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Quand les gougounes se mêlent d’économie…

Réponse à Marilyse Hamelin

 

Par Philippe David

Chère madame,

L’économiste Murray Rothbard a dit un jour que « ce n’est pas un crime d’être ignorant(e) en économie, qui est après tout une discipline spécialisée que la plupart des gens considèrent comme une «science lugubre», mais il est totalement irresponsable d’exprimer une opinion forte et bruyante des sujets économiques tout en demeurant dans cet état d’ignorance. » Vous auriez dû tenir compte de ce sage conseil lorsque vous avez rédigé votre chronique car vous y avez étalé toute votre ignorance de façon magistrale! Il y a tellement d’erreurs factuelles dedans qu’on ne sait guère où commencer. Commençons donc par le commencement.

Roosevelt, le New Deal et la Grande Dépression.

Je dois admettre que sur ce sujet, si vous avez erré, c’est probablement la faute de notre système d’éducation qui véhicule de nombreux mythes sur cette période de l’histoire. C’est aussi probablement parce que les historiens ne connaissent rien non plus en économie et qu’ils ne savent pas interpréter les résultats des politiques économiques qui ont été mises en vigueur pendant cette période, encore moins d’en évaluer l’efficacité.

Depuis ce temps, des économistes comme Harold Cole et Lee O’Hanian à UCLA ont déterminé que le New Deal de Roosevelt, plutôt que de mettre fin à la Grande Dépression, l’ont plutôt rallongée de 7 ans.  D’ailleurs,  pourquoi pourriez-vous croire que le New Deal ait vraiment été un succès alors que le chômage était encore à peu près au même niveau en 1941 quand les États-Unis sont entrés en guerre, que lorsque Roosevelt a pris le pouvoir? S’il vous était donné de faire quelques recherches, vous seriez probablement étonnée d’apprendre que la cause de la Grande Dépression n’était pas, tel que les historiens le prétendent, le krach de 1929, quoiqu’il y ait contribué, mais plutôt les interventions gouvernementales et de la Réserve Fédérale qui ont transformé ce qui aurait été une courte récession en une dépression de plus d’une décennie.

Bien sûr, le problème du chômage s’est vite résolu en envoyant les chômeurs se faire tuer au front, mais la prospérité était tout sauf revenue pendant la guerre alors que la presque totalité de la production était détournée à fabriquer des tanks et des bombes, alors que les gens à la maison devaient survivre avec des cartes de rationnement. Pourtant, la plupart des livres d’histoire vous diront que la dépression s’est terminée au début de la guerre.

Contrairement à ce que vous prétendez, les trente glorieuses qui ont suivi la guerre n’ont pas eu lieu grâce aux politiques social-démocrates de Roosevelt, mais simplement parce que les économies occidentales se sont remises à produire autre chose que du matériel militaire, libérant ces ressources pour inonder le marché de réfrigérateurs, de cuisinières, de laveuses-sécheuses, d’automobiles, de téléviseurs et de radios à transistor. Au fait, vous n’étiez pas sérieuse lorsque vous avez affirmé que les États-Unis n’ont connu aucune récession ni dépression de 1930 à 1970, j’espère? Commençons par le fait que pendant toutes les années 30, les États-Unis étaient en dépression et ont même réussi l’exploit d’avoir une récession à l’intérieur d’une dépression (en 1938), selon les données du NBER, de 1945 à 1975, les 30 années qui ont suvi la guerre, les États-Unis ont eu pas moins de sept récessions! Embarassant, n’est-ce pas? Mais ne laissez surtout pas les faits et les statistiques briser vos illusions!

Reagan, Thatcher, Mulroney et « l’austérité »
[Insérez la musique de « Psycho » ici]

Je ne veux pas trop m’étendre sur ce sujet, mais je vais m’y attarder juste assez longtemps pour montrer à quel point vos affirmations sont ridicules. Tout d’abord, puisque vous semblez totalement ignorante de ce qu’est vraiment une politique d’austérité, je vous offre une définition:

Politique d’austérité

Au niveau d’une nation ou d’une entreprise une politique d’austérité est le nom donné, en général par les opposants et de manière péjorative, à une politique qui vise à assainir la gestion.
Synonyme : politique de rigueur

S’il s’agit de résorber les déficits publics ou de diminuer l’endettement du pays, une politique d’austérité cherchera à réduire les coûts et les dépenses publiques.

