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Lettre aux profs de l’UQAM

Par Philippe David

Messieurs, Mesdames,

Je prends le temps de vous écrire ces quelques lignes, question  de faire le point sur l’attitude que certains d’entre vous et votre syndicat ont envers la présente crise étudiante.  Tout me donne l’impression que vous n’avez pas exploré la question sous tous ses angles et j’aimerais pointer ce que je considère être quelques lacunes dans votre jugement.

Je n’ai absolument rien contre la liberté d’expression et celle d’association. Au contraire, tous ceux qui me connaissent savent qu’il n’y a que peu de défenseurs de toutes les libertés aussi fervents que moi. Aussi suis-je très qualifié pour vous affirmer que la liberté à tout crin n’existe pas. Toute liberté doit s’exercer dans le respect de celles des autres.  Ce qui signifie, n’en déplaise à la soi-disant Ligue des droits et libertés, que la liberté d’expression et d’association des étudiants  qui ont choisi de boycotter leurs cours ne peut s’exercer que dans le respect du choix des autres étudiants qui ont voté contre et qui choisissent de continuer leurs cours. Elle ne peut aussi que s’exprimer dans le respect de l’institution d’enseignement, que vous considérez vous-mêmes comme un sanctuaire. Ces étudiants ont donc le droit de s’exprimer paisiblement, mais n’ont pas le droit moral d’utiliser la force et l’intimidation pour faire annuler les cours et vider les classes manu militari. Ils n’ont pas non plus le droit de verrouiller les portes, barricader les couloirs ou détruire la propriété sur les lieux. À partir du moment où les étudiants se livrent à ce genre d’activités, leur droit de manifester n’existe plus et il est parfaitement justifié de sanctionner leur comportement qui est inacceptable dans un soi-disant « sanctuaire ».

Considérant que ce n’est certainement pas la direction de l’université qui a initié le boycott des cours ou choisi d’empêcher certains étudiants d’assister à leurs cours alors qu’elle a l’obligation morale de satisfaire le contrat qui la lie aux étudiants, l’université avait parfaitement le droit d’imposer toute sanction que la direction juge raisonnable contre tout étudiant qui ne respecte ni les droits des autres étudiants, ni l’institution et les règles qui la régissent. Je me demande donc sérieusement selon quelle logique les gens éduqués que vous êtes peuvent cautionner et défendre ces étudiants?

Le rôle de l’université n’inclue-t-il pas celui d’éduquer? N’est-ce pas là une très noble mission? N’est-ce pas votre propre vocation en tant qu’enseignants? Comment se fait-il donc que vous preniez la part d’étudiants qui ne semblent pas vouloir étudier contre ceux qui veulent vraiment le faire? Votre rôle n’est-il pas justement d’aider ces derniers à s’accomplir plutôt que de leur nuire? Vous êtes-vous seulement arrêtés à réfléchir au tort que vous leur causez alors que tout ce qu’ils cherchent à faire est de continuer paisiblement leur éducation? Si vraiment ces étudiants veulent vraiment changer le monde, je les félicite, mais n’arriveront-ils pas mieux à changer le monde en graduant avec honneur et en devenant d’influents penseurs, journalistes, avocats, entrepreneurs, ingénieurs  ou même des politiciens, que brandir des pancartes dans la rue?

Après les incidents de la semaine dernière, qui voudra fréquenter votre université, mis à part les fauteurs de troubles qui semblent se complaire à simplement user leur fond de culotte? Chose certaine, je n’encouragerai certainement pas mes enfants à y aller et je ne serai pas le seul. Peut-être n’avez-vous pas non plus songé au fait que la réputation de votre université étant entachée à la fois par les actes de certains étudiants et par votre propre complaisance, les étudiants diplômés de votre institution feront face à des préjugés lorsqu’ils postuleront pour un emploi? Sans oublier que ceux que vous encouragez à faire des méfaits souffriront  peut-être le stigmatisme additionnel d’avoir un casier judiciaire. Après tout, ils n’ont pas tous un papa influent.

Loin de moi de vouloir vous prêter des intentions, mais votre appui des étudiants en boycott contre « l’austérité » n’est-il pas dans votre propre intérêt plus que le leur? N’est-ce pas vous qui risquez de perdre vos acquis et vos pensions si le gouvernement faisait un véritable effort d’assainissement des finances publiques? Les jeunes, au contraire, auraient beaucoup à gagner de ne pas payer les taxes et impôts additionnels que le statu quo va certainement leur livrer dans un futur pas trop distant. À moins que ce ne soit pour réaliser un vieux rêve de soixante-huitard? Agissez-vous vraiment dans leur intérêt ou le vôtre? Prenez-donc, s’il vous plait, le temps d’y réfléchir.

Le droit de tout casser?

Par Philippe David

 Cette fois-ci, je serai sans pitié pour les étudiants impliqués dans l’occupation des locaux de l’UQAM.  N’en déplaise aux professeurs qui dénoncent l’usage de la police par le recteur de cette université, il n’existe pas et n’a jamais existé un droit de tout casser. Saccager n’est pas une forme de libre expression. L’usage de la force et de l’intimidation n’est pas l’apanage de gens civilisés mais celui de brutes écervelées qui n’a aucune place dans une institution supposément vouée au savoir. 

