Archives par mot-clé : dette publique

L’IRIS et la fable de la cause de la dette

Par Philippe David

Ainsi, l’IRIS vient de publier une autre œuvre de désinformation prétendant expliquer les causes de notre dette publique. Selon leurs «chercheurs» (et j’utilise ce mot au sens le plus large possible), notre dette ne provient pas du fait que notre gouvernement dépense trop. Nonon! C’est plutôt à cause de la politique monétaire de la Banque du Canada et/ou des baisses d’impôts et/ou de coupures dans les transferts fédéraux ou encore de privatisations sauvages (?). En bref, si ce n’était que des dépenses, notre dette brute serait à peine de 10% du PIB et notre dette nette serait négative. Ils en sont arrivés à ces conclusions en concoctant une savante simulation et en testant divers scénarios. Que c’est magnifique les simulations! Que d’utopies on peut créer de toutes pièces pour essayer de plier le monde à ses idéaux! Le problème est que nous vivons dans le vrai monde et la grande majorité des facteur que les chercheurs de l’IRIS décrient sont soit erronés ou existent pour de très bonnes raisons et pour la plupart des cas, elles existent pour toutes les autres provinces du Canada, pas seulement le Québec, alors comment se fait-il que le Québec soit tellement plus endetté que toutes les autres provinces? Jetons-y un coup d’œil si vous voulez bien. Continuer la lecture de L’IRIS et la fable de la cause de la dette

Vivre à crédit

Par Philippe David

C’est étonnant, mais la situation en Grèce et les réactions à cette crise que j’observe me font réaliser à quel point certains peuvent être ignorants du côté sombre du crédit. Par exemple beaucoup en Grèce et ailleurs s’imaginent que si les grecs font un doigt d’honneur aux banques européennes et leur «austérité», les grecs pourront maintenir leur beau train de vie et que les retraités continueront d’empocher leur retraites et que le gouvernement grec pourra continuer à fonctionner comme il l’a fait depuis plus de trois décennies, c’est à dire en vivant à crédit. Il faut vraiment croire aux licornes parce que rien ne pourrait être plus farfelu. Si c’est votre croyance, une petite leçon de crédit 101 s’impose. Commençons par les bases.

La nature d’une dette.

Vous avez besoin d’argent pour quelque chose que vous jugez important (pour l’instant, nous allons faire abstraction du besoin comme tel).  Vous n’avez pas l’argent maintenant, mais vous savez que vous l’aurez dans le futur et épargner pour ramasser la somme serait trop long.

Votre voisin, lui, a le montant d’argent que vous avez besoin, vous aimeriez lui demander de vous le prêter, mais autrement que par charité, pourquoi le ferait-il? Pendant le temps que vous prendrez à lui rembourser cet argent, il y a mille et un usages auxquels il aurait pu mettre cet argent beaucoup plus plaisant ou profitable que de vous le prêter. Pour le convaincre, vous devez lui offrir un incitatif pour compenser la perte de jouissance de son argent pour le terme du remboursement. Rendre la chose «intéressante» pour lui, si on peut dire. C’est pourquoi nous avons appelé cet incitatif «l’intérêt».  Vous allez donc négocier avec votre voisin pour le taux d’intérêt pour lequel il consentira  à vous prêter son argent. Puisqu’il n’est pas le seul qui pourrait vous prêter l’argent, il ne peut pas vous demander un taux abusif parce qu’il vous suffit d’aller demander à quelqu’un d’autre.

Cependant, qu’est-ce qui lui prouve que vous lui rembourserez la somme dans les délais prévus? S’il vous connaît et sait que vous êtes une personne honorable à laquelle il peut faire confiance, votre poignée de main pourrait lui suffire, sinon il vous faudra peut-être fournir le témoignage d’une personne qui vous connaît et qui sait que vous êtes digne de confiance ou un endossement formel d’un tiers de bonne réputation ou à l’extrême, vous devrez peut-être offrir quelque chose en collatéral. Bref, ça prend un certain lien de confiance. Si votre réputation est bonne, ce n’est pas un gros problème, mais si elle ne l’est pas, c’est possible que vous ayez plus de difficulté à trouver quelqu’un qui voudra vous prêter et vous aurez probablement à payer un taux d’intérêt plus élevé pour arriver à convaincre quelqu’un à vous prêter l’argent dont vous avez besoin.

