit à personne d’autre.

Laissez-moi cependant vous dire ce que cette liberté ne veut PAS dire.

  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit fournir des aliments halal ou casher dans les écoles. Si votre religion exige une diète particulière, faites un lunch pour votre enfant et sacrez-nous patience!
  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit fournir des locaux de prière. La plupart des autres religions n’en exigent pas et il n’y a pas de véritables raisons de réaménager les espaces seulement pour vous faire plaisir.
  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit changer les horaires des piscines publiques pour permettre une ségrégation hommes/femme, juste parce que ça vous embête de vous baigner avec des femmes ou vice-versa.
  • Ça me veut pas dire que le gouvernement (ou tout le monde entier) doit se fendre en quatre pour satisfaire toutes vos petites exigences et revendications.
  • Et finalement, ça ne veut pas dire que le gouvernement doit empêcher qui que ce soit de rire de votre religion ou de la critiquer. Vos croyances n’ont aucun statut spécial dans notre société. Elles sont ni plus, ni moins égales à celles de tous les autres.

C’est l’attitude que le gouvernement devrait avoir envers toutes les religions, sans exception et si ça ne fait pas leur affaire, il devrait simplement leur dire qu’ils se trompent de pays.

Mais voilà, le gouvernement ne fait pas ça avec les islamistes. C’est ça le problème! Le problème, c’est que par électoralisme et par souci de rectitude, les politicien on le nez si profondément enfoui dans le derrière de certains groupes, qu’ils peuvent goûter leur déjeuner. C’est cru, je sais, mais c’est vrai! Et les islamistes ne font pas exception parce qu’ils prétendent parler pour l’ensemble des musulmans, ce qui est faux. Mais si vous croyez que d’élire la bonne personne va résoudre le problème, détrompez-vous. Les politiciens ont rarement la bonne solution et jusqu’ici, l’islamisme ne fait pas exception. La bien-pensance exige la tolérance de tout et ils se draperont de vertu pour vous faire accepter l’inacceptable et à la fin, vous vous sentirez tous coupables de ne pas vous être tire-bouchonné plus. C’est exactement ce qu’ils ont fait à la commission sur les accommodements raisonnables, ou la conclusion finale a été que les québécois n’étaient tout simplement pas assez «accommodants».

Encore une fois, demandez-vous pourquoi vous croyez qu’il est légitime que certaines personnes aient le droit de vous imposer des croyances dont vous ne voulez pas et d’utiliser légalement la force pour vous les imposer et c’est exactement ce que les politiciens font lorsqu’ils cèdent en votre nom à toutes les petites exigences des islamistes. Sans cette légitimité imaginaire, ils ne pourraient pas vous imposer quoi que ce soit.

La liberté forcée

Par Philippe David

Il y a des jours où la politique m’épuise. C’est une des raisons pourquoi je la déteste avec passion. C’est un jeu dégoûtant où tout le monde tente d’imposer son point de vue à tout le monde. Par imposer, je ne veux pas dire tenter de convaincre les autres par les arguments du bien-fondé de sa position, mais de littéralement imposer son point de vue par la force. C’est exactement ce que vous faites chaque fois que vous dites la phrase «Il devrait y avoir une loi…».

Voyez-vous, une loi n’est rien d’autre qu’une opinion avec un fusil. Pourquoi? Parce que désobéir à une loi va inévitablement vous amener en présence de quelqu’un avec un fusil qui a la licence d’utiliser toute la force nécessaire pour vous obliger à y obéir. Que ce soit par le vol de votre propriété (l’amende), l’abduction et le confinement (l’emprisonnement) ou le meurtre (la peine de mort ou l’utilisation de force létale). Même si cette dernière est rarement utilisée dans un pays comme le Canada, elle n’en demeure pas moins une option. Donc dire qu’il devrait y avoir une loi équivaut à dire que vous aimeriez les soumettre à toutes sortes de violence si elles refusent de se soumettre à ce que vous jugez être correct et dans leur intérêt, que ce jugement soit fondé sur des arguments valides ou non.

Évidemment, il y a tout de même des situations qu’il faut interdire. Une société ne pourrait vivre en harmonie sans règles. Ça va de soi. Nous ne pourrions tolérer que les gens s’entretuent ou qu’ils volent les biens de leur prochain ou quoique ce soit d’autre qui viole les droits fondamentaux des autres membres de cette société. Mais il y a un bail que nous avons outrepassé la simple défense de ces droits et que nous utilisons plutôt les lois pour les piétiner allègrement et favoriser les uns aux dépens des autres. Nous le faisons souvent avec les meilleures intentions du monde, pour redresser ce que nous percevons être un tort. Mais fréquemment, nous perdons de vue ce qui est vraiment moral. Nous oublions aussi que ce que nous pouvons percevoir comme un tort, n’est pas nécessairement perçu de la même façon par les autres. Ou aussi que ce que nous imaginons être la bonne solution n’est pas nécessairement la meilleure. On va jusqu’à s’imaginer quelques fois qu’on puisse «forcer» quelqu’un à se «libérer» d’une quelconque oppression. C’est une erreur. Bien intentionnée, mais une erreur tout de même.

