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Le manifeste des pas-de-carré

 

 Par Pierre-Guy Veer

Depuis le début du mouvement de boycott étudiant – l’éducation est une marchandise, car elle est le produit du travail humain, tel que reflété par son prix, son offre et sa demande –, deux principale factions se sont opposé. Il y a d’abord les carrés rouges, les plus bruyants, les collectivistes enragés[1], ceux pour qui tous les moyens sont bons[2] pour atteindre leur fin[3], qui est soit annuler la hausse de 1625$ des frais de scolarité – qui laisse malgré tout le Québec tout juste devant Terre-Neuve pour 2012-2013[4] –, soit atteindre la gratuité scolaire et ainsi prétendre avoir droit au produit d’autres humains comme les esclavagistes d’autrefois – quoi que même avec la gratuité, ça ne serait pas suffisant[5]. Il y a ensuite les carrés verts[6], légèrement moins collectivistes que les carrés rouges – ils prétendent aussi que l’éducation est un droit –, qui approuvent la hausse des frais de scolarité et la bonification du programme de prêts et bourses tout en s’opposant aux boycotts, dont les votes sont peu démocratiques[7] et ouverts d’esprit[8].

 

Bref, dans les deux cas, nous avons deux factions étatistes qui justifient le rôle du gouvernement dans l’éducation. Elles sont d’accord pour que les contribuables paient leur éducation – seule la proportion change –, bien que les frais semblent sans influence sur la diplomation[9] et qu’une injection massive de fonds publics n’a, au mieux, qu’une influence non significative sur les résultats[10]. Pour utiliser la terminologie objectiviste, ce sont des altruistes, des gens qui utilisent les autres à leurs fins.

 

La faction de la liberté

 

C’est pourquoi il est plus que temps pour qu’un autre groupe voit le jour : les pas-de-carré. Qui sont-ils? Ce sont des gens qui s’opposent à toute ingérence du gouvernement dans l’éducation, et qui veulent donc l’abolition du ministère de l’Éducation. Ce sont des gens qui voient l’éducation comme elle est : une marchandise. Ce sont des gens qui sont conscients que la meilleure façon de décider de la répartition d’une marchandise, c’est par le marché, i.e. par les décisions des huit millions de personnes vivant sur le territoire du Québec. Ce sont, comme les carrés verts, des gens qui s’associent volontairement et n’exercent aucune coercition les uns sur les autres. Enfin, toujours comme les carrés verts, ce sont des gens qui croient que des boycotteurs n’ont aucun droit de bloquer l’accès aux cours des personnes qui veulent y assister, même si une assemblée qualifiée l’a décidé. Après tout, c’est le consommateur individuel qui choisit ou non de boycotter une marchandise; un groupe n’a aucun droit de l’empêcher de la consommer, surtout pas au nom de la « solidarité ». Solidarité qui, dans le cas des boycotts étudiants, est sans valeur puisqu’elle est renforcée à la pointe d’un fusil[11].

 

Cesser de biaiser les choix

 

Donc, en voyant l’éducation comme une marchandise, il est facile de comprendre l’effet d’une intervention des gouvernements. En effet, comme tout prix plafond – dans ce cas-ci, les étudiants ne paient pas le prix réel de leurs études –, les consommateurs ont un fort incitatif pour consommer le plus possible. En « consommant » plus d’études, le marché se retrouve donc saturé de diplômés dans des domaines aux débouchés limités – sociologie, théâtre, sciences politiques. La note est évidemment refilée aux contribuables.

Si, ainsi que le prétend la CLASSÉ, moins d’étudiants sont sur les bancs suite à la hausse[12], c’est donc signe que lesdites études n’en valaient pas la peine. En d’autres mots, la dépense encourue par trois années de bac n’aurait pu être remboursé par un travail convenable. Cela a donc diminué le gaspillage encouru par des frais trop bas; gaspillage qui serait encore plus réduit si les frais étaient laissés à eux-mêmes.

 

Mais le gaspillage n’est pas unidimensionnel. Il ne faut pas oublier les prêts et bourses, qui sont la prochaine bulle[13]. La même logique que les bas frais s’applique : quand le gouvernement  change les incitatifs, les gens, qui sont rationnels, changent leur comportement pour en profiter. Dans le cas des prêts et bourses, des gens qui n’auraient autrement pas accès à des prêts y ont « droit », ce qui augmente leur dette et taxe leur capacité future de payer (et celle des contribuables). On subventionne ainsi encore plus les études, avec des résultats mitigés.

