Archives par mot-clé : Éric Duhaime

Merci pour ton livre, Éric Duhaime

Par Nathalie Roussy
Collaboration spéciale

Merci Éric Duhaime pour ton livre « La fin de l’homosexualité et le dernier gay ». Sincèrement. Je l’ai aimé, savouré même. Trouvé qu’il était utile pour lancer des réflexions, des débats de sociétés. Il n’y a pas d’arrogance ni de sarcasme. J’ai vraiment apprécié ton livre. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que tu as écrit, évidemment (quelqu’un l’est?). Mais Éric, je dois te dire que j’ai vraiment beaucoup aimé ton initiative.

Je suis pas mal agacée moi aussi tout comme toi par tout ce discours de victimisation. Je n’aime pas quand on a tendance à pointer toujours la faute sur l’extérieur à soi. Et je parle dans le sens large.

J’encourage les gens à lire ton livre pour éviter les épouvantails que j’ai pu lire déjà seulement quelques jours après la sortie de son livre. Éric, tu n’es pas pour moi un modèle de sagesse et de nuance. Par contre, tu n’es pas pire que la moyenne des ours et tes idées sont souvent intéressantes, car singulières par rapport à ce qu’on entend. Ceci étant dit, tu es beaucoup plus articulé et nuancé que ce que veulent nous faire croire nombre de tes détracteurs et «haters». Je te lève mon chapeau d’avoir la couenne aussi dure de supporter autant de critique et de haine.

Permets-moi dans cette lettre-ci de me concentrer sur les points pour lesquels je suis en désaccord avec toi. Tout d’abord, je trouve étonnant que tu ne voies pas la contradiction, aussi évidente qu’un éléphant dans une pièce, à dire que l’homosexualité est quelque chose de bien ordinaire tout en en faisant un livre, mais surtout en disant que c’est la plus grande sortie de ta carrière après être resté dans le placard pendant près de cinquante ans, que tu perds beaucoup en crédibilité et démontre le contraire de tes propos. Tes paroles disent le contraire de tes actes et le pire est que tu sembles ne pas t’en rendre compte. Malaise.

J’ai été à la fois un peu, je ne sais quel mot employer, embarrassée, dégoûtée, choquée, de lire les extraits où tu nous montres les avantages d’être un gai sans enfant. Tu connais l’extrait, je ne suis pas la première à te poser la question là-dessus. Dutrisac t’a challengé un peu là-dessus, ainsi que Isabelle Craig à Radio-Canada. Mais à chacune des deux fois, tu changeais de sujet et on n’a pas insisté.

Je n’ai pas lu suffisamment sur le sujet de l’intimidation. Je suis sensible toutefois à cette réalité. L’intimidation est grave et peut mener jusqu’au suicide chez les jeunes à l’école. Je me trompe peut-être en ayant confiance que Jasmin Roy, que je perçois non pas comme un militant comme les autres, mais qui a tout mon respect depuis le début, s’appuyant sur de bonnes données statistiques. Il dit que l’intimidation est très fréquente. Je n’ai toutefois aucune raison de remettre en question ses chiffres. Pas même après avoir lu ton livre, puisque tu n’as fait aucun effort pour nous démontrer, preuves à l’appui, que la fondation Jasmin Roy nous trompe avec ses chiffres.

À ton émission et dans ton livre, tu parles des tendances en faveur du droit des femmes, parfois même au détriment du droit des hommes. Je te suis. Dommage que tu ne reconnaisses pas la tendance à l’islamophobie grandissante au sein de la population québécoise, et ailleurs aussi. Je parle de «musulmanophobie», la haine des musulmans, celle qui mène tout droit vers la violence dans le pire des cas, ou simplement dans les propos haineux émis sur les réseaux sociaux.

