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La sagesse collective de l’ignorance individuelle

Par Philippe David

Laissez-moi partager avec vous une citation qui est très lourde de sens et qui définit très bien la démocratie:

«La démocratie, c’est la croyance pathétique en la sagesse collective de l’ignorance individuelle» – H. L. Mencken

Cette affirmation se marie très bien avec celle de Churchill selon laquelle le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen. Alors que dans quelques semaines, ces ignorants s’apprêtent à retourner aux urnes et élire un nouveau gouvernement, j’aimerais amener ceux qui le peuvent encore à réfléchir un peu. Si vous êtes d’accord avec la citation ci-haut, pourquoi votez-vous?

C’est une question pertinente. Voyez-vous, notre société est fondée sur une fausse prémisse et c’est que l’homme est un loup pour l’homme et on ne peut donc pas lui confier la liberté de se gouverner lui-même, nous devons plutôt confier à d’autres hommes qui ne sont pas plus aptes que les autres à se gouverner eux-même, la tâche de gouverner et tenir en laisse par la coercition et la force des millions de leurs semblables. En plus, dans un pays démocratique, on donne le soin à une masse d’ignorants de choisir ces personnes et on s’imagine construire une société juste et viable à long-terme. Vous trouvez que ça a du sens, vous? Moi non.

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L’ignorance rationnelle

On dit que le citoyen moyen est «rationnellement ignorant». Ce n’est pas nécessairement par manque d’intelligence, mais plutôt parce qu’il n’a pas le temps de se tenir au courant de tout ce qui se passe et tout se qui se trame dans les coulisses du pouvoir. Les médias ne font pas ce qu’il faut pour le tenir informé non-plus. Même que trop souvent, ils se font complices du pouvoir et re-dirigent l’attention du citoyen vers des informations triviales et gardent les informations importantes sous couvert. Bien souvent, le citoyen n’est pas assez compétent pour analyser l’information qu’on lui donne et devient la proie facile de pseudo-experts. Donc, à moins de vouloir faire un effort supplémentaire pour s’informer, au-delà du pré-mâché des médias de masse, le citoyen ne dispose pas de ce qu’il a besoin pour prendre une décision informée afin de voter. La plupart des gens ne feront pas cet effort supplémentaire et goberont le pré-maché qu’on leur aura servi et se féliciteront d’être si bien informés.

Le pouvoir corrompt et est un aimant pour les corruptibles.

Que les électeurs soient ignorants n’est pas le seul problème. J’ai écrit plus haut que la prémisse même qui est le fondement de l’existence de tout gouvernement est que l’homme est incapable de se gouverner lui-même et que donc, il doit être gouverné par d’autres. Le paradoxe étant que les autres en question ne sont pas plus qualifiés pour s’auto-gouverner et encore moins pour gouverner des millions. Mais vous êtes-vous arrêté vraiment à penser quel genre d’homme peut être attiré par le pouvoir sur les autres hommes? Un homme juste et honnête cherche-t-il à contrôler ses voisins et leur imposer ses diktats par la force?  Non! Le genre d’homme qui est porté à utiliser la force pour parvenir à ses fins n’est-il pas justement le genre d’homme dont nous voudrions être protégés par l’état? N’est-ce pas justement le genre d’homme apte à être corrompu par le pouvoir?

Donc, si c’est vrai que l’homme est un loup pour l’homme pourquoi diable voulez-vous abandonner votre liberté dans les mains de quelqu’un d’autre? Ça n’a aucune logique! À moins, bien sûr de vouloir admettre que vous êtes une perruche en cage qui continue de chanter à l’abri des prédateurs avec ses graines, son eau et ses bibelots fournis par un maître bienveillant, totalement inconsciente de ce qu’elle manque. Est-ce votre cas? Est-ce plus facile d’abandonner votre liberté de choix que de vous prendre en main et voler de vous-même. Est-il plus facile d’abandonner vos responsabilités aux autres, afin de mieux pouvoir les blâmer quand il s’avère qu’ils ne savent pas mieux que vous comment gérer votre vie? Est-ce pour ça que vous votez?

