Tag Archives: CAQ

Vive la variété!

rmartineautlmep

rmartineautlmep

Par Philippe David

Je me dois de réagir à la dernière chronique de Richard Martineau. Depuis quelques années j’ai remarqué une tendance très libérale dans les écrits de Richard Martineau, mais il y a des fois ou son vieux jupon étatiste/collectiviste recommence à dépasser. C’est certainement le cas lorsqu’il se plaint qu’on commence à avoir trop de choix dans l’offre politique.

J’aimerais bien voir M. Martineau poser la question à Adrien Pouliot, à savoir s’il y a vraiment trop de partis politiques. Connaissant M. Pouliot, je suis certain qu’il lui répondrait qu’au contraire, il y a un manque effroyable de concurrence d’idées au Québec et c’est certainement pour ça que nous sommes dans le pétrin. La raison pourquoi les partis politiques semblent se multiplier dernièrement est justement parce que l’offre politique actuelle ne répond pas à la demande.

Bonnet blanc, blanc bonnet

Depuis 1976 le PQ et le PLQ s’échangent le pouvoir. La seule différence entre ces deux partis s’inscrit au niveau de nos relations avec le reste du Canada, mais au niveau de la gouvernance, ces deux partis ont tendance à gouverner au centre-gauche. Ils ont tous deux à leur tour multiplié les programmes sociaux coûteux et augmenté l’endettement de la province. Depuis la confédération les partis politiques apparaissent et disparaissent et se succèdent. Sortie coté court le Parti Conservateur, entrée côté jardin l’Union Nationale et le Crédit Social. Bonjour le PQ, bonsoir l’Union Nationale. Bye bye Crédit Social et allo Québec Solidaire et l’ADQ. Au revoir ADQ et bonjour la CAQ, le Parti Conservateur et l’Équipe Autonomiste et tous les nouveaux groupuscules de souverainistes impatients d’attendre que le PQ se décide à faire un référendum. Bref, la politique est toujours en ébullition et c’est une bonne chose. Le bipartisme est une recette pour la stagnation, ça commence à être évident aux États-Unis.

La dynamique de marché

Richard Martineau compare le marché politique au marché des jeans et des confitures, ce qui demeure une bonne comparaison, mais il tire les mauvaises conclusions. Il croit que trop choix sème la confusion. C’est parce qu’il refuse de considérer l’évolution du marché à long-terme et ne se limite qu’à un horizon très court. Trop de partis politiques sèment la confusion et incitent les voteurs à rester chez eux, vraiment? Que dire de l’effet quand il n’y en a pas assez? Qu’arrive-t-il quand tu ne sais pas où mettre ton X parce qu’aucun parti ne partage notre vision? Les 700 000 qui se sont abstenus de voter en 2008 l’ont-ils fait parce qu’ils avaient trop de choix ou parce qu’ils ont été déçus par l’ADQ et ne se reconnaissaient dans aucun autre parti? Lequel des quatre principaux partis au Québec(PQ, PLQ, QS et CAQ) propose un vrai changement au Québec? QS? Ils propose les mêmes recettes socialistes que nous suivons depuis 50 ans, mais poussé à l’extrême. Le PQ? Ils ont bien réduit les dépenses et la dette pendant les années ’90, mais ils ont tôt fait de recommencer à dépenser comme des marins en permission une fois qu’ils ont atteint le « déficit zéro » et ils ont évacué tous ceux qui ont travaillé à réduire le déficit. Depuis une décennie, le PQ ressemble de plus en plus à QS. Le PLQ? Faites-moi rire? La CAQ? Qu’ont-ils proposé de vraiment différent? Même chose pour les fervent de la souveraineté. Le PQ et QS ne sont pas trop pressés d’entamer des démarches pour faire la souveraineté, alors on voit des partis apparaitre comme Option Nationale, qui proposent de faire ce que le PQ et QS hésitent à faire. S’il y a 30 sortes de paires de jeans, c’est que les consommateurs réclament une telle sélection. Si un modèle se vend moins bien que les autres, il sera retiré. Même chose pour les partis politiques. Si un parti n’attire plus les gens, il mourra éventuellement. Si par contre on découvre qu’une certaine clientèle n’est pas desservie par aucun parti politique, c’est peut-être qu’on devrait en fonder un. Si on veut un jour que ça change, il faut laisser les gens mettre leurs idées de l’avant et laisser les électeurs décider ce qui leur convient.

Qui sait? Peut-être qu’un jour le Parti Conservateur du Québec supplantera le Parti Libéral ou le PQ. Mais avant que ça puisse arriver, il faut bien commencer en quelque part! Et même s’il n’arrive jamais à supplanter les gros partis, considérez que le Parti Vert a réussi depuis une vingtaine d’années, à imposer des éléments de son programme aux autres partis sans jamais élire un député. Ces petits partis sont donc essentiels au progrès du débat public. S’il y en a tant présentement c’est justement parce que le Québec a désespérément besoin de faire un gros brassage d’idées. Alors moi je dis « vive la variété! »

 

Adrien Pouliot briguera la chefferie du Parti Conservateur du Québec

Adrien Pouliot

Adrien Pouliot

Par Philippe David

Dans un point de presse cet après-midi, l’homme d’affaire Adrien Pouliot a annoncé qu’il se lançait en politique en posant sa candidature à la chefferie du Parti Conservateur du Québec. Après avoir considéré se lancer dans la course au leadership du Parti Libéral, M. Pouliot a préféré rejoindre un parti qu’il considère plus près de ses idées.

Le Parti Conservateur du Québec est rené de ses cendres il y a un an des suites de la fusion entre l’ADQ et la CAQ. Ce parti cherche à rallier les anciens adéquistes déçus et autres orphelins de la droite québécoise.

Adepte du libéralisme classique et homme d’affaire accompli, Adrien Pouliot amènera sans aucun doute un vent de fraicheur à la scène politique québécoise. Je lui souhaite bonne chance!

 

Les pleutres

marceau-budget

 

Par Philippe David

Le budget a été déposé et sans surprise, le PQ a augmenté les impôts des contribuables gagnant plus de $100 000, rendu la taxe santé progressive,  augmenté les taxes sur le tabac et l’alcool, ainsi que dégelé les tarifs d’électricité. On distribue toutes sortes de bonbons. Les frais de scolarité et de garderies restent gelés, aucune coupure sérieuse dans la bureaucratie ou dans le BS corporatif. En fait, je me demande comment Nicolas Marceau arrive à dire qu’ils atteignent l’équilibre budgétaire en gardant son sérieux. Quand mon budget est équilibré, ma dette ne continue pas à grimper, alors comment se fait-il que malgré un transfert de 1,5 milliard du fonds des générations à la dette, celle-ci bondit quand même de $10 milliards et continue de croitre à $265 la seconde? C’est quand même prendre les gens pour des cons que d’essayer de leur passer un tel sapin avec de la comptabilité créative.

Nicolas Marceau, comme ses prédécesseurs a choisi la voie de la paresse et de la facilité et fait passer l’effort d’un retour fictif à l’équilibre budgétaire sur le dos des contribuables les plus taxés en Amérique du Nord.

Par ailleurs, on apprend que le PLQ, malgré qu’il décrie le budget, ne tiendra pas sa promesse de voter contre le budget. Il semble qu’ils ne feront pas équipe avec la CAQ pour renverser le gouvernement. Selon Jean-Marc Fournier, il serait irresponsable de forcer une élection après moins de 100 jours. C’est juste, mais ils pouvaient également former une coalition avec la CAQ pour remplacer le PQ. Avec plus de 60% de la population derrière eux, ils auraient toute la légitimité pour gouverner. Bien plus que le gouvernement actuel et c’est parfaitement constitutionnel. Il est impératif de déloger ce gouvernement de pee-wees. Je déplore que les libéraux agissent comme des pleutres. C’est pourquoi je suis fier d’annoncer ceci:

En réponse à ce budget presse encore le contribuable québécois comme un citron et dans le but de générer un mouvement de protestation, le Réseau-Liberté Québec initie la campagne « Non aux hausses d’impôt« . Cliquez sur le lien pour vous rendre au site web et signer une lettre ouverte enjoignant le gouvernement à renoncer à toute hausse du fardeau fiscal des québécois et exhortant les députés de l’opposition à voter contre le budget si le gouvernement ne recule pas. Le site a aussi une page vous permettant d’envoyer des courriels à tous les députés de l’opposition leur demandant de voter contre ce budget. Faites-vous entendre!

L’appui de Rona Ambrose à la motion touchant l’avortement et un gouvernement de coalition pourrait-il remplacer le gouvernement actuel? :

rona-ambrose

Par Simon Leduc

Vote sur la motion Woodworth : une attaque sournoise des féministes contre la ministre conservatrice :

Il y a quelques semaines, un député conservateur d’arrière-ban a présenté un projet de loi privé à la Chambre des Communes. La motion parrainée par Stephen Woodworth demandait qu’un comité parlementaire soit mis en place pour étudier si le fœtus doit être considéré comme un être humain sur le plan légal. Le mouvement progressiste accuse le gouvernement conservateur de vouloir indirectement rouvrir le débat sur l’avortement avec cette initiative privée. Le premier ministre Stephen Harper a clairement promis de ne pas rouvrir cette boîte de Pandore. Le rejet de la motion de M. Woodworth par une majorité de députés (M. Harper a voté contre) le prouve bien. Le Parti conservateur est majoritaire à la Chambre des communes. S’il aurait voulu légiférer sur l’avortement, cela aurait déjà été fait. Les groupes féministes et les gauchistes devraient arrêter leur campagne de peur contre les conservateurs. Le premier ministre tient sa promesse et il ne va pas criminaliser cet acte médical. Est-ce que c’est clair bordel?

Le chef conservateur a permis à ses députés de voter selon leur conscience car le M-312 est une motion privée. La ministre de la Condition féminine a voté en faveur de la proposition de son collègue. Les féministes ont férocement dénoncé le geste de la ministre. Ces militantes radicales affirment que Rona Ambrose veut faire reculer les droits des femmes. Elles demandent la démission de la ministre conservatrice. Ces groupes féministes sont vraiment intolérants et antidémocrates. Mme Ambrose a bien le droit de voter pour la motion M-312 et avoir des réticences face à l’avortement. Je me porte à la défense de Rona Ambrose et cela ne fait pas de moi un conservateur radical sur le plan social. Je défends le geste démocratique de la ministre, c’est tout. Elle s’est fait littéralement lynchée dans les médias sociaux.

On dirait que certains sujets sont tabous (l’avortement, la peine de mort, le mariage gai, etc.) et que l’on ne peut même pas en discuter calmement. Si une personne est contre l’avortement, elle est forcément contre les droits des femmes. C’est très simpliste comme raisonnement. Le mouvement progressiste est dogmatique et idéologue et il n’accepte aucun débat de fond. Les décisions dogmatiques du gouvernement péquiste (la fermeture de Gentilly 2 sans consultation, les hausses d’impôts rétroactives et le rejet du gaz de schiste) et la réaction des groupes féministes face à l’appui de Mme Ambrose à la motion M-312 le prouvent bien.

Un gouvernement de coalition PLQ-CAQ pourrait remplacer le gouvernement? :

Jamais un gouvernement du Québec n’aura réussi à se mettre à dos autant de personnes après seulement trois semaines en poste. Le gouvernement Marois est une catastrophe ambulante. Pauline Marois a rapidement pris des décisions controversées sans consulter les partis d’opposition qui représentent pourtant une majorité de Québécois. La première ministre veut tenir ses promesses électorales afin de satisfaire sa base électorale. Le gouvernement Marois ne semble pas comprendre que le peuple québécois ne lui a pas accordé une majorité parlementaire. C’est une sage décision qu’il a pris le 4 septembre dernier. Les péquistes se foutent éperdument de cela. On a gagné les élections et allez au diable ceux qui ont eu le malheur de ne pas voter pour nous. Dans le dossier des hausses d’impôts rétroactives, l’arrogance et l’intransigeance du ministre des Finances sont inacceptables. Cette mesure doit faire partie du premier budget Marceau qui devrait être déposé en mars prochain. La CAQ et le PLQ sont clairement contre toute hausse d’impôt des particuliers. Nicolas Marceau affirme que le gouvernement ne reculera pas sur cette question. Donc, le gouvernement risque de se faire renverser sur le vote cruciale sur le budget (c’est un vote de confiance). Si cela se produit, certains chroniqueurs pensent que le PLQ et la CAQ devraient aller voir le Lieutenant Gouverneur afin de lui demander de former le prochain gouvernement. Un gouvernement de coalition PLQ-CAQ pourrait éviter un scrutin trop hâtif. Je ne suis pas un grand partisan d’un tel scénario. Si le gouvernement Marois perd la confiance de la Chambre, des élections générales devraient être déclenchées sur le champ. Selon moi, c’est le parti politique qui a obtenu le plus de sièges qui doit gouverner. Si on veut se débarrasser du gouvernement péquiste, un scrutin anticipé est la meilleure option qui s’offre à ses adversaires.

Le cirque

clowns

Par Philippe David

Vous aimez cette photo de notre nouveau conseil des ministres? Ok, ce n’est pas vraiment une photo du conseil des ministres, mais c’est l’impression que Pauline 1ère, l’impératrice, et ses joyeux drilles m’ont donné. Tout d’abord parce que tout ce qu’ils ont fait cette semaine sent l’amateurisme à plein nez. Un chance que Pauline nous avait dit qu’elle avait déjà une équipe de transition de prête pendant la campagne électorale. Qu’est que ça aurait été si le PQ avait été pris par surprise.

La soirée de l’impro

Non seulement est-ce que la composition de cabinet éminemment faible du côté économique et éminemment forte en bolchévistes et melons d’eau, mais moins de 48 heures après la présentation et l’assermentation du cabinet, Pauline 1ere devait déjà remanier son cabinet. Elle avait oublié de nommer un ministre du revenu et grâce à une crise du bacon de la députée Noëlla Champagne, elle a dû repenser qui sera ministre responsable de la Mauricie et du Centre du Québec et les a confié au whip du parti, qui n’est pas vraiment ministre.  Encore une autre preuve qu’avec Pauline, ile ne suffit que de faire une crise du bacon pour avoir tout ce qu’on veut. Je suis certain que tous les groupes de pression et les lobbyistes du Québec ont pris des notes. Merci Pauline! Quel amateurisme!

Le triomphe des carrés rouges

Parlant de crise de bacon, Pauline a non-seulement rétablit le gel des frais de scolarité, mais elle a récompensé ces pauvres chérubins en leur laissant la bonification des prêts et bourses qui était supposé compenser la hausse. Le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière. Après tout, ça a dû être tellement stressant pour ces pauvres incompris estudiantins de manifester, émeuter et casser, tout en étant persécutés par ces méchants policiers! Pensez-vous qu’ils sont satisfaits? Noooooon! Puisque ça marche, ils vont continuer. La FEUQ et la FECQ vont pousser pour un gel permanent (il ne faudrait surtout pas que ces pauvres chérubins soient affectés par l’inflation comme le reste du monde, quand même!) et la CLASSE veut rien de moins que la gratuité! Et qui va payer? J’y reviendrai plus bas…

Les deux pieds sur le frein

Les analogies automobiles continuent. Après avoir eu un gouvernement qui se targuait d’avoir les deux mains sur le volant, nous en avons maintenant un qui a les deux pieds sur le frein. Si au moins c’était pour nous faire éviter le mur sur lequel nous fonçons, mais malheureusement, de ce côté, le PQ a plutôt les deux pieds sur l’accélérateur. Le PQ a les deux pieds sur le frein en ce qui a trait au développement économique. Tout d’abord, notons qu’il n’existe plus de ministère du développement économique. Ensuite, en deux jours, notre nouveau gouvernement a déjà aboli trois industries par décret: l’amiante, le nucléaire et le gaz de shale (et non gaz de schiste). Les deux premières n’étaient probablement pas réchappable de toute façon. Le marché de l’amiante était mort de toute façon et l’industrie vivait sur le respirateur depuis des lustres de toute façon. Quant à Gentilly, il est plutôt incertain si avoir une centrale nucléaire valait la chandelle étant donné les coûts de la remettre à niveau.  Je concède que sa fermeture était probablement inévitable, mais le gouvernement aurait pu faire mieux que la façon qu’ils l’ont fait.

