Archives par mot-clé : Élections 2012

Ce qu’il faut retenir de l’élection

Par Pierre-Guy Veer

Bon, alea jacta est : les électeurs ont fait leur choix. Ils ont voté pour le PQ de Pauline Marois par une proportion relativement faible (moins de 1/3 des suffrages exprimés), laissant ainsi une opposition forte avec le PLQ et la CAQ – QS sera nettement plus proche du gouvernement que les deux autres partis. Que faut-il retenir de cette élection?

 

Tout d’abord qu’il n’y avait pas vraiment de choix. Tous les partis présents à la dissolution de la chambre, sans exception, avaient, à différents degrés, des intentions collectivistes. Tous proposaient des moyens pour « mieux » dépenser notre argent. Option nationale, bien que dirigée par un économiste, trempe dans le socialisme jusqu’au cou en voulant nationaliser les ressources naturelles et en accordant la gratuité scolaire totale; le tout sera payé en taxant les biens de luxe et avec un impôt des successions progressif[1]. QS propose sensiblement les mêmes choses, en plus de vouloir couper drastiquement nos gaz à effet de serre. Le tout sera payé par des impôts plus progressifs aux particuliers et aux entreprises; des mesures seront aussi mises en place pour que l’État récupère « son » dû[2]. Dans le cas de la CAQ, même si on semble vouloir ouvrir la porte à une participation du privé en santé, la structure bureaucratique ne sera pas foncièrement changée. Aussi prétend-elle que les gens ont « droit » d’avoir le produits d’autres humains, ce qui en fait un parti collectiviste[3]. Le PLQ n’est pas mieux : il s’imagine qu’il a trouvé une poule aux œufs d’or dans le Grand Nord. Il (donc, tous les contribuables) dépenserait plus de 25 G$ pour des retombées fort incertaines[4]. Toutefois, la palme du socialisme (et du nationalisme) revient, parmi les partis qui avaient espoir d’avoir le pouvoir, au PQ. Extension de la loi 101 au post-secondaire et aux petites entreprises, une taxe sur le « surprofit » des minières de 30%, une taxe de 50% sur l’exploitation des hydrocarbures avant impôts, augmenter les impôts… Tout pour que les Atlas du Québec quittent la Belle Province une fois pour toutes.

Bref, pour citer des amis anarchistes : peu importe pour qui on vote, le gouvernement restera au pouvoir. Car même un parti (marginal) de « droite » (prônant moins d’intervention) comme le PCQ n’aurait strictement rien changé aux structures des ministères de l’Éducation et de la Santé.

 

Une grande division du vote

 

Un autre point important de cette élection est la très grande division du vote. Comme les partis sont tous pareils sur l’axe économique, c’est sur l’axe politique qu’il faut regarder. Du côté des partis opposés à la séparation – la CAQ veut un simple moratoire –, on retrouve plus de 58% des suffrages exprimés. Si les deux n’avaient qu’un parti, une vingtaine de comtés, dont celui de Charlevoix de Pauline Marois, seraient passés aux mains du PLQ.

Mais c’est du côté des séparatistes que la division du vote est la plus évidente. En effet, simplement en additionnant les votes de QS, ON et du PQ, ce dernier aurait facilement formé un gouvernement majoritaire. Aussi, ce sont aussi près d’une quinzaine de comté qui auraient basculé dans le camp séparatiste.

 

Toutefois, l’on peut se demander si ce peu de soutien relatif pour le PQ ne vient pas de sa radicalisation. En effet, alors que notre économie est rendue à se comparer aux économies lourdement endettées comme le Japon, la Grèce ou l’Espagne, le PQ a décidé de jouer à fond la carte identitaire. Peut-être les électeurs ont-ils réalisé que, dans notre monde où l’anglais et même une autre langue sont nécessaires, limiter les choix pour les gens est une mauvaise chose.

 

Les humains ne sont plus rationnels

 

Par ailleurs, l’autre point marquant de la soirée a évidemment été la tentative (apparente) d’assassinat contre Pauline Marois par Richard Henry Bain. La phrase qu’il a lancée (« Les anglophones se réveillent enfin ») a amené les spéculations les plus folles tant à gauche[5] qu’à droite[6]. Toutefois, dans les deux cas, on suppose que M. Bain est un automate qui obéit au premier caprice qui lui passe par la tête. À moins qu’il ne souffre de problème mentaux, il était complètement maitre de ses actions. Qu’il ait été influencé ou non par un quelconque commentaire est sans aucune importance. Il est un être rationnel, et a agi en connaissant pleinement quelles seraient les conséquences de son geste. C’est lui qui a pris le fusil et tiré, pas Pauline Marois ou un animateur de radio. C’est lui qui sera jugé; c’est lui qui pourrait éventuellement être reconnu coupable, personne d’autre.

 

En conclusion, l’élection québécoise de 2012 en aura été une bien étrange. Malgré une forte impopularité de Jean Charest et du PLQ, ce parti a néanmoins 50 sièges. Le PQ, de son côté, n’en a que 54, en plus de n’avoir que 0,7% de vote de plus que le PLQ. Bref, la gouvernance de la première femme à la tête du gouvernement du Québec – pour l’importance que ça a – risque d’être interrompue dès que le nouveau chef libéral sera bien en selle, que le PQ déclare une élection surprise ou qu’un vote de non-confiance se produise. C’est une bonne chose; les politiques trop radicales de sont parti aurait complètement détruit l’économie. Prédiction : dans un an.

Choisir de ne pas choisir

 

Par Philippe David

De mémoire récente, nous n’avons jamais vu une course aussi serrée pendant une élection. La démocratie a parlé et Pauline Marois est la première Première Ministre de l’histoire du Québec, mais seulement par la peau des fesses. Quand la poussière est retombée, seulement quatre sièges et  0,7% du vote populaire séparaient le gouvernement de l’opposition officielle. 

Contrairement à ce que Jean-François Lisée disait hier soir, le peuple n’a pas rejeté les libéraux, car on pourrait en dire autant de son propre parti. Le peuple  n’a pas vraiment choisi le PQ ou le PLQ ou la CAQ. En fait, le peuple a choisi de ne pas choisir. Le PQ l’a emporté par défaut parce que même à pourcentage quasi-égal des voix, il est improbable que deux partis récoltent le même nombre de sièges. En fait, avec la CAQ moins de 5% derrière les deux premiers, on pourrait quasiment parler d’une division égale du vote entre trois partis. Du jamais vu.

Comment expliquer un tel résultat? Il est clair que le peuple ne voulait plus des libéraux. Ils ont même voulu donner son 4% à Jean Charest, mais il est également clair qu’un gouvernement  péquiste dirigé par Pauline Marois ne leur tentait pas vraiment non plus. Quant à la CAQ, c’était un parti trop jeune pour pouvoir aspirer au pouvoir. Il n’avait tout simplement pas une machine électorale aussi bien graissée que le PQ ou le PLQ. Les vieux partis sont tout simplement mieux organisés pour sortir le vote, mais je soupçonne qu’ils ne perdent rien pour attendre. Malgré tout, pour un nouveau parti, la CAQ a très bien tiré son épingle du jeu.

En réalité, la surprise de la soirée fût la performance des libéraux, que les sondages donnaient pour morts. Probablement le gouvernement le plus honni de l’histoire du Québec (ce n’est  pas peu dire) et troisième dans les intentions de votes jusqu’à la toute fin de la campagne, les libéraux ont réussi à tirer les marrons du feu pour voler aux péquistes la majorité qu’ils convoitaient tant, leur laissant probablement le gouvernement minoritaire le plus faible de l’histoire.  Encore une fois, les sondeurs n’ont rien vu venir, ce qui appuie encore le vieil adage qui dit que le seul sondage qui compte est celui du jour du scrutin.

Le résultat est que bien que le PQ a remporté la victoire, ils découvriront que ce sera une victoire creuse. Ils seront menottés par leur trop faible majorité, au point qu’ils ne pourront que difficilement passer la plupart des points de leur programme. Le référendum, le renforcement de la loi 101 au cégep, les hausses d’impôt aux plus riches et peut-être même l’annulation de la hausse des frais de scolarité devront probablement être mis aux tablettes. Il est douteux que ces mesures soient appuyées par la CAQ. Les purs et durs du PQ devront ronger leur frein, ce qui me fait penser que Pauline ne fera peut-être pas long feu comme première Première Ministre. Si son gouvernement est défait tôt et qu’elle perd la prochaine élections, elle se retrouvera bien vite avec une cible dans le dos.

En fait, le sort de Pauline pourrait bien dépendre de Jean Charest. S’il refuse de démissionner, on pourrait facilement avoir des élections hâtives. Les libéraux semblent encore unis derrière leur chef. Si le PLQ fait une course à la chefferie, Pauline aura au moins quelques mois de répit. Nous verrons bientôt ce qui arrivera, mais je crois que la campagne électorale n’est pas terminée, elle ne fait que commencer. Par ailleurs, si Jean Charest décide de se retirer, il peut partir la tête haute, sachant que son parti est en très bon état. Un peu de sang neuf aura tôt fait de les remettre dans la course.

Sur une note plus sombre, j’offre mes sincères condoléances aux familles des victimes du cinglé qui a cru bon de venir foutre le bordel dans les célébrations du PQ. Ces victimes n’ont qu’été au mauvais endroit au mauvais moment.

Le coût de l’ignorance

 

 Ce texte a été envoyé à mon ami Éric Duhaime et circule présentement sur Facebook. Question de donner matière à réflexion alors que vous vous préparez à voter dans trois jours, je le reproduis ici. J’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur, mais je n’ai pas eu le loisir de lui demander la permission.

 

LE COÛT DE L’IGNORANCE
texte de Michel Roy

Les Québécois s’apprêtent à élire un gouvernement séparatiste et gauchiste, mené de l’intérieur par son aile socialiste radicale alias les purs et durs du PQ, infiltré de toutes parts par les Centrales syndicales et stimulé de l’extérieur par son satellite encore plus radical, Québec Solidaire.

Tout ça sous les hourras euphoriques des médias et des artistes qui ont joué un rôle majeur dans ce désastreux et très imminent résultat.

Nous savons tous qu’une très grande proportion de Québécois, unilinguisme oblige, n’ont jamais écouté, regardé ou lu, autre chose que les reportages locaux et ne sont jamais sortis de leur patelin, sauf pour aller dans des parcs de maisons mobiles unilingues francophones, en Floride. Ils n’ont jamais voyagé, ignorent ce qui se passe à l’étranger et se fient à des envolées patriotiques d’artistes qui ne connaissent rien à l’économie et dont la plupart ne pourraient survivre sans la charité publique, aussi appelée subventions.

Plutôt que de regarder les programmes et l’orientation des partis politiques, ils préfèrent les chasses aux sorcières et aux scandales et ne sont pas capables d’identifier ceux qui, depuis 40 ans, cherchent à «les embarquer dans la cage à homards», pour emprunter l’expression littérale du plus ardent des séparatistes, Jacques Parizeau, lui-même !

Ils ignorent totalement ce qui se passe en Grèce et en France, entre autres, et ne peuvent évidemment donc pas apprendre de ces exemples catastrophiques.

Aujourd’hui même, j’ai eu une longue conversation avec un grand ami qui possède une propriété en France et qui est très bien branché sur l’économie mondiale; ce qu’il me disait était sidérant:

Il y a un peu plus de trois mois, à peine, le socialiste François Hollande était élu comme Président de la France, porté par le même blitz médiatique et artistique anti-Sarkozy que celui anti-Charest auquel on assiste chez nous, surtout depuis 1 an. Or, après seulement un trimestre à l’Élysée, la cote de Hollande a déjà chuté à plus de 55% d’insatisfaction et plus de 5000 chefs d’entreprises français ont déjà complété ou entrepris de déplacer leurs sièges sociaux ou domiciles fiscaux, en Suisse et en Belgique. Et ça ne fait que commencer!

Vous les haïssez les «riches» ? Ceux qui ont étudié, travaillé, investi, risqué, persévéré et créé l’activité économique du pays ? Ceux qui travaillent à leur bureau ou à leur usine, pendant que vous protestez dans les rues ? Ceux à qui vous demandez de payer pour faire garder vos enfants jusqu’à ce qu’ils paient ensuite pour les envoyer à l’école ? Vous les haïssez ?

Et bien, faites-vous plaisir: crissez-les dehors, les riches: vous chercherez ensuite quelqu’un d’autre pour emplir l’assiette dans laquelle vous pigez de façon insatiable !

