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Pourquoi Hillary Clinton ne devrait pas être Présidente

Par Philippe David

 

D’entrée de jeu, je vous le dis tout de suite, je ne veux pas voir Donald Trump Président des États-Unis. Tout indique qu’il est mythomane, mégalomane et psychopathe. Plusieurs de ses déclarations indiquent qu’il ne comprend pas la notion de séparation des pouvoirs ni la limite des pouvoirs présidentiels. Il semble même croire qu’il pourrait utiliser cette position pour des vendettas personnelles. La présidence dans les mains de Donald Trump, serait comme des allumettes dans les mains d’un bambin. De toute évidence, il serait le pire choix pour occuper cet office, si ce n’était pour Hillary Clinton. Je vous explique pourquoi.

Il y a un moment que je surveille les développements sur l’affaire de son serveur de courriel. Sujet qui est particulièrement d’intérêt pour moi parce que je travaille dans le domaine de l’informatique et que dans mon domaine, la sécurité de l’information est quelque chose sur laquelle on ne lésine pas. J’ai aussi, dans ma jeunesse, servi dans les Forces Armées Canadiennes où là aussi on m’avait inculqué l’éthos de la sécurité de l’information pour une excellente raison. Pour les militaires, les fuites d’information coûtent des vies.  C’est autant vrai dans la haute diplomatie où madame Clinton évoluait comme Secrétaire d’État. Les États-Unis étant pratiquement continuellement impliqués dans des conflits militaires pendant des décennies, les informations qui peuvent passer entre les mains de son diplomate en chef peuvent effectivement compromettre des opérations en cours et coûter littéralement la vie à des gens sur le terrain. Vendredi dernier, le FBI a rendu public les notes d’entrevue de l’enquête qu’ils ont menée au sujet du fameux serveur de courriels des Clinton. Ce qu’on peut y lire soulève des questions sérieuses quant à la compétence et l’honnêteté d’Hillary Clinton.

Un bref historique…

Voici quelques faits de notoriété publique dans l’affaire :

  • Hillary Clinton a occupé le poste de Secrétaire d’État de janvier 2009 à janvier 2013 (4 ans)
  • Le 13 janvier 2009, Hillary Clinton a enregistré le nom de domaine «clintonemail.com», hébergé sur un serveur privé dans sa résidence de Chappaqua dans l’état de NewYork. Selon le FBI, le serveur n’utilisait aucune forme de chiffrage, ce qui signifie que les courriels pouvaient être lus par n’importe qui. C’est un peu comme envoyer une carte postale par la poste régulière. Tout le monde peut en lire le contenu.
  • Le 22 janvier 2009, Mme Clinton a signé, comme tous ses prédécesseurs, une entente de non-divulgation qui indique que les marquages de classification sont sans importance par rapport aux secrets d’état. Il est expressément écrit dans l’entente que «les informations classifiées peuvent être marquées ou non-marquées… incluant les communications orales». Il est à noter qu’en tant que Secrétaire d’État, Hillary Clinton était une génératrice (Original Classification Authority ou OCA) d’informations classifiées, ce qui signifie qu’une de ses tâches était de déterminer ce qui devait être classifié ou non et à quel niveau. Les informations rendues publiques vendredi dernier indiquent par ailleurs que les enquêteurs du FBI avaient tendu un piège à Mme Clinton en lui montrant une communication non-classifiée mais qui avait été étampée «secrète» et Mme Clinton avait identifié la communication comme étant clairement non-classifiée malgré l’étampe. Cela prouve qu’elle savait faire la différence.
  • Le 22 décembre 2010, le National Archives and Records Administration institue des normes pour les dirigeants d’agence: Tous les courriels et pièces jointes ayant trait aux activités gouvernementales doivent être considérés comme des donnés préservées sous le Federal Records Act (ie sont propriété du gouvernement et doivent être entreposées dans un lieu approprié). Malgré ces directives, Mme Clinton continue d’utiliser son serveur et son compte de courriel privé pour envoyer et recevoir des courriels reliés à ses affaires officielles.
  • En mars 2013 on découvre l’adresse courriel privée d’Hillary Clinton quand le compte d’un proche collaborateur de Bill Clinton, Sydney Blumenthal, a été infiltré. Quelques jours plus tard, un pirate informatique du nom de Guccifer pénètre le compte d’un assistant de Mme Clinton, révélant qu’elle avait reçu des informations confidentielles d’un compte de courriel public.
  • En août 2014, dans le cours de l’enquête sur les évènements de Benghazi, on apprend pour la première fois qu’Hillary Clinton utilise un compte de courriel privé pour ses courriels officiels.
  • Le 5 décembre 2014, Hillary Clinton accède à la demande du département d’état pour tous ses courriels reliés à sa fonction. Elle envoie 30 490 courriels imprimés (pas sous forme de fichiers informatiques) au Département d’État. Un autre 31 830 courriels n’auraient pas été envoyés, étant supposément considérés comme privés. Quelques 17 000 autres courriels seront plus tard récupérés par le FBI et ont été rendus publics récemment.
  • Le 3 mars 2015, le New York Times rapporte pour la première fois l’existence du fameux serveur et que Mme Clinton pourrait avoir contrevenu aux règlements fédéraux en utilisant une adresse privée pour ses affaires publiques.

Rappelons que pendant la conférence de presse et durant son témoignage au Congrès, le directeur Comey du FBI a confirmé qu’un grand nombre des courriels hébergés sur le serveur des Clinton contenaient des informations classifiées et certaines de ces informations étaient même classées «Top Secret/Special Access Program», la plus haute classification possible. Ce genre d’information est désigné officiellement par un nom de code aléatoire pour en cacher la substance et n’est accessible que par les individus qui ont «besoin de savoir» exclusivement. Cette classification est utilisée pour toutes les informations cruciales à la sécurité nationale.

Quoi de neuf?

Le rapport et les notes d’entrevue rendus publics vendredi dernier ajoutent des détails précédemment inconnus.

