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Quand les gougounes se mêlent d’économie…

Réponse à Marilyse Hamelin

 

Par Philippe David

Chère madame,

L’économiste Murray Rothbard a dit un jour que « ce n’est pas un crime d’être ignorant(e) en économie, qui est après tout une discipline spécialisée que la plupart des gens considèrent comme une «science lugubre», mais il est totalement irresponsable d’exprimer une opinion forte et bruyante des sujets économiques tout en demeurant dans cet état d’ignorance. » Vous auriez dû tenir compte de ce sage conseil lorsque vous avez rédigé votre chronique car vous y avez étalé toute votre ignorance de façon magistrale! Il y a tellement d’erreurs factuelles dedans qu’on ne sait guère où commencer. Commençons donc par le commencement.

Roosevelt, le New Deal et la Grande Dépression.

Je dois admettre que sur ce sujet, si vous avez erré, c’est probablement la faute de notre système d’éducation qui véhicule de nombreux mythes sur cette période de l’histoire. C’est aussi probablement parce que les historiens ne connaissent rien non plus en économie et qu’ils ne savent pas interpréter les résultats des politiques économiques qui ont été mises en vigueur pendant cette période, encore moins d’en évaluer l’efficacité.

Depuis ce temps, des économistes comme Harold Cole et Lee O’Hanian à UCLA ont déterminé que le New Deal de Roosevelt, plutôt que de mettre fin à la Grande Dépression, l’ont plutôt rallongée de 7 ans.  D’ailleurs,  pourquoi pourriez-vous croire que le New Deal ait vraiment été un succès alors que le chômage était encore à peu près au même niveau en 1941 quand les États-Unis sont entrés en guerre, que lorsque Roosevelt a pris le pouvoir? S’il vous était donné de faire quelques recherches, vous seriez probablement étonnée d’apprendre que la cause de la Grande Dépression n’était pas, tel que les historiens le prétendent, le krach de 1929, quoiqu’il y ait contribué, mais plutôt les interventions gouvernementales et de la Réserve Fédérale qui ont transformé ce qui aurait été une courte récession en une dépression de plus d’une décennie.

Bien sûr, le problème du chômage s’est vite résolu en envoyant les chômeurs se faire tuer au front, mais la prospérité était tout sauf revenue pendant la guerre alors que la presque totalité de la production était détournée à fabriquer des tanks et des bombes, alors que les gens à la maison devaient survivre avec des cartes de rationnement. Pourtant, la plupart des livres d’histoire vous diront que la dépression s’est terminée au début de la guerre.

Contrairement à ce que vous prétendez, les trente glorieuses qui ont suivi la guerre n’ont pas eu lieu grâce aux politiques social-démocrates de Roosevelt, mais simplement parce que les économies occidentales se sont remises à produire autre chose que du matériel militaire, libérant ces ressources pour inonder le marché de réfrigérateurs, de cuisinières, de laveuses-sécheuses, d’automobiles, de téléviseurs et de radios à transistor. Au fait, vous n’étiez pas sérieuse lorsque vous avez affirmé que les États-Unis n’ont connu aucune récession ni dépression de 1930 à 1970, j’espère? Commençons par le fait que pendant toutes les années 30, les États-Unis étaient en dépression et ont même réussi l’exploit d’avoir une récession à l’intérieur d’une dépression (en 1938), selon les données du NBER, de 1945 à 1975, les 30 années qui ont suvi la guerre, les États-Unis ont eu pas moins de sept récessions! Embarassant, n’est-ce pas? Mais ne laissez surtout pas les faits et les statistiques briser vos illusions!

Reagan, Thatcher, Mulroney et « l’austérité »
[Insérez la musique de « Psycho » ici]

Je ne veux pas trop m’étendre sur ce sujet, mais je vais m’y attarder juste assez longtemps pour montrer à quel point vos affirmations sont ridicules. Tout d’abord, puisque vous semblez totalement ignorante de ce qu’est vraiment une politique d’austérité, je vous offre une définition:

Politique d’austérité

Au niveau d’une nation ou d’une entreprise une politique d’austérité est le nom donné, en général par les opposants et de manière péjorative, à une politique qui vise à assainir la gestion.
Synonyme : politique de rigueur

S’il s’agit de résorber les déficits publics ou de diminuer l’endettement du pays, une politique d’austérité cherchera à réduire les coûts et les dépenses publiques.

Dans la lutte contre l’inflation, la politique d’austérité essaiera de faire baisser les prix par la diminution de la consommation en s’appuyant sur divers leviers :
– la restriction du crédit,
– la modération salariale,
– l’augmentation de la pression fiscale…

(Selon le Toupictionnaire.)

Expliquez-moi alors comment Reagan, Thatcher et Mulroney qui ont été au pouvoir respectivement 8,11 et 9 ans n’ont pas réussi à équilibrer leur budget pendant tout ce temps, à part pour Thatcher dans sa dernière année? De quelle austérité parlez-vous au juste?

L’exemple suédois… Ja ja!

Vous serez probablement surprise de me voir dire que j’approuve entièrement l’idée de suivre le modèle suédois. Cependant, ce n’est pas pour les raisons que vous croyez. Voyez-vous, comme tous les socialistes québécois, vous vivez dans l’illusion que la Suède est un pays social-démocrate et que sa prospérité prouve votre point. Mais c’est là que vous faites votre plus grande erreur.

En effet, la Suède a connu une période social-démocrate pendant les années 1970 et 1980 et ça les a mené sur le bord de la ruine. Un peu comme le Québec maintenant. Qu’ont-ils fait? Au début des années 90, suite à un krach bancaire, ils ont adopté, vous avez deviné… des politiques d’austérité. Ils ont réduit les dépenses de l’état, réformé et privatisé un grand nombre de services publics, réformé les retraites des fonctionnaires et mis fin à leur sécurité d’emploi. Ils ont aussi réformé leur système de taxation et dérèglementé l’industrie. Ils ont libéralisé leur système scolaire et introduit des bons d’études. Bref, toutes les politiques qui feraient hurler de désespoir la gauche québécoise.

La Suède a investi, c’est vrai, mais plutôt que d’investir dans l’État, elle a investi dans le marché.  Alors que vous croyiez par leur exemple prouver que les politiques d’austérité ne fonctionnent pas, la Suède, au contraire, a prouvé sans équivoque que ces politiques fonctionnent à merveille! Pas de chance!

Alors, la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie d’émettre des opinions fortes et bruyantes sur des sujets économiques, essayez donc de faire quelque chose à propos de votre profond état d’ignorance du sujet. C’est vraiment embarassant.