L’envie et la jalousie ne nourriront jamais personne, bien au contraire ! Et votre réveil sera brutal ! Mais trop tard !

Et quand j’entends les Marois, Khadir et leurs disciples dire qu’ils vont financer toutes leurs utopies en faisant payer les riches et les minières, je préfère de beaucoup, en rire qu’en pleurer. En 1970, convaincus qu’ils tenaient les compagnies minières par les bijoux de familles, les Africains ont décidé de leur imposer des exigences qui ne justifiaient plus l’énorme investissement et le risque très élevé auquel les minières sont confrontées dans cette industrie, la plus dangereusement spéculative au monde.

Que croyez-vous qui est arrivé ? Eh oui: les minières ont plié bagage et après 30 ans de disette, l’Afrique les a rappelés presqu’à genoux, pour pouvoir profiter de ces ressources qui n’ont aucune valeur si personne ne consent les investissements requis pour les extraire et les transformer!

Et il y a un tas d’autres exemple ! Mais comment apprendre de ce qui s’est fait ailleurs quand on n’est jamais sorti de sa cour ?

Au lieu de s’occuper du coût de l’éducation, d’ailleurs déjà le plus bas en Amérique, les Québécois seraient mieux de se préoccuper ……… du coût de l’ignorance !

Parti libéral : la trahison du libéralisme

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti libéral de Jean Charest. Après neuf années au pouvoir, plusieurs personnes affirment dans les médias que le PLQ souffre de l’usure du pouvoir. C’est en parti vrai, puisque le programme[1] ne propose que du réchauffé, en plus de ne pas vraiment se distinguer des autres partis.

 

En effet, le langage du programme trahit les intentions collectivistes du Parti « libéral » : « nous avons créé des emplois », « pour le Québec », « unir nos efforts », etc. Ces mots devraient suffire pour convaincre quiconque connait le moindrement l’économie que le PLQ n’est PAS néolibéral. Au risque de me répéter[2], le « nous » en politique n’existe pas dans une société libérale (classique). Quand quelque chose est entrepris, c’est par les individus ou par un groupe d’individus qui s’unissent consensuellement. Un « nous » utilisé par le gouvernement implique toujours des débordements.

 

Une vision rose de l’économie

 

Ces débordements sont particulièrement évidents dans l’économie. Un gouvernement peut effectivement créer 250 000 emplois bruts, mais ça ne sera fort probablement pas 250 000 emplois nets. Considérant l’absence (ou le peu) de revenus autonomes d’un gouvernement, ce dernier doit donc les prendre de force avec les impôts et les taxes. Ceci diminue la richesse des contribuables, et donc les possibilités d’investissements, pierre d’assise de la richesse moderne et donc de l’emploi. On pénalise ainsi les meilleurs et empêche peut-être même des entreprises de se créer[3].

 

Ce manque qu’on ne voit pas passe encore plus inaperçu si on ne s’attarde qu’aux chiffres du chômage. Comme le jovialiste en chef du Québec, Jean-François Lisée, Jean Charest se vante que le Québec est meilleur qu’en Ontario ou aux États-Unis. Mais comme Lisée, Charest oublie de mentionner que le Québec est en milieu de peloton au niveau canadien pour le chômage, loin derrière l’Alberta et la Saskatchewan. Aussi oublie-t-il de mentionner que le taux d’activité de la main-d’œuvre – les personnes de 15 à 64 ans se cherchant activement un emploi – est au 7e rang canadien, derrière l’Ile-du-Prince-Édouard et à peine devant la Nouvelle-Écosse. Si le Québec avait un taux d’activité semblable à celui de l’Alberta (73,3% et non 64,5%), il y aurait donc près de 590 000 personne d’incluse, ce qui augmenterait le chômage à 21%.

 

Toujours dans la série vision sélective des choses, on affirme que le niveau de vie au Québec a augmenté plus vite qu’en Ontario ou aux États-Unis. Même si c’est vrai, il reste que la « compétition » a toujours un niveau de vie plus élevé que le Québec[4]. Idem pour le taux de pauvreté; en fait, le PLQ nous ment carrément avec seulement deux comparatifs, même si c’est seulement un an avant leurs prétentions[5].

 

Un gouvernement paternaliste

 

En plus de dire n’importe quoi sur ses « réalisations », le PLQ aime faire accroire qu’il a grandement aidé les entreprises, notamment en aidant la recherche et l’innovation, et en promettant d’aider les entreprises à s’étendre à l’étranger tout en bloquant les offres d’achat « hostiles », de favoriser le transfert d’entreprises familiale, de rechercher agressivement (mot actuel du programme) des investisseurs étrangers et de favoriser les domaines d’excellence.

 

Dans chacun des cas, l’aide gouvernementale est au mieux inutile. Je me répète, mais les politiciens refusent de comprendre : si un entrepreneur estime qu’il est de son avantage d’investir dans la recherche ou d’étendre son marché à l’étranger, il le fera. Sinon, Bombardier n’aurait pas fait long feu malgré toutes les subventions accordées. Idem pour l’innovation : c’est non seulement dans l’intérêt de l’entrepreneur de le faire, mais c’est même vital. S’il n’innove pas, il est condamné à périr, à moins que le gouvernement ne soit derrière lui pour empêcher qu’il ne perde sa position privilégiée avec la taxation[6]. Donc, si le secteur manufacturier veut survivre et se développer, il doit rivaliser d’imagination. Il doit également recevoir « l’aide » du gouvernement pour qu’il réforme les lois du travail et enlève du pouvoir aux syndicats, principal boulet de l’industrie[7].

 

Pour ce qui est du développement des domaines « d’excellence », ce n’est pas au gouvernement à décider quels sont-ils. L’excellence s’acquiert avec le temps et la réputation. Forcer le développement via l’aide gouvernementale empêche justement le développement « durable » de domaines d’excellence. Car une fois que l’aide se retire, l’entreprise se retrouve généralement devant rien et demande la mamelle de l’État, encore une fois. Ce n’est pas au gouvernement non plus de décider si une offre d’achat est bonne ou non. À moins qu’il ne m’en manque des bouts sur le monde des affaires, une compagnie n’est pas obligée d’accepter une offre d’achat, fût-elle au pied du mur. D’ailleurs, n’est-il pas paradoxal que ce même gouvernement veuille aussi encourager les entreprises québécoises à acquérir à l’étranger? Étranger d’ailleurs que l’on veut d’ailleurs fortement inciter à investir au Québec…

 

Une facilitation artificielle

 

Question de bien coordonner les investissements du gouvernement libéral, ce dernier propose de coordonner le marché de travail en conséquence.

 

Il propose notamment de créer de la formation à distance pour bien combler les besoins de son plan Nord. L’idée même de ce plan ne tient pas la route. Si les ressources du Grand Nord sont si merveilleuses, des entrepreneurs prendraient le risque d’y aller. Même si on admettait une participation du gouvernement comme le supposait Adam Smith, pour construire les routes notamment, ces dernières devraient néanmoins s’autofinancer. Présentement, le PLQ projette de construire à grand frais des infrastructures pour des projets qui ne semblent même pas s’être concrétisés. Bref, on nationalise les pertes et privatise les profits.

 

D’un point de vue plus général maintenant, le PLQ propose diverses mesures pour réinsérer les gens sur le marché du travail ou les y garder, s’ils sont plus vieux. Comme toujours, ces mesures sont au mieux inutiles. Avant de donner un incitatif aux jeunes de 21 ans et moins pour qu’ils reviennent sur le marché du travail, pourrait-on se questionner à savoir pourquoi ils reçoivent de l’aide sociale? Ce programme ne devrait même pas exister. Il encourage les gens type Bougon et pénalise les familles qui ont décidé de se retrousser les manches et se priver pour leurs enfants, comme l’ont fait mes parents pendant longtemps. Si les gens veulent recevoir de l’argent durant leurs période de chômage, qu’ils épargnent – quoi que présentement, c’est peu avantageux (mais ça, c’est un autre sujet). Aussi, pourquoi vise-t-on les personnes seules pour les réintégrer sur le marché du travail? Ont-elles tendance à profiter du BS plus que les autres?

 

Et que dire de ces mesures pour maintenir les travailleurs dits expérimentés (55 ans et plus) actifs? L’idée est bonne, mais pourquoi le gouvernement devrai intervenir pour qu’ils continuent à travailler? Peut-être qu’en abolissant certains avantages de la retraite (RRQ, régime de retraites « volontaires » obligatoires), les travailleurs continueraient leur emploi jusqu’à ce qu’ils ne puissent vraiment plus le faire. Mon grand-père a été policier à Ste-Foy et a pris sa retraite à 55 ans. Jusqu’à sa mort environ 20 ans plus tard, il semblait encore pétant de santé; n’aurait-il pas pu travailler, même moins intensément?

 

Il ne faut pas oublier non plus de nouvelles mesures pour faire venir les « bons » immigrants, ceux qui occupent des professions en demande à court terme selon des évaluations annuelles d’Emploi-Québec. Dans un monde libertarien – comme c’était relativement le cas avant la Première Guerre mondiale –, les gens étaient libres d’émigrer vers un autre pays. C’est ce qui a permis à l’Ouest du Canada et aux États-Unis de se peupler rapidement. Et l’immigration continuait jusqu’à ce que les perspectives dans un pays n’en vaillent plus la peine. Mais dans le monde libéral, c’est le gouvernement qui décide du type de personne à venir au pays. Le contrôle est tel qu’on veut même donner plus de « points » aux gens ayant 1) une offre d’emploi définitive et 2) qui veulent aller « en région ». Je n’ai rien contre la Gaspésie, mais serait-ce le premier choix d’un immigrant africain ou asiatique?

 

Enfin, le gouvernement accorderait des crédits d’impôts aux entreprises qui offriraient des services de garde. Comme toute autre projet d’intervention gouvernementale, celui-ci est inutile. Si une entreprise juge qu’il est dans son avantage d’en offrir, elle le fera.

 

Pour nuire au développement du Grand Nord

 

Pour en revenir au plan Nord, le PLQ annonce une panoplie de mesures pour ce projet démesuré et nuisible. Oui, nuisible : on propose de fermer complètement à toute activité industrielle 600 000 km2 de territoire, soit 39% du territoire total de la province et 50% du territoire du Grand Nord. L’intention est noble, certes, mais le moyen est ridicule. En fermant complètement l’exploitation des ressources qui s’y trouvent (ou pourraient s’y trouver), on ne verra pas la création d’industries créatrices de richesse. D’ailleurs, le meilleur moyen de protéger une ressource demeure sa privatisation, comme je l’ai déjà expliqué[8].

 

Aussi, toutes les énergies mises de l’avant pour développer le Nord avec ce plan ne sont qu’une tentative simpliste de dirigisme économique. Au risque de me répéter : ce n’est pas au gouvernement d’investir dans quelque développement économique que ce soit. D’ailleurs, si l’on se fie au programme du PLQ, chaque emploi coutera 160 000$… Et toujours selon le programme, on se vante d’exiger 28% plus de redevances que les autres provinces. Un autre clou dans la thèse du néolibéralisme de ce parti.

 

Ce dirigisme se transportera jusque dans l’éducation, où l’on créera un réseau universitaire pour le Grand Nord afin que ses habitants n’aient pas à se déplacer. Dans un monde libertarien, il y aurait des universités là où il y aurait une demande. Ainsi, si Rouyn-Noranda ni Natashquan n’ont d’université, c’est que ça ne serait pas rentable. Mais dans le monde libéral, surtout au Québec, on tient à « occuper le territoire ». Considérant les déficits constants des universités, on peut fortement douter de leur rentabilité[9]. De plus, si le Plan Nord offre de si bonnes perspectives, les universités vont se concurrencer pour offrir les programmes en conséquence.

 

Le dirigisme sera même présent dans l’industrie du bois. Et comme pour le plan Nord, ce n’est pas bon marché : 250 000$ par emploi « sauvé » dans la forêt. Évidemment, on ne parlera pas des autres emplois perdus ou non créés à cause de ce gaspillage éhonté dans une ressource qui, apparemment, ne passe pas l’épreuve des marchés. Car si elle l’avait fait – que ce soit pour les pâtes et papier, la biomasse ou la chimie « verte » – elle n’aurait pas « besoin » d’une béquille publique.

