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Vivre à crédit

Par Philippe David

C’est étonnant, mais la situation en Grèce et les réactions à cette crise que j’observe me font réaliser à quel point certains peuvent être ignorants du côté sombre du crédit. Par exemple beaucoup en Grèce et ailleurs s’imaginent que si les grecs font un doigt d’honneur aux banques européennes et leur «austérité», les grecs pourront maintenir leur beau train de vie et que les retraités continueront d’empocher leur retraites et que le gouvernement grec pourra continuer à fonctionner comme il l’a fait depuis plus de trois décennies, c’est à dire en vivant à crédit. Il faut vraiment croire aux licornes parce que rien ne pourrait être plus farfelu. Si c’est votre croyance, une petite leçon de crédit 101 s’impose. Commençons par les bases.

La nature d’une dette.

Vous avez besoin d’argent pour quelque chose que vous jugez important (pour l’instant, nous allons faire abstraction du besoin comme tel).  Vous n’avez pas l’argent maintenant, mais vous savez que vous l’aurez dans le futur et épargner pour ramasser la somme serait trop long.

Votre voisin, lui, a le montant d’argent que vous avez besoin, vous aimeriez lui demander de vous le prêter, mais autrement que par charité, pourquoi le ferait-il? Pendant le temps que vous prendrez à lui rembourser cet argent, il y a mille et un usages auxquels il aurait pu mettre cet argent beaucoup plus plaisant ou profitable que de vous le prêter. Pour le convaincre, vous devez lui offrir un incitatif pour compenser la perte de jouissance de son argent pour le terme du remboursement. Rendre la chose «intéressante» pour lui, si on peut dire. C’est pourquoi nous avons appelé cet incitatif «l’intérêt».  Vous allez donc négocier avec votre voisin pour le taux d’intérêt pour lequel il consentira  à vous prêter son argent. Puisqu’il n’est pas le seul qui pourrait vous prêter l’argent, il ne peut pas vous demander un taux abusif parce qu’il vous suffit d’aller demander à quelqu’un d’autre.

Cependant, qu’est-ce qui lui prouve que vous lui rembourserez la somme dans les délais prévus? S’il vous connaît et sait que vous êtes une personne honorable à laquelle il peut faire confiance, votre poignée de main pourrait lui suffire, sinon il vous faudra peut-être fournir le témoignage d’une personne qui vous connaît et qui sait que vous êtes digne de confiance ou un endossement formel d’un tiers de bonne réputation ou à l’extrême, vous devrez peut-être offrir quelque chose en collatéral. Bref, ça prend un certain lien de confiance. Si votre réputation est bonne, ce n’est pas un gros problème, mais si elle ne l’est pas, c’est possible que vous ayez plus de difficulté à trouver quelqu’un qui voudra vous prêter et vous aurez probablement à payer un taux d’intérêt plus élevé pour arriver à convaincre quelqu’un à vous prêter l’argent dont vous avez besoin.

Je vois souvent des gens pester contre les intérêts. Certains voudraient même les abolir. Maintenant vous savez à quoi ils servent et pourquoi ils existent.  Vous ne pourriez tout simplement pas emprunter s’il n’y avait pas d’intérêt.  Donc les abolir serait illogique.

Jusqu’ici nous n’avons discuté que d’emprunts entre individus, mais le principe est le même le même lorsqu’on parle d’emprunts par une firme ou par un état. L’emprunt est une entente contractuelle où une partie prête un montant d’argent qui est sa propriété à une autre partie. En échange la seconde partie promet de rembourser le montant intégral, plus un certain pourcentage d’intérêt. Essentiellement, de négliger de rembourser équivaut à de la fraude, puisque l’emprunteur se trouve à voler la propriété du prêteur. Si vous faites ça, les prêteurs y penseront probablement deux fois avant de vous prêter une autre fois et avec raison. Mais tant que les deux parties respectent les termes du contrat, c’est profitable aux deux.

Bonne dette, mauvaise dette

Maintenant, il existe de bonnes et de mauvaises dettes. Les bonnes dettes vous enrichissent à long-terme, les mauvaises vous appauvrissent. Si vous empruntez pour investir dans une entreprise qui est profitable et qui vous rapporte un montant plus grand que l’emprunt et l’intérêt, c’est un bon prêt. Si par contre vous empruntez pour quelque chose qui ne vous rapportera rien, un bien consommable, par exemple, c’est une mauvaise dette. Si c’est une excellente idée d’emprunter pour investir, emprunter pour consommer est une chose à éviter le plus possible. Si vous voulez vous procurer un bien consommable qui n’est pas d’une absolue nécessité, il serait bien plus intelligent d’économiser et attendre d’avoir le montant en poche avant de l’acheter. Emprunter pour s’acheter une nouvelle télé quand l’ancienne fonctionne encore ne serait pas terriblement intelligent. 

Le problème est que ça fait belle lurette que nous accumulons les mauvaises dettes, tant individuellement que collectivement. Tout partisan de développement durable devrait prendre note que si toute mauvaise dette devrait être à proscrire dans vos finances personnelles, vous devriez aussi considérer que la même situation dans les finances publiques est toute aussi néfaste. Pourtant, quand avez-vous déjà entendu Greenpeace ou Équiterre se prononcer contre l’endettement excessif des états? Pourtant, quand nous avons des gouvernements qui contrôlent plus de 50% du PIB d’un pays, c’est un facteur qui ne peut pourtant pas être négligé. 

Et pourtant, il est plutôt rare que les états font des emprunts qui créent de la richesse puisque les gouvernements ne créent aucune richesse, ils ne font que la redistribuer. Tout ce que le gouvernement vous donne, il doit d’abord le confisquer de quelqu’un d’autre. Plus souvent qu’autrement, une bonne partie des montants collectés en taxes et impôts est également gaspillé et ne rapporte absolument rien en termes de biens et services réels. Donc, mis à part l’argent emprunté pour certains biens immobiliers, représenté par la dette nette, tout le reste est une perte sèche qui ne peut être remboursée que par le prélèvement de taxes et impôts futurs. Donc, quelque part dans le futur, ces taxes et impôts seront prélevés en plus de ceux qui auraient déjà été prélevés pour les besoins courants. Encore une fois, si vous croyez que ce genre de consommation de ressources s’inscrit dans le registre du développement durable, vous vous mettez le doigt dans l’oeil parce que c’est littéralement tout le contraire: nous dévorons aujourd’hui ce qui sera produit demain plutôt que de consommer ce qui a été produit hier (c’est ça le développement durable). Ce que nous faisons, autant en tant qu’individus qu’à travers nos gouvernements c’est de la surconsommation. C’est s’empiffrer dans un buffet et laisser la facture aux générations futures.

