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La foutaise

 

Quelle sacré époque nous voyons défiler devant nos yeux. Si l’histoire est destinée à être répétée, je plains mes decendants… Je commencerai donc par me désoler du spectacle attristant que nous offre Jean Charest et ses sbires. Nous, naïfs citoyens, qui croyaient que la farce de la commission Bastarache ne pouvait être accotée tant il était grossier de voir un bon libéral, nommé juge à la cour suprême par un bon libéral pour ensuite servir de commissaire dans une commission théâtrale (à l’exception de la diction et du calibre de la prose des procureurs) mise sur pied par des libéraux et pour les intérêts libéraux! Et bien, il semble que Jean Charest aime se dépasser. Il vient de mettre sur pied une commission d’enquête où les filous devront s’inscrire volontairement pour aller témoigner! Rembourse-t-il aussi l’essence et le poulet? Si c’est ça qu’il appelle faire la lumière, ça ne doit pas lui coûter cher d’électricité… Dans n’importe lequel pays normalement constitué, un tel affront se terminerait par des élections hâtives suite au renversement du gouvernement. Il semble que nous carburons à l’indignation « lite ». Il reste que cette commission sera un gaspillage d’argent et de temps. Deux choses qui manquent déjà au Québec…

Mais, réjouissons-nous. Le Québec est en mouvement: nous avons une foule de gens qui campent dans un parc en s’imaginant que le système va changer avec des pancartes et une douche par semaine. Je suis flabergasté. Les citoyens sont dégoûtés, nul n’en doute. Et avec raison. Je ne peux pas croire que mes taxes (eh oui, même les citoyens Canadiens ont pompé du fric pour palier à l’incompétence de ces crétins) ont servi à renflouer ces banques. Inutile de vous dire que moi, je les aurais laissé crever. Le capitalisme n’existe qu’à travers la sélection naturelle.

Il est à noter que dans ces pauvres gens privés de leur maison et qui supposément campent sur Wall Street, il y en a un nombre non négligeable qui croyaient qu’ils pouvaient vivre dans des maisons de dix fois leur revenus bruts… Une bonne compréhension du système (qui a nourri leur rêve, en passant) aurait été plus utile qu’une bonne grosse intervention étatique telle qu’ils la réclament aujourd’hui. Un citoyen informé et responsable en vaut deux.

Je sais, je délire. A part les commentateurs médiatiques habituels, d’un gauchisme risible, qui y voient une révolution et une prise de pouvoir par le peuple et patati et patata, il reste que ce sont encore les mêmes squatteurs habituels qui s’y adonnent. Au lieu de squatter les mamelles de l’État et les devants d’édifices gouvernementaux avec des pancartes, ils sont venus quémander plus d’État et blâmer l’État d’avoir répondu au quémandage  de Wall Street.  Quémander  l’État, pauvre ou riche, est un aveu d’échec. Et les échecs ont une magnifique propriété: en les analysant ont en tire des leçons. Il semble que ce dernier échec ait encore plein de leçons latentes…

En terminant, qu’ont donc en commun ce mouvement populaire et les commissions de Charest?  Ils ne sont que foutaise, un spectacle pour éviter d’affronter la réalité et pelleter par en avant des problèmes qui exigent des individus d’importantes et douloureuses remises en question.

Construction, collusion, corruption : Chapeau aux femmes!

Dur dur d’être fier d’être Québécois ces temps-ci. Nous vivons une période de bouleversements, les piliers du modèle québécois sont de plus en plus contestés, des luttes de pouvoir s’intensifient et le gouvernement s’applique admirablement bien à brûler tout ce qu’il touche: réingénierie, endettement public, PPP,  réformes en santé, financement des partis politiques, etc.

Même les importants investissements longuement attendus pour renouveler les infrastructures nous laisseront un goût amer de collusion et de corruption.

Au travers de tout ce désordre, des femmes qui sortent de l’ombre et qui rompent le silence. À défaut d’être fière d’être Québécoise, cette semaine, j’ai éprouvé une petite once de fierté envers ces femmes qui ont osé. Loin de moi l’idée de m’approprier une once du mérite qu’elles ont eu de briser l’omerta, mais on va prendre ce qu’on peut.

