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Adrien Pouliot briguera la chefferie du Parti Conservateur du Québec

Adrien Pouliot

Adrien Pouliot

Par Philippe David

Dans un point de presse cet après-midi, l’homme d’affaire Adrien Pouliot a annoncé qu’il se lançait en politique en posant sa candidature à la chefferie du Parti Conservateur du Québec. Après avoir considéré se lancer dans la course au leadership du Parti Libéral, M. Pouliot a préféré rejoindre un parti qu’il considère plus près de ses idées.

Le Parti Conservateur du Québec est rené de ses cendres il y a un an des suites de la fusion entre l’ADQ et la CAQ. Ce parti cherche à rallier les anciens adéquistes déçus et autres orphelins de la droite québécoise.

Adepte du libéralisme classique et homme d’affaire accompli, Adrien Pouliot amènera sans aucun doute un vent de fraicheur à la scène politique québécoise. Je lui souhaite bonne chance!

 

Première semaine de campagne : avantage Legault

francois-legault

Par Simon Leduc

La première semaine de la campagne électorale a été très intéressante. Jean Charest voulait que le conflit étudiant et la loi et l’ordre soient les thèmes centraux de ces élections. Mais c’est finalement l’intégrité qui a pris toute la place grâce à la candidature vedette de Jacques Duchesneau à la CAQ. On ne peut pas prédire l’issue de ce scrutin. Quel parti politique a gagné la première manche électorale?

Avantage Legault :

En décembre 2011, la CAQ était en tête dans les intentions de vote avec près de 40% des voix. Les Québécois veulent du changement et ils sont tombés dans les bras de François Legault sans savoir ses réelles intentions. La lune de miel entre les deux a été de courte durée. Le chef de la CAQ a chuté dans les sondages parce qu’il ne réussissait pas à représenter le changement que le Québécois moyen désire depuis 2002. La descente de la Coalition peut s’expliquer par les éléments suivants : l’absence d’idées novatrices, l’impression que le parti était seulement composés de transfuges et le manque de figures de proues au sein de l’équipe caquiste.

Depuis le début de la campagne électorale, l’ancien ministre péquiste domine l’espace médiatique et ce pour trois raisons. Tout d’abord, malgré sa 3e place dans les sondages, le chef de la CAQ a réussi à s’entourer d’une équipe compétente et de prestige : Gaétan Barrette, Maud Cohen, Christian Dubé , Gérard Deltell , Sylvie Roy, François Bonnardel , Éric Caire etc. S’il est porté au pouvoir, le futur conseil des ministres caquiste serait solide et prêt à diriger la province.

Ensuite, la CAQ semble vouloir reprendre deux chevaux de bataille de la défunte ADQ : le remboursement de la dette et des baisses d’impôts. La CAQ est la seule formation politique qui parle du problème de la dette publique qui s’élève à 250 milliards de dollars. Le leader caquiste désire réduire la dette par l’entremise de redevances sur l’exploitation minière et pétrolière. Également, la CAQ promet de baisser légèrement les impôts de la classe moyenne. Cela donnerait un peu de répit aux contribuables les plus taxés en Amérique du Nord. Ce sont des mesures qui vont plaire à la classe moyenne qui en a marre de payer et rien recevoir en retour.

Subséquemment, M. Legault a su imposer la question de l’intégrité comme l’enjeu principal de la campagne en allant chercher une méga pointure en la personne de Jacques Duchesneau. C’est une grosse prise pour la CAQ.

Cette candidature a complètement fait dérailler la campagne libérale. Jean Charest voulait que la loi et l’ordre et le conflit étudiant soient les deux enjeux de cette élection. Le premier ministre sortant aura de la difficulté à se démarquer si l’intégrité domine l’espace médiatique car c’est le talon d’achille de son gouvernement.

Le Parti québécois voulait se présenter comme le champion de l’intégrité dans la lutte contre la corruption et la seule alternative aux libéraux dans ce domaine. L’arrivée de Duchesneau à la CAQ va faire très mal à Pauline Marois. Les électeurs qui veulent se débarrasser de la corruption libérale vont pouvoir se tourner vers la CAQ et ses trois combattants anticorruption : Jacques Duchesneau, Sylvie Roy et Maud Cohen. Le parti souverainiste a maintenant un adversaire de taille auprès du vote francophone. Pauline Marois est menacée et elle va devoir se battre pour ne pas se faire doubler par son ancien partenaire.

Cela va changer le cours des choses de la campagne. Avec une telle figure de proue à ses côtés, François Legault va pouvoir dire aux Québécois que son équipe est la seule qui va pouvoir combattre et vaincre le cancer de la corruption qui ronge la société québécoise.

Le peuple québécois veut désespérément du changement. En 2002 et en 2007, il a flirté avec l’ADQ de Mario Dumont. En mars 2007, celle-ci était aux portes du pouvoir mais l’inexpérience et l’acharnement de la presse médiatique gauchiste auront eu raison de ses aspirations. Est-ce que la CAQ de François Legault pourra réussir là où l’ADQ a échoué? On aura un début de réponse le soir du 4 septembre.

L’ADQ est morte, vive la vraie droite

 

C’est maintenant officiel, l’ADQ n’est plus, vendue par des opportunistes pour un sondage. Le parti qui voulait faire de la politique autrement est maintenant remplacé par un parti qui veut faire de la politique n’importe comment. Avec son logo bigarré, la CAQ ne sera qu’un feu de paille lorsque l’électorat réalisera que François Legault promet tout et son contraire. Mais ils se trompent s’ils croient qu’en éliminant l’ADQ, ils ont éliminé toute compétition à la prétention de « force de changement ». La CAQ étant plutôt un vide idéologique navrant se révèlera vite une force du statu quo de l’état nounou monolithique et non les porteurs d’équité générationelle et de redressement des finances publiques. M. Legault ne sera pas celui qui changera le cap de la province, il continuera de la laisser voguer tout droit vers l’iceberg.

Soyons francs, le positionnement de l’ADQ à la droite de l’axe politique a toujours été mitigé. Ses rangs étaient pollués par des personnalités qui n’ont jamais vraiment eu de positions de droite, ce qui a causé sa déchéance à chaque fois qu’elle s’approchait de la ligne des buts. Comme soit-disant parti de droite, l’ADQ était minée de l’intérieur. Au point que la plupart des militants qui ont crû voir en elle un véhicule de changement, l’ont abandonné. Des 2533 membres encore inscrits, seulement 54% on daigné voter et à peine 30% d’irréductibles droitistes ont voté contre la fusion. C’est donc dire que le parti n’avait plus d’âme.  Sa disparition, loin d’être une défaite pour la droite, libérera l’espace à droite du centre pour un parti qui sera vraiment à droite, pas un qui fait semblant de l’être.

Trois nouveaux partis ont été fondés récemment dans le but de combler ce vide. L’Équipe Autonomiste d’Éric Barnabé, le Québec Autonome et Prospère de Jean-François Néron et le Parti Conservateur du Québec, ressuscité par Jeff Plante et Luc Harvey. Sans vouloir offusquer les quelques supporteurs des deux premiers prétendants, la seule option qui me semble viable jusqu’ici est le Parti Conservateur. Non seulement bénéficie-t-il d’une marque de commerce reconnue, mais l’équipe derrière ce parti est composée de personnes qui n’en sont pas à leur premières armes en politique et qui ont de meilleures chances de rassembler une équipe qui pourra présenter des candidats dans tous les comtés. Leur sortie médiatique de cette semaine fût fort remarquée et fait déjà des vagues. Il m’apparaît donc que c’est probablement le meilleur véhicule pour les aspirations de la droite québécoise.

Certains se plaignent de la personnalité de Jeff Plante (qui est controversée, faut l’admettre) ou de la présence dans l’équipe de membres notoires de la « droite religieuse » comme Richard Décarie. Pourtant, ça ne devrait pas nécessairement être une source d’inquiétude pour les tenants de la « droite économique ». Les enjeux controversés pour la droite sociale que sont l’avortement et le mariage gai sont des juridictions fédérales et ne seront donc pas du ressort du PCQ. Les enjeux qui intéressent ce segment de la droite qui sont du ressort provincial ont plus à voir avec la liberté en éducation, l’élimination des cours d’ECR et des accommodements déraisonnables, la compensation pour les parents qui choisissent de garder leurs jeunes enfants à la maison plutôt qu’à la garderie et la préservation de notre patrimoine historique. Ce sont tous des thèmes qui étaient chers à l’ADQ. Je ne vois pas pourquoi ça deviendrait soudainement une source de friction.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec plus de liberté en éducation et avec l’élimination des cours d’ECR et des accommodements. Pour ce qui est de la question des garderies, je considèrerais bien plus équitable de désétatiser les garderies et n’apporter une aide qu’au familles plus démunies pour l’accès aux garderies et laisser le libre choix aux autres familles de payer pour les services de garde qui leur convienne le mieux. Je questionne cependant si c’est vraiment le rôle de l’état de protéger notre patrimoine historique, mais c’est somme toute un point très mineur.

Une victoire de la droite au Québec ne peut se produire qu’en unissant nos forces. Nous ne pouvons pas nous permettre d’exclure certains groupes. Il est toujours possible de trouver un terrain d’entente. Un changement s’impose au Québec. Nous pouvons soit geindre que nous sommes des orphelins politiques maintenant que l’ADQ n’est plus et nous confondre dans des luttes de personnalités. Ou nous pouvons regarder ce qui nous unis, monter à bord du véhicule qui nous est offert et le faire nôtre. Quant à moi, j’ai déjà choisi cette dernière et j’invite les adéquistes et ex-adéquistes à faire de même.

Fusion CAQ-ADQ – Membre radié; Cause: conjoint de Joanne Marcotte!

Que les militants anti-fusion de la CAQ-ADQ prennent bien soin de s’asseoir. J’en ai une bonne à vous conter. Comme Denis Julien, mon chum, n’avait pas reçu son bulletin de vote concernant la fusion CAQ-ADQ (il est membre alors que moi je ne le suis plus depuis un bon moment), je me suis permise de faire un petit suivi et j’ai téléphoné au siège social de l’Action démocratique du Québec ce matin. Une gentille dame m’a donné un service 5 étoiles.

Voici ce qui en a résulté.

- Bonjour. Mon conjoint n’a pas encore reçu son bulletin de vote concernant la fusion CAQ-ADQ. Pourrait-on vérifier si sa lettre a bien été envoyée?

- Oui. Attendez un peu. Je vais vérifier dans le système…. Le nom de votre conjoint?

- Denis Julien. Je peux vous donner son numéro de membre si vous voulez?

