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L’histoire de votre asservissement

 molyneux

Par Stéphan Molyneux

(traduit de l’anglais par Philippe David)

NDLR – Je vous reproduis ici une traduction libre de la narration d’une vidéo de Stephan Molyneux (ci-bas). Vous trouverez certainement sa description de la société actuelle très cynique, mais essayez, si vous le pouvez, de réfuter son triste constat.

Ceci est l’histoire de votre asservissement; comment ça c’est produit, et comment vous pouvez finalement être libre.

Comme tous les animaux, les êtres humains veulent dominer et exploiter les ressources autour d’eux.

Au début, nous chassions, pêchions et vivions surtout de la terre – mais quelque chose de magique et terrible est survenu à notre esprit.

Nous sommes devenus les seuls, parmi les animaux, à craindre la mort, et les pertes futures.

Et ce fût le début d’une grande tragédie, et une possibilité encore plus grande.

Voyez-vous, lorsque nous avons commencé à craindre la mort, les blessures et l’emprisonnement, nous sommes devenus contrôlables — et si précieux — d’une façon qu’aucune autre ressource ne pourrait l’être.

La plus grande ressource à contrôler pour tout être humain n’est ni les ressources naturelles, ou les outils, ou la terre — mais plutôt les autres humains.

Vous pouvez effrayer un animal, parce que les animaux ont peur de la douleur dans le moment, mais vous ne pouvez l’intimider avec une perte de liberté, ou la menace de torture ou d’emprisonnement dans le futur, parce que les animaux ont peu de notion du lendemain.

Vous ne pouvez pas menacer une vache de torture ou un agneau de mort. Vous ne pouvez frapper un arbre avec une épée et hurler pour qu’il produise plus de fruits, ou tenir un flambeau près d’un champs et exiger plus de blé.

Vous ne pouvez obtenir plus d’oeufs en menaçant une poule – mais vous pouvez forcer un homme à vous donner ses oeufs en le menaçant.

L’élevage humain a été l’occupation la plus profitable — et destructrice — de toute l’histoire, et c’est maintenant en voie d’atteindre sa conclusion destructrice.

La société humaine ne peut être comprise rationnellement avant d’être vue pour ce qu’elle est: une série de fermes où des fermiers humains possèdent du bétail humain.

Certaines personnes deviennent confuses parce que les gouvernements fournissent des soins de santé, de l’eau potable, de l’éducation et des routes, et donc s’imaginent qu’il y a une certaine bénévolence à l’oeuvre.

Rien ne saurait être plus loin de la réalité.

Les fermiers pourvoient des soins de santé, de l’irrigation et de l’entraînement pour leur bétail.

Certaines personnes sont confuses parce qu’on nous donne certaines libertés, et donc s’imaginent que notre gouvernement protège nos libertés.

Mais les fermiers plantent leurs plants avec un certain écart pour augmenter leur rendement — et accorderont à certains animaux des enclos et des champs plus grands si ça veut dire qu’ils produiront plus de viande et de lait.

Dans notre pays, notre ferme de taxe, votre fermier vous accorde certaines libertés non pas parce qu’il s’en soucie, mais parce qu’il veut augmenter ses profits.

Commençez-vous à voir la nature de la cage dans laquelle vous êtes né?

« Quand vous regardez une mappemonde, vous ne voyez pas des pays, vous voyez des fermes. Certaines libertés vous sont permises – propriété privée limitée, liberté de mouvement, liberté d’association et d’occupation – non pas parce que votre gouvernement approuve ces droits en principe – puisqu’il les viole constamment – mais plutôt parce que le bétail en pâturage libre est beaucoup moins dispendieux et plus productif. Il est important de comprendre la réalité des idéologies. Le capitalisme d’état, le socialisme, le communisme, le fascisme, la démocratie – ce sont toutes des méthodes de gestion de bétail. » – Stéphan Molyneux

Il y a quatre grandes étapes dans l’élevage humain.
 

La première étape, dans l’Égypte antique, était la compulsion humaine directe et brutale. Les corps humains furent contrôlés, mais la productivité créative de l’esprit humain demeurait hors de portée du fouet, du fer à marquer et des chaînes. Les esclaves demeurent déplorablement improductifs et requièrent d’immenses ressources pour les contrôler.

La seconde étape fût le modèle romain, où une certaine capacité de liberté, d’ingéniosité et de créativité fût accordée aux esclaves, ce qui augmenta leur productivité. Ceci augmenta la richesse de Rome, et donc des revenus de taxes du gouvernement romain – et avec cette richesse additionnelle, Rome devint un empire, détruisant les libertés économiques qui ont alimenté son pouvoir, et s’écroula.
 

Je suis sûr que ceci ne vous est pas tout à fait étranger.

Après la chute de Rome, le modèle féodal a introduit le concept de propriété du bétail et de taxation. Plutôt que d’être possédés directement, les paysans cultivaient la terre et pouvaient la conserver tant qu’ils payaient le seigneur de guerre local. Ce modèle s’effondra à cause de la subdivision continuelle des terres productives, et fût détruite par le mouvement des Enclosures, lorsque la terre fût consolidée et des centaines de milliers de paysans furent chassés de leurs terres ancestrales parce que les nouvelles méthodes de culture ont rendu les grandes fermes plus productives avec moins de gens.

Cette productivité accrue vers la fin du moyen âge créa l’excédent de nourriture nécessaire à l’expansion des villes et cités, qui à son tour a donné lieu au modèle démocratique moderne de propriété humaine.

Alors que les paysans déplacés ont envahi les villes, un grand stock de capital humain à bas prix devint disponible aux industrialistes en expansion – et la classe dirigeante des fermiers humains réalisa qu’elle pouvait faire plus d’argent en laissant leur bétail choisir sa propre occupation.

Sous le modèle démocratique, la propriété directe d’esclaves fût remplacée par le modèle mafieux. La mafia possède rarement des compagnies directement, elle envoie plutôt des gros bras une fois par mois pour voler les « propriétaires » de compagnies.

