Archives pour la catégorie Opinions

Faustérité

Par Philippe David

Samedi dernier, ça hurlait dans les rues. Avec la mise à jour économique  de Carlos Leitao d’hier, ça risque de continuer à hurler contre la soi-disant « austérité ».  Pourquoi hurlent-ils? Certainement, les contribuables ont de quoi hurler. On leur balance taxe par-dessus taxe, tarif par-dessus tarif. Certainement eux, ils doivent se serrer la ceinture. Mais qu’en est-il des autres?  N’est-ce pas ironique que ceux qui hurlent le plus, sont en fait ceux qui en perdent le moins au change?

Les gras-dur

Les syndicats font certainement beaucoup de bruit, mais pourquoi? Est-ce que le gouvernement a congédié 30% de la fonction publique comme en Estonie? Ont-ils coupé leurs salaires de 20% comme en Grèce (ou comme l’a fait René Lévesque en 1980)? Ont-ils supprimé leur sécurité d’emploi ou remplacé leurs régimes de retraite dorés à prestation déterminées contre des régimes à cotisations déterminées comme ils ont fait en Suède (pourtant le modèle préféré de la gauche)?

Ont-ils privatisé des services publics? Ont-ils aboli des ministères? Ont-ils fait ne serait-ce qu’une réforme structurelle? Les syndicats se plaignent de quoi au juste? Si le gouvernement de Philippe Couillard avait fait ce que des pays comme la Suède, l’Estonie ou la Lettonie ont fait, les syndicats auraient eu de quoi hurler, mais ils braillent la bouche pleine! Personne ne leur a encore rien enlevé si ce n’est que de leur faire payer un peu plus pour leurs régimes de retraites dorés, que la majorité des contribuable qui payent pour n’ont pas.  Dites-moi que ce n’est pas totalement pervers!

La vraie austérité.

La vraie austérité c’est de remettre en question notre façon de faire. C’est de revoir ce qui fonctionne et qui en fonctionne pas et éliminer ce qui ne fonctionne pas. Ce n’est pas faire juste quelques coupes cosmétiques et faire le reste du retour à l’équilibre budgétaire en jouant dans la colonne des revenus.

Jusqu’ici, ce que j’ai vu du gouvernement c’est faire porter un complet à rayures verticales à quelqu’un souffrant d’obésité morbide pour essayer de l’amincir  plutôt que de lui faire une gastrectomie et une liposuccion.  Parce que c’est vraiment de ça que l’état québécois a besoin.

D’autres l’ont fait

Comme je l’ai mentionné plus haut, d’autres pays l’ont fait, notamment la Suède, l’Estonie et la Lettonie. Ils ont osé regarder leur modèle, le remettre en question et tenter dégraisser la machine.  Quand aurons nous des politiciens qui auront le courage de faire la même chose plutôt que de nous infliger toujours plus de taxes et de tarifs?

 

Le grand mythe de l’austérité

Par Philippe David

Le terme « austérité » a mauvaise presse ces temps-ci. On voit ce terme galvaudé à gauche et à droite, surtout à gauche, à toutes  sauces, tant par des illettrés économiques que par des prix Nobel de l’économie comme Stiglitz et Krugman, mais c’est quoi l’austérité vraiment?

Quand on examine les dictionnaires, on y parle de rigueur en général ou rigueur budgétaire en particulier. Certains démagogues parlent de « coupes sauvages ». Certaines doctrines économiques ne jurent que par les interventions du gouverment pour contrer ce qui est perçu comme « les lacunes du capitalisme ».  Pour ces gens if fait un certain sens de toujours vouloir  plus de dépenses gouvernementales et ils trouveront certainement des tas de raisons pour justifier ces dépenses. Ils auront donc intérêt à nous mettre en garde contre toute diminution des dépenses de l’état parce que ces gens croient qu’ils sont plus éclairés que le reste des gens et croient qu’ils peuvent gérer les ressources mieux que vous.

Qui gère mieux quoi?

L’austérité revient en réalité à une seule question: « Qui gère mieux quoi? ».  Les ressources dans l’économie ne sont pas infinies (comme les anti-capitalistes aiment à nous rappeler, comme si nous ne le savions pas) et dans notre société, deux grands groupes se font concurrence pour les gérer: Les individus et le gouvernement.  Effectivement, celui ou celle qui s’oppose à « l’austérité » croit effectivement que le gouvernement est le mieux qualifié pour gérer ces ressources, alors que celui qui est pour les mesures d’austérité croit au contraire que les ressources sont mieux gérées par les individus.

Des opposants de l’austérité, comme Stiglitz et Krugman croient que les dépenses du gouvernement viennent avec un « multiplicateur » qui fait qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait pour deux dollars de bien. Sur quoi repose cette assomption demeure encore un mystère, mais il faut les croire sur parole que c’est vrai, même s’il n’existe aucune donnée empirique pour le prouver.

Cependant, l’économiste Milton Friedman qui a consacré sa vie à démontrer de façon empirique que les programmes gouvernementaux sont invariablement inefficaces, explique qu’il y a quatre façons de dépenser de l’argent:

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

Avec les individus, ce sera invariablement les trois premiers qui primeront. Pour les gouvernements, c’est pratiquement exclusivement la quatrième méthode qui prime. C’est pour ça que pratiquement tous les programmes gouvernementaux aboutiront inévitablement avec des dépassements de coûts, du gaspillage et de la corruption. Vous ne me croyez pas? Retournez voir les clips des témoignages de la Commission Charbonneau sur Youtube. Si ça ne vous convainc pas, rien ne vous convaincra et on pourra effectivement dire que votre foi en l’état prend des caractéristiques religieuses. Le fameux multiplicateur des keynésiens, dans les faits est plutôt un diviseur.

La véritable question

Certains essaient de vous faire croire que si certains services ne sont pas offerts par le gouvernement, ils ne le seront pas du tout, ou ils seront offerts à des prix prohibitifs par le privé. Pourtant c’est faux. Là où le gouvernement offre un service, il revient toujours généralement plus cher. Pensons simplement aux prix de la SAQ.