Ce qui m’amène au sujet du jour: le burkini.

Un droit fondamental.

J’ai entendus tous les arguments de ceux qui voudraient interdire un tel accoutrement. Ils sont les mêmes que pour la burqa, le niqab ou même le hijab. Que ces vêtements sont imposés aux femmes par une culture arriérée, parfois par la force et la menace. C’est certainement le cas dans certains pays comme l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan ou l’Iran ou il existe même des polices religieuses qui n’hésitent pas à battre à coup de bâton une femme musulmane qui ose se promener seule et sans voile dans les rues sans aucune autre forme de procès.

Ce n’est cependant pas le cas au Canada. Ici, aucune loi n’impose le port d’un tel vêtement. Mais ça ne veut pas dire que personne ne force les musulmanes à se voiler ou de se baigner avec un burkini, mais ça ne veut pas dire non-plus que certaines d’entre elles ne font pas par choix personnel. Vous me direz peut-être que c’est par endoctrinement et c’est possible, mais comment en être sûr? Et si c’est par conviction personnelle, qui êtes-vous pour lui dire qu’elle a tort et lui imposer votre jugement de valeur? Tout n’est pas blanc et tout n’est pas noir et le fait qu’elle porte ce vêtement ou non vous cause-t-il un tort à vous? Parce qu’à ce que je sache, son choix ne vous engage d’aucune manière à faire pareil et ne donne pas le droit à quiconque de vous l’imposer. Donc qu’une femme choisisse de porter un burkini librement ou non est vraiment son problème, pas le vôtre. Désolé si ça vous choque. Et si une femme choisit librement de porter un burkini, c’est son droit le plus strict, point à la ligne. Que son choix vestimentaire vous offense d’une quelconque manière n’est absolument pas son problème, c’est le vôtre, mais vous n’avez aucun droit à ne pas être offensé plus que les musulmans n’ont un droit à ne pas être offensés par notre propre liberté d’expression.

Oui, mais…

Et si ce n’était pas volontaire? Ne devrait-on pas l’interdire? Juste pour que leur communauté ne puisse pas leur imposer?

Je serai toujours étonné de constater à quel point les gens ne comprennent pas le concept de liberté. Croyez-vous peut-être que parce que vous ouvrez la porte de la cage d’un oiseau, il va forcément s’envoler et ne jamais y revenir? Croyez-vous que si vous brisez les chaines d’un esclave, il va nécessairement comprendre ce que c’est qu’être libre? Vous croyez que si vous empêchez des femmes musulmanes soumises de porter un voile ou un burkini, elles cesseront d’être subjuguées par leur culture et leur religion? Vous croyez les libérer? Malheureusement, non. Parce que le problème n’est pas le bout de tissus. Le problème, c’est leur culture et un problème de culture ne se règlera pas par la législation.

La liberté ne s’impose pas

Peu importe vos bonnes intentions, vous ne pouvez pas forcer ces femmes à se libérer en restreignant leurs choix vestimentaires. Pour être libre, il faut vouloir être libre et pour vouloir être libre, il faut d’abord être conscient que nous ne le sommes pas. Vous seriez probablement choqués d’apprendre que vous n’êtes pas libres vous-même, mais ça c’est une toute autre discussion. Suffise de dire que la première étape pour aider ces femmes est de leur montrer ce qu’est la liberté et leur imposer un code vestimentaire va plutôt dans le sens contraire. Il faudrait plutôt trouver le moyen de les convaincre que vous êtes plus libres qu’elles. Là-dessus, je vous souhaite bonne chance.

Drôle de guerre

Par Philippe David

Un autre attentat terroriste. J’ai essayé de résister l’envie d’écrire sur le sujet, mais c’est plus fort que moi. On dit que nous sommes en guerre, mais c’est une drôle de guerre. Pas drôle dans le sens que ça fait rire, mais drôle dans le sens de bizarre, particulier, étrange et je dirais même irréelle.

Le monstre de Frankenstein

Cette guerre est bizarre parce que d’abord et avant tout, l’ennemi est un monstre «made in the USA», ce qui en fait un monstre de notre propre fabrication puisqu’il s’en prend à toute la civilisation occidentale dont les États-Unis sont la figure de proue. Bizarre aussi parce qu’il semble que les gouvernements les plus proéminents de cette civilisation ont la tête dans le sable pendant que le monstre saccage les campagnes. Pire encore! Ils semblent faire tout pour faciliter la tâche au monstre. Non seulement ont-ils créé les sempiternelles tensions au Moyen-Orient qui ont fait de cette région une poudrière, ils ont créé le vide de pouvoir en Irak qui a donné naissance au monstre, il ont aussi créé la situation en Libye et Syrie qui lui ont donné son essor et permis d’étendre ses tentacules et maintenant que le monstre a été relâché dans la nature, ils semblent tout faire pour ne pas le confronter. Oh, ils tentent bien de faire bonne figure en bombardant en Irak et en Syrie, mais tout le monde sait bien que ça prendra bien plus que ça pour s’en débarrasser et même que, comme un fauve, si on ne fait que le «picosser» (en bon argot québécois) de la sorte, non seulement on ne règle pas le problème, on ne fait que rendre le monstre plus furieux et dangereux. Sans parler des milliers de réfugiés qu’on envoie envahir l’Europe. On jurerait que le Dr Frankenstein s’applique à protéger sa création par pure sentimentalité. De quoi alimenter mille et une théories du complot.