Un privilège

Les études supérieures collégiales et universitaires ne sont pas un droit, elles sont un privilège chèrement payé par les contribuables. Un privilège que ces étudiants ne méritent carrément pas. Je me demande si ces étudiants seraient là à tout casser, s’ils avaient à supporter le véritable coût de leurs études? Seraient-ils là à se pogner le beigne s’ils devaient payer $10 000/an (ou plus)? Leurs parents seraient-ils complaisants à leur égard? J’en doute fort! Mais quand quelque chose est gratuit ou presque, nous avons tendance à y attribuer très peu de valeur. S’ils devaient vraiment travailler pour payer pour leurs études et que leurs parents devraient ré-hypothéquer leur maison pour leur offrir cette chance, ils verraient les choses d’un tout autre oeil.

Quel droit de grève?

Soyons clairs, si des associations étudiantes existent pour résoudre des litiges entre les étudiants et la direction d’un établissement d’enseignement, elles ne sont pas des syndicats de travailleurs.  Elles ne sont pas régies par les même lois. L’étudiant n’est pas un travailleur. Il est un client qui reçoit un service. Il a parfaitement le droit de boycotter ce service, s’il en est insatisfait, après tout, ce c’est lui qui en subira les conséquences, mais ils n’a aucun droit d’empêcher les autres étudiants de bénéficier de ce service.

Personne n’a le droit moral de brimer les libertés des autres. C’est pourquoi les associations ne bénéficient d’aucun droit de grève. C’est donc absurde de vouloir baliser un droit qui n’existe pas. Le baliser, ce serait de reconnaître son existence. Les lois existantes désignent déjà l’usage de la force et de l’intimidation par certains étudiants pour interrompre les cours comme des actes criminels, agissons en conséquent! Si les coupables sont des étudiants, ils méritent au moins d’être expulsés (allez voir à Yale ou Harvard ce qui arriverait à des étudiants qui agiraient de la sorte). Si des professeurs s’interposent ou encouragent des méfaits, ils méritent également des sanctions. C’est pourtant simple, il me semble!

Une légitimité contestable

Lorsqu’on voit les exécutifs d’associations étudiantes manipuler les votes de boycott, ou même les ignorer. Quand on les voit endosser tacitement, si ce n’est pas explicitement les casseurs. Quand on les voit se conduire en matamores envers les étudiants qui les opposent.  Quand on les voit faire des revendications qui ne sont même pas du ressort de la direction  de leur institution d’enseignement, je me demande si on ne devrait tout simplement pas remettre leur légitimité en question.

Il est plutôt clair que les associations étudiantes ne remplissent d’aucune façon le rôle qu’elles sont supposées remplir lorsqu’elles s’attaquent à des causes aussi nébuleuses que l’austérité budgétaire du gouvernement en place ou la consommation d’hydrocarbures en saccageant leurs institutions et en intimidant un grand nombre de ceux qu’elles sont supposées représenter. Je me demande si on ne devrait tout simplement pas les abolir ou du moins, retirer l’accréditation de celles qui sont fautives.  On devrait aussi leur faire supporter le coût de leurs frasques en leur faisant payer pour les dommages causés par leurs actions. Être ministre de l’éducation, j’y songerait sérieusement.

 


Photos: Agence QMI
Caricature: Beaudet

L’abrutissement étatique

Par Philippe David

Ok, ils ont apparemment gardé les treize pires sur un échantillon de 15, mais ça ne vole définitivement pas très haut. Disons que ça ne dépeint pas un très beau tableau de notre système d’éducation…

Quand tu poses des questions d’histoire du Québec (niveau sec V) à quelqu’un qui dit aspirer à vouloir enseigner cette matière et qu’elle n’est pas capable de répondre.

Quand des étudiants de sciences humaines sont incapables d’identifier le ministre de l’éducation et le premier ministre du Québec.

Quand on rencontre quelqu’un de niveau collégial ou plus qui ne sait même pas la différence entre les accents de sa propre langue maternelle (qu’on enseigne en première année du primaire).

Quand des étudiants qui manifestent contre l’a-u-s-t-é-r-i-t-é ne savent même pas épeler le mot et encore moins ce qu’il signifie.

On voit dans toute sa splendeur la supercherie qu’est l’éducation gérée par l’état. Le gouvernement n’a aucun intérêt à former des penseurs critiques car les penseurs critiques voient dans son jeu. Il veut des ignares qui vont gober sa salade et en redemander.

L’art de tourner en rond

Par Philippe David

Chaque fois que j’écoute les nouvelles à la télé et à la radio. Chaque fois que je lis un journal ou que navigue sur les médias sociaux, je ne peux que me désoler de constater à quel point nous sommes gouvernés par des gens souffrant d’un effarant manque de vision et de cohérence. Et puis je me rends compte que la vision et la cohérence ont toujours été les premières victimes de la politique.

Ici au Québec, nous sommes passés maitres dans l’art de tourner en rond et courir après notre propre queue. Plus ça change et plus c’est pareil et pendant ce temps, nous nous enfonçons à force d’user le tapis et le plancher en dessous. Bientôt, nous serons dans la cave en train de creuser la dalle de béton.

L’obsession nationaliste

Dans les quelques dernières semaines, par exemple, nous avons été d’une véritable crise obsessionnelle de la part des souverainistes Québécois envers la campagne référendaire écossaise. On aurait juré de par leur ferveur, que c’était le Québec qui votait plutôt que l’Écosse. Pourtant, qu’est-ce que ça aurait changé dans nos vies? Absolument rien! Le Québec n’est pas l’Écosse et nous n’avons d’ailleurs que très peu en commun avec les Écossais, à part d’avoir voté non. Mais un bon nombre de souverainistes se sont tapé un petit voyage en Écosse pour finalement y être déçus. Au fait, je me demande qui a payé le billet d’avion des députés péquistes en présence. Il me semblait que le peuple québécois les payait pour être présents dans leurs comtés et à l’Assemblée Nationale et non en Écosse. M’enfin!