La gratuité de certains services n’est aussi qu’une grande illusion qui ne persiste que par les véritables coût sont cachés. Un excellent exemple de ceci est notre système de santé qui coûte moins que le système américain, nous dit-on (et pourtant pas beaucoup moins), mais quels sont les coûts engendrés par tous les temps d’attentes du système? Combien coûtent toutes les heures que nous passons à attendre à une salle d’urgence (qui est vraiment un oxymore dans notre système) ou les mois où des gens ne peuvent travailler en attendant une chirugie orthopédique ou cardiaque qui les rendront de nouveau productifs. Comme l’a souvent dit l’économiste Frédéric Bastiat, ce qui est important dans l’économie n’est pas tant ce qu’on voit, mais ce qu’on ne voit pas. Ainsi il est bien plus aisé de voir ce qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait que de faire l’effort intellectuel pour imaginer ce qu’il aurait pu faire dans les mains d’un individu, si on ne lui avait pas arraché par la force.

Puisque les ressources ne sont pas infinie et que les gouvernements ont toujours été et seront toujours des gaspilleurs de ressources à grande échelle et que chaque dollar dépensé par un gouvernement est un dollar de moins dépensé de façon plus productive par un individu. Donc, dans le débat sur l’austérité, la véritable question est combien de ressources finies voulons-nous vraiment confier au gouvernement. La réponse devrait être simple: le moins possible.

Le droit à l’auto-défense

Par Philippe David

Je ne peux pas m’empêcher de voir une touche d’ironie quand je vois les gens acclamer Kevin Vickers en héros. C’est vrai qu’il a agit avec bravoure pour protéger les gens d’un dangereux tireur fou, ce qui démontre encore une fois que la meilleure façon de stopper un mauvais homme avec un fusil, c’est avec un bon homme avec un fusil. Les mauvais se moquent bien des registres d’armes à feu et des restrictions sur celles-ci. Une personne voulant commettre un crime peut trouver assez aisément trouver une arme avec numéro de série limé sur le marché-noir, même au Canada. Donc, les restrictions d’armes n’ont jamais servi, en réalité, qu’à empêcher les honnêtes gens d’en posséder.

L’ironie est que pendant que Kevin Vickers est acclamé en héros, beaucoup de citoyens ordinaires doivent consacrer beaucoup de temps et d’argent à se défendre devant les tribunaux. Leur crime? Avoir tenté de protéger leur vie, leur famille et leur propriété.

En janvier 2011, j’avais publié un texte sur le Minarchiste Québécois, relatant quelques exemple. Je le partage avec vous aujourd’hui.

Quand les victimes sont traitées en criminels

Par Philippe David • 27 janvier 2011

On dit souvent en dérision que lorsque les secondes comptent, la police sera là dans quelques minutes. En fait, dans la plupart des grandes villes canadiennes, le temps de réponse de la police à un appel au 911 est en moyenne dix minutes. Si vous faites face à un attaquant armé, ça veut dire que les policiers arriveront à temps pour tracer le contour de votre cadavre à la craie. Aussi, peut-on blâmer un citoyen qui cherche à se protéger lui-même, sa famille et sa propriété? Apparemment, les policiers croient que oui. Je vous cite quelques exemples:

En août dernier à Port Colbourne en Ontario, trois hommes masqués ont lancé six cocktails molotov sur la résidence d’ Ian Thomson alors qu’il dormait à l’intérieur. Réveillé par le bruit et apercevant les intrus, il récupère un de ces révolvers de son coffre-fort, le charge et sort à l’extérieur, tirant deux ou trois fois dans les airs pour effrayer ses agresseurs qui ont pris la fuite. Il a ensuite avertit la police et leur a remis les enregistrements de ses caméras de sécurité (apparemment ce n’était pas la première fois qu’on commettait des actes de vandalisme sur sa propriété). Deux des suspects furent appréhendés peu après et on passa les menottes aussi à M. Thomson pour usage négligent d’une arme à feu. L’ironie est qu’Ian Thomson est un instructeur de tir et aurait très bien pu tuer ou blesser ses agresseurs s’il l’avait voulu. Les procureurs de la couronne réclament une peine de prison pour M. Thomson.

En 1995, James Morrow d’Ottawa dû faire face à un homme avec qui il avait eu une dispute d’affaires. L’homme en question, ivre,  a défoncé la porte de l’immeuble dans lequel M. Morrow habitait et est monté à son appartement en disant être armé d’un révolver et menaçant de lui brûler la cervelle. M. Morrow a immédiatement téléphoné au 911 et a passé 9 longues minutes avec le répartiteur alors que les secours n’arrivaient toujours pas. L’intrus a finalement défoncé la porte et est entré dans l’appartement où M. Morrow, qui possédait une arme, l’a tué d’une balle. Malgré le fait qu’il s’agissait d’un cas parfait de légitime défense, James Morrow a dû se défendre  pendant deux ans et demi contre des accusations de meurtre avant que, finalement, un juge rejette les accusations.

En mars 2010, averti par ses voisins de la présence de trois intrus dans sa cours arrière, Lawrence Manzer du Nouveau Brunswick, sort de sa maison avec un fusil de chasse non-chargé pour faire fuir les intrus. M. Manzer était fréquemment la victime de vandalisme. Jusqu’ici la police locale s’en était très peu préoccupé, mais cette fois-ci elle a agi, arrêtant M. Manzer pour avoir troublé la paix publique.

Finalement, en avril 2009, après avoir souffert des visites quotidiennes de voleurs à l’étalage et l’indifférence totale de la police, David Chen, un marchand de Toronto, décide de faire une arrestation citoyenne d’un de ses voleurs, le ligotant en attendant l’arrivée de la police. L’ont-ils remercié? Non. Ils l’ont plutôt accusé de voies de fait et séquestration. Il fût acquitté en octobre dernier.

