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Charité bien ordonnée…

Par Philippe David

Ainsi, il semble que le gouvernement péquiste est insatisfait de la façon que le gouvernement fédéral gère l’aide internationale à travers l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI). Au fait, les péquistes ont-ils déjà été satisfaits de quoique ce soit provenant du fédéral?  Le ministre Jean-François Lisée, cherchant probablement une raison pour justifier son salaire et sa limousine, a décidé que le gouvernement du Québec devrait créer sa propre agence d’aide internationale, l’Agence Québécoise de Solidarité Internationale. Une autre mauvaise idée parmi tant d’autres.

Charité bien ordonnée commence par soi-même

C’est un vieil adage que M. Lisée ne connaît apparemment pas. Pourtant, depuis deux semaines, nous lisons dans tous les journaux que le Québec vit déjà au-dessus de ses moyens et que ses dépenses sont insoutenables. Dans la réalité, le Québec est dans cette situation depuis plusieurs décennies, ce que M. Lisée nie énergiquement depuis des années en traficotant des chiffres à qui mieux mieux pour essayer de prouver son point, mais s’il avait raison et qu’il était faux que nous vivons au-dessus de nos moyens, pourquoi recevons-nous le plus gros chèque de péréquation de toutes les provinces, plutôt que d’être un des payeurs comme l’Alberta et la Colombie-Britannique? Pourquoi en fait, recevons-nous 16 milliards de plus du fédéral qu’il récolte en revenus d’ici?

Mais M. Lisée semble ne percevoir aucune contradiction à offrir de a charité sous forme d’aide internationale à d’autres gouvernements alors que nous sommes nous-même bénéficiaires de la « charité » canadienne que, même avec cette « charité », notre ministre des finances peine à boucler son budget sans déficit alors que l’économie n’est pas en récession. Diantre! Où est-ce que M. Lisée compte trouver le 50 millions qu’il voulait confier à cette nouvelle agence?

Quand on est cassés comme des clous et dans les dettes jusqu’au cou, avons-nous vraiment les moyens d’être « charitables »?

Même si nous avions les moyens

Même si nous avions les moyens de faire la charité. Même si nous ne vivions pas largement au-dessus de nos moyens et que nous n’avions pas une dette trop élevée, cette agence ne serait pas une bonne idée parce que l’aide internationale d’un gouvernement à un autre n’a toujours été qu’un énorme gaspillage d’argent et n’a jamais vraiment servi qu’à engraisser les gouvernements corrompus du tiers-monde. Rarement l’argent donné de cette façon a-t-elle abouti dans les mains de ceux qui en avaient vraiment besoin, un peu comme très peu de l’argent qui nous est extorqué par les Agences de Revenu Québécoise et Canadienne sert vraiment à aider les plus défavorisés ici. L’aide internationale, c’est piller les pauvres des pays riches pour le donner aux riches des pays pauvres.

D’ailleurs, la charité n’a jamais été autre chose qu’une solution temporaire et si nous avions vraiment à cœur d’aider les pays les plus pauvres, le meilleur moyen a toujours été de commercer avec eux et leur ouvrir notre marché. C’est comme ça qu’ils ont la possibilité de gagner leur pain honnêtement. La charité permanente n’a jamais fait autre chose que de cultiver une dépendance permanente. C’est plutôt à développer le commerce avec ces pays et abattre les barrières tarifaires que M. Lisée devrait concentrer ses efforts Ce serait plus profitable pour nous autant que pour eux.

Selon Jean-François Lisée : Tout va bien au Québec

Tout va bien au Québec :

Un nouvel ouvrage de Jean-François Lisée vient de sortir dans les librairies : « Comment mettre la droite KO en 15 arguments ». Dans son essai, l’auteur s’attaque au pessimisme de la droite concernant l’avenir économique du Québec. La mouvance conservatrice affirme que la Belle province est médiocre et qu’elle pourrait faire mieux dans les domaines de l’économie, l’éducation et la santé. L’ancien conseiller politique dénonce cette attitude alarmiste. Il pense que la société québécoise est en bonne santé économique et qu’elle se situe dans le plateau de tête des économies occidentales. Qui a raison? La droite est-elle trop défaitiste ou la gauche trop optimiste? Allons voir cela de plus prêt.