Je vois souvent des gens pester contre les intérêts. Certains voudraient même les abolir. Maintenant vous savez à quoi ils servent et pourquoi ils existent.  Vous ne pourriez tout simplement pas emprunter s’il n’y avait pas d’intérêt.  Donc les abolir serait illogique.

Jusqu’ici nous n’avons discuté que d’emprunts entre individus, mais le principe est le même le même lorsqu’on parle d’emprunts par une firme ou par un état. L’emprunt est une entente contractuelle où une partie prête un montant d’argent qui est sa propriété à une autre partie. En échange la seconde partie promet de rembourser le montant intégral, plus un certain pourcentage d’intérêt. Essentiellement, de négliger de rembourser équivaut à de la fraude, puisque l’emprunteur se trouve à voler la propriété du prêteur. Si vous faites ça, les prêteurs y penseront probablement deux fois avant de vous prêter une autre fois et avec raison. Mais tant que les deux parties respectent les termes du contrat, c’est profitable aux deux.

Bonne dette, mauvaise dette

Maintenant, il existe de bonnes et de mauvaises dettes. Les bonnes dettes vous enrichissent à long-terme, les mauvaises vous appauvrissent. Si vous empruntez pour investir dans une entreprise qui est profitable et qui vous rapporte un montant plus grand que l’emprunt et l’intérêt, c’est un bon prêt. Si par contre vous empruntez pour quelque chose qui ne vous rapportera rien, un bien consommable, par exemple, c’est une mauvaise dette. Si c’est une excellente idée d’emprunter pour investir, emprunter pour consommer est une chose à éviter le plus possible. Si vous voulez vous procurer un bien consommable qui n’est pas d’une absolue nécessité, il serait bien plus intelligent d’économiser et attendre d’avoir le montant en poche avant de l’acheter. Emprunter pour s’acheter une nouvelle télé quand l’ancienne fonctionne encore ne serait pas terriblement intelligent. 

Le problème est que ça fait belle lurette que nous accumulons les mauvaises dettes, tant individuellement que collectivement. Tout partisan de développement durable devrait prendre note que si toute mauvaise dette devrait être à proscrire dans vos finances personnelles, vous devriez aussi considérer que la même situation dans les finances publiques est toute aussi néfaste. Pourtant, quand avez-vous déjà entendu Greenpeace ou Équiterre se prononcer contre l’endettement excessif des états? Pourtant, quand nous avons des gouvernements qui contrôlent plus de 50% du PIB d’un pays, c’est un facteur qui ne peut pourtant pas être négligé. 

Et pourtant, il est plutôt rare que les états font des emprunts qui créent de la richesse puisque les gouvernements ne créent aucune richesse, ils ne font que la redistribuer. Tout ce que le gouvernement vous donne, il doit d’abord le confisquer de quelqu’un d’autre. Plus souvent qu’autrement, une bonne partie des montants collectés en taxes et impôts est également gaspillé et ne rapporte absolument rien en termes de biens et services réels. Donc, mis à part l’argent emprunté pour certains biens immobiliers, représenté par la dette nette, tout le reste est une perte sèche qui ne peut être remboursée que par le prélèvement de taxes et impôts futurs. Donc, quelque part dans le futur, ces taxes et impôts seront prélevés en plus de ceux qui auraient déjà été prélevés pour les besoins courants. Encore une fois, si vous croyez que ce genre de consommation de ressources s’inscrit dans le registre du développement durable, vous vous mettez le doigt dans l’oeil parce que c’est littéralement tout le contraire: nous dévorons aujourd’hui ce qui sera produit demain plutôt que de consommer ce qui a été produit hier (c’est ça le développement durable). Ce que nous faisons, autant en tant qu’individus qu’à travers nos gouvernements c’est de la surconsommation. C’est s’empiffrer dans un buffet et laisser la facture aux générations futures.