Pour les gaz de shale, par contre, c’est totalement injustifié et 100% idéologique. Je trouve aberrant d’entendre une ministre qui a supposément une formation d’ingénieur dire qu’elle ne voit pas le jour ou ces ressources gazières pourraient être exploitées de façon sécuritaire. L’humanité a conquis la Lune et a envoyé des robots se promener sur Mars et serait aussi en train de percer le mystère de la propulsion supraluminaire, mais désolé, extraire du gaz de shale ici sur Terre, c’est au-dessus de nos capacités! Foutaise! Un petit flash pour la ministre: le gaz de shale est déjà exploité de façon sécuritaire ailleurs au Canada et aux États-Unis. La position de Mme Ouellet tient donc de la démagogie la plus pure. On peut aussi s’imaginer l’avenir du développement de nos ressources pétrolière et minières avec Martine Ouellet, le melon d’eau, à la barre du ministère des ressources naturelles. Ce sera moratoire sur tout et surtaxage de tout ce qui est déjà exploité.

La saignée

Pendant Pauline 1ère distribue des bonbons à ses fidèles, le trou se creuse dans le budget. Le manque à gagner de l’abolition de la hausse des frais de scolarité et de la taxe de santé ne se comblera pas tout seul. Mais évidemment, Pauline n’est pas à court de pensée magique. Donc nous allons taxer les riches! Pas seulement dans le future, mais rétroactivement! Si apparemment, cette mesure est légale, elle est plutôt odieuse. Mais ceux qui sont visés ne forment que 3,6% de la population, Pauline ne se soucie certainement pas de leurs votes. Ce que l’ineptie de Mme Marois lui fait oublier c’est que ce 3% et des poussières paie plus du quart de tous les impôts et qu’ils sont mobiles. Non seulement est-ce que son gouvernement embourbe la création de nouvelle richesse, mais il s’applique à faire fuir tout le capital de la province. Bravo Pauline.

À babord toute!

La stratégie de PQ ne pourrait être plus claire. Un virage radical à gauche pour essayer de rapatrier les votes qui sont allés à QS et ON au dernier scrutin, en espérant que lorsque son gouvernement tombera, le vote anti-PQ sera divisé entre les libéraux et la CAQ suffisamment pour avoir un gouvernement majoritaire en profitant de notre mode de scrutin actuel. Ne vous attendez donc pas à avoir un scrutin proportionnel de sitôt. Pendant ce temps, Pauline 1ere va nous enfoncer son programme dans la gorge pendant que les libéraux sont occupés à se choisir un nouveau chef et ne risquent pas d’être prêts à faire tomber le gouvernement avant le printemps prochain au moins. Entre temps, préparez-vous à subir des mesures bolchéviques. C’est plutôt ironique, depuis le temps que la gauche québécoise critique Stephen Harper et l’accusent d’être un dictateur, qu’on se retrouve avec un style tout aussi autocratique de la part de Pauline Marois. Va-t-on voir la gogauche caviar traiter Pauline de fasciste? Permettez-moi d’en douter.

Ce qu’il faut retenir de l’élection

Par Pierre-Guy Veer

Bon, alea jacta est : les électeurs ont fait leur choix. Ils ont voté pour le PQ de Pauline Marois par une proportion relativement faible (moins de 1/3 des suffrages exprimés), laissant ainsi une opposition forte avec le PLQ et la CAQ – QS sera nettement plus proche du gouvernement que les deux autres partis. Que faut-il retenir de cette élection?

 

Tout d’abord qu’il n’y avait pas vraiment de choix. Tous les partis présents à la dissolution de la chambre, sans exception, avaient, à différents degrés, des intentions collectivistes. Tous proposaient des moyens pour « mieux » dépenser notre argent. Option nationale, bien que dirigée par un économiste, trempe dans le socialisme jusqu’au cou en voulant nationaliser les ressources naturelles et en accordant la gratuité scolaire totale; le tout sera payé en taxant les biens de luxe et avec un impôt des successions progressif[1]. QS propose sensiblement les mêmes choses, en plus de vouloir couper drastiquement nos gaz à effet de serre. Le tout sera payé par des impôts plus progressifs aux particuliers et aux entreprises; des mesures seront aussi mises en place pour que l’État récupère « son » dû[2]. Dans le cas de la CAQ, même si on semble vouloir ouvrir la porte à une participation du privé en santé, la structure bureaucratique ne sera pas foncièrement changée. Aussi prétend-elle que les gens ont « droit » d’avoir le produits d’autres humains, ce qui en fait un parti collectiviste[3]. Le PLQ n’est pas mieux : il s’imagine qu’il a trouvé une poule aux œufs d’or dans le Grand Nord. Il (donc, tous les contribuables) dépenserait plus de 25 G$ pour des retombées fort incertaines[4]. Toutefois, la palme du socialisme (et du nationalisme) revient, parmi les partis qui avaient espoir d’avoir le pouvoir, au PQ. Extension de la loi 101 au post-secondaire et aux petites entreprises, une taxe sur le « surprofit » des minières de 30%, une taxe de 50% sur l’exploitation des hydrocarbures avant impôts, augmenter les impôts… Tout pour que les Atlas du Québec quittent la Belle Province une fois pour toutes.

Bref, pour citer des amis anarchistes : peu importe pour qui on vote, le gouvernement restera au pouvoir. Car même un parti (marginal) de « droite » (prônant moins d’intervention) comme le PCQ n’aurait strictement rien changé aux structures des ministères de l’Éducation et de la Santé.

 

Une grande division du vote

 

Un autre point important de cette élection est la très grande division du vote. Comme les partis sont tous pareils sur l’axe économique, c’est sur l’axe politique qu’il faut regarder. Du côté des partis opposés à la séparation – la CAQ veut un simple moratoire –, on retrouve plus de 58% des suffrages exprimés. Si les deux n’avaient qu’un parti, une vingtaine de comtés, dont celui de Charlevoix de Pauline Marois, seraient passés aux mains du PLQ.

Mais c’est du côté des séparatistes que la division du vote est la plus évidente. En effet, simplement en additionnant les votes de QS, ON et du PQ, ce dernier aurait facilement formé un gouvernement majoritaire. Aussi, ce sont aussi près d’une quinzaine de comté qui auraient basculé dans le camp séparatiste.

 

Toutefois, l’on peut se demander si ce peu de soutien relatif pour le PQ ne vient pas de sa radicalisation. En effet, alors que notre économie est rendue à se comparer aux économies lourdement endettées comme le Japon, la Grèce ou l’Espagne, le PQ a décidé de jouer à fond la carte identitaire. Peut-être les électeurs ont-ils réalisé que, dans notre monde où l’anglais et même une autre langue sont nécessaires, limiter les choix pour les gens est une mauvaise chose.

 

Les humains ne sont plus rationnels

 

Par ailleurs, l’autre point marquant de la soirée a évidemment été la tentative (apparente) d’assassinat contre Pauline Marois par Richard Henry Bain. La phrase qu’il a lancée (« Les anglophones se réveillent enfin ») a amené les spéculations les plus folles tant à gauche[5] qu’à droite[6]. Toutefois, dans les deux cas, on suppose que M. Bain est un automate qui obéit au premier caprice qui lui passe par la tête. À moins qu’il ne souffre de problème mentaux, il était complètement maitre de ses actions. Qu’il ait été influencé ou non par un quelconque commentaire est sans aucune importance. Il est un être rationnel, et a agi en connaissant pleinement quelles seraient les conséquences de son geste. C’est lui qui a pris le fusil et tiré, pas Pauline Marois ou un animateur de radio. C’est lui qui sera jugé; c’est lui qui pourrait éventuellement être reconnu coupable, personne d’autre.

 

En conclusion, l’élection québécoise de 2012 en aura été une bien étrange. Malgré une forte impopularité de Jean Charest et du PLQ, ce parti a néanmoins 50 sièges. Le PQ, de son côté, n’en a que 54, en plus de n’avoir que 0,7% de vote de plus que le PLQ. Bref, la gouvernance de la première femme à la tête du gouvernement du Québec – pour l’importance que ça a – risque d’être interrompue dès que le nouveau chef libéral sera bien en selle, que le PQ déclare une élection surprise ou qu’un vote de non-confiance se produise. C’est une bonne chose; les politiques trop radicales de sont parti aurait complètement détruit l’économie. Prédiction : dans un an.

Élections générales du 4 septembre : une victoire empoisonnée pour le PQ, le maintien du vote libéral et une déception pour la CAQ :

francois-legault

Par Simon Leduc

Après neuf ans de purgatoire, le Parti québécois a remporté les élections générales et formera le prochain gouvernement. Malgré un gouvernement libéral impopulaire, Pauline Marois n’a pas obtenu ce qu’elle voulait : un gouvernement majoritaire. Elle a fait élire seulement quatre députés de plus que les libéraux. C’est un résultat très décevant pour le parti souverainiste car il ne pourra pas mettre en place ses idées identitaires et linguistiques. Les troupes de Jean Charest ont déjoué les pronostics en allant chercher une récolte respectable de cinquante sièges et elles formeront l’opposition officielle. La CAQ de François Legault pouvait espérer terminer deuxième devant le PLQ mais elle a dû se contenter de la troisième place. Ces résultats électoraux auront quelles conséquences sur les principales formations politiques? Allons voir cela de plus prêt.

Le résultats de la CAQ prouve une chose : les Québécois ne veulent pas de changement :

Au déclenchement des élections, le parti de François Legault était loin derrière le PQ et le PLQ dans les sondages et il ne pouvait pas espérer mieux que la troisième place. François Legault a fait une très bonne campagne car il a su imposer ses enjeux de prédilection (l’intégrité et le changement), de s’entourer d’une équipe compétente et crédible et il a offert une bonne performance lors des Face à Face. Ces trois éléments ont permis à la CAQ de se présenter comme une alternative crédible au gouvernement libéral sortant. Les troupes caquistes pensaient sérieusement terminer deuxième et former l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. Malheureusement, la CAQ a terminé troisième avec une faible récolte de 19 députés malgré un score honorable de 27% des voix. Comment peut-on expliquer le résultat décevant de ce nouveau parti? Le chef de la CAQ a martelé pendant 35 jours que le Québec avait besoin de changement et qu’il allait faire le ménage dans l’appareil étatique. Je crois que les Québécois sont très réfractaires aux changements brusques. Une majorité d’entre eux tient au modèle québécois et elle ne veut pas que l’on le réforme même si celui-ci est à bout de souffle depuis une dizaine d’années. Le peuple québécois adore ses vieilles pantoufles et il ne veut pas les changer pour une autre paire qui serait moins confortable les premières années. Le Québec a peur du changement et le résultat électoral de la CAQ le prouve bien. Je crois que François Legault aura fort à faire pour convaincre une majorité de Québécois du bien fondé de ses réformes. Malheureusement, les Québécois ne semble pas réaliser que la province s’en va dans la mauvaise direction. Il y a une chose que j’ai réalisé le soir du 4 septembre est le fait que le Québec n’est pas réformable. Dans le futur, tous les partis politiques qui vont offrir de faire le ménage dans le modèle québécois vont subir des échecs électoraux comme l’ADQ en 2008 et la CAQ en 2012.

Le PQ : une courte victoire empoisonnée :

Tout d’abord, après plus de trente ans de vie politique, Pauline Marois a finalement réalisé son rêve : devenir le première femme PM du Québec. Tout d’abord, il faut féliciter Mme Marois pour sa victoire. Elle a réussi à survivre à plusieurs tentatives de putsch de la part de son aile radicale et elle a imposé son leadership à un parti qui est traditionnellement ingouvernable. Elle a gagné son parti et il faut le souligner. Par contre, c’est une victoire amère pour le Parti québécois. Malgré un gouvernement sortant très impopulaire, les péquistes ont seulement élu quatre députés de plus que les libéraux. On ne peut pas dire que les Québécois ont eu un élan d’enthousiasme pour le parti souverainiste. La cheffe du PQ va diriger un gouvernement minoritaire très faible. Elle ne pourra pas mettre en place ses politiques identitaires et linguistiques et déclencher un référendum sur la souveraineté. Cela risque de déplaire énormément au trio de caribous (Jean-François Lisée, Pierre Duchesne et Bernard Drainville). La plus grosse menace pour la nouvelle la première ministre va provenir de son propre camp. Les purs et durs ne seront pas patients et ils pourraient être tentés de saboter le travail de Mme Marois pour pouvoir mettre un des leurs à la tête du parti : Jean-François Lisée. La députée de Charlevoix est au pouvoir mais elle aura fort à faire pour se démarquer dans un parlement minoritaire. En tout cas, la courte victoire péquiste est un cadeau empoisonné pour sa cheffe.

Ensuite, il faut souligner la faiblesse économique du Parti québécois. Celui-ci a toujours su s’appuyer sur des ténors d’une qualité rare : Jacques Parizeau, Bernard Landry, François Legault, Rodrigue Biron, Joseph Facal, etc. Le PQ version 2012 n’a aucun député qui a l’étoffe de ses prédécesseurs sur ce plan. Cela devrait inquiéter les Québécois car l’économie devrait être la priorité numéro un du gouvernement québécois à cause des turbulences européennes. Il faut constater que cet enjeu est le dernier des soucis du nouveau gouvernement. Les questions sociales (l’annulation de la hausse des frais de scolarité, le gel des tarifs, etc.), linguistiques (la nouvelle loi 101) et identitaires (la charte de la laïcité) seront au cœur du programme de Mme Marois. Le Parti québécois n’est plus un parti centriste comme dans le temps de Lucien Bouchard. Sous la gouverne de Pauline Marois, il a fait un virage dangereux vers la gauche afin de séduire Québec solidaire. Comment le nouveau gouvernement va se comporter sur le plan économique? On le saura rapidement mais ceux qui se préoccupent de la santé économique de la province risquent d’être vraiment déçus.

Le PLQ : Jean Charest laisse la maison libérale en ordre :

Jean Charest a échoué dans sa tentative d’obtenir un quatrième mandat gouvernemental mais celui-ci a fait quand même bonne figure malgré l’usure du pouvoir. Le Parti libéral du Québec a terminé deuxième avec seulement un pourcent de moins que le PQ dans le vote populaire. Les sondages d’opinion ont réellement sous-estimé le vote libéral. Le PLQ est une institution au Québec et son électorat naturel est fidèle à lui. Les libéraux seront dans la course lors des prochaines élections et avec un nouveau chef solide et charismatique, ils pourraient reprendre rapidement le pouvoir.

Le lendemain du scrutin, Jean Charest a démissionné de ses postes de premier ministre et de chef du PLQ. Tout d’abord, il faut saluer l’engagement politique de Jean Charest. Celui-ci a sacrifié 28 ans de sa vie pour servir les Québécois et les Canadiens. Quel est le moment fort de la carrière de l’ancien chef libéral? Lors du référendum de 1995, M. Charest a bien défendu le camp fédéraliste québécois et sa prestation lui a valu le surnom de Capitaine Canada. Dans ce domaine, on va se souvenir de lui comme un grand fédéraliste. Je trouve que l’ancien chef libéral a un bilan mitigé à la tête du Québec. Celui-ci avait été élu en 2003 pour faire le ménage dans la fonction publique (la réingénierie) et il n’a pas eu le courage de se tenir debout devant les syndicats et les groupes de pression. L’ancien premier ministre aurait pu être le catalyseur du changement mais il a défendu le statu quo et c’est cela que l’on va se souvenir de son règne de premier ministre.