  • Un ordinateur portable et une clé USB contenant tous deux une copie du contenu du serveur (avec les informations classifiées, il va sans dire) des Clinton auraient été «égarés» par la poste. Naturellement, on pourrait s’interroger qui a eu la brillante idée de les envoyer par la poste en premier lieu, considérant ce qu’ils contenaient. Vous croyez que peut-être ils auraient pu tomber dans les mauvaises mains ?
  • Trois semaines après que le New York Times eut rapporté l’existence du serveur et après qu’un subpoena ait été émis pour son contenu, les données du serveur auraient été «accidentellement» supprimées. Oups! (En fait, le terme officiel est qu’ils ont eu un «Oh shit moment»). Apparemment une négligence d’un technicien, mais étrangement, il y a eu un appel conférence entre le cabinet de Clinton et la compagnie qui faisait l’entretien du serveur avant l’évènement. Louche un peu.
  • Vous vous souvenez quand Hillary a dit qu’elle n’avait utilisé qu’un seul appareil mobile? Eh bien en vérité, elle en a eu 13 en 4 ans et au moins un d’entre eux aurait été détruit à coups de marteau par un des assistants de Mme Clinton. On devra probablement faire appel à la technique des cartons de lait pour les trouver parce qu’ils se sont tous volatilisés, et avec eux, toute chance que le FBI puisse vérifier s’ils avaient été compromis. 5 tablettes iPad auraient aussi été utilisées par Mme Clinton. Elles ont également disparu. Ajoutons au passage qu’aucun de ces appareils n’étaient sécurisés comme ceux fournis par le Département d’État. Mme Clinton utilisait des appareils personnels privés parce qu’elle n’aurait pas pu connecter un appareil du Département d’État à son serveur privé.

Amnésie, incompétence et mensonges.

Quiconque suit la politique ne devrait pas être surpris de voir des politiciens mentir. On blague fréquemment qu’il est facile de savoir quand un politicien ment : ses lèvres bougent. Dans le cas d’Hillary Clinton, on a  même adapté la vieille blague des horloges à mensonges et ce serait la sienne qui sert de ventilateur à Jésus Christ. Nous savons donc qu’elle a menti plusieurs fois au FBI : Elle a nié avoir envoyé ou reçu des informations classifiées par courriel et elle a également menti sur le nombre d’appareils mobiles qu’elle utilisait et elle affirme que son utilisation d’un serveur privé était largement connu (common knowledge) au Département d’État, ce qui est nié par même ses plus proches collaborateurs,  pour ne nommer que ces exemples.

Selon le rapport du FBI elle aurait répondu pas moins de 39 fois qu’elle ne se souvenait pas aux questions qui lui ont été posées. Mme Clinton semble avoir des trous de mémoire assez gros pour y faire passer un camion à dix-huit roues. Ainsi, elle ne se souvenait pas avoir suivi une formation sur la classification des informations, pourtant sa signature au bas de l’entente de non-divulgation atteste qu’elle a forcément suivi une telle formation. Ce serait d’ailleurs surprenant qu’une personne qui a occupé autant de positions dans les services publics qu’Hillary Clinton dans quarante dernières années ne soit pas familière avec les règles de classification. Je n’ai passé que quelques années dans l’aviation de réserve et je me souviens très bien de la formation que j’y ai suivie. N’importe qui ayant travaillé pour l’état dans une capacité où il doit avoir accès à des informations quelconques sait comment reconnaitre ces classifications et qu’est-ce qu’il peut faire ou ne pas faire avec ces documents.

Elle aurait également oublié qui, autre que Huma Abedin, avait accès à un compte de courriel sur son serveur. Elle a oublié ce qui est advenu de tous ses Blackberry. Elle a oublié quand elle a reçu ses droits d’accès de sécurité, elle ne pouvait pas non plus se souvenir quand elle a reçu des requêtes de libre-accès à l’information (FOIA) concernant ses courriels, etc. Elle blâme ses pertes de mémoire sur une commotion cérébrale qu’elle a subie en décembre 2012 et d’un subséquent caillot au cerveau causé par la commotion. Cependant, si on accepte cette excuse, il serait aussi raisonnable de dire qu’elle est inapte pour des raisons de santé.

Quand les pires flottent sur le dessus

Le rapport du FBI ne peut mener qu’à deux conclusions possibles au sujet d’Hillary Clinton. Soit qu’elle est une criminelle ou qu’elle est incompétente. L’une ou l’autre devrait la disqualifier pour la présidence. Ajoutez à cela les allégations de corruption et de trafic d’influence entourant la fondation Clinton pendant son mandat comme Secrétaire d’État et il est certainement raisonnable de croire qu’elle a des sérieux problèmes d’intégrité et de crédibilité. Autant Trump est dangereux avec son attitude autoritaire et dictatoriale, autant Clinton exhale une mauvaise odeur de corruption laissant croire que sous sa gouverne, l’aile exécutive du gouvernement américain serait à vendre aux contributeurs de la fondation Clinton. Bref, les électeurs américains sont sérieusement mal foutus. Ils devraient sérieusement considérer les alternatives ou encore mieux, inscrire massivement «None of the above» sur leur bulletin de vote.

Poëtigate

Par Philippe David

Sentez-vous une drôle d’odeur émanant du Ministère des Transport? Une vague odeur de corruption peut-être? Étiez-vous surpris par ce qui a été révélé la semaine dernière? Pourtant, vous ne devriez pas. Ce n’est pourtant pas d’hier que nous savons que notre gouvernement est corrompu. Que nous savons également que cette corruption existe, peu importe quel parti est au pouvoir. C’est toujours ce qui se produit quand trop de pouvoirs se retrouvent concentrés dans trop peu de mains. Et quand on distribue des milliards de l’argent des autres, on peut être tenté de récompenser nos petits amis. Néanmoins, il y a beaucoup de questions en quête de réponses dans toute cette affaire.

Commençons par la façon un peu étrange que Robert Poëti exclu du cabinet juste comme par un grand hasard, il s’adonnait à avoir entrepris une restructuration de l’organigramme du MTQ pour pallier à une situation où des subordonnés se retrouvaient à enquêter sur leurs propres supérieurs et se faisaient intimider par les supérieurs pour balayer les non-conformités sous la moquette. Aussi qu’une vérificatrice  mandatée par Poëti non-seulement trouve bon nombre d’irrégularités, mais qui fait également état d’obstruction de la part de la sous-ministre Dominique Savoie. Philippe Couillard a beau nier que la rétrogradation de Poëti n’avait rien à voir avec le petit ménage qu’il tentait de faire dans son ministère, mais le doute plane encore.