Qu’auraient dû faire ces hommes? Laisser leurs agresseurs faire leur sale boulot? Il est certain que ce n’est pas une très bonne idée de laisser des citoyens prendre la loi dans leurs mains, mais nous avons un droit de nous défendre, non? Ce droit est d’ailleurs un corollaire au droit à la vie et à celui à la propriété. C’est notre droit légitime, dans une situation où on est agressé, d’utiliser autant de force qui soit nécessaire pour repousser une attaque contre notre personne, notre famille et notre propriété. Il serait grand temps de laisser le gros bon sens prévaloir et que la police et les procureurs de la couronne se contentent de poursuivre les vrais criminels et cessent de traiter les victimes en criminels.

 

 

N’était-ce pas eux aussi des héros? Ne méritaient-ils pas un tout autre traitement que d’avoir à débourser des milliers de dollars en frais d’avocats?

Il est grand temps qu’on puisse jouir de notre droit à l’auto-défense comme M. Vickers, n’est-ce pas?

Ne jamais gaspiller une bonne crise…

Par Philippe David

Dans les jours qui ont suivi la première élection de Barack Obama à la Maison Blanche, son chef de cabinet de l’époque, Rahm Emmanuel, a laissé tomber en entrevue une des règles cardinales, mais inédites, de la politique : Il ne faut jamais gaspiller une bonne crise. Elle vous permettra toujours de passer des agendas que vous ne pouviez passer avant.

Nos libertés ont déjà beaucoup souffert grâce à ça. Depuis le 11 septembre 2001, nous devons nous soumettre aux pires inconvénients pour voyager et nous n’avons désormais aucun droit à la vie privée. Big Brother est partout qui nous écoute. En fait, aux États-Unis, on a lancé à la blague que la NSA est la seule agence gouvernementale qui écoute vraiment les citoyens. On pourrait probablement en dire autant du SCRS.

Malgré tout ça, deux convertis à l’islam, qui étaient pourtant sous surveillance policière et soupçonnés de liens terroristes, si bien que le passeport de l’un d’eux avait été révoqué, ont réussi tout de même à tuer deux membres des forces armées en l’espace de quelques jours. Ceci devrait suffire à vous convaincre du peu de capacité de l’état à vous protéger, mais il y en aura toujours, suite à de tels évènements qui réclameront plus de mesures de la part de l’état afin de les « protéger » malgré son incompétence manifeste en la matière. Mais les politiciens, suivant la même mentalité que ce bon vieux Rahm, ne seront que trop heureux de répondre à leurs supplications afin de passer pour des héros et naturellement, gagner en popularité et en influence. Que les droits restreints pour les uns, le sont aussi pour tous les autres et que ces même politiciens qu’ils supplient de les protéger aient causé le problème en premier lieu, importe peu à nos moutons. Tout ce qui importe, c’est cette illusion de sécurité.

Emprisonnons-les!!! (Rah!Rah!Rah!)

D’un peu partout fusent les demandes d’emprisonner à vue non-seulement ceux qui sont déjà sous surveillance, mais tous ceux qui sembleraient soutenir l’État Islamique de près ou de loin. Ça veut dire quoi ça, soutenir l’EI? Est-ce que ça veut dire de des policiers devraient venir défoncer ma porte en pleine nuit, terroriser ma famille et m’emmener, menottes aux poings parce que j’ai écrit dans mes articles que je suis en désaccord avec la mission militaire contre l’EI? Si Gilles Duceppe a ce qu’il souhaite (et que beaucoup appuient), pourrait-on même critiquer cette mission sans risquer de se faire jeter en prison? Tant qu’à faire, puisque certains musulmans ne dénoncent pas ces attaques et que qui ne dit mot consent, prenons tous les musulmans et enfermons-les dans des camps de concentration  comme les japonais en 1942! Tant qu’à être fasciste, autant l’être jusqu’au bout!  Ironique venant de quelqu’un qui a toujours dénoncé les arrestations arbitraires de la crise d’octobre 1970, vous ne trouvez pas?

On dirait que certaines personnes ne comprennent absolument pas c’est quoi les droits. Ils accusent la charte canadienne des droits et libertés de protéger les terroristes islamistes grâce à la liberté de religion. Ces gens sont incroyablement obtus. La charte ne donne aucun droit aux musulmans qu’elle ne donne pas également aux catholiques, aux protestants aux bouddhistes et aux hindous. Elle ne donne pas plus le droit de commettre des actes terroristes aux musulmans qu’au reste d’entre nous. Elle ne leur donne pas le droit non-plus de nous imposer la charia, donc ceux qui vivent dans la terreur irrationnelle de se retrouver dans un pays qui lapide les femmes adultères et décapite des homosexuels, peuvent donc dormir tranquille.

La charte des droits (canadienne et québécoise), n’en déplaise à certains, traite chaque citoyen également.  Alors si nous retirons un droit à un individu ou une certaine catégorie d’individus, il sera retiré pour tous. On ne peut pas dire qu’on va limiter la liberté d’expression aux islamistes, sans limiter celui des autres également, car une fois qu’on a établi le précédent, tout autre groupe qui déplait au gouvernement pourra aussi être bâillonné et emprisonné. Peut-être qu’à la prochaine crise, ce sera vous, parce que vous aurez critiqué telle ou telle décision du gouvernement.  C’est ce que vous voulez? Pourtant, une fois qu’on aura ouvert la porte à l’emprisonnement d’opinion, c’est toujours ce qui arrive.

Celui qui abandonnera ses libertés en échange de sécurité…

… Ne mérite ni liberté, ni sécurité et perdra les deux. Si c’est la sécurité totale que vous recherchez, enrobez-vous de papier-bulle, enfermez-vous à double-tour et ne bougez plus! C’est la seule façon de garantir que vous ne risquez rien (en autant qu’un avion ne s’écrase pas sur votre maison).  Mais quel genre de vie ce serait? Personnellement, je préfère avoir la liberté d’aller où je veux, quand je veux, avec qui je veux et pouvoir dire ou écrire ou penser ce que je veux, et vous? Le seul gouvernement qui pourrait vous garantir que vous ne serez pas tués par des terroristes est un état policier totalitaire, et encore! Pourtant, même après les évènements de cette semaine, vous avez plus de chance de mourir dans un accident de voiture, d’être frappé par un bus, ou même d’être frappé par la foudre que d’être tué par un terroriste.  Préférez-vous vivre un peu dangereusement, ou vivre dans une cage?