Il vous est donc maintenant permis de chosir votre propre occupation, ce qui augmente votre productivité – et donc les taxes que vous pouvez payer à vos maitres.

Vos quelques libertés sont préservées parce qu’elle sont profitables à vos propriétaires.

Le grand défi du modèle Démocratique est que l’augmentation de richesse et de liberté menace les fermiers. La classe dominante profite initialement d’un marché relativement libre en capital et main d’oeuvre, mais alors que leur bétail s’accoutume à ses libertés et sa richesse croissante, ils commencent à se demander pourquoi ils ont besoin de maitres en premier lieu.

Eh bien. Personne n’a jamais dit que l’élevage humain était facile.

Garder le bétail de taxe en sécurité dans les enclos de la classe dirigeante est un procedé en trois phases.

La première est d’endoctriner les jeunes à travers l’éducation gouvernementale. Alors que la richesse des pays démocratiques s’accroissait, les écoles du gouvernement furent universellement infligées afin de contrôler les pensées et les âmes du bétail.

La seconde est de retourner ses citoyens les uns contre les autres à travers la création de bétail dépendant.
Il est plutôt difficile de régner sur des êtres humains directement par la force — et là où ça peut être accompli, ça demeure déplorablement improductif, comme on peut le constater en Corée du Nord. Les êtres humains se reproduisent mal et ne produisent pas efficacement en captivité directe.

Si les êtres humains croient qu’ils sont libres, ils produiront plus pour leurs fermiers. La meilleure façon de maintenir cette illusion de liberté est de mettre quelques têtes de bétail à la solde du fermier. Ces vaches qui deviennent dépendantes de la hiérarchie existante attaqueront toutes les autres vaches qui pointent du doigt la violence, l’hypocrisie et l’immoralité de la propriété d’humains.

La liberté est l’esclavage, et l’esclavage est la liberté.

Si vous pouvez convaincre les vaches de s’attaquer mutuellement aussitôt que quelqu’un aborde la réalité de leur situation, alors vous n’avez pas à dépenser autant que pour les contrôler directement.

Ces vaches qui deviennent dépendantes des largesses volées du fermier opposeront violemment le questionnement de la vertu de la propriété d’humains — et les classes intellectuelles et artistiques, toujours et perpétuellement dépendantes des fermiers — diront, à quiconque réclamera l’affranchissement de l’esclavage: « Vous causerez du tort aux autres vaches. »

Le bétail est gardé captif en déplaçant la responsabilité morale pour la destructivité d’un système violent à ceux qui réclament une vraie liberté.

La troisième phase consiste à inventer continuellement des menaces extérieures, pour que le bétail effrayé s’accroche à la « protection » des fermierS.
 
Ce système d’élevage humain tire à sa fin.

La terrible tragédie du système américain moderne s’est produite non pas en dépit de, mais à cause des libertés économiques passées.

L’augmentation massive de la richesse américaine pendant le 19e siècle est le résultat de la liberté économique — et c’est justement cette augmentation qui a nourri la taille et le pouvoir de l’état.

Chaque fois que le bétail devient exponentiellement plus productif, vous obtenez une augmentation proportionnelle des fermiers et leurs dépendants.

La croissance de l’état est toujours proportionnelle aux libertés économiques antécédentes.

La liberté économique crée la richesse et la richesse attire plus de voleurs et de parasites politiques, dont la cupidité détruit ensuite la liberté économique.

En d’autre mots, la liberté génère les métastases du cancer qu’est l’état.

Le gouvernement qui commence le plus petit finira toujours par être le plus gros.

C’est pourquoi il ne peut y avoir d’alternative fiable et soutenable à une société véritablement libre et paisible.

Une société sans dirigeants politiques, sans asservissement humain, sans la violence de la taxation et de l’étatisme.

D’être véritablement libre est autant très facile, et très difficile.

Nous évitons l’horreur de notre asservissement parce qu’il est trop douloureux de le regarder directement.

Nous dansons autour de la violence de notre système mourant parce que nous craignons les attaques des autres vaches.

Mais nous ne pouvons seulement être gardés dans des cages que nous refusons de voir.

Réveillez-vous…

Voir la ferme, c’est la quitter.

 

La démesure

 

Par Philippe David

Je ne sais pas pour vous, mais moi je commence à en avoir ma claque de la rhétorique malhonnête des défenseurs des carrés rouges. Si on doit en croire cette rhétorique, le Québec serait une dictature digne de l’Allemagne nazie, le Chili de Pinochet ou la Syrie de Bachar el Assad. Curieursement, les comparaisons avec des régimes comme l’URSS, Cuba, la Chine Maoïste ou la Corée du Nord ne sont jamais évoquées. Aussi compare-t-on le combat des étudiants pour réduire leurs frais le plus près possible de zéro à la lutte des indiens contre le colonialisme britannique, des noirs sud-africains contre l’apartheid, des noirs américains contre les lois Jim Crow, des femmes pour l’égalité des sexes ou même des homosexuels pour le mariage gai et quoi d’autre encore! Suis-je le seul à trouver ces comparaisons outrageuses et d’une malhonnêté intellectuelle extrême?

Où sont les morts qui jonchent nos rues? Où sont les exécutés? Qui a été privé de son droit de s’exprimer pacifiquement? Qui a vu sa porte défoncée au milieu de la nuit pour avoir simplement exprimé une opposition aux hausses? Voyez comment ce genre de comparaisons discrédite le discours? Une fois qu’on le compare avec ce qui se passe réellement, il perd toute crédibilité. Comment oser comparer des régimes responsables de tant de morts avec notre gouvernement actuel ou comment comparer la cause des carrés rouges avec celles de gens dont les droits les plus fondamentaux ont été violés? C’est une insulte à tous ces gens. Chose certaine, dans ce débat, même Ghandi aurait probablement été tenté de lancer une godasse à Amir Khadir.

