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L’offre, la demande et Uber

Par Philippe David

Je prend une petite pause et je laisse l’environnement de côté un moment pour donner mon petit grain de sel sur les récentes critiques du service Uber. 

La veille du Jour de l’An a toujours été une soirée hyper-achalandée pour les taxis. Contrairement au réveillon de Noêl qu’on passe surtout en famille, la veille du Jour de l’An est plus souvent fêtée dans les bars du centre-ville ou un peu partout à Montréal. Beaucoup en sortent trop pompette pour conduire et décident de prendre un taxi. Puisque les tarifs de taxi sont fixes, c’est plutôt difficile d’en trouver un à cette date et si vous en appelez-un, l’attente sera forcément longue.

Sauf erreur,  je crois que cette année est la première année que nous avons également Uber en plus des taxis la veille du Jour de l’An. Beaucoup de gens se plaignent qu’Uber ajuste ses prix lorsque des circonstances spéciales arrivent. Ce fût le cas pendant la grève des taxis à Londres comme ça l’a été aussi dans le cas du réveillon du Nouvel An.  La question est pourquoi est-ce ainsi? Uber ne pratique-t-il pas le « capitalisme sauvage » en chargeant $300 pour une course de 30 minutes? N’est-ce pas immoral de prendre avantage des gens comme ça? Si vous croyez ça, c’est qu’il vous manque des notions d’économie.

Parlons d’offre et de demande.

Comme je l’ai mentionné, le 31 décembre est probablement la soirée la plus achalandée de l’année pour les taxis et des services comme Uber. Ils sont incapables de fournir la demande. Ils n’ont tout simplement pas assez de voitures et de chauffeurs. Puisque les taxis ne peuvent pas fixer leurs propres tarifs. ils sont rapidement débordés.

Normalement, dans un marché sans entraves, lorsque la demande pour un service est trop grande le prix de se service augmente pour corriger l’imbalance. L’augmentation a pour effet de décourager les acheteurs marginaux pour laisser la place aux acheteurs qui sont beaucoup plus anxieux de se procurer ce service (ou ce bien) et qui seront prêts à payer plus parce que leur besoin est plus urgent. 

Cette augmentation a aussi pour effet d’attirer d’autres fournisseurs de ce service pour supplémenter l’offre. Éventuellement, on rejoint un nouvel équilibre. S’il s’agit d’une augmentation ponctuelle de la demande, les prix baisseront au fur et à mesure que la demande retourne à la normale.

Dans le cas des services de taxi, puisqu’ils ne peuvent pas varier leur prix, il résulte une pénurie qui ne se résorbera que lorsque la demande aura baissé. Autrement dit, bonne chance si vous cherchez un taxi à 3h du mat le premier janvier, vous n’en trouverez pas parce que les compagnies de taxi n’ont que très peu d’incitatif à ajouter plus de taxis sur la route pour une soirée.

Uber, en revanche, peut laisser ses prix fluctuer au gré de l’offre et de la demande, ce qui leur permet d’avoir plus de chauffeurs et de voitures pour des soirées très achalandées, étant donné qu’ils sont payés un pourcentage du prix de la course. Résultat: alors que les taxis sont indisponibles, Uber a encore des voitures disponibles.

Mais… Mais… $300 pour une course, c’est criminel!!!

Comprenons une chose: Uber est un service que personne n’est forcé à utiliser et l’application vous avertit des changements de tarifs et vous demande de confirmer avant de commander la course. Vous êtes donc parfaitement libre de refuser et si vous acceptez, c’est en pleine connaissance de cause. De plus, rien ne vous obligeait non-plus à vous saoûler la gueule au point de ne pas être en état de conduire.  Vous auriez pu boire plus responsablement ou vous arranger pour avoir un chauffeur désigné dans votre groupe qui va aller reconduire tout le monde à la fin de la soirée. Gageons que si on était habitués au fait que les prix deviennent plus élevés au Jour de L’An, même pour les taxis, peut-être qu’on boirait aussi de façon plus responsable.

La façon que vous planifiez votre soirée et que vous vous conduisez n’est pas la responsabilité d’Uber. C’est la vôtre.

La leçon du coq de St-Victor

Par Philippe David

Je dois vous faire une confession. Depuis que jeune enfant, j’ai vu mon premier film d’animation de Disney, je suis tombé amoureux de cet art. Cependant, ça fait un peu bizarre de voir un homme adulte aller voir seul un film d’animation au cinéma.  C’est pourquoi être parent a ses avantages. Avec ma fille, j’ai pu voir des centaines de ces films sans trop me sentir coupable.

Les producteurs d’animations savent bien cela et c’est pourquoi nous trouvons dans ces films de nombreux messages s’adressant autant aux adultes qu’aux enfants. Je ne m’attarde pas généralement à faire de la critique de films, mais j’ai eu la chance récemment de voir un film qui me valait la peine de commenter et de surcroit, c’est une production québécoise.

Depuis 7 ans, les habitants du petit village de St-Victor se font réveiller tous les matins à 4h par le coq du maire. Tant qu’à être réveillés, les villageois se lèvent et se mettent à l’ouvrage. Le village est prospère et fait l’envie du village voisin de St-Benoit. Mais les habitants de St-Victor sont agacés d’être toujours réveillés si tôt le matin. Le maire, lui, attribue la prospérité de son village à son coq et lui érige une statue dans la place du village. C’en est trop et les citoyens font part au maire et au coq de leur déplaisir. Le coq sombre dans une dépression qui l’afflige d’insomnie qui lui fait réveiller les villageois à toute heure de la nuit. Le vase déborde et les villageois réunissent le conseil municipal, réclamant de passer le pauvre coq à la casserole.

C’est alors qu’intervient le maire du village de St-Benoit, qui propose de débarrasser St-Victor de leur coq en échange de son âne « porte-bonheur ».  Les St-Victoriens, charmés par l’idée d’enfin pouvoir faire la grasse matinée, acceptent d’emblée.