- Je vérifie… Attendez un peu… Oui. Son nom figure bien dans la liste mais Raymond Chabot n’a pas envoyé de lettre. Laissez-moi vérifier. Des fois, certains membres sont radiés. Je vais voir.

- Allez-y. Je peux attendre.

- Vous pouvez me donner son numéro de membre?

- 40144. Il a renouvelé aux lendemains du dernier congrès de l’ADQ.

- Oui. J’ai ça ici. Effectivement, il a renouvelé jusqu’en 2016.

- C’est exact.

- Bon. Alors oui, je vois ça ici. Denis Julien au (elle me donne notre adresse) a été radié et il y a une mention “Ne pas contacter. Conjoint de Joanne Marcotte.”

- Hmmm.

- Alors ce que je vais faire, c’est que je vais donner ça à la personne ici qui s’occupe des relations avec Raymond Chabot et elle va faire en sorte que la firme lui envoie son bulletin de vote.

- Alors espérons que le courrier sera rapide puisque la semaine prochaine est la dernière semaine où les gens peuvent voter, non?

- Oui. Oui. Ils sont bien organisés chez Raymond Chabot. Ils s’occupent de ça.

- Alors merci à vous et bonne journée.

Hmmm en effet! Quelle racaille que cette équipe d’administrateurs et de dirigeants de l’ADQ. Comprenez-moi bien. Pour moi, l’ADQ telle qu’elle est perçue par l’ensemble de la population a eu sa chance. Sa marque de commerce est brûlée, sa base militante se sent trahie et les dirigeants actuels sont des guidounes de première classe.

En effet, si autrefois, les politiciens promettaient 100 000 jobs, aujourd’hui, il semble que les politiciens veulent garder leurs jobs à 100 000 dollars! (Celle-là, elle est de mon chum)

Mais bon sang! S’il y a un noyau de personnes qui veulent récupérer cette coquille, l’épurer de ses éléments opportunistes, se “regrounder” sur des valeurs de centre-droite, changer le nom de la marque de commerce et le logo, que sais-je, quelles espèces de crapules cela prend-il pour bousiller à ce point des énergies aussi authentiques et générer un tel cynisme? (Voir dernier communiqué du groupe RestonsADQ qui en rajoute).

C’est vraiment dégoûtant!

 

NDLR – Si vous êtes membres de l’ADQ et que vous n’avez pas reçu votre bulletin de vote, communiquez sans tarder à la permanence de l’ADQ 1 800 370-3221

Prendre les gens pour des cons

Christian Lévesque

Hier matin nous apprenions que Jean Nobert, membre fondateur de l’ADQ, avait fait parvenir à l’exécutif de l’ADQ une demande de convocation d’un Conseil général, signé par 59 membres en règle de l’ADQ, conformément à l’article 35 de la Constitution de l’ADQ. Pendant l’après-midi est arrivé la réponse de Christian Lévesque, le président du parti. Je la reproduis ici intégralement à partir du site de l’ADQ.

Réponse à la demande pour la tenue d’un Conseil général

2012-01-10, 15:05

 

L’Action démocratique du Québec, après analyse par la Commission juridique du parti, et s’appuyant sur les articles 32 et 35 de la constitution,  n’est pas en mesure de répondre de manière positive à la demande formulée par Me JeanNobert pour la tenue d’un Conseil général.

Effectivement, l’article 35 de notre constitution spécifie que le Conseil général se réunit sur la décision du Comité exécutif du parti ou sur demande de cinquante (50) de ses membres ayant droit de vote ou de vingt-cinq (25) associations de circonscription électorale. Par contre, eu égard à l’article 32, qui spécifie qui a droit de vote lors d’un Conseil général, les membres qui ont demandé la tenue du Conseil général ne répondent pas aux critères énumérés par l’article.

Article 32

Le Conseil général se compose des personnes suivantes:

a) des membres du Comité exécutif;

b) des présidents des associations de circonscription électorale; en cas d’absence, le président peut être remplacé par un membre choisi par le comité exécutif de l’association, pour une (1) réunion du Conseil général;

c)  un (1) membre de chaque association de circonscription choisi par le comité exécutif de l’association;

d) les députés de l’Action démocratique, membres de l’Assemblée nationale du Québec;

e) cinquante (50) jeunes ou leurs substituts choisis, en autant que possible, dans chacune des régions mentionnées à l’article 25, nommés par le Regroupement -Jeunes se pour un (1) an; ces nominations devant être entérinées par le Comité exécutif de l’Action démocratique;

f)   les secrétaires des commissions permanentes.

Article 35

Le Conseil général se réunit sur décision du Comité exécutif du Parti ou sur demande de cinquante (50) de ses membres ayant droit de vote ou de vingt- cinq (25) associations de circonscription électorale.

Apparemment, l’interprétation de M. Lévesque  de l’article 35 est que pour convoquer un Conseil général, les 50 membres doivent avoir le droit de vote à un Conseil général.  Selon Claude Garcia, du Comité Restons ADQ, bien que M. Lévesque respecte la lettre des articles 32 et 35 de la constitution,  le parti n’a pas respecté l’article 32 par le passé et permettait à tout membre en règle de voter à un conseil général. Maintenant, tout d’un coup, M. Lévesque décide d’appliquer la constitution à la lettre. Mais maintenant que M. Lévesque a retrouvé sa copie de la constitution, peut-être réalisera-t-il les irrégularités qu’il a lui même commises. Chose certaine, le camp du Non, n’a pas dit son dernier mot.

Fusion ADQ-CAQ: des lettres de Christian Lévesque et Gérard Deltell incluses avec les bulletins de vote

 

Par Philippe David

 

Par l’entremise de membres du comité Restons ADQ, j’ai obtenu des photographies des documents envoyés aux membres de l’ADQ afin qu’ils se prononcent sur l’entente de fusion avec la Coalition Avenir-Québec. Outre le bulletin de vote, une lettre expliquant la marche à suivre de la firme Raymond Chabot, Grant Thornton, une copie de l’entente de principe et une fiche d’informations à remplir; on y trouve également des lettres de MM. Gérard Deltell et Christian Lévesque. Rappelons que l’exécutif national a refusé de permettre au comité Restons ADQ d’inclure une lettre contenant des arguments contre la fusion.

Bien qu’aucune de ces deux lettres n’incitent les membres à voter oui ou non comme tel, M. Deltell y exhorte les membre à se prononcer en grand nombres tandis que M. Lévesque rappelle que l’exécutif national du parti a voté à la hauteur de 85% en faveur de l’accord de fusion. Mais même si elles sont relativement banales, elles rappellent au membres que leur chef et leur exécutif sont en faveur de cette entente et vont à l’encontre de la neutralité qui aurait été de mise dans cet exercice. Ça ne pourrait être vu que comme une façon d’influencer les membres. Déjà que le texte de l’entente ressemble à un baratin de vente pro-fusion. Le tout va certainement donner des arguments à ceux qui croient que le processus était

Denis Claveau, président de la commission des jeunes, dit avoir un problème avec l’inclusion de lettres de deux ténors pro-fusion, mais il  qualifie le tout comme étant « une annonce de fusion sans saveur et surtout, sans projet ».

 

Lettre de Gérard Deltell

Lettre de Christian Lévesque

L’hypocrisie de Jean Allaire

 Par Philippe David.

« Il faut avoir la lucidité de reconnaître le moment où un parti atteint le crépuscule de son existence et faire les gestes nécessaires pour que tout le travail fait depuis près de deux décennies ne s’évapore pas en fumée. » — Jean Allaire

C’est ce que Jean Allaire affirme, alors qu’il cherche non seulement à tuer le parti qu’il a fondé, mais aussi toutes les idées qui ont fait son succès et essaie de se sauver avec les meubles et le compte de banque, laissant les militants nus sur le perron.

Il ne faut pas mâcher ses mots. Ce que Me Allaire et ses comparses essaient de faire, c’est de littéralement « voler » les militants de leur parti en le sabordant en faveur de la CAQ. Il n’était pas suffisant à M. Allaire, M. Lévesque et M. Deltell de simplement quitter leur parti et de prendre leur carte de membre de la CAQ, ils leur fallait à tout prix apporter les actifs de l’ADQ avec eux et au diable ceux qui y ont mis leur corp et âme. Mais ils ont sous-estimé la résistance des militants et ils paniquent maintenant.

Me Allaire parle du crépuscule de son parti alors qu’avant que cette histoire de fusion commence, sa popularité était passée de 6% (après la tragi-comique course à la chefferie) à 18%! Par la suite, afin de plaire à François Legault et tenter de réduire le canyon idéologique entre l’ADQ et la CAQ, Me Allaire a tenté de torpiller les résolutions proposées par la commission politique à Trois-Rivières et ont allègrement fait circuler les rumeurs de fusion. Voyez-vous l’ADQ est loin d’avoir atteint le crépuscule comme véhicule d’idées, elle est seulement minée de l’intérieur par des hypocrites.

Me Allaire essaie de vous faire croire que l’ADQ et la CAQ se rejoignent dans les idées. Je vous inviterais à consulter cette présentation d’Adrien Pouliot. Oui oui. Celle que Joanne Marcotte a converti en PDF et que les fusionnistes ont brandi comme la preuve d’un sombre complot de prise de contrôle de l’ADQ par des fanatiques libertariens, alors même qu’ils aident François Legault à commettre une prise de contrôle hostile de leur parti. Il faut le faire, avouez-le!

Cette présentation, disais-je, démontre plutôt bien que les affirmations de Jean Allaire sont fausses. Il existe bel et bien un fossé idéologique important entre les deux partis. Mais Me Allaire n’est pas intéressé par les idéologies, il est intéressé par le pouvoir et il veut y parvenir en aidant François Legault en lui faisant cadeau du budget de $780 000 par an que l’ADQ reçoit du DGEQ, d’une aile parlementaire et même la possibilité d’être reconnu comme parti officiel à l’Assemblée Nationale. Bref, il veut le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière! C’est d’ailleurs pour ça qu’il est capable du même souffle de mettre en garde contre les soi-disant « dérives de la droite », tout en invitant les membre de l’ADQ qui sont de droite à venir essayer de faire avancer leurs idées au sein de la CAQ! Allô! Quelles sont les chances de faire avancer des idées de droite dans un parti où les éminences grises vous mettent en garde contre les soit-disant dérives de ces idées! Vous nous prenez pour des cons ou quoi?