L’ennemi à l’intérieur des murs.

Une autre particularité de cette guerre contre la civilisation occidentale est qu’elle comporte des éléments qui veulent vaille que vaille que cette civilisation se fasse hara-kiri et qui travaillent très fort à planter les graines de ce suicide collectif. Ce mouvement ne date pas d’hier. Jadis, il travaillait avec les communistes, maintenant il a trouvé un allié dans l’islamisme.

Ces idiots utiles comme Vladimir Lénine les appelait, ont compris qu’ils ne pouvaient pas inciter la révolution des prolétaires qu’ils souhaitaient avec le seul argument de la guerre des classes,  ont adopté une stratégie qui consiste à saper les bases culturelles de la civilisation occidentale appelée «marxisme culturel».  Cette doctrine remplace la lutte des classes par un conflit entre groupes «privilégiés» et groupes «opprimés». Si vous êtes blanc (particulièrement un homme blanc), hétérosexuel, cisgenre et chrétien, vous êtes un méchant oppresseur et vous devriez avoir honte de tout ce que vous êtes une femme, de couleur, gay, transgenre ou musulman, vous faites partie des pauvres opprimés et vous pouvez revendiquer tous les droits possibles et imaginables.

Ainsi. la liberté d’expression se voit pervertie par la redéfinition de certains termes et étouffée par la rectitude politique. On veut bannir tout discours qui pourrait «offenser» les opprimés. Les valeurs traditionnelles occidentales sont perverties de façons à ce que maintenant, les hommes tentent de se faire passer pour des femmes et vice-versa, des blancs tentent de se faire passer pour des noirs. Nous ne pouvons plus faire de yoga parce que c’est une «appropriation culturelle» et il devient de plus en plus difficile de critiquer les religions (sauf le judaïsme et le christianisme), en particulier une certaine religion commençant par un «i» et se terminant en «slam».  Ce sont ces idiots utiles qui ont d’ailleurs inventé le terme «islamophobie» pour étouffer toute critique de cette religion.

Il importe peu pour ces gens que les islamistes ont généralement des valeurs diamétralement opposées aux leurs. Qu’ils sont anti-avortement, anti-gay, anti-trans, anti-égalité des sexes, pro-esclavage, etc. Il n’importe que le fait qu’ils soient anti-capitalistes et anti-Occident (à ne pas confondre avec antioxydant). Et malheureusement, beaucoup de ces gens sont dans des positions de pouvoirs en ce moment et vous n’y pouvez strictement rien. Il suffit de suivre la campagne présidentielle aux États-Unis pour vous rendre compte que si les américains se trouvent face à un choix entre deux complets incompétents, c’est que quelque chose ne tourne sérieusement pas rond dans ce pays. Et on pourrait en dire autant de l’élection de Justin Trudeau au Canada, François Hollande en France, pour ne nommer qu’eux.

L’infiltration

Pendant que les leaders occidentaux créent des monstres de Frankenstein et multiplient l’influx de réfugiés qu’ils créent eux-mêmes par leurs bombardements en Syrie et en Irak, attisant encore plus l’animosité contre l’Occident, l’Arabie Saoudite est soupçonnée de financer en catimini certaines activités des islamistes, d’utiliser certaines mosquées occidentales pour répandre l’idéologie wahhabite, cette version puritaine et archaïque de l’islam dont s’inspirent les islamistes et faire du recrutement et de l’endoctrinement pour le compte d’organisations terroristes. Il a été rendu public récemment qu’un document gouvernemental américain de 28 pages prouverait un lien entre le gouvernement saoudien et les attentats du 11 septembre 2001, mais jusqu’ici, le gouvernement américain refuse de le déclassifier et le rendre public. Encore de quoi alimenter les amateurs de théories du complot.