Pendant quelques jours, ils firent effectivement la grasse matinée, et tant qu’à perdre leur matinées, choisissent aussi de s’adonner à tous les loisirs dont ils ne profitaient pas auparavant. Cependant, ça n’a pas pris très longtemps aux villageois à réaliser que plus rien ne se faisait à St-Victor. Des trous dans la chaussée ne sont plus réparés. Le blé n’est plus récolté dans le champ et les tomates pourrissent sur leurs vignes. Le moulin ne produit plus de farine et la boulangère n’a plus que du pain sec sur ses étagères que le menuisier tarde à finir d’installer. L’épicier local aussi n’a plus rien à vendre et lorsqu’il se blesse, le médecin du village est parti à la pêche. Comble de malheur, le boulanger de St-Benoit s’amène avec sa charrette et commence à vendre du pain et des brioches aux St-Victoriens, au grand désespoir de la boulangère.  Quelques villageois ont tenté de se remettre au travail, mais sans coq pour les réveiller, le blé, la farine et le pain étaient toujours trop tard pour faire concurrence au boulanger de St-Benoit, toujours présent sur la place du village à 5h le matin pour vendre son pain. C’est alors que les St-Victoriens ont réalisé que de sauter du coq à l’âne n’était pas une si bonne idée.

Une poignée d’entre eux ont donc tenté de récupérer le coq à St-Benoit, mais il était si bien traité à St-Benoit, qu’il n’était pas très enclin à vouloir retourner à St-Victor. L’histoire se termine bien toutefois alors que le maire de St-Benoit fait don à St-Victor du fils du coq original.

Qu’est-ce que cette histoire a de si spéciale? Bien, on voit rarement des films sortir qui exaltent des valeurs comme l’ardeur au travail et l’assiduité, encore moins dans un dessin animé. Le coq de St-Victor offre à travers une petite histoire rigolotte, une bonne leçon d’économie.  Toutes mes félicitations au réalisateur Pierre Gréco et son équipe.

L’enfer entrepreneurial

Par Philippe David

Un article du Journal de Montréal de ce matin fait état d’une statistique désolante, mais guère surprenante. Au Canada, 50% des entreprises qui font faillite sont au Québec. Cette statistique en dit extrêmement long sur le modèle économique que nous nous sommes donné depuis 50 ans. Il faudrait arrêter de se faire des illusions. Le Québec est tout simplement un enfer pour les entrepreneurs et par la bande, probablement le paradis des syndics de faillite.

Un dirigisme maladif

Au Québec, il existe un concensus parmi presque tous les partis politiques (sauf peut-être pour quelques partis embryonnaires de droite). Tous les principaux partis, que ce soit le PLQ, le PQ, la CAQ ou QS s’accordent pour dire que l’état doit diriger l’économie. Ils nous promettent donc plein de programmes pour « aider » les entreprises et créer des emplois. En fait, nous sommes les maitres incontestés de la « subventionnite » au Canada. Aucune autre province ne dépense autant pour l’aide à l’entreprise; trois fois plus que l’Ontario.

Si nous dépensons tant pour « soutenir » les entreprises, comment se fait-il que nous ayons tant d’entreprises qui font faillite? Cherchez l’erreur. Est-il possible que notre recette ne soit pas la bonne? L’Ontario qui est en deuxième place pour le nombre de faillites compte pour 30% des faillites canadiennes et l’Alberta 4,3%. Et alors que ce nombre est constamment en hausse au Québec, en Ontario il régresse de 39,5% en 2008 à 30% en 2013. Peut-être qu’il serait temps de changer notre approche?

Un changement d’attitude

Tout d’abord, un changement d’attitude s’impose. Il faudrait que nous abandonnions collectivement notre méfiance de l’entreprise privée qui nous porte à croire qu’aucune entreprise au Québec ne pourrait survivre sans dépendre d’une façon ou d’une autre de l’aide du gouvernement. Et si une entreprise a tant besoin d’aide du gouvernement, peut-être est-ce parce qu’elle n’a pas sa raison d’être? Peut-être est-ce parce que ce qu’elle produit n’a pas suffisamment de valeur aux yeux des consommateurs pour garder l’entreprise en vie? Dans ce cas, pourquoi faudrait-il y investir gaspiller des fonds publics?

L’idée de dépenser des fonds publics pour soutenir une entreprise provient bien plus d’une logique politique que d’une logique économique. Dans la logique politicienne, ces subventions servent littéralement à acheter des votes. Pensons à la cimenterie en Gaspésie, à l’exploration pétrolière sur l’Ile d’Anticosti, à la Davie, la Gaspésia, General Motors. Tous des exemple de fonds publics gaspillés à des fins purement électoralistes.  Pour convaincre les électeurs de « voter du bon bord » pour le parti qui le offre le plus de « nananes ».

Économiquement, par contre, ces « investissements » ne font aucun sens. Si une entreprise est profitable, elle n’a aucun besoin de fonds publics pour vivre. Si la survie d’un entreprise dépend d’un continuel influx provenant des poches du contribuable, c’est probablement parce qu’elle est improductive et qu’elle gaspille les ressources. De subventionner une telle entreprise est de tout simplement perpétuer ce gaspillage. Il vaudrait mieux laisser de telles entreprises faire faillite et laisser d’autre entreprises plus productives récupérer ces ressources.

Un instant! Dites-vous. Nous voulons diminuer le taux de faillites, pas l’augmenter! Vous avez raison, mais dans un marché relativement libre, maintenir des entreprises en vie sur le respirateur empêche les entreprises en bonne santé de s’étendre ou à d’autres même d’être créés par l’accaparement de ressources humaines et de capitaux par des entreprises qui gaspillent ces ressources. En les libérant, nous permettons à ces entreprises plus solides de de fleurir et à long-terme, d’avoir une économie plus solide.  Dans un jardin, il faut arracher les mauvaises herbes pour que les légumes et les fleurs puissent pousser.

Un modèle étouffant

Essayez d’imaginer quelqu’un nourissant un enfant d’une main tout en l’étranglant de l’autre et vous aurez une bonne image du modèle de gestion de l’économie de notre gouvernenment, tous partis confondus.

