Archives par mot-clé : Critiques du gouvernement

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Quand tu écoutes les nouvelles, le matin, tu penses à quoi?

Quand tu lis ton journal, qu’est-ce que ça t’inspire?

Sûrement, tu te fais une opinion. Sur le besoin ou non d’une enquête publique sur l’industrie de la construction. Sur une ville qui signe une entente mais qui doit faire amender la loi pour la justifier. Sur les accusations portées contre le député en fonction Tony Tomassi. Sur les propos de Don Cherry. Sur le départ précipité de la ministre Nathalie Normandeau. Et celui du journaliste de TVA Carl Langelier. Sur les syndicats qui en mènent large au Québec.

À coup sûr, tu as une opinion. Que tu partageras volontiers si on t’en donne l’occasion. Exprimer son opinion, c’est faire bon usage de sa liberté d’expression. Dans une société démocratique, l’un ne va pas sans l’autre.

Pas vrai? Pas sûr!

Au Québec, on s’est embarqué sur une pente savonneuse, et drôlement dangereuse.

Des joueurs de la LNH proposent des changements? Tagueule.com

Don Cherry critique les ex-joueurs de hockey qui dénoncent la violence sur la patinoire? Tagueule.com

Un chroniqueur demande la démission de Don Cherry : Tagueule.com

Éric Duhaime commente les positions linguistiques de Don Cherry : Tagueule.com

La ministre Lise Thériault veut revoir les lois régissant l’industrie de la construction : Tagueule.com

L’animateur du FM93 Sylvain Bouchard s’interroge sur certaines procédures de la ville de Québec : Tagueule.com (dit le maire, Régis Labeaume)

L’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare rapporte les propos de son premier ministre : Tagueule.com (dit Bastarache)

L’ex-policier Jacques Duchesneau révèle des failles majeures au sein du ministère des Transports : Tagueule.com (dit Lafrenière)

Un citoyen remet en question l’entente entre la ville de Québec et Quebecor : Tagueule.com (garçon : une loi 204, SVP)

Un blogueur s’interroge publiquement sur le pouvoir syndical de la gauche?  Tagueule.com

Un groupe de réflexion, le Réseau Liberté-Québec, se réunit pour se pencher sur un modèle québécois dépassé : Tagueule.com (et une pelletée de fumier, avec ça).

Le quotidien La Presse s’interroge sur les étranges déclarations de l’étrange maire de Montréal, Gérald Tremblay : Tagueule.com

Le journaliste Dominic Maurais de CHOI RadioX propose ponctuellement le LABEAUME-WATCH? Tagueule.com

La SRC révèle l’omniprésence d’un important entrepreneur dans l’industrie de la construction? Tagueule.com (même moi, je tais son nom)

Au Québec d’aujourd’hui, t’as droit à ton opinion, mais… Tagueule.com

T’es en désaccord avec tes élus ?  Tagueule.com

Tu veux utiliser ta liberté d’expression ? Tagueule.com

Ce que tu lis t’inspire? Tagueule.com

Ce que tu entends te donne envie de réagir? Tagueule.com

Tu as une opinion sur ce texte? Tagueule.com

 

J’AI LE CANCER

Je m’en doutais. Il y a quelques mois, Marc Bellemare avait sonné l’alarme. Et j’en ai eu la certitude la semaine dernière, comme des millions d’autres de mes concitoyens.

Depuis le temps que j’attendais le diagnostic, Jacques Duchesneau m’a confirmé la nouvelle, douloureuse, brutale, implacable.

Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

On me dit qu’il y a cette équipe de spécialistes qui pourrait, si elle le voulait, s’attaquer à la racine du mal, mais ces gens, qu’on appelle les PLQ, s’y refusent. Ils on trop attendu, ils ont profité de la vente de médicaments périmés, et ils craignent qu’un examen plus approfondi ne mette en lumière leur incompétence, et peut être, leur complicité.

Moi, mes concitoyens, ma société, nous sommes à l’urgence, et personne ne s’occupe de nous.

Le pire, c’est que monsieur Duchesneau, et de nombreux autres observateurs, sont catégoriques: ce cancer est curable.
Oh, comme tous les cancers, plus on attend, et pire ce sera, mais le remède existe.

Il est entre les mains des PLQ qui soutiennent, eux, qu’il est inefficace, et ce, malgré l’avis de tous les spécialistes en la matière. Tous.

Bientôt, le chef des PLQ va quitter la business, et il laissera derrière lui les autres PLQ, seuls, désemparés, dans les petites officines de l’urgence où nous attendons tous, et ces derniers seront d’autant plus impuissants qu’ils réaliseront enfin que le chef des PLQ les a abandonnés dans un abime d’inconscience.

