Archives de catégorie : Science

Une autre preuve de mauvaise foi sur le climat

Par Philippe David

Ce matin, on a porté à mon attention encore un autre article qui propose de prouver qu’il y a consensus scientifique sur l’hypothèse anthropogénique du climat.  L’article du site Popular Science date de janvier 2014, donc il n’est pas récent. Il cite deux études du géochimiste James Laurence Powell qui a examiné des échantillonnages de littérature scientifique (respectivement 2 258 articles publiés entre novembre 2012 et décembre 2013, et 13 950 articles publiés entre 1991 et 2012) et a fait un recensement de tous les articles rejetant explicitement l’hypothèse anthropogénique ou endossant explicitement une autre cause du réchauffement.  Il ne semble y avoir rien d’autre comme résultats transpirant de ces deux études. L’auteur semble croire que ces résultats prouvent définitivement le consensus scientifique sur les causes anthropique du réchauffement climatique récent. Comme je vais le démontrer, ces deux études, qui n’ont rien de scientifique, en passant, ne prouvent qu’une chose et c’est la mauvaise foi des partisans de la théorie anthropogénique. Voici les résultats:

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Seulement 1 auteur sur 2258 papiers rejette le réchauffement anthropogénique.

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Sur 13 950 articles, seulement 24 rejettent explicitement l’hypothèse anthropogénique. Wow! Dites-vous. Ça doit certainement être une preuve qu’il y a consensus, pas vrai?

Qu’est-ce que ça prouve au juste?

En réalité, rien du tout. Ou du moins, pas ce que les auteurs espèrent prouver. Soulignons dès le départ que ces exercices de recensement d’articles scientifiques n’ont en soi absolument rien de scientifique et ne prouvent d’aucune façon si l’hypothèse anthropogénique est valide ou non. Qu’un tel nombre de papiers scientifiques endossent ceci ou cela ne prouve rien. C’est un sophisme d’appel à la popularité combiné avec le sophisme d’appel à l’autorité que de laisser entendre qu’une majorité de scientifiques endossent telle ou telle hypothèse et en soit, ce n’est pas une preuve que l’hypothèse est valide. Par le passé, de nombreuses hypothèses ont joui d’un consensus pendant des dizaines, voire des centaines d’années pour être finalement invalidées.

Mais là où le bât blesse particulièrement, est que ça ne prend en réalité qu’un papier scientifique démontrant empiriquement que l’hypothèse est fausse pour qu’elle soit invalidée. Or l’auteur des deux études a trouvé au moins 26 papiers qui rejetaient l’hypothèse anthropogénique et qui, on peut le présumer, comportent des preuves empiriques de ce qu’ils avancent, sinon ils n’auraient pas passé la revue par les pairs. Il resterait à vérifier si effectivement ces articles invalident vraiment l’hypothèse anthropogénique mais plutôt que de prouver ce qu’il croyait prouver, M. Powell pourrait, par inadvertance, avoir prouvé tout le contraire en fait. Quelle ironie!

Une preuve de mauvaise foi

Ce n’est certainement pas la première fois qu’on essaie d’étouffer le débat sur le réchauffement climatique en faisant croire qu’il existe un consensus de la communauté scientifique sur la cause du réchauffement. Oreskes, Doran et Zimmerman et Cook et al sont d’autres exemples de tentatives du camp des alarmistes de nous faire avaler cette couleuvre. Toutes ces soi-disant études ont été réfutées par des articles revus des pairs. Toutes étaient de mauvaise foi, prétendant prouver un consensus en additionnant des pommes et des oranges. Cook et al, plus particulièrement, dont les résultats tant vantés d’un consensus de 97% ont été obtenus en rejetant tous les articles n’exprimant aucune opinion et en additionnant tous les article soutenant explicitement ou implicitement que les émission de CO2 d’origine humaine ont un lien quelconque avec le réchauffement actuel, quantifiable ou non, mais en représentant ce résultat comme étant un endossement formel que ces émissions étaient la cause principale du réchauffement (ce que seulement 41 articles sur 11941 exprimait explicitement) et que ce réchauffement est catastrophique (ce qu’aucun des articles n’exprimait et même les rapports du GIEC ne prétendent une telle chose.) C’était carrément de la fausse représentation.

