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Non, ce n’est pas du capitalisme.

Par Philippe David

Difficile de ne pas réagir à l’obscénité de ces augmentations que se sont données les dirigeants de Bombardier, mais les raisons pourquoi je les qualifierais d’obscène sont probablement différentes de celles de la plupart des chroniqueurs dans les médias. C’est d’ailleurs monnaie courante pour ces chroniqueurs de blâmer le capitalisme comme l’ont fait Mathieu Bock-Côté, Antoine Robitaille ou même Richard Martineau.  C’est bien trop facile de toujours se servir du capitalisme comme bouc-émissaire comme si d’avoir un gouvernement qui subventionne les entreprises à gauche et à droite 365 jours par année avait quoique ce soit à voir avec du capitalisme!

facepalm

Les grands champions

Au fait, combien de grandes entreprises ne sont pas subventionnées au Québec? Pas beaucoup! En fait, le Québec est depuis longtemps le grand champion toute catégorie du BS corporatiste. Désolé de vous l’apprendre, mais très peu de nos soi-disant «fleurons québécois» ne seraient encore solvables s’ils n’étaient pas solidement accrochés aux mamelles de l’état et Bombardier est certainement un des pires.

Soyons clairs, Ce n’est pas ça le capitalisme!!!

Le capitalisme, ce sont des entrepreneurs qui bâtissent des entreprises en risquant leur propre argent et celui d’actionnaires qui investissent volontairement dans ses idées. Quand Armand Bombardier a conçu et mis en marché sa première motoneige, il n’était pas allé quémander au gouvernement pour des subventions. Il a convaincu des investisseurs privés de lui avancer les fonds parce qu’il savait qu’il avait une grande innovation et ces investisseurs l’ont vu aussi et ils sont tous devenus très riches. Cependant, je doute qu’Armand Bombardier aurait été très fier qu’aujourd’hui son entreprise se maintient à flot en quêtant constamment au gouvernement et encore moins que ses successeurs en profitent pour s’en mettre plein les poches. S’enrichir en mettant en marché des innovations et en risquant ses propres sous est une chose. S’enrichir en pillant littéralement les contribuables en est une autre.

Les pillards

Dans son roman «La Grève» (Atlas Shrugged), Ayn Rand avait un terme particulier pour désigner des dirigeants d’entreprise qui s’enrichissent non pas parce qu’ils fournissent quelque chose d’utile aux consommateurs, mais plutôt parce qu’ils quémandent continuellement aux gouvernements. Elle les appelait des «pillards» («looters» en anglais).  Je n’ai pas de problème avec des dirigeants d’entreprise qui gagnent leur argent honnêtement en créant de la richesse, mais le tétage de subvention n’a rien à voir avec un talent quelconque de l’entrepreneuriat. C’est plutôt pénaliser les entrepreneurs plus productifs au profit des mauvais gestionnaires en forçant les contribuables à investir contre leur gré dans des entreprises qui peinent à survivre autrement.

Aucune entreprise ne vaut la peine d’être sauvée par les contribuables

Cruel, me direz-vous, mais vrai quand même. En subventionnant des entreprises comme nous le faisons, nous encourageons la mauvaise gestion et nous plombons notre économie. Si une entreprise est incapable d’être profitable, elle devrait faire faillite et être rachetée par quelqu’un qui saura utiliser ses ressources de façon plus efficace, sinon c’est un gaspillage de ressources. Peut-être que vous me direz que les compétiteurs de Bombardier Aéronautique comme Boeing et Airbus sont subventionnés eux aussi; oui et alors? Parce qu’on taxe les américains, les français et les britanniques pour offrir des avions à plus bas prix à des compagnies de transport aérien, ne veut pas dire que les québécois veulent aussi être taxés au profit de ces compagnies. Rien ne nous oblige à avoir un fleuron dans l’industrie aéronautique s’il est incapable de voler de ses propres ailes. Nous pouvons très bien investir notre argent et créer des emplois dans un domaine qui est plus profitable et qui ne nécessitera pas d’être constamment maintenu sur le respirateur. Remarquez que le phénomène n’est pas seulement au Québec. Il y a de nombreuses compagnies qui auraient longtemps dû faire faillite tant dans le reste du Canada que les États-Unis, mais comme je l’ai mentionné plus tôt, le Québec est le champion toutes catégories en BS corporatif et un des pires endroits pour l’entrepreneuriat et l’investissement privé.