Dommage que tu ne voies pas la magnifique tendance des musulmans sur toute la planète à devenir plus libéraux. Tariq ramadan en parle dans son livre Mon intime conviction : « Les problèmes du moment peuvent parfois nous faire perdre de vue la perspective historique, et nous faire sombrer dans un pessimisme pourtant peu justifié. En moins de deux générations, on a pu observer des évolutions extraordinairement rapides dans la pensée comme dans la compréhension que les musulmans avaient de l’environnement occidental et européen ».

Pour terminer, je voudrais témoigner avoir constaté, en côtoyant en ligne sur FB des gens proches du mouvement libertarien que ces personnes envoyaient souvent des commentaires montrant qu’ils semblent dérangés par la liberté et l’acceptabilité sociale de plus en plus grandes face à l’homosexualité. Ils étaient bien sûr « tolérants » envers les homosexuels. Je trouve que tu pousses le bouchon un peu loin à, encore une fois, frapper sur les musulmans dans ton livre. Si certains conservateurs et libertariens ont le droit d’être mal à l’aise avec l’homosexualité, il faut reconnaître que les musulmans aussi en ont le droit. L’important pour un minimum de vivre ensemble est de respecter les droits et libertés de chacun. Si t’es d’accord comme moi, comme tu l’as déjà dit à l’émission Franc-Tireurs, pour dire que les propriétaires d’entreprises privées devraient avoir le droit d’être imbéciles et de refuser l’entrée dans leur commerce de noirs, de femmes ou de gais, si tu es conséquent il me semble que tu devrais reconnaître le droit à des imams de mosquées privées d’en faire autant.

Mes étiquettes sont entre autres :

Bisexuelle en relation de couple homosexuelle,
libertarienne, auditrice régulière de ton émission,
citoyenne de la grande région de Montréal, droitière et bouddhiste agnostique

 

Guillaume Wagner et la liberté d’expression

 

Par Philippe David

J’ai décidé aujourd’hui de vous donner mon petit grain de sel sur l’affaire de Guillaume Wagner et de la géométrie variable dont nous faisons quelque fois preuve en matière de liberté d’expression. Lors de son passage à «Tout le monde en parle», Guillaume Wagner s’est montré critique  de Radio X. C’est son droit le plus strict, mais voilà. Guillaume Wagner est aussi l’auteur de bien des blagues de mauvais goût. Personnellement, je n’ai pas vu son spectacle, mais toutes les blagues que j’ai entendues de lui, y compris celles qui ont été montrées à «Tout le monde en parle», (qui, je m’imagine, devaient être ses meilleures), je les ai trouvées plates. En écoutant ces quelques clips, je m’ennuyais beaucoup de la belle époque d’Yvon Deschamps et des Cyniques. Ça c’était de l’humour. Mais je ne veux pas vraiment critiquer l’humour ou le manque d’humour de Guillaume Wagner, c’est aussi son droit de faire des blagues douteuses.

Quand Sophie Durocher a écrit une chronique critiquant Wagner, plusieurs se sont portés à sa défense. Il aurait été cité hors-contexte dans sa blague sur Marie-Élaine Thibert dit-on. Ah oui? Et celle de Marie-Mai, c’était hors-contexte aussi? Mais je crois que ses défenseurs ont raté le point que Sophie Durocher tentait de faire. Elle ne critiquait pas la blague comme telle, aussi insultante soit-elle. Elle ne remettait pas en question le droit de Wagner de faire cette blague non plus. La liberté d’expression n’existe pas uniquement pour les propos bénins, elle existe surtout pour les propos qui choquent. Wagner a le droit absolu d’être insultant. D’autres humoristes le font aussi (Mike Ward me vient à l’esprit). Non, le problème n’est pas là.

Imaginez un instant le tollé si Éric Duhaime ou Dominic Maurais avaient fait la même blague en y substituant Françoise David ou Pauline Marois? Je suis certain que des hordes d’enragés avec des torches et des fourches auraient été aux portes des studios de Radio X à Montréal pour réclamer leur tête sur une pique. En bref, quand on fait de l’humour poubelle, on est bien mal placé pour critiquer.  Si tu veux critiquer les dérives passées de Radio X, t’as intérêt à ne pas faire pareil. C’est un point très simple, mais que beaucoup de défenseurs de Guillaume Wagner ont complètement raté. Guillaume Wagner et ses comparses devraient donc se souvenir que s’ils ont la liberté d’expression, d’autres qu’eux ont aussi ce droit.

