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Le déficit de responsabilité

Par Philippe David

Le premier budget du gouvernement de Justin Trudeau est finalement arrivé et sans surprise, puisque ça fait des semaines qu’il nous y prépare, il vient avec un énorme déficit du genre qu’on avait pas vu depuis très longtemps. Si on avait encore des doutes que Justin soit le fils de son père, nous voilà certainement fixés. Il vient amplement nous démontrer que pour lui, le Canada est ce pays magique où l’argent pousse dans les arbres et qu’il ne peut pas possiblement y avoir de conséquences négatives à un endettement excessif. Dépensons comme s’il n’y avait pas de lendemain car à long-terme, nous serons tous morts après tout. C’est ce que John Maynard Keynes disait. Pour la gestion responsable des fonds publics, on repassera. Pourtant Keynes ne recommandait de faire des déficits que pendant des récessions, pas pendant les périodes de croissance. Il recommanderait  plutôt d’engranger des surplus pendant ces périodes pour mieux faire face à la prochaine récession à venir (parce que vous pourrez être assurés qu’il y en aura d’autres).  Mais au-delà du fondement économique douteux et les risque que ça comporte, il y a un autre aspect de l’idée des dépenses et de l’endettement gouvernemental à tout crin que peu de gens considèrent. C’est plutôt de ça que j’aimerais vous entretenir.

C’est quoi le développement durable?

Au Québec, on se targue d’être tellement plusse meilleurs que les autres au point de vue écologique. Nous, on ne produit pas de pétrole sale! Non môsssieur! Notre électricité, elle est propre, propre, propre! On noie des caribous et on découpe des oiseaux en lamelles pour la produire, mais ça c’est pas grave. On en a en masse des caribous et des oiseaux! On est fiers que notre gouvernement fasse la promotion de moyens de transports électriques, quitte à vouloir augmenter le prix de l’essence pour qu’on prenne des taxis électriques et offrir de l’électricité gratuite pour les autos électriques via des bornes de recharge subventionnées. Nous, on fait du «développement durable», môssieur!

Mais c’est quoi au juste du développement durable? Si on se fie aux grands clercs verts, le développement durable semble plus s’opposer à tous les méchants projets capitalistes qui pourrait abattre un arbre ou obliger des couleuvres brunes à déménager. Dans ce cas, le terme «développement durable» est plus un oxymore. C’est pas du développement, c’est de l’anti-développement.

Pour ma part, j’aime mieux aller à contre-courant et croire que la définition de développement durable devrait aller plus dans le sens de faire plus avec moins. Puisqu’il y aura toujours une demande pour des biens et services qui devra être comblée, il faut la combler, mais en utilisant le moins de ressources possible. Mais où est-ce que je veux en venir avec tout ça? Patience! J’y arrive!

À quoi sert l’économie?

À quoi ça sert l’économie au juste? La réponse courte et simple est tout simplement de produire des biens et services que les consommateurs demandent. La dernière partie de cette définition est probablement plus importante que vous ne croyez parce que si vous la négligez, les gens n’achèteront pas ce que vous produisez et si personne n’achète ce que vous produisez, tout ce que vous avez utilisé pour le produire est perdu, gaspillé. Comment le sait-on? Parce que si vous êtes un entrepreneur et que personne ne veut acheter ce que vous avez produit, vous n’aurez réalisé aucun profit et plus probablement, vous avez essuyé une perte. C’est comme ça que l’entreprise privée détermine si elle utilise ses ressources de façon efficace. Si l’entreprise est capable de produire quelque chose que les consommateurs veulent acheter à un prix supérieur à ce que ça vous a coûté pour le produire, elle aura créé de la richesse. Elle aura créé quelque chose qui vaut plus aux yeux des consommateurs que la somme de ses parties. On décrit souvent le profit comme quelque chose de vil et immoral. Le profit représente l’avarice abject dans l’esprit de plusieurs. Je me demande comment ces gens conçoivent qu’une entreprise puisse survivre sans réaliser de profits? Mais, je diverge. Suffise de dire que le profit est comment on peut mesurer l’efficacité d’une entreprise privée. Plus elle en fait, plus elle est efficace. Dans la réalité, nous ne devrions pas punir une entreprise parce qu’elle fait des profits, nous devrions plutôt souhaiter qu’elle en fasse le plus possible parce que ça veut vraiment dire qu’elle produit le maximum de richesse pour les ressources qu’elle consomme.

Laissez mijoter cette information un moment, on y reviendra un peu plus loin.

C’est quoi un dollar?