Dans la lutte contre l’inflation, la politique d’austérité essaiera de faire baisser les prix par la diminution de la consommation en s’appuyant sur divers leviers :
– la restriction du crédit,
– la modération salariale,
– l’augmentation de la pression fiscale…

(Selon le Toupictionnaire.)

Expliquez-moi alors comment Reagan, Thatcher et Mulroney qui ont été au pouvoir respectivement 8,11 et 9 ans n’ont pas réussi à équilibrer leur budget pendant tout ce temps, à part pour Thatcher dans sa dernière année? De quelle austérité parlez-vous au juste?

L’exemple suédois… Ja ja!

Vous serez probablement surprise de me voir dire que j’approuve entièrement l’idée de suivre le modèle suédois. Cependant, ce n’est pas pour les raisons que vous croyez. Voyez-vous, comme tous les socialistes québécois, vous vivez dans l’illusion que la Suède est un pays social-démocrate et que sa prospérité prouve votre point. Mais c’est là que vous faites votre plus grande erreur.

En effet, la Suède a connu une période social-démocrate pendant les années 1970 et 1980 et ça les a mené sur le bord de la ruine. Un peu comme le Québec maintenant. Qu’ont-ils fait? Au début des années 90, suite à un krach bancaire, ils ont adopté, vous avez deviné… des politiques d’austérité. Ils ont réduit les dépenses de l’état, réformé et privatisé un grand nombre de services publics, réformé les retraites des fonctionnaires et mis fin à leur sécurité d’emploi. Ils ont aussi réformé leur système de taxation et dérèglementé l’industrie. Ils ont libéralisé leur système scolaire et introduit des bons d’études. Bref, toutes les politiques qui feraient hurler de désespoir la gauche québécoise.

La Suède a investi, c’est vrai, mais plutôt que d’investir dans l’État, elle a investi dans le marché.  Alors que vous croyiez par leur exemple prouver que les politiques d’austérité ne fonctionnent pas, la Suède, au contraire, a prouvé sans équivoque que ces politiques fonctionnent à merveille! Pas de chance!

Alors, la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie d’émettre des opinions fortes et bruyantes sur des sujets économiques, essayez donc de faire quelque chose à propos de votre profond état d’ignorance du sujet. C’est vraiment embarassant.

Veuillez accepter, chère dame, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

Vive les inégalités!

vive les inégalités

Par Philippe David

Un sophisme persistant

S’il existe un sophisme particulièrement persistant  dans la rhétorique politique depuis très longtemps, c’est bien celui des inégalités de richesse.  Ce sophisme, car s’en est vraiment un,  pointe vers l’écart de revenu entre les riches et les pauvres pour dire que les riches deviennent plus riches pendant que les pauvres s’appauvrissent. Le but étant de stimuler la jalousie des pauvres envers les riches et leur donner le sentiment d’être exploités par ceux-ci. Cette argumentation repose donc sur la lutte des classes de Marx.  

Ce sophisme est utilisé fréquemment dans les médias pour justifier la demande populaire de « taxer les riches ».  On a même inventé in indice: le coefficient GINI pour mesure ces inégalités et établir des comparaisons d’une juridiction à une autre. Ces comparaisons sont inutiles et fallacieuses.  Je me propose donc de vous le démontrer.

La marée fait monter tous les navires, même si ce n’est pas également

Récemment, on apprenait par la plume de Francis Vailles de La Presse, que les inégalités de richesses augmentent constamment au Canada depuis 30 ans.  Il essaie ensuite d’en expliquer les raisons, supposément parce que la rémunération des PDG d’entreprises est trop élevée, et conclut que de hausser les impôts ne serait pas une solution viable au Québec. Pourtant, il suffit de comparer la situation des pauvres au Québec, la moins inégalitaire des provinces, avec celle des pauvres d’Alberta et d’Ontario, des provinces plus inégalitaires, pour se rendre compte que ces inégalités n’ont guère d’importance.  Vincent Geloso, auteur du livre « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille » a publié sur son blogue la semaine dernière, une série de billets très intéressants sur la pauvreté au Québec, comparé à l’Ontario et l’Alberta. De ces billets, ressortent les points suivants:

