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Ce qu’aucun média ne vous dira au sujet des fusillades

Par Philippe David

Tragiquement, le weekend dernier, une autre fusillade a coûté la vie à 50 personnes et blessé une autre cinquantaine à Orlando en Floride. Ce genre d’évènement est certainement déplorable. Mes pensées sont naturellement pour les familles et amis des victimes qui ont été fauchées dans la fleur de l’âge. Après un tel évènement, il va de soit que les médias s’emparent de la nouvelle. De telles tragédies sont bonnes pour la circulation des journaux et les côtes d’écoute et les clics sur le web. Bien sûr, il est aussi naturel de chercher à trouver un sens dans une situation qui n’en a pas. Qui était ce tueur? Était-il un terroriste islamiste en quête d’un coup d’éclat au nom d’Allah? Un homosexuel refoulé qui exprimait son malaise envers sa propre sexualité? Un peu des deux? Toujours est-il qu’il a téléphoné au 911 pour leur dire qu’il agissait au nom de l’EI et que son choix de cible démontre qu’il avait un gros problème avec l’homosexualité. Mais ce n’est pas vraiment de ça que je veux vous parler.

Alors que les politiciens et leurs caniches des médias s’empressent de vous dire de ne pas faire d’amalgames envers les musulmans (et ce ne sont certainement pas tous les musulmans qui sont d’accord avec le geste d’Omar Mateen),  ils ne ratent jamais une occasion de blâmer les armes à feu. Chaque fois on propose diverses mesures pour accroître le contrôle des armes, car croit-on, ce serait un problème majeur aux États-Unis et il y a beaucoup trop d’armes à feu en circulation. Comme les politiciens doivent absolument être vus en train de faire quelque chose, même si c’est n’importe quoi, ils vont tenter de jouer sur vos émotions pour tenter de vous convaincre de rehausser les restrictions. Ils essaieront de vous convaincre qu’il y a urgence d’agir, sinon les choses ne feront qu’empirer.  Tremblez-vous dans vos bobettes? Vivez-vous dans la terreur que vous serez parmi les prochains qui seront mitraillés quand vous aurez le malheur de sortir de votre maison? C’est ce qu’ils veulent! Ils veulent que vous soyez terrorisés à ce point que vous soyez prêts à vous mettre à genoux pour les supplier de faire quelque chose pour assurer votre sécurité.  Et ils feront de leur mieux, vous savez, de donner l’apparence de vouloir vous protéger, mais il y a ces méchants de la NRA qui ne cessent de faire du lobbying pour les en empêcher et ce maudit second amendement aussi! Si seulement on pouvait s’en débarrasser! Continuer la lecture de Ce qu’aucun média ne vous dira au sujet des fusillades

La course à l’investiture républicaine, vers un ticket Bush-Cruz

Par Simon Leduc

 

En janvier 2016, les courses aux investitures des deux grands partis politiques vont commencer avec les caucus de l’Iowa et les primaires du New Hampshire. Dans le camp démocrate, Hillary Clinton ne devrait pas affronter d’adversaires de taille. Mais du côté du GOP, plusieurs candidats de prestige ont déjà commencé leurs campagnes afin de devenir le prochain candidat républicain à la présidentielle de 2016. Quel serait le ticket idéal pour les républicains? Selon moi, un duo Bush-Cruz serait le meilleur choix pour le GOP et voici pourquoi.

Jeb Bush, le modéré

Jeb Bush est le fils et le frère de deux anciens présidents américains, Georges H. W. Bush (1989 à 1993) et Georges W. Bush (2001-2009). En novembre 1998, il a été élu Gouverneur de la Floride où il a fait deux mandats (1999 à 2007). Ses principales priorités ont été la réforme de l’éducation et la protection de l’environnement. Il s’est même opposé à un projet de recherche pétrolier sur les côtes de la Floride, qui a été proposé par son frère, qui était alors président. Sur le plan idéologique, il est considéré comme étant un républicain modéré. Par exemple, il affirme que l’immigration est un atout pour le pays et non une menace.  Selon lui, les immigrants clandestins devraient, avec le temps, obtenir une certaine forme de naturalisation. Sa position lui a attiré les foudres de l’aile droite du parti, les tea parties. M. Bush pourrait aller chercher l’appui des républicains traditionnels, des reagans democrats (les démocrates conservateurs) et des indépendants. S’il devient le candidat du GOP à la présidence, ce dernier serait en mesure d’obtenir le soutien d’une partie de l’électorat hispanique, et ce, grâce à sa position modérée sur la question de la naturalisation des immigrants clandestins. Il a été gouverneur de la Floride, donc, il pourrait gagner cet État, qui va être primordial pour le GOP en novembre 2016. Les deux faiblesses de Jeb Bush sont son impopularité auprès des tea parties et le fait qu’il soit le frère de l’ancien président Georges W. Bush, qui est encore impopulaire auprès d’une partie de l’électorat. Je crois que Jeb Bush est le seul candidat qui pourrait battre Hillary Clinton dans une course présidentielle. Il devrait choisir comme colistier, une figure populaire du Tea Party afin de s’assurer de son appui. Le nom du sénateur du Texas Ted Cruz me vient à l’esprit.