M. Powell aussi fait preuve de la même mauvaise foi en dénichant un petit nombre de papiers scientifique rejetant l’hypothèse anthropique dans un grand échantillonnage et laissant croire que le fait que seulement une si infime minorité rejetant une hypothèse prouve que l’hypothèse est vraie. C’est faux. 

Selon Popper, une hypothèse ne peut jamais être prouvée vraie, elle ne peut qu’être falsifiée. Une hypothèse qui est infalsifiable n’est pas de la science, mais de la pseudo-science. Ce n’est pas moi qui le dit. La démarche scientifique a toujours été comme ça, comme l’explique très bien l’éminent physicien Richard Feynman:

La science n’a jamais fonctionné par consensus. J’aurais été curieux de savoir dans les échantillons de M. Powell, combien affirmaient que les émissions humaines de CO2 est la principale cause d’au moins 50% du réchauffement récent. Je ne serais pas surpris qu’il n’y en ait pas plus que ce que M. Cook a trouvé, soit un infime pourcentage de l’échantillon total. Non seulement un consensus ne prouve rien, mais jusqu’ici, personne n’a réussi à prouver qu’un tel consensus existe.

Alors si quelqu’un vous met encore une autre étude prétendant qu’un consensus existe et que le débat est clos, vous saurez quoi répondre.

Décaper le vernis du GIEC (2e partie)

Par Philippe David

Ceci est la seconde partie de mon résumé du livre de Donna Laframboise intitulé: «The Delinquent Teenager Who Was Mistaken for the World’s Top Climate Expert». Au départ je croyais pouvoir vous résumer ce livre en moins de 1500 mots, mais après avoir commencé, je me suis vite rendu compte que ça ne suffisait pas. Il y a suffisamment  de morceaux juteux dans ce livre pour alimenter des dizaines de textes. Je vais donc vous servir encore quelques morceaux choisis, mais je vous recommande fortement de lire le livre qui ne se vend que pour la somme minime de $4.99 US sur Amazon.com en version Kindle.

Dans la première partie, nous avons vu que dès la création du GIEC, l’ONU avait déjà pipé les dés en limitant son mandat aux seules causes d’origine humaine, ce qui explique déjà beaucoup de choses. Nous avons vu également qu’un nombre significatif de leurs prétendus «experts» sont des étudiant qui n’ont même pas encore leur doctorat (et dans certains cas, même pas de maitrise) et qui n’ont jamais publié quoique ce soit. Nous avons aussi démontré que d’autres ont été embauché strictement pour remplir des quotas de représentativité nationale au détriment de leurs compétences.  

Nous avons aussi révélé que le GIEC est complètement infiltré par des activistes d’organismes comme Greenpeace, le WWF et l’EDF. Que reste-t-il donc à dire au sujet du GIEC? Plein de choses! Après plus de 1500 mots de mon premier texte, je n’ai réussi qu’à égratigner la surface. Allons creuser dans le bois, voulez-vous?

La réalité ne cadre pas avec nos croyances alors nous préférons le virtuel

Un autre groupe très spécial au sein du GIEC est celui des modélisateurs climatiques. Ils ne sont pas des scientifiques dans le vrai sens du terme, mais au GIEC, ils sont des rock stars. Comme vous le savez peut-être déjà, de mon métier je suis consultant en informatique. Même si je n’ai jamais programmé de modèles climatiques, mes 30 années d’expérience dans ce domaine m’ont quand même enseigné ce que même les plus puissants ordinateurs peuvent et ne peuvent pas faire. J’ai d’ailleurs déjà livré ma pensée là-dessus, mais l’éminent physicien Freeman Dyson, qui lui, a travaillé avec ces modèles avait ceci à dire à leur sujet:

«They do not begin to describe the real world that we live in. The real world is muddy and messy and full of things that we do not yet understand. It is much easier for a scientist to sit in an air-conditioned building and run computer models, than to put on winter clothes and measure what is really happening outside in the swamps and the clouds. That is why the climate model experts end up believing their own models.»