Comment mettre J-F Lisée K. O.

J’ai regardé l’émission « Tout le monde en parle » avec grand intérêt hier soir, comme beaucoup d’autres gens. J’ai attendu avec anticipation l’arrivée d’Éric Duhaime et de Jean-François Lisée. Je n’ai pas été déçu. Je félicite Guy A. Lepage de les avoir invités tous les deux et d’avoir de ce fait sensibilisé ses nombreux auditeurs au débat gauche-droite. Ce débat n’a pas encore pénétré dans le psyché québécois et toute occasion est bonne pour le faire pénéter un peu plus.

Éric Duhaime nous a donné un solide exposé de son livre et la réaction de l’audience a été très positive. Jean-François Lisée, en revanche s’est habillé d’arrogance et de démagogie, et bienqu’Éric Duhaime se soit  bien défendu dans l’ensemble, je me suis retrouvé devant mon écran voulant lui souffler quelques arguments à travers les ondes.

Tout d’abord, j’ai maille à partir avec l’analogie de M. Lisée sur la définition de gauche et droite. La droite croit que c’est votre responsabilité d’apprendre à nager et elle vous laisse la liberté de nager aussi vite et aussi loin que vous le pouvez. En revanche, la gauche vous force à nager avec une veste de sauvetage le restant de vos jours, que vous sachiez nager ou non. Pour une petite minorité incapables d’apprendre à nager, c’est peut-être bien, mais pour la majorité ça devient vite une  entrave. 

Tout de suite au départ, Lisée a usé d’intimidation en interrompant constamment Éric Duhaime. Mais il ne s’est pas laissé intimidé. Bon point pour lui. Là où je me suis rongé les ongles fût lorsque J-F Lisée s’est mit à décrire ce qu’aurait été le Québec si les libertariens. Hydro Québec n’aurait pas été nationalisé, il n’y aurait pas eu d’assurance-maladie, pas de loi 101 et pas de salaire minimum. Ici M. Lisée fait usage de ce qu’on appelle « l’homme de paille ». Une technique qui consiste à ériger une image caricaturale de la droite, pour ensuite démolir cette caricature. M. Lisée est renommé pour utiliser de telle démagogie et je suis certain que son livre en contient une bonne dose. Ma réplique à son argumentaire aurait été de dire « Et alors? Il y aurait eu autre chose. » L’argumentaire de  J-F Lisée repose entièrement sur la prémise qu’il n’y a que le gouvernment qui aurait pu électrifier la province, prodiguer et financer les soins de santé, protéger la langue française ou enrayer la pauvreté. Or c’est faux. Sous la tutelle de l’État, Hydro Québec et le MSSS sont devenus des monstres bureaucratiques beaucoup trop coûteux pour les résultats qu’ils donnent. Quant à la langue elle est en plus grand péril grâce aux technocrates du MELS qu’à cause des immigrants et des anglos. Alors on est en droit de se demander s’il n’y aurait pas d’autres moyens de protéger le français sans ls coercition de l’état. Pour ce qui est du salaire minimum, ils est bien connu que cette mesure crée du chômage et n’aide pas du tout les pauvres dans la réalité. Un monde libertarien ne serait donc pas aussi pire que M. Lisée le prétend. Ce serait plutôt le contraire.

