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L’éducation est-elle un droit?

 

Ça fait partie intégrante de la rhétorique des associations étudiantes. On clâme haut et fort que l’éducation est un « droit inaliénable ».  Avant de dire si oui ou non, cette affirmation est vraie, il faudrait d’abord se demander « c’est quoi un droit inaliénable? »

Un droit est une extension de notre humanité. Il vous appartient du simple fait d’être humain. Ainsi, comme être humain, j’ai le droit de penser ce que je veux et d’exprimer cette pensée sans peur de représailles. On dit que ce droit est inaliénable parce qu’il serait immoral de me l’enlever. Il en va de même du droit à la vie, de la liberté religieuse et du droit à la propriété (c’est-à-dire du droit de profiter du fruit de son labeur). Ces droits sont suprêmes parce de les exercer ne cause de préjudice à personne d’autre. Mon droit de vivre n’empêche personne de vivre également.

Qu’en est-il du soit-disant droit à l’éducation? On peut certainement argumenter que l’éducation est un avantage définitif afin de contrer la pauvreté. Un diplômé universitaire gagnera certainement plus dans le courant de sa vie que celui qui n’aura pas ce diplôme. Est-ce que ça en fait un droit? Non! Pour que vous puissiez bénéficier d’études, un grand nombre de personnes doivent travailler, à partir des professeurs et chargés de cours jusqu’aux employés de soutien et d’administration. Tous ces gens ne travaillent pas bénévolement. Il doit aussi y avoir des locaux et des équipement qui eux non-plus  ne sont pas gratuits. Qui va payer? Si ce n’est pas l’étudiant qui paie, ce sera quelqu’un d’autre. Ce quelqu’un d’autre ne payera pas de bon coeur, il sera forcé de payer. Il ne peut pas refuser. Est-ce moral de revendiquer que quelqu’un d’autre soit forcé de payer pour votre « droit »?  La conclusion est que l’éducation n’est pas un droit, c’est un bien de consommation. Un bien de consommation important, sans aucun doute, mais un bien de consommation tout de même. Revendiquer un droit à une éducation universitaire gratuite, puisque l’éducation est un investissement très rentable, équivaut à demander qu’on me subentionne l’achat d’un immeuble à logements, sous prétexte que les revenus que je ferai avec cet immeuble seraient imposés plus tard. C’est un non-sens.

Il faut donc faire attention à qu’est-ce qu’on appelle un « droit ». Un véritable droit ne coûte rien. L’éducation ne sera jamais gratuite et donc, la réclâmer comme un droit revient à vouloir saisir le fruit du labeur d’autrui pour payer quelque chose dont vous serez le premier à bénéficier. Dans la lutte des étudiants contre la hausse de leurs frais de scolarité, je suis d’accord pour dire que le gouvernement devrait faire le ménage desa propre cour avant de venir piger dans les poches des étudiants et il y a énormément de gaspillage et de dépenses inutiles qui devraient être coupés. C’est pareil pour tous les contribuables. Avant de hausser les impôts, les taxes et les tarifs, le gouvernement devrait cesser de gaspiller nos ressources et se serrer la ceinture. C’est totalement aberrant, par exemple, qu’il y ait plus de cadres dans le réseau de la santé que de personnel soignant. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Le Québec n’a pas un problème de revenus, il a un problème de dépenses et c’est un problème qui est structurel. Si les étudiants pensaient vraiment à leur avenir, c’est contre ça qu’ils devraient protester.