Je trouve également très étrange que Robert Poëti ait entrepris ce ménage dans son ministère depuis 2014 et que le Premier Ministre admette que jusqu’à ce qu’il lise l’article de Louis Lacroix dans l’Actualité, il était complètement dans le noir? Quoi les ministres ne rendent jamais de comptes sur ce qui se passe dans leur ministère à leur patron? En particulier quand ça a rapport avec un problème d’éthique et de corruption? Difficile à croire un peu. Et l’attitude de Jacques Daoust, après que son prédécesseur lui eût fait part de ses inquiétudes? «Chacun ses priorités»??? Parce que pour M. Daoust, un problème de corruption n’est de toute évidence pas prioritaire, même après un rapport assez dévastateur du Vérificateur Général et la Commission Charbonneau? On s’imaginerait que le gouvernement actuel aurait à cœur de vouloir paraître plus blanc que blanc, non? Apparemment pas!

Et que dire de la sous-ministre, Dominique Savoie qui, après avoir traîné ses savates pour répondre aux questions de son ministre jusqu’à ce qu’il soit écarté du cabinet (autre petit fait qui semble indiquer qu’il y a anguille sous roche), déclare devant une commission parlementaire qu’elle n’avait pas d’ordres à recevoir de son ministre? Hmmm. Pourtant, j’aurais juré que le «sous» dans le titre de sous-ministre indiquait qu’elle était subordonnée à lui.

Bof! Ce n’est que l’argent des autres après-tout…

Ce que je trouve fascinant dans toute cette histoire, c’est la désinvolture exhibée par toutes les personnes concernées. C’est à peine s’ils se sentent embarrassés du fait qu’un qu’il existe un système de comptabilité opaque avec plusieurs bases de données séparées pour dissimuler les dépassements de coûts. (Et croyez-mois quand je vous dis que d’établir de telles bases de donnés est loin d’être monnaie-courante dans l’industrie des TI) Ou que des contrats gré à gré sont attribués à des retraités du ministère, allant même jusqu’à scinder les contrats pour éviter les appels d’offre (et bien sûr, ces retraités continuent de recevoir leurs grasses pensions dont les travailleurs du secteur privé ne peuvent que rêver) comme si tout ça était parfaitement normal. Ce n’est pas leur argent après tout! Quel mal ça peut faire? Ils ont bien le droit à leur part du pillage organisé, non?

Rien ne changera

Ce n’est pas la première fois de des politiciens et des fonctionnaires se font prendre à ce genre de combine. Quelques boucs émissaires en payeront le prix assurément.  Déjà, les têtes de la sous-ministre du MTQ et du chef de cabinet du Ministre ornent le bout d’une pique (au sens figuré, bien sûr – Encore chanceux que nous ne soyons pas en Chine). Le reste fera de son mieux pour nous faire tout oublier, puis tout reviendra à la normale et ils continueront à se moquer de vous, peu importe quel parti politique sera au pouvoir. Dites-moi, votez-vous encore?

Comment tuer une société

Par Philippe David

«Lorsque vous voyez que les échanges sont faits, non par consentement, mais par la contrainte — quand vous voyez que pour produire, vous devez obtenir la permission de gens qui ne produisent rien. — lorsque vous voyez que l’argent coule vers ceux qui traitent non pas en biens, mais en faveurs — lorsque vous voyez que les hommes s’enrichissent plus par la corruption et l’influence que par le travail, et que vos lois ne vous protègent pas contre eux, mais les protègent contre vous — lorsque vous voyez la corruption récompensée et que l’honnêteté devient un sacrifice — vous saurez que votre société est condamnée.»

Ayn Rand, Atlas Shrugged (La Grève)

Quand Ayn Rand a écrit ces lignes quelque part dans les années 1950, nous étions loin de nous douter à quel point elles seraient prophétiques au Québec (et dans bien d’autres endroits aussi). Comment en est-on arrivé là? Qu’est-ce qui fait que le Québec traîne de la patte depuis des décennies?

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Le déclin constant du Québec en pourcentage du PIB canadien

Une des raisons possibles est ce que j’appellerais la culture du Québec Inc. Ce qui nous pousse à faire des pieds et des mains pour préserver et subventionner nos «fleurons». Saviez-vous qu’au Canada, le Québec est le champion du BS corporatif? De 1981 à 2009, le gouvernement du Québec a dépensé $115,5 milliards en BS corporatif. Pour mettre ça en perspective, c’est plus que l’Ontario, l’Alberta et la Saskatchewan réunis! Naturellement, nos politiciens tentent toujours de nous vendre l’idée que tout cet argent sert à «stimuler» notre économie, mais dans la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres. Malgré tous ces soi-disants «investissements», nous sommes devenus la province la plus pauvre et nous continuons de nous appauvrir. L’engouement de notre gouvernement, tous partis confondus, pour les leviers économiques depuis 65 ans est en train de tuer notre société à petit feu. Voici quelques raisons pourquoi:

  1. Les gouvernements en général sont de pauvres gestionnaires de capital. C’est vrai pour tous les gouvernements, et c’est certainement vrai au Québec. Le but d’une économie sera toujours de fournir aux consommateurs les biens et services qu’ils désirent le plus et non ce qui est politiquement payant. Lorsque les gouvernements s’immiscent dans la sélection de gagnants et perdants dans l’industrie, ils le font pour des raisons politiques plutôt qu’économiques. Pensons à quelques-uns des gros bénéficiaires de la manne de l’État québécois: La cimenterie de Port-Daniel qui n’a aucune raison d’exister puisque les cimenteries déjà existantes ne fonctionnent même pas à pleine capacité. La CSeries de Bombardier qui, malgré les beaux contrats récents, se permet de vendre ses avions à perte grâce à «l’investissement» de $2 milliards des poches du contribuable. Souriez! C’est vous qui payez pour que Delta puisse renouveler sa flotte à rabais! La Davie, qui vit depuis si longtemps sur le respirateur qu’elle a probablement plus de ressemblance avec les zombies de Walking Dead qu’à un fleuron de l’industrie. Et qui peut oublier les belles expériences de la Gaspésia et Tricofil?
  2. Gros coûts, peu de bénéfices. Le Québec subventionne presque trois fois plus que l’Ontario et pourtant nous sommes la province la plus pauvre. Cherchez l’erreur. Si ça fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait.