Membres de l’ADQ, je vous implore d’user de bon sens. La démocratie au Québec se portera beaucoup mieux s’il y a un véhicule politique pour les idées de droite. L’ADQ est le meilleur véhicule pour ces idées, alors que les dirigeants de la CAQ ne cherchent même pas à occuper cet espace du marché politique. Y a-t-il suffisamment de clientèle du côté droit de l’échiquier politique pour se faire porter au pouvoir au Québec? C’est discutable, je vous l’accorde, mais l’ADQ n’a jamais été si populaire que lorsqu’elle avançait des solutions de droite et elle n’est jamais descendu plus bas en enfer que lorsqu’elle a trahi son électorat de droite. À vous d’en tirer vos conclusions. Ce parti peut encore être rebâti sur des fondations plus solides et continuer le travail qu’elle avait commencé à faire: servir l’électorat de droite. Si le pouvoir vous importe plus que l’idéologie et que vous préférez répondre au chant des sirènes des sondages, déchirez votre carte, inscrivez-vous à la CAQ et votez contre la fusion ou ne votez pas du tout et laissez aux autres militants qui croient encore à l’ADQ la possibilité de continuer leur travail. Si la CAQ est si géniale que ça, vous n’avez absolument rien à perdre. Si par contre, vous croyez encore à l’ADQ, empressez vous de retourner votre bulletin de vote avec une croix sur le « non ».

Et surtout, montrez à MM. Allaire, Legault, Deltell, Lévesque, Thibault et cie. que le parti ne leur appartient pas et qu’ils ne peuvent pas en disposer comme bon leur semble pour leur propre bénéfice. Montrez-leur que l’esprit de démocratie est bel et bien vivant dans le coeur des adéquistes, même si vos dirigeants ne l’ont plus. Montrez-leur qu’ils ne peuvent pas vous voler votre parti.

Joanne Marcotte répond à J.-Jacques Samson

Suivant la chronique d’aujourd’hui de J.-Jacques Samson, “Ça caquette à l’ADQ“, je me permettrai d’offrir ici un complément d’information que M. Samson aurait eu avantage à connaître avant d’écrire son texte.

Le document dont il est question dans sa chronique (Cours de préparation au mariage CAQ-ADQ signé Adrien Pouliot) a effectivement été rédigé par Adrien Pouliot, membre de la Commission politique de l’ADQ. Ce document avait fait l’objet d’une conférence Web donnée par M. Pouliot en décembre dernier. Dans cette présentation Powerpoint, ce dernier donne son appréciation des propositions de la CAQ, mais surtout compare la philosophie politique et quelques éléments des programmes des deux partis que sont la CAQ et l’ADQ.

Comme le Réseau Liberté-Québec se donne comme mandat de diffuser les idées qui se situent à la droite du centre sur l’échiquier politique, nous avons pensé rendre public un document qui compare, de façon assez percutante, les valeurs et les idées de la CAQ vs. l’ADQ (initiative qui, entre vous et moi, devrait être le travail des journalistes…) J’ai donc repris son document, l’ai converti en .pdf et l’ai rendu disponible à partir du site de l’Infolettre du Réseau Liberté-Québec.

En créant ce nouveau document .pdf, c’est ce qui fait que vous voyez mon nom dans le champ “Auteur” des propriétés du document. Je n’ai pas, par ailleurs, changé une seule ligne de son texte. Je ne suis donc pas l’auteure du document – ce que le chroniqueur J.-Jacques insinue à tort dans sa chronique.

Il semble donc qu’il n’ait pas été suffisant que le titre du document soit “Cours de préparation au mariage ADQ-CAQ – SIGNÉ ADRIEN POULIOT” pour le convaincre de l’identité de l’auteur. Cela dit, je peine à imaginer M. Samson fouiller dans les propriétés du document .pdf pour y trouver mon nom. On peut, en effet, raisonnablement penser que ceci lui a été suggéré par un malfaisant qui avait intérêt à injecter encore plus de confusion dans le processus déjà alambiqué de fusion ADQ-CAQ.

De toute évidence, cette stratégie de dernière minute du camp pro-fusion est on ne peut plus claire : tenter de discréditer le groupe RestonsADQ.ca en l’associant à une droite radicale, démagogique et selon Me Allaire, libertarienne (oh! quelle horreur, alors que lui-même a travaillé dans l’équipe du très libertarien Stockwell Day de l’Alliance canadienne, selon les dires de Éric Duhaime!).

Ce camp a également intérêt à faire voir que la résistance à la fusion ne provient pas de l’intérieur, soit des membres de l’ADQ, mais serait téléguidée de l’extérieur. Sous-entendre, par exemple, que Adrien Pouliot est un porte-parole du RLQ est digne de tout ce dont la population a en horreur de la part des magouilleurs professionnels de la politique. Croient-ils vraiment qu’en faisant croire cela, la fusion menée par les élites dirigeantes de l’ADQ apparaîtrait moins comme leur trahison à la fois du membership et des idées du parti. Qui sait ce que mijottent les Me Allaire et leur chef des communications Richard Thibault? C’est suffisamment tordu pour que d’honnêtes gens y perdent leur latin et s’écoeurent encore davantage de ces vieux politiciens.

Quoiqu’il en soit, j’en profiterai donc pour rappeler à M. Samson et à ses lecteurs la nature et la mission du Réseau Liberté-Québec. Contrairement à ce que “spin” Me Jean Allaire, le Réseau Liberté-Québec regroupe tous les Québécois qui ont compris que notre sociale-démocratie est épuisée.

Il regroupe TOUT ce qui est à la droite du centre: des conservateurs fiscaux, des gens attachés à la philosophie libérale classique (dont je suis moi-même), des libertariens ainsi que des nationalistes qui ont à coeur de préserver les valeurs occidentales que sont la liberté d’opinion et de presse, l’égalité homme-femme et la séparation de l’Église et de l’État.

Le Réseau Liberté-Québec travaille à réseauter tous ces gens, à proposer des réformes importantes au modèle québécois et à disséquer l’offre politique des différents partis politiques au Québec afin d’y voir plus clair.

En ce qui touche le positionnement du RLQ face à l’avenir de l’ADQ, je crois pouvoir dire sans trop m’aventurer que nous souhaitons tous qu’à terme, il en résulte un parti politique qui représente les idées réformatrices dont le Québec a tant besoin. Que ce véhicule renaisse de la coquille d’une ADQ qui aurait survécu ou qu’il soit le fruit d’un tout nouveau parti politique né d’une base militante plus homogène et clairement positionnée à la droite du centre, honnêtement, m’importe peu.

Pour cela, seuls les militants engagés au sein des partis politiques en présence sauront nous le dire.

P.S. J’ai communiqué avec J.-Jacques Samson au téléphone aujourd’hui. Après lui avoir expliqué la genèse du document dont il est question dans sa chronique, il me dit qu’il effectuera une correction à ses propos à la première occasion.

L’ADQ et l’omerta

Par Julie Thibault,

En 2007, l’ADQ est passé à deux doigts du pouvoir avec ses idées de droite, en 2008, 700 000 de leurs électeurs se sont abstenus, déçus de leur prise de positions et du rôle qu’ils ont joué à l’opposition  les rayant pratiquement de la carte électorale.

 

Aujourd’hui, n’ayant toujours pas compris l’électorat, l’ADQ persiste à vouloir recentrer le parti, allant jusqu’à conclure une entente avec la gauche efficace. Ce parti est prêt à troquer ses idéaux pour prendre le pouvoir. Les méthodes prisent pour concrétiser cette union contre nature est digne des libéraux desquels l’ADQ ne semble plus rien avoir à apprendre.

 

Depuis l’annonce de l’assimilation de l’ADQ par la CAQ, de nombreuses révélations nous sont faites par les acteurs de cette mauvaise comédie. En commençant par Claude Garcia, membre de l’exécutif national dans un article de Denis Lessard, en passant par Denis Claveau, de la commission jeunesse, qui à même révélé qu’après leur prise de position contre la fusion, ils ont reçu un blâme se voyant même menacer de se faire enlever le droit de vote à ceux qui «trahissent la position officielle» du parti

 

De plus, Denis Lessard dans son article «François Legault et Gérard Deltell: les drôles de compagnons» publié le 17 décembre 2011, dévoilait les dessous des procédures qui ont amené à cette fusion. Malgré les nombreuses déclarations de Gérard Deltell voulant  qu’aucune négociation n’avait été entrepris, il semblerait que dès le printemps, alors que les membres étaient réussis à Trois-Rivière, les proches de Legault réussissaient, par l’entremise de M. Allaire, à faire échouer certaines propositions acceptées par ce dernier quelques jours auparavant. Proposition qu’ils jugeaient trop à droite, alors que pour bien des observateurs en attente d’un signal clair que le parti s’engageait maintenant à proposer des changements significatifs pour le Québec, ce n’était que le strict minimum.

 

Il n’est donc pas étonnant que le congrès prévu cet automne fût annulé. Congrès qui devait avoir comme sujet le privé en santé, un des points les plus litigieux entre les deux formations. La position des membres aurait pu compromettre, voire même faire échouer un mariage déjà consommé.

 

Pourtant, il faut vraiment faire des contorsions intellectuelles pour réussir à voir une similitude entre les deux partis. L’ADQ défend des idées de liberté et de responsabilité de la part des individus, dans un État dégraissé et une gestion responsable du gouvernement.  La CAQ ne remet aucunement le sacro-saint modèle québécois en question, elle veut d’un état fort en injectant plus d’argent notamment dans l’éducation et dans les arts. De plus, la coalition veut jouer avec l’argent du bas de laine des Québécois en utilisant ce fond pour les investir dans des entreprises à risques, mais «québécoises» mettant ainsi en péril la retraite des Québécois.

 

À la lumière de toutes ces révélations, plusieurs membres ont déjà commencé à reconsidérer leur appui à cette fusion, voyant maintenant poindre la possibilité d’un véritable parti de droite nettoyé de ceux qui depuis la course à la chefferie semble avoir tout fait pour détruire ce parti, beaucoup plus préoccuper par le pouvoir et le financement que par la promotion de leurs idéaux qui leurs avait apportés le succès en 2007.

 

 

Mais où étaient-ils?

Le 27 décembre, dans une lettre ouverte, Raymond Francoeur, vice-président de l’ADQ, ancien député et cosignataire de la dette du parti dénoncent le peu d’empressement des gens à donner des dons et à s’impliquer au sein du parti. «… Mais où étaient-ils? Pourquoi maintenant?…»

Les véritables questions qui se posent aujourd’hui sont: où était Raymond Francoeur? Que faisait-il lors du dernier congrès en mai? Et que disait-il aux membres lors des réunions de conté?  S’il avait été un peu moins occupé à écouter Legault, il aurait peut-être entendu les membres s’inquiéter et dénoncer cette fusion.