D’un côté notre gouvernement enfonce pratiquement des subventions dans la gorge des entreprises et de l’autre, il les étouffe avec des impôts deux fois plus élevés que la moyenne canadienne, des taxes sur la masse salariale 45% plus élevés, un marché du travail inflexible, un taux de syndicalisation trop élevé et des tonnes et des tonnes de paperasses. Comment voulez-vous qu’un entrepreneur arrive à percer? Pour reprendre l’analogie du jardin, pour que  votre plant de tomates puisse porter ses fruit, encore faut-il que vous lui laissez l’espace nécessaire pour grandir, sinon, toute l’eau et le fertilisant du monde ne l’aideront pas à pousser et produire plus de fruit.

La bonne recette

Nous ne pouvons pas avoir une économie dynamique sans entreprises solides. plus nous subventionnons des entreprises improductives et que nous étouffons celles qui produisent, et plus nous nous appauvriront collectivement. Il n’y a aucune raison valable pourquoi les québécois seraient plus pauvres que les autres canadiens. Nous avons tout ce que nous avons besoin pour être une des provinces les plus prospères au lieu d’être une des plus pauvres (ou un pays en faillite). La clé du succès ne dépend pas du reste du Canada, elle vient de nous et de notre propre attitude. Soit nous continuons avec une recette économique usée qui goûte mauvais, où que nous essayons une recette plus audacieuse et moins fade.

C’est certainement moins payant pour les politiciens, mais c’est bien plus payant pour le reste d’entre-nous. Pensez à ça pendant que les politiciens essaient de vous faire croire qu’ils peuvent « créer des emplois ».

Une question de priorités

Par Philippe David

Quand vous regardez les journaux, qu’est-ce qui vous préoccupe le plus? Êtes-vous inquiets de la situation dans le système de santé? Du taux de décrochage et du nombre alarmant d’illettrés fonctionnels. Êtes-vous inquiets des témoignages de corruption que nous entendons tous les jours à la Commission Charbonneau? Êtes-vous concernés par le fait que le Québec soit en peloton de queue au niveau de l’emploi, de l’investissement privé ou de la croissance économique, mais en tête dans les dépenses gouvernementales et la dette publique. Vous inquiétez-vous de l’intégrisme religieux et des accommodements? Puisque les ressources sont limitées, quels de ces problèmes sont plus urgents à régler?

Tout est une question de priorités, n’est-ce pas? Certainement que la montée de l’intégrisme est inquiétante et qu’il faut adresser ce problème, mais est-ce que ça devrait avoir priorité sur une réforme possible du système de santé?  Ou du système d’éducation? Ou l’économie? Qu’est-ce qui  affecte le plus votre quotidien? Que certains groupes religieux prennent plus de temps à s’intégrer et fassent des demandes d’accommodement (que nous ne sommes absolument pas obligés d’accepter d’ailleurs) ou que nous perdions des emplois alors que les autres provinces en créent et que le climat d’affaires au Québec est considéré par un grand nombre d’investisseurs comme étant aussi hostile que le Kazakhstan, ce qui fait que beaucoup trop d’entre nous vivent dans une plus grande pauvreté que dans le reste du Canada? Ou que si vous vous présentez à la salle d’urgence d’un hôpital, vous devrez attendre en moyenne 17 heures avant d’être vu par un médecin? Qu’est-ce qui est vraiment pressant et qu’est-ce qui devrait être reporté à plus tard? Qu’est-ce qui vous procurera le plus de satisfaction? Des baisses d’impôts et taxes qui vous laisseraient avec plus d’argent dans vos poches à dépenser ou épargner pour vos vieux jours ou d’avoir les symboles religieux bannis  pour tous les  employés de l’état?

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, il serait plus important d’avoir plus d’argent dans mes poches, de ne plus attendre 17 heures à l’urgence, que mes enfants reçoivent une éducation de qualité, que je n’aie pas à me soucier que l’argent de mes impôts soit dilapidé et se retrouve entre les mains de la mafia et que le Québec figure parmi les provinces les plus prospères plutôt qu’être parmi les plus pauvres. Peut-être ai-je tort?

Les sacrifiés et les réfugiés

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Image : Battle of Britain – de Mark Bromley

Par Philippe David

Je dois réellement remercier Mathieu Bock-Côté. C’est fou comment ses récentes chroniques m’inspirent. Plus précisément, c’est sa chronique « Ceux qui paient et ceux qui fuient » qui m’interpelle en ce moment.

Dans cette chronique, il pointe un doigt accusateur envers ceux qui « fuient » le Québec. Je soupçonne qu’il réprouve qu’un nombre de plus en plus élevé de québécois décident de partir vers des cieux plus cléments, ou s’ils ne peuvent partir, ils préparent leurs enfants à le faire, comme l’a récemment avoué Joseph Facal dans sa propre chronique. Selon M. Bock-Côté, ces gens souffrent d’un manque de patriotisme et de sens du sacrifice. Ils devraient plutôt se laisser saigner pour leur patrie.

Du sang, de la sueur et des larmes

Pour étoffer son argument, il cite le fameux « blood, sweat and tears » de Churchill, mais humblement, je lui rappellerais que le Québec ne souffre certainement pas des mêmes circonstances et il n’y a certainement pas un tyran d’outre-frontières qui fait pleuvoir des bombes sur la ville de Québec, comme ce fût le cas à Londres en 1939. Dans notre cas, l’ennemi ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Notre ennemi est notre propre classe politique et le gouvernement qu’elle contrôle, pas un mégalomane à la tête d’une nation étrangère. Lorsque votre patrie est attaquée, il est normal de la défendre jusqu’à la mort, mais quelle allégeance doit-on à un pays qui cherche à nous enchainer un maillon à la fois? Blâmait-on les réfugiés qui ont risqué leur vie en traversant le mur de Berlin ou le détroit de la Floride? J’admettrai  d’emblée que le Québec  n’est pas le bloc soviétique ou Cuba, du moins, pas encore; mais il est néanmoins engagé sur la même route qui conduit à la servitude.