Les carrés rouges ont-ils de bonnes raisons de protester contre les hausses de frais? Absolument! Tout comme les contribuables ont raison d’être choqués par toutes les hausses de tarifs et de taxes qu’ils ont du subir de la part de M. Bonheur. La nouvelle taxe santé est révoltante, ainsi que l’augmentation de la TVQ et des tarifs comme les immatriculations. Toutes ces augmentations sont le symptôme d’un modèle social-démocrate à bout de souffle et qui a grand besoin de réforme. Le problème avec le socialisme est que l’argent d’autrui vient toujours à manquer, disait Margaret Thatcher. Le Québec bien près d’atteindre le point où il lui sera impossible de continuer d’emprunter pour continuer à financer des programmes qui ne peuvent pas être financés par les taxes et les impôts. C’est inévitable. On ne peut pas vivre à crédit indéfiniment.

Ce qui me chagrine des étudiants est qu’ils ont été endoctrinés par des profs marxistes et ne réalisent pas que le gel ou la gratuité n’est plus possible. Il croient que si seulement l’état était mieux géré, il y aurait suffisamment d’argent pour financer les universités sans piger dans leur poche, mais devinez quoi? Tous les gouvernements gaspillent et tous les gouvernements sont inefficaces. C’est la conséquence directe de dépenser l’argent des autres pour leur bénéfice. Il n’y a aucun intérêt à essayer d’en avoir le plus possible pour son argent quand cet argent n’est pas le nôtre et que nous ne le dépensons pas pour nous-mêmes. Bientôt, nous aurons de plus en plus de retraités pour consommer des services sociaux et de moins en moins de travailleurs pour payer des impôts. Comment croyez-vous qu’on va pouvoir payer pour nos beaux services sociaux? Contrairement à la croyance populaire, l’argent ne pousse pas dans les arbres. La seule solution sera de réduire radicalement la taille de l’état. Or, c’est loin d’être ce pourquoi les carrés rouges protestent.

Les carrés rouges et leurs supporteurs ne cessent de répéter que le Québec est en train de devenir un état policier fasciste et totalitaire. Il convient de rappeler aux gens de quoi aurait l’air un Québec sous la gouverne de Québec Solidaire  (Voir la critique de leur programme par Pierre-Guy Veer ici et ici).  Suffise de dire que des mesures comme le plafonnement du revenu, la confiscation des héritages et l’interdiction des publicités nécessitent un état totalitaire. Quant à la liberté d’expression, on n’a qu’à constater les abus que Gilbert Rozon, Richard Martineau, Sophie Durocher, et Jacques Villeneuve ont été les victimes pour s’apercevoir que pour la gauche, ce concept n’est bon que lorsqu’on pense comme eux et que si le camarade Amir Luther Ghandir venait qu’à prendre le pouvoir, que ses critiques se retrouveraient probablement « dans le nord »… derrière des barbelés…

Collectivisme ou Individualisme – 5e partie

G. Edward Griffin

Le monde politique est truffé d’étiquettes. Nous pouvons être conservateur ou libéraux, droitiste ou gauchistes, démocrates, républicains, libertariens, communistes, fascistes, etc… Mais au travers toutes ces étiquettes, personne n’arrive à décrire de façon précise ce que ces étiquettes représentent vraiment, Ces étiquettes ne servent qu’à attribuer une aura de bonté ou de méchanceté selon celui qui les emploie et les émotions qui sont déclenchées par le discours et chaque orateur semble en avoir une définition différente. Afin de dégager un sens dans les débat politiques, il est essentiel d’abandonner le vieux vocabulaire et établir un vocabulaire plus simple.Une fois que les termes sont clairement définis, beaucoup de gens se rendront compte qu’ils sont d’accord sur l’essentiel.

Vous serez probablement surpris d’apprendre que pratiquement tous les débats politiques peuvent se diviser en deux courants de pensée communs. Ces courants de pensée encouragent tous deux des actions à prendre, mais la grande différence de provient pas autant des actions elles-même mais des principes qui motivent ces actions. Ce grand débat est en fait entre l’éthique du collectivisme et celle de l’individualisme. Ces deux mots ont une signification réelle. Nous reconnaissons au départ que les adhérents des deux courants de pensée sont mus par des bonnes intentions et qu’ils veulent tous le bien de leurs familles et du monde en général. Là où ils divergent est le moyen d’y arriver. Dans ce billet en cinq parties, j’aimerais explorer les points communs et divergences des ces deux courants de pensée tels qu’exposés par l’écrivain et philosophe G. Edward Griffin. La première partie traitera des droits humains, la deuxième traitera de la suprématie du groupe, la troisième de coercition et liberté, la quatrième de l’égalité et l’inégalité devant la loi et la cinquième du rôle du gouvernement.

Partie V: Le véritable rôle du gouvernement

Le temps es venu de se débarasser des définitions confuses, de l’illusion des opposés et du mythe que le monde est trop compliqué pour bien le comprendre. La réponse à ces questions est en réalité bien plus simple qu’on ne le croit. Il n’existe que deux approches. L’approche collectiviste et l’approche individualiste. Maintenant que nous avons défini l’origine des droits, démontré la fausseté de la suprématie du groupe, démontré l’immoralité de la coercition et la nécessité de l’égalité devant la loi; il ne demeure qu’une seule question: Quel est le véritable rôle d’un gouvernement?

Les collectivistes croient que le rôle du gouvernement doit être positif, que l’État doit prendre l’initiative dans toutes les affaires humaines. Qu’il doit être agressif, qu’il doit mener et pourvoir à la société. Il doit être le grand organisateur de la société.

Les individualistes, quant à eux, croient que le rôle du gouvernement doit être négatif et défensif. Son rôle n’est pas de pourvoir, mais de protéger. Car si on donne le pouvoir à l’État de pourvoir pour certains, il doit aussi avoir le pouvoir de prendre aux autres. Une fois que nous lui avons donné ce pouvoir, il y en aura toujours qui tenteront de l’utiliser à leur fins. Il mènera toujours au pillage légalisé et à la perte de liberté. Si un gouvernement est suffisamment puissant pour nous donner tout ce que nous désirons, il est également assez puissant pour nous enlever tout ce que nous possédons. Donc le véritable rôle du gouvernement devrait être de protéger la vie, la liberté et la propriété de ses citoyens, sans plus.