Veuillez accepter, chère dame, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

Vive les inégalités!

vive les inégalités

Par Philippe David

Un sophisme persistant

S’il existe un sophisme particulièrement persistant  dans la rhétorique politique depuis très longtemps, c’est bien celui des inégalités de richesse.  Ce sophisme, car s’en est vraiment un,  pointe vers l’écart de revenu entre les riches et les pauvres pour dire que les riches deviennent plus riches pendant que les pauvres s’appauvrissent. Le but étant de stimuler la jalousie des pauvres envers les riches et leur donner le sentiment d’être exploités par ceux-ci. Cette argumentation repose donc sur la lutte des classes de Marx.  

Ce sophisme est utilisé fréquemment dans les médias pour justifier la demande populaire de « taxer les riches ».  On a même inventé in indice: le coefficient GINI pour mesure ces inégalités et établir des comparaisons d’une juridiction à une autre. Ces comparaisons sont inutiles et fallacieuses.  Je me propose donc de vous le démontrer.

La marée fait monter tous les navires, même si ce n’est pas également

Récemment, on apprenait par la plume de Francis Vailles de La Presse, que les inégalités de richesses augmentent constamment au Canada depuis 30 ans.  Il essaie ensuite d’en expliquer les raisons, supposément parce que la rémunération des PDG d’entreprises est trop élevée, et conclut que de hausser les impôts ne serait pas une solution viable au Québec. Pourtant, il suffit de comparer la situation des pauvres au Québec, la moins inégalitaire des provinces, avec celle des pauvres d’Alberta et d’Ontario, des provinces plus inégalitaires, pour se rendre compte que ces inégalités n’ont guère d’importance.  Vincent Geloso, auteur du livre « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille » a publié sur son blogue la semaine dernière, une série de billets très intéressants sur la pauvreté au Québec, comparé à l’Ontario et l’Alberta. De ces billets, ressortent les points suivants:

  •  Le 20% le plus pauvre de la population québécoise est 33,7% et 44,1% plus pauvre que le même segment en Ontario et en Alberta. (1)  
  • Les québécois pauvres doivent consacrer une plus grosse part de leur revenu sur l’alimentation que leurs homologues de l’Ontario et de l’Alberta (2)  
  • Les québécois doivent aussi travailler plus d’heures en moyenne pour obtenir le même panier de denrées alimentaires que les Ontariens et les Albertains (3)  
  • Les québécois plus pauvres ont aussi des logements moins grands et de moindre qualité que ceux de l’Ontario et de l’Alberta (4)  

 Par ailleurs, on apprend que le Québec se classe au 9e rang sur 10 au Canada au niveau revenu du revenu disponible des ménages après impôts et transferts. Malgré nos généreux programmes sociaux, les plus généreux au Canada, faut-il le rappeler, les familles québécoises se retrouvent avec beaucoup moins d’argent à dépenser, épargner ou investir que ceux de toutes les autres provinces au Canada, sauf l’Île du Prince-Édouard et il s’en est fallu de peu puisque la différence n’est que de $232! Si toute l’idée de taxer les riches afin de redistribuer la richesse vers les pauvres fonctionnait, on le saurait, mais l’évidence dit tout le contraire. D’ailleurs, avec tous les scandales de corruption dont nous sommes témoins depuis le début de la Commission Charbonneau, permettez-moi de sérieusement douter que la redistribution de richesse se fait vraiment à ceux qui en ont le plus besoin. D’après vous, où au Canada vaut-il mieux être pauvre? Dans le Québec égalitaire riche en pauvres et pauvre en riches ou dans la très inégalitaire Alberta? Importe-t-il vraiment pour les pauvres albertains que l’écart entre riches et pauvres soit plus grand, compte tenu que là où l’écart est moindre, les pauvres sont plus pauvres? Est-ce que le fait que les québécois riches soient moins riches a aidé les québécois pauvres à être moins pauvres?  

La mobilité sociale

 L’autre raison pourquoi l’écart de richesse est un sophisme est que pour en venir à cette conclusion, nous divisons la population en quintiles de revenu et nous comparons l’écart de revenus entre les différents quintiles comme s’il s’agissait de groupes statiques. Pourtant, la plupart des gens commencent leur  carrière en ayant très peu d’actifs à leur nom et peut-être même avec des dettes. Mais au fil des ans, en travaillant, en acquérant plus d’expérience et en économisant, ils passent du quintile le plus bas à un quintile plus élevé. Ça s’appelle la mobilité sociale. Seul un relativement faible pourcentage d’individus reste au premier quintile toute leur vie.  Ces quintiles ne représentent pas des « classes » fixes, mais des groupements dynamiques d’individus qui s’enrichissent ou s’appauvrissent au fil des ans.

Sachant cela,  est-ce que de comparer le quintile le plus pauvre au quintile le plus riche est une comparaison valable? Pas vraiment.

La philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie 

Nul n’a mieux décrit le socialisme que Winston Churchill dans cette citation:

« Le socialisme est une philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie. »

 Le sophisme des inégalités de richesse compte effectivement sur votre ignorance pour attiser l’envie envers les plus riches. On s’indigne, par exemple, qu’aux États-Unis, la part de richesse accaparée par le 1% le plus riche a grimpé de 13% à 17% de 1989 à 2009, mais on néglige de vous dire que leur économie a crû de 42% dans la même période, ce qui fait que le 99% se partage un plus faible pourcentage, c’est vrai, mais d’une beaucoup plus grosse tarte. Ce sophisme est utilisé profusément par la gauche pour justifier une taxation toujours plus lourde accompagnée de programmes sociaux toujours plus onéreux.   Bien que leurs intentions soient peut-être honorables, leurs efforts de réduire les inégalités de richesse se soldent inévitablement par un nivellement par le bas qui n’enrichit personne. Dans la réalité, Ils répartissent la pauvreté, pas la richesse.

 Ceux qui déplorent continuellement les inégalités entre les pauvres et les riches se soucient-ils vraiment du sort des pauvres? Non. Comme le disait si bien Margaret Thatcher, ils préfèrent que les pauvres soient plus pauvres, pourvu que les riches soient moins riches. Pour ma part, je me fous que les riches soient plus riches, pourvu que les pauvres soient moins pauvres. Vous voulez aider les pauvres? Suivez l’exemple de l’Alberta plutôt que celui du Québec.

 

Joyeux Noël et Bonne Année à tous!

Ces méchantes entreprises qui ne paient pas leur « juste part »

Les installations d'Apple en Irlande.
Les installations d’Apple en Irlande.

Par Philippe David

Laissez-moi vous poser une question. Étiez-vous irrités d’apprendre plus tôt cette semaine qu’Apple et plusieurs autres compagnies évitaient, du moins en partie, de payer des impôts au gouvernement américain en profitant d’une fiscalité plus avantageuse en Irlande? Avez-vous posté l’article dans Facebook ou Twitter en tempêtant contre ces méchantes multinationales qui ne paient pas leur « juste part »? Oui? Pourquoi? 