La solution n’est pas si simple

On semble vouloir nous faire croire que l’ennemi à abattre est l’État Islamique. Notre fameux «monstre de Frankenstein». Alors on brandit le spectre de ce monstre pour récolter le soutien des populations des démocraties occidentales pour plus de bombardements qui ne font en réalité que faire plus de réfugiés et plus de ressentiment contre l’Occident. Mais pourquoi ne parle-t-on pas d’envoyer des troupes pour pacifier la région et annihiler la bête? Si nous sommes vraiment en guerre, ce n’est pas en se contentant de larguer des bombes du haut des airs qu’on va la gagner, non? Après tout, l’EI ne dispose pas d’une véritable force militaire. Il ne pourrait certainement pas résister longtemps à un assaut par des troupes de l’OTAN, non? Et pourtant, l’alliance militaire supposément la plus puissante au monde n’a pourtant pas pu débarrasser l’Afghanistan des Talibans. Aura-t-elle plus de succès avec l’EI? Difficile pour nos soldats de poursuivre un objectif qui n’est pas clair. Difficile aussi pour nos soldats de se battre avec les mains attachées dans le dos parce que les leader occidentaux, le Président Obama en tête, ne semblent pas avoir à cœur de vouloir aller à fond pour annihiler l’EI et ce n’est certainement pas par manque de ressources  militaires ou parce que l’opinion publique est contre. Alors pourquoi?

Est-ce peut-être parce que la guerre contre le terrorisme est supposée être une guerre perpétuelle permettant à nos valeureux leaders d’imposer des mesures de sécurité de plus en plus oppressives et une surveillance de plus en plus étroite envers ses citoyens? N’avez-vous donc pas remarqué comment notre monde se fait de plus en plus orwellien depuis le 11 septembre 2001?

Dans sa récente chronique au Journal de Montréal, Richard Martineau pose une question que je trouve extrêmement pertinente:

«Qu’est-ce qui vous fait le plus peur: Big Brother ou les fous d’Allah?»

Sa chronique me laisse un petit doute que personnellement, il a plus peur des fous d’Allah. C’est drôle, mais il y a 260 millions de personnes qui pourraient témoigner du fait qu’on devrait s’inquiéter davantage de Big Brother si elles n’étaient pas toutes mortes au XXe des mains de leur propre gouvernement. Je dirais qu’en comparaison, les islamistes font figure d’enfants de chœur, vous ne trouvez pas?

Fait intéressant, j’ai publié un commentaire à cet effet dans la section commentaires de cette chronique. Le commentaire se lisait comme suit:

«Qu’est-ce qui vous fait le plus peur: Big Brother ou les fous d’Allah?»

Considérant qu’au XXe siècle 260 millions de personnes on été tuées par leur propre gouvernement, vous devriez avoir bien plus peur de Big Brother. Les fous d’Allah, ce sont des amateurs en comparaison.

Soit dit en passant, les fous d’Allah sont financés par l’Arabie Saoudite et armés par les États-Unis et leurs alliés. Essayez de deviner pourquoi…

Ce commentaire a été promptement supprimé par les modérateurs. Tiens, tiens…

 

Ce qu’aucun média ne vous dira au sujet des fusillades

Par Philippe David

Tragiquement, le weekend dernier, une autre fusillade a coûté la vie à 50 personnes et blessé une autre cinquantaine à Orlando en Floride. Ce genre d’évènement est certainement déplorable. Mes pensées sont naturellement pour les familles et amis des victimes qui ont été fauchées dans la fleur de l’âge. Après un tel évènement, il va de soit que les médias s’emparent de la nouvelle. De telles tragédies sont bonnes pour la circulation des journaux et les côtes d’écoute et les clics sur le web. Bien sûr, il est aussi naturel de chercher à trouver un sens dans une situation qui n’en a pas. Qui était ce tueur? Était-il un terroriste islamiste en quête d’un coup d’éclat au nom d’Allah? Un homosexuel refoulé qui exprimait son malaise envers sa propre sexualité? Un peu des deux? Toujours est-il qu’il a téléphoné au 911 pour leur dire qu’il agissait au nom de l’EI et que son choix de cible démontre qu’il avait un gros problème avec l’homosexualité. Mais ce n’est pas vraiment de ça que je veux vous parler.

Alors que les politiciens et leurs caniches des médias s’empressent de vous dire de ne pas faire d’amalgames envers les musulmans (et ce ne sont certainement pas tous les musulmans qui sont d’accord avec le geste d’Omar Mateen),  ils ne ratent jamais une occasion de blâmer les armes à feu. Chaque fois on propose diverses mesures pour accroître le contrôle des armes, car croit-on, ce serait un problème majeur aux États-Unis et il y a beaucoup trop d’armes à feu en circulation. Comme les politiciens doivent absolument être vus en train de faire quelque chose, même si c’est n’importe quoi, ils vont tenter de jouer sur vos émotions pour tenter de vous convaincre de rehausser les restrictions. Ils essaieront de vous convaincre qu’il y a urgence d’agir, sinon les choses ne feront qu’empirer.  Tremblez-vous dans vos bobettes? Vivez-vous dans la terreur que vous serez parmi les prochains qui seront mitraillés quand vous aurez le malheur de sortir de votre maison? C’est ce qu’ils veulent! Ils veulent que vous soyez terrorisés à ce point que vous soyez prêts à vous mettre à genoux pour les supplier de faire quelque chose pour assurer votre sécurité.  Et ils feront de leur mieux, vous savez, de donner l’apparence de vouloir vous protéger, mais il y a ces méchants de la NRA qui ne cessent de faire du lobbying pour les en empêcher et ce maudit second amendement aussi! Si seulement on pouvait s’en débarrasser! Continuer la lecture de Ce qu’aucun média ne vous dira au sujet des fusillades