 

Les demandes

 

Voici donc les demandes des pas-de-carré (elles varient d’une personne à l’autre, puisque ce n’est pas un groupe homogène, mais en voici les principales)

–        Abolition du ministère de l’Éducation et congédiement de tous ses fonctionnaires (avec compensation s’il y a un contrat)

–        Abolition du programme des prêts et bourses

–        Abolition du REÉÉ (régime enregistré d’épargne étude). On n’a pas besoin d’un autre programme d’épargne; si une personne veut étudier/veut que ses enfants étudient, l’épargne ordinaire suffit.

–        Abolition de toute forme de subvention à l’éducation à tous les niveaux, du primaire à l’université. Si l’éducation est si « payante », alors la dépense sera vue comme un investissement et se fera sans arrière-pensée.

–        Affecter la moitié des surplus dégagés au remboursement de la dette et l’autre moitié à des réductions d’impôts, idéalement pour avoir un taux d’imposition unique au plus au niveau de l’Alberta (10%). Dans un État fédéré, il est plus difficile d’obtenir des revenus, alors l’impôt sur le revenu semble nécessaire pour accomplir les missions régaliennes de l’État.

–        Abolition de l’âge obligatoire pour les études. Ainsi, les personnes « pas faites » pour étudier pourront intégrer le marché du travail quand bon leur semble.

–        Abolition de la syndicalisation obligatoire des enseignants, de leur sécurité d’emploi automatique et de leur ancienneté en béton. Désormais, la compétence primera avant tout, et l’État ne dictera pas ce qu’un enseignant peut ou ne peut pas donner comme note[14].

–        Abolition des commissions scolaires. Ces monstres bureaucratique ont plus leur intérêt à cœur que celui des élèves[15]. Si des gens veulent regrouper certaines écoles pour mieux gérer les ressources, grand bien leur en fasse.

Oui, ces demandes sont radicales. Oui, ces demandes vont causer des perturbations à court terme, et certaines personnes risquent de souffrir beaucoup. Mais malheureusement, le statu quo (avancer vers le mur au même rythme), ou pis l’accélération de la cadence vers le mur, est inacceptable. Plus on attend pour faire les réformes, comme ce fut le cas le dégel soudain des frais de scolarité, plus elles seront douloureuses. Des pays comme l’Estonie ont effectué des coupes publiques profondes et s’en porte nettement mieux que la plupart des autres pays industrialisés[16]. Ceux qui, comme la Grèce, n’ont pas réformé leur économie, s’enfoncent de plus en plus dans le marasme économique – le japon s’y trouve depuis 20 ans. Sans le secours financier de 8G$ envoyé par le reste du Canada, le Québec serait exactement dans la situation de la République hellénique.

 

Évidemment, comme les pas-de-carré ne croient pas en la violence, vous ne les verrez pas en train de bloquer un pont, fracasser les vitrines d’une agence gouvernementale ou envoyer des sauterelles dans le local d’un groupe marxiste. La seule façon de changer les mentalités, c’est le temps. C’est cette idée de liberté et de dignité pour la classe moyenne qui a donné au monde la machine à vapeur[17]. C’est cette idée qui doit revenir au galop au Québec si l’on veut que la Belle Province cesse d’être dans les bas-fonds des classements économiques et sociaux et cesse de ressembler au monde de Atlas Shrugged. C’est cette idée que les pas-de-carré veulent propager.

 

Amants de la liberté, antagonistes de l’étatisme et sceptiques de l’interventionnisme, unissez-vous! Propagez les idées de libertés, montrez aux gens que l’État est le problème et non la solution, lisez et parlez Mises, Rand, Smith, Bastiat, Say et tous ces auteurs qui ont montré au monde le vrai visage de l’interventionnisme et que la liberté est la seule alternative. Portez une simple épingle anglaise vide ou un carré d’identification vide pour montrer votre attachement à la cause de la liberté et montrer que vous refusez que l’État ne contrôle votre destinée.