Pile je gagne, face tu perds.

aujourd’hui, les grecs ont voté massivement non aux mesures d’austérité que voulaient leur imposer leurs créditeurs. Je ne sais pas ce qu’ils s’imaginent que ça va leur donner de faire le doigt d’honneur à leurs créanciers. Le choix qui leur était donné dans ce référendum était équivalent à choisir entre le peloton d’exécution et la chaise électrique.

On les voit célébrer et on peut se demander pourquoi ils fêtent. S’ils s’imaginaient gagner quelque chose en votant non, ils rêvent en technicolor. Ce qui les attend sera un effondrement bancaire et une dépression économique dont ils ne seront pas près de se relever et ils n’auront pas d’autre choix que de réviser leur niveau de vie à la baisse de toute façon. L’austérité s’imposera que ce soit par leurs créanciers ou autrement parce que ça prendra un certain temps avant que quelqu’un prête de l’argent au gouvernement grec. Ça a toujours été un no-win scenario, du moins à court-terme. 

La bonne nouvelle, c’est qu’après une sévère correction, l’économie grecque va sûrement reprendre sur des bases plus solides. On ne peut qu’espérer que les grecs auront appris la leçon que leur gouvernement ne peut pas tout leur payer indéfiniment et que le nôtre va réaliser que lui non-plus ne le peux pas avant que nous nous retrouvions dans la même situation. J’espère que nous réaliserons tous que l’endettement chronique, autant personnel que collectif est une sorte d’esclavage volontaire et de s’en libérer sera toujours pénible.

La Grèce: un canari dans la mine de charbon

Par Philippe David

Un drame désolant se déroule sous nos yeux en Grèce. Dans une entrevue radiophonique, Germain Belzile, professeur d’économie aux HEC (entre autres), l’a décrit comme un « slow motion train wreck » ou un déraillement ferroviaire au ralenti pour les fanatiques du français.  Nous le voyions arriver depuis longtemps, mais la Grèce va finalement amener le socialisme à son aboutissement logique. Car contrairement à ce que certains peuvent prétendre, les grecs ne sont pas victimes des banques et d’un capitalisme débridé, ils sont les victimes du socialisme débridé et des vendeurs de rêves de leur gouvernement qui les avait convaincu qu’on pouvait vivre la belle vie avec seulement un minimum d’effort et en vivant indéfiniment à crédit. 

Le rêve

Il y a une raison pourquoi le socialisme est toujours aussi populaire, c’est parce qu’il nous fait rêver d’un monde magique d’abondance sans travail. Un monde où l’argent pousse dans les arbres et il ne suffit que de le distribuer. La richesse  n’a pas besoin d’être créée, elle existe tout simplement et il ne suffit que de la prendre dans les banques et dans les poches des riches. Dans ce monde, il n’est pas nécessaire de produire quoi que ce soit, si nous le demandons, il apparaitra par magie et nous n’avons qu’à le prendre sur les tablettes. Le problème, c’est qu’on peut bien ignorer la réalité pendant un certain  temps, mais la réalité, elle, ne nous ignorera pas.

La réalité

La logique dicte que si vous voulez pouvoir consommer quoique ce soit, quelqu’un doit déjà avoir produit ce que vous désirez et de plus, afin de pouvoir l’acheter, vous devez également avoir produit quelque chose de valeur suffisante vous-même. Du moins, si on parle de consommation responsable et soutenable. S’il peut être utile parfois de consommer à crédit, la sagesse a toujours dit de ne pas en abuser. Ce n’est certainement pas cette sagesse qui pousse les individus de s’endetter à 150% de leur revenu disponible et ce n’est pas plus débordant de sagesse pour un état d’en faire autant.

On entend souvent une certaine gauche dire que nous ne pouvons pas comparer l’état à une famille. D’une certaine façon, ils ont raison. Quand un état s’endette à outrance, c’est des millions  de familles qui sont ruinées, pas seulement une. C’est donc mille fois pire quand un état fait faillite, que lorsqu’une famille fait faillite. Certains ici croyaient que ce n’était pas possible. Il étaient ignorants de l’histoire car non-seulement de nombreux pays ont fait faillite avant ça, mais la Grèce elle-même a déjà fait faillite plus d’une fois auparavant. Vous croyiez que l’austérité était terrible? Attendez un peu que la faillite vienne détrousser les grecs de toutes leurs épargnes et leur pouvoir d’achat. Vous n’avez encore rien vu!

Le clientélisme à outrance

«Une démocratie est toujours temporaire par nature, elle ne peut tout simplement pas exister comme une forme permanente de gouvernement.

Une démocratie existe jusqu’au jour où les électeurs découvrent qu’ils peuvent se voter de généreux cadeaux provenant du Trésor Public.

A partir de ce moment là, la majorité vote toujours pour les candidats qui promettent le plus d’avantages provenant du trésor public et le résultat, c’est que toute démocratie se termine toujours par un effondrement en raison d’une politique fiscale laxiste ».

Alexander Fraser Tytler

Les grecs ont découvert qu’ils pouvaient se voter des largesses du trésor public autour de 1980. Depuis, les politiciens qui ont été élus à la tête de ce pays ont été ceux qui ont offert le plus de « nananes » aux électeurs. Ce clientélisme effronté a donné lieu à la création de programmes gouvernementaux onéreux à souhait, à des subventions à outrance aux entreprise et une économie de la recherche de la rente. Ceci devrait sembler plutôt famillier au Québec. C’est notre sport préféré après le hockey.

Les conséquences de ce genre de jeu politique sont facile à prédire comme le député et économiste français Frédéric Bastiat l’a fait en 1848:

«L’Etat ne peut avoir beaucoup d’argent qu’en épuisant tout le monde et les masses surtout. (…) Aujourd’hui qu’on a admis en principe que l’Etat est institué pour distribuer la richesse à tout le monde, il est naturel qu’on lui demande compte de cet engagement. Pour le tenir, il multiplie les taxes et fait plus de misères qu’il n’en guérit. Nouvelles exigences de la part du public, nouvelles taxes de la part de l’Etat, et nous ne pouvons que marcher de révolution en révolution. (…) Le peuple sera écrasé d’impôts, on fera emprunt sur emprunt; après avoir épuisé le présent, on dévorera l’avenir. (…) On verra le peuple tout entier transformé en solliciteur. Propriété foncière, agriculture, industrie, commerce, marine, (…) tout s’agitera pour réclamer les faveurs de l’Etat. Le Trésor public sera littérallement au pillage.»