Alexandre Taillefer et les libertariens

Par Philippe David

Récemment dans ce que qu’il se plaisait à appeler une «chronique» à l’antenne de Radio-Canada (notre radio-poubelle subventionnée), Alexandre Taillefer s’est amusé à casser du sucre sur le dos des libertariens. C’est vrai que nous sommes effectivement une épine dans son flanc. Il a donc de bonnes raisons de nous haïr.

Il commence donc à débiter les sempiternels clichés: le «chacun pour soi», le «au plus fort la poche», le «darwinisme». Parce que c’est tellement plus altruiste de financer une entreprise et d’en tirer profit sur le dos des contribuables et de vouloir faire mettre un prix plancher de $1.50/litre, juste pour s’en mettre plein les poches aux dépens de tous les autres.

Évidemment, pour le darwinisme, je plaide coupable. Je suis darwiniste parce que je crois fermement qu’une entreprise devrait être financée par des investisseurs qui mettent volontairement leur propre fric, pas celui qui a été extirpé par la force des contribuables. Je crois aussi fermement que si une entreprise produit un bien ou service qui n’est pas aimé des consommateurs ou que l’entreprise est mal gérée, qu’elle mérite de faire faillite et être remplacée par une qui saura mieux répondre à ces besoins plutôt que de la faire vivre sur le respirateur à coup de subventions. Parce que servir les gens en offrant un service ou un bien utile et prisé des consommateurs est le véritable rôle d’un entrepreneur et non se garnir les poches de l’argent de nos taxes.

M. Taillefer s’offusque de notre opposition à la hausse du salaire minimum à 15$/heure et nous reproche d’étoffer nos arguments avec des études, comme l’a fait Vincent Geloso dans le Journal de Montréal. Parce qu’évidemment, il ne faudrait certainement pas laisser les faits supplanter les bonnes intentions. Que des dizaines de ces études démontrent que dans les faits, une telle hausse du salaire minimum nuirait aux pauvres et aux petites entreprises, Alexandre Taillefer n’en a cure. Il a Joseph Stiglitz de son côté. Le même qui, il y a quelques années, faisait l’éloge de la révolution bolivarienne au Venezuela. C’est tellement plus crédible! Après tout, le socialisme a un historique de succès tellement plus reluisant que le soi-disant «néolibéralisme» qui en réalité, est un fourre-tout pour tout ce que les socialistes comme M. Taillefer n’aiment pas.

Il finit en parlant de décence comme si un faux entrepreneur qui se gave de deniers publics avait vraiment des leçons à donner. Quand les programmes qu’il prône nuisent justement aux plus pauvres et lui sont principalement profitables à lui. Quand il est grand partisan du modèle économique progressiste qui a fait du Québec la province la plus pauvre et la plus endettée du Canada. Si Alexandre Taillefer se souciait vraiment des plus pauvres, il ferait mieux de tenter de gérer son entreprise sans l’argent des autres, s’il en est seulement capable. Mais vivre sans chèque de BS corporatif, M. Taillefer n’aime pas.

L’IRIS et la fable de la cause de la dette

Par Philippe David

Ainsi, l’IRIS vient de publier une autre œuvre de désinformation prétendant expliquer les causes de notre dette publique. Selon leurs «chercheurs» (et j’utilise ce mot au sens le plus large possible), notre dette ne provient pas du fait que notre gouvernement dépense trop. Nonon! C’est plutôt à cause de la politique monétaire de la Banque du Canada et/ou des baisses d’impôts et/ou de coupures dans les transferts fédéraux ou encore de privatisations sauvages (?). En bref, si ce n’était que des dépenses, notre dette brute serait à peine de 10% du PIB et notre dette nette serait négative. Ils en sont arrivés à ces conclusions en concoctant une savante simulation et en testant divers scénarios. Que c’est magnifique les simulations! Que d’utopies on peut créer de toutes pièces pour essayer de plier le monde à ses idéaux! Le problème est que nous vivons dans le vrai monde et la grande majorité des facteur que les chercheurs de l’IRIS décrient sont soit erronés ou existent pour de très bonnes raisons et pour la plupart des cas, elles existent pour toutes les autres provinces du Canada, pas seulement le Québec, alors comment se fait-il que le Québec soit tellement plus endetté que toutes les autres provinces? Jetons-y un coup d’œil si vous voulez bien. Continuer la lecture de L’IRIS et la fable de la cause de la dette

Poëtigate

Par Philippe David

Sentez-vous une drôle d’odeur émanant du Ministère des Transport? Une vague odeur de corruption peut-être? Étiez-vous surpris par ce qui a été révélé la semaine dernière? Pourtant, vous ne devriez pas. Ce n’est pourtant pas d’hier que nous savons que notre gouvernement est corrompu. Que nous savons également que cette corruption existe, peu importe quel parti est au pouvoir. C’est toujours ce qui se produit quand trop de pouvoirs se retrouvent concentrés dans trop peu de mains. Et quand on distribue des milliards de l’argent des autres, on peut être tenté de récompenser nos petits amis. Néanmoins, il y a beaucoup de questions en quête de réponses dans toute cette affaire.

