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Ce cancer qui ronge la Grèce

Par Philippe David

Il est évident que la Grèce est aux soins palliatifs et que tous ceux qu’on considère les plus grands cerveaux économiques n’arrivent pas à trouver un remède mais s’efforcent seulement d’essayer de prolonger sa vie un peu plus et ce faisant, ils ne font que prolonger l’agonie. Mais la mort viendra inévitablement puisque la vraie cause du mal y demeure entière. Ce qui est fait présentement avec plan de sauvetage par-dessus plan de sauvetage ne fait que maintenir le patient en vie pour quelques heures de plus et, qui plus est, rend cette agonie de plus en plus souffrante.  

Il est probablement déjà trop tard pour la Grèce. Il aurait probablement fallu intervenir il y a des années, voire des décennies avant pour pouvoir la guérir, mais beaucoup d’autres pays souffrent du même mal, du même cancer. Il n’est pas au même stade de développement dans ces autres pays, mais il se développera inexorablement jusqu’à sa phase terminale tout de même si rien n’est fait pour le contrer. Votre pays est-il infecté? Probablement! Mais contrairement à la Grèce, peut-être est-il encore temps de le sauver, mais encore faudrait-il faire le bon diagnostic. Ne comptez pas sur les Krugman et les Stiglitz pour le faire. Leurs prescriptions ne feront qu’accélérer les choses.

Les symptômes

On fait grand cas de l’endettement chronique de la Grèce. De l’attachement de ses citoyens à leurs acquis sociaux ou des excès de ces acquis par rapport à ses voisins. Mais ce ne sont là que des symptômes. Le véritable mal est bien plus profond. Les autres symptômes sont une méfiance de l’économie de marché, la diabolisation des entrepreneurs et l’intervention toujours croissante de l’interventionnisme d’état dans l’économie, ainsi qu’une adulation du politique comme solution à tout. (Oh non! Il est arrivé X! Ça n’a pas de bon sens! Il faut absolument que le gouvernement intervienne! Vous connaissez ce refrain?)

Tous ces symptômes sont causés en réalité par une mentalité dont la prémisse principale est la haine de l’individu et l’adulation du collectif. Elle tient pour vérité que tout ce qui est bon pour la société doit forcément venir d’un effort collectif plutôt qu’une initiative individuelle. Elle ne perçoit pas les entrepreneurs  comme étant des gens au service de leur clientèle, mais plutôt des scélérats au service du profit et du capital. Pas des innovateurs dont le travail nous rend la vie plus aisée, mais des égoïstes à abattre ou à contrôler.

Cette mentalité ne jure que par l’idée que l’individu n’est pas digne de confiance et que par conséquent, il doit être contrôlé et réglementé et par extension, tout ce qu’il produit doit l’être également. Malheureusement, elle oublie que ceux qui exercent le contrôle sur leurs semblables sont aussi des individus qui par on ne sait quel prodige, sont supposés être plus dignes de confiance que leurs semblables, mais qui dans la réalité, sont tout aussi faillibles.

Un environnement toxique

L’activité économique est supposée rendre nos vies meilleures. C’est elle qui met le pain sur notre table et produit ce pain de façon toujours plus efficace et moins coûteuse par l’innovation. Pendant des siècles nous faisions économiquement parlant, du sur-place. N’arrivant à produire que ce qui est nécessaire pour la subsistance, mais sans plus. Puis, certaines idées sont venues changer la donne et ont amené l’époque des lumières et la révolution industrielle.  Ces idées nous ont permis de produire plus que nous n’avions jamais réussi à produire jusqu’alors. Bien au-delà de la simple subsistance. Notre niveau de vie s’est alors élevé. Des innovations en agriculture et en production industrielle nous ont aussi permis de produire en plus grande quantité, mais avec moins de ressources. Cela nous a rendu beaucoup plus riches collectivement, que nous ne l’avions été. Même les masses pouvaient s’offrir des commodités que même les riches d’antan ne pouvaient avoir parce qu’elle n’existaient tout simplement pas.

La somme de ces idées, maintenant largement oubliées est ce que nous avons appelés le libéralisme et le capitalisme.  Or l’essence du libéralisme est l’idée de l’individu comme moteur du progrès plutôt que le collectif et de la productivité et création de la richesse comme solution aux problèmes plutôt que la politique. Tout le contraire de ce que nous vivons présentement dans la plupart des démocraties occidentales.