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  3. Des dés pipés. Le BS corporatif favorise les gros joueurs au détriment des petits. Les grosses corporations ont beaucoup plus les moyens d’embaucher une armée de lobbyistes pour retirer le maximum des mamelles de l’État. Elles ont aussi beaucoup plus de poids pour faire du chantage pour éviter des pertes d’emplois massives. C’est un transfert de richesse des entreprises les plus petites aux plus grosses, des plus pauvres vers les plus riches, des plus productifs aux plus gaspilleurs et mieux connectés.
  4. Une relation incestueuse. Le BS corporatif a toujours créé une relation incestueuse avec le monde des affaires et le gouvernement. Ce qui favorise la corruption, les retours d’ascenseur et les enveloppes brunes. Quand la manne est aussi grande qu’elle l’est au Québec, il ne faut pas se surprendre que la Belle Province ait la réputation d’être la province la plus corrompue.
  5. Le BS corporatif est anti-consommateur. La raison d’être d’une entreprise est de bien servir ses clients. Si elle remplit bien son rôle, elle sera récompensée par des profits, sinon elle sera punie par des pertes et éventuellement, la faillite. Ce système fait en sorte que les ressources limitées vont vers les entreprises qui ont le plus de succès à satisfaire les désirs des consommateurs. Le gouvernement ne peut rien donner qu’il n’a pas d’abord pris à d’autres. Lorsqu’il finance des entreprises peu profitables au nom de la préservations des emplois, le gouvernement prive les entreprises plus profitables de ces précieuses ressources afin de maintenir les autres, moins adeptes à combler les désirs du consommateur, sur le respirateur. C’est un gaspillage de précieuses ressources limitées qui prive le consommateur des biens et services qu’il préférerait avoir et favorise la production de biens et services dont il ne veut pas. Ça crée une rareté qui fait que le consommateur doit payer plus cher ce qu’il veut pour subventionner ce qu’il ne veut pas. De façon très concrète, ça oblige le contribuable à « acheter » des produits et services dont il ne veut pas. Lorsque le gouvernement donne $7000 par voiture électrique aux fabricants d’automobiles, il force littéralement les contribuables à payer une partie du prix de l’auto électrique de leur voisin.  Ça crée aussi un aléa moral. Pourquoi se casser la tête à servir les clients quand on peut tout simplement se faire subventionner et faire du n’importe quoi plutôt que ce que les consommateurs veulent vraiment? Ce qui m’amène au point suivant.
  6. Plus de lobbying, moins d’innovation. Lorsque les entreprises sont motivées à satisfaire les besoins des consommateurs, elles ont un gros incitatif à innover, investir dans la recherche et le développement et être plus productives et concurrentielles. Pour continuer à demeurer profitables, elles doivent toujours trouver des meilleurs moyens de satisfaire les demandes de leur clientèle. Lorsque que des entreprises sont financées ou autrement protégées des aléas de la concurrence par le gouvernement, elles cessent d’innover. Ça devient plus payant d’embaucher des lobbyistes que d’investir en recherche et développement.
  7. Des permis pour tout et rien sans permis. Au Québec, il est impossible d’entreprendre quoi que ce soit sans permis. C’est presqu’à se demander si ça prend un permis pour respirer. Un permis, c’est quand le gouvernement vous vole votre droit d’entreprendre et vous le revend. Le prétexte est généralement la protection du consommateur, mais c’est un faux prétexte. A-t-on vraiment besoin d’être «protégés» d’une mauvaise coupe de cheveux? Le permis du coiffeur est-il vraiment une garantie d’une belle mise-en-plis? Durant la controverse des taxis vs Uber, on s’est rendu compte qu’aucune vérification des antécédents criminels des chauffeurs de taxi n’était faite. Pour la protection du consommateur, on repassera. En réalité, les permis sont une façon de limiter artificiellement l’offre de biens ou services dans le but de gonfler les prix et favoriser le producteur au détriment du consommateur. Le permis ne protège pas le consommateur contre les abus d’un producteur, il protège plutôt les producteurs des consommateurs en limitant la concurrence.

 

Ayn Rand avait raison

Quand vous êtes forcés à travers la taxation et le BS corporatif de payer pour des produits et services dont vous ne voulez pas. Quand pour entreprendre, vous êtes à la merci de bureaucrates. Quand les lois protègent les corporations plutôt que les consommateurs. Quand c’est plus payant pour un entrepreneur de faire du lobbying plutôt que de faire de son mieux pour satisfaire les besoins de ses clients. Quand l’innovation est sacrifié au nom de la protection d’industries obsolètes. Quand la corruption et le trafic d’influence deviennent la norme comme l’a démonté la Commission Charbonneau. Doit-on être surpris que notre société va de mal en pis et que nous soyons de plus en plus pauvres?

 

Sources des graphiques:

Graphique PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion des Comptes économiques du Québec

Graphique BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010



La pestilence (Mais c’est gratissss!)

Par Philippe David

Beaucoup s’indignent au sujet de la prime qu’Yves Bolduc a reçue grâce à une entente entre le MSSS et la FMOQ datant du temps où il en était le ministre. Ils ont raison, mais il est loin d’être le seul à avoir fait des lois à son avantage. La plupart des lois sont en fait dictées par les lobbyiste d’un groupe d’intérêt ou un autre, au grand bénéfice de ce groupe, bien entendu. Notre système démocratique n’a jamais été autre chose qu’une énorme machine à faveurs et tout le monde se bat pour piger dans le plat à bonbons. Pourquoi Yves Bolduc agirait-il différemment?

Pendant se temps, nous sommes taxés à l’os, et le gouvernement qui promet de redresser les finances publiques le fait en servant des repas infects à moins de $2 dans les CHSLD,  et ceux qui ont le malheur d’être infectés par la maladie de Lyme doivent se faire traiter à grand frais aux États-Unis parce que nos médecins sont trop bêtes pour tester pour cette maladie, et même si vous leur mettez les résultats de tests d’une clinique américaine sous le nez, refusent carrément de vous traiter pour cette maladie. Mais au moins, un jour, nous aurons tous droit de mourir dans la dignité (qu’on le veuille ou non).