Commençons par la façon un peu étrange que Robert Poëti exclu du cabinet juste comme par un grand hasard, il s’adonnait à avoir entrepris une restructuration de l’organigramme du MTQ pour pallier à une situation où des subordonnés se retrouvaient à enquêter sur leurs propres supérieurs et se faisaient intimider par les supérieurs pour balayer les non-conformités sous la moquette. Aussi qu’une vérificatrice  mandatée par Poëti non-seulement trouve bon nombre d’irrégularités, mais qui fait également état d’obstruction de la part de la sous-ministre Dominique Savoie. Philippe Couillard a beau nier que la rétrogradation de Poëti n’avait rien à voir avec le petit ménage qu’il tentait de faire dans son ministère, mais le doute plane encore.

Je trouve également très étrange que Robert Poëti ait entrepris ce ménage dans son ministère depuis 2014 et que le Premier Ministre admette que jusqu’à ce qu’il lise l’article de Louis Lacroix dans l’Actualité, il était complètement dans le noir? Quoi les ministres ne rendent jamais de comptes sur ce qui se passe dans leur ministère à leur patron? En particulier quand ça a rapport avec un problème d’éthique et de corruption? Difficile à croire un peu. Et l’attitude de Jacques Daoust, après que son prédécesseur lui eût fait part de ses inquiétudes? «Chacun ses priorités»??? Parce que pour M. Daoust, un problème de corruption n’est de toute évidence pas prioritaire, même après un rapport assez dévastateur du Vérificateur Général et la Commission Charbonneau? On s’imaginerait que le gouvernement actuel aurait à cœur de vouloir paraître plus blanc que blanc, non? Apparemment pas!

Et que dire de la sous-ministre, Dominique Savoie qui, après avoir traîné ses savates pour répondre aux questions de son ministre jusqu’à ce qu’il soit écarté du cabinet (autre petit fait qui semble indiquer qu’il y a anguille sous roche), déclare devant une commission parlementaire qu’elle n’avait pas d’ordres à recevoir de son ministre? Hmmm. Pourtant, j’aurais juré que le «sous» dans le titre de sous-ministre indiquait qu’elle était subordonnée à lui.

Bof! Ce n’est que l’argent des autres après-tout…

Ce que je trouve fascinant dans toute cette histoire, c’est la désinvolture exhibée par toutes les personnes concernées. C’est à peine s’ils se sentent embarrassés du fait qu’un qu’il existe un système de comptabilité opaque avec plusieurs bases de données séparées pour dissimuler les dépassements de coûts. (Et croyez-mois quand je vous dis que d’établir de telles bases de donnés est loin d’être monnaie-courante dans l’industrie des TI) Ou que des contrats gré à gré sont attribués à des retraités du ministère, allant même jusqu’à scinder les contrats pour éviter les appels d’offre (et bien sûr, ces retraités continuent de recevoir leurs grasses pensions dont les travailleurs du secteur privé ne peuvent que rêver) comme si tout ça était parfaitement normal. Ce n’est pas leur argent après tout! Quel mal ça peut faire? Ils ont bien le droit à leur part du pillage organisé, non?

Rien ne changera

Ce n’est pas la première fois de des politiciens et des fonctionnaires se font prendre à ce genre de combine. Quelques boucs émissaires en payeront le prix assurément.  Déjà, les têtes de la sous-ministre du MTQ et du chef de cabinet du Ministre ornent le bout d’une pique (au sens figuré, bien sûr – Encore chanceux que nous ne soyons pas en Chine). Le reste fera de son mieux pour nous faire tout oublier, puis tout reviendra à la normale et ils continueront à se moquer de vous, peu importe quel parti politique sera au pouvoir. Dites-moi, votez-vous encore?

Le salaire minimum sous le microscope

Par Philippe David

L’économiste et politicien français du XIXe siècle, Frédéric Bastiat, se plaisait à dire que la différence entre un bon et un mauvais économiste est que le mauvais économiste ne considère que les effets visibles et immédiats d’une politique alors que le bon économiste examine tous les effets à court et à long-terme, apparents ou non d’une politique économique. Je ne prétendrai pas être un véritable économiste. Je ne suis qu’un type qui lit beaucoup et qui a aussi un peu d’expérience de terrain en gestion. Je ne fais en réalité que vulgariser ce que je lis. Mais j’essaie autant que possible d’évaluer les conséquences qu’elles soient apparentes ou pas.