 

Pour nuire à toutes les régions

 

Ce même dirigisme se retrouve dans le développement des nombreuses régions du Québec, à commencer par la région de Québec. Après de très nombreux investissements couteux (Centre de foires, Centre des congrès) et inutiles – sans les subventions, qui comptent pour près de 70% du budget, le Musée national des beaux-arts ferait vite faillite[10] –, un gouvernement libéral s’engage à dépenser 330M$ de plus pour la région pour diverses infrastructures. Infrastructures qui se développeraient seules s’il y avait une demande (comme l’anneau de patinage couvert) et qui couteraient sans doute bien moins cher.

 

La même logique s’applique pour Montréal. En plus des nombreux dépassements de couts[11], les « investissements » qu’on y fait en infrastructures sont à la mauvaise place. En effet, la Place des arts affirme que 85% de ses revenus sont autonomes[12]; pourquoi n’est-elle pas capable de financer l’OSM seule? Aussi, ce n’est pas à un gouvernement (provincial, du moins) de souligner l’anniversaire d’une ville, si importante soit-elle et peu importe si ça coïncide avec d’autres évènements historiques importants. Non plus est-ce la responsabilité de quelque gouvernement que ce soit de dépenser autant d’argent pour le transport en commun. Comme toute chose, s’il y a un potentiel de faire du profit, le privé s’en occupe. D’ailleurs, avant la venue de la STM, les couts d’opération du transport en commun à Montréal étaient très bas[13].

 

Les « régions » non plus n’ont pas besoin d’aide pour développer leurs attraits. Si les propriétaires des infrastructures (hôtels et autres attractions) n’ont pas rénové/bien développé leur propriété, c’est qu’ils jugeaient le tout inutile ou trop couteux. Une subvention risque de gonfler la demande pour des deniers publics et ainsi augmenter encore plus les subventions dans le futur, tout comme c’est le cas avec la culture. Oh, il y a eu des films magistraux de réalisateurs québécois, mais plusieurs – Angélo, Fredo et Roméo, Les Dangereux, Laurence Anyways – n’auraient pas fait leurs frais sans subventions. Et peu importe le nombre d’emplois générés par la culture; creuser un trou à la cuillère et le remplir génèrerait aussi beaucoup d’emplois…

 

Pour nuire aux familles

 

La nuisance d’un futur gouvernement libéral ira jusque dans les familles. Comme si elles ne payaient déjà pas assez pour l’assurance parentale[14] et pour les garderies[15], voilà que le PLQ veut à peine indexer le cout des CPE. Qu’il les abolisse; ce n’est pas à l’État de fournir des services de garde.

 

Ce n’est pas à lui non plus d’encourager les parents à vivre avec leurs enfants ou d’offrir des crédits d’impôts pour les aidants naturels. Oui, ces actions peuvent permettre au système public de respirer… mais pourquoi y a-t-il un système public pour commencer? Ce trou sans fond qu’est la santé s’accaparera bientôt 50% du budget.

 

Pour nuire au système de santé

 

Et ce n’est certainement pas avec la panoplie de mesures proposées que les dépenses vont diminuer. Augmenter l’âge permis pour les soins dentaires « gratuits » ou tenter de planifier le transport d’urgence des patients (par air ou par terre) sera couteux et risque fortement de rencontrer de la résistance des spécialistes concernés. Même sans cartélisation de leurs professions, ils auraient pleinement le droit de refuser d’avoir à faire avec la bureaucratie publique, un monstre sans pareil[16].

 

Quant aux autres mesures – télésanté, listes d’attente comparées, améliorer les CHSLD –, elles ont du bon, je l’avoue. Mais comme c’est géré par le gouvernement, tout ira tout croche. L’informatisation des dossiers des patients dépasse déjà largement les couts initiaux[17]; une grande partie des listes d’attente pour voir un médecin est le résultat de l’étatisation des soins, et donc de leur rationnement pour contrôler les couts; et les CHSLD, s’ils étaient privés, auraient vite fermé leurs portes. Mais comme c’est gouvernemental, les gens semblent préférer regarder ailleurs[18]

 

Pour nuire à l’éducation

 

Comme si l’emprise de l’État en santé n’était pas suffisante, elle s’étendra encore plus sur l’éducation. Il y a d’abord cette mesure hyper opportuniste de donner 100$ non imposable aux parents pour aider à l’achat de matériel scolaire. Il fallait bien attendre les élections pour annoncer qu’on allait pouvoir acheter le matériel scolaire des enfants avec l’argent des autres…

 

Il y a également cette volonté de généraliser l’offre d’un cours de sensibilisation à l’entrepreneuriat, car le PLQ affirme que « le Québec est reconnu pour sa fibre entrepreneuriale. » Heu, non; c’est même le contraire[19]. Si le gouvernement veut vraiment aider les entrepreneurs en devenir, qu’il diminue la réglementation étouffante[20] et liberticide comme la loi 101 – par chance, le PLQ ne veut pas étendre sa portée – de même que les taxes et impôts. La mentalité « québécoise » de méfiance de la richesse[21] doit aussi changer. Mais ce n’est pas demain la veille que ça changera. Les utopies socialistes ont tellement pris le dessus que les libertariens devront faire de même s’ils veulent que leurs idées soient considérées[22]. Mais avec le PLQ, ça n’arrivera pas de sitôt.

 

Le parti à Jean Charest propose d’autres mesures nuisibles à l’éducation comme l’aide au devoir, le bénévolat « imposé » et l’augmentation de l’accessibilité aux études. Oui, ces mesures sont nuisibles : ce n’est pas au gouvernement de prendre l’argent des autres pour aider les élèves – les parents peuvent le faire ou, s’ils ne peuvent/veulent pas, demander de l’aide –; imposer du bénévolat ne peut que tanner les futurs citoyens de la chose, et ainsi garder le taux encore plus bas[23]. Toutefois, je dois admettre que la hausse des frais de scolarité (qui est conjointe avec l’augmentation des prêts et bourses) est une bonne idée… d’un point de vue étatiste (représenté par les carrés verts). Si le PLQ était « vraiment » libéral, alors ce serait un parti pas-de-carré, i.e. pour l’abolition pure et simple du ministère de l’Éducation. Cette institution standardise l’enseignement comme cela se faisait quand l’Allemagne était un pays autoritaire[24]. Ainsi, on ne laisse pas du tout place au développement de génies.

 

Pour nuire à l’environnement (et aux gens)

 

Un programme de parti politique au Québec ne serait pas complet sans une trainée de mesures pour contre le réchauffement/changement/dérangement climatique supposément catastrophique et anthropique. Et comme le PLQ a été au pouvoir longtemps, il a plusieurs « réalisations » dans ce domaine.

 

Il a notamment amendé la Charte des droits et liberté de la personne pour qu’un environnement sain soit un droit. Mais on ne mentionne évidemment pas que pour se faire, les droits de propriété doivent être respectés, ce qui n’est pas le cas – il semble être très facile d’exproprier quelqu’un[25]. Il a aussi calqué plusieurs mesures de luttes aux gaz à effet de serre (si tant c’est nécessaire) sur la Californie. Considérant l’état catastrophique des finances de cette juridiction[26] et les dépassements de couts à faire rougir les concepteurs du Stade olympique[27], les politiciens québécois savent donc à quoi s’attendre s’ils continuent de tricher le marché en subventionnant à fond des secteurs visiblement incapables de survivre par eux-mêmes.

 

Cela explique sans doute pourquoi il y a un nouveau crédit d’impôt pour la rénovation « verte » des maisons. En plus d’utiliser les mêmes vieux sophismes économiques – ça va « stimuler » l’économie –, on tente de changer le comportement des gens alors qu’ils le feraient eux-mêmes s’ils jugeaient que c’était rentable de le faire. Idem pour les véhicules électriques : considérant leur échec lamentable jusqu’à présent, avec la Leaf[28] ou la Volt[29], un « investissement » public pour des bornes de chargement ne sera qu’un vulgaire gaspillage d’argent.

 

En conclusion, le maintien au pouvoir du PLQ ne serait pas une bonne nouvelle pour la Belle province. On continuerait de saupoudrer l’argent des autres à gauche et à droite, laissant ainsi l’économie stagner puisque les gens ne peuvent pas profiter pleinement des fruits de leur travail. Toutefois – je n’aurais jamais cru dire ça –, le PLQ est mieux que le PQ car il ne veut pas restreindre encore plus nos droits avec la loi 101. Néanmoins, ne vous attendez pas à des changements radicaux si Jean Charest demeure Premier ministre.



[3]    Mises, Ludwig Von. « Human Action : A Treatise on Economics » Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.802

[6]    Human Action, p.805

[22]  Hayek, F.A. The Intellectuals and Socialism, University of Chicago, 1949, p.22

Le Bilan des trois face à face: Avantage Legault :

Par Simon Leduc

Cette semaine, les chefs des trois formations politiques se sont affrontés dans des faces à faces qui ont été diffusés sur le réseau TVA. Les électeurs québécois avaient la chance de voir les qualités et les défauts des leaders de la CAQ, du PQ et du PLQ. En terme de cotes d’écoute, ces joutes verbales ont été un grand succès télévisuel : 1.5 millions de téléspectateurs en moyenne par soir. Les nombreux indécis ont-ils pu choisir définitivement leur camp? Qui est ressorti gagnant de cette semaine mouvementée de débats?

Le grand gagnant : François Legault :

L’ancien député de Rousseau n’avait jamais participé à un débat des chefs durant sa carrière politique. C’était un gros défi pour lui d’affronter deux debateurs expérimentés en Jean Charest et Pauline Marois. Le chef de la CAQ est le grand gagnant de ces duels parce qu’il a bien su présenter et expliquer son programme politique aux Québécois. Les Québécois désirent désespérément du changement (WE WANT CHANGE) et je crois que François Legault a su bien se présenter comme le catalyseur de ce changement. Il a martelé le fait que Jean Charest et Pauline Marois représentent la vieille garde politique qui protège le statu quo et le modèle québécois qui est à son dernier souffle. C’est vraiment lors de son duel contre son ancienne collègue du Parti québécois que celui-ci s’est le plus démarqué. Le chef caquiste a brillamment stigmatisé Mme Marois comme la reine du statu quo qui a les mains liées par les grandes centrales syndicales. Le Parti québécois ne se préoccupe pas de la dette publique et de l’iniquité intergénérationnelle. Les deux seules priorités sont la séparation du Québec et la défense des petits privilèges de ses petits amis syndicalistes. Lors de ces batailles verbales, François Legault a prouvé qu’il avait l’étoffe d’un premier ministre en devenir. Il veut sortir la province de sa torpeur et il semble être sincère dans ses intentions de changer les choses.. La CAQ semble avoir le vent dans les voiles. Est-ce que le Québec sera frappé par un raz de marée caquiste? On aura la réponse le soir du 4 septembre prochain.

Le navire libéral est en perdition :

Le premier ministre Jean Charest a déclenché des élections estivales afin de profiter de la crise étudiante pour solliciter un quatrième mandat. Le chef libéral voulait se présenter comme la seule formation politique qui a tenu tête à la révolte étudiante et comme le seul défenseur des principes démocratiques contre la gauche étudiante radicale (la CLASSE). Le conflit étudiant n’a pas été un enjeu prédominant de la campagne électorale. Les étudiants ont décidé de retourner rapidement en classe et cela a fait dérailler la campagne libérale. Le plan de match de Jean Charest était directement lié à la crise sociale qui a empoisonné la société québécoise le printemps dernier. Le premier ministre a tenté de recentrer sa campagne sur la marque de commerce libérale : l’économie. Cet enjeu a toujours été favorable au Parti libéral du Québec mais l’usure du pouvoir semble être un poids que Jean Charest ne peut plus supporter. Le PLQ perd des appuis dans sa propre cour : Robert Libman (l’ancien chef du Parti Égalité), l’ancien député libéral André Chenail et Jean-Paul Boily (un organisateur libéral). Le Parti libéral semble être sur le chemin d’une défaite électorale. Ce parti mérite un long purgatoire dans l’opposition et il semble bien que c’est le sort que les Québécois vont lui réserver le soir du 4 septembre.