Pile je gagne, face tu perds.

aujourd’hui, les grecs ont voté massivement non aux mesures d’austérité que voulaient leur imposer leurs créditeurs. Je ne sais pas ce qu’ils s’imaginent que ça va leur donner de faire le doigt d’honneur à leurs créanciers. Le choix qui leur était donné dans ce référendum était équivalent à choisir entre le peloton d’exécution et la chaise électrique.

On les voit célébrer et on peut se demander pourquoi ils fêtent. S’ils s’imaginaient gagner quelque chose en votant non, ils rêvent en technicolor. Ce qui les attend sera un effondrement bancaire et une dépression économique dont ils ne seront pas près de se relever et ils n’auront pas d’autre choix que de réviser leur niveau de vie à la baisse de toute façon. L’austérité s’imposera que ce soit par leurs créanciers ou autrement parce que ça prendra un certain temps avant que quelqu’un prête de l’argent au gouvernement grec. Ça a toujours été un no-win scenario, du moins à court-terme. 

La bonne nouvelle, c’est qu’après une sévère correction, l’économie grecque va sûrement reprendre sur des bases plus solides. On ne peut qu’espérer que les grecs auront appris la leçon que leur gouvernement ne peut pas tout leur payer indéfiniment et que le nôtre va réaliser que lui non-plus ne le peux pas avant que nous nous retrouvions dans la même situation. J’espère que nous réaliserons tous que l’endettement chronique, autant personnel que collectif est une sorte d’esclavage volontaire et de s’en libérer sera toujours pénible.

Le Québec dans le rouge, une vidéo à voir absolument

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Par Philippe David

Depuis près de 10 ans, Joanne Marcotte livre un combat pour conscientiser les québécois sur notre modèle social-démocrate et ses conséquences inévitables d’appauvrissement et d’endettement. Après avoir produit un film et un livre (à ses propres frais) et des centaines de billets de blogues, nous voilà au point où le mur qu’elle s’efforçait de nous faire voir est maintenant droit devant. Elle s’est donc amusée à faire un petit montage. Visionnez-le et partagez-le avec tous vos amis et membres de votre famille.

 

Vive la prostitution libre!

prostitution libre

Par Philippe David

Puisque le débat a à peine commencé au sujet de la récente décision de la Cour Suprême invalidant les dispositions du code criminel sur la prostitution, j’aimerais donner un point de vue libertarien sur le sujet.

Ce n’est pas que j’aie une admiration quelconque pour le plus vieux métier du monde, mais si les politiciens peuvent pratiquer  leur profession en toute impunité, je ne vois sincèrement pas mas pourquoi les prostituées devraient se cacher pour pratiquer leur art. Surtout qu’il y a une étrange similarité entre les deux.  Mais au moins, la prostitution a  le mérite d’être plus honnête. Avec une prostituée, on sait d’avance qu’on va se faire baiser. Avec un politicien, c’est ce qui finit par arriver, qu’on le veuille ou non… Enfin, vous voyez ce que je veux dire? 

Ce n’est pas que je serais particulièrement fier, si un jour, ma fille décidait de se prostituer. Mais d’un autre côté, je ne serais pas terriblement plus fier si elle se lançait en politique.  Dans les deux cas, j’espère qu’elle aura plus d’ambition. Mais trève de plaisanteries…

La criminalisation de la prostitution n’a jamais eu aucun sens, si ce n’est que pour imposer par la force, l’idée que certains ont de la « moralité ».  Vendre son corps est-il immoral? Pourquoi? Ne sommes-nous pas propriétaires de notre propre corps? N’avons-nous pas le droit d’en disposer comme bon nous semble? Il semble que certains croient que non. Ils semble que certains croient que vous ne pouvez disposer de votre corps que dans la mesure où vous n’offensez pas leurs sensibilités. Mais quelle différence y a-t-il vraiment à se prostituer pour de l’argent ou se prostituer pour le pouvoir. Est-il plus immoral de vendre quelques heures de plaisir, que de saisir par la force la moitié du fruit du labeur d’autrui et l’engloutir dans une machine à gaspiller et dilapider la richesse? Est-il plus immoral d’écarter les cuisses pour un étranger que d’endetter des générations qui ne sont pas encore nées et qui ne peuvent dire un mot pour se défendre? Pourquoi la première serait traitée en criminelle et l’autre pas? Personnellement, ce que fait la classe politique de nos jours m’offense cent fois plus que ce que font les prostituées. Au moins on a du plaisir avec une prostituée, je ne pourrais en dire autant avec un politicien.