À commencer par Sylvie Roy de l’ADQ qui s’est comportée comme une véritable représentante du peuple lors de la commission parlementaire où témoignait le désormais célèbre Jacques Duchesneau. Non rassasiée devant une situation aussi choquante, Sylvie Roy récidive cette semaine en interrogeant la compétence des dirigeants de la Régie du bâtiment et leur capacité à faire « le poids devant les avocats de Tony Accurso lorsqu’il y a des millions en cause. » Nominations partisanes et compétence ne vont pas nécessairement de pair, semble-t-il. Comment expliquer autrement une suspension insignifiante (suspension de licence de 7 jours) à la firme Terramex pour avoir commis une fraude d’environ 280 000$?

Lundi dernier, c’est au tour de Monique Jérôme-Forget de confier au Devoir (La Presse lui a-t-elle refusé sa confidence?) que le gouvernement Charest avait cédé au « gros lobby » du génie-conseil en le convainquant d’abandonner la formule des PPP. « Avec les PPP, tu peux pas frauder », selon elle. « Pourquoi pensez-vous que toutes les firmes étaient contre moi? »

À une entrevue conjointe à l’émission 24 heures en 60 minutes, Chantal Rouleau et Micheline Pelletier (mairesse d’un arrondissement de l’est de Montréal et mairesse de Sainte-Anne-des-Monts) reconnaissent que le crime organisé a infiltré l’octroi de contrats publics de construction et dénoncent le monopole de l’asphalte en Gaspésie.

Puis une ex-députée libérale, Nancy Charest déclare que la commission d’enquête est requise. A contre-courant de ses anciens collègues du caucus libéral qui semble-t-il, auraient perdu soit leur langue soit leur sens moral, Madame considère qu’un volet public est important pour y voir plus clair dans l’industrie de la construction.

Enfin, il y a le duo Lise Thériault/Diane Lemieux qui m’a vraiment épatée cette semaine. Osant s’attaquer au placement syndical dans la construction, ces femmes ont fait honneur aux institutions qu’elles représentaient. Si Jean Charest s’abstient de tout gâcher, il y a peut-être un petit espoir qu’elles réussissent à abolir une pratique dont on recommandait l’abolition lors de la Commission Cliche… de 1975!!!

Pendant ce temps,

  • André Pratte répond à Joseph Facal qui, éternellement déçu du peuple québécois, ne comprend toujours pas pourquoi ce peuple a dit « non à un projet aussi normal que d’être pleinement responsable de lui-même. » (Comme si nous le serions plus en dehors de la fédération canadienne… Indice: la Grèce);
  • Robert Lafrenière de l’UPAC est choqué des propos de Jacques Duchesneau (de l’UAC).  « L’UPAC, c’est pas fort », aurait-il dit. Ooonnn!
  • Et Pierre Curzi est « blessé » des propos qu’a tenus Pauline Marois devant des militants à Drummondville. Pôv ‘ti.

Bref, en cette fin de semaine de l’Action de grâce, je rends hommage à ces femmes du Québec qui parlent, qui dénoncent et qui se tiennent debout, parce qu’entre nous, les hommes, ce serait ben l’fun si vous cessiez de pleurnicher comme des mauviettes. Vos problèmes personnels et de gestion de ressources humaines, c’est comme « Ça ne nous intéresse pas vraiment ».

Ah oui! Mes sincères félicitations à Nicole Duval Hesler qui est la première femme à être nommée juge en chef du Québec! Au grand dam de l’éditorialiste Josée Boileau qui, lors d’une émission 24 heures en 60 minutes affirmait que « Pour Harper, la famille, c’est maman à la maison et elle a un mari qui la fait vivre… », c’est bel et bien le premier ministre conservateur Stephen Harper qui l’a nommée à ce prestigieux poste.

J’AI LE CANCER

Je m’en doutais. Il y a quelques mois, Marc Bellemare avait sonné l’alarme. Et j’en ai eu la certitude la semaine dernière, comme des millions d’autres de mes concitoyens.

Depuis le temps que j’attendais le diagnostic, Jacques Duchesneau m’a confirmé la nouvelle, douloureuse, brutale, implacable.

Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

On me dit qu’il y a cette équipe de spécialistes qui pourrait, si elle le voulait, s’attaquer à la racine du mal, mais ces gens, qu’on appelle les PLQ, s’y refusent. Ils on trop attendu, ils ont profité de la vente de médicaments périmés, et ils craignent qu’un examen plus approfondi ne mette en lumière leur incompétence, et peut être, leur complicité.

