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L’épouvantail de la « droite religieuse »

C’est étonnant à quel point le terme « droite religieuse » semble causer tout un émoi ici au Québec. La seule mention de ce terme semble nous ramener à l’époque où l’Église catholique menait nos vies. Automatiquement, on songe au retour à la grande noirceur. On évoque un retour à la criminalisation de l’avortement, à l’homophobie, à l’imposition d’un code moral rétrograde, que sais-je encore. Et si cette épouvantable droite moral n’était que ça: un épouvantail.

Bien sûr il existe des gens qui sont contre l’avortement et qui sont homophobes. Il y en a tant à gauche qu’à droite qui tentent d’utiliser l’état pour imposer leurs valeurs et leur code moral aux autres. Règle générale, ce sont des marginaux. Peut-être pas tant que ça à gauche, mais au Québec en tout cas, à droite c’est des marginaux.

Je vous le dis tout de suite je ne suis absolument pas religieux. Il y a au moins 4 ans que je n’ai pas mis les pieds dans une église. On ne peut certainement pas m’accuser d’être un fanatique religieux. Cependant, puisque je crois en la liberté, je crois donc au droit de chacun de croire ce qu’il veut et agir selon ses croyances. Cela dit, les religions ne me dérangent pas tant qu’ils n’essaient pas de m’imposer leurs croyances.

Un des grand problème de notre société, telle qu’elle est organisée présentement, est cette idée du « one-size fits all ». Nous avons un système de santé à taille unique, un système d’éducation à taille unique et quoi d’autre encore, où nous essayons tant bien que mal de faire rentrer des tas d’individus, tous différents, dans le même moule.  Pourquoi y a-t-il des gens qui imposent leurs valeurs aux autres? Parce que nous semblons incapables de concevoir une société dans laquelle des valeurs différentes puissent coexister. Ici, il faut que tout passe par l’état et que tout soit uniforme. Mais ce paradigme est dépassé.

Ça m’étonnera toujours de voir des partisans de la droite considérer la droite sociale avec dédain. Mais pourtant, quand la liberté est notre idéal et que notre but est de réduire l’influence de l’état dans nos vies, les désirs de la droite sociale n’entreront pas nécessairement en conflit avec le « plus de liberté et moins d’état » que préconise la droite libertarienne ou fiscale.

Selon un article publié hier dans la feuille de chou nationalo-gauchiste (Le Devoir), certains de mes confrères du RLQ auraient une peur bleue de militants de la droite religieuse au sein du PCQ. Après tout, le sinistre Richard Décarie ne fait-il pas partie de leur exécutif? (Jouez votre thème préféré de film d’horreur dans vos têtes)

Passons sur le fait que Le Devoir a tout intérêt à publier des articles pour semer la zizanie parmi les rangs de la méchante droite, de quoi mes collègues ont-ils peur au juste? Un autre débat sur l’avortement? Désolé, c’est une juridiction fédérale, le PCQ n’a rien à voir avec ça, adressez vos plaintes à Stephen Harper. Le mariage gai? Même chose. La justice et l’ordre? Pourtant, la majorité des Québécois étaient pour le projet de loi C-10, alors même si c’est encore une juridiction fédérale, la seule différence que ça ferait d’avoir une gouvernement conservateur à Québec c’est que nous ne chercherions pas à l’adoucir comme Jean-Marc Fournier veut faire. Cependant, comme vous, nous sommes inconfortables avec C-30.

Je vais vous faire un aveu. Sur son site, le PCQ nous fait déjà part de son plan diabolique de domination ultra-catholique (Muahahahaha!). Nous allons abolir le cours d’ECR. Et non, ce cours ne sera pas remplacé par des cours d’enseignement religieux, parce que de toute façon, le PCQ prône une réforme en profondeur de l’éducation, intégrant un système de bons d’études, qui donnera la liberté de choix aux parents. Quelle horreur! … Pour la gauche du moins. Oh, et nous promettons aussi une réforme des services de garde… Oooooooh! Est-ce que je vous fais peur?

Alors,  la prochaine fois qu’on essaiera de vous faire peur avec le fameux épouvantail de la droite religieuse, allez-donc voir le site du Parti Conservateur du Québec et vous saurez qu’il n’y a rien de plus faux.

