Archives par mot-clé : État-Providence

Ce qui cloche avec l’immigration

Par Philippe David

L’immigration fait beaucoup les nouvelles dernièrement. Une bataille rage autant en Europe qu’en Amérique entre ceux qui voudraient des frontières ouvertes et ceux qui voudraient ralentir le flot des immigrants illégaux et il y a beaucoup de démagogie de part et d’autre.

Ces pauvres enfants…

On a fait grand cas cette semaine de ces pauvres enfants mexicains, arrachés de leurs parents et supposément mis en cage comme des animaux. Ironiquement cependant, les images qu’on nous montre d’enfants en cage datent de 2014 alors que saint-Barack était aux commandes. Où était l’indignation à se moment là? Les lois qui sont présentement appliquées aux États-Unis envers l’immigration illégale sont en place depuis 1996, signées par Bill Clinton et appliquées par lui et tous ses successeurs depuis. La loi avait un soutien bi-partisan et donc des représentants et des sénateurs des deux partis ont voté pour. La seule chose dont on pourrait accuser Trump, c’est de les appliquer avec un peu plus de zèle, mais c’est justement une des choses pour lesquelles il a été élu. La gauche américaine est bien mal venue de s’en plaindre maintenant alors que précédemment, deux Présidents démocrates avaient appliqué les mêmes lois, à preuve ces photos datant de 2014. Mais de toute manière, cette séparation des enfants de leurs parents est ce qui arrive à tous les enfants de ceux qui enfreignent la loi, pas seulement ceux qui choisissent de traverser une ligne imaginaire contre la volonté de l’État. Et les parents dans tout ça? N’ont-ils aucune responsabilité d’entraîner leurs enfants dans cette aventure, connaissant les risques?

Time fake cover

Je dis ça non pas pour absoudre Donald Trump de responsabilité, mais pour souligner l’hypocrisie et l’indignation à géométrie variable de ses détracteurs et des médias qui ne s’arrêteront vraiment à rien pour tenter de le discréditer. Ce n’est pas parce que j’aime Donald Trump ou ses politiques, mais cette obsession qu’ils ont envers lui est carrément maladive. Je jurerais que certains d’entre eux doivent se lever en pleine nuit juste pour le haïr un peu plus. Revenez-en, bon sang! Trump n’est pas pire qu’un autre. Il n’est qu’un symptôme de notre maladie mentale collective et particulièrement le résultat de la politique identitaire de la gauche.

Mais le pire est que le scandale n’en est pas vraiment un. Ces images d’enfants en cage ne proviennent pas des installations où ces enfants demeurent en permanence, mais plutôt celles où on les garde le temps de les enregistrer. Voici une vidéo qui montre le genre d’installations où ces enfants sont sont envoyés après leur enregistrement. Très loin d’être des conditions inhumaines malgré les larmes de crocodile de Rachel Maddow.

Suicide par migration

Si ce n’était que de moi, les frontières n’existeraient pas et tout le monde serait libre d’aller où il veut et transiger avec qui il veut, mais voilà, ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons. Nous vivons dans un monde basé sur la prémisse que nous ne sommes pas assez sages pour nous gouverner nous-mêmes, mais que certains sont supposément capables de gouverner les actions de millions de leurs semblables par la force et on s’imagine que ce droit de dominer et imposer sa volonté aux autres se gagne légitimement par concours de popularité. Aussi longtemps que notre société sera fondée sur cette prémisse, nous vivrons dans un monde où la violence et l’arbitraire priment et des enfants seront séparés de leurs parents qui seront criminalisés pour avoir traversé la mauvaise ligne imaginaire sans permission.