[17]  Palmer, Tom G éditeur. The Morality of Capitalism, What Your Professors Won’t Tell You, Jameson Books, Ottawa, Ill, 2011, p.29

La réaction de la gauche concernant la Loi spéciale : Un mépris de démocratie?

Par Simon Leduc

Après vingt-deux heures de débats houleux à l’Assemblée nationale, le gouvernement libéral a adopté la Loi spéciale 78 avec l’appui des députés de la CAQ. Cette législation contient trente six articles mais les trois grands volets sont les suivants : la suspension des sessions dans les établissements en boycott jusqu’au 17 août, permettre aux étudiants de retourner en classe en toute tranquillité et l’encadrement du droit de manifester. Est-ce que la réaction de la gauche prouve qu’elle ne respecte pas la démocratie?

L’adoption d’une loi spéciale : une décision inévitable du gouvernement libéral:

Cela fait treize semaines que cette crise sociale empoisonne la société québécoise et plus particulièrement la métropole montréalaise. Les commerçants, les montréalais et les automobilistes sont les victimes de ces groupes radicaux qui font de la casse durant les manifestations nocturnes. Les étudiants (qui veulent étudier) se faisaient intimider et harceler par les carrés rouges aux portes des établissements postsecondaires. Le gouvernement Charest devait agir afin de mettre fin à ces actes illégaux. Il a adopté une loi spéciale pour mettre au pas ces extrémistes. Dorénavant, les organisateurs d’une manifestation qui regroupera plus de cinquante personnes vont devoir en informer les policiers huit heures avant le début de leur rassemblement. Avec cette mesure, certaines personnes affirment que le gouvernement libéral brime les libertés individuelles des manifestants. Cela se défend mais a-t-on pensé aux droits et libertés des commerçants, montréalais et automobilistes qui en ont marre de se faire écœurer par des casseurs et anarchistes?

La réaction de la gauche réactionnaire :

Sans surprise, la gauche québécoise a unanimement dénoncé et attaqué le projet de loi spécial du gouvernement libéral. Premièrement, les associations étudiantes ont dit que cela allait envenimer la crise sociale. La CLASSE refuse de se soumettre à cette loi qui selon elle, est injuste et attaque une génération entière. C’est une déclaration fausse. La législation veut mettre au pas une minorité d’étudiants radicaux qui ne veut pas respecter la loi. Selon Gabriel Nadeau-Dubois, cette loi est digne d’un régime autoritaire. Ce petit gamin n’a pas peur du ridicule. S’il veut voir quelque chose de ridicule, il a juste à se regarder dans le miroir. Certains manifestants n’ont pas de classe. Lors de la manifestation monstre du 22 mai, ils ont traité la femme d’un chroniqueur politique bien connu de salope, cela me lève le cœur. Deuxièmement, le Parti québécois a voté contre ce projet législatif. Dans ce dossier, l’opposition officielle a choisi de défendre une minorité d’anarchistes qui veulent faire avancer leur cause en utilisant la violence Pauline Marois a tourné le dos à la majorité silencieuse qui en a marre de se faire empoissonner la vie par une gauche radicale. Mme l’opportuniste crasse a décidé de flirter avec l’extrême-gauche. Et elle va en payer le prix au prochain scrutin. Il y a une chose qui doit être claire, cette politique a été adoptée par une majorité de députés élus de l’Assemblée nationale. Elle a force de loi et on doit la respecter et s’y soumettre.
Le mouvement progressiste respecte la démocratie quand cela fait son affaire. Quand un gouvernement légitime adopte une loi qui va à l’encontre de ses intérêts, il crache sur la démocratie et il va manifester dans la rue pour l’intimider et la faire reculer. Il faut que les gauchistes comprennent qu’une société civilisée ne peut pas fonctionner comme cela. Un gouvernement ne peut pas céder devant la violence et l’intimidation. Qu’on l’aime ou non, le gouvernement libéral de Jean Charest a été élu par le peuple québécois le 8 décembre 2008. Il a la légitimité démocratique pour diriger la province jusqu’à la fin de son mandat. Si les étudiants n’aiment pas Jean Charest, ils ont juste à voter contre lui aux prochaines élections générales.