Ce sera toujours le résultat inévitable du mariage de la démocratie et du socialisme. Et il ne fonctionne, comme l’avait souligné Margaret Thatcher que jusqu’au jour où l’argent des autres vient à manquer. 

Le gouffre

Tsipras s’imagine sauver les grecs alors qu’il n’a qu’appuyé plus fort sur l’accélérateur du train qui roule vers un pont démoli au dessus d’un gouffre. Il entrainera probablement plus d’un autre état à sa suite. La Grèce, c’est le fameux canari dans la mine de charbon qui signale quand un coup de grisou est imminent et toutes les démocraties occidentales devraient prendre des notes parce qu’elles jouent toutes au même jeu à divers degrés et suivent la même trajectoire qui les mènera tôt ou tard au même destin.

Le Québec n’est pas la Grèce, mais…

Considérez ceci:

  • Le même clientélisme politique qui existe en Grèce, existe ici.
  • Comme les grecs, nous avons la dette la plus élevée du Canada,
  • des programmes sociaux plus généreux et onéreux que les autres provinces,
  • le plus grand nombre d’employés publics par habitant avec des salaires et avantages bien au-delà de la moyenne du secteur privé.
  • Nous subventionnons les entreprises 3 fois plus que l’Ontario, compte denu de notre population et il n’y a que peu de secteurs de l’économie où le gouvernement n’intervient pas.
  • Nous partons aussi à la retraite plus tôt que le reste des canadiens.
  • Et comme les grecs, nous sommes allergiques à la responsabilité fiscale, au point que nous descendons dans les rues pour protester contre une austérité qui, comparativement à celle imposée à la Grèce, est inexistante. Notre gouvernement n’a absolument pas coupé dans ses dépenses, seulement dans croissance de ses dépenses et notre bonne gauche syndicaliste hurle et déchire sa chemise. Imaginez s’il y avait de vraies coupures.

C’est beaucoup de points communs que nous avons avec les grecs, vous ne trouvez pas? Vous croyez peut-être que nous pouvons continuer à les imiter et que ça ne nous rattrappera pas un jour? Que nous ne subirons pas le même sort?

Pour être honnête, il y a une chose qui a fait que nous ne sommes pas encore arrivés à la même destination que la Grèce, c’est notre appartenance à la fédération canadienne. Contrairement à la Grèce, nous bénéficions d’un programme de répartition de richesse entre les provinces pauvres et les provinces riches. Nous sommes les plus gros bénéficiaires de ce programme, d’ailleurs.  Sans la péréquation, nous aurions une dette encore plus élevée (à moins bien sûr de réduire nos dépenses drastiquement et d’étrangler encore plus le contribuable)

Nous bénéficions aussi de la cote AAA du Canada également parce que, de la même façon que Québec est garant des dettes de ses villes et municipalités, Ottawa est garant des dettes de ses provinces et c’est la seule et unique chose qui nous a sauvé de plus grosses décotes des agences de notation, ce qui aurait augmenté considérablement nos coûts d’emprunts.

Certains, comme Mathieu Bock-Côté m’accuseront d’hair le Québec, parce que bien sûr, dans leur esprit, quiconque a le culot de critiquer leur bien-aimé système social-démocrate basé sur le tout à l’état, doit nécessairement être un anti-patriote et un anti-nationaliste primaire . Il faut forcément haïr le Québec et être à la solde du colonialisme « canadian ». Il faut forcément vouloir nier les aspirations légitimes du peuple québécois d’avoir un pays pour affirmer que sans le reste du Canada, la cigale québécoise serait dehors au froid et sur les bords du même gouffre que la Grèce, n’est-ce pas?

Pourtant, qui aime plus le Québec? Celui qui lui proclâme un amour infini et qui, sciemment ou non fait l’autruche? Ou celui qui tente de le détourner de son autodestruction? Désolez-vous pour ces pauvres grecs autant que vous voulez, mais tôt ou tard, si nous continuons sur la même route, ce sera de nous qu’on se désolera.

Le modèle québécois: vivre dans le déni

Par Philippe David

Dans le Devoir de ce matin, un groupe collectif signe un texte intitulé « Notre conscience nationale trahie par les libéraux » qui accuse,  le plus sérieusement du monde,  le gouvernement libéral actuel de saccager notre cher modèle québécois, le plusse meilleur au monde, en faisant des coupes sauvages à la tronçonneuse. Je reconnais quelques noms de la listes de signataires, pas tous. Mais je suis prêt à parier qu’ils sont tous hautement dépendants de l’état québécois pour faire un si ardent plaidoyer pour préserver un modèle qui s’est pourtant avéré un retentissant échec. 

Je ne sais pas dans quel monde vivent les signataires de ce texte, tout comme les autres grands défenseurs du modèle québécois d’ailleurs (la plupart étant souverainistes et gauchistes), mais je soupçonne que pour s’y rendre, il faut mettre le cap sur la seconde étoile à droite et continuer tout droit jusqu’au matin. (Pour ceux qui ne sont pas trop férus de littérature, c’est le chemin du pays imaginaire de Peter Pan.)  Parce qu’on ne peut absolument pas être en train de vivre dans le monde réel en affirmant des énormités telles que ceci: 

« Au fil des décennies, et ce, depuis la Révolution tranquille, l’État québécois a pourtant été un remarquable levier de développement économique et social pour le Québec, ainsi qu’un pilier de notre solidarité. Sous l’impulsion du gouvernement libéral de Jean Lesage, appuyé par les efforts de la société civile (constituée de femmes et d’hommes issus de tous les milieux), les Québécois se sont pour ainsi dire offert un État fort, moderne, apte à répondre aux défis de notre temps et incarnant par ailleurs le caractère national du Québec et la volonté de vivre ensemble de tous les Québécois. »

Je me propose donc de démontrer à quel point ces grands défenseurs du modèle québécois sont déconnecté de la réalité à l’aide d’une petite présentation powerpoint:

Petite question: pourquoi diable défendez-vous ce modèle merdique si ce n’est que pour des raisons purement idéologiques? Parce que ce n’est certainement pas pour le bien commun.