Malgré tout, ils sont revenus ne parlant encore que de référendums et de souveraineté. Il parait, selon PKP, que nous n’en avons pas encore suffisamment parlé! Dites-moi les mecs, de quoi avons-nous parlé d’autre depuis 50 ans? Certainement pas de finances publiques en tout cas. Le débat national a occulté à toute fin pratique tous les autres débats qu’ont les sociétés normales, mais apparemment, ce n’est pas assez. Vous faudra-t-il un autre cinquante ans pour réaliser qu’on est prêts à passer à autre chose?

L’accident cérébro-vasculaire

Chaque fois qu’il est question de remettre les finances publiques en ordre, nous assistons à une sorte de crise d’apoplexie. Tout le monde hurle pour garder ses bonbons et le Québec paralyse. Présentement, ce sont les employés municipaux qui font la danse du bacon, mais attendez, bientôt ceux du provincial vont s’y mettre. Et le pire, c’est que jusqu’ici, on ne leur a pas vraiment demandé de gros sacrifices.

En Suède, que beaucoup de socialistes brandissent en exemple, ils ont enlevé la sécurité d’emploi aux fonctionnaires, converti leur régime de retraite en régime à cotisations déterminées. Ils ont également privatisé plusieurs services publics. Imaginez si on proposait de faire ça au Québec, vous croyez que ça passerait?

Pourtant, c’est ce que nous aurions besoin de faire. Notre système de santé et d’éducation ont besoin d’une réforme en profondeur pas de petites retouches cosmétiques. Les retraites des employés de l’état ont besoin d’être réformées, pas seulement pour assurer leur pérennité, mais pour aussi ramener une certaine équité et justice avec les travailleurs du secteur privé qui ne bénéficient pas de plans de retraite plaqués or, mais qui paient peur ceux des autres. Les députés de l’Assemblée Nationale doivent cependant donner l’exemple en réformant leur propre plan de retraite. Il faudrait aussi se demander si nous avons vraiment besoin d’autant de députés. Après tout, nous n’en avons que 75 à la Chambre des Communes.

Nous pourrions facilement sabrer dans l’aide aux entreprises, beaucoup trop généreuse ici et dans beaucoup d’autres programmes inutiles et onéreux. Tout ça permettrait aux contribuables de souffler un peu, si on diminuait les taxes et impôts d’autant.

La loi de l’inertie

Mais tout gouvernement qui voudra entreprendre ces changements devra s’attendre à l’inertie de la bureaucratie et des syndicats. Je serais surpris de voir les fonctionnaires très enthousiastes à l’idée d’être peut-être obligés de faire leurs boites. C’est pourquoi le gouvernement devra faire preuve d’intelligence, mais honnêtement, je n’ai pas trop d’espoir. Trop de gens ont intérêt à ce que rien ne change. Après tout, 75 % des impôts sont payés par juste 10% des contribuables, ça fait beaucoup de gens qui reçoivent bien plus de l’état qu’ils n’en paient.

Depuis pas mal longtemps, j’ai perdu espoir que l’état puisse se réformer lui-même. Il faudra une force extérieure ou un effondrement pour que quelque chose se passe. Nous verrons bien lequel des deux arrivera le premier.
Crédit photo : Auteur inconnu

Déséducation

 

Par Philippe David

Deux nouvelles récentes attirent mon attention cette semaine. La première est qu’on a appris que 18% des diplômés universitaires sont fonctionnellement illettrés. Nouvelle absolument désolante. La seconde est la controverse autour des écoles juives subventionnées qui refusent d’enseigner le curriculum prescrit par le MELS.

Ces deux nouvelles ne sont en réalité que deux facettes du même problème : l’éducation étatisée. D’un côté, une société devrait sérieusement s’interroger comment des personnes incapables de lire et comprendre un texte simple arrivent à s’enrôler à, encore moins de graduer de, l’université. Comment peuvent-ils seulement passer à travers sept années d’école élémentaire (n’oublions pas la maternelle), cinq années de secondaire et deux années de Cegep (quand ce n’est pas quatre ou même six!) et ne pas être en mesure de lire un article de journal et encore moins d’en écrire un sans trop faire de fautes? Être illettré après quatorze ans de scolarité, faut le faire! Comment est-ce même possible! Ça en dit long sur notre « système d’éducation », vous ne trouvez pas?

Pendant ce temps, on déplore que certains enfants juifs hassidiques ne reçoivent pas une éducation adéquate dans des écoles juives à vocation religieuse. Vous savez quoi? Je n’ai pas grands contacts avec des juifs ultra-orthodoxes, quoique j’en ai rencontré plusieurs professionnellement, mais je parie que ces jeunes peuvent probablement lire et écrire mieux que beaucoup de gradués du Cégep dans notre système laïc et dans bien des cas, en trois langues : anglais, français et hébreu. Je me demande alors qui souffre d’une si mauvaise éducation?