  •  Le 20% le plus pauvre de la population québécoise est 33,7% et 44,1% plus pauvre que le même segment en Ontario et en Alberta. (1)  
  • Les québécois pauvres doivent consacrer une plus grosse part de leur revenu sur l’alimentation que leurs homologues de l’Ontario et de l’Alberta (2)  
  • Les québécois doivent aussi travailler plus d’heures en moyenne pour obtenir le même panier de denrées alimentaires que les Ontariens et les Albertains (3)  
  • Les québécois plus pauvres ont aussi des logements moins grands et de moindre qualité que ceux de l’Ontario et de l’Alberta (4)  

 Par ailleurs, on apprend que le Québec se classe au 9e rang sur 10 au Canada au niveau revenu du revenu disponible des ménages après impôts et transferts. Malgré nos généreux programmes sociaux, les plus généreux au Canada, faut-il le rappeler, les familles québécoises se retrouvent avec beaucoup moins d’argent à dépenser, épargner ou investir que ceux de toutes les autres provinces au Canada, sauf l’Île du Prince-Édouard et il s’en est fallu de peu puisque la différence n’est que de $232! Si toute l’idée de taxer les riches afin de redistribuer la richesse vers les pauvres fonctionnait, on le saurait, mais l’évidence dit tout le contraire. D’ailleurs, avec tous les scandales de corruption dont nous sommes témoins depuis le début de la Commission Charbonneau, permettez-moi de sérieusement douter que la redistribution de richesse se fait vraiment à ceux qui en ont le plus besoin. D’après vous, où au Canada vaut-il mieux être pauvre? Dans le Québec égalitaire riche en pauvres et pauvre en riches ou dans la très inégalitaire Alberta? Importe-t-il vraiment pour les pauvres albertains que l’écart entre riches et pauvres soit plus grand, compte tenu que là où l’écart est moindre, les pauvres sont plus pauvres? Est-ce que le fait que les québécois riches soient moins riches a aidé les québécois pauvres à être moins pauvres?  

La mobilité sociale

 L’autre raison pourquoi l’écart de richesse est un sophisme est que pour en venir à cette conclusion, nous divisons la population en quintiles de revenu et nous comparons l’écart de revenus entre les différents quintiles comme s’il s’agissait de groupes statiques. Pourtant, la plupart des gens commencent leur  carrière en ayant très peu d’actifs à leur nom et peut-être même avec des dettes. Mais au fil des ans, en travaillant, en acquérant plus d’expérience et en économisant, ils passent du quintile le plus bas à un quintile plus élevé. Ça s’appelle la mobilité sociale. Seul un relativement faible pourcentage d’individus reste au premier quintile toute leur vie.  Ces quintiles ne représentent pas des « classes » fixes, mais des groupements dynamiques d’individus qui s’enrichissent ou s’appauvrissent au fil des ans.

Sachant cela,  est-ce que de comparer le quintile le plus pauvre au quintile le plus riche est une comparaison valable? Pas vraiment.

La philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie 

Nul n’a mieux décrit le socialisme que Winston Churchill dans cette citation:

« Le socialisme est une philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie. »

 Le sophisme des inégalités de richesse compte effectivement sur votre ignorance pour attiser l’envie envers les plus riches. On s’indigne, par exemple, qu’aux États-Unis, la part de richesse accaparée par le 1% le plus riche a grimpé de 13% à 17% de 1989 à 2009, mais on néglige de vous dire que leur économie a crû de 42% dans la même période, ce qui fait que le 99% se partage un plus faible pourcentage, c’est vrai, mais d’une beaucoup plus grosse tarte. Ce sophisme est utilisé profusément par la gauche pour justifier une taxation toujours plus lourde accompagnée de programmes sociaux toujours plus onéreux.   Bien que leurs intentions soient peut-être honorables, leurs efforts de réduire les inégalités de richesse se soldent inévitablement par un nivellement par le bas qui n’enrichit personne. Dans la réalité, Ils répartissent la pauvreté, pas la richesse.