Ça peut vous paraître  bizarre comme question, mais c’est très pertinent parce que selon mon expérience, peu de gens ont une idée claire de ce que représente l’argent. Donc, lorsqu’on leur envoie un chiffre de $30 milliards, c’est très abstrait pour eux. Alors permettez-moi d’ouvrir une parenthèse pour tenter de concrétiser la chose dans votre esprit. En terme très concrets, l’argent ne sert qu’à une chose: c’est un médium servant à l’échange de biens et services. Alors lorsque vous regardez ces petites pièces dorées dans vos poches, dans votre esprit vous devriez visualiser les produits et services que ce dollar peut vous procurer. Si votre imagination a besoin d’aide, allez faire un tour dans un Dollarama. Maintenant que vous pouvez visualiser un dollar de biens et services, essayez d’en visualiser 30 milliards. Assez concret pour vous? Maintenant, imaginez toutes les matières premières, la main d’oeuvre, l’outillage, etc. nécessaires à produire ces biens et services. Avez-vous maintenant une idée plus précise combien de ressources représentent $30 milliards? C’est énorme!

Maintenant une question-piège, que représente un déficit de $30 milliards? Vous l’avez presque! C’est $30 milliards de biens et services que nous produiront quelque part dans le futur qui seront pris dans vos poches. En d’autres mots, ce sont une quantité énorme de biens et services qui seront consommés dans le présent, mais qui seront prélevés quelque part dans le futur sous forme de taxes. C’est ça un déficit budgétaire. Ce sont des taxes différées.Une autre petite pièce d’information à classifier.

Une raison «écologique» de s’opposer aux déficits

Maintenant que nous avons établi certains faits, j’aimerais vous faire réfléchir à quelque chose. Comme je le mentionnais au début de cette chronique, les québécois se soucient beaucoup de l’environnement, du développement durable et de la sur-consommation et ils ont raison de s’en soucier. Pourtant ce qui est étrange, c’est que ceux qui se disent le plus soucieux de ces enjeux sont également ceux qui seront les plus susceptibles de proposer des solution impliquant une intervention gouvernementale et les plus susceptibles d’approuver qu’un gouvernement creuse des déficits. Pourtant, en toute logique, ça devrait être tout le contraire. Si vous vous souciez vraiment de préserver les ressources pour l’avenir. Si vous êtes vraiment inquiets de la surconsommation par le genre humain, le gouvernement est probablement la dernière chose à laquelle vous devriez faire appel.

Le plus gros gaspilleur de ressources

Il existe quatre façons de dépenser de l’argent.

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Comme vous pouvez le constater, la façon la plus efficace de maximiser la valeur est quand on dépense son argent pour soi-même et la moins efficace est lorsqu’on dépense l’argent des autres pour les autres. Alors comment pouvez-vous croire que confier vos ressources au gouvernement est la façon la plus efficace de régler les problèmes de la société? Vous n’avez qu’à ouvrir un journal pour voir tous les exemples de gaspillage éhonté des fonds publics. Vous croyez sincèrement que les fonctionnaires savent mieux gérer votre argent que vous?

De plus, le gouvernement est absolument incapable de faire une analyse coût/bénéfice. Vous vous souvenez qu’au début de ce texte, j’ai mentionnée qu’une entreprise mesure l’efficacité de son utilisation des ressources par les profits? Le gouvernement ne fait pas de profit. Il ne crée aucune richesse. Il ne peut que consommer ou redistribuer. Quand il consomme, les ressources consommées sont perdues. Lorsqu’il redistribue, c’est généralement des plus productifs aux moins productifs. Lorsque le gouvernement subventionne par exemple, il le fait en taxant les entreprises les plus profitables pour renflouer des entreprises qui ne le sont pas (sinon pourquoi auraient-elles besoin de subvention?).  Bref, le gouvernement n’a aucune façon empirique d’évaluer s’il gère les ressources efficacement alors comment le pourrait-il?

Vous qui prêchez pour un développement durable, pourquoi insistez-vous que le plus grand gaspilleur de ressources règle vos problèmes. Vous qui vous vous souciez tant de la surconsommation, pourquoi ne vous souciez-vous pas que le gouvernement consomme les précieuses ressources dont vos enfants et petits enfant auront besoin pour résoudre leurs propres problèmes. N’est-ce pas déjà assez de dévorer le ici et maintenant? Il faut aussi engloutir le demain? C’est ça pour vous une gestion soutenable et responsable de vos ressources?