Affrontements stupides

Caricature - Ygreck

J’ai décidé ce matin de ramener une petite caricature que le talentueux Ygreck avait faite environ 3 mois après le premier rassemblement du Réseau Liberté-Québec, alors que les grandes centrales syndicales du Québec faisaient un caca nerveux devant cette nouvelle manifestation d’une droite qu’ils accusaient d’être « provocante ». Je le fais parce qu’il y en a qui affirment sans rire que le RLQ est une organisation inutile. Pourtant, si cette organisation est inutile, pourquoi y a-t-il des gauchistes avec des pancartes à chaque rassemblement majeur de ce mouvement? Pourquoi, avant qu’elle n’apparaisse, le débat gauche-droite était quasi-absent des médias de masse et que maintenant on s’en parle de plus en plus? Pourquoi depuis la fondation de ce réseau, Facebook est-il littéralement en ébullition au Québec avec des débats sur cet axe?

C’est vrai qu’il en en a qui se font de fausses idées sur ce que le RLQ est ou devrait être. Le RLQ n’est pas un parti politique, ni un groupe de pression, ni un lobby. Le RLQ est un réseau. Il n’a pas d’organisation formelle. Il permet à des gens de droite de se réunir et d’échanger. Il permet de tisser des liens et faire des contacts. Il permet également aux gens de droite de s’éduquer en présentant des conférenciers lors de ses évènements. Finalement, grâce à la visibilité médiatique de ses ténors, il est aussi un canal pour les idées de droite dans les médias. C’est loin de ce que j’appellerais « inutile ».  Alors pourquoi y a-t-il des gens de droite si critiques de ce mouvement?

La droite a une particularité intéressante. Elle est farouchement individualiste. Pas individualiste dans le sens du chacun pour soi, mais individualiste dans le sens que l’individu et ses droits sont au centre de ses préoccupation. Contrairement aux drones collectivistes de la gauche, nous ne voulons pas être issus du même moule et nous ne voulons pas nous plier à des exigences ou des solutions uniques. Nous croyons que les solutions émergent du bas vers le haut et non du haut vers le bas. Les idée sont soumises à la loi du marché et ce sont les meilleures idées qui émergent du processus de la concurrence.

Alors, puisque tous les gens de droite sont tous supposés viser le même but, c’est-à-dire moins d’état, je me vois plutôt perplexe d’assister à des luttes intestines stupides qui portent non-pas sur les idées, mais sur le choix d’un véhicule ou de la méthode ou même des conflits d’égos. Vous trouvez que le RLQ n’en fait pas assez? Fondez votre propre mouvement et essayez d’en faire un succès comme Joanne Marcotte, Éric Duhaime, Ian Sénéchal et Roy Eappen ont fait. Vous êtes orphelins politiques depuis que l’ADQ a sombré et vous haïssez la gueule de Jeff Plante? Faites comme lui et partez votre propre parti et voyez si vous pouvez faire mieux que lui. Mais de grâce, cessez de dénigrer ceux qui tentent de s’impliquer corps et âmes à faire avancer la cause de la droite au Québec. J’ai le privilège de connaitre beaucoup de ces gens et chacun est dédié à sa propre manière à la même cause que vous. Pourquoi leur planter des poignards dans le dos? Les traiter de faux droitistes ou que sais-je d’autre encore? Je croyais que seuls les gauchistes s’attribuaient le monopole de la vertu. Et pourtant, si vous n’êtes pas disposés à faire certains des sacrifices que font les Jeff Plante, Éric Duhaime, Ian Sénéchal, Joanne Marcotte et Roy Eappen ont fait, qui êtes-vous pour les critiquer.

L’important n’est pas le véhicule ou la méthode; l’important, c’est les idées. Les luttes intestines ne mènent à rien. Pendant que vous vous obstinez sur le sexe des anges, le véritable adversaire, la gauche, se bidonne. Si ce que le voisin fait pour promouvoir la cause vous déplait, vous pouvez en débattre, mais s’il persiste, vivez et laissez vivre.

L’ADQ est morte, vive la vraie droite

 

C’est maintenant officiel, l’ADQ n’est plus, vendue par des opportunistes pour un sondage. Le parti qui voulait faire de la politique autrement est maintenant remplacé par un parti qui veut faire de la politique n’importe comment. Avec son logo bigarré, la CAQ ne sera qu’un feu de paille lorsque l’électorat réalisera que François Legault promet tout et son contraire. Mais ils se trompent s’ils croient qu’en éliminant l’ADQ, ils ont éliminé toute compétition à la prétention de « force de changement ». La CAQ étant plutôt un vide idéologique navrant se révèlera vite une force du statu quo de l’état nounou monolithique et non les porteurs d’équité générationelle et de redressement des finances publiques. M. Legault ne sera pas celui qui changera le cap de la province, il continuera de la laisser voguer tout droit vers l’iceberg.