Tous les Québécois doivent dénoncer haut et fort les appels à la désobéissance civile de la part d’une gauche radicale (Amir Khadir, la CLASSE, Léo-Paul Lauzon, François Avard, etc.). Cette attitude n’est pas acceptable dans une société de droit. L’attitude de la gauche québécoise durant cette crise sociale prouve bien qu’elle n’a aucun respect pour la démocratie, point à la ligne.

Le conflit étudiant : La seule issue possible : Des élections générales :

Par Simon Leduc

Le plus long conflit étudiant des dernières décennies continue d’empoissonner la société québécoise. Les associations étudiantes semblent vouloir camper sur leur position. Pour eux, le règlement de ce litige passe seulement par l’annulation de la hausse des frais de scolarité par le gouvernement libéral. Le premier ministre Charest ne va pas céder aux pressions étudiantes. Il va maintenir sa décision gouvernementale. Le gouvernement libéral a tendu la main à quelques reprises aux étudiants, sans succès. Les négociations entre la ministre Beauchamp et les trois leaders étudiants ont été infructueuses. Il semble y avoir seulement une issue possible à ce conflit étudiant : des élections générales.

Les associations étudiantes ne veulent pas régler le conflit :

Depuis le début de cette crise, il y a une chose qui est très claire, les leaders étudiants ne vont jamais accepter la hausse des frais de scolarité. Ils sont de fervents défenseurs du gel. Cela veut dire qu’on est dans un cul-de-sac. Les trois futurs syndicalistes veulent avoir raison et ils ne désirent pas négocier de bonne foi avec le gouvernement libéral. La preuve, la ministre de l’Éducation leur a tendu la main à quelques reprises depuis quelques jours. Elle a proposé une bonification des prêts et bourses (afin d’aider les jeunes moins bien nantis) et d’échelonner la hausse sur une plus longue période. Les boycotteurs ont unanimement rejeté les offres de Québec (dans le cas de l’échelonnement de la hausse, seule la CLASSE s’est prononcée sur cela jusqu’à maintenant). Leur intransigeance fait persister ce conflit dans le temps. Les étudiants (les pro-boycotts) ne veulent pas payer leur juste part pour leurs études universitaires. Évidemment, c’est plus facile de faire payer les autres. Ce sont des bébés gâtés qui ne sont pas habitués de se faire dire non par une figure d’autorité. Ces futurs syndicaleux vont continuer d’emmerder la majorité silencieuse et de paralyser la métropole avec leurs manifestations.

Le gouvernement démocratiquement élu par les Québécois doit déclencher des élections pour mettre fin à ce fiasco :

Dans ce dossier, le gouvernement Charest a défendu les intérêts des Québécois. Le premier ministre a pris une décision et il n’a pas cédé au chantage de ces pleurnichards. Celui-ci a été critiqué de toute part pour sa supposée intransigeance dans ce conflit. Pourtant, la ministre de l’Éducation a vraiment tenté de mettre fin à ce litige en proposant un compromis : une bonification des prêts et bourses et l’échelonnement de la hausse sur une période de sept ans. Les libéraux ont mis de l’eau dans leur vin mais les leaders étudiants ne veulent rien entendre. La CLASSE a déjà rejeté l’offre gouvernementale. Il ne faut pas être surpris. Ces hurluberlus veulent rien de moins que la gratuité scolaire. Si la FECQ et la FEUQ rejettent la proposition de Line Beauchamp, le gouvernement n’aura pas d’autres choix que de déclencher des élections générales.

Le conflit étudiant nuit énormément à la métropole montréalaise. Les petits commerçants qui travaillent comme des forcenés pour nourrir leurs familles sont pris en otage par les manifestations qui sont devenues quotidiennes. Le premier ministre Jean Charest doit prendre ses responsabilités et mettre fin à cette crise. Si tous les groupes étudiants rejettent l’offre du gouvernement, le déclenchement d’élections générales sera la seule façon de mettre un terme à cette crise sociale. Ce n’est pas seulement les étudiants qui ont le droit de parole sur cette question mais bien l’ensemble des Québécois. Après tout, ce sont eux qui payent plus de 88% du financement des universités par l’entremise des taxes et impôts. La société québécoise doit régler ce litige avec une consultation démocratique. Ceux qui sont contre la hausse des frais de scolarité pourront voter pour le Parti québécois ou Québec solidaire (ils sont contre la hausse). L’autre camp pourra voter pour le Parti libéral du Québec ou la Coalition avenir Québec (les pro-hausses).