Tant qu’il y aura des états, aussi minimes soient-ils, il y aura des frontières et ces états auront pour fonction de les défendre. On ne peut y échapper. Ça, c’est la réalité. C’est une réalité qui est voulue par tous sauf une infime minorité parce qu’on nous a enseigné depuis notre plus jeune âge que malgré l’absurdité de l’idée que nous ne pouvons nous gouverner nous-mêmes, mais que certains peuvent gouverner des millions et alors que l’Histoire démontre, à travers tous les abus de pouvoir meurtriers qu’elle a vus, que c’est carrément faux; ça ne peut pas possiblement fonctionner autrement. On nous a convaincus au-delà de tout doute que pour être protégés des criminels sans scrupules, nous devons nous soumettre à d’autres criminels sans scrupules. Parce que, voyez-vous, le pouvoir n’attire pas les saints, il attire les sociopathes et donc, les pires d’entre-nous se retrouveront toujours au sommet d’une hiérarchie de pouvoir. C’est pour cette raison que je m’amuse souvent à dire que nous vivons dans une inaptocratie. Ça durera tant que nous nous laisseront dominés par ce type de hiérarchie et que nous n’oseront pas rêver à un autre paradigme.

Pendant ce temps, ces sociopathes créent des crises humanitaires à coup de bombes, forçant d’immenses déplacements démographiques qui n’auraient jamais eu lieu autrement. Utilisant ces crises humanitaires ensuite pour semer le chaos en important des masses de gens dont la culture est radicalement différente de celle de leur propre société.  En petite quantité et avec un peu de temps, les gens s’adaptent à un nouvel environnement et la migration est bénéfique pour toutes les personnes concernées, mais lorsque des quantités massives de gens de cultures différentes se retrouvent projetées involontairement ensemble par des circonstances hors de leur contrôle, il n’en résulte généralement que des conflits. C’est ce qui se passe en Europe actuellement et c’est aussi ce qui attend les Amériques si les tendances se maintiennent. Si on avait voulu détruire volontairement la civilisation occidentale, on aurait probablement pas pu trouver mieux que ce qui se trame actuellement. D’un côté, corrompre la culture occidentale en une orgie de culpabilisation et de haine de soi, puis violemment introduire des éléments d’une culture forte et diamétralement opposée. D’ouvrir grand les portes à ce genre de migration n’est pas bénéfique à la société d’accueil, c’est un suicide auquel les idéaux occidentaux de liberté (incluant la liberté d’expression et de conscience) et d’égalité devant la loi ne survivront pas.

Si on se souciait des enfants…

On cesserait de faire pleuvoir des bombes et on cesserait d’endetter les générations futures…

 

La nouvelle droite et la question nationale

Par Philippe David

Nombreux sont les intellectuels souverainistes qui perdent leur latin devant le désintéressement général des membres de ce que certains appellent « la nouvelle droite » pour la question nationale et la protection de la langue. Sans pouvoir parler pour tous les individus qui composent la droite québécoise, je crois pouvoir y apporter un peu de lumière.

Libéralisme 101

S’il est faux de dire que la droite québécoise est essentiellement libertarienne, elle est certainement libérale, du moins dans le sens classique du terme. Les libertariens sont effectivement représentés, mais je dirais qu’elle contient une plus grande part de conservateurs fiscaux et de libéraux classiques. Des gens pour qui l’état reste un mal nécessaire, mais qui croient que celui-ci devrait se limiter à des fonctions restreintes et bien définies et qui croient que l’état devrait se substituer le moins possible à la liberté de choix des individus.

Pour les membres de la nouvelle droite, ce qui importe c’est une moins grande ingérence de l’état dans leurs vies personnelles et dans l’économie. Ce qu’ils veulent entendre, c’est qui réduira la dette. Qui coupera dans la bureaucratie gargantuesque de notre état-providence. Qui remettra en question le panier de services offerts par le gouvernement, de façon à offrir moins de services, mais d’améliorer la qualité de ce qui est offert. Qui réformera le code du travail de façon à donner moins de pouvoir aux syndicats du secteur public?. Qui libéralisera l’éducation de façon à remettre les choix dans les mains des parents et des étudiants?. Qui réformera la santé pour y introduire un système mixte, comme ils ont en Europe et bien d’autres endroits dans le monde, de façon à introduire de la concurrence au grand bénéfice des patients?. Qui osera sabrer dans les subventions directes, indirectes et totalement indécentes, consenties à des compagnies qui ne pourraient se maintenir à flot par elles-mêmes? Qui réformera le système largement déficitaire des garderies?  Qui mettra fin aux monopoles gouvernementaux inefficaces comme la SAQ?