Essentiellement, le budget que Justin Trudeau et son gouvernement ont présenté consiste à récompenser ses supporteurs sur le dos des générations futures sans vraiment garantir aucun gain économiques pour l’ensemble du Canada. Le supposé cadeau aux familles de la classe moyenne est un cadeau empoisonné. M. Trudeau leur distribue ces nananes en disant «Allez-y! Consommez!» Et lorsqu’elles auront fait ça, leurs enfants devront réparer les pots cassés. Mais pourquoi s’en faire? Rendus là, ça ne sera plus le problème de Justin Trudeau, pas vrai?

 

Rapport Godbout: C’est pour mieux vous piller, mes enfants…

Par Philippe David

Cette semaine, un rapport a été remis au gouvernement par le fiscaliste Luc Godbout proposant une réforme de notre système fiscal. La principale proposition serait de hausser la TVQ à 11% et baisser l’impôt sur le revenu. En principe, ça se défend. La plupart des économistes sont d’accord pour dire que taxer la consommation est un moindre mal comparativement à taxer les revenus.  Mais il y a un os, ou même plusieurs os selon moi.

Une habile diversion

Pendant que nous discutons de quel mode de taxation est le meilleur, peu de gens réaliseront que nous sommes encore à discuter de la colonne des revenus plutôt que de regarder la colonne des dépenses. Or ce n’est pas un problème de revenus que nous avons, c’est un problème de dépenses. Les québécois sont encore et toujours les plus taxés d’Amérique du Nord. Trouver des nouvelles façons de presser leur citron ne produira pas bien plus de jus. En fait, ça pourrait même en produire moins puisque les gens changeront leurs comportements pour  payer moins de taxes.

Pour éviter de payer plus de TVQ, ceux qui sont proches de l’Ontario, par exemple, choisiront d’aller faire leurs achats de l’autre côté de la rivière aux Outaouais. Pourquoi aller magasiner à Gatineau quand on n’a qu’à traverser un pont pour économiser sur les taxes? D’autres feront certains achats en ligne, etc. Le résultat pourrait être que le gouvernement se retrouvera avec moins de revenus au bout de la ligne. C’est le principe qui avait été mis de l’avant par l’économiste Arthur Laffer avec sa fameuse courbe. Il vient un point où toute augmentation de taxe a un effet négatif. Nous avons déjà atteint ce point. On pouvait le constater quand lorsque Nicolas Marceau était ministre des finances, son ministère n’a jamais réussi à atteindre les cibles de revenus espérées dans son budget pour réduire le déficit.

 Le problème n’est donc pas dans la colonne de revenus, il est dans la colonne des dépenses. Il est dans chaque cent dépensé dans des programmes dépassés qui n’ont plus leur raison d’être. Il est dans chaque cent dépensé en salaires et avantages sociaux consentis aux employés publics et politiciens dont ne bénéficient pas la grande majorité des travailleurs du privé. Il est dans chaque cent dépensé en gaspillages  de toute sorte. Il est dans chaque cent perdu en corruption (et nous ne voyons que la pointe de cet iceberg) endémique au pouvoir. Il est aussi dans chaque cent dépensé en BS corporatif, où nous dépensons trois fois plus que l’Ontario, pourtant beaucoup plus populeuse que le Québec. Il est aussi dans chaque cent dépensé dans des services onéreux et frivoles offerts par notre gouvernement, qui ne sont offerts par aucune autre administration publique en Amérique du Nord.

Taxer, c’est voler

Je ne le répéterai jamais assez, mais fondamentalement, la taxation est un prélèvement par la force. Si vous ne le croyez pas, tentez l’expérience de refuser de payer et voyez combien ça prendra de temps pour que des gens armés viennent frapper à votre porte. Nous ne payons pas de taxes, ils nous prennent les taxes. Il y a dans cette phrase une importante distinction.

S’approprier la propriété d’autrui par la force est la définition même du vol. Que ce vol soit perpétré par des politiciens  au nom d’un soi-disant « bien commun » ne change rien à la donne.  Quand la mafia envoie des hommes dans des commerce pour prélever des frais pour leur « protection », personne ne se fait d’illusions sur la moralité de la chose, et pourtant, c’est exactement la même chose que font tous les gouvernements du monde.

On dit que le plus grand accomplissement du Diable fût de nous faire croire qu’il n’existait pas. Le plus grand accomplissement de l’État fût de vous faire croire que la façon qu’ils se finance à vos dépens est morale, légitime et surtout, nécessaire. Pourtant il n’y a que ce type d’organisme au monde qui ne vit pas d’échanges volontairement consentis.