Cet affrontement empoisse la Belle province depuis plus de deux mois et il faut que cela cesse. Le déclenchement d’élections générales est la seule solution pour sortir de l’impasse. Laissons les Québécois trancher, c’est cela la démocratie après tout.

Jouer sur les mots

Il serait peut-être temps que les grands médias acceptent ce que les juges ont déjà confirmé et utilisent la terminologie appropriée. Les associations étudiantes ne sont pas des syndicats. Elles sont régies comme des corporations.

Les étudiants ne sont pas des travailleurs syndiqués, ils sont des clients des institutions d’enseignement. Ils paient pour le privilège d’un enseignement supérieur et un diplôme qui sera  le gage d’une rémunération supérieure dans un pas si lointain futur.

De refuser un service pour lequel on paye, n’est pas une grève. Une grève est un moyen de pression utilisé par un groupe de travailleurs sur leur employeur. Les règles qui régissent une grève, que les étudiants tentent d’utiliser pour forcer un boycott non volontaire par l’ensemble des étudiants selon une règle de majorité, ne s’appliquent pas à eux. Le code du travail ne peut que s’appliquer à des travailleurs, des syndicats et des employeurs, pas à des étudiants, leurs associations et les institutions d’enseignement.

Donc, j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi les médias ont un si gros problème à appeler un chat, un chat et un boycott, un boycott, si ce n’est justement à cause du biais manifestement pro-syndical d’une majorité de journalistes.

Le conflit étudiant : La remise en question de la légitimité des associations étudiantes

Cela fait dix semaines que le gouvernement et les associations étudiantes s’affrontent sur les droits de scolarité. Au début du conflit, les étudiants manifestaient de façon pacifique. Ils défendaient leur cause qui était tout à fait légitime.

Depuis quelques semaines, la métropole est prise d’assaut par les étudiants (et des casseurs professionnels qui s’infiltrent dans les manifs) : blocage de ponts, vandalisme dans les universités et des bureaux de ministres, etc.

Devant cette escalade de violence, la ministre Beauchamp a tendu la main aux leaders étudiants. Elle a proposé une bonification des programmes de prêts et bourses. À peine une heure après l’annonce de la ministre, les groupes étudiants ont rejeté unanimement le compromis du gouvernement. Les trois chefs étudiants auraient pu mettre fin à ce conflit. Ils ont plutôt mis de l’huile sur le feu en se campant sur leur position qui est devenue intenable. En conséquence, les jeunes vont perdre leur session à cause d’une modeste hausse de 325$ par année des droits de scolarité, c’est vraiment ridicule.

Dans ce conflit, les associations étudiantes se sont vraiment comportées comme les grandes centrales syndicales. Ils ont bafoué la démocratie en intimidant les opposants au boycott afin de faire balancer les votes de grève en leur faveur. Ces supposés leaders se prennent vraiment pour des syndicalistes. Selon eux, le déclenchement de cette grève était tout à fait légitime. Sur le plan légal, ce n’est pas une grève mais bien un boycott. La notion de grève générale s’applique seulement aux travailleurs. Il faut se rappeler que les étudiants ne sont pas des travailleurs. Donc, on ne parle pas d’une grève mais bien d’un boycott. Si un groupe d’étudiants veut boycotter ses cours, c’est sa décision. Mais, les boycotteurs ne peuvent pas empêcher les autres de poursuivre leurs études. Les pro-boycotts utilisent l’intimidation pour arriver à leurs fins. C’est inacceptable d’agir ainsi dans une société démocratique. Quand Gabriel Nadeau-Dubois affirme que la CLASSE respecte la démocratie, je le trouve vraiment drôle.

Le conflit étudiant est arrivé à son paroxysme avec les émeutes qui ont frappé la ville de Montréal vendredi dernier. Une manifestation qui était organisée par la CASSE (excuser-moi la CLASSE) a dégénéré en émeute violente. Les forces policières ont dû intervenir pour repousser la racaille qui voulait entrer dans le Palais des Congrès où avait lieu le Salon sur le Plan Nord. Des crapules cagoulées ont fracassé des vitres, attaqué la police et même lancé des briques sur des automobiles qui circulaient au centre-ville. La police a fait un excellent travail dans cette émeute. Elle a su bien arrêter la casse et bien remettre de l’ordre dans la métropole montréalaise. Ceux qui dénoncent la brutalité policière me font bien rire. À les entendre, la police devait laisser ces voyous intimider et vandaliser toute la ville. Les policiers ont fait leur travail, point à la ligne.