Moi, mes concitoyens, ma société, nous sommes à l’urgence, et personne ne s’occupe de nous.

Le pire, c’est que monsieur Duchesneau, et de nombreux autres observateurs, sont catégoriques: ce cancer est curable.
Oh, comme tous les cancers, plus on attend, et pire ce sera, mais le remède existe.

Il est entre les mains des PLQ qui soutiennent, eux, qu’il est inefficace, et ce, malgré l’avis de tous les spécialistes en la matière. Tous.

Bientôt, le chef des PLQ va quitter la business, et il laissera derrière lui les autres PLQ, seuls, désemparés, dans les petites officines de l’urgence où nous attendons tous, et ces derniers seront d’autant plus impuissants qu’ils réaliseront enfin que le chef des PLQ les a abandonnés dans un abime d’inconscience.

Pendant ce temps, moi, vous, ma famille, mes amis, votre famille et vos amis, nous attendons à l’urgence, diagnostic et ordonnance en main, sans que personne ne fasse rien pour nous.

Parce que j’ai cette ordonnance, signée par ce Bellemare et ce Duchesneau. Elle est toute simple : Une commission d’enquête publique. À être administrée par les PLQ. Qui ne le feront pas.

Parce qu’ils craignent de se pencher sur ma maladie de peur d’y découvrir un mal encore plus terrible : le leur.

Leur mal s’appelle combines. Leur mal s’appelle lâcheté. Leur mal s’appelle connivence. Leur mal s’appelle petits amis. Leur mal s’appelle argentiers du parti. Leur mal s’appelle réélection.

La rumeur dit que bientôt nous allons nous lever de notre incomfortable siège à l’urgence. Que nous allons parler. Que nous allons marcher. Que nous allons forcer les PLQ à faire ce pour quoi nous les payons.

Je n’ai pas d’autres choix. Parce que j’ai le cancer.
Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

Préparez-vous, messieurs les PLQ, préparez-vous, mesdames les PLQ.

Le peuple a mal, et bientôt il va hurler sa haine, son mépris, sa douleur, sa rage de vivre enfin dans un environnement assaini.

Et à ce moment, c’est vous, messieurs et mesdames les PLQ, qui aurez le mal.

Manifestation citoyenne usurpée par la CSN

Montréal – Une démonstration anti-corruption qui aurait dû être tout azimuth a été usurpé par la CSN. Plus tôt cette semaine, des négociations qui auraient vu des représentant de la gauche et de la droite côte à côte dans la revendication d’une commission d’enquête sur la corruption dans le domaine de la construction, ont achoppé après un volte-face des représentants syndicaux. Selon ce communiqué de l’animateur radio Jeff Plante:

« Nous avions conclu ce matin avec M Poirier, l’un des organisateurs, une entente afin de faire un rassemblement tout azimut pour, nous le croyions, faire front commun sur la situation qui accable le Québec présentement.

Nous avions convenus de nos deux porte paroles présent même si 6 des 8 autres porte parole sont identifiés à la gauche québécoise pro syndicale. Malgré les nombreuses critiques sur internet de l’omniprésence syndicale au niveau de l’organisation nous avions tout de même acceptés les termes de l’entente, car nous travaillons tous pour un meilleur Québec. Enfin c’est ce que nous pensions.

Malheureusement ce soir malgré la parole donnée et l’entente conclue, la petite politique partisane et corporatiste a repris le dessus et ces gens ont renié leur entente malgré la parole donnée.

Donc nous concluons que cette manifestation sera une manifestation d’une gauche québecoise exclusive et divisive.

Nous avons réellement agi de bonne foi nous n’avons même pas négocié qui parlerait du côté gauche, c’est pas de nos affaires. Nous faisons confiance en l’intelligence des gens. Il s’avère que c’était trop demander. »

L’entente aurait permis à des représentants de droite comme Jeff Plante et Éric Duhaime de s’adresser à la foule au côtés des leaders syndicaux.  Plusieurs groupes de droite, en appellent au boycott de l’évènement.

L’HYDRE MAFIEUSE

Un rapport des plus accablants de l’Unité anti-collusion que le Premier ministre n’aurait même pas pris le temps de lire. Pouvez-vous croire ça? Moi, pas du tout.

Jean Charest n’est définitivement pas cru. Il est cuit. Il est même brulé, calciné.