Ajout:

Sources des données:

Tableau Dépenses de programmes: Ministère des Finances du Québec: Budget 2014-2015
Tableaux « Le déclin tranquille » et le avant et depuis la révolution tranquille
Tableau PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion Tdes Comptes économiques du Québec
Tableau Revenu personnel disponible: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Péréquation: Ministère des Finances Canada: Budget 2006 : Annexe 3 – Principaux transferts et Soutien fédéral aux provinces et aux territoires
Tableau Fonctionnaires: Statistique Canada: Tableau 051-0005 et Tableau 282-0012
Tableaux Riches en pauvres et pauvres en riches:  Statistiques Canada: Tableau 204-0001
Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Exportations: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002
Tableau dette du Québec: Centre de la Productivité et la Prospérité-HEC: L’heure juste sur la dette du gouvernement du Québec

Lettre aux profs de l’UQAM

Par Philippe David

Messieurs, Mesdames,

Je prends le temps de vous écrire ces quelques lignes, question  de faire le point sur l’attitude que certains d’entre vous et votre syndicat ont envers la présente crise étudiante.  Tout me donne l’impression que vous n’avez pas exploré la question sous tous ses angles et j’aimerais pointer ce que je considère être quelques lacunes dans votre jugement.

Je n’ai absolument rien contre la liberté d’expression et celle d’association. Au contraire, tous ceux qui me connaissent savent qu’il n’y a que peu de défenseurs de toutes les libertés aussi fervents que moi. Aussi suis-je très qualifié pour vous affirmer que la liberté à tout crin n’existe pas. Toute liberté doit s’exercer dans le respect de celles des autres.  Ce qui signifie, n’en déplaise à la soi-disant Ligue des droits et libertés, que la liberté d’expression et d’association des étudiants  qui ont choisi de boycotter leurs cours ne peut s’exercer que dans le respect du choix des autres étudiants qui ont voté contre et qui choisissent de continuer leurs cours. Elle ne peut aussi que s’exprimer dans le respect de l’institution d’enseignement, que vous considérez vous-mêmes comme un sanctuaire. Ces étudiants ont donc le droit de s’exprimer paisiblement, mais n’ont pas le droit moral d’utiliser la force et l’intimidation pour faire annuler les cours et vider les classes manu militari. Ils n’ont pas non plus le droit de verrouiller les portes, barricader les couloirs ou détruire la propriété sur les lieux. À partir du moment où les étudiants se livrent à ce genre d’activités, leur droit de manifester n’existe plus et il est parfaitement justifié de sanctionner leur comportement qui est inacceptable dans un soi-disant « sanctuaire ».

Considérant que ce n’est certainement pas la direction de l’université qui a initié le boycott des cours ou choisi d’empêcher certains étudiants d’assister à leurs cours alors qu’elle a l’obligation morale de satisfaire le contrat qui la lie aux étudiants, l’université avait parfaitement le droit d’imposer toute sanction que la direction juge raisonnable contre tout étudiant qui ne respecte ni les droits des autres étudiants, ni l’institution et les règles qui la régissent. Je me demande donc sérieusement selon quelle logique les gens éduqués que vous êtes peuvent cautionner et défendre ces étudiants?

Le rôle de l’université n’inclue-t-il pas celui d’éduquer? N’est-ce pas là une très noble mission? N’est-ce pas votre propre vocation en tant qu’enseignants? Comment se fait-il donc que vous preniez la part d’étudiants qui ne semblent pas vouloir étudier contre ceux qui veulent vraiment le faire? Votre rôle n’est-il pas justement d’aider ces derniers à s’accomplir plutôt que de leur nuire? Vous êtes-vous seulement arrêtés à réfléchir au tort que vous leur causez alors que tout ce qu’ils cherchent à faire est de continuer paisiblement leur éducation? Si vraiment ces étudiants veulent vraiment changer le monde, je les félicite, mais n’arriveront-ils pas mieux à changer le monde en graduant avec honneur et en devenant d’influents penseurs, journalistes, avocats, entrepreneurs, ingénieurs  ou même des politiciens, que brandir des pancartes dans la rue?

Après les incidents de la semaine dernière, qui voudra fréquenter votre université, mis à part les fauteurs de troubles qui semblent se complaire à simplement user leur fond de culotte? Chose certaine, je n’encouragerai certainement pas mes enfants à y aller et je ne serai pas le seul. Peut-être n’avez-vous pas non plus songé au fait que la réputation de votre université étant entachée à la fois par les actes de certains étudiants et par votre propre complaisance, les étudiants diplômés de votre institution feront face à des préjugés lorsqu’ils postuleront pour un emploi? Sans oublier que ceux que vous encouragez à faire des méfaits souffriront  peut-être le stigmatisme additionnel d’avoir un casier judiciaire. Après tout, ils n’ont pas tous un papa influent.

Loin de moi de vouloir vous prêter des intentions, mais votre appui des étudiants en boycott contre « l’austérité » n’est-il pas dans votre propre intérêt plus que le leur? N’est-ce pas vous qui risquez de perdre vos acquis et vos pensions si le gouvernement faisait un véritable effort d’assainissement des finances publiques? Les jeunes, au contraire, auraient beaucoup à gagner de ne pas payer les taxes et impôts additionnels que le statu quo va certainement leur livrer dans un futur pas trop distant. À moins que ce ne soit pour réaliser un vieux rêve de soixante-huitard? Agissez-vous vraiment dans leur intérêt ou le vôtre? Prenez-donc, s’il vous plait, le temps d’y réfléchir.

Tant qu’à protester…

Par Philippe David

L’adolescence et le passage à la vie adulte sont une période de grande confusion.  Je peux certainement attester que cette période fût particulièrement difficile pour moi. Nous croyons tout savoir, mais nous ne savons rien et nous sommes particulièrement  vulnérables à l’endoctrinement à cet âge où nous venons à peine de prendre conscience des injustices de ce monde et c’est trop facile de se laisser influencer par des solutions simplistes comme « Faire payer les riches ».

Je comprend donc un peu pourquoi les jeunes se révoltent, mais comprendre ne veut pas dire approuver.  On a beau se révolter, mais encore faut-il le faire pour les bonnes raisons. Malheureusement, nos jeunes manquent affreusement de connaissances de l’histoire et d’économie, ce qui les amène à parader dans les rue en agitant le drapeau de l’URSS ou en portant un t-shirt du Che, symboles d’un système qui a pourtant appauvrit, affamé et tué des millions d’individus au nom d’un idéal collectiviste insoutenable et du tout-à-l’état. Ce que nous avons ici n’est pas du communisme, mais c’est une version « soft » du fascisme. C’est le contrôle étatique d’une économie privée par le copinage corporatiste et syndicaliste. Mais l’histoire a déjà démontré que ce genre de modèle est insoutenable à long-terme. Comme pour toutes les formes de socialisme (et le fascisme EST du socialisme), l’argent des autres finira toujours par manquer.