Lors d’un discours devant un parterre de gens d’affaires, le premier ministre a fait une blague sur les étudiants. Il a dit que l’on pourrait offrir des emplois à ceux-ci et le plus loin possible dans le Nord. Jean Charest a fait une farce pour détendre l’atmosphère et je l’ai trouvé bien drôle. La déclaration du chef libéral a indigné une bonne partie de la population et les médias. François Legault a dit que Jean Charest a sali sa fonction en riant des étudiants comme cela. Le chef de la CAQ n’a pas peur du ridicule. Sur les réseaux sociaux, on a dénoncé l’arrogance de Jean Charest au lieu de condamner la violence, c’est aberrant.

La gauche bien-pensante affirme que Jean Charest est responsable de la dégradation du conflit. Dans cette bataille de l’opinion publique, le gouvernement Charest a remporté la victoire. Les futurs leaders syndicaux devraient tendre la main à la ministre et négocier une sortie de crise honorable. Le gouvernement ne va pas reculer sur la hausse des frais de scolarité. Les étudiants doivent accepter le compromis de la ministre et retourner en classe. Malheureusement pour les universitaires et cégépiens qui ne voulaient rien savoir de ce boycott, ils vont perdre leur session.

Après ce conflit, c’est le caractère antidémocratique des associations étudiantes qui doit être remis en question. Les étudiants ne doivent plus être pris en otage par de futurs syndicalistes (comme Gabriel Nadeau-Dubois) qui veulent faire avancer leurs propres carrières sur leurs dos. Dorénavant, chaque étudiant devrait décider s’il veut faire partie d’un groupe étudiant ou non. C’est le principe de la liberté de choix qui est en cause ici.

Le conflit étudiant : la radicalisation du mouvement étudiant : une victoire pour le gouvernement Charest :

Par Simon Leduc

Pendant des décennies, les frais de scolarité ont été gelés par les gouvernements péquistes et libéraux. Une hausse de ceux-ci était inévitable afin d’assurer la pérennité de l’éducation postsecondaire québécois. Le gouvernement Charest a décidé de monter les droits de scolarité de 325$ par année pendant cinq ans. Le mouvement étudiant a réagi vivement à cette décision et a déclenché une grève générale afin de faire reculer le gouvernement libéral. Après deux mois de boycott, quel camp a remporté la guerre de l’opinion publique? Est-ce que la radicalisation des associations étudiantes va permettre à Jean Charest de redorer son image auprès des Québécois? Est-ce que les agissements des leaders étudiants vont contribuer à réélection des libéraux?

La CLASSE : une organisation politique de gauche radicale :

La CLASSE est l’association étudiante la plus extrémiste de l’univers postsecondaire québécois. Le leader de celle-ci est un activiste politique qui aspire à renverser le système capitaliste : Gabriel Nadeau-Dubois. Celui-ci est un petit révolutionnaire qui prône la désobéissance civile afin de parvenir à ses fins. Pour lui, la hausse des frais de scolarité n’est qu’un prétexte pour mobiliser ses troupes afin de combattre le grand capital. Il ne faut pas avoir peur des mots, la CLASSE est une organisation politique de gauche radicale qui a un agenda : la chute du capitalisme. Les activistes de la CLASSE utilisent la violence et l’intimidation dans leur combat contre les méchants riches. Ils ont vandalisé l’Université de Montréal, les HEC et les bureaux de la ministre Beauchamp. La CLASSE bloque les entrées des universités et intimide les étudiants qui veulent assister à leurs cours. Ces crapules ont empêché des travailleurs de la Banque Nationale d’aller travailler. Les disciples de M. Nadeau-Dubois ont menacé les ministres de l’Éducation et de la Justice. Ces extrémistes flirtent même avec un meurtrier et terroriste du FLQ : Paul Rose. Il faut se rappeler que celui-ci a participé à l’enlèvement du ministre libéral Pierre Laporte en octobre 1970 (et à sa mort). . Que sera la prochaine frappe de ces apôtres de la violence? Le mouvement étudiant est en train de perdre la bataille de l’opinion publique à cause des agissements de la CLASSE.