On vous a déjà vendu la démocratie comme étant le moins pire des systèmes. Que cette forme de gouvernement représente le peuple, mais il n’en est rien. Ce système ne répond pas aux besoins et aux demandes d’individus. Il ne répond qu’à des groupes organisés comme les corporations, les syndicats et les ONG et les banques. Ces organismes retirent du système beaucoup plus que ce que vous y perdez, alors ils ont tout avantage à s’organiser pour extraire leur part. Le pauvre payeur de taxes, lui, est trop occupé à survivre pour pouvoir se réunir avec d’autres pour revendiquer ses droits.

Peu importe quel gouvernement sera au pouvoir dans l’avenir, vous pouvez être assurés que rien ne changera car, comme vous avez pu le constater avec Yves Bolduc, Jean Charest, Pauline Marois et son mari et  plusieurs autres; même ceux qui ont le pouvoir de réformer le système, n’ont aucun intérêt à le faire. Ils profitent également du système et s’en mettent plein les poches. Vous indigner ne servira à rien. Ils se foutent de vos gueules.

Corruption: L’éléphant dans la pièce

Par Philippe David

Depuis l’élection,  beaucoup de gens se demandent comment avons nous élu un gouvernement d’un parti que 18 mois plus tôt nous avions chassé sous des allégations de corruption?  Certains disent même que  nous l’avions chassé à grands coups de pieds au c… Mais en réalité,  les coups de pieds n’étaient pas si grands que ça si on considère que le PQ l’avait remporté par moins d’un pour cent du vote. Signe que l’électorat était moins que convaincu que le PQ offrait vraiment une alternative.

Je me souviens que bien des gens ont laissé échapper un soupir de soulagement en 2007 quand l’ADQ a failli prendre le pouvoir avec une bande de candidats-poteaux et pourtant, j’ai le sentiment qu’ils n’auraient probablement pas pu faire preuve de plus d’amateurisme que le PQ ces 18 derniers mois. Le PQ aura réussi à presque s’auto-détruire. Le fait que Mme Marois ait été abasourdie par sa défaite confirme d’ailleurs le pire que je n’aurait pu imaginer: elle ne savait vraiment pas ce qu’elle faisait. Devant une si flagrante incompétence, quel choix avions-nous?

Maintenant que l’élection est terminée et que la Commission Charbonneau a repris ses travaux, la corruption est de nouveau revenu dans l’avant-plan.  Les révélations sur le PLQ sont pour le moins troublantes et on peut certainement se poser la question si 18 mois de pénitence auront été suffisants. Sauf que de poser cette question manque totalement le point selon moi. Si la Commission Charbonneau a démontré quelque chose, c’est que la corruption n’est pas un phénomène d’un seul parti. C’est un problème endémique au pouvoir.

Le pouvoir corrompt 

Lord Acton disait que le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument, Dans son roman « Dune », l’auteur Frank Herbert émet une autre hypothèse: « Tous les gouvernements souffrent d’un problème récursif. Le pouvoir attire des personnalités pathologiques.  Ce n’est pas que le pouvoir corrompt, mais qu’il est magnétique aux corruptibles. »

Voyez-vous, notre société est fondée sur un paradoxe: Nous croyons que la nature humaine est fondamentalement mauvaise et que pour cette raison, nous avons besoin d’une entité quelconque pour nous maintenir dans le droit chemin, par la force, si nécessaire. Nous nous sommes donc donné des chefs et des rois, qui à l’origine, justifiaient  leur pouvoir par la sanction divine. Soit ils se représentaient comme des dieux, ou ils étaient ordonnés par Dieu.

Puis vinrent les lumières et des formes de gouvernement plus démocratiques, justifiant leur pouvoir par la sanction du « peuple », plutôt que celle de Dieu. Seulement, la faille dans tout ça est que les gouvernements sont composés d’êtres humains qui sont tout aussi faillibles que le reste d’entre nous et, pis encore, pour désirer avoir un pouvoir sur ses semblables, il faut d’ores et déjà avoir le genre de personalité avec une tendance à en abuser. À quoi sert d’avoir le pouvoir, après tout, si on ne peut pas en profiter?

Nous vivons dans l’illusion que ceux que nous élisons et ceux qu’ils embauchent comme fonctionnaires agissent par altruisme plutôt que par intérêt personnel. C’est une grave erreur pour laquelle nous payons depuis très longtemps, et pas seulement au Québec.  Si vous vous imaginez que de voter pour un parti ou un autre va changer quelque chose, ouvrez les yeux. Ce n’est pas d’hier qu’il y a des histoires de gouvernements déchus pour cause de corruption ici et ce n’est pas demain la veille que ça va changer tant que le système est en place.

Le moindre crosseur

Par Philippe David

Mardi matin on a entendu un grand soupir de soulagement collectif avec les résultats du plus récent sondage de Léger Marketing qui, avec un échantillonnage qui ne laisse qu’une faible marge d’erreur, confirme que le PQ est en chute libre et le PLQ pourrait remporter une majorité. Soupir de soulagement, non pas parce qu’un gouvernement libéral est bien meilleur qu’un gouvernement péquiste, mais parce que bien peu d’entre nous veulent vraiment avoir à supporter l’incertitude et la bisbille constitutionnelle inhérente de tout régime péquiste, et aussi l’incompétence patente que l’équipe de Pauline Marois a démontré depuis les derniers dix-huit mois.

Le spectre de la souveraineté et du référendum

Les partisans du PQ parlent toujours de campagne de peur, chaque fois que les autres partis brandissent le référendum comme épouvantail, et dans une certaine mesure, ils ont raison. Mais ils ne peuvent pas nier non-plus que la souveraineté et la possibilité d’un autre  référendum amène une bonne dose d’incertitude qui affectent les calculs des entrepreneurs et des investisseurs. Si vous vous demandez pourquoi l’emploi et l’investissement privé ont stagné pendant toute l’année 2013, demandez-vous quelle personne saine d’esprit irait risquer des millions là où le régime politique est instable et hostile au développement économique? Risqueriez-vous vos propres économies à démarrer une entreprise pendant que Pauline Marois et Nicolas Marceau sont à la barre de notre économie? Moi pas.