Le Parti québécois : ses obsessions linguistiques et souverainistes :

L’usure du pouvoir libéral devrait favoriser le Parti québécois dans sa quête du pouvoir mais ce n’est pas le cas. La CAQ a réussi à s’imposer comme une alternative crédible au gouvernement libéral sortant. Pauline Marois ne se préoccupe pas des priorités des électeurs québécois : la santé, l’éducation, le remboursement de la dette, l’équilibre des finances publiques et la stabilité politique. Le parti souverainiste est obsédé par la question linguistique et la souveraineté. Le PQ version 2012 n’est plus celui que René Lévesque a fondé en 1976. Ce grand leader détestait les radicaux et ce sont eux qui ont pris le contrôle du parti de Mme Marois. L’imposition de mesures linguistiques liberticides (la violation de la liberté de choix des étudiants concernant l’éducation collégiale) et le spectre d’un troisième référendum sur la séparation du Québec (la signature de 15% de Québécois serait assez pour plonger le Québec dans l’abîme référendaire) le prouve bien. Le Parti québécois veut faire reculer le Québec trente ans en arrière et ce n’est pas ce que désire l’électeur québécois moyen. Si Pauline Marois échappe encore au pouvoir le 4 septembre prochain, elle pourra remercier les extrémistes de son parti : Jean-François Lisée, Pierre Duchesne, Bernard Drainville, etc.

Il reste seulement une semaine avant le jour du scrutin. La CAQ a le vent dans les voiles. Est-ce que les deux vieux partis pourront arrêter sa montée? Cela fait plus de quarante ans que le Québec est dirigé par les deux vieux partis politiques. Est-ce que les Québécois oseront opter pour le changement et montrer la porte aux libéraux et aux péquistes. On aura la réponse le soir du 4 septembre.

Parti québécois : nationalisme et socialisme à l’honneur

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti  québécois, dirigé par Pauline Marois. Si les derniers sondages disent vrai, alors le PQ pourrait bien se retrouver au pouvoir, et très près d’une majorité absolue des sièges. Mais en regardant le programme[1], on peut s’attendre au pire.

 

En fait, on n’a pas besoin de regarder plus loin que le slogan électoral (À nous de choisir) pour se rendre compte des dangereuses tendances totalitaires du PQ. Oui, totalitaires : un politicien qui utilise « nous » fait fi des individus et les fond dans une masse indistincte. On ouvre ainsi la porte à tous les abus possibles aux droits individuels, les seuls qui comptent. Si on ne fait pas attention, nous risquons de devoir réciter cette prière :  « We are nothing, Mankind is all. By the grace of our brothers are we allowed our lives. We exist through, by and for our brothers who are the State[2]. » Le programme du PQ regorge de tels exemples, parfois carrément condescendants[3], à commencer par l’affirmation identitaire.

 

Affirmer la prépondérance de l’État dans nos vies

 

Sous la gouverne du PQ, l’État fera tout pour protéger « notre » culture, « notre » identité nationale, « nos » institutions publiques, et j’en passe – sans oublier, bien sûr, un référendum sur la séparation. Le tout sera enchâssé dans une constitution. Il va de soi que la formation de Pauline Marois fait fausse route. Si l’État doit absolument intervenir pour protéger la culture ou la langue, c’est un signe que « le peuple » s’en fiche. En effet, malgré toute les pressions assimilatrices, le français se parle encore dans le reste du Canada. Certes, il n’est pas aussi vigoureux qu’au Québec, mais il montre que le souci individuel de plusieurs personnes peut très bien défier n’importe quoi. Ce n’est pas le cas au Québec; les gens ne consomment pas la « culture »[4], et ce malgré tous les quotas de contenu québécois ou francophone imposé aux différents médias. D’ailleurs, ces mesures empêchent les radios de diffuser la musique qu’elles veulent, donnant un avantage indu à des artistes seulement à cause de leur langue de travail – Arcade Fire, Leonard Cohen et une partie de l’œuvre de Céline Dion sont ainsi exclus.

 

Ce favoritisme se reflétera jusque dans les écoles. On propose notamment l’instauration de crédits d’impôts pour l’apprentissage des arts, l’encouragement pour les écoles pour les sorties « culturelles » et le soutien des tournées (surtout internationales) d’œuvres et de productions culturelles. Dans les trois cas, on changera donc le comportement des gens afin de les faire adopter ce que le gouvernement considère comme « bon ». Et ce, même si ladite production « culturelle » se rentabiliserait d’elle-même si elle intéressait le public.

 

Dans le domaine linguistique maintenant, on propose de terminer l’assassinat de notre liberté de choix en enseignement en barrant toute personne n’y ayant pas droit du système scolaire anglophone – cégep, université, formation professionnelle et écoles « passerelles ». Ayant moi-même fait mon cégep en anglais (Champlain St. Lawrence), je peux promptement m’opposer à cette mesure. Je ne suis pas devenu anglophone; mon anglais s’est même amélioré comme jamais. Si je m’en étais tenu aux cours d’anglais réguliers du secondaire, qui étaient d’une facilité débilitante, je n’aurais pas pu vivre quatre années en milieu majoritairement anglophone.

 

S’appauvrir

Après avoir nationalisé l’identité, le PQ projette par la suite de nationaliser l’économie, et le mot est faible. Puisque le « les Québécois » sont propriétaires des ressources se retrouvant sur 1 667 441 km2, le PQ instaurerait une taxe de 5% sur la valeur brute de la production (même s’il y a des pertes) de même qu’une taxe sur le « surprofit » (non défini) de 30%, sans oublier une taxe de 50% sur les profits de l’exploitation des hydrocarbures avant impôt. Sans le filtre socialiste, ces promesses se liraient : le gouvernement et « le peuple » ont droit au produit des minières, et ils l’auront. Nous allons nous assurer de recueillir juste assez d’argent pour le laisser vivre, mais trop peu pour l’empêcher de fonctionner. La citation d’Anthem prend ici tout son sens.

 

Soyez francs : voudriez-vous travailler dans de telles conditions? Voudriez-vous qu’un criminel soit mieux traité que vous? Voudriez-vous êtes coupables de faire du profit « without any definable criteria of innocence or proof, and [be] left at the mercy of the whim, the favor, or the malice of any publicity-seeking politician, any scheming statist, any envious mediocrity who might chance to work his way into a bureaucratic job and feels a yen to do some trust-busting[5] »? Moi non plus. Avec de telles mesures, attendez-vous à une agonisation complète du secteur minier.

 

Comme si siphonner les entreprises n’était pas assez, le PQ veut également exiger, des entreprises «  en mesure de le faire » (capacité non définie), une 2e et une 3e transformation « afin de créer des emplois de qualité et durables chez nous. » Oui, vous avez bien lu : le PQ est un parti mercantiliste  qui veut affaiblir la division internationale du travail – et donc appauvrir tout le monde[6]. Il oublie ainsi que quand il y a commerce, c’est parce qu’il y a un avantage mutuel. En important, on doit nécessairement exporter quelque chose, que ce soit un produit matériel ou de l’argent, lui-même résultat d’une production antérieure[7]. En fait, un pays gagne à importer plus qu’il n’exporte parce qu’il obtient ainsi plus pour moins[8] (sauf si c’est fait à crédit, naturellement).

 

Le siphonnage des entreprises (et des contribuables) se poursuivrait avec la politique péquiste du bois, qui vie à augmenter son utilisation dans la construction et à doubler la production forestière. Comme c’est le cas avec la culture, ce qui a besoin d’aide pour survivre devrait simplement être débranché. Si le marché (i.e., les décisions de TOUS les humains) ne suffit pas pour que l’industrie du bois survive dans sa forme actuelle, alors qu’il en soit ainsi. Et traiter ceux qui s’opposent à cette politique de traitre[9] ne fait que montrer son irrationalité.

 

Le siphonnage atteindrait son paroxysme avec cette volonté d’atteindre l’indépendance énergétique et alimentaire. Pour ce qui est de l’énergie, le PQ veut réduire les importations de pétrole pour en réduire notre « dépendance », de même que fixer des objectifs de production pour chaque filière « renouvelable » (qui n’utilise pas d’uranium ni de combustibles fossiles). Bref, on veut répéter l’erreur espagnole[10]. Tandis que pour l’alimentation, le PQ veut faire passer de 33% à 50% « la consommation de produits québécois de qualité et à prix compétitif. » Pourquoi faire? Si les produits québécois sont si bons et à si bon marché, leur consommation va augmenter seule. Mais pour l’instant, on a des prix planchers pour le lait, les œufs et même la bière, limitant ainsi la consommation. En comparaison, j’achetais 2 quatre litres de lait pour moins de deux dollars chacun en Idaho; c’est plus de trois fois le prix au Québec.

 

Fausse note environnementale

 

Considérant l’ignorance crasse du PQ en économie, il n’est pas surprenant de voir la même ignorance du côté environnemental. En effet, un gouvernement péquiste se donne comme mission de respecter le Protocole de Kyoto en réduisant les gaz à effet de serre, même si les prévisions climatiques du GIEC ont, depuis longtemps, été discréditée. Non seulement ça, mais l’influence sur le climat planétaire – si tous les pays signataires respectaient les clauses – serait absolument nul parce que les pays émergents (Russie, Chine, Inde) ne pas PAS liés au protocole, et peuvent donc construire des usines au charbon comme bon leur semble. Un gouvernement péquiste investirait aussi massivement dans le transport en commun et l’électrification des transports, comme si notre troupeau d’éléphants blancs n’était pas déjà assez nombreux.

 

L’ignorance se manifeste également dans la volonté de protéger les milieux humides. Ne vous méprenez pas : je suis conscient de leur importance. Mais si on veut les protéger, le mieux est de les privatiser. C’est ainsi qu’on a pu sauver le rhinocéros blanc[11] et l’oryx algazelle[12].

 

Folie des grandeurs économique

 

Le PQ n’est pas en reste quand vient le temps d’étaler son ignorance économique. Voilà maintenant qu’il veut relancer le secteur manufacturier en l’appuyant. Si le PQ veut vraiment aider le secteur manufacturier, qu’il attaque les principaux responsables de sa chute : les syndicats. En effet, les secteurs syndiqués ont été plus touchés par les licenciements[13]. Preuve que les syndicats nuisent : l’Alberta a le plus faible taux dans le secteur manufacturier, et ce dernier est en pleine expansion[14].

 

Et comme si les scandales financiers passés n’étaient pas assez, le PQ voudrait forcer la Caisse de dépôts et de placements à investir davantage au Québec pour notamment contrer la délocalisation d’emplois. On ouvre ainsi la porte pour une nouvelle Gaspésia[15]. Cela risque aussi de se produire avec cette volonté de créer des fonds régionaux pour « diversifier » les économies régionales et locales. En d’autres termes, on veut pousser la logique mercantiliste à l’intérieur même des frontières québécoise. Si une économie est peu diversifiée (peu importe ce que ça veut dire) et qu’elle se concentre seulement sur quelques industries, c’est parce que c’est plus avantageux ainsi. Si le gouvernement s’immisce dans le procédé, alors on affaiblit la division du travail et ouvre la porte à la corruption.

 

Il est donc paradoxal pour le PQ de vouloir à la fois augmenter l’aide de l’État pour l’économie et vouloir plaider pour une réduction de la bureaucratie, et surtout de la taille du ministère de l’Éducation. Considérant la très grande proximité du PQ avec les syndicats, ces derniers, s’ils ne font pas reculer Marois, risque de s’allier avec Québec solidaire, et elle ne veut pas ça. Elle fera donc comme Jean Charest en 2003 et rentrera dans le rang[16] (vers 6:50). Elle le fait déjà dans le programme en promettant de redonner à la fonction publique « son expertise et son haut niveau de compétence. » Quelle compétence? Ils sont les moins productifs du pays[17].

 

S’entraider à la pointe d’un fusil

 

Elle le fait également avec toutes les mesures de « solidarité » proposée, car « il faut assurer la justice économique et défendre vigoureusement les Québécois les moins fortunés de notre société. » Remarquez bien le choix de mots : il faut. Car hors de l’État, point de salut…

 

En éducation, le PQ, malgré tous les troubles causés par les anarchistes, promet d’abolir les hausses annoncées par le gouvernement Charest. Comme opportunisme, on peut difficilement faire mieux. De toute façon, la hauteur des frais de scolarité semble avoir peu d’influence sur la fréquentation et la diplomation[18], si l’on compare aux autres provinces dont les frais sont plus élevés[19]. Et même si les frais diminuent la fréquentation, c’est une bonne nouvelle; en devant payer un prix réaliste pour les études, les étudiants éviteront les facultés aux débouchés plus limités.