Un système désuet

Imaginez un instant les remous qu’il y aurait si on vous disait qu’à partir de demain matin vous n’aurez accès qu’à des médias contrôlés par l’état. Télévision d’état, radio d’état, journaux et magazines d’état et seulement des livres publiés par l’état. Le « wet dream » d’Amir Khadir et Françoise David, quoi! Descendrait-on dans les rues? N’hurlerions nous pas à la censure? Ne déplorerions-nous pas le manque d’accès à d’autres sources d’information? Ne nous insurgerions nous pas contre cette soviétisation des médias? J’ose espérer que oui!

Pourtant, c’est exactement ce genre de modèle que nous suivons lorsque nous confions le monopole de l’éducation à l’état. Un modèle où il n’y a qu’un seul curriculum accepté et où tout le monde doit tenter d’entrer dans le même moule. L’état ne peut pas répondre à des besoins particuliers. Ce serait faire de la discrimination, et l’état doit toujours traiter les gens également, n’est-ce pas? (Dans la réalité, c’est faux puisque l’état fait de la discrimination positive à qui mieux-mieux dans les autres domaines, mais pas vraiment en éducation) À preuve, essayer d’exposer un autre point de vue que la théorie anthropique du réchauffement climatique dans nos écoles et voyez si vous recevez beaucoup d’invitations. Je connais des gens qui en ont fait les frais. Pourtant, ne devrait-on pas enseigner et débattre de tous les points de vue dans nos écoles? Pas seulement la version approuvée par les bureaucrates?

L’erreur est de croire que l’éducation, c’est seulement ce qui doit être enseigné à l’école. Apprend-t-on à équilibrer un chéquier à l’école? Est-ce que certains individus pourraient apprendre mieux dans un environnement autre qu’une classe? Dans les entreprises, il existe déjà toutes sortes de méthodes de formation pour les ressources humaines.

Dans certains cas, ne serait-il pas mieux qu’une école se concentre sur les compétences de base comme la lecture, l’écriture et les mathématiques et que le reste de l’apprentissage se poursuive sur le marché du travail (pour les corps de métiers comme plombier, menuisier ou électricien) ou une école technique? Pourquoi ne pourrait-on pas avoir des écoles avec des choix de matières au-delà des compétences de base, et où les étudiants pourraient apprendre à leur propre rythme avec un enseignant simplement pour répondre à leurs questions? Tant qu’on y est, pourrait-on s’éduquer via internet à la maison? Pourquoi devrait-on se plier à un curriculum fixe et rigide? Comment faire pour savoir quelle méthode est la plus appropriée pour votre enfant? Le niveau d’illettrisme fonctionnel effarant de 49% au Québec est-il dû au fait que nous sommes plus stupides que les autres ou est-ce dû au fait que près de la moitié de la population n’entre pas dans le moule du MELS? Ne devrions-nous pas être libres de pouvoir faire des choix dans l’éducation de nos enfants plutôt que de nous faire imposer du « one-size-fits-all »?

La liberté de choix

Il y en a qui croient que l’éducation est une mission trop importante pour être confiée à autre chose que l’état, pourtant, mon grand-père, par exemple, était un homme très cultivé malgré le fait qu’il a quitté l’école en 6e année pour aller travailler au CN pour aider à soutenir sa famille, ayant 20 frères et sœurs. Ce qu’il n’a pas appris à l’école, il l’a appris de façon complètement autodidacte. Ayant débuté au CN comme « call-boy » (celui qui allait réveiller les équipages de train), il est devenu chauffeur, puis ingénieur, puis un poste de cadre au siège social. Pas mal à l’époque pour un canadien français. Tout ça sans aucune aide du MELS. Anecdotique, j’en conviens, mais juste pour dire que nous ne deviendrions pas forcément une nation d’illettrés si ce n’était pas l’état qui contrôlait l’éducation. Dans les faits, c’est plutôt le contraire qui se produit.

Nous vivons dans une société de diplômes à rabais dont la valeur va en diminuant de plus en plus avec le nivellement par le bas. De nos jours, il est presqu’impossible d’obtenir un emploi sans un diplôme d’études secondaires, ce qui est supposé assurer que nous arrivions sur le marché du travail avec au moins un minimum de compétences. Dans la réalité, notre système rigide produit tellement de décrocheurs qu’on doit abaisser les critères d’évaluation pour arriver à maintenir le taux de décrochage assez bas. Le résultat est que le diplôme ne vaut pas plus que du papier de toilette. Peut-être que les entreprises devraient être moins obsédées par les diplômes et faire plus de formation elles-mêmes?

Quoiqu’il en soit, nous serions certainement mieux servis si quelque chose d’aussi important que l’éducation n’était pas dans les seules mains de l’état. Une mission aussi importante dans les mains de n’importe quel monopole devient assez vite un outil d’endoctrinement. Contrôlez l’éducation d’une nation et vous pourrez en faire des moutons dociles qui ne questionnent pas l’autorité. C’est indéniablement dans l’intérêt de la classe dirigeante de maintenir ce genre de situation. Une libéralisation de l’éducation, avec le chaos d’idées qui en résulterait serait très dangereuse pour nos maitres. C’est pourquoi nous ne verrons pas cette idée prendre racine de sitôt.

Ce qui me ramène aux écoles juives. Dans un système d’éducation libre, ce genre d’école aurait certainement le droit d’exister mais pas aux frais des autres. Que les juifs hassidiques veuillent éduquer leurs enfants à leur manière est leur droit autant que d’éduquer nos enfants à notre propre manière. Aussi marginaux qu’ils puissent être, ils ne peuvent tout de même pas complètement échapper au « mainstream ». Même les amish de Pennsylvanie doivent quand même faire certaines concessions à la vie moderne. Mais il ne nous appartient pas de leur imposer notre mode de vie. En revanche, nous n’avons aucune obligation de financer leurs écoles. Je crois que ce serait certainement mieux ainsi.