 Ceux qui déplorent continuellement les inégalités entre les pauvres et les riches se soucient-ils vraiment du sort des pauvres? Non. Comme le disait si bien Margaret Thatcher, ils préfèrent que les pauvres soient plus pauvres, pourvu que les riches soient moins riches. Pour ma part, je me fous que les riches soient plus riches, pourvu que les pauvres soient moins pauvres. Vous voulez aider les pauvres? Suivez l’exemple de l’Alberta plutôt que celui du Québec.

 

Joyeux Noël et Bonne Année à tous!

Ces méchantes entreprises qui ne paient pas leur « juste part »

Les installations d'Apple en Irlande.
Les installations d’Apple en Irlande.

Par Philippe David

Laissez-moi vous poser une question. Étiez-vous irrités d’apprendre plus tôt cette semaine qu’Apple et plusieurs autres compagnies évitaient, du moins en partie, de payer des impôts au gouvernement américain en profitant d’une fiscalité plus avantageuse en Irlande? Avez-vous posté l’article dans Facebook ou Twitter en tempêtant contre ces méchantes multinationales qui ne paient pas leur « juste part »? Oui? Pourquoi? 

Vous ne devriez pourtant pas être irrités par ça du tout. Si vous l’êtes, c’est que vous ne voyez pas le tableau complet, ou que vous vous acharnez à ne pas le voir. Pourtant, les moyens utilisés par des entreprises comme Apple ou Google sont parfaitement légaux. Pourquoi êtes-vous irrités quand un individu ou une compagnie évite de payer un peu d’impôt par des moyens légaux? Serait-ce un petit peu par égoïsme? Parce que vous croyez que, si ces entreprises payaient plus d’impôt, vous en payeriez moins? Ou êtes-vous jaloux de ne pas pouvoir faire pareil? Égoïsme? Jalousie? Certainement pas vous! Jamais!

Et pourtant, je me demande pourquoi vous considérez que c’est une vertu de convoiter l’argent des autres, mais que c’est un crime de vouloir garder un peu plus de son argent durement gagné? Surtout que si vous en aviez la possibilité, vous feriez probablement pareil. Soyez honnête. Avouez-le. Le problème c’est que vous vous trompez sur toute la ligne.

Les entreprises ne paient pas d’impôt

Est-ce que je vous apprend quelque chose? Êtes-vous surpris? Êtes-vous choqué? Pourtant si on regarde les livres d’Apple, ça dit effectivement qu’ils ont payé $6 milliards au fisc américain l’an dernier. Alors de quoi je parle? Ce qui importe n’est pas ce que vous voyez, mais ce que vous ne voyez pas et ce que vous ne voyez pas, c’est qui paie vraiment ces impôts au bout de la ligne. 

Voyez-vous, une entreprise n’est pas un individu, et en termes réel, seul les individus paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une dépense comme tout autre qui s’inscrit dans l’équation « Revenus-Dépenses = Profit ou Perte ». Si on augmente les dépenses d’une compagnie, ces dépenses seront tout simplement compensées ailleurs dans cette équation. Les $6 milliards qu’Apple a payé au fisc auraient pu servir à créer de nouveaux produits et générés plus d’emplois (très bien rémunérés en passant). Il aurait pu servir à acheter de l’équipement plus sophistiqué pour réduire le coût de produits existants, ce qui aurait pu permettre de vendre des produits tel que le Ipad sur lequel vous lisez peut-être cet article, moins cher. En fait, peut-être avez-vous déjà économisé sur le coût de ce Ipad, justement parce que Apple a choisit de payer un peu moins d’impôt, plutôt que d’en payer plus au gouvernement (qui gère notre argent tellement mieux!). 

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au final Apple ne paie rien au fisc. Apple n’est qu’une entité fictionnelle. Si Apple paie plus d’impôt, ce sera des gens comme vous et moi qui finiront par le payer. Les produits d’Apple coûteront peut-être plus cher. Apple ne créera pas autant d’emplois, et ne paiera peut-être pas ses employés aussi bien. Elle ne commandera peut-être pas autant de matériel des ses fournisseurs et ne paiera peut-être pas de dividendes à ses actionnaires (dont plusieurs sont des fonds de pension qui gèrent peut-être VOTRE retraite). Il est facile de voir ce que Apple ne paie pas au fisc. C’est plus difficile de faire l’effort de voir les produits qui ne sont pas produits, les emplois qui ne sont pas créés, les épargnes de retraite qui ne fructifient pas et ce que VOUS payez en fin de compte, pour entretenir cette illusion que ces entreprises font leur part en payant de l’impôt. Leur part, elles la font déjà amplement.