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Si subventionner tout ce qui bouge fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait parce que nous serions la province la plus riche plutôt que la plus pauvre.

Sources:

Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002

 

 

L’enfer entrepreneurial

Par Philippe David

Un article du Journal de Montréal de ce matin fait état d’une statistique désolante, mais guère surprenante. Au Canada, 50% des entreprises qui font faillite sont au Québec. Cette statistique en dit extrêmement long sur le modèle économique que nous nous sommes donné depuis 50 ans. Il faudrait arrêter de se faire des illusions. Le Québec est tout simplement un enfer pour les entrepreneurs et par la bande, probablement le paradis des syndics de faillite.

Un dirigisme maladif

Au Québec, il existe un concensus parmi presque tous les partis politiques (sauf peut-être pour quelques partis embryonnaires de droite). Tous les principaux partis, que ce soit le PLQ, le PQ, la CAQ ou QS s’accordent pour dire que l’état doit diriger l’économie. Ils nous promettent donc plein de programmes pour « aider » les entreprises et créer des emplois. En fait, nous sommes les maitres incontestés de la « subventionnite » au Canada. Aucune autre province ne dépense autant pour l’aide à l’entreprise; trois fois plus que l’Ontario.

Si nous dépensons tant pour « soutenir » les entreprises, comment se fait-il que nous ayons tant d’entreprises qui font faillite? Cherchez l’erreur. Est-il possible que notre recette ne soit pas la bonne? L’Ontario qui est en deuxième place pour le nombre de faillites compte pour 30% des faillites canadiennes et l’Alberta 4,3%. Et alors que ce nombre est constamment en hausse au Québec, en Ontario il régresse de 39,5% en 2008 à 30% en 2013. Peut-être qu’il serait temps de changer notre approche?

Un changement d’attitude

Tout d’abord, un changement d’attitude s’impose. Il faudrait que nous abandonnions collectivement notre méfiance de l’entreprise privée qui nous porte à croire qu’aucune entreprise au Québec ne pourrait survivre sans dépendre d’une façon ou d’une autre de l’aide du gouvernement. Et si une entreprise a tant besoin d’aide du gouvernement, peut-être est-ce parce qu’elle n’a pas sa raison d’être? Peut-être est-ce parce que ce qu’elle produit n’a pas suffisamment de valeur aux yeux des consommateurs pour garder l’entreprise en vie? Dans ce cas, pourquoi faudrait-il y investir gaspiller des fonds publics?

L’idée de dépenser des fonds publics pour soutenir une entreprise provient bien plus d’une logique politique que d’une logique économique. Dans la logique politicienne, ces subventions servent littéralement à acheter des votes. Pensons à la cimenterie en Gaspésie, à l’exploration pétrolière sur l’Ile d’Anticosti, à la Davie, la Gaspésia, General Motors. Tous des exemple de fonds publics gaspillés à des fins purement électoralistes.  Pour convaincre les électeurs de « voter du bon bord » pour le parti qui le offre le plus de « nananes ».

Économiquement, par contre, ces « investissements » ne font aucun sens. Si une entreprise est profitable, elle n’a aucun besoin de fonds publics pour vivre. Si la survie d’un entreprise dépend d’un continuel influx provenant des poches du contribuable, c’est probablement parce qu’elle est improductive et qu’elle gaspille les ressources. De subventionner une telle entreprise est de tout simplement perpétuer ce gaspillage. Il vaudrait mieux laisser de telles entreprises faire faillite et laisser d’autre entreprises plus productives récupérer ces ressources.

Un instant! Dites-vous. Nous voulons diminuer le taux de faillites, pas l’augmenter! Vous avez raison, mais dans un marché relativement libre, maintenir des entreprises en vie sur le respirateur empêche les entreprises en bonne santé de s’étendre ou à d’autres même d’être créés par l’accaparement de ressources humaines et de capitaux par des entreprises qui gaspillent ces ressources. En les libérant, nous permettons à ces entreprises plus solides de de fleurir et à long-terme, d’avoir une économie plus solide.  Dans un jardin, il faut arracher les mauvaises herbes pour que les légumes et les fleurs puissent pousser.

Un modèle étouffant

Essayez d’imaginer quelqu’un nourissant un enfant d’une main tout en l’étranglant de l’autre et vous aurez une bonne image du modèle de gestion de l’économie de notre gouvernenment, tous partis confondus.