Les réfugiés

Il est vraiment dommage que peu de québécois soient familiers avec les ouvrages « La Route de la Servitude » de Friedrich Hayek et « La Grève » d’Ayn Rand. Le premier explique où le Québec s’en va et le second pourquoi beaucoup décident très rationnellement de ne plus y participer. Ces deux ouvrages enseigneraient à nos cégépiens bien plus sur comment fonctionne le vrai monde que les brûlots de nos petits révolutionnaires en culotte courtes qui baignent depuis leur naissance dans la culture du « tout m’est dû ». Dans « La Grève » particulièrement, l’auteure nous décrit un monde qui a largement succombé aux conséquences de l’état-providence et où les États-Unis, dernier bastion, est en train de rejoindre le reste du monde à  vitesse grand V. Le personnage principal, John Galt, un inventeur de talent, décide qu’il ne veut plus participer à une société qui exploite son talent et se réfugie dans une vallée qu’il baptise Galt’s Gulch.  Il arrive à convaincre d’autres hommes de talent, financiers, industrialistes, ingénieurs, etc.,  à l’y rejoindre, causant un exode des cerveaux, mettant graduellement le pays en crise.

Sous bien des aspects, le Québec ressemble beaucoup au monde qu’a dépeint Ayn Rand en 1957. Avec  son gouvernement de plus en plus interventionniste qui dénigre l’investissement privé, tue très littéralement les opportunités entrepreneuriales et étouffe les entreprises par la paperasse et les taxes. Est-il surprenant que les prospects économiques soient si limités ici? Est-il vraiment surprenant qu’avec des opportunités restreintes d’enrichissement personnel  et un régime fiscal plus étouffant que partout en Amérique du Nord, que de plus en plus de québécois de talent décident d’imiter John Galt? Chose certaine, si je venais de graduer de l’université que je savais ce que je sais maintenant,  je considèrerais sérieusement de partir à la recherche de Galt’s Gulch.

Je comprends très bien cet attachement qu’ont les gens envers leur lieu de naissance. C’est généralement l’endroit où vivent  encore ceux qui nous sont chers et où sont enterrés nos parents et grands-parents.  C’est donc normal d’y être attaché.  Lorsque cette terre est menacée, ce sont nos familles et tous ceux qui nous sont chers qui sont menacés, il est donc normal de vouloir se sacrifier pour qu’ils soient sains et saufs. Comme père de famille, il n’y a rien que je ne ferais pas pour protéger les miens. Mais jusqu’où doit aller le sens du sacrifice? Doit-il aller jusqu’à s’enchainer pour payer une dette engendrée par la frivolité et l’irresponsabilité de ceux qui nous ont précédé?

C’est ce que Mathieu Bock-Côté voudrait que nous fassions. Il ne s’agit pas ici de simplement payer sa part, mais la part de nos parents et grands-parents qui a été pelletée par en avant depuis plusieurs décennies par une classe politique irresponsable.  Quel parent est en droit de faire ce genre de demande à ses enfants appauvris par sa faute? Peut-on blâmer les jeunes de fuir?

C’est l’économie, stupide! (Bill Clinton)

M. Bock-Côté a raison sur un point : l’économie n’est pas que des colonnes de chiffres. L’économie c’est tous les échanges volontaires  qui ont lieu entre les individus d’une société. C’est le fondement même d’une société puisque ce sont la production et les échanges qui amènent les individus à coopérer entre eux.  L’économie, c’est l’action humaine et sans action humaine, point de société.  Une de ses règles cardinales est que nous ne pouvons pas (moralement) consommer plus que nous produisons. Or, c’est ce que nous faisons depuis maintenant plus de 50 ans.  Nous avons dépassé de loin le stade où nous demandons à ceux qui paient  de payer un peu plus cher pour les services qu’ils reçoivent, nous leur demandons de payer même pour des services qu’ils n’ont même pas consommés et dont ils ne jouiront jamais sans qu’ils n’aient eu un mot à dire. Ceux qui seront sacrifiés ne seront pas seulement les riches, mais les jeunes qui sont plus mobiles que jamais.

Si la majorité d’entre nous avions une compréhension de l’économie, nous saurions tous quels incitatifs tordus le socialisme incorpore à notre société pour que les gens agissent comme ils le font présentement. Nous saurions tous qu’une fiscalité oppressive décourage le travail, que de taxer les entreprises équivaut tout simplement à taxer les particuliers une deuxième fois et décourage l’investissement et la création de richesse. Et plus encore, nous cesserions d’entretenir cette haine maladive de la richesse. Et personne n’aurait envie de fuir le Québec.

Le libre-marché est moins « théorique » que vous ne le pensez

 

libre-marche

Par Philippe David

 

Le libre-marché n’est pas nécessairement l’apanage des Tea Parties, bien que beaucoup de ses adhérents sont pro-libre-marché. Mais pour répondre aux critiques à son endroit, il convient de préciser ce qu’est un marché libre.

 

Le libre-marché est un système économique où la liberté économique est à son maximum­. Il n’exclut pas nécessairement toute intervention de l’état, mais l’état, s’il y joue un rôle, est limité à celui d’un arbitre qui assure le respect des contrats et des droits de propriétés et offre un cadre légal prévisible sans favoriser un joueur ou un autre dans le marché.  Mon collègue Miguaël Bergeron le qualifie de « théorique » parce que nulle part sur terre il n’existe une économie qui soit totalement libre, mais certaines nations sont plus proches que d’autres de cet état. Chaque année, l’Institut Fraser compile un classement en rapport avec la liberté économique. Son dernier rapport inclut 152 pays et/ou territoires.  Lorsqu’on compare certains indicateurs de bien-être dans les pays du 25% le plus libre et ceux du 25% le moins libre, on constate que:
 

 

  • Le revenu moyen, ajusté au pouvoir d’achat des pays les plus libres est presque 9 fois supérieur aux pays les moins libres.
  • Le revenu moyen du 10% le plus pauvre des pays libres est plus que 10 fois supérieur à leurs homologues des pays les moins libres, et en fait, les pauvres des pays les plus libres font plus du double du revenu moyen des pays les moins libres.
  • L’espérance de vie dans les pays les plus libres est 19 ans de plus que les pays les moins libres.
  • Le respect des droits civils est beaucoup plus élevé dans les pays les plus libres que dans les pays les moins libres.