Si vous vous imaginez que vous vivez en liberté parce qu’on vous permet de choisir un nouveau maître dans un concours de beauté à tous les quatre ans, vous faites grossièrement erreur. Voter, c’est choisir de demeurer dans votre cage dorée jusqu’à ce que vous perdiez l’usage de vos ailes. Voter, c’est consentir à votre esclavage. C’est consentir à être gouverné et être gouverné dans les paroles de Pierre-Joseph Proudhon c’est ….

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C’est ça être libre selon vous? Je vous redemande. Pourquoi votez-vous?

Ne me parlez pas de démocratie

Par Philippe David

Je m’apprête à commettre un blasphème, un péché mortel contre l’orthodoxie étatiste. Je vais candidement vous avouer que je déteste la démocratie (ou démocrassie, comme je préfère l’épeler). Mais pourquoi, me direz-vous? La démocratie n’est-elle pas garante de liberté? N’est-elle pas le meilleur (ou du moins, le moins pire) de tous les systèmes politiques?

Je suppose que oui, ça l’est, si vous croyez que la seule façon possible d’organiser une société est de choisir une méthode précise, de l’imposer par la force et de ne jamais en dévier pour quelque raison que ce soit. Si vous croyez que les seuls choix se limitent à la démocratie, la monarchie, l’oligarchie ou la dictature.

Une illusion et une délusion

La démocrassie est à la fois une illusion et une délusion. Croire en la démocrassie, c’est avoir l’illusion qu’en votant, vous avez un certain contrôle sur le processus politique alors que votre vote pèse moins que rien dans la balance et n’a aucune influence sur le résultat.  

Vous croyez vraiment qu’on peut parler de représentativité quand, dans les associations étudiantes une poignée de militants imposent leur volonté à coup de votes à main levées, d’assemblées interminables dans des salles trop petites, de quorums ridicules et d’intimidation à peine voilée, à une majorité d’étudiants et au reste de la population? Vous croyez vraiment que vos convictions sont représentées alors que les députés de l’Assemblée Nationale votent unanimement contre celles-ci et personne ne s’élève pour défendre le point de vue opposé?

C’est aussi la délusion que ces personnes aux jolis chapeaux à qui nous déléguons notre pouvoir personnel ont la solution à même une infime fraction de tous nos problèmes alors qu’ils ont pourtant prouvé qu’au contraire, ils ne possèdent aucune sagesse que nous ne possédons nous-même, et que non seulement ils ne règlent pas nos problèmes, mais nous serons énormément chanceux s’ils ne les empirent pas.

Vous croyez que je suis cynique? Cessez d’évaluer les politiciens à leurs intentions et commencez à les évaluer aux résultats qu’ils obtiennent et vous vous rendrez vite compte que pas un politicien n’a résolu, par exemple, le problème de la pauvreté, mais qu’en revanche, ils ont tous emprisonnés les pauvres dans un cycle perpétuel de dépendance.

Voyez-vous, si les politiciens apprenaient aux pauvres à pêcher par eux-mêmes plutôt que seulement leur donner un poisson. De quelle utilité nous seraient-ils après? Ce n’est donc pas dans leur intérêt de résoudre nos problèmes.  Il est plutôt dans leur intérêt de découvrir toujours plus de problèmes pour que nous les suppliions d’intervenir et de nous sauver! Tels les vendeurs d’huile de serpent d’antan, les politiciens ont toujours été plus adeptes à nous inventer des maux pour mieux faire semblant de les guérir avec un quelconque remède-miracle. Sauf que malheureusement, la majorité d’entre-nous  n’a toujours pas réalisé la supercherie et tombe encore dans le panneau.

Voter c’est…

Voter c’est abdiquer votre souveraineté individuelle au profit du concept fumeux de la « nation ». Une abstraction collectiviste selon laquelle il ne peut exister qu’une seule collection de valeurs qui doit primer sur toutes les autres.