 

Honorons leur mémoire

Vous serez peut-être surpris de l’apprendre, mais pendant 3 ans de ma jeunesse, j’ai fièrement porté l’uniforme des forces canadiennes comme réserviste à l’escadrille 438 Montréal de réserve aérienne.  De ce passage, j’ai retenu une chose : peu importe que les forces canadiennes soient utilisée à bon ou mauvais escient pas ses maitres politiques, les hommes qui endossent cet uniforme, le font par amour de leur pays et ses valeurs parce qu’ils croient que le Canada est une terre de justice, de droit et de liberté.

Le port de l’uniforme demande beaucoup de sacrifices. Le service militaire brise souvent mariages et familles. Le taux de divorces et de suicides est très élevé chez les militaires. Beaucoup trop de ces hommes et femmes qui vont en mission à l’étranger reviennent marqués pour la vie et certains y ont fait l’ultime sacrifice.  Pour cela, ils méritent tout notre respect.

Cette semaine deux de ces hommes ont payé de leur vie le port de cet uniforme. Ils ont été spécifiquement ciblés parce qu’ils le portaient. Je ne connaissais pas l’adjudant  Patrice Vincent, ni le caporal Nathan Cirillo, mais nul doute qu’ils partageaient les mêmes sentiments qui m’ont animé naguère. La pire chose qu’on pourrait faire, serait de déshonorer leur mémoire en succombant à la tentation de sacrifier les valeurs et libertés pour lesquelles ils ont donné leur vie en cédant à la peur générée par leurs meurtriers. Nous devons plutôt honorer leur mémoire en nous tenant la tête haute et en préservant à tout prix ces valeurs et ces libertés qu’ils ont défendu de leur vivant.
[Crédit photo : Desktopnexus.com  « Always Remember » ]

Un débat qui ne devrait pas en être un

Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé récemment au sujet de la candidature possible de Pierre-Karl Péladeau à la chefferie du PQ. Cette candidature, si jamais PKP finit par se brancher, soulève certaines questions d’éthique, principalement parce que M. Péladeau contrôle 40% des médias québécois. C’est donc facile d’imaginer les conflits qu’il pourrait y avoir s’il devenait premier ministre. On imagine facilement que les médias de Québécor deviennent les Pravda du PQ et se mettent à promouvoir activement l’option souverainiste, comme si Radio-Canada et le Devoir ne suffisaient pas. Aussi je voudrais ajouter mon grain de sel.

Il y en a qui voudraient que la question soit examinée par un comité supervisé par le président de l’Assemblée Nationale. C’est vrai qu’au Québec, on est fort pour créer des comités inutiles. C’est si compliqué de dire que fondamentalement, la presse est supposée être le gardien de la démocratie et qu’en tant que tel, il se doit d’être indépendant du pouvoir s’il veut être libre de le critiquer? Quel journaliste de QMI oserait être critique de son patron, s’il était également premier ministre?

Ceux qui doutent de l’influence des médias n’ont qu’à regarder à quel point nous sommes terrorisés de façon cyclique. Pendant 45 ans, le croque-mitaine était l’URSS, puis ce fût les terroristes, Saddam Hussein, les serbes en Bosnie, des maladies comme le sida, le sras, la grippe aviaire, la grippe H1N1 et maintenant, l’ébola. Ils ont même réussi à nous convaincre qu’une force de 30 000 hommes en pickup représente une menace existentielle aux démocraties de l’occident. Regardez aussi le rôle qu’ont joué les médias dans le débat de la charte des valeurs. Ça c’est du pouvoir! Déjà que simple député, Pierre-Karl Péladeau est déjà intervenu en faveur de l’achat des studios Mel’s par Québécor, imaginez s’il était premier-ministre.

On se soucie déjà des conflits d’intérêts potentiels lorsqu’un homme d’affaires se lance en affaires, on devrait s’en soucier encore plus quand ses affaires lui permettent de contrôler l’opinion publique.

Ça ne devrait pas être matière à débat. Pierre-Karl Péladeau devra choisir un jour s’il veut être un magnat des médias ou le premier ministre du Québec et les premiers à lui demander de faire ce choix devraient être les membres de son propre parti. Qu’il soit les deux pourrait vite compromettre le processus démocratique.

Intervention militaire contre l’EI : Une très mauvaise idée

Par Philippe David

S’il y a un temps où on peut observer un grand clivage entre libertariens et conservateurs, c’est lorsqu’il est  question de guerre. Par moment, j’ai une grande difficulté à supporter l’attitude générale des conservateurs à ce sujet. Je réalise qu’ils ne sont pas tous comme ça,  mais il y en a qui sont carrément agaçants. À les entendre parler d’aller « exterminer la vermine » de l’EI, on croirait qu’il y a les hordes d’Attila le hun qui sont massés à nos portes pour nous submerger. Pourtant, quand il s’agit de justifier le casus belli, leurs arguments deviennent parfois risibles. Ce n’est pas que j’affectionne l’EI, loin de là, mais l’EI est en réalité le résultat de la somme des interventions occidentales et d’imaginer qu’encore plus de bombes occidentales vont régler le problème est totalement stupide.

L’EI ne pourra pas être vaincue du haut des airs

L’EI n’a pas de véritable armée. Ce sont des terroristes et des guérillas qui iront vite se cacher parmi la population locale où il est impossible de distinguer amis et ennemis du haut d’un F-18 filant à haute-vitesse. Nous en viendront inévitablement à une situation où notre aviation restera impuissante et incapable de cibler quoi que ce soit, où elle causera des milliers de victimes collatérales, augmentant le ressentiment local contre nous. Il faudra donc inévitable ment des troupes au sol pour débusquer les jihadis.

