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De bleu à orange. Quand l’Alberta vire à 180 degrés.

Par Philippe David

Doit-on être surpris des résultats des élections d’hier en Alberta? Pas vraiment! Après 45 ans au pouvoir, les conservateurs étaient déjà usés à la corde, puis ils ont convaincu la cheffe du Wild Rose à déserter son parti et je crois que les albertains ne l’ont certainement pas apprécié. S’ils comptaient réunir la droite albertaine en faisant ça, c’est complètement raté et ça leur est retombé sur le nez. Les conservateurs ont opté pour une élection hâtive et ont payé le prix de leur témérité et leur manque de transparence. 

Est-ce qu’on assiste à un virage permanent de l’Alberta vers la gauche? Je ne crois pas. Les albertains sont fièrement conservateurs, mais puisque le Wild Rose n’était pas encore remis de la désertion de Danielle Smith, ça a permis au néo-démocrates de se faufiler. Les albertains voulaient détrôner les conservateurs, mais je doute qu’ils cessent d’être conservateurs pour autant.

Le NPD albertain n’est pas vraiment prêt au pouvoir et une grande proportion de ses candidats étaient des « poteaux ». Tenter de gouverner une province avec une bande de néophytes ne sera pas de tout repos et leur programme n’aura pas un accueil si enthousiaste. Je suis prêt à parier que lorsque leur compte de taxe augmentera (inévitablement avec une parti dépensier comme le NPD) et qu’ils verront leurs surplus budgétaires fondre comme neige au soleil et être remplacés par des déficits et une dette croissante comme les autres provinces, on verra les albertains déchanter bien assez tôt. La lune de miel risque d’être plutôt courte. Je ne serais pas trop surpris que ce soit le tour du Wild Rose aux prochaines élections s’ils jouent bien leurs cartes.

En attendant, les politiques que veulent implémenter les néo-démocrates vont très probablement réduire la richesse relative de cette province dans l’ensemble du Canada et c’est une bonne nouvelle pour la droite québécoise.

Dans un premier temps, nous serons au premières loges pour pouvoir observer l’effet NPD sur l’économie albertaine. Ce sera probablement comme le passage de Bob Rae en Ontario. Ceci apportera un peu d’eau au moulin de ceux qui voudraient un peu plus de liberté économique au Québec. En boni, la péréquation risque de se retrouver amputée au Québec et nous pourrons aussi constater à quel point notre belle province en est dépendante.

J’ai hâte de voir comment réagira notre gouvernement devant ce gros manque à gagner. Augmenter les taxes et impôts ou pelleter sur la dette en retombant en déficit sont des solutions qui risquent de ne pas être trop populaires. Le gouvernement n’aura que deux autres choix, débloquer l’exploitation des ressources qu’on se refusait à exploiter avant pour ne pas se salir les mains et regarder les albertains de haut pendant que nous parasitions gaiement les revenus de leurs ressources sales, et créer un peu de richesse à taxer (bien sûr); ou bien de sabrer dans tous ces beaux services que les autres provinces ne se paient pas et que nous n’aurons pas les moyens de payer sans notre sempiternel chèque de BS.

Les deux cas feront grand plaisir à la droite québécoise, qui verra tous ses voeux réalisés. Qui sait, peut-être que ça pavera le chemin à l’élection d’un parti plus à droite au Québec. On peut toujours rêver…

Exiger un gouvernement responsable, est-ce si radical?

Tea party

Par Philippe David 

La semaine dernière, dans les pages du Prince Arthur Herald, l’éditeur-en-chef, Miguaël Bergeron a signé un texte où il se dissociait fermement d’une certaine droite représentée aux États-Unis par le mouvement des tea parties. Ce faisant, il a mis de l’avant plusieurs arguments pour justifier sa position.  J’ai un profond respect pour mon collègue et je considère qu’il est parfaitement en droit de s’associer ou de se dissocier de tout courant de la droite. Cependant, j’ai trouvé certains de ses arguments inexacts et un peu surprenants, venant de quelqu’un qui se dit de droite. J’aimerais donc ici amener un différent son de cloche au sujet.

Dans son texte, mon collègue formule des objections contre les tea parties en les caractérisant comme des partisans du libre-marché à tout crin, et tente de discréditer l’idée du libre-marché comme n’étant que « théorique ». Il enchaine aussi en disant que les tea parties sont les partisans d’un système de santé entièrement privatisé et aussi d’un système d’éducation universitaire entièrement privatisé. Puis il accuse les tea parties de considérer l’état comme un ennemi à abattre et il répond en vantant les vertus de l’état. À mon humble avis, mon collègue confond les teas parties avec le mouvement libertarien. Bien que ce mouvement compte plusieurs libertariens dans ses rangs, ce n’est pas un mouvement libertarien pour autant.

J’ai un gros défaut et c’est celui d’être très prolifique. J’ai tenté de répondre à toutes ces objections en 1200 mots, mais je n’ai pas réussi. Par souci de précision, je n’ai pas pu me résoudre à abréger mes arguments. J’avais peur de ne pas être bien compris. Je me suis retrouvé avec suffisamment de matériel non pas pour une chronique, mais trois. Je vais donc, dans cette première chronique, tenter de répondre aux objections sur les tea parties comme tel, puis dans la deuxième, je vais démontrer que le libre-marché n’est pas aussi théorique qu’on le pense et qu’il est possible d’avoir un système de santé et d’éducation universels sans qu’ils soient contrôlés par l’état. Dans le troisième volet, j’entends peut-être générer un véritable débat sur le rôle de l’état dans notre société. Je crois qu’un tel débat est légitime et nécessaire.

 

C’est quoi les Tea Parties vraiment?

 

Il existe beaucoup de mythes au sujet de ce mouvement, généralement colportés par des médias de gauche, c’est pourquoi je crois qu’un grand nombre de gens sont confus quant à la nature et les objectifs de ce mouvement. Je tiens donc à apporter quelques précisions importantes à ce sujet.

 

Premièrement, il s’agit d’un mouvement populiste et très décentralisé. Personne ne contrôle ce mouvement puisqu’il est composé de nombreuses factions indépendantes (Oubliez l’idée qu’il est contrôlé par les frères Koch ou qui que ce soit d’autre). Vous remarquez d’ailleurs que j’utilise le pluriel en parlant des tea parties. Ces factions peuvent tenir des positions largement différentes sur divers sujets, mais il y a deux grands thèmes qui les réunissent tous:
 

  1. La responsabilité fiscale: Les tea parties désirent que le gouvernement fédéral américain cesse de dépenser comme un matelot en permission. Leurs chevaux de bataille sont donc le retour à un budget équilibré et le remboursement de la dette. Ils s’opposent donc à tout projet de loi qui augmente indûment les dépenses du gouvernement et prônent des coupures drastiques de ces dépenses, afin que le gouvernement cesse d’hypothéquer les générations futures. Il me semble que ce discours ressemble en tout point celui de représentants de la droite québécoise.
     
  2. Le respect de la constitution: Dans ce domaine, les tea parties demandent que le gouvernement fédéral respecte les pouvoirs que lui a attribués la constitution. Ceci inclut :
    1.  le respect de tous les amendements du Bill of Rights (1 à 10), plutôt mal amochés grâce entre autre au Patriot Act et;
    2.  le respect des champs de compétence du gouvernement fédéral et des états, tel que spécifié dans le 10e amendement. Il me semble que ce dernier point devrait faire résonner une corde sensible au Québec.

 

Les positions des tea parties 

 

Dans les faits, les positions des tea parties ne diffèrent pas grandement des positions des membres du parti républicain, mais ils sont certainement plus vocaux et moins ouverts aux compromis. Le Pew Research center avait fait un sondage très intéressant à ce sujet qui détaillait l’adhérence des membres des tea parties à certaines positions, par rapport à celles des républicains qui ne s’associent pas à ce mouvement

 

Plafond de la dette : 69% des membres des tea parties considèrent qu’il n’est pas essentiel de relever le plafond de la dette, comparé à 44% pour le reste des républicains. Cette position est cohérente avec le fait que les tea parties désirent plutôt voir le Congrès faire les coupures qui s’imposent et présenter un budget équilibré, ce qui n’est arrivé récemment que sous l’administration Clinton, mais qui démontre quand même que c’est réalisable. Demander à son gouvernement de cesser de s’endetter n’est pas si radical que ça, à mon humble avis, considérant que la dette américaine a littéralement explosé sous George W. Bush et Obama.