 

Ces faits démontrent de façon indéniable que plus un pays tend vers le maximum de liberté économique, plus le bien-être de sa population est assuré. Ceci n’a rien de théorique, c’est prouvé empiriquement. Pourquoi est-ce si difficile de croire que si nous allons dans la direction de plus de liberté économique, que les choses s’amélioreraient plutôt que de se détériorer.

Pourquoi les partisans du libre-marché ont-ils besoin d’apporter des preuves et des certitudes pour convaincre les gens, alors que les partisans du socialisme, qui a maintes fois démontré son échec, s’en tirent qu’avec des promesses et des bonnes intentions? Le fardeau de la preuve devrait pourtant être sur le dos des socialistes.

Quelques faits intéressants:

 

  • Hong Kong et Singapour dominent le classement depuis plus d’une décennie.
  • De 2012 à 2013, le Canada a chuté du 6e au 9e rang (Nous n’allons pas dans la bonne direction)
  • Après avoir très longtemps fait partie du top 5 des pays les plus libres, les États-Unis languissent maintenant au 18e rang. Leur descente aux enfers a débuté sous George W. Bush, mais continue sous Obama. « Land of the free »? Not anymore!
  • La province avec le plus de liberté économique au Canada est l’Alberta et celle avec le moins de liberté économique est le Québec (comme par hasard). Devinez qui tire le reste du Canada vers le bas? (source)
  • Le Québec se trouve en dernière position (60e sur 60) de toutes les provinces canadiennes et tous les états américains quand on ne regarde que les gouvernements locaux (province, état, municipal), mais remonte à la 50e place quand on inclut le gouvernement fédéral. Quelque chose que je voudrais bien voir les péquistes tenter d’expliquer.
  • Pour les chavistas, le Venezuela est bon dernier en 2013. En 1975, il était classé 5e et 92e en 1995. Heureusement, ils ont maintenant  un « Ministère du Bonheur », mais je soupçonne que les vénézuéliens auraient probablement préféré du lait et du papier de toilette.

 

Services publics vs services privés

Il existe un mythe particulièrement persistant au Québec selon lequel les services privés sont plus chers et de moindre qualité parce que les entrepreneurs et les actionnaires sont motivés par le profit. Alors ils coupent les coins ronds. En revanche, le gouvernement est altruiste et fournit des meilleurs services parce qu’il se soucie vraiment des gens. Dans la réalité, rien ne pourrait être plus faux.

Il y a cinq différences majeures entre le public et le privé

 

  1. Dans la réalité, une entreprise privée n’a qu’une source de revenus : ses clients et une seule façon de les obtenir : en fournissant un meilleur produit ou un meilleur service que leurs concurrents. Pour le gouvernement, c’est  l’inverse. Les revenus du gouvernement proviennent d’impôts et de taxes que le contribuable n’a pas le choix de payer et qui n’ont aucun lien avec les services rendus.
  2. Avec une entreprise privée, si vous n’êtes pas satisfait du service, vous pouvez toujours aller ailleurs dans la plupart des cas. Avec le gouvernement, vous avez toujours  affaire à un monopole. Vous êtes cuit.
  3. Lorsqu’une compagnie privée fait des erreurs, il y a des répercussions sur ses revenus qui peuvent même la mettre en faillite (Comme la MMA,  par exemple). Lorsque le gouvernement fait des erreurs, personne n’est jamais imputable. Au contraire, maintes fois, l’incompétence est récompensée.
  4. Avec le privé, vous obtenez tout, dans toutes les tailles et toutes les couleurs. Avec le gouvernement, c’est toujours « one size, fits all ».
  5. Un entrepreneur doit souvent planifier loin dans l’avenir. L’horizon temporel des politiciens se limite toujours à la date de la prochaine élection.

La plupart des Québécois croient que les services comme les services de santé coûteraient plus cher s’ils étaient privatisés, mais une autre étude de l’Institut Fraser démontre que le coût du système de santé au Canada revient à l’équivalent de $11 320 par famille par an. Aux États-Unis, on peut avoir une très bonne police d’assurances à ce prix-là, mais les États-Unis sont très loin d’avoir un libre-marché dans ce domaine. Ce n’est pas parce qu’on ne paye rien chez le médecin que ça coûte moins cher.

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Un autre bon exemple qui démontre que ce n’est pas nécessairement moins cher ou meilleur quand c’est l’état qui livre le service,  est la SAQ.  Alors que j’étais en vacances au New Hampshire cet été, je me suis amusé à faire une comparaison. J’ai choisi une bouteille de vin tout à fait ordinaire que je savais que je ne retrouverais qu’à la SAQ (La vieille ferme). Je l’ai trouvée dans un supermarché de Hampton et j’ai pris une photo de l’étalage avec le prix. À mon retour, j’ai pris une photo de l’étalage du même cépage à la SAQ. Le prix était presqu’exactement le double puisque le dollar canadien était presqu’au pair avec le dollar américain cet été. Les américains bénéficient d’un meilleur choix de vins dans une vulgaire épicerie qu’à la SAQ et le paient deux fois moins cher. C’est ça le pouvoir d’un marché relativement libre.