Pendant ce temps, moi, vous, ma famille, mes amis, votre famille et vos amis, nous attendons à l’urgence, diagnostic et ordonnance en main, sans que personne ne fasse rien pour nous.

Parce que j’ai cette ordonnance, signée par ce Bellemare et ce Duchesneau. Elle est toute simple : Une commission d’enquête publique. À être administrée par les PLQ. Qui ne le feront pas.

Parce qu’ils craignent de se pencher sur ma maladie de peur d’y découvrir un mal encore plus terrible : le leur.

Leur mal s’appelle combines. Leur mal s’appelle lâcheté. Leur mal s’appelle connivence. Leur mal s’appelle petits amis. Leur mal s’appelle argentiers du parti. Leur mal s’appelle réélection.

La rumeur dit que bientôt nous allons nous lever de notre incomfortable siège à l’urgence. Que nous allons parler. Que nous allons marcher. Que nous allons forcer les PLQ à faire ce pour quoi nous les payons.

Je n’ai pas d’autres choix. Parce que j’ai le cancer.
Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

Préparez-vous, messieurs les PLQ, préparez-vous, mesdames les PLQ.

Le peuple a mal, et bientôt il va hurler sa haine, son mépris, sa douleur, sa rage de vivre enfin dans un environnement assaini.

Et à ce moment, c’est vous, messieurs et mesdames les PLQ, qui aurez le mal.

8 MOTS

 

Huit mots.

« Je n’ai pas lu le rapport en détail »

C’est tout ce que ça a pris au premier ministre Jean Charest pour finalement prouver à l’ensemble de la population, aux médias et au reste de la classe politique qu’il n’a plus sa place à la tête du Québec.

Il est temps de passer à autre chose.

Un document fallacieux, partie 2

Ce texte est la suite de celui publié hier sur les frais de scolarité.

Hier, je vous parlais d’un 160 millions qui sera dépensé seulement par la prochaine administration gouvernementale. Le gouvernement Charest avait reporté à plus tard des investissements promis afin d’arriver à son chiffre magique de 850 millions en investissement supplémentaire pour les universités. En poursuivant ma lecture, j’ai découvert d’où provenait ce 160 millions. Il était alors justifié de se demander si ces sommes ne pouvaient pas être investies dans le présent mandat du gouvernement.

Et bien, devinez quoi. Le gouvernement a, une fois de plus, créé un nouveau fonds. C’est une technique très à la mode au gouvernement Charest. Il créera, au cours d’un mandat qui ne sera pas le sien… Je me dois d’arrêter et de rectifier. François Legault devra créer, en 2014-2015, le Fonds pour l’excellence et la performance universitaires. C’est ce fond qui recevra 160 millions en 2016-2017 pour apparier les legs et les dons faits aux universités, résorber le déficit des universités et soutenir l’excellence de la recherche. Bref, un beau moyen détourné pour pelleter en avant et donner l’impression qu’on agit maintenant. Pourquoi ne pas le faire maintenant?

Pourquoi ne pas augmenter encore plus la contribution des étudiants? Pourquoi ne pas laisser tomber cet artifice visant à démontrer que le gouvernement fera 50% de l’effort et l’étudiant seulement 31%? Soyons honnêtes, un meilleur financement universitaire passe inévitablement par une hausse des frais de scolarité. Arrêtons de maquiller la bête.

Manipulations statistiques

Comme dans tous documents gouvernementaux, il faut tenter de montrer que le Québec fait mieux qu’ailleurs, après tout, nous sommes ce que l’humanité a de mieux à offrir.

On tente donc de nous faire comprendre qu’ici, on dépense plus, et donc que l’on fait mieux que les autres provinces. Ainsi, on nous apprend que le Québec se classe très bien en ce qui est de la proportion du PIB alloué au financement universitaire.

 Des données globalement positives
En utilisant comme indicateur la dépense globale des universités par rapport au produit intérieur brut (PIB), on constate que,  comparativement au reste du Canada, le Québec se situe parmi les provinces dont l’effort financier consacré aux universités est le plus  important. En 2008-2009, la dépense globale des universités représentait 1,94 % du PIB au Québec, comparativement à 1,76 % en Ontario, à 1,65 % dans l’ensemble du Canada et à 1,58 % dans le Canada sans le Québec.

Est-ce qu’on vous a déjà dit que le PIB au Québec faisait dur en comparaison des autres provinces? D’ailleurs, si cette statistique démontrait une performance exceptionnelle du Québec, est-ce que les seules provinces qui nous devanceraient seraient les provinces maritimes à 2.03%? Poser la question, c’est y répondre.