Qui sera le successeur de Jean Charest à la tête du PLQ? Les militants libéraux pourraient opter pour la continuité en choisissant son chef dans la députation actuelle : Raymond Bachand, Sam Hamad, Lise Thériault ou Pierre Moreau. Je crois que le Parti libéral doit se renouveler après les années tumultueuses de Jean Charest. Le prochain chef du parti doit provenir de l’extérieur. Le nom de Philippe Couillard circule et il serait un bon chef de parti. C’est un homme expérimenté et talentueux qui pourrait rapidement ramener le PLQ au pouvoir.

Un chroniqueur politique a écrit un papier qui a énormément fait réagir les internautes québécois. M. Duhaime souhaite que le prochain chef libéral soit Mario Dumont. L’auteur affirme que M. Dumont est l’homme politique le plus talentueux de sa génération et que c’est le temps pour lui de revenir au bercail libéral. Il ne faut jamais oublier que l’ancien chef de l’ADQ est un libéral dans l’âme et que son mentor est Robert Bourassa. Le chroniqueur affirme que le Parti libéral pourrait faire un virage vers un nationalisme de centre-droit avec M. Dumont à sa tête. Selon Duhaime, les Québécois veulent du changement et il pense que M. Dumont pourrait rallier une majorité afin de mener le Québec vers la prospérité économique. Je suis d’accord avec Éric Duhaime. Le Québec ne va nulle part et il a besoin d’un leader de la trempe de Mario Dumont. Il ne fait aucun doute que celui-ci ferait un bon premier ministre pour la Belle province. On a besoin de Mario Dumont mais celui-ci a clairement indiqué sur Twitter qu’il ne ferait plus jamais de politique active : « Rumeurs sur moi: fini la politique les amis. Pas maintenant, pas plus tard, pas au féd, pas au prov, pas au municipal. Ca me paraît clair…» . On peut bien rêver mais je crois que c’est très peu probable que M. Dumont fasse le saut car à ses yeux, il a déjà assez donné pour le Québec et je le comprend bien.

Le Parti québécois a obtenu une faible minorité. La CAQ et le PLQ vont bloquer toutes les idées controversées des troupes de Mme Marois et celle-ci n’aura pas la marge de manœuvre nécessaire pour gouverner à sa guise. On risque de se retrouver rapidement en élection. Le rêve de la première ministre pourrait se transformer en cauchemar car les caquistes et les libéraux vont revenir en force afin de la chasser du pouvoir. Je pense que le PLQ sera le favori pour gagner le prochain scrutin s’il choisi un bon chef comme Philippe Couillard ou Mario Dumont. Si ce n’est pas le cas, François Legault aura le champ libre. C’est à suivre…

Choisir de ne pas choisir

pauline-marois-pq

 

Par Philippe David

De mémoire récente, nous n’avons jamais vu une course aussi serrée pendant une élection. La démocratie a parlé et Pauline Marois est la première Première Ministre de l’histoire du Québec, mais seulement par la peau des fesses. Quand la poussière est retombée, seulement quatre sièges et  0,7% du vote populaire séparaient le gouvernement de l’opposition officielle. 

Contrairement à ce que Jean-François Lisée disait hier soir, le peuple n’a pas rejeté les libéraux, car on pourrait en dire autant de son propre parti. Le peuple  n’a pas vraiment choisi le PQ ou le PLQ ou la CAQ. En fait, le peuple a choisi de ne pas choisir. Le PQ l’a emporté par défaut parce que même à pourcentage quasi-égal des voix, il est improbable que deux partis récoltent le même nombre de sièges. En fait, avec la CAQ moins de 5% derrière les deux premiers, on pourrait quasiment parler d’une division égale du vote entre trois partis. Du jamais vu.

Comment expliquer un tel résultat? Il est clair que le peuple ne voulait plus des libéraux. Ils ont même voulu donner son 4% à Jean Charest, mais il est également clair qu’un gouvernement  péquiste dirigé par Pauline Marois ne leur tentait pas vraiment non plus. Quant à la CAQ, c’était un parti trop jeune pour pouvoir aspirer au pouvoir. Il n’avait tout simplement pas une machine électorale aussi bien graissée que le PQ ou le PLQ. Les vieux partis sont tout simplement mieux organisés pour sortir le vote, mais je soupçonne qu’ils ne perdent rien pour attendre. Malgré tout, pour un nouveau parti, la CAQ a très bien tiré son épingle du jeu.

En réalité, la surprise de la soirée fût la performance des libéraux, que les sondages donnaient pour morts. Probablement le gouvernement le plus honni de l’histoire du Québec (ce n’est  pas peu dire) et troisième dans les intentions de votes jusqu’à la toute fin de la campagne, les libéraux ont réussi à tirer les marrons du feu pour voler aux péquistes la majorité qu’ils convoitaient tant, leur laissant probablement le gouvernement minoritaire le plus faible de l’histoire.  Encore une fois, les sondeurs n’ont rien vu venir, ce qui appuie encore le vieil adage qui dit que le seul sondage qui compte est celui du jour du scrutin.

Le résultat est que bien que le PQ a remporté la victoire, ils découvriront que ce sera une victoire creuse. Ils seront menottés par leur trop faible majorité, au point qu’ils ne pourront que difficilement passer la plupart des points de leur programme. Le référendum, le renforcement de la loi 101 au cégep, les hausses d’impôt aux plus riches et peut-être même l’annulation de la hausse des frais de scolarité devront probablement être mis aux tablettes. Il est douteux que ces mesures soient appuyées par la CAQ. Les purs et durs du PQ devront ronger leur frein, ce qui me fait penser que Pauline ne fera peut-être pas long feu comme première Première Ministre. Si son gouvernement est défait tôt et qu’elle perd la prochaine élections, elle se retrouvera bien vite avec une cible dans le dos.

En fait, le sort de Pauline pourrait bien dépendre de Jean Charest. S’il refuse de démissionner, on pourrait facilement avoir des élections hâtives. Les libéraux semblent encore unis derrière leur chef. Si le PLQ fait une course à la chefferie, Pauline aura au moins quelques mois de répit. Nous verrons bientôt ce qui arrivera, mais je crois que la campagne électorale n’est pas terminée, elle ne fait que commencer. Par ailleurs, si Jean Charest décide de se retirer, il peut partir la tête haute, sachant que son parti est en très bon état. Un peu de sang neuf aura tôt fait de les remettre dans la course.

Sur une note plus sombre, j’offre mes sincères condoléances aux familles des victimes du cinglé qui a cru bon de venir foutre le bordel dans les célébrations du PQ. Ces victimes n’ont qu’été au mauvais endroit au mauvais moment.

Pourquoi j’ai voté pour la CAQ? :

francois-legault

Par Simon Leduc

Après quatre semaines de campagne électorale, les Québécois sont convoqués aux urnes le 4 septembre. Il y a quatre philosophies politiques qui sont offertes au peuple québécois : la continuité libérale, le communisme de QS, le recul identitaire et économique du PQ et le changement et l’espoir de la CAQ. Laquelle de ces options va triompher le soir du 4 septembre? Il semble que cela va se jouer entre la CAQ et le Parti québécois. L’auteur de ces lignes a opté pour la CAQ de François Legault et voici pourquoi.

Le PQ : le radicalisme économique et identitaire :

Sous la gouverne de René Lévesque (jusqu’à celle de Lucien Bouchard), le parti souverainiste était réellement une coalition composée de souverainistes progressistes et conservateurs. Cette formation politique avait une expertise en matière économique avec de grands noms comme Jacques Parizeau, Bernard Landry, François Legault, Joseph Facal, etc.). Elle a eu le courage de prendre des décisions économiques courageuses : les coupures de 20% des salaires des employés de l’État en 1982 et la bataille pour le déficit zéro dans les années 90. Sur le plan identitaire, le Parti québécois a toujours défendu et prôné la modération. René Lévesque était un grand démocrate et il ne voulait pas enfoncer un référendum dans la gorge des Québécois qui n’en voulaient pas après la défaite de 1980. Il a pris acte de la volonté de la majorité. Lucien Bouchard a fait la même chose après la défaite de 1995. Le Parti québécois était modéré sur les plans économique et identitaire mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Je suis un ancien sympathisant du Parti québécois qui croyait que l’indépendance ferait avancer le Québec vers la prospérité. Ce sont les idées réformatrices de Mario Dumont qui m’ont fait réaliser que le sacro-saint modèle québécois était à bout de souffle et que la dette publique allait devenir un gros problème pour les générations futures. Je me suis rendu compte que l’indépendance allait mener la province dans le ravin économique. Le Parti québécois se fout éperdument de la dette et de l’avenir des jeunes. Il est le grand défenseur du statu quo et c’est pour cela que j’ai déserté ce parti au milieu des années 2000.

Vous avez sûrement deviné que je ne vais pas voter pour le Parti québécois le 4 septembre et ce pour deux raisons. Tout d’abord, le radicalisme identitaire du PQ me répugne profondément. C’est à cause de la faiblesse du leadership de Pauline Marois que les péquistes ont adopté des politiques radicales sur la question de l’identité. Afin de demeurer cheffe de son parti, Pauline Marois a accepté d’inclure dans son programme, des idées défendues par sa frange extrémiste : la nouvelle loi 101, les référendums d’initiatives populaires et la souveraineté à tout prix. Le trio de justiciers de la langue (Jean-François Lisée, Pierre Duchesne et Bernard Drainville) contrôle totalement l’agenda péquiste en matière linguistique et identitaire. Les péquistes veulent s’attaquer à la liberté de choix des étudiants avec sa politique linguistique liberticide (imposition de la loi 101 aux collègues anglophones). Ces ayatollahs de la langue veulent empêcher les jeunes de s’ouvrir sur le monde. La jeunesse québécoise veut apprendre l’anglais afin de s’offrir une meilleure perspective de carrière. Quelle horreur, il faut absolument faire la souveraineté pour isoler cette jeunesse à l’intérieur d’un futur Léviathan socialiste et unilingue français. Je ne veux pas vivre dans une province qui serait refermée sur elle-même mais bien dans une province (à l’intérieur du Canada) qui est ouverte sur le monde et qui se préoccupe de l’avenir des jeunes. La philosophie politique péquiste est caractérisée par la haine de l’anglais, le mépris des Québécois non souverainistes et par la fermeture de soi.

Ensuite, sur le plan économique, ce parti indépendantiste flirte avec les idées de Québec solidaire. Le désir des péquistes d’augmenter les impôts des riches et de hausser les redevances sur l’exploitation les ressources naturelles le prouvent bien. La faiblesse de l’équipe économique du Parti québécois est flagrante. Est-ce qu’il y a réellement une équipe économique au sein du PQ? La réponse est non. C’est bien connu, Pauline Marois ne sait pas compter et son programme économique est synonyme de médiocrité. Qui serait le ministre des Finances sous un éventuel gouvernement Marois? Jean-François Lisée, faite-moi rire. Voulons-nous vraiment donner notre portefeuille collectif à ces illettrés économiques?

Le Parti libéral du Québec : l’usure du pouvoir :

Le Parti libéral du Québec s’est fait élire le 14 avril 2003 sur la promesse de réformer de fond en comble le modèle québécois. C’était la politique libérale de réingénierie de l’État. Jean Charest voulait s’attaquer au pouvoir syndical et amincir l’État québécois qui était pour le premier ministre, obèse et tentaculaire. Le gouvernement Charest n’a jamais tenu parole et il a reculé devant les protestations syndicales. Pendant le reste de son règne, le chef libéral a été un grand défenseur du statu quo. L’état a continué de grossir et la dette publique s’élève maintenant à 252 milliards de dollars. Les électeurs québécois qui veulent du changement ne peuvent pas se tourner vers le parti qui a trahi ses promesses. De plus, les allégations de corruption et de collusion qui flotte autour du gouvernement dégoûtent profondément l’électorat. Cela fait neuf ans que le gouvernement Charest est en poste. L’usure du pouvoir va jouer un rôle prédominant dans la défaite libérale. Malgré le fait que sa fermeté sur les questions du placement syndical et du conflit étudiant a été saluée par les Québécois, ceux-ci vont quand même lui montrer la porte le soir du 4 septembre. Le gouvernement libéral n’a pas livré la marchandise et c’est pour cela qu’il ne mérite pas un quatrième mandat, point à la ligne.

La CAQ : le changement :

La Coalition Avenir Québec de François Legault est le seul parti politique qui représente vraiment le changement. Malgré le fait que je ne suis pas d’accord avec le nationalisme économique de François Legault, j’ai voté pour lui par désir de changement et pour mettre à la porte les deux vieux partis politiques. Le leader de la CAQ s’est entouré d’une équipe forte qui est prête a diriger la province : Jacques Duchesneau, Gérard Deltell, Gaétan Barrette, Maud Cohen, Sylvie Roy, François Bonnardel, Éric Caire, etc. La CAQ est la seule formation politique qui propose de couper dans la bureaucratie et de réduire les impôts, deux crédos de la droite économique. Le Québec peut et doit faire mieux. La seule option qui s’offre aux Québécois qui désirent du changement est la Coalition Avenir Québec de François Legault.

Cela va être une soirée électorale extrêmement excitante et enlevante le 4 septembre. Le Parti québécois est en tête dans les sondages et est favori pour former le prochain gouvernement. Les sondeurs surestiment le vote péquiste. Il ne faut pas oublier que l’ADQ était troisième dans les enquêtes d’opinions en 2007 et elle a finalement terminé deuxième à seulement sept sièges du pouvoir. La CAQ a encore une chance de gagner mais cela va se jouer entre elle et le PQ. Il y a seulement une certitude : la défaite du Parti libéral du Québec. Je souhaite une bonne soirée électorale à tous mes lecteurs.

Le Bilan des trois face à face: Avantage Legault :

legault-marois-debat

Par Simon Leduc

Cette semaine, les chefs des trois formations politiques se sont affrontés dans des faces à faces qui ont été diffusés sur le réseau TVA. Les électeurs québécois avaient la chance de voir les qualités et les défauts des leaders de la CAQ, du PQ et du PLQ. En terme de cotes d’écoute, ces joutes verbales ont été un grand succès télévisuel : 1.5 millions de téléspectateurs en moyenne par soir. Les nombreux indécis ont-ils pu choisir définitivement leur camp? Qui est ressorti gagnant de cette semaine mouvementée de débats?

Le grand gagnant : François Legault :

L’ancien député de Rousseau n’avait jamais participé à un débat des chefs durant sa carrière politique. C’était un gros défi pour lui d’affronter deux debateurs expérimentés en Jean Charest et Pauline Marois. Le chef de la CAQ est le grand gagnant de ces duels parce qu’il a bien su présenter et expliquer son programme politique aux Québécois. Les Québécois désirent désespérément du changement (WE WANT CHANGE) et je crois que François Legault a su bien se présenter comme le catalyseur de ce changement. Il a martelé le fait que Jean Charest et Pauline Marois représentent la vieille garde politique qui protège le statu quo et le modèle québécois qui est à son dernier souffle. C’est vraiment lors de son duel contre son ancienne collègue du Parti québécois que celui-ci s’est le plus démarqué. Le chef caquiste a brillamment stigmatisé Mme Marois comme la reine du statu quo qui a les mains liées par les grandes centrales syndicales. Le Parti québécois ne se préoccupe pas de la dette publique et de l’iniquité intergénérationnelle. Les deux seules priorités sont la séparation du Québec et la défense des petits privilèges de ses petits amis syndicalistes. Lors de ces batailles verbales, François Legault a prouvé qu’il avait l’étoffe d’un premier ministre en devenir. Il veut sortir la province de sa torpeur et il semble être sincère dans ses intentions de changer les choses.. La CAQ semble avoir le vent dans les voiles. Est-ce que le Québec sera frappé par un raz de marée caquiste? On aura la réponse le soir du 4 septembre prochain.