Dans un tel environnement, l’individu possède tout les incitatifs et la liberté d’innover, de s’enrichir et de poursuivre son propre bonheur. La seule façon de s’enrichir honnêtement est de produire ce qui est désirable à suffisamment de consommateurs pour permettre de prospérer puisque personne n’a le pouvoir de forcer quiconque à acheter ce que l’on produit. C’est donc le consommateur qui, par ses choix décident quels producteurs prospèrent et quels font faillite.  Dans un environnement où c’est le politique qui contrôle et réglemente la production, c’est tout autre chose.

Quand les producteurs doivent répondre à des impératifs politiques, le consommateur n’est plus au centre des préoccupations. Il est relégué à un rôle bien plus loin sur la liste des priorités. Un homme d’affaire voulant s’enrichir a plus d’intérêt à maintenir ses contacts politiques pour protéger son petit fief de ses compétiteurs ou financer ses opérations par subvention,  que de bien servir ses clients ou de suivre un bon plan d’affaires pour obtenir du financement bancaire. Pour obtenir des faveurs des politiciens, ils doivent aussi retourner l’ascenseur pour assurer que les politiciens qui lui sont favorables, restent en place. Nous obtenons alors une économie de plus en plus orientée vers la satisfaction de groupes d’intérêt revendicateurs qu’envers les besoins des consommateurs. Un des meilleurs exemples actuellement est le conflit qui oppose Uber aux cartels de taxi dans diverses villes. Il est plutôt clair que l’intérêt du consommateur n’a que très peu d’importance aux yeux des cartels de taxis et lequel des deux partis est défendu par l’état? Devinez! Je vous laisse trois chances.

Nous assistons alors à l’avènement d’une vision économique à très cout-terme. Les objectifs politiques changeant au gré des partis au pouvoir, l’horizon temporel du politicien typique se termine à la date des prochaines élections, après lesquelles il peut concevablement être chassé du pouvoir. Il a donc très peu d’intérêt à planifier des politiques dont ses adversaires politiques pourraient s’approprier les fruits s’ils mûrissent trop tard. À long-terme, nous sommes tous morts, disait Keynes, sauf que tôt ou tard, nous finissons par aboutir dans le long-terme des politiques à courte-vue et nous en subissons les conséquences. Ainsi, Lord Keynes est bel et bien mort aujourd’hui, mais nous vivons les conséquences à long-terme des ses idées court-termistes.

Une des conséquences de cette vision, le clientélisme politique, a mené à l’accaparement de plus en plus de services et de ressources par le secteur public au détriment du privé afin d’offrir des programmes sociaux de plus en plus onéreux offerts gratuitement ou semi-gratuitement.  La gratuité ou semi-gratuité de ces services entraînant naturellement une surconsommation et le surendettement de l’état qui ne pas mathématiquement suffire à une demande infinie.  Mais, à long-terme, nous sommes tous morts, n’est-ce pas? Il faut vivre dans le présent et nos petits-enfant trouveront bien le moyen de réparer nos bavures.  Pas vrai?

Le remède

Même si, d’un coup de baguette magique, on effaçait la dette grecque, la Grèce ne serait pas guérie pour autant.  L’Histoire est replète d’exemples de pays qui ont fait faillite et qu’une fois libérés de leurs dettes, ont laissé le naturel revenir au galop et se sont retrouvés une fois de plus dans la même situation. La mentalité collectiviste anti-capitaliste est une drogue qui promet une vie facile aux dépens des autres et qui vous donne un sentiment euphorique jusqu’à ce que la réalité vienne nous rattraper. Comme toute addiction, le seul remède est de reconnaître la source du problème et de briser le cercle vicieux.  Cessez de croire que l’état peut tout vous donner gratuitement indéfiniment. Il n’y aura jamais rien de gratuit en ce monde. Tout doit être payé d’une façon comme d’une autre. Ne comptez pas sur les politiciens pour vous aider, ce sont eux qui vous fournissent la drogue. La solution est dans un changement d’attitude dans chacun de vous.

Le capitalisme : la bénédiction insoupçonnée

 

Par Pierre-Guy Veer

Pour la deuxième fois en autant de semaines, on nous casse les oreilles avec tous les clichés anticapitalistes imaginables. Après le Jour de la Terre, c’est au tour de la Fête internationale des Travailleurs (1er mai) de nous « rappeler » tous les « méfaits » du capitalisme, cette fois-ci sur les « pauvres » travailleurs sans défense. La Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) appelle d’ailleurs à une grève sociale illimitée «  pour mettre fin au capitalisme, parce que sans nous, les capitalistes ne sont rien ».

