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Adrien Pouliot briguera la chefferie du Parti Conservateur du Québec

Adrien Pouliot

Par Philippe David

Dans un point de presse cet après-midi, l’homme d’affaire Adrien Pouliot a annoncé qu’il se lançait en politique en posant sa candidature à la chefferie du Parti Conservateur du Québec. Après avoir considéré se lancer dans la course au leadership du Parti Libéral, M. Pouliot a préféré rejoindre un parti qu’il considère plus près de ses idées.

Le Parti Conservateur du Québec est rené de ses cendres il y a un an des suites de la fusion entre l’ADQ et la CAQ. Ce parti cherche à rallier les anciens adéquistes déçus et autres orphelins de la droite québécoise.

Adepte du libéralisme classique et homme d’affaire accompli, Adrien Pouliot amènera sans aucun doute un vent de fraicheur à la scène politique québécoise. Je lui souhaite bonne chance!

 

Première semaine de campagne : avantage Legault

Par Simon Leduc

La première semaine de la campagne électorale a été très intéressante. Jean Charest voulait que le conflit étudiant et la loi et l’ordre soient les thèmes centraux de ces élections. Mais c’est finalement l’intégrité qui a pris toute la place grâce à la candidature vedette de Jacques Duchesneau à la CAQ. On ne peut pas prédire l’issue de ce scrutin. Quel parti politique a gagné la première manche électorale?

Avantage Legault :

En décembre 2011, la CAQ était en tête dans les intentions de vote avec près de 40% des voix. Les Québécois veulent du changement et ils sont tombés dans les bras de François Legault sans savoir ses réelles intentions. La lune de miel entre les deux a été de courte durée. Le chef de la CAQ a chuté dans les sondages parce qu’il ne réussissait pas à représenter le changement que le Québécois moyen désire depuis 2002. La descente de la Coalition peut s’expliquer par les éléments suivants : l’absence d’idées novatrices, l’impression que le parti était seulement composés de transfuges et le manque de figures de proues au sein de l’équipe caquiste.

Depuis le début de la campagne électorale, l’ancien ministre péquiste domine l’espace médiatique et ce pour trois raisons. Tout d’abord, malgré sa 3e place dans les sondages, le chef de la CAQ a réussi à s’entourer d’une équipe compétente et de prestige : Gaétan Barrette, Maud Cohen, Christian Dubé , Gérard Deltell , Sylvie Roy, François Bonnardel , Éric Caire etc. S’il est porté au pouvoir, le futur conseil des ministres caquiste serait solide et prêt à diriger la province.

Ensuite, la CAQ semble vouloir reprendre deux chevaux de bataille de la défunte ADQ : le remboursement de la dette et des baisses d’impôts. La CAQ est la seule formation politique qui parle du problème de la dette publique qui s’élève à 250 milliards de dollars. Le leader caquiste désire réduire la dette par l’entremise de redevances sur l’exploitation minière et pétrolière. Également, la CAQ promet de baisser légèrement les impôts de la classe moyenne. Cela donnerait un peu de répit aux contribuables les plus taxés en Amérique du Nord. Ce sont des mesures qui vont plaire à la classe moyenne qui en a marre de payer et rien recevoir en retour.

Subséquemment, M. Legault a su imposer la question de l’intégrité comme l’enjeu principal de la campagne en allant chercher une méga pointure en la personne de Jacques Duchesneau. C’est une grosse prise pour la CAQ.

Cette candidature a complètement fait dérailler la campagne libérale. Jean Charest voulait que la loi et l’ordre et le conflit étudiant soient les deux enjeux de cette élection. Le premier ministre sortant aura de la difficulté à se démarquer si l’intégrité domine l’espace médiatique car c’est le talon d’achille de son gouvernement.

Le Parti québécois voulait se présenter comme le champion de l’intégrité dans la lutte contre la corruption et la seule alternative aux libéraux dans ce domaine. L’arrivée de Duchesneau à la CAQ va faire très mal à Pauline Marois. Les électeurs qui veulent se débarrasser de la corruption libérale vont pouvoir se tourner vers la CAQ et ses trois combattants anticorruption : Jacques Duchesneau, Sylvie Roy et Maud Cohen. Le parti souverainiste a maintenant un adversaire de taille auprès du vote francophone. Pauline Marois est menacée et elle va devoir se battre pour ne pas se faire doubler par son ancien partenaire.

Cela va changer le cours des choses de la campagne. Avec une telle figure de proue à ses côtés, François Legault va pouvoir dire aux Québécois que son équipe est la seule qui va pouvoir combattre et vaincre le cancer de la corruption qui ronge la société québécoise.

Le peuple québécois veut désespérément du changement. En 2002 et en 2007, il a flirté avec l’ADQ de Mario Dumont. En mars 2007, celle-ci était aux portes du pouvoir mais l’inexpérience et l’acharnement de la presse médiatique gauchiste auront eu raison de ses aspirations. Est-ce que la CAQ de François Legault pourra réussir là où l’ADQ a échoué? On aura un début de réponse le soir du 4 septembre.