Le navire libéral est en perdition :

Le premier ministre Jean Charest a déclenché des élections estivales afin de profiter de la crise étudiante pour solliciter un quatrième mandat. Le chef libéral voulait se présenter comme la seule formation politique qui a tenu tête à la révolte étudiante et comme le seul défenseur des principes démocratiques contre la gauche étudiante radicale (la CLASSE). Le conflit étudiant n’a pas été un enjeu prédominant de la campagne électorale. Les étudiants ont décidé de retourner rapidement en classe et cela a fait dérailler la campagne libérale. Le plan de match de Jean Charest était directement lié à la crise sociale qui a empoisonné la société québécoise le printemps dernier. Le premier ministre a tenté de recentrer sa campagne sur la marque de commerce libérale : l’économie. Cet enjeu a toujours été favorable au Parti libéral du Québec mais l’usure du pouvoir semble être un poids que Jean Charest ne peut plus supporter. Le PLQ perd des appuis dans sa propre cour : Robert Libman (l’ancien chef du Parti Égalité), l’ancien député libéral André Chenail et Jean-Paul Boily (un organisateur libéral). Le Parti libéral semble être sur le chemin d’une défaite électorale. Ce parti mérite un long purgatoire dans l’opposition et il semble bien que c’est le sort que les Québécois vont lui réserver le soir du 4 septembre.

Le Parti québécois : ses obsessions linguistiques et souverainistes :

L’usure du pouvoir libéral devrait favoriser le Parti québécois dans sa quête du pouvoir mais ce n’est pas le cas. La CAQ a réussi à s’imposer comme une alternative crédible au gouvernement libéral sortant. Pauline Marois ne se préoccupe pas des priorités des électeurs québécois : la santé, l’éducation, le remboursement de la dette, l’équilibre des finances publiques et la stabilité politique. Le parti souverainiste est obsédé par la question linguistique et la souveraineté. Le PQ version 2012 n’est plus celui que René Lévesque a fondé en 1976. Ce grand leader détestait les radicaux et ce sont eux qui ont pris le contrôle du parti de Mme Marois. L’imposition de mesures linguistiques liberticides (la violation de la liberté de choix des étudiants concernant l’éducation collégiale) et le spectre d’un troisième référendum sur la séparation du Québec (la signature de 15% de Québécois serait assez pour plonger le Québec dans l’abîme référendaire) le prouve bien. Le Parti québécois veut faire reculer le Québec trente ans en arrière et ce n’est pas ce que désire l’électeur québécois moyen. Si Pauline Marois échappe encore au pouvoir le 4 septembre prochain, elle pourra remercier les extrémistes de son parti : Jean-François Lisée, Pierre Duchesne, Bernard Drainville, etc.

Il reste seulement une semaine avant le jour du scrutin. La CAQ a le vent dans les voiles. Est-ce que les deux vieux partis pourront arrêter sa montée? Cela fait plus de quarante ans que le Québec est dirigé par les deux vieux partis politiques. Est-ce que les Québécois oseront opter pour le changement et montrer la porte aux libéraux et aux péquistes. On aura la réponse le soir du 4 septembre.

Le scrutin du 4 septembre : Que doivent faire les conservateurs québécois? S’abstenir ou voter pour la CAQ?

Bureau scrutin QC

Par Simon Leduc

Au déclenchement des élections, le parti de François Legault était en troisième place loin derrière les deux vieux partis. La CAQ a complètement dominé la première semaine de campagne à cause de ces trois éléments : la formation d’une équipe crédible et expérimentée derrière le chef, la candidature de Jacques Duchesneau et l’imposition de l’intégrité et de la corruption comme enjeux prédominants de la joute électorale. Cela a permis à la CAQ de prouver qu’elle était prête à former le prochain gouvernement.

On ne sent pas un grand enthousiasme pour ce parti centriste (contrairement à l’ADQ en 2007) mais les Québécois veulent du changement. On va se dire les vraies affaires, l’ancien ministre péquiste ne propose pas de remettre en question le sacro-saint modèle québécois. Il ne va pas toucher au caractère universel de nos programmes sociaux coûteux et inefficaces. La mixité en santé a été rejetée du revers de la main part le chef caquiste et le remboursement de la dette publique (qui s’élève à 252 milliards de dollars) ne fait pas partie de ses priorités. Si elle est élue, la Coalition avenir Québec ne va pas réduire de façon importante la taille de l’État parce que son chef est un étatiste. Celui-ci croit en un État fort et interventionniste et il pense que celui-ci serait plus efficace sous sa gouverne. Les troupes caquistes proposent de taponner la Caisse de dépôts et de placements du Québec afin qu’elle investisse davantage dans les entreprises québécoises même si c’est moins rentable pour elle. Autrement dit, M. Legault veut jouer à la roulette russe avec le bat de laine des Québécois. Il faut se rendre à l’évidence, la CAQ n’est pas un parti de droite mais bien centriste.

L’ancien député de Rousseau propose quand même des idées qui peuvent séduire la droite québécoise : une faible réduction d’impôts pour la classe moyenne, un plan de réduction de la dette publique par l’entremise de redevances minières et pétrolières et des coupures dans la fonction publique (abolition des Commissions scolaires et des agences de santé, des coupures de postes à Hydro-Québec et la réduction du nombre d’élus de la métropole. C’est un bon début mais la CAQ ne va pas assez loin dans ses réformes. La question que je me pose est la suivante : Que doit faire la droite québécoise? Elle pourrait voter pour des tiers partis comme le Parti conservateur du Québec ou Équipe autonomiste mais ceux-ci sont des partis marginaux et très peu connus. Les conservateurs québécois pourraient appuyer massivement la CAQ afin de se débarrasser des deux vieux partis mais surtout pour empêcher le PQ de former un gouvernement majoritaire. Le Parti québécois représente réellement une menace pour le Québec. Ce parti (qui était jadis dirigé par un grand homme René Lévesque) s’est radicalisé sur le plan linguistique. Sa volonté d’empêcher les jeunes francophones de fréquenter des collègues anglophones est une attaque directe au principe sacré de la liberté de choix. Avec une majorité, Pauline Marois va pouvoir partir en guerre contre Ottawa et elle va mettre le cap sur un autre référendum. Est-ce que l’on veut cela? Je ne pense pas.

Il ne faut pas que le PQ obtienne une majorité le soir du 4 septembre prochain. Plusieurs de mes amis conservateurs vont être tentés par l’abstention. Je ne crois pas que c’est la chose à faire. À cause de l’effondrement du vote libéral (moins de 20% chez le vote francophone), seul la CAQ peut barrer la route à une majorité péquiste. Les conservateurs devraient y penser à deux fois avant de s’abstenir. En tout cas, une forte abstention des anciens partisans de l’ADQ favoriserait Pauline Marois et ses ayatollahs de la langue. Les électeurs qui se situe à droite du centre du spectre politique doivent se poser cette question : Voulez-vous quatre ans de Pauline Marois? Je pense que de poser la question c’est y répondre.

La CAQ : un parti comme les autres

legault-election

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve la Coalition Avenir Québec, née des cendres de l’ancienne ADQ. Toutefois, en lisant le programme[1], on se rend vite compte que l’influence de l’ancienne formation de « droite » (pour une intervention réduite du gouvernement) est presque inexistante.

 

En effet, dès les pages 10 et 11, on affirme d’un même souffle que « Si une intervention plus marquée de l’État s’impose dans certaines sphères d’activité, il n’hésitera pas à s’impliquer, tout comme il n’hésitera pas à réduire la taille des structures superflues et à décentraliser au besoin les ressources et les centres décisionnels. » On veut notamment s’assurer « que les Québécois tirent pleinement profit de l’exploitation de leurs richesses naturelles » et « que le ministère de l’Environnement dispose des ressources adéquates pour assurer une protection optimale de l’exceptionnel patrimoine naturel du Québec. »

 

Heu, comment peut-on vouloir à la fois augmenter et diminuer la taille du gouvernement? On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre; le gouvernement augmente ou non. Considérant qu’un employé syndiqué est presque impossible à congédier[2], je doute que Legault soit capable de diminuer la taille du gouvernement, à moins qu’il n’ose toucher véritablement au Léviathan syndical.

 

Aussi, le langage collectiviste – les Québécois, le patrimoine exceptionnel du Québec – trahit les vraies intentions de la CAQ. Pour paraphraser Equality 7-2521, les expressions collectives (« les Québecois ») sont « the word of serfdom, of plunder, of misery, falsehood and shame[3]. » En effet, du moment qu’on prétend qu’une ressource, exploitée ou non, appartient à une collectivité, ou que le gouvernement a le droit de vie ou de mort sur son exploitation – ou qu’il y ait une participation minoritaire via la Caisse de dépôts et de placements –, alors on ne peut s’attendre qu’à un pillage systématique, de la misère, de la servitude et de la stagnation. Bref, au statu quo.

« Les Québécois » dans leur ensemble n’existent pas; il s’agit uniquement de 8 M de personnes individuelles qui vivent sur le territoire nommé Québec. « Les Québécois » qui veulent une intervention du gouvernement – même « lorsque nécessaire », si cela est possible – sont simplement des individus regroupés qui ont un fort intérêt à ce que le gouvernement intervienne en leur faveur. Car TOUTE intervention du gouvernement hors de ses tâches régaliennes (justice et sécurité publique) est TOUJOURS pour aider quelqu’un/un groupe de personnes au détriments de tous les autres, généralement au travers d’impôts, de taxes, de réglementation et je ne sais quoi d’autre.

 

De bons efforts pour l’éthique

 

Malgré ses tendances collectivistes, la CAQ a néanmoins certaines bonnes idées, à commencer par sa volonté d’améliorer l’éthique gouvernementale. On propose notamment d’élargir les pouvoir du vérificateur général, pour qu’il puisse vérifier les comptes des sociétés d’État sans leur demander la permission. On pourra enfin exposer au grand jour la mauvaise gestion d’Hydro-Québec[4] et de la SAQ[5], de même que rappeler celle des commissions scolaires[6], afin de demander des changements en profondeur, ou mieux demander leur abolition ou leur privatisation. Mais plutôt que de créer un VG qui vérifierait les comptes des villes de moins de 50k personnes, pourquoi l’actuel ne s’en chargerait pas?

La CAQ proposé également plus de transparence du gouvernement. On promet d’accélérer l’obtention de renseignements publics (via la Loi d’accès à l’information) et de rendre public tout contrat, dépense ou engagement public (ministères ou organismes) de plus de 25k$. Espérons que le gaspillage diminue avec cette mesure de visibilité – espérer une privatisation massive relève (malheureusement) de la pensée magique…

 

Aussi, bien que je sois généralement réfractaire à la création de nouvelles structures publiques, l’idée de créer un directeur parlementaire du budget semble séduisante. Le poste existe à Ottawa, et aussi à Washington (nommé CBO). Celui des ÉU estime, à la demande des parlementaires, des projections de dépenses à plus ou moins long terme pour certaines mesures publiques. Dans un cours que j’ai suivi en ligne, ce sont les prévisions du CBO qu’on a utilisées pour montrer que la réforme de la santé d’Obama allait avoir un effet marginal sur le déficit à long terme; en fait, elle ne ferait que ralentir le rythme de croissance.

 

Pour en revenir à la CAQ, deux dernières mesures d’intérêt pour l’éthique touchent directement les partis politiques. On propose de limiter les dons politiques (à un seul parti) à 100$/personne par année, ce qui « rendra pratiquement impossible l’utilisation des prête-noms. » Si Pauline Marois et Paul Desmarais ont été capables de le faire, ils trouveront sans doute le moyen de le faire encore. En plus de cette mesure, on propose un financement public (via le Directeur général des élections) à hauteur de 3$ par dollar versé par un particulier. En plus d’utiliser l’argent de Pierre pour payer Paul, cette mesure ne favorisera, encore une fois, que les gros partis avec une bonne machine. Avec une telle mesure, je doute fortement que Québec solidaire pour le Parti conservateur ait, à court et moyen terme, beaucoup d’argent, contrairement au PQ et au PLQ.

 

La seconde mesure politique veut instaurer des élections à date fixe comme sept autres provinces canadienne, un territoire et la Chambre des communes. L’idée serait excellente; ainsi, on n’aurait pas à anticiper les caprices du premier ministre en place pour savoir quand nous irions voter. Malheureusement, avec notre système parlementaire actuelle, l’application d’une telle loi est très difficile, comme l’a montré Stephen Harper de 2005 à 2011. Tout comme à Ottawa, les tiers partis prennent de plus en plus de place au Québec. Cela divise le vote (pas que c’est mauvais), rendant les gouvernements minoritaires de plus en plus probables et fréquents. Pour avoir de vraies élections à date fixe, on doit soit adopter le système des États-Unis (séparer le législatif et l’exécutif), soit adopter un système électoral proportionnel, où les alliances entre partis sont plus faciles. Tout cela, naturellement, suppose un statu quo politique, avec un gouvernement omniprésent. Dans un État minarchiste, la présence de plusieurs partis est sans importance puisque l’État n’intervient pas (ou si peu) dans l’économie.

 

Une efficacité superficielle

 

Après avoir parlé de transparence et d’efficacité, la CAQ retombe vite dans le train habituel de « faire mieux » avec les services publics. Et comme les autres partis, on prétend que les citoyens ont droit à ces services. Sans les euphémismes et le filtre de la novlangue, on dit clairement qu’on prône l’esclavage. Non, je ne fais pas de démagogie. L’esclavage était justement ça : prendre le produit d’un autre humain sans que ce dernier ne puisse en profiter. Que ce soit dans un champ de coton, dans un hôpital ou dans une école, le résultat est le même : on brime les libertés individuelles des gens touchés. Si prendre 100% du produit de quelqu’un est de l’esclavage, quel pourcentage n’en est pas?

 

Certes, la CAQ promet un dégraissage de la bureaucratie en tentant de rendre plus responsable les fonctionnaires, ce qui va, dit-on, les faire gagner en efficacité et donc faire économiser. Malheureusement, cette mesure risque d’être vouée à l’échec. En effet, il n’y a que deux choix : fonctionner selon des règles bureaucratiques ou par profit. Et dans le premier cas, les patrons tuent plus souvent qu’autrement l’innovation chez les plus jeunes et ambitieux[7]. Sans profit, il n’existe pas de critères objectifs pour déterminer la réussite ou l’échec d’un programme public. Même un déficit n’équivaut pas à un échec[8]. La seule solution pour vraiment économiser sur la bureaucratie est de diminuer le nombre de fonctionnaires.  Ça ne risque pas d’arriver; le parti de Legault propose de rediriger une partie des économies (s’il y en a) sur les dépenses d’opération vers écoles et autres institutions locales pour « offrir » plus de services à la population.

 

Parallèlement, la CAQ se plaint que le ministère des Transports a perdu son expertise au profit du privé, « laissant le gouvernement sans ressources adéquates pour effectuer la surveillance, la coordination et le suivi des projets et des investissements. » Et pourquoi donc le gouvernement devrait-il gérer les routes? N’en déplaise aux étatistes[9], les routes privées sont possibles, et même désirables[10]. En privatisant les routes, on règle par le fait même leur piètre qualité – un entrepreneur voudra rentabiliser son investissement – et la corruption inhérente à l’attribution de contrats publics.

 

La même chose s’applique au transport en commun. Oui, « la multiplication des structures administratives affecte souvent la qualité de la planification, génère des pertes d’efficacité et contribue à ralentir les processus. » Ce n’est certainement pas en centralisant encore plus – via une nouvelle société d’État – que le problème se règlera. Tout allait mieux à Montréal (côté cout) avant la venue de la STM[11]. Aussi, quand le gouvernement contrôle ce secteur, il y va souvent de choix qui sont non seulement couteux mais qui diminuent l’utilisation[12]. La planification publique est et sera toujours un échec; qu’on laisse les individus se débrouiller eux-mêmes et le tout s’améliorera. Après tout, on ne planifie pas la fabrication de chaussure et de vêtements, et les prix sont relativement bas.

 

Pour en revenir à la simplification des structures, on propose de réduire de plus de moitié le nombre d’élus à Montréal. C’est une excellente idée; il y a un élu pour 15534 personnes à Montréal, contre 57778 à Toronto et 141 379 à New York. J’ajouterais que Québec en aurait aussi besoin; elle a un élu par 18429 habitants.