Veut, veut pas, la souveraineté aura toujours un coût économique en termes de peur du changement et d’incertitude de régime. L’entrepreneuriat et la création de la richesse sont des choses qui se planifient sur le long-terme et on ne peut faire ça lorsque la stabilité politique n’est pas au rendez-vous. Si nos élus s’amusent à tout faire pour créer des conflits entre les différents paliers de gouvernement pour tenter d’influencer l’opinion publique, les entrepreneurs et investisseurs mettront leurs projets en veilleuse et laisseront la poussière retomber avant de décider quoi faire. C’est naturel.

Pour en finir avec la charte de laïcité

Cette charte a toujours été un calcul électoraliste de part du PQ et un mauvais calcul en plus. Le PQ a tenté de jouer sur les peurs et l’ignorance de bien des québécois envers l’islamisme et l’immigration afin de se poser en grand défenseur de « l’identité québécoise ».  Tout d’abord, si vous croyez que baliser les accommodements religieux et bannir le port de signes religieux par les employés de l’état va résoudre le problème de la montée de l’islamisme et de l’intégrisme religieux, vous avez de sérieuses délusions. Alors à quoi bon essayer de nous l’enfoncer dans la gorge. D’autant plus, que nous savons d’avance, de l’avis du Barreau du Québec et de la Commission des Droits de la Personne, que ce projet de loi sera rejeté par la Cour Suprême. Donc, la seule raison de vouloir persister et refuser tout compromis sur un projet de loi qu’on sait déjà inconstitutionnel, et d’en faire un enjeu électoral, c’est simplement pour l’instrumentaliser pour gagner une majorité et créer de la zizanie avec le fédéral pour mousser la popularité de la souveraineté. Parce que Dieu sait que les souverainistes sont incapables de de vendre leur projet sur ses propres mérites. Le PQ a fait le pari que les électeurs seraient  si totalement hypnotisés et hébétés par le débat sur la charte pour tout oublier l’incompétence de son gouvernement. Heureusement, les gens ne sont pas aussi stupides.

Les crosseurs

Maintenant, des voix s’élèvent pour aller questionner l’intégrité des libéraux. Je serai certainement le dernier à les défendre, mais d’un autre côté, même si la Commission Charbonneau n’a pas encore dévoilé autant d’incidents impliquant le PQ, elle n’a encore que gratté la surface de la relation entre le PQ et les syndicats, je ne suis pas prêt à dire que le PQ est vraiment plus vertueux sur le plan éthique. N’oublions pas que Mme Marois a déclenché des élections en contravention de sa propre loi sur des élections à date fixe, alors qu’elle et son conjoint étaient convoqués à comparaitre en commission parlementaire pour expliquer le fameux « deal » avec la FTQ. Ça remet certainement en question l’éthique de Mme Marois. J’aurais tendance à croire qui si le PLQ n’est pas tout blanc, le PQ n’a certainement pas de supériorité morale à ce chapitre. Le pouvoir a corrompu également les deux partis, et la seule raison que les autres puissent revendiquer n’avoir aucun squelette dans leur placard, est qu’ils n’y ont jamais gouté.

Donc, si votre choix se limite strictement au tandem PQ-PLQ qui s’échange le pouvoir depuis 1976, vous pouvez peut-être croire que vous votez pour le moins crosseur, mais vous allez inévitablement voter pour un crosseur. Ce n’est pas un terriblement bon incitatif, si vous voulez mon avis. Peut-être que vous devriez considérer voter pour quelqu’un d’autre.

Une question de priorités

Par Philippe David

Quand vous regardez les journaux, qu’est-ce qui vous préoccupe le plus? Êtes-vous inquiets de la situation dans le système de santé? Du taux de décrochage et du nombre alarmant d’illettrés fonctionnels. Êtes-vous inquiets des témoignages de corruption que nous entendons tous les jours à la Commission Charbonneau? Êtes-vous concernés par le fait que le Québec soit en peloton de queue au niveau de l’emploi, de l’investissement privé ou de la croissance économique, mais en tête dans les dépenses gouvernementales et la dette publique. Vous inquiétez-vous de l’intégrisme religieux et des accommodements? Puisque les ressources sont limitées, quels de ces problèmes sont plus urgents à régler?

Tout est une question de priorités, n’est-ce pas? Certainement que la montée de l’intégrisme est inquiétante et qu’il faut adresser ce problème, mais est-ce que ça devrait avoir priorité sur une réforme possible du système de santé?  Ou du système d’éducation? Ou l’économie? Qu’est-ce qui  affecte le plus votre quotidien? Que certains groupes religieux prennent plus de temps à s’intégrer et fassent des demandes d’accommodement (que nous ne sommes absolument pas obligés d’accepter d’ailleurs) ou que nous perdions des emplois alors que les autres provinces en créent et que le climat d’affaires au Québec est considéré par un grand nombre d’investisseurs comme étant aussi hostile que le Kazakhstan, ce qui fait que beaucoup trop d’entre nous vivent dans une plus grande pauvreté que dans le reste du Canada? Ou que si vous vous présentez à la salle d’urgence d’un hôpital, vous devrez attendre en moyenne 17 heures avant d’être vu par un médecin? Qu’est-ce qui est vraiment pressant et qu’est-ce qui devrait être reporté à plus tard? Qu’est-ce qui vous procurera le plus de satisfaction? Des baisses d’impôts et taxes qui vous laisseraient avec plus d’argent dans vos poches à dépenser ou épargner pour vos vieux jours ou d’avoir les symboles religieux bannis  pour tous les  employés de l’état?

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, il serait plus important d’avoir plus d’argent dans mes poches, de ne plus attendre 17 heures à l’urgence, que mes enfants reçoivent une éducation de qualité, que je n’aie pas à me soucier que l’argent de mes impôts soit dilapidé et se retrouve entre les mains de la mafia et que le Québec figure parmi les provinces les plus prospères plutôt qu’être parmi les plus pauvres. Peut-être ai-je tort?