La spéculation invisible

Par Jean-Louis Caccomo

NDLR: Jean-Louis Caccomo est un économiste et écrivain français qui enseigne à l’Université de Marseille et l’Université de Perpignan. Ce texte que nous publions avec sa permission, discute des effets pervers de la gratuité universitaire en France, sujet plutôt pertinent ici au Québec. Nous lui souhaitons la bienvenue sur Contrepoids.

Imaginez que des parents financent les études de leurs enfants, en fermant les yeux, sans se soucier d’orientation, de réussite et de projet personnel. Si de tels parents ont à assumer l’intégralité du coût des études de leur progéniture, alors il arrivera un moment où ils demanderont des comptes. Ce n’est pas qu’ils soient économistes de formation, mais c’est dans la nature des relations humaines : si mon enfant me réclame tous les jours de l’argent de poche, je veux en connaitre son utilisation. S’il veut être libre d’affecter l’argent aux usages qu’il désire, alors il devra gagner lui-même son propre argent. Tel est le prix de la liberté : il faut donner en contrepartie du temps à la collectivité. C’est le sens du travail : la vraie solidarité. 
 
En France où l’on pose par principe que l’éducation constitue un service public, les parents ne prennent plus en charge l’intégralité du coût des études, même s’ils le font indirectement en tant que contribuable. Mais le contribuable n’a ni la même liberté ni la même responsabilité que le parent. Et plus il assume par la force des choses le rôle de contribuable, plus il se désengage de son rôle (irremplaçable) de parent. Or plus l’implication financière des parents (ou des étudiants) se réduit au fur et à mesure que grandit la sphère de la prise en charge publique, et plus le sens de la responsabilité est émoussé, entrainant une spéculation collective digne du pari pascalien.
 
Car, il y a la spéculation que l’on voit et que l’on s’empresse de dénoncer à chaque secousse boursière, et il y a la spéculation invisible que l’on ne contrôle plus mais qui engloutit pourtant notre argent à tous puisqu’il s’agit de l’argent public. Or n’oublions jamais que l’argent public n’est pas l’argent de l’Etat, mais l’argent que l’Etat nous a prélevé pour le gérer en notre nom afin de financer des biens et services publics qui ne sauraient être produits et gérés par les acteurs privés. Admettons qu’il existe des biens et services publics qui ne sauraient être produits et gérés par des acteurs privés, rien ne garantit pour autant que l’Etat soit rigoureux et compétent dans la gestion de tels biens, surtout s’il s’en accorde le monopole créant les conditions d’une absence totale de contre-pouvoir et d’obligation de résultats.
 Chaque année, la France consacre un budget important aux étudiants sans aucune évaluation de son résultat, juste pour faire du quantitatif, faisant croire au passage à certains jeunes esprits qu’ils sont faits pour les études alors qu’ils sont tout bonnement égarés dans des filières de complaisance ou des formations sans débouchés. Je fais ce constat amer sans réjouissance aucune. Mais chaque année, je suis convoqué pour les examens de rattrapage. Je compose de nouveaux sujets et je viens surveiller les épreuves (ce qui constitue un temps précieux pris sur mon temps de chercheur). Et chaque année, j’observe que la moitié des étudiants (par rapport au nombre d’étudiants officiellement inscrits) que l’on cherche pourtant à repêcher, ne s’est pas dérangée.
 
Je suis sans arrêt à l’affût d’étudiants motivés et qui veulent s’en sortir, et je consacre à cet effet une grande partie de mon temps à la coopération académique à l’étranger, notamment dans les pays émergents (en Thaïlande, en Syrie, en Algérie, au Maroc ou aux Comores…) où je rencontre d’excellents étudiants [1]. Par respect pour ces étudiants étrangers, sérieux et motivés, il faut aussi dénoncer ceux qui utilisent l’inscription à l’université française pour obtenir une carte de séjour et contourner ainsi les lois sur l’immigration, la motivation pour les études étant plus que secondaire (puisque ces étudiants inscrits ne viennent pas en cours). A leurs yeux, la qualité et la générosité du modèle social exercent plus d’attraction que l’excellence annoncée de notre système d’enseignement supérieur. Un économiste ne saurait leur reprocher d’être rationnel. C’est à nous de changer un système qui envoie des incitations qui ne sont pas de nature à faire émerger les meilleurs éléments et les meilleurs comportements. Il faut donc sélectionner et cela s’applique aussi aux étudiants français, sans discrimination fondée sur l’ethnie, le sexe, la religion ou la couleur de la peau. Seules les qualités personnelles et individuelles, les compétences acquises et la motivation comptent (c’est cela la vision humaniste et positive de l’individualisme), et elles peuvent être partout.
 
C’est pourquoi je suis aussi sévère à propos de ces étudiants français, qui se disent inquiets pour leur emploi et les perspectives de carrière, mais qui évitent les filières de formation offrant des débouchés alors que les secteurs concernés par ces formations peinent à trouver du personnel qualifié français. Alors en effet, un critère de sélection fondé sur la race, l’origine ou la religion ne saurait être pertinent ni moralement acceptable. Il faut encourager les cerveaux d’où qu’ils viennent, mais aussi savoir refuser ceux qui n’ont pas le niveau requis pour entrer à l’université, d’où qu’ils viennent aussi. Il ne peut y avoir deux poids, deux mesures. C’est en cela que la sélection est juste et nécessaire, et il ne peut y avoir d’orientation efficace sans évaluation des compétences et des motivations. L’orientation efficace implique une sélection juste.
 