Les lunettes roses de Jean-François Lisée

M. Lisée pense que tout va bien au Québec. Voici quelques exemples qui prouvent le contraire. La dette publique québécoise augmente d’années en années. Elle est monstrueuse : 244 milliards de dollars . Notre système d’éducation est dans un état de décrépitude. Le taux de décrochage chez les garçons s’élève à 22.5% . Les écoles primaires ont de graves problèmes de propreté et cela pourrait causer des problèmes de santé aux élèves. Le temps d’attente moyen dans les urgences est de vingt heures . Cela peut mettre en danger la vie de patients qui ont besoin rapidement de soins médicaux. Nos infrastructures routières tombent en morceaux. C’est rendu dangereux de conduite une voiture au Québec. Le gouvernement québécois a perdu le contrôle de ses finances publiques. Celui-ci dépense l’argent des contribuables comme si cela poussait dans les arbres. Les déficits budgétaires s’accumulent depuis des années. Le déficit du régime de retraites des employés provinciaux frôle les milliards de dollars et la caisse de la RRQ sera vide en 2037 . À cause de cela, les générations X, Y et Z n’auront pas droit à de pensions. Chers Québécois, ne vous en faites pas avec tous ces problèmes, la gauche affirme que tout va bien. Il faut la croire sur parole.

Le Québec peut et doit faire mieux :

Il faut vraiment être inconscient pour affirmer que la société québécoise est en bonne santé. Il faut se dire les vraies choses, cela va mal au Québec. Le sacro-saint modèle québécois ne fonctionne plus. Ses politiques progressistes ont plongé le Québec dans un marasme économique important. Depuis 1960, le gouvernement du Québec (péquiste ou libéral) a dépensé sans compter afin de gagner des élections. Celui-ci a hypothéqué l’avenir des jeunes générations. L’État québécois est malade et il est sur son lit de mort. Celui-ci a besoin d’un remède fort et puissant pour guérir.

Le gouvernement du Québec doit mettre en place des réformes qui sont nécessaires pour sortir la province de sa torpeur. Il faut couper dans les dépenses gouvernementales afin de revenir à l’équilibre budgétaire. La réduction de la dette publique doit devenir une priorité. En éducation, il faut couper dans les structures administratives et donner plus d’autonomie aux écoles. La mixité doit devenir la norme en matière de santé. Il faut permettre aux médecins de pratiquer dans le secteur public et privé. Les mieux nantis devraient pouvoir payer pour leurs soins de santé. Cela permettrait de désengorger les listes d’attente et la classe moyenne inférieure aurait accès plus rapidement à des soins de santé. Les solutions sont connues et il faut juste avoir le courage de les mettre en place. Quoi qu’en pense M. Lisée, le Québec peut et doit faire mieux.

Malheureusement, aucun parti politique n’a le courage de réformer le Québec. Ils veulent juste gagner les prochaines élections. La classe politique se fout éperdument de l’avenir des générations X, Y et Z. Jean-François Lisée va être content. Le modèle québécois ne sera pas menacé par les politiciens actuels. À court et moyen terme, le Québec va continuer son lent déclin. Tôt ou tard, il va frapper un mur et cela pourrait lui être fatal.

Occupons Montréal : Quand c’est payant de ressembler aux États-Unis

Les joyeux campeurs d’Occupons Montréal / Photo: Philippe David, Contrepoids

 

Honnêtement, je suis mal à l’aise avec les satellites québécois du mouvement « Occupy Wall Street ». J’étais aussi mal à l’aise lorsqu’en 2009, les analystes comparaient les problèmes structurels des États-Unis à ceux du Canada, encore pire, à ceux du Québec. (Lire « Le Canada n’est pas les États-Unis« )

Souvenons-nous. En pleine crise financière, les admirateurs de Obama de chez-nous – chroniqueurs, analystes et politiciens –  étaient dans un mode « Si Obama le fait, fais-le donc ». Nous étions tous dans le même bain, nous disait-on. Allez hop! On se vote d’énormes plans de relance.