D’un côté notre gouvernement enfonce pratiquement des subventions dans la gorge des entreprises et de l’autre, il les étouffe avec des impôts deux fois plus élevés que la moyenne canadienne, des taxes sur la masse salariale 45% plus élevés, un marché du travail inflexible, un taux de syndicalisation trop élevé et des tonnes et des tonnes de paperasses. Comment voulez-vous qu’un entrepreneur arrive à percer? Pour reprendre l’analogie du jardin, pour que  votre plant de tomates puisse porter ses fruit, encore faut-il que vous lui laissez l’espace nécessaire pour grandir, sinon, toute l’eau et le fertilisant du monde ne l’aideront pas à pousser et produire plus de fruit.

La bonne recette

Nous ne pouvons pas avoir une économie dynamique sans entreprises solides. plus nous subventionnons des entreprises improductives et que nous étouffons celles qui produisent, et plus nous nous appauvriront collectivement. Il n’y a aucune raison valable pourquoi les québécois seraient plus pauvres que les autres canadiens. Nous avons tout ce que nous avons besoin pour être une des provinces les plus prospères au lieu d’être une des plus pauvres (ou un pays en faillite). La clé du succès ne dépend pas du reste du Canada, elle vient de nous et de notre propre attitude. Soit nous continuons avec une recette économique usée qui goûte mauvais, où que nous essayons une recette plus audacieuse et moins fade.

C’est certainement moins payant pour les politiciens, mais c’est bien plus payant pour le reste d’entre-nous. Pensez à ça pendant que les politiciens essaient de vous faire croire qu’ils peuvent « créer des emplois ».

Steve Jobs et les barbottes

Depuis la mort de M. Apple, comme tout le monde, je lis des commentaires, des éloges, des réflexions. Sur Twitter, Facebook, les journaux, en ligne et imprimés. Tout le monde est à peu près unanime: « Nous avons perdu un visionnaire, un penseur, un vrai entrepreneur ». Je partage entièrement ces pensées. Je n’irai donc pas en rajouter.

Ce qui m’a fait lever le poil sur le corps ce sont certaines réponses affichées dans un commentaire de Richard Martineau sur FaceBook. Pas son commentaire à lui, car je partage beaucoup de ses idées, mais des réponses.

Je m’excuse à l’avance du français, je ne fais que copier coller les messages.

« Si s’aurait pas éter lui, s’aurait éter qqn d’autre. » (la personne parlait sans doute de tout ce que Apple avait mis sur pied)
« Y’avait rien de special, y ai mort come tout l monde ».
« Y a rien fait de si gros q’ça »
« J’men colisse »

Tu t’en câlice?
TU T’EN CÂLICE???

Aille champion, t’as fait quoi toi dans les 10 dernières années pour changer quelque chose? Oublie « changer la face du monde » et d’une industrie au complet. As tu au moins ramassée une bouteille d’eau vide par terre? Puis d’essayer d’apprendre le français écrit, ça te tentait pas?

Une des personnes m’a répondu: « J’ai fait du bénévolat ». Ben bon vous en fasse mon cher monsieur. Je suis certain que votre mère doit être bien fière. Moi je pense que quand tu crées 50,000 emplois direct et des milliers d’autres indirects, quand tu permets à des milliers de gens de réaliser leur rêves de bâtisseurs, comme ingénieurs, comme vendeurs, comme managers, t’as pas besoin de faire du bénévolat. Comprenez moi bien, le bénévolat a du bon, mais ça fait combien de DÉCENNIES qu’on fait du bénévolat en Haïti, et un peu partout en Afrique? Comme disent les avocats: « I rest my case ».

Chus tu tanné moi de voir ce paquet de losers cracher sur nos bâtisseurs, nos créateurs, nos faiseurs d’emplois. Chus tu tanné moi d’entendre ces poissons barbottes, ces « bottom feeders » critiquer sur ceux qui leur donne des jobs ou qui contribuent par leurs taxes à ce qu’ils reçoivent, en dépôt direct s’il vous plait, leur chèque de BS. Puis qui pensez-vous a permis que ces dépôts directs soient possibles? C’est ça, des penseurs, des créateurs, des gens qui imaginent.

Ma frustration paraît-elle un tout petit peu?