Ces questions s’adressent également aux membres de l’exécutif. Depuis combien de mois Mario Charpentier fait la promotion pour la CAQ sur les réseaux sociaux sans jamais que sont chef ne démentisse ses propos? L’a-t-on menacé de perdre son droit de vote s’il «trahissait la position officielle» du parti?

 

Quand l’équipage magouille ouvertement pour couler le bateau, faut être culotté pour faire la morale à ceux qui ne veulent pas embarquer.

 

(NDLR: à lire également: « Les membres ignorés » de Caroline Pageau, ex-attachée politique de Mario Dumont en réponse à Raymond Francoeur)

Quelques pensées pour mes amis adéquistes

Je vais mettre cartes sur table. Je ne suis pas un membre en règle de l’ADQ. Je ne l’ai jamais été. Il s’en est fallu de peu pour que je m’inscrive, mais il semblait toujours que lorsque je m’apprêtais à prendre ma carte de membre, une action quelconque de l’ADQ me faisait changer d’idée. Je m’adresse à vous en tant que citoyen qui croit que le Québec doit absolument avoir un parti de droite et qui croit également que la CAQ de François Legault ne pourra jamais représenter cet électorat.

Après la période des fêtes vous serez appelés à prendre une grave décision qui aura d’importantes répercussions sur l’avenir de la droite au Québec. Vous ne recevrez qu’une lettre vous expliquant les détails de la fusion avec la CAQ. Elle sera écrite par des gens qui ont un intérêt personnel à ce que vous acceptiez cette fusion. On vous fera croire que leur opinion est neutre, mais c’est faux. Ceux qui opposent la fusion ne pourront pas vous envoyer de lettre expliquant l’envers de la médaille. On leur a refusé l’accès à la liste des membres. C’est pourquoi je vous écris.

Si votre coeur est à la droite du centre et que vous croyez fermement que la solution aux problèmes du Québec passe par une réduction de la taille de l’état. Si, comme moi, vous voyez le modèle québécois comme un modèle dépassé. Alors vous devez voter « non » à cette fusion car la CAQ ne pourra jamais satisfaire vos aspirations.

François Legault n’est pas un homme de droite. Il s’est toujours réclamé de la gauche « efficace ». Il n’a donc jamais été question pour lui d’entamer de grandes réformes du modèle québécois. Il a d’ailleurs affirmé que pour lui, nos programmes sociaux sont « sacrés » et que ça prend un état « fort ». Son approche est une approche de bureaucrate selon laquelle il suffit d’engloutir encore plus d’argent dans notre modèle défaillant pour régler tous les problèmes. Il croit pouvoir lutter contre le décrochage scolaire en augmentant les salaires des enseignants et régler les problèmes de notre pitoyable système de santé en augmentant celui des médecins. Ça fait des décennies que nous utilisons cette approche. Si ça fonctionnait, on le saurait. Son approche pour remettre l’économie sur les rails est de se servir de la Caisse de dépôt et de Investissment Québec comme moteur et laisser des bureaucrates décider quelles compagnies gagnent et perdent. Alors que nous subventionnons déjà les entreprises à un niveau deux fois plus élevé que l’Ontario, M. Legault veut sonner la clochette pour un buffet « all you can eat ». Une orgie de corporatisme; ça aussi, si ça fonctionnait, on le saurait déjà.

Le budget du MSSS à plus que doublé depuis 10 ans, mais les listes d’attente ne font que s’allonger. Les adéquistes savent depuis longtemps que la solution à ce problème se trouve dans l’abandon du système 100% public et le remplacement par un système mixte, comme dans presque tous les pays européens. Quiconque se veut le vrai moteur de changement au Québec, devrait obligatoirement être plus qu’enthousiaste envers de telles réformes. Ça va de soit. Est-ce le cas de M. Legault? Est-ce qu’on aurait eu à lui arracher la promesse d’un vulgaire projet pilote s’il avait vraiment l’âme d’un réformateur?

L’argument qu’on vous servira pour vous convaincre que l’ADQ doit mourir est que ça diviserait le vote. Que ça permettrait aux libéraux de se faire réélire. Que les adéquistes au sein de la CAQ auront la chance de l’influencer. Balivernes! Si M. Deltell n’a pas réussi à obtenir mieux que ce qu’il à obtenu alors qu’il avait $800 000 de financement du DGE à offrir, pourquoi croirait-on pouvoir influencer M. Legault, une fois qu’il aura le chèque en poche? Doit-on voter pour la CAQ seulement par volonté de changer de chauffeur à tout prix? Ou voulons-nous un vrai changement?

Il est vrai que la crédibilité de l’ADQ a été sérieusement atteinte et que même si elle survit, elle sera amputée de son chef, de la majeure partie de son exécutif et de son aile parlementaire, mais elle se sera aussi débarrassé de ceux en son sein qui n’avaient pas de véritables convictions de droite et pour qui les sondages ont plus d’importance que les principes et elle pourra se reconstruire sur une fondation solide pour reconquérir ceux qui l’ont portée au seuil du pouvoir en 2007. Mais pour ça il faut que vous votiez par un retentissant « NON »!

CAQ-ADQ – Partis politiques et mouches à miel

Pour moi, il n’y a rien de plus motivant qu’un article bâclé d’un journaliste biaisé. Aujourd’hui, c’est Robert Dutrizac qui s’est fait complètement remplir et qui n’a probablement même pas tenté de valider les propos absolument mensongers de l’académicien Guy Laforest, ancien président de l’ADQ de 2002 à 2004.

Selon cet “expert” de la question nationale, du fédéralisme canadien et des relations entre le Québec et Ottawa, “les libertariens ont tenté de prendre le contrôle du parti à deux reprises”, soit en 2002 avec Léon Courville et Paul Daniel Muller, puis aujourd’hui avec Claude Garcia, Adrien Pouliot et les “X” du Réseau Liberté-Québec.

Premièrement, suggérer l’idée que des libertariens ont tenté dans les dernières années de faire quoique ce soit à l’Action démocratique du Québec est absolument loufoque et trahit une méconnaissance flagrante de la vie interne du parti des dernières années. Je ne sais pas si Robert Dutrizac a lu le livre des Courville/Muller intitulé Place à l’initiative, mais je vous assure qu’il n’y a rien  pour faire peur aux sociaux-démocrates dans cet essai. En fait, qualifier la vision proposée par les auteurs de “libertarienne” traduit bien davantage l’ignorance en matière de philosophie politique, à la fois de l’académicien et du journaliste qui reprend à son compte l’expression dans la conclusion de son article.

Mais depuis quand un journaliste se doit de s’intéresser aux idées, vous me direz? Ne raconte-t-on pas la politique comme on raconte une joute de hockey?

Pour ce qui est de l’influence des Garcia et Pouliot – qui se se joints cette année à la Commission politique de l’ADQ à la demande d’un chef que l’on croyait conservateur… – cela traduit bien la peur du noyau fondateur du parti envers ceux qui ont tenté, à quelques reprises, de réactualiser l’offre politique de l’ADQ en fonction des préoccupations d’une classe moyenne surtaxée et surimposée plutôt que sur leur lubie nationaliste. En effet, rappelons-le, l’ADN de l’ADQ repose sur le Rapport Allaire. Ce n’est qu’en 2006 que le chef Mario Dumont positionnait plus clairement le parti au centre-droit de l’échiquier politique.

Ils ne l’ont jamais accepté.

La vérité lorsqu’il s’agit des influences qui se sont exercées sur le chef adéquiste et qui ont fait évoluer son offre politique, elle est tout autre. Elle est dans le fait que l’influence réformatrice,

  • elle s’exerce non pas par un “courant libertarien doctrinaire”, mais par des citoyens dévoués qui y sont dans ses pires moments.
  • elle s’exerce aux lendemains de 2003 et aux lendemains de l’élection de 2008 lorsque l’ADQ est au plus bas des sondages.
  • elle s’exerce par ceux qui restent aux lendemains d’une cuisante défaite alors que les grands penseurs, eux, s’éclipsent.
  • elle s’exerce par des gens de conviction à des moments où l’opportuniste n’y voit aucun gain personnel.
  • elle s’exerce par des bénévoles qui n’espèrent pas davantage que de contribuer à améliorer leur espace de liberté
  • par des bénévoles qui se voient écartés le lendemain d’une victoire inespérée pour se faire remplacer par la troupe des fondateurs, les Stéphane Le Bouyonnec et carriéristes politiques qui girouetteront jusqu’à faire lever le coeur des militants qui avaient osé croire en leur compétence et en leur professionalisme.
  • et oui, cette influence, elle s’exercera par des jeunes, parents et aînés qui sacrifieront soirées et fins de semaine pour garder en vie le parti jusqu’à ce qu’un contexte électoral avantage ceux qui ne rêvent que d’asseoir leur joli derrière sur un banc de l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui, Guy Laforest s’improvise historien et juge du haut de sa chaire universitaire les influences de ces gens qu’il ose qualifier de “doctrinaires”, ce Guy Laforest que je n’ai seulement jamais rencontré durant toutes les années où j’ai milité à l’ADQ (2002-2009). Ce Guy Laforest, et sûrement quelques autres fondateurs sur lesquels se base un journaliste qui peine à faire la différence entre la droite fiscale dont l’ADQ se réclamait et une droite libertarienne qui a compris depuis des lunes que la politique n’est que le produit d’une lutte entre intérêts corporatistes.

Un parti politique au sommet des sondages n’a rien à craindre pour ce qui est de l’influence de gens qui ont véritablement à coeur de réformer le modèle québécois. Opportunistes et carriéristes politiques s’y agglutineront comme des mouches à miel. Ensemble, ils feront appel aux meilleurs spécialistes de communications pour vendre le rêve, l’illusion et des promesses qu’on sait ne pouvoir tenir.

Vous voilà réconfortés, dirigeants de la CAQ-ADQ. Pour un certain temps, vous n’aurez rien à craindre des gens qui ont véritablement à coeur de réformer le Québec. Profitez-en bien.

L’opéra n’est pas terminé…

Les américains se plaisent souvent à dire « The opera ain’t over ’til the fat lady sings » (L’opéra n’est pas terminé avant que la grosse dame chante). Dans le cas de la fusion entre l’ADQ et la CAQ, il semble que beaucoup ont déjà vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué et l’ours est de très mauvaise humeur. Mais trêve de métaphores.