Le système bancaire canadien est plus solide que celui des États-Unis, les Canadiens bénéficient d’un filet social qui fait l’envie des Américains, il n’y avait pas de bulle immobilière au Canada, mais qu’importe tout cela. Sous la pression de nos savants analystes et élites politiques interventionnistes, Harper s’est vu contraint d’opter pour le « One size fits all ». En trois ans, on aura effacé tous les efforts d’une décennie pour réduire l’endettement public du pays.

Aujourd’hui, le mouvement « Occupy Wall Street » fait des petits notamment à Montréal. Il semble donc que lorsqu’il est question d’ajouter à la dépense publique – parce qu’ultimement, c’est ce dont il s’agit – le démon néolibéral américain nous semble tout à coup très sympathique. Curieux, non? Tout à coup, notre caractère « distinct » ne mérite plus d’être défendu… et nous ne bénéficions plus des bienfaits d’une bienveillante social-démocratie.

Avons-nous des raisons de nous indigner? Bien sûr, bien qu’ils soit indécent de comparer nos malheurs à ceux du monde arabe (lire Mario Roy). La collusion entre nos gouvernements et intérêts privés quels qu’ils soient (corporations, lobbies, groupes de pression, syndicats, grands financiers des partis politiques, etc.) ET les intérêts du secteur public (fonction publique, organismes et monopoles gouvernementaux) nous irrite au plus haut point.

Seulement, il me semble sincèrement que la cible des attaques soit mal identifiée. Après tout, pour ne prendre que cet exemple, si la Caisse de dépôt et de placement du Québec n’avait pas le monopole dans la gestion des caisses de retraite de l’ensemble des Québécois, peut-être aurions-nous des résultats moins désastreux? Peut-être que la personne responsable des produits dérivés aurait été clairement identifiée et qu’elle aurait été sanctionnée?

S’en prendre aux riches du Québec? Faites-moi rire. Comme si leur nombre et de les imposer davantage y changerait quoique ce soit… N’a-t-on pas compris encore que le Québec est riche en pauvres et pauvre en riches? Aucune comparaison possible avec la distribution des revenus aux États-Unis.

Non. Ce discours populiste me rend bel et bien mal à l’aise. Si le secteur privé des banques d’investissement américaines mérite des reproches, les gouvernements sont tout aussi coupables de l’état de la situation. D’ailleurs, elles étaient où la SEC et l’AMF qui devaient veiller à assurer l’intégrité des produits financiers? Si elles ont failli à se rendre utiles à un moment aussi crucial, le sont-elles tout court?

Alors, si l’on veut s’indigner, indignons-nous! Mais de grâce, ciblons les véritables responsables. Et parmi ces responsables, il y a, malheureusement pour ceux qui campent au Square Vicoria, l’ensemble des groupes d’intérêts qui ne cessent d’augmenter leurs demandes auprès du gouvernement, dont celui du lobby étudiant.

Comme l’écrit Benoît Aubin,

« les économies occidentales ne produisent plus assez de richesses pour supporter les gouvernements et les programmes sociaux dont elles se sont dotées durant leurs années de vaches grasses. C’est plate, c’est brutal, ça fait mal, mais c’est ainsi. »

Non. S’indigner ne suffira pas!

POUR QUI SONNERA LE GLAS?

Ça ne va pas bien pour les syndicats.

À Ottawa, le conservateur Russ Hiebert, député de South Surrey – White Rock – Cloverdale, en Colombie-Britannique, vient de déposer le projet de loi privé C-317, une initiative visant à obliger tous les syndicats canadiens à rendre publique l’utilisation précise qu’ils font des cotisations de leurs membres. Le gouvernement Harper étant majoritaire, le tout n’est qu’une formalité, même si le NPD s’est dit contre le projet avant d’en avoir pris connaissance.

Dans le même souffle, à Québec, la ministre du Travail Lise Thériault déposait jeudi matin un projet de loi visant à donner aux employeurs le contrôle sur leur main d’œuvre et forçant aussi les syndicats à ouvrir leurs livres et à justifier, et leurs revenus, et leurs dépenses.

Le projet de loi 33 éliminera le placement syndical, et concédera à un travailleur le droit de déposer une plainte contre son syndicat à la Commission des relations du travail, en plus de lui permettre de changer d’allégeance syndicale en cours de convention collective.

La durée des conventions collectives passera de trois à quatre ans.