Par exemple, contrairement au monde de M.Lisée, où on s’imagine que c’est la majorité des gens qui sont incapables de payer pour leurs soins médicaux les plus élémentaires, les libertariens fonctionnent avec l’idée qu’au contraire, c’est plutôt une petite minorité des québécois qui seraient incapables de payer pour leurs soins et donc qu’il n’est pas nécessaire que le gouvernement finance des soins médicaux mur-à-mur pour tout le monde. En minimisant l’impact de l’État dans le domaine de la santé, les coûts des soins seraient plus bas et il n’y aurait peu ou pas de temps d’attente. Il pourrait en être ainsi de la plupart des programmes sociaux. L’affreux épouvantail de M. Lisée est bien moin effrayant maintenant.

Un autre beau petit plat de démagogie servi par Jean-François Lisée a été d’accuser la droite néolibérale de la débâcle financière aux États-Unis. Selon les dires de M. Lisée, les banques américaines étaient « auto-régulées » pendant les années 1990, alors qu’en réalité, des lois telles que le Community Reinvestment Act forçaient les banques à faire des prêts hypothécaires à risque (sub-prime) au nom de l’égalité raciale et que ce sont Fannie Mae et Freddie Mac, des entreprises dirigées par le gouvernement américain qui rachetaient ces hypothèques risquées pour les transformé en ces fameux produits dérivés qui ont coûté $40 milliards à la Caisse Dépôt et qui avaient une cote AAA à cause qu’ils avaient une garantie implicite du trésor américain. Cette crise a plutôt été une orgie d’interventions étatiques afin de promouvoir un idéal socialiste d’accès à la propriété coûte que coûte. Soit Jean-François Lisée est bien mal informé, puisque bien peu de politiciens aux États-Unis contestent encore cette version des faits, ou soit il ment sciemment. À vous de choisir. Chose certaine, une simple recherche sur Google vous rapportera des tonnes d’information sur le rôle due gouvernement américain dans cette crise.

Pour ce qui est de la prétention que 99% des Québécois sont plus riches que 99% des américains, je vous réfèrerais à cet excellent texte de Martin Coiteux qui démontre cette fàcheuse tendance que M. Lisée a de prendre les coins ronds avec les statistiques.

J’ai le plus grand respect pour Éric Duhaime, mais j’espère que lorsqu’il aura un autre débat avec Jean-François Lisée, il utilisera certains de ces arguments pour le mettre K.O.

Affrontements stupides

Caricature - Ygreck

J’ai décidé ce matin de ramener une petite caricature que le talentueux Ygreck avait faite environ 3 mois après le premier rassemblement du Réseau Liberté-Québec, alors que les grandes centrales syndicales du Québec faisaient un caca nerveux devant cette nouvelle manifestation d’une droite qu’ils accusaient d’être « provocante ». Je le fais parce qu’il y en a qui affirment sans rire que le RLQ est une organisation inutile. Pourtant, si cette organisation est inutile, pourquoi y a-t-il des gauchistes avec des pancartes à chaque rassemblement majeur de ce mouvement? Pourquoi, avant qu’elle n’apparaisse, le débat gauche-droite était quasi-absent des médias de masse et que maintenant on s’en parle de plus en plus? Pourquoi depuis la fondation de ce réseau, Facebook est-il littéralement en ébullition au Québec avec des débats sur cet axe?

C’est vrai qu’il en en a qui se font de fausses idées sur ce que le RLQ est ou devrait être. Le RLQ n’est pas un parti politique, ni un groupe de pression, ni un lobby. Le RLQ est un réseau. Il n’a pas d’organisation formelle. Il permet à des gens de droite de se réunir et d’échanger. Il permet de tisser des liens et faire des contacts. Il permet également aux gens de droite de s’éduquer en présentant des conférenciers lors de ses évènements. Finalement, grâce à la visibilité médiatique de ses ténors, il est aussi un canal pour les idées de droite dans les médias. C’est loin de ce que j’appellerais « inutile ».  Alors pourquoi y a-t-il des gens de droite si critiques de ce mouvement?