Les Don Quichotte du statu quo

Et ils se révoltent contre quoi, nos jeunes? Se révoltent-ils contre les temps d’attente dans nos salles d’urgence? Contre les listes d’attentes pour les chirurgies? Contre la corruption endémique de l’état? Contre le décrochage scolaire? Contre l’illettrisme chronique produit par notre système d’éducation merdique et dont ils sont les premières victimes? Est-ce qu’ils rêvent d’une économie dynamique qui leur assurera un emploi et un brillant avenir? Non!

Ils font la révolution pour obtenir les même privilèges dont dont ont profité leurs ainés, mais qui nous conduisent à la ruine. Ils rêvent du statu quo qui nous mène vers un mur ou pire! Ils veulent appuyer sur l’accélérateur! Ils ont été tellement endoctrinés par des profs syndicalistes encroutés, qu’ils ne réalisent pas que les tables du buffet sont vides et que ce sont eux qui vont se retrouver avec la note.  Parce que leurs ainés se sont bien empiffrés mais n’ont payé qu’une fraction de ce qu’ils auront à payer pour le maintien de ces services. Le reste, ils l’ont pelleté par en avant sur la dette et ce sont les jeunes qui devront la payer.

C’était facile d’offrir des belles pensions de vieillesse quand il y avait 7 travailleurs pour un retraité mais qu’arrivera-t-il quand ce sera un travailleur pour 7 retraités? Mais on leur a fait croire que l’argent pousse sur les arbres. « Refusons l’austérité » qu’il disent. Sauf que l’austérité dont ils se plaignent n’est qu’un moulin à vent , pas un géant et le véritable géant qu’ils ignorent, c’est la dette qu’ils devront payer avec des impôts toujours plus élevés. C’est aussi une détérioration constante des services publics qui leur sont si chers parce que la façon qu’ils sont livrés est inefficace et coûteuse et que trop de l’argent public est avalé dans des trous noirs.

Le gouvernement est le problème, pas la solution

L’économiste Milton Friedman disait qu’il existe quatre façons de dépenser de l’argent:

1- Vous dépensez votre argent pour vous-même et vous serez naturellement soucieux d’obtenir le meilleur service au meilleur prix

2- Vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre et vous serez soucieux du prix, mais pas tant de la qualité de ce que vous achetez. 

3- Vous dépensez l’argent des autres pour vous-même et vous ne sous soucierez pas tant du prix et vous aurez un méchant bon lunch.

4- C’est comment le gouvernement dépense de l’argent. Vous dépensez l’argent des autres pour les autres et dans ce cas, vous vous fichez éperdument combien ça coûte ou de ce que ça vaut.

C’est ce qu’on voit régulièrement dans la façon cavalière que les deniers publics sont dépensés tant par les politiciens que les fonctionnaires et la façon indécente que certains se graissent la patte et celle de leur petits zamis.  C’est ce qu’on voit dans la façon que certains programmes inutiles sont maintenus en vie, simplement pour préserver des jobs de fonctionnaires. 

Hé les jeunes! Tant qu’à vous faire tabasser par les flics…

Vous voulez avoir une éducation de meilleure qualité les jeunes? Vous croyez que nos universités sont sous-financées? Alors vous auriez tout intérêt à exiger du gouvernement, non pas qu’il augmente les impôts et les taxes, mais qu’il fasse le ménage et qu’il cesse de s’éparpiller et financer des missions qui ne sont pas les siennes.

Vous auriez aussi intérêt à exiger que le gouvenement en fasse moins, parce que le gouvernement est la façon la moins efficace de dépenser de l’argent et que le meilleur endroit pour cet argent plus tard sera dans vos poches plutôt que dans les mains des fonctionnaires parce que vous savez beaucoup mieux qu’eux quoi en faire. 

Vous devriez aussi exiger que le gouvernement rembourse la dette ici et maintenant pendant que vos parents sont encore là pour vous aider à la payer. Quand il ne restera que vous pour rembourser les $275 milliards, ça va faire mal et c’est vous qui allez manger de la merde. Mais de grâce! Arrêtez de manifester pour maintenir un modèle qui va vous écraser et vous appauvrir!

À vouloir protéger ses acquis…

Par Philippe David

Beaucoup de technologistes médicaux sont en colère au sujet de la dernière publicité d’une campagne intitulée  À vouloir tout réécrire de la Fédération des Médecins Spécialistes du Québec.  Voici la pub en question:

Dans un communiqué, l’Ordre Professionnel des Technologistes Médicaux du Québec (OPTMQ) répondait ceci à la FMSQ:

L’OPTMQ tient à faire savoir à la population que les résultats de  tests de laboratoire ne se perdent pas. Dans la plupart des cas, lorsqu’un résultat n’est pas disponible, c’est que le spécimen reçu au laboratoire était inadéquat pour diverses raisons, comme une mauvaise identification de l’échantillon, une quantité insuffisante de spécimen, un mauvais tube, un bris dans le transport, etc.

Mes contacts au sein de cette profession confirment en effet que le plus souvent, une mauvaise identification et des échantillons insuffisants ou de mauvaise qualité sont en cause. Cependant, ces occurrences sont relativement rares comparativement au volume d’échantillons traités quotidiennement par les laboratoires de centres hospitaliers.

En plus de mettre en cause la compétence des technologistes médicaux, les publicités de FMSQ semblent mettre en cause les coupures budgétaires pour les problèmes du système de santé, comme si les dépenses de santé n’étaient pas déjà le plus gros poste budgétaire du gouvernement du Québec et que son poids budgétaire n’était pas en augmentation constante depuis plus de 30 ans! Si les problèmes de notre système de santé étaient une simple question de mieux financer les différents services, ne croyez-vous pas que le problème devrait déjà être résolus avec tous les milliards que nous coulons annuellement dans ce puits sans fond?