On propose également de donner la marge de manœuvre nécessaire aux villes pour qu’elles puissent faire face à leurs régimes de retraite. Formulé ainsi, je crains que les taxes foncières fasse comme une montgolfière et s’élèvent encore plus haut…

 

Des efforts financiers insuffisants

 

Du côté des finances, un gouvernement Legault avancerait quelques bonnes idées, notamment une diminution de 1000$ d’impôts par famille et l’élimination de la taxe santé. Malheureusement, les mesures pour compenser cette diminution des revenus – alléger les structures bureaucratiques – risque d’être un échec, tel que mentionné précédemment. D’ailleurs, peu importe les montants investis, que ce soit en éducation[13] ou en santé[14], il y aura toujours des carences majeures quand le public s’en occupe.

 

Parlant d’éducation, la CAQ déplore que les frais de scolarité n’aient pas été augmentés plus dans le passé. Questionnement étrange, considérant que le chef a été ministre de l’Éducation. Néanmoins, en gardant une perspective étatique, une hausse des frais de scolarité est la seule solution envisageable. Quand les frais sont « gelés », ils diminuent si l’on tient compte de l’inflation. Cela crée donc plus de pression sur les finances publiques.

Et n’en déplaise à la CAQ, une hausse soudaine pourrait avoir du bon. En effet, comme les gens devront payer un prix plus réaliste pour leurs études, ils pourraient ainsi ne pas aller à l’université ou, à tout le moins, éviter les facultés aux débouchés limités (théâtre, politique, sociologie). Je n’ai rien contre elles; par contre, le nombre de leurs étudiants est artificiellement élevé justement parce que leurs études sont bon marché (ou, parallèlement, que les prérequis sont trop peu exigeants, contrairement à la médecine), et le marché peut difficilement les absorber.

Une diminution du nombre d’étudiants créerait un soulagement sur le système de prêts. J’ignore quelle est la situation au Québec, mais aux États-Unis, c’est en train de devenir la prochaine bulle[15]. Cela prouve, une fois de plus, que la solution à un problème étatique est privée. L’État change le comportement rationnel des gens et les amènent à agir d’une façon différente que sur le libre-marché.

 

Ce n’est donc pas sans un certain scepticisme que je regarde la promesse de vouloir diminuer la dette. Bien qu’elle ait raison sur le montant et sur l’injustice intergénérationnelle que cela crée, la CAQ affirme aussi que payer la dette permet de libérer des ressources pour les missions « importantes » de l’État, non définies.

 

Elle affirme aussi que les redevances sur les ressources non renouvelables serviront à payer la dette, afin qu’elles « bénéficie à tous les Québécois, et non pas seulement à ceux qui ont la chance de vivre au moment de leur extraction. » Je ne reviendrai pas sur le langage collectiviste d’une telle pensée, mais j’ajouterai simplement que tout ce qu’un entrepreneur privé fait, c’est au bénéfice de la société, même si ce n’est pas le but explicite. Le boulanger, le boucher et le cordonniers ne travaillent pas pour nous nourrir ou nous vêtir mais bien pour se nourrir et se vêtir.

 

Prendre les familles par la main

 

La CAQ poursuit ses politiques collectivistes avec les familles. On espère entre autre mieux encadrer les CPE pour empêcher l’attribution de places par affairisme, pour mieux encadrer les programmes éducatifs qu’on y offre et faire reconnaître leurs services comme essentiels.

 

C’est drôle, mais jusqu’à ce qu’on nationalise les garderies, il n’y avait pas de problème de pénurie de places ni de grève. C’est depuis que l’État les a prises en charge que les problèmes ont commencé, l’affairisme y figurant au premier plan. Quand un programme est politique, la corruption est presque inévitable; le parti au pouvoir « récompense » ses électeurs, peu importe le domaine[16]. Et comme le cout défrayé est bien en-deçà du cout réel – même si le prix nominal a été augmenté[17] – alors la demande augmente artificiellement, ce qui cause des pénuries telles que tous les moyens sont bons pour avoir une place[18]. Enfin, comme les garderies sont devenus un service « public », elles sont nécessairement « essentielles ». Quelle ineptie : seules les tâches régaliennes d’un État sont essentielles, car elles maintiennent un minimum d’ordre dans la société. TOUT le reste ne crée que du chaos, comme c’est le cas avec les garderies.

 

C’est également le cas avec cette volonté d’obliger les employeurs à offrir des congés payés pour raison familiale. En fait, ce n’est pas chaotique, c’est paternaliste. On enlève ainsi la liberté aux employeurs et aux employés d’en arriver à un accord de gré à gré sur le sujet. Maintenant, comme c’est le cas avec les congés parentaux et l’équité salariale, les employeurs pourraient être tentés de discriminer les parents avec des enfants pour éviter d’être obligés de payer ces congés.

 

Ce paternalisme se reflète dans cette promesse de faciliter l’accès à la propriété. Oui, acheter une maison est très dispendieux, et de nombreux frais administratifs l’entoure. Malheureusement, tout gouvernement qui tente « d’aider » la population à devenir propriétaire crée des bulles, comme ce fut le cas aux ÉU[19] ou au Canada[20].

 

Il se reflète aussi dans cette volonté de non seulement maintenir les régimes « volontaires » d’épargne retraite, mais de les centraliser sous la Régie des Rentes du Québec. Il est vrai que les gens n’épargnent pas beaucoup; le programme de la CAQ affirme que 60% des travailleurs n’ont rien d’autre que le régime public auquel ils ont cotisé. C’est dommage, mais c’est prévisible. Avec un taux d’intérêt aussi ridiculement bas, épargner est même désavantageux si l’on tient compte des frais d’administration de plusieurs programme de RÉER. Et avec tout ces frais payés (taxes, impôts, RRQ, assurance parentale, etc.), le salaire réel des gens est maigre pour pouvoir épargner plus. Qu’on commence par l’augmenter –  il n’est pas mieux qu’au milieu du classement canadien[21] – afin de permettre aux gens les moyens de pouvoirs épargner pour leur retraite.

 

D’ailleurs, il n’est pas du ressort du gouvernement de dicter une politique de retraite à quiconque. Présentement, surtout dans le secteur public, on pense encore à Liberté 55; on espère prendre sa retraite à 55 ans ou après 35 ans de services. L’ennui avec cette mesure, c’est que les personnes (surtout les femmes) vivront encore en moyenne 25 ans. Dans l’État actuel du système, et avec la retraite à venir des baby-boomers, ça va créer une pression énorme sur les finances publiques. Laissons-donc le loisir aux travailleurs de prendre leur retraite quand bon leur semble ou de négocier un arrangement avec leur employeur.

 

Nuire à l’économie

 

En plus de vouloir diriger la destinée des familles, la CAQ veut aussi diriger l’économie du Québec. Elle veut notamment que la Caisse de dépôts et de placements investisse plus dans les entreprises québécoises afin que les « Québécois » redeviennent « propriétaires » de « leur » économie. Même d’un point de vue étatique – aucun parti majeur ne prône l’abolition de la CDP – cette mesure est un non-sens. Le but de la Caisse est de faire du profit. Donc, s’il y en a à faire avec une entreprise québécoise, elle le fera. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi la CDP a attendu en juillet pour se décider d’acheter Rona[22]. Puisqu’elle est là pour rester, qu’elle soit complètement indépendante des pouvoirs politiques, et donc de pressions pour investir dans des endroits spécifiques. Ceci  inclut toute participation forcée dans les projets miniers du Grand Nord. Encore une fois, s’ils sont payants, la CDP investira d’elle-même.

 

Il en va de même pour l’innovation et la formation. Il est dans l’intérêt personnel d’un entrepreneur d’être le plus à jour possible s’il veut bien concurrencer ses adversaires. S’il ne le fait pas, c’est qu’il juge la mesure trop onéreuse ou inutile. Offrir (d’autres) crédits d’impôts dans le domaine est donc, au mieux, inutile. Mais au pis, cela concentre artificiellement certaines entreprises, comme les jeux vidéos à Montréal ou l’optique à Québec.

 

Idem pour ce qui est de « l’aide » gouvernementale à l’international. Si un entrepreneur québécois juge qu’il gagne à investir sur les marchés étrangers, il le fera. Un un entrepreneur étranger qui veut investir au Québec suivra les mêmes étapes. Malheureusement pour ce dernier, la xénophobie économique des politiciens décourage tout effort[23]. Si l’Alberta avait eu le même réflexe, son économie n’aurait pas autant explosé.

 

Même chose pour le développement régional et des autres secteurs de l’économie. Que ce soit pour Québec, Montréal ou les autres régions, le gouvernement doit tenir compte des deux mots préférés des libertariens anglophones : laisser-faire. Car qui dit investissement public dit taxes et impôts, et donc diminution de la richesse et de la productivité. Pour qu’il y ait développement économique, le gouvernement doit donc laisser faire la marché (i.e. tous les humains) et ainsi leur laisser décider où sera produit quoi afin que ce soit au meilleur prix. « Encourager » une quelconque industrie sur un territoire (dans le cas de la CAQ, la transformation des aliments) sous-entend nécessairement des mesures protectionnistes, et donc une hausse des prix pour les consommateurs.

 

Toutefois, une mesure encourageante distingue la CAQ des autres partis. En effet, on propose de modifier le Code du travail pour obliger un vote secret pour obtenir une accréditation syndicale. J’irais encore plus loin : fin de la formule Rand – le droit d’association, c’est aussi le droit de ne PAS s’associer – et fin de la loi anti-briseur de grève. Cette dernière est une violation flagrante de la propriété privée, puisqu’elle empêche un employeur d’engager des gens qui veulent travailler aux conditions offertes. La loi a ainsi cédé au terrorisme syndical[24].

 

Fausse route environnementale

 

En ce qui concerne l’environnement, les prémisses de la CAQ sont moins solides qu’un jouet acheté dans un magasin à un dollar. En effet, l’équipe Legault s’engage à respecter les recommandations du GIEC pour la réduction des gaz à effet de serre, même si l’organisation a été discréditée depuis belle lurette[25].

La CAQ veut également imposer un moratoire sur le développement des gaz de schiste « et ce, jusqu’à ce que des études scientifiques claires montrent que cette fracturation et l’exploitation du gaz de schiste qui en découlent peuvent se faire dans le respect de l’environnement naturel et de la santé des populations locales. » Ces études existent déjà, mais la peur continue de régner, fût-elle une fabulation totale[26]. De plus, le gaz naturel est moins polluant que les autres énergies fossiles; cela permettrait au Québec de diminuer son utilisation de mazout lourd, la deuxième plus forte au pays[27].

 

Mais comme l’idéologie prime sur les faits en politique, la CAQ continuera sur sa fausse route en « encourageant » le développement des énergies alternatives et en garantissant un tarif minimal pour leur exploitation. En d’autres mots, on veut répéter l’erreur espagnole[28] et les nombreuses commises aux États-Unis[29][30] et gaspiller les fonds publics dans des aventures vouées d’avance à l’échec.

 

Ce gaspillage se reflète aussi dans la politique de crédit d’impôt pour les voitures hybrides, une des clés de voûte des écologistes modernes. Mais ne leur en déplaise, les voitures hybrides sont très souvent plus sales (pour l’instant) que les Hummer[31] et les propriétaires d’hybride renouvellent rarement leur auto[32].

 

Ce gaspillage se reflètera aussi dans des investissements caquistes pour « améliorer » la circulation automobile. Comme toujours, on ne mise que sur le transport en commun. Bien qu’il ait une certaine importance, il ne faut pas miser uniquement sur lui. En effet, on m’a toujours enseigné dans mes cours d’économie que l’utilisation de l’autobus est inversement proportionnel à la richesse. Durant les deux années où j’ai travaillé à temps plein, j’ai vite compris pourquoi : la voiture est prête quand on a besoin d’elle, tandis qu’on doit être prêt pour l’autobus… si jamais il passe. De plus, un autobus n’est (généralement) écologique qu’aux heures de pointe[33], soit moins de ¼ de la journée au Québec. La congestion routière s’explique par un simple principe d’offre et de demande : les routes offertes sont « gratuites », alors la demande pour ces dernières est très fortes. En instaurant des péages (ou mieux, en vendant les routes), on allègerait du même coup le fardeau fiscal et « obligerait » les gens à repenser leur itinéraire. Et privatiser le transport en commun aussi serait une solution; avant que le public ne s’en mêle, les autobus au Chili étaient très efficaces[34].

 

En conclusion, qualifier la CAQ de « droite » est une farce monumental. Comme je l’ai démontré, ce parti est, à tout le moins, aussi interventionniste que le PQ et le PLQ. Il continuerait de propager la même vieille idée fausse que le gouvernement doit intervenir dans la santé, l’éducation de même que dans la culture et la langue – la CAQ propose encore plus de fonds pour sa « promotion » et sa « protection ». Si François Legault et son équipe rentre au pouvoir, ne vous attendez-donc pas à une révolution.




[3]    Ayn Rand, Anthem, Signet Book, Californie, 1995, p.97

[7]    Mises, Ludwig Von. Bureaucracy, New Haven, Yale University Press, 1944, p.56

[8]    p.61

[24]  Mises, Ludwig Von. Socialism :An Economic and Sociological Analysis, New Haven, Yale University Press, 1951, p.480-1

[28]  http://www.juandemariana.org/pdf/090327-employment-public-aid-renewable.pdf

Première semaine de campagne : avantage Legault

francois-legault

Par Simon Leduc

La première semaine de la campagne électorale a été très intéressante. Jean Charest voulait que le conflit étudiant et la loi et l’ordre soient les thèmes centraux de ces élections. Mais c’est finalement l’intégrité qui a pris toute la place grâce à la candidature vedette de Jacques Duchesneau à la CAQ. On ne peut pas prédire l’issue de ce scrutin. Quel parti politique a gagné la première manche électorale?

Avantage Legault :

En décembre 2011, la CAQ était en tête dans les intentions de vote avec près de 40% des voix. Les Québécois veulent du changement et ils sont tombés dans les bras de François Legault sans savoir ses réelles intentions. La lune de miel entre les deux a été de courte durée. Le chef de la CAQ a chuté dans les sondages parce qu’il ne réussissait pas à représenter le changement que le Québécois moyen désire depuis 2002. La descente de la Coalition peut s’expliquer par les éléments suivants : l’absence d’idées novatrices, l’impression que le parti était seulement composés de transfuges et le manque de figures de proues au sein de l’équipe caquiste.

Depuis le début de la campagne électorale, l’ancien ministre péquiste domine l’espace médiatique et ce pour trois raisons. Tout d’abord, malgré sa 3e place dans les sondages, le chef de la CAQ a réussi à s’entourer d’une équipe compétente et de prestige : Gaétan Barrette, Maud Cohen, Christian Dubé , Gérard Deltell , Sylvie Roy, François Bonnardel , Éric Caire etc. S’il est porté au pouvoir, le futur conseil des ministres caquiste serait solide et prêt à diriger la province.

Ensuite, la CAQ semble vouloir reprendre deux chevaux de bataille de la défunte ADQ : le remboursement de la dette et des baisses d’impôts. La CAQ est la seule formation politique qui parle du problème de la dette publique qui s’élève à 250 milliards de dollars. Le leader caquiste désire réduire la dette par l’entremise de redevances sur l’exploitation minière et pétrolière. Également, la CAQ promet de baisser légèrement les impôts de la classe moyenne. Cela donnerait un peu de répit aux contribuables les plus taxés en Amérique du Nord. Ce sont des mesures qui vont plaire à la classe moyenne qui en a marre de payer et rien recevoir en retour.

Subséquemment, M. Legault a su imposer la question de l’intégrité comme l’enjeu principal de la campagne en allant chercher une méga pointure en la personne de Jacques Duchesneau. C’est une grosse prise pour la CAQ.