La droite a une particularité intéressante. Elle est farouchement individualiste. Pas individualiste dans le sens du chacun pour soi, mais individualiste dans le sens que l’individu et ses droits sont au centre de ses préoccupation. Contrairement aux drones collectivistes de la gauche, nous ne voulons pas être issus du même moule et nous ne voulons pas nous plier à des exigences ou des solutions uniques. Nous croyons que les solutions émergent du bas vers le haut et non du haut vers le bas. Les idée sont soumises à la loi du marché et ce sont les meilleures idées qui émergent du processus de la concurrence.

Alors, puisque tous les gens de droite sont tous supposés viser le même but, c’est-à-dire moins d’état, je me vois plutôt perplexe d’assister à des luttes intestines stupides qui portent non-pas sur les idées, mais sur le choix d’un véhicule ou de la méthode ou même des conflits d’égos. Vous trouvez que le RLQ n’en fait pas assez? Fondez votre propre mouvement et essayez d’en faire un succès comme Joanne Marcotte, Éric Duhaime, Ian Sénéchal et Roy Eappen ont fait. Vous êtes orphelins politiques depuis que l’ADQ a sombré et vous haïssez la gueule de Jeff Plante? Faites comme lui et partez votre propre parti et voyez si vous pouvez faire mieux que lui. Mais de grâce, cessez de dénigrer ceux qui tentent de s’impliquer corps et âmes à faire avancer la cause de la droite au Québec. J’ai le privilège de connaitre beaucoup de ces gens et chacun est dédié à sa propre manière à la même cause que vous. Pourquoi leur planter des poignards dans le dos? Les traiter de faux droitistes ou que sais-je d’autre encore? Je croyais que seuls les gauchistes s’attribuaient le monopole de la vertu. Et pourtant, si vous n’êtes pas disposés à faire certains des sacrifices que font les Jeff Plante, Éric Duhaime, Ian Sénéchal, Joanne Marcotte et Roy Eappen ont fait, qui êtes-vous pour les critiquer.

L’important n’est pas le véhicule ou la méthode; l’important, c’est les idées. Les luttes intestines ne mènent à rien. Pendant que vous vous obstinez sur le sexe des anges, le véritable adversaire, la gauche, se bidonne. Si ce que le voisin fait pour promouvoir la cause vous déplait, vous pouvez en débattre, mais s’il persiste, vivez et laissez vivre.

2011 et la fin des illusions

 

L’an 2011 sera probablement considérée par les historiens comme une année charnière parce qu’elle aura mis fin à bien des illusions et des croyances. Elle aura aussi vu des profond changements et bouleversements.

2011 est d’abord l’année qu’on a réalisé que le Québec ne peut plus à lui seul empêcher un gouvernement fédéral majoritaire. L’élection du 2 mai a démontré que le reste du Canada pouvait élire un gouvernement majoritaire sans nous.

2011 est aussi l’année de la chute des vieux paradigmes. Ce fût la fin du sempiternel débat constitutionnel et le retour à un débat plus orienté sur l’axe gauche-droite. Ce fût la chute du Bloc Québécois et l’implosion du PQ. Ce fût aussi une raclée pour le Parti Libéral du Canada qui se voit relégué au rôle de tiers-parti pour la première fois de son existence. L’élection fédérale de 2011 aura aussi vu la montée du NPD. Suffit maintenant de savoir si ce parti arrivera à se maintenir et survivre au décès du chef le plus charismatique qu’il ait jamais eu.

2011 est l’année de la descente aux enfers de Jean Charest et du PLQ.  Accablé de plus en plus par les signes de corruption au sein de l’industrie de la construction et des liens avec son gouvernement, Jean Charest s’est vu forcé de créer la Commission Charbonneau. L’an 2012 nous dira ce que cette commission va nous donner de plus que toutes les précédentes, mais elle n’augure pas bien pour les chances de réélection du PLQ.

En fait, 2011 sera probablement vue comme l’année où le Québec aura complètement perdu ses repères du point de vue politique. Libérés du pardigme 0ui/non constitutionnel, les québécois perdent le nord face au nouveau paradigme gauche-droite qui remet en question le modèle québécois social-démocrate et se retrouvent prêt à élire un parti sans programme et sans idéologie par simple volonté de changement.