Quand on regarde la dépense par étudiant (29 242$), on se rend compte que l’on dépense légèrement plus que le ROC (28 735$). Mais est-ce un gage de succès? Se peut-il que notre réseau universitaire, notamment via l’UQAM, l’UQAC et l’UQAR soit trop étendu et pas assez concentré dans les régions urbaines. Se peut-il que l’on mette trop d’argent en administration par rapport aux autres provinces. Est-ce que notre enseignement est de qualité supérieure? Cette simple statistique ne répond pas à ces questions. On sait par contre que le taux de diplomation au Québec (29.7%) est  de 1% plus faible au Québec qu’au Canada et 4% plus faible qu’en Ontario. Et encore là, qu’en est-il de la qualité des diplômes? Vous conduisent-ils sur le marché de l’emploi ou au McDo du coin à « flipper des boulettes »?

Notre croissance économique future passe par de bonnes universités. Peut-on arrêter d’essayer de se péter les bretelles avec des manipulations statistiques et faire ce qu’il y a de mieux, point à la ligne? Les étudiants ne paieront, à terme, que 16.9% de leur formation. Est-ce ce suffisant? La réponse est non, bien évidemment.

Un document fallacieux, partie 1

Fallacieux : qui est destiné, qui cherche à tromper, à induire en erreur.

Je suis en train de préparer ma chronique pour Maurais Live, ce mardi. Je parlerai de la hausse des frais de scolarité, notamment. Maudit que je déteste consulter les documents gouvernementaux. Voici celui que je suis en train de regarder. J’ai décidé d’arrêter un peu pour vous faire part de quelques frustrations.

Je suis d’accord que le gouvernement exige 325$ de plus par session aux étudiants. C’est la seule décision intelligente que ce gouvernement a pris au cours de tous ses mandats. Ce que je déteste, c’est quand on tente de me remplir comme une cruche!

Effort équitable?

Dans le document, le gouvernement tente de démontrer, dans les premières pages, que l’effort pour augmenter le financement est réparti équitablement entre lui-même, les étudiants, les entreprises et les universités. En bout de piste, dans le budget 2016-2017, 850 millions supplémentaires seront investis. Notons que le déficit accumulé des universités en 2009 s’élevait à 483 millions.

Or, voici le tableau de l’augmentation du financement ventilé selon la source pour chacune des années.

Dans la dernière colonne à droite, j’ai placé l’augmentation du budget de la part du gouvernement. Que remarquez vous? Et oui, lorsque l’on dépasse le dernier budget possible de l’administration Charest (2013-2014), la part du gouvernement se met soudainement à augmenter plus rapidement, sans raison apparente, alors que l’augmentation pour les autres colonnes est plutôt stable! Donc, Charest annonce que lui et son gouvernement feront un effort, il promène son chiffre de 850 millions dans son petit ensemble du parfait « peddler » et en réalité, il a refilé la facture à la prochaine administration gouvernementale. Si on garde une augmentation de 40 millions, ce qui est raisonnable selon les budgets de 2012-2013 et 2013-2014, on découvre que le manque à gagner est de 160 millions de dollars!

De plus, que représente ASRU? Cela veut dire « Autres sources de revenus des universités ». Bref, on pense que les universités vont augmenter leurs revenus connexes de recherche, de formation continue et quelques autres revenus auxiliaires. Comment? Peu importe, on ne le dit pas vraiment dans le document, le gouvernement ne fait que changer ses attentes et place ce montant dans ses tableaux! Pratique quand tu sais que les journalistes qui lisent plus que le sommaire exécutif sont plutôt rare! De plus, qui va réellement valider que les hypothèses se sont réalisées dans 5 ans?

Et DPE, c’est quoi? Retenez vous pour ne pas rire, mais ce chiffre représente l’augmentation du financement généré par… les dons des particuliers et des entreprises grâce à Placements Universités! Ça y est, je suis plié en deux! En gros, le gouvernement augmentera sa subvention de contrepartie pour stimuler les- dons et croit donc que les revenus augmenteront. Comme c’est une dépense du gouvernement, l’augmentation de 30 millions de la subvention est déjà comptabilisée dans la première colonne du tableau. Je vous épargne les détails de Placements Universités, je vous sens déjà commencer à bâiller.

Bref, sur le 850 millions annoncés, on peut dire que 315 (160 + 101 + 54) relèvent de la manipulation des chiffres. C’est quand même 37% du montant. Vous pouvez être sûr d’une chose par contre, les chiffres en provenance des étudiants vont se réaliser!

