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Gabriel Nadeau-Dubois coupable d’outrage au tribunal

 

Par Simon Leduc

L’ancien leader de la CLASSE a été reconnu coupable d’outrage au tribunal. Le juge affirme que GND a encouragé les étudiants à défier l’injonction obtenue par Jean-François Morasse. Celui-ci s’était tourné vers les tribunaux afin de pouvoir suivre son cours universitaire. Sur les ondes de Radio-Canada, le leader étudiant avait clairement demandé à ses camarades de ne pas respecter le jugement de la Cour supérieure du Québec. On doit saluer le bon jugement du magistrat dans ce dossier. Il faut que cela soit clair, personne n’est au dessus des lois. Le geste de GND est inacceptable et il doit être dénoncé. Dans un pays démocratique, on ne peut pas encourager la désobéissance civile comme l’a fait l’ancien porte-parole de la frange radicale du mouvement étudiant. Le petit anarchiste joue à la victime et il affirme que c’est une attaque sa liberté d’expression, elle est bien bonne. Il y a des limites à cette liberté d’expression et on ne peut pas remettre en question la légitimité du pouvoir judiciaire dans un système démocratique. Gabriel Nadeau-Dubois mérite de payer pour son geste odieux et antidémocratique, point à la ligne.

L’apprenti syndicaliste a annoncé qu’il va aller en appel de ce jugement. C’est un geste tout à fait légitime de sa part. Je me pose la question suivante : Qui va payer les frais d’avocat du jeune homme? La réponse est l’employeur de Monsieur Nadeau-Dubois : la CSN. Les travailleurs de cette puissance centrale syndicale vont être heureux de payer (par l’entremise de leurs cotisations syndicales) les frais juridiques de GND. Je vais continuer dans l’indécence syndicale. La Fédération des enseignants de cégep a annoncé son désir d’aider financièrement la pauvre victime dans sa cause en appel. Cela ne me surprend pas. La majorité des professeurs du réseau collégial est gauchiste. En tout cas, Gabriel Nadeau-Dubois n’aura pas de problème d’argent car il peut compter sur l’appui financier du puissant syndicalisme québécois.

Un jour, il va falloir remettre en question la fameuse Formule Rand. Il ne faut pas compter sur l’ami des grandes centrales syndicales pour toucher à cela : le gouvernement Marois.

Le cirque

Par Philippe David

Vous aimez cette photo de notre nouveau conseil des ministres? Ok, ce n’est pas vraiment une photo du conseil des ministres, mais c’est l’impression que Pauline 1ère, l’impératrice, et ses joyeux drilles m’ont donné. Tout d’abord parce que tout ce qu’ils ont fait cette semaine sent l’amateurisme à plein nez. Un chance que Pauline nous avait dit qu’elle avait déjà une équipe de transition de prête pendant la campagne électorale. Qu’est que ça aurait été si le PQ avait été pris par surprise.

La soirée de l’impro

Non seulement est-ce que la composition de cabinet éminemment faible du côté économique et éminemment forte en bolchévistes et melons d’eau, mais moins de 48 heures après la présentation et l’assermentation du cabinet, Pauline 1ere devait déjà remanier son cabinet. Elle avait oublié de nommer un ministre du revenu et grâce à une crise du bacon de la députée Noëlla Champagne, elle a dû repenser qui sera ministre responsable de la Mauricie et du Centre du Québec et les a confié au whip du parti, qui n’est pas vraiment ministre.  Encore une autre preuve qu’avec Pauline, ile ne suffit que de faire une crise du bacon pour avoir tout ce qu’on veut. Je suis certain que tous les groupes de pression et les lobbyistes du Québec ont pris des notes. Merci Pauline! Quel amateurisme!

Le triomphe des carrés rouges

Parlant de crise de bacon, Pauline a non-seulement rétablit le gel des frais de scolarité, mais elle a récompensé ces pauvres chérubins en leur laissant la bonification des prêts et bourses qui était supposé compenser la hausse. Le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière. Après tout, ça a dû être tellement stressant pour ces pauvres incompris estudiantins de manifester, émeuter et casser, tout en étant persécutés par ces méchants policiers! Pensez-vous qu’ils sont satisfaits? Noooooon! Puisque ça marche, ils vont continuer. La FEUQ et la FECQ vont pousser pour un gel permanent (il ne faudrait surtout pas que ces pauvres chérubins soient affectés par l’inflation comme le reste du monde, quand même!) et la CLASSE veut rien de moins que la gratuité! Et qui va payer? J’y reviendrai plus bas…