La fermeté du gouvernement du Québec dans ce dossier va lui apporter des dividendes politiques :

Depuis 2003, le gouvernement libéral a capitulé devant les forces de l’immobilisme qui sont toujours contre tous les projets de société. Lors de son premier mandat, Jean Charest avait promis de dégraisser l’État québécois qui était obèse et tentaculaire. C’est que l’on appelait la réingénierie de l’État. Devant l’opposition des grandes centrales syndicales, le gouvernement a reculé. Cela s’est aussi produit dans les dossiers suivants : le Suroît, le projet de casino sur la rue Peel (avec le Cirque du soleil,), l’exploitation des gaz de schiste, l’imposition d’un ticket modérateur dans la santé. Etc. Dans le dossier des droits de scolarité, le gouvernement québécois n’a pas fait marche arrière devant les pressions du lobby étudiant. Cela donne l’impression aux Québécois que le premier ministre se tient debout devant les étudiants qui ne veulent pas payer davantage pour leurs études. La ministre de l’Éducation a même tendu la main aux leaders étudiants en proposant une bonification du régime de prêts et bourses. Les associations étudiantes ont unanimement rejeté le geste de rapprochement des libéraux. Pour une rare fois, le premier ministre québécois a pris une décision et il n’a flanché, il faut quand même le reconnaître.

Dans ce conflit entre le gouvernement et les groupes étudiants, c’est le premier qui a remporté la bataille. D’un côté, le dogmatisme, l’intransigeance et surtout la radicalisation du mouvement étudiant ont discrédité celui-ci aux yeux de l’opinion publique québécoise. Leurs gestes de violence, de blocage et d’intimidation ont profondément déplu et choqué la majorité silencieuse qui voit les étudiants comme des bébés gâtés pourris. Le discours radical et révolutionnaire de la CLASSE a démontré le vrai visage de ces néo-felquistes. Cela a prouvé que la hausse des frais de scolarité était seulement un prétexte pour mobiliser les jeunes pour ce supposé « printemps québécois ». De l’autre côté, le gouvernement Charest a démontré de la fermeté et du leadership en ne reculant pas devant les pleurnichements de ces futurs chefs syndicaux. Cette crise étudiante a permis au gouvernement libéral de remonter dans les sondages où il tallone maintenant le Parti québécois. Ironiquement, ce sont les associations étudiantes qui vont peut-être permettre à Jean Charest d’obtenir un inespéré quatrième mandat. Finalement, les meilleurs amis de ce gouvernement sont Gabriel Nadois-Dubois, Léo Blouin-Bureau et Martine Desjardins.

La fin des illusions

S’il y a quelque chose que j’adore lorsque je me mets à écrire, c’est de brasser la cage un peu. J’aime donc beaucoup quand l’actualité me donne l’opportunité de le faire. Aujourd’hui, j’aimerais mettre fin à certaines illusions. Au début de cette soit-disant « grève » étudiante, j’ai écris un texte qui a causé certains remous chez les étudiants. Je leur ai expliqué que les conséquences de leur gestes n’étaient vraiment néfastes que pour eux. Je leur ai dit que c’était totalement futile. Certains ne l’ont pas bien pris. Certains m’ont fait valoir que ça a fonctionné par le passé et qu’ils ont obtenu ce qu’ils voulaient. C’est vrai, mais en revanche, la situation financière du gouvernement n’est pas aujourd’hui ce qu’elle était alors. Les choses ont changé.

Un des changements majeurs vient d’arriver cette semaine alors qu’un juge a lancé une injonction contre le Cégep d’Alma pour la levée des lignes de piquetage et le retour en classe des étudiants. Le juge questionnait même le droit des étudiants de faire la grève. Tiens donc! Pourquoi? Parce que les étudiants ne sont pas des travailleurs. Les Cégeps et Universités ne sont pas leurs employeurs. Les étudiants ne sont pas là pour y faire un travail rémunéré, mais pour recevoir un service pour lequel ils doivent payer. De refuser d’aller à ses cours n’est donc pas une grève dans le vrai sens du terme, alors appelons-le par son vrai nom: un boycott.