Toutes des préoccupations légitimes et probablement beaucoup plus urgentes à régler que le sempiternel débat constitutionnel et linguistique.

Le monopole du micro

Qu’avons-nous à la place? La même vielle cassette qui tourne depuis un demi-siècle. Le grand péril du français et la souveraineté. Pendant ce temps, le navire coule et nous voulons réorganiser les chaises sur le pont.  Nous ne nous sommes même pas posé de questions sur la dépendance que nous développions pour cet état tentaculaire qui est le nôtre, comme si ça allait de soi. Nous étions tellement obnubilés par la souveraineté et la langue que nous ne nous sommes jamais posés quant aux vrais choix de société que nous faisons. Nous avons perdus cinq décennies à débattre de la langue et de la souveraineté alors que nous nous appauvrissions progressivement et nos infrastructures pourrissaient sous nos pieds. Nous ne cessons de planifier le prochain référendum pendant que les groupes d’intérêt de toute sorte s’enrichissent  à nos dépens, que les contribuables croulent sous le fardeau des taxes et que nous amassons une dette que trois générations ne suffiront probablement pas à payer. Eh bien nous en avons marre!

Nous avons marre des lois liberticides destinées à nous enfermer dans un moule culturel uniforme. Nous avons marre des référendums et des éternelles chicanes avec le reste du Canada. Nous avons marre de la culture de revendication et de mendicité que nous maintenons envers les autres provinces. Nous avons marre du nationalisme économique qui maintient des cancres industriels sur le respirateur et étouffe l’entrepreneuriat en accaparant les ressources. Nous avons marre des apprenti-sorciers qui établissent des programmes qui doivent constamment être réformés, tellement ils sont mal conçus. Nous avons marre de payer trois fois le prix pour tous les projets entamés par le gouvernement. Nous en avons marre de passer des heures interminables à l’urgence et de crever sur les listes d’attentes quand nous savons que les solutions existent mais qu’aucun politicien ne veut les appliquer.

Alors excusez-nous, Ô intellectuels souverainistes, de croire qu’il est  plus urgent de réparer les torts de votre débat stérile que de partager votre fixation idéologique d’un pays qui s’écroulerait de toute façon sous son propre poids. Nous en avons tout simplement assez que vous ayez le monopole du micro.

Grèce: faillite d’un État-providence

Grèce, Portugal, Espagne, Italie. Ces quatre pays défraient la manchette depuis plus d’un an en raison des difficultés économiques qu’ils traversent. Par le biais de divers programmes de stabilisation et une imposante aide directe, leurs confrères européens sont jusqu’à maintenant toujours venus à leur secours. Tellement, que c’est aujourd’hui l’Europe toute entière qui menace de se trouver en difficulté. Et tout ça, dans le but de soutenir des États démesurés et incapables de vivre selon leurs moyens.

Aujourd’hui, tant en Allemagne que dans d’autres pays, des voix s’élèvent pour que le support absolu aux nations en difficulté cesse ou qu’il s’accompagne à tout le moins de réelles exigences en matière de redressement des finances publiques.