Vous ne devriez pourtant pas être irrités par ça du tout. Si vous l’êtes, c’est que vous ne voyez pas le tableau complet, ou que vous vous acharnez à ne pas le voir. Pourtant, les moyens utilisés par des entreprises comme Apple ou Google sont parfaitement légaux. Pourquoi êtes-vous irrités quand un individu ou une compagnie évite de payer un peu d’impôt par des moyens légaux? Serait-ce un petit peu par égoïsme? Parce que vous croyez que, si ces entreprises payaient plus d’impôt, vous en payeriez moins? Ou êtes-vous jaloux de ne pas pouvoir faire pareil? Égoïsme? Jalousie? Certainement pas vous! Jamais!

Et pourtant, je me demande pourquoi vous considérez que c’est une vertu de convoiter l’argent des autres, mais que c’est un crime de vouloir garder un peu plus de son argent durement gagné? Surtout que si vous en aviez la possibilité, vous feriez probablement pareil. Soyez honnête. Avouez-le. Le problème c’est que vous vous trompez sur toute la ligne.

Les entreprises ne paient pas d’impôt

Est-ce que je vous apprend quelque chose? Êtes-vous surpris? Êtes-vous choqué? Pourtant si on regarde les livres d’Apple, ça dit effectivement qu’ils ont payé $6 milliards au fisc américain l’an dernier. Alors de quoi je parle? Ce qui importe n’est pas ce que vous voyez, mais ce que vous ne voyez pas et ce que vous ne voyez pas, c’est qui paie vraiment ces impôts au bout de la ligne. 

Voyez-vous, une entreprise n’est pas un individu, et en termes réel, seul les individus paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une dépense comme tout autre qui s’inscrit dans l’équation « Revenus-Dépenses = Profit ou Perte ». Si on augmente les dépenses d’une compagnie, ces dépenses seront tout simplement compensées ailleurs dans cette équation. Les $6 milliards qu’Apple a payé au fisc auraient pu servir à créer de nouveaux produits et générés plus d’emplois (très bien rémunérés en passant). Il aurait pu servir à acheter de l’équipement plus sophistiqué pour réduire le coût de produits existants, ce qui aurait pu permettre de vendre des produits tel que le Ipad sur lequel vous lisez peut-être cet article, moins cher. En fait, peut-être avez-vous déjà économisé sur le coût de ce Ipad, justement parce que Apple a choisit de payer un peu moins d’impôt, plutôt que d’en payer plus au gouvernement (qui gère notre argent tellement mieux!). 

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au final Apple ne paie rien au fisc. Apple n’est qu’une entité fictionnelle. Si Apple paie plus d’impôt, ce sera des gens comme vous et moi qui finiront par le payer. Les produits d’Apple coûteront peut-être plus cher. Apple ne créera pas autant d’emplois, et ne paiera peut-être pas ses employés aussi bien. Elle ne commandera peut-être pas autant de matériel des ses fournisseurs et ne paiera peut-être pas de dividendes à ses actionnaires (dont plusieurs sont des fonds de pension qui gèrent peut-être VOTRE retraite). Il est facile de voir ce que Apple ne paie pas au fisc. C’est plus difficile de faire l’effort de voir les produits qui ne sont pas produits, les emplois qui ne sont pas créés, les épargnes de retraite qui ne fructifient pas et ce que VOUS payez en fin de compte, pour entretenir cette illusion que ces entreprises font leur part en payant de l’impôt. Leur part, elles la font déjà amplement.

C’est quoi le vrai problème?

Revenons à pourquoi vous étiez irrité. Vous étiez irrité parce que vous croyez que des entreprises comme Apple ne paient pas assez d’impôt et que vous en payez trop. Maintenant vous savez que lorsqu’on fait payer de l’impôt à des entreprises, dans la réalité, c’est vous qui finissez par payer plus cher les produits que vous voulez consommer, ou pire encore, vous êtes peut-être sur le chômage parce qu’il n’y a pas eu suffisamment d’emplois créés par ces entreprises pour que vous en trouviez un. Alors il est où le problème?

Le problème, ce n’est pas que les entreprises ou les riches ne font pas leur part, mais peut-être plus que nos gouvernements dépensent et gaspillent toujours plus de notre argent. D’ailleurs, au Canada et en particulier au Québec, l’impôt et les taxes est la dépense ménagère qui a le plus augmenté ces 50 dernières années, au point où nous payons plus de taxes et impôts de toutes sortes que nous payons pour nous nourrir, nous loger et nous habiller et ce n’est pas normal! Pendant ce temps, les services que nous offrent nos gouvernements se sont certainement multipliés, mais ils ne se sont certainement pas améliorés. Ce n’est pas d’hier qu’on déplore les temps d’attente dans nos urgences et franchement, je ne vois toujours pas le jour où ça va s’améliorer. 

Les gouvernements auront toujours une tendance grossir et prendre de l’expansion. Il y aura toujours plein de gens qui exigent que le gouvernement en fasse toujours plus et plus les gouvernements en font, plus ils gaspillent. Même quand il n’y a pas de politiciens et fonctionnaires qui s’en mettent plein les poches et qui font des retours d’ascenseur, on est jamais aussi judicieux quand on dépense l’argent des autres que quand nous dépensons notre propre argent.  Nous avons tous cette tendance. Si votre employeur vous envoie à l’extérieur et paie vos frais de déplacement, il y a fort à parier que vous prendrez une chambre d’hôtel un peu plus dispendieuse que si vous la payiez de votre poche, alors pourquoi sommes-nous surpris quand des fonctionnaires et des politiciens se payent la traite avec leur compte de dépense? Jus d’orange à $15 le verre? Pas de problème! C’est pas moi qui paye! Nous nous en scandalisons, mais nous leur donnons tous les incitatifs à le faire. En plus, si on commence à éplucher tous les différents ministères, organismes et départements, il y a fort à parier que nous en trouvions qui sont redondants, voire carrément inutiles. Je ne serait pas surpris de découvrir qu’ils ont un département de la redondance. Comment ce fait-il qu’au Québec, nous dépensons trois fois plus en programmes d’aide à l’entreprise que toutes les autres provinces, mais que nous ayons un déficit entrepreneurial par rapport au reste? Un autre exemple est quand notre gouvernement actuel promet 15 000 places de garderies subventionnées supplémentaires et exige, pour des raisons purement idéologiques, que ces places soit fournies par des CPE publics plutôt que des garderies privées quand nous savons que de construire une nouvelle CPE coûte $2 millions au contribuable, alors que ces frais sont entièrement assumés par les propriétaires d’une garderie privée et que les places existent déjà dans le réseau privé. Bref, les exemples abondent comment les politiciens et fonctionnaires gaspillent votre argent.

 

C’est qui les coupables?