Nous entendons souvent parler de l’opposition entre la gauche et la droite, mais qu’est-ce que c’est réellement? Par exemple, on nous enseigne que le socialisme et le communisme représentent l’extrême gauche et que le nazisme et le fascisme représentent l’extrême droite. Ici nous avons deux puissantes idéologies et l’impression est qu’elles sont diamétralement opposées, mais quelle est la différence? Elles ne sont pas opposées du tout, elle sont les mêmes.

Les symboles sont différents, mais lorsqu’on analyse le communisme et le nazisme, on se rend compte que ce sont toutes deux des doctrines socialistes. Le communisme a toujours été à propos de l’implémentation du socialisme. Le parti des Nazi s’appelait le Parti National des Travailleurs Socialistes. Les communistes font la promotion d’un socialisme international alors que les nazis faisaient la promotion d’un socialisme nationaliste. Les communistes font la promotion du conflit des classes et la haine des bourgeois pour obtenir la loyauté et l’obeissance de leurs disciples, alors que les Nazis utilisaient le conflit racial et la haine des autres races à cette même fin. Le communisme prône la nationalisation des moyens de production par l’État tandis que le Nazisme se contentait de « socialiser » les propriétaires (voir les citations ci-bas), mais les deux approches reviennent à un contrôle total de l’état sur ces moyens de productions. Autrement, il n’existe pratiquement aucune différence entre les deux (l’organisation en Soviets n’est qu’une autre forme d’étatisme, après tout. La mentalité demeure la même). Ces deux idéologies demeurent des épitomés du collectivisme. Et pourtant on nous enseigne toujours qu’elles sont à des extrémités opposées du spectre politique.


Je veux que chacun de conserver les biens qu’il a acquis pour lui-même selon le principe que le bénéfices à la communauté supplantent les bénéfices au particulier. Mais l’État doit conserver la supervision et chaque propriétaire devrait doit se considérer comme étant appointé par l’Etat. Il est de son devoir de ne pas utiliser ses biens contre les intérêts des autres parmi son propre peuple. C’est la question cruciale. Le Troisième Reich conservera toujours le droit de contrôler les propriétaires de biens. – ( Adolf Hitler – Tiré d’un discours en 1931.)

Qu’ils possèdent des terres ou des usines autant qu’ils veulent. Le facteur décisif est que l’Etat, par le Parti, règne sur eux, peu importe qu’ils soient propriétaires ou travailleurs. (…) Pourquoi se donner le mal de socialiser les banques et les usines? Nous socialisons les êtres humains. – (Lettre de Hitler à Hermann Raushning)


Il n’y a qu’une seule chose qui ait un sens quand nous définissions le spectre politique et c’est d’avoir un spectre avec l’absence de gouvernement à une extrémité (l’anarchie) et un gouvernement totalitaire (totalitarisme) à l’autre extrémité. Ainsi nous retrouvons le communisme et le nazisme tous les deux à la même extrémité du spectre. Pourquoi? Parce qu’ils sont tous deux basés sur le collectivisme. Le communisme, le nazisme, le fascisme et le socialisme gravitent tous vers un gouvernement de plus en plus gros et de plus en plus tentaculaire tout simplement parce que c’est la nature du collectivisme. Sous un régime collectiviste, la résolution de problèmes est la responsabilité du gouvernement. Plus il y a de problèmes à résoudre, plus le gouvernement doit devenir puissant pour les résoudre. Lorsque nous acceptons que le gouvernement doit résoudre les problèmes de la société, nous embarquons sur la pente glissante et il n’y a aucun endroit où arrêter jusqu’à ce que vous arriviez à l’extrémité de l’échelle qui est un gouvernement totalitaire. Peu importe quel nom vous lui donnez, ou quelle nouvelle étiquette vous inventez, le collectivisme est le totalitarisme.

La réalité est que l’axe politique linéaire est un trompe l’œil. C’est en réalité un cercle. Si on recourbe les extrémités jusqu’à ce qu’elles se touchent, nous constatons que l’anarchie, l’absence de gouvernement, mène à l’autorité par celui qui a les plus gros poings ou les plus gros fusils, ce qui nous ramène au totalitarisme en un clin d’œil. En ayant un cercle, la seule position logique où nous devrions nous placer est à l’opposé des deux extrêmes. Bien sûr, nous devons avoir une forme d’organisation sociale et politique, mais elle doit être fondée sur l’individualisme, avec une affinité vers le moins de gouvernement possible et non sur le collectivisme, qui a une affinité vers le plus grand gouvernement possible. Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins.

Conclusion

Depuis le début du 20e siècle, nous avons assisté à une augmentation fulgurante de la taille de tous les états de ce monde. Nous avons également assisté à une monté fulgurante de crimes d’état, de répression politique et de génocides. Même la démocratie n’est pas garante de liberté. Ici au Québec, nous sommes secoués par scandale par dessus scandale. Il ne se passe pas une journée sans que nous de lisions une histoire de corruption dans les journaux. Que nous élisions des gouvernements de droite ou de gauche ne change rien à la donne. La solution au problème n’est pas de tenter de destituer les politiciens corrompus pour les remplacer par des politiciens supposément plus vertueux (comme s’il pouvait y en avoir), parce que le problème n’est pas les politiciens. Le problème n’est pas le système politique comme tel. Le véritable problème est la mentalité derrière le système. À partir du moment que nous acceptons la prémisse que c’est le gouvernement qui nous donne ou nous enlève nos droits, nous entreprenons notre voyage sur la route de la servitude. À partir du moment que nous percevons l’État comme étant un pourvoyeur plutôt qu’un protecteur, nous ouvrons la porte à l’utilisation du trésor public comme un plat de bonbons dans lequel tous les groupes organisés pourrons se servir et qui laissera tous ceux qui ne saurons pas s’organiser avec la note. C’est la nature même de cette mentalité. Tout ce que je demande, c’est que vous regardiez le monde d’un œil critique et vous verrez que je dis vrai. N’allez surtout pas me croire sur parole. Faites vos propres recherches.