 

Pourquoi tant de haine envers le système économique qui leur a permis de vivre? En effet, avant la Révolution industrielle, les enfants avaient 40 fois moins de chance de survivre à l’enfance et les femmes, 60 fois plus de risque de mourir durant l’accouchement1. Pourquoi tant de haine envers le système économique qui les a sauvé d’une entrée précoce dans le monde du travail? C’est le capitalisme qui a permis à leur père de gagner assez d’argent pour que le reste de la famille n’ait pas à s’épuiser prématurément2 – l’entrée massive des femmes sur le marché du travail s’explique par une forte baisse du pouvoir d’achat, et donc de l’intervention du gouvernement3. Pourquoi tant de haine envers le système économique qui leur rend la vie tellement plus facile? C’est grâce au capitalisme – la production de masse pour la masse, pour citer Ludwig Von Mises – qu’on a inventé la roue, le papier, l’agriculture, la poterie, le tissage, la métallurgie, la monnaie, les banques, le moteur à vapeur et à explosion, la radio, l’électricité, l’ordinateur, etc. Oh, certains plaideront que nous n’en sommes pas plus heureux, et c’est peut-être vrai. Par contre, nul ne peut nier que notre vie s’en trouve grandement facilitée; peut-on imaginer marcher pieds nus – les souliers sont aussi une gracieuseté du capitalisme – de Québec à Montréal en plein hiver?

 

La main visible du gouvernement

 

Si la CLAC veut se plaindre, qu’elle le fasse contre le gouvernement. Il est LE responsable de TOUTES les crises économiques depuis les 100 dernières années4 : la Grande Dépression a été causée non pas par le capitalisme, mais bien par un État hypertrophié5 et une banque centrale qui a trop fait fonctionner la planche à billets – ce fut également une des causes principales de la stagflation des années 70, principalement par l’abandon total de l’étalon-or et de l’adoption d’une monnaie uniquement fiduciaire par Nixon; la bulle technologique des années 90 a été causée par une décennie de manipulation artificielle des taux de change et des taux d’intérêts6; enfin, la crise économique qui sévit toujours, si l’on se fie à ce qu’était l’emploi avant la crise et maintenant7, a été causée par l’État, notamment par des taux d’intérêts trop bas, la nationalisation des hypothèques à risque8, la quasi obligation pour les banques de prêter à tous même si la personne peut tomber enceinte ou reçoit de l’assistance publique9, et ce même si les politiciens savaient que cela encourait plus de risque10 – on estime la somme extorquées aux banques à 4,5 billions $ (oui, avec 12 zéros)11 depuis l’adoption du Community Reinvestment Act en 1977, et j’en passe sûrement.

 

Empirer les conditions de travail

 

En plus de causer les crises économiques, l’État est aussi le principal responsable des mauvaises conditions des travailleur et, par la bande, de la population.

 

En effet, la quasi totalité des lois du travail son au mieux inutiles : le salaire minimum cause du chômage12 – c’était d’ailleurs le but recherché lors de son implantation13; le corporatisme des professions limite grandement l’offre et augmente substantiellement les couts, notamment dans le domaine médical14; les différents « acquis sociaux » du monde du travail (assurance parentale, congés et vacances obligatoires, régime d’épargne « volontaire », heures de travail contrôlées) augmentent grandement les couts, en plus d’empêcher les personnes de travailler à leur guise – les socialistes allemands du 19e siècle étaient d’ailleurs opposés aux législations de Bismarck en ce sens, quoique pour les mauvaises raisons15; les lois en faveur des syndicats (pas de vote secret pour l’accréditation, cotisation obligatoire, blocage des briseurs de grève) créent un chômage institutionnalisé16, consomme les capitaux actuels17, augmentent les couts de production18 et est une violation flagrante de la propriété privée19.

 

En conclusion, si les socialistes de la CLAC veulent vraiment changer le monde, qu’ils dirigent leurs énergies vers le principal coupable de nos malheurs : le gouvernement. Sans son intervention dans l’économie, tout s’améliorerait substantiellement. Plutôt que d’avoir affaire à sa coercition et à son favoritisme, nous serions obligés de tout négocier de gré à gré, et tout le monde serait gagnant. Aussi pourrions-nous finalement renouer avec la croissance en ayant des taux d’intérêts fluctuant selon les besoins du marchés, ce qui enlèverait les cycles économiques, et en pouvant finalement investir les profits dans la recherche et le développement plutôt que de s’en faire voler jusqu’à 48 % par le fisc20.