« Y avait rien de spécial »

Loin de moi d’encenser Steve Job, l’être humain. Je ne le connais que de réputation et que par ses réalisations. Mais de dire que ces gens, ces Jobs, ces Henry Ford, Einstein, Edison, Bombardier, Marie Curie, Bethoven, Salvator Dali, Spielberg, les frères Lumières et j’en passe, sont « du monde ordinaire » moi ça me dépasse. Ça prend juste du bien petit monde pour ne pas reconnaître que parmi nous, vivent des génies, des gens qui ont et qui vont continuer de changer le monde. Malgré votre sarcasme, malgré votre critique et malgré votre mauvaise volonté.

Entre temps, rentrez dans vos tanières et allez regarder votre télé plasma, envoyez vos SMS, ne répondez pas à votre cellulaire et laissez la boite vocale le faire à votre place. Écoutez votre musique, sur votre baladeur – sans doute PAS un iPod n’est-ce pas? Peut-être êtes vous toujours à l’heure du Walkman ou du stéréo haute fidélité? Et souvenez vous que cette musique, téléchargée depuis un serveur quelque part dans le monde, comme par magie, est aussi le fruit de créateurs, de gens très très spéciaux.

Si vous êtes malades, allez chercher vos médicaments dans une pharmacie au coin de la rue. Des médicaments qui sont le fruit d’années de recherche et de millions de dollars d’investissement.

Si vous voyagez, montez dans un avion qui vole à des centaines de km / heure, bien assis dans un fauteuil à 10,000 mètres d’altitude dans un cabine pressurisée en prenant votre bière et en écoutant un film, choisi peut-être parmi 4 ou 5 disponibles depuis votre siège.

Puis rendez vous compte que ce que vous prenez pour acquis, ce sont des gens comme Jobs qui vous l’offrent.

La vérité choque

Comme chaque année, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) publie son Bulletin de la prospérité du Québec1. Puisque cette analyse jette un regard sombre sur ledit « modèle » québécois, la gauche s’est vite empressée de diminuer la portée du document2. Mais comme il fallait s’y attendre, la contre-analyse emploie la même superficialité dont elle accuse le rapport du CPQ…

 

En effet, on ridiculise le rapport parce qu’il ramène «  la définition de la prospérité d’un État à sa capacité à créer un environnement favorable au développement des affaires ». Un tel commentaire montre une profonde ignorance de l’économie. Cette dernière ne peut véritablement prospérer que si des entrepreneurs prennent des risque pour augmenter leur richesse personnelle et, au bout du compte, celle des autres. Le gouvernement ne peut que rediriger la richesse; il n’en crée pas.

Et pour encourager les entrepreneurs, il faut avoir un bon environnement : réglementation réduite au plus simple, salaires flexibles, fardeau fiscal allégé, etc. Et malheureusement, sur chacun de ces points, le Québec est médiocre : les lois du travail favorisent indûment les syndicats, ces derniers rendent les salaires rigides (et donc augmentent le cout de la main-d’œuvre), et même le plus bas taux d’imposition est plus haut que le palier le plus élevé des autres provinces (sans compter toutes les taxes et autres frais, aussi plus élevés). Et n’en déplaise à M. Bérubé, le salaire minimum a un effet très négatif sur l’emploi. D’ailleurs, sa création à quelques endroits avait justement comme but de créer du chômage pour certains groupes3

Toutefois, créer un environnement propice pourrait ne pas être suffisant. La culture entrepreneuriale au Québec est en perte de vitesse par rapport à l’Ontario4. Il faut croire que le vieux fond catholique de méfiance de la richesse est encore dans les parages…

 

Ignorer quand on est désavantagé

 

Autre point qui ressort dans « l’analyse » du Devoir : la citation d’un rapport de IRIS, un institut d’analyse de gauche, qui affirme que « la prospérité d’une société n’est pas qu’une affaire de production de biens et services, qu’une mesure de PIB ». En effet, ne tenir compte du PIB « risque de nuire directement à d’autres objectifs sociaux légitimes, comme la cohésion sociale et la protection de l’environnement »5. Nonobstant que cette analyse montre que la gauche ne peut pas voir la vérité en face – que le PIB est un facteur nettement plus déterminant que l’écart de richesse pour mesurer la santé d’un peuple6 –, les deux objectifs sus mentionnés nuisent définitivement à n’importe quel juridiction (province, pays, ville, peu importe).