Pour parler des conséquences du salaire minimum, on peut citer des tas d’études et pointer vers des données macroéconomiques pour appuyer nos dires, ou nous pouvons utiliser une autre approche, celle de descendre sur le terrain et d’utiliser une peu de logique et se mettre à la place de divers acteurs sur le terrain pour examiner ce que serait leur réaction probable lorsque telle ou telle chose se produit, se basant sur des propositions qui peuvent être considérées vraies a priori. Par exemple, on peut considérer que dans la plupart des cas, les individus vont agir dans le sens de maximiser leur bien-être ou leur intérêt personnel à eux ou celui de leurs proches. C’est ce qu’on entend par un «a priori». Quelque chose qui n’a pas besoin d’être prouvé parce que ça tombe sous le sens. Ce n’est que le gros bon sens de dire qu’il est peu probable que les gens vont sciemment tenter de se tirer une balle dans le pied et agir pour saborder leurs propres projets. Ce serait contraire à la logique. Vous me suivez?

Cette approche particulière s’appelle la «praxéologie».  C’est l’étude objective des actions humaines. L’étude de l’économie en utilisant cette approche consiste à considérer l’économie comme étant la somme des actions de millions d’individus et donc, pour une situation donnée, analyser les actions probables au niveau d’un individu et voir ce qui risque de  se produire si ces actions sont extrapolées au niveau de millions d’individus. J’aime particulièrement ce genre d’approche parce qu’elle permet de concrétiser une science qui est autrement très abstraite et qu’elle ne nécessite pas de données empiriques pour donner un résultat. Nous pouvons l’utiliser pour prédire certains effets sans avoir à expérimenter en implémentant la politique et en observant les données macroéconomiques. C’est un peu comme faire une simulation.  Nous allons donc examiner quelques scénarios pour voir comment ça fonctionne.

Scénario 1: Une visite au supermarché.

Pourquoi je prend cet exemple? Simple! Parce que tout le monde doit manger et tout le monde y fait des choix selon ses propres préférences. Ça en fait un excellent laboratoire. Il ne s’agira pas ici de faire des jugements de valeurs pour dire que les clients du magasin devraient acheter ci ou ça, mais plutôt de regarder ce qui se produirait si le prix d’un produit augment ou diminue, par exemple. Allons-y avec du concret. Supposons qu’il y a eu une épidémie de syndrome de la vache folle qui a décimé les troupeaux bovins en Alberta et que par conséquent, il y a une hausse très prononcée du prix du bœuf, disons 40%. Si vous êtes végétalien, vous ne serez que très peu affectés par cette hausse, mais si vous affectionnez les biftecks d’aloyau ou même les burgers, vous serez probablement très chagrinés de voir ces biftecks passer de $15,99 le kilo à $22,99 ou le bœuf haché de $8.99 à $12.99, ce qui est approximativement ce que donnerait une hausse de 40%. On voit facilement que ce genre de hausse fait très mal au portefeuille. On peut facilement prédire aussi qu’il y aura probablement un sérieux impact sur la consommation de bœuf en général. L’impact exact est l’affaire d’une étude empirique, mais on sait que ça va diminuer parce que les consommateurs n’auront plus les moyens d’en manger autant et ils se tourneront probablement vers d’autres aliments pour compenser comme le poisson, le porc ou la volaille. C’est logique non?

Donc si on affirme que lorsqu’il y a une grosse hausse du prix d’un produit quelconque, les gens vont probablement en consommer moins; selon vous, est-ce que cette affirmation a de bonnes chances d’être vraie? Peut-on prendre ça pour acquis? Est-ce raisonnable aussi d’assumer que c’est applicable non-seulement au bœuf, mais n’importe quel autre bien ou service? Parfait! Nous venons d’établir praxéologiquement qu’il y existe une relation concrète entre le prix d’un bien ou service et la demande pour ce bien ou service. Quel rapport avec le salaire minimum? J’y arrive.

Scénario 2: Dans les souliers du patron.

Supposons que je vous mets dans les souliers d’un patron d’une PME moyenne. Disons une franchise de fast-food (peu importe laquelle). Pourquoi une franchise de fast-food? Parce que c’est une des industries les plus affectées par un hausse du salaire minimum.

Tout d’abord voici quelques données moyennes de l’industrie juste pour nous donner une petite idée de ce qui va guider vos décisions. Les données sont de sources américaines, mais c’est probablement similaire au Canada. On ne fait que regarder les coûts typiques et la marge de profits en pourcentage des ventes.