Friedrich Hayek

« Ambition, impatience, hâte d’agir sont souvent dignes d’admiration chez des individus, mais elles sont pernicieuses quand elles guident l’usage du pouvoir de contraindre et de corriger aux mains de gens qui, une fois investis de l’autorité, supposent que celle-ci s’accompagne d’une sagesse supérieure, et par conséquent du droit d’imposer aux autres leurs convictions. »

– Friedrich A. Hayek, La Constitution de la liberté (1960)


Collectivisme ou Individualisme – 4e partie

G. Edward Griffin

Le monde politique est truffé d’étiquettes. Nous pouvons être conservateur ou libéraux, droitiste ou gauchistes, démocrates, républicains, libertariens, communistes, fascistes, etc… Mais au travers toutes ces étiquettes, personne n’arrive à décrire de façon précise ce que ces étiquettes représentent vraiment, Ces étiquettes ne servent qu’à attribuer une aura de bonté ou de méchanceté selon celui qui les emploie et les émotions qui sont déclenchées par le discours et chaque orateur semble en avoir une définition différente. Afin de dégager un sens dans les débat politiques, il est essentiel d’abandonner le vieux vocabulaire et établir un vocabulaire plus simple.Une fois que les termes sont clairement définis, beaucoup de gens se rendront compte qu’ils sont d’accord sur l’essentiel.

Vous serez probablement surpris d’apprendre que pratiquement tous les débats politiques peuvent se diviser en deux courants de pensée communs. Ces courants de pensée encouragent tous deux des actions à prendre, mais la grande différence de provient pas autant des actions elles-même mais des principes qui motivent ces actions. Ce grand débat est en fait entre l’éthique du collectivisme et celle de l’individualisme. Ces deux mots ont une signification réelle. Nous reconnaissons au départ que les adhérents des deux courants de pensée sont mus par des bonnes intentions et qu’ils veulent tous le bien de leurs familles et du monde en général. Là où ils divergent est le moyen d’y arriver. Dans ce billet en cinq parties, j’aimerais explorer les points communs et divergences des ces deux courants de pensée tels qu’exposés par l’écrivain et philosophe G. Edward Griffin. La première partie traitera des droits humains, la deuxième traitera de la suprématie du groupe, la troisième de coercition et liberté, la quatrième de l’égalité et l’inégalité devant la loi et la cinquième du rôle du gouvernement.

Partie IV: Égalité et inégalité devant la loi

La quatrième chose qui différencie les idéologies collectivistes et individualistes a rapport avec la façon que les gens sont traités devant la loi. Les individualistes croient que nous sommes tous différents. Que nous sommes supérieurs et inférieurs aux autres de multiples façons, mais que chacun de nous mérite d’être traité de la même façon par la loi, peu importe notre sexe, notre âge, notre race, notre religion, etc.

Les collectivistes croient que la loi doit traiter les gens inégalement afin d’obtenir certains changements désirés dans la société. Ils considèrent le monde tragiquement imparfait. Ils voient la pauvreté, la misère et l’injustice et concluent que quelque chose doit être fait pour corriger les forces qui causent ces situations. Ils se croient des ingénieurs sociaux, doués de la sagesse nécessaire pour restructurer la société en quelque chose de plus humain et plus juste. Pour ce faire, ils doivent intervenir dans toutes les facettes des activités humaines et rediriger ces activités selon leur plan. Ce qui veut dire qu’ils doivent redistribuer la richesse et utiliser les forces policières pour forcer certains comportements. Les conséquences de cette mentalité peuvent être constatées un peu partout à travers le monde. Presque tous les pays ont un système d’imposition qui traite les gens inégalement selon leur revenus, leur état civil, le nombre d’enfants, leur âge et même le genre d’investissements qu’ils ont. Le but de cet arrangement est de redistribuer la richesse, c’est à dire de favoriser certaines classes ou certains groupes au détriment des autres. Fréquemment ils ont même certaines clauses dans la loi de l’impôt qui exempte une corporation ou un groupe d’influence en particulier. Certaines lois distribuent également des subventions à certains groupes ou corporations. L’inégalité est la seule raison d’être de ces lois Dans la sphère sociale, ils ont des lois pour établir des quotas de race, de sexe, des plans de discrimination positive ou pour interdire l’expression d’opinions qui peuvent offenser certains groupes ou les planificateurs eux-mêmes.Dans tous les cas, il y a une application inégale des lois basée sur quel groupe auquel on appartient.

On nous dit que tout ça est nécessaire pour assurer une société plus équitable, mais pourtant, après plus de cent ans d’ingénierie sociale, il n’existe aucun endroit au monde où les collectivistes peuvent pointer et dire que leur plan a fonctionné tel qu’ils l’avaient prévu.

Imaginons une ligue de basketball où les joueurs de la moitié des équipes doivent jouer avec un bras lié dans le dos. Il n’y a personne, individualiste ou collectiviste qui considèrerait cette situation équitable. Supposons maintenant qu’on décrète que l’année suivante, les équipes qui n’avaient pas les bras liés doivent maintenant les attacher et que celles qui étaient restreintes peuvent jouer avec les bras libres. Est-ce que c’est maintenant équitable? Avant que vous ne répondiez, supposons que tous les joueurs de l’année précédente ont pris leur retraite et ont été remplacés par des nouveaux joueurs, est-ce toujours équitable? Il y a une prémisse importante dans cet exemple. Il identifie les joueurs comme des individus et non comme les membres d’une équipe collective.