 

La Grèce: symbole du modèle étatiste en faillite

Ne nous faisons pas d’illusions, la Grèce demande actuellement au reste de l’Europe de payer son épicerie et de régler sa carte de crédit. Toutefois, elle n’en est pas moins dépensière et ses citoyens demeurent tout aussi gourmands. La somme de 8 milliards de dollars promise la semaine dernière par les partenaires européens, vise à ce que la Grèce paie ses employés du secteur public et effectue les paiements dûs aux retraités. Comment justifier d’endetter ou de prendre de l’argent à des citoyens slovaques, belges ou allemands afin de payer le salaire et la retraite de gens qui ont vécus au dessus de leurs moyens durant des décennies? Le reste de l’Europe devrait marcher dans les rues pour que cesse cette mascarade.

Dans un système capitaliste qui se respecte, la Grèce aurait due être laissée à elle-même depuis des lunes afin de régler ses problèmes budgétaires et d’assumer ses propres comportements. Les institutions publiques et privées qui lui ont prêté auraient alors pu librement continuer de le faire afin de garantir leur investissement initial. Ces mêmes institutions auraient aussi pu refuser de réinvestir tout en exigeant des garanties plus solides. L’impact se serait avéré été minimal sur les citoyens du reste de l’Europe. La Grèce regimbe à assainir ses finances publiques depuis le début de son adhésion au marché commun. L’erreur de l’Europe aura été de laisser traîner les choses et de ne pas avoir su couper le cordon ombilical à temps.

Au nom d’une stabilité artificielle, l’Europe a toléré les écarts grecs et s’est ensuite mobilisée pour régler la facture. Le problème est que ce type de soutien manque de crédibilité et qu’il va à l’encontre des principes fédératifs de responsabilité économique. De toute évidence, la Grèce pense encore que le robinet financier de l’Europe est ouvert à vie et qu’elle peut continuer d’agir comme bon lui semble, que les autres seront toujours là pour la renflouer. Non seulement cette pensée magique n’aide pas la Grèce à se responsabiliser mais elle incite d’autres États comme l’Espagne et le Portugal à choisir également la fuite en avant.

Comme tout processus de redistribution de richesse, celui entre les États d’une même fédération vise à prendre de l’argent aux plus productifs et responsables afin de le donner aux moins efficients et à ceux qui vivent au dessus de leurs moyens. Les problèmes surviennent quand une telle situation passe de conjoncturelle à structurelle. Les motifs de support peuvent être fort louables mais à moyen terme la résultante en est inévitablement un nivellement par le bas et une déresponsabilisation des assistés. Pourquoi la Grèce se prendrait-elle en mains quand elle peut compter sur la cagnotte de ses voisins?

 

Échec de l’État tout-puissant

Les Grecs ont collectivement et individuellement choisi des orientations qui les ont mené sur le chemin de la faillite. Malgré l’ouverture du marché européen, ils n’ont pas su profiter de la nouvelle économie afin de se développer. Comme plusieurs autres nations d’Europe, la Grèce a préféré conserver son modèle traditionnel d’un gigantesque État, d’une couverture sociale mur-à-mur et de retraites dorées garanties. Le secteur public représente à lui seul 40% de l’ensemble de l’économie grecque et il est aujourd’hui largement dépendant de ses créanciers internationaux. Un État qui devient aussi gros et aussi endetté est un État qui perd son indépendance et sa souveraineté réelle.

Les grecs ont cultivé un modèle de dépendance des citoyens envers un État tentaculaire jumelé à un régime fiscal d’impôts élevés pour nourrir la bête. La faillite du modèle est aujourd’hui révèlée au grand jour. C’est maintenant le pays tout entier qui, à genoux, doit quémander l’aide de ses voisins.

L’Europe devrait évincer la Grèce hors de la zone euro afin d’arrêter de traîner son marasme économique, tel un boulet à ses pieds. Cela pourrait aussi servir de leçon aux autres États qui ne respectent ni la prudence budgétaire ni les règles de l’Union européenne. Les grandes nations d’Europe doivent trouver de nouveaux moyens de forcer les États membre de l’Union à respecter leurs engagements envers leurs partenaires.