La vertu inatteignable

Par Philippe David

Le sort de Daniel Breton était inévitable. De quoi était-il coupable? D’avoir fraudé l’assurance-chômage? D’avoir le pied pesant? De ne pas payer ses amendes, ou son loyer? D’avoir menti? D’être arrogant? Toutes ces réponses? Je ne chercherai pas à le défendre, certainement pas. Il était surtout coupable d’avoir tellement de squelettes dans son placard que les portes ne fermaient plus.

Suis-je content de sa démission? Absolument! Je ne m’en cacherai pas. Ceux qui me connaissent savent que je déteste le PQ et je n’aimais certainement pas Breton. Sa nomination comme ministre de l’environnement m’irritait au plus haut point. Il était un prêtre dans une religion dont certains adeptes souhaiteraient nous voir retourner à l’âge de pierre. Seule sa réaction à l’inversion de flux du pipeline Montréal-Sarnia démontre que notre ex-ministre vert était probablement aussi dogmatique qu’un créationniste. En plus, il est un écolo hypocrite puisqu’alors qu’il était reporter automobile pour évaluer des véhicules soi-disant « verts », il faisait l’essai d’une Porsche à 275 km/h. La Porsche était-elle hybride? Je me réjouis donc de son départ.

Ceci étant dit, cette histoire et toutes les autres histoires sordides de collusion, corruption, gaspillage de fonds publics et abus de confiance dont nous sommes quotidiennement bombardés récemment, m’amènent à une réflexion plus profonde. La commission Charbonneau, depuis son début, nous dévoile un système institutionnalisé de corruption et de copinage. Jusqu’ici, je crois qu’elle fait un excellent travail de confirmer et mettre a grand jour, ce que je crois, nous savions déjà, mais que nous refusions de regarder en face. La commission Charbonneau nous met effectivement le nez dans notre propre caca et nous demande d’en humer profondément l’odeur. Pourquoi je dis « notre » caca? Parce qu’ultimement, nous en sommes tous responsables dans notre aveuglement.

Revenons à Daniel Breton. De quoi était-il vraiment coupable, sinon d’être humain? Daniel Breton est une personne irresponsable, donc il n’aurait jamais dû être nommé ministre. Mais si vous regardez dans votre propre passé, n’avez-vous pas quelques épisodes dont vous n’êtes pas particulièrement fier? Croyez-vous que vous passeriez le test qu’on impose à nos élus d’être plus blancs que blanc. Combien de personnes peuvent vraiment se vanter qu’ils n’ont absolument rien à se reprocher? Si vous essayez de me dire que vous êtes si vertueux, je vous traiterai de fieffé menteur. Diogène n’a jamais trouvé son honnête homme et si on lui avait donné l’immortalité, il chercherait encore. Le problème en fait n’est pas que des personnes irresponsables se retrouvent dans des positions de pouvoir. Le problème est bien plus insidieux, c’est notre croyance que puisque nous ne sommes pas capables de nous gouverner nous-mêmes, nous devons choisir parmi nous des saints qui doivent nous gouverner. Qu’est-ce qui peut bien nous faire croire que ces gens feront mieux que nous? Que ces gens seront plus responsables. Que ces gens seront automatiquement plus honnêtes, du simple fait qu’ils arrivent à gagner un concours de popularité à tous les quatre ans? C’est de la pure délusion! De plus, le pouvoir corrompt. C’est la nature humaine. Et plus un individu aura de pouvoirs, plus il y a de risque qu’il soit corrompu. Les exemples abondent à travers l’Histoire. Il va aussi de soi que le pouvoir attire toujours le genre de personnalité qui désire manipuler les gens. Donc, plus la position comporte de pouvoirs et plus elle attirera des personnalités pathologiques. Alors pourquoi persistons-nous à croire que ce type de gouvernance peut fonctionner? Pourquoi nous attendons-nous que la classe politique soit plus vertueuse et plus responsable alors que le pouvoir attire les personnes les plus corruptibles?

Il y a plusieurs personnes qui croient comme moi que les pouvoir du gouvernement doivent être limités à la seule protection des droits individuels. Nous le faisons parce que nous savons pertinemment que la sagesse de la classe politique et des élites est un mythe et c’est probablement la plus grande fraude de l’Histoire.

C’est la fin d’une époque à Laval

Par Simon Leduc

Vendredi dernier, Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste de maire de Laval après 23 ans de règne. Les allégations de corruption et les perquisitions policières (à sa résidence, à l’Hôtel de Ville et dans ses coffres-forts) auront eu raison du premier magistrat lavallois que l’on surnommait Gilles 1er. À la Commission Charbonneau, Lino Zambito a dit que le maire aurait bénéficié d’une cote 2.5% des contrats de la municipalité. Contrairement à Montréal, le maire Vaillancourt est directement visé par ces allégations de corruption. Donc, celui-ci a pris la bonne décision de quitter son poste.

On peut dire que c’est la fin d’une époque dans la troisième plus grande ville québécoise. Depuis 1989, le roi de Laval a dirigé la ville d’une main de fer. C’était lui Laval. Que sera l’héritage de ce politicien municipal? C’est évident que les soupçons de corruption et de marchandage vont entachés son règne. Malgré cela, il faut quand même reconnaître que M. Vaillancourt laisse une ville bien en ordre sur le plan économique. Ses deux grandes réalisations sont sa bonne gestion des fonds publics (de faibles hausses de taxes foncières et une dette faible) et le développement gigantesque de l’Ïle Jésus. Sous son règne, Laval a connu un développement immobilier et industriel incroyable. Il aura su amener deux infrastructures importantes pour la municipalité : le pont de la 25 et le métro. Donc, l’ancien maire a un bilan respectable sur le plan de la gestion des fonds publics et de l’économie. Mais, il faut souligner son mépris de l’environnement et de la protection des terres humides.
Si les allégations de corruption deviennent fondées et prouvées, Gilles Vaillancourt aura détourné des centaines de milliers de dollars des citoyens à des fins personnelles et partisanes. Donc, les Lavallois auront été gouvernés par un maire compétent et possiblement corrompu.