Les deux pieds sur le frein

Les analogies automobiles continuent. Après avoir eu un gouvernement qui se targuait d’avoir les deux mains sur le volant, nous en avons maintenant un qui a les deux pieds sur le frein. Si au moins c’était pour nous faire éviter le mur sur lequel nous fonçons, mais malheureusement, de ce côté, le PQ a plutôt les deux pieds sur l’accélérateur. Le PQ a les deux pieds sur le frein en ce qui a trait au développement économique. Tout d’abord, notons qu’il n’existe plus de ministère du développement économique. Ensuite, en deux jours, notre nouveau gouvernement a déjà aboli trois industries par décret: l’amiante, le nucléaire et le gaz de shale (et non gaz de schiste). Les deux premières n’étaient probablement pas réchappable de toute façon. Le marché de l’amiante était mort de toute façon et l’industrie vivait sur le respirateur depuis des lustres de toute façon. Quant à Gentilly, il est plutôt incertain si avoir une centrale nucléaire valait la chandelle étant donné les coûts de la remettre à niveau.  Je concède que sa fermeture était probablement inévitable, mais le gouvernement aurait pu faire mieux que la façon qu’ils l’ont fait.

Pour les gaz de shale, par contre, c’est totalement injustifié et 100% idéologique. Je trouve aberrant d’entendre une ministre qui a supposément une formation d’ingénieur dire qu’elle ne voit pas le jour ou ces ressources gazières pourraient être exploitées de façon sécuritaire. L’humanité a conquis la Lune et a envoyé des robots se promener sur Mars et serait aussi en train de percer le mystère de la propulsion supraluminaire, mais désolé, extraire du gaz de shale ici sur Terre, c’est au-dessus de nos capacités! Foutaise! Un petit flash pour la ministre: le gaz de shale est déjà exploité de façon sécuritaire ailleurs au Canada et aux États-Unis. La position de Mme Ouellet tient donc de la démagogie la plus pure. On peut aussi s’imaginer l’avenir du développement de nos ressources pétrolière et minières avec Martine Ouellet, le melon d’eau, à la barre du ministère des ressources naturelles. Ce sera moratoire sur tout et surtaxage de tout ce qui est déjà exploité.

La saignée

Pendant Pauline 1ère distribue des bonbons à ses fidèles, le trou se creuse dans le budget. Le manque à gagner de l’abolition de la hausse des frais de scolarité et de la taxe de santé ne se comblera pas tout seul. Mais évidemment, Pauline n’est pas à court de pensée magique. Donc nous allons taxer les riches! Pas seulement dans le future, mais rétroactivement! Si apparemment, cette mesure est légale, elle est plutôt odieuse. Mais ceux qui sont visés ne forment que 3,6% de la population, Pauline ne se soucie certainement pas de leurs votes. Ce que l’ineptie de Mme Marois lui fait oublier c’est que ce 3% et des poussières paie plus du quart de tous les impôts et qu’ils sont mobiles. Non seulement est-ce que son gouvernement embourbe la création de nouvelle richesse, mais il s’applique à faire fuir tout le capital de la province. Bravo Pauline.

À babord toute!

La stratégie de PQ ne pourrait être plus claire. Un virage radical à gauche pour essayer de rapatrier les votes qui sont allés à QS et ON au dernier scrutin, en espérant que lorsque son gouvernement tombera, le vote anti-PQ sera divisé entre les libéraux et la CAQ suffisamment pour avoir un gouvernement majoritaire en profitant de notre mode de scrutin actuel. Ne vous attendez donc pas à avoir un scrutin proportionnel de sitôt. Pendant ce temps, Pauline 1ere va nous enfoncer son programme dans la gorge pendant que les libéraux sont occupés à se choisir un nouveau chef et ne risquent pas d’être prêts à faire tomber le gouvernement avant le printemps prochain au moins. Entre temps, préparez-vous à subir des mesures bolchéviques. C’est plutôt ironique, depuis le temps que la gauche québécoise critique Stephen Harper et l’accusent d’être un dictateur, qu’on se retrouve avec un style tout aussi autocratique de la part de Pauline Marois. Va-t-on voir la gogauche caviar traiter Pauline de fasciste? Permettez-moi d’en douter.