Ce qui m’a étonné à ce sujet dans le livre de Donna Laframboise, c’est qu’aucune vérification indépendante n’est faite du travail des modélisateurs. Les mêmes personnes qui écrivent le chapitre des résultats de ces modèles écrivent également le chapitre d’évaluation de ces modèles. Croyez-vous vraiment que si vous demandez à des parents de décrire leur propre petit bébé, ils auront autre chose à dire qu’une intarissable liste d’éloges? En particulier parce que si un jour on décidait, à juste titre, que leurs modèles ne sont qu’un gros gaspillage de temps et d’argent, ils se retrouveraient tous au chômage?

Ces modélisateurs vivent en réalité dans une monde virtuel complètement coupés du monde réel.  Dans cet article de 2007,  cinq d’entre eux font un parallèle entre leurs modèles et une boule de crystal.

«We are now living in an era in which both humans and nature affect the future evolution of the earth and its inhabitants. Unfortunately, the crystal ball provided by our climate models becomes cloudier for predictions out beyond a century or so. Our limited knowledge of the response of both natural systems and human society to the growing impacts of climate change compounds our uncertainty. One result of global warming is certain, however. Plants, animals and humans will be living with the consequences of climate change for at least the next thousand years.» [caractères gras ajoutés]

Sans rire, ils affirment que nous subirons les conséquences du changement climatique pour le prochain millénaire, mais que leur «boule de crystal» devient brumeuse au-delà de 100 ans. Quand on regarde une comparaison des prédictions de leur modèles comparées aux données empiriques de la troposphère, on s’imagine facilement que la boule de crystal devient brumeuse bien avant 100 ans.

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Un processus de sélection des auteurs aussi brumeux que les boules de crystal.

On nous présente également le GIEC comme un modèle de transparence. Mais en réalité, peu de gens comprennent comment le GIEC prend ses plus importantes décisions.  Ainsi, l’enquête de l’IAC révèle entre autre que le processus de nomination des auteurs, ainsi que des cadres du GIEC est plutôt nébuleux. Personne ne sait quels sont les critères de sélection. Lorsqu’une nomination est annoncée, il n’y a pas un mot sur les qualifications de la personne choisie. Nous devons les croire sur parole que ces personnes sont des experts.

Dans la conclusion du rapport (p. 63), l’IAC donne ces recommandations:

«• The IPCC should make the process and criteria for selecting participants for scoping meetings more transparent.
• The IPCC should develop and adopt formal qualifications and formally articulate the roles and responsibilities for all Bureau members, including the IPCC Chair, to ensure that they have both the highest scholarly qualifications and proven leadership skills.
• The IPCC should establish a formal set of criteria and processes for selecting Coordinating Lead Authors and Lead Authors.
• Lead Authors should explicitly document that a range of scientific viewpoints has been considered, and Coordinating Lead Authors and Review Editors should satisfy themselves that due consideration was given to properly documented alternative views.»

De plus, il est important de noter que le rapport signale aussi que depuis sa création, le GIEC n’a aucune politique ou mécanisme de prévention des conflits d’intérêts. La recommandation de l’IAC ne peut pas être plus claire à ce sujet:

«The IPCC should develop and adopt a rigorous conflict-of-interest policy that applies to all individuals directly involved in the preparation of IPCC reports, including senior IPCC leadership (IPCC Chair and Vice Chairs), authors with responsibilities for report content (i.e., Working Group Co-chairs, Coordinating Lead Authors, and Lead Authors), Review Editors, and technical staff directly involved in report preparation (e.g., staff of Technical Support Units and the IPCC Secretariat). »

Le GIEC s’est bien doté d’une telle politique en 2011, mais a indiqué que vu que les auteurs de son prochain rapport ont déjà été sélectionnés, il ne serait pas juste de les soumettre à cette nouvelle politique. Ils ont donc été exemptés.

Dans l’Himalaya, les cerveaux manquent d’oxygène.

Vous vous souviendrez peut-être du scandale des glaciers de l’Himalaya. Cette affirmation faite dans le rapport du GIEC de 2007 qui s’est avéré provenir d’une source douteuse qui n’était pas revisé des pairs? Affaire d’ailleurs promptement étouffée par les médias de masse, ce qui explique pourquoi vous n’êtes pas au courant que les glaciers ne sont en réalité que la pointe de l’iceberg.