En plus d’annuler la hausse, le PQ tiendrait un gigantesque sommet réunissant les représentants des étudiants, les directions d’établissement, les représentants syndicaux et patronaux. Comme toujours, le contribuable est laissé de côté et se ramassera avec la note finale, probablement très salée. Sans compter que tenir un tel sommet est un non-sens. Tient-on des sommets sur l’alimentation quand le prix des denrées augmente dramatiquement? N’en déplaise aux socialistes, l’éducation est une marchandise, pas un droit. Prétendre qu’on a droit au produit d’un humain (son enseignement, dans ce cas-ci), c’est affirmer qu’on a droit à sa vie. Si le PQ veut vraiment aider le système éducatif, qu’il abolisse complètement le ministère de l’Éducation. Ainsi, les écoles seront plus autonomes, elles seront plus libres d’engager les professionnels qu’elles jugent pertinent (plutôt que de voir plus de cadres dans les commissions scolaires), leur laissant ainsi le loisir de créer des programmes qui attireront les élèves et les motiveront à rester sur les bancs. Présentement, l’école régulière suit le même modèle que celui de l’Allemagne du 19e siècle : tout le monde assis, suivant le même programme rigide. Eus-je dû suivre un tel programme – j’ai pu faire parti d’un programme concentration langue –, j’aurais grossi les statistiques du décrochage.

 

Du côté de la santé et des services sociaux, bien qu’on propose l’abolition de la taxe santé, on propose de créer deux nouveaux paliers d’imposition. Peu importe si les riches, aux États-Unis[20] et même au Québec[21], paient nettement plus que leur représentativité dans la population. Et peu importe si le Québec est déjà l’enfer fiscal « par excellence » du Canada – le palier d’imposition le plus bas (16%) est plus élevé que le palier d’imposition le plus élevé de huit provinces. Ceci 1) ne créera pas autant de revenus que les estimations – les gens, à long terme, vont changer leur comportement pour ne pas avoir à payer de l’impôt – et 2) augmentera inévitablement les dépenses[22].

Si on veut vraiment aider le système de santé, la meilleure solution est que le gouvernement s’en retire complètement; donc, pas de ministère de la Santé ni d’ordres professionnels. Ainsi, les hôpitaux deviennent plus autonomes et seront libres d’intégrer les technologies qu’ils veulent (car plusieurs augmentent substantiellement les couts[23]), peu importe leur provenance, les gens qui s’en croient capables peuvent devenir médecin sans avoir à subir de longues et pénibles études – quoiqu’ils auront de la difficulté à se tailler une crédibilité –, ce qui pourrait ainsi soulager la pénurie de médecins. Aussi ne perdrait-on pas de temps avec la prévention, parce que soigner une personne de plus de 80 ans en santé durant sa jeunesse coute plus cher que de soigner un fumeur ou un obèse[24]. Avec toutes ces ressources ainsi libérées, les gens auront le choix de pouvoir se faire soigner à domicile.

 

Nuire plutôt qu’aider

 

En plus d’entraver la santé et l’éducation, le PQ veut également – et fort probablement inconsciemment – nuire aux travailleurs, aux familles et aux démunis.

 

Ces derniers, sous un gouvernement péquiste, verront se construire 3000 logements sociaux par année. Peu importe s’ils sont des nids à criminels[25], tout le monde doit être abrité! Une partie de l’inaccessibilité (et des pénuries) pourrait être réglée si on abolissait le contrôle des loyers. Oui, les prix augmenteraient à court terme, mais les propriétaires seraient ainsi encouragés à construire, ce qui réduira les prix. Et rien n’empêche la création de coopératives d’habitations. Pour ce qui est des autochtones du Nord, leur situation s’améliorerait s’ils étaient propriétaires, ce qui n’est pas le cas[26].

 

Les familles, elles, seront « choyées » en ayant notamment une place assurée pour leurs enfants en CPE, car « le Québec doit pouvoir ainsi compter sur 250 000 places pour répondre aux besoins des familles » et en ayant droit à des congés familiaux pour prendre soin des enfants ou de personnes handicapées ou âgées. Encore une fois, qui veut faire l’ange fait la bête. Forcer les employeurs à accorder plus de congés risquent de les décourager d’engager des parents. Aussi, la création de nouvelle place en garderies publiques ouvre la porte au favoritisme. Sans compter qu’avant cette création de Marois, on ne se plaignait jamais d’un manque de place en garderie.

 

Enfin, pour « aider » les travailleurs, on propose notamment de bétonner leurs régimes de retraite pour les protéger de tout changement et de restreindre encore plus le recours aux briseurs de grève. En d’autres mots, le PQ s’immisce encore plus dans les relations personnelles et dicte ce qui doit et ne doit pas être fait. Dans les deux cas présents, on décourage encore plus l’entrepreneuriat puisque 1) dès qu’un régime de retraite librement consenti est négocié, il est intouchable, ce qui risque d’augmenter dramatiquement les couts – on n’a qu’à penser à GM[27] – et 2) on oblige un employeur à garder les mêmes employés même si ces derniers refusent de travailler. Atlas pousse de très gros soupirs…

 

Agir (relativement) honnêtement

 

Toutefois, je suis obligé de reconnaître que le PQ marque quelques points dans son programme. On propose d’enlever le crédit d’impôt pour don politique, ce qui retirera enfin un peu de financement public pour les partis. On veut aussi, à l’image des ÉU, limiter les mandats consécutifs des premiers ministres et des maires de municipalités de plus de 5000 habitants. Il pourrait certes y avoir du renouveau, mais comme en Russie, rien n’empêchera un candidat de se représenter dans deux élections. Si on veut empêcher les dynasties, le PQ devrait plutôt limiter à deux (pour le PM) ou trois (pour les maires) mandats pour les élus.

 

Parlant d’élection, on souhaite, comme à la CAQ, des élections à date fixe. Mais comme j’en ai déjà parlé[28], tenir une telle promesse est très difficile dans le paysage politique actuel. C’est certainement plus facile en Saskatchewan où, malgré la présence de nombreux partis, seuls deux sont à la législature. D’ailleurs, si les sondages disent vrais, le PQ serait un gouvernement minoritaire. À moins d’une alliance, son pouvoir sera bien fragile.

 

Toujours dans le domaine des élections, on propose de mettre les élections scolaires en même temps que les élections municipales. C’est une bonne idée car on économisera sur les frais d’organisation, mais je doute  que cela change grand-chose pour le monde scolaire; le taux de participation en généralement sous les 10%, et la plupart des gens sont élus par acclamation.

 

La dernière mesure touchant le processus électoral vise l’instauration de référendums d’initiatives populaires. Bonne nouvelle : ils ne pourront toucher la Charte québécoise des droits et liberté de la personne ni une future charte de la laïcité (quoiqu’elle ne soit pas utile en soit; nos lois et chartes actuelles suffisent pour limiter les abus possibles de certaines cultures). Mauvaise nouvelle : ils ne pourront toucher ni la future constitution, ni même les questions fiscales. Alors à quoi bon avoir ces référendums?

 

En conclusion, la venue de Pauline Marois au pouvoir serait bel et bien une catastrophe. Les politiques de son parti son presque plus surréalistes que celle de Québec solidaire. S’il faut voter pour le moins pire dans une élection (si tant voter pour un pire est bon), alors le PQ ne peut être un bon choix. Si les électeurs choisissent ce parti, attendez-vous à une chute de notre économie, prévient une firme d’investissement[29].



[2]    Rand, Ayn. Anthem, Signet Books, Irvine, CA, 1995, p.21

[5]    Rand, Ayn. Capitalism : the Unknown Ideal, Signet Book, New York, 1967, p.51

[6]    Mises, Ludwig Von. A Critique of Interventionnism, Ludwig Von Mises Institute, 2011, p.11

Le scrutin du 4 septembre : Que doivent faire les conservateurs québécois? S’abstenir ou voter pour la CAQ?

Par Simon Leduc

Au déclenchement des élections, le parti de François Legault était en troisième place loin derrière les deux vieux partis. La CAQ a complètement dominé la première semaine de campagne à cause de ces trois éléments : la formation d’une équipe crédible et expérimentée derrière le chef, la candidature de Jacques Duchesneau et l’imposition de l’intégrité et de la corruption comme enjeux prédominants de la joute électorale. Cela a permis à la CAQ de prouver qu’elle était prête à former le prochain gouvernement.

On ne sent pas un grand enthousiasme pour ce parti centriste (contrairement à l’ADQ en 2007) mais les Québécois veulent du changement. On va se dire les vraies affaires, l’ancien ministre péquiste ne propose pas de remettre en question le sacro-saint modèle québécois. Il ne va pas toucher au caractère universel de nos programmes sociaux coûteux et inefficaces. La mixité en santé a été rejetée du revers de la main part le chef caquiste et le remboursement de la dette publique (qui s’élève à 252 milliards de dollars) ne fait pas partie de ses priorités. Si elle est élue, la Coalition avenir Québec ne va pas réduire de façon importante la taille de l’État parce que son chef est un étatiste. Celui-ci croit en un État fort et interventionniste et il pense que celui-ci serait plus efficace sous sa gouverne. Les troupes caquistes proposent de taponner la Caisse de dépôts et de placements du Québec afin qu’elle investisse davantage dans les entreprises québécoises même si c’est moins rentable pour elle. Autrement dit, M. Legault veut jouer à la roulette russe avec le bat de laine des Québécois. Il faut se rendre à l’évidence, la CAQ n’est pas un parti de droite mais bien centriste.

L’ancien député de Rousseau propose quand même des idées qui peuvent séduire la droite québécoise : une faible réduction d’impôts pour la classe moyenne, un plan de réduction de la dette publique par l’entremise de redevances minières et pétrolières et des coupures dans la fonction publique (abolition des Commissions scolaires et des agences de santé, des coupures de postes à Hydro-Québec et la réduction du nombre d’élus de la métropole. C’est un bon début mais la CAQ ne va pas assez loin dans ses réformes. La question que je me pose est la suivante : Que doit faire la droite québécoise? Elle pourrait voter pour des tiers partis comme le Parti conservateur du Québec ou Équipe autonomiste mais ceux-ci sont des partis marginaux et très peu connus. Les conservateurs québécois pourraient appuyer massivement la CAQ afin de se débarrasser des deux vieux partis mais surtout pour empêcher le PQ de former un gouvernement majoritaire. Le Parti québécois représente réellement une menace pour le Québec. Ce parti (qui était jadis dirigé par un grand homme René Lévesque) s’est radicalisé sur le plan linguistique. Sa volonté d’empêcher les jeunes francophones de fréquenter des collègues anglophones est une attaque directe au principe sacré de la liberté de choix. Avec une majorité, Pauline Marois va pouvoir partir en guerre contre Ottawa et elle va mettre le cap sur un autre référendum. Est-ce que l’on veut cela? Je ne pense pas.

Il ne faut pas que le PQ obtienne une majorité le soir du 4 septembre prochain. Plusieurs de mes amis conservateurs vont être tentés par l’abstention. Je ne crois pas que c’est la chose à faire. À cause de l’effondrement du vote libéral (moins de 20% chez le vote francophone), seul la CAQ peut barrer la route à une majorité péquiste. Les conservateurs devraient y penser à deux fois avant de s’abstenir. En tout cas, une forte abstention des anciens partisans de l’ADQ favoriserait Pauline Marois et ses ayatollahs de la langue. Les électeurs qui se situe à droite du centre du spectre politique doivent se poser cette question : Voulez-vous quatre ans de Pauline Marois? Je pense que de poser la question c’est y répondre.

La CAQ : un parti comme les autres

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve la Coalition Avenir Québec, née des cendres de l’ancienne ADQ. Toutefois, en lisant le programme[1], on se rend vite compte que l’influence de l’ancienne formation de « droite » (pour une intervention réduite du gouvernement) est presque inexistante.

 

En effet, dès les pages 10 et 11, on affirme d’un même souffle que « Si une intervention plus marquée de l’État s’impose dans certaines sphères d’activité, il n’hésitera pas à s’impliquer, tout comme il n’hésitera pas à réduire la taille des structures superflues et à décentraliser au besoin les ressources et les centres décisionnels. » On veut notamment s’assurer « que les Québécois tirent pleinement profit de l’exploitation de leurs richesses naturelles » et « que le ministère de l’Environnement dispose des ressources adéquates pour assurer une protection optimale de l’exceptionnel patrimoine naturel du Québec. »

 

Heu, comment peut-on vouloir à la fois augmenter et diminuer la taille du gouvernement? On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre; le gouvernement augmente ou non. Considérant qu’un employé syndiqué est presque impossible à congédier[2], je doute que Legault soit capable de diminuer la taille du gouvernement, à moins qu’il n’ose toucher véritablement au Léviathan syndical.