 

En effet, tenter de créer une supposée « cohésion » entre les membres d’une société sous-entend nécessairement une violation des droits individuels à l’avantage des droits collectifs. On n’a qu’à regarder le Québec pour en voir les effets. Au nom du droit au français

  • tout enfant n’ayant pas eu une éducation anglaise ailleurs au Canada est tenu d’être éduqué dans une école française (exception faite des « écoles passerelles », qu’un enfant doit quand même fréquenter trois ans)

  • tout affichage doit avoir le français plus gros que n’importe quelle autre langue

  • Toute entreprise de plus de 50 employés doit mettre en place un environnement où le français domine.

Nul besoin de dire que cette dernière mesure a précipité le déclin de Montréal pour alimenter Toronto. Mais peu importe : le français est vigoureux!

 

De plus, n’en déplaise à IRIS, le capitalisme est le meilleur système de préservation de l’environnement. En effet, quand les droits de propriété sont bien définis, une atteinte trop grande à ces derniers (déversement de pétrole, déchets nucléaires) force la compagnie fautive à verser compensation aux personnes touchées. Sans aucune intervention du gouvernement, les compagnies ont donc intérêt à limiter au maximum l’impact qu’elles ont sur leurs voisins.

Toutefois, l’analyse de l’IRIS va plus loin. Il considère encore comme crédible le GIEC, le bras de propagande environnementale de l’ONU, et son analyse catastrophique du futur de la planète. Il accepte béatement que les rapports du GIEC soient remplis de rapports de bacheliers, d’activistes environnementaux ou de membres en règle de Greenpeace7. Et peu importe si Climategate a montré la magouille outrancière parmi certains scientifiques pour truquer les données sur le climat, ou même si une étude du CERN a montré la très grande influence du rayonnement cosmique, par rapport au CO2, sur le climat8.

Mais non. On en rajoute en montrant un graphique, qui affiche une corrélation positive entre la taille de l’économie (PIB) et l’émission de gaz à effet de serre. Je ne nie pas la corrélation, mais si on regarde les pays avec une empreinte de carbone plus faible, on trouve le Ghana, le Mali, l’Éthiopie, la Somalie… Des pays qui ne polluent presque pas, mais dont la population a à peine de quoi subsister. Est-ce ce que l’IRIS veut?

 

Enfin, l’auteur de la critique dans Le Devoir s’imagine que les programmes sociaux (« capitalisme redistributif ») est ce qui a aidé le plus le Québec à traverser la présente crise. Je suis obligé de lui accorder un demi-point là-dessus : il est vrai que les nombreuses dépenses publiques au Québec ont sans doute aidé la Belle Province à tomber moins durement. Malheureusement, il néglige de dire que ces dépenses ont fait que le Québec avait moins haut chuter comparativement aux provinces populeuses – Ontario, Alberta et Colombie-Britannique. Il n’était donc pas difficile de remonter la pente de l’avant-crise. Maintenant, il faut monter la pente de la croissance, et elle sera on ne peut plus à pic à cause justement des trop nombreuses dépenses publiques.

 

En conclusion, si l’on veut rattraper les provinces riches du pays, il y a du pain sur la planche. Il faudra que le gouvernement Charest – ou peu importe qui lui succèdera d’ici 2013 – tienne compte du bulletin du CPQ. N’en déplaise au Devoir, il brosse un portrait très fidèle – et donc plutôt sombre – de la situation économique du Québec. Sans une amélioration substantielle des points négatifs (fardeaux fiscal et réglementaire, notamment), alors même les provinces Maritimes risquent d’avoir une économie plus vigoureuse. L’IPÉ et la NÉ ont d’ailleurs des soldes budgétaires plus respectables que le nôtre.

John Galt traduit dans la vraie vie

Dans son roman Atlas Shrugged (bientôt en français sous le titre « La Grève »), Ayn Rand fait l’éloge de l’entrepreneur idéal qu’elle incarne dans la personne de John Galt. Il était un brillant inventeur qui refusait de laisser exploiter son génie par d’autres. Il était un homme pour qui tout était possible et il réussit à convaincre d’autres comme lui a faire la grève et démontrer à tout le monde l’importance des ces hommes et femmes qui innovent sans cesse. Il existe dans ce monde un grand nombre d’entrepreneurs, mais je dirais qu’aucun ne ressemble plus à John Galt que Steve Jobs. C’est un homme qui d’une façon très réelle, a transformé le monde et notre monde aurait été passablement plus pauvre sans lui.