Mais… mais… nous avons un contrat social!

Ou est-il ce contrat? Je ne l’ai jamais vu, encore moins signé. Et vous? Par définition, un contrat détaille exactement ce qui est fourni comme biens et services et quel prix est exigé en retour. Il définit exactement quel niveau de service est aussi offert et quelles sont les obligations des deux parties. Or qu’en est-il du fameux contrat social?

Certains prétendent que les taxes et impôts sont le paiement pour les services rendus par l’état, mais c’est de la foutaise. Le gouvernement décide très arbitrairement de quel montant vous devriez payer et vous n’avez aucun pouvoir de négociation autant sur le montant à payer que sur quels services sont offerts et quel niveau de service vous obtenez pour ce que vous payez.  Vous ne pouvez pas non plus choisir pour quels services vous désirez payer ou ne pas payer. C’est tout ou tout. Nous ne pouvons pas dire tout ou rien, parce que vous ne pouvez même pas opter pour le rien.

Je travaille dans un domaine ou la définition de « niveau de service » est capitale. Si mon employeur ne remplit pas ses obligations en ce qui a trait au niveau de service spécifié dans son contrat, il doit payer des pénalités.

Dites-moi, quand avez-vous vu le gouvernement rembourser qui que ce soit quand la qualité de ses services était inacceptable? Obtenons-nous une compensation quand nous devons poireauter 20 heures à l’urgence ou attendre un an dans la souffrance en attendant une chirurgie orthopédique ou qu’un être cher meurt sur la liste d’attente pour une chirurgie cardiaque?

Obtenons-nous un remboursement lorsque nos enfants sortent des CEGEPs et des universités et ne maitrisent toujours pas leur langue maternelle, encore moins une langue seconde? Sommes-nous aussi remboursés lorsque des motards sont remis en liberté faute de ne pas avoir obtenu un procès dans des délais raisonnables?

Ne voyez-vous donc pas l’absurdité de dire que tous ces impôts et taxes que nous payons sont un paiement légitime pour des services qu’au bout de la ligne nous ne recevons pas ou dont la qualité est tellement médiocre que nous courrions dans les bras d’un compétiteur s’il y en avait un?

Alors, excusez donc mon manque d’enthousiasme pour un rapport qui ne fait que chercher des moyens de nous piller plus efficacement, alors qu’aucun effort n’est fait pour améliorer le rapport qualité/prix de ce que nous recevons supposément en retour.

Ils n’ont rien volé (eux)

Par Philippe David

C’est inévitable, le sujet de la fiscalité des entreprises devait revenir dans l’actualité. On connait la rengaine : ces méchantes multi-nationales qui refusent de payer leur juste part d’impôts et taxes.

Burger King vient d’acheter Tim Horton  et installera son siège social de ce côté-ci de la frontière, ce qui veut dire qu’ils devront payer des millions en taxes et impôts au gouvernement fédéral et provincial (mais sûrement pas au Québec). Malgré tout, les bobos du Devoir trouvent le moyen de s’en désoler et commisérisent avec ce pôvre Obama, privé de tant de revenus parce que sous sa gouverne, les États-Unis sont devenus un enfer fiscal pour les entreprises (et ils se grattent la tête à savoir pourquoi ils ont encore tant de chômage et tant d’américains sont dépendants du programme des timbres alimentaires).

Le plus rigolo, selon ce que le Devoir rapporte, est que Warren Buffett est impliqué dans la transaction et a obtenu une petite fleur qui lui économisera lui aussi des impôts dans cette affaire, car voyez-vous, M. Je-paie-moins-d’impôts-que-ma-secrétaire ne manque pas une entourloupette pour faire en sorte qu’il en paie moins que sa secrétaire, pour ensuite dénoncer cet état de fait en toute hypocrisie. « Payez les caves! Pendant ce temps, j’ai une armée de fiscalistes pour me trouver toutes les failles dans le système. »

Un autre sophisme persistant

Cependant, l’indignation de nos bobos nationaux repose sur un sophisme. C’est celui qui dit que si les entreprises paient moins d’impôts, les particuliers devront en payer plus et donc, c’est injuste envers les pauvres petits contribuables qui sont déjà surtaxés. Oui les petits contribuables sont surtaxés (particulièrement au Québec, où les politiciens ne comprennent pas la courbe de Laffer), mais augmenter les impôts des entreprises ne les aidera pas.

Premièrement, nos gouvernements dépensent déjà plus qu’ils ne récoltent en impôts et taxes. Ne doutez pas un seul instant que nos politiciens, s’ils voyaient des rentrées additionnelles, trouveraient vite un moyen de les dépenser.