L’ADQ est morte, vive la vraie droite

 

C’est maintenant officiel, l’ADQ n’est plus, vendue par des opportunistes pour un sondage. Le parti qui voulait faire de la politique autrement est maintenant remplacé par un parti qui veut faire de la politique n’importe comment. Avec son logo bigarré, la CAQ ne sera qu’un feu de paille lorsque l’électorat réalisera que François Legault promet tout et son contraire. Mais ils se trompent s’ils croient qu’en éliminant l’ADQ, ils ont éliminé toute compétition à la prétention de « force de changement ». La CAQ étant plutôt un vide idéologique navrant se révèlera vite une force du statu quo de l’état nounou monolithique et non les porteurs d’équité générationelle et de redressement des finances publiques. M. Legault ne sera pas celui qui changera le cap de la province, il continuera de la laisser voguer tout droit vers l’iceberg.

Soyons francs, le positionnement de l’ADQ à la droite de l’axe politique a toujours été mitigé. Ses rangs étaient pollués par des personnalités qui n’ont jamais vraiment eu de positions de droite, ce qui a causé sa déchéance à chaque fois qu’elle s’approchait de la ligne des buts. Comme soit-disant parti de droite, l’ADQ était minée de l’intérieur. Au point que la plupart des militants qui ont crû voir en elle un véhicule de changement, l’ont abandonné. Des 2533 membres encore inscrits, seulement 54% on daigné voter et à peine 30% d’irréductibles droitistes ont voté contre la fusion. C’est donc dire que le parti n’avait plus d’âme.  Sa disparition, loin d’être une défaite pour la droite, libérera l’espace à droite du centre pour un parti qui sera vraiment à droite, pas un qui fait semblant de l’être.

Trois nouveaux partis ont été fondés récemment dans le but de combler ce vide. L’Équipe Autonomiste d’Éric Barnabé, le Québec Autonome et Prospère de Jean-François Néron et le Parti Conservateur du Québec, ressuscité par Jeff Plante et Luc Harvey. Sans vouloir offusquer les quelques supporteurs des deux premiers prétendants, la seule option qui me semble viable jusqu’ici est le Parti Conservateur. Non seulement bénéficie-t-il d’une marque de commerce reconnue, mais l’équipe derrière ce parti est composée de personnes qui n’en sont pas à leur premières armes en politique et qui ont de meilleures chances de rassembler une équipe qui pourra présenter des candidats dans tous les comtés. Leur sortie médiatique de cette semaine fût fort remarquée et fait déjà des vagues. Il m’apparaît donc que c’est probablement le meilleur véhicule pour les aspirations de la droite québécoise.

Certains se plaignent de la personnalité de Jeff Plante (qui est controversée, faut l’admettre) ou de la présence dans l’équipe de membres notoires de la « droite religieuse » comme Richard Décarie. Pourtant, ça ne devrait pas nécessairement être une source d’inquiétude pour les tenants de la « droite économique ». Les enjeux controversés pour la droite sociale que sont l’avortement et le mariage gai sont des juridictions fédérales et ne seront donc pas du ressort du PCQ. Les enjeux qui intéressent ce segment de la droite qui sont du ressort provincial ont plus à voir avec la liberté en éducation, l’élimination des cours d’ECR et des accommodements déraisonnables, la compensation pour les parents qui choisissent de garder leurs jeunes enfants à la maison plutôt qu’à la garderie et la préservation de notre patrimoine historique. Ce sont tous des thèmes qui étaient chers à l’ADQ. Je ne vois pas pourquoi ça deviendrait soudainement une source de friction.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec plus de liberté en éducation et avec l’élimination des cours d’ECR et des accommodements. Pour ce qui est de la question des garderies, je considèrerais bien plus équitable de désétatiser les garderies et n’apporter une aide qu’au familles plus démunies pour l’accès aux garderies et laisser le libre choix aux autres familles de payer pour les services de garde qui leur convienne le mieux. Je questionne cependant si c’est vraiment le rôle de l’état de protéger notre patrimoine historique, mais c’est somme toute un point très mineur.

Une victoire de la droite au Québec ne peut se produire qu’en unissant nos forces. Nous ne pouvons pas nous permettre d’exclure certains groupes. Il est toujours possible de trouver un terrain d’entente. Un changement s’impose au Québec. Nous pouvons soit geindre que nous sommes des orphelins politiques maintenant que l’ADQ n’est plus et nous confondre dans des luttes de personnalités. Ou nous pouvons regarder ce qui nous unis, monter à bord du véhicule qui nous est offert et le faire nôtre. Quant à moi, j’ai déjà choisi cette dernière et j’invite les adéquistes et ex-adéquistes à faire de même.