Ce que le marché peut faire pour la distribution et la vente d’alcool, il peut le faire pour n’importe quel produit ou service, que ce soit pour les soins de santé ou l’éducation ou même le transport en commun. Grand nombre de pays ont commencé à privatiser les services publics, les pays scandinaves, supposément très progressistes,  en tête. Ici  au Québec, nous avons un gros problème avec l’idée de faire de l’argent. Donc, il ne faudrait surtout pas qu’ici quelqu’un puisse s’enrichir en livrant des services essentiels à la population, même si ces services sont moins chers et de meilleure qualité. Ici on parle de « marchandisation » de l’éducation ou de « faire des profits sur le dos des malades » comme si c’était foncièrement malhonnête de gagner sa vie en dispensant ces services. Apparemment, c’est  plus « moral » de détrousser les contribuables à la pointe d’un fusil pour payer pour ces services et ensuite produire des générations de décrocheurs et laisser les gens mourir sur des listes d’attentes. Si certaines personnes croient que la droite a un déficit de moralité, mais qu’ils cautionnent ce système, c’est qu’ils ont un sens très tordu de la moralité.

Dans ma prochaine chronique, je vous montrerai comment pourrait fonctionner un système de santé universel dans un marché libre en montrant comment les bases d’un tel système fonctionnent déjà à Singapour.

Course à la chefferie libérale : Qui va l’emporter?

Par Simon Leduc

En mars prochain, les militants libéraux vont choisir le successeur de Jean Charest lors du congrès à la chefferie. Le prochain chef sera choisi grâce à la bonne vieille formule des délégués. La course libérale n’a pas vraiment pris son envol mais il faut s’attendre à beaucoup d’actions après le temps des fêtes. Après neuf années de règne de Jean Charest, le parti centenaire doit se choisir un leader qui va lui permettre de brasser des idées et de le mener à la victoire aux prochaines élections générales. Lequel des candidats va remporter la course?

Pierre Moreau : l’underdog qui veut se faire connaître :

Le député de Chateauguay est l’aspirant qui est le moins connu du grand public. M. Moreau est membre du Barreau du Québec depuis 1980. De 1981 à 2003, il a pratiqué son métier dans des cabinets d’avocats et il a enseigné en droit public et administratif à l’École de formation professionnelle du Barreau du Québec. Le député a été élu pour la première fois sous la bannière libérale lors des élections générales du 14 avril 2003. Il a occupé des fonctions mineures jusqu’à son ascension au Conseil des ministres en septembre 2011 (au ministère des Transports). Il est un habile communicateur et il a mis cette qualité en pratique lors de son passage aux Transports. Après le mandat houleux de Sam Hamad, M. Moreau s’est bien démarqué et il en surprit plusieurs malgré son inexpérience ministérielle. Le candidat libéral s’est lancé dans la course pour se faire connaître du grand public, des militants libéraux et de l’establishment du parti. Cela serait étonnant qu’il remporte la victoire mais sa présence va lui permettre de se démarquer au sein des troupes libérales. Ma prédiction : une troisième place.

Philippe Couillard : le candidat qui part favori :

M. Couillard a obtenu ses Doctorats en médecine en 1979 et en neurochirurgie en 1985. C’est un grand neurochirurgien qui a pratiqué sa profession jusqu’en 2003. Il a été le candidat vedette du PLQ de Jean Charest lors des élections de 2003. Il fût élu député libéral dans la circonscription de Mont-Royal. Celui-ci a été ministre de la Santé dans le gouvernement Charest de 2003 à 2008. Son grand talent de communicateur et sa capacité de rassurer les gens ont été salués par les personnes du milieu hospitalier. Il a tenu tête à Jean Charest lors de la controverse sur le choix de l’emplacement du CHUM. Il a gagné cette bataille devant son patron et cela a refroidi les ardeurs de l’establishment libéral face à lui.

Philippe Couillard semble être le grand favori dans la course à la chefferie libérale. Il a quelques qualités : sa capacité de rassurer les Québécois, c’est un bon communicateur et il a une certaine stature physique. Mais, il a de nombreux points faibles. Tout d’abord, je trouve que l’ancien élu a un bilan mitigé comme ministre de la Santé. Il faut souligner ses talents de communicateur. Mais sur le fond, sous son règne, le système de santé ne s’est pas du tout amélioré. Il a refusé de donner plus de place au secteur privé malgré le fait qu’il a quitté ses fonctions pour aller y travailler. Je vois dans cela une hypocrisie réelle. Devant les caméras, il défend bec et ongle le monopole public en santé mais en privé, il fait les louanges du secteur privé, c’est décevant comme attitude. Ensuite, l’aspirant chef du PLQ a quitté le gouvernement Charest en plein milieu de la croisière. Plusieurs personnes doivent penser que c’est un déserteur qui a sauté par-dessus bord du navire libéral avant qu’il frappe un iceberg. Soudainement, il décide de revenir en sauveur après l’accident qui a abîmé le paquebot libéral. Subséquemment, M. Couillard ne vient pas du secteur économique. C’est la marque de commerce du parti et les militants pourraient lui préférer le candidat de l’économie : Raymond Bachand. Je crois que M. Couillard va gagner le premier tour du scrutin mais il va se faire dépasser à la ligne d’arrivée. Ma prédiction : une deuxième place.

Raymond Bachand : le candidat de l’économie :

Raymond Bachand a obtenu une licence en droit de l’Université de Montréal en 1969. Il a une maîtrise et un doctorat en administration des affaires à la Harvard Graduate School of Business administration. Il a œuvré pendant des années dans le monde des affaires avant de faire le saut en politique : chez Métro Richelieu, au Fond de Solidarité de la FTQ, chez Culinar, etc. Il a aussi de l’expérience sur le plan politique. Il a travaillé au cabinet de deux anciens premiers ministres du Québec : René Lévesque et Pierre-Marc Johnson. En 2005, il a été recruté par les libéraux de Jean Charest. Celui-ci l’a nommé au ministère des Finances. C’est un poste qu’il a occupé de 2009 à 2012.