Le manifeste des pas-de-carré

 

 Par Pierre-Guy Veer

Depuis le début du mouvement de boycott étudiant – l’éducation est une marchandise, car elle est le produit du travail humain, tel que reflété par son prix, son offre et sa demande –, deux principale factions se sont opposé. Il y a d’abord les carrés rouges, les plus bruyants, les collectivistes enragés[1], ceux pour qui tous les moyens sont bons[2] pour atteindre leur fin[3], qui est soit annuler la hausse de 1625$ des frais de scolarité – qui laisse malgré tout le Québec tout juste devant Terre-Neuve pour 2012-2013[4] –, soit atteindre la gratuité scolaire et ainsi prétendre avoir droit au produit d’autres humains comme les esclavagistes d’autrefois – quoi que même avec la gratuité, ça ne serait pas suffisant[5]. Il y a ensuite les carrés verts[6], légèrement moins collectivistes que les carrés rouges – ils prétendent aussi que l’éducation est un droit –, qui approuvent la hausse des frais de scolarité et la bonification du programme de prêts et bourses tout en s’opposant aux boycotts, dont les votes sont peu démocratiques[7] et ouverts d’esprit[8].

 

Bref, dans les deux cas, nous avons deux factions étatistes qui justifient le rôle du gouvernement dans l’éducation. Elles sont d’accord pour que les contribuables paient leur éducation – seule la proportion change –, bien que les frais semblent sans influence sur la diplomation[9] et qu’une injection massive de fonds publics n’a, au mieux, qu’une influence non significative sur les résultats[10]. Pour utiliser la terminologie objectiviste, ce sont des altruistes, des gens qui utilisent les autres à leurs fins.

 

La faction de la liberté

 

C’est pourquoi il est plus que temps pour qu’un autre groupe voit le jour : les pas-de-carré. Qui sont-ils? Ce sont des gens qui s’opposent à toute ingérence du gouvernement dans l’éducation, et qui veulent donc l’abolition du ministère de l’Éducation. Ce sont des gens qui voient l’éducation comme elle est : une marchandise. Ce sont des gens qui sont conscients que la meilleure façon de décider de la répartition d’une marchandise, c’est par le marché, i.e. par les décisions des huit millions de personnes vivant sur le territoire du Québec. Ce sont, comme les carrés verts, des gens qui s’associent volontairement et n’exercent aucune coercition les uns sur les autres. Enfin, toujours comme les carrés verts, ce sont des gens qui croient que des boycotteurs n’ont aucun droit de bloquer l’accès aux cours des personnes qui veulent y assister, même si une assemblée qualifiée l’a décidé. Après tout, c’est le consommateur individuel qui choisit ou non de boycotter une marchandise; un groupe n’a aucun droit de l’empêcher de la consommer, surtout pas au nom de la « solidarité ». Solidarité qui, dans le cas des boycotts étudiants, est sans valeur puisqu’elle est renforcée à la pointe d’un fusil[11].

 

Cesser de biaiser les choix

 

Donc, en voyant l’éducation comme une marchandise, il est facile de comprendre l’effet d’une intervention des gouvernements. En effet, comme tout prix plafond – dans ce cas-ci, les étudiants ne paient pas le prix réel de leurs études –, les consommateurs ont un fort incitatif pour consommer le plus possible. En « consommant » plus d’études, le marché se retrouve donc saturé de diplômés dans des domaines aux débouchés limités – sociologie, théâtre, sciences politiques. La note est évidemment refilée aux contribuables.

Si, ainsi que le prétend la CLASSÉ, moins d’étudiants sont sur les bancs suite à la hausse[12], c’est donc signe que lesdites études n’en valaient pas la peine. En d’autres mots, la dépense encourue par trois années de bac n’aurait pu être remboursé par un travail convenable. Cela a donc diminué le gaspillage encouru par des frais trop bas; gaspillage qui serait encore plus réduit si les frais étaient laissés à eux-mêmes.

 

Mais le gaspillage n’est pas unidimensionnel. Il ne faut pas oublier les prêts et bourses, qui sont la prochaine bulle[13]. La même logique que les bas frais s’applique : quand le gouvernement  change les incitatifs, les gens, qui sont rationnels, changent leur comportement pour en profiter. Dans le cas des prêts et bourses, des gens qui n’auraient autrement pas accès à des prêts y ont « droit », ce qui augmente leur dette et taxe leur capacité future de payer (et celle des contribuables). On subventionne ainsi encore plus les études, avec des résultats mitigés.