Sans cela, la Grèce ne s’avérera finalement que le début d’un infernal jeu de dominos.

Enseigner le gouvernement aux enfants

Les enfants sont des êtres curieux. À chaque jour, ils veulent connaître quelque chose de nouveau. Il se pourrait même qu’ils vous questionnent sur le gouvernement. Si cela arrive, plutôt que de vous fier aux contes de fées bureaucratiques genre La tarte aux merveilles1, agissez exactement comment agirait un politicien au pouvoir.

 

Pour les tous jeunes, commencez par leur apprendre à jouer à la Bataille. Après quelques tours, ils auront compris que les cartes les plus fortes ont le dessus. Après, apprenez-leur à jouer au Gouvernement. Dans ce jeu, peu importe les cartes jouées par l’enfant, vous gagnerez. Il risque de se lasser très vite, mais il aura au moins appris une leçon très importante pour la vie.

 

Lorsque les enfants voudront obtenir plus de responsabilités, vous pourrez en profiter pour leur enseigner le système fiscal. Laissez-leur tondre le gazon en leur promettant, disons 10 $. Lorsqu’ils ont fini, ne leur remettez que cinq dollars. Après des protestations prévisibles, expliquez-leur que c’est de l’impôt. Donnez un dollar à leur frère cadet et disant que c’est « juste »; le reste servira aux couts administratifs de cette division de l’argent. Suivant d’autres protestations criant à l’injustice, accusez-les copieusement d’égoïsme et d’avarice. Ils vous en remercieront plus tard.

 

Pour tous les âges, créez autant de règle que possible aux justifications aussi obscures que possible. Renforcez-les arbitrairement et accusez vos enfants de les briser même s’ils n’en ont jamais entendu parler. Laissez-les toujours sur leur garde afin qu’ils ne violent pas de règles que vous n’avez pas encore créées. Faites qu’ils aient le sentiment que les règles sont totalement irrationnelles. Cela les préparera à vivre sous un gouvernement démocratique.

 

Promettez-leur souvent des sorties (cinéma, parc), mais à l’heure promise, installez-vous confortablement dans votre fauteuil devant la télévision en déclarant que vous avez changé d’idée. Devant les protestations de bris de promesse, expliquez que ce n’était qu’une promesse électorale.

 

Lorsqu’ils auront grandi encore plus, ils seront prêts à apprendre le fonctionnement du système judiciaire. Annoncez-leur une heure de coucher, et exigez, une heure avant, qu’ils aillent au lit. Devant les accusations de bris de règlements, défendez-vous en affirmant que les règles peuvent être interprétées d’une façon que vous jugez correcte, qui dépend de l’époque. Ils seront ainsi prêt au concept de « document vivant » qu’est la constitution, selon la Cour suprême des États-Unis et du Canada.

 

De temps à autre, et sans crier gare, frappez vos enfants. Précisez immédiatement que c’est de la défense; vous devez toujours être prudent afin de contrôler un ennemi potentiel avant qu’il ne devienne trop puissant et vous fasse mal. Votre enfant appréciera ce geste; peut-être pas tout de suite, mais plus tard dans la vie.

 

Évidemment, devant un tel traitement, vos enfants seront mécontents de vos méthodes d’éducation. Ils pourraient même souhaiter vivre dans une autre famille. Pour minimiser cette réaction, dites-leur qu’ils sont chanceux de vivre avec les parents les plus aimant et indulgents du monde. N’oubliez pas de mentionner les histoires d’horreur d’autres parents dont vous avez entendu parler. Ils vous seront ainsi loyaux, et plus tard ils seront réceptifs aux affirmations voulant que le Canada (ou n’importe quel autre pays industrialisé) et son État-providence représentent un summum de liberté.

 

Enfin, n’oubliez pas la règle d’or pour élever des enfants : mentir. Mentez constamment à vos enfants. Enseignez-leur que les mots ne veulent rien dire, ou plutôt que les mots « évoluent ». Ainsi, un mot ayant telle définition aujourd’hui pourrait en avoir une diamétralement opposée demain.