En 2008, Rajendra Pachauri s’adressait ainsi à un comité de la législature de Caroline du Nord:

«I want to emphasize that the IPCC by itself doesn’t do any research, it mobilizes the best experts and scientists from all over the world and we carry our an assessment of climate change based on peer-reviewed literature, so everything that we look at and take into account in our assessments has to carry credibility of peer-reviewed publications, we don’t settle for anything less than that. » [caractères gras ajoutés]

En fait, Pachauri répétait constamment que les rapports du GIEC reposaient strictement sur de la litérature revisée des pairs. Quel embarassement lorsque qu’on a découvert que la source des prédictions sur les glaciers de l’Hymalaya n’était pas revisée des pairs. Ce que vous ne savez pas, c’est que ce n’était pas la seule référence dans le rapport de 2007 qui n’était pas revisée des pairs. Loin de là!

Donna Laframboise a demandé à des volontaires pour l’aider à vérifier toutes les références du rapport de 2007. Quarante-trois ont répondu à l’appel et voici les résultats:

  • Sur 18 531 références, près du tiers, soit 5 587 n’étaient pas revisées des pairs.
  • 21 sur 44 chapitres contenaient moins de 60% de références revisées des pairs.
  • Parmi les sources grises citées, on compte des articles de journaux et magazines, des thèses de maitrise et de doctorat non-publiées, des documents de Greenpeace et du World Wildlife Fund,  des communiqués de presse et des papiers de discussion gouvernementaux.

Il se trouve que l’utilisation de litérature grise (non-revisée des pairs) n’était pas interdite et pour être honnête, il serait difficile de s’en priver complètement. Elle était permise dans la mesure ou ces références étaient identifiées comme tel. Mais le GIEC n’était pas foutu de respecter ses propres règles, alors seulement 5% de la litérature grise était identifiée. De plus, aucune exigence n’existe quant au pourcentage de litérature grise utilisée. Si bien que certains chapitres contenaient aussi peu que 15% de références revisée par les pairs!!!  Le rapport d’enquête de l’IAC recommandait d’ailleurs  un resserrement de ces règles (P. 63).

«Clarifying the use of unpublished and non-peer-reviewed sources.

A significant amount of information that is relevant and appropriate for inclusion in IPCC assessments appears in the so-called gray literature, which includes technical reports, conference proceedings, statistics, observational data sets, and model output. IPCC procedures require authors to critically evaluate such sources and to flag the unpublished sources that are used. However, authors do not always follow these procedures, in part because the procedures are vague.

Recommendation:

The IPCC should strengthen and enforce its procedure for the use of unpublished and non-peer-reviewed literature, including providing more specific guidance on how to evaluate such information, adding guidelines on what types of literature are unacceptable, and ensuring that unpublished and non-peer-reviewed literature is appropriately flagged in the report.» [Caractères gras ajoutés]

Non seulement le GIEC n’a pas donné suite à cette recommandation mais l’exigence d’identifier correctement les références à  la litérature grise a été supprimée.

Le 14 avril 2010,  Donna Laframboise a envoyé un communiqué de presse pour révéler les résultats de sa revision des références du 4e rapport d’évaluation du GIEC (AR4). Avouez que ces révélations étaient plutôt surprenantes, considérant que Rajendra Pachauri ne cessait de répéter que le GIEC n’utilise que des références revisées des pairs et que toute autre référence n’est bonne qu’à être jetée aux poubelles

Quelle fût la réaction des médias? Nos journalistes se sont-ils précipités pour frapper à la porte de Pachauri pour lui demander comment il pouvait représenter si faussement les sources sur lesquelles reposent le rapport principal produit par son organisation? Était-il complètement ignorant de son contenu? Comment peut-on encore croire un traitre mot qui sort de sa bouche?

Eh bien non. Tout ce que le public a entendu est… le son des grillons. Silence radio complet. Les gardiens de la démocratie ont tous crû que cette nouvelle n’était pas assez importante pour vous en faire part, malgré que toutes les décisions de nos gouvernements en matière de climat, coûtant des centaines de milliards en deniers publics, reposent entièrement sur la crédibilité des rapports d’évaluation du GIEC.

Je reste sans mots devant une telle omerta irresponsable de la part des médias. De quoi donner de la crédibilité à de nombreuses théories du complot.