Cette candidature a complètement fait dérailler la campagne libérale. Jean Charest voulait que la loi et l’ordre et le conflit étudiant soient les deux enjeux de cette élection. Le premier ministre sortant aura de la difficulté à se démarquer si l’intégrité domine l’espace médiatique car c’est le talon d’achille de son gouvernement.

Le Parti québécois voulait se présenter comme le champion de l’intégrité dans la lutte contre la corruption et la seule alternative aux libéraux dans ce domaine. L’arrivée de Duchesneau à la CAQ va faire très mal à Pauline Marois. Les électeurs qui veulent se débarrasser de la corruption libérale vont pouvoir se tourner vers la CAQ et ses trois combattants anticorruption : Jacques Duchesneau, Sylvie Roy et Maud Cohen. Le parti souverainiste a maintenant un adversaire de taille auprès du vote francophone. Pauline Marois est menacée et elle va devoir se battre pour ne pas se faire doubler par son ancien partenaire.

Cela va changer le cours des choses de la campagne. Avec une telle figure de proue à ses côtés, François Legault va pouvoir dire aux Québécois que son équipe est la seule qui va pouvoir combattre et vaincre le cancer de la corruption qui ronge la société québécoise.

Le peuple québécois veut désespérément du changement. En 2002 et en 2007, il a flirté avec l’ADQ de Mario Dumont. En mars 2007, celle-ci était aux portes du pouvoir mais l’inexpérience et l’acharnement de la presse médiatique gauchiste auront eu raison de ses aspirations. Est-ce que la CAQ de François Legault pourra réussir là où l’ADQ a échoué? On aura un début de réponse le soir du 4 septembre.

Ça y est!

urne

Par Philippe David

Enfin! Jean Charest a décidé de faire le plongeon et nous sommes maintenant en pleine campagne électorale. Bien entendu, le choix de la date était très stratégique. Dans un peu plus d’une semaine, les CEGEP vont tenter de reprendre les cours, les associations étudiantes tenteront de bloquer la rentrée. La loi 78 commencera à vraiment s’appliquer et tout ce bordel favorisera les libéraux, bien sûr. On l’avait pas vu venir celle-là, n’est-ce pas?

Vive la démocratie étudiante!

Parlant des associations étudiantes, L’AÉSSUM (Association des Étudiants en Service Social de l’Université de Montréal), a tenu une assemblée générale hier dans laquelle a eu lieu un vote pour reconduire le boycott des cours. Sur 638 membres, seulement  59 étaient présents (un gros 9%), 33 ont voté pour et 26 contre. Bel exemple de démocratie. Dire qu’il y en a pour questionner la légitimité du gouvernement des conservateurs à Ottawa et des libéraux à Québec, basé sur le faible taux de participation. Après on veut nous faire croire qu’un vote basé sur un taux de participation de 9%, où les votes de seulement 5% l’ont emporté, est légitime? Et la CLASSE de dire qu’ils ne respecteront pas l’issue des élections? Qu’on ne vienne plus jamais parler que ce boycott a une quelconque légitimité démocratique, même parmi les étudiants. Cette légitimité n’existe pas et n’a jamais existé.

Un poulet dans chaque casserole et une auto dans chaque garage

C’était le slogan électoral de Herbert Hoover pendant la campagne présidentielle de 1928. Force est de reconnaitre que peu de chose ont changé dans les mœurs politiques  depuis ce temps quand on voit Jean Charest nous promettre un chèque de  $100 pour l’achat d’effets scolaires et sa petite promesse de créer pas moins de 250 000 emplois! Quelle foutaise! Rappelons-nous d’abord que ce que le gouvernement vous donne, il doit le prendre, par la force, dans les poches de quelqu’un d’autre. Règle générale, quand le gouvernement vos prend 4$,  un seul dollar est redistribué et les trois autres nourrissent la bureaucratie. Donc, pour chaque $100 donné à une famille, $400 seront prélevés par le fisc. De la même façon, le gouvernement ne peut créer d’emplois que dans le secteur public, tous les autres emplois sont créés par des compagnies privées et les salaires des employés publics proviennent des impôts, prélevés de force dans nos poches. Puisque les emplois publics sont financés par le secteur privé, chaque emploi dans le secteur public réduit d’autant, sinon plus, le nombre d’emplois au secteur privé.  Donc, le gouvernement ne peut en réalité créer aucun emploi qui n’existe pas déjà dans l’économie. Gardez ceci à l’esprit quand vous entendrez un politicien vous offrir des bonbons.

M. Net peut-être pas si net…

Le moins qu’on puisse dire est que l’annonce de la candidature de Jacques Duchesneau à la CAQ a fait des remous. Cependant, quand on s’amène avec des gros sabots, il faut pas se surprendre si des gens vont ensuite fouiner pour trouver les squelettes dans vos placards,  ce que Andrew  McIntosh de TVA a fait. Il appert que M. Duchesneau aurait quitté son emploi comme patron de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) dans des circonstances plutôt nébuleuse et que son passage à la barre de cette agence n’était pas sans un bon nombre de cahots. Sous la gouverne de Duchesneau, l’ACSTA a été mise sous surveillance dû notamment à un manque de contrôle de gestion budgétaire et de non-respect des règles de gestion. La gestion déficiente de certains contrats aurait également donné lieu à d’importants dépassements de coûts. M. Duchesneau aurait également dépensé plus de $100 000 en voyages d’affaires et colloques à travers le monde, mais le plus juteux est ceci :

«Apparences de possibles conflits d’intérêts. M. Duchesneau a fait l’objet de nombreuses questions de députés de l’opposition et des médias relativement à des contrats de plusieurs millions accordés par l’ACSTA à une agence de sécurité et à la compagnie de biométrie, parce qu’il avait siégé sur le conseil d’administration de ces entreprises. M. Duchesneau détenait 100 000 options d’achat d’actions pour l’agence de sécurité Garda World. Toutefois, il a affirmé qu’il s’était prévalu de ces options aussitôt qu’il s’est joint à l’ACSTA, en 2002. M. Duchesneau a nié avoir été impliqué dans le choix de ces firmes, et a précisé qu’au moment de son embauche, son curriculum vitae mentionnait tous ses liens passés avec elles.»

C’est ça le type qui s’en vient faire le ménage?

L’ordre établi

Le fait que les médias traditionnels aient un sérieux biais à gauche n’a rien de très nouveau, mais le professeur de sciences politiques  Jean-Herman Guay a fait une réflexion intéressante à ce sujet, question d’ajouter de l’eau à notre moulin. Loin de moi de vouloir faire la leçon à un prof de sciences-po, mais j’ai une critique à son exposé. Il parle de l’ordre établi comme si celui-ci était à droite de l’échiquier politique alors que pas un gouvernement du Québec, tous partis confondus, n’a gouverné à droite du centre depuis Maurice Duplessis. Le consensus a toujours été pour une société sociale-démocrate avec toujours plus d’état et ce depuis la révolution tranquille.  Au Québec, même les profs de sciences-po ne savent pas distinguer la gauche de la droite.

Voir à long-terme

Je reviens brièvement sur mon dernier édito qui recommandait aux gens de droite de voter soit pour le Parti Conservateur ou l’Équipe Autonomiste. J’en vois beaucoup qui désirent voter libéral ou CAQ par peur de voir le PQ  prendre le pouvoir. À ceux-là,  j’aimerais dire de penser à plus long-terme. C’est vrai que ni le PC, ni l’ÉA n’a de chance de former un gouvernement, là n’est pas le point. Si on veut un jour cesser de dire que nous sommes orphelins politiques, il faudra un jour investir dans des partis de droite. Chaque vote que reçoit un parti lui apporte du financement de la part du DGEQ. Ce financement permettra à ces partis de se construire et peut-être finir par s’établir comme des partis sérieux. Si vous ne votez pas où que vous votez pour d’autres partis, ce sont les autres partis qui auront cet argent. Il est temps pour les gens de la droite d’être solidaires et commencer à soutenir ceux qui ont le courage de se lancer en politique pour promouvoir de vraies idées de droite.  Qui formera le prochain gouvernement est sans véritable conséquence, il faudrait voir plus loin pour établir une offre politique de droite.

Le PQ recrute encore à Radio-Canada et la chute de la CAQ se poursuit :

pierre-duchesne

Par Simon Leduc

Le PQ recrute encore à Radio-Canada et la chute de la CAQ se poursuit :

Depuis quelques semaines, la fièvre électorale est bien présente à travers le Québec. Les principaux partis politiques vont se mettre à la chasse aux candidats vedettes. Il semble bien que le Parti québécois a recruté dans les rangs de Radio-Canada. Selon La Presse , un ancien journaliste radio-canadien sera un candidat vedette pour le parti souverainiste : Pierre Duchesne. Celui-ci était encore journaliste quand les péquistes l’ont courtisé. Est-ce que Pierre Duchesne a manqué à son devoir d’impartialité en négociant avec le PQ lors de l’exercice de ses fonctions?

Selon Éric Duhaime (un ancien conseiller politique), Pierre Duchesne n’était pas ce que l’on peut appeler un journaliste exemplaire et objectif. Sur sa page Facebook , le chroniqueur politique dit: « Quand j’étais conseiller politique de Mario Dumont, le journaliste radio-canadien Pierre Duchesne était celui qui faisait régulièrement déraper nos points de presse, qui inventait des histoires contre nous et qui mettait en valeur nos adversaires péquistes. Avec un faux verni d’impartialité, il présentait la gauche et les souverainistes sous leurs meilleurs jours » . Donc, ce supposé journaliste était payé avec l’argent des contribuables canadiens pour faire bien paraître ses amis indépendantistes, c’est vraiment révoltant. Comment peut-on penser que le travail de M. Duchesne a été objectif et impartial lors de la dernière session parlementaire? Il était peut-être en mission commandé par le PQ afin de nuire à ses adversaires politiques. En tout cas, la question se pose.

La CAQ s’enfonce encore et encore :

Cela fait des mois que François Legault courtise Gaétan Barrette pour qu’il soit son candidat vedette en vue des prochaines élections générales. M. Barrette lorgnait le poste de ministre de la Santé. Selon Dennis Lessard , celui-ci aurait décidé de ne pas se présenter sous la bannière caquiste. La mauvaise performance de la Coalition Avenir Québec dans les sondages peut sûrement expliquer la volte-face du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. C’est une grosse perte pour le chef de la CAQ. Gaétan Barrette est une personnalité publique connue et respectée. Il aurait été un excellent candidat au poste de ministre de la Santé. C’est un coup très dur pour François Legault. Pourquoi la CAQ ne réussit pas à s’imposer comme une solution de rechange crédible au gouvernement sortant? Tout d’abord, la CAQ semble être incapable de recruter des candidats vedettes. On a l’impression que le parti de Legault est composé de transfuges qui se sont joints à la CAQ lorsqu’elle était première dans les sondages par pure opportunisme. Il lui manque des candidats crédibles à saveur économique comme Michael Fortier. Qui serait le ministre des Finances d’un éventuel gouvernement de la CAQ? Posez la question s’est y répondre. Ensuite, François Legault doit absolument se camper au centre-droit du spectre politique. C’est le seul axe idéologique qui est libre actuellement. Le chef caquiste tente de séduire l’électorat de centre-gauche. Il y a embouteillage dans cette direction. Le parti de Legault doit tourner à droite afin d’au moins reconquérir la région de Québec qui est dominée par les libéraux.

Il n’est pas trop tard pour la CAQ mais le temps presse. Gérard Deltell doit tenter de convaincre son chef de reprendre les chevaux de batailles de l’ADQ (réduction de la taille de l’État, mixité en santé, une saine gestion des fonds publics, remboursement de la dette publique, etc.). La survie de la CAQ en dépend.

Cet article a été publié en premier dans le Prince Arthur Herald.

La catalogne improbable

La Coalition Avenir Québec (CAQ) défie les règles fondamentales d’un plan d’affaires : faisabilité, rentabilité et marketing. C’est pourquoi je lui colle l’adjectif «improbable».

Faisabilité… Pensez-vous que des élus multicolores, provenant de partis aux antipodes sur le plan des valeurs, puissent siéger à l’Assemblée nationale tout en respectant le voeu des membres qui – eux – sont des adéquistes pour la grosse majorité? Ceux qui ne le sont pas sont droitistes pour le moins.

Rentabilité… Est-ce vraiment pragmatique d’investir tous les efforts de fusion et de fondation d’un parti qui, finalement, consiste à mettre au mixeur les élus de vieux partis dont la population est fatiguée? Excepté pour Gérard Deltell, bien sûr. Et François Bonnardel. Et Sylvie Roy et Janvier Grondin. Ils sont frais. Les autres, tous mutins (ils ont sauté de navires loin d’être en perdition), doivent-ils inspirer confiance?

La CAQ est une catalogne cousue de fil blanc. Un amalgame de carrés de tissus et couleurs hétéroclites et hétérogènes. Comme je répète souvent: hmmmm!

Je trouve tellement dommage de voir quatre parlementaires adéquistes que j’admire aller se fondre dans une masse floue, aller perdre leur temps de parole et leur budget de recherche… Une valeureuse chevalière et trois valeureux chevaliers envoyés au front sans arme ni bouclier.

Vous aurez compris que j’ai fièrement servi comme vice-président du comité exécutif de l’Association adéquiste de Chauveau et que ces gens sont mes mentors.

En tout cas, je souhaite bonheur et prospérité aux élus et aux membres de la CAQ. Puissiez-vous réfléchir au plan d’affaires pendant qu’il est temps.

L’art de se mitrailler les bottines

Un autre sondage, de CROP/Le Soleil celui-là, vient confirmer la tendance qui voit les appuis à la CAQ fondre comme la neige au soleil. La CAQ est passée de 39% dans les sondages et l’espoir de former un gouvernement majoritaire, à 26% et juste l’espoir de tenir la balance du pouvoir dans un scénario de gouvernement  minoritaire, soit libéral ou péquiste. Le PLQ et le PQ sont maintenant de retour en tête, virtuellement ex-aequo, avec seulement un point d’écart, bien en dedans de la marge d’erreur.

Pour expliquer les déboires de la CAQ, on parle bien sûr de « l’effet Rebello »  et les sorties de ce député n’ont certainement pas aidé, mais je crois qu’il y a beaucoup plus que ça. Je crois, et je l’avait prédit même, que la CAQ a toujours été vouée à l’échec. Le cafouillage des dernières semaines n’est qu’une cristallisation de ce qui était une évidence dès le départ. Mais quand c’est rendu au point qu’un membre du caucus invite un autre à se taire, il est difficile d’ignorer qu’il y a quelque chose qui cloche.

La CAQuophonie

La première erreur de François Legault était de croire qu’il pouvait construire une coalition basée sur la seule prémisse de remplacer les libéraux au pouvoir. M. Legault a crû pouvoir capitaliser sur la grogne populaire contre les libéraux et prendre le pouvoir avec une collection de transfuges de toutes les appartenances idéologiques. Le hic c’est que pour émettre un message qui ne sera pas dissonant, il faut savoir accorder ses violons. Dans le meilleur des mondes, c’est déjà difficile à accomplir, mais quand vous combinez des gens avec des idéologies aussi diamétralement opposées que François Rebello et Gérard Deltell, doit-on être surpris si nos oreilles commencent à saigner? Aussi aurait-il fallu que Legault soit un sacré bon chef d’orchestre. Malheureusement, il ne l’est pas.

Un problème de leadership

Dans un parti politique, le chef est celui qui doit décider du message que son parti envoie à l’électorat. C’est lui qui décide qui de son parti doit parler, quand il doit parler et ce qu’il doit dire. Or soit François Legault fait exprès pour que son parti dise tout et son contraire, soit il n’a aucun contrôle sur ses députés. Depuis le début la CAQ n’a jamais émis un message et une vision cohérente. Tantôt c’est des posistions de gauche, tantôt de droite, tantôt souverainiste, tantôt fédéraliste et tout recemment, éco-fasciste. Et ils se demandent probablement pourquoi ils sont en chute libre dans les sondages! À force de tirer dans toutes les directions en même temps, ils forcent tout le monde à courir vers les abris. On aucune idée quelles valeurs la CAQ défend.