 

Taille du gouvernement : 92% des tea parties sont en faveur d’un gouvernement plus petit, quitte à couper des services, comparativement à 67% des autres républicains. Les États-Unis ont été fondés suite à une révolte contre un gouvernement tyrannique, ce qui fait qu’une grande partie des américains ont une certaine méfiance de l’état. La constitution américaine a d’ailleurs été écrite de façon à limiter la taille et les pouvoir du gouvernement fédéral au profit des gouvernements des états, que les pères fondateurs considéraient comme plus près du peuple. La réduction de la taille du gouvernement fédéral a toujours été un des chevaux de batailles du parti républicain, même si « les bottines ont rarement suivi les babines ». Les tea parties le prennent juste un peu plus à cœur que les autres républicains.

 

Obamacare : 94% des tea parties désapprouvent de ce nouveau système comparativement à 80% des autres républicains. C’est donc dire qu’il n’y a rien d’exceptionnel dans leur position par rapport au reste de la droite américaine. Ceci ne veut pas nécessairement dire que les tea parties veulent un système médical entièrement privé pour autant, mais il faut rappeler qu’aux États-Unis, la santé publique est une juridiction des états et non du fédéral. Beaucoup désapprouvent de cette réforme pour ça. De plus, si Obamacare est si génial, pourquoi les législateurs se sont-ils exemptés?

 

Port d’armes : 93% des tea parties s’opposent au contrôle des armes comparativement à 68% des autres républicains. On voit donc que les tea parties sont très enthousiastes envers le port d’arme, mais une vaste majorité de la droite américaine aussi, méfiance du gouvernement oblige. (Ceci dit, je connais un grand nombre de membres de la droite québécoise qui opposent le contrôle des armes aussi pour les mêmes raisons.)

 

Pour le reste, les tea parties se distinguent à peine des autres républicains sur l’avortement, le mariage gai, la lutte contre le terrorisme et ses abus des libertés civiles, etc.

 

Pour ces positions, certains les considèrent des radicaux et même des terroristes potentiels. Que le gouvernement vive selon ses moyens et respecte ses compétences constitutionnelles, quelle notion radicale en effet! Personnellement, je ne vois pas comment on peut se dire de droite et être en grand désaccord avec eux.

La droite et l’environnement

droite et environnement

Par Philippe David

 La semaine dernière, dans le Prince Arthur Herald, Samuel Castonguay y est allé d’une critique plutôt cinglante envers les représentants de la droite québécoise sur le sujet de l’environnement. Selon lui, la droite québécoise, représentée par le Réseau Liberté Québec et le Parti Conservateur du Québec, souffrirait d’un manque flagrant de conscience environnementale et vivrait dans le déni des changements climatiques. Toujours selon lui, la droite ne se préoccupe que du développement économique et se balance de tout le reste. À la surface, ça peut sembler vrai, mais mon collègue est coupable surtout de trop de crédulité face aux mythes de la gauche.

Le biais médiatique et politique

Puisque les médias québécois penchent surtout à gauche et souffrent d’un nombrilisme extrême, on ne saurait le blâmer. Les québécois en général sont très mal informés sur le sujet de l’environnement parce qu’ils n’ont que nos médias pour seule source d’information et que nos médias (et nos politiciens aussi) sont vendus à l’idée du réchauffement anthropique et sont imperméables à toute preuve du contraire.

Nulle part est-ce ce biais plus visible que dans le fait que nos médias et notre classe politique et bureaucratique accordent plus de crédibilité à Steven Guilbeault, qui a décroché deux fois à l’université en théologie et en science politique et n’a finalement récolté aucun diplôme, qu’a un géologue et un sismologue comme Reynald Duberger. Sachant que l’étude du climat relève autant de la géologie, de la chimie,  de la physique et une panoplie de sciences connexes, qui croyez-vous, est mieux informé en la matière? Pourtant, lorsqu’il est question d’environnement, nos médias auront un micro sous le nez du « flunkie » en théologie en moins de 5 minutes alors qu’à part pour les radios de droite, aucun d’eux n’a le géologue dans leur rolodex. Comme vous pouvez le deviner, c’est parce que Reynald Duberger est un fervent sceptique et il ne faudrait surtout pas ébranler les colonnes du temple de la religion réchauffiste au Québec. Pourtant, il n’est pas le seul. Dans tout débat, il y a deux côtés de la médaille et nos médias et notre système d’éducation (Reynald Duberger a même été banni de livrer des conférences dans certaines de nos écoles), s’obstinent à n’en présenter qu’un seul. Devant un tel brouillage, est-il surprenant que le message de la droite soit déformé? Je vous invite donc à visiter le blogue de Reynald Duberger, si vous voulez un autre son de cloche que la propagande habituelle et apprenez à questionner les informations qui vous sont servies par nos médias de masse et nos écoles.

Mythes et légendes

La pensée unique en matière d’environnement au Québec a donné lieu à de nombreux mythes et légendes urbaines et idées reçues. Par exemple, nous croyons mordicus aux modèles informatiques du GIEC et leurs prédictions, malgré le fait qu’il n’y a pas eu de réchauffement depuis 15 ans, ce que même les bonzes d’East Anglia reconnaissent, alors que la concentration de gaz carbonique, elle, n’a cessé d’augmenter. Si on compare les prédictions de ces modèles avec les observations, le mot « fail » vient subitement à l’esprit. Ce qui fait que même les scénarios les plus optimistes du GIEC prévoyaient des températures plus élevées qu’elles ne le sont dans la réalité. Si on a le malheur d’exposer cette thèse au Québec, on nous accusera automatiquement de se foutre éperdument de l’environnement, comme si le seul problème environnemental était le réchauffement. C’est faux. Il y a tout plein de sources de pollution et je vous dirais que le réchauffement est probablement le moindre de nos problèmes. Et même si c’en était un, il serait plus efficace et plus économique de mitiger les effets du réchauffement (par exemple en construisant des digues contre une montée du niveau des océans) que d’essayer de diminuer nos émissions de CO2. Sur ce sujet, je recommande le livre « Cool it! » de Bjorn Lomborg, qui propose des tonnes de solutions pour pallier aux effets du réchauffement qui sont beaucoup plus efficaces.

La gauche travaille fort pour nous faire croire que le réchauffement est causé par l’homme et qu’il est catastrophique, qu’il existe un consensus scientifique et que le seul remède est de diminuer nos émissions de CO2. Nous argumentons que s’il est évident qu’il y a eu un réchauffement, celui-ci est naturel et que la contribution de l’homme est négligeable. Nous argumentons également que ce réchauffement est cyclique et loin d’être catastrophique et aussi que la solution plus pragmatique est de s’adapter aux changements climatique plutôt que de combattre des moulins à vents. Cette approche n’a absolument rien d’idiot, comme le prétend Samuel Castonguay, mais tient plutôt du gros bon sens. Dans la réalité, la gauche utilise la peur des changements climatiques pour imposer un agenda socialiste de développement durable, d’énergie verte hautement subventionnée et de régression économique et l’ONU s’en sert pour faire d’énormes transferts de richesse entre pays riches et pays pauvres sous forme de crédits de carbone. Même les multinationales y trouvent leur compte avec les subventions aux technologies vertes. Mais rien, absolument rien de tout ça ne fait quoique ce soit pour assainir l’air qu’on respire où l’eau qu’on boit. Pour la gauche, absolument tout tourne autour des changements climatiques et pas un mot sur le reste. Pour quelqu’un qui se dit libertarien, M. Castonguay accorde beaucoup trop de foi aux mythes gauchistes et devrait accorder un peu plus de temps sur ce qui se fait vraiment dans son propre camp.

 

Les solutions de la droite

On dit que la droite ne prône que le développement économique. C’est faux. Nous nous soucions aussi de l’environnement, mais nous avons confiance en une bonne application des droits de propriété et l’économie de marché pour apporter des solutions. Et surtout, nous prenons gare aux chimères pour nous concentrer sur les vrais problèmes. Le dioxyde de carbone n’est pas vraiment un polluant, à moins d’être dans une atmosphère comme celle de la planète Mars. Sur la Terre, c’est un engrais qui aide à la croissance de la végétation. Nous sommes très loin de concentrations nocives de ce gaz. Le monoxyde de carbone ou le dioxyde de souffre, en revanche, sont des polluants toxiques.