Au lieu de nous prendre tous pour des épais, peut-on simplement dire que l’on va augmenter le financement universitaire, principalement sur le dos des étudiants, ce qui est, à mon sens, une très bonne chose!

Demain, je vais publier un autre texte sur le reste du document, car ce n’est pas fini!

JEAN CHAREST, NOTRE PÈRE

Notre Jean, qui te crois Dieu
Que ton nom soit oublié
Que ton règne achève
Que ta volonté soit ignorée
En chambre comme dans la rue
Donnes-nous aujourd’hui
Notre commission d’enquête
Pardonnes-nous notre insistance
Comme nous pardonnons
À tes députés qui nous ont offensés
Et ne nous soumets pas à la tentation de te mettre dehors
Pour nous délivrer du mal

L’Ile des incapables


Cet article a déjà été publié sur mon ancien Blogue. Je me permet de le refiler ici, la discussion étant toujours pertinente (comme quoi les choses ne bougent pas vite au pays de la convention…)

Ahhhhhh, Montréal. Jadis métropole, jadis envie du ROC, jadis fierté du Québec. Oui, jadis. Parce qu’aujourd’hui Montréal n’impressionne personne: Déstructurée (et en même temps sur-structurée, un tour de force à la sauce Charest) par la putasserie et l’électoralisme bas, incapable de se déneiger et de sabler ses trottoirs comme il se doit… Remarquez, ce doit être volontaire: Gérald Tremblay veut sans doute que Montréal ait l’air de Paris alors la ville est paralysée par 10 cm de neige.

Voilà donc que le maire Tremblay et le chantre du transport en commun Michel Labrecque de la STM pensent à nouveau aux péages intelligents selon La Presse! Faute d’avoir des gestionnaires qui le sont, on va demander aux machines de compenser. L’argument massue: Stockholm a de tels systèmes et charge 7 piastres pour entrer au centre-ville ce qui a désengorgé ledit centre-ville. Bullshit quand tu nous tiens.

Par un heureux hasard, je vais à Stockholm régulièrement. Là-bas, vous pouvez partir de T-Centralen (leur Berri-UQAM) et vous rendre à 20km de là en… métro! Coût: 5$. C’est d’ailleurs là, e.g., où les centres de haute-technologie sont concentrés, à 10, 15 km du centre-ville. Le service est impeccable et régulier. En plus, c’est propre: Montréal a l’air d’une porcherie à côté de Stockholm en passant. Mais c’est une autre histoire.

Le metro là-bas est sur rail et les dernières générations de voitures sont infiniment plus silencieuses que le métro sur roues de Montréal. De plus, comme il est sur rail, il est sous-terrain sur une infime partie du trajet et ressort au grand air dès qu’il en a la chance. Avec notre métro sur roues, ce n’est pas possible.

Alors, pensez-y: comment comparer une ville ou vous pourriez partir disons de Ste-Thérèse ou à mi-chemin entre St-Eustache et Mirabel en métro et vous rendre au centre-ville alors que l’AMT est incapable d’opérer un train de banlieue à l’heure! L’impact d’un péage n’est pas la même. Montréal aimerait se donner des airs de grande ville, et c’est ce qui devrait être le cas dans l’intérêt suprême du Québec. Malheureusement, l’urbanisme, la gestion et la vision y sont déficients. La ville est dysfonctionnelle depuis trop longtemps et cela paraît. Cruellement.

Franchement, croyez-vous que les gens vont accepter que des ponts payés par le MTQ soient taxés par une des pire et incompétente administration tous paliers confondus? Pensez-vous que les automobilistes vont accepter d’éponger sans broncher l’incurie de la STM et de l’AMT?

Cela pourrait sonner le glas pour Montréal: taxes élevées, ville délabrée et main-d’oeuvre provenant fortement des couronnes pourraient amener nombre d’employeurs à déménager. C’est d’ailleurs commencé.

Que le maire Tremblay fasse le ménage dans son État municipal, ce paradis des fonds de pensions sans fond, des salaires gonflés et des dédoublements. Qu’il demande à Québec de lui donner une structure qui abolisse les roitelets et unisse la ville comme cela s’est fait partout afin d’assurer cohérence et efficacité. Une fois qu’il aura démontré compétence et acuité dans sa gestion il pourra se présenter en architecte du Montréal métropolitain et demander de l’argent frais. L’argument de l’utilisation des infrastructures par les banlieusards est aussi faible: sans leur apport, Montréal serait en faillite. Une métropole n’est pas un océan de pauvreté avec des îlots de richesse comme on l’observe en ce moment. C’est aussi sans compter le fric pompé dans le budget de Montréal et les fond de pensions par les payeurs de taxes du Québec par l’entremise du gouvernement provincial. Pour l’argumentaire, on repassera. Non, présentement, le maire n’a l’air que d’un incompétent paniqué qui ne sait pas boucler son budget.