Les positions de Rebello sur l’environnement

Les dernières sortie de Rebello sur l’environnement relèvent à toute fin pratique de l’éco-fascisme. Une voiture par famille? Voyons donc! C’est bien beau le transport en commun, mais François Rebello devrait peut-être sortir du Montréal métropolitain de temps en temps. Bio-carburant? M. Rebello n’a-t-il pas lu tous les reportages qui décrivent comment la politique de subventionner la production de biocarburant a causé une pénurie de denrées alimentaires et de la déforestration à outrance? Et il veut que nous fassions ça au Québec? Quelle idiotie!

Avec de telles positions, doit-on être surpris que la CAQ soit maintenant la risée des commentateurs politiques? La CAQ a eu le bénéfice d’une grosse bulle médiatique, mais celle-ci s’avère être un sérieux handicap. Elle a montré toutes les failles de ce parti et mis en relief ses incohérences. Après avoir eu un brin d’espoir, les québécois déchantent maintenant.

La chute de la CAQ va se poursuivre

Par Simon Leduc

Depuis qu’elle est devenue officiellement un parti politique, la CAQ est victime de ses nombreuses contradictions. François Legault est incapable d’imposer une discipline et sa vision à son groupe parlementaire. Les divergences règnent en maître dans l’équipe caquiste. Le parti de Legault ne parle pas d’une même voie dans les deux dossiers suivants : les frais de scolarité et l’environnement.

Tout d’abord, François Legault a clairement affirmé que son parti est pour l’augmentation des frais de scolarité. En tout cas, François Rebello ne semble pas être d’accord avec son chef. Sur sa page Facebook, il y avait une photo où on pouvait le voir porter fièrement le symbole (un carré rouge) des groupes étudiants qui s’opposent farouchement à la hausse des droits de scolarité. Les stratèges de la CAQ ont rapidement demandé à son député de retirer cette photo mais le mal est fait. Quelle est la véritable position de la Coalition sur cette question délicate? Ce n’est vraiment clair et l’électorat doit être mêlé en maudit.

Ensuite, M. Rebello affirme que la CAQ désire combattre la pollution en limitant le nombre de voitures des ménages. Le député caquiste affirme que chaque famille devrait avoir seulement une seule voiture afin de diminuer la pollution. Est-ce que la CAQ a décidé de courtiser l’électorat écologiste du Plateau? Sa clientèle cible ne devrait pas être le 450 et la région de Québec? Cette mesure ne va pas plaire aux banlieusards qui ont besoin de deux voitures par famille pour se rendre au travail. Est-ce que le chef acquiesce à la proposition verte de son ami? On n’en sait rien.

La Coalition avenir Québec nage dans une mer de contradictions. Il n’y a pas de cohésion au sein du caucus caquiste. Un député dit une chose une journée et un autre affirme le contraire le lendemain. L’ancien député de Rousseau a rassemblé des personnes qui n’ont rien en commun. Les électeurs québécois ne savent pas où la Coalition s’en va. Legault n’est pas capable de s’occuper de sa petite équipe. Sera-t-il en mesure de bien diriger la province? La chute de la CAQ dans les sondages ne fait que commencer. Elle n’a pas de base électorale solide et son équipe diverge d’opinion sur une tonne de questions. Ces deux éléments vont faire mal à ce jeune parti politique. La chute de la CAQ était prévisible et elle est devenue une réalité.

Lien pertinent : La chute prévisible de la CAQ : http://www.contrepoids.com/2012/01/20/la-chute-previsible-de-la-caq/

L’ADQ est morte, vive la vraie droite

 

C’est maintenant officiel, l’ADQ n’est plus, vendue par des opportunistes pour un sondage. Le parti qui voulait faire de la politique autrement est maintenant remplacé par un parti qui veut faire de la politique n’importe comment. Avec son logo bigarré, la CAQ ne sera qu’un feu de paille lorsque l’électorat réalisera que François Legault promet tout et son contraire. Mais ils se trompent s’ils croient qu’en éliminant l’ADQ, ils ont éliminé toute compétition à la prétention de « force de changement ». La CAQ étant plutôt un vide idéologique navrant se révèlera vite une force du statu quo de l’état nounou monolithique et non les porteurs d’équité générationelle et de redressement des finances publiques. M. Legault ne sera pas celui qui changera le cap de la province, il continuera de la laisser voguer tout droit vers l’iceberg.

Soyons francs, le positionnement de l’ADQ à la droite de l’axe politique a toujours été mitigé. Ses rangs étaient pollués par des personnalités qui n’ont jamais vraiment eu de positions de droite, ce qui a causé sa déchéance à chaque fois qu’elle s’approchait de la ligne des buts. Comme soit-disant parti de droite, l’ADQ était minée de l’intérieur. Au point que la plupart des militants qui ont crû voir en elle un véhicule de changement, l’ont abandonné. Des 2533 membres encore inscrits, seulement 54% on daigné voter et à peine 30% d’irréductibles droitistes ont voté contre la fusion. C’est donc dire que le parti n’avait plus d’âme.  Sa disparition, loin d’être une défaite pour la droite, libérera l’espace à droite du centre pour un parti qui sera vraiment à droite, pas un qui fait semblant de l’être.

Trois nouveaux partis ont été fondés récemment dans le but de combler ce vide. L’Équipe Autonomiste d’Éric Barnabé, le Québec Autonome et Prospère de Jean-François Néron et le Parti Conservateur du Québec, ressuscité par Jeff Plante et Luc Harvey. Sans vouloir offusquer les quelques supporteurs des deux premiers prétendants, la seule option qui me semble viable jusqu’ici est le Parti Conservateur. Non seulement bénéficie-t-il d’une marque de commerce reconnue, mais l’équipe derrière ce parti est composée de personnes qui n’en sont pas à leur premières armes en politique et qui ont de meilleures chances de rassembler une équipe qui pourra présenter des candidats dans tous les comtés. Leur sortie médiatique de cette semaine fût fort remarquée et fait déjà des vagues. Il m’apparaît donc que c’est probablement le meilleur véhicule pour les aspirations de la droite québécoise.

Certains se plaignent de la personnalité de Jeff Plante (qui est controversée, faut l’admettre) ou de la présence dans l’équipe de membres notoires de la « droite religieuse » comme Richard Décarie. Pourtant, ça ne devrait pas nécessairement être une source d’inquiétude pour les tenants de la « droite économique ». Les enjeux controversés pour la droite sociale que sont l’avortement et le mariage gai sont des juridictions fédérales et ne seront donc pas du ressort du PCQ. Les enjeux qui intéressent ce segment de la droite qui sont du ressort provincial ont plus à voir avec la liberté en éducation, l’élimination des cours d’ECR et des accommodements déraisonnables, la compensation pour les parents qui choisissent de garder leurs jeunes enfants à la maison plutôt qu’à la garderie et la préservation de notre patrimoine historique. Ce sont tous des thèmes qui étaient chers à l’ADQ. Je ne vois pas pourquoi ça deviendrait soudainement une source de friction.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec plus de liberté en éducation et avec l’élimination des cours d’ECR et des accommodements. Pour ce qui est de la question des garderies, je considèrerais bien plus équitable de désétatiser les garderies et n’apporter une aide qu’au familles plus démunies pour l’accès aux garderies et laisser le libre choix aux autres familles de payer pour les services de garde qui leur convienne le mieux. Je questionne cependant si c’est vraiment le rôle de l’état de protéger notre patrimoine historique, mais c’est somme toute un point très mineur.

Une victoire de la droite au Québec ne peut se produire qu’en unissant nos forces. Nous ne pouvons pas nous permettre d’exclure certains groupes. Il est toujours possible de trouver un terrain d’entente. Un changement s’impose au Québec. Nous pouvons soit geindre que nous sommes des orphelins politiques maintenant que l’ADQ n’est plus et nous confondre dans des luttes de personnalités. Ou nous pouvons regarder ce qui nous unis, monter à bord du véhicule qui nous est offert et le faire nôtre. Quant à moi, j’ai déjà choisi cette dernière et j’invite les adéquistes et ex-adéquistes à faire de même.

La chute prévisible de la CAQ

 

Par Simon Leduc

La chute prévisible de la CAQ :

Pendant plusieurs mois, le mouvement de François Legault a largement dominé ses adversaires dans les intentions de vote au Québec. Les Québécois ne veulent plus rien savoir des vieux partis et ils désirent du changement. À leurs yeux, la Coalition avenir Québec représente peut-être un vent de fraicheur. En novembre dernier, la CAQ est devenue officiellement une véritable formation politique. Depuis ce temps, la cote de popularité de celle-ci est clairement en baisse. Est-ce que les intentions de vote de la CAQ vont fondre comme neige au soleil dans les prochaines semaines? Il y a deux éléments qui pourraient causer la chute de ce nouveau joueur politique : l’absence d’une base électorale solide et des futures divergences d’opinions entre les membres du caucus caquiste

La volatilité des appuis de la CAQ :

Le leader de la CAQ ne veut pas se définir sur l’échelle idéologique québécoise. Il ne veut pas dire s’il est de droite ou de gauche. Il rejette les étiquettes idéologiques et il adhère au pragmatisme. Il est clair que François Legault ne veut pas déplaire à personne. Cette stratégie risque de causer un effet boomerang. Les conservateurs et les progressistes pourraient tourner le dos à la Coalition avenir Québec. Les « vrais conservateurs » dans l’âme ne peuvent pas appuyer un parti qui va maintenir en place un modèle qui est défaillant. La présence de droitistes au sein de la CAQ (Deltell, Caire, etc.) pourrait faire fuir les gauchistes. Donc, les premiers vont se réfugier dans l’abstentionnisme (ou dans le nouveau Parti conservateur du Québec) et les deuxièmes vont se jeter dans les bras du PQ ou de Québec solidaire.

Un parti politique doit se construire une base électorale solide qui va lui être fidèle. Le PLQ peut compter sur l’appui des anglophones et des allophones et le PQ sur les souverainistes purs et durs. Ces deux entités politiques bénéficient de l’appui de bases électorales qui leurs sont toujours loyaux contre vent et marée. Stephen Harper s’est bâti une clientèle électorale forte et cela lui a permis de remporter une victoire majoritaire le 2 mai dernier. On ne peut pas en dire autant de la CAQ. Celle-ci n’a pas de base électorale solide. Ses appuis sont très volatiles et fragiles. Selon un coup de sonde de Léger Marketing , 55% des électeurs caquistes pourraient changer d’idée d’ici les prochaines élections générales. Sans une base électorale indéfectible, les troupes de Legault risquent de chuter dans les sondages et compromettent leur chance de prendre rapidement le pouvoir. Le refus de l’ancien député de Rousseau de se définir sur l’axe gauche-droite est une grosse erreur et elle pourrait lui être fatale.

Les divergences idéologiques dans le caucus caquiste :

L’équipe parlementaire caquiste est composée de progressistes et de droitistes modérés. Ils ont des divergences importantes sur une tonne de sujets. Tout d’abord, sur le plan environnemental, Gérard Deltell veut que le Québec explore et exploite ses ressources naturelles afin de créer de la richesse . Tandis que François Rebello est un environnementaliste qui préfère les ressources vertes et propres . Ensuite, comment un souverainiste comme François Rebello va pouvoir coexister avec une fédéraliste trudeauiste et multiculturaliste comme Marlene Jennings? Un travail colossal attend François Legault : unifier son équipe parlementaire. Le chef caquiste va devoir imposer son leadership et une ligne de parti à son jeune caucus. Cela ne sera pas facile pour le principal intéressé. Des dérapages et des divergences d’opinions sont à prévoir lors de la prochaine campagne électorale. François Legault est-t-il un leader assez fort et solide pour accomplir cet énorme défi? Les paris sont ouverts.

La route de la CAQ vers le pouvoir semble être semée d’embûches et elle devra agir. Tout d’abord, celle-ci doit se définir clairement sur le clivage gauche-droite, c’est primordial. En politique, on ne peut pas plaire à tout le monde. La CAQ devra cibler et séduire une clientèle électorale afin de se constituer une base solide et fidèle. Ensuite, l’autre priorité de Legault devrait être d’imposer une discipline à son caucus afin que le parti parle d’une seule voix. Ce sont deux éléments fondamentaux pour la Coalition avenir Québec. Les ignorer serait une grosse erreur pour elle et sa popularité pourrait être éphémère.

Prendre les gens pour des cons

Christian Lévesque

Hier matin nous apprenions que Jean Nobert, membre fondateur de l’ADQ, avait fait parvenir à l’exécutif de l’ADQ une demande de convocation d’un Conseil général, signé par 59 membres en règle de l’ADQ, conformément à l’article 35 de la Constitution de l’ADQ. Pendant l’après-midi est arrivé la réponse de Christian Lévesque, le président du parti. Je la reproduis ici intégralement à partir du site de l’ADQ.

Réponse à la demande pour la tenue d’un Conseil général

2012-01-10, 15:05

 

L’Action démocratique du Québec, après analyse par la Commission juridique du parti, et s’appuyant sur les articles 32 et 35 de la constitution,  n’est pas en mesure de répondre de manière positive à la demande formulée par Me JeanNobert pour la tenue d’un Conseil général.

Effectivement, l’article 35 de notre constitution spécifie que le Conseil général se réunit sur la décision du Comité exécutif du parti ou sur demande de cinquante (50) de ses membres ayant droit de vote ou de vingt-cinq (25) associations de circonscription électorale. Par contre, eu égard à l’article 32, qui spécifie qui a droit de vote lors d’un Conseil général, les membres qui ont demandé la tenue du Conseil général ne répondent pas aux critères énumérés par l’article.

Article 32

Le Conseil général se compose des personnes suivantes:

a) des membres du Comité exécutif;

b) des présidents des associations de circonscription électorale; en cas d’absence, le président peut être remplacé par un membre choisi par le comité exécutif de l’association, pour une (1) réunion du Conseil général;

c)  un (1) membre de chaque association de circonscription choisi par le comité exécutif de l’association;

d) les députés de l’Action démocratique, membres de l’Assemblée nationale du Québec;

e) cinquante (50) jeunes ou leurs substituts choisis, en autant que possible, dans chacune des régions mentionnées à l’article 25, nommés par le Regroupement -Jeunes se pour un (1) an; ces nominations devant être entérinées par le Comité exécutif de l’Action démocratique;

f)   les secrétaires des commissions permanentes.

Article 35

Le Conseil général se réunit sur décision du Comité exécutif du Parti ou sur demande de cinquante (50) de ses membres ayant droit de vote ou de vingt- cinq (25) associations de circonscription électorale.

Apparemment, l’interprétation de M. Lévesque  de l’article 35 est que pour convoquer un Conseil général, les 50 membres doivent avoir le droit de vote à un Conseil général.  Selon Claude Garcia, du Comité Restons ADQ, bien que M. Lévesque respecte la lettre des articles 32 et 35 de la constitution,  le parti n’a pas respecté l’article 32 par le passé et permettait à tout membre en règle de voter à un conseil général. Maintenant, tout d’un coup, M. Lévesque décide d’appliquer la constitution à la lettre. Mais maintenant que M. Lévesque a retrouvé sa copie de la constitution, peut-être réalisera-t-il les irrégularités qu’il a lui même commises. Chose certaine, le camp du Non, n’a pas dit son dernier mot.

Fusion ADQ-CAQ: des lettres de Christian Lévesque et Gérard Deltell incluses avec les bulletins de vote

 

Par Philippe David

 

Par l’entremise de membres du comité Restons ADQ, j’ai obtenu des photographies des documents envoyés aux membres de l’ADQ afin qu’ils se prononcent sur l’entente de fusion avec la Coalition Avenir-Québec. Outre le bulletin de vote, une lettre expliquant la marche à suivre de la firme Raymond Chabot, Grant Thornton, une copie de l’entente de principe et une fiche d’informations à remplir; on y trouve également des lettres de MM. Gérard Deltell et Christian Lévesque. Rappelons que l’exécutif national a refusé de permettre au comité Restons ADQ d’inclure une lettre contenant des arguments contre la fusion.