Contrairement à la politique, où il y a violence et extorsion, la prostitution est une transaction paisible entre deux adultes consentants au cours de laquelle chacune des deux parties obtient quelque chose qu’elle veux. Pourquoi donc serait-ce immoral ou illégal?

Le mythe de l’austérité au Québec

Une vidéo a récemment été publiée sur Youtube par l’ASSÉ pour souligner le premier anniversaire de la venue au pouvoir du PQ. Au moment d’écrire ces lignes, elle avait récolté 6416 visionnements, ce qui est loin d’être viral. Son but était d’accuser ce méchant gouvernement néo-libéral péquiste de mener une  politique d’austérité sur le dos des pauvres afin de satisfaire sa « lubie » du déficit zéro. De la rhétorique d’extrême-gauche à son meilleur (ou son pire, c’est selon). 

Comme je l’ai mentionné, ce n’est pas comme si bien des gens, autre que les communistes de l’ASSÉ l’ont vu, mais puisqu’elle renferme beaucoup d’inexactitudes qui relèvent soit de l’ignorance, soit de la démagogie, je vous laisse le soin d’en juger, j’aimerais remettre les pendules à l’heure.

Qu’est-ce qu’une politique d’austérité?

Dès l’ouverture de la vidéo, les auteurs se tirent dans le pied en donnant une définition de l’austérité comme étant « une politique visant à réduire les dépenses d’un état pour éliminer sa dette ». J’accepte cette définition d’emblée, en ce qui concerne les politiques publiques, du moins. Et dès le moment que vous acceptez la politique d’austérité comme une diminution des dépenses, tout l’argument central de la vidéo s’effondre quand on regarde les chiffres (c’est vrai que les chiffres et les partisans de l’ASSÉ, c’est comme l’eau et l’huile), parce que dans les faits, les dépenses du gouvernement n’ont jamais diminué. Elles ont plutôt augmenté. Nicolas Marceau a beau avoir pris des mesures pour freiner cette augmentation, mais il reste que les dépenses augmentent quand même. Alors où est-ce que les auteurs de la vidéo ont pigé que le PQ mène une politique d’austérité, autrement que dans le monde de leurs fantasmes?

Je pourrais m’arrêter là et considérer la vidéo discréditée, mais la chronique serait trop courte, alors continuons.

La dette

La vidéo tente ensuite de démontrer que les mesures d’austérité, si fictives  soient-elles, ne sont pas vraiment nécessaires en tentant de minimiser l’impact de la dette. Pour ce faire, ils ont choisi d’utiliser l’artifice de la dette nette vs la dette brute. Selon eux, les think tanks comme l’IEDM préfèrent utiliser la dette brute dans le seul but d’amplifier le problème et de faire peur. Quand on regarde la dette nette (ou dette représentant les déficits cumulés, c’est-à-dire la dette brute moins l’ensemble des actifs du gouvernement), nous paraissons mieux.

Primo, au 31 mars 2013, la dette brute se chiffrait à $193,6 milliards ou 54,2% du PIB alors que la dette nette se chiffrait à $117,8 milliards ou 32,9% du PIB. C’est vrai que si on garde notre cervelle au neutre et qu’on ne considère que la différence entre ces deux chiffres, la dette nette parait beaucoup moins pire. C’est l’impression qu’on cherche à vous donner en espérant que vous n’y verrez que du feu.  Bien sûr, cet argument présume que vous êtes tous des idiots. Quand on met notre cerveau en marche, on se rend compte de la vraie signification de la dette nette et on déchante. La dette nette est la proportion de la dette du gouvernement qui ne repose sur aucun actif. Ça représente 61% de la dette brute. Laissez-moi vous le remettre en contexte : si demain la province de Québec faisait faillite et on liquidait tous ses actifs pour rembourser les créanciers (ce qui serait très difficile), nous ne pourrions rembourser au mieux que 39% des créances. Est-ce que ça vous réconforte vraiment de savoir que près des deux tiers de la dette représente des dépenses d’épicerie irrécupérables ? Moi pas. Ah ! Les avantages de l’ignorance ! C’est tellement moins stressant ! De toute façon, qu’on regarde la dette brute ou la dette nette, il n’en demeure pas moins que nous sommes la province la plus endettée au Canada.