 

Les demandes

 

Voici donc les demandes des pas-de-carré (elles varient d’une personne à l’autre, puisque ce n’est pas un groupe homogène, mais en voici les principales)

–        Abolition du ministère de l’Éducation et congédiement de tous ses fonctionnaires (avec compensation s’il y a un contrat)

–        Abolition du programme des prêts et bourses

–        Abolition du REÉÉ (régime enregistré d’épargne étude). On n’a pas besoin d’un autre programme d’épargne; si une personne veut étudier/veut que ses enfants étudient, l’épargne ordinaire suffit.

–        Abolition de toute forme de subvention à l’éducation à tous les niveaux, du primaire à l’université. Si l’éducation est si « payante », alors la dépense sera vue comme un investissement et se fera sans arrière-pensée.

–        Affecter la moitié des surplus dégagés au remboursement de la dette et l’autre moitié à des réductions d’impôts, idéalement pour avoir un taux d’imposition unique au plus au niveau de l’Alberta (10%). Dans un État fédéré, il est plus difficile d’obtenir des revenus, alors l’impôt sur le revenu semble nécessaire pour accomplir les missions régaliennes de l’État.

–        Abolition de l’âge obligatoire pour les études. Ainsi, les personnes « pas faites » pour étudier pourront intégrer le marché du travail quand bon leur semble.

–        Abolition de la syndicalisation obligatoire des enseignants, de leur sécurité d’emploi automatique et de leur ancienneté en béton. Désormais, la compétence primera avant tout, et l’État ne dictera pas ce qu’un enseignant peut ou ne peut pas donner comme note[14].

–        Abolition des commissions scolaires. Ces monstres bureaucratique ont plus leur intérêt à cœur que celui des élèves[15]. Si des gens veulent regrouper certaines écoles pour mieux gérer les ressources, grand bien leur en fasse.

Oui, ces demandes sont radicales. Oui, ces demandes vont causer des perturbations à court terme, et certaines personnes risquent de souffrir beaucoup. Mais malheureusement, le statu quo (avancer vers le mur au même rythme), ou pis l’accélération de la cadence vers le mur, est inacceptable. Plus on attend pour faire les réformes, comme ce fut le cas le dégel soudain des frais de scolarité, plus elles seront douloureuses. Des pays comme l’Estonie ont effectué des coupes publiques profondes et s’en porte nettement mieux que la plupart des autres pays industrialisés[16]. Ceux qui, comme la Grèce, n’ont pas réformé leur économie, s’enfoncent de plus en plus dans le marasme économique – le japon s’y trouve depuis 20 ans. Sans le secours financier de 8G$ envoyé par le reste du Canada, le Québec serait exactement dans la situation de la République hellénique.

 

Évidemment, comme les pas-de-carré ne croient pas en la violence, vous ne les verrez pas en train de bloquer un pont, fracasser les vitrines d’une agence gouvernementale ou envoyer des sauterelles dans le local d’un groupe marxiste. La seule façon de changer les mentalités, c’est le temps. C’est cette idée de liberté et de dignité pour la classe moyenne qui a donné au monde la machine à vapeur[17]. C’est cette idée qui doit revenir au galop au Québec si l’on veut que la Belle Province cesse d’être dans les bas-fonds des classements économiques et sociaux et cesse de ressembler au monde de Atlas Shrugged. C’est cette idée que les pas-de-carré veulent propager.

 

Amants de la liberté, antagonistes de l’étatisme et sceptiques de l’interventionnisme, unissez-vous! Propagez les idées de libertés, montrez aux gens que l’État est le problème et non la solution, lisez et parlez Mises, Rand, Smith, Bastiat, Say et tous ces auteurs qui ont montré au monde le vrai visage de l’interventionnisme et que la liberté est la seule alternative. Portez une simple épingle anglaise vide ou un carré d’identification vide pour montrer votre attachement à la cause de la liberté et montrer que vous refusez que l’État ne contrôle votre destinée.