L’an 2011 marquera aussi le déclin du pouvoir syndical au Québec. Nous avons assisté à la déconfiture de l’Alliance Sociale, à la déconfiture de la FTQ construction face à l’abolition du placement syndical et la désaccréditation de plusieurs syndicats dans des entreprises.

En Europe et partout au monde, l’an 2011 aura aussi mis au jour les limites et les failles de l’État Providence. Il y a quelques années, nous n’aurions jamais crû que nous verrions des états européens acculés à la faillite et la zone euro sur le bord du précipice. Nous n’aurions jamais crû voir le géant américain fléchir des genoux comme il le fait maintenant.

Du point de vue économique, 2011 nous aura aussi montré les faiblesses du système monétaire actuel, basé sur de la monnaie fiduciaire et le système de réserves fractionnaires. Ce système qui depuis des décennies fait fi du fait qu’avant de pouvoir consommer, nous devons produire et que toute production doit être basée sur l’épargne pour être soutenable; ne pouvait faire autrement que de s’écrouler. Nous voyons les colonnes de l’euro commencer à s’effriter et nous verrons bientôt le dollar américain commencer à s’écrouler lui aussi.

Mais il y a des lueurs d’espoir. Je salue en 2011 la sortie du livre de Joanne Marcotte, une critique on ne peu plus lucide de l’état-nounou québécois et qui viendra certainement alimenter le débat que nous aurons inévitablement en 2012 sur le rôle de l’état dans nos vies. J’attends aussi avec beaucoup d’anticipation celui de Éric Duhaime sur l’iniquité inter-générationnelle. J’espère qu’il servira à ouvrir les yeux des jeunes sur le fardeau que les générations précédentes ont placé sur leurs épaules.

À tous nos lecteurs et lectrices, j’aimerais souhaiter une bonne et heureuse année 2012 au nom de Contrepoids et tous ses contributeurs. Merci de continuer à nous lire.

La naissance de la CAQ signifie-t-elle la fin de la droite au Québec?

C’est André Pratte qui pose cette question sur le blogue de l’édito de La Presse. Je me suis permis d’y répondre et je vais donc reproduire ma réponse ici.

J’ai l’honneur et le privilège de côtoyer plusieurs figures de proue de la droite québécoise, incluant M. Pouliot, Joanne Marcotte et Éric Duhaime, pour ne nommer qu’eux. Les discussions font rage sur les réseaux sociaux en ce qui concerne l’ADQ.

Les partisans de la droite sont des orphelins politiques et sont très mal représentés. Aucun parti politique ne défend vraiment leurs valeurs. Ces partisans on crû pour un temps que l’ADQ puisse répondre à leurs aspirations. Certains y croient encore, mais beaucoup n’y croient plus. C’est pourquoi ils ont déserté l’ADQ aux dernières élections.

Plus j’en apprend sur l’ADQ, et plus j’en viens à la conclusion que ce parti est profondément divisé, ayant d’un coté des partisans férus de la droite économique et de l’autre des partisans du centre-mou, pour ne pas dire centre-gauche, menés par un des fondateurs du parti, Jean Allaire.

Ce sont M. Allaire et sa clique qui désirent la fusion avec la CAQ, alors que le reste est farouchement contre. Il est difficile de savoir présentement quel groupe est prédominant, mais M. Allaire compte plus de sympathisants parmi le comité exécutif et probablement le caucus des députés, qui calculent leurs chances de ré-election et croient les vents plus favorables à la CAQ. Du côté de la base militante, mon impression est qu’un grand nombre est contre la fusion.

C’est mon espoir et celui d’un grand nombre de partisans de la droite libertarienne et économique que la proposition de fusion soit soumise à un vote des militants et soit battue. Les membres du comité exécutif et du caucus qui ont soutenu la fusion démissionneraient, ou seraient invités à partir, laissant la place à des successeurs qui sont vraiment de droite. Pour cela, ilfaudrait que les vrais partisans de la droite reviennent au bercail et peut-être que de nouveaux partisans viennent rejoindre leurs rangs.