On voit des gens manifester dans la rue pour toutes sortes de conneries, rarement les voit-on manifester pour que les gouvernements cessent de gaspiller notre fric. Au grand contraire, lorsqu’un gouvernement essaie d’avoir le courage de couper un tant soit peu dans le gras et gaspiller un peu moins, on vois les parasites du système sortir pour tout casser et protester contre l’austérité. Alors si vous cherchez un coupable, regardez un miroir…

 

Les problèmes de l’égalité (suite et fin)

L’incompatibilité

 

Les notions énumérées ci-haut semblent très belles, mais elles sont fortement incompatibles entre elles. En effet, une égalité des richesses laisse la place à une inégalité des ressources et des opportunités, puisque ce n’est pas tout le monde qui peut bien utiliser son argent. De même, une égalité des ressources amène une inégalité des richesses et des opportunités, puisque certains sont plus débrouillards que d’autres.

 

Aussi sont-elles incompatibles avec une société qui reconnaît la propriété privée, droit sans lequel rien ne se produit et fait les gens se battre entre eux1. Vouloir égaliser les richesses, et surtout les ressources, sous-entend que l’on prend le fruit du travail (que l’on suppose honnête) d’une personne pour le donner à une autre sans compensation. Si ce n’était pas le gouvernement qui faisait l’opération, on serait clairement en présence de vol. Et tel que mentionné, on ignore si les promoteurs veulent que l’on pallie l’irresponsabilité en donnant toujours plus d’argent ou de ressources. Si tout le monde a droit à du fer, doit-on pallier les pertes de ceux qui le laissent rouiller?

 

Par ailleurs, est-ce qu’une égalité matérielle est vraiment nécessaire? A-t-on tous besoin d’une voiture de luxe et d’un château sur le bord de la mer? Les gens ne voudraient-ils pas plutôt que les gens aient un strict minimum pour vivre? Si tel est le cas, alors l’égalité matérielle est futile. Si on a de quoi se nourrir, se vêtir et se loger correctement, à quoi bon vouloir prendre des autres de force? Sans compter qu’en divisant la richesse, on appauvrit la masse. Les dirigeants communistes depuis Deng Xiaoping semblent avoir au moins compris ce principe2. D’ailleurs, qu’est-ce qui est mieux : une société où chaque quintile gagne 20 000$ ou une où le quintile inférieur gagne 20 000$ alors que le supérieur gagne 100 000$?

 

Un problème d’injustice?

 

À la base du plaidoyer pour l’égalité semble exister un sentiment d’injustice. On continue de répéter que les riches s’enrichissent aux dépends des pauvres. Si l’affirmation a son fond de vérité dans notre société corporatiste, il demeure néanmoins que prendre aux pauvres pour donner aux riches est tout aussi injuste que de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Et si les riches s’enrichissent sans violer les droits des pauvres, où est le problème?

 

Donc, si l’inégalité matérielle cause autant de problème, peut-être devrait-on plutôt se tourner vers l’égalité morale, c’est-à-dire dans nos relations avec les autres. F.A. Hayek plaide pour l’égalité devant la loi, principe très populaire qui a notamment permis d’éliminer plusieurs lois racistes et sexistes. Toutefois, le simple fait que ces lois aient existé montre le talon d’Achille du principe. Du temps des monarchies absolues, tout le monde était égal devant la loi : on était jeté au cachot si on se moquait du roi, peu importe l’origine sociale (à quelques très rares exceptions). Et aujourd’hui, il semble que n’importe qui peut être placé sous écoute ou être arrêté sans mandat…

 

Égalité d’autorité

 

Il semblerait alors que le seul type d’égalité qui permette une véritable égalité entre les gens soit une égalité d’autorité, tel qu’imaginé par John Locke. À son époque (fin 17e siècle), le droit divin semblait encore la norme; certaines personnes était prédestinées d’avance à en diriger d’autres. Il a complètement défait cet argument dans son Second traité sur le gouvernement, en affirmant que le pouvoir de diriger les autres est réciproque, et donc que nous sommes tous égaux comme les autres animaux, sans qu’un n’assujettisse un autre.

 

Parallèlement, le philosophe Immanuel Kant croit que les meilleures conditions politiques sont celles où chacun peut, tout comme les autres, obliger son prochain à respecter ses droits. Nous avons donc droit à l’intégrité de notre corps, à notre travail et à détenir une propriété. On peut également mutuellement s’obliger à quelque chose au travers d’un contrat.

 

En conclusion, si on considère l’égalité morale comme la seule juste – personne ne peut réclamer autorité sur qui que ce soit –, alors on doit oublier toute forme d’égalité matérielle. En effet, affirmer qu’une personne ait droit aux fruits d’une autre, c’est affirmer qu’on a l’autorité nécessaire pour effectuer le transfert, et donc que nous sommes inégaux dans notre autorité sur les autres. Une telle société donne le Québec, où la réglementation, les taxes et les impôts sont tellement écrasants que nous nous faisons rattraper par le Nouveau-Brunswick quant au salaire moyen après impôt. Il semble que nos intellectuels préfèrent que nous soyons également pauvres plutôt qu’inégalement riches…

Hausse du taux de chômage chez les 15 à 24 ans

Le marché canadien est au ralenti depuis les derniers mois, malgré les différents salons de l’emploi qui prennent place. Cette situation économique soulève un chômage plus élevé chez les 15 à 24 ans. Selon statistique Canada, il y a 26 800 emplois perdus dans ce groupe d’âge dont 200 au Québec. Le taux de chômage chez les jeunes à montée a 14,7% dus en partie par la diminution du retirement de 25 000 jeunes de la population active.

Il y a 38 000 personnes cherchant de l’emploi au Canada, ce qui représente un taux de chômage de 7,4%. La baisse du taux de chômage est en partie due au décrochage de certains travailleurs de la population active.

Au cours des derniers mois, c’est l’emploi au canada qui a perdu dans les différentes industries telles que commerce de détails et de gros, le transport et l’entreposage, les soins de la santé, l’assistance social ainsi que dans l’administration publique. Les pertes dans l’industrie du commerce de gros furent de 37 000 emplois, comparativement à une hausse dans le domaine de la finance 41 000 emplois. Il y eu un contre balancement du aux hausses dans la finance, les assurances, l’immobilier et la location, dans certains entreprises de services.

Les économistes restent modestes et anticipent des créations d’emplois, il prévoit 15 000 créations d’emplois, malgré le faible nombre de créations de nouveaux emplois lors des derniers mois. De plus, le marché ne connait que de petites hausses d’offre d’emploi, les moteurs de recherche d’emploi au canada en témoigneront.  Lors d’une conférence à Toronto, le premier ministre, M. Harper, mentionna que le pays demeurait dans une situation économique fragile, toutefois, le portail de l’emploi chez nos voisins américains semblait encourageant.

La concurrence entre les générations

De plus, les statistiques ont démontré une diminution de l’emploi chez les 15 à 24 ans, mais une hausse chez les 55 ans et plus. Ainsi, il y a une concurrence avec les deux groupes d’âge, surtout dans les emplois à temps partiel. Les jeunes occupent majoritairement des emplois à temps partiel, car ils sont aux études.