[17]  Palmer, Tom G éditeur. The Morality of Capitalism, What Your Professors Won’t Tell You, Jameson Books, Ottawa, Ill, 2011, p.29

CLASSÉ : un manifeste hyper prévisible

 

Par Pierre-Guy Veer

Tel un enfant gâté qui continue sa « crise du bacon » jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut, la CLASSÉ veut continuer son boycott des cours jusqu’à ce qu’elle obtienne ce qu’elle veut. Et ce qu’elle veut, elle l’a récemment exprimé dans un manifeste[1]. Mais les « revendications » qu’on y trouve ne font que trahir le fond socialiste de la CLASSÉ, et donc du danger qu’il représente pour les citoyens québécois.

 

Tout d’abord, le manifeste regorge de la première personne du pluriel. « Nous sommes avenir »; « notre vision »; « notre démocratie »; « nous sommes le peuple ». Ce sont des mots bien forts, je le concède, mais il y a un seul ennui : il n’y a pas de « nous ». La société, c’est les individus qui la composent, pas un groupe impersonnel et homogène. Seuls les individus pensent et agissent, disait Ludwig Von Mises, et il a entièrement raison. Durant une élection, ce ne sont pas les Québécois qui élisent tel ou tel parti; ce sont les électeurs individuels qui votent. Ce ne sont pas les Québécois qui choisissent un système de santé entièrement public; ce sont des politiciens élus (et souvent les démarcheurs) qui prétendent agir « pour notre bien » qui prennent de telles décisions sans en considérer les impacts (listes d’attente, corruption et patronage pour obtenir une meilleur place).

 

Donc, quand une personne/un groupe de personnes prétend agir « pour notre bien » ou « pour la collectivité », ce n’est ni plus ni moins que son/leur intérêt personnel qui est présenté. Même quand il s’agit d’un groupe, ce sont ses membres individuels, avec des gouts semblables, qui présentent leur intérêt personnel, comme on voit présentement avec la CLASSÉ.

 

Une fausse démocratie

 

Parmi ces intérêts personnels, on trouve un goût de la victoire à tout prix, fusse à l’encontre de la démocratie qu’elle chérit tant. En effet, il semble être très facile de voter dans certaines assemblées étudiantes, même si on n’étudie pas dans ledit établissement[2]. Aussi, bien qu’on prétende vouloir laisser la parole aux gens qu’on n’entend jamais, ces derniers seront copieusement hués s’ils osent demander un vote secret[3] ou exprimer un point de vue différent de « nous »[4]. Même les présidents d’assemblée semblent tous pencher du même côté[5]. Et si les membres d’une assemblée osent penser le contraire de « nous », ils vont le regretter amèrement[6]. Évidemment, les regrets se feront aussi sentir si une loi/injonction qui ne plait pas fait son apparition, pouvant aller jusqu’au vandalisme[7]. Enfin, le chantage[8], les menaces[9], les insultes gratuites[10] et les perturbations[11] sont aussi un bon moyen de vouloir faire passer son message.

 

Vivre aux dépends des autres

 

Toutefois, le plus fort de ces intérêts dépasse largement la hausse des frais de scolarité. « Si on nous dépossède des droits les plus fondamentaux en mettant nos établissements scolaires sur le marché, il en va aussi des hôpitaux, d’Hydro-Québec, de nos forêts, de notre sous-sol. ». Et alors? Quel est le problème? Tout ce qui a été énuméré est au moins contrôlé en partie par le gouvernement, et ça se reflète par son inefficacité.

 

Les universités québécoises sont terriblement sous-financées, ce qui se reflète dans leur solde budgétaire[12]. Malgré ce manque à gagner, la moindre hausse des frais de scolarité est vue comme taboue… Mettre plus de fonds publics ne servira à rien; aux États-Unis, les sommes fédérales pour l’éducation générale (jusqu’en 12e année) ont augmenté exponentiellement depuis 40 ans avec, au mieux, une stagnation des résultats[13]. Une privatisation pourrait permettre une meilleure compétition (et de meilleurs prix) ainsi que l’abolition de départements aux débouchés… limités, puisque les étudiants devraient payer le vrai prix de leurs études. Ce n’est certainement pas avec une « école égalitaire » qu’on va encourager le dépassement de soi; on risque plutôt d’avoir une société apathique qui finira comme 20th Century Motors[14]

 

Ce n’est guère mieux pour les hôpitaux. Les temps d’attente à l’urgence sont toujours longs, et voir un spécialiste prend une éternité[15]. En comparaison, les chiens peuvent se faire voir le même jour par un vétérinaire[16]. Oui, j’ose comparer les animaux domestiques et les humains; les premiers se font soigner dans un système où le libre-marché règne et la vitesse des traitements est phénoménale. Les humains, eux, à moins d’avoir d’excellents contacts – ma grande-tante infirmière a eu quelques passe-droit – doivent prendre leur mal en patience. Sans compter que la présence d’assurances privées – fortement encouragée via des crédit d’impôts aux États-Unis[17] – rend les gens insensibles aux prix de leurs traitements, ce qui fait exploser les couts[18]. Introduire un élément de privé pourrait très bien aider le système de santé, comme cela a été le cas en Allemagne[19].