Utilisons maintenant un exemple plus d’actualité de groupes qui ont historiquement été floués par les règles comme les peuples autochtones de l’Australie, du Canada et des États-Unis (on pourrait facilement inclure les afro-américains et les hispano-américains dans le lot). Leur lutte a toujours été contre le biais raciste qui limite leurs opportunités. Tout le monde peut s’accorder à dire que ces règles doivent être changées afin qu’ils puissent jouer avec les mains déliées, mais que dire si nous décidons d’aller plus loin et que nous leur garantissons des avantages comme des emplois garantis ou des exemptions d’impôts, peu importe leur situation financière, simplement parce qu’ils appartiennent à ce groupe? Dans la quête de l’égalité des droits, est-ce que la substitution de discrimination négative pour une discrimination positive a une chance de porter des fruits? Les individualistes croient que cette voie ne fait qu’accentuer les ressentiments en créant une société ou tout le monde s’identifie à des groupes différents perpétuellement à la quête de traitement préférentiel. Beaucoup de livres ont été écrits au sujet de l’utopie collectiviste, mais partout où elle est appliquée, le résultat est toujours plus de pauvreté, de souffrance et d’injustice qu’avant.

L’individualisme est basé sur la prémisse que tous les citoyens sont égaux vis à vis la loi, peu importe leur race, leur religion, leur sexe ou leurs opinions politiques. Aucune classe ne peut obtenir de traitement de faveur peu importe le mérite où la popularité de sa cause. De favoriser une classe au dépend des autres n’est pas l’égalité devant la loi.

Dans le prochain chapitre, nous examinerons quel est le véritable rôle de l’État. Nous verrons l’État individualiste et l’État collectiviste et dans quelle direction ils mènent leurs citoyens.

Collectivisme ou Individualisme – 2e partie

G. Edward Griffin

Le monde politique est truffé d’étiquettes. Nous pouvons être conservateur ou libéraux, droitiste ou gauchistes, démocrates, républicains, libertariens, communistes, fascistes, etc… Mais au travers toutes ces étiquettes, personne n’arrive à décrire de façon précise ce que ces étiquettes représentent vraiment, Ces étiquettes ne servent qu’à attribuer une aura de bonté ou de méchanceté selon celui qui les emploie et les émotions qui sont déclenchées par le discours et chaque orateur semble en avoir une définition différente. Afin de dégager un sens dans les débat politiques, il est essentiel d’abandonner le vieux vocabulaire et établir un vocabulaire plus simple.Une fois que les termes sont clairement définis, beaucoup de gens se rendront compte qu’ils sont d’accord sur l’essentiel.

Vous serez probablement surpris d’apprendre que pratiquement tous les débats politiques peuvent se diviser en deux courants de pensée communs. Ces courants de pensée encouragent tous deux des actions à prendre, mais la grande différence de provient pas autant des actions elles-même mais des principes qui motivent ces actions. Ce grand débat est en fait entre l’éthique du collectivisme et celle de l’individualisme. Ces deux mots ont une signification réelle. Nous reconnaissons au départ que les adhérents des deux courants de pensée sont mus par des bonnes intentions et qu’ils veulent tous le bien de leurs familles et du monde en général. Là où ils divergent est le moyen d’y arriver. Dans ce billet en cinq parties, j’aimerais explorer les points communs et divergences des ces deux courants de pensée tels qu’exposés par l’écrivain et philosophe G. Edward Griffin. La première partie traitera des droits humains, la deuxième traitera de la suprématie du groupe, la troisième de coercition et liberté, la quatrième de l’égalité et l’inégalité devant la loi et la cinquième du rôle du gouvernement.

Partie II: La suprématie du groupe

L’idéologie collectiviste est fondée sur le concept que le groupe est plus important que l’individu. C’est-à-dire que le groupe est une entité en elle-même et qu’il a aussi des droits. Qui plus est, les droits du groupe excèdent ceux des individus. Il est donc acceptable de sacrifier certains individus, si nécessaire, pour le plus grand bien du plus grand nombre. Qui pourrait s’objecter à la perte de liberté individuelle, si elle est justifiée par le bien commun de la société? Le groupe ultime est, bien sûr, l’État. L’État étant plus important que les individus, il est donc acceptable, si nécessaire de sacrifier des individus pour le bien de l’État. Ce concept est à la base de tout État totalitaire basé sur le modèle collectiviste.

Les individualistes, par contre, disent qu’il n’existe pas de groupe dans la réalité. Nous ne pouvons ni voir, ni toucher un groupe; seulement les individus qui le composent. Dans la même veine qu’une forêt n’existe pas, il n’existe que des arbres. La forêt n’est qu’un concept abstrait pour représenter plusieurs arbres dans nos esprits, tout comme un groupe est une abstraction qui représente plusieurs individus. Un groupe ne peut pas réfléchir. Il n’a pas d’intelligence propre, donc un groupe ne possède aucun droit. Seul les individus possèdent des droits. Même si un groupe contient plus de membres qu’un autre groupe, il n’a pas plus de droits. Même si ce groupe s’appelle l’État ou la société. La majorité des électeurs n’a pas plus de droits que la minorité. Les droits ne sont pas dérivés du nombre, mais appartiennent à chaque individu.

Lorsque quelqu’un vous dit qu’il faut sacrifier des individus pour le bien du groupe, il veut dire qu’il faut sacrifier certains individus au profit d’autres individus. La moralité du collectivisme est basée sur les nombres. Tout peut être fait tant que ceux qui bénéficient sont supposément plus nombreux que ceux qui sont sacrifiés. Je dis « supposément » parce que dans le vrai monde, ceux qui décident qui doit être sacrifié ne le font pas de façon équitable. Tous les dictateurs disent représenter le plus grand nombre, mais le plus souvent, ils ne représentent guère plus que 1%. La théorie est que quelqu’un doit s’exprimer dans l’intérêt de la masse parce qu’ils sont trop stupides pour décider d’eux-même ce qui est dans leur propre intérêt. L’élite collectiviste plus éclairée doit donc prendre les décisions pour eux. C’est de cette façon qu’on peut justifier toute atrocité ou injustice comme étant nécessaire au plus grand bien de la société. Les totalitaires d’aujourd’hui tentent toujours de se faire passer pour des humanistes.