Une menace pas si terrible

On semble un petit peu hystérique sur la nécessité des gouvernements occidentaux d’agir dans cette région. Pourtant l’hystérie a toujours été mauvaise conseillère. Personne ne dispute le fait que les sbires de l’EI se sont montrés brutaux et barbaresques. Mais ils ne sont certainement la menace mondiale qui est dépeinte dans les médias traditionnels et les médias sociaux. On y fait même des comparaisons avec l’Allemagne nazie, ce qui est complètement absurde. En 1939, l’Allemagne avait des milliers de tanks, d’avions de combat et une des marines les plus puissantes du monde. L’EI, lui, n’a qu’une quarantaine de tanks capturés de l’armée irakienne, quelques Hummvees et des pick-ups armés et au mieux, 30 000 hommes.  Point de vue strictement militaire, c’est loin d’être terrible, malgré ses succès. C’est certainement très loin de la menace que posait l’Allemagne nazie en 1939. Cessons donc de prétendre que seuls les États-Unis et ses alliés sont à la hauteur pour disposer de ce groupe. C’est faux. Quant à la menace terroriste, c’est l’affaire des services de renseignement et de la police, pas de l’armée.
 

Le cœur et la raison

L’aspect le plus important dans un affrontement contre une armée irrégulière, qui pratique la guérilla et se fond dans la population locale, c’est de gagner les cœurs et les esprits de cette population. L’EI a beau être tyrannique et brutal, mais si leurs opposants  n’arrivent pas à gagner la confiance de la population, ceux-ci pourraient préférer coopérer avec les hommes de l’EI plutôt qu’avec des soldats étrangers qui ne connaissent ni leur langue, ni leurs coutumes. De plus, à bien des égards, les États-Unis et ses alliés n’ont pas bonne réputation dans cette région. Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que gagner le cœur et la raison des irakiens et des syriens sur les territoires de l’EI risque d’être plutôt difficile.

Si c’est pas nous, qui?

C’est drôle que la plupart de ceux avec qui j’ai discuté de la question semblent oublier qu’il y a encore des opposants régionaux à l’EI. Quoique passablement affaibli, le gouvernement syrien existe encore et dispose encore d’une armée. Le gouvernement irakien est encore là et bien que leur armée éprouve un problème de moral et souffre de nombreuses désertions, elle compte encore plus de 200 000 hommes et est très bien équipée. Leurs meilleures unités sont présentement à Bagdad pour bloquer l’avance de l’EI. De plus, le gouvernement Irakien, dominé par des chiites qui n’ont aucune sympathie pour l’EI qui est sunnite, a demandé l’aide de l’Iran qui a envoyé deux unités de la garde révolutionnaire en renfort à Bagdad. Mais ce n’est pas tout. Les kurde d’Irak contrôlent une région autonome de l’Irak et ont leur propre armée qui compte près de 200 000 hommes et qui est bien équipée. À eux quatre, ces forces devraient avoir bien plus d’hommes et d’équipement qu’il en faut pour expédier les jihadis de l’EI à leurs 72 vierges (ou en enfer, c’est selon…). Alors, pourquoi ne pas les laisser faire?

Sortez le popcorn

Je ne comprends pas l’attitude que certains ont. Même si on déteste les islamistes, on devrait pourtant apprécier la chance de se faire du popcorn, s’installer confortablement au bord du ring et de laisser les différentes factions se tabasser entre eux plutôt que de vouloir planter des bombes chez nous. À mon sens, c’est une occasion en or. Sommes-nous vraiment obligés de résoudre tous les problèmes de la planète alors que nous sommes  incapables de résoudre les nôtres?

(Crédit photo : Gouvernement du Canada)

L’art de tourner en rond

Par Philippe David

Chaque fois que j’écoute les nouvelles à la télé et à la radio. Chaque fois que je lis un journal ou que navigue sur les médias sociaux, je ne peux que me désoler de constater à quel point nous sommes gouvernés par des gens souffrant d’un effarant manque de vision et de cohérence. Et puis je me rends compte que la vision et la cohérence ont toujours été les premières victimes de la politique.

Ici au Québec, nous sommes passés maitres dans l’art de tourner en rond et courir après notre propre queue. Plus ça change et plus c’est pareil et pendant ce temps, nous nous enfonçons à force d’user le tapis et le plancher en dessous. Bientôt, nous serons dans la cave en train de creuser la dalle de béton.

L’obsession nationaliste

Dans les quelques dernières semaines, par exemple, nous avons été d’une véritable crise obsessionnelle de la part des souverainistes Québécois envers la campagne référendaire écossaise. On aurait juré de par leur ferveur, que c’était le Québec qui votait plutôt que l’Écosse. Pourtant, qu’est-ce que ça aurait changé dans nos vies? Absolument rien! Le Québec n’est pas l’Écosse et nous n’avons d’ailleurs que très peu en commun avec les Écossais, à part d’avoir voté non. Mais un bon nombre de souverainistes se sont tapé un petit voyage en Écosse pour finalement y être déçus. Au fait, je me demande qui a payé le billet d’avion des députés péquistes en présence. Il me semblait que le peuple québécois les payait pour être présents dans leurs comtés et à l’Assemblée Nationale et non en Écosse. M’enfin!

Malgré tout, ils sont revenus ne parlant encore que de référendums et de souveraineté. Il parait, selon PKP, que nous n’en avons pas encore suffisamment parlé! Dites-moi les mecs, de quoi avons-nous parlé d’autre depuis 50 ans? Certainement pas de finances publiques en tout cas. Le débat national a occulté à toute fin pratique tous les autres débats qu’ont les sociétés normales, mais apparemment, ce n’est pas assez. Vous faudra-t-il un autre cinquante ans pour réaliser qu’on est prêts à passer à autre chose?