 

Hydro-Québec, la plus sacrée des vaches dans la Belle Province, montre également la faiblesse d’une administration publique dans ce qui devrait être privé. La Société d’État a versé son premier dividende près de 20 ans après sa gigantesque nationalisation[20]. Aussi, elle a plus que doublé son nombre d’employés en 40 ans; elle a proportionnellement plus d’employés par clients que d’autres compagnies d’énergie comparables en Nouvelle-Angleterre. Mais « la population » peut se consoler d’avoir les plus bas tarifs en Amérique du Nord, plaidera-t-on. Oui, certes. Mais si HQ avait été une compagnie privée, elle aurait vite été accusée de concurrence déloyale. Deux poids, deux mesures. Privatiser HQ permettrait donc de payer le vrai prix de son électricité – et ainsi avoir un encouragement pour l’économiser – et même de se sortir de l’aumône fédérale nommée péréquation[21].

 

Enfin, en ce qui concerne « nos » ressources naturelles, elles sont mal exploitées (et certainement exploitées sauvagement, tel que dépeint par le manifeste) à cause du gouvernement. Dans le domaine forestier, les compagnies ne sont que locataires; elles ont donc intérêt à exploiter au maximum la terre avant que le bail n’échoit. Cet intérêt est attisé si le gouvernement décide de nationaliser une terre, comme ce fut le cas avec la Seigneurie du Triton[22]. Quant à d’autres ressources, comme l’uranium[23] et le gaz de schiste[24], des groupes de personnes se sont avancés et ont réussi à bloquer toute exploitation, grâce à la complicité du gouvernement qui a imposé des moratoires. Si on veut éliminer tout risque, on peut toujours revenir à l’âge de pierre : de la nourriture uniquement bio, de l’eau et de l’air purs, des animaux élevés en petits troupeaux, beaucoup d’exercice… et une espérance de vie de 30 ans. Sérieusement, en éloignant le gouvernement de l’exploitation des ressources naturelles, et surtout en améliorant les droits de propriété – le propriétaire d’une maison n’a pas droit aux ressources qui pourraient se trouver sous sa propriété –, on inciterait l’exploitation intelligente des ressources, car il est de l’intérêt du propriétaire d’une ressource quelconque d’en profiter le plus longtemps possible.

 

Ces pauvres femmes sans défense

 

Le dernier intérêt des membres de la CLASSÉ qui ressort est celui de défendre la veuve et l’orphelin (principalement la première). Selon leur manifeste, les femmes sont encore et toujours victimes de discrimination injuste, notamment par des emplois moins valorisés où elles sont majoritaires.

 

Je suis obligé de leur donner en partie raison sur ce point. Il est vrai qu’une infirmière ou une enseignante gagnent moins qu’un médecin… mais est-ce vraiment à cause du sexe? Nonobstant le fait que les femmes soient majoritaires dans les facultés de médecine[25], le médecin a généralement plus de tâches et de stress que l’infirmière (surtout s’il doit opérer). Sans compter, ne leur en déplaise, que la loi de l’offre et de la demande entre en jeu quand vient le temps de négocier un salaire. Même s’il n’y avait pas d’ordres professionnels, il y aurait toujours moins de médecins que d’infirmières parce que les études sont plus longues, et le métier nettement plus stressant; ils gagnent donc plus. Aussi, si tant de femmes se tournent encore vers l’enseignement, n’est-ce pas parce que leur absence en cas de grossesse ne les handicapera pas[26]?

Par ailleurs, il n’y a absolument rien, il me semble, qui empêche une femme d’étudier en chimie (comme ma sœur et quelques unes de ses amies) ou en génie (comme une cousine). Si elles ne sont pas assez représentées dans des domaines à majorité masculine, elles n’ont que leur désintérêt ou leur manque de volonté à blâmer.