Il me reste encore du matériel pour une troisième partie. À suivre…

Pour en finir avec le soi-disant consensus scientifique: Cook et al. 2013

Par Philippe David

Les réchauffistes ne cessent de nous répéter que 97% (ou 98%, c’est selon) des scientifiques du climat sont d’avis que la Terre se réchauffe, que 95% (selon le GIEC) serait causé par l’activité humaine et que ce réchauffement est dangereux.  Le président Obama lui-même l’a affirmé sur Twitter et récemment, Radio-Canada a fait le même genre d’affirmation dans une bande dessinée sur sont site web. Oublions pour un moment le fait que le terme « consensus » n’est pas un terme scientifique, mais plutôt un terme politique. En réalité en science il importe peu qu’une hypothèse semble brillante, qu’elle soit issue d’un cerveau également brillant ou combien de gens brillants l’approuvent. Il ne suffit que d’une personne avec des preuves reproductibles pour complètement l’invalider. Alors contentons nous simplement de répondre à la question «Mais d’où provient ce chiffre?»

Cook et al. 2013, un pseudo-consensus

La source de ce 97 ou 98% de consensus est apparemment une étude non-scientifique de comptage d’abstraits de 11 941 articles scientifiques trouvés sur l’internet à l’aide de certains mots-clés par un blogueur australien activiste climato-alarmiste du nom de John Cook et de quelques associés. (Vous trouverez son blogue ici. ) Ce que M. Cook affirme comme conclusion de cette étude est que 97% des articles qu’il a compilés qui expriment une opinion (sur les 11 941 articles) endossent l’hypothèse que la Terre se réchauffe et que nous en sommes la cause. Soulignons ici qu’on parle d’un nombre d’articles scientifiques et non de scientifiques. Donc ceux qui affirment que 97% des scientifiques endossent l’hypothèse anthropogénique du réchauffement basé sur cette étude ont déjà tout faux. De plus, nulle part dans cette étude est-il mention que ce réchauffement est dangereux. 

Pour votre bénéfice, je suis allé télécharger ses données qui sont téléchargeables en format texte délimité par des virgules ici et je les ai importé dans Excel. J’ai rendu mon fichier Excel accessible ici pour que vous puissiez vérifier tout ce que j’ai fait.  M. Cook et ses assistant ont examiné les abstraits des 11 941 articles (pas les articles eux-même, mais seulement les abstraits) et les ont catégorisés comme suit:

Cook et al 2013 - tableau
Cook et al – Répartition des articles (RCA = Réchauffement Climatique Anthropique)

Notez ici que pour une raison obscure, Cook quantifie son niveau de certitude à seulement 50% ou plus dans l’évaluation des articles alors que le GIEC le fixe à 95%. Il y a fort à parier que très peu d’articles dans son échantillonage satisfaisaient le critère de 95%. Les articles dans la seconde catégorie affirment qu’il y a réchauffement, que l’activité humaine peut y être pour quelque chose, mais ne quantifient pas à quel point l’activité humaine est responsable. Croyez-le ou non, mais la plupart des papiers écrits par des scientifiques sceptiques comme Richard Lindzen, Judith Curry ou John Christie pourraient facilement se retrouver dans cette catégorie.  La troisième catégorie contient des articles qui n’affirme pas en toutes lettres que le réchauffement est causé par l’activité humaine, mais assument que c’est le cas. On peut sérieusement se demander vraiment à quel point ces articles peuvent  faire partie d’un consensus.  Notez bien que tous les articles ont été revisés par les pairs et que tous et chacun font référence au climat d’une façon ou d’une autre.

Quoi qu’il en soit, j’ai pris ces données et je me suis amusé à les représenter graphiquement:

Cook et al 2013
Cook et al 2013 – Répartition générale (cliquez pour agrandir)

On voit les 2/3 de l’échantillonnage n’expriment aucune opinion sur la cause du réchauffement, mais supposément, il y aurait consensus. Eh ben! Ça fait beaucoup de papier ça. Continuons en départageant ceux qui endossent un réchauffement dont les homme seraient responsables à un degré ou à un autre versus ceux qui d’une façon ou d’une autre rejettent cette thèse, tout en gardant ceux qui n’expriment pas d’opinion.

Cook et al 2013 - Endosse-rejette-sans pos

On voit que ceux qui rejettent carrément la théorie anthropogénique ne sont qu’un nombre infime comparativement à ceux qui endossent que l’activité humaine est au moins partiellement responsable. 