2Mises, Ludwig Von. Human Action : A Treatise on Economics Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.612

5Rothbard, Murray N. America’s Great Depression, Mises Institute, Auburn, Alabama, 2000

6Garrison, Roger W. et Callahan, Gene. Does Austrian Business Cycle Theory Help Explain The Dot-Com Boom And Bust? The Quaterly Journal Austrian Economics, Vol 6, No.2, été 2003

14http://www.journalmetro.com/linfo/article/1020953–pas-touche-au-monopole-medical–page0 Remarquez toutefois que même déréglementées, certaines professions continueraient d’être plus chères à cause de leur longue formation, comme cardiologue et neurologue

15Mises, Ludwig Von. Marxism Unmasked: From Delusion to Destruction, Foundation for Economic Education, Irvington-on-Hudson, NY, 2006, p.24

16Mises, Ludwig Von. A Critique of Interventionnism, Ludwig Von Mises Institute, 2011, p.9-10

17A Critique of Interventionnism, p.104

18Human Action, p. 363

L’écologisme capitaliste

Par Pierre-Guy Veer

Récemment, j’ai vu Le Lorax, le plus récent film de Pixar basé sur une histoire du Dr. Seuss (The Grinch Who Stole Christmas, notamment). N’ayant pas lu l’histoire originale, je ne saurais dire si l’adaptation est fidèle. Mais une chose est sûre : les producteurs du film ont voulu faire passer un message (pas subtile du tout) que, laissé à lui-même, le capitalisme amène la destruction, la pollution et la misère. Malheureusement pour eux, pour qui possède un esprit intelligent, le film montre exactement le contraire…

 

Le film commence avec un numéro musical, les personnages de Thneedville chantent leur joie de vivre dans une ville qui n’a aucun arbre vivant ni animaux sauvages. Tout est fait de plastique, et les gens consomment de l’air en bouteille, gracieuseté de la compagnie O’Hare.

Ted, un adolescent ordinaire, tente de gagner le cœur d’Audrey, une fille qui rêve, plus que tout au monde, de posséder un vrai arbre qui pousse en-dehors du sol. Alors commence sa quête, qui l’emmènera hors de la ville, là ou tout est désolation et air irrespirable. Il rencontrera Once-ler – dont la plaque d’immatriculation lit presque « Oiler » –, homme qui, de son propre aveu, est responsable de la destruction de l’environnement autour de Thneedville. Il racontera alors son histoire : il voulait vendre son Thneed, espèce de morceau de tissu très polyvalent, fait à partir des feuilles des arbres (qui ressemble à de la barbe à papa). Mais dès qu’il a coupé un arbre, le Lorax, esprit de la forêt, a tout fait ce qu’il pouvait pour l’empêcher de « détruire » la forêt où vivent tous les animaux. Ça fonctionne pour un temps… jusqu’à ce que la famille de Once-ler, au très fort accent Sudiste, arrive et commence la production en série du Thneed – elle qui ne croyait pas du tout aux chances de Once-ler. Ainsi commence la destruction de la forêt et l’enrichissement de Once-ler. « How bad can it be? » chante-t-il jusqu’à ce que le dernier arbre soit rasé…

 

Festival des clichés

 

Les clichés anti-capitalistes de ce film sont presque innombrables. Outre ceux énumérés dans le résumé du film, notons – et je ne me concentrerai que sur trois – O’Hare, le président de la compagnie d’embouteillage d’air. Au début du film, deux employés de sa compagnie lui suggère de construire une nouvelle usine hyper polluante, ce qui fera ainsi grimper son chiffre d’affaire. En prenant connaissance des escapades de Ted, O’Hare l’avertit sévèrement de ne pas sortir de la ville. Quand il apprend que Ted a en sa possession la dernière graine d’arbre, il s’acharne à la capturer. Après tout, les arbres sont mauvais pour les affaires parce qu’ils produisent de l’air pur gratuit.