Vous savez quels sont les endroits au monde où on retrouve le plus de ces polluants toxiques? Ce sont dans les pays émergents. Pourquoi? Parce que le contrôle de la pollution est un souci de pays riche. Quand nous sommes plus pauvres, nous nous soucions moins de la pollution parce que la simple survie est un enjeu plus important qu’un environnement plus propre. Donc, de facto, le développement économique aide à réduire la pollution parce que plus une société est riche et plus elle a à cœur d’avoir une meilleure qualité de vie. C’est d’ailleurs pourquoi il y a maintenant plus de forêts en Amérique du Nord, en Europe et en Asie qu’il y en avait au début du 20e siècle. La qualité de l’eau et de l’air y est aussi meilleure, puisque l’évolution de l’automobile, de la machinerie et des carburants ont réduit les émissions et les techniques d’assainissement des eaux ont beaucoup dépollué les rivières. Je me souviens d’un temps pas si lointain où les plages que nous trouvons à Montréal avaient une qualité d’eau plus que douteuse et qui sont maintenant très populaires.

Mais nous souffrons aussi d’un paradoxe. Nous voulons le beurre et l’argent du beurre. Nous désirons tous les conforts que peuvent nous apporter la technologie, mais nous ne voulons pas en souffrir les inconvénients. Bien qu’il soit correct de vouloir minimiser ces inconvénients, il ne faut pas s’empêcher de vivre pour autant. L’humanité a atteint un niveau de richesse et de confort jamais vu dans son histoire. Cette richesse et ce confort ont un prix et c’est de vivre avec de la pollution. Nous n’arriverons probablement jamais à éliminer complètement cette pollution. Nous ne pouvons que la minimiser, et nous y travaillons. Si par contre, votre but est d’avoir zéro pollution, vous êtes le bienvenu d’aller vous réfugier au fin fond des bois, loin de tout développement humain car le seul moyen de n’avoir aucune pollution est de retourner à l’âge de pierre. C’est sain de vouloir un meilleur environnement, mais d’en faire une obsession comme certains militants écolos le font, ne l’est certainement pas. 

Adieu, Province de Fous!

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Par Pierre-Guy Veer

En 2008, j’étais parti du Québec pour tenter l’expérience de journaliste en Saskatchewan – je n’avais pas trouvé d’emploi au Québec à l’époque, et le départ se voulait simplement temporaire. Après quelques mauvaises expérience subséquentes, je suis revenu à l’automne 2012 pour étudier et compléter un bac en économie-politique. Grâce à des groupes comme le RLQ et l’expansion de la radio d’opinion (surnommée radio-poubelle par les glorificateurs du Dieu État), je croyais qu’il y aurait eu un certain brassage d’idées. Oh que je me faisais des illusions…

 

Le Québec en 2008 et le Québec en 2012, c’est presque exactement la même chose : une province plus polarisée qu’un aimant où hors de l’État, point de salut; une province qui cherche constamment plus de revenus plutôt que de diminuer ses dépenses; une province où utiliser l’argent des autres est de la générosité mais vouloir garder SON argent est de l’égoïsme; une province qui exploite/a le potentiel d’exploiter ¼ de tous les éléments naturels mais qui reçoit 50% de toute la péréquation (peu importe le montant per capita); une province menée par le bout du nez par les syndicats, qui admettent sans gêne que c’est au gouvernement de fournir des bons emplois et que malgré le climat supposément empoisonnée, la pension généreuse « aide » à persister[1]; une province encore embourbée dans des débats stériles sur la séparation alors que le Québec est dans le top 10 des juridictions les plus endettées de la planète, que les infrastructures tombent en ruine, que l’éducation perde de plus en plus sa crédibilité et que la corruption ronge complètement le politique – ce qui n’empêche pas la chef du gouvernement de critiquer ceux qui attaquent son parti même s’il est mêlé à la corruption[2]; une province où tous les partis sont pareils et où les débats se résument à savoir qui a la meilleure idée pour dépenser l’argent des autres; une province où s’enrichir est un vice à moins que ce soit au travers de l’État; une province où il suffit de sortir dans la rue et tout casser pour avoir gain de cause (le support des syndicats aidant); une province où la langue française est tellement importante qu’elle doit être bétonnée contre la langue « étrangère »… Je pourrais continuer longtemps, mais je vais plutôt raconter mes (més)aventures de 2012, qui m’ont convaincu que mon avenir n’est pas au Québec.

 

L’endoctrinement socialiste fait effet

 

Tel que mentionné en intro, j’ai complété un bac en économie-politique. Toutefois, d’après ce que j’ai vu et entendu, il semble que la partie politique ait pris le dessus. En effet, l’ignorance des étudiants de économie est simplement ahurissante. Plusieurs croient encore que le salaire minimum ne crée pas de chômage, que l’intervention du gouvernement dans l’économie est justifiée et qu’il est acceptable d’exiger l’argent des autres. À ce sujet, plusieurs portaient le carré rouge, le symbole du désordre et du chaos ambiant dans la Belle Province. Plusieurs même militent pour des partis socialistes comme Québec Solidaire, Option nationale ou le PQ. Deux d’entre eux ont même fait positionner l’association étudiante (APEL) en faveur de la séparation. Pourquoi? Parce que, comparativement à ailleurs au Canada, le Québec croit plus aux principes altruistes du collectivisme (je paraphrase à peine). Quand j’essayais de montrer des « vrais » arguments économiques, on m’accusait de venir d’un autre siècle, de ne pas présenter des sources « crédibles » ou d’être démagogue quand je compare l’impôt à de l’esclavage.

 

Durant le vote de boycott des cours à la fin février, je me suis fait rappelé à quel point le mouvement étudiant est empreint d’altruisme (objectiviste). En effet, on voulait ne pas assister à son cours ET ne pas en subir les conséquences. Je cite le courriel envoyé par l’association étudiante des sciences sociales (dont le logo est aux couleurs de l’anarcho-communisme[3])après le vote de boycott : « Pour s’assurer que le vote de l’assemblée générale spéciale soit respecté les cours seront piquetés. » Ils ont pu compter sur l’avachissement total des professeurs ET des services de sécurité pour faire respecter leur violation des droits des autres.

 

La plupart des professeurs ne sont pas tellement mieux (quoique c’est probablement la même chose dans les autres universités). Dans le cours de théorie macroéconomie, on m’a confirmé la totale inutilité des mathématiques dans l’économie en me présentant le Lagrangien. De ce que j’en ai compris, il s’agit de mettre en chiffres le désir de consommer maintenant ou plus tard. Bref, on tente de quantifier les choix subjectifs des gens, ce qui est à peu près impossible à faire. Dans le cours, on ne présentait que les théories néoclassiques et keynésiennes, toutes deux impuissantes pour expliquer les véritables causes des crises économiques, i.e la trop grande intervention du gouvernement qui amène son lot de distorsions.

Aussi, deux cours étaient donnés par des fonctionnaires (actif ou retraité), et cela se reflétait dans le contenu. Dans Analyse des politiques publiques, on nous faisait croire que l’intervention du gouvernement est nécessaire dans la vie courante, quoiqu’on montrait aussi que les politiques publiques ont un fort biais conservateur, ce qui explique pourquoi les choses changent si peu. Mais ce n’était rien en comparaison avec Économie-politique du Québec et du Canada. Là, il n’y avait absolument aucune nuance : l’État EST un dieu, surtout au Québec. Les pôvres francophones, majoritaire dans la population mais minoritaires dans les postes d’importance, ont eu besoin du Dieu État pour finalement se hisser hors du trou. Tout ce qui ne se conforme pas à cette vénération était qualifié de préfixes hyper subjectifs (principalement ultra : ultralibéral, ultracapitaliste, etc.). L’enseignant m’a même demandé de « descendre du Mont Pèlerin » lorsque j’ai présenté le premier plan d’une critique du rapport Pronovost sur l’agriculture. Il va sans dire que X propageait sans cesse les mêmes mensonges – la crise de 2008 a été causée par la déréglementation, des monopoles se formeraient automatiquement sans l’intervention de l’État, l’interventionnisme est toujours justifié.