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On voit donc que dans un restaurant de fast-food typique, les salaires et les achats sont les deux plus grosses dépenses et la marge de profits est plutôt mince si on considère que l’inflation est autour de 2%. Maintenant, juste pour que vous puissiez comprendre ce qui est en jeu, l’augmentation qu’on propose au Québec est de passer de $10,75 à $15,00 ce qui représente une hausse de 39.5% (Eh oui! Dans mon exemple ci-haut, mon pourcentage de de hausse n’était pas un hasard. Me voilà démasqué!) En Faisant un petit calcul rapide pour voir ce qui arrive à la répartition des coûts si on applique une hausse de 39,5% des salaires, on se rend compte que les salaires viennent de passer de $217 484 à $303 466 ce qui représente une augmentation de $85 982, réduisant votre profit de $27 501 à une perte de $58 481.

Voici ce que ça donne:

IB-fast-food-strikes-chart-2

C’est sûr que si vous voulez rester en affaires, vous ne pouvez pas absorber une telle hausse. Vous devez soit augmenter vos ventes de $85 000 ou réduire vos coûts d’autant, ou une combinaison des deux.  Croyez-vous qu’il est raisonnable de conclure que vous devrez probablement faire des mises à pied? Allez-vous peut-être être tenté de robotiser votre restaurant? Logiquement, quels employés allez-vous congédier, les plus expérimentés ou les moins expérimentés? Ces employées auront-ils plus ou moins de difficulté à se faire embaucher ailleurs, étant donné que tous les autres restaurants de fast food ont des contraintes similaires? Est-ce raisonnable de dire que si on augmente le salaire minimum à $15/h au Québec, on a une grosse chance de voir des mises à pieds et des coupures d’horaires dans l’industrie de la restauration rapide et d’autre industries avec des marges de profits similaires?

À titre de référence, voici les marges de profits nets moyens au Canada par industrie selon Statistiques Canada:

avg profit margins canada

Au diable l’idéologie

Je ne vous demande pas d’aimer ce que je vous dis. Que vous l’aimiez ou non, ce que je vous expose est exactement les défis auxquels les entreprises feront face si on augmente le salaire minimum à $15. C’est même pas une question d’idéologie, c’est une question comptable. Il ne s’agit pas ici de comment on souhaiterait que ça fonctionne. Moi aussi j’aimerais que l’argent pousse sur les arbres, mais je n’ai encore jamais vu d’arbre à dollars. Certes, il y a certainement des entreprises qui font suffisamment de profits pour absorber la hausse, mais très peu. Et je vous livre un petit secret, la plupart des entreprises qui pourraient absorber une telle hausse, ont très peu d’employés au salaire minimum (ou même pas du tout). Elles ne sont donc pas touchées par cette hausse.

Il y a certains qui s’imaginent que parce que certaines entreprises font des millions en profits qu’on peut se permettre d’augmenter le salaire minimum autant. C’est faux. Au Québec, la vaste majorité des entreprises sont des PME qui n’ont pas les moyens d’une telle augmentation, même si elles avaient les patrons les plus généreux du monde. Les forcer à subir une telle hausse du salaire minimum serait d’acculer un bon nombre d’entre elles à la faillite. Comme si ce n’était pas déjà assez difficile de faire des affaires au Québec.



Robotisation et hausses de prix – Wendy’s réagit au salaire minimum à $15

Par Philippe David

Comme je l’avais expliqué dans un de mes récents billets, les hausses abruptes du salaire minimum ne sont pas sans conséquences et malheureusement, ce sont les plus vulnérables qui écopent.Nous commençons à pouvoir observer ces conséquences dans les états américains qui ont augmenté leur salaire minimum. Le Washington Times rapportait hier que la chaîne de restauration rapide Wendy’s a annoncé l’installation de guichets de commande automatisés dans 6000 de leurs restaurants.

L’article mentionne aussi que certains franchisés de la chaîne ont également commencé à hausser leurs prix pour compenser la hausse du salaire minimum. On s’attend à ce que d’autres chaînes comme McDonalds et Burger King leur emboîte le pas. Dans les faits, je sais que même au Canada, McDonalds a déjà commencé à installer ce genre de guichets dans leurs restaurants. On pourrait certainement s’attendre à une accélération de ces installations si jamais le salaire minimum augmentait à $15/heure ici aussi.

La décision de Wendy’s n’est  d’ailleurs pas les premiers effets observés aux États-Unis, il y  a un peu plus d’un an, le magazine Forbes rapportait une augmentation des fermetures de restaurants dans la ville de Seattle, qui fût la première à imposer le salaire minimum de $15.

Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les effets qu’une hausse trop grande du salaire minimum apporterait et ça n’a rien d’idéologique non-plus. Ces effets ont été documentées en long et en large comme est en train de le démontrer Vincent Geloso dans une série de billets au Journal de Montréal. La littérature économique est très extensive à ce sujet. Mais évidemment, nous pouvons toujours compter sur des politiciens populistes et des think tank financés par les syndicats pour tenter de vous faire  croire qu’ils peuvent hausser le salaire minimum comme ils veulent sans aucune répercussion. Vous n’avez qu’à observer les américains se casser la gueule avec pour constater que c’est faux.