Encore faut-il vouloir changer les choses. Car l’administration universitaire est complice dans la mesure où la dotation budgétaire que reçoit chaque université – autrement dit la part du gâteau que constitue la manne publique – est fonction du nombre d’inscriptions. Voilà comment on déchaîne un processus qui déclenche un dérapage de la dépense publique sans aucune garantie de résultats en termes d’orientations et de compétences acquises dans une spirale inflationniste que plus personne ne contrôle dans la mesure où un système de gestion collective centralisée efface le principe même de responsabilité. Dans le même temps, alors que notre pays ne se sort pas du problème lancinant du chômage, qui constitue un véritable cancer pour notre société, les entreprises installées en France sont obligées de faire appel à la main-d’œuvre étrangère dans un nombre croissant de secteurs (santé, hôtellerie et tourisme, bâtiment, banque…) et pour des postes qualifiés, à défaut de trouver les compétences (ou les motivations) requises chez nous.
 
Si l’on est donc en droit de reprocher aux banques de prendre des risques inconsidérés en prêtant à des ménages insolvables, on doit de la même manière épingler les comportements similaires en matière de capital humain, surtout que ce dernier constitue notre capital le plus précieux [2]. La frontière entre l’investissement public et le pur gaspillage est bien fine. Au nom d’une conception erronée et caricaturale de la démocratisation de l’université, la collectivité se retrouve à financer des études d’individus qui n’en ont aucunement le profil, les capacités et les conditions intellectuelles requises.
 
La dépense publique est un investissement (publiquement rentable à terme) dans la mesure où elle sert à financer les études de ceux – d’où qu’ils viennent – qui auront les aptitudes et la volonté de réussir. Grâce à leurs compétences acquises à l’université, et valorisées sur le marché du travail, ils deviendront demain de futurs contribuables, ce qui est une façon de rembourser la dépense initiale et de rentabiliser l’effort de la collectivité. C’est aussi cela être solidaire : on rend à la collectivité (par les impôts) ce qu’elle vous a avancé (en dépenses d’éducation et de formation).
 
Mais pour que cela fonctionne, encore faut-il évaluer et orienter, en d’autres termes, sélectionner, ce qui n’interdit aucunement d’ouvrir le plus largement possible le panel de sélection. La sélection n’est pas anti-démocratique tandis que les plus modestes feront toujours les frais de la non-sélection [3].
 
Dans le cas contraire, la dépense publique sera réalisée en pure perte si elle ne génère pas un flux de revenus futurs, prenant le risque d’augmenter encore – et au-delà du supportable – la part de la population définitivement à la charge de la collectivité (de futurs chômeurs bardés de diplômes).
 
 
 
[1] Il faut dire que, dans la plupart de ces pays, le système d’enseignement supérieur est resté très sélectif, le plus souvent calqué sur le fonctionnement des universités américaines de sorte que les étudiants refusés dans leur propre pays cherchent à tenter leur chance en France où il y a moins de sélection.
 
[2] On leur reprochait jadis de ne prêter qu’aux riches… Mais effectivement, le métier de financier implique l’évaluation des projets d’investissement en vue de faire la sélection des projets les moins risqués, l’épargne étant une ressource rare alors que ses usages peuvent être nombreux. La finance organise donc l’orientation de l’épargne aux meilleures affectations possibles.
 
[3] La sélection s’impose même moralement dans le système public où le coût des études est pris en charge par l’Etat. En effet, je ne peux pas être libre d’étudier ce que je veux avec l’argent des autres : si je veux être entièrement libre dans le choix de mon orientation, alors je finance intégralement le coût de mes études. Il en est de même pour une entreprise. Si elle veut être totalement libre dans le choix de ses investissements, elle doit autofinancer ses projets. Si elle finance à crédit ou si elle ouvre son capital, elle devra rendre des comptes à sa banque pour obtenir un crédit ou à ses actionnaires pour continuer à bénéficier de l’accès au marché financier. Dans la mesure où l’on dépend des autres, on doit rendre des comptes aux autres.

Le catastrophique gouvernement Marois

Par Simon Leduc

Au lendemain des élections, Pauline Marois a affirmé qu’elle serait la première ministre de tous les Québécois et une cheffe d’État rassembleuse. En tout cas, le premier mois de gouvernance péquiste prouve le contraire. Depuis le 4 septembre, le Parti québécois tente de diviser les Québécois dans tous les domaines : l’économie (les riches vs les pauvres), l’environnement (les écologistes vs les créateurs de richesse), la langue (les français contre les anglais), etc. Les péquistes se foutent complètement de la majorité qui n’a pas voté pour eux et ils gâtent leur base avec de petits cadeaux (l’annulation de la hausse des frais de scolarité pour les étudiants, la fermeture de Gentilly 2 pour les écologistes et une hausse d’impôts des riches pour les gauchistes). Le Conseil des ministres a congédié le président du BAPE et le patron de la SQ pour les remplacer par des amis du régime. Les ministres Breton et Bergeron refusent d’expliquer leurs gestes. Bien non, ce gouvernement n’est pas obligé de ce justifier car il a l’appui d’une majorité de Québécois. Pour lui, 30.7% des voix est la majorité absolue. Depuis un mois, on a pu constater les dérives idéologiques du gouvernement péquiste et en voici un exemple.