Voter c’est accepter que d’autres ont droit de cité sur votre corps, votre esprit et votre propriété et qu’ils ont le droit de se l’approprier par la violence.

Voter, c’est aussi voler. Peu de gens ne songeraient à forcer la porte de leur voisin et de lui voler ses biens, mais ils se font un devoir de voter pour un politicien qui leur promet mer et monde sans leur dire qu’il ne peut rien leur donner qu’il ne devra pas confisquer d’abord par la force à quelqu’un d’autre. Ils votent donc, sans le réaliser, pour voler leur voisin et se faire voler eux-même. Voter est donc sanctionner le vol.

Donnez une chance à la liberté

Vous voulez savoir ce qui est une véritable utopie? C’est croire qu’une certaine élite dans des tours d’ivoires sera capable de trouver de meilleures solutions à des problèmes de société que des millions d’individus sur le terrain.

Les grandes inventions de ce monde sont-elle venues de bureaucraties gouvernementales ou d’individus tentant de combler un besoin spécifique?  Avons-nous plus de chance d’obtenir quelque chose d’une poignée de cerveaux dans un cadre rigide ou de millions de cerveaux laissés libres d’imaginer toutes les possibilités?

Dans une de ces chansons, John Lennon disait « All we are saying, is give peace a chance ». Ne serait-il pas temps de laisser une chance à la liberté plutôt que la coercition? Reprenons notre pouvoir.

Un débat qui ne devrait pas en être un

Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé récemment au sujet de la candidature possible de Pierre-Karl Péladeau à la chefferie du PQ. Cette candidature, si jamais PKP finit par se brancher, soulève certaines questions d’éthique, principalement parce que M. Péladeau contrôle 40% des médias québécois. C’est donc facile d’imaginer les conflits qu’il pourrait y avoir s’il devenait premier ministre. On imagine facilement que les médias de Québécor deviennent les Pravda du PQ et se mettent à promouvoir activement l’option souverainiste, comme si Radio-Canada et le Devoir ne suffisaient pas. Aussi je voudrais ajouter mon grain de sel.

Il y en a qui voudraient que la question soit examinée par un comité supervisé par le président de l’Assemblée Nationale. C’est vrai qu’au Québec, on est fort pour créer des comités inutiles. C’est si compliqué de dire que fondamentalement, la presse est supposée être le gardien de la démocratie et qu’en tant que tel, il se doit d’être indépendant du pouvoir s’il veut être libre de le critiquer? Quel journaliste de QMI oserait être critique de son patron, s’il était également premier ministre?

Ceux qui doutent de l’influence des médias n’ont qu’à regarder à quel point nous sommes terrorisés de façon cyclique. Pendant 45 ans, le croque-mitaine était l’URSS, puis ce fût les terroristes, Saddam Hussein, les serbes en Bosnie, des maladies comme le sida, le sras, la grippe aviaire, la grippe H1N1 et maintenant, l’ébola. Ils ont même réussi à nous convaincre qu’une force de 30 000 hommes en pickup représente une menace existentielle aux démocraties de l’occident. Regardez aussi le rôle qu’ont joué les médias dans le débat de la charte des valeurs. Ça c’est du pouvoir! Déjà que simple député, Pierre-Karl Péladeau est déjà intervenu en faveur de l’achat des studios Mel’s par Québécor, imaginez s’il était premier-ministre.

On se soucie déjà des conflits d’intérêts potentiels lorsqu’un homme d’affaires se lance en affaires, on devrait s’en soucier encore plus quand ses affaires lui permettent de contrôler l’opinion publique.

Ça ne devrait pas être matière à débat. Pierre-Karl Péladeau devra choisir un jour s’il veut être un magnat des médias ou le premier ministre du Québec et les premiers à lui demander de faire ce choix devraient être les membres de son propre parti. Qu’il soit les deux pourrait vite compromettre le processus démocratique.