Mais le pire des cours était sans aucun doute Économie de l’environnement. Déjà, le livre suggéré pour le cours avait un ours polaire sur une banquise presque complètement fondue. Aussi, dans la première partie du cours, on tentait de redonner une crédibilité au GIEC, cet organe de l’ONU qui tient absolument à imputer aux humains le réchauffement/changement/dérangement climatique/météo extrême. On nous montrait les graphiques qui prédisent la catastrophe imminente… alors que les températures stagnent depuis plus de 15 ans, que l’Arctique fond à peine et qu’on n’a pas découvert de hausse (nombre et force) dans les ouragans. Néanmoins, Y a tout de même mentionné des concepts économiques valables comme les droits de propriété pour gérer la pollution, notamment au travers du théorème de Coase. Lors de son explication, on a montré la ville de New York en exemple d’application du théorème. Comme la Ville veut avoir une eau potable propre – elle la prend d’une chaine de montagne à une centaine de kilomètres au nord – elle paie les propriétaires en amont pour éviter de contaminer l’eau. Ainsi, tout le monde sort gagnant. Toutefois, Y parlait de la réduction de la pollution comme de l’effet multiplicateur keynésien : il suffit d’intervenir pour que ça se produise, ce qui n’est évidemment pas le cas. Comme si les compagnies allaient se conformer aux politiques gouvernementales sans trouver un moyen de les contourner…

 

Une classe politique pas du tout « sur la coche »

 

À ce sujet, il semble que la courbe de Laffer (« contourner » une fiscalité trop haute) se confirme de mieux en mieux avec la venue du PQ. En effet, j’avais prédit[4] que ce serait la catastrophe avec la venue des troupes de Pauline Marois au pouvoir. Ça se confirme de jour en jour, notamment avec une baisse de 50 % des investissements privés[5], une lutte sans merci contre le développement pétrolier[6] et contre les gaz de schiste[7], une haine de la richesse minière[8] ainsi que la priorisation de « vrais » dossier comme la séparation, avec des messages aussi enfantins qu’inintéressants, et la langue en ajoutant encore plus de restrictions à la liberté de choix des gens. Pendant ce temps, les sirènes syndicales réussissent à faire oublier au gouvernement son « obsession » avec le déficit zéro, s’imaginant que les coupures budgétaires sont mal[9] – bien que le ministre des Finances va à New York en cachette pour rassurer les marchés[10]. Évidemment, on ne peut passer sous silence les nombreuses nominations partisanes, dénoncées par le gouvernement lorsqu’il était dans l’opposition.

 

Les réactions prévisibles

 

Pour toutes ces raisons (et bien d’autres), je déménage aux États-Unis. « Bon débarras »; « un chialeux de moins » diront sans doute les nombreux étatistes sur les forums que je fréquente. Malheureusement pour eux, ils viennent de perdre un autre John Galt et donc une personne productive. Je suis un homme intelligent et réfléchi; j’écris un peu partout en anglais, notamment pour la Canadian Taxpayer Federation. Malgré quelques fautes grammaticales, mes textes, fortement inspirés de l’École autrichienne d’économie, sont en demande; l’un d’eux s’est même retrouvé sur le Wiki de l’Institut Ludwig Von Mises[11]. Au Québec, ce point de vue n’a presque pas le droit de cité. Ici, il semble que tout ce qui ne glorifie pas le Dieu État est crucifié sur la place publique. Ou s’il a le droit de cité, il est noyé par deux à trois fois plus de locuteurs de l’opinion opposée. Au moins, aux ÉU, il y a des débats; la « gauche » (plus de gouvernement) et la « droite » (moins de gouvernement) peuvent s’affronter.

 

De leur côté, les altruistes (objectivistes) m’accuseront d’avoir « pris avantage » de « nos » services et de ne pas avoir payé ma « dette » à « la société ». Ne leur en déplaise, je n’appartiens à personne (on pourrait en dire autrement de mon cœur, mais c’est une autre histoire). Je suis un être rationnel et si quelque chose est moins cher, je tends à en profiter, que ce soit des études ou des soins de santé. Comme l’éducation ne coute presque rien au Québec, j’en ai profité pour terminer mon bac. Si un gouvernement voulait subventionner ainsi les études, ce n’est pas moi qui va s’en plaindre. Par contre, je me demande si le diplôme vaudra beaucoup…

De toute façon, ces dettes sont simplement le résultat de mauvais choix poussés par des petits groupes bien organisés, surtout les syndicats quand on parle du Québec. Je n’ai pas à payer pour les mauvais choix des autres. Je profite donc de ma (relative) liberté de mouvement pour aller vivre dans un autre pays.

 

Certes, les ÉU ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes; la qualité de vie et les libertés sont en chute constante. Néanmoins, comme je l’ai dit, c’est un pays, contrairement au Québec ou même au Canada, où il y a encore un débat d’idées, principalement grâce à l’Internet. En effet, de nombreuses innovations (privées) comme Facebook et des blogues comme Policy Mic (auquel je participe) offre une tribune à toutes les opinions. Les débats sont féroces, mais le plus souvent respectueux. De plus, de nombreux instituts de pensée (think-tank) aide à alimenter ces débats. D’ailleurs, j’ai été retenu comme finaliste pour être stagiaire à l’Institut Cato. Si ça devait ne pas fonctionner, il en existe plusieurs autres pour lesquels je pourrais facilement apporter mes idées et ma contribution. Je suis convaincu de pouvoir trouver une demande pour mon offre. Sinon, il y a d’autres perspectives d’emploi; the sky’s the limit, disent les anglais.

 

C’est donc sans regret (sauf peut-être l’éloignement de ma famille) que je quitte le Québec. Aussi loin que je peux voir, je n’ai aucun futur ici. Tel qu’on a tenté de me le montrer lors de la venue de conférenciers dans mes cours d’économie, hors de l’État, point de salut. Je ferai le trottoir avant de perdre mon âme dans l’engrenage bureaucratique. Je préfère vivre modestement mais dans quelque chose que j’aime – écrire pour la liberté – que de vivre richement dans un milieu qui tue l’innovation et dont l’ancienneté prime presque toujours sur la compétence. Je ne fais évidemment pas une croix définitive; la lumière libérale finira par briller de nouveau sur la Belle Province. Même si ce n’était que le rêve de Joanne Marcotte à la fin de son livre, l’amélioration pourrait être suffisante pour me faire reconsidérer mon départ.

La « droite nounoune » et la « gauche gnagnan »

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Par Philippe David

Selon les membres d’une certaine gauche, dont je tairai le nom pour éviter de leur donner trop d’importance (ils se reconnaitront sûrement de toute façon), la droite au Québec est un petit peu « nounoune » et aurait besoin d’intelligence. Était-ce une bourde, comme certains le prétendent? Chose certaine, même dans l’audience de Tout le monde en parle, c’est pas tout le monde qui l’a trouvé drôle. Mais il arrive souvent que lorsqu’on cherche à discréditer un opposant, on essaie de le ridiculiser. Dans cet joute idéologique, la gauche bénéficie de l’avantage que cette opposition qui est présente partout sur la planète est un phénomène relativement récent au Québec et qu’avant, ils avaient le monopole du discours public. Il n’est donc pas évident d’expliquer l’axe gauche-droite dans le contexte d’une province qui était obnubilée par l’axe fédéraliste-souverainiste et qui occultait tout autre forme de débat politique. Commençons donc par la base.

 

Origine de l’axe gauche-droite

L’appellation « gauche » et « droite » est originalement dû à un accident de géographie. Après la révolution française, les défenseurs de « l’ancien régime » ou les « réactionnaires » (du moins, ceux qui ont été épargnés par Madame Guillotine) siégeaient à droite du président de l’assemblée, alors que les révolutionnaires siégeaient à gauche. Ironiquement, à l’époque, la « gauche » était représentée par les libéraux classiques, grands défenseurs du « laisser-faire » et très méfiants du pouvoir de l’état. Frédéric Bastiat était l’un d’eux. Ce sont justement ceux-là même qui inspirent maintenant ceux qu’on identifie à la « droite » au Québec. Pendant ce temps, ceux qu’on identifie comme la « gauche » au Québec, sont ceux qui défendent bec et ongle le régime établi depuis 53 ans, notre fameux « modèle québécois » social-démocrate, pour lequel hors de l’état, point de salut. Nous pouvons donc dire qu’au Québec, l’axe a littéralement été renversé avec les réactionnaires, défenseurs de l’ordre établi, à gauche et les révolutionnaires réformateurs à droite.