Bien qu’aucune de ces deux lettres n’incitent les membres à voter oui ou non comme tel, M. Deltell y exhorte les membre à se prononcer en grand nombres tandis que M. Lévesque rappelle que l’exécutif national du parti a voté à la hauteur de 85% en faveur de l’accord de fusion. Mais même si elles sont relativement banales, elles rappellent au membres que leur chef et leur exécutif sont en faveur de cette entente et vont à l’encontre de la neutralité qui aurait été de mise dans cet exercice. Ça ne pourrait être vu que comme une façon d’influencer les membres. Déjà que le texte de l’entente ressemble à un baratin de vente pro-fusion. Le tout va certainement donner des arguments à ceux qui croient que le processus était

Denis Claveau, président de la commission des jeunes, dit avoir un problème avec l’inclusion de lettres de deux ténors pro-fusion, mais il  qualifie le tout comme étant « une annonce de fusion sans saveur et surtout, sans projet ».

 

Lettre de Gérard Deltell

Lettre de Christian Lévesque

L’hypocrisie de Jean Allaire

 Par Philippe David.

« Il faut avoir la lucidité de reconnaître le moment où un parti atteint le crépuscule de son existence et faire les gestes nécessaires pour que tout le travail fait depuis près de deux décennies ne s’évapore pas en fumée. » — Jean Allaire

C’est ce que Jean Allaire affirme, alors qu’il cherche non seulement à tuer le parti qu’il a fondé, mais aussi toutes les idées qui ont fait son succès et essaie de se sauver avec les meubles et le compte de banque, laissant les militants nus sur le perron.

Il ne faut pas mâcher ses mots. Ce que Me Allaire et ses comparses essaient de faire, c’est de littéralement « voler » les militants de leur parti en le sabordant en faveur de la CAQ. Il n’était pas suffisant à M. Allaire, M. Lévesque et M. Deltell de simplement quitter leur parti et de prendre leur carte de membre de la CAQ, ils leur fallait à tout prix apporter les actifs de l’ADQ avec eux et au diable ceux qui y ont mis leur corp et âme. Mais ils ont sous-estimé la résistance des militants et ils paniquent maintenant.

Me Allaire parle du crépuscule de son parti alors qu’avant que cette histoire de fusion commence, sa popularité était passée de 6% (après la tragi-comique course à la chefferie) à 18%! Par la suite, afin de plaire à François Legault et tenter de réduire le canyon idéologique entre l’ADQ et la CAQ, Me Allaire a tenté de torpiller les résolutions proposées par la commission politique à Trois-Rivières et ont allègrement fait circuler les rumeurs de fusion. Voyez-vous l’ADQ est loin d’avoir atteint le crépuscule comme véhicule d’idées, elle est seulement minée de l’intérieur par des hypocrites.

Me Allaire essaie de vous faire croire que l’ADQ et la CAQ se rejoignent dans les idées. Je vous inviterais à consulter cette présentation d’Adrien Pouliot. Oui oui. Celle que Joanne Marcotte a converti en PDF et que les fusionnistes ont brandi comme la preuve d’un sombre complot de prise de contrôle de l’ADQ par des fanatiques libertariens, alors même qu’ils aident François Legault à commettre une prise de contrôle hostile de leur parti. Il faut le faire, avouez-le!

Cette présentation, disais-je, démontre plutôt bien que les affirmations de Jean Allaire sont fausses. Il existe bel et bien un fossé idéologique important entre les deux partis. Mais Me Allaire n’est pas intéressé par les idéologies, il est intéressé par le pouvoir et il veut y parvenir en aidant François Legault en lui faisant cadeau du budget de $780 000 par an que l’ADQ reçoit du DGEQ, d’une aile parlementaire et même la possibilité d’être reconnu comme parti officiel à l’Assemblée Nationale. Bref, il veut le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière! C’est d’ailleurs pour ça qu’il est capable du même souffle de mettre en garde contre les soi-disant « dérives de la droite », tout en invitant les membre de l’ADQ qui sont de droite à venir essayer de faire avancer leurs idées au sein de la CAQ! Allô! Quelles sont les chances de faire avancer des idées de droite dans un parti où les éminences grises vous mettent en garde contre les soit-disant dérives de ces idées! Vous nous prenez pour des cons ou quoi?

Membres de l’ADQ, je vous implore d’user de bon sens. La démocratie au Québec se portera beaucoup mieux s’il y a un véhicule politique pour les idées de droite. L’ADQ est le meilleur véhicule pour ces idées, alors que les dirigeants de la CAQ ne cherchent même pas à occuper cet espace du marché politique. Y a-t-il suffisamment de clientèle du côté droit de l’échiquier politique pour se faire porter au pouvoir au Québec? C’est discutable, je vous l’accorde, mais l’ADQ n’a jamais été si populaire que lorsqu’elle avançait des solutions de droite et elle n’est jamais descendu plus bas en enfer que lorsqu’elle a trahi son électorat de droite. À vous d’en tirer vos conclusions. Ce parti peut encore être rebâti sur des fondations plus solides et continuer le travail qu’elle avait commencé à faire: servir l’électorat de droite. Si le pouvoir vous importe plus que l’idéologie et que vous préférez répondre au chant des sirènes des sondages, déchirez votre carte, inscrivez-vous à la CAQ et votez contre la fusion ou ne votez pas du tout et laissez aux autres militants qui croient encore à l’ADQ la possibilité de continuer leur travail. Si la CAQ est si géniale que ça, vous n’avez absolument rien à perdre. Si par contre, vous croyez encore à l’ADQ, empressez vous de retourner votre bulletin de vote avec une croix sur le « non ».

Et surtout, montrez à MM. Allaire, Legault, Deltell, Lévesque, Thibault et cie. que le parti ne leur appartient pas et qu’ils ne peuvent pas en disposer comme bon leur semble pour leur propre bénéfice. Montrez-leur que l’esprit de démocratie est bel et bien vivant dans le coeur des adéquistes, même si vos dirigeants ne l’ont plus. Montrez-leur qu’ils ne peuvent pas vous voler votre parti.

Joanne Marcotte répond à J.-Jacques Samson

Suivant la chronique d’aujourd’hui de J.-Jacques Samson, “Ça caquette à l’ADQ“, je me permettrai d’offrir ici un complément d’information que M. Samson aurait eu avantage à connaître avant d’écrire son texte.

Le document dont il est question dans sa chronique (Cours de préparation au mariage CAQ-ADQ signé Adrien Pouliot) a effectivement été rédigé par Adrien Pouliot, membre de la Commission politique de l’ADQ. Ce document avait fait l’objet d’une conférence Web donnée par M. Pouliot en décembre dernier. Dans cette présentation Powerpoint, ce dernier donne son appréciation des propositions de la CAQ, mais surtout compare la philosophie politique et quelques éléments des programmes des deux partis que sont la CAQ et l’ADQ.

Comme le Réseau Liberté-Québec se donne comme mandat de diffuser les idées qui se situent à la droite du centre sur l’échiquier politique, nous avons pensé rendre public un document qui compare, de façon assez percutante, les valeurs et les idées de la CAQ vs. l’ADQ (initiative qui, entre vous et moi, devrait être le travail des journalistes…) J’ai donc repris son document, l’ai converti en .pdf et l’ai rendu disponible à partir du site de l’Infolettre du Réseau Liberté-Québec.

En créant ce nouveau document .pdf, c’est ce qui fait que vous voyez mon nom dans le champ “Auteur” des propriétés du document. Je n’ai pas, par ailleurs, changé une seule ligne de son texte. Je ne suis donc pas l’auteure du document – ce que le chroniqueur J.-Jacques insinue à tort dans sa chronique.

Il semble donc qu’il n’ait pas été suffisant que le titre du document soit “Cours de préparation au mariage ADQ-CAQ – SIGNÉ ADRIEN POULIOT” pour le convaincre de l’identité de l’auteur. Cela dit, je peine à imaginer M. Samson fouiller dans les propriétés du document .pdf pour y trouver mon nom. On peut, en effet, raisonnablement penser que ceci lui a été suggéré par un malfaisant qui avait intérêt à injecter encore plus de confusion dans le processus déjà alambiqué de fusion ADQ-CAQ.

De toute évidence, cette stratégie de dernière minute du camp pro-fusion est on ne peut plus claire : tenter de discréditer le groupe RestonsADQ.ca en l’associant à une droite radicale, démagogique et selon Me Allaire, libertarienne (oh! quelle horreur, alors que lui-même a travaillé dans l’équipe du très libertarien Stockwell Day de l’Alliance canadienne, selon les dires de Éric Duhaime!).

Ce camp a également intérêt à faire voir que la résistance à la fusion ne provient pas de l’intérieur, soit des membres de l’ADQ, mais serait téléguidée de l’extérieur. Sous-entendre, par exemple, que Adrien Pouliot est un porte-parole du RLQ est digne de tout ce dont la population a en horreur de la part des magouilleurs professionnels de la politique. Croient-ils vraiment qu’en faisant croire cela, la fusion menée par les élites dirigeantes de l’ADQ apparaîtrait moins comme leur trahison à la fois du membership et des idées du parti. Qui sait ce que mijottent les Me Allaire et leur chef des communications Richard Thibault? C’est suffisamment tordu pour que d’honnêtes gens y perdent leur latin et s’écoeurent encore davantage de ces vieux politiciens.

Quoiqu’il en soit, j’en profiterai donc pour rappeler à M. Samson et à ses lecteurs la nature et la mission du Réseau Liberté-Québec. Contrairement à ce que “spin” Me Jean Allaire, le Réseau Liberté-Québec regroupe tous les Québécois qui ont compris que notre sociale-démocratie est épuisée.

Il regroupe TOUT ce qui est à la droite du centre: des conservateurs fiscaux, des gens attachés à la philosophie libérale classique (dont je suis moi-même), des libertariens ainsi que des nationalistes qui ont à coeur de préserver les valeurs occidentales que sont la liberté d’opinion et de presse, l’égalité homme-femme et la séparation de l’Église et de l’État.

Le Réseau Liberté-Québec travaille à réseauter tous ces gens, à proposer des réformes importantes au modèle québécois et à disséquer l’offre politique des différents partis politiques au Québec afin d’y voir plus clair.

En ce qui touche le positionnement du RLQ face à l’avenir de l’ADQ, je crois pouvoir dire sans trop m’aventurer que nous souhaitons tous qu’à terme, il en résulte un parti politique qui représente les idées réformatrices dont le Québec a tant besoin. Que ce véhicule renaisse de la coquille d’une ADQ qui aurait survécu ou qu’il soit le fruit d’un tout nouveau parti politique né d’une base militante plus homogène et clairement positionnée à la droite du centre, honnêtement, m’importe peu.

Pour cela, seuls les militants engagés au sein des partis politiques en présence sauront nous le dire.

P.S. J’ai communiqué avec J.-Jacques Samson au téléphone aujourd’hui. Après lui avoir expliqué la genèse du document dont il est question dans sa chronique, il me dit qu’il effectuera une correction à ses propos à la première occasion.

L’ADQ et l’omerta

Par Julie Thibault,

En 2007, l’ADQ est passé à deux doigts du pouvoir avec ses idées de droite, en 2008, 700 000 de leurs électeurs se sont abstenus, déçus de leur prise de positions et du rôle qu’ils ont joué à l’opposition  les rayant pratiquement de la carte électorale.

 

Aujourd’hui, n’ayant toujours pas compris l’électorat, l’ADQ persiste à vouloir recentrer le parti, allant jusqu’à conclure une entente avec la gauche efficace. Ce parti est prêt à troquer ses idéaux pour prendre le pouvoir. Les méthodes prisent pour concrétiser cette union contre nature est digne des libéraux desquels l’ADQ ne semble plus rien avoir à apprendre.

 

Depuis l’annonce de l’assimilation de l’ADQ par la CAQ, de nombreuses révélations nous sont faites par les acteurs de cette mauvaise comédie. En commençant par Claude Garcia, membre de l’exécutif national dans un article de Denis Lessard, en passant par Denis Claveau, de la commission jeunesse, qui à même révélé qu’après leur prise de position contre la fusion, ils ont reçu un blâme se voyant même menacer de se faire enlever le droit de vote à ceux qui «trahissent la position officielle» du parti

 

De plus, Denis Lessard dans son article «François Legault et Gérard Deltell: les drôles de compagnons» publié le 17 décembre 2011, dévoilait les dessous des procédures qui ont amené à cette fusion. Malgré les nombreuses déclarations de Gérard Deltell voulant  qu’aucune négociation n’avait été entrepris, il semblerait que dès le printemps, alors que les membres étaient réussis à Trois-Rivière, les proches de Legault réussissaient, par l’entremise de M. Allaire, à faire échouer certaines propositions acceptées par ce dernier quelques jours auparavant. Proposition qu’ils jugeaient trop à droite, alors que pour bien des observateurs en attente d’un signal clair que le parti s’engageait maintenant à proposer des changements significatifs pour le Québec, ce n’était que le strict minimum.

 

Il n’est donc pas étonnant que le congrès prévu cet automne fût annulé. Congrès qui devait avoir comme sujet le privé en santé, un des points les plus litigieux entre les deux formations. La position des membres aurait pu compromettre, voire même faire échouer un mariage déjà consommé.

 

Pourtant, il faut vraiment faire des contorsions intellectuelles pour réussir à voir une similitude entre les deux partis. L’ADQ défend des idées de liberté et de responsabilité de la part des individus, dans un État dégraissé et une gestion responsable du gouvernement.  La CAQ ne remet aucunement le sacro-saint modèle québécois en question, elle veut d’un état fort en injectant plus d’argent notamment dans l’éducation et dans les arts. De plus, la coalition veut jouer avec l’argent du bas de laine des Québécois en utilisant ce fond pour les investir dans des entreprises à risques, mais «québécoises» mettant ainsi en péril la retraite des Québécois.

 

À la lumière de toutes ces révélations, plusieurs membres ont déjà commencé à reconsidérer leur appui à cette fusion, voyant maintenant poindre la possibilité d’un véritable parti de droite nettoyé de ceux qui depuis la course à la chefferie semble avoir tout fait pour détruire ce parti, beaucoup plus préoccuper par le pouvoir et le financement que par la promotion de leurs idéaux qui leurs avait apportés le succès en 2007.

 

 

Mais où étaient-ils?

Le 27 décembre, dans une lettre ouverte, Raymond Francoeur, vice-président de l’ADQ, ancien député et cosignataire de la dette du parti dénoncent le peu d’empressement des gens à donner des dons et à s’impliquer au sein du parti. «… Mais où étaient-ils? Pourquoi maintenant?…»

Les véritables questions qui se posent aujourd’hui sont: où était Raymond Francoeur? Que faisait-il lors du dernier congrès en mai? Et que disait-il aux membres lors des réunions de conté?  S’il avait été un peu moins occupé à écouter Legault, il aurait peut-être entendu les membres s’inquiéter et dénoncer cette fusion.

Ces questions s’adressent également aux membres de l’exécutif. Depuis combien de mois Mario Charpentier fait la promotion pour la CAQ sur les réseaux sociaux sans jamais que sont chef ne démentisse ses propos? L’a-t-on menacé de perdre son droit de vote s’il «trahissait la position officielle» du parti?

 

Quand l’équipage magouille ouvertement pour couler le bateau, faut être culotté pour faire la morale à ceux qui ne veulent pas embarquer.

 

(NDLR: à lire également: « Les membres ignorés » de Caroline Pageau, ex-attachée politique de Mario Dumont en réponse à Raymond Francoeur)

Switch to our mobile site

WordPress SEO

Featuring YD Feedwordpress Content Filter Plugin