 

Aussi, le langage collectiviste – les Québécois, le patrimoine exceptionnel du Québec – trahit les vraies intentions de la CAQ. Pour paraphraser Equality 7-2521, les expressions collectives (« les Québecois ») sont « the word of serfdom, of plunder, of misery, falsehood and shame[3]. » En effet, du moment qu’on prétend qu’une ressource, exploitée ou non, appartient à une collectivité, ou que le gouvernement a le droit de vie ou de mort sur son exploitation – ou qu’il y ait une participation minoritaire via la Caisse de dépôts et de placements –, alors on ne peut s’attendre qu’à un pillage systématique, de la misère, de la servitude et de la stagnation. Bref, au statu quo.

« Les Québécois » dans leur ensemble n’existent pas; il s’agit uniquement de 8 M de personnes individuelles qui vivent sur le territoire nommé Québec. « Les Québécois » qui veulent une intervention du gouvernement – même « lorsque nécessaire », si cela est possible – sont simplement des individus regroupés qui ont un fort intérêt à ce que le gouvernement intervienne en leur faveur. Car TOUTE intervention du gouvernement hors de ses tâches régaliennes (justice et sécurité publique) est TOUJOURS pour aider quelqu’un/un groupe de personnes au détriments de tous les autres, généralement au travers d’impôts, de taxes, de réglementation et je ne sais quoi d’autre.

 

De bons efforts pour l’éthique

 

Malgré ses tendances collectivistes, la CAQ a néanmoins certaines bonnes idées, à commencer par sa volonté d’améliorer l’éthique gouvernementale. On propose notamment d’élargir les pouvoir du vérificateur général, pour qu’il puisse vérifier les comptes des sociétés d’État sans leur demander la permission. On pourra enfin exposer au grand jour la mauvaise gestion d’Hydro-Québec[4] et de la SAQ[5], de même que rappeler celle des commissions scolaires[6], afin de demander des changements en profondeur, ou mieux demander leur abolition ou leur privatisation. Mais plutôt que de créer un VG qui vérifierait les comptes des villes de moins de 50k personnes, pourquoi l’actuel ne s’en chargerait pas?

La CAQ proposé également plus de transparence du gouvernement. On promet d’accélérer l’obtention de renseignements publics (via la Loi d’accès à l’information) et de rendre public tout contrat, dépense ou engagement public (ministères ou organismes) de plus de 25k$. Espérons que le gaspillage diminue avec cette mesure de visibilité – espérer une privatisation massive relève (malheureusement) de la pensée magique…

 

Aussi, bien que je sois généralement réfractaire à la création de nouvelles structures publiques, l’idée de créer un directeur parlementaire du budget semble séduisante. Le poste existe à Ottawa, et aussi à Washington (nommé CBO). Celui des ÉU estime, à la demande des parlementaires, des projections de dépenses à plus ou moins long terme pour certaines mesures publiques. Dans un cours que j’ai suivi en ligne, ce sont les prévisions du CBO qu’on a utilisées pour montrer que la réforme de la santé d’Obama allait avoir un effet marginal sur le déficit à long terme; en fait, elle ne ferait que ralentir le rythme de croissance.

 

Pour en revenir à la CAQ, deux dernières mesures d’intérêt pour l’éthique touchent directement les partis politiques. On propose de limiter les dons politiques (à un seul parti) à 100$/personne par année, ce qui « rendra pratiquement impossible l’utilisation des prête-noms. » Si Pauline Marois et Paul Desmarais ont été capables de le faire, ils trouveront sans doute le moyen de le faire encore. En plus de cette mesure, on propose un financement public (via le Directeur général des élections) à hauteur de 3$ par dollar versé par un particulier. En plus d’utiliser l’argent de Pierre pour payer Paul, cette mesure ne favorisera, encore une fois, que les gros partis avec une bonne machine. Avec une telle mesure, je doute fortement que Québec solidaire pour le Parti conservateur ait, à court et moyen terme, beaucoup d’argent, contrairement au PQ et au PLQ.

 

La seconde mesure politique veut instaurer des élections à date fixe comme sept autres provinces canadienne, un territoire et la Chambre des communes. L’idée serait excellente; ainsi, on n’aurait pas à anticiper les caprices du premier ministre en place pour savoir quand nous irions voter. Malheureusement, avec notre système parlementaire actuelle, l’application d’une telle loi est très difficile, comme l’a montré Stephen Harper de 2005 à 2011. Tout comme à Ottawa, les tiers partis prennent de plus en plus de place au Québec. Cela divise le vote (pas que c’est mauvais), rendant les gouvernements minoritaires de plus en plus probables et fréquents. Pour avoir de vraies élections à date fixe, on doit soit adopter le système des États-Unis (séparer le législatif et l’exécutif), soit adopter un système électoral proportionnel, où les alliances entre partis sont plus faciles. Tout cela, naturellement, suppose un statu quo politique, avec un gouvernement omniprésent. Dans un État minarchiste, la présence de plusieurs partis est sans importance puisque l’État n’intervient pas (ou si peu) dans l’économie.

 

Une efficacité superficielle

 

Après avoir parlé de transparence et d’efficacité, la CAQ retombe vite dans le train habituel de « faire mieux » avec les services publics. Et comme les autres partis, on prétend que les citoyens ont droit à ces services. Sans les euphémismes et le filtre de la novlangue, on dit clairement qu’on prône l’esclavage. Non, je ne fais pas de démagogie. L’esclavage était justement ça : prendre le produit d’un autre humain sans que ce dernier ne puisse en profiter. Que ce soit dans un champ de coton, dans un hôpital ou dans une école, le résultat est le même : on brime les libertés individuelles des gens touchés. Si prendre 100% du produit de quelqu’un est de l’esclavage, quel pourcentage n’en est pas?

 

Certes, la CAQ promet un dégraissage de la bureaucratie en tentant de rendre plus responsable les fonctionnaires, ce qui va, dit-on, les faire gagner en efficacité et donc faire économiser. Malheureusement, cette mesure risque d’être vouée à l’échec. En effet, il n’y a que deux choix : fonctionner selon des règles bureaucratiques ou par profit. Et dans le premier cas, les patrons tuent plus souvent qu’autrement l’innovation chez les plus jeunes et ambitieux[7]. Sans profit, il n’existe pas de critères objectifs pour déterminer la réussite ou l’échec d’un programme public. Même un déficit n’équivaut pas à un échec[8]. La seule solution pour vraiment économiser sur la bureaucratie est de diminuer le nombre de fonctionnaires.  Ça ne risque pas d’arriver; le parti de Legault propose de rediriger une partie des économies (s’il y en a) sur les dépenses d’opération vers écoles et autres institutions locales pour « offrir » plus de services à la population.

 

Parallèlement, la CAQ se plaint que le ministère des Transports a perdu son expertise au profit du privé, « laissant le gouvernement sans ressources adéquates pour effectuer la surveillance, la coordination et le suivi des projets et des investissements. » Et pourquoi donc le gouvernement devrait-il gérer les routes? N’en déplaise aux étatistes[9], les routes privées sont possibles, et même désirables[10]. En privatisant les routes, on règle par le fait même leur piètre qualité – un entrepreneur voudra rentabiliser son investissement – et la corruption inhérente à l’attribution de contrats publics.

 

La même chose s’applique au transport en commun. Oui, « la multiplication des structures administratives affecte souvent la qualité de la planification, génère des pertes d’efficacité et contribue à ralentir les processus. » Ce n’est certainement pas en centralisant encore plus – via une nouvelle société d’État – que le problème se règlera. Tout allait mieux à Montréal (côté cout) avant la venue de la STM[11]. Aussi, quand le gouvernement contrôle ce secteur, il y va souvent de choix qui sont non seulement couteux mais qui diminuent l’utilisation[12]. La planification publique est et sera toujours un échec; qu’on laisse les individus se débrouiller eux-mêmes et le tout s’améliorera. Après tout, on ne planifie pas la fabrication de chaussure et de vêtements, et les prix sont relativement bas.

 

Pour en revenir à la simplification des structures, on propose de réduire de plus de moitié le nombre d’élus à Montréal. C’est une excellente idée; il y a un élu pour 15534 personnes à Montréal, contre 57778 à Toronto et 141 379 à New York. J’ajouterais que Québec en aurait aussi besoin; elle a un élu par 18429 habitants.

On propose également de donner la marge de manœuvre nécessaire aux villes pour qu’elles puissent faire face à leurs régimes de retraite. Formulé ainsi, je crains que les taxes foncières fasse comme une montgolfière et s’élèvent encore plus haut…

 

Des efforts financiers insuffisants

 

Du côté des finances, un gouvernement Legault avancerait quelques bonnes idées, notamment une diminution de 1000$ d’impôts par famille et l’élimination de la taxe santé. Malheureusement, les mesures pour compenser cette diminution des revenus – alléger les structures bureaucratiques – risque d’être un échec, tel que mentionné précédemment. D’ailleurs, peu importe les montants investis, que ce soit en éducation[13] ou en santé[14], il y aura toujours des carences majeures quand le public s’en occupe.

 

Parlant d’éducation, la CAQ déplore que les frais de scolarité n’aient pas été augmentés plus dans le passé. Questionnement étrange, considérant que le chef a été ministre de l’Éducation. Néanmoins, en gardant une perspective étatique, une hausse des frais de scolarité est la seule solution envisageable. Quand les frais sont « gelés », ils diminuent si l’on tient compte de l’inflation. Cela crée donc plus de pression sur les finances publiques.

Et n’en déplaise à la CAQ, une hausse soudaine pourrait avoir du bon. En effet, comme les gens devront payer un prix plus réaliste pour leurs études, ils pourraient ainsi ne pas aller à l’université ou, à tout le moins, éviter les facultés aux débouchés limités (théâtre, politique, sociologie). Je n’ai rien contre elles; par contre, le nombre de leurs étudiants est artificiellement élevé justement parce que leurs études sont bon marché (ou, parallèlement, que les prérequis sont trop peu exigeants, contrairement à la médecine), et le marché peut difficilement les absorber.

Une diminution du nombre d’étudiants créerait un soulagement sur le système de prêts. J’ignore quelle est la situation au Québec, mais aux États-Unis, c’est en train de devenir la prochaine bulle[15]. Cela prouve, une fois de plus, que la solution à un problème étatique est privée. L’État change le comportement rationnel des gens et les amènent à agir d’une façon différente que sur le libre-marché.

 

Ce n’est donc pas sans un certain scepticisme que je regarde la promesse de vouloir diminuer la dette. Bien qu’elle ait raison sur le montant et sur l’injustice intergénérationnelle que cela crée, la CAQ affirme aussi que payer la dette permet de libérer des ressources pour les missions « importantes » de l’État, non définies.

 

Elle affirme aussi que les redevances sur les ressources non renouvelables serviront à payer la dette, afin qu’elles « bénéficie à tous les Québécois, et non pas seulement à ceux qui ont la chance de vivre au moment de leur extraction. » Je ne reviendrai pas sur le langage collectiviste d’une telle pensée, mais j’ajouterai simplement que tout ce qu’un entrepreneur privé fait, c’est au bénéfice de la société, même si ce n’est pas le but explicite. Le boulanger, le boucher et le cordonniers ne travaillent pas pour nous nourrir ou nous vêtir mais bien pour se nourrir et se vêtir.

 

Prendre les familles par la main

 

La CAQ poursuit ses politiques collectivistes avec les familles. On espère entre autre mieux encadrer les CPE pour empêcher l’attribution de places par affairisme, pour mieux encadrer les programmes éducatifs qu’on y offre et faire reconnaître leurs services comme essentiels.

 

C’est drôle, mais jusqu’à ce qu’on nationalise les garderies, il n’y avait pas de problème de pénurie de places ni de grève. C’est depuis que l’État les a prises en charge que les problèmes ont commencé, l’affairisme y figurant au premier plan. Quand un programme est politique, la corruption est presque inévitable; le parti au pouvoir « récompense » ses électeurs, peu importe le domaine[16]. Et comme le cout défrayé est bien en-deçà du cout réel – même si le prix nominal a été augmenté[17] – alors la demande augmente artificiellement, ce qui cause des pénuries telles que tous les moyens sont bons pour avoir une place[18]. Enfin, comme les garderies sont devenus un service « public », elles sont nécessairement « essentielles ». Quelle ineptie : seules les tâches régaliennes d’un État sont essentielles, car elles maintiennent un minimum d’ordre dans la société. TOUT le reste ne crée que du chaos, comme c’est le cas avec les garderies.