Il y a belle  lurette que nous connaissons la solution aux maux de notre problème de santé et nous savons d’ores et déjà que c’est une réforme en profondeur qui s’impose. Nous savons bien que nous pouvons nous inspirer de pays comme la Suisse, la Suède, les Pays-Bas ou même Singapour pour changer nos façons de livrer et financer nos soins de santé tout en préservant l’accessibilité à tous. Mais trop d’organisations profitent du système tel qu’il est.  La FMOQ et la FMSQ sont en tête de  liste. Est-il donc surprenant qu’aucun politicien des partis représentés à l’Assemblée Nationale ne propose ce genre de réforme?

Pas fort de tenter de se  faire valoir en rabaissant les autres professionnels de la santé. À vouloir préserver ses acquis, la FMSQ vole plutôt bas avec cette campagne de publicité.

Faustérité

Par Philippe David

Samedi dernier, ça hurlait dans les rues. Avec la mise à jour économique  de Carlos Leitao d’hier, ça risque de continuer à hurler contre la soi-disant « austérité ».  Pourquoi hurlent-ils? Certainement, les contribuables ont de quoi hurler. On leur balance taxe par-dessus taxe, tarif par-dessus tarif. Certainement eux, ils doivent se serrer la ceinture. Mais qu’en est-il des autres?  N’est-ce pas ironique que ceux qui hurlent le plus, sont en fait ceux qui en perdent le moins au change?

Les gras-dur

Les syndicats font certainement beaucoup de bruit, mais pourquoi? Est-ce que le gouvernement a congédié 30% de la fonction publique comme en Estonie? Ont-ils coupé leurs salaires de 20% comme en Grèce (ou comme l’a fait René Lévesque en 1980)? Ont-ils supprimé leur sécurité d’emploi ou remplacé leurs régimes de retraite dorés à prestation déterminées contre des régimes à cotisations déterminées comme ils ont fait en Suède (pourtant le modèle préféré de la gauche)?

Ont-ils privatisé des services publics? Ont-ils aboli des ministères? Ont-ils fait ne serait-ce qu’une réforme structurelle? Les syndicats se plaignent de quoi au juste? Si le gouvernement de Philippe Couillard avait fait ce que des pays comme la Suède, l’Estonie ou la Lettonie ont fait, les syndicats auraient eu de quoi hurler, mais ils braillent la bouche pleine! Personne ne leur a encore rien enlevé si ce n’est que de leur faire payer un peu plus pour leurs régimes de retraites dorés, que la majorité des contribuable qui payent pour n’ont pas.  Dites-moi que ce n’est pas totalement pervers!

La vraie austérité.

La vraie austérité c’est de remettre en question notre façon de faire. C’est de revoir ce qui fonctionne et qui en fonctionne pas et éliminer ce qui ne fonctionne pas. Ce n’est pas faire juste quelques coupes cosmétiques et faire le reste du retour à l’équilibre budgétaire en jouant dans la colonne des revenus.

Jusqu’ici, ce que j’ai vu du gouvernement c’est faire porter un complet à rayures verticales à quelqu’un souffrant d’obésité morbide pour essayer de l’amincir  plutôt que de lui faire une gastrectomie et une liposuccion.  Parce que c’est vraiment de ça que l’état québécois a besoin.

D’autres l’ont fait

Comme je l’ai mentionné plus haut, d’autres pays l’ont fait, notamment la Suède, l’Estonie et la Lettonie. Ils ont osé regarder leur modèle, le remettre en question et tenter dégraisser la machine.  Quand aurons nous des politiciens qui auront le courage de faire la même chose plutôt que de nous infliger toujours plus de taxes et de tarifs?

 

Le grand mythe de l’austérité

Par Philippe David

Le terme « austérité » a mauvaise presse ces temps-ci. On voit ce terme galvaudé à gauche et à droite, surtout à gauche, à toutes  sauces, tant par des illettrés économiques que par des prix Nobel de l’économie comme Stiglitz et Krugman, mais c’est quoi l’austérité vraiment?

Quand on examine les dictionnaires, on y parle de rigueur en général ou rigueur budgétaire en particulier. Certains démagogues parlent de « coupes sauvages ». Certaines doctrines économiques ne jurent que par les interventions du gouverment pour contrer ce qui est perçu comme « les lacunes du capitalisme ».  Pour ces gens if fait un certain sens de toujours vouloir  plus de dépenses gouvernementales et ils trouveront certainement des tas de raisons pour justifier ces dépenses. Ils auront donc intérêt à nous mettre en garde contre toute diminution des dépenses de l’état parce que ces gens croient qu’ils sont plus éclairés que le reste des gens et croient qu’ils peuvent gérer les ressources mieux que vous.

Qui gère mieux quoi?

L’austérité revient en réalité à une seule question: « Qui gère mieux quoi? ».  Les ressources dans l’économie ne sont pas infinies (comme les anti-capitalistes aiment à nous rappeler, comme si nous ne le savions pas) et dans notre société, deux grands groupes se font concurrence pour les gérer: Les individus et le gouvernement.  Effectivement, celui ou celle qui s’oppose à « l’austérité » croit effectivement que le gouvernement est le mieux qualifié pour gérer ces ressources, alors que celui qui est pour les mesures d’austérité croit au contraire que les ressources sont mieux gérées par les individus.

Des opposants de l’austérité, comme Stiglitz et Krugman croient que les dépenses du gouvernement viennent avec un « multiplicateur » qui fait qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait pour deux dollars de bien. Sur quoi repose cette assomption demeure encore un mystère, mais il faut les croire sur parole que c’est vrai, même s’il n’existe aucune donnée empirique pour le prouver.

Cependant, l’économiste Milton Friedman qui a consacré sa vie à démontrer de façon empirique que les programmes gouvernementaux sont invariablement inefficaces, explique qu’il y a quatre façons de dépenser de l’argent:

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

Avec les individus, ce sera invariablement les trois premiers qui primeront. Pour les gouvernements, c’est pratiquement exclusivement la quatrième méthode qui prime. C’est pour ça que pratiquement tous les programmes gouvernementaux aboutiront inévitablement avec des dépassements de coûts, du gaspillage et de la corruption. Vous ne me croyez pas? Retournez voir les clips des témoignages de la Commission Charbonneau sur Youtube. Si ça ne vous convainc pas, rien ne vous convaincra et on pourra effectivement dire que votre foi en l’état prend des caractéristiques religieuses. Le fameux multiplicateur des keynésiens, dans les faits est plutôt un diviseur.

La véritable question

Certains essaient de vous faire croire que si certains services ne sont pas offerts par le gouvernement, ils ne le seront pas du tout, ou ils seront offerts à des prix prohibitifs par le privé. Pourtant c’est faux. Là où le gouvernement offre un service, il revient toujours généralement plus cher. Pensons simplement aux prix de la SAQ.