Il y a également la famille de Once-ler, un ramassis de tous les clichés imaginables sur les gens du Sud des ÉU : accent rurale, manières primitives et surtout dédain de l’éducation et de l’avancement. Elle croit que Once-ler sera incapable de vendre son Thneed, et se moque abondamment de lui lorsqu’il part à l’aventure. Mais dès qu’elle apprend que le produit est un succès, elle se précipite, avec sa maison mobile, auprès de Once-ler pour partir sa compagnie. Évidemment, parce que c’est une famille sudiste ignare, elle va complètement raser la forêt, pour ensuite renier Once-ler parce qu’il a fait faillite.

Enfin, le Lorax représente le fantasme par excellence des écologistes : c’est l’esprit de la forêt, le défenseur des animaux et le protecteur de l’air pur. Il apparaît magiquement quand Once-ler coupe le premier arbre de la forêt, tentant de l’empêcher de poursuivre sa « destruction ». Il tente même de noyer Once-ler en déposant son lit dans la rivière pour qu’il parte à la dérive. Mais comme un des animaux était sur le lit, Once-ler sera sauvé, probablement à son grand regret.

 

Le vrai capitalisme est écologique

 

Les libertariens qui ont lu le texte jusqu’à présent se sont vite rendu compte que Le Lorax montre clairement ce qui se produit quand l’esprit du capitalisme – propriété privée, investissement à long terme, non-intervention du gouvernement dans l’économie – n’est pas respecté. Pour les autres, laissez-moi vous exposer sa vraie nature…

 

Quand Once-ler arrive dans la forêt, personne n’en est légalement propriétaire. Oui, les animaux sont très mignons, mais dans la vraie vie, ils n’ont pas de droits de propriété. Si Once-ler était devenu le propriétaire légal de cette terre, alors il aurait (fort probablement) tout fait pour utiliser les arbres intelligemment. Après tout, ce qui fait le succès du capitalisme, c’est l’investissement, PAS la consommation. D’ailleurs, l’investissement (privé) explique presque, à lui seul, pourquoi « l’Occident » (Europe, ÉU, Canada, Australie, etc.) est tellement plus riche que le reste du monde1.

Donc, le comportement de Once-ler n’est PAS capitaliste. Au contraire, l’on pourrait même dire que son comportement est encouragé dans notre monde interventionniste. Un très bel exemple est le sort de la Seigneurie du Triton2. Sous pression populaire, le gouvernement Charest avait décidé, en 2005, de déclarer cette zone aire protégée, empêchant ainsi toute exploitation forestière, même de la part de compagnie qui s’y trouvaient déjà. Naturellement, se sachant évincées sous peu, les compagnies présentes ont rationnellement cherché à maximiser leurs profits… en coupant à blanc. La moralité de cette action est discutable, mais elle facilement compréhensible : puisque la propriété sera publique, à quoi bon préserver les arbres pour le futur?

 

Le même concept s’applique pour la pollution. Si c’est une plaie dans notre monde moderne, c’est que l’air, le sol et l’eau appartiennent à tous, et donc à personne. Derrière le rideau de fer, où les lois économiques étaient presque toutes ignorées, la pollution était effarante, certaines forêts sont devenues irrécupérables et plusieurs gens en mouraient prématurément3. Si le capitalisme avait existé, ces problèmes n’auraient probablement jamais existé.

Dans les années 50, Hooker, une compagnie de produits chimiques dans l’État de New York, avait en sa possession un canal dans lequel elle déversait ses déchets. Il était très bien construit, et aucune fuite n’a été rapportée. C’était tout à son avantage, sinon elle aurait dû dédommager pour la pollution. Mais dès que le gouvernement local a décidé d’acheter des terrains en bordure dudit canal, les problèmes ont commencé : désintégration de la structure du canal, fuites, construction en bordure du canal… Comme le public n’est généralement responsable de rien, nul besoin de dire que la compagnie a reçu tout le blâme4.

 

C’est donc ce qui peut expliquer le je-m’en-foutisme de O’Hare quant à sa pollution. Comme il n’y a pas de propriété de l’air ou de l’eau, il s’en fiche; il en profite même. Et son comportement face aux arbres – ils offrent une concurrence « déloyale » quant à la production d’air pur – n’est pas sans rappeler la pétition des marchands de chandelles présentées par Frédéric Bastiat5. Tout comme O’Hare, ils protestaient contre la concurrence déloyale… du soleil et exigeaient des pouvoirs publics que l’on bloque toutes les fenêtres afin de faire augmenter les affaires. Force est de constater que O’Hare, lui, a eu gain de cause, ce qui aurait été impossible dans un libre-marché. En effet, la majorité des gens seraient porté à vouloir profiter d’air pur gratuit produit par les arbres.