 

C’est également le cas avec cette volonté d’obliger les employeurs à offrir des congés payés pour raison familiale. En fait, ce n’est pas chaotique, c’est paternaliste. On enlève ainsi la liberté aux employeurs et aux employés d’en arriver à un accord de gré à gré sur le sujet. Maintenant, comme c’est le cas avec les congés parentaux et l’équité salariale, les employeurs pourraient être tentés de discriminer les parents avec des enfants pour éviter d’être obligés de payer ces congés.

 

Ce paternalisme se reflète dans cette promesse de faciliter l’accès à la propriété. Oui, acheter une maison est très dispendieux, et de nombreux frais administratifs l’entoure. Malheureusement, tout gouvernement qui tente « d’aider » la population à devenir propriétaire crée des bulles, comme ce fut le cas aux ÉU[19] ou au Canada[20].

 

Il se reflète aussi dans cette volonté de non seulement maintenir les régimes « volontaires » d’épargne retraite, mais de les centraliser sous la Régie des Rentes du Québec. Il est vrai que les gens n’épargnent pas beaucoup; le programme de la CAQ affirme que 60% des travailleurs n’ont rien d’autre que le régime public auquel ils ont cotisé. C’est dommage, mais c’est prévisible. Avec un taux d’intérêt aussi ridiculement bas, épargner est même désavantageux si l’on tient compte des frais d’administration de plusieurs programme de RÉER. Et avec tout ces frais payés (taxes, impôts, RRQ, assurance parentale, etc.), le salaire réel des gens est maigre pour pouvoir épargner plus. Qu’on commence par l’augmenter –  il n’est pas mieux qu’au milieu du classement canadien[21] – afin de permettre aux gens les moyens de pouvoirs épargner pour leur retraite.

 

D’ailleurs, il n’est pas du ressort du gouvernement de dicter une politique de retraite à quiconque. Présentement, surtout dans le secteur public, on pense encore à Liberté 55; on espère prendre sa retraite à 55 ans ou après 35 ans de services. L’ennui avec cette mesure, c’est que les personnes (surtout les femmes) vivront encore en moyenne 25 ans. Dans l’État actuel du système, et avec la retraite à venir des baby-boomers, ça va créer une pression énorme sur les finances publiques. Laissons-donc le loisir aux travailleurs de prendre leur retraite quand bon leur semble ou de négocier un arrangement avec leur employeur.

 

Nuire à l’économie

 

En plus de vouloir diriger la destinée des familles, la CAQ veut aussi diriger l’économie du Québec. Elle veut notamment que la Caisse de dépôts et de placements investisse plus dans les entreprises québécoises afin que les « Québécois » redeviennent « propriétaires » de « leur » économie. Même d’un point de vue étatique – aucun parti majeur ne prône l’abolition de la CDP – cette mesure est un non-sens. Le but de la Caisse est de faire du profit. Donc, s’il y en a à faire avec une entreprise québécoise, elle le fera. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi la CDP a attendu en juillet pour se décider d’acheter Rona[22]. Puisqu’elle est là pour rester, qu’elle soit complètement indépendante des pouvoirs politiques, et donc de pressions pour investir dans des endroits spécifiques. Ceci  inclut toute participation forcée dans les projets miniers du Grand Nord. Encore une fois, s’ils sont payants, la CDP investira d’elle-même.

 

Il en va de même pour l’innovation et la formation. Il est dans l’intérêt personnel d’un entrepreneur d’être le plus à jour possible s’il veut bien concurrencer ses adversaires. S’il ne le fait pas, c’est qu’il juge la mesure trop onéreuse ou inutile. Offrir (d’autres) crédits d’impôts dans le domaine est donc, au mieux, inutile. Mais au pis, cela concentre artificiellement certaines entreprises, comme les jeux vidéos à Montréal ou l’optique à Québec.

 

Idem pour ce qui est de « l’aide » gouvernementale à l’international. Si un entrepreneur québécois juge qu’il gagne à investir sur les marchés étrangers, il le fera. Un un entrepreneur étranger qui veut investir au Québec suivra les mêmes étapes. Malheureusement pour ce dernier, la xénophobie économique des politiciens décourage tout effort[23]. Si l’Alberta avait eu le même réflexe, son économie n’aurait pas autant explosé.

 

Même chose pour le développement régional et des autres secteurs de l’économie. Que ce soit pour Québec, Montréal ou les autres régions, le gouvernement doit tenir compte des deux mots préférés des libertariens anglophones : laisser-faire. Car qui dit investissement public dit taxes et impôts, et donc diminution de la richesse et de la productivité. Pour qu’il y ait développement économique, le gouvernement doit donc laisser faire la marché (i.e. tous les humains) et ainsi leur laisser décider où sera produit quoi afin que ce soit au meilleur prix. « Encourager » une quelconque industrie sur un territoire (dans le cas de la CAQ, la transformation des aliments) sous-entend nécessairement des mesures protectionnistes, et donc une hausse des prix pour les consommateurs.

 

Toutefois, une mesure encourageante distingue la CAQ des autres partis. En effet, on propose de modifier le Code du travail pour obliger un vote secret pour obtenir une accréditation syndicale. J’irais encore plus loin : fin de la formule Rand – le droit d’association, c’est aussi le droit de ne PAS s’associer – et fin de la loi anti-briseur de grève. Cette dernière est une violation flagrante de la propriété privée, puisqu’elle empêche un employeur d’engager des gens qui veulent travailler aux conditions offertes. La loi a ainsi cédé au terrorisme syndical[24].

 

Fausse route environnementale

 

En ce qui concerne l’environnement, les prémisses de la CAQ sont moins solides qu’un jouet acheté dans un magasin à un dollar. En effet, l’équipe Legault s’engage à respecter les recommandations du GIEC pour la réduction des gaz à effet de serre, même si l’organisation a été discréditée depuis belle lurette[25].

La CAQ veut également imposer un moratoire sur le développement des gaz de schiste « et ce, jusqu’à ce que des études scientifiques claires montrent que cette fracturation et l’exploitation du gaz de schiste qui en découlent peuvent se faire dans le respect de l’environnement naturel et de la santé des populations locales. » Ces études existent déjà, mais la peur continue de régner, fût-elle une fabulation totale[26]. De plus, le gaz naturel est moins polluant que les autres énergies fossiles; cela permettrait au Québec de diminuer son utilisation de mazout lourd, la deuxième plus forte au pays[27].

 

Mais comme l’idéologie prime sur les faits en politique, la CAQ continuera sur sa fausse route en « encourageant » le développement des énergies alternatives et en garantissant un tarif minimal pour leur exploitation. En d’autres mots, on veut répéter l’erreur espagnole[28] et les nombreuses commises aux États-Unis[29][30] et gaspiller les fonds publics dans des aventures vouées d’avance à l’échec.

 

Ce gaspillage se reflète aussi dans la politique de crédit d’impôt pour les voitures hybrides, une des clés de voûte des écologistes modernes. Mais ne leur en déplaise, les voitures hybrides sont très souvent plus sales (pour l’instant) que les Hummer[31] et les propriétaires d’hybride renouvellent rarement leur auto[32].

 

Ce gaspillage se reflètera aussi dans des investissements caquistes pour « améliorer » la circulation automobile. Comme toujours, on ne mise que sur le transport en commun. Bien qu’il ait une certaine importance, il ne faut pas miser uniquement sur lui. En effet, on m’a toujours enseigné dans mes cours d’économie que l’utilisation de l’autobus est inversement proportionnel à la richesse. Durant les deux années où j’ai travaillé à temps plein, j’ai vite compris pourquoi : la voiture est prête quand on a besoin d’elle, tandis qu’on doit être prêt pour l’autobus… si jamais il passe. De plus, un autobus n’est (généralement) écologique qu’aux heures de pointe[33], soit moins de ¼ de la journée au Québec. La congestion routière s’explique par un simple principe d’offre et de demande : les routes offertes sont « gratuites », alors la demande pour ces dernières est très fortes. En instaurant des péages (ou mieux, en vendant les routes), on allègerait du même coup le fardeau fiscal et « obligerait » les gens à repenser leur itinéraire. Et privatiser le transport en commun aussi serait une solution; avant que le public ne s’en mêle, les autobus au Chili étaient très efficaces[34].

 

En conclusion, qualifier la CAQ de « droite » est une farce monumental. Comme je l’ai démontré, ce parti est, à tout le moins, aussi interventionniste que le PQ et le PLQ. Il continuerait de propager la même vieille idée fausse que le gouvernement doit intervenir dans la santé, l’éducation de même que dans la culture et la langue – la CAQ propose encore plus de fonds pour sa « promotion » et sa « protection ». Si François Legault et son équipe rentre au pouvoir, ne vous attendez-donc pas à une révolution.



[3]    Ayn Rand, Anthem, Signet Book, Californie, 1995, p.97

[7]    Mises, Ludwig Von. Bureaucracy, New Haven, Yale University Press, 1944, p.56

[8]    p.61

[24]  Mises, Ludwig Von. Socialism :An Economic and Sociological Analysis, New Haven, Yale University Press, 1951, p.480-1

[28]  http://www.juandemariana.org/pdf/090327-employment-public-aid-renewable.pdf

Parti conservateur : le moins interventionniste de tous

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti conservateur du Québec, qui effectue un retour après 77 ans d’absence (l’original s’était fusionné avec l’Action libérale-nationale pour former l’Union nationale). Ce n’est définitivement pas un parti libertarien; il prône encore trop d’interventionnisme. Néanmoins, c’est le parti le moins interventionniste de tous[1].

 

Interventionnisme pour les familles

 

Pour aider les familles, on met de l’avant plusieurs promesses qui sont, au mieux, inutiles. Afin d’éliminer, dit-on, les abus de l’union civile, le PCQ propose de mettre au Code civil des paramètres clairs séparant le mariage et l’union civile. Comme le système judiciaire québécois est basé sur le code civil et non le droit commun (comme le reste du Canada; la justice se base sur les précédents), cette solution semble intéressante. Mais dans un monde libertarien, c’est encore plus simple : l’État ne fait absolument rien. Les adultes consentants entrent dans le type d’union qu’ils veulent sans avoir besoin de la bénédiction de l’État; ce dernier peut donc se concentrer à ses missions essentielles et ne pas se questionner à savoir si ses bureaucrates ont le droit de refuser de célébrer des unions en désaccord avec leurs croyances[2].

 

Une autre mesure familiale vise à remettre directement aux parents une allocation plutôt que de subventionner les garderies. C’est un excellent point de départ, puisqu’on fait enfin confiance aux parents pour choisir comment ils vont élever leurs enfants. Par contre, tout comme la proposition de fractionner le revenu des couples avec au moins un enfant, cette mesure serait inutile si les impôts étaient plus bas à la base. Ainsi, les gens auraient déjà plus d’argent dans leurs poches.

 

Les deux dernières mesures familiales touchent plus l’éducation. On propose de donner directement aux parents ou aux étudiants un bon d’éducation, pour étudier où ils jugent que c’est le meilleur, de même que l’abolition de l’impopulaire cours (selon le programme du PCQ) Éthique et culture religieuse (ÉCR). Plusieurs feront vite un rapprochement avec Milton Friedman, grand défenseur des bons d’éducation[3], car on y encouragera la compétition, et donc améliorera les chances des plus démunis. Certains chercheurs diront même que les bons ont pu donner le « coup de pied » nécessaire aux écoles publiques pour qu’elles s’améliorent. Par contre, les bons d’éducation, comme l’allocation familiale, demeurent une intervention indue du gouvernement. Les écoles qui participent au programme – on ne mentionne nul part si c’est volontaire – perdent beaucoup de liberté. Dans plusieurs États aux États-Unis, les écoles participantes doivent remplir une montagne de paperasse, accepter absolument tout le monde qui en fait la demande et ne forcer personne à participer à des pratiques religieuses (si c’est une école confessionnelle); la facture totale pour l’éducation a même augmenté[4]. Aussi, si les politiciens ne réfléchissent pas assez, ils pourraient avoir de mauvaises surprises[5]. Sans compter qu’avec la trop forte culture syndicale qui règne au Québec, un tel programme pourrait donner lieu à de l’intimidation comme en Louisiane[6]. Bref, la solution serait, encore une fois, que l’État ne s’ingère absolument pas dans l’éducation. Ainsi, les parents pourront envoyer leur enfant où bon leur semble, ce qui inclut les écoles qui offriront ou non le cours ÉCR.