Le manque de charisme est le point faible du candidat à la course libérale. En effet, M. Bachand n’est pas très charismatique mais je ne crois pas que cela va lui nuire. Les militants doivent choisir le candidat le plus expérimenté et compétent sur le plan économique. Dans ce domaine, Raymond Bachand devance facilement ses deux adversaires. L’économie est sa grande force. Contrairement à ses deux rivaux, il a une grande expérience dans le monde des affaires. Ce n’est pas un hasard que le Québec Inc. lui a accordé son appui. Dans l’ensemble, il a quand même bien fait lors de son passage au ministère des Finances. Face à un gouvernement faible sur le plan économique, le PLQ doit choisir le seul aspirant qui est solide en la matière : Raymond Bachand. C’est pour cette raison que l’auteur de ses lignes appuie la candidature de l’ancien ministre des Finances. C’est un politicien de centre-gauche qui ne va pas faire trembler les colonnes du Temple (le modèle québécois) mais c’est le meilleur candidat en lice. M. Bachand va terminer deuxième derrière M. Couillard lors du premier tour. Les délégués de Pierre Moreau devraient en grande majorité l’appuyer lors du deuxième tour et assurer sa victoire. Ma prédiction : une victoire pour Raymond Bachand.

Un autre quatre ans… d’incompétence

Par Philippe David

Ce mardi, les américains ont choisi. Ils ont choisi de poursuivre les politiques qui les gardent dans le marasme économique et une dette astronomique. Ils ont choisi de garder un président qui a haussé leur dette d’autant en quatre ans que son prédécesseur l’a fait en huit. Si Obama poursuit les mêmes politiques, la dette américaine dépassera certainement 20 billions avant la fin de son deuxième terme.

Les chiffres ne mentent pas. Les politiques économiques d’Obama ont été un retentissant échec. Le seul secteur en croissance a été le gaz de shale et le secteur public, mais même le gaz de shale ne suffit pas et le secteur public n’est pas une richesse, c’est un parasite qui vampirise l’économie américaine. Même si  l’IPC ne le montre pas tellement, l’inflation est bien là. Elle fait monter les carburants et les denrées alimentaires en flèche. Comme par hasard ces prix sont exclus de l’IPC. Je me demande pourquoi?  En fait, non, je sais exactement pourquoi. Pour la même raison que les statistiques de chômage ne reflètent pas la réalité non plus. Pourquoi importuner la population avec la vérité que peu importe celui qui siège dans le bureau ovale, c’est en réalité Goldman Sachs et la Réserve Fédérale qui gouvernent le pays. Les assouplissements quantitatifs (QE1, QE2, QE3, etc.) n’ont enrichi que les banquiers de Wall Street. Combien de billions de billets verts vont-ils imprimer avant de réaliser que d’imprimer des billets ne crée aucune richesse et qu’au contraire, ça ne fait que dilapider les maigres économies des retraités et de la classe moyenne?

Apparemment, quatre années de croissance anémique et d’appauvrissement n’ont pas suffi pour convaincre les américains qu’un véritable changement de cap s’impose. Ça prendra probablement une autre guerre contre un autre ennemi imaginaire pour les réveiller. Il n’y a rien comme une bonne guerre pour camoufler une dépression. C’est ce que FDR a prouvé. Surplus de chômage? Il n’y a qu’à envoyer plein de soldats outre-mer pour servir de chair à canon et détourner la production industrielle vers la production de bombes pour donner une illusion de prospérité, sans dire au bon petit peuple que la destruction n’enrichit que les marchand d’armes, pour l’économie, détruire et rebâtir a toujours été une perte nette.

Mitt Romney aurait-il pu faire mieux? Pas sûr. Mais quand je regarde les chiffres, je me dis qu’il aurait difficilement pu faire pire. C’est malheureux pour les américains, mais apparemment, leur calvaire ne fait que commencer

La Renaissance du PLC avec Justin Trudeau?

Par Simon Leduc

Il y a quelques semaines, Justin Trudeau a annoncé sa candidature pour la chefferie du Parti libéral du Canada. Les libéraux fédéraux sont très excités par cette nouvelle. Ils pensent que le fils de l’ancien premier ministre libéral pourra reconstruire leur parti qui est en déclin depuis le scandale des commandites. Je crois que le député de Papineau va facilement remporter la course et devenir le prochain chef de ce parti centenaire. Il n’y a pas d’autres candidatures solides qui pourraient embêter M. Trudeau dans sa quête. Les libéraux ontariens et québécois sont encore nostalgiques des années de Pierre Elliot Trudeau et ils vont massivement appuyer l’enfant prodige. Est-ce que le PLC peut renaître de ses cendres sous le leadership du jeune Trudeau? Pour répondre à cette question, il faut regarder les qualités et les défauts du député libéral. Celui-ci est un jeune homme moderne et progressiste et cela va plaire à la gauche canadienne. Il a clairement des atouts sur le plan de l’image et qu’on le veuille ou non, cela est très important en politique. Le plus gros problème de l’aspirant chef est qu’il n’a pas le bagage intellectuel de son père. Sur le plan des idées et du contenu, Justin Trudeau est une coquille vide. Son maigre bilan en tant que député fédéral le prouve bien. Sa plus grande réussite est d’avoir gagné un combat de boxe contre le sénateur conservateur Patrick Brazeau. Cela en dit long sur ses capacités intellectuelles.

Est-ce que M. Trudeau pourrait faire mieux que ses deux prédécesseurs sur le plan électoral. Je réponds à cette question par l’affirmative. Le PLC va vivre une renaissance dans la Belle province s’il choisi le jeune Trudeau comme leader. Les Québécois fédéralistes nostalgiques vont être séduits par le fils de leur héros. La Trudeaumanie va frapper le Québec de plein fouet. Les idées et le contenu ne sont pas importants pour le peuple québécois. Pour lui, ce sont l’image et le charisme d’un chef politique qui est primordial. L’échec politique de Stephen Harper et le succès de Jack Layton lors des dernières élections fédérales le prouvent bien. Une majorité de Québécois a été charmée et séduit par le charisme et la gentillesse de l’ancien chef du NPD. Malgré ses compétences et son leadership, le Québec a rejeté le chef conservateur à cause de l’image d’un homme froid et distant qui est véhiculé dans les médias progressistes. Le gouvernement conservateur a un bon bilan sur le plan économique. L’économie canadienne est la plus forte et solide de tous les pays occidentaux mais les Québécois ne se préoccupent pas de cela. C’est pour cela que Justin Trudeau va être très populaire dans la Belle province et que le PLC va remporter une majorité de sièges au Québec en 2015.