C’est quoi le vrai problème?

Revenons à pourquoi vous étiez irrité. Vous étiez irrité parce que vous croyez que des entreprises comme Apple ne paient pas assez d’impôt et que vous en payez trop. Maintenant vous savez que lorsqu’on fait payer de l’impôt à des entreprises, dans la réalité, c’est vous qui finissez par payer plus cher les produits que vous voulez consommer, ou pire encore, vous êtes peut-être sur le chômage parce qu’il n’y a pas eu suffisamment d’emplois créés par ces entreprises pour que vous en trouviez un. Alors il est où le problème?

Le problème, ce n’est pas que les entreprises ou les riches ne font pas leur part, mais peut-être plus que nos gouvernements dépensent et gaspillent toujours plus de notre argent. D’ailleurs, au Canada et en particulier au Québec, l’impôt et les taxes est la dépense ménagère qui a le plus augmenté ces 50 dernières années, au point où nous payons plus de taxes et impôts de toutes sortes que nous payons pour nous nourrir, nous loger et nous habiller et ce n’est pas normal! Pendant ce temps, les services que nous offrent nos gouvernements se sont certainement multipliés, mais ils ne se sont certainement pas améliorés. Ce n’est pas d’hier qu’on déplore les temps d’attente dans nos urgences et franchement, je ne vois toujours pas le jour où ça va s’améliorer. 

Les gouvernements auront toujours une tendance grossir et prendre de l’expansion. Il y aura toujours plein de gens qui exigent que le gouvernement en fasse toujours plus et plus les gouvernements en font, plus ils gaspillent. Même quand il n’y a pas de politiciens et fonctionnaires qui s’en mettent plein les poches et qui font des retours d’ascenseur, on est jamais aussi judicieux quand on dépense l’argent des autres que quand nous dépensons notre propre argent.  Nous avons tous cette tendance. Si votre employeur vous envoie à l’extérieur et paie vos frais de déplacement, il y a fort à parier que vous prendrez une chambre d’hôtel un peu plus dispendieuse que si vous la payiez de votre poche, alors pourquoi sommes-nous surpris quand des fonctionnaires et des politiciens se payent la traite avec leur compte de dépense? Jus d’orange à $15 le verre? Pas de problème! C’est pas moi qui paye! Nous nous en scandalisons, mais nous leur donnons tous les incitatifs à le faire. En plus, si on commence à éplucher tous les différents ministères, organismes et départements, il y a fort à parier que nous en trouvions qui sont redondants, voire carrément inutiles. Je ne serait pas surpris de découvrir qu’ils ont un département de la redondance. Comment ce fait-il qu’au Québec, nous dépensons trois fois plus en programmes d’aide à l’entreprise que toutes les autres provinces, mais que nous ayons un déficit entrepreneurial par rapport au reste? Un autre exemple est quand notre gouvernement actuel promet 15 000 places de garderies subventionnées supplémentaires et exige, pour des raisons purement idéologiques, que ces places soit fournies par des CPE publics plutôt que des garderies privées quand nous savons que de construire une nouvelle CPE coûte $2 millions au contribuable, alors que ces frais sont entièrement assumés par les propriétaires d’une garderie privée et que les places existent déjà dans le réseau privé. Bref, les exemples abondent comment les politiciens et fonctionnaires gaspillent votre argent.

 

C’est qui les coupables?

On voit des gens manifester dans la rue pour toutes sortes de conneries, rarement les voit-on manifester pour que les gouvernements cessent de gaspiller notre fric. Au grand contraire, lorsqu’un gouvernement essaie d’avoir le courage de couper un tant soit peu dans le gras et gaspiller un peu moins, on vois les parasites du système sortir pour tout casser et protester contre l’austérité. Alors si vous cherchez un coupable, regardez un miroir…