 

En conclusion, malgré ses qualités techniques évidentes, Le Lorax n’est qu’un vulgaire film de propagande écologiste qui fait fi d’à peu près toute la logique économique. Et comme il s’adresse principalement aux enfants, je conseille fortement aux parents libertariens de bien expliquer à leurs enfants que ce film montre ce qui se passe quand on ne respecte PAS l’esprit du capitalisme. Allez-y en leur posant cette simple question : « Est-ce que tu briserais volontairement les jouets de ton frère/ta sœur »? Il devrait normalement dire non; ajoutez ensuite : « Tu viens donc de me dire qu’il faut respecter la propriété de l’autre »? Ils devraient bien comprendre.

1Mises, Ludwig Von. Marxism Unmasked: From Delusion to Destruction, Foundation for Economic Education, Irvington-on-Hudson, NY, 2006

Guide du parfait anti-capitaliste

Alors, vous êtes pro-intervention du gouvernement et vous détestez le capitalisme? En d’autres mots, vous êtes contre le libre-marché et les interactions volontaires entre humains? Alors voici une liste de ce que vous ne serez plus capables de faire :

  1. Acheter un ordinateur de bureau ou portable (Microsoft, Apple, Linux, etc.)

  2. Aller dans un centre commercial

  3. Acheter ou regarder la télévision, qui a été développée et produite par une compagnie privée, ni le câble de base qui survit grâce à la publicité (privée)

  4. Acheter  en ligne

  5. Utiliser  l’air climatisé

  6. Acheter votre épicerie dans une épicerie ou dans un supermarché

  7. Aller chez Wal-Mart ou dans des magasins-entrepôts pour acheter quoi que ce soit

  8. Investir en bourse

  9. Aller voir un film

  10. Acheter des produits inspectés par les laboratoires UL

  11. Acheter quelque forme d’assurance privée que ce soit (santé, feu, maison, etc.)

  12. Écouter quelque musique que ce soit, en CD ou en la téléchargeant

  13. Écouter quelque station de radio privée que ce soit

  14. Acheter un véhicule tout-terrain, une voiture ou une moto

  15. Utiliser les toilettes d’un magasin ou d’un centre commercial

  16. Postuler dans une université ou un collège privé

  17. Prendre un cours en ligne

  18. Acheter ou louez une maison construite ou inspectée par une compagnie privée

  19. Acheter un produit fait, produit ou assemblé en Chine, au Japon, à Taïwan ni dans aucun pays étranger

  20. Acheter de l’essence pour votre véhicule

  21. Utiliser les services de messagerie comme FedEx ou UPS

  22. Utiliser des application sur votre iPhone

  23. Ça inclut les téléphones cellulaires et les tracphones (cellulaire prépayé)

  24. Utiliser un médicament développé par quelque marque de grande compagnie que ce soit

  25. Engager un détective ou un procureur privé

  26. Donner de l’argent aux charités privées (Centraide, l’Armée du Salut, etc.)

  27. Déposer votre argent dans une banque commerciale ou contracter un prêt auprès de cette dernière

  28. Utiliser des cartes de crédit ou de débit privées

  29. Travailler pour un employeur privé

  30. Utiliser les journaux privés pour faire de la pub ou pour coordonner un commerce

  31. Lire un livre écrit ou publié par des auteurs et des éditeurs privés

  32. Porter ou acheter des vêtements ayant été produits par une compagnie privée

  33. Écouter les nouvelles météo à Météomédia ou dans une station de nouvelle

  34. Demander les services d’un hôpital vétérinaire

  35. Postuler pour un emploi avec des avantages pécuniaires ou pour un salaire au-delà du salaire minimum (9,65 $/h au Québec)

