Archives par mot-clé : Charte des valeurs québécoises

Les enfirouapés

Par Philippe David

Suite à la révélation la semaine dernière qu’il n’a jamais existé d’avis légal formel  sur le projet de loi 60. Certains chroniqueurs qui ont défendu cette charte bec et ongle se retrouvent dans une bien fâcheuse position.

D’un côté, Mathieu Bock-Côté continue de défendre l’indéfendable. Disant que ces avis sont sans importance. On s’en balance de la charte des droits de Trudeau. La nôtre, on peut la modifier comme on veut. Ce qui comptait, c’était la volonté du peuple. Eh bien justement, le peuple a vu à travers le jeu des péquistes  et il a choisi de les foutre à la porte, incluant la première elle-même. Je crois que c’était plutôt clair. Mais M. Bock-Côté est resté fidèle à lui-même. Après-tout, il était un des principaux cerveaux derrière le virage identitaire du PQ et son principal propagandiste.  Dommage pour lui, mais en continuant de défendre le PQ de la sorte, il se discrédite lui-même.

De l’autre côté, Richard Martineau déclare s’être fait entubé, cocufier et roulé dans la farine par le PQ. Vraiment M. Martineau? Admettez-vous avoir été à ce point aveugle que vous ne pouviez pas voir tous les signes? Quand le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne du Québec nous disaient que ce projet de loi ne passerait pas le test, les aviez-vous écoutés?  Quand les Pineault-Caron ont été admis pour faire leur témoignage ridicule et ignorant en commission parlementaire, alors que Drainville faisait semblant de bêtement boire leurs paroles, vous n’aviez pas un petit malaise? Quand Bernard Drainville refusait tout compromis avec la CAQ et menaçait d’en faire un enjeu électoral, vous n’aviez pas un peu la puce à l’oreille? Vous n’aviez pas cliqué avant que Pauline Marois déclenche des élections? (À l’encontre de la propre loi de son parti sur les élections à date fixe,  faut-il le rappeler?)

Pourtant, bien d’autres chroniqueurs et blogueurs avaient vu venir Drainville et le PQ de très loin! Même des petits insignifiants comme moi et des moins insignifiants comme Johanne Marcotte, Lise Ravary, Denise Bombardier et Jérôme Lussier, pour ne nommer que quelques-uns, ont écrit en long et en large que cette charte n’était qu’une tactique électoraliste. Avec l’amateurisme du gouvernement Marois, c’est à se demander comment il se fait que vous ayez refusé de regarder la vérité en face pendant si longtemps! Comme si avec ce projet de loi, le PQ était soudainement devenu crédible et compétent alors qu’ils avaient agi comme des clowns pendant les douze mois précédents! Ils étaient pourtant plus que transparents!

Un projet de loi aussi controversé nécessitait non seulement une évaluation juridique complète par le Ministère de la Justice pour s’assurer de sa constitutionalité, mais il y aurait dû y avoir des études produites pour démontrer que le port de symboles religieux ostentatoires était bien un problème assez sérieux pour justifier une restriction des droits de liberté religieuse. Comme les avis juridiques, de telles études ont toujours été inexistantes. La charte de laïcité n’a jamais été qu’un show de boucane, sinon le gouvernement aurait pris soin de tout boucler pour s’assurer qu’elle passerait le test des tribunaux.

Pourquoi? Parce que les droits individuels sont supposés être une valeur capitale de toutes les démocraties libérales digne de ce nom. Parce que le non-respect de ces droits sans de sérieuses raisons nous relègue à l’état d’une vulgaire république bananière. Ce genre de gouvernement piétinent les droits fondamentaux sans justification, mais nous sommes supposés être mieux que ça.

Désolé, mais si vous vous êtes fait enfirouapé de la sorte par le PQ avec tous ces signes sous le nez, vous ne méritez aucune compassion.

Infâme!