DE GLOUTONNERIE ET DE GOURMANDISE

Malgré ce qui avait été avancé il y a quelques mois, il semble bien le premier ministre Stephen Harper ne pourra pas respecter sa promesse électorale de conclure une entente sur l’harmonisation des taxes fédérale et québécoise avant le 15 septembre.

Il y a des embuches, parait-il, et l’écart entre l’offre d’Ottawa et la demande de Québec est «significatif», dit-on.

«Il est très important que le Québec soit disposé à harmoniser l’assiette fiscale de la taxe de vente québécoise et celle de la taxe de vente fédérale. Je ne dis pas que nous ne nous entendrons pas, je ne dis pas que nous allons nous entendre» explique le ministre Flaherty.

Quand au ministre Bachand, de son côté, il tient à rappeler à son homologue fédéral que «les négociations ne devraient pas se faire sur la place publique».

Rendus ici, vous admettrez que ça commence à sentir drôle dans la cuisine.

Essayons d’y voir clair. Revenons par exemple en arrière, en mars 2010, alors que le premier ministre Harper déclarait : «Si le gouvernement du Québec veut profiter d’un dédommagement pour l’harmonisation de sa taxe de vente, il devra accepter les règles d’Ottawa.» Il y a donc des règles, que le gouvernement fédéral a imposé à l’Ontario et à la Colombie-Britannique, et ces dernières les ont acceptées.

On doit donc comprendre que Québec a une ou des exigences que les autres provinces n’avaient pas, et qui sont en soi inacceptables pour Ottawa.

Lesquelles? Tout ce beau monde le sait, et tout ce beau monde le tait. Pourquoi?
Parce que c’est gênant. Pour le Québec. Rappelez-vous ce que dit monsieur Bachand: «les négociations ne devraient pas se faire sur la place publique». Lui il est gêné. Et pas à peu près.

Pourquoi?  Parce qu’il est glouton. Parce que le gouvernement du Québec est gourmand. Concernant  la taxation, il est très gourmand. Très, très, très gourmand. L’exemple que tout le monde cite à cet effet est que c’est le seul état au monde qui taxe la taxe.

Un achat. Une taxe fédérale sur l’achat. Et une taxe provinciale sur l’achat et la taxe fédérale sur cet achat. C’est pas beau, ça?  Le modèle québécois dans toute dans splendeur.

Mais c’est gênant.

Ce qui nous ramène à la petite gêne qui hante monsieur le Bonheur, Raymond Bachand.

Que-ce que cé que cé qui bloque dans les négociations avec Ottawa sur l’harmonisation des taxes de vente?

Ben oui, la gêne. La gêne que tout le monde s’aperçoive qu’on est des gloutons, qu’on est des gourmands. Parce qu’à travers toutes les enfirwâpures bureaucratiques qui empêchent d’en venir à une entente, c’est principalement là-dessus que ça accroche.

Attachez votre tuque avec de la broche, je vous explique:

Dans le cas de la TPS et de la TVQ, voyez-vous, ce serait déjà réglé depuis des lunes si le Québec ne tenait pas à sa souveraineté fiscale, à sa gourmandise exagérée. Parce que si on ne payait qu’une seule taxe véritablement harmonisée, on ne paierait plus une taxe sur une taxe. Et nous, les poires au bout de la branche, on sauverait collectivement au fil des ans des milliers et des milliers de dollars.
C’est là-dessus que ça bloque.
S’il y avait une taxe de vente harmonisée basée sur le modèle des autres provinces,  il n’y aurait plus de taxe sur la taxe.
Et ça, Bachand le glouton ne veut pas en entendre parler.

Et puis, puisqu’on est dans la gastronomie, sachez qu’il y a une cerise sur le sundae :  au Québec, il y a plus de 3000 personnes qui gèrent la TVA.
Avec notre sécurité d’emploi étatisée et cette  manie qu’on a de ne faire que déplacer nos fonctionnaires sans les mettre véritablement à pied, on fait quoi avec eux?

C’est pour ça que ça sent le roussi dans la cuisine. Le ragoût est en train de prend au fond de la casserole, et le chef Bachand ne veut pas le jeter. Il ne veut même pas en perdre une toute petite miette!

Il est trop gourmand pour ça.

Et surtout, il est trop gêné pour vous le dire.

Ça vous dit pas de changer de cuisine, des fois?

Ça vous dit pas de changer de cuisine, une fois pour toute?