Plusieurs, moi y compris, se sont donné beaucoup de peine pour démontrer comment ce mariage est contre-nature. Si vous interrogez un grand nombre de militants adéquistes et j’ai passé une part de mes temps libres à échanger avec un grand nombre d’entre eux sur Facebook depuis l’annonce des détails de l’entente de fusion, le feeling est que l’ADQ a vendu son âme. Les militants avec qui j’ai jasé sont pour la plupart amers et enragés. Beaucoup d’entre eux croyaient encore que l’ADQ était encore un véhicule viable pour faire avancer les idées de droite. Même que depuis que Gérard Deltell s’est retrouvé chef du parti et qu’il est allé recruter Claude Garcia et Adrien Pouliot pour présider la commission politique, l’ADQ avait remonté dans les sondages, les militants commençaient à revenir au bercail, Gérard Deltell avait donné un retentissant discours lors du premier rassemblement du RLQ et lors du dernier congrès, 78 pourcent des propositions de la commission politique, résolument à droite, ont été adoptées. L’ADQ semblait avoir retrouvé son âme et sa direction. Puis François Legault est arrivé sur la scène et il semblait que le Québec entier consentait littéralement à lui donner le bon Dieu sans confession.

Flairant une chance de sécuriser leur réélection, certains députés adéquistes se trouvaient attirés vers la CAQ comme des mouches à un tas de fumier. Les membres de l’exécutif aussi ont décidé d’accrocher leur chariot à la locomotive de Legault par pur opportunisme. Je vais laisser le bénéfice du doute à Gérard Deltell. On m’a dit qu’il était très réticent et qu’on lui a tordu le bras. Toujours est-il que les rumeurs de fusion des deux formations, alimentées par le silence de Deltell, ont totalement tué la remontée que l’ADQ avait amorcée. Certains disent que l’ADQ n’allait nulle part, c’est peut-être vrai aujourd’hui, grâce à ceux qui ont sciemment sabordé le parti avec ces rumeurs, mais ça ne l’était certainement pas avant cette histoire de fusion. Et on était surpris de la déconfiture dans Bonaventure? Pourquoi voter pour un parti qui n’existera plus bientôt?

Le pire dans cette histoire est que le caucus et l’exécutif ont « vendu » le parti pour une bouchée de pain. Ils n’ont pour ainsi dire, rien obtenu en retour. Ce n’est pas une fusion où les deux parties y trouvent leur compte, mais une prise de contrôle hostile ou un avale l’autre et ce qui est encore lus ahurissant, c’est le parti qui vient d’être fondé et qui n’a seulement jamais fait ses preuves qui avale celui qui existait depuis 14 ans.

Mais il y a une chose sur laquelle le caucus et l’exécutif n’ont pas compté, c’est la résistance des militants. Lors du vote de l’exécutif, Claude Garcia et Adrien Pouliot ont voté contre, sans surprise, mais Mikey Colangelo Lauzon et Denis Claveau de la commission des jeunes ont ausi voté contre et ont appelé tous les membres à faire de même. Je sens que la résistance s’organise et je ne serais pas surpris que d’ici au 18 janvier, beaucoup de coups de téléphone se passeront pour convaincre le plus grand nombre de militants possibles à voter contre la fusion. Ce sera intéressant de voir s’ils réussiront à contrer les projets de l’exécutif. S’ils réussissent, l’exécutif n’aurait plus le légitimité, qu’arrivera-t-il? Ça reste à voir

L’ADN de l’ADQ

Dans les tribulation qui entourent les pourparlers sur la fusion possible de l’ADQ et de la CAQ, on entend souvent parler de « l’ADN de l’ADQ ». La retrouvera-t-on dans le mariage de ces deux formations politiques. Dans une entrevue à l’émission Connaître la Suite, Richard Thibault affirmait qu’il n’y a rien d’incompatible entre les valeurs de l’ADQ est celles de la CAQ. Jean-Jacques Samson semble affirmer la même chose dans une récente chronique. En outre, il écrivait:

Les partis se rejoignent sur leurs orientations générales : la défense des libertés individuelles, la responsabilisation des citoyens, l’importance à donner à la famille et à l’éducation, l’aide aux plus démunis, le rôle de l’État, la question constitutionnelle à mettre sur la glace.

J’aimerais personnellement voir où M. Legault s’est affirmé grand défenseur des libertés personnelles, lui qui refuse catégoriquement toute participation du privé en santé, de même que pour la responsabilisation des citoyens. Quant à la question constitutionnelle, je ne serais pas surpris de voir le naturel péquiste de M. Legault revenir au galop puisqu’il recrute activement des péquiste désabusés. Mais pour mieux démontrer les incompatibilités, voyons d’abord comment les adéquistes eux-mêmes définissent leurs valeurs selon un document d’un de leurs groupes Facebook, qui fût adopté lors de leur dernier congrès:

Les valeurs de l’Action démocratique du Québec

Les valeurs de l’Action démocratique du Québec s’articulent autour des grands principes suivants.  Ces piliers orientent les gestes de l’Action démocratique du Québec. Ils se soutiennent les uns les autres et forment l’armature d’un Québec nouveau.

La liberté et les droits individuels

Nous défendons les droits et libertés individuels, tels le droit à la vie et à la sécurité, à la vie privée, la liberté de conscience, de religion, de pensée, d’opinion et d’expression (y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication), la liberté de réunion pacifique et d’association, le droit à la mobilité et le droit à la propriété privée et à son échange libre résultant d’un consentement volontaire.

La responsabilité de chaque citoyen

Nous croyons que la liberté et les droits individuels ont comme corollaire la responsabilité et les obligations individuelles. Des citoyens libres assument leurs obligations, la responsabilité de leurs choix et les conséquences de leurs actes sans s’attendre à ce que l’État ne le fasse à leur place.

La famille

Nous croyons que la famille est l’un des piliers de la société et l’une des façons par lesquelles les citoyens transmettent leurs valeurs.  La famille comprend les parents, les enfants et les aînés. Les droits et libertés des membres d’une famille doivent être protégés contre les intrusions gouvernementales cherchant à les restreindre.

La compassion envers les citoyens incapables de subvenir à leurs besoins

Il revient au citoyen de subvenir à ses propres besoins, à ceux de sa famille et à ceux des personnes qu’il a à sa charge. Nous croyons que l’État doit aider les plus démunis qui sont incapables de subvenir à leurs besoins. L’aide gouvernementale est bien ciblée et axée vers un retour graduel à l’autonomie lorsque cela est possible.

L’importance du secteur privé comme moteur de développement économique

Nous préconisons un système d’économie de marché et nous encourageons l’innovation entrepreneuriale qui en constitue le véritable moteur.  L’État n’a pas comme rôle de se substituer à l’entreprise privée.

Un rôle essentiel et bien défini pour l’État

Nous croyons que le rôle du gouvernement est essentiel mais nous ne croyons pas que l’étatisme soit une solution universelle.

L’État protège la liberté et les droits individuels, favorise l’égalité des opportunités et administre la justice.  Il intervient en cas de catastrophe naturelle, investit dans les infrastructures, favorise l’accès à l’éducation et la santé et, de concert avec la charité privée, assure un filet social aux citoyens les plus démunis qui sont inaptes au travail.

La réglementation établit les règles du jeu sans gérer les marchés dans leurs moindres détails et n’entrave pas un marché libre et florissant.  L’État évite de dispenser des privilèges et d’encourager la dépendance des individus et des entreprises.  Quand l’État doit agir pour ses membres, les ressources et le pouvoir décisionnel sont délégués aux organismes proches des bénéficiaires.

Pour remplir son rôle, l’État impose les citoyens à un niveau raisonnable qui ne décourage pas l’investissement et le travail. L’État gère les impôts des Québécois comme fiduciaire de biens publics.  Il s’assure que les finances publiques soient gérées de façon saine, que ses budgets soient équilibrés et que la dette du secteur public soit d’un niveau acceptable.  Il respecte l’équité intergénérationnelle.  Un État qui joue son rôle restreint la croissance de sa taille à celle de l’inflation et de la population.

Un État au service des Québécois

Nous croyons que les élus représentent d’abord leurs électeurs et qu’ils doivent les servir honnêtement, de façon éthique et pour l’intérêt de tous.  Leurs  obligations envers leurs électeurs priment celles envers leur parti politique.  Le gouvernement, les élus et les fonctionnaires sont en fonction pour d’abord desservir les Québécois.  Ils agissent de façon ouverte et transparente et sont redevables devant les citoyens.  Nous appuyons le principe de la primauté du droit qui fournit aux justiciables un rempart contre l’arbitraire de l’État.

 

Notre place au Canada et dans le monde

Nous croyons au plein exercice des droits et libertés constitutionnelles du Québec au sein du Canada.  Nous croyons que les Québécois doivent contribuer à un Canada uni et démocratique fondé sur une économie de marché et qu’ils peuvent affirmer leur identité au sein du Canada et du monde.  Nous croyons à un Québec ouvert et à des Québécois qui peuvent faire rayonner leurs talents à travers le monde.

 

Voilà pour les valeurs de l’ADQ, mais qu’en est-il de celles de la CAQ de M. Legault? Puisqu’il n’existe pour l’instant aucun document pour exprimer ces valeurs, permettez-moi de mettre en relief des déclarations de M. Legault pour en extrapoler ses valeurs.

 

  1.  François Legault a dit à la radio de Radio-Canada que le Québec a besoin d’un État fort. Les valeurs de l’ADQ penchent vers un état qui s’en tient à l’essentiel. « Moins d’État pour mieux gouverner » était le thème de son dernier congrès.
  2.  Dans la même entrevue radio, M. Legault a dit que les programmes sociaux au Québec, c’était « sacré ». Les valeurs de l’ADQ sont fondées sur la compassion mais aussi sur une aide gouvernementale bien ciblée et axée vers un retour graduel à l’autonomie lorsque cela est possible. Voilà qui devrait porter à réfléchir ceux qui croient que M. Legault pense vraiment à la responsabilisation des citoyens. Le Québec se dirige vers un mur et des choix difficiles seront à prendre quant au panier de services offerts par l’état québécois. Tous les adéquistes en sont conscients. S’il considère que ces services sont « sacrés », M. Legault sera-t-il l’homme de la situation quand ces choix difficiles nous seront imposés?
  3.  M. Legault veut mettre encore plus de restrictions aux choix des parents dans la langue d’éducation de leurs enfants. Les valeurs familiales de l’ADQ sont à l’effet que les droits et libertés des membres d’une famille doivent être protégés contre les intrusions gouvernementales cherchant à les restreindre.
  4.  La CAQ n’a aucun plan de réduction de la dette ou des impôts. M. Legault a même laissé entrouverte la possibilité de hausser les impôts. Les valeurs de l’ADQ promettent une gestion responsable des finances publiques, des budgets équilibrés et un endettement raisonnable.
  5.  Les valeurs de l’ADQ mettent de l’avant une responsabilisation des citoyens (présumément, çà inclut les citoyens corporatifs) et d’éviter de dispenser des privilèges qui encouragent la dépendance des entreprises. La CAQ propose de réduire les subventions aux entreprises mais ces réductions seront réorientées pour subventionner les entreprises en technologie. L’ADQ, elle, a adopté une proposition au conseil général de Trois-Rivières pour éliminer les subventions. De plus, M. Legault désire voir la Caisse de Dépôt et Placement jouer un rôle plus proéminent dans la promotion du Québec Inc, ce qui implique encore plus de BS corporatif et ce, en risquant le bas de laine des québécois.
  6.  M. Legault a dit qu’il était contre le privé en santé, ce qui brime les libertés individuelles des médecins et des patients et va à l’encontre du principe d’économie de marché.