Soyons francs, le positionnement de l’ADQ à la droite de l’axe politique a toujours été mitigé. Ses rangs étaient pollués par des personnalités qui n’ont jamais vraiment eu de positions de droite, ce qui a causé sa déchéance à chaque fois qu’elle s’approchait de la ligne des buts. Comme soit-disant parti de droite, l’ADQ était minée de l’intérieur. Au point que la plupart des militants qui ont crû voir en elle un véhicule de changement, l’ont abandonné. Des 2533 membres encore inscrits, seulement 54% on daigné voter et à peine 30% d’irréductibles droitistes ont voté contre la fusion. C’est donc dire que le parti n’avait plus d’âme.  Sa disparition, loin d’être une défaite pour la droite, libérera l’espace à droite du centre pour un parti qui sera vraiment à droite, pas un qui fait semblant de l’être.

Trois nouveaux partis ont été fondés récemment dans le but de combler ce vide. L’Équipe Autonomiste d’Éric Barnabé, le Québec Autonome et Prospère de Jean-François Néron et le Parti Conservateur du Québec, ressuscité par Jeff Plante et Luc Harvey. Sans vouloir offusquer les quelques supporteurs des deux premiers prétendants, la seule option qui me semble viable jusqu’ici est le Parti Conservateur. Non seulement bénéficie-t-il d’une marque de commerce reconnue, mais l’équipe derrière ce parti est composée de personnes qui n’en sont pas à leur premières armes en politique et qui ont de meilleures chances de rassembler une équipe qui pourra présenter des candidats dans tous les comtés. Leur sortie médiatique de cette semaine fût fort remarquée et fait déjà des vagues. Il m’apparaît donc que c’est probablement le meilleur véhicule pour les aspirations de la droite québécoise.

Certains se plaignent de la personnalité de Jeff Plante (qui est controversée, faut l’admettre) ou de la présence dans l’équipe de membres notoires de la « droite religieuse » comme Richard Décarie. Pourtant, ça ne devrait pas nécessairement être une source d’inquiétude pour les tenants de la « droite économique ». Les enjeux controversés pour la droite sociale que sont l’avortement et le mariage gai sont des juridictions fédérales et ne seront donc pas du ressort du PCQ. Les enjeux qui intéressent ce segment de la droite qui sont du ressort provincial ont plus à voir avec la liberté en éducation, l’élimination des cours d’ECR et des accommodements déraisonnables, la compensation pour les parents qui choisissent de garder leurs jeunes enfants à la maison plutôt qu’à la garderie et la préservation de notre patrimoine historique. Ce sont tous des thèmes qui étaient chers à l’ADQ. Je ne vois pas pourquoi ça deviendrait soudainement une source de friction.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec plus de liberté en éducation et avec l’élimination des cours d’ECR et des accommodements. Pour ce qui est de la question des garderies, je considèrerais bien plus équitable de désétatiser les garderies et n’apporter une aide qu’au familles plus démunies pour l’accès aux garderies et laisser le libre choix aux autres familles de payer pour les services de garde qui leur convienne le mieux. Je questionne cependant si c’est vraiment le rôle de l’état de protéger notre patrimoine historique, mais c’est somme toute un point très mineur.

Une victoire de la droite au Québec ne peut se produire qu’en unissant nos forces. Nous ne pouvons pas nous permettre d’exclure certains groupes. Il est toujours possible de trouver un terrain d’entente. Un changement s’impose au Québec. Nous pouvons soit geindre que nous sommes des orphelins politiques maintenant que l’ADQ n’est plus et nous confondre dans des luttes de personnalités. Ou nous pouvons regarder ce qui nous unis, monter à bord du véhicule qui nous est offert et le faire nôtre. Quant à moi, j’ai déjà choisi cette dernière et j’invite les adéquistes et ex-adéquistes à faire de même.

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Quand tu écoutes les nouvelles, le matin, tu penses à quoi?

Quand tu lis ton journal, qu’est-ce que ça t’inspire?