 

Certains lecteurs pourraient être choqués par mes suggestions; d’autres pourraient même m’accuser d’encourager l’abus d’enfant. C’est exactement l’intention : abuser vos enfants de la sorte est le meilleur cadeau que vous pouvez leur offrir. Ils seront ainsi prêts, une fois adulte, à vivre sous notre forme actuelle de gouvernement.

 

Inspiré de http://mises.org/daily/287

 

L’état d’indolence

 

INDOLENCE

Prononciation : in-do-lan-s’
s. f.
Sens 1

Terme de médecine. Privation de sensibilité physique. L’indolence d’une tumeur.
Sens 2
Terme de philosophie. État d’une âme qui ne s’émeut de rien, ni du bien, ni du mal. L’indolence des stoïciens est difficile à concevoir. Épicure disait que c’était dans l’âme qu’il fallait planter l’indolence.

En ce sens, il vieillit.
Sens 3

État d’une personne peu sensible à ce qui touche ordinairement les autres hommes.
Sens 4
Nonchalance amoureuse des aises.
ÉTYMOLOGIE
Lat. indolentia, de indolens, indolent.

Au Québec, depuis quelques années, nous vivons une période d’apathie et de cynisme. C’est le constat que fait un de mes collègues blogueur Stéphane Lessard. En fait, il blâme la situation actuelle du Québec au fait que nous sommes trop passifs. Mais pourquoi au fait, le sommes nous?

Oublions les problèmes d’ordre économique que notre modèle québécois cause et le fait que nous fonçons allègrement sur un mur et le fait que notre dette est la 5e plus élevée de tous les pays industrialisés. Même si les Bill Gates et Warren Buffet de ce monde venaient nous signer un chèque pour tout payer, nous aurions quand même un problème. Le problème de fond n’est pas le coût de notre état-providence, mais le fait qu’il corrompt la relation entre l’état et le citoyen.

Dans notre belle province, comme dans la plupart des pays développés, l’état s’est accaparé progressivement de toutes nos responsabilités d’adultes. De la garde de nos enfants, nos soins de santé, le soin de nos ainés, l’état nous prend en charge du berceau à la tombe, de sorte que nous nous retrouvons coupés de nos instincts primaires, en commençant par notre instinct de survie. C’est d’ailleurs la raison pourquoi nous avons si peu d’enfants.

Dans l’érosion du sens des responsabilités, l’Europe mène le bal, tandis que les États-Unis ferment la marche. Nous nous retrouvons quelque part entre les deux. Le Québec se retrouve avec une décrépitude quelque peu plus avancée que le reste du Canada. Pour donner une idée de proportions, la Californie, qui doit faire des contorsions extrêmes pour ne pas se retrouver en faillite, a 30 millions d’habitants et le Québec en a 7,5 millions, mais les deux ont à peu près le même nombre d’employés publics. Ça vous donne un peu les proportions gargantuesques de l’état québécois, et à quel point cet état est incrusté dans toutes les facettes de nos vies.

Au Québec, il est difficile de mettre un pied devant l’autre sans la permission de l’état. Nous en avons développé une telle dépendance que pendant la dernière campagne électorale fédérale, au débat des chefs, plutôt que de demander d’exiger des solutions aux problèmes de notre système de santé, par exemple, ou de nos problèmes d’infrastructures, une dame n’a rien trouvé de mieux à demander aux chefs que de lui dégoter un emploi.