Il faut plus de souveraineté et moins d’anglais à l’école :

En entrevue au quotidien Le Soleil, la ministre de l’Éducation Marie Malavoy a dit que l’enseignement de l’anglais serait aboli à la première année du primaire. Celle-ci désire freiner l’enseignement intensif de la langue de Shakespeare à la sixième année. Également, ce gouvernement veut que les cours d’histoire mettent plus l’emphase sur la souveraineté du Québec. Si je comprends bien, le Parti québécois préconise l’endoctrinement de nos enfants afin de les transformer en bons petits souverainistes. Cela n’a pas de maudit bon sens. Les séparatistes sont tellement obsédés par leur option qu’ils sont rendus à vouloir imposer leur idéologie à l’école, c’est indécent. Et ce n’est pas tout, les souverainistes veulent empêcher les jeunes d’apprendre correctement l’anglais. Les intentions de l’administration Marois sont claires : fabriquer de petits unilingues francophones et les isoler du reste de la planète. Allo les dinosaures péquistes, on ne vit plus dans les années 70, on est au 21e siècle bordel. Le mouvement souverainiste déteste l’anglais mais les jeunes Québécois n’ont pas à écoper pour cela.

Est-ce que Pauline Marois adhère aux idées radicales de sa ministre de l’Éducation? Il faut se rendre à l’évidence, la cheffe du PQ a perdu totalement le contrôle de son Cabinet. Comment peut-elle laisser ses ministres dire n’importe quoi sur la place publique? Pendant ce temps, Mme Marois se cache en Afrique, cela en dit long sur le leadership de cette femme. L’incompétence est prédominante dans l’équipe péquiste. Le Parti québécois est devenu une formation politique verdoyante, propagandiste, anglophobe et socialiste. Pauvre René Lévesque, il doit se retourner dans sa tombe en voyant ce qu’est devenu le PQ. Imaginez s’il avait formé un gouvernement majoritaire.

Pauline Marois premier ministre du Québec : Va-t-elle représenter le changement?

Par Simon Leduc

Pauline Marois premier ministre du Québec : Va-t-elle représenter le changement?

En 2011, Pauline Marois a connu une année horrible à la tête du PQ. Les démissions et des tentatives de putsch provenant de ses propres militants ont gravement fragilisé son leadership. Au lieu d’abandonner, Mme Marois s’est battu pour demeurer en poste et elle a réussi à imposer son leadership après de longues semaines de lutte contre le clan Duceppe. Il faut reconnaître la combativité et le courage du chef péquiste. Plusieurs chefs de parti auraient démissionné pour moins que cela. Les Québécois semblent avoir été impressionnés par sa détermination car le PQ est maintenant en tête dans les intentions de vote. Le dernier coup de sonde donne 39% des voix au PQ et il aurait formé un gouvernement majoritaire avec un tel taux d’appui. L’ancienne ministre des Finances pourrait sérieusement devenir premier ministre du Québec après les prochaines élections générales. Est-ce qu’elle représente vraiment le changement? Allons voir sa performance comme ancienne ministre.

Le passé ministériel de Pauline Marois : un bilan plutôt négatif :

Durant le dernier règne péquiste (de 1994 à 2003), Mme Marois a occupé tous les portefeuilles ministériels importants : la Famille, la Santé et l’Éducation.

Tout d’abord, son passage à la Famille a été un désastre. Elle a mis en place un monstre bureaucratique qui est très favorable aux grandes centrales syndicales : les Centres de la petite enfance. Ce programme social devait seulement bénéficier aux familles pauvres mais son caractère universel a complètement changé la donne. Toutes les familles du Québec ont eu accès aux CPE et cela a créé de gigantesques listes d’attente. La moitié des ménages québécois n’ont pas droit aux services de garde et se sont les moins bien nantis qui en paient le prix. De plus, ce programme devait coûter 290 millions de dollars par année lors de son instauration en 1997. Quinze ans plus tard, celui-ci coûte près de 2 milliards par an aux contribuables québécois . Les CPE ont été très bénéfiques aux alliés naturel des péquistes : les syndicats. Ceux-ci ont pu procéder à la syndicalisation massive des gardiennes travaillant dans les CPE. Les syndicats peuvent prendre les parents en otage en déclenchant des grèves surprises afin de bonifier leur salaire et vacances. Les grandes centrales syndicales se sont enrichies grâce à la politique familiale de Mme Marois.

Ensuite, l’actuel leader péquiste a mis en place la fameuse réforme scolaire qui est caractérisée par le renouveau pédagogique et par l’endoctrinement au multiculturalisme. La réforme Marois est un désastre dans tous les sens du terme . Elle a accentué le décrochage scolaire, principalement chez les garçons. Celle-ci a transformé l’école québécoise en un laboratoire du multiculturalisme ou l’égalitarisme radical règne en maître. Selon cette doctrine, tous les étudiants sont égaux et on doit les traiter en ce sens. . La disparition du redoublement scolaire et des classes spéciales pour les élèves en difficulté d’apprentissage le prouvent bien. On peut affirmer que le passage de Pauline Marois dans ce ministère a été un échec retentissant (les libéraux ont maintenu cette réforme en place à leur arrivé au pouvoir, il faut aussi le dire) et nos enfants dans les écoles en sont les victimes.