Secundo, il faut aussi savoir que la dette brute a une grande importance. C’est le nombre sur lequel on calcule les intérêts que nous devons payer. Cette année, ce montant dépasse les $10 milliards et c’est le troisième poste budgétaire en importance après la santé et l’éducation. Imaginez ce que nous pourrions faire avec ces $10 milliards ?

Des écervelés vous diront que nous devrions nationaliser les banques et que comme ça, le gouvernement ne paierait aucun intérêt, mais malheureusement, ce n’est pas si simple. Quand le gouvernement emprunte, il ne va pas voir son conseiller à la Caisse Pop pour faire une demande de prêt, il emprunte sur les marchés financiers en vendant des obligations et si ces obligations n’offraient aucun rendement, qui voudrait en acheter ? De plus, depuis la crise de 2008, les taux d’intérêts ont été maintenus anormalement bas pour soutenir la reprise économique, ce qui fait qu’en tenant compte de l’inflation, le gouvernement  jouit de taux négatifs en termes réels et nous consacrons quand même plus de $10 milliards au service de la dette. Imaginez alors si les taux  venaient  à augmenter. Alors c’est alarmiste de dire que notre dette brute est trop élevée ? À vous d’en juger…

Couper pour couper, c’est idiot

Là où, croyez-le ou non, je suis au moins partiellement d’accord avec la vidéo, c’est sur l’idiotie des mesures qu’a prises le gouvernement  péquiste. Mais la solution offerte est toute aussi idiote. Selon les petits génies derrière cette vidéo, il vaudrait mieux taxer les méchantes entreprises qui font des profits faramineux, paient peu d’impôt et reçoivent des subventions trop généreuses. Je suis entièrement d’accord au sujet de la générosité des subventions (trois fois plus que l’Ontario), mais de taxer les entreprises davantage n’est pas une solution.

Taxer les entreprises ou les particuliers, c’est du pareil au même.

Pour la gauche, il a toujours été de bon ton de diaboliser les entreprises. Elles sont une cible facile et quand ils vous disent qu’elles ne font pas leur juste part, ils espèrent encore une fois que vous gardiez vos cerveaux au neutre et que vous évitiez de poser la question : « Quand on taxe une entreprise, d’où provient l’argent? ». C’est trop facile d’ignorer le fait que lorsqu’on taxe une entreprise, elle doit prendre l’argent quelque part. Puisqu’une entreprise n’est pas une personne, elle ne paie rien dans la réalité. Elle ne fait que répartir des coûts et les impôts et taxes ne sont qu’un autre coût parmi les autres qui affectent sa rentabilité. Si on veut que l’entreprise demeure rentable, et donc qu’elle continue à créer de la richesse, elle doit compenser pour les coûts additionnels, quels qu’ils soient. Elle peut le faire de différentes façons : elle peut diminuer ses investissements en capital, ce qui affecterait ses fournisseurs d’équipement. Elle peut également réduire ses coûts de main d’œuvre, auquel cas, ce sont ses employés qui payent. Elle peut aussi augmenter ses prix et passer une partie des coûts additionnels sur le dos de ses clients. Finalement, elle peut réduire les dividendes qu’elle paie à ses actionnaires et leur refiler aussi une partie des augmentations de taxes. Mon point ici est qu’ultimement, qu’on taxe les particuliers ou les entreprises l’argent proviendra des mêmes poches : les vôtres. Que ce soit en tant qu’employés, de clients ou d’actionnaires, ce sera toujours vous qui serez plus pauvres.

Vivre selon nos moyens

À n’importe quel moment donné, la disponibilité de capitaux est limitée. Plus le gouvernement emprunte, moins il reste de capitaux disponibles pour l’investissement, réel moteur de l’économie. Donc, plus la dette publique grossit, plus nous nous appauvrissons collectivement.