L’effronterie

 

Dans une entrevue donnée à la Presse Canadienne publiée ce matin, M. Bachand dit que les Québécois doivent payer leur juste part dans le coût des services publics. Essaierait-il d’insinuer que les Québécois, vivant dans la juridiction la plus taxée d’Amérique du Nord, ne paient pas leur juste part? Cette affirmation frôlerait l’effronterie la plus crasse. Les québécois paient plus que leur part pour des service dont la qualité est pire que presque partout au Canada. Selon cet excellent billet de David Gagnon, nos services publics seraient en fait médiocres. Son billet démontre que:

  1. Le Québec se situe en 8e place au Canada pour l’efficacité de son système de santé.
  2. Le Québec est de loin la pire province canadienne pour la résolution de causes criminelles.
  3. Le Québec est au 4e rang des infrastructures les plus vétustes au Canada
  4. Le Québec a le plus haut taux de décrochage au Canada.

Sans compter les listes d’attentes interminables dans les CPE et les conditions excécrables de nos CHSLD. Bref, considérant la qualité de nos service publics et le montant de taxes, impôts et tarifs de toutes sortes que nous payons, on peut se demander où va tout cet argent? Eh bien selon de dernier rapport du receveur général, les dépenses du gouvernement sont hors de contrôle. Mais selon M. Bachand, ce sont les québécois qui ne font pas leur part.

Le Québec n’a pas un problème de revenu, il a un problème de dépenses. Notre bureaucratie est hors de contrôle. Depuis 2010, année ou M. Bachand avait promis de faire le 2/3 des efforts pour le retour à l’équilibre budgétaire et qu’il nous a incité à bien le surveiller, Nous ne cessons de voir des exemples de gaspillage éhonté des fonds publics et de corruption dans les journaux. Le Québec distribue trois fois plus de subventions aux entreprises que l’Ontario et continue pourtant d’avoir un taux d’entrepreneuriat anémique. Je crois que si ensevelir un problème avec de l’argent suffisait à le régler, nous le saurions. 

Je crois qu’il est grand temps que nous reconsidérions, en tant que société, quel rôle l’état doit jouer dans nos vies. Il est clair, considérant la culture de gaspillage rampante régnant dans une bureaucratie obèse ( 97 employés publics pour 1000 habitants, bien au-dessus de la moyenne canadienne),  que l’état québécois essaie d’en faire trop et vit au-dessus de ses moyens. Il faudrait donc revoir les services offerts par l’état et se demander si ce n’est pas possible que ces services soient offerts par d’autres organisations et laisser des entrepreneurs de concurrencer pour les offrir. Il est temps d’essayer autre chose. Il est aussi temps de donner à M. Bachand son 4%.

Maxime Bernier: « La libre entreprise a fait du Canada un pays prospère. C’est la libre entreprise qui va nous sortir de cette crise. »

Le 3 février dernier, Maxime Bernier a prononcé un discours devant la Chambre de Commerce de Toronto. Il vient de poster la traduction française de ce discours sur son blogue hier. J’ai trouvé ce discours intéressant et je me permet donc de le reproduire intégralement ici.

 Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un sujet qui me fascine depuis quelques années : comment sortir de la crise économique globale qui a débuté en 2007.

Comme vous le savez, elle a commencé sous la forme d’une crise financière provoquée par l’effondrement de la bulle immobilière aux États-Unis. Elle s’est ensuite répandue à travers le monde et a entraîné une récession.La plupart des gouvernements ont réagi en adoptant d’ambitieux plans de relance qui ont alourdi les dettes déjà élevées qu’ils avaient. Elle s’est maintenant transformée en crise de la dette publique et en crise budgétaire, en particulier en Europe et aux États-Unis.

Certains pays européens, comme la Grèce, doivent maintenant être sauvés de la faillite. D’autres, comme l’Italie et l’Espagne, ont des problèmes sérieux. Certains seront de nouveau en récession cette année. Plusieurs analystes prévoient que tout cela pourrait entraîner l’effondrement de l’union monétaire européenne.

De leur côté, les États-Unis accumulent depuis plusieurs années des déficits gigantesques qui mettent en danger l’économie américaine à moyen terme.

Au contraire, la situation est sous contrôle au Canada. Notre économie a créé plus d’emplois depuis la récession que nous en avons perdus durant la récession. Le Canada n’a pas trop souffert, en partie parce que nous avions des finances publiques saines avant la crise. Et parce que notre plan de relance a été limité et bien ciblé, en grande partie sur des projets d’infrastructure dont nous avions besoin.

Nous n’avons pas perdu le contrôle de nos dépenses. Nous n’avons pas créé de déficits non viables. Et aujourd’hui, nous sommes clairement sur la voie du retour à l’équilibre budgétaire et, à moins que la situation internationale ne se détériore, d’une croissance économique soutenue.

Pourquoi le Canada se retrouve-t-il dans une situation économique relativement enviable, alors que nos partenaires connaissent toujours de sérieuses difficultés? Parce que nos partenaires appliquent les préceptes d’une école de pensée économique qui s’appelle le keynésianisme. Cette théorie a été développée par l’économiste britannique John Maynard Keynes.

Keynes avait très peu confiance dans les entrepreneurs et le libre marché. Il était un fervent défenseur de l’intervention du gouvernement dans l’économie. L’une des principales idées de Keynes est qu’en période de crise ou de récession, la meilleure façon d’en sortir est d’augmenter les dépenses du gouvernement.

Les dépenses publiques vont soutenir la demande globale, remettre tout le monde au travail et relancer l’économie. Même si le gouvernement a déjà un déficit élevé et une grosse dette accumulée, ce n’est pas grave. Il faut emprunter et dépenser.

C’est l’un des paradoxes proposés par Keynes : la solution à trop de dépenses est de dépenser encore plus. La solution à des niveaux élevés de déficit et de dettes est encore plus de déficit et de dettes.

Les économistes keynésiens prétendent que si l’économie américaine ne s’est toujours pas complètement remise de la crise, c’est parce que le gouvernement ne dépense pas suffisamment. Pour eux, des déficits budgétaires annuels correspondant à 10% du PIB, ça ne suffit pas. Il souhaite des déficits encore plus importants. Pour vous donner une idée, le déficit budgétaire du Canada cette année correspond à un peu moins que 2% du PIB.

Il y a quelque chose de fondamental qui cloche dans cette explication. La question centrale qu’on doit se poser est celle-ci : d’où vient l’argent que le gouvernement dépense? Il doit bien venir de quelque part. Un gouvernement ne peut pas injecter des ressources dans l’économie à moins de les avoir d’abord retiré du secteur privé par des taxes et des impôts; ou de nous avoir endettés davantage en empruntant l’argent.