 

En conclusion, le manifeste de la CLASSÉ peut se résumer à ce diction célèbre : « Si tu n’es pas socialiste à 20 ans, tu n’as pas de cœur; si tu n’es pas capitaliste à 40 ans, tu n’as pas de tête. » La plupart de ses membres sont très jeunes, et surtout ignorant du fonctionnement de la société. Espérons seulement qu’ils finiront par apprendre que l’argent ne pousse pas dans les arbres, que hausser les impôts et les dépenses publiques est contre-productif[27], que la charité à la pointe d’un fusil perd sa noblesse[28] et que tous les décrets 10-289[29] du monde ne peuvent absolument rien pour sauver l’économie. S’ils continuent de croire que le gouvernement est la solution et non le problème, alors Atlas risque de s’hyperventiler à force de voir le Léviathan étendre de plus en plus ses tentacules…



[14]  Rand, Ayn. Atlas Shrugged, p.323

[29]           Atlas Shrugged, p.538

Le communisme libertaire, ou l’absurdité utopique

J’essaie autant comme autant de me détacher du conflit étudiant, mais je trouve très difficile de m’en détacher. Particulièrement, ce conflit a mis en lumière des groupuscules jusque là inconnus du grand public comme par exemple, l’Union Communiste Libertaire (UCL). Afin de mieux connaître ces groupes, il convient de mieux définir ce qu’est le communisme libertaire ou anarcho-communisme. Ayant déjà eu des débats avec des tenants de cette idéologie, je crois pouvoir vous permettre d’y voir plus clair.

Anarchist communism[1] (also known as anarcho-communism and occasionally as free communism or libertarian communism[2][3][4][5]) is a theory of anarchism which advocates the abolition of the state, markets, money, capitalism and private property (while retaining respect for personal property)[6], and in favor of common ownership of the means of production,[7][8]direct democracy and a horizontal network of voluntary associations and workers’ councils with production and consumption based on the guiding principle: « from each according to his ability, to each according to his need« .[9][10]

Excusez la définition en anglais, mais laissez-moi vous mettre un petit peu au parfum de ce que tout ça veut dire.

Que veulent dire « abolir l’état, le marché, la monnaie et la propriété privée » et qu’est-ce que ça pourrait donner dans les faits?

Tout d’abord, il y a dans cet énoncé une grande contradiction. Le marché étant tout simplement un amalgame d’échanges volontaires entre individus et la propriété privée étant le droit à l’individu de garder et disposer librement du fruit de son labeur, je me demande comment les communistes libertaires proposent de les abolir et continuer d’empêcher les gens de transiger entre eux et accumuler du capital (le fruit de leur labeur) sans l’usage de la force? Et si la force doit être utilisée pour non seulement abolir le marché et la propriété privée, mais pour maintenir cet état de chose, comment faire sans un état totalitaire? Croient-ils vraiment que les individus se plieront volontairement à ce genre de restriction?

Sans compter que du côté économique c’est d’une absurdité extrême.

Comment comptent-ils avoir une économie où il est interdit de transiger entre individus, est où ces individus ne peuvent garder le fruit de leur labeur. Comment peut-on parler de propriété personnelle, sans propriété privée? Et comment peut-on avoir une économie le moindrement sophistiquée sans monnaie ou système d’échange. On sait déjà que le troc ne fonctionnera pas.

Les communistes libertaires sont en fait des communistes qui croient pouvoir maintenir un ban de tout ce qui motive le genre humain à ce lever le matin et aller produire quelque chose tout en ayant un état décentralisé et anarchique de démocratie directe et de libre-association, sans réaliser que la libre-association ne peut se produire que quand on laisse les gens libres de transiger entre eux et que qui dit liberté de transaction, dit libre-marché.

Contrairement aux libertariens et volontaristes qui rêvent d’une société sans état où chacun est libre de transiger librement avec qui ils veulent, quand et comment ils veulent, sans intervention de l’état, les communistes libertaires s’imaginent pouvoir empêcher les gens de transiger librement et conserver le fruit de leur labeur sur une base totalement volontaire, parce qu’ils désirent abolir l’état. Donc finalement, ce sont des libertariens qui sont totalement incultes et illettrés en économie et qui sont totalement incapables de s’imaginer que leur utopie ne puisse s’établir sans un état totalitaire qui va donc répéter inévitablement toutes les erreurs de tous les régimes « communistes » du passé.

Et on accuse les libertariens d’utopisme…