Parce que les individualistes ne croient pas en la suprématie du groupe, les collectivistes les accusent souvent d’égoïsme ou d’être insensibles aux besoins des autres. Mais l’individualisme n’est pas basé sur l’égo, mais sur le principe. Si vous acceptez que des individus puissent être sacrifiés pour le bien du groupe, vous faites une erreur à deux niveaux. Premièrement, puisqu’ils sont l’essence du groupe, sacrifier des individus, c’est aussi sacrifier le groupe,petit peu par petit peu. Ensuite, c’est possible que vous ne connaissiez pas ceux qui sont sacrifiés, ou même qu’il s’agisse de gens que vous détestez. Mais demain ça pourrait être un être cher ou vous-même. Il ne faut pas réfléchir très longtemps pour réaliser que la meilleure façon d’assurer le plus grand bien pour le plus grand nombre n’est pas de sacrifier des individus, mais de protéger chaque individu. La société est mieux servie par l’individualisme, et non le collectivisme.

Ceci est la raison pourquoi il existe une distinction entre une république et une démocratie. Beaucoup croient par exemple, que les États-Unis sont une démocratie, mais si nous examinons les documents historiques écrits par leurs pères fondateurs, on se rend compte qu’ils avaient une très pauvre opinion de la démocratie. Alors ce qu’ils ont fondé était une république et non une démocratie. C’est d’ailleurs pourquoi le mot démocratie n’apparait nulle part dans leur déclaration d’indépendance ou dans leur constitution. La différence est importante parce que la différence entre une démocratie et une république est la différence entre le collectivisme et l’individualisme. Dans une démocratie pure, c’est la majorité qui mène. Considérez qu’un lynchage est un exemple de démocratie en action, ou le seule vote contraire est celui du type au bout de la corde. Dans une république, la majorité règne de façon limitée et des règles existent pour que chaque individu soit protégé de la tyrannie de la majorité. Les républiques sont caractérisées par une constitution qui impose des limites au gouvernement. Le meilleur exemple est le « Bill of Rights » américain qui spécifie que le Congrès, même s’il représente la majorité, ne peut voter aucune loi abrogeant le droit à la libre expression, la liberté religieuse, le droit d’assemblée, etc. Ces règles qui limitent le pouvoir de la majorité sont caractéristiques d’une république et sont au cœur de l’idéologie individualiste. C’est probablement pourquoi certains ici au Québec ont tant de difficulté à comprendre la résistance des américains envers l’État providence.

Voilà donc une des différences fondamentales entre le collectivisme et l’individualisme. Le collectivisme soutient toute action du gouvernement tant qu’il peut être dit que cette action est pour le plus grand bien du plus grand nombre et l’individualisme qui cherche à protéger la minorité des vices de la majorité.

Dans la prochaine partie, nous examineront les positions opposant l’usage de la coercition opposées au libre-choix. En particulier comment le collectivisme approuve de l’usage de la coercition afin de confisquer les biens d’autrui pour la charité, alors que les individualistes maintiennent que l’action volontaire est en réalité la base d’une véritable charité.

Collectivisme ou Individualisme – 1ere partie

G. Edward Griffin

Le monde politique est truffé d’étiquettes. Nous pouvons être conservateur ou libéraux, droitiste ou gauchistes, démocrates, républicains, libertariens, communistes, fascistes, etc… Mais au travers toutes ces étiquettes, personne n’arrive à décrire de façon précise ce que ces étiquettes représentent vraiment, Ces étiquettes ne servent qu’à attribuer une aura de bonté ou de méchanceté selon celui qui les emploie et les émotions qui sont déclenchées par le discours et chaque orateur semble en avoir une définition différente. Afin de dégager un sens dans les débat politiques, il est essentiel d’abandonner le vieux vocabulaire et établir un vocabulaire plus simple.Une fois que les termes sont clairement définis, beaucoup de gens se rendront compte qu’ils sont d’accord sur l’essentiel.

Vous serez probablement surpris d’apprendre que pratiquement tous les débats politiques peuvent se diviser en deux courants de pensée communs. Ces courants de pensée encouragent tous deux des actions à prendre, mais la grande différence ne provient pas autant des actions elles-même mais des principes qui motivent ces actions. Ce grand débat est en fait entre l’éthique du collectivisme et celle de l’individualisme. Ces deux mots ont une signification réelle. Nous reconnaissons au départ que les adhérents des deux courants de pensée sont mus par des bonnes intentions et qu’ils veulent tous le bien de leurs familles et du monde en général. Là où ils divergent est le moyen d’y arriver. Dans ce billet en cinq parties, j’aimerais explorer les points communs et divergences des ces deux courants de pensée tels qu’exposés par l’écrivain et philosophe G. Edward Griffin. La première partie traitera des droits humains, la deuxième traitera de la suprématie du groupe, la troisième de coercition et liberté, la quatrième de l’égalité et l’inégalité devant la loi et la cinquième du rôle du gouvernement.

Partie I: Les droits humains

Les collectivistes et les individualistes sont tous d’accord que les droits humains sont importants, mais ils divergent à savoir à quel point ils sont importants et surtout sur leur provenance. Les droits sont un concept abstrait, ils se définissent différemment selon les endroits et les personnes, mais si nous voulons vivre dans un monde avec la plus grande liberté possible, il est important d’avoir un sens précis de quel devraient être nos droits. La première chose à considérer dans la quête d’une définition des droits et que leur source déterminent leur nature. Donc si nous pouvons nous entendre sur la source des droits, il est facile de s’entendre sur leur nature. Prenons par exemple une communauté qui engage un garde de sécurité. Dans l’exercice de ses fonctions, ce garde peut très bien patrouiller la communauté et même utiliser la force afin de prévenir le vol, mais il n’aurait pas le droit d’obliger les membres de la communauté à mettre leurs enfants au lit à une telle heure ou de faire des dons à une charité. Pourquoi? Parce que le garde détient son autorité des membres de la communauté et ne peut faire autre chose que ce que les individus de cette communauté ont le droit de faire eux-même. Si ces individus n’ont pas le droit d’utiliser la force pour contraindre leurs voisins à faire un don à une œuvre de charité, ils ne peuvent donc pas déléguer ce pouvoir au garde.