Sûrement, tu te fais une opinion. Sur le besoin ou non d’une enquête publique sur l’industrie de la construction. Sur une ville qui signe une entente mais qui doit faire amender la loi pour la justifier. Sur les accusations portées contre le député en fonction Tony Tomassi. Sur les propos de Don Cherry. Sur le départ précipité de la ministre Nathalie Normandeau. Et celui du journaliste de TVA Carl Langelier. Sur les syndicats qui en mènent large au Québec.

À coup sûr, tu as une opinion. Que tu partageras volontiers si on t’en donne l’occasion. Exprimer son opinion, c’est faire bon usage de sa liberté d’expression. Dans une société démocratique, l’un ne va pas sans l’autre.

Pas vrai? Pas sûr!

Au Québec, on s’est embarqué sur une pente savonneuse, et drôlement dangereuse.

Des joueurs de la LNH proposent des changements? Tagueule.com

Don Cherry critique les ex-joueurs de hockey qui dénoncent la violence sur la patinoire? Tagueule.com

Un chroniqueur demande la démission de Don Cherry : Tagueule.com

Éric Duhaime commente les positions linguistiques de Don Cherry : Tagueule.com

La ministre Lise Thériault veut revoir les lois régissant l’industrie de la construction : Tagueule.com

L’animateur du FM93 Sylvain Bouchard s’interroge sur certaines procédures de la ville de Québec : Tagueule.com (dit le maire, Régis Labeaume)

L’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare rapporte les propos de son premier ministre : Tagueule.com (dit Bastarache)

L’ex-policier Jacques Duchesneau révèle des failles majeures au sein du ministère des Transports : Tagueule.com (dit Lafrenière)

Un citoyen remet en question l’entente entre la ville de Québec et Quebecor : Tagueule.com (garçon : une loi 204, SVP)

Un blogueur s’interroge publiquement sur le pouvoir syndical de la gauche?  Tagueule.com

Un groupe de réflexion, le Réseau Liberté-Québec, se réunit pour se pencher sur un modèle québécois dépassé : Tagueule.com (et une pelletée de fumier, avec ça).

Le quotidien La Presse s’interroge sur les étranges déclarations de l’étrange maire de Montréal, Gérald Tremblay : Tagueule.com

Le journaliste Dominic Maurais de CHOI RadioX propose ponctuellement le LABEAUME-WATCH? Tagueule.com

La SRC révèle l’omniprésence d’un important entrepreneur dans l’industrie de la construction? Tagueule.com (même moi, je tais son nom)

Au Québec d’aujourd’hui, t’as droit à ton opinion, mais… Tagueule.com

T’es en désaccord avec tes élus ?  Tagueule.com

Tu veux utiliser ta liberté d’expression ? Tagueule.com

Ce que tu lis t’inspire? Tagueule.com

Ce que tu entends te donne envie de réagir? Tagueule.com

Tu as une opinion sur ce texte? Tagueule.com

 

POUR QUI SONNERA LE GLAS?

Ça ne va pas bien pour les syndicats.

À Ottawa, le conservateur Russ Hiebert, député de South Surrey – White Rock – Cloverdale, en Colombie-Britannique, vient de déposer le projet de loi privé C-317, une initiative visant à obliger tous les syndicats canadiens à rendre publique l’utilisation précise qu’ils font des cotisations de leurs membres. Le gouvernement Harper étant majoritaire, le tout n’est qu’une formalité, même si le NPD s’est dit contre le projet avant d’en avoir pris connaissance.

Dans le même souffle, à Québec, la ministre du Travail Lise Thériault déposait jeudi matin un projet de loi visant à donner aux employeurs le contrôle sur leur main d’œuvre et forçant aussi les syndicats à ouvrir leurs livres et à justifier, et leurs revenus, et leurs dépenses.

Le projet de loi 33 éliminera le placement syndical, et concédera à un travailleur le droit de déposer une plainte contre son syndicat à la Commission des relations du travail, en plus de lui permettre de changer d’allégeance syndicale en cours de convention collective.

La durée des conventions collectives passera de trois à quatre ans.

Le projet de loi 33 vise « la mise en place d’une série de mesures concernant la référence de la main-d’œuvre, le régime de négociation des conventions collectives et le système de votation », selon les dires de la ministre Thériault.

Et les travailleurs qui souhaitent changer d’allégeance syndicale exerceront dorénavant leur droit de vote par la poste