Réduire la dette est non seulement une question de gros bon sens économique, mais aussi une question de justice envers les générations futures. La dette publique n’est en réalité que des impôts et taxes reportées dans le futur et plus nous la laissons grossir, plus le gouvernement  devra taxer plus tard. S’il est vrai qu’une famille ne peut pas vivre indéfiniment en s’endettant, ça s’applique encore plus à l’état. Sa dette retombera sur les épaules de millions de personnes qui ne sont pas encore nées.

Il ne suffira pas de juste faire des coupures bêtement. Il faudra repenser l’état et son rôle dans la société. Même si on accepte l’idée que l’état doit assurer une certaine justice sociale (ce que je rejette personnellement), nous devons admettre que l’état ne peut pas être tout pour tout le monde et qu’il a ses limites. Ces limites sont déjà dépassées alors que nous pillons les générations futures afin d’assurer des services que nous n’avons pas les moyens de nous payer dans le moment présent. C’est un débat que nous devons avoir et il est bien plus important que toute autre question, à mon humble avis. Ceux qui vous diront le contraire, ne sont que ceux qui veulent participer au pillage.

Un Québec plus pauvre et surendetté, est-ce vraiment ce que nous voulons léguer à nos descendants? Un jour ou l’autre, il faudra que nous prenions nos responsabilités et que nous fassions certains sacrifices, comme tout bon parent, pour le bénéfice de nos enfants et petits-enfants.

Les Grands Mythes Économiques : Mythe #1

 

Par Minarchiste

 

La dette gouvernementale n’est pas un problème puisque nous nous devons cet argent à nous-mêmes.

Premièrement, une part de la dette gouvernementale est détenue par des étrangers. Il faudra donc qu’une partie de nos taxes et impôts futurs soit expédiée à ces étrangers éventuellement. Ceci étant dit, aux États-Unis c’est la Fed qui est le plus gros acheteur de T-bills depuis un bout de temps et ce avec de la monnaie créée ex nihilo (c’est ce qu’on appelle la monétisation de la dette). Les intérêts sur cette dette sont donc retournés au Trésor Américain pour financer les dépenses de l’État.

 

Deuxièmement, les titres de dette détenus par des investisseurs locaux ne sont pas uniformément répartis dans la population. Ainsi, une partie des futurs taxes et impôts de tous (et surtout ceux des générations à venir) devront servir à rembourser ces titres de dette détenus par quelques-uns. Il y a donc un déplacement de richesse d’un groupe vers un autre.

Troisièmement, il ne faut surtout pas oublier que la dette monétisée et/ou multipliée par le système bancaire à réserves fractionnaires engendre de l’inflation. Cette inflation n’affecte pas les gens de manière égale. Ceux qui obtiennent l’argent en premier s’enrichissent alors que le reste de la population voit son pouvoir d’achat être dilapidé.

L’inflation est une gigantesque subvention aux banques, qui peuvent engendrer des profits à partir de rien. Puis, les fonctionnaires et sous-contractants qui bénéficient directement des dépenses du gouvernement sont aussi favorisés, tout comme les entreprises qui reçoivent des subventions et autres aides.

L’inflation ne fait pas que des gagnants; les perdants sont très nombreux. Il y a d’abord les salariés dont le salaire croît moins vite que l’inflation. Si l’inflation a été de 5% cette année et que votre salaire n’a été augmenté que de 2%, vous êtes dorénavant plus pauvre de 3% puisque le pouvoir d’achat de votre salaire aura diminué.

Il y a aussi les épargnants, qui voient le pouvoir d’achat de leurs épargnes fondre en raison de l’inflation. Si vous avez de l’argent dans votre compte-chèque à la banque et que l’inflation est de 5%, la valeur de cet argent aura diminué de 5% chaque année. Un retraité qui reçoit une rente fixe s’appauvrit chaque année en conséquence de l’inflation.

L’inflation est donc source d’inégalités! L’impact de l’endettement gouvernemental sur la répartition de la richesse actuelle et intergénérationnelle n’est pas neutre. L’argent emprunté par l’État en notre nom ne nous est pas dû à nous-mêmes, il est dû aux détenteurs de ces titres de dette.

http://minarchiste.wordpress.com/2011/04/01/le-lien-entre-les-inegalites-et-linflation/