Ici au Québec, il devient de plus en plus difficile de trouver une entreprise qui ne reçoit aucune subvention, pourtant si seulement 2% de vos revenus proviennent du gouvernement, ça leur donne le droit de véto sur 100% de vos activités. Pour un individu, c’est encore pire. Juste le fait d’avoir l’état comme seul fournisseur de soins de santé lui donne le pouvoir de règlementer pratiquement tout dans votre vie. Après tout, si l’état paye pour vos soins de santé, il a tout intérêt à éviter que vous ayez besoin de soins. C’est l’argument derrière toute une panoplie de restrictions à vos liberté comme le port du casque obligatoire sur une moto, les ceintures de sécurité, la guerre au tabagisme, à la malbouffe et aux drogues. On a pas encore des nutritionnistes qui viennent prendre l’inventaire de notre frigo, mais il paraît qu’ils le font en Grande Bretagne. Ils ne sont pas encore sur le point de confisquer vos Jos Louis, mais ça viendra sûrement bientôt.

S’ils ne peuvent pas vous contrôler au nom de votre propre santé, il le feront au nom de celle de la planète. Depuis près de deux ans maintenant, la théorie selon laquelle ce sont nos émissions de gaz carbonique qui sont responsables de changements climatiques est tranquillement en train de se faire découdre. Même que le programme CLOUD du CERN a récemment démontré que l’influence du soleil sur les rayonnements cosmiques aurait une bien plus grande influence sur le climat que le CO2. Le soleil a une influence sur le climat? Qui l’eût cru! Malgré tout, nos gouvernements ne cessent de multiplier les mesures contre les émissions de carbone, quitte à nous retourner à l’âge de pierre. Il y a quelques années en Grande Bretagne (encore!), on a proposer d’imposer une surtaxe de 20% à ceux qui font des fréquents voyages. Naturellement, ce genre de chose n’aura pas lieu de restreindre les mouvements de gens comme Al Gore ou Michael Moore, mais ça restreint sérieusement le mouvements du reste du monde.

On s’amuse souvent à dire que tous les hommes ont soif de liberté, mais si l’histoire des pays développés depuis 1945 prouvent une chose, c’est qu’entre la liberté individuelle et la sécurité de l’état, les gens voteront plus souvent qu’autrement pour la sécurité et abandonneront leurs libertés. Mais une cage, aussi douillette qu’elle puisse être, demeure une cage.

Une fois qu’ils ont réussi à réguler votre comportement, ils commenceront aussi à réguler ce que vous devez penser. Les mésaventures de Mark Steyn et Ezra Levant avec les commissions des droits de l’homme canadiennes on démontré que pour une profession qui se croit courageuses, il y a plus d’un journaliste qui soit très content de se réfugier dans le conformisme de la rectitude politique. Il est impressionnant de savoir que 85% des journalistes québécois soi-disant « professionnels » ne voient aucun problème à voir leur profession microgérée par l’état. Qu’il puissent ensuite se réclamer indépendants tient de l’équivalent d’un bretzel intellectuel. Tous les champs d’action supposés être les avant-postes de l’indépendance d’esprit, l’art, les écoles ou les médias; ont soit une relation ambiguë avec ou carrément dépendante du gouvernement. Produire un film ici consiste à laisser un organisme gouvernemental nous subventionner pour ensuite produire un matériel osé et avant-gardiste qui ne nuit nullement à l’état.

Puis il vient un temps où même les mots deviennent des incitations à la haine. La moindre critique non-conforme au consensus social devient un crime. Ou simplement faire un lien vers un site internet que l’état juge haineux, peu importe les critères sur lesquels ce jugement repose, devient passible d’amende ou pire.

Comment expliquer que des adultes qui veulent avoir le choix de centaines de marques de céréales au supermarché ou de millions de chansons pour leur iPod, puissent ensuite abandonner tout choix en ce qui a trait à leur santé au seul gouvernement? Ne sommes-nous pas en train de devenir les ados les plus ridés du monde? Bons seulement à choisir notre collection de disques? Et encore! Ce n’est pas si sûr qu’en définitive, l’état nous laissera même choisir nos disques. L’état-providence nous tiendra toujours dans un état d’indolence.