En examinant les déclarations de François Legault dans divers médias, ont y trouve aussi des déclarations contradictoires, ce qui tend aussi à démontrer que M. Legault est prêt à dire tout et son contraire pour séduire les gens, donc pouvons-nous lui faire confiance s’il fait des concessions en vue de la fusion? Les reniera-t-il une fois le mariage consommé? Personnellement, je demeure sceptique et songeur.

Le Québec a encore besoin d’une voix représentant la droite dans l’arène politique. Une nouvelle formation ne pourrait qu’être marginale pendant plusieurs années. Une ADQ renouvelée et épurée de certains éléments pourrait cependant être cette voie. Si certains membres de l’ADQ préfèrent écouter le chant de sirène de François Legault, je suis perplexe à savoir pourquoi ils insistent pour saborder le parti. Croient-ils que sans eux, l’ADQ ne pourrait survivre? Croient-ils que le parti leur appartient et qu’ils peuvent en disposer comme ils veulent? Dans les médias, ils semblent tous dire que la fusion est un « done deal ».  La consultation des militants ne serait supposément qu’une formalité. J’espère cependant que les militants qui désirent vraiment un parti de droite se lèvent et prouvent que les analystes et les médias se trompent

Webinar: Enjeux Québec

 

XTRM Media en collaboration avec Le Prince Arthur Herald présentent

 Conférence-Web présentée par Jeff Plante en deux soirées

Mercredi et Jeudi les 7 et 8 décembre prochain

En vedette:

Un document circulerait disant que le programme de l’ADQ serait parfaitement compatible avec celui de la CAQ. Y a-t-il vraiment compatibilité?  Quelles sont les incompatibilités? Vous êtes à la place de Gerard Deltell, vous devez analyser les idées, que décideriez-vous?

Vaut-il la peine pour les gens de droite d’aller voter pour “sauver” l’ADQ de la fusion avec la CAQ?

En laissant aller l’ADQ avec la CAQ, est-ce que les droites ( fiscales, sociales, libertariennes) peuvent coopérer ensemble comme cela se fait ailleurs dans le monde?

Qu’est ce qui nous unit? Quelles sont nos valeurs communes?

INSCRIVEZ-VOUS TOUT DE SUITE LES PLACES SONT LIMITÉES

 

On s’inscrit ici pour la conférence de mercredi le 7 décembre avec Richard Décarie

On s’inscrit ici pour la conférence de jeudi le 8 décembre avec Adrien Pouliot

Pour plus de détails…

Débat: L’ADQ vaut-elle la peine d’être sauvée?

Comme vous le savez, l’ADQ a entamé des discussion en vue d’une fusion possible avec la Coalition Avenir Québec. Le porte-parole de l’ADQ a déclaré dans une entrevue à l’émission Connaître la Suite qu’il n’y a pas d’incompatibilités entre les valeurs de l’ADQ et de la CAQ. Beaucoup sont en désaccord. Tout accord de fusion devra être approuvée par les militants. Si elles est approuvée, l’électorat de droite se retrouvera encore orphelin. Est-ce que l’ADQ vaut la peine d’être sauvée?

Union ADQ-CAQ : Le regard des petits-enfants sur ces ministres de plus rien

Caricature: Ygreck

Caricature: Ygreck

 

 Le fascinant parallèle historique de Martin Otis, une réflexion sur le silence des chiens de garde de la droite et quelques autres gentillesses.

Et ça commence par Union ADQ-CAQ: Le marié est-il le meilleur parti?, où j’ai partagé avec vous mes craintes que les idées de droite de l’ADQ puissent être dénaturées au point de disparaître du paysage politique québécois en cas de fusion avec la coalition de Monsieur Legault. J’ai fait un retour sur la campagne électorale fédérale de 2000, quand le baroud d’honneur de Joe Clark permit au Parti conservateur de vivre pour livrer d’autres batailles et finalement gagner la guerre.

Ce faisant, je vous ai parlé de la possibilité de pouvoir regarder en arrière, quelques rides quelques cheveux gris en plus, la tête haute et, pardonnez le jeu de mot, surtout invité les parties en présence à penser au regard que leurs enfants porteraient sur elles dans quelques années.

Mais je m’en suis tenu à l’histoire des vivants. Martin Otis, lui, vient de parler de l’histoire des morts et de faire un fascinant parallèle avec l’alliance Gouin-Duplessis en 1935. Il a frappé dans le mille, le sacripant.

C’est passé en-dessous de mon radar et j’estime important d’attirer votre attention sur son texte, au cas où il soit passé sous votre radar à vous.

Au temps d’une paix, un mariage d’argent pour une dot vite flambée

En 1935, le Parti conservateur du Québec n’est pas en odeur de sainteté. Après avoir tenu à envoyer sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale des vierges canadiens-français mourir fusil en main pour Sa Majesté, l’électorat québécois s’est vengé de lui en faisant du Parti libéral le parti du pouvoir. Ce sont ces rouges de Louis-Alexandre Taschereau, si chers à Joseph-Arthur dans la série Le Temps d’une paix. Les scandales de corruption sont toutefois à pleuvoir sur le gouvernement libéral et le canard est en instance de patte cassée. Dans l’ombre, un certain Maurice Duplessis travaille à faire son heure. Il a été nommé chef de l’opposition en 1932. C’est un bleu, un conservateur.

Chez les libéraux, un groupe de députés menés par Paul Gouin vient de claquer la porte pour fonder l’Action libérale nationale, l’équipe qui remettra un peu de libéralisme dans une idéologie qui est devenue dominée dans les faits par le ‘’capitalisme des amis’’, cet interventionnisme étatique qui, sous le manteau du bien commun, donne tout son sens à l’expression ‘’voter du bon bord’’.

Les Québécois vont bientôt montrer la porte à Taschereau. Mais le fruit n’est pas mûr. Duplessis et Gouin contemplent la possibilité d’élire chacun de leur côté une poignée de députés. Et Duplessis l’underdog se fait lentement géant, à force de talent et d’une obstination relevant de la foi du charbonnier. Il comprend toutefois que les troupes de Gouin risquent de lui barrer le chemin. De plus, il passe certainement par la tête de ces dernières que les retourne-veste sont rarement récompensés à l’urne. Un par-ci par-là, oui, peut arriver à se faufiler. Mais toute une bande? Les ennemis de mes ennemis sont-ils mes amis? Dans les années trente, conservateurs et libéraux provinciaux sont chiens et chats, autant sinon plus que péquistes et libéraux d’hier. À la perspective d’un mariage d’argent avec des rouges travestis, la base militante des bleus de Duplessis ne se sent pas fringante.

Dans des petits bureaux enfumés, la question est posée. Qui portera les culottes? Soixante-quinze ans plus tard, elle pourrait être posée plus crûment. Qui baisera qui? Excusez ma vulgarité, mais il serait naïf de croire que les bleus de Duplessis firent dans la dentelle à l’idée de faire leur lit avec une ennemie idéologique. Présentons-nous devant l’autel, ramassons la dot, et laissons la mariée faire la vaisselle pendant que nous passerons nos soirées en d’autres lieux.

Et un mariage fut. En novembre 1935, Louis-Alexandre Taschereau réussit à conserver le pouvoir par la peau des dents. Peu après naissait l’Union nationale et, en août 1936, Maurice Duplessis remportait le Prix pendant que Paul Gouin se préparait à devenir un boulevard. Et les ténors de l’ALN furent placés dans des positions inoffensives et son programme à la poubelle. Les libéraux reprirent le pouvoir pour un mandat en 1940, les transfuges de l’ALN oubliés, et Duplessis revint ensuite faire la pluie et le beau au Québec le temps d’une Grande Noirceur.

L’histoire se répète parce que la nature humaine ne change pas

Avec son texte, L’alliance Deltell-Legault, l’histoire se répète, Martin Otis fait six parallèles directs entre l’alliance Gouin-Duplessis et l’alliance Deltell-Legault. C’est court, frappant et intrigant. Il a été publié le quatorze novembre dernier dans Le Prince Arthur. Le quinze, je publiais donc dans Contrepoids ADQ-CAQ: Le marié est-il le meilleur parti?

Avoir su, il est certain que dans mes notes j’aurais invité le lecteur à le consulter. Eh, bien je le sais maintenant. Je suis tombé sur son texte le seize.

Dans tout ce qui est passé sur mon bureau ces derniers jours, le texte de Monsieur Otis compte parmi ceux qui viennent nourrir le débat au lieu d’en être simplement observateurs. Ce que Martin Otis nous dit, c’est que la nature humaine ne change pas. L’histoire se répète parce que nous avons tendance à en oublier les leçons. Les amours Gouin-Duplessis étaient trop loin de ma culture politique, une note de bas de page dans les livres d’histoire, pour que je réalise à quel point elles rappellent les rituels nuptiaux entre Messieurs Deltell et Legault. Et l’amour est aveugle. Lisez son billet. C’est sidérant.

À mesure que les jours passent, les messages que je reçois sont qu’une aile de l’ADQ a envie de s’associer à une gauche efficace en enterrant le plus discrètement possible une droite peut-être militante. Je sens chez elle une frustration certaine mais bien peu de colère. Partageant ceci avec vous, je tiens toutefois à vous rappeler que je vous écris confortablement assis sur un divan à l’extérieur de l’ADQ. Je pèse donc des mots qui, pas trop mal écrits, pourraient donner une fausse impression d’autorité. Je pose des questions, commence à prendre position à titre d’illustre jean-foutre très connu dans son entourage. C’est très différent. Et je me méfie comme la peste du danger de faire des affirmations qui n’ont pas été confirmées par plusieurs sources. À ce stade, donc, tout le monde est beau et gentil à rouler sur un chemin pavé des meilleures intentions.