Cook et al 2013 - pseudo-consensus

Voici le pseudo-consensus de Cook. Cook a tout simplement éliminé tous les papiers n’exprimant aucune opinion et a tout simplement calculé la proportion de papier appuyant une réchauffement causé par l’homme que ce soit implicite ou explicite et que ce soit quantifié ou non et oppose ça aux papiers qui rejettent toute responsabilité humaine et arrive à un résultat de 97%. Étrangement, moi j’arrive à 98% avec les mêmes données. Cependant je ne m’obstinerai pas pour un pourcent. Chose certaine, je n’ai altéré les données d’aucune façon. 

Nous voilà donc avec quelque chose qui ressemble à un consensus écrasant, sauf qu’il y a un petit problème avec ça. Comme je l’ai expliqué, la plupart des scientifique sceptiques peuvent facilement tomber dans la catégorie 2,  c’est à dire les articles endossant la thèse que l’homme contribue au réchauffement à un degré non-spécifié. Voyez-vous, même un article exprimant que le soleil est la principale cause du réchauffement, mais que l’activité humaine y joue un rôle limité pourrait facilement se retrouver dans cette catégorie et il y a effectivement un bon nombre de ces papiers dans cette catégorie. Leurs auteurs ont même dénoncé Cook comme faisant de la fausse représentation en incluant leur travail dans son «consensus».  Peut-on honnêtement dire que ces papiers affirment que l’activité humaine est vraiment la cause principale du réchauffement?  Par la même occasion, l’idée d’inclure les articles qui n’endossent qu’implicitement la thèse anthropogénique peuvent-ils honnêtement être comptés comme exprimant que l’activité humaine est la cause principale du réchauffement climatique des 60 dernières années? Font-ils vraiment partie de ce consensus? La réponse doit forcément être non. Dire qu’il y aurait un consensus de 97% que l’activité humaine influencerait le climat de façon inquantifiable ne nous apprend absolument rien de nouveau et ne prouve absolument pas que l’activité humaine est la cause principale du réchauffement.

Conclusion

L’étude de Cook et al. ne prouve d’aucune façon qu’il y a consensus, ni que le récent réchauffement est causé par l’activité humaine à la hauteur de 95%. Il prouve plutôt le contraire. Dans tout l’échantillonnage, le pourcentage d’articles affirmant avec certitude que le réchauffement que l’activité humaine est responsable du réchauffement n’est que de 0,54%, pas 97%! On est à des années-lumières du prétendu consensus.

Cook et al 2013 - RCA 50+

Comme je l’ai dit et répété, un consensus n’a aucune valeur scientifique, alors même si 97% des tous les papiers scientifiques sur le climat affirmaient avec certitude que l’activité humaine est la cause du réchauffement climatiques récent, il ne suffirait qu’un d’un papier démontrant conclusivement, données à l’appui, que la cause du réchauffement est un facteur naturel pour tout jeter par terre. L’évocation d’un consensus n’est en réalité qu’un sophisme d’appel à la popularité. 

La réalité est que même dans le vaste échantillonage de 11 947 articles scientifique de Cook et al, il n’y a qu’une infime minorité qui endossent la thèse que la cause principale du réchauffement est l’activité humaine.  Tous les autres ne disent absolument rien de la sorte et rien de cette étude ne permet d’affirmer qu’il est dangereux. Voilà pour le pseudo-consensus. Dans un prochain billet, j’entend exposer comment c’est possible que le GIEC établisse à 95% le niveau réchauffement causé par l’homme alors que nous savons qu’il y a si peu d’articles scientifiques qui endossent cette thèse.

Note:

Un article revisé par des pairs a ré-éxaminé l’échantillonage d’articles utilisé dans Cook et al et a déterminé que le nombre d’articles endossant l’hypothèse que le réchaufement est causé par l’activité humaine à plus de 50% est en réalité 41 et non 64. 

Ajout: 

Personne ne m’a encore fait la remarque qu’il existe d’autres études qui prouvent le consensus scientifique tel que Doran & Zimmerman (2009), Anderegg et al. (2010) et Oreskes (2004),  mais au cas où vous seriez tenté de le faire, sachez que tous ont été réfutés par de la littérature revisée par des pairs. Vous trouverez une liste ici avec tous les liens vers ces réfutations.