Chaque fois que le gouvernement prend un dollar additionnel dans la poche de quelqu’un, c’est un dollar que cette personne ne pourra pas dépenser ou investir. Les dépenses publiques augmentent; les dépenses privées diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation de la demande globale.

Les emprunts du gouvernement ont le même effet. Les investisseurs privés qui prêtent l’argent au gouvernement auront eux aussi moins d’argent à dépenser ou à investir ailleurs. Ou bien, ils auront moins d’argent à prêter à des entrepreneurs du secteur privé. Les emprunts et les dépenses publics augmentent; les emprunts et les dépenses privés diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation dans la demande globale.

C’est comme prendre une chaudière d’eau dans le coin de la piscine ou l’eau est profonde pour la jeter dans le coin où c’est moins creux. Et il est évident que ça ne fonctionne pas. Nos amis keynésiens à Ottawa, les néodémocrates et les libéraux, devraient comprendre ça.

Voyons ce qui est arrivé dans le pays qui a mis en ouvre ce genre de politique de façon très poussée : le Japon. Il y a vingt ans, le Japon a souffert d’une crise similaire à celle qui a frappé récemment les États-Unis. Une bulle spéculative qui s’était développée dans le secteur immobilier a finalement éclaté en 1990. Les prix se sont effondrés et cela a eu un impact négatif sur toute l’économie.

Le gouvernement japonais s’est lancé dans une série de programmes de dépenses publiques pour stimuler artificiellement l’économie. Il a dépensé des billions de yen. L’économie japonaise n’est cependant pas sortie de sa torpeur.

En 1990, la dette publique brute du Japon correspondait à 68% du PIB. Aujourd’hui, c’est 225%. La dette publique japonaise est la plus élevée au monde. Et les Japonais n’ont pas obtenu grand-chose en retour. Ce n’est pas parce qu’on dépense tout ce qu’on peut avec sa carte de crédit qu’on s’enrichit. Et pourtant, s’il faut en croire la logique du keynésianisme, l’économie japonaise aurait dû connaître la croissance la plus rapide dans le monde depuis vingt ans.

Voici deux autres exemples historiques qui permettent de contredire cette théorie.

Dix ans avant la Grande Dépression, en 1920 et 1921, l’économie américaine a subi une très grave récession. Presque personne n’en a entendu parler, parce qu’elle n’a pas duré très longtemps. L’économie a chuté de 17%. Le chômage est passé de 5 à 12%.

Le président à l’époque, Warren Harding, ne croyait pas qu’on pouvait relancer l’économie en augmentant les dépenses publiques. Au contraire, il croyait que le gouvernement devait s’enlever du chemin.

Qu’est-ce qu’il a fait? Il a réduit le budget du gouvernement de presque la moitié. Il est passé de 6,3 milliards de dollars en 1920, la dernière année du gouvernement Wilson, à 3,3 milliards en 1922. Harding a aussi réduit les impôts.

Nos amis keynésiens et les partis d’opposition à Ottawa vont dire que ce n’est pas du tout ce qu’un gouvernement devrait faire pour relancer l’économie. Mais c’est pourtant précisément ce qui est arrivé. Dès la fin de 1921, l’économie avait repris de la vigueur et a en croissance pendant le reste de la décennie. Le chômage est rapidement descendu à 2,4% en 1922.

Qu’en est-il de la Grande Dépression? Beaucoup de gens pensent que c’est le New Deal du président Roosevelt qui a mis fin à la crise. Mais ce n’est pas du tout ce qui est arrivé. Malgré toutes les nouvelles dépenses et les nouveaux programmes du New Deal, la Dépression s’est poursuivie année après année.

En 1939, le secrétaire au Trésor de Roosevelt, Henry Morgenthau, a fait cet aveu surprenant :  » Nous avons essayé de régler le problème en dépensant de l’argent. Nous dépensons plus que nous avons jamais dépensé auparavant et ça ne fonctionne pas. Huit ans après l’entrée en fonction de ce gouvernement, nous avons autant de chômage que lorsque nous sommes arrivés. et une énorme dette par-dessus le marché!  »

On entend également souvent dire que c’est la Deuxième Guerre mondiale qui a mis fin à la Dépression. Ce n’est pas non plus ce qui est arrivé. Le chômage a certainement reculé, parce que des millions d’hommes ont été conscrits et envoyés au front. Mais la situation ne s’est pas améliorée pour l’Américain moyen. La plupart des produits de consommation de base étaient rationnés pendant la guerre. Il n’y a pratiquement pas eu de construction.

La Dépression a en fait pris fin après la guerre. C’est à ce moment que les dépenses du gouvernement ont chuté de façon draconienne. Le budget est passé de 92 milliards de dollars en 1945 à 29 milliards en 1948. Ça signifie une réduction de plus des deux tiers!

La prospérité d’après-guerre a débuté à ce moment-là. La société de consommation telle qu’on la connaît, où une famille moyenne a les moyens de se payer un frigidaire, une voiture, une maison, date de cette époque.

Encore une fois, si on suit la logique keynésienne, ce n’est pas comme ça que ça aurait dû se passer. En faisant toutes ces compressions budgétaires, le gouvernement a réduit la demande globale. L’économie aurait dû s’effondrer. Mais il faut voir les choses d’une autre perspective : le gouvernement a libéré des ressources qui sont devenues disponibles pour le secteur privé. C’est pour ça que l’économie a repris le chemin de la croissance.

Quand il dépense, le gouvernement fait toujours concurrence au secteur privé pour mettre la main sur des ressources rares. Lorsqu’on détourne des ressources de l’utilisation la plus productive qu’elles peuvent trouver dans le secteur privé, pour les utiliser à des fins moins productives dans le secteur public, on ne verra pas beaucoup de croissance.

Pour relancer l’économie, il faut donner aux entrepreneurs les moyens de créer de la richesse. Nous devons mettre en place les meilleures conditions possibles pour que le secteur privé devienne plus productif.

Cela signifie, en premier lieu, de contenir les dépenses. C’est ce que fait notre gouvernement, avec un plan clair pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2015. Dans le prochain budget, notre gouvernement annoncera des compressions de 5 à 10% dans les dépenses d’opération de l’État. Voilà une façon concrète de cesser de concurrencer le secteur privé.

Nous devons également réduire les impôts. Depuis le 1er janvier, l’impôt sur les sociétés au Canada est passé à 15% le plus bas niveau parmi les pays du G7. Il était à 22% quand nous sommes arrivés au pouvoir il y a six ans. Voilà une façon concrète de rendre les ressources disponibles pour le secteur privé.

Nous avons besoin de plus de libre-échange. Notre gouvernement a annoncé des accords de libre-échange avec 11 pays jusqu’à maintenant. Nous sommes toujours en train de négocier avec plusieurs autres. Nous espérons pouvoir annoncer bientôt une entente très importante avec l’Union européenne. Voilà une façon concrète d’élargir les marchés et les opportunités qui s’offrent au secteur privé.