  36. Acheter de l’huile à chauffage ou bois pour vous chauffer

  37. Utiliser des livres de croissance personnelle ou des manuels d’instruction

  38. Tondre votre gazon avec une tondeuse

  39. Pratiquer un sport requérant des accessoires (ballon, balle, rondelle) ou des équipements protecteurs

  40. Utiliser un réfrigérateur ou un congélateur

  41. Utiliser un four ou un poêle

  42. Utiliser un puits artésien creusé par une compagnie privée

  43. Jouer à un jeu vidéo ou acheter une console de jeu

  44. Acheter un bijou miné, expédié, assemblé ou vendu par une compagnie privée

  45. Acheter quelque forme de correction visuelle (lunettes, verres, lentilles cornéennes, etc) que ce soit

  46. Regarder un film produit à Hollywood

  47. Utiliser les services d’un orthodondiste

  48. Utiliser une horloge ou une montre pour connaître le temps

  49. Utiliser un téléphone, avec ou sans fil

  50. Aller manger dans un restaurant privé

  51. Visiter les parcs d’attractions

  52. Utiliser les services d’organismes de charité privés ou d’églises si vous avez besoin d’aide

  53. Utiliser un manège (genre carrousel)

  54. Utiliser une bicyclette

  55. Acheter un panneau solaire ou toute forme « d’énergie verte » développée par une compagnie privée

  56. Aller dans salon de coiffure, dans un spa ou dans un salon de manucure

  57. Utiliser un engrais, un rotoculteur ou des semences génétiquement modifiées

  58. Acheter ou utiliser une caméra ou quelque forme de photographie que ce soit

  59. Devenir riche en produisant un bien ou un service ayant une valeur pour qui que ce soit

  60. Venir vous plaindre quand les conséquences inattendues de l’intervention du gouvernement dans la santé, l’éducation, les finances, l’énergie, le travail, etc., se font sentir

 

En fait, nous avons le style de vie que nous méritons. Sans les mécanismes du marché et la division du travail, nous vivrions dans un monde différente et nettement moins agréable. Le Canada serait un pays du Tiers-Monde. Moins nous sommes libres pour prospérer, moins nous obtenons en retour. Les Canadiens sont très libres aujourd’hui; nous sommes au 6e rang sur 179 pays évalués de l’Indice de libertés économique de la Heritage Foundation1; le Venezuela, Cuba et la Corée du Nord sont respectivement 175e, 177e et 179e. Les interventionnistes nous mentent quand ils disent que le libre-marché marché ne fonctionne pas et qu’il faut plus de contrôle de l’État dans nos vies. Ils veulent ainsi affaiblir la division du travail et notre style de vie. Alors la prochaine fois que vous vous opposerez au capitalisme – et aux échanges mutuellement avantageux – et que vous le taxerez « d’avarice », de « mal » et comme « ne profitant qu’aux riches », rappelez-vous de cette citation de Milton Friedman :

 

« L’Histoire est absolument sans équivoque. Jusqu’à présent, aucun moyen pouvant améliorer autant le sort des gens ordinaires n’arrive à la cheville des moyens de production libérés par un système de libre-marché… La planète fonctionne grâce aux gens qui poursuivent leur intérêt personnel. Les grandes découvertes de notre civilisation ne sont pas venues des gouvernements ni de ses bureaucrates. »

 

Inspiré de http://slulibertarians.tumblr.com/post/8875743503/60-things-not-to-do-if-you-hate-the-free-market

Divertissement au zoo.

Les indignés me divertissent. C’est comme aller au zoo mais moins cher et en plus c’est commode, ils sont direct au centre ville à deux pas de mon stationnement (souterrain merci) et de mon client. La vie est bonne j’vous dit. 

J’ai parlé à l’un d’entre eux. Un jeune avec les cheveux en longues couettes jusqu’au milieu du dos qui me tutoie comme si on avait élevé les cochons ensemble.

« Pourquoi êtes vous indignés? »
« Parce que, t’sé man tu comprendrais paw passe que t’es obviously un « suit ».  » 
« C’est quoi un « suit ».
« Ben un bonhomme comme toué t’sé, un gars qui comprends rien aux problèmes du monde comme nous autres. »
« Ah? Quels sont vos problèmes? »
« Tu voué, tu comprends rien. Pas de job, pas de revenu, pas rien. »
« Vous ne pensez pas que si vous étiez ailleurs en train de chercher un job plutôt qu’ici en train de chialer que vous n’en avez pas pas, ce serait un pas dans la bonne direction? »
« Tu voué, j’te l’ai dit man que tu comprends rien! »

OK je suis « obvioulsy » bouché parce que moi, quand j’ai pas eu de job (à mon âge ça m’est arrivé une couple de fois) je ne suis pas descendu dans la rue mais plutôt remonté mes manches et je me suis retrouvé de l’emploi. Puis ensuite j’ai CRÉÉ ma propre job. Pas chiâlé, pas « réclâmé la justice », pas craché sur ceux qui font la richesse. Je me suis juste pris en main. Comme un humain. Je n’ai pas attendu qu’on me donne de la bouffe et du logis. Je n’ai pas attendu qu’on me soigne, qu’on vienne me porter une toilette portative. 