 

La « gauche » réactionnaire

La gauche au Québec , ce sont les révolutionnaires des années 60 , architectes de la révolution tranquille qui ont érigé un modèle social-démocrate qui a évacué l’Église Catholique de nos vies, pour la remplacer par une religion d’état. Depuis plus de 50 ans au Québec, tout passe par l’intervention de l’état qui doit prendre soin des ses citoyens, tel un parent bienveillant, de l’utérus à la tombe. Pour ces gens, la solution à tous les problèmes passe inévitablement par l’établissement de programmes sociaux étatiques couteux mur à mur, financés par un fardeau fiscal toujours plus oppressif et un endettement structurel chronique. C’est un univers égalitariste où tout le monde devrait se promener en Lada, plutôt que de voir certains se payer une Mercedes ou ne serait-ce qu’une Toyota parce que Dieu seul sait qu’on ne peut avoir le mieux qu’on puisse se payer, si d’autres ne peuvent se l’offrir.

Si on devait appliquer leur modèle à l’univers des sports, tous les participants aux Jeux Olympiques auraient droit à la médaille d’or, peu importe leur performance, parce qu’il ne faudrait surtout pas que l’excellence soit récompensée dans une plus grande mesure que la médiocrité. Dans un tel schéma, personne ne serait surpris que les athlètes cessent de se défoncer à l’entrainement puisqu’ils n’ont rien à y gagner. Mais on s’imagine qu’en imposant ça comme modèle de société, ça mène à autre chose que la médiocrité, le nivellement par le bas et de rendre tout les gens égaux dans la misère. Selon Friedrich Hayek, « Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens également et vouloir les rendre égaux. La première est une condition pour une société libre, alors que la seconde est une nouvelle forme de servitude. »

Nous appliquons cette même recette depuis maintenant 53 ans, pratiquement sans se poser de questions pendant que nous débattons si nous devrions nous séparer de ces méchants anglos du ROC et que nous capotons si la proportion de francophones de souche baisse d’un demi point de pourcentage, alors que nous ne sommes même pas foutus de faire des petits. Pendant ce temps le fardeau du contribuable ne cesse d’augmenter et la dette (qui n’est rien d’autre qu’un impôt sur les générations futures) croît de façon incontrôlable, même pendant ces années où nous avions un budget supposément équilibré. Les gens crèvent sur des listes d’attente pour une chirurgie et accumulent les toiles d’araignées dans les salles d’attentes des urgences (ô comble d’ironie), les infrastructures publiques s’écroulent, le taux de décrochage et d’illettrisme a atteint de nouveaux sommets.

Albert Einstein disait que la folie, c’est de toujours répéter la même expérience, mais s’attendre à un résultat différent. Depuis 50 ans, la gauche persiste dans l’erreur au Québec, mais supposément, c’est la droite qui est « nounoune ».

 

La « nouvelle droite »

Depuis à peine une décennie, une nouvelle voix a commencé à se faire entendre. Elle s’élève contre l’orthodoxie et la pensée unique qui régnait jusqu’alors depuis la révolution tranquille. Ces hérétiques ont commencé à questionner la religion d’état et son clergé syndicaliste. Ils ont commencé à montrer que notre fameux « modèle québécois » autoproclamé n’est un modèle pour personne. Ils ont commencé à remettre en question (sacrilège!) le dogme que tout doit être fait par l’état et que peut-être certains services pourraient être accomplis plus efficacement par des compagnies privées que par l’état. Cette nouvelle génération d’intellectuels d’efforcent de vous convaincre que non-seulement, l’état n’est pas la solution à tout les problèmes, mais que dans bien des cas, l’état est le problème.

 

Ils ont grandement étoffé leurs propos dans des films comme « L’Illusion Tranquille » et des livres comme « Pour en finir avec le Gouvernemaman » de Joanne Marcotte, « L’État contre les jeunes » d’Éric Duhaime, « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille » de Vincent Geloso, ou encore « Le devoir à l’éducation » de Jean Laberge. Dans ces ouvrages se trouvent de solides arguments sur les causes de nos problèmes et des pistes de solutions . Si, après avoir vu et lu tout ça, vous croyez toujours que leur position ne se résume qu’à « plus d’état – moins d’état », peut-être est-ce vous qui êtes un peu simplet?

 

Le Parti libéral du Québec doit redevenir une formation politique réformatrice

Par Simon Leduc

Le PLQ est le parti politique le plus ancien de l’histoire de la province de Québec. Il est présent sur la scène politique québécoise depuis la naissance de la Confédération canadienne. Il a réussi à survivre à travers les décennies grâce à sa capacité à s’ajuster aux nouvelles époques. Plusieurs entités politiques sont nées de schismes à l’intérieur des troupes libérales : l’Action libérale nationale (des jeunes libéraux réclamaient des réformes auprès du gouvernement Taschereau), le Parti québécois (l’entourage de René Lévesque voulait que le parti devienne plus nationaliste) et l’Action démocratique du Québec (après l’échec de Meech, des jeunes libéraux n’ont pas accepté la mise au rancart du rapport Allaire). Malgré ces crises, le PLQ a réussi à demeurer une force politique de premier plan dans la Belle province.

En 1960, le Parti libéral du Québec a mis fin à seize ans de domination unioniste en remportant les élections avec une forte majorité. Le gouvernement réformateur de Jean Lesage a mis en place des réformes majeures pour que les Canadiens français puissent prendre le contrôle de leur économie. En 1962, le ministre des Ressources naturelles René Lévesque a complété la nationalisation de l’hydro-électricité. Après la publication du rapport Parent, le gouvernement libéral a créé le Ministère de l’Éducation afin de moderniser les réseaux primaire et secondaire. La Caisse de dépôts et de placements est née en 1965 pour gérer le bas de laine de la population et pour soutenir les entreprises québécoises. Dans les années soixante-dix, le premier ministre Robert Bourassa a ouvert la voie au développement économique du Grand Nord québécois avec les barrages hydroélectriques de la Baie-James. Cela a permis de créer des milliers d’emplois et de la richesse. Ces deux grands premiers ministres libéraux ont contribué au développement économique de notre province.

Jean Charest aurait pu être un premier ministre réformateur comme l’on été Jean Lesage et Robert Bourassa. Lors de la campagne électorale de 2003, le chef libéral avait promis de réformer le modèle québécois qui était déjà à bout de souffle à ce moment-là. Le 14 avril 2003, le PLQ de Jean Charest a été élu avec le mandat de réformer le Québec avec sa fameuse réingénierie de l’État. Le premier ministre Charest voulait réduire la taille du gouvernement afin de le rendre plus efficace et efficient. Il disait que celui-ci était obèse et tentaculaire et qu’un régime minceur était nécessaire afin de réduire la dette et baisser les impôts des contribuables québécois (qui sont les plus taxés en Amérique). Malheureusement, le gouvernement libéral a eu peur des forces du statu quo (les syndicats et les groupes d’intérêts de gauche). Jean Charest a trahi la majorité silencieuse en cédant aux menaces syndicales. Les grandes centrales syndicales ont fait reculer l’administration Charest et cela leur a permis de conserver leurs précieux droits acquis. Sous le règne de Jean Charest, la taille de l’État a continué d’augmenter et la dette publique a explosé et elle se chiffre maintenant à 253 milliards de dollars. De 2003 à 2012, les dépenses gouvernementales ont été hors de contrôle. Les programmes sociaux coûtent de plus en plus cher et personne n’ose les remettre en question. Un jour, il va falloir faire le procès du modèle québécois mais ce n’est pas pour demain.

Le PLQ n’a de libéral que le nom et il continue d’être un des défenseurs du régime en place. Ce parti politique centenaire a une chance en or de devenir une force politique qui va prôner et respecter les idéaux du libéralisme classique : la liberté individuelle, le libre marché, la réduction de la taille de l’État et l’entreprenariat. Le Parti québécois a décidé de se camper clairement à gauche du spectre politique et la CAQ ne semble pas vouloir brasser assez la cage. Selon moi, le prochain chef libéral doit positionner le parti au centre-droit et devenir le parti réformateur que les Québécois recherchent depuis le début des années 2000.