L’accident cérébro-vasculaire

Chaque fois qu’il est question de remettre les finances publiques en ordre, nous assistons à une sorte de crise d’apoplexie. Tout le monde hurle pour garder ses bonbons et le Québec paralyse. Présentement, ce sont les employés municipaux qui font la danse du bacon, mais attendez, bientôt ceux du provincial vont s’y mettre. Et le pire, c’est que jusqu’ici, on ne leur a pas vraiment demandé de gros sacrifices.

En Suède, que beaucoup de socialistes brandissent en exemple, ils ont enlevé la sécurité d’emploi aux fonctionnaires, converti leur régime de retraite en régime à cotisations déterminées. Ils ont également privatisé plusieurs services publics. Imaginez si on proposait de faire ça au Québec, vous croyez que ça passerait?

Pourtant, c’est ce que nous aurions besoin de faire. Notre système de santé et d’éducation ont besoin d’une réforme en profondeur pas de petites retouches cosmétiques. Les retraites des employés de l’état ont besoin d’être réformées, pas seulement pour assurer leur pérennité, mais pour aussi ramener une certaine équité et justice avec les travailleurs du secteur privé qui ne bénéficient pas de plans de retraite plaqués or, mais qui paient peur ceux des autres. Les députés de l’Assemblée Nationale doivent cependant donner l’exemple en réformant leur propre plan de retraite. Il faudrait aussi se demander si nous avons vraiment besoin d’autant de députés. Après tout, nous n’en avons que 75 à la Chambre des Communes.

Nous pourrions facilement sabrer dans l’aide aux entreprises, beaucoup trop généreuse ici et dans beaucoup d’autres programmes inutiles et onéreux. Tout ça permettrait aux contribuables de souffler un peu, si on diminuait les taxes et impôts d’autant.

La loi de l’inertie

Mais tout gouvernement qui voudra entreprendre ces changements devra s’attendre à l’inertie de la bureaucratie et des syndicats. Je serais surpris de voir les fonctionnaires très enthousiastes à l’idée d’être peut-être obligés de faire leurs boites. C’est pourquoi le gouvernement devra faire preuve d’intelligence, mais honnêtement, je n’ai pas trop d’espoir. Trop de gens ont intérêt à ce que rien ne change. Après tout, 75 % des impôts sont payés par juste 10% des contribuables, ça fait beaucoup de gens qui reçoivent bien plus de l’état qu’ils n’en paient.

Depuis pas mal longtemps, j’ai perdu espoir que l’état puisse se réformer lui-même. Il faudra une force extérieure ou un effondrement pour que quelque chose se passe. Nous verrons bien lequel des deux arrivera le premier.
Crédit photo : Auteur inconnu

EIIL : La grande menace?

 

Par Philippe David

« Méfiez-vous du chef qui frappe les tambours de guerre afin de fouetter les citoyens dans une ferveur patriotique. Le patriotisme est en effet une arme à double tranchant. Il enhardit à la fois le sang, tout comme il rétrécit l’esprit.

Et quand les tambours de guerre ont atteint un paroxysme et que le sang bouille de haine et que l’esprit s’est refermé, le chef n’aura pas besoin de saisir les droits des citoyens. Au contraire, l’ensemble des citoyens, infusé par la  crainte et aveuglé par le patriotisme, offrira jusqu’à la totalité de leurs droits au chef avec joie. »  – Caius Julius Caesar

 

Jusqu’ici, j’ai résisté la tentation d’écrire à propos de l’EIIL. J’ai débattu de la question un peu sur Facebook, aussi je crois que mon opinion en la matière ne sera certainement pas trop populaire auprès de certains de mes amis de la droite, mais je vais l’émettre quand même. Il y en a qui, en ce moment, clament pour que les démocraties de l’occident, incluant le Canada, entrent en guerre avec l’EI. J’ai vu le verbe « éradiquer » utilisé à plusieurs reprises. Je trouve cette rhétorique imbibée de testostérone complètement imbécile. Alors voyons si je peux en amener certains à raisonner avec autre chose que leurs testicules.

Au-delà des images…

Nous avons été témoins d’images plutôt choquantes émanant, semble-t-il, de l’EI. La décapitation de deux journalistes postée sur Youtube, d’autres vidéos de chrétiens et yazidis exécutés à plat-ventre dans le désert, des photos très graphiques de têtes décapitées, et j’en passe. Si on en croit ces images, il semblerait que l’EI s’adonne présentement à une campagne de terreur et de génocide. Face à cela, j’ai deux questions à poser :

Comment savons-nous que ces images sont authentiques? Vous n’avez pas encore assez vu d’images photoshoppées et d’effets spéciaux hollywoodiens  pour ne pas au moins questionner si ces images sont réelles ou pas? Les corps des journalistes décapités ont-ils été rapatriés et correctement identifiés? Vous croyez que les scènes d’exécution ont été filmées à l’insu des exécuteurs, qui auraient aussi négligemment laissé filer les caméras et montrer au monde quels monstres lâches ils sont? Ce questionnement est légitime. Autant l’internet peut être un excellent outil d’information, il peut être un outil formidable de désinformation.

Qui profite le plus de la diffusion de ces images? Est-ce que l’EI a vraiment avantage à diffuser des images qui pourraient faire pencher l’opinion publique en occident en faveur d’une intervention militaire en Irak et en Syrie? L’estimation des forces de l’EI varie beaucoup selon les sources,  de 5000 à 30 000 hommes et ils sont légèrement armés. Ils n’ont aucune aviation, artillerie ou blindés. Face aux armées de l’OTAN, ils auraient grand peine à survivre et le terrain désertique de l’Irak n’est pas très propice à la guérilla. Les sources de chaleur sont facilement repérables avec des capteurs infra-rouge dans le froid nocturne du désert. Des proies faciles pour les hélicoptères de l’OTAN. Si elle veut établir un califat mondial, l’EI a-t-elle vraiment intérêt à s’attirer les foudres des États-Unis et de ses alliés? À moins que ses leaders ne soient complètement imbéciles, et si c’est le cas, seraient-ils vraiment une menace crédible? Donc, pourquoi subissons-nous une campagne de peur et de démonisation?

Une menace mondiale? Vraiment?