Deuxièmement, même si nous avions des politiciens qui géraient convenablement les deniers publics, il faut vraiment songer à d‘où proviennent les impôts  que payent les entreprises pour voir la futilité de la chose. Une entreprise comme tel ne paie pas d’impôt. Une entreprise n’est qu’un groupe d’individus qui coopèrent pour offrir des produits ou des services.  C’est une abstraction, et non une personne réelle. Or seules les personnes réelles paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une écriture comptable qui représente un coût d’opération. Ce coût n’est qu’un parmi tant d’autres qui va dans l’équation qui détermine la profitabilité de l’entreprise. Cette équation détermine également de combien d’argent l’entreprise disposera pour faire des achats, des investissements en capital, payer des dividendes aux actionnaires ou des salaires aux employés. Moins elle aura de coûts de toute sortes, et plus elle aura d’argent pour ces investissements. Une augmentation des impôts, toute chose étant égale par ailleurs, va être payée au détriment de ces autres catégories.  C’est donc dire que ceux qui vont réellement faire les frais des impôts et taxes payés par l’entreprise, sont les individus qui transigent avec elle à un niveau ou un autre. C’est-à-dire :

  • Ses fournisseurs qui subissent une baisse dans les achats d’équipement capital de l’entreprise.
  • Ses clients, qui verront les prix de ses produits augmenter.
  • Ses employés qui auront peut-être des augmentations de salaire plus faibles qu’autrement, ou qui ne seront pas embauchés du tout, ou peut-être mis à pied.
  • Ses actionnaires, qui verront le montant de leurs dividendes baisser et peut-être aussi la valeur de leurs actions.

Ce sont tous ces gens qui, dans la réalité, paient les impôts et taxes de l’entreprise. Multipliez ça par toutes les entreprises au pays et au final, vous vous rendez compte que ces gens, c’est vous et moi.

Ils n’ont rien volé (eux)

Mais vous savez ce qui m’énerve le plus? C’est cette notion que les profits d’une compagnie ou les revenus d’un particulier ne lui appartiennent pas. Que si quelqu’un essaie de conserver plus de ce qu’il a honnêtement gagné, il est un voleur, un tricheur, un égoïste, un moins que rien.  Pour ma part, je crois que c’est plutôt le contraire. Ce que nous gagnons nous appartient.  Le contraire voudrait dire que le gouvernement a plus de droits sur votre propriété que vous, ce qui fait de vous essentiellement un esclave. Et si nous ne sommes pas des esclaves, c’est la confiscation de nos revenus par le gouvernement qui est immorale et le cautionnement de ce pillage par les idiots utiles de l’état l’est tout autant. Ceux, incluant les entreprises, qui désirent prendre action pour payer moins d’impôts ne sont pas des voleurs (eux). Ils ne font que se défendre des véritables voleurs.

[Photo : Wikipedia]

Pourquoi êtes-vous pauvres?

Par Philippe David

Nous sommes maintenant dans le dernier droit de la campagne électorale et dans moins de deux jours, la plupart d’entre-nous devront passer aux urnes. Avant que vous n’alliez voter, il y a quelque chose dont je voudrais vous faire part.  Quelque chose que les politiciens se gardent bien de vous dire et pour laquelle ils n’ont bien sûr aucune solution.

C’est une chance que cette campagne électorale s’adonne à être en plein pendant cette période de l’année où nous nous affairons à préparer nos rapports d’impôt (il ne vous reste que 25 jours, en passant pour éviter que nos agences de revenu lâchent leurs chiens contre vous). Alors que vous êtes sur le point de mettre un X sur un bulletin de vote, je vais vous rappeler combien ces petits X vous coûtent année après année. 

Quelques chiffres

Selon l’étude intitulée Indice d’imposition du consommateur canadien de l’Institut Fraser, en 2012, la famille moyenne consacrait 42,7% de son revenu en impôt et taxes de toutes sortes. L’étude ne cite que des chiffres canadiens, mais puisque nous savons que le fardeau fiscal des québécois est le plus élevé au Canada, nous savons que c’est encore plus élevé ici. Mais déjà les chiffres canadiens seront suffisnt pour vous décourager.

Donc les ménages canadiens doivent débourser en moyenne 42,7% de leurs revenus en impôts et taxes alors que pour les nécessités de la vie, ils doivent débourser en moyenne 36,9% de leur revenu. C’est donc dire que toutes nos institutions publiques nous coûtent beaucoup plus cher que les nécessités de la vie, compte tenu également de la dette publique, qui n’est après tout que des impôts et taxes différées.  Mais il y a pire.