Le projet de loi 33 vise « la mise en place d’une série de mesures concernant la référence de la main-d’œuvre, le régime de négociation des conventions collectives et le système de votation », selon les dires de la ministre Thériault.

Et les travailleurs qui souhaitent changer d’allégeance syndicale exerceront dorénavant leur droit de vote par la poste

J’AI LE CANCER

Je m’en doutais. Il y a quelques mois, Marc Bellemare avait sonné l’alarme. Et j’en ai eu la certitude la semaine dernière, comme des millions d’autres de mes concitoyens.

Depuis le temps que j’attendais le diagnostic, Jacques Duchesneau m’a confirmé la nouvelle, douloureuse, brutale, implacable.

Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

On me dit qu’il y a cette équipe de spécialistes qui pourrait, si elle le voulait, s’attaquer à la racine du mal, mais ces gens, qu’on appelle les PLQ, s’y refusent. Ils on trop attendu, ils ont profité de la vente de médicaments périmés, et ils craignent qu’un examen plus approfondi ne mette en lumière leur incompétence, et peut être, leur complicité.

Moi, mes concitoyens, ma société, nous sommes à l’urgence, et personne ne s’occupe de nous.

Le pire, c’est que monsieur Duchesneau, et de nombreux autres observateurs, sont catégoriques: ce cancer est curable.
Oh, comme tous les cancers, plus on attend, et pire ce sera, mais le remède existe.

Il est entre les mains des PLQ qui soutiennent, eux, qu’il est inefficace, et ce, malgré l’avis de tous les spécialistes en la matière. Tous.

Bientôt, le chef des PLQ va quitter la business, et il laissera derrière lui les autres PLQ, seuls, désemparés, dans les petites officines de l’urgence où nous attendons tous, et ces derniers seront d’autant plus impuissants qu’ils réaliseront enfin que le chef des PLQ les a abandonnés dans un abime d’inconscience.

Pendant ce temps, moi, vous, ma famille, mes amis, votre famille et vos amis, nous attendons à l’urgence, diagnostic et ordonnance en main, sans que personne ne fasse rien pour nous.

Parce que j’ai cette ordonnance, signée par ce Bellemare et ce Duchesneau. Elle est toute simple : Une commission d’enquête publique. À être administrée par les PLQ. Qui ne le feront pas.

Parce qu’ils craignent de se pencher sur ma maladie de peur d’y découvrir un mal encore plus terrible : le leur.

Leur mal s’appelle combines. Leur mal s’appelle lâcheté. Leur mal s’appelle connivence. Leur mal s’appelle petits amis. Leur mal s’appelle argentiers du parti. Leur mal s’appelle réélection.

La rumeur dit que bientôt nous allons nous lever de notre incomfortable siège à l’urgence. Que nous allons parler. Que nous allons marcher. Que nous allons forcer les PLQ à faire ce pour quoi nous les payons.

Je n’ai pas d’autres choix. Parce que j’ai le cancer.
Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

Préparez-vous, messieurs les PLQ, préparez-vous, mesdames les PLQ.

Le peuple a mal, et bientôt il va hurler sa haine, son mépris, sa douleur, sa rage de vivre enfin dans un environnement assaini.

Et à ce moment, c’est vous, messieurs et mesdames les PLQ, qui aurez le mal.

8 MOTS

 

Huit mots.

« Je n’ai pas lu le rapport en détail »

C’est tout ce que ça a pris au premier ministre Jean Charest pour finalement prouver à l’ensemble de la population, aux médias et au reste de la classe politique qu’il n’a plus sa place à la tête du Québec.

Il est temps de passer à autre chose.

JEAN CHAREST, NOTRE PÈRE

Notre Jean, qui te crois Dieu
Que ton nom soit oublié
Que ton règne achève
Que ta volonté soit ignorée
En chambre comme dans la rue
Donnes-nous aujourd’hui
Notre commission d’enquête
Pardonnes-nous notre insistance
Comme nous pardonnons
À tes députés qui nous ont offensés
Et ne nous soumets pas à la tentation de te mettre dehors
Pour nous délivrer du mal

DE GLOUTONNERIE ET DE GOURMANDISE

Malgré ce qui avait été avancé il y a quelques mois, il semble bien le premier ministre Stephen Harper ne pourra pas respecter sa promesse électorale de conclure une entente sur l’harmonisation des taxes fédérale et québécoise avant le 15 septembre.