Dans les médias et les réseaux sociaux, nous assistons présentement à une véritable campagne de terreur envers l’EI. À les lire et à les entendre, on croirait que des dizaines de milliers d’hommes masqués en noir se massent déjà à nos frontières, prêts à nous envahir. Mais dans le vrai monde, l’EI va avoir de la peine à consolider ses propres positions actuelles face aux forces déjà en présence en Irak. Il est fort douteux qu’ils ne puissent déborder du territoire qu’ils occupent déjà. Comme je l’ai déjà mentionné, peu importe la source, l’EI n’a guère plus que 30 000 hommes à son actif (probablement beaucoup moins) et ne possède que de l’armement léger. Ils ressemblent plus à un gang criminel qu’une armée.

En revanche, l’armée irakienne a plus de 200 000 hommes, des chars, des blindés, des hélicoptères et des avions. Les kurdes, eux, en ont 90 000, également bien équipés. L’Iran, dont la majorité de la population est chiite, est également prête à entrer dans la mêlée contre l’EI qui est sunnite. Des unités de la garde révolutionnaire ont déjà été envoyées à la frontière. Ça semble un combat plutôt inégal, non? Pourquoi donc essaye-t-on de nous faire peur avec ça? Malgré ses succès, c’est plutôt douteux que l’EI arrive à s’étendre bien plus loin et les forces locales alignées contre eux ont déjà amplement la capacité de les expédier à leurs 72 vierges. La puissance de l’EIIL est grossièrement surestimée. Elle est peut-être une sérieuse menace au niveau régional (et encore!), mais elle ne l’est pas du tout pour les États-Unis ou leurs alliés.

Déjà vu

Quand je vois la rhétorique envers l’EI, je ne peux m’empêcher de penser aux fameuses armes de destruction massive de Saddam Hussein. On avait fait grand cas, à l’époque, de l’extrême danger que représentaient ces armes dans les mains d’un dictateur comme Hussein. Nous connaissons tous la suite. Les armes de destruction massive ne se sont jamais matérialisées et il s’est avéré qu’elles ne furent qu’un prétexte pour monter une invasion de l’Irak. Mais ça a fonctionné. George W. Bush a ordonné son invasion avec l’appui de la majorité des américains. J’ai l’impression que maintenant, on nous sert les mêmes salades. On nous manipule à appuyer une intervention que nous allons probablement regretter plus tard, tout comme nous regrettons celles de l’Afghanistan et de l’Irak.

Ces interventions américaines dans cette région ont toujours causé plus de tort que de bien et si le Moyen-Orient est aujourd’hui une poudrière, c’est bien parce que l’occident a toujours succombé à cette irrésistible envie de « civiliser » cette région. Seulement, ils ne veulent pas de notre civilisation. Nos tentatives de les faire rentrer dans notre moule ne font qu’envenimer les choses.

Je sais qu’en regardant les images de journalistes décapités et de génocide, la tentation est forte de réclamer que nos gouvernements fassent quelque chose. Mais plus nous intervenons et plus les choses s’enveniment. Il vaut donc mieux laisse les forces locales s’en occuper.

D’ailleurs, n’avez-vous pas déjà remarqué comment on essaie constamment de nous faire peur? La guerre froide, le terrorisme, la grippe H1N1, l’Ébola… Il semble que nous sommes constamment en état de crise. Les politiciens, eux, aiment les crises. Ils aiment que nous les suppliions de faire quelque chose. N’importe quoi! C’est comme ça qu’ils augmentent leur pouvoir. Essayez d’y réfléchir et de prendre ces terreurs avec un petit grain de sel.

Voter à la pointe d’un fusil

Par Philippe David

Au printemps dernier, l’Institut Nouveau Monde, un think-tank socialiste, a relancé le débat sur le vote obligatoire. Récemment, Justin Trudeau et le Parti Libéral du Canada ont aussi repris cette idée. C’est donc dire qu’il y a possibilité que le PLC songe à l’intégrer dans son programme et que le Canada pourrait se joindre à la trentaine de pays au monde qui ont déjà rendu le vote obligatoire, si le PLC est porté au pouvoir.

Vu les taux de participation anémiques qu’on a vu dans l’histoire récente, on peut comprendre que les étatistes puisse considérer cela comme une une bonne solution. Après tout, en Australie, où le vote est obligatoire depuis 1924, le taux de participation de est de 95%. Avec des taux aussi bas que 58% à certaines élections, et encore pire lorsqu’il s’agit d’élections municipales et de commissions scolaires, certains croient que la légitimité même de notre système démocratique ne tient qu’à un fil et que pour le sauver, il serait aussi logique de rendre le vote obligatoire comme d’autres soi-disant « devoirs » citoyens comme payer ses taxes (si vous me suivez, vous savez probablement déjà ce que j’en pense).

Le fusil dans la pièce

Chaque fois qu’un politicien prononce le mot « obligatoire », il faut toujours se souvenir que derrière ces paroles se cache un fusil. Ils ont beau dire que la loi ne serait enforcée que par une petite amende, si je choisis par pur principe, de refuser de payer cette amende, des hommes armés viendront éventuellement frapper à ma porte et si je refuse de venir paisiblement avec eux, ils pourront user de force physique et le feront très certainement.  Si je tentais de m’enfuir, ils pourraient même m’abattre. Tout ça pour avoir manqué à « mon devoir de citoyen » de mettre un X sur un bout de  papier. Ces illuminés croient donc que ça va rendre la démocratie « plus légitime ».

Pour ma part, je poserais la question: pourquoi croyez-vous que de menacer des citoyens paisibles de violence s’ils refusent de voter est légitime et moral?

Une autre vision des choses

Si vous voulez mon humble avis, je crois peut-être que la démocratie n’est pas aussi légitime qu’on le croit. Quand on voit les abus perpétrés par certains politiciens et fonctionnaires. Quand on constate la corruption rampante et l’appauvrissement que nous subissons à coup de taxes et de politiques économiques ruineuses et le fait que peu de choses changent au final, peu importe pour qui nous votons, nous sommes en droit de se demander si ce système qui favorise la classe politique et leurs lacquais au détriment du reste de la population, est vraiment légitime.