Non seulement, nous payons plus cher en impôts et taxes que ce que nous dépensons pour les nécessités de la vie, mais c’est aussi la dépense dans notre budget familial qui croît le plus rapidement. De 1961 à 2012, les impôts et taxes de la famille moyenne ont augmenté de 1 787%  comparé à 1 290% pour le logement, 607% pour les vêtements, 578% pour la nourriture, 675% pour l’indice des prix à la consommation et 1 382% pour les revenus!

Graph taxes vs necessities+revenue 1961-2012

Vous avez bien lu. La croissance des impôts et taxes que vous payez dépasse de loin la croissance de vos revenus, contrairement à toutes vos autres dépenses. En fait, les impôts et taxes augmentent à un rythme presque trois fois supérieur à l’inflation. Est-il surprenant alors que la famille moyenne peine à rejoindre les deux bouts et que le taux d’épargne soit en baisse constante? Comment épargner quand tous nos niveaux de gouvernements pigent dans nos poches à cette cadence? Comment pouvons-nous espérer préparer une retraite décente?

L’inefficacité de l’état

Soyons honnêtes, le gouvernement provincial n’est pas le seul responsable de cette situation, mais c’est à ce niveau que nous payons le plus d’impôts et taxes. Ceux que nous devons élire lundi seront donc responsables de gérer la plus grande part de ce que nous payons en impôt et taxes dans le futur. Et aucun des chefs des quatres principaux partis n’a un plan crédible pour réduire votre fardeau fiscal. Au contraire, ils se proposent tous de l’augmenter.

Le problème est que le gouvernement en fait trop et qu’il est et sera toujours inefficace dans tout ce qu’il fait parce qu’il n’existe aucune mesure pour déterminer l’efficacité et la productivité de l’état. Aucune mesure qui puisse lui permettre de faire un calcul économique. Dans le secteur privé, les entrepreneurs utilisent le système de prix et les profits et pertes pour les guider et les aider à corriger le tir pour que leur entreprise soit plus efficace. Ils peuvent donc facilement déterminer s’ils sont productifs ou non. Le gouvernement, lui, ne le peut pas. Il lui est donc impossible, lorsqu’il livre un service,  de déterminer s’il le fait de la façon la plus économique et efficace.

C’est pour ça que généralement, lorsque le secteur privé fournit un bien ou service, il y a abondance, alors que lorsque le gouvernement fournit le même service, il y a pénurie et rationnement. Si vous croyez que vous n’obtenez pas suffisamment de services pour ce que vous payez en impôts et taxes, c’est largement à cause de ça et à cause du fait qu’il y a une dislocation du service et du paiement.

Puisque le revenu du gouvernement provient de la taxation forcée de ses citoyens et que cette taxation est prélevée peu importe si nous utilisons les services du gouvernement et que les services gouvernementaux sont tous des monopoles sans concurrence, celui-ci n’a aucun incitatif à vous fournir un service de qualité. Lorsque vous faites affaire au secteur privé et que vous n’êtes pas satisfaits, vous avez toujours l’option d’aller ailleurs. Ce n’est pas le cas des services du gouvernement.

Le rôle de l’état

Sachant cela, n’est-il pas facile d’imaginer que le gouvernement soit en fait une grosse machine à gaspiller et que nous devrions peut-être réévaluer son rôle dans notre société? Pourquoi insistons-nous pour confier toujours plus de tâches à une machine lourde, inefficace et coûteuse et dont les objectifs sont basés sur l’arbitraire, le politique et une vision à qui se limite à la date des prochaines élections?

Si un jour nous voulons alléger notre fardeau et garder plus de ce que nous avons gagné à la sueur de notre front. Il faudra que nous nous questionnons quels services devraient être fournis par l’état et lesquels seraient fournis plus économiquement par le secteur privé. Je suis convaincu qu’une étude rigoureuse nous amènerait à conclure qu’une grande partie (sinon tous)  de ces services seraient offerts beaucoup plus efficacement par le secteur privé, diminuant de beaucoup les dépenses gouvernementales et réduisant le fardeau fiscal des familles.

Très peu de politiciens tiennent ce genre de discours. Doit-on attendre que notre fardeau fiscal dépasse les 50% de notre revenu avant de les écouter? Pendant encore combien de temps allons nous opter pour cet état de semi-esclavage dans lequel nous vivons, où nous travaillons presque 6 mois sur 12 exlusivement pour satisfaire l’appétit vorace de nos gouvernements?