Enfin, il nous faut moins de réglementation. La paperasse inutile est une taxe cachée sur le travail des entrepreneurs qui touchent surtout ceux qui sont le moins capables de la supporter : les petites entreprises. La paperasse inutile ralentit la croissance économique et la création d’emploi, diminue la productivité et a potentiellement pour effet d’écraser l’esprit d’entreprise des Canadiens.

Le 18 janvier dernier, j’ai dévoilé le rapport de la Commission sur la réduction de la paperasse. Il contient 90 recommandations à court terme pour se débarrasser des irritants réglementaires. Et 15 recommandations à long terme pour éviter que la paperasse se remettre à augmenter encore une fois. Voilà une façon concrète de libérer les énergies du secteur privé.

Il est impossible d’atteindre une croissance durable avec plus de dépenses publiques, plus de dettes, et plus de taxes et d’impôt. Ça, c’est la solution keynésienne. C’est ce que l’opposition à Ottawa n’arrête pas de demander. Leur seule solution pour n’importe quel problème, c’est plus de dépenses, plus de taxes, plus de stimulus artificiel et plus de dettes. Ils ne se rendent pas compte que trop de stimulus agit comme un sédatif économique plutôt que comme un stimulant. On ne peut pas retrouver le chemin de la prospérité simplement en dépensant toujours plus.

Les solutions keynésiennes ont échoué. Ce qu’il nous faut, c’est une approche conservatrice, qui met l’accent sur le rôle primordial du secteur privé pour créer de la richesse et soutenir la croissance économique.

La libre entreprise a fait du Canada un pays prospère. C’est la libre entreprise qui va nous sortir de cette crise.

Merci.

Oui, il faut abandonner Kyoto!

Je ne peux m’empêcher de sourire lorsque je vois la déconfiture des médias suite à l’annonce de l’abandon probable par le Canada de l’entente de Kyoto. J’ai vu certaines personnes même aller jusqu’à exprimer de la honte d’être canadien. Que c’est ridicule! Tout le monde se demande pourquoi les conservateurs voudraient laisser tomber Kyoto. Ma question serait plutôt pourquoi le Canada devrait-il continuer à adhérer à un protocole qui n’a sérieusement pas sa raison d’être.

Premièrement, contrairement à ce que les médias et l’élite politique québécoise voudrait vous faire croire, le débat sur les origines du réchauffement climatique est très loin d’être clos. Les données de températures les plus récentes démontrent qu’en fait, il n’y a plus de réchauffement depuis 1998 et pendant ce temps, les émissions de CO2 anthropogéniques n’ont cependant pas diminué, au contraire. Récemment, des incidents comme le Climategate, ainsi que la révélation que beaucoup de documentation dans leurs rapports sont basées sur des faits anecdotiques et non-scientifiques, la crédibilité du GIEC en a pris pour son rhume. Le projet CLOUD du CERN a aussi beaucoup endommagé la thèse selon laquelle les GES émis par l’activité humaine est la raison principale des changements climatiques. Je laisse l’éminent géophysicien français Vincent Courtillot vous expliquer dans cette courte vidéo:

 


Vincent Courtillot et le réchauffement climatique par VideoScopie

Mais, même si on admettait que c’est vrai qu’il y a réchauffement et que celui-ci est causé par l’activité humaine, et même si tous les pays émetteurs de GES adhéraient à Kyoto, les projections du GIEC évaluaient que la différence sur la température globale ne serait que de 0,2 degrés Celcius dans 100 ans. Pour ce minable 0,2 degrés, nous allons dépenser des centaines de milliards de dollars alors que nous sommes déjà endettés jusqu’au cou. Y-a-t-il une quelconque logique à ça? Moi je dois avouer qu’elle m’échappe, pas vous?

Au lieu de se demander pourquoi on devrait laisser tomber Kyoto, on devrait plutôt se demander pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt.

Keystone XL: un projet qui doit voir le jour

Quelques milliers de manifestants disparates se sont réunis devant la Maison Blanche dimanche afin de s’opposer au projet d’oléoduc Keystone XL. Ce projet vise à permettre le transport du pétrole de l’ouest canadien vers les raffineries du Golfe du Mexique. Il est un complément d’oléoducs déjà existants. L’objectif des manifestants est de faire pression sur le Président Obama afin qu’il s’oppose au projet et qu’il encourage des solutions énergétiques supposément plus vertes.

 

Alors que la production de pétrole est en déclin aux États-Unis, les Américains se tournent de plus en plus vers leur voisin du nord afin d’assurer leur approvisionnement en hydrocarbures. Le Président Obama fait de l’indépendance énergétique une des priorités de son administration et le partenaire canadien est préféré aux fournisseurs traditionnels du Moyen-Orient. Le Canada est un État stable et un partenaire commercial démocratique de premier plan. De plus, notre nation a un intérêt énergétique complémentaire évident avec son voisin.

 

En réalité, il est fondamentalement dans l’intérêt national des deux pays que l’oléoduc Keystone XL soit mis en oeuvre rapidement. Les Américains ont besoin de pétrole et le Canada en a à exporter. Pour le Canada, exporter ses matières premières est essentiel; c’est un aspect important de toute sa stratégie économique et du développement des ses industries. Le marché américain est vaste et ses besoins en énergie sont gigantesques.

 

Comme on peut s’en douter, ce projet, comme tout ceux qui impliquent le pétrole, engendre une levée de bouclier de la part des environnementalistes. Ceux-ci craignent la pollution et de potentielles fuites de l’oléoduc. Or, la technologie moderne réduit les risques à une fraction des autres modes de transport. L’oléoduc prévu est une construction de routine pour l’industrie. L’entreprise impliquée dans le projet, TransCanada Pipelines, estime qu’il y a environ 200 000 miles de telles structures aujourd’hui aux États-Unis. Quand entendons-nous parler de problèmes et de fuites? Le transport par bateau, de son côté, est beaucoup plus risqué. En plus du trajet du navire, il implique le remplissage et le déversage des hydrocarbures.

 

Les environnementalistes s’attaquent aussi au pétrole en lui-même en affirmant que le pétrole des sables bitumineux est sale et polluant. À ce niveau, on peut parler de mauvaise foi et de protectionnisme américain mal placé. Les sables bitumineux ne sont certes pas plus nocifs que les gisements américains de pétrole lourd. De plus, les États-Unis ont largement recours au charbon et à l’éthanol dans l’ensemble de leur production énergétique. On ne peut pas dire que ces deux sources d’énergie soient moins polluantes que le pétrole canadien.

 

En raison des intérêts nationaux des deux pays, les hydrocarbures canadiens seront acheminés vers les États-Unis d’une manière ou d’une autre. Il serait donc ridicule de freiner la mise en oeuvre de l’oléoduc Keystone XL alors qu’il est le mode de transport le plus économique et le plus sûr.