Il y a des embuches, parait-il, et l’écart entre l’offre d’Ottawa et la demande de Québec est «significatif», dit-on.

«Il est très important que le Québec soit disposé à harmoniser l’assiette fiscale de la taxe de vente québécoise et celle de la taxe de vente fédérale. Je ne dis pas que nous ne nous entendrons pas, je ne dis pas que nous allons nous entendre» explique le ministre Flaherty.

Quand au ministre Bachand, de son côté, il tient à rappeler à son homologue fédéral que «les négociations ne devraient pas se faire sur la place publique».

Rendus ici, vous admettrez que ça commence à sentir drôle dans la cuisine.

Essayons d’y voir clair. Revenons par exemple en arrière, en mars 2010, alors que le premier ministre Harper déclarait : «Si le gouvernement du Québec veut profiter d’un dédommagement pour l’harmonisation de sa taxe de vente, il devra accepter les règles d’Ottawa.» Il y a donc des règles, que le gouvernement fédéral a imposé à l’Ontario et à la Colombie-Britannique, et ces dernières les ont acceptées.

On doit donc comprendre que Québec a une ou des exigences que les autres provinces n’avaient pas, et qui sont en soi inacceptables pour Ottawa.

Lesquelles? Tout ce beau monde le sait, et tout ce beau monde le tait. Pourquoi?
Parce que c’est gênant. Pour le Québec. Rappelez-vous ce que dit monsieur Bachand: «les négociations ne devraient pas se faire sur la place publique». Lui il est gêné. Et pas à peu près.

Pourquoi?  Parce qu’il est glouton. Parce que le gouvernement du Québec est gourmand. Concernant  la taxation, il est très gourmand. Très, très, très gourmand. L’exemple que tout le monde cite à cet effet est que c’est le seul état au monde qui taxe la taxe.

Un achat. Une taxe fédérale sur l’achat. Et une taxe provinciale sur l’achat et la taxe fédérale sur cet achat. C’est pas beau, ça?  Le modèle québécois dans toute dans splendeur.

Mais c’est gênant.

Ce qui nous ramène à la petite gêne qui hante monsieur le Bonheur, Raymond Bachand.

Que-ce que cé que cé qui bloque dans les négociations avec Ottawa sur l’harmonisation des taxes de vente?

Ben oui, la gêne. La gêne que tout le monde s’aperçoive qu’on est des gloutons, qu’on est des gourmands. Parce qu’à travers toutes les enfirwâpures bureaucratiques qui empêchent d’en venir à une entente, c’est principalement là-dessus que ça accroche.

Attachez votre tuque avec de la broche, je vous explique:

Dans le cas de la TPS et de la TVQ, voyez-vous, ce serait déjà réglé depuis des lunes si le Québec ne tenait pas à sa souveraineté fiscale, à sa gourmandise exagérée. Parce que si on ne payait qu’une seule taxe véritablement harmonisée, on ne paierait plus une taxe sur une taxe. Et nous, les poires au bout de la branche, on sauverait collectivement au fil des ans des milliers et des milliers de dollars.
C’est là-dessus que ça bloque.
S’il y avait une taxe de vente harmonisée basée sur le modèle des autres provinces,  il n’y aurait plus de taxe sur la taxe.
Et ça, Bachand le glouton ne veut pas en entendre parler.

Et puis, puisqu’on est dans la gastronomie, sachez qu’il y a une cerise sur le sundae :  au Québec, il y a plus de 3000 personnes qui gèrent la TVA.
Avec notre sécurité d’emploi étatisée et cette  manie qu’on a de ne faire que déplacer nos fonctionnaires sans les mettre véritablement à pied, on fait quoi avec eux?

C’est pour ça que ça sent le roussi dans la cuisine. Le ragoût est en train de prend au fond de la casserole, et le chef Bachand ne veut pas le jeter. Il ne veut même pas en perdre une toute petite miette!

Il est trop gourmand pour ça.

Et surtout, il est trop gêné pour vous le dire.

Ça vous dit pas de changer de cuisine, des fois?

Ça vous dit pas de changer de cuisine, une fois pour toute?