L’enfer entrepreneurial

Par Philippe David

Un article du Journal de Montréal de ce matin fait état d’une statistique désolante, mais guère surprenante. Au Canada, 50% des entreprises qui font faillite sont au Québec. Cette statistique en dit extrêmement long sur le modèle économique que nous nous sommes donné depuis 50 ans. Il faudrait arrêter de se faire des illusions. Le Québec est tout simplement un enfer pour les entrepreneurs et par la bande, probablement le paradis des syndics de faillite.

Un dirigisme maladif

Au Québec, il existe un concensus parmi presque tous les partis politiques (sauf peut-être pour quelques partis embryonnaires de droite). Tous les principaux partis, que ce soit le PLQ, le PQ, la CAQ ou QS s’accordent pour dire que l’état doit diriger l’économie. Ils nous promettent donc plein de programmes pour « aider » les entreprises et créer des emplois. En fait, nous sommes les maitres incontestés de la « subventionnite » au Canada. Aucune autre province ne dépense autant pour l’aide à l’entreprise; trois fois plus que l’Ontario.

Si nous dépensons tant pour « soutenir » les entreprises, comment se fait-il que nous ayons tant d’entreprises qui font faillite? Cherchez l’erreur. Est-il possible que notre recette ne soit pas la bonne? L’Ontario qui est en deuxième place pour le nombre de faillites compte pour 30% des faillites canadiennes et l’Alberta 4,3%. Et alors que ce nombre est constamment en hausse au Québec, en Ontario il régresse de 39,5% en 2008 à 30% en 2013. Peut-être qu’il serait temps de changer notre approche?

Un changement d’attitude

Tout d’abord, un changement d’attitude s’impose. Il faudrait que nous abandonnions collectivement notre méfiance de l’entreprise privée qui nous porte à croire qu’aucune entreprise au Québec ne pourrait survivre sans dépendre d’une façon ou d’une autre de l’aide du gouvernement. Et si une entreprise a tant besoin d’aide du gouvernement, peut-être est-ce parce qu’elle n’a pas sa raison d’être? Peut-être est-ce parce que ce qu’elle produit n’a pas suffisamment de valeur aux yeux des consommateurs pour garder l’entreprise en vie? Dans ce cas, pourquoi faudrait-il y investir gaspiller des fonds publics?

L’idée de dépenser des fonds publics pour soutenir une entreprise provient bien plus d’une logique politique que d’une logique économique. Dans la logique politicienne, ces subventions servent littéralement à acheter des votes. Pensons à la cimenterie en Gaspésie, à l’exploration pétrolière sur l’Ile d’Anticosti, à la Davie, la Gaspésia, General Motors. Tous des exemple de fonds publics gaspillés à des fins purement électoralistes.  Pour convaincre les électeurs de « voter du bon bord » pour le parti qui le offre le plus de « nananes ».

Économiquement, par contre, ces « investissements » ne font aucun sens. Si une entreprise est profitable, elle n’a aucun besoin de fonds publics pour vivre. Si la survie d’un entreprise dépend d’un continuel influx provenant des poches du contribuable, c’est probablement parce qu’elle est improductive et qu’elle gaspille les ressources. De subventionner une telle entreprise est de tout simplement perpétuer ce gaspillage. Il vaudrait mieux laisser de telles entreprises faire faillite et laisser d’autre entreprises plus productives récupérer ces ressources.

Un instant! Dites-vous. Nous voulons diminuer le taux de faillites, pas l’augmenter! Vous avez raison, mais dans un marché relativement libre, maintenir des entreprises en vie sur le respirateur empêche les entreprises en bonne santé de s’étendre ou à d’autres même d’être créés par l’accaparement de ressources humaines et de capitaux par des entreprises qui gaspillent ces ressources. En les libérant, nous permettons à ces entreprises plus solides de de fleurir et à long-terme, d’avoir une économie plus solide.  Dans un jardin, il faut arracher les mauvaises herbes pour que les légumes et les fleurs puissent pousser.

Un modèle étouffant

Essayez d’imaginer quelqu’un nourissant un enfant d’une main tout en l’étranglant de l’autre et vous aurez une bonne image du modèle de gestion de l’économie de notre gouvernenment, tous partis confondus.