Je crois qu’un grand nombre de personnes commencent à se réveiller et réaliser que le gouvernement, représenté par les politiciens et fonctionnaires, ne travaille pas pour notre bien (ou plutôt si, et ils vont l’avoir). Qu’ils se foutent éperdument de notre sort. Tout ce qui leur importe vraiment c’est de toujours accroître leur pouvoir et de se garnir les poches au passage et de vivre leurs vieux jours grâce à des régimes de retraite dorés au frais des contribuables.  Ils commencent à voir que leur vote pèse de moins en moins dans la balance et ne change absolument rien.

Si vous croyez que de rendre le vote obligatoire est une bonne idée, cessons de prétendre alors que nous ne vivons pas dans un état fasciste et commençons tout de suite à envoyer des hommes armés escorter les gens aux urnes.

Ils n’ont rien volé (eux)

Par Philippe David

C’est inévitable, le sujet de la fiscalité des entreprises devait revenir dans l’actualité. On connait la rengaine : ces méchantes multi-nationales qui refusent de payer leur juste part d’impôts et taxes.

Burger King vient d’acheter Tim Horton  et installera son siège social de ce côté-ci de la frontière, ce qui veut dire qu’ils devront payer des millions en taxes et impôts au gouvernement fédéral et provincial (mais sûrement pas au Québec). Malgré tout, les bobos du Devoir trouvent le moyen de s’en désoler et commisérisent avec ce pôvre Obama, privé de tant de revenus parce que sous sa gouverne, les États-Unis sont devenus un enfer fiscal pour les entreprises (et ils se grattent la tête à savoir pourquoi ils ont encore tant de chômage et tant d’américains sont dépendants du programme des timbres alimentaires).

Le plus rigolo, selon ce que le Devoir rapporte, est que Warren Buffett est impliqué dans la transaction et a obtenu une petite fleur qui lui économisera lui aussi des impôts dans cette affaire, car voyez-vous, M. Je-paie-moins-d’impôts-que-ma-secrétaire ne manque pas une entourloupette pour faire en sorte qu’il en paie moins que sa secrétaire, pour ensuite dénoncer cet état de fait en toute hypocrisie. « Payez les caves! Pendant ce temps, j’ai une armée de fiscalistes pour me trouver toutes les failles dans le système. »

Un autre sophisme persistant

Cependant, l’indignation de nos bobos nationaux repose sur un sophisme. C’est celui qui dit que si les entreprises paient moins d’impôts, les particuliers devront en payer plus et donc, c’est injuste envers les pauvres petits contribuables qui sont déjà surtaxés. Oui les petits contribuables sont surtaxés (particulièrement au Québec, où les politiciens ne comprennent pas la courbe de Laffer), mais augmenter les impôts des entreprises ne les aidera pas.

Premièrement, nos gouvernements dépensent déjà plus qu’ils ne récoltent en impôts et taxes. Ne doutez pas un seul instant que nos politiciens, s’ils voyaient des rentrées additionnelles, trouveraient vite un moyen de les dépenser.

Deuxièmement, même si nous avions des politiciens qui géraient convenablement les deniers publics, il faut vraiment songer à d‘où proviennent les impôts  que payent les entreprises pour voir la futilité de la chose. Une entreprise comme tel ne paie pas d’impôt. Une entreprise n’est qu’un groupe d’individus qui coopèrent pour offrir des produits ou des services.  C’est une abstraction, et non une personne réelle. Or seules les personnes réelles paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une écriture comptable qui représente un coût d’opération. Ce coût n’est qu’un parmi tant d’autres qui va dans l’équation qui détermine la profitabilité de l’entreprise. Cette équation détermine également de combien d’argent l’entreprise disposera pour faire des achats, des investissements en capital, payer des dividendes aux actionnaires ou des salaires aux employés. Moins elle aura de coûts de toute sortes, et plus elle aura d’argent pour ces investissements. Une augmentation des impôts, toute chose étant égale par ailleurs, va être payée au détriment de ces autres catégories.  C’est donc dire que ceux qui vont réellement faire les frais des impôts et taxes payés par l’entreprise, sont les individus qui transigent avec elle à un niveau ou un autre. C’est-à-dire :

  • Ses fournisseurs qui subissent une baisse dans les achats d’équipement capital de l’entreprise.
  • Ses clients, qui verront les prix de ses produits augmenter.
  • Ses employés qui auront peut-être des augmentations de salaire plus faibles qu’autrement, ou qui ne seront pas embauchés du tout, ou peut-être mis à pied.
  • Ses actionnaires, qui verront le montant de leurs dividendes baisser et peut-être aussi la valeur de leurs actions.

Ce sont tous ces gens qui, dans la réalité, paient les impôts et taxes de l’entreprise. Multipliez ça par toutes les entreprises au pays et au final, vous vous rendez compte que ces gens, c’est vous et moi.

Ils n’ont rien volé (eux)

Mais vous savez ce qui m’énerve le plus? C’est cette notion que les profits d’une compagnie ou les revenus d’un particulier ne lui appartiennent pas. Que si quelqu’un essaie de conserver plus de ce qu’il a honnêtement gagné, il est un voleur, un tricheur, un égoïste, un moins que rien.  Pour ma part, je crois que c’est plutôt le contraire. Ce que nous gagnons nous appartient.  Le contraire voudrait dire que le gouvernement a plus de droits sur votre propriété que vous, ce qui fait de vous essentiellement un esclave. Et si nous ne sommes pas des esclaves, c’est la confiscation de nos revenus par le gouvernement qui est immorale et le cautionnement de ce pillage par les idiots utiles de l’état l’est tout autant. Ceux, incluant les entreprises, qui désirent prendre action pour payer moins d’impôts ne sont pas des voleurs (eux). Ils ne font que se défendre des véritables voleurs.

[Photo : Wikipedia]