 

Une gouvernance sur la bonne voie

 

Du côté de la gouvernance, le PCQ met de l’avant, d’un point de vue québécois, des propositions révolutionnaires. Il est notamment proposé de privatiser la SAQ, cette relique de l’époque de la prohibition, car « Il n’est pas du rôle de l’État de gérer des activités de nature purement commerciales. » Si le processus se déroule comme en Alberta, alors on peut s’attendre à non seulement une chute dramatique des prix et une augmentation des revenus des ventes, mais aussi à une explosion de choix[7]. Toutefois, je suis curieux : considère-t-on l’électricité et les loteries comme « purement commercial »? Dans le premier cas, Hydro-Québec, une compagnie à la gestion plus que douteuse[8], gagnerait sans doute à être privatisée afin que les gens paient le vrai prix de leur électricité. Dans le second cas, Loto-Québec gère un secteur qui n’est pas du tout du ressort de l’État. Sans compter que les revenus de loterie servent avant tout à augmenter la grosseur de l’État et à étouffer la concurrence[9].

 

Toujours dans la gouvernance, on propose l’abolition de la contribution en santé, vue comme un impôt déguisé et propose à la place de réduire les structures administratives et d’augmenter la contribution du privé. On peut placer de grands doutes sur la seconde idée, considérant ses échecs lamentables dans le passé. Aussi, même en les réduisant – et en augmentant la contribution du privé –, on ne règlerait pas le problème fondamentale dans le domaine de la santé : l’intervention de l’État. Partout, même aux ÉU, la totalité ou presque des professions médicales sont protégées par des ordres professionnels, ce qui limite fortement l’entrée de nouveaux docteurs et donc augmente leurs salaires. Au Québec particulièrement, la Fédération des médecins est tellement forte qu’elle empêche la venue d’infirmière praticienne. À défaut d’abolir les ordres, une plus grande intervention du privée pourrait certainement soulager certains patients, comme c’est le cas en Allemagne[10] et même en Suède[11].

 

Un dernier point d’intérêt pour la gouvernance touche les cégeps. On propose leur abolition afin d’adopter le système canadien, soit implanter un secondaire 6 et quatre années de baccalauréat plutôt que trois; on conserverait les cours techniques. Comme c’est le cas avec les bons d’éducation, cette mesure ne s’attaque pas aux problèmes fondamentaux du système, soit un programme étatisé laissant très peu de liberté aux enseignants. Qu’on abolisse le ministère de l’Éducation, et qu’on laisse les écoles se gérer elles-mêmes. Si des gens se regroupent afin de former des commissions scolaires eux-mêmes, grand bien leur en fasse.

 

Un redressement des finances prometteur

 

Le côté financier du PCQ est sans doute ce qui le distingue le plus des partis présentement au parlement. Le parti de Luc Harvey s’engage à réviser la loi sur le déficit zéro et à la respecter. Espérons; le PQ, malgré une loi sur le déficit zéro, avait augmenté la dette de près de 12 G$[12].

 

Une mesure qui aidera à diminuer le déficit est de faire contribuer les fonctionnaires à leur régime de retraite, plutôt que de faire payer le grand public, la plupart duquel n’a aucun régime de retraite. Cette proposition est intéressante, mais le gouvernement (i.e. tous les contribuables) paiera encore une pension à ses employés. À moins qu’il soit absolument impossible de pourvoir à des postes strictement essentiels (justice, sécurité publique), alors les régimes de retraites publics devraient complètement être abolis. Les employés doivent être capables de se prendre en main eux-mêmes.

 

Dans un même ordre d’idée, on propose d’élargir la liste des placements en RÉER accepté, en ajoutant notamment des biens immobiliers et l’investissement dans son entreprise. L’idée est bonne, mais accorde une fois de plus des privilèges inutiles. Si le gouvernement veut vraiment encourager l’épargne, qu’il diminue simplement l’impôt (et abolisse la RRQ) afin que les gens puisse avoir assez pour épargner. Ce qu’ils font de cette épargne ne les concerne qu’eux.

 

Parallèlement, on propose l’abolition du Fonds des générations – on dit qu’il rapporte moins que le cout du financement de la dette – et d’utiliser l’argent pour payer la dette. Dans un contexte de déficits chronique, cette mesure a plein de bon sens. Mais si les surplus venaient qu’à revenir… les autres gouvernements provinciaux ont une réserve (rainy day fund), accumulée en temps de surplus (l’Alberta l’utilise encore, elle qui est en déficit depuis environ 3 ans). Ne serait-ce pas plus sage de suggérer d’avoir une réserve quand les surplus reviendront?

 

Un coup de barre encourageant

 

En plus d’assainir les finances publiques, le PCQ semble le seul à vouloir réviser nos lois du travail caduques et les monstres bureaucratiques qu’elles entretiennent. Le seul engagement concret vise à adresser la transparence et la démocratie au sein des syndicats. Est-ce donc dire qu’on abolira la formule Rand, qui oblige tout le monde à joindre un syndicat? Ou, à tout le moins, est-ce que le Québec deviendra finalement une juridiction de « right-to-work », où les gens peuvent ne payer que la partie de la cotisation qui s’adresse directement à la négociation des conditions de travail[13], ce qui encourage l’emploi[14]? Permettra-t-on de nouveau les briseurs de grève, afin de respecter la propriété privé de l’entrepreneur qui juge qu’il ne peut offrir mieux? Fera-t-on enfin confiance aux employeurs quant à la sécurité qu’ils offrent sur leurs lieux de travail, afin que les normes minimales de la CSST ne deviennent pas, par le fait même, des normes maximales[15]? Abolira-t-on cette infâme loi sur l’équité salariale, qui infantilise les femmes en supposant qu’elles sont incapables de négocier elles-mêmes leurs conditions de travail?

 

L’autre proposition pour aider l’économie vise à « favoriser le développement économique, en s’appuyant uniquement sur des bases scientifiques solides pour évaluer les impacts écologiques potentiels d’un projet et les moyens pour les contrôler. » On parle sans doute du développement des gaz de schiste ici. Ce serait encourageant d’utiliser des faits et non de la peur[16]. Toutefois, ce n’est pas au gouvernement de permettre ou d’interdire quel que développement que ce soit. Si le PCQ veut vraiment encourager le développement économique, qu’il renforce les droits de propriété. C’est la façon optimale d’assurer un développement « durable »[17].

 

De drôles de mesures pour la société

 

Les dernières promesses conservatrices touchent l’intégration des gens. On propose notamment de mettre fin aux pratiques d’accommodements « raisonnables » pour éviter « une inversion du devoir d’intégration des nouveaux arrivants envers la société d’accueil ». Pour se faire, on « adoptera une Charte des valeurs démocratiques propres au patrimoine historique et culturel du Québec. » Il est certes encourageant qu’un parti politique veuille cesser l’accommodation à tout prix des immigrants, mais, encore une fois, ce n’est pas du devoir du gouvernement de s’en charger. Si accommodement il doit y avoir, c’est entre les personnes concernées uniquement. Le seul rôle du gouvernement dans tout ça est d’assurer que les immigrants respectent nos lois et nos chartes. Pas besoin de créer une nouvelle charte, et surtout pas une sur le patrimoine. L’histoire a été créée par les individus, pas par un ensemble homogène.

 

L’autre mesure vise à pousser les personnes aptes au travail à réintégrer le marché du travail et à limiter la durée des prestations qu’elles touchent. Je suis d’accord avec la seconde partie; en coupant les vivres, les personnes auraient plus d’incitatifs à se chercher un emploi, rendant inutile la première mesure. D’ailleurs, si on veut vraiment pousser les gens à travailler, pourquoi n’abolit-on pas tout simplement l’aide sociale? Si les gens veulent palier une perte d’emploi temporaire, ils n’auraient qu’à mettre de l’argent de côté, comme pour la retraite. Ainsi, on n’a pas à se soucier de possibles fraudeurs, et craindre le retour des boubou-macoutes.

 

En conclusion, le PCQ est sans doute le meilleur choix des électeurs qui veulent une intervention réduite du gouvernement. C’est le seul parti qui propose une réduction authentique du rôle du gouvernement dans la société et l’économie. Par contre, les libertariens comme moi risquent de trouver que l’intervention du PCQ est encore trop grande. Il semble encore demeurer omniprésent dans la santé et l’éducation, il semble encore vouloir dominer l’acceptation ou non de projets de développement économique (quoique à moindre échelle) et accorder des privilèges arbitraires à certaines formes de placement. En d’autres mots, il n’y a pas de changements profonds à la structure gouvernementale.



PQ=Nazi???

 

Par Joey Laflamme

Oh! Que vois-je? C’est la campagne électorale. La première semaine de la campagne électorale n’est pas encore terminée et Hitler sort de son placard prêt à y participer activement. La guerre pour le Québec façon 2012 peut enfin commencer. C’est devenu commun de comparer un quelqu’un avec qui on n’est pas nécessairement d’accord à Hitler dans le but de le démonisé. En fait ce matin c’est le PQ qui est comparé au parti NS (national socialiste), comparaison un peu loufoque surtout quand on sait par quel genre de raisonnement on s’y est retrouvé avec pareil conclusion.

D’abord parlons de l’ami Adolf. Il s’agit d’un ancien futur ex futur étudiant en beaux art. Après ce « succès » il fait la première guerre mondiale. Ensuite, il devient membre et ensuite chef du parti NS. Malgré son putsch manqué et son séjour dans une prison de Munich, il devient chancelier et ensuite führer de l’Allemagne. Il est le responsable d’une des pires barbaries de l’histoire de l’humanité. Donc, quand on se fait comparer à Hitler c’est rarement un compliment. À moins de s’appeler Pierre Mailloux… En fait ce que disait Julie Boulet faisait un parallèle entre le PQ et les nazis à cause de leur nationalisme. Voyons le PQ n’est pas Nazi! Ah….. ok….. Parce que le PQ est social démocrate et nationaliste…. Ouais là j’ai compris! Donc ce sont des nationalistes socialistes démocrates. Ouais, là on s’en va quelque part.

Il y a plusieurs choses à mettre au claire ici. Il n’y a qu’une personne au monde qui puisse être Hitler et c’est Hitler. Ensuite, vous ne trouvez pas que le cynisme ambiant est trop élevé? Vous vous êtes dit : « pourquoi pas en rajouter en descendant le débat un peu plus! » S’il y a une chose au Québec dont on n’avait pas besoin c’est une course à la Hitlererie. Autre point là-dessus, la récupération du PQ qui demande des excuses à Jean Charest. Venant du parti qui ouvre la porte à Gille Duceppe qui pas plus tard qu’hier disant d’Amir Khadir qu’il était indigne de respect ainsi que de populiste dont les convictions souverainistes sont douteuses qui apporte de solutions simple à des problèmes complexe, le même parti qui ne condamne pas les propos tenu par Gille, ainsi que le même parti qui a passer la fort parti de son temps à passer au dessus du grand principe « d’innocent jusqu’à preuve du contraire » en traitant les libéraux comme des coupable à chaque occasion qu’ils avaient, le même partis qui n’ont pas sursauté quand Bernard Drainville disait que les vrais Québécois voteront pour le BQ… dans cette circonstance j’en vois pas l’urgence. Entre nous, cette pseudo insulte n’en est plus une. Elle a tellement été utilisée pour n’importe quoi dans n’importe quel contexte, que ça a perdu son impacte, c’est presque rendu commun de se faire traiter de nazi. Il y a quelque mois il suffisait d’être pour la hausse et il y a un an il suffisait de dire qu’on voterait conservateur. Maintenant, il suffit d’être nationaliste et social démocrate en même temps. Bref tout le monde peut se faire traiter de nazi de nos jours.

On en est à la première semaine de campagne! Que quelqu’un nous vienne en aide! C’est une campagne si insipide, si insignifiante que tout ce qui peut en sortir, j’en ai peur, c’est ce genre d’idiotie. Personne ne remettra en doute notre façon de faire depuis 60 ans. Donc, on ne peut s’attendre à un vrai débat avec de vrais arguments malheureusement. En publicité pour la joyeuse bande de « Quitter le Québec », le débat des chef n’aura pas son pareil, gracieuseté le DGE.