Suite à ça, l’ADQ aurait quand même plus d’un an avant la prochaine élection pour redorer son blason auprès de la droite québécoise et recruter des candidats de qualité et enfin devenir un représentant digne de ce segment de l’électorat québécois.

Populisme et sophismes

La gauche est toujours prête à accuser la droite d’être populiste et simpliste. Pourtant, comme nous l’avons vu plus tôt cette semaine à Franchement Martineau, dans un débat opposant Jean Barbe et Éric Duhaime, ce sont le plus souvent les gauchistes qui sont simplistes et populistes. Pendant ce débat, il semblait suffisant pour M. Barbe d’affirmer que la dernière crise était le fruit de la dérèglementation et que le néolibéralisme règnait depuis trente ans. Selon lui, c’est supposé être l’évidence même, tellement qu’il ne sent aucun besoin d’offrir une preuve quelconque de ce qu’il avance. Nous sommes supposés prendre sa parole pour du « cash ». Quand Éric Duhaime lui a demandé de fournir des chiffres, il a tout simplement répondu: « Je ne donne pas de chiffres. »

Dans les faits, nos bons gauchistes sont tellements endoctrinés qu’ils croient tous à leurs propres mensonges. Pour eux, nul besoin de se justifier. C’est pour ça d’ailleurs qu’au camp des indignés, on voit tant de slogans anti-capitalistes. Chez eux, ces dogmes sont généralement acceptés sans l’ombre d’une preuve.  Je m’amuse d’ailleurs souvent à dire que pour les marxistes, la ligne entre idéologie et religion est plutôt brouillée; et ceci est un excellent exemple si vous notez l’acte de foi nécessaire ici pour accepter leur version des faits. Vous voulez les voir patiner? Demandez-leur quelle règlementation a été abrogée qui aurait causé la débâcle de 2008. Je vous parie qu’ils ne sauront pas quoi répondre.

Dans le but de rétablir les faits, je vais donc vous présenter des preuves que le fardeau règlementaire est loin d’avoir diminué aux États-Unis alors que la table était mise pour la dernière crise, au contraire.

(source)

Le federal register est le recueil de tous les règlements fédéraux. Bien qu’il y ait eu dérèglementation sous Reagan, ses successeur ont vite rétabli la règlementation au même niveau qu’avant Reagan,  et plus, exception faite du terme de Carter. On peut facilement constater que le réputé capitalisme débridé de nos voisins du sud n’existe plus depuis très longtemps.

Le volume de la règlementation n’est cependant pas suffisant pour prouver quoique ce soit, si cette règlementation n’est pas enforcée par le gouvernement, alors qu’en est il des budgets alloués à cet enforcement de la règlementation?

(source)

Encore une fois, on voit une augmentation constante des budgets des agences de règlementation. Alors elle est où au juste cette fameuse dérèglementation? Comme toujours, on constate que les assertions de M. Barbe tiennent plus du dogme que de la réalité.

Mais est-ce aussi vrai que le néolibéralisme règne au Québec? Encore une fois, quand on compare l’évolution de l’indice de liberté économique du Québec, on constate que le néolibéralisme est plutôt mort au Québec.

 (source)

Mais il est bien vivant dans les provinces qui paient la péréquation plutôt que de la recevoir. Encore une fois, la gauche pèche par populisme en lançant des slogans faciles mais faux. Croyez-le ou non, je sympathise avec les indignés et Dieu sait qu’ils ont de bonnes raisons de l’être, si seulement ils savaient ce qu’elles sont! Mais ils faudrait qu’ils cessent de s’imaginer qu’en transformant un parc municipal en bidonville, en se gelant la face et en grattant leur guitare en chantant « Kumbaya »; ils vont changer quoi que ce soit.