En réalité, il est facile d’oublier qu’à la source, les droits sont gagnés sur le champs de bataille. Les pères fondateurs américains par exemple, ont acquis le droit d’écrire leur constitution et leur charte des droits en battant les forces britanniques. Sinon ils n’auraient pu écrire autre chose que des lettres d’adieu avant leur exécution. S’il a déjà été dit que le pouvoir politique provient de la bouche d’un fusil, c’est également vrai de nos droits. Un homme peut bien proclamer qu’il détient tel ou tel droit selon la loi, mais il est sans pouvoir de faire respecter ces droits devant le fusil d’un bandit ou un tyran. Du moment que nous perdons l’habilité de défendre nos droits physiquement, nous les perdons.

Nous arrivons donc à la divergence fondamentale entre les collectivistes et les individualistes. Si les droits sont gagnés sur le champs de bataille, ils appartiennent donc au vainqueurs, mais qui sont-ils? Si nous présumons que ce sont les gouvernements qui gagnent les guerres et que les hommes servent le gouvernement, alors le gouvernement est la source des droits et c’est à lui de les octroyer, mais si au contraire, les guerres sont gagnées par les hommes et que les gouvernement sont à leur service dans cette quête, les droits proviennent des hommes, et il leur appartient de les déléguer à leur gouvernement.

Les collectivistes croient que les droits proviennent du gouvernement et que les hommes servent le gouvernement. Les individualistes n’aiment pas cette assomption car si un gouvernement peut octroyer des droits, il peut aussi les enlever et c’est incompatible avec le concept de liberté personnelle. Un exemple de la position individualiste par rapport aux droits se retrouve dans la déclaration de l’indépendance américaine:

« Nous tenons ces vérités comme évidence que tous les hommes sont créés égaux et qu’ils ont été dotés par leur créateur de certains droits inaliénables; que parmi ces droits sont la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Que pour protéger ces droits, les gouvernements ont été institués parmi les hommes. »

Ces quelques lignes incarnent la position individualiste que les droits sont innés à l’homme et que les gouvernements existent non pas pour nous accorder nos droits, mais pour les protéger.

Par contraste, tous les systèmes politiques collectivistes considèrent que les droit sont accordés par l’État et que les hommes lui sont subordonnés. Ça inclue le socialisme, le communisme, le fascisme et le nazisme et les Nations Unies. L’article 4 du Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU se lit comme suit:

« Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent que, dans la jouissance des droits assurés par l’Etat conformément au présent Pacte, l’Etat ne peut soumettre ces droits qu‘aux limitations établies par la loi, dans la seule mesure compatible avec la nature de ces droits et exclusivement en vue de favoriser le bien-être général dans une société démocratique. »

Nous voyons ici que non seulement les droits sont considérés comme octroyés par l’État, mais qu’ils sont sujets aux limitations établies par la loi, ce qui sous-entend que lorsqu’ils seront prêts à vous enlever ces droits, une seule loi suffira pour y arriver. Si on compare avec la charte des droits américaine, elle prescrit que le Congrès n’écrira aucune loi abrogeant la liberté d’expression, d’assemblée, de religion, etc. Pas de limitations établies par la loi, aucune loi. Comparez aussi avec la charte canadienne et québécoise et leur clause « nonobstant », trahissant la mentalité collectiviste de nos législateurs.

Selon le point de vue individualiste, les individus délèguent le pouvoir à leur gouvernement, ce qui signifie que le gouvernement n’a pas le droit de faire que que les individus eux-mêmes ne peuvent faire. Les individus ne peuvent pas déléguer ce qu’ils n’ont pas et même s’ils sont un très grand nombre si aucun d’eux n’a ce droit, alors un million d’entre eux n’auront pas plus ce droit.

Prenons un exemple de trois naufragés qui s’accrochent à un morceau de débris qui ne peut soutenir que deux hommes. Les individualistes et les collectivistes dirons tous deux que deux de ces hommes sont justifiés de se débarrasser du troisième. Selon le collectiviste, ce serait le plus grand bien pour le plus grand nombre. Mais si nous ramenons l’exemple à deux hommes qui s’accrochent à un débris que ne peut soutenir qu’un homme, il serait quand même justifié qu’un utilise la force pour se débarrasser de l’autre à cause de la primauté du droit de survie. Donc, dans le premier exemple, l’agissement des deux hommes est justifié non pas par un droit de groupe, mais par le droit de survie de chaque individu. L’utilisation de la force physique pour protéger nos vies, notre liberté et notre propriété serait donc une fonction légitime du gouvernement parce qu’elle est dérivée du droit de légitime défense de chaque individu et non d’un droit dérivé du groupe.

Mais supposons que le gouvernement décrète qu’on ne peut pas travailler le dimanche et même si nous assumons que la majorité des citoyens supportent cette proposition, d’où le gouvernement tiendrait-il l’autorité d’utiliser la force pour faire respecter cette loi, puisqu’aucun citoyen individuel n’a le droit d’empêcher son voisin de travailler? Il faudrait que le gouvernement s’auto-attribue cet autorité. Et nous nous trouverions sur une pente glissante. Lorsque nous laissons le gouvernement s’engager dans cette voie, un décret en suit un autre. De faire fermer les commerces le dimanche n’est peut-être pas en soi une grande entrave à notre liberté, mais du moment que nous acceptons que le gouvernement puisse s’auto-attribuer des pouvoirs, nous acceptons également que nos droits proviennent du gouvernement et nous nous engageons sur la route de la servitude.

Comme nous verrons dans la seconde partie, les collectivistes n’ont pas ce genre de scrupules. Ils croient que le gouvernement a effectivement des pouvoirs supérieurs aux individus et que ces pouvoirs ne proviennent pas des individus, mais de la société elle-même.