Par Philippe David

Ça fait déjà quelques jours depuis qu’il a été dévoilé qu’il n’existe aucun avis juridique émis par le Ministère de la Justice au sujet de la fameuse charte de la laïcité du PQ et je crois que peu de personnes en apprécient la totale infâmie.

Imaginez un instant que cette loi ait été passé par un gouvernement péquiste majoritaire et qu’elle ait été contestée, ce qui aurait été inévitable. Le gouvernement péquiste se serait retrouvé à défendre sa position devant la Cour Suprême sans aucune documentation à l’appui. Aucun avis juridique validant la constitutionalité de la charte et aucune recherche justifiant la nécessité de cette loi non plus.  Imaginez la bisbille que cela aurait causé, l’émoi et je n’ose même pas penser au coût au contribuable. Sans compter que cette charte modifiait de facto la charte québécoise des droits et libertés pour en faire une travestie!

Évidemment, le plan du PQ a toujours été d’utiliser la popularité de l’idée d’une charte de laïcité, la peur de l’intégrisme religieux et cette zizanie qu’allait inévitablement causer la charte avec le gouvernement fédéral, pour faire avancer son agenda souverainiste. Pour le PQ, afin de réaliser cet objectif, la fin justifie tous les moyens et toutes les tromperies. Nous le savons tous, depuis que Parizeau a sorti l’euphémisme de la cage à homard, que le PQ ne s’arrêtera devant rien pour littéralement « piéger » les québécois à accepter son projet de société, par la fourberie, si nécessaire.

Nous voyons maintenant que fourberie, il y a eu et il était pratiquement impossible qu’un membre du conseil des ministre ait pu ignorer le fait que le projet de loi 60 ne reposait sur aucune fondation juridique et constitutionnelle. Bernard Drainville et Pauline Marois ont sciemment menti au peuple québécois et ils le savaient tous.

Mme Marois en a déjà payé le prix. Elle passera dans l’histoire non pas pour avoir été la première femme au poste de Premier Ministre du Québec, mais comme ayant été le pire Premier Ministre de l’histoire de cette province. Pour cela, le peuple québécois l’a renvoyée à grands coups de pied au derrière. Cependant, d’autres ont échappé au jugement comme Drainville et Lisée, qui, je soupçonne, était un des cerveaux. S’il leur reste une parcelle d’intégrité, ils devraient démissionner de leur siège, car ils sont vraiment indignes de la confiance de la population. Pour leur part dans cette infâmie, je crois sincèrement que les autres anciens membres du conseil des ministres devraient en faire autant.

P.S.  Je me demande comment tous les pro-chartistes qui ont débattu avec moi tout ce temps et qui ont tourné le dos à plusieurs amis à cause de cette supercherie doivent se sentir maintenant?

Le voile se lève

Par Philippe David

Comme si la sortie de Janette Bertrand d’hier n’était pas assez pour notre tension artérielle, la journée d’hier  nous apporte quelques intéressantes révélations. Tout d’abord, un papier de Vincent Marissal dans La Presse d’hier nous apprend que le virage identitaire du PQ et sa charte de laïcité se trament depuis assez longtemps et que outre Bernard Drainville et Jean-François Lisée, les cerveaux derrière cette charte incluent Mathieu Bock-Côté, Éric Bédard, Jacques Beauchemin… et Pierre-Karl Péladeau!

Il apparait de plus en plus évident que les personnes ci-haut planifient le virage identitaire du PQ depuis belle lurette et que ce fût dès le début, comme je l’avais dit, une tactique purement électoraliste visant à instrumentaliser la peur des «étranges» pour éventuellement servir de «levier» pour la souveraineté, puisque les péquistes savent bien qu’ils sont incapables de vendre leur salade sur ses propres mérites. Il leur faut donc un subterfuge quelconque pour essayer de convaincre la majorité d’entre nous que le Canada est une menace à notre liberté.  Comment maintenant prendre au sérieux le démenti d’au moins un des membres  de ce brain trust que ce n’était pas effectivement une diversion?