Le cabinet Marois et les premiers jours du gouvernement péquiste :

Par Simon Leduc

Mercredi dernier, Pauline Marois a présenté son Conseil des ministres à la population. L’équipe ministérielle péquiste est clairement dominée par des purs et durs sur les plans identitaire (Bernard Drainville, Jean-François Lisée, et Pierre Duchesne) et environnemental (Martine Ouellet, Scott McKay et Daniel Breton). L’équipe économique de la première ministre est extrêmement faible avec Nicolas Marceau aux Finances et Stéphane Bérard au Trésor. On est loin des Bernard Landry, Joseph Facal, Jacques Parizeau, Jacques Léonard et Rodrigues Biron. Il faut conclure que les priorités de ce gouvernement sont l’identité, la langue et l’environnement. La création de richesse, le retour à l’équilibre budgétaire et le remboursement de la dette ne préoccupent pas la première ministre, c’est inquiétant.

Le Cabinet Marois : l’économie au poubelle et l’environnement et l’identité en avant-plan :

Ceux qui se préoccupent de la situation économique de la province doivent faire des cauchemars après avoir consultés la liste des ministres de Pauline Marois. C’est vraiment inquiétant de voir le nouveau gouvernement se foutre complètement de l’économie. L’économie mondiale est au ralenti à cause du désastre européen et les péquistes font comme si tout allait bien, c’est révoltant. La disparition du Ministère du Développement économique prouve bien l’indifférence du PQ sur ce plan.
Nicolas Marceau est le nouveau ministre des Finances. Celui-ci a un doctorat en économie de l’Université Queens. M. Marceau possède les connaissances nécessaires pour diriger ce ministère névralgique mais il n’a pas d’expérience de gestion dans le privé et dans le public. Le nouveau mandarin des Finances n’aura pas les reins assez solides pour imposer sa vision des choses dans une équipe qui méprise les sciences économiques.

La première ministre a nommé Stéphane Bédard à la tête du Conseil du Trésor. Celui-ci est un avocat de formation qui n’a aucune expérience dans ce domaine Pourtant, c’est lui qui devra approuver ou désapprouver les tentations dépensières de ses collègues. Il faut donner la chance au coureur mais on est très loin des Jacques Léonard et Joseph Facal qui ont occupé la même fonction dans le passé.

 

Pierre Duchesne est le nouveau titulaire de l’enseignement supérieur. Il a annoncé l’annulation de la hausse des frais de scolarité et maintenu la bonification des prêts et bourses (une mesure du gouvernement Charest pour atténuer les effets de la hausse sur les familles moins bien nantis). Les leaders étudiants ont crié victoire. Le ministre des carrés rouges a donné à la minorité étudiante ce qu’elle désirait. Il a dû fêter cette bonne nouvelle avec ses petits amis. La gauche radicale a manifesté le 22 septembre pour demander au gouvernement Marois rien de moins que la gratuité scolaire. Évidemment, cela a dégénéré en une émeute violente. Les éléments les plus radicaux ont lancé des projectiles sur les policiers. Notre chère première ministre s’est cachée dans le silence et l’obscurité. Elle n’est même pas capable de sortir publiquement pour dénoncer la violence, on a toute une cheffe d’état. Ce gouvernement a déjà cédé à la rue. Va-t-il donner à la CLASSE ce qu’elle veut afin de maintenir la paix sociale? En tout cas, la question se pose.

L’environnement sera une grosse priorité pour le gouvernement et la nomination de deux écologistes radicaux le prouve bien. Comment peut-on accorder le ministère des Ressources naturelles à quelqu’un qui déteste le développement économique? Pourtant, c’est exactement ce que notre chère PM a fait. Une militante verdoyante radicale (Martine Ouellet) a le mandat de fermer toutes les industries qui pourraient exploiter nos ressources naturelles et ainsi créer de la richesse. Mme Ouellet vient d’annoncer la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly 2 et fermer totalement la porte à l’industrie du gaz de schiste. Je suis convaincu que l’industrie pétrolière sera la prochaine victime de cette apôtre de l’environnement. Cela n’a aucune allure. Le Québec est une des provinces les plus pauvres du Canada. Notre dette collective s’élève à 253 milliards de dollars. Pour sortir notre société de sa torpeur, on doit exploiter nos ressources naturelles (tout en protégeant l’environnement, c’est une question d’équilibre) afin de créer de la richesse. Il faut que le Québec soit une terre accueillante (sur le plan fiscal) pour attirer des entrepreneurs qui vont créer de la richesse chez nous. Malheureusement, c’est le contraire qui va se produire.

Pauline Marois veut détruire notre économie avec ses mesures suicidaires qu’elle a annoncé cette semaine dont une hausse d’impôts rétroactive pour ces salots de riches qui ont le malheur de travailler fort pour réussir dans la vie. Durant les prochains mois, l’économie va être prise en otage par ces idéologues verdoyants et séparatistes qui vont imposer leur vision radicale malgré leur statut minoritaire au Parlement.

Le Parti libéral du Québec et la CAQ doivent défendre les intérêts de la majorité qui n’a pas voté pour le Parti québécois. Le gouvernement Marois est dangereux pour la province. Il faut absolument que ces deux partis s’associent pour bloquer les politiques odieuses, liberticides (la nouvelle loi 101) et radicales du parti au pouvoir que l’on peut qualifier de socialiste.

Le Parti québécois est rendu un vulgaire parti de gauche qui méprise l’économie, la classe moyenne et les entrepreneurs. Pauline Marois ne respecte pas les institutions démocratiques et son attitude durant le conflit étudiant et ses premiers gestes comme PM le prouvent bien. Le PQ a toujours été un parti politique respectable et modéré. C’est du passé tout cela.