Non je ne suis définitivement pas un animal de zoo.

Occupons Montréal : Quand c’est payant de ressembler aux États-Unis

Les joyeux campeurs d’Occupons Montréal / Photo: Philippe David, Contrepoids

 

Honnêtement, je suis mal à l’aise avec les satellites québécois du mouvement « Occupy Wall Street ». J’étais aussi mal à l’aise lorsqu’en 2009, les analystes comparaient les problèmes structurels des États-Unis à ceux du Canada, encore pire, à ceux du Québec. (Lire « Le Canada n’est pas les États-Unis« )

Souvenons-nous. En pleine crise financière, les admirateurs de Obama de chez-nous – chroniqueurs, analystes et politiciens –  étaient dans un mode « Si Obama le fait, fais-le donc ». Nous étions tous dans le même bain, nous disait-on. Allez hop! On se vote d’énormes plans de relance.

Le système bancaire canadien est plus solide que celui des États-Unis, les Canadiens bénéficient d’un filet social qui fait l’envie des Américains, il n’y avait pas de bulle immobilière au Canada, mais qu’importe tout cela. Sous la pression de nos savants analystes et élites politiques interventionnistes, Harper s’est vu contraint d’opter pour le « One size fits all ». En trois ans, on aura effacé tous les efforts d’une décennie pour réduire l’endettement public du pays.

Aujourd’hui, le mouvement « Occupy Wall Street » fait des petits notamment à Montréal. Il semble donc que lorsqu’il est question d’ajouter à la dépense publique – parce qu’ultimement, c’est ce dont il s’agit – le démon néolibéral américain nous semble tout à coup très sympathique. Curieux, non? Tout à coup, notre caractère « distinct » ne mérite plus d’être défendu… et nous ne bénéficions plus des bienfaits d’une bienveillante social-démocratie.

Avons-nous des raisons de nous indigner? Bien sûr, bien qu’ils soit indécent de comparer nos malheurs à ceux du monde arabe (lire Mario Roy). La collusion entre nos gouvernements et intérêts privés quels qu’ils soient (corporations, lobbies, groupes de pression, syndicats, grands financiers des partis politiques, etc.) ET les intérêts du secteur public (fonction publique, organismes et monopoles gouvernementaux) nous irrite au plus haut point.

Seulement, il me semble sincèrement que la cible des attaques soit mal identifiée. Après tout, pour ne prendre que cet exemple, si la Caisse de dépôt et de placement du Québec n’avait pas le monopole dans la gestion des caisses de retraite de l’ensemble des Québécois, peut-être aurions-nous des résultats moins désastreux? Peut-être que la personne responsable des produits dérivés aurait été clairement identifiée et qu’elle aurait été sanctionnée?

S’en prendre aux riches du Québec? Faites-moi rire. Comme si leur nombre et de les imposer davantage y changerait quoique ce soit… N’a-t-on pas compris encore que le Québec est riche en pauvres et pauvre en riches? Aucune comparaison possible avec la distribution des revenus aux États-Unis.

Non. Ce discours populiste me rend bel et bien mal à l’aise. Si le secteur privé des banques d’investissement américaines mérite des reproches, les gouvernements sont tout aussi coupables de l’état de la situation. D’ailleurs, elles étaient où la SEC et l’AMF qui devaient veiller à assurer l’intégrité des produits financiers? Si elles ont failli à se rendre utiles à un moment aussi crucial, le sont-elles tout court?

Alors, si l’on veut s’indigner, indignons-nous! Mais de grâce, ciblons les véritables responsables. Et parmi ces responsables, il y a, malheureusement pour ceux qui campent au Square Vicoria, l’ensemble des groupes d’intérêts qui ne cessent d’augmenter leurs demandes auprès du gouvernement, dont celui du lobby étudiant.

Comme l’écrit Benoît Aubin,

« les économies occidentales ne produisent plus assez de richesses pour supporter les gouvernements et les programmes sociaux dont elles se sont dotées durant leurs années de vaches grasses. C’est plate, c’est brutal, ça fait mal, mais c’est ainsi. »

Non. S’indigner ne suffira pas!