Plus dramatique: il entraine, lentement mais surement, tout ce qui est libéral dans sa déchéance.

Encore plus catastrophique: il est en train de « république-de-bananiser » le Québec tout entier en agissant comme un chic et souriant despote africain.

Évidemment, l’homme n’a pas tous les défauts du monde et ne peut être blâmé comme unique responsable de tout ce qui dégénère. Cependant, il demeure ultimement celui imputable de l’abaissement actuel de nos règles éthiques en refusant de montrer patte blanche.

DES EXCUSES, ÇA PRESSE!

Des excuses publiques à…

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Originalement publié dans le Journal de Québec. Republié avec la permission de l’auteur.

JEAN CHAREST, NOTRE PÈRE

Notre Jean, qui te crois Dieu
Que ton nom soit oublié
Que ton règne achève
Que ta volonté soit ignorée
En chambre comme dans la rue
Donnes-nous aujourd’hui
Notre commission d’enquête
Pardonnes-nous notre insistance
Comme nous pardonnons
À tes députés qui nous ont offensés
Et ne nous soumets pas à la tentation de te mettre dehors
Pour nous délivrer du mal

Mclean’s avait raison!

Grande nouvelle! Un rapport que le Ministère des transports du Québec voulait laisser croupir sur les tablettes, se retrouve par miracle chez Radio-Canada.  Comme par hasard, ce rapport confirme ce que nous avons toujours su: l’industrie de la corruption, pardon, de la construction est corrompue à l’os. Depuis des décennies, c’est un secret de polichinelle. Quoi? Vous croyiez peut-être que notre stade olympique valait vraiment le milliard et des poussières qu’il nous a coûté? Vous croyiez qu’ailleurs qu’au Québec, des projets comme l’extension du métro à Laval ont aussi des dépassements de coûts de 350%? Nous avons toujours su que cette industrie était toute croche, mais maintenant nous en avons la preuve.

Devrait-on être surpris? Pas le moins du monde, puisque la corruption va toujours main dans la main avec des gouvernement interventionnistes, et celui du Québec est de loin le plus interventionniste au Canada.  Il y a toujours eu un lien entre la liberté économique d’un territoire et la corruption pour de très simples raisons:

  1. Plus une industrie est règlementée, plus l’entrée de nouveaux joueurs est restreinte, limitant la concurrence et plus il est facile pour les joueurs existants de se cartéliser sans craindre qu’un nouveau concurrent vienne briser le cartel.
  2. Plus une industrie est règlementée et plus le pouvoir sur cette industrie est concentrée dans les mains de fonctionnaires et politiciens et plus il devient nécessaire de graisser des pattes pour accomplir quoique ce soit. Il ne peut y avoir de corruption que dans le secteur public car ce sont eux qui détiennent le pouvoir et qui peuvent le vendre au plus offrant.
  3. Les foctionnaires et politiciens n’ont aucun incitatif à s’assurer que les deniers publics soient bien dépensés. Ce n’est pas leur argent, c’est celui du contribuable, alors qu’est-ce que quelques millions par ici, ou par là si ça leur permet d’acheter des votes ou d’accroitre leur pouvoir?

Pourquoi croyez-vous que ça dure depuis si longtemps, sans que personne ne dise un mot? Je vous dirais que c’est parce que les acteurs sont tous au-dessus des lois et qu’ils on tout intérêt à ce que vous ne sachiez pas ce qui se passe. Encore une autre fois, ils ont d’ailleurs cherché à vous cacher la vérité. N’eut été du fait que quelqu’un a pris sur lui-même d’envoyer une copie de ce rapport à R-C, nous n’en aurions probablement jamais vu la couleur de source officielle. Maintenant qu’ils ont été pris les culottes baissées, le gouvernement Charest va-t-il finalement  former la commission d’enquête réclamée depuis si longtemps par la grande majorité de la population?

Marquez votre calendrier, car vous ne reverrez pas l’occasion de si tôt ou je me retrouve en accord avec Amir Khadir, mais Jean Charest n’a plus que deux choix honorables: faire une commission d’enquête ou démissionner. Cependant, je n’ai aucune illusion sur le résultat d’une telle commission. Nous allons certainement voir des têtes rouler, mais le problème ne sera pas résolu pour autant,  tant que nous ne revoyons pas le rôle de notre gouvernement dans l’économie.