Le Québec est à la croisée des chemins. Il se dirige à toute vitesse vers le mur de la faillite. Il doit tourner à droite et se diriger vers une nouvelle voie. La question que l’on doit se poser est la suivante : Est-ce que le PLQ sera le véhicule réformateur qui va mener la province vers la terre promise? Philippe Couillard, Pierre Moreau et Raymond Bachand devront répondre à cette question durant la course à la chefferie de leur parti. L’avenir de la Belle province et du PLQ en dépend.

Qu’est-ce que le libertarianisme?

Par Philippe David

Le 3 octobre dernier, Steve Martineau et ses comparses m’ont  reçu à leur émission de radio « Tête à Queue », diffusée sur Radioshock.fm et nous avons discuté de la philosophie à laquelle j’adhère: le libertarianisme. Je vous invite à écouter cette entrevue, mais si vous n’avez pas 48 minutes de libre, je vais aussi vous en livrer un résumé par écrit. Puisque cette philosophie politique commence à émerger dans les médias de masse, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de la définir pour nos lecteurs.

1   Définition

Les mots “libertarianisme” ou “libertarien” n’apparaissent pas dans les dictionnaires français. Ce sont des anglicismes qui n’ont pas été acceptés par l’académie de la langue française et qui ne sont utilisés dans la réalité qu’en Amérique du nord. Ce que nous appelons le libertarianisme ici est en fait le libéralisme classique. D’ailleurs, en France, on utilise encore le terme « libéral» plutôt que « libertarien ». Mais ici, le terme « libéral » n’a plus la même signification qu’en France. Un libéral au Québec est un social-démocrate, alors qu’un libéral en France est un disciple du libéralisme classique sur lequel est fondée la civilisation occidentale. C’est le libéralisme issu de penseurs comme John Locke, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat ou Thomas Jefferson. C’est la doctrine à l’origine de la déclaration d’indépendance des États-Unis  et de sa constitution. Incidemment, ce sont aussi  ces principes qui ont guidé les pères de la constitution canadienne de 1867. On pourrait donc dire que le libertarianisme est en quelque sorte un retour aux sources de la civilisation occidentale. Le libéralisme classique est fondé sur dix grands principes.

2   Dix principes du libéralisme classique

 

  • La vie d’un individu est une valeur morale universelle et absolue. La vie, liberté et propriété d’un individu non-agressif ne saurait être sacrifiée à aucun but.
  • Chaque individu est propriétaire de son propre corps, son esprit et de son labeur, incluant les objets physiques qui sont le fruit légitime de ce labeur. (Le droit de propriété)
  • Tout individu a le droit de poursuivre des activités nécessaires à l’amélioration de sa vie – incluant ses aspects matériels, intellectuels et émotionnels – en utilisant son propre corps et sa propriété, ainsi que la propriété d’autres personnes consentantes.
  • Les droits d’un individu à la vie, la liberté et la propriété sont inhérents à la nature de cet individu. Ils ne sont octroyés par d’autres  êtres humains et ne peuvent être enlevés par aucune entité. (Le concept de droits naturels)
  • L’initiation de la force physique ou la menace de l’usage de celle-ci ou la fraude contre tout individu n’est jamais permise – Peu importe le caractère ou la position de l’instigateur. Cependant, une force proportionnelle peut être utilisée pour se défendre de ou en réponse à une agression. (Le principe de non-agression)
  • Le seul rôle fondamental d’un gouvernement est de protéger les droits individuels en prenant des actions spécifiquement déléguées à ce gouvernement par ses citoyens. Le gouvernement n’est pas l’égal de la société et n’a pas le droit de sacrifier des individus non-agressifs pour avancer le bien-être des autres. (L’état de droit)
  • Chaque individu a le droit absolu de penser ou exprimer toute idée qu’il veut. La pensée ou la parole ne seront jamais l’équivalent de la force ou de la violence et ne devraient jamais être restreintes ou être sujettes à des pénalités coercitives. Spécifiquement la contrainte et la censure sur la base de religion ou d’idées politiques sont inacceptables en toute circonstance. (La liberté de conscience et d’expression)
  • Le commerce, la technologie et la science sont des forces libéralisantes désirables qui sont capables de soulager les maux historiques, d’améliorer la qualité de vie humaine et l’élever moralement l’être humain. La liberté complète d’échange, d’innovation et de pensée doivent être préservés et soutenus pour tous les êtres humains. (Capitalisme)
  • Les accidents de naissance, de géographie ou de généalogie ne définissent pas un individu et ne devraient jamais générer de restrictions imposées par autrui sur les droits ou les opportunités de cet individu. Chaque individu doit être jugé strictement selon ses qualités personnelles, incluant ses accomplissements, son caractère et ses connaissances. (L’égalité devant la loi)
  • Il n’existe aucune limite « naturelle » ou désirable au potentiel humain de faire le bien, et il n’existe aucun problème substantiel qui ne puisse être résolu par la connaissance humaine présente ou future, l’effort et la technologie. Il tient d’un impératif moral à tous les humains d’étendre leur maitrise de l’univers indéfiniment et de telle façon à assurer la survie et l’épanouissement de tous les individus non-agressifs.

3    Un monde libertarien

 

À quoi ressemblerait une société libertarienne? Certains vous diront que puisque nous voulons minimiser, voire éliminer l’état, qu’un monde libertarien serait la loi de la jungle et au plus fort la poche. Ce n’est pas du tout ça.

3.1  Le rôle de l’État

Pour le libertariens, l’état est la seule entité ayant le droit légal d’utiliser la force et son rôle est d’abord et avant tout de protéger les citoyens contre les agressions extérieures par la force militaire et intérieures par les forces policières et de résoudre les disputes en offrant un système légal. Pour les autres services, les libertariens considèrent que le secteur privé est généralement plus efficace que le gouvernement (ce que notre gouvernement est en train de prouver).

3.2  L’économie

Les libertariens croient que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans la vie économique des citoyens autrement que de punir la fraude et le vol. Le système légal normal devrait donc suffire à règlementer les marchés et prévenir que des gens soient floués dans leurs transactions. Les gens auraient donc le droit de transiger avec qui ils veulent, selon des termes mutuellement acceptables.

3.3  Le filet social

Les libertariens prônent la responsabilité sociale. Ce qui veut dire que nous sommes responsables d’abord et avant tout de nous-mêmes et de nos familles. Prendre soin de nos enfants et de nos ainés, par exemple, est notre responsabilité, pas celle de la société.  Il a été généralement démontré que plus une société est libre sur le plan économique et plus elle est prospère. Dans une société prospère, l’extrême pauvreté est un phénomène marginal et relève de la charité privée. Il est impensable d’utiliser l’État pour forcer les gens à être charitables contre leur gré. L’idée de faire une redistribution forcée de la richesse, comme nous le faisons présentement, est moralement  inacceptable pour un libertarien. Utiliser la force pour saisir la propriété d’autrui est un vol, même si c’est le gouvernement qui le fait avec la bénédiction de la majorité de ces citoyens. Si un citoyen n’a pas le droit d’utiliser la force pour saisir la propriété d’un autre, il ne peut pas déléguer ce pouvoir à son gouvernement, peu importe le nombre de citoyens qui seraient d’accord avec l’acte. La démocratie ne peut servir à violer les droits, seulement les préserver.

3.4  La vie sociale et la vertu

L’État n’a aucune place dans la chambre à coucher. Ce n’est donc pas sa place de dicter ce qui peut se faire ou ne pas se faire entre deux individus consentants. Ce n’est pas sa place également de dicter comment un individu dispose de son propre corps, tant que celui-ci en subit les conséquences et ne nuit pas à autrui. Ce n’est pas à l’état d’imposer une certaine moralité ou une idéologie à l’ensemble de la société par la force. Ce n’est pas à l’État d’imposer une langue d’usage. Sur un territoire, la langue s’impose d’elle-même quand une majorité des citoyens la parlent et transigent avec. L’usage de la force est donc inutile et superflue.

4  Conclusion

Le libertarianisme est l’incarnation nord-américaine du libéralisme classique et adhère à ses principes. C’est une vision de société qui est centrée autour du principe de non-agression et du  respect des droits individuels et de propriété. Le libertarianisme n’est en réalité ni à gauche et ni à droite. C’est la seule philosophie qui est cohérente vis-à-vis l’usage de la force de l’état. La gauche prône l’usage de la force de l’état pour promouvoir l’égalité sociale et la droite prône l’usage de la force pour promouvoir la vertu et la moralité Le libertarianisme condamne l’usage de la force universellement. Les libertariens choisissent de promouvoir le bien collectif par la responsabilité individuelle et la charité et la coopération volontaire.