Ted Cruz, le conservateur

Ted Cruz est sénateur du Texas depuis 2013. En novembre 2012, cet homme politique de 44 ans a surpris tout le monde en devenant le plus jeune sénateur de la Chambre haute. Ce dernier est une figure populaire des tea parties. Il défend cœur et âme les principes des Pères fondateurs de la Constitution américaine. Il est fortement opposé à l’intrusion de l’État fédéral dans la vie des Américains. Son opposition à la réforme de la santé du président Obama le prouve bien. Sur le plan fiscal et économique, il est pour le libre-marché et préconise la flat tax (un taux d’imposition unique pour tous). Il est un conservateur social. Il est contre le mariage entre conjoints de même sexe et viscéralement opposé à l’avortement (sauf si la vie de la mère est en danger). Il s’oppose à la naturalisation de millions d’immigrants clandestins. Il prône la ligne dure envers les illégaux, ce qui plaît énormément aux partisans du Tea party. Sur le plan extérieur, le sénateur du « Lone Star State» trouve que les Etats-Unis doivent défendre et promouvoir les valeurs démocratiques à l’étranger. Il est un grand ami et défenseur de la seule démocratie au Moyen-Orient, l’État hébreu. Donc, Ted Cruz représente l’aile droite du Grand Old Party. S’il devenait candidat présidentiel, il serait en mesure de faire le plein d’appuis chez les tea parties, les conservateurs sociaux et la droite religieuse, trois factions importantes pour le GOP. Ses prises de position sont jugées trop radicales pour les républicains modérés, les indépendants, les Latino-Américains et les démocrates conservateurs, Donc, le sénateur Cruz ne serait pas le candidat idéal pour l’establishment républicain, car il est à la recherche d’un modéré qui pourrait avoir une véritable chance de battre Mme Clinton. Mais ce dernier serait un candidat idéal à la vice-présidence des Etats-Unis.

Le Parti républicain est une grande coalition composée de plusieurs factions. Le prochain candidat à la présidence va avoir besoin de l’appui de celles-ci afin d’avoir une chance réelle de battre Hillary Clinton en novembre 2016. Lors des présidentielles de 2008 et 2012, l’aile droite avait boudée les candidats à la présidence (John McCain et Mitt Romney) à cause de leur modération. Afin de maximiser ses chances de succès, je crois que le GOP doit choisir un ticket qui va bien représenter toutes ses factions, un modéré et un droitiste. Jeb Bush et Ted Cruz seraient les choix idéals. Le premier ferait le plein d’appuis chez les républicains modérés, les démocrates conservateurs, les indépendants et les hispaniques. Le second obtiendrait le soutien du Tea Party, de la droite religieuse et des conservateurs sociaux. C’est pour ces raisons qu’un ticket Bush-Cruz permettrait au GOP d’avoir de réelles chances de remporter une bataille présidentielle contre Hillary Clinton.

 

Quand les gougounes se mêlent d’économie…

Réponse à Marilyse Hamelin

 

Par Philippe David

Chère madame,

L’économiste Murray Rothbard a dit un jour que « ce n’est pas un crime d’être ignorant(e) en économie, qui est après tout une discipline spécialisée que la plupart des gens considèrent comme une «science lugubre», mais il est totalement irresponsable d’exprimer une opinion forte et bruyante des sujets économiques tout en demeurant dans cet état d’ignorance. » Vous auriez dû tenir compte de ce sage conseil lorsque vous avez rédigé votre chronique car vous y avez étalé toute votre ignorance de façon magistrale! Il y a tellement d’erreurs factuelles dedans qu’on ne sait guère où commencer. Commençons donc par le commencement.

Roosevelt, le New Deal et la Grande Dépression.

Je dois admettre que sur ce sujet, si vous avez erré, c’est probablement la faute de notre système d’éducation qui véhicule de nombreux mythes sur cette période de l’histoire. C’est aussi probablement parce que les historiens ne connaissent rien non plus en économie et qu’ils ne savent pas interpréter les résultats des politiques économiques qui ont été mises en vigueur pendant cette période, encore moins d’en évaluer l’efficacité.

Depuis ce temps, des économistes comme Harold Cole et Lee O’Hanian à UCLA ont déterminé que le New Deal de Roosevelt, plutôt que de mettre fin à la Grande Dépression, l’ont plutôt rallongée de 7 ans.  D’ailleurs,  pourquoi pourriez-vous croire que le New Deal ait vraiment été un succès alors que le chômage était encore à peu près au même niveau en 1941 quand les États-Unis sont entrés en guerre, que lorsque Roosevelt a pris le pouvoir? S’il vous était donné de faire quelques recherches, vous seriez probablement étonnée d’apprendre que la cause de la Grande Dépression n’était pas, tel que les historiens le prétendent, le krach de 1929, quoiqu’il y ait contribué, mais plutôt les interventions gouvernementales et de la Réserve Fédérale qui ont transformé ce qui aurait été une courte récession en une dépression de plus d’une décennie.