La gratuité de certains services n’est aussi qu’une grande illusion qui ne persiste que par les véritables coût sont cachés. Un excellent exemple de ceci est notre système de santé qui coûte moins que le système américain, nous dit-on (et pourtant pas beaucoup moins), mais quels sont les coûts engendrés par tous les temps d’attentes du système? Combien coûtent toutes les heures que nous passons à attendre à une salle d’urgence (qui est vraiment un oxymore dans notre système) ou les mois où des gens ne peuvent travailler en attendant une chirugie orthopédique ou cardiaque qui les rendront de nouveau productifs. Comme l’a souvent dit l’économiste Frédéric Bastiat, ce qui est important dans l’économie n’est pas tant ce qu’on voit, mais ce qu’on ne voit pas. Ainsi il est bien plus aisé de voir ce qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait que de faire l’effort intellectuel pour imaginer ce qu’il aurait pu faire dans les mains d’un individu, si on ne lui avait pas arraché par la force.

Puisque les ressources ne sont pas infinie et que les gouvernements ont toujours été et seront toujours des gaspilleurs de ressources à grande échelle et que chaque dollar dépensé par un gouvernement est un dollar de moins dépensé de façon plus productive par un individu. Donc, dans le débat sur l’austérité, la véritable question est combien de ressources finies voulons-nous vraiment confier au gouvernement. La réponse devrait être simple: le moins possible.

Quand les gougounes se mêlent d’économie…

Réponse à Marilyse Hamelin

 

Par Philippe David

Chère madame,

L’économiste Murray Rothbard a dit un jour que « ce n’est pas un crime d’être ignorant(e) en économie, qui est après tout une discipline spécialisée que la plupart des gens considèrent comme une «science lugubre», mais il est totalement irresponsable d’exprimer une opinion forte et bruyante des sujets économiques tout en demeurant dans cet état d’ignorance. » Vous auriez dû tenir compte de ce sage conseil lorsque vous avez rédigé votre chronique car vous y avez étalé toute votre ignorance de façon magistrale! Il y a tellement d’erreurs factuelles dedans qu’on ne sait guère où commencer. Commençons donc par le commencement.

Roosevelt, le New Deal et la Grande Dépression.

Je dois admettre que sur ce sujet, si vous avez erré, c’est probablement la faute de notre système d’éducation qui véhicule de nombreux mythes sur cette période de l’histoire. C’est aussi probablement parce que les historiens ne connaissent rien non plus en économie et qu’ils ne savent pas interpréter les résultats des politiques économiques qui ont été mises en vigueur pendant cette période, encore moins d’en évaluer l’efficacité.

Depuis ce temps, des économistes comme Harold Cole et Lee O’Hanian à UCLA ont déterminé que le New Deal de Roosevelt, plutôt que de mettre fin à la Grande Dépression, l’ont plutôt rallongée de 7 ans.  D’ailleurs,  pourquoi pourriez-vous croire que le New Deal ait vraiment été un succès alors que le chômage était encore à peu près au même niveau en 1941 quand les États-Unis sont entrés en guerre, que lorsque Roosevelt a pris le pouvoir? S’il vous était donné de faire quelques recherches, vous seriez probablement étonnée d’apprendre que la cause de la Grande Dépression n’était pas, tel que les historiens le prétendent, le krach de 1929, quoiqu’il y ait contribué, mais plutôt les interventions gouvernementales et de la Réserve Fédérale qui ont transformé ce qui aurait été une courte récession en une dépression de plus d’une décennie.

Bien sûr, le problème du chômage s’est vite résolu en envoyant les chômeurs se faire tuer au front, mais la prospérité était tout sauf revenue pendant la guerre alors que la presque totalité de la production était détournée à fabriquer des tanks et des bombes, alors que les gens à la maison devaient survivre avec des cartes de rationnement. Pourtant, la plupart des livres d’histoire vous diront que la dépression s’est terminée au début de la guerre.

Contrairement à ce que vous prétendez, les trente glorieuses qui ont suivi la guerre n’ont pas eu lieu grâce aux politiques social-démocrates de Roosevelt, mais simplement parce que les économies occidentales se sont remises à produire autre chose que du matériel militaire, libérant ces ressources pour inonder le marché de réfrigérateurs, de cuisinières, de laveuses-sécheuses, d’automobiles, de téléviseurs et de radios à transistor. Au fait, vous n’étiez pas sérieuse lorsque vous avez affirmé que les États-Unis n’ont connu aucune récession ni dépression de 1930 à 1970, j’espère? Commençons par le fait que pendant toutes les années 30, les États-Unis étaient en dépression et ont même réussi l’exploit d’avoir une récession à l’intérieur d’une dépression (en 1938), selon les données du NBER, de 1945 à 1975, les 30 années qui ont suvi la guerre, les États-Unis ont eu pas moins de sept récessions! Embarassant, n’est-ce pas? Mais ne laissez surtout pas les faits et les statistiques briser vos illusions!

Reagan, Thatcher, Mulroney et « l’austérité »
[Insérez la musique de « Psycho » ici]

Je ne veux pas trop m’étendre sur ce sujet, mais je vais m’y attarder juste assez longtemps pour montrer à quel point vos affirmations sont ridicules. Tout d’abord, puisque vous semblez totalement ignorante de ce qu’est vraiment une politique d’austérité, je vous offre une définition:

Politique d’austérité

Au niveau d’une nation ou d’une entreprise une politique d’austérité est le nom donné, en général par les opposants et de manière péjorative, à une politique qui vise à assainir la gestion.
Synonyme : politique de rigueur

S’il s’agit de résorber les déficits publics ou de diminuer l’endettement du pays, une politique d’austérité cherchera à réduire les coûts et les dépenses publiques.

Dans la lutte contre l’inflation, la politique d’austérité essaiera de faire baisser les prix par la diminution de la consommation en s’appuyant sur divers leviers :
– la restriction du crédit,
– la modération salariale,
– l’augmentation de la pression fiscale…

(Selon le Toupictionnaire.)

Expliquez-moi alors comment Reagan, Thatcher et Mulroney qui ont été au pouvoir respectivement 8,11 et 9 ans n’ont pas réussi à équilibrer leur budget pendant tout ce temps, à part pour Thatcher dans sa dernière année? De quelle austérité parlez-vous au juste?

L’exemple suédois… Ja ja!