L’opposition lavalloise a souvent dénoncé les dérives autoritaires de la mairie de Laval. Gilles Vaillancourt a toujours facilement remporté les élections municipales, c’est cela la démocratie. Si les Lavallois ne voulaient pas de lui, ils ne l’auraient pas réélu à cinq reprises (1993, 1997, 2001, 2005 et 2009). M. Vaillancourt a toujours eu la légitimité démocratique pour diriger sa ville. Les deux partis d’opposition auraient dû unir leurs forces afin de battre le Parti Pro des Lavallois au lieu de crier à l’autoritarisme. Ils n’ont qu’eux-mêmes à blâmer.
Qui succèdera à Gilles 1er? Je ne crois pas que des personnalités publiques connues (comme Joseph Facal, Serge Ménard ou Michelle Courchesne) vont sonner à la porte de la mairie pour postuler. Il n’y a pas de solution de rechange forte au parti du maire. Qui connaît Robert Bordeleau et Lydia Aboulian? Poser la question s’est y répondre. En novembre 2013, le Parti au service du citoyen et Le mouvement lavallois devraient former une coalition pour avoir une chance réelle de mettre fin à l’hégémonie du Parti Pro des Lavallois. Est-ce que l’opposition même unie pourra battre le parti de l’ancien maire Vaillancourt? Il faut souhaiter un changement de garde car l’alternance est une bonne chose en démocratie. Est-ce que les Lavallois auront soif de changement? C’est à suivre…

La pointe de l’iceberg

 

Par Philippe David

Le sujet de la corruption est pas mal d’actualité ces temps-ci, alors je me suis farci pendant quelques jours d’un voyage à travers l’internet en quête d’informations intéressantes sur les cause de la corruption avec une question en tête : le Québec est-il à ce point corruptible? Les résultats de ma quête sont plutôt intéressants, c’est le moins qu’on puisse dire.

J’ai donc feuilleté plusieurs documents de recherche que l’on pourrait qualifier de crédible à ce sujet. J’inclus les références à la fin de mon texte. J’en ai tiré quelques informations intéressantes. Tout d’abord, il faut savoir quel la corruption se retrouve autant dans les pays développés que dans dans les pays en voie de développement, mais elle est peut-être mois flagrante dans les pays développés. Probablement parce qu’il existe des mécanismes anti-corruption plus aiguisés dans ces pays, poussant la corruption plus profondément dans les sous-terrains. J’ai décelé beaucoup de traits qui caractérisent les endroits où la corruption règne, mais je vais me limiter à celles qui, je crois, s’appliquent au Québec et tenter d’expliquer pourquoi elles s’appliquent ici.

1-      La culture légale peut favoriser ou décourager la corruption. Il a été noté que dans les pays qui utillisent le « common law » britannique, il y a une moins grande incidence de corruption que les pays qui ont un code civil germanique ou napoléonien. Or, comme ancienne colonie britannique, tout le Canada utilise le common law… sauf le Québec.

2-      La corruption est plus prévalente dans des cultures dominées par une religion hautement hiérarchisée comme le catholicisme, que le protestantisme. Je crois que nous connaissons tous nos racines. À entendre les témoignages de la commission Charbonneau, on peut facilement croire  que ça fait partie de nos mœurs. Surtout quand on voit que des fonctionnaires prenaient des pots de  vins pendant plus des 10 ans au vu et su de tous ses collègues sans que personne ne dise un mot!

3-      La taille du gouvernement elle-même n’encourage pas nécessairement la corruption, mais le degré d’interventionnisme de celui-ci encourage la recherche de rente (« rent-seeking »). Je crois qu’il n’est un secret pour personne que nous  vivons dans la province la plus interventionniste et ce n’est pas près de changer puisque la croyance générale est que le gouvernement a réponse à tout et ne peut pas possiblement mal faire. Pourquoi alors sommes-nous si surpris lorsqu’une ex-lieutenant-gouverneure se défend de ses abus avec la clause « the Queen can do no wrong ». Est-il possible que nos politiciens et fonctionnaires en viennent à croire qu’ils sont au-dessus des lois? Le Québec est la province qui octroie le plus de subventions à l’entreprise (3 fois plus que l’Ontario. Nous sommes aussi les champions de la gestion de l’offre, de l’attribution de permis de toute sorte. On ne peut pratiquement plus aller au petit coin sans l’intervention d’un fonctionnaire, dont nous avons en plus grande quantité que toutes les autres provinces. Année après année, quand l’Institut Fraser compile ses indices de liberté économique, le Québec se retrouve au sous-sol du classement en Amérique du Nord. Et nous sommes surpris que des entrepreneurs se voient obligés de graisser des pattes pour pouvoir obtenir un contrat ou contourner une quelconque règle qui n’a pas sa raison d’être? Et nous sommes également surpris que des fonctionnaires, en ayant le pouvoir de choisir les gagnants et les perdants ne résistent pas à la tentation d’en tirer profit? Ce que nous sommes naïfs!

4-      Un autre facteur affectant la corruptibilité est l’état des institutions démocratiques. Un pays avec une forte tradition démocratique favorise moins la corruption. Est-ce notre cas? Avec le non-respect des injonctions pendant la crise étudiante, le port du carré rouge par les députés du PQ et Québec Solidaire, le piètre taux de participation aux élections municipales, scolaires et quelques fois même provinciales et fédérales, permettez-moi d’en douter un tantinet. S’il y a une grande dose de cynisme envers la classe politique en ce moment, c’est une preuve que notre démocratie est quelque peu fragilisée et qu’elle ne tient plus le rôle de servante du peuple. Je vous soumettrais que tant au niveau municipal que provincial, bien des administrations ne détiennent plus le consentement des gouvernés.

Le Québec est-il la province la plus corrompue du Canada, comme l’affirmait il y a deux ans Martin Patriquin du Maclean’s? La preuve n’en a pas encore été faite. Mais on peut d’ores et déjà dire qu’elle est certainement la plus corruptible et je ne serais pas surpris que la commission Charbonneau n’ait révélé jusqu’ici que la pointe d’un énorme iceberg.  J’espère que la chose la plus positive qui ressortira de ce psychodrame soit que cette confiance aveugle que nous avons en l’état soit fracassée à tout jamais et que nous en héritions une volonté politique d’opérer de vraies réformes.

 

Références

Causes of Corruption: History, Geography, and Government

THE CAUSES OF CORRUPTION: A CROSS-NATIONAL STUDY

Corruption et développement

CORRUPTION:  CAUSES, CONSEQUENCES AND CURES