Bien sûr, le problème du chômage s’est vite résolu en envoyant les chômeurs se faire tuer au front, mais la prospérité était tout sauf revenue pendant la guerre alors que la presque totalité de la production était détournée à fabriquer des tanks et des bombes, alors que les gens à la maison devaient survivre avec des cartes de rationnement. Pourtant, la plupart des livres d’histoire vous diront que la dépression s’est terminée au début de la guerre.

Contrairement à ce que vous prétendez, les trente glorieuses qui ont suivi la guerre n’ont pas eu lieu grâce aux politiques social-démocrates de Roosevelt, mais simplement parce que les économies occidentales se sont remises à produire autre chose que du matériel militaire, libérant ces ressources pour inonder le marché de réfrigérateurs, de cuisinières, de laveuses-sécheuses, d’automobiles, de téléviseurs et de radios à transistor. Au fait, vous n’étiez pas sérieuse lorsque vous avez affirmé que les États-Unis n’ont connu aucune récession ni dépression de 1930 à 1970, j’espère? Commençons par le fait que pendant toutes les années 30, les États-Unis étaient en dépression et ont même réussi l’exploit d’avoir une récession à l’intérieur d’une dépression (en 1938), selon les données du NBER, de 1945 à 1975, les 30 années qui ont suvi la guerre, les États-Unis ont eu pas moins de sept récessions! Embarassant, n’est-ce pas? Mais ne laissez surtout pas les faits et les statistiques briser vos illusions!

Reagan, Thatcher, Mulroney et « l’austérité »
[Insérez la musique de « Psycho » ici]

Je ne veux pas trop m’étendre sur ce sujet, mais je vais m’y attarder juste assez longtemps pour montrer à quel point vos affirmations sont ridicules. Tout d’abord, puisque vous semblez totalement ignorante de ce qu’est vraiment une politique d’austérité, je vous offre une définition:

Politique d’austérité

Au niveau d’une nation ou d’une entreprise une politique d’austérité est le nom donné, en général par les opposants et de manière péjorative, à une politique qui vise à assainir la gestion.
Synonyme : politique de rigueur

S’il s’agit de résorber les déficits publics ou de diminuer l’endettement du pays, une politique d’austérité cherchera à réduire les coûts et les dépenses publiques.

Dans la lutte contre l’inflation, la politique d’austérité essaiera de faire baisser les prix par la diminution de la consommation en s’appuyant sur divers leviers :
– la restriction du crédit,
– la modération salariale,
– l’augmentation de la pression fiscale…

(Selon le Toupictionnaire.)

Expliquez-moi alors comment Reagan, Thatcher et Mulroney qui ont été au pouvoir respectivement 8,11 et 9 ans n’ont pas réussi à équilibrer leur budget pendant tout ce temps, à part pour Thatcher dans sa dernière année? De quelle austérité parlez-vous au juste?

L’exemple suédois… Ja ja!

Vous serez probablement surprise de me voir dire que j’approuve entièrement l’idée de suivre le modèle suédois. Cependant, ce n’est pas pour les raisons que vous croyez. Voyez-vous, comme tous les socialistes québécois, vous vivez dans l’illusion que la Suède est un pays social-démocrate et que sa prospérité prouve votre point. Mais c’est là que vous faites votre plus grande erreur.

En effet, la Suède a connu une période social-démocrate pendant les années 1970 et 1980 et ça les a mené sur le bord de la ruine. Un peu comme le Québec maintenant. Qu’ont-ils fait? Au début des années 90, suite à un krach bancaire, ils ont adopté, vous avez deviné… des politiques d’austérité. Ils ont réduit les dépenses de l’état, réformé et privatisé un grand nombre de services publics, réformé les retraites des fonctionnaires et mis fin à leur sécurité d’emploi. Ils ont aussi réformé leur système de taxation et dérèglementé l’industrie. Ils ont libéralisé leur système scolaire et introduit des bons d’études. Bref, toutes les politiques qui feraient hurler de désespoir la gauche québécoise.

La Suède a investi, c’est vrai, mais plutôt que d’investir dans l’État, elle a investi dans le marché.  Alors que vous croyiez par leur exemple prouver que les politiques d’austérité ne fonctionnent pas, la Suède, au contraire, a prouvé sans équivoque que ces politiques fonctionnent à merveille! Pas de chance!

Alors, la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie d’émettre des opinions fortes et bruyantes sur des sujets économiques, essayez donc de faire quelque chose à propos de votre profond état d’ignorance du sujet. C’est vraiment embarassant.

Veuillez accepter, chère dame, l’expression de mes sentiments les plus distingués.