D’un côté notre gouvernement enfonce pratiquement des subventions dans la gorge des entreprises et de l’autre, il les étouffe avec des impôts deux fois plus élevés que la moyenne canadienne, des taxes sur la masse salariale 45% plus élevés, un marché du travail inflexible, un taux de syndicalisation trop élevé et des tonnes et des tonnes de paperasses. Comment voulez-vous qu’un entrepreneur arrive à percer? Pour reprendre l’analogie du jardin, pour que  votre plant de tomates puisse porter ses fruit, encore faut-il que vous lui laissez l’espace nécessaire pour grandir, sinon, toute l’eau et le fertilisant du monde ne l’aideront pas à pousser et produire plus de fruit.

La bonne recette

Nous ne pouvons pas avoir une économie dynamique sans entreprises solides. plus nous subventionnons des entreprises improductives et que nous étouffons celles qui produisent, et plus nous nous appauvriront collectivement. Il n’y a aucune raison valable pourquoi les québécois seraient plus pauvres que les autres canadiens. Nous avons tout ce que nous avons besoin pour être une des provinces les plus prospères au lieu d’être une des plus pauvres (ou un pays en faillite). La clé du succès ne dépend pas du reste du Canada, elle vient de nous et de notre propre attitude. Soit nous continuons avec une recette économique usée qui goûte mauvais, où que nous essayons une recette plus audacieuse et moins fade.

C’est certainement moins payant pour les politiciens, mais c’est bien plus payant pour le reste d’entre-nous. Pensez à ça pendant que les politiciens essaient de vous faire croire qu’ils peuvent « créer des emplois ».

Inflation, analyse plus détaillée

 

Par Ian Sénéchal

Suite à mon article précédent, certaines personnes ont souligné le fait que si on ajustait le salaire de la personne étudiée, on devait également ajuster l’impôt payé. Vrai. J’aurais dû en tenir compte.

Cet ajustement démontrerait que les riches ont reçu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010. Vrai également.

Ce qu’il faut voir par contre, c’est que ces baisses d’impôt étaient généralisées à toute la population et non pas ciblées que sur eux (contrairement à réforme Marois-Marceau). Donc, pour être parfaitement honnête dans l’analyse, il fallait vérifier si les riches avaient vu leur taux effectif d’imposition baisser ou augmenter de la même façon que le reste de la population tout en tenant compte de l’inflation. J’ai donc poussé l’analyse beaucoup plus loin. (Vraiment beaucoup, alors désolé si je perds des gens ici).

J’en suis arrivé à cette conclusion. Les riches ont effectivement reçu des baisses d’impôt, comme tout le reste de la population. Par contre, plus le revenu est élevé, moins la baisse du taux effectif d’imposition fut importante.

Rentrons maintenant dans le “crunchy”.

Le système fiscal de 2000 avait des paliers d’imposition de 19%, 22.5% et 25%.

Celui de 2010 avait des paliers de 16%, 20% et 24%.

Voici le méthode que j’ai utilisé :

1) Calculer l’impôt provincial payé par différentes personnes aux revenus différents (de 1000$ à 250 000$)

2) Ajuster le système d’impôt de 2010 afin de l’amener en 2000 en “désindexant” les seuils d’imposition, mais en conservant les taux d’imposition intacts. (Inflation supposée de 2% pendant 10 ans)

3) Ajuster les salaires de 2010 pour les “désindexer” afin de les amener en 2000.

4) Appliquer le système 2010 ajusté aux salaires de 2000

5) Comparer avec les impôts payés réellement en 2000.

6) Analyser comment les baisses d’impôt ont affecté le taux effectif d’imposition en fonction du salaire.

Résultats

 

Résumé et conclusion :

Si on résume, une personne qui gagnait 150 000$ en 2010 en gagnait 123 000$ en 2000. Elle a payé 29 263$ en impôt en 2010 et 27 255$ en 2000. Il y a eu des changements au régime fiscal entre les deux dates. Si le régime fiscal ajusté pour l’inflation de 2010 avait été appliqué en 2000, elle aurait payé 24 350$ d’impôt. Cela représente une baisse de 2.36% de son taux d’imposition effectif.

Un salarié de 50 000$ (41 000$ en 2000) à quant à lui reçu une baisse d’impôt de 3.58%, soit 1.22% de plus que le salarié de 150 000$.

Y a-t-il eu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010? Oui, autant pour les riches que les pauvres que la classe moyenne.

Est-ce que les riches ont reçu des baisses d’impôt plus importantes que le reste de la population? Non, c’est même le contraire. Plus on avance dans l’échelle salariale, moins le taux effectif d’imposition a diminué.

Documentation utilisée :

Tableau 1 et Tableau 2