 

En bonus, je vous offre aussi la vidéo que je mentionne à la fin de l’entrevue: La Philosophie de la Liberté.

Lettre aux féministes

Par Philippe David

Mesdames,

Je m’explique mal votre attitude au sujet de l’avortement et de la motion m-312, ainsi que sur la position de Rona Ambrose sur cette motion. Ne vous en faites pas, je ne suis pas un zélote religieux, je ne crois pas en Dieu; mais ça ne m’empêche pas tout de même d’avoir un sens de la moralité et de l’éthique pour autant. Étant libertarien, je tire ma moralité des principes de cette philosophie. L’un d’eux, vous serez contentes de savoir, est que nous sommes tous propriétaires de notre corps. Je ne pourrais donc pas remettre en question votre droit de disposer de votre corps selon votre volonté sans trahir ce principe. Cependant, dans le cas de l’avortement, entre le noir de la prohibition et le blanc de votre droit absolu, il existe un océan de gris, et dans les faits, ce n’est pas parce qu’un juge a déclaré une loi inconstitutionnelle, que la question est réglée pour autant et que le débat est clos. Il n’y a en fait, jamais vraiment eu de véritable débat. Nous n’avons en réalité  qu’un vide juridique qu’il faudrait combler car si vous avez effectivement  le droit de disposer de votre corps, il faudrait aussi considérer un autre droit considéré inviolable par plusieurs : le droit à la vie.

Je sais, vous direz certainement que je suis un homme et que je ne peux pas comprendre. Je n’ai jamais eu à endurer la douleur l’accouchement, mais je n’ai jamais aussi ressenti la joie de sentir la vie croitre dans mes entrailles et de sentir ses moindres mouvements. Les libertariens ont la réputation d’être froids et calculateurs, mais je ne pourrais jamais avoir la froideur de considérer cette vie dans votre utérus comme un vulgaire parasite ou une tumeur à exciser. Je suis père et j’ai eu la joie, comme bien des parents, de voir ma fille alors qu’elle n’avait que 16 semaines dans le sein de sa mère. Elle avait ses deux bras, ses deux jambes, des yeux, un nez, une bouche et commençait déjà à montrer des comportements typiques de tous les bébés humains comme sucer son pouce. Comment peut-on dire que ce n’est pas un être humain? Comment ne pas ressentir une certaine réticence à l’idée de vouloir le tuer? Si ce n’est pas un dilemme moral dans votre cœur de femme et que vous ne ressentez rien, pour moi et bien d’autres, ça l’est et nous le ressentons.

Je l’ai dit plus haut et je le répète. Il ne sera jamais question de vous enlever le droit de vous faire avorter. Si vous lisez le texte de la motion, (vous l’avez bien lu, j’espère?) vous constaterez qu’il ne remet ce droit en question nulle part et très franchement, politiquement, ce serait impossible. Invoquer comme argument le retour aux aiguilles à tricoter ne tient pas la route et relève de la démagogie. C’est même hypocrite d’exiger que l’état s’ôte le nez de dans vos utérus alors que vous exigez également qu’il paie pour votre avortement. Vous y avez droit, soit! Mais rien ne dit que ce droit, comme bien d’autres ne peut pas être balisé. Il l’est d’ailleurs dans bien d’autres nations qui permettent l’avortement. Seuls le Canada, la Chine et la Corée du Nord n’imposent aucune restriction. Est-ce que les suédoises ou les norvégiennes, dans ces paradis de social-démocratie, se plaignent qu’on a violé leurs droits? Pas du tout.

Il est quand même intéressant de voir des organisations féministes comme la FFQ, qui se confessent à gauche de l’échiquier politique et que typiquement, la gauche s’attribue le monopole du cœur; vociférer contre une motion qui vise à défendre des êtres foncièrement  faibles et sans défense des abus d’un système trop permissif.  Dans ce débat, c’est la droite qui détient le monopole du cœur alors que la gauche revendique une liberté à tout crin. Seulement, dans une société, la liberté des uns s’est toujours terminée là ou celle des autres commence.  Comment équilibrer le droit d’une femme de disposer de son corps et le droit d’un fœtus de vivre est une question qui mérite une réponse et qu’une société se doit de débattre. L’avortement ne devrait pas être considéré comme une méthode contraceptive, ni comme une méthode de sélectionner le sexe. C’est un droit qu’on se doit d’exercer avec sagesse et retenue.

Ne vous en déplaise mesdames, les femmes comme Rona Ambrose, Sophie Durocher ou Lise Ravary ont certainement le droit de croire et d’exprimer que dans certaines  circonstances, un fœtus doit être protégé.  Elles parlent pour ceux qui ne peuvent se défendre. Pour cela, elles ne méritent pas votre hargne, mais plutôt le respect.

Le scrutin du 4 septembre : Que doivent faire les conservateurs québécois? S’abstenir ou voter pour la CAQ?

Par Simon Leduc

Au déclenchement des élections, le parti de François Legault était en troisième place loin derrière les deux vieux partis. La CAQ a complètement dominé la première semaine de campagne à cause de ces trois éléments : la formation d’une équipe crédible et expérimentée derrière le chef, la candidature de Jacques Duchesneau et l’imposition de l’intégrité et de la corruption comme enjeux prédominants de la joute électorale. Cela a permis à la CAQ de prouver qu’elle était prête à former le prochain gouvernement.

On ne sent pas un grand enthousiasme pour ce parti centriste (contrairement à l’ADQ en 2007) mais les Québécois veulent du changement. On va se dire les vraies affaires, l’ancien ministre péquiste ne propose pas de remettre en question le sacro-saint modèle québécois. Il ne va pas toucher au caractère universel de nos programmes sociaux coûteux et inefficaces. La mixité en santé a été rejetée du revers de la main part le chef caquiste et le remboursement de la dette publique (qui s’élève à 252 milliards de dollars) ne fait pas partie de ses priorités. Si elle est élue, la Coalition avenir Québec ne va pas réduire de façon importante la taille de l’État parce que son chef est un étatiste. Celui-ci croit en un État fort et interventionniste et il pense que celui-ci serait plus efficace sous sa gouverne. Les troupes caquistes proposent de taponner la Caisse de dépôts et de placements du Québec afin qu’elle investisse davantage dans les entreprises québécoises même si c’est moins rentable pour elle. Autrement dit, M. Legault veut jouer à la roulette russe avec le bat de laine des Québécois. Il faut se rendre à l’évidence, la CAQ n’est pas un parti de droite mais bien centriste.

L’ancien député de Rousseau propose quand même des idées qui peuvent séduire la droite québécoise : une faible réduction d’impôts pour la classe moyenne, un plan de réduction de la dette publique par l’entremise de redevances minières et pétrolières et des coupures dans la fonction publique (abolition des Commissions scolaires et des agences de santé, des coupures de postes à Hydro-Québec et la réduction du nombre d’élus de la métropole. C’est un bon début mais la CAQ ne va pas assez loin dans ses réformes. La question que je me pose est la suivante : Que doit faire la droite québécoise? Elle pourrait voter pour des tiers partis comme le Parti conservateur du Québec ou Équipe autonomiste mais ceux-ci sont des partis marginaux et très peu connus. Les conservateurs québécois pourraient appuyer massivement la CAQ afin de se débarrasser des deux vieux partis mais surtout pour empêcher le PQ de former un gouvernement majoritaire. Le Parti québécois représente réellement une menace pour le Québec. Ce parti (qui était jadis dirigé par un grand homme René Lévesque) s’est radicalisé sur le plan linguistique. Sa volonté d’empêcher les jeunes francophones de fréquenter des collègues anglophones est une attaque directe au principe sacré de la liberté de choix. Avec une majorité, Pauline Marois va pouvoir partir en guerre contre Ottawa et elle va mettre le cap sur un autre référendum. Est-ce que l’on veut cela? Je ne pense pas.