Je gruge, tu gruges, il gruge …

Si Janette Bertrand s’inquiète que nos droits et libertés soient grugés petit à petit par les méchants islamistes, j’aimerais attirer son attention sur un danger bien plus immédiat. La charte de la laïcité brime les droits fondamentaux de liberté de religion et liberté d’expression et pas seulement pour les islamistes, mais aussi pour tous les autres qui ont le malheur de vouloir exprimer leur appartenance religieuse, qu’ils soient juif, sikhs ou même catholiques. Qu’on-t-ils fait, eux, pour justifier qu’on brime leurs droits? Une question que le gouvernement ne veut pas répondre et pour laquelle il n’est même pas foutu de présenter une justification quelconque. 

Si vous cherchez une entité dans notre société  qui « gruge » les libertés, vous devriez mettre notre gouvernement en tête de liste. Et maintenant que Pauline Marois a annoncé son intention d’utiliser la clause dérogatoire pour protéger la charte des contestations, le PQ montre définitivement ses couleurs en utilisant la plus grosse massue dans son arsenal législatif pour abroger sans aucune justification la liberté religieuse de milliers de ses citoyens.

Si vous croyez que puisque la clause dérogatoire existe, il n’y a aucun mal à l’utiliser, j’aimerais attirer votre attention sur ce petit extrait du livre « La Route de la Servitude » de Friedrich Hayek (probablement un des meilleurs essais sur le totalitarisme):

«Rien ne distingue plus clairement  les conditions dans un pays libre de celles d’un pays sous un gouvernement arbitraire que l’observance  dans le premier  du grand principe  connu sous le nom de la règle de droit.  Dénuée de tout technicalités, cela veut dire que le gouvernement, dans toutes ses actions est lié par des règles fixes et annoncées d’avance – des règles qui permettront de prévoir avec un certain degré de certitude comment l’autorité utilisera ses pouvoirs coercitifs dans des circonstances données et de planifier nos affaires individuelles sur la base de cette connaissance  (…)»

(H/T Germain Belzile)

En utilisant la clause dérogatoire avec autant de désinvolture, le PQ nous signale que nous ne sommes désormais plus dans un pays libre mais sous le joug d’un gouvernement arbitraire qui se permet de modifier les règles comme bon lui semble. Si jamais le PQ réalisait son objectif de faire du Québec un pays indépendant, lui qui se donnerait la tâche de rédiger la constitution de ce pays, peut-on douter que ce pays ne vaudra guère mieux qu’une république bananière dans la protection de vos droits? Surtout quand un des intellectuels du brain trust péquiste a écrit sans gêne que :

«Malgré ses limites et ses excès, une des vertus de la Charte québécoise comparée à la Charte canadienne tient justement dans le fait qu’on peut l’amender sans procédure constitutionnelle exceptionnelle, ce qui limite, justement, la prétention qu’ont certains à la faire surplomber le débat public à la manière d’un texte sacré dont ils se veulent souvent les seuls interprètes légitimes. Le politique, autrement dit, peut reprendre ses droits.»

Traduction: vos droits individuels ne comptent pour rien face à ceux de l’état.  C’est ce que pensent les intellectuels qui guident l’agenda du PQ.

C’est ça le pays que vous voulez? C’est ça leur grand projet de société? Un pays où le gouvernement peut changer les règles du jeu à sa guise et où vous n’avez aucun recours et aucune protection contre lui? Maintenant vous savez pourquoi je parlais récemment de « tyrannie québécoise« .

Le voile est levé. On voit maintenant le visage derrière le niqab de la soi-disant charte de la laïcité. Voter pour le PQ est voter pour avoir un pays avec un gouvernement totalitaire. Tenez vous-le pour dit, la plus grande menace à vos droits et libertés n’est pas l’islamisme, mais votre propre gouvernement. À vous de leur montrer si votre liberté personnelle vous importe.