Dans la direction générale de l’Enfer.

Le Québec a besoin de géants. À gauche? Il a aussi besoin d’une droite.

Je suis convaincu que le paysage politique québécois a besoin d’une gauche dynamique, efficace, éclairée. Celle de Monsieur Legault occupant le haut du panier? Mon idée n’est pas faite, mais pourquoi pas? Étant fédéraliste depuis ma France entendre, je vais peut-être en étonner certains. Je serais de ceux à déplorer une disparition du Parti québécois de la scène politique. Parce qu’une partie de leur argumentaire demeure pertinent et qu’il a la capacité d’élever le débat. Remarquez, ils n’ont plus besoin de l’aide de personne pour faire échouer leur nef mais, ça, j’y reviendrai une autre fois.

Les libéraux de Monsieur Charest, c’est autre chose. Au-delà d’un interventionnisme économique aussi assidu que mollet, d’une conciergerie moyennant frais de gestion qui nous sont présentés comme une bonne affaire (mais pour qui?) et d’un rempart contre le Piku, le Parti libéral, quossa donne?

Monsieur le Premier Ministre du Québec, vous pouvez retenir vos avocats. Je ne suis pas en train de vous accuser personnellement de malversations, je suis en train d’énoncer un principe qui est mien. Je suis partisan d’une alternance des pouvoirs réfléchie. Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument.

À la décharge des libéraux, peut-être, une phrase qu’une personnalité péquiste a laissé passer en ne se doutant pas qu’elle se rendrait à mes oreilles au lendemain de l’élection des libéraux provinciaux en 2003, preuve une fois de plus que le nombre idéal de personnes pour garder un secret c’est un.

‘’Ne vous en faites pas pour Jean Charest, nous lui laissons les finances tellement de travers qu’il ne pourra rien faire.’’

Ben, voyons, à cœur vaillant rien d’impossible. La dette du Québec continue toujours à grimper. Je préciserai éventuellement ma pensée à ce sujet. En attendant, allez lire Nathalie Elgrably-Lévy, Joanne Marcotte et Éric Duhaime.

Nous vivons depuis plus de trente ans dans une matrice où les extrêmes sont gauche et plus à gauche et elle fausse collectivement notre jugement. Le Québec a besoin d’une ‘’vraie’’ droite pour équilibrer le balancier. J’ai une tendance en devenir pour vous. À gauche, il commence à y en avoir plusieurs à réaliser que le combat de la dette n’est plus une question de gauche ou de droite. La fin du party s’en vient et la peur s’installe. Je ne suis pas seul à m’inquiéter que les finances publiques en viennent incapables de mettre cette chair sur l’os de la pauvreté.

Mais le Québec dispose-t-il présentement d’un vaisseau politique capable d’avoir le courage de réserver l’argent du beurre pour ceux nés pour un petit pain?

J’ai la chienne pour eux.

Le Québec a besoin d’une droite. La droite a besoin d’un vaisseau. Sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

Pour qu’il prenne cet équilibre qui lui manque, le Québec politique a besoin d’une droite dynamique, engagée et engageante. Vocale. Il y a déjà un moment, Joanne Marcotte a commencé une longue traversée du désert à placer les Québécois devant la réalité de leur Illusion tranquille. Le Québec compte d’autres voix aussi engagées et engageantes. Je nomme ici Madame Marcotte en pensant aux actions concrètes qu’elle a posées suite à la réalisation de son documentaire. Avec Éric Duhaime et quelques autres, Joanne Marcotte est cofondatrice du Réseau Liberté-Québec, un organisme voué à la promotion d’idées de droite et surtout à leur démystification dans l’œil d’un public ayant de la difficulté à faire la différence entre une droite du centre et celle d’extrémistes.

Le geste est tout à son honneur. Nous avons besoin d’un mouvement non partisan, de citoyens, capable d’endosser ponctuellement les positions de tel ou candidat, par exemple, mais qui n’est à la solde de personne. Paraîtrait même qu’il y a des gens de gauche parmi ses membres.

Cela dit, alors que le combat n’est pas livré, j’ai commencé à entendre le discours de la défaite parmi certains tenants convaincus de l’importance d’avoir au Québec un parti de droite, du genre le vaisseau prend l’eau, restons sur la rive à clamer notre indignation. Nous réussirons à faire entendre nos voix malgré tout.

Ah, ouais? Il n’y a pas de pire sourd que celui qui n’est pas forcé de vous écouter. En politique, la possession constitue les dix dixièmes de la loi. Vous imaginez-vous, casquette tendue, à demander des finances publiques plus saines? Vous serez de vulgaires quémandeurs qui, au mieux, se feront accorder à grands frais une commission sur la question. Histoire de faire couler bateau encore plus vite et de ne pas vous dire que vous étiez dans le vrai.

En clair, pas de sucre dessus? Le Réseau Liberté-Québec me semble la plus belle invention depuis le pain tranché – assez pour que j’en sois devenu membre. Mais s’il devait être seul à s’attaquer à un ennemi fortement retranché, ce serait lui concéder l’avantage de se défendre sur un seul front. La Charge de la brigade légère, ça vous tente, vous?

Le silence des chiens de garde

Il prend l’eau? Le Québec a quand même besoin d’un vaisseau de droite et,  à l’intérieur de l’ADQ, ce ne sont pas les tenants d’une fusion avec la CAQ qui feront des efforts pour le radouber. C’est d’autant plus vrai que plusieurs d’entre eux sont de bonne foi. L’ADQ est-elle un parti de droite? Et, si oui, qui peut bien avoir réussi à lui insuffler ce penchant? On n’y pense plus maintenant, mais l’Action démocratique du Québec est née dans le bruit et la fureur qui ont suivi les échecs des accords du Lac Meech et de Charlottetown. Elle était d’abord et avant tout une réaction supplémentaire au choc des deux solitudes. Une photogénique caution à ménager, aussi, pour un référendum d’il faudrait.

Quelque part en son sein, des partisans de la droite, eux aussi de bonne foi. C’est leur silence qui m’inquiète. Question. L’ADQ est-il un adulte à casquette dans le sous-sol de Moman? Pour un jeune parti, ce serait signe de notre époque, de ces générations X et Y que le contexte a faites Tanguy, à professer leur autonomie en frappant la table du poing pendant que l’autre est tendue à réclamer les clés de l’auto. C’est aussi un signe de cette timidité qui fait partie de nos gènes. Le porteur d’eau n’est pas loin. C’est le voisin. C’est moi. C’est vous.

C’est le temps de grandir.

Je m’inquiète aussi du silence des coroners de la chose politique dont le regard est suffisamment clair pour comprendre que gauche et plus à gauche c’est dangereux. Bien sûr, à ce stade, pour la majorité le cœur penche toujours à gauche, observateurs inclus. Plusieurs pensent sans oser le crier que de voir l’ADQ digérée par une gauche ‘’efficace’’ est une excellente idée. Évitons de le dire au visage de la mariée, prenons-lui sa dot et ainsi soit-il. Elle aura au moins le bénéfice du couvert.

J’ai parlé de la bonne foi de ces partisans qui, à l’intérieur de l’ADQ, sont prêts à embrasser la gauche ‘’efficace’’. Je ne partage pas leur point de vue mais leur accorde le bénéfice du doute. Ils ne peuvent pas renier une vision de l’état à laquelle ils n’ont jamais adhérée en partant. Le moment de vérité sera au moment des adieux. Locataires voulant casser leur bail, seraient-ils prêts à s’enfuir avec les meubles contre le gré de leur base militante? L’histoire nous le dira.

Revenons au parallèle Gouin-Duplessis fait par Martin Otis.

Êtes-vous de ceux qui commencent à croire qu’une fusion ADQ-CAQ ne serait rien de plus qu’une prise de contrôle inversée?

C’est le temps d’agir.

C’est le temps de faire entendre vos voix, de mettre de côté les conflits personnels et ce que j’appelle les concours de basse-cour, à jalouser la crête du ‘tit coq d’à côté. Monsieur Gouin et ceux qui l’ont suivi ne sont plus que des notes de bas de page de l’histoire, les dindons d’une farce opportuniste que Monsieur Otis vient de nous rappeler. Au mieux, une poignée de leurs petits-enfants devenus vieux les regardent de loin. C’est grand-père, un oncle un sourire une poignée de bonbons. Ministres de rien du tout.

L’histoire de maintenant reste à s’écrire. Autant suivre sa conscience pendant que nous pouvons en voir les fruits de notre vivant. Et parce que j’aimerais mieux vivre beau que laid. Je mourrai bien assez vite.

Et ça se termine avec un épilogue dans Barry Lyndon, le film des aventures d’une canaille pas trop méchante, prête à tout pour s’élever dans la bonne société anglaise de la fin du dix-huitième siècle. Le film est basé sur un roman de Thackeray mais Stanley Kubrick avait été égal à lui-même, le transformant en beaucoup plus que l’œuvre originale. Son histoire finie, il avait ajouté sur fond noir:

Ces personnages vécurent sous le règne de George III. Bons ou méchants, beaux ou laids, ils sont tous égaux à présent.

 

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, je précise ma pensée concernant l’émergence de la coalition de François Legault. À tous avoir le nez contre la vitre, un élément est négligé par plusieurs. Et ce n’est pas une fleur dans le tapis.

 

NOTES

MARTIN OTIS – LE PRINCE ARTHUR

L’alliance Deltell-Legault, l’histoire se répète, publié le 14 novembre 2011 dans Le Prince Arthur.

MON TEXTE DU 15 NOVEMBRE

C’est ici.

ÉRIC DUHAIME

Son blogue dans le Journal de Québec.

NATHALIE ELGRABLY-LÉVY

Ses chroniques dans le Journal de Montréal.

Toutes ses chroniques archivées sur le serveur de l’Institut économique de Montréal.

JOANNE MARCOTTE

Son blogue.

REGARDEZ L’ILLUSION TRANQUILLE POUR PAS UNE CENNE

RÉSEAU LIBERTÉ-QUÉBEC

C’est ici.

L’ÉPILOGUE DANS BARRY LYNDON

Le texte de l’épilogue du film n’est pas de la main de Kubrick mais bel et bien de celle de William Thackeray. Dans son livre, toutefois, il l’avait placé au début du chapitre premier. En le plaçant à la fin de l’histoire, Kubrick lui donne une toute autre portée. Le petit mot dans le roman nous distance des personnages, dans le film il nous fait leurs semblables.

Bilge Ebiri, dans Barry Lyndon: The Shape of Things to Come, nous dit à peu près la même chose.