Il ne faut pas que le PQ obtienne une majorité le soir du 4 septembre prochain. Plusieurs de mes amis conservateurs vont être tentés par l’abstention. Je ne crois pas que c’est la chose à faire. À cause de l’effondrement du vote libéral (moins de 20% chez le vote francophone), seul la CAQ peut barrer la route à une majorité péquiste. Les conservateurs devraient y penser à deux fois avant de s’abstenir. En tout cas, une forte abstention des anciens partisans de l’ADQ favoriserait Pauline Marois et ses ayatollahs de la langue. Les électeurs qui se situe à droite du centre du spectre politique doivent se poser cette question : Voulez-vous quatre ans de Pauline Marois? Je pense que de poser la question c’est y répondre.

Le travail engendre le travail

Les Québécois vivent depuis des décennies dans une société socialiste , donc de pénurie, qu’aucun politicien ne remet en cause. Chacun est persuadé de la véracité de la lutte des classes, que patrons et employés sont adversaires, que l’enrichissement des uns entraîne l’appauvrissement des autres. On fait croire que le travail est limité, qu’il faut le partager. Rationner n’est pas politiquement correct, ni électoralement vendeur, « partager » c’est mieux ! D’où les , la réglementation du temps de travail, les taxes (impôts) progressives et élevées, un code du travail draconien etc. C’est le fameux « Travailler moins pour travailler tous ». Ces idées sont fausses mais très largement admises! Elles sont cohérentes avec le socialisme, qui est disette, et qui imprègne notre société. Les individus ne peuvent imaginer autre chose.

Quand on regarde quelle était la condition de l’Homme depuis son apparition sur terre, force est de se rendre à l’évidence, nous étions peu de chose. L’Homme s’en est tiré par son génie, le travail, la coopération et l’échange.

« Il semble, a priori, que tout ce à quoi nous pourrions prétendre, c’est d’obtenir des satisfactions proportionnelles à notre travail. Si nous en avons plus, infiniment plus, à qui devons-nous cet excédant? Précisément à cette organisation naturelle contre laquelle nous déclamons sans cesse, quand nous ne cherchons pas à la détruire. » Frédéric Bastiat, Harmonies économiques, la concurrence.

C’est bien grâce à sa coopération spontanée que l’Homme est sortit de la précarité. Cette organisation naturelle s’oppose aux organisations artificielles. Les organisations artificielles entraînent la contrainte, le délire réglementaire et la spoliation légale. Cela définit le socialisme. La conséquence est la ruine et la pénurie. Il n’y a pas d’exception.

Le travail est une peine pourtant il doit être accompli. Pour y parvenir il existe une motivation naturelle : l’intérêt personnel. Il est redoutablement puissant et efficace. Bien que chacun travaille par intérêt personnel, tout le monde en profite.

Ainsi, la liberté économique engendre croissance et prospérité parce que le travail y est libre. Le capitalisme a sorti l’Europe de la misère au XIXe siècle. (La liberté économique permet aujourd’hui aux pays émergents d’en faire autant). Il a nourri, vêtu, logé des centaines de millions de gens. Il a libéré l’Homme de la simple survie. Il a amélioré sa vie et ses conditions de travail. L’Homme accédé à l’abondance, à une meilleure qualité de vie, et au confort. C’est-à-dire au repos et aux loisirs, donc au superflu. Pour en arriver là, l’homme n’a pas eu une activité de prédation, mais une véritable activité de création. Il a multiplié les richesses.

Dans la nature, seuls les plus forts survivent : c’est la sélection naturelle. Pendant longtemps l’homme y fut soumis. Grâce à ses efforts, à son travail, les plus faibles survivent désormais et apportent leur pierre à l’édification de la civilisation. L’humanité est passée d’une société de rareté à une société d’abondance grâce à l’ingéniosité humaine.

Dans toute société, la somme des services rendus est incommensurablement supérieure à ce qu’un individu seul n’aurait jamais pu obtenir. Ce qui est important c’est que, proportionnellement, dans une société libre, le gain est plus fort pour les plus faibles.

Dans toute autre société, celui qui est plus fort, plus agressif, plus profiteur, qui a des réseaux obtiendra toujours plus que les plus humbles. Ces sociétés sont des sociétés de division, de lutte des classes, de groupes de pressions et de privilèges. Ce sont des sociétés où règne la « spoliation légale » qui n’offrent aucune chance aux faibles. Ces derniers doivent se contenter des miettes que leur octroie chichement la solidarité forcée. Dans une société libre pas besoin de réseau, il n’y a pas de passe droit. Profondément moral, le libéralisme s’adresse à tous, il ignore le clientélisme. La société qui n’est pas libre ne crée rien, ou peu, ou mal. Elle distribue jusqu’à épuisement des stocks ! Une faible partie seulement parvient aux plus démunis. Seule la société libre permet à la création de s’épanouir, à l’offre de biens et de services de se multiplier. Les plus humbles en bénéficient pleinement.

Le libéralisme ne connaît pas de crises et donne du travail à tous. La création de richesse est infinie, parce que les besoins des hommes et leur imagination innovante sont infinis. Les hommes échangent des services et cet échange crée la valeur. Les services obsolètes sont remplacés par d’autres plus performants. Des activités nouvelles apparaissent, les innovations engendrent des richesses supplémentaires. Les besoins sont anticipés par les entrepreneurs. La souplesse du marché permet des adaptations rapides aux événements inattendus. En cas d’erreurs, elles n’ont, grâce à la responsabilité personnelle, que des conséquences limitées envers la communauté. Les hommes sont inégaux, physiquement et intellectuellement. Les inégalités économiques n’ont rien à voir avec l’injustice. La justice impersonnelle du marché n’est pas remplacée par l’arbitraire du décideur politique. L’inégalité est un puissant moteur d’amélioration sociale. Toute personne qui veut entreprendre en a l’opportunité. Les progrès de nos sociétés sont dus à l’échange libre, donc équitable, entre les hommes.

Le travail engendre le travail, il est innovation et création. Il multiplie l’offre de services. Avec l’échange, la spécialisation du travail apparaît et chacun se spécialise dans ce qu’il fait de mieux. Les métiers et fonctions se multiplient. Grâce à ces mécanismes (création, innovation, multiplication de l’offre, spécialisation, échange) le travail des uns crée le travail des autres. Il y a de plus en plus de travail pour de plus en plus de gens. Il n’y a pas de chômage. Cela permet aux plus humbles de trouver une place selon leurs capacités. . La prospérité des uns entraîne celle des autres.

L’accroissement des richesses diffuse ses bienfaits à l’ensemble de la société parce que la concurrence intervient en complément, en appui, du libre échange. La concurrence est l’alliée du consommateur. Elle est la liberté de choix. Le plus faible en profite

Si le libéralisme traite différemment des individus différents, il n’y a pas discrimination de naissance, race, sexe, etc. Seuls les talents comptent. Par un miracle quotidien tous les talents sont utilisés, aussi petits soient-ils.

« Travailler plus pour travailler tous » est un message qui intéresse tout le monde dans notre société de chômage structurel. Les millions de chômeurs et de pauvres qui doivent leur situation à la collectivisation de l’économie, doivent être informés et comprendre que les socialistes les mènent en bateau.

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » Frédéric Bastiat, La Loi

« Nous étudions l’homme tel que Dieu l’a fait; nous constatons qu’il ne peut vivre sans pourvoir à ses besoins; qu’il ne peut pourvoir à ses besoins sans travail, et qu’il ne peut travailler s’il n’est pas sûr d’appliquer à ses besoins le fruit de son travail. » ;

« J’entends par propriété le droit qu’a le travailleur sur la valeur qu’il a créée par son travail. » Frédéric Bastiat, Propriété et loi.

Pour sortir de la situation catastrophique où nous sommes, pour vaincre le chômage et la misère, il faut respecter la Propriété :

Ne pas entraver le travail :

Liberté économique, réforme en profondeur du code du travail, liberté des contrats, réforme des lois syndicales.

Ne pas voler les fruits du travail :

Un seul et unique impôt sur les revenus, proportionnel, sur tous les individus et seulement les individus (Flat Tax). Pas d’impôts sur le patrimoine.

Chacun dispose librement de l’intégralité des fruits de son travail, pour un salarié c’est le salaire complet.

Laisser s’échanger les fruits du travail :

Libre échange

Garantir les fruits du travail :

État minimum : veille au respect des contrats, garantit les Droits naturels : Propriété, Liberté, Personne.

La loi s’oppose à la spoliation. Elle assure la Justice et la Sécurité, y compris la sécurité juridique et fiscale.

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