Les associations étudiantes, même si elles aiment à émuler les syndicats, ne sont pas des syndicats. Donc, les étudiants n’étant pas des travailleurs et les associations étudiantes n’étant pas des syndicats, pourquoi croit-on que le code du travail s’applique ici et que certains étudiants se croient permis de priver les autres de cours pour lesquels ils ont payé. Pourquoi certains étudiants se croient le droit d’agir en voyous et de faire de l’intimidation et du vandalisme sans pour cela qu’on ne les traite comme les criminels qu’ils sont? Au nom de quelle logique, une minorité d’étudiants (car il s’agit bien d’une minorité) peut-elle allègement bafouer les droits de la majorité?

Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que depuis que le mouvement des associations étudiantes d’apprentis-syndicaleux existe, personne n’a posé cette question jusqu’ici! Faut croire qu’au Québec, notre café n’est pas assez fort. On devrait sérieusement songer à se mettre à l’espresso et en prendre cinq ou six d’affilé pour rattraper le temps perdu.

Désolé de péter la bulle de nos apprentis-syndicaleux, mais ils n’ont effectivement aucun droit de grève et aucune légitimité à priver les autres étudiants des cours pour lesquels ils paient. Qui plus est, les universités et cégeps n’ont aucune obligation de respecter les lignes de piquetage et ont en fait une obligation de poursuivre les cours, même si ce n’était que pour une minorité d’étudiants. Soit dit en passant, corrigez-moi si je me trompe, mais les professeurs et syndicats de professeurs qui débrayent en soutien à leurs club-écoles ne sont-ils pas en situation de grève illégale? Qu’attend le gouvernement pour imposer des sanctions? Puisque le gouvernement tient tant à gérer l’éducation, il serait temps qu’il mette ses culottes, vous ne trouvez pas?

C’est donc la fin des illusions pour les club-écoles des syndicats que sont les associations étudiantes. C’est un réveil qui a mis très longtemps à arriver et que j’accueille avec joie. Espérons que se multiplieront les injonctions demandées par ceux parmi les étudiants qui sont brimés dans leur droits par ce boycott.

UN AN DE TERREUR SUR ST-DENIS

Manifestants et contre-manifestants devant la Boutique Le Marcheur - H/T David Ouellet

 

 

On n’en parle pratiquement plus mais ça continue. Un an déjà que la gauche radicale québécoise terrorise de petits commerçants de la rue Saint-Denis, à Montréal, parce que ceux-ci ont le malheur de vendre légalement des produits fabriqués en Israël. Les manifestations hebdomadaires débutèrent effectivement le 2 octobre 2010.

Depuis ce temps, tous les samedis, aux meilleurs heures de vente de la semaine, des militants communistes et solidaires continuent de s’assembler avec d’énormes banderoles anti-Israël et invitent les clients à boycotter une boutique.

HARCELEMENT DE KHADIR

Le député du coin, Amir Khadir, encourage personnellement cet odieux boycott. En décembre dernier, il piqueta directement devant la boutique Le Marcheur. Devant le tollé soulevé et la condamnation quasi-unanime de son fanatisme par la classe médiatique et politique, le seul député de Québec solidaire a modifié sa stratégie. Il réunit depuis périodiquement ses militants au métro Mont-Royal, le samedi midi, pour enflammer ses troupes, avant de les inviter à aller seuls obstruer le devant des commerces sur St-Denis.

Les tactiques du PAJU, l’organisation qui coordonne ce ridicule boycott, se sont également raffinées. Les manifestants campaient initialement uniquement devant Le Marcheur, propriété de Yves Archambault, parce que moins de 2% des chaussures vendues proviennent d’Israël.

Réalisant sans doute l’erreur de s’être attaqués à ce Québécois de souche, les activistes ont depuis déménagé de l’autre côté de la rue, juste un peu plus au Sud, pour aller déverser leur haine de l’état juif, devant la boutique Naot, appartenant à des juifs et ne vendant que des chaussures israéliennes.

Ces manifs de fanatiques contre la seule démocratie au Proche-Orient ont de quoi inquiéter, non seulement parce qu’elles rappellent de bien sombres pages de nos livres d’histoire mais elles peuvent aussi avoir aujourd’hui un impact dévastateurs auprès d’honnêtes marchands.

(Suite…)