Vous serez probablement surprise de me voir dire que j’approuve entièrement l’idée de suivre le modèle suédois. Cependant, ce n’est pas pour les raisons que vous croyez. Voyez-vous, comme tous les socialistes québécois, vous vivez dans l’illusion que la Suède est un pays social-démocrate et que sa prospérité prouve votre point. Mais c’est là que vous faites votre plus grande erreur.

En effet, la Suède a connu une période social-démocrate pendant les années 1970 et 1980 et ça les a mené sur le bord de la ruine. Un peu comme le Québec maintenant. Qu’ont-ils fait? Au début des années 90, suite à un krach bancaire, ils ont adopté, vous avez deviné… des politiques d’austérité. Ils ont réduit les dépenses de l’état, réformé et privatisé un grand nombre de services publics, réformé les retraites des fonctionnaires et mis fin à leur sécurité d’emploi. Ils ont aussi réformé leur système de taxation et dérèglementé l’industrie. Ils ont libéralisé leur système scolaire et introduit des bons d’études. Bref, toutes les politiques qui feraient hurler de désespoir la gauche québécoise.

La Suède a investi, c’est vrai, mais plutôt que d’investir dans l’État, elle a investi dans le marché.  Alors que vous croyiez par leur exemple prouver que les politiques d’austérité ne fonctionnent pas, la Suède, au contraire, a prouvé sans équivoque que ces politiques fonctionnent à merveille! Pas de chance!

Alors, la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie d’émettre des opinions fortes et bruyantes sur des sujets économiques, essayez donc de faire quelque chose à propos de votre profond état d’ignorance du sujet. C’est vraiment embarassant.

Veuillez accepter, chère dame, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

L’art de tourner en rond

Par Philippe David

Chaque fois que j’écoute les nouvelles à la télé et à la radio. Chaque fois que je lis un journal ou que navigue sur les médias sociaux, je ne peux que me désoler de constater à quel point nous sommes gouvernés par des gens souffrant d’un effarant manque de vision et de cohérence. Et puis je me rends compte que la vision et la cohérence ont toujours été les premières victimes de la politique.

Ici au Québec, nous sommes passés maitres dans l’art de tourner en rond et courir après notre propre queue. Plus ça change et plus c’est pareil et pendant ce temps, nous nous enfonçons à force d’user le tapis et le plancher en dessous. Bientôt, nous serons dans la cave en train de creuser la dalle de béton.

L’obsession nationaliste

Dans les quelques dernières semaines, par exemple, nous avons été d’une véritable crise obsessionnelle de la part des souverainistes Québécois envers la campagne référendaire écossaise. On aurait juré de par leur ferveur, que c’était le Québec qui votait plutôt que l’Écosse. Pourtant, qu’est-ce que ça aurait changé dans nos vies? Absolument rien! Le Québec n’est pas l’Écosse et nous n’avons d’ailleurs que très peu en commun avec les Écossais, à part d’avoir voté non. Mais un bon nombre de souverainistes se sont tapé un petit voyage en Écosse pour finalement y être déçus. Au fait, je me demande qui a payé le billet d’avion des députés péquistes en présence. Il me semblait que le peuple québécois les payait pour être présents dans leurs comtés et à l’Assemblée Nationale et non en Écosse. M’enfin!

Malgré tout, ils sont revenus ne parlant encore que de référendums et de souveraineté. Il parait, selon PKP, que nous n’en avons pas encore suffisamment parlé! Dites-moi les mecs, de quoi avons-nous parlé d’autre depuis 50 ans? Certainement pas de finances publiques en tout cas. Le débat national a occulté à toute fin pratique tous les autres débats qu’ont les sociétés normales, mais apparemment, ce n’est pas assez. Vous faudra-t-il un autre cinquante ans pour réaliser qu’on est prêts à passer à autre chose?

L’accident cérébro-vasculaire

Chaque fois qu’il est question de remettre les finances publiques en ordre, nous assistons à une sorte de crise d’apoplexie. Tout le monde hurle pour garder ses bonbons et le Québec paralyse. Présentement, ce sont les employés municipaux qui font la danse du bacon, mais attendez, bientôt ceux du provincial vont s’y mettre. Et le pire, c’est que jusqu’ici, on ne leur a pas vraiment demandé de gros sacrifices.

En Suède, que beaucoup de socialistes brandissent en exemple, ils ont enlevé la sécurité d’emploi aux fonctionnaires, converti leur régime de retraite en régime à cotisations déterminées. Ils ont également privatisé plusieurs services publics. Imaginez si on proposait de faire ça au Québec, vous croyez que ça passerait?

Pourtant, c’est ce que nous aurions besoin de faire. Notre système de santé et d’éducation ont besoin d’une réforme en profondeur pas de petites retouches cosmétiques. Les retraites des employés de l’état ont besoin d’être réformées, pas seulement pour assurer leur pérennité, mais pour aussi ramener une certaine équité et justice avec les travailleurs du secteur privé qui ne bénéficient pas de plans de retraite plaqués or, mais qui paient peur ceux des autres. Les députés de l’Assemblée Nationale doivent cependant donner l’exemple en réformant leur propre plan de retraite. Il faudrait aussi se demander si nous avons vraiment besoin d’autant de députés. Après tout, nous n’en avons que 75 à la Chambre des Communes.

Nous pourrions facilement sabrer dans l’aide aux entreprises, beaucoup trop généreuse ici et dans beaucoup d’autres programmes inutiles et onéreux. Tout ça permettrait aux contribuables de souffler un peu, si on diminuait les taxes et impôts d’autant.

La loi de l’inertie

Mais tout gouvernement qui voudra entreprendre ces changements devra s’attendre à l’inertie de la bureaucratie et des syndicats. Je serais surpris de voir les fonctionnaires très enthousiastes à l’idée d’être peut-être obligés de faire leurs boites. C’est pourquoi le gouvernement devra faire preuve d’intelligence, mais honnêtement, je n’ai pas trop d’espoir. Trop de gens ont intérêt à ce que rien ne change. Après tout, 75 % des impôts sont payés par juste 10% des contribuables, ça fait beaucoup de gens qui reçoivent bien plus de l’état qu’ils n’en paient.

Depuis pas mal longtemps, j’ai perdu espoir que l’état puisse se réformer lui-même. Il faudra une force extérieure ou un effondrement pour que quelque chose se passe. Nous verrons bien lequel des deux arrivera le premier.
Crédit photo : Auteur inconnu