Subséquemment, afin de lutter contre le déficit, le gouvernement de Lucien Bouchard a mis à la retraite des milliers de médecins et d’infirmières. Le système de santé ne s’est jamais remis de cette décision dévastatrice. Il faut se rappeler que Mme Marois était ministre de la Santé quand les coupures ont eu lieu. Ce n’est pas nécessaire d’en rajouter.

Donc, le bilan ministériel du chef péquiste est très mitigé. Peut-elle vraiment faire mieux comme premier ministre du Québec. Poser la question s’est dit répondre. Elle ne représente pas du tout le changement mais bien la vieille garde politique qui est responsable de l’état de décrépitude de la province de Québec.

La reconstruction scolaire.

Le weekend dernier, j’ai eu le plaisir de participer à un forum sur l’éducation organisé par le Réseau Liberté Québec, section Grand-Montréal et j’avais promis d’écrire un article là-dessus. Une centaine de participants sont venus pour y écouter divers conférenciers s’exprimer sur les problèmes de notre système d’éducation. Ce fût aussi une chance de revoir certains bons amis. Les envolées verbales de Réjean Breton furent certainement le clou de la journée.

Des différentes personnes qui sont venus exposer leurs idées, Robert Deschamps, fondateur de la section Grand-Montréal a retenu mon attention avec un plan pour la reconstruction du système scolaire. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Robert Deschamps est un diplômé en Lettres et en Droit qui est enseignant de français. Il est également l’auteur du livre « Manifeste d’un Surtaxé » que je recommande d’ailleurs. Je vous le dis d’emblée, ce qu’il propose est loin d’un système libertarien. Ce n’est donc pas le modèle que je prônerais comme système idéal. Il est trop ancré dans l’étatisme. Mais je comprends que M. Deschamps a choisi ce modèle par pragmatisme plus que par conviction étatiste. Un modèle purement libertarien serait impossible à vendre au Québec actuellement. Ça demanderait un changement de mentalité majeur. Hélas, la libéralisation du Québec n’est pas pour demain. Donc, en attendant que fait-on?

Manifeste d'un Surtaxé

Il y a quelque mois, François Legault et sa Coalition pour l’Avenir du Québec ont fait quelques remous avec leurs propres propositions de réforme. Les proposistions de M. Deschamps ont certainement des points communs avec celles de la CAQ. Selon lui, il faut également éliminer les commissions scolaires. Il faut également évaluer les enseignants et mieux les rémunérer. Mais c’est là que les similarités s’achèvent.

Le modèle que Robert Deschamps propose relèguerait le Ministère de l’Éducation à la définition des orientations et des programmes scolaires; à gérer l’évaluation des étudiants avec l’aide d’un examen national pour chaque matière et chaque niveau; et finalement, allouer les ressources financières aux écoles.

Les écoles seraient relativement autonomes et seraient responsables d’embaucher leur propre personnel sous réserve d’un plafond salarial, de dispenser les cours et d’entretenir leurs bâtiments. En plus du budget alloué par le ministère, elles pourraient supplémenter à l’aide de diverses campagnes de financement afin d’offrir des activités supplémentaires. Les différentes écoles seraient mises en compétition les unes avec les autres, puisque les parents pourraient confier leurs enfants à l’établissement de leur choix.

Les étudiants seraient évalués bi-anuellement  à l’aide d’un examen national objectif issu du Ministère. Seule la réussite à ces examens déterminerait l’avancement des élèves. Le taux de réussite à ces examens, déterminerait la rémunération des professeurs et du personnel de direction de l’école.

Les enseignant seraient rémunérés selon un salaire de base de $40 000/an pour un taux de réussite de 60% et recevraient un boni de $1000 pour chaque point de pourcentage excédant 60%  jusqu’à 90% et $2000 pour chaque point de pourcentage au-dessus de 90%. Ceux qui auraient un taux de réussite de moins de 60% se verraient  pénaliser de $500 par point de pourcentage sous 60%.  Ceci n’est qu’un exemple cependant. Les véritables montants pourraient être changés.  L’idée ici étant de donner un incitatif clair à l’excellence.

Le personnel de direction serait rémunérés de façon similaire, mais avec des bonis basés sur le taux de réussite de tous les élèves de l’école. Puisque l’évaluation des étudiants ne relève pas du personnel de l’école, il ne peut pas y avoir de situation ou un prof ou un directeur fait « passer » un élève arbitrairement. La seule façon d’augmenter le taux de réussite est d’enseigner la matière de façon à ce qu’elle soit assimilée par le plus grand nombre d’élèves.

Le système abriterait aussi quatre types d’écoles qui desserviraient les étudiants selon leurs aptitudes et besoins particuliers.

Comme je le disais plus haut, ceci ne constitue pas un système idéal à mon sens. M. Deschamps le qualifie lui-même d’embryonnaire. Il comporte cependant de bonnes idées sur lesquelles on peut bâtir. Il adresse certainement certains points faibles des propositions de la CAQ, particulièrement au sujet de l’évaluation et la rémunération des enseignants. Ce serait certainement un pas dans la bonne direction. Je ne peux qu’applaudir M. Deschamps pour ses efforts et son initiative.

Entrevue : Pourquoi l’État échoue à faire ce qu’il doit

Entrevue Joanne Marcotte

Ce que j’ai retenu du Forum sur l’éducation que tenait le Réseau Liberté-Québec Grand-Montréal samedi le 17 septembre dernier. Résumé de la présentation de Adrien Pouliot

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