Mythes et légendes socialistes: Le système de santé cubain

S’il existe un mythe persistant, c’est la supposée excellence du système de santé cubain.  Malgré la propagande castriste gaiement perpétrée par des idiots utiles comme Michael Moore et nos propres élites gauchistes. Il s’avère que le système Cubain est un système à trois vitesses. Une pour l’élite du Parti Communiste, une pour les touristes et une autre pour les cubains ordinaires. La seule différence entre les touristes et l’élite cubaine, c’est qui paie et qui ne paie pas pour les soins. Les touristes paient bien sûr en pésos convertibles, dont la valeur est fixée au dollar américain. Pour les cubains ordinaires, la situation est tout autre.  

Cuba en chiffres.

  Canada Cuba
Population (2007) en millions 32 876 11 268
Âge médian 39 37
PIB par habitant ($ PPA int.) 35 310 N/D
Dépenses de santé % du PIB (2006) 10,0 7.7
Dépenses de santé par habitant ($ PPA int.) 3 673 674
Espérance de vie à la naissance (2007) 81 78
Nbre de Médecins par 10 000 habitants 19 59

Nbre d’infirmières et sages-femmes par 10 000 habitants

101 74
Nbre de lits d’hôpitaux par 10 000 habitants 34 49

(Source: OMS)

Si on ne se fiait qu’aux statistiques, le système cubain semble impressionnant. Il semble faire beaucoup avec rien. Mais les statistique de l’OMS proviennent du gouvernement de chaque pays respectifs. Si on peut dire que la plupart des pays occidentaux ont bonne réputation par rapport à leur transparence, ça n’a jamais été le cas de gouvernements communistes, comme ceux de la défunte URSS et de Cuba, qui par le passé n’ont jamais hésité à fournir des statistiques bidon pour bien paraitre et qui maintiennent tout le contrôle de l’information en restreignant le la liberté d’expression et la liberté de presse.

Il ne suffit que de visiter les sites d’organismes comme Amnistie Internationale, Human Rights Watch et Reporters Sans Frontières pour constater la volumineuse documentation contre Cuba au niveau des droits humains et de la liberté d’expression. L’URSS était notable pour gonfler leurs statistiques de production industrielle. Lorsque le rideau de fer est tombé, on s’est bien rendu compte que l’URSS était un tigre en papier. Que le système de santé cubain soit également un tigre en papier, ne devrait surprendre personne. Par exemple, le faible taux de mortalité infantile cache le fait que Cuba a un des taux d’avortement les plus élevés au monde, presque 5 fois celui du Canada. Ça pourrait laisser croire qu’à Cuba, on avorte tout fœtus qui pourrait avoir une défectuosité quelconque. D’autres facteurs tendent aussi à démontrer que les statistiques de Cuba sont trompeuses.

Financement

Tous les soins, pour ce qu’il y a, sont financés par le gouvernement cubain qui en retour, taxe 95% des revenus de ses citoyens. Pour un système qui est supposé être gratuit, je trouve qu’en réalité il coûte affreusement cher en termes du pouvoir d’achat des cubains ordinaires qui ne gagnent environ $20 par mois. Si d’ailleurs vous allez vérifier les statistiques de l’OMS sur le PIB par habitant et le pourcentage d’habitants vivant en dessous de $1 par jour, comme par hasard, ces statistiques sont non-disponibles. D’après mes calculs très conservateurs, la dernière de ces statistiques doit englober plus de 95% de la population. Si le nombre de médecins et infirmières de Cuba parait impressionnant, c’est que le régime cubain s’en sert comme monnaie d’échange pour obtenir des denrées, comme du pétrole vénézuélien, par exemple.

La prestation des soins.

À Cuba, tous les soins sont prodigué dans des hôpitaux gérés par le gouvernement cubain. Toute forme de clinique privée y est bien sûr illégale. Il existe quelques hôpitaux modernes comme celui qu’a visité Michael Moore pour son film « Sicko ». Rien n’est trop beau pour les apparatchiks et les touristes et leurs dollars. Mais la grande majorité des hôpitaux cubains sont vétustes et dilapidés. Michael Moore a demandé à ce que les patients qu’il a emmené avec lui soient traités « exactement » comme les cubains ordinaires et n’était que trop heureux de gober tout ce que les autorités cubaines lui ont dit, sans même vérifier. S’il avait vu comment les cubains ordinaires sont traités, il aurait été horrifié. Les images valent mille mots, alors vous n’avez qu’à regarder la photo ci-haut et la photo ci-contre pour avoir un aperçu de ce qu’un cubain ordinaire subit lorsqu’ils sont hospitalisés.

Dans la photo ci-contre, on voit un patient dans un lit dont le matelas ne serait utilisé que par des sans-abris au Québec et les deux pieds dans sa propre merde! À Cuba, des médicaments ordinaires comme l’aspirine, l’acétaminophène, l’ibuprophène et les antibiotiques sont très rares et ne sont trouvables que dans des magasins réservés à l’élite et les touristes dont les prix sont en $US ou en Euros, ou sur le marché noir. Les gants de latex sont tellement difficiles à obtenir, que les chirurgiens doivent les réutiliser. Les défenseurs du système cubain sont vites à blâmer l’embargo américain, mais cet argument est une coquille vide. Il impliquerait que les États-Unis seraient la seule source de médicaments sur laquelle Cuba pourrait compter et ce n’est certainement pas vrai. Cuba a un bon nombre de partenaires commerciaux qui ont accès à tous les médicaments dont Cuba pourrait avoir besoin et qui ne demanderaient pas mieux que de leur vendre. Dans la réalité, un patient cubain qui fait un séjour à l’hôpital doit fournir ses propres vêtements, ses draps, sa nourriture, ses médicaments et son fil de sutures. De plus, quelqu’un de sa famille devra prendre soin de lui la plus grande partie de son séjour. C’est ça le système cubain. Tout ça est documenté. Seuls les amis du régime vont tenter de prétendre le contraire.

Conclusion.

Certains considèrent à tort que Cuba est un modèle à suivre. Seulement, aucune personne saine d’esprit ne considèrerait adopter ce système. Bien des opposants de l’inclusion du privé dans notre système de santé, brandissent le spectre de la médecine à deux vitesses. L’exemple de Cuba démontre conclusivement qu’un système 100% public et socialiste est une garantie d’équité. En réalité, il démontre plutôt que ce genre de système mène inévitablement à une plus grande iniquité: un apartheid médical.

Sources:

For Cubans, a bitter pill – National Post, July 7,2004.

The Myth of Cuban Health Care

« Sicko » Presents False View of Cuba’s Health System

Cuba’s Healthcare Horror

‘The Cuban model doesn’t even work for us anymore’: Castro

The Incidence of Abortion Worldwide

OMS: Statistiques Sanitaires Mondiales 2010