Citation originale du roman: ‘’It was in the reign of George the III that the above named personages lived and quarreled; good or bad, handsome or ugly, rich or poor, they are all equal now‘’

FRANCE ENTENDRE?

Pensez-y, les Dupondt, dans Tintin.

TANGUY?      

Le film, dans Wikipédia.

UNE YGRECK DANS L’AIR DU TEMPS

Coucou.

AVIS JURIDIQUE

Je viens de me prendre une carte de membre du Réseau Liberté-Québec, oui, mais mes propos n’engagent que moi et personne d’autre.

P.S.: Merci, c’était plaisant. À plus.

La naissance de la CAQ signifie-t-elle la fin de la droite au Québec?

C’est André Pratte qui pose cette question sur le blogue de l’édito de La Presse. Je me suis permis d’y répondre et je vais donc reproduire ma réponse ici.

J’ai l’honneur et le privilège de côtoyer plusieurs figures de proue de la droite québécoise, incluant M. Pouliot, Joanne Marcotte et Éric Duhaime, pour ne nommer qu’eux. Les discussions font rage sur les réseaux sociaux en ce qui concerne l’ADQ.

Les partisans de la droite sont des orphelins politiques et sont très mal représentés. Aucun parti politique ne défend vraiment leurs valeurs. Ces partisans on crû pour un temps que l’ADQ puisse répondre à leurs aspirations. Certains y croient encore, mais beaucoup n’y croient plus. C’est pourquoi ils ont déserté l’ADQ aux dernières élections.

Plus j’en apprend sur l’ADQ, et plus j’en viens à la conclusion que ce parti est profondément divisé, ayant d’un coté des partisans férus de la droite économique et de l’autre des partisans du centre-mou, pour ne pas dire centre-gauche, menés par un des fondateurs du parti, Jean Allaire.

Ce sont M. Allaire et sa clique qui désirent la fusion avec la CAQ, alors que le reste est farouchement contre. Il est difficile de savoir présentement quel groupe est prédominant, mais M. Allaire compte plus de sympathisants parmi le comité exécutif et probablement le caucus des députés, qui calculent leurs chances de ré-election et croient les vents plus favorables à la CAQ. Du côté de la base militante, mon impression est qu’un grand nombre est contre la fusion.

C’est mon espoir et celui d’un grand nombre de partisans de la droite libertarienne et économique que la proposition de fusion soit soumise à un vote des militants et soit battue. Les membres du comité exécutif et du caucus qui ont soutenu la fusion démissionneraient, ou seraient invités à partir, laissant la place à des successeurs qui sont vraiment de droite. Pour cela, ilfaudrait que les vrais partisans de la droite reviennent au bercail et peut-être que de nouveaux partisans viennent rejoindre leurs rangs.

Suite à ça, l’ADQ aurait quand même plus d’un an avant la prochaine élection pour redorer son blason auprès de la droite québécoise et recruter des candidats de qualité et enfin devenir un représentant digne de ce segment de l’électorat québécois.

POUR QUI SONNERA LE GLAS?

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Ça ne va pas bien pour les syndicats.

À Ottawa, le conservateur Russ Hiebert, député de South Surrey – White Rock – Cloverdale, en Colombie-Britannique, vient de déposer le projet de loi privé C-317, une initiative visant à obliger tous les syndicats canadiens à rendre publique l’utilisation précise qu’ils font des cotisations de leurs membres. Le gouvernement Harper étant majoritaire, le tout n’est qu’une formalité, même si le NPD s’est dit contre le projet avant d’en avoir pris connaissance.

Dans le même souffle, à Québec, la ministre du Travail Lise Thériault déposait jeudi matin un projet de loi visant à donner aux employeurs le contrôle sur leur main d’œuvre et forçant aussi les syndicats à ouvrir leurs livres et à justifier, et leurs revenus, et leurs dépenses.

Le projet de loi 33 éliminera le placement syndical, et concédera à un travailleur le droit de déposer une plainte contre son syndicat à la Commission des relations du travail, en plus de lui permettre de changer d’allégeance syndicale en cours de convention collective.

La durée des conventions collectives passera de trois à quatre ans.

Le projet de loi 33 vise « la mise en place d’une série de mesures concernant la référence de la main-d’œuvre, le régime de négociation des conventions collectives et le système de votation », selon les dires de la ministre Thériault.

Et les travailleurs qui souhaitent changer d’allégeance syndicale exerceront dorénavant leur droit de vote par la poste

8 MOTS

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Huit mots.

« Je n’ai pas lu le rapport en détail »

C’est tout ce que ça a pris au premier ministre Jean Charest pour finalement prouver à l’ensemble de la population, aux médias et au reste de la classe politique qu’il n’a plus sa place à la tête du Québec.

Il est temps de passer à autre chose.

CAQ et ADQ : l’Agace et la Courtisane

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Caricature: Ygreck

 

Je suis pour une fusion entre l’ADQ et l’organisation de François Legault. Que le mariage soit consommé et qu’on en finisse!

Si l’on se fie à Denis Lessard – je le sais, c’est risqué – c’est ce que veulent les députés de l’ADQ, c’est ce que veut l’exécutif du parti et c’est ce que veulent bon nombre de militants. Quant à ce que désire le chef Gérard Deltell, il semble que cela ne soit plus pertinent.

Soyons clairs. Le rapprochement tant désiré n’a rien à voir avec une quelconque compatibilité de philosophies politiques. Il existe bel et bien à l’ADQ une frange importante qui n’aura aucun problème à endosser la vision (hic) de François Legault, mais si celui-ci n’était pas en tête des sondages, rien de tout ça n’aurait lieu.

Maintenant, depuis le temps que François Legault fait subir le supplice de la goutte à l’ADQ, l’agace doit maintenant se commettre. La stratégie d’une longue période de flirt a bien réussi. L’ADQ en déroute et au plus bas dans les sondages s’est faite belle. Pour plaire encore davantage, elle consentira à mettre de côté principes et convictions.

Legault trouve trop périlleux d’endosser les positions plus réformatrices de l’ADQ? Pas de trouble. On se convaincra qu’on pourra l’influencer de l’intérieur et mettre des mots dans la bouche du chef qui sauront « coaliser » l’arc-en-ciel… Legault trouve que Deltell n’est pas suffisamment nationaliste? Pas de trouble. L’exécutif du parti et la députation adéquiste lui enverront un puissant signal que le chef peut être contourné. Le nom du parti ne plaît pas à Legault? Pas de problème. On le changera. Après tout, ce n’est qu’un nom.

Débarrassée de ces défauts – incluant les partisans de centre-droite -, l’ADQ est maintenant présentable et prête à baiser. Depuis le temps que la frange timorée voulait se défaire de l’étiquette « de centre-droite » ou « de droite », quelle belle opportunité que celle que leur offre François Legault. Après tout, le code génétique de l’ADQ a beaucoup plus à voir avec le nationalisme interventionniste des CAQuistes, non?

J’ai bien hâte, oui, que le mariage soit consommé. Honnêtement, entre vous et moi, je ne vois pas en quoi Legault a besoin de l’ADQ, mais continuer de l’ignorer est presque de la cruauté mentale! Bref, l’amour n’y sera peut-être pas au début, mais il me semble que se prépare depuis de nombreux mois un mariage de convenance et d’intérêts qu’il faut maintenant, et au plus vite, officialiser.

L’ADQ n’est plus depuis un bon moment, autant s’y résoudre. Si, comme la ministre Line Beauchamp le dit, Legault veut « acheter l’ADQ », bon sang, qu’il le fasse. Les militants méritent au moins d’avoir l’heure juste.

Quant à Gérard Deltell, je lui dirais ceci: Il est temps de démissionner. Legault ne se dégonflera pas. Il ne s’effondrera pas et il n’abandonnera pas son projet. La même population qui a voté pour des anglophones unilingues le 2 mai dernier éradiquera à la fois le PQ et l’ADQ de la scène politique aux prochaines élections et votera pour leur nouveau sauveur. Quant aux forces réformatrices, elles auront à décider si elles auront l’énergie et le courage de préparer une éventuelle offre alternative.

Les carottes sont cuites, mes amis! Aux noces, maintenant!

Le pouvoir à tout prix?

nous-sommes-le-pouvoir

Jeff Plante l’a très bien résumé avec cette petite phrase : ‎ »Quand le parti disqualifie lui-même ce qui devrait être sa clientèle naturelle, il ne représente plus rien. »

 J’écoutais ce matin cette entrevue de Jeff Fillion avec Frédéric Têtu et j’étais quelque peu vexé par la théorie que la droite est désorganisée alors qu’elle n’a jamais été aussi forte et présente au Québec mais, aussi avec le fait qu’il faut absolument piétiner ses convictions et se prostituer au centre pour qu’un jour un parti avec des idées plus réformatrices puisse espérer accéder au pouvoir.

 L’ADQ a usé à la corde la stratégie d’être plus au centre en tentant d’assouplir ses positions et ainsi mieux plaire à la masse et c’est d’ailleurs cette façon de faire qui leur a perdu le statut d’opposition officielle car, tous ceux avec de réelles convictions de droites les ont laissé tomber. Depuis, ils exercent des stratégies de girouettes à temps plein et ils ne montent pas dans les sondages car ils n’ont toujours pas reconquis ceux qui comme moi, les ont abandonnés. Aujourd’hui, il ne reste que des « faux » prêts à se prostituer politiquement pour accéder au pouvoir allant jusqu’à s’associer à un mouvement gauchiste socialiste pour y arriver. Gérard Deltell aura causé la perte de l’ADQ et de biens des années d’efforts investit par des militants pour la progression de la liberté au Québec et ce, simplement pour faire avancer sa propre carrière et son propre agenda politique.  Il faut avoir le courage de ses convictions et travailler à faire gagner en popularité les idées de la droite et non essayer d’adapter ses convictions au vote populaire.

 Est-ce qu’un nouveau parti de droite gagnerait les prochaines élections? C’est bien sûr que non. Est-ce qu’il pourrait, en étant fidèle à ses idées, gagner en popularité avec le temps? Je suis convaincu que oui. Le but, c’est d’arriver un jour à mettre en place une réelle réingénierie de l’État, pas d’accéder au pouvoir à tout prix. Il s’agit d’avoir des gens forts et authentiques (comme Adrien Pouliot) qui mettront sur pied un programme structuré. Je suis contre la fusion et l’ADQ vient de perdre mon intérêt  pour de bon! Je m’associerai avec plaisir à tout nouveau parti qui mettra en place de réelles politiques de libertés et de responsabilités individuelles… en espérant que ce jour viendra!

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