Le prototype du Apple 1, tel qu'initialement présenté à un groupe de hobbyistes.

En 1975, lui et son partenaire Steve Wozniak ont été les premiers à offrir un ordinateur pour la maison à un prix qui était à la portée de tous, le Apple 1. C’était un kit à assembler qui se branchait à un téléviseur et qui se vendait à l’époque pour la modique somme de $666. 66. Wozniak et Jobs les construisaient eux-mêmes dans le garage de Steve Jobs. Jusque là, les ordinateur étaient généralement des machines énormes qui remplissaient souvent plusieurs pièces et qui n’étaient accessibles qu’au grosses compagnies. Le Apple 1 fût l’inspiration pour une foule d’autres compétiteurs comme Texas Instruments, Commodore et Tandy. Le Apple 1 fût ensuite suivi du IIe et du IIc. L’ordinateur personnel était officiellement né grâce au génie de Jobs et Wozniak.

Les années 80 virent l’entrée d’IBM dans l’arène des ordinateurs personnels, qui devint vite la compagnie dominante, forçant un grand nombres de compétiteurs à imiter son fameux PC pour survivre. Jobs, de son côté, plutôt que d’imiter, décide plutôt d’innover avec le MacIntosh. Le premier ordinateur personnel à incorporer une souris et une interface graphique. Interface graphique qui sera l’inspiration pour tous les autres systèmes d’opération similaires comme Windows et le défunt OS2. Encore une fois, c’est Jobs qui transforme l’industrie complète. Même si Apple ne rapporte pas autant qu’IBM, cette compagnie arrive à établir une domination dans le domaine du design et de l’éducation. Le Mac continuera d’évoluer dans les années qui suivront et sera caractérisé par une élégance et un style inexistants dans le reste de l’industrie. En l’espace de dix ans, Apple est passée de seulement Jobs et Wozniak travaillant dans un garage à une compagnie valant 2 milliards et employant plus de 4000 personnes.

L’impact de Jobs sur Apple est indéniable. La période la plus difficile de la compagnie fût lorsqu’elle l’a évincée. Pendant ce temps, Jobs ne s’est pas laissé abattre et a fondé deux autres compagnies: NeXT et Pixar. Pixar continue d’innover dans le domaine de l’animation, ayant un grand nombre de long métrages pour enfants à son actif. La compagnie NeXT n’a pas rencontré un gros succès commercial, mais les technologies que Jobs a développées avec elle sont à la base de la renaissance d’Apple.

Depuis son retour à la barre de sa première compagnie, Steve Jobs n’en finit plus de révolutionner le marché. Il a mis les walkman et les discman au rancart avec ses iPods. Il a réussi à convaincre les gens à payer pour leur musique, plutôt que de la télécharger avec iTunes. Il a révolutionné le marché des téléphones portables avec le iPhone, supplantant le vénérable Blackberry et tourné sans dessus dessous le monde des ordinateurs portables avec son iPad. Tous ces produits qui ont fait avancer l’industrie par bonds.

Alors qu’il a annoncé sa retraite la semaine dernière, il est difficile de s’imaginer ce que aurait été le monde sans l’apport de Steve Jobs. Ses innovations ont rendu la vie de milliards de personnes plus agréable et on permis à des millions d’autres personnes à bien gagner leur vie à travers le monde. À lui seul, le iPhone est fabriqué en utilisant des centaines de composantes manufacturées dans des centaines de pays différents. À lui seul, Steve Jobs aura nourri et enrichi plus de gens que tous les politiciens de la planète. Était-il animé par la poursuite du bien commun? Probablement pas, mais il a néanmoins sorti bien plus de personnes de la pauvreté que n’importe quel gouvernement.

Jobs et Wozniak dans leur garage en 1975

 

« Impossible est juste un gros mot lancé par des petits hommes qui trouvent plus facile de s’accommoder du monde qui leur a été légué que d’explorer le pouvoir qu’ils ont de de le changer. L’impossible n’est pas un fait, c’est une opinion. L’impossible n’est pas une déclaration, c’est un défi. L’impossible est un potentiel. L’impossible est temporaire. L’impossible n’est rien. » -Steve Jobs

Ceux en manque d’inspiration peuvent certainement en trouver dans cette citation. Le monde a besoin de plus de Steve Jobs.