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Voter stratégique

 

Par Philippe David

Voter stratégique, c’est ce que le PQ voudrait que vous fassiez, en voulant dire de voter pour eux, bien sûr. De l’autre côté, il y a un mouvement contraire de « tout sauf le PQ » pour éviter de se retrouver avec un autre référendum.

« Les élections sont imminentes et les frustrations des Québécois sont grandes. On sent se dessiner deux tendances, l’une hostile au PLQ (anything but the PLQ) et l’autre hostile au PQ (anything but the PQ). L’important est de bien choisir son «anything but». Il vaut la peine de rappeler les points suivants: Le PQ a appuyé les carrés rouges et recrute un de leurs leaders, le PQ recrute les journalistes les plus biaisés de Radio Canada, le PQ s’arrime à Lisée qui cuisine les chiffres pour transformer le cancre en modèle et «mettre la droite KO», le PQ veut étendre la loi 101 au CÉGEP, le PQ veut augmenter les taux marginaux d’imposition pour des raisons purement idéologiques (il ne récoltera pas grand chose vu la disette de vrais «riches» au Québec), le PQ est allé chercher un «candidat de prestige» qui rêve de nationaliser les ressources naturelles et de multiplier les Hydro-Québec, le PQ veut créer une atmosphère empoisonnée d’affrontement entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral, entre les francophones et les anglophones, entre les francophones de souche et les allophones, de manière à réunir les conditions pour lancer le Québec dans l’aventure d’une troisième tentative de sécession. Et tout cela au moment où l’économie mondiale est en crise, où les dettes publiques explosent (la nôtre n’explose pas mais augmente inexorablement) et où l’État providence ne parvient plus à livrer ses promesses. Lequel des deux «anything» vous choisissez? Pensez-y très sérieusement. »

Dit Martin Coiteux, le professeur d’économie aux HEC Montréal. Alors pour éviter tout ça, il faudrait se pincer le nez et voter pour le moins pire! Ciel que j’en ai marre de voter pour le moins pire! Personnellement, ni l’une, ni l’autre de ces deux alternatives ne m’excite. Autant rester chez moi que de voter libéral pour éviter le retour du sempiternel débat sur la souveraineté ou voter PQ pour débarrasser d’un gouvernement qu’on choisi par dépit depuis 9 ans.

Quelle alternative avons-nous? Option Nationale et Québec Solidaire ne sont que des versions encore plus radicalement à gauche que le PQ. J’aimerais autant avaler un bidon de térébenthine et pisser sur un feu de broussailles que de voter pour eux. La CAQ, c’est le PQ lite. Tout aussi insipide, mais dilué quelque peu. Resterait les deux nouveaux partis de droite: le Parti Conservateur du Québec et l’Équipe Autonomiste. Ces deux partis ne sont pas nécessairement mûrs, mais ils ont au moins le mérite de partager mes propres valeurs. 

Je vais donc vous proposer quelque chose de totalement farfelu pour les prochaines élections. Tout d’abord, évacuez de votre esprit toute pensée de vote stratégique et pensez plutôt au message que vous voudriez envoyer à Québec. Peu importe qui gagne les prochaines élections, ce sera probablement un gouvernement minoritaire, donc ils auront très peu de marge de manoeuvre pour faire un référendum, par exemple. Donc peu de risque qu’ils puissent faire quelque chose de vraiment déplaisant. Que ce soit le PLQ ou le PQ, ce sera du pareil au même. D’un autre côté, si dans ce scénario, nous avions un important noyau de députés droitistes, peut-être même avec la balance du pouvoir, ça envoyerait un vrai message.

J’aimerais donc que ceux qui se disent de droite cessent de se dire orphelins politiques et commencent à voter avec leur coeur. Que vous votiez pour le Parti Conservateur ou l’Équipe Autonomiste m’importe peu, mais si l’un ou l’autre de ces deux partis présente un candidat, votez pour lui! Cessez de gaspiller votre vote à encourager la corruption et le sempiternel débat constitutionnel et votez pour un parti qui est vraiment proche de vos valeurs. En 2007, le votre de droite a pratiquement mis l’ADQ au pouvoir